14/06/2009

Qui mène la danse?

Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?

Qui mène la danse.jpgIl y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.

Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans l'ombre lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.

Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américain et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe.

Estulin définissait le groupe Biderberg comme une compagnie en cartel qui contrôle les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Sulfureux, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.

Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconise un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde et la pénurie de pétrole et de ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pense Paul Volcker (video)

Daniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes. Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, organiser des manques, sciemment, par une crise semblerait une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes a donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quitte à créer une crise, quand, trop scotchés sur cette évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels était devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation serait désormais prohibée. On ne voyagerait plus. Ce serait halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant efficace et peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aurait aidé autant l'humanitaire que le militaire en étant impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Un plan qui privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourrait être financé en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui eux viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires est pratiquement inexistant ou entravé par une foule d'entorses à la règle. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionne que quand les peuples tiennent à la vie. 20090518Dieu et le Standard.jpgQuand Dieu offre une autre voie, cela ne fait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.

Pour se faire, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites.

Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce en 2009, le 18 mai. Encore une fois, black-out complet.Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.

Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou le même combat de conquête?

Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française. Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela pour le passé.

Qui mène la danse Maconnerie.jpgLa franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Buzz Aldrin a posé le premier pied maçon sur la Lune.

Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.

Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?

Le Nouvel Obs énonçait les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.

La pensée américaine serait que "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général".

La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.

Les réseaux ont le côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse de la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.

Mais, faisons un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux? L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants ont dès lors la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils. On a peur de leur décision, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections. Hors, dans mon article "Les mystères du monde", je décrivais le phénomène de rejet des élections derrière le surréalisme. Mais, en réalité, il jouait un rôle très réel d'après les Résultats: une abstention record

20090611Abstentions.jpgPour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieusement, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental. La délégation à plus qualifié. Un nouveau problème de l'éducation du civisme. La création sd'une élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée. 

Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.

Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?

Les élites du pouvoir seraient-ils assez fous comme cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.   

Mais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.

L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".

A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.

Rien qu'un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie.

20090618Elections Iran.jpgUne leçon de démocratie iranienne? Ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?20090622Iran circulez.jpg

Le pouvoir, là-bas, on sait où il est.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des danseurs?

 

 

Citations:

  •  "Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .

  •  « Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet

  • « La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro

 

06/06/2009

Compétitivité rabotée

 Compétitivité rabotée_44.jpgLes comparaisons de compétitivité entre les pays ne manquent jamais dans la presse officielle. La petite Belgique est en phase de repli. Il faut oser l'avouer dans un style paradisiaque ou parodique. La crise, en trouble-fête, a plombé les équilibres les plus harmonieux.

Début 2007, on parlait de nouvelles statistiques belges. 2007.jpg

La Belgique, un des pays de la soi-disante « Vieille Europe », glissait de plusieurs places dans le classement des "Rambos de la concurrence mondiale". La grogne, parmi nos chefs d’entreprises, était latente et allait reprendre du gallon dans sa logique d'entreprise.

Suivant le raisonnement, nous n'étions plus assez compétitifs à cause du manque de décisions courageuses et difficiles. Cela faisait un peu peur, mais... Quelles décisions avaient-ils, déjà, en tête. Quelles couleuvres allaient-ils encore nous faire avaler et nous « obliger » à admettre?

Les autres bougent et plus nous. A cause de nos rigidités, nous perdons des parts de marché et le taux de nos exportations dégringole. Les initiatives de soutien public aux PME viennent à manquer ou sont trop molles. La flexibilité sur notre marché du travail n’est plus à la hauteur. Assurer le maintien de l’emploi n’est plus possible dans un tel contexte. Notre niveau de syndicalisation est particulièrement élevé et ajoute une couche à notre immobilisme et explique notre vitesse réduite. Les différentes familles politiques complètent le sombre tableau par manque d’accord et de consensus d’idées. Une réforme drastique est obligatoire sous peine de faillite de nos institutions sociales et de nos productions.

Des statistiques de janvier 2007 établissaient que la Belgique restait en queue de peloton présenté par les entrepreneurs (2,73%). Il y avait moins d'opportunités et d'esprit d'entreprise pour justifier cette pénurie d'entrepreneurs. Pourtant, les recettes fiscales belges étaient dans le top 3 européen (selon Eurostat) derrière la Suède et le Danemark. En 2005, cela représentait même 47,7% du PIB.

Compétitivité rabotée_13.jpgToujours les mêmes rengaines, pouvait-on, en conclure. Le Bureau du Plan n'était pas en reste pour "accuser" la population d'un laisser-aller. Était-ce le mal du siècle? Quelles initiatives à notre portée pour changer, d'ailleurs? Le pied était déjà au plancher, pensait le travailleur. La douche écossaise tiédissait à la longue. Et puis, il restait le pommeau de la grève à cette douche. La presse n'était pas plus tendre avec les nerfs des travailleurs en donnant, tour à tour, des bons et des mauvais points. Il faut dire qu'elle, aussi, subissait les aléas dans sa mobilité propre.

Mais, en finale, les interlocuteurs sociaux se serrèrent la main et se fixèrent une date dans l'agenda. Match nul, partie remise.

Le vieillissement de notre population demandait une attention de tous les instants et les fins de carrières étaient à l'ordre du jour de beaucoup de discussions entre le patronat et les syndicats. "Papy boom" oblige. Mais il y avait le fameux "Pacte des Générations". Les impôts sont élevés, chez nous, mais il y a des dérivatifs. Le parc des voitures de sociétés, en est un. Les avantages en natures remplacent une part des salaires.

Tous des enfants gâtés de chaque côté des barrières! On vivait très bien, peut-être trop, mais on ne le savait pas encore. Entre rassurer ou jeter la pierre, fallait, tout de même, choisir. Le Belge et son savoir s'exportaient pourtant très bien, disait-on. Ouf.

Compétitivité rabotée_87.jpgLa Belgique était connue comme un pays à coûts salariaux élevés, une disponibilité du personnel qualifié se situant bien, avec une infrastructure de qualité au climat socio-économique stable et à la productivité moyenne plus élevée mais qui n'était plus compensé, apparemment, par la situation. Certains râlaient que nous étions responsables de ne pas accepter raboter nos salaires, d'être trop attaché au "home sweet home". Quand, on connaissait le prix de ce « home » et de ce qu'à coûté nos avantages sociaux au cours d'une histoire déprimante des 19ème et 20ème siècles, faut pas rêver. D'ailleurs, au sommet, on ne jouait pas autrement. Les parachutes ne sont pas dorés pour tout le monde.

20070118Sabena Caisses Noires.jpgBruxelles, avec sa position de capitale de l'Europe, était reconnue à l'époque comme la 4ème ville d'Europe la plus attractive pour les entreprises. Le problème, c'est qu'un des critères pour analyser la bonne santé d'un pays se fait grâce au niveau de la consommation de ses habitants. Le pouvoir d'achat commençait à diminuer, la dégringolade de la consommation, on en était encore loin, mais la démotivation faisait partie de l'ensemble était programmée. Ce n'était pas chez les économies émergentes de l'Europe de l'Est ou de l'Asie qui pouvaient prendre en charge la consommation de nos produits. Ceux qu'ils nous envoyaient, étaient peut-être chouette et à petits prix, mais, rien de très éternel dans leur usage.

"Il faut mieux vendre la Belgique à l'extérieur", disait Didier Reynders, Ministre de Finances, en tournée en Chine. Il avait toujours le mot pour rire. Nos atouts existaient très certainement mais vendre nos produits chez ces Chinois, c'était pas demain la veille.

Encore une fois, donner des points, bons ou mauvais en élèves du progrès. Cela rajeunit les esprits mais pas les muscles.

Au palmarès des champions de la compétitivité, les meilleures places étaient occupées par les pays du scandinaves. En "Number One", pour la 3ème année consécutive, la Finlande, prenait la place de la référence au sommet de podium. Compétitivité rabotée_12.jpgNous nous retrouvions, nous, bon 31ème, dégringolant, de 6 places. Le dérapage, si cela pouvait consoler, était identique chez les pays limitrophes. La Norvège, elle, pouvait toujours compter sur son pétrole. Ce n'était pas une petite différence que d'avoir le pétrole et les idées.

"Belgique, ta compétitivité f... le camp", titrait le journal l'Écho, en pleine débâcle. La raison majeure de l’écart avec les pays jouissant des premières places, c’était que ces derniers pays n’avaient, probablement pas, des intérêts à payer pour les dettes publiques tous les ans. Donc, toutes latitudes pour investir toutes entrées fiscales dans le développement et la recherche. Les largesses du passé nous coûtaient encore des déboires pour de nombreuses années. Les problèmes budgétaires, c'était pas une petite bière. Mais, tant qu'on à la confiance. La cigale de jadis devait encore se serrer la ceinture. La cigale pouvait toujours la desserrer et prendre son envol, plus tard. CCompétitivité rabotée_BudgetEquilibré.jpgela faisait quelques années que ce budget belge était néanmoins en équilibre même si certaines potions magiques avaient été nécessaires telles que la DLU.

« Nous étions timides, mais nous nous soignions! ». Notre dette diminuait d’année en année, mais, peut-être, à un rythme qui ne correspondait pas au progrès de nos challengers économiques. Dette interne, payée par "nouzaut", les belges, avec nos Bons d'États et nos impôts des contribuables. Faut pas se tromper, pas d'impact vers l'extérieur. "Ça ira mieux demain", chantait Annie Cordy. Tant qu'il y a de la sauce, il y a de l'espoir.

Ils sont toujours aussi fous, ces Romains. Ils le disaient "que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". Ce n'est peut-être pas de bravoure au menu, ces derniers temps...

20070905Pays d'explorateur.jpgPour doper la productivité, tant l'innovation que la diffusion des technologies avait un rôle important à jouer. Par rapport aux États-Unis, notre manque de flexibilité et de dynamisme était souvent mis en avant pour expliquer notre problème de croissance. La politique fiscale et monétaire américaine, beaucoup plus activiste, subissait aussi un dramatique gonflement du déficit de leur balance courante des paiements. G.W. Bush creusait et finançait sa guerre en Irak toujours sur le compte des prêteurs à gages chinois.Compétitivité rabotée_Wallonie.jpg Leur déficit monstrueux pour des buts très peu solidaires entre les citoyens de leur pays, c'était leur problème! Le gâchis ne semblait même pas les effleurer. N'est pas "US" qui veut, même si un retour de flamme ressortait de plus en plus dans la presse.

Mais, revenons sur ce pays qui prenait la place d’honneur au palmarès des bons élèves de l'Europe.

La Finlande avait donc mérité la médaille d’or. Et, de l’or symbolique par habitant, elle en avait quelques pépites. La Finlande, pays de quelques 338.145 km2 à la population autour de 5,3 millions d’habitants (densité de 17,25 habitants par km2) et une démographie qui augmentait à vitesse réduite mais constante. Le pays de Nokia possédait un parlement unicaméral constituant constitutionnellement l’autorité législative suprême. On y parlait le Finnois et l'Anglais comme langue secondaire obligatoire.

On oubliait, tout de même, d'où venait la Finlande. Avant Nokia, ils ont eu aussi une crise qui était plus profonde que la crise actuelle en Belgique. Le modèle finlandais sans procédure de redressement préliminaire, faut pas nous la faire. Fallait pas jouer les "dikkenek".

Pour tous les Finnois, un matelas solide de couronnes même eurotisées, ça se trouve pas sous le sabot d'un renne. La sécu pour retraités, même en Finlande, au niveau correspondant à celui dont ils jouissaient pendant leur vie active, c'est pas des cacahuètes. La transparence de l'activité politique le désignait comme le pays le moins corrompu. Dociles, les recettes fiscales étaient très élevées et bien comprises telles quelles par la population, mais elles étaient dépensées ensuite à bon escient, en connaissance. L'économie en profitait en premier lieu, suivie par les infrastructures et l'éducation qui restait l'idée maîtresse de l'avenir. La maîtrise du budget sans dettes du passé donnait, sans conteste, un confort très productif. La différence importante se retrouvait dans la partie du "gâteau" beaucoup plus important allouée par les Finnois à la R&D. Cela se comprendrait, paraît-il, par une excellence gestion.

La Belgique, 30.528 km2 et presque 11 millions d'habitants. Une densité de 346 habitants par km2 et ayant 3 communautés concurrentielles et 3 langues officielles en plus de l’anglais comme langue du commerce. Mais alors question politique, une imbrication pas possible décidée à la proportionnelle. Un mal, ce dernier point? Non, démocratiquement, plus conforme à la représentation des électeurs, mais, certainement, plus lourd à mettre en place. Les compromis, on aime et on est reconnu comme spécialiste, mais il fallait en trouver la sortie. Bruxelles restait la moelle épinière, même si elle fait râler plus d'un, même avec sa raideur désargentée. Un Nokia belge ou quelque chose de similaire, bien à nous, serait une des priorités du nouveau Le Plan Marshall en Wallonie. La Flandre, elle, semblait jouer sur plus le velours, avec des usines aux nombreux travailleurs. En parallèle, dans le monde la technologie, la Belgique se redressait, la productivité était en hausse par rapport à l'année précédente. Tout semblait, donc, aller dans le bon sens. Pas, vraiment cependant.

Le « chief economist d'Agoria », Remi Boelaert, concernant les Technologies de l'Information et des Communications, ajoutait un nouveau vocable à ce que les informaticiens ressentaient depuis quelques temps avec les pertes d'emplois. La "délocalisation". Elle ne se suffisait pas en tant que telle, elle devait s'affubler du nouvel adjectif de "rampante". L'amélioration ne serait ainsi que toute théorique quand on voyait dans la pratique que les sociétés occidentales n'investissaient plus là où elles travaillaient mais étaient conquises par le charme des Pays de l'est ou d'Asie.

Mais, la valse des bonnes et de mauvaises nouvelles continuait. En octobre 2007, on apprenait que les faillites avaient explosé. Les problèmes politiques à la recherche d'un gouvernement pendant plus de six mois y étaient pour quelque chose. Après la valse sadomasochiste politique que nous avions vécue en Belgique, rien d'anormal.

L'interview de Bernard Hanin, président de l'association des économistes de l'Université Catholique de Louvain, paraissait presque obsolète, trop euphorique. Il avait publié les actes d'un colloque sur l'économie wallonne et l'analyse du plan Marshall wallon. Il en ressortait qu'à l'occasion des 25 ans de l'Association des économistes, il fallait réunir un certain nombre d'économistes de Louvain ainsi que d'anciens économistes qui étaient surtout de terrain et de voir ce lien entre l'académique et les activités, l'expérience de terrain autour d'un plan jeune, qui se mettait en place petit à petit et qui a le mérite de vouloir rassembler l'ensemble des forces vives de la Région wallonne toutes ensembles, de vouloir travailler dans la même direction avec cinq axes prioritaires, sectoriels vraiment importants: science du vivant, aéronautique, aéronautique, aérospatial, transport et logistique, agroalimentaire et génie mécanique comme « core business ». Les pôles de compétitivité, surtout, le privé, le public et l'académique pour se trouver face à une Wallonie qui est constituée d'une myriade de petites entités. Tout une programme, que je n'oserais couper tellement l'enthousiasme fait du bien :

20070601R ONU.jpgLa Belgique est un pays assez spécial qui, vu de l'intérieur, donne l'impression qu'on ne se vend pas bien et c'est vrai que notre faire-savoir, notre image de marque sont un peu difficile. Je me souviens en Arabie, la société Bouygues, bien connue chez nous, venait recruter en Belgique des ingénieurs belges pour travailler sur les chantiers arabes parce que on parlait l'anglais et parce que le Belge a une image vraiment de personne professionnelle et bien formée. De l'extérieur, la Belgique est finalement très bien cotée et je veux oublier tout ce qu'on entend souvent: le chocolat, la bière etc… Nous avons aussi dans notre valise. Bruxelles est très clairement un pôle attractif et un pôle connu ne fût-ce que par CNN, ne fût-ce que par les télévisions étrangères. Bruxelles est connue et nous sommes le jardin dans la périphérie de Bruxelles et la Wallonie a cet aspect surtout, d'avoir de l'espace disponible, de l'espace urbanisé disponible. On a une qualité de vie qu'on oublie. Pas vraiment très économique, mais avec une importance capitale. Nous avons sept universités et je crois que ces universités créent tout ce qui est les spin-off. Nous sommes au cœur de, à peu près, cinq cents millions de consommateurs. L'investisseur étranger ne vient pas pour la Région wallonne et nos trois, quatre petits millions d'habitants, mais ils viennent évidemment pour démarcher l'ensemble des autres régions aux alentours de la Wallonie pour l'infrastructure autoroutière, aéroportuaire. Les aéroports de Charleroi, de Bierzet, de Liège ont toute leur importance. Paradis des investisseurs, non. La Belgique est quand même le quatrième pays le plus attractif en Europe. Sur base de cette analyse, les soixante-trois mille entreprises, il y a un filtre en terme de nombre d'emplois,au-delà de vingt emplois, un filtre en terme d'importance de capital, au-delà de cinq cents mille euros et un troisième filtre en terme de chiffre d'affaires. A ces trois filtres, un quatrième qui est de dire : voilà un certain nombre de sociétés, à partir de 11% d'implication de capital étranger dans le capital devient une société étrangère. C'est une norme standard officielle internationale. Et de ces soixante-trois mille, il est resté à peu près trois mille entreprises étrangères en Région wallonne qui sont d'origine étrangère et 65% de ces trois mille entreprises exportent vers l'étranger, ces trois mille entreprises utilisent un quart de la population active de la Région wallonne et ces trois mille entreprises font à peu près 74% de recherches et développements et utilisent 74% des moyens de recherches et développements en Région wallonne. Elles sont incontournables. On a un savoir-faire, mais le faire-savoir est un peu difficile, parce que c'est dans notre culture peut-être. L'Europe des régions est en marche. Clairement, nos concurrents sont Nord Pas-de-Calais, Zuid Holland, l'Ecosse même, le Badwüdenberg, même la Flandre. Chacun a ses valeurs ajoutées. La Belgique resterait une coupole, une image de marque. Le Wallon est considérée comme quelqu'un de bon vivant, quelqu'un qui aime s'amuser, qui a un peu d'autodérision sur lui et pourquoi pas les blagues belges… La Belgique est le pays le plus mondialisés. La France est bien loin en neuvième position avant l'Allemagne. L'Autriche et la Suède suivent de près. Le Centre de recherches conjoncturelles KOF fait cette déclaration très concluante. Singapour, Luxembourg et Belgique sont les plus ouvert à cette mondialisation.20070703Journal d'une quille Boulot.jpg

On lisait, encore, ailleurs. Tenez vous bien, car cela va vraiment roucouler:

Belgium 10 points «Mais comment faites-vous pour afficher d’aussi bonnes performances budgétaires et une telle diminution de la dette publique?» La question vient d’un observateur en provenance d’Italie, un pays qui reste particulièrement fragile sur ces deux plans. Une seule réponse à lui donner: la rigueur et le sérieux. Et parfois, c’est vrai, quelques petites ficelles et autres astuces budgétaires, mais cela c’est une autre histoire... En plein bouclage du contrôle budgétaire, l’agence de notation Moody’s avait apporté un petit cadeau dans la hotte de Didier Reynders et de ses collègues. Certes, ce n’est pas encore le nirvana. La Belgique n’a pas encore rejoint le club très fermé des emprunteurs les plus sérieux, ceux qui se drapent d’un «triple A». Mais elle s’en approche. Elle se situe un petit cran au-dessous, avec désormais une perspective «positive», ce qui autorise tous les espoirs. Bon, soyons honnête, un «triple A» ne devrait pas fondamentalement changer la vie de nos concitoyens. Même l’Etat belge ne devrait pas percevoir une grande différence en termes de financement, tant l’écart avec les meilleurs s’est déjà singulièrement rétréci au fil des années. Mais cela constituera sans aucun doute une sorte de reconnaissance, une espèce de «légion d’honneur» attribuée à tous ceux qui ont participé au redressement d’un pays, parfois au prix de sacrifices importants. Petit bémol, il reste encore du chemin à parcourir. Les Belges ne doivent certes plus travailler pendant une année entière pour couvrir leur endettement — nous sommes passés sous le seuil des 100% du ratio dette/ produit intérieur brut en 1993 —, mais nous restons encore à distance appréciable de l’objectif des 60%. La Belgique a toujours redouté que le critère de la dette ne (re)devienne plus contraignant dans le chef des autorités européennes. Dans le Traité de Maastricht et le pacte de stabilité, ce qui compte, on le sait, c’est l’orientation baissière de ce ratio. Or, manifestement, à cet égard-là, la Belgique fait figure de très bon élève, ayant fait décroître son ratio de 137% en 1993 à 94% en 2005 (et 91% attendu cette année). Il n’en reste pas moins qu’un passage au «triple A», avec pour le surplus les félicitations du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, permettrait une fois pour toutes à la Belgique de tourner le dos à son passé et envisager ainsi l’avenir plus sereinement."

Étonnant, non? Lire tout cela dans le rétroviseur. On se croirait rêver dans un autre monde. La crise mondiale et l'ère Obama étaient encore dans les limbes. A peine, un peu plus de deux ans d'âge. Car, après, patatra: le cataclysme, le pouvoir d'achat dans les chaussettes, les subprimes, la confiance ébranlée dans les banques, le tsunami de la finance et des entreprises industrielles. Toute la planète s'était enrhumée d'une grippe H9N9 futuriste.

L'investissement américain en Belgique allait ralentir, était-il dit, dès décembre 2008. Renforcer l'attractivité proposait alors l'AmCham. En même temps, l'emploi américain se saoulait en buvant la tasse depuis novembre. Chacun a ses problèmes et ses rabots "made by ...".

20070914Belgique à l'envers.jpg"Quand l'union ne fait plus la force" lisais-je récemment. Car entre-temps, un an de crise politique avait plombé les espoirs dans le futur. Ce n'était plus, heureusement, du BHV du petit déjeuner jusqu'au souper, quand la crise ne faisait qu'appuyer sur le champignon. Comble de "malheur" pour les uns, voilà que les politiques s'accordent pour maintenir l'indexation automatique des salaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Ouf, pour les autres.

Alors, avoir toutes les cartes en main pour rebondir après la crise... sauf l'union, cela faisait un peu "peu" comme arguments. Une économie ouverte vers l'extérieur est une chance ou une malchance selon les stratégies de l'intérieur avec ou sans filets. Cela représentait un peu trop de problèmes cruciaux et plus que conjoncturels. Du coup, la caisse devait avoir quelques fuites pour soutenir les banques pour ne pas voir couler ce qui restait avec de timides appels au secours à la surface. Sans gouvernement pendant un an, a laissé des traces indélébiles. La simplification administrative, préconisée aujourd'hui, c'est bien. L'entente et la collaboration entre les différents niveaux du pouvoir, ce serait certainement mieux. L'IMD (Institute of Management and Development) nous classe désormais à la 47ème place sur 57 pour l'efficacité. Même niveau que les Russes ou les Polonais. Les paperasseries des institutions et de la justice sont passées au niveau kafkaïen. C'est devenu une structure fédérale qui ne se retourne que vers ses propres intérêts, partagée entre le régional et le communal. En plus, l'institutionnel dans la petite lucarne, prête à sauter à la moindre incartade dans des répliques en cascade. Que la poignée de main soit réelle, qu'elle soit virtuelle par l'intermédiaire d'Internet ou de Facebook, peu importe, mais surtout retrouver son bruit caractéristique avec le sourire de la crémière.

Pour corser le tout, il y a, juste avant les élections que l'on a mixées avec les européennes, les nouvelles "affaires". Le systémique de la crise économique qui sort son coup de Jarnac de la politique pour rimer avec comique.

20090519Infréquentables.jpgCes "affaires" qu'on soupçonnait dans les grandes lignes et celles qui étaient écrites en petites lignes et qui ressortent du chapeau de l'éthique violée dans les moments les plus propices. Les anciens "copains" avec le "team spirit" en deviennent même "infréquentables". On ne demande même plus ce que les électeurs en pensent, on s'exclut d'office de la proportionnelle. On en devient sectaire, dichotomique. La gauche est redevenue l'opposé de la droite à en devenir étrange après une navigation entre deux eaux. Heureusement, il y a ceux qui ont toujours eu des pas de recul et qui se réveillent en coulisses.

"La Belgique a mal à son économie" écrivait Bruno Colmant, Docteur en Économie Appliquée. Le Royaume aurait commencé son aggiornamento. En quelques trimestres, tout a basculé. Stabilité institutionnelle, dette publique qui excède à nouveau une année de PIB, géographie de la richesse sans les armes de l'inflation ou de la dévaluation pour rectifier et qui ne laisse que l'impôt pour réagir, une vague du vieillissement qui grossit sans que la démographie puisse le compenser.

20071020BHV migraine.jpgL'immobilisme dû aux problèmes communautaires a été suicidaire comme je l'évaluais dans le prix des plombs. Luc De Bruyckere, le patron des patrons flamands, préconise l'innovation, le consensus pour débloquer l'institutionnel et la complexité des structures. Il rêve d'un Obama dans le monde politique. Une marque "Belgique", si, cela peut marcher, pourquoi pas? Européen dans l'âme, une marque "Europe", on n'y pense même plus?

Les crises sont cycliques ou systémiques, mais l'attentisme est plus dangereux. Pour contrer le mouvement, un subtil mélange de confiance entre traditions et transformations radicales sera nécessaire dans une action disciplinée en garder des entreprises sous le giron national ou, au moins, européen, en fonction de la confiance en l'Europe. La formation, la mobilité, l'urbanisme et les pouvoirs publics sont les mamelles d'un redressement possible.20070315SMOG.jpg

La zone euro subit, désormais, un chômage au plus haut de 8,6%. Le pic a été apparemment atteint en Espagne avec 18,1%. La France plane, elle, à l'altitude de 8,9% de chômage. En Belgique, certains secteurs sont, de plus en plus, sinistrés. Rien de très glorieux, tout cela. Comble de comble, on apprend que le manque de culture d'entreprise et l'instabilité politique poussent les investisseurs à bouder la Belgique.

Depuis, il y a les Indiens, avec Mittal, qui sont sortis du bois. Eux, aussi, n'ont plus l'allant des débuts pour respecter les promesses. On ferme des haut fourneaux ou on met ceux-ci au repos pour une durée indéterminée. En informatique, le patron indien d'Infosys disait récemment que l'Inde ne commettrait pas les erreurs de l'Occident". Les salaires, les conditions de travail rejoignent, d'après lui, ceux de l'Occident. Pas d'état providence obèse trop difficile à financer, pas d'approches coûteuses des questions énergétiques ou environnementales, qui lui semblaient les pires erreurs.

Sommes-nous prêts à assumer une transformation des consciences et des acquis durement gagnés avec une histoire de combats sociaux et militaires? Voilà la question de base à se poser. Autant en tirer des conclusions en fonction de la réponse.

20080206Investissez en Belgique.jpgLes intérêts notionnels, qui ont été applaudis par certains, ne pourraient-ils pas devenir simplement un intérêt national avec des participants bénéficiaires dans tous les azimuts sans restrictions? Cela pourrait peut-être attirer les sociétés, leurs patrons et les travailleurs dans le même bateau. "Les fusions entre sociétés restent en panne". Se transformeraient-elles en fusions internes dans chacune d'elles? Le dialogue de sourds entre grandes économies, un leurre?

La démocratie est en perte de vitesse dans le monde. L'extrême droite populiste grimpe aux Pays Bas. L'illusion d'un avenir radieux n'est plus. Faire la fine bouche et ne pas "jouer avec", comme on dit chez nous, serait nous condamner à court ou moyen terme. Le protectionnisme, on en rêve dans le bas et on abomine dans le haut. On a dit, haut et fort, « Nous sommes entrés en récession ». C'est bien de l'avouer. Participer n'est ce pas aussi régner quelque part?

Alors, un « Bye bye, Belgium » dans un « Pays inachevé », comme nous l'apprenait la télé?

Dans les années 60, la population s'enflammait et les hommes politiques gardaient la tête froide. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Enfin, la tête froide, cela dépend des jours et de quelle tête.

20090626Chomeurs en 2011.jpgMais à part cela, Madame la Marquise, tout ira très bien, sans culpabiliser et avec de l'unité d'une devise qui nous était chère, il n'y a pas si longtemps.20070613PS opposition.jpg

N'oubliez surtout pas que, chez nous, sur nos tables de nuit, on garde toujours un verre plein et un verre vide. C'est vrai, quoi, il y a, toujours, des jours où, on a soif et des jours où, on n'a pas soif.

Après les sondages, à vous les studios français et les urnes, puisqu'on nous le dit d'encore plus haut. 

Sera-ce aussi un "mea culpa", chez vous ?

"Un roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché"... 

Mais, si, d'aventure, vous avez un appareil pour dé-raboter, n'hésitez pas, à contacter qui de droit.

20090604Elections.jpgParce que "The show must go on", même si le fun n'y est plus vraiment.

 

L'enfoiré,20070928A.jpg
 

Mise à jour après élections et une image pour en donner les résultats.

Sur Agoravox, des solutions pour notre compétitivité?

20090609Epreuves.jpg
Citations:

  • "Economiste : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui", Desproges
  • "Le bon Dieu a créé les hommes de manière que la première moitié emmerde l'autre moitié", Guy Bedos

  • "Rien ne focalise autant l'esprit que la vue permanente d'un concurrent qui peut vous balayer du marché", Wayne Calloway

 

31/05/2009

Capitalisme naturel ou artificiel ?

Un billet peut en cacher un autre.

Un billet de Paul Hermant m'interpellait. Il s'intitulait "La capitalisme naturel"

Capitalisme naturel ou artificiel.jpgPermettrait-il de trouver ce qui est naturel dans les côtés artificiels du capitalisme? Le voici:

"Il y a un type qui s'est chargé de rendre mon week-end plus ou moins acceptable. C'est un drôle de bonhomme, Libération de samedi publie sa photo, on le dirait échappé d'un film des Marx Brothers, c'est dire s'il inspire immédiatement confiance.

Il y a aussi son interview et, dans cette interview, une phrase : « Quand je vois un verre à moitié rempli, je ne me pose pas la question de savoir s'il est à moitié plein ou à moitié vide, je constate simplement qu'il est deux fois trop grand ». Voilà, ce qui a sauvé mon week-end.

La sagesse bouddhiste nous enseigne que lorsqu'un problème a une solution, il n'y a pas de problème et que lorsque qu'un problème n'a pas de solution, ben, il n'y a pas de problème non plus. Mais ils sont rares, convenez-en, les gens qui ne voient même pas les problèmes et qui ne pensent qu'aux solutions. Amory Lovins est américain, expert en affaires énergétiques, consultant respecté pour ce qui est de l'électricité, il n'est pas ministre, c'est dommage. C'est lui qui a inventé, il y a exactement 20 ans de cela, cette notion du négawatt, partant du principe qu'à tout prendre, la meilleure électricité est encore celle que l'on ne produit ni ne dépense. Et il insiste : « Quand les décideurs de ce monde auront abandonné la croyance selon laquelle lutter contre le changement climatique coûte cher, ils comprendront qu'il est moins onéreux d'économiser l'énergie que de l'acheter ». Il appelle cela le capitalisme naturel : en peu de mots, ça signifie qu'entretenir les ressources de la planète et s'occuper des hommes est la seule solution pour qui voudrait prétendre faire encore du profit demain… Et puis, il a une autre phrase magnifique, il dit : « Je préfère rendre l'espoir possible plutôt que de rendre le désespoir convaincant ».

Je ne sais pas si sa tournée de conférences l'a amené en Islande, mais voilà bien, tiens, un pays qui dispose aujourd'hui d'une électricité produite à 99% par l'utilisation de l'hydraulique et de la géothermie. Vous allez me dire, l'Islande ? Cette île en banqueroute où la récession se mesure par des reculs du PIB de plus de 10%, un chômage de 10% aussi et par une consommation en chute libre ? Celle-là même. Cette production électrique propre devient sa seule vraie richesse. Peut-être parce que les Islandais savent aussi qu'après la banqueroute, il y aura la banquise, c'est-à-dire la fonte des glaces, la montée des eaux et le réchauffement climatique. Et que dans ces cas-là, la dimension d'un verre, ça devient franchement important.".

 

Retournons, donc, vers l'Islande, ce laboratoire naturel, cet "origine du monde". Cette île, dont on entend rarement parler, si ce n'est, récemment, à cause d'une banque en difficulté et qui toucherait nos compatriotes, dans leur épargne. Est-elle tombée de la grâce magique vers le coup de grâce?

20081010Crise Islande.jpgEntre l'espoir vert et la sombre lucidité. Parlant de l'Islande, pour parler d'énergie, c'est aller presque à contre courant.

Pays du silence insoutenable fait de mille rumeurs. Pays initiatique où tout doit s'apprendre. Terre prodigue et déshéritée à la fois: une mer qui gicle, des glaces qui grincent, le feu qui feule, le vent qui n'en finit pas de souffler pour chasser les nuages avec des couleurs intenses, écologiques à souhait. Le Gulftream qui garde le thermomètre au dessus de 3°C en moyenne en hiver et une douceur en été tout en gardant l'éventualité d'une rafale de neige qui peut survenir à tout moment entrecoupée par un soleil secret ou puissant.

Un commentaire au billet de Paul parlait d'oxymore avec le principe du C2C (cradle to cradle). C'est le bon mot car il y a vraiment antagonisme.

Produire et consommer de l'électricité dans un pays tel que l'Islande est naturel. Sous cette latitude, on se retrouve dans l'obscurité pendant 6 mois de l'année, avec, en hiver, des rayons du soleil pendant seulement quatre heures par jour (clarté en janvier: 11:20 à 15:45). Il y a des compensations en été (obscurité en juin: 24:00-03:00) mais alors, dormir devient le problème numéro un.

En 1985, déjà, un article de GEO  (N°78) titrait "Noces de glaces et de feu". Deux cents volcans et une éruption tous les cinq ans. La solitude des fermes, ultramodernes qui se regroupent par sécurité. Les troupeaux, aussi, se rassemblent, dès septembre, pour la nuit de l'hiver. Le glacier Valnajökull, lui qui glaçait d'effroi le volcan sous lui, encore,  épargné par la fonte des glaces. La pêche représentait 97% des devises. L'eau à profusion qui s'écoulait à la verticale entre le basalte, cassé, à en donner le vertige. Géologie infernale, mais leçon de beauté et de poésie. "Islande incommensurable" terminait l'auteur de l'article.

En 1994, retour de l'Islande avec GEO (N°181). Titre "La création du monde". Terre jeune, soixante millions d'années. La marmite de boue volcanique et sources chaudes continuaient dans les steppes fauves de Landmannalaugar. Le tiers des laves de la planète aux portes du volcan Hekla, qu'on appelait la "montagne au manteau" parce qu'il recouvrait l'entourage de cendres. Volcans Krafla, Askja, Laki pour compléter le paysage lunaire. L'érosion glaciaire avec les eaux tièdes que réchauffait le magma. Les geysers avec huit cents sources thermales. Strokkur et Geysir se disputent les hauteurs toutes les 5 minutes. Géothermie assurée. Rencontre des deux plaques techtoniques, américaine et européenne. Du côté de la vie naturelle, des colonies d'oiseaux qui venaient nicher. L'homme, lui, s'accrochait et s'appropriait l'énergie de la Terre au "Blue Lagoon" près de la capitale, Reykjavik pour y nager en toute saison comme un véritable mode de vie national. Le développement de cette capitale ne date que du 19ème siècle  de 5000 à 200.000 habitants pour seulement 320.000 au total sur l'île. Constructions pratiques et sauvages. Vie dure et fragile. 

En mai 2009, c'est l'"Ile nature" (GEO N°363). Les ténèbres de l'hiver sont plus mal vécus qu'auparavant. Affronter le noir demande plus de petits secrets. Ce sera méditer, la luminothérapie pour remplacer les descentes vers le Sud devenues inabordables, les cures de vitamines D et de l'huile de foie de morue pour maintenir la santé. La métamorphose de sa ruralité en nation riche a, en effet, été plombée par une faillite entraînée par les traders et les mirages de la finance. Car, en 2008, les dettes des banques avaient représenté douze fois le PNB et tout à craquer. Désormais, on ferme la porte de sa maison. On remarque qu'exploiter la force des torrents revient à inonder les vallées. On parle de dernière chance pour les épargnants de Kauphing. Le 5 juin, les épargnants poussaient le ouf de soulagement. Salle coup et on se demande même comment sauver l'Islande.

Ne serait-ce pas l'enfer et le paradis réunis sur une même île, l'Islande? Subir l'un pour obtenir l'autre ou jouir de l'autre pour sombrer dans le premier ? Après l'enfer du décor, on a atteint l'envers du décor. L'économie a rattrapé l'écologie et l'a dépassé dans les réalités.

Avec un discours écologique, Amory Lovins pratique l'acupuncture institutionnelle et veut l'imprimer dans les grandes entreprises pour qu'en 2040, les États-Unis ne soient plus dépendants du pétrole en n'ayant plus le besoin de consommer cette énergie fossile. Projet très louable et pas uniquement pour les États-Unis, mais qui demande réflexion pour passer de la théorie à la pratique. Il est sûr qu'avec une vision écologistes, qu'il a le vent en poupe, aujourd'hui. Il a inventé les "néga-barils", la négation des méga-barils ou des mégawatts. Faire tourner le "grand machin" du progrès restera, pourtant, l'objectif pour palier la faiblesse énergétique humaine. Il ne faudra pas négliger, pour autant, la grande "bagarre énergétique". L'écologie est chez nous, une discipline jeune.

Comme en tout, un bonus-malus est à calculer, un "Profit & loss" comptable et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, le "bébé", lui, reste nu.

"La France me fait l'effet d'une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s'appelle le marché économique", disait-il, mais cela ne permet pas de lever le pied de l'accélérateur. L'économie a ses propres règles de fonctionnement qu'il faut l'accorder au mieux avec le relativement nouveau venu.

D'ailleurs, en lisant plus loin, Amory Lovins ne dit pas qu'il ne faille pas produire de l'énergie, mais qu'elle soit seulement renouvelable ou durable et sans pollution pour la produire.

20090530Bleu et Rouge.jpgLe Bleu, s'est, il est vrai, terni en perdant sa couleur du ciel pour se tourner vers le bleu Roi.

Le Rouge est devenu rougeâtre, rouillé par la latence de l'habitude.

L'Orange a perdu aussi un peu de son acide pour passer à l'orangina.

Voilà, le Vert, qu'on espère qu'il ne devienne pas trop verdâtre.  

Le parti écolo, chez nous, a 3 de ses 10 priorités dans le seul cadre de l'énergie:

  1. Rendre les bâtiments plus efficaces en ENERGIE pour alléger la facture énergétique de chacun et sauver la planète

  2. Investir rapidement dans les TRANSPORTS PUBLICS pour élargir l’offre (quantité, ponctualité, qualité, tarif et fluidité) et structurer le territoire

  3. Orienter le redéploiement économique vers l’ECONOMIE VERTE pour y créer des milliers d’emplois durables et réussir la transition écologique

Une fois, ces points précisés, il faut en trouver les meilleurs moyens, les plus rentables pour y arriver. Au niveau de l'énergie, quelle est celle qui répond à ce cahier des charges avec le plus d'efficacité? Quels en sont les effets secondaires?

La "fée électricité", c'est clair est l'énergie totalement propre et qui se régénère à l'envie. Elle existe depuis toujours dans les éclairs, mais dont l'énergie s'est vue supplantée de vitesse par le feu, qu'elle produit. L'homme a donc commencé par le plus facile, le plus accessible, aussi. L'électricité est apparue bien plus tard, sortie de la boite crânienne de certains scientifiques plus observateurs que les autres avec le "Fiat lux". Au lieu de suivre le cycle du jour éclairé, les vingt quatre heures devenaient accessibles pour continuer le jour. Moins transportable que le pétrole, cette électricité. Plus volatile et fugitive, il a fallu la domestiquer, l'emmagasiner. Ces opérations ne sont toujours pas résolues sans pertes. Car, il y a aussi la conversion que ce soit en chauffage ou en force de travail. Le processus demande lui-même de l'énergie pour s'éclater. La fission nucléaire, on en connaît les risques et la pollution par ses déchets, n'y revenons pas. La fusion nucléaire a toujours le péché majeur de la mise à feu. Le projet ITER n'est pas pour demain dans leur implémentation et les verts, impatients, sont contre le projet vu cet éloignement dans le temps. Mais, rien n'empêche de prouver le contraire dans le futur.

Le soleil est et reste cette énergie de rêve et de réalité, passe partout, produite n'importe où, comme solution de l'évidence, ad vitam eternam.

Sa chaleur, sa lumière, sont les seules énergies durables qui ne dépendront pas de l'ampleur des marées, qui ne dépendront pas des vents souvent capricieux, d'une géothermie qui dépend de l'extraction profonde et qui n'est vraiment utilisable que sous formes de chaleur et d'eau chaude. (Une exposition à Mons est en cours et à pour titre "La géothermie, une énergie à creuser".)

L'Europe voit dans l'éolien son maître choix et le coeur de sa politique. Les "contres", à juste titre, ne sont pas absents. Pour Luc Rivet, "l'éolien industriel est devenu une machine infernale et une grosse arnaque qui ne fait rien gagné au niveau des émission de CO2". L'éolien détruit les paysages par la place qu'il occupe, gène les oiseaux. Pour ne produire que 20% de son temps, de l'électricité, c'est peut-être beaucoup. Les rayons du soleil et la lumière ne prennent pas de place et ne nuisent pas à l'environnement du paysage.

L'électricité sortira progressivement des grandes centrales que nous connaissons aujourd'hui. De très petits réseaux s'éparpilleront aux travers de petites unités privées, reliés entre eux suite à l'"ecology business". Les systèmes de récupération de l'énergie solaire font déjà fonctionner les compteurs à l'envers. Devenu producteur d'électricité, le consommateur devra l'utiliser, alors, pourquoi pas, tous les points privés ou publics reliésentre eux? Sus à l'overhead (en anglais, l'overhead signifie ce qui est à mettre en pertes et profits parce que cela profite à l'ensemble du système en entier).

J'avais écrit l"Econologie, rêve ou réalité?". D'autres parlent d'économie et d'écolomie. Néologismes, simple différence dans la terminologie et la manière plus écologique de l'aborder, mais pas d'antagonisme dans la réalisation. Le Science et Vie expliquait, le mois dernier, le pourquoi, maintenant, on pouvait y croire.

"Super capteurs, centrales géantes produisant en continu, cellules en plastique plutôt qu'en coûteux silicium : sur tous les fronts, le solaire profite de spectaculaires innovations techniques. A la clé ? Sortir cette énergie de la marginalités", comme on le disait dans ce numéro. Les capteurs solaires ultra performants, thermique et photovoltaïques accompagnées par des batteries performantes. Les batteries ne sont pas le plus mince des problèmes, car elles s'usent vite et en plus elles sont polluantes. Les condensateurs électriques auront encore besoin d'ingénieuses découvertes pour éliminer leur propre "overhead". Perdre leur lourdeur, leur désagréable habitude de perdre leur efficacité quand on ne s'y attend le moins, gagner du temps lors de la charge, pouvoir être recyclé comme le reste, ne sont pas des moindres.

Alors, la question demeure: de l'énergie, dans quel cas, l'oublier, l'utiliser avec parcimonie, quand l'économiser, quand ouvrir les robinets à fond? Ouvrir des "possibles" reste une obligation et le besoin ne sera jamais en décrue à moins de perdre nos facilités et notre confort moderne. 20090528Elections.jpgL'espace, par exemple, demande et demandera toujours plus d'énergie dans la recherche du progrès qu'il pourrait nous donner. L'argent restera nécessaire, comme outil, même raboté.

Le gaspillage, on sait qu'il est superflu, irrationnel et donc à éliminer. Colmater les fenêtres. S'isoler contre les pertes de chaleur coûterait 1000 fois moins cher que de nouvelles centrales nucléaires, dit Amori. Rationaliser est nécessaire dans tous les domaines, mais celui de l'énergie est particulier car il fait partie de nous. Penser l'éradiquer ou la réduire de manière irréfléchie, serait suicidaire et contre productif. L'énergie, c'est la vie, tout simplement.

Économiser, c'est produire à moindre coûts et avec le plus d'efficacité et non pas repousser l'utilisation dans sa négation. La Chine se voit encore trop contrainte de puiser dans sa force vive et humaine à bon marché pour réaliser ou compter sur un rendement trop faible dans l'utilisation de l'énergie pour sa production. Elle se retrouve, à nouveau, en pleine crise, dévoreuse industrielle. Ses importations en matières premières, elles explosent (fer, cuivre, aluminium), lit-on dans la presse.

"L'industrie polluante sort première de la crise, vu que l'énergie verte dépend du bon vouloir des banques qui rechignent devant les investissement énormes". La fatigue des plans de relance verte se ressent chez Suntech et Sunpower, sociétés qui se sentent obligées de faire des augmentations de capital, peu appréciées par les actionnaires. Plombées, donc, les Bourses. Les politiques ont des agendas tellement serrés pour soutenir le mouvement et décider les transformations drastiques. Les citoyens d'une démocratie ont, tout autant, une action consultative pour pousser à améliorer cette situation.

L'avenir devra être plus technique et peut-être moins tourné vers la seule technologie. C'est évident.

Seulement, des pauses sont très nécessaires pour faire le point. On les appelle du doux nom de "crises".

La raison favorable à la "religion verte" sera là pour celui qui, a perdu la foi et s'y trouvera en refuge. La raison pour l'autre sera plus proche, plus matérielle, aussi, car l'un ne va pas sans l'autre.

L'argent suivra, comme outil, rien de plus. Sortir le gadget des découvertes, des inventions, pour ne garder que la crème, sera le plus précieux des dons dans une évolution de la nature. Les erreurs, autant s'en apercevoir le plus vite à notre échelle.

Les ressources naturelles, les matières premières, pour la plupart, sont finies et, là, c'est plus grave. Le pétrole, miraculeux, matière aux ressources innombrables, en fait partie et ne devrait un jour plus servir à donner de l'énergie mais se limiter à produire des matières tout aussi utiles en dehors de la vision énergétique.

Alors, sera-ce un retour vers son jardin ou vers la recherche? Un choix qui mène à "que le meilleur gagne", mais il faudra gagner, c'est un "must". L'impossible étoile n'est peut-être pas si lointaine mais ce sera la voie du meilleur rendement. L'utilisateur ne découvre pas les choses qu'à petites doses, pas toujours par lui-même. Souvent, un mouvement, une idéologie doit le réveiller avant la crise cardiaque.

Capitalisme naturel ou artificiel Bourse.jpgAujourd'hui, je me sens voter aux prochaines élections pour le "Vert, j'espère". Mais comme je l'ai dit, parfois, je triche. 

L'écologie, c'est bien plus qu'un parti, c'est un pari. Philosophie de la logique et de la subsistance de notre espèce, mise à mal, après le ratage de la finance pure et dure.

Les détracteurs parlent de nouvelles taxes. Des réorientations vers des sources correspondantes aux finalités et aux besoins réels, répondent les écolos.

Alors, capitalisme naturel? Si, cela semblait antagoniste, les liens se retrouvent encore dans les réflexes avant d'en trouver les intérêts réels.

Complémentaire pour aller au bout de nos rêves sur une planète qui est, jusqu'à nouvel ordre, la nôtre.

En Belgique, l'envie verte est aussi très présente. Ecolo n'exclut donc pas de diriger Bruxelles.20090601Ecolo.jpg

Le capital humain, il n'y a rien de plus naturel. Il continuera toujours à se gestioner et se comptabiliser.

L'écologie, pour suivre le simple principe de précaution? Pas nécessairement pour prouver ou infirmer le réchauffement climatique dû à l'activité humaine qui a aussi ses détracteurs, mais, par pragmatisme. Redonner, aussi, l'espoir après notre crise.

Et puis, calfeutrer ses fenêtres apporte aussi le confort et n'évite pas seulement la chaleur de s'enfuir, mais le bruit de pénétrer.

L'analyse, dans le temps apportera les corrections aux incertitudes et aux hésitations d'aujourd'hui.

L'Homo Economicus deviendra, ainsi, l'homo ecolomicus. Just in time?

Seul l'utopie et les rêves ont toujours eu une chance d'aboutir.

 

L'Enfoiré,

 

Les Voix du Peuple seront-elles naturelles ou artificielles? 

 

Citations:

 

  • « C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! », Jules Renard

  • « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro

  • « Toute forme de récompense constitue une dégradation d'énergie. », Simone Weil

  • « Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire. », Georges Clemenceau

28/04/2009

Sucer mais pas avaler (2)

Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.

20090421Pirates partout.jpgPourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?

 

Patrons du monde qui êtes aux mieux,

que vos noms soient honorés,

que vos sanctions ne nous viennent,

que vos volontés soient faites

au bureau et à l'usine pour le miel

Donnez-nous aujourd'hui

nos gadgets au quotidien

pardonnez-nous nos dépenses,

comme nous pardonnons aussi

vos excès qui nous ont souvent effrayés.

Et ne nous soumettez pas à l'imitation,

mais délivrez-nous du râle

car c'est à vous qu'appartiennent

les règles, la puissance et la gloire,

nous garderons seulement les miettes des crisettes

pour des siècles et des siècles.

 

20090323Pape et porte parole.jpgPourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.

Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.20090325Obama Fils Kennedy.jpg

Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.

L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.  

20090205_Foiré.jpgNe pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.

20090126Obama appréciation.jpgCe 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé. Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.20090408Obama Irak.jpg Solidarité de façade, donc.

« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.

D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.

20070311Chirac fin de règne.jpgLe président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.

Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.20080701La France préside l'Europe.jpg

Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.

La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".

Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?

Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.

20090602Obama Israel.jpgUn clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.

Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.

Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.

Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.

Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.

20090422Durban 2.jpgCe qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".

Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?

Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.

ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.

Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.

Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.

Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".

"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.  

Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.

Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.

20090420Pirate Pompéi.jpgVoilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.

N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.20090424Pirates Bruxellois.jpg Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.

Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?

Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.

Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.

On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.

Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.

Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.

La politique est,  sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.

20090330Europe elections.jpgEn occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.

S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?

Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".

 

L'Enfoiré,20070706Tour de l'espoir.jpg

 

Agoravox est-il en plein suc?

 

Citations:

 

  • "L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson

  • "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard

  • "Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein

 

10/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (2)

L'"Atlas des Migrations", présenté par Le Monde nous a entraîné sur notre planète migrante. Au travers de l'histoire, les peuples se sont intégrés sur toutes les terres disponibles. La vie n'a pourtant pas été rose pour ces voyageurs à la recherche d'un hypothétique paradis ou, plus prosaïquement, d'un ailleurs meilleurs. Cette fois, voyons cette intégration de ces immigrés, chez les autochtones, qui ne sont, souvent, que des allochtones dans un passé plus ou moins lointain. Le futur ne sera que ce qu'on décide aujourd'hui, contraint ou suite à des réflexions sur les réalités du monde.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpg4. Intégrations et fractures

Le monde est pris de fièvre migratoire que ce soit en réel ou en virtuel. Il est devenu un village, pour en revenir à une émission de chez nous. Il est devenu un immense melting-pot, par amour du voyage  ou au forcing. La publicité transite par les médias, télé, Internet qui passe allègrement les frontières attise les convoitises. Cela ne veut pas dire, que l'on migre de foi et avec les mêmes moyens. Parfois pour le meilleur, souvent, pour le pire. L'immigration crée crispation identitaire pour les autochtones et l'espoir d'une cohabitation par le métissage pour les nouveaux arrivés. Ce ne sont plus des sauts de puces trans-frontaliers qui limitaient l'investissement dans des temps anciens. Les distances n'existent plus. Mais, c'est l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Moyen-Orient et les pays émergents qui sont passés au rouge depuis à peine 20 ans. Une démographie galopante de la population pauvre venant au "secours" ou en "surplus" d'une démographie qui était en déficit et vieillissante dans les pays dit "riches", plus riches. Les migrants ne représentent pourtant que 3% de la population mondiale.

Fossés économiques entre pays riches et tiers-monde, crises politiques qui poussent aussi à s'expatrier. Quitter son pays est même banni par certains d'entre-eux. Certains pays n'apposent simplement pas le cachet sur le passeport ou les visas d'entrée ou de sortie. Migrer, un rêve qui tourne parfois au cauchemar tout en gardant une obligation psychologique de réussite pour l'intéressé. Ce n'est pas partout que l'homme devient, au mieux ou au pire, une "marchandise" comme une autre. La migration reste inégalitaire, limitée par un transit qui ne ferait pas obstacle à la finance dans un libre échange bilatéral.

L'Europe s'accorde à reculons. Chaque pays d'Europe veut pouvoir conserver sa souveraineté comme un "jardin secret". Si le pacte européen du 16 octobre 2008 essayait de coordonner la transhumance, il n'ambitionnait pas une politique volontaire et unifiée avec une obligation de réussite. Combat de tranchés derrière une espèce de Ligne Maginot du protectionnisme à dimension variable, écartelée entre humanitaire et économique. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer la remise en question des pactes de papier et renforcer les boucliers de protection. Décisions d'une carte bleue ou verte comme passeport, votées à la majorité qualifiée, c'est-à-dire avec des compromis qui frisent les compromissions à la traîne derrière un Traité de Lisbonne, mal accepté. L'espace Schengen aux courbes plus ou moins harmonieuses mais totalement artificielles n'accorde pas les violons de l'ensemble.

De l'émigration à l'immigration. Le monde change et les pôles d'attractions aussi. Il vieillit et rajeunit à la fois. L'Italie, l'Espagne sont passé à l'étape inversée de la migration à vitesses variables. Les nouveaux migrants remplacent les anciens. Les religions jouent à l'obstacle ou au catalyseur selon le cas. La crise économique met le pied sur le frein. Régulariser si, c'est dans les cordes, mais pas trop acculé dans celles-ci. Les Roms, les voyageurs invétérés, gênent l'Italie très protée à droite.

La mise au ban des clandestins se fait avec des dispositifs sécuritaires de plus en plus policiers au détriment du droit lui-même. Ceuta et Mellilia restent dans les mémoires. Quand la mort est au bout du voyage, on dépasse les limites de la déshumanisation et on absorbe mal l'inflation dans les risques engagés pour gagner un paradis de plus en plus fictif quand la croissance ne suit plus.

Islam.jpgBien loin l'idée de "Bienvenue à tous" de la France entre 1851 et 1946. A l'époque, il fallait devenir français, avoir une origine pas trop lointaine et accepter travailler à la mine, par exemple, pour la mère patrie. L'expansion et le repli entre 1946 et 2008 furent, au départ, une intégration imbriquée à la colonisation pour suivre l'expansion pendant les Trente Glorieuses. Des inégalités croissantes, suites à la mondialisation comme base des échanges, menèrent à une rupture sociale, un regain de xénophobie, un repli identitaire et des violences en réaction à une marginalisation. On compte, aujourd'hui, 50% des immigrés qui auraient la double nationalité. L'expatriation gagne du terrain chez les jeunes français, attirés par des salaires plus élevés ou simplement pour trouver un emploi suite à une recherche trop longue. Garder ses "œufs" au frais dans le même panier de la chance n'est plus toujours rentable. Avec le bagage dans la tête ou à la main, les jeunes s'en vont, souvent, fonder famille, dans la durée et sans retour à l'origine.

Le Royaume-Uni qui est un point de chute ou un tremplin. On trie à la frontière sur le volet et on prie de s'intégrer plus officiellement avec de moins en moins d'esprit multiculturel. La liberté de paroles, et de gestes, le respect des différences culturelles ont reçu leur coup de grâce, ébranlés, à la suite des attentats du 11/9/2001 et de l'attentat de Londres. Permis de séjour à points, écoles publiques confessionnelles plus contrôlées, caméras publiques, absence de mariages mixtes marquent la crise du multiculturalisme.

L'Allemagne est de plus en plus en gros déficit d'intégration. Le taux de chômage des immigrés reste supérieur à celui des Allemands de souche. L'introduction du droit du sol, l'enseignement de l'allemand, idées tournées vers plus d'intégration et moins d'assimilation, font partie du revirement de la politique actuel.

La Russie entonne le chassé-croisé postsoviétique, partagé entre départ vers les nouveaux pays de l'ex-URSS ou les pays de l'ouest et les arrivées vu une certaine relance avec un déficit tout de même pour les arrivées malgré les besoins grandissants d'immigrés partageant la culture. Redéploiement dans un commerce "de valise", pour étudier, pour travailler sous le couvert d'un tourisme d'apparence, mais en va-et-vient. Un commerce d'émigrants qui peut avoir à l'extrême des relents plus mafieux et une immigration supportée après l'assimilation de la culture russe.

Quatre siècles de rêve américain (anniversaire en 2007) ont forgé l'identité du pays. Nation d'immigrants par excellence. Ellis Island le rappelle dans un musée. Colons venant d'Outre-Atlantique, vers le Far West, repoussant les Indiens dans des réserves. Immigrants politiques, économiques, plus tard poussés par la famine. Des esclaves noirs suivirent, à peine 20 ans plus tard. New-York, la Pomme reste la porte d'entrée, toutes catégories, sous l'effigie de la Statue de la Liberté. San Franciso, Frisco rappelle le goût de l'Europe. La fin du 20ème siècle a connu une moyenne d'un million d'immigrants par an intrigués par l'envie de faire du neuf quitte à prendre tous les risques. On est seulement, cette fois, un peu moins sûr, avec la crise surtout si elle dure. Les quotas avec plafonds sont apparus sous-jasent des aspects de xénophobie religieuse. La force montante des latinos revendique, elle, ses droits après avoir servi de main d'œuvre à bon marché dans l'immobilier. L'Amérique blanche a résolument vécu. Les minorités d'aujourd'hui, qui représentent 30% de la population, deviendront le majorité dans moins d'un tiers de siècle. Dans les écoles, 62% des enfants sont noirs, latinos, asiatiques ou proviennent des îles du Pacifique.

Le Canada a pris le choix de l'immigration, mais se perd entre francophones et anglophones et en temps d'attente pour recevoir le sésame.

Le Brésil, on le quitte et on l'adopte via les pays extérieurs, encore plus pauvres. Pays immense et ça bouge bien à l'intérieur avec une préférence pour les villes côtières du Sud-Est.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont avant tout pragmatiques avec des permis à points. Les Maoris restent plus inquiets sur leur propre territoire en Australie. Pour leur langue, c'est déjà perdu.

Une pirogue pour l'Europe, pour de jeunes africains de l'Ouest dans une stratégie de survie, très organisée par des convoyeurs qui encaissent les bénéfices. L'Afrique reste le continent de tous les exils vers l'intérieur du continent où les attendent xénophobie et expulsions.

Les pays du Golfe sélectionnent leurs travailleurs, importés d'Asie mais avec une préférence arabe.

L'Inde préfère une émigration de proximité avec des saisonniers très précaires. Xénophobie en ville. Partir reste néanmoins un privilège de riches. Le retour des cerveaux indiens programmé pour trouver de nouveaux "ghettos résidentiels" qui font envie dès le départ.

5. Le monde de demain

Aux problèmes humains vient s'ajouter un palmarès catastrophique de la climatologie et cela pour tous: la nature et le réchauffement climatique créera, d'après les prévisions, de plus en plus de naufragés de l'environnement par un choc thermique, par les inondations dues à la montée des eaux et aux cyclones de plus en plus dévastateurs. Ailleurs, c'est la sècheresse par la désertification et la terre en pénurie d'eau douce et potable en manque de gestion efficace. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable ou à un système d'assainissement. En 2080, 3 milliards d'êtres humains pourraient, cruellement, manquer d'eau. Le déclin de l'agriculture pourrait données des retombées incalculables. Une mauvaise gestion des ressources pourrait donner le signal de départs encore plus massifs. Partir serait, dans ce cas, survivre.20090328Europe Elections.jpg

Le Pôle Nord qui se déshabille de ses glaces et se réveille. Il devient le "point chaud" du globe vu son potentiel stratégique pour les pays limitrophes et un réservoir d'énergie. De nouvelles routes maritimes vers un Groenland, plus vert, pourraient accueillir de nouveaux immigrants.

Le diabète, la maladie du siècle et le ravage du paludisme (maximum en Inde) sont des problèmes avec un impact sur la croissance. L'immigration serait devenu la solution du déclin pour palier le problème démographique. Le nombre de personne âgée augmente de 2,6% par an et seule une "réévaluation positive" pourrait inversé le phénomène. L'explosion démographique vers la folle croissance des villes ne semble pas la solution. En 2007, un milliard d'habitants vivent dans des bidonvilles aux abords des mégapoles. L'immigration solution au déclin avec des forces vives en dépression avec 20090402Obama a Londres.jpgdes politiques à revoir.

Alors, une gouvernance proactive et distributive de rendements et des compétences serait une autre voie de considération des migrations?

Joseph Alfred Grimblat, un des auteurs de cet Atlas, disait que l'immigration même illégale a globalement des retombées positives sur le développement des pays d'accueil. Un effet à la baisse sur le niveau des salaires, ce qui est défavorable aux employés, mais favorables aux consommateurs sur le coût de production. Une transmission des cultures et des technologies apporterait d'autres compensations. La fécondité faible dans les pays développés provoque le déclin et le vieillissement de la population. 47 millions d'émigrés par an seraient nécessaire pour équilibrer le système de retraite des pays du nord. Le travail et l'esclavage ont parfois été de l'autre côté du rivage. Exodes, expulsions, exils et bannissements ont été, dans l'histoire, les compléments de l'infamie pour raison d'état, de cultes. L'écrémage de masse au XIXème siècle, plus ou moins volontaire, a fait place à des réfugiés forcés par les conflits armés et les idéologies controversées. L'immigration renversera-t-elle la vapeur?

Une gouvernance mondiale pour organiser les migrations est nécessaire. Les marchandises ne peuvent précéder les hommes dans leurs mouvements, sans les accompagner, tôt ou tard. Un nivellement par le bas et vers le haut en même temps comme conclusion? Les migrations peuvent étouffer les précédents arrivés, les autochtones en difficulté, eux aussi, mais les nouveaux s'étoufferaient en même temps à plus ou moins long terme. Problème d'acceptation et de compétitions difficiles, au centre des préoccupations de la vie en commun quand la couverture devient plus étroite. L'OIM, chargée par l'ONU, n'a pas compris que le compromis doit se trouver à l'échelle la plus globale possible et non pas dans des réactions étatiques au coup par coup et à plusieurs vitesses, cachée derrière des organismes disparates en octopus de la confusion. Tout est lié: le travail, les institutions, la scolarité, le social, la vie avec sa logique implacable des pays, dit développés, confrontés à la survie, des autres pays. S'il y a des lacunes, elles se répercuteront sur tous. Les souverainetés ont fait rétrograder les processus d'intégration en ouvrant ses portes en période de haute conjoncture et les refermant en période de restrictions ou de restructurations. La migration sélective n'est qu'un aspect de la partialité, non reliées aux réalités humaines. Croire que les familles ne suivent pas les initiateurs du voyage serait un leurre. Les nationalismes font place aux régionalismes. On rétrécit son horizon pour s'enfermer dans le virtuel au niveau mondial. Les rêves d'autonomie, de vivre en "stand alone" ressortent périodiquement. (ex. que se soit en Belgique ou en Kabylie)

20090406G20.jpgLe sommet du G20 à Londres et la Conférence du 60ème anniversaire l'OTAN, ont débouché sur des accords de partenariat. Pressions et crises ont pris toutes les plages des discussions pour y arriver.

"Tournant historique" et "Rupture avec le passé" ont été déclarés, haut et fort, même si en coulisse, ce n'était pas nécessairement l'amour fou. L'Europe, à plusieurs vitesses, se cherche toujours une voie commune dans beaucoup de domaines. L'unité monétaire est loin d'avoir pu ajouter au mot "Europe" celui d''"unie". Le social a à peine effleuré les consciences. Une langue de rapprochement de fait n'existe que dans les contacts internationaux et dans le virtuel. La nouvelle pensée à l'américaine a même troublé les Européens quant à l'intégration de la Turquie dans l'UE. Pas un mot de la migration des populations. Ce n'était seulement pas à l'agenda. L'argent reste le nerf de la "guerre".

Quant aux revenus de la migration, où se trouve la balance de ces transferts de personnes et, donc, de fonds dans l'économie? Là, on pourrait défoncer les idées reçues. Celles-ci varient selon le pays de destination des migrants et de la richesse, tout en perturbant le fonctionnement du pays le moins modernisé ou la suspicion vis-à-vis de la diaspora de ce dernier. L'émigration des "cerveaux" remonte le trafic des compétences dans un véritable système de dominos avec un cadre mondialisé sans réelle compensation pour les pays à la population migrante. Déficit de migration alors qu'elle ne cesse d'augmenter.

Une vision objective à mettre en opposition à la plus subjective d'une invasion des immigrants? Visions toujours très sensibles et polémiques? Sortons du magazine et passons à la pratique du terrain.

Beaucoup de lecteurs m'ont déjà parlé de Bruxelles comme d'un laboratoire de la migration. Et c'est vrai, les nationalités se bousculent, s'entrechoquent en communautés ou vivent entre elles sans frontières en harmonie apparente.

En Belgique, 20071010Accord immigration.jpgles problèmes des sans-papiers n'en finissent pourtant pas d'émouvoir les populations et les politiques de tergiverser. Un avis en billet non politique. Ne nous leurrons pas sur la question, "Près d'un Belge sur trois est raciste" et donc résistant à l'infiltration des étrangers sur son propre territoire. Les statistiques ne donnaient aucune référence au racisme latent dans l'autre sens qui n'est pas non plus inexistant. Ce n'est pas vraiment une question de race, mais de différences de cultures, de manière de vivre qui serait en question, ni un véritable problème de couleur de peau. Dans les pays chauds, on ne vit pas au même rythme. C'est une différence qu'il ne faut pas oublier.

Une rencontre de 3ème type difficile, mal programmée, serait, donc, à assumer dans la proximité et une peur de l'inconnu de ce "Métèque" qui a ses propres casseroles à tirer au pied et qui vient "narguer" avec sa propre pensée. Migrer, chez nous, à Bruxelles, n'a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour s'y retrouver à plein. Les "contacts" existent et sont parfois durs. Les susceptibilités vite exacerbées. Ce n'est pas une erreur, une simple normalité. Quant à la violence, elle est périodique, scandée mais pas limitée dans aux seuls contacts entre races. J'ai pu l'éprouver un jour, personnellement.

Etre sans-papiers ouvre la porte aux excès. Chercher les raisons du profit et perte explique mieux le phénomène. Pas de relations directes, mais plutôt subordonnées à cette situation de flou, un actif sur deux dans le monde travaille en noir est-il constaté récemment. Ce qui montre aussi la perte de moyens pour les Etats.

Une ou deux générations seront nécessaires pour s'accroder et faire le "ménage" dans la tête des nouveaux concitoyens tout en conservant leur idéologie. Les règles de l'Egalité des chances, poussées à l'extrême n'y pourront rien changer dans la pratique du seul moment et sans le recul du temps. Quelques articles sur Agoravox au sujet des migrations m'ont intéressé. Cultures, racines, terres que de problèmes en perspective. Les religions y ont ajouté aussi une dose d'intégrisme et du refus des autres que ce soit par l'islam, question de perception et d'employabilité, par le volonté de vivre seul du judaïsme ou celle d'réintégrer des interdits d'un autre temps dans le christianisme. La peur de l'autre vient de cet ensemble de différences qui seront toujours d'actualité divisés entre pouvoir et argent. Le rêve qui tournerait à l'arnaque au Québec. L'enfer du paradis dans l'attente du passage. Un problème de dignité humaine positionné aux sans-papiers ou le film "Le si beau voyage". Diversité, une chance pour seulement dormir tranquille.

Les changements de mentalités prendront beaucoup plus de temps, même si la crise a secoué les consciences. J'écrivais, il y a un an, le contre-pied, dans "Enfin, la faim", mais personne n'y avait compris le fin mot.

Migrer pour vivre ou survivre_Racisme.jpgDu 19 au 29 mars 2009, c'était la semaine contre le racisme pour tenter de faire réfléchir à la question à remettre à l'ordre du jour en boucle.

Le dumping social européen focalisé par et sur l'économie ou un équilibre avec des distorsions uniquement tournées vers les compétences de chacun?

Le Reaganisme et Margaret Thatcher qui voulaient délocaliser en Irlande, en se débarrassant des règles ont entamé la confiance par le libéralisme à outrance et se retourne contre l'Irlande, elle-même, aujourd'hui.

Cette histoire de gros sous, d'économie a plongé l'Islande dans le marasme.20081010Crise Islande.jpg

Le néo-libéralisme sans autorité publique en réduisant la couverture sociale a, jusqu'ici, raté le coche de la néo-migration.

Les femmes émancipées ont ouvert une autre voie à l'émigration. Elles restent toujours plus exposées au chômage, et cela migrante ou non. Mais elles s'y retrouvent, tout de même, dans leur prise en main en s'offrant l'indépendance par la conscience dans le milieu d'origine où il aurait été inexistant. Migrations à la recherche d'opportunités qui vont jusqu'aux mariages blancs. Le but est atteint. L'avenir aura sa propre réponse, logique par l'adaptation des habitudes. La multitude l'emportera, alors, sur l'Empire égalitaire.

Des accords bilatéraux entre pays pour recruter (ou de débaucher) des migrants assortis de quotas existent, mais, c'est une immigration à la carte qui y est préconisée avec une répression pour les clandestins, un travail temporaire pour les moins qualifiés et une 'appréciation alléchante pour les plus qualifiés suivant un "Pacte européen de l'immigration et de l'asile". Un partenariat, sinon rien et si rien, pourrait-on en conclure et espérer? Pas vraiment dans la pratique. "Like a hobo" (former un groupe, faire le colporteur, le charlatan") avec sa maison de plus en plus sur le dos semble être une nouvelle pratique.

Utopie que celle de Michel Serre, qui dans le Magazine des Philosophies poussait en avant son "si" on instaurait une paix perpétuelle comme réédition du rêve de Kant? Aujourd'hui, plus que tout autre, quand le monde est devenu un village, nous avons besoin de contacts parfois plus réels que virtuels. Les transports qui consomment de l'énergie, n'ont plus la cote auprès des écologiques. La téléportation rêvée par Paul Virilio n'est pas encore à l'ordre du jour.

20090407Migration.jpgComme on dit que "nul n'est prophète dans son pays". Aller retrouver ses semblables dans un autre espace temps et, parfois, décider d'y vivre, relève d'un esprit entreprenant avec des risques non négligeables.  Y-t-il des intérêts cachés pour l'immigré? Pour des raisons économiques ou politiques, le rapport prix-performance sera vite fait à posteriori. Le rapport change bien vite avec le côté financier. Des surprises exitent entre pays voisins qui auraient des lois dites "similaires". L'Europe, qui se veut unie, est loin d'observer des normes comptables et fiancières, compatibles entre les pays qui la compose. Les impôts, les pensions subissent des taxations très peu avantageuses pour celui qui a fait le pas de la migration en milieu de carrière. Les fonds de pension sont vite considérés, au grand dam de ses administrés, comme des placements bancaires susceptibles d'être taxés au prix fort, très différent du pays d'origine.

Mais, cela est probablement une autre histoire et un autre Atlas à construire. Celui du Monde diplomatique? C'est à voir, puisqu'il était dit que ce serait un "Monde à l'envers".

Nous sommes tous des émigrés et des métis, chantait, Julien Clerc. L'évolution et la vie l'ont voulu ainsi.

Sera-ce, dès lors, circulez, y a rien à voir ou, peut-être, avec plus de recul, tout à y gagner?

Ce pourrait n'être plus alors pour seulement vivre, mais aussi pour survivre.

Et si on riait une dernière fois...

L'enfoiré,

Sur Agoravox, que dit les soi-disant "sédentaires" des migrants?

 

Une adresse, juste au cas où? 

Mise à jour du 20 juin 2009: Journée mondiale des réfugiers : 42 millions de réfugiers dans le monde20090620Journée du réfugier.jpg 

Livres sur le sujet:

 

Citations:

  • « Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... », Cavidan Tumerkan

  • « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. », Nicolas Bouvier

 

15/01/2009

Un avenir de barbelés

Un avenir de barbelés_cadena.jpg

Se sécuriser, voilà le leitmotiv du citoyen d'aujourd'hui. L'ère GW Bush a ajouté quelques couches. Ne rate-t-on pas dans la manœuvre quelque chose de plus essentiel: la rencontre et la confrontation avec son semblable pour créer et prospérer dans l'harmonie globale? 

La violence a toujours existé. S'en protéger est une réaction naturelle. Mais ces derniers temps, nous sommes passés dans des extrêmes aussi bien du côté des bandits que de celui des gens dits "de bonne conscience". Les extrêmes des actions et réactions vis-à-vis des événements correspondent aux extrêmes de potentiels de notre temps.

Où est ce temps où la porte d'entrée du domicile était ouverte sans beaucoup de serrures? L'hospitalité n'était, alors, pas un vain mot. Aujourd'hui, il y a, devant certaines portes, des paillassons avec la mention "Welcome" mais qui ne laisse plus passer personne sans montrer "pattes blanches". Il n'y a plus que dans les pays à la population est assez pauvre de manière uniforme pour que l'hospitalité proverbiale sera apportée comme une obligation de courtoisie. Si, chez nous, dans les temps anciens, les bandits de grands chemins ont bien hanté les forêts, ce sont les villes qui attirent les nouveaux Calamity Jack pour cauchemarder les autres. Les risques de cambriolage ont considérablement augmenté et l'imagination est tout aussi fertile pour réaliser les casses que pour les contrer, cela au profit de tiers qui sont là pour fournir toute la sophistication désirée. Le commerce de la "sécurité" a, en effet, pris un essor non négligeable.

Qu'est-ce qui a changé? Dans notre civilisation de la consommation, l'argent est devenu le seul "roi". La publicité, son mentor, a créé l'envie de possession matérielle pour obtenir la reconnaissance de la société. Le coup pour coup des deux camps par l'escalade de moyens d'agressions et de défenses s'en est suivi. Le trop plein de produits en compétition avec le "meilleur rapport prix/performance" de la rapine. 

Les vols à la tire, les "Sack-jacking", ne faisaient plus seul recette et tombaient dans la banalité très peu punie. Ils n'étaient qu'une manière bien peu rémunératrice, dans le fond. Les "bougres d'enfants riches" savaient ce que veut dire "se protéger".

La proie suivante fut les banques. Elles détenaient dans ses coffres les fonds que l'homme, préoccupé par d'autres occupations, ne gardait plus chez lui.

Pour apporter plus de sécurité aux banques, des guichets protégés, inviolables et à l'abri des balles ont été, très vite, installés pour mettre le premier 'pont-levis' entre les employés de la banque et les braqueurs traditionnels. Mais, vu les difficultés, progressivement, les banques ne faisaient plus rêver les braqueurs.

Comme l'argent, devait, tôt ou tard, transiter de place en place, les fourgons transportant ces fonds se présentaient tout naturellement à leur prospection. Ce "besoin d'air" a été la cible avec de plus en plus de violence en fonction des barrières de protection qui renforçaient ces fourgons. Être "blindé", ne résolvait pas tout, être accompagné par une estafette de policiers, changer d'itinéraire à chaque déplacement, coutait cher et n'avaient pas été, manifestement, la panacée dans la sécurité. La confidentialité d'une opération trouvait, tôt ou tard, des "taupes" informatrices. Les distributeurs d'argent «Mister Cash» furent aussi visés. Ils ne furent plus alimentés qu'avec parcimonie, les banques déclarant forfait.

Les braquages se sont pourtant succédés à rythme soutenu, pour un temps. Après avoir laissé les leurs sur le carreau, les convoyeurs de fonds se sont mis en grèves pour réveiller le souci d'amélioration des protections. Beaucoup de convoyeurs de fonds étaient devenus des victimes et cela devait changer. La technologie a été appelée à la rescousse. La "valise intelligente", merveille de technologie, apportait un espoir d'accalmie en rendant inutilisable les fameux billets après le viol de la valise. Cette technique a, tout d'abord, été rejetée partiellement par les convoyeurs qui, syndicalisés, voulaient, au contraire, augmenter le nombre de collègues dans le transport de fonds. Puis, les choses se tassèrent. L'accalmie sur le front des attaques de fourgons, même avec des armes de guerre, n'allaient plus rapporter ce qui était escompté vu les nouvelles technologies. Le jeu n'en valait plus la chandelle. Dans ce monde-là, tout casse est calculé en fonction du rendement, du butin et des risques.

D'autres horizons plus fructueux devaient être trouvés. D'autres victimes devaient être désignées. Le Zorro, d'antan, était toujours là mais le cheval a fait place à des méthodes plus subtiles et surtout moins "fair play".

Le mouvement est venu souvent de l'Est où ces idées nouvelles ont germées. La voiture que l'on oubliait, tellement elle était entrée dans les mœurs, a pris soudainement la valeur réelle qu'elle avait perdue dans nos pays. Le "car-jacking" était né. Avec très peu de moyens et un "collègue" bien veillant, l'échange de propriétaires de voiture par la force pouvait commencer sans coup férir. La surprise étant l'atout majeur dans l'opération. Mais tout change, tout évolue, les protections du propriétaire au volant de sa nouvelle voiture aussi. Des systèmes antivols de plus en plus perfectionnés voyaient le jour. Cela allait jusqu'à l'emprisonnement du voleur dans la voiture qui accepte de suivre mais qui s'arrête un peu plus tard toutes sirènes dehors émettant sa position par satellite. Ces systèmes étant réservés aux véhicules dont le niveau correspondait précisément au désidérata. Le "car-jacking", une étape comme une autre, en définitive.

La modernité a fait place au "home-jacking", au "tiger-kidnapping" ou "hostage-jacking" en sont les derniers développements encore plus troublants. On ne va plus où est l'argent, on ne se fournit plus nécessairement à la source dans les coffres, mais, au besoin, on y accède par tierce personne interposée.

Alors, il y a le retour au stress de l'insécurité opposée à l'inflation de moyens engagés. La violence pour la violence. Les traumatismes des victimes qui suivent ces méfaits.

Car, s'il y a les maisons qui regorgent de biens durables, elles sont aussi habitées par des gens avec leur fragilité. Des débouchés qui peuvent s'envisager en douceur et sans témoins. Le "nettoyage" a pris forme sans effets collatéraux pendant un temps en l'absence des résidents. Mais ces "pauvres gens" n'étaient pas toujours en vacance de leur "home, sweet home" alors la technique a dû s'adapter aux circonstances sur le vif. Là, ça se corsait, vraiment.

Pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups? La voiture et la maison. Une visite impromptue pouvait redonner du tonus la "prospection". Le "Home-jacking" a ainsi fait son entrée, bien loin d'Arsène Lupin et de ses principes charitables. Les enfants de chœur ne faisaient plus partie de jeu-là. Ligotés les occupants, prendre le "directement utilisable" et les clés de l'auto dans le garage. Voilà le scénario de base. L'idée de retourner à la banque pour les casses suivants n'avait pourtant pas été perdue. On ne parvenait plus à prendre l'argent à la source, on allait se l'approprier par la terreur d'une tierce personne travaillant dans la banque avec otage interposé. Le "tiger kidnapping" a sorti ses griffes. La violence et le terrorisme nouvelle vague, cette fois. Plus on se montrait méchant, plus on avait du résultat. Prendre aussi des otages qui détiennent les clés de la banque et forcer ceux-ci à révéler la combinaison.

Il parait que les braquages sont en baisses. Les radios francophones en parlaient. Les assurances imposent de nouvelles sécurités dans leurs contrats à leurs clients.

L'imagination s'est mise, alors, tout doucement, au travail de l'autre côté de la barrière.

J'aurais pu humoristiquement titrer cet article de "Sale temps pour les voleurs" en comptant les degrés de sophistications nécessaire pour délester leurs concitoyens. Une "vie de chien" qui a de plus en plus de mal à trouver l'os à ronger car de l'autre côté, on commençait à se prémunir aussi contre les risques de tous ordres par les grands moyens. Pas nécessairement, toujours dans le bon chemin. Des quartiers protégés avec grilles, d'abord, des polices privées, ensuite.

Des systèmes de plus en plus sophistiqués de protection avec une ingéniosité sans pareil ont commencé à s'installer. Ça commençait par des serrures aux portes d'entrée de plus en plus sophistiquées, cela continuait par la porte blindée, armée avec des points d'ancrages multiples, les fenêtres renforcées à l'épreuve des chocs qui mettrons couche par couche à l'abri d'une intrusion non voulue. Ensuite, on est passé à l'environnement de vie lui-même. Des micro-villages, des villes dans la ville commencent à penser avec ses châteaux fortifiés retranchés derrière des grillages. Un Question à la Une lançait le 15 octobre 2008 le sujet avec un titre "Logements fortifiés, habitations de demain". Le top de la modernité ou le retour à l'époque du Moyen-Age?

Dans le même temps, les autorités vendaient leur job, leur semblant de sentiment de sécurité et de protection par les institutions de polices et de justice en place pour nous assurer de la meilleure vie possible et se plantaient souvent par l'ingéniosité et la complexité des moyens d'escroqueries et de rackets.

Le cinéma, internet avaient donné les ficelles et les idées du métier de cambrioleur. Le rôle de Mesrine est passés au cinéma récemment. Les spectateurs étaient partagés entre l'envie de voir le film et constater jusqu'où aller trop loin et la peur de le découvrir. L'Amérique, pays où la violence jalonne son histoire, nous avait apporté des modèles du genre et les Calamity Jane se sont succédés en y ajoutant audace et victimes. Les chausses trappes les plus diverses venaient en contre partie pour contrecarrer méfaits et holdups. Les séries télévisées adulées par le public dessinaient le portrait d'une société post 11 septembre déroutante et cruelle. Les coffres n'en seraient plus vraiment, donc pourquoi chercher à les ouvrir. Laisser l'accès au compte gouttes à l'argent disponible? D'autres banques taisent, depuis lors, les actions prises et laisseront la surprise sur le vif.

Le crime ne payerait-il plus ou la sécurité n'aurait-elle vraiment plus de prix? Elle se paye au contraire au prix fort. Nous assistons à un repli de chacun sur soi progressif. L'action de se protéger en réaction avec une insécurité grandissante et contre toutes incursions dans notre domicile est devenu le palliatif pour protéger un tant soi peu de biens ou de seul moyens d'existence. L'hospitalité ne faisait plus partie du vocabulaire dès l'entrée avec le paillasson "Welcome".

Un avenir de barbelés Plage.jpg

Avec les États-Unis pour précurseurs, nous sommes passés à la vitesse supérieure dans les "gated communities". Des quartiers entiers sont désormais entourés de barbelés ou de murs, de tours de guets, de gardiens armés qui surveillent, patrouillent en permanence et protègent des citoyens qui ne sont plus de la haute bourgeoisie mais se sont simplement réunis en comités protégés. Les "Country Club" qui se retrouvent souvent en Californie tel qu'à Palm Beach. Au Québec, cela inquiètait déjà en 2003.

Nouvelle manière de vivre qui s'est propagée aussi dans nos quartiers les plus privilégiés d'Europe. Conclusion: les plus de cinquante ans privatisent leur vie pour survivre mais sans plus vivre pleinement.

Les frais inhérents à l'installation de tous ces systèmes de sécurité font partie de la location. Le prix global a pris des proportions non négligeable bien supérieurs à celui de l'entretien d'un jardin. Pour la partie de ce "confort retrouvé", on compte minimum 150 euros par mois sans limites supérieures.

20081118Guantanamo retour.jpgPrisons à vendre? Ségrégation naturelle entre riches, moins riches et pauvres? Le "private" qui rend chacun chez soi en ne s'intéressant plus à l'autre.

A Mexico, les "privadas" fleurissent côte à côte, avec une infrastructure comprise de rues entières. Vivre en autarcie pour éviter le kidnapping et le meurtre. "BosqueReal" est équipé de mur, de caméra, de sa propre police patrouillant en permanence. Nous, riches et les autres.

Dans certains pays d'Amérique du Sud, ceux que l'on appelle "nantis" vont plus loin encore. Ils n'osent plus se déplacer en ville et cela même à bord de voitures blindées. Seul, l'hélicoptère leur est resté pour atteindre au départ d'un building un autre building.

"Absurdité du concept", disait une urbanise dans l'émission télévisée. Bulle sécuritaire pour éliminer ce qu'on ne veut plus voir. Le communautarisme d'"Indian Wells" impose aussi des règles internes strictes et punissables immédiatement. On se retrouve "flashé" à domicile dans ces quartiers de sécurité consentie dans l'extrême. Les portes ouvertes signifient une mise en garde et une punition à l'étape suivante pour éradiquer les erreurs à domicile même pour ses habitants.

"Développer les espaces publiques" n'est même plus envisagé. Qualité de vie, protection des enfants et ressemblance dans les relations avec autrui. Perte de pluralisme des idées aussi par l'homogèneté des relations. La communication virtuelle pour remède derrière les écrans d'ordinateurs.

Monaco est aussi devenu la ville de la sécurité par excellence. On y met le prix pour y entrer et pour garder cette place. Le droit d'entrée dans cette ville "select" n'est d'ailleurs pas à la portée du premier venu. Se promener dans les rues avec la panoplie de bijoux sortie des coffres a pour certains une valeur inestimable.

On s'assied de pied ferme dans l'égoïsme comme doctrine. Tout est bon et bien pour celui qui se préserve des regards de l'autre qui se trouve étranger devant les murs.

Patrick McGoohan vient de mourir. La série télévisée commencée en 1967, "Le prisonnier" est le reflet de notre monde actuel était-il dit. Village de sécurité, très "clean", mais aussi prisonnier. Télévisionnaire. 

Les états eux-mêmes se livrent au même raisonnement. Les murs "fleurissent" aux frontières des états. "Ces murs qui annoncent l'automne des démocraties". Des murs de la honte, aussi.

20090109Gaza.jpgIsraël, actuellement en fait les frais de ses volontés d'ignorer les voisins à vouloir construire des murs. Faut-il passer par ces extrémités dans notre monde de violence? "Gaz et Gaza sont dans un bateau" écrivait Paul Hermant de la RTBF. Rapprochement fortuit ou très révélateur? Histoire de tuyaux, de communications qui ne passent plus. "Tout part, mais rien n'arrive".  Il n'y a plus que le virtuel qui passe allègrement les frontières et tout le monde se réfugie derrière elles, comme si l'expérience de la ligne Maginot, du mur de Berlin qui a fini par tomber, de celui qui divise Israël du reste du monde, allaient tenir sans réactions des populations voisines. Gel politique. Internet blogueur qui se brûle dans la schizophrénie avec la violence, la guerre larvée et le racisme des extrêmes, sous le couvert de pseudos.

 

20090114Gaz Russie Ukraine.jpgSans vouloir transgresser les règles naturelles de sécurité, ne sommes-nous pas tombés dans les excès dans lesquels les autres n'auront plus droit de cité?

Un monde dans lequel, on ne se rencontrera plus que par GSM interposé, ou via Internet. Sera-ce, celui où on ne prêtera plus la moindre attention à son semblable?

En 1989, à la chute du mur de Berlin, les gens semblaient heureux de faire disparaître cette cicatrice. L'euphorie est retombée. On oublie vite. Les phobies s'auto-alimentent. En temps de crise, il y a encore plus d'incitation au vol et à l'envie.

Esprit de peur de l'agression gratuite ou non. Les causes, elles, sont plus insidieuses, moins reconnues: le moyen de réaliser en un coup, ce qu'une vie ne permettrait pas d'apporter.

  Un avenir de barbelés Domotique.jpgLes moyens, ce ne sont plus les barbelés, ce sont les moyens bien plus sophistiqués que l'on retrouve aussi de manière générale dans la domotique, une division de l'informatique appliquée. Effets secondaires ou dégâts collatéraux de la consommation? Rêve de sécurité ou cauchemar de la démesure?

20080629Radars BHV.jpgDe nouveaux extraterrestres prennent pieds chez nous pour nous surveiller en "Big brother". La sophistication n'a pourtant jamais donné toute la sécurité à 100%. Vivre en autarcie n'est pas encore à l'ordre du jour surtout dans un monde qui se veut mondialisé. Le risque est d'autant plus grand quand il faut sortir de ses murs de protection.

L'histoire étonnante d'un certain Christian Lestavel, "taupe" ou "indic" de son état, est caractéristique. Aujourd'hui, retraité, il avait écrit son histoire sous son "Nom de code: La Loutre". Toujours en marge de la société sans que personne ne connaissait sa situation à part ses patrons, il avait joué le rôle de flic et de voyou. Après des débuts "difficiles" dans lesquels vols et braquages avaient été monnaie courante, l'ex-taulard allait changer. Il s'était rangé mais rattrapé par son ancien destin, un commissaire lui avait proposé d'infiltrer le milieu. Coudoyer et étudier la pègre, il connaissait mais cela restait un jeu dangereux. Observer et remonter les filières de l'intérieur et faire tomber les têtes en flagrant délit. Tout un programme. Si ça tournait mal, il fallait encaisser et il le savait. Dans ce "travail", il remarquait que la police avait toujours un train en retard face à la logistique de pointe de ses nouveaux "collègues". La fameuse "longueur d'avance" qui fait toujours la différence.

Décidément, faudra-t-il mettre un tigre dans son moteur pour survivre contre les « tiger-jacking »?

Il y a, bien entendu, toutes les stratégies connues pour ouvrir son parapluie. Angélisme face à la progression de la violence pour ne compter que les points du passé? Une réponse aux problèmes, certainement pas.

Un quatrième film de Mad Max avait été prévu pour 2006. Il a été abandonné. Pourtant, la matière existe pour faire un projet en bonne et due forme dans l'actualité.  

Dans l'habitude de regarder vers son nombril pour le protéger, ce sera, demain, à qui sera le tour?

Ah, maudit pognon, maudit pouvoir, tu en auras fait des victimes sur ton passage!

 

L'enfoiré,

 

Libertés ou murs sur Agoravox?

 

Citations:

  • « La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel. », Roland Topor

  • "C'est au pied du mur que l'on voit le mieux le mur", Jean-Marie Bigard
  • "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.", Isaac Newton

 

 ------------- Extraits de journaux d'époque qui valent leurs piquants rocambolesques.

(19/01/2006) En 2005, des policiers ont retrouvé 459 voitures volées. Soit plus d'une par jour. Leur méthode? «Chaque matin, nous regardons dans la liste des véhicules qui ont été volés dans les dernières 24 heures. Qu'il s'agisse d'un vol simple, d'un car ou home-jacking.»  Certains pros retiennent d'une manière magique la liste des plaques par cœur, d'autres les notent toutes sur un papier. «La liste est encodée dans un lap-top que nous emportons dans la voiture», expliquent deux inspecteurs. Et tout en regardant attentivement les plaques qui défilent devant eux dans les rues, ils tapent sur leur clavier... En quelques secondes, leurs soupçons se précisent. Travaillant 24 h/24, les sept inspecteurs des huit sections de la brigade anti-agression parcourent les rues à la recherche du délit, le vol, l'agression... Certains sont à bord de voitures banalisées, d'autres à bord de véhicules de police identifiés. «Dans la voiture banalisée, l'un est en uniforme, l'autre non. Cela permet à celui qui est en civil de descendre du véhicule à la vue d'un suspect et de le suivre en attendant le délit.»  Et l'attente peut être longue... très longue. «Trois heures n'est pas une exception». «On le suit jusque quand il commet son délit. Mais il arrive aussi souvent que l'on se cache à un endroit précis.» Containers, poubelles sont des cachettes idéales! «Nous allons aussi chez des gens. Récemment, nous avons passé des heures derrière une porte à regarder par le trou de la boîte aux lettres!». Bâillonnée et attachée à son lit

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(24.02.2006, 12:42) La famille de la directrice d'une agence bancaire Dexia a été prise en otage par cinq malfrats. Sous la menace d'armes de gros calibre, la directrice a été contrainte de se rendre dans son agence située à Schaerbeek et de vider le coffre-fort de la banque. Le mari et la fille, âgée de 4 ans, de la victime ont été forcés durant ce temps de s'installer dans le véhicule familial. Les malfaiteurs ont pris la fuite à bord d'une voiture volée, qu'ils ont ensuite incendié. Les otages n'ont pas été blessés, selon la police.

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Lors d'un home-jacking, les auteurs jouent sur la terreur pour s'emparer d'une voiture et de cartes bancaires HEUSY Mardi, nuitamment, deux individus, encagoulés et gantés, sont entrés par effraction dans une maison située à Heusy. Un quartier cossu, situé à proximité du centre de Verviers. Une fois à l'intérieur de l'habitation, ils se sont directement dirigés vers la chambre à coucher, où dormait la propriétaire des lieux, une dame de 56 ans. Les auteurs étaient décidés à ne pas repartir bredouilles de leur excursion. Pour impressionner leur victime, ils l'ont tout simplement menacée avec une batte de base-ball, trouvée sur place. Pour que la terreur soit totale, les deux voleurs n'ont pas hésité à attacher leur victime à son lit, ainsi qu'à la bâillonner. Une fois neutralisée, les deux individus ont eu tout le loisir de visiter les lieux, de s'emparer des clés de voiture, de quelques objets ainsi que de trois cartes bancaires. Avant de prendre la fuite, ils ont obligé la propriétaire à leur donner les codes des cartes. La voiture retrouvée à proximité. La police a rapidement été avertie des faits. Accompagnées d'un chien pisteur, les forces de l'ordre n'ont pas mis beaucoup de temps à retrouver la voiture, une Volkswagen Golf achetée récemment. En effet, le véhicule, abîmé à l'avant, se trouvait à quelques centaines de mètres du domicile de la victime. Une enquête a été ouverte pour retrouver la trace des agresseurs. Le labo de la police a analysé le véhicule pour retrouver d'éventuelles preuves. Actuellement, les deux gaillards sont toujours dans la nature. Quant à la victime, même si elle n'a pas été blessée, elle a tout de même été fortement choquée par cette violente attaque.

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Du 4 août au 2 décembre 2005, cinq sac-jackings ont eu lieu au même feu rouge. Les sac-jackings se suivent et se ressemblent. Les malheureux conducteurs sortant du Ring pour se rendre à Crainhem ont tous vu leur vitre passager voler en éclat et leur sac partir entre les mains de deux jeunes gens, vêtus de pulls à capuche. La police est maintenant certaine qu'il s'agit à chaque fois des mêmes auteurs.

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(11 avril 2006) Reconstitution d'un home-jacking. Une propriété a revécu, hier matin, le home-jacking avec séquestration dont ses habitants ont fait l'objet. Le parquet a en effet procédé à une reconstitution des faits, en présence de l'ensemble des protagonistes. Cela a permis de mieux déterminer le rôle joué par chacun des quatre suspects, même s'il reste encore des zones nébuleuses.

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Attention : dans la hotte du brave saint Nicolas peuvent se glisser certains jeux vidéo vendus sur le marché belge et qui sont de véritables manuels initiant à la violence extrême.Le responsable de l'École des cadres de Charleroi pour le Service provincial de la jeunesse du Hainaut est indigné par cette dérive. St Nicolas n'enseigne pas le car-jacking. Un bijoutier a été victime d'un home-jacking dans la nuit de samedi à dimanche. Deux individus armés ont pénétré au domicile du bijoutier, l'ont ligoté et se sont fait remettre, sous la menace, les clés de son véhicule et de la bijouterie. Après avoir quitté le bijoutier immobilisé, les deux hommes se sont rendus à la bijouterie, sans savoir que leur victime avait pu se libérer de ses liens et qu'il avait averti les forces de l'ordre.

 

26/11/2008

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir?

Le soleil levant, un soleil du rouge au noir drapeau.jpg 

 

Après le Japon qui en son temps faisait trembler les producteurs de voitures d’Occident, la Chine, la Corée et bien d'autres de l'ASEAN remettaient le couvert. Le soleil High Tech japonnais, l'Hinomaru, la techno, la petite auto prennent-ils, cette fois, un coup de soleil noir?

 

Le 11 janvier 2006 et le 10 décembre, deux «Questions à la Une» à la RTBF posaient la question «Les voitures chinoises vont-elles envahir le monde», "Comment faire fortune en Chine, rêve ou réalité" . On n'en est plus là, même chez les précurseurs.

Le journal L'Écho du 27 décembre 2007 titrait « L'économie japonaise subit un coup de sabre ». Il s'agissait, alors, d'une crise du logement sans précédent initiée par la réduction des coûts et suivie par des milliers de personnes qui devaient quitter leurs logements menacés d'effondrement à la moindre secousse tellurique. Image de marque globale : « Les clients voient un tricheur derrière chaque assureur ».

Le même journal du 15 août 2008 titrait « La croissance du Japon stoppée net dans son élan ». Premier recul de son PIB et du BoJ. Tout le monde boudait, difficile de relever ses taux, malgré l'inflation en tenant compte de la régression économique, était-il dit. En janvier, exportateurs, le Japon craignait la récession aux USA.

Celui du 21 novembre 2008, cela se précise: "Le Japon était déprimé, ses exportations vont l'achever". Plus loin: "La panne automobile fait tache d'huile, pas d'embellie attendue avant 2010".

En 2003, en effet, le Japon a pu sortir de la récession grâce à ses exportations. Cette fois, la balance commerciale est en déficit en octobre pour la première fois depuis 2001, alors que certains analystes tablaient encore sur un excédent de 80 milliards de yens. Le mois passé, l'excédent des importations par rapport aux exportations a dépassé les 510 millions d'euros soit une chute de 7,7%.

La crise de l'automobile, aujourd'hui, entraine tous les marchés de l'automobile mais aussi de la sidérurgie, du verre, du plastique, de l'électronique technologie, de la motricité, vers des problèmes imprévus. Même la dégringolade du prix du pétrole au tier du prix de l'été ne parvient plus à enrayer la chute de la demande en véhicule.

Aux États-Unis, GM, Ford demandent des aides d'urgence aux gouvernement et met en chômage technique ses travailleurs. Il y a peu, à grand renfort de rabais qui rabotaient leurs profits pour ne s'élever produit chez Daimler Chrysler de 186 $ par véhicule, de 139$ chez Ford et tomber en perte chez GM de 1200$. En octobre, les exportations nord-américaines avaient baissé de 18,2%, en l'Europe de 17%.

Le produit chinois phare de l’usine Chery Automobiles était récemment la QQ, petite voiture citadine aux couleurs acidulées. Son prix trois fois moindre que la concurrence occidentale (3.000 euros plancher) était son principal atout. L’aspect sécurité qui n'était pas au même niveau que la voiture occidentale, n’était pas une raison «sine qua non» pour se lancer sur les marchés. L’airbag ne sert que rarement et on ne le voit jamais dans une voiture. Vingt voitures par dix milles habitants comme marché intérieur semblaient ouvrir des perspectives alors que les marchés occidentaux étaient souvent saturés. Les pièces de rechanges restaient le marché principal avoué pour l’exportation aux ¾ de la production chinoise. La Passat, «made in China» restait pourtant l’équivalent de 18 années d’un salaire moyen local. En demi secret, la VW Shanghai travaillait, en étroite collaboration, mais ne divulguait pas les différences existantes entre les modèles destinés à la consommation intérieure et celle vers l’extérieure. L'année passée, le producteur chinois «Brilliance Automobile» était fière de sortir une voiture 100% chinoise de très grand luxe pour à peine 15.000 euros. Société chinoise de l'automobile qui était la première à être cotée à New York. Contourner le protectionnisme latent des vieux continents, se plier au mieux aux règles de sécurité et de pollution minimum étaient la préoccupation majeure.

Les Chinois, c'est une bonne entrée en matière, mais l'Asie du Sud-Est voulait aussi une part du gâteau de la scène mondiale. D'ici 2015, elles s'étaient engagés à prendre place de pied ferme dans le grand marché commun. Les tensions ne manquaient pas dans cette zone de libre échange en progrès constant. Prêt, pour cela, à éliminer les droits de passage sur quelques 80% des marchandises exportées. 38 milliards de dollars de fonds en 2005 participaient au redressement spectaculaire et 2006 voyait une progression de 90%. Le but final, clairement annoncé, était de conquérir le marché mondial de l'automobile.

En Chine, cent euros par mois pour un travail de 40 heures semaine était la norme du manque à pouvoir dépenser. Ce qui veut dire que la consommation intérieure n'est pas prête à renverser les pertes de l'exportation.

Les sinologues rappellent pourtant que la classe ouvrière chinoise ne s'améliore pas et pourrait même se dégrader.

2008. Douche froide. Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Toyota.jpgHonda et Toyota doivent revoir leur production. Après une stagnation et des taux d'intérêt au plancher de 0%, les courbes de la Bourse japonaise avaient pourtant repris du poil de la bête sous forme de Dragon ou d'autres prédateurs aux crocs acérés. Amusant, on lisait: Les Japonais auront le téléphone dans la peau.

LLe soleil rouge un soleil noir Voitures.jpge Japon ne tient pas mieux de la forme, même si la liquidité de ses banques est la plus importante dans le monde. Mais des liquidités, pourquoi faire? Des restructurations drastiques, un meilleur rendement assuré n'assurent pas mieux la vente de la production. Pas de crédits demandés par les entreprises. Répartir, alors, les liquidités dans la population? Qui dit que les habitudes ancestrales d'épargne ne vont pas pousser les Japonnais à épargner plus encore en ne réinjectant rien dans l'économie du pays? Le département de R&D, la robotique et le vieillissement de la population pourraient donner un coup de fouet.

Un ajustement plus fin encore, en fonction de pays où s’implanter, devrait parachever le travail d’incursion dans les marchés extérieurs.

La crise vient de changer complètement la donne dans un monde des entreprises, déboussolé.

LLe Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Tata.jpg'Inde, elle, s'est mise dans le grand jeu la technologie à haute performance mais à bas prix. Prix de production qui ne sont, aux dernières nouvelles, pourtant plus à l'abri des hausses revendicatives des salariés. La première Tata est sortie et est électrique en plus. Là, se trouve peut-être le futur de l'automobile dans un marché encore très peu développé ailleurs.

L'ASEAN (Association des nations d'Asie du Sud Est) devra trouver encore d'autres tours dans son sac. C'est clair.

Amélie Nothomb, née au pays du Soleil Levant, avait, en son temps, parlé de son Japon dans "Stupeur et tremblements" avec la comparaison entre la vie à l'occidentale et la "japonaise" au bureau, avec "Ni d'Eve ni d'Adam", dans l'intimité d'un coupe mixte.

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Ecologique.jpgLe Système Toyota avait-il eu plus de chance de rendre plus heureux par le travail? Les yakusas (sabre, respect et honneur), les Samouraïs ne sont pas si loin. Le Japon pris entre traditions et modernité, le livre "Tokyo mirage" d'Anne Rambach terminait sa trilogie dans le Japon des sokaiyas, escrocs vivants de racket et chantage auprès des entreprises. Le Japon est l'un des pays les plus fabuleux du monde, est-il dit avec amour par une japonaise. Je m'en voudrais de ne pas en faire écho.

 ELe soleil levant, un soleil du rouge au noir Salon.jpgn janvier prochain, le salon de l’automobile de Bruxelles, un surplus de publicité pourra-t-il tenter le "prospect" pour qu'il devienne « client »? Car, rien ne va plus.

Jusqu'à récemment, les Japonnais étaient passés du stade de fourmis, avec le mouvement du repli sur eux-mêmes, humbles ou guerriers, à celui de la cigale, en commençant à dépenser. Le taux d'épargne du Japonnais était passé de 23,5% en 1975 à 11,4% en 1997 et 8% en fin 2007. Pourquoi continuer à épargner? Les taux étaient ridiculement bas. Retour à la case départ, dans ce jeu de l'oie avec l'air du temps?

La jeunesse au travail semblait obnubilée par le besoin de faire du chiffre avec fierté et nationalisme. En sourdine, le taux de suicides élevé, parmi les jeunes prouvaient, par contre, que ce n'est pas la panacée du bonheur. La geisha, le kimono, le jardin japonnais sont peut-être présents même comme vestiges d'une culture ancestrale. "Le sumo, emblème de ce monde de tradition, luttait déjà pour sa survie", pouvait-on lire.

RLe soleil rouge un soleil noir Caviar.jpgire jaune, ni ici, ni là bas ne sera désormais plus "la" solution. Rire en multicolore avec le cérémonial de la tasse de thé devant soi? Tout n'est pas caviar. Les occasions de sourire de l'actualité japonaise sont, disons-le franchement, plutôt rares. La discrétion maladive, austère et complexe, remplace sa formidable expansion économique des années 60 et 70. Deuxième puissance économique de la planète, premier créancier des États-Unis, le Japon subit une paralysie politique, des salaires qui stagnent. L'archipel broie du noir, même les coiffures des femmes en attesterait par leurs coupes courtes, reflet de la mauvaise humeur.

On écrivait pour les États-Unis : "l'un des indicateurs qui s'est constamment amélioré aux Etats-Unis, la productivité, pourrait être le signe le plus évident de la dégradation de la gestion américaine". Le Japon précède même cette productivité. Est-ce l' "Arnaque à la productivité?", comme constatait Henry Mintzberg, professeur de gestion à Montréal.

Ailleurs, je lisais: "Il faut ressusciter les esprits animaux". La compétition chez eux, n'est pas une affaire de fric, mais de survie.

Une autre histoire, un retour aux sources, donc, que l'on devrait peut-être redécouvrir dans ce monde qui est devenu un si petit village dans lequel tout se tient, tout vit ou tout meurt ensemble. 192 milliards pour relancer l'économie... 

Alors, un petit coup de rouge, à la méthode japonaise? C'est de saison et c'est pas mal pour l'ambiance?

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Beaujolais.jpg 

L’enfoiré,

 

Sur agoravox même article

 

 

Mise à jour 26/12/2008: Au Japon, effondrement sans précédent de la production industrielle

.................. 05/03/2009: Le Nouvel Obs titre ""Japon, les "freeters" dehors". Fini l'emploi à vie, base du consensus social japonais. Les entreprises licencient. Les premiers touchés sont l'armée des travailleurs intérimaires, les "freeters". Même Toyota...   


Citations:

 

  • « Le génie a cela de beau qu'il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble. », Honoré de Balzac

  • « Il y a deux genres de personnes, ceux qui font le travail et ceux qui en prennent le crédit. Tentez d'être du premier groupe ; il y a moins de compétition. », Indira Gandhi

 

25/08/2008

Verso Chine jusqu'aux J.O. (2)

Retour une dernière fois, après les JO, dans cette Chine "vorace" d'après l'occident. Après "Le choix du danger", "Rétro Chine", nous avons eu ces fameux Jeux Olympiques, objets de tant de controverses et de discussions. Quelles conclusions pourrait-on en tirer?

 

2008, l'année du Rat avait mal commencée pour la Chine. Trentième anniversaire de la "réforme d'ouverture" lancé par Deng Xiaoping en 1978. "Boom ou miracle chinois" vu par l'occidental. Explosion de la pollution et des déchets toxiques pour les Chinois dans un concert de nations qui ont tergiversé longtemps pour décider "Ira ou ira pas".

Un hiver exceptionnellement rigoureux avec en prime, une pénurie de vivre et d'électricité. Pour ne pas succomber, une transhumance gigantesque débutait réunissant 180 millions de voyageurs en transhumance entre les villages d'ouvriers migrants, naufragés du froid.

 

Le 12 mai, un tremblement de terre d'importance, au Sichuan, faisait près de 70.000 morts, 2 millions de sans abris. Cent milliards d'euros estimées pour reconstruire pour renforcer les lacs artificiels creusés par les éboulements.

En juin, des inondations dans le sud ont fait plusieurs morts et contraint 1,3 millions de personnes à évacuer leur domicile.

Pour couronner le tout, dans le nord, le printemps était marqué par une sècheresse qui amène des tempêtes de poussières et de sable et les Pékinois étaient obligés de se cacher le visage. Dans la périphérie de Pékin à Longbaashan dans le Hebei écrivait GEO en juin, rien ne poussait et les dunes gagnaient du terrain rendant les cultures impossible.

Un mois avant les JO, à Qingdao (550kmm au SO de Pékin) où des compétitions à la voile étaient organisées, 200.000 tonnes d'algues infestaient mêmes les rivages. Depuis cette année, on constatait la place d'ex aequo avec les USA pour la pollution par les GES (Gaz à Effet de serre).

Quelques jours avant l'ouverture, les responsables de la météo prévoyaient cette dernière avec de la pluie et des orages. Les armes anti-nuages auront-ils plus de chance?, commençait-on à imaginer. La Chine était même gagnée par la superstission.

Le chinois a peur d'être critiqué, d'être mal aimé, que ses intentions soient mal perçues. La fierté vient dans l'autre plateau de la balance.

verso-chine-2-leterme-en-chine.jpgDes hôtels de luxe ont été construits par centaines pour accueillir sportifs et supporters des JO. Deux semaines avant l'ouverture, les réservations de chambres n'ont rempli les hôtels qu'à concurrence de 40%. Les prix pratiqués, la distribution de visas au compte gouttes et la baisse du pouvoir d'achat dans le monde ne devaient pas être étrangers à cette situation.

Les Jeux Olympiques ont été ce qu'ils sont: un présentation de leur savoir faire qui se voulait ébloussante, Ils ont réussi à nous en mettre plein la vue. Pas d'autres mots, "bravo". Mais c'était une entreprise cadenassée par le commerce mondial, malgré ce qu'en disait Jacques Rogge. Les règles du jeux politique n'étaient pas celles des JO. Elles étaient édictées d'avance. Les occidentaux le savaient mais ont fait impasse en espérant ouvrir de nouvelles portes. Le libéralisme occidental était au prix de celui que revendique cet autre monde. Miroir sans tain, la Chine a probablement fait semblant de comprendre le besoin démocratique de nos pays avec aucune intention de l'implémenter chez eux.

Pourquoi le ferait-elle d'ailleurs? Une hésitation s'est produite, très peu de temps, mais l'intégration des intérêts était trop forte.

Des menaces d'attentats et ont eu lieu ont pris place dans ce jeu de bras de fer pour renforcer la crainte du faux pas ou, aussi, pour se permettre d'être encore plus sécuritaire. verso-chine-c-est-parti.jpg

Les médailles d'or ont été distribuées. Les médailles en platine étaient très certainement réservées au commerce mondial. Jacques Rogge avait dit, en son temps, qu'avec les JO, la Chine allait progresser et s'ouvrir au monde. On l'espérait, on l'espèrera peut-être encore demain.

Le mois d'août n'était pas le meilleur n'en déplaise au 8-8-8 d'organiser des jeux sportifs avec les problèmes de pollution, de moiteur à Pékin, Beijing.

 verso-chine-2-sarko.jpgLes politiques et les sponsors étaient les seuls qui pouvaient mettre des bâtons dans les roues. Ils se sont écrasés l'un après l'autre. Sarkozy, à la Présidence de la CE, pendant six mois, après avoir longtemps hésité, était présente.

Internet utilisé par les médias censuré partiellement.verso-chine-2-censure.jpg

Verso Chine (2) Internet acces.jpgOn annonçait les canaux de diffusion de l'info en premier muselés. L'ouverture "magique" avait été plus ou moins "camouflée".

Le jour de l'ouverture, on constatait qu'on n'avait jamais autant parlé des jeux.

Les JO ont été estimés à quelques 45 milliards de dollars comme investissements. Quarante milliards étaient espérés en retour, minimum. Comme il fallait faire vite, très vite, ces JO ont fait un appel d'air vers les ouvriers chinois de l'intérieur du pays. Côté positif, cet "air du large" a fait très vite monter les salaires à 300 euros par mois.

La fracture sociale s'est, par la même, creusée et est en train de subir ses premiers assauts. L'automobile était devenue le symbole de ce nouvel Eldorado pour les mieux nantis dans l'opération. Revers de la médaille, 1000 voitures par semaine sortaient, désormais, des usines et polluaient à leur tour. La consommation en énergie s'en est accrue de concert. Les Chinois se dépêchent de visiter leur pays et parfois les autres pays d'occident.

Pendant les JO, la circulation alternée, la fermeture des usines les plus polluantes permettaient de garder un semblant d'environnement viable. Tout devait être top et l'a été en définitive. 

Les JO ont été, dès lors, une vitrine des réalisations chinoises comme tape à l'oeil du monde. Sur un territoire de plus de 9,5 millions km2, un demi milliard de Chinois a vécu pour l'occasion, une véritable révolution.

Seul obstacle majeur, la langue du mandarin, ses innombrables dialectes et l'écriture en pictogrammes quasi insurmontable pour l'Occidental.

Cheval de bataille de ce grand show l'"usine du monde", il ne faut pas l'oublier. Une main d'œuvre sans protection sociale, douze heures de travail par jour, sept jours sur sept et un jour de congé par mois, avec un salaire horaire chinois de 0,7 dollar en moyenne, permettait des rendements en dehors de toutes concurrence. Le collectivisme sans aucun individualisme apparent excepté au sommet.

Les efforts pour installer les Droits de l'Homme qui avaient été promis à la Communauté Internationales, n'ont, d'après, "Reporters sans Frontières", été qu'un leurre et sont allés plutôt dans l'autre sens.

Les Etats démocratiques, eux, ne pouvaient, face à leurs opinions, que dire "être fortement préoccupés par l'affaire du Tibet et le manque de respect pour les Droits de l'Homme". Mais à part cela? Les JO auront-ils changé la vie du tibétain? La paranoïa a régné avant, pourquoi pas après? Les émeutes sont cachées. Les journalistes sont refoulés. Silence radio. L'opération "charme", c'est fini. Place maintenant à la sébile et les retours sur investissement.

Tous les JO modernes sont de plus en plus coûteux pour les Etats s'ils ne sont pas privatisés qu'au deuxième niveau. Souvent plus élevés que prévus. Cette fois, il n'est pas sûr que l'on sache un jour le coût total de l'opération "charme".

L'inflation de 7% de début d'année commençait à faire comprendre l'effort surhumain des Chinois pour sortir de l'état de "sommeil" avant les JO. Le pouvoir d'achat des Chinois ne pourra que s'éroder une nouvelle fois pour assumer ces coûts gigantesques.

La population, dans sa généralité, a été profondément bousculée, sacrifiée, même, sans offrir une chance de prendre la marche arrière. Cette fois, on pense réagir énergiquement dans le futur contre cette pollution et peut-être un peu plus à la Chine intrinsèque. Quant à l'après JO, il faudra remettre les tabliers des organisateurs au vestiaire, trouver les compensations et les utilisateurs dans la durée de cette infrastructure.

Les JO, c'était "Que les jeux commencent", avec la politique, l'humour et les souvenirs du départ et à l'arrivée. verso-chine-2-belges.jpg

(Interview avant les jeux en direct de Pékin.)

Pour terminer ce texte, pourquoi pas cette histoire humoristique qui m'a été envoyé par un ancien collègue chinois:

La visite du musée océanographique...

Dans un groupe de touristes qui visitent le musée océanographique de Monaco, une blonde se retrouve à coté d'un Chinois devant un aquarium géant. Soudain ce Chinois, qui regarde fixement un poisson, cligne de l'oeil droit. Et le poisson cligne de l'oeil droit à son tour.
Le Chinois cligne de l'oeil gauche. Et le poisson cligne de l'oeil gauche. Le Chinois fait une grimace avec la bouche, et le poisson fait la même grimace.
Stupéfait, la blonde s'adresse au Chinois :
"Bien dis-donc ! Jamais, je n'ai vu une chose pareille. Dis-moi, comment est-ce possible ?"
"C'est très facile. Vous choisissez un poisson, vous le regardez droit dans les yeux et vous concentrez les ondes de votre cerveau sur lui. Petit à petit vous lui imposez votre intelligence. Alors il est sous votre domination et il fait ce que vous faites..."Moi aussi je saurais?"" Certainement."
Alors la blonde, après avoir repéré un poisson, le regarde fixement dans les yeux en concentrant sur lui les ondes de son cerveau. Elle y met toutes ses forces et au bout d'une minute, la blonde se met à frétiller...
La blonde en question, elle n'a évidemment qu'une présence occasionnelle et cela aurait pu être vous ou moi.

 

Aujourd'hui, tâche accomplie, donc, la flamme est éteinte le 24/8/2008 aux environs de 9h.Verso Chine (2) Sport discorde.jpg

Demain, qu'est-ce qu'elle aura changé pour le Chinois moyen? C'est ce que nous allons essayer de voir dans l'article suivant.

L'Enfoiré,

 

Le Panda en fête?

 

Autre article sur le sujet

 

Citations:

  • "Un idéal n'est souvent qu'une vision flamboyante de la réalité.", Joseph Conrad

  • "Les gens adorent les couleurs flamboyantes pas ceux qui les portent", Oxmo Puccino

  • "Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants.", Gaston Bachelard

 

29/07/2008

Onde de Magnitude Capitale

onde-de-magnitude-caitale_00.jpgL'OMC (l'Organisation Mondiale du Commerce) a, pourrait-on dire, une "banane de discorde" dans les discussions à Génève. Mais, si cela n'était que cela...


Les négociations de l'OMC à Genève se déroulent dans un climat tendu. Pierre Defraigne, Directeur de la Fondation Madariaga (pour la prévention des conflits) était invité à la radio ce 28 juillet. Le clivage entre pays riches et pays émergents était le point d'accrochage, d'ancrage entre des blocs mouvants dans le temps. J'en avais déjà eu un article sur le sujet "On Me Cochone l'OMC".

Le groupe de pays constitué par l'ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) menaçait de bloquer l'ensemble des négociations. Véritable entonnoir avec les droits de douane comme nerfs de la guerre. Par rapport à 2006, très peu d'altermondialistes et d'ONG à proximité pour contester, cette fois. Pas de manifestations type "Seatle 1999" ou "G8 de Gênes". Le lac Léman pacifie-t-il le climat? On est là pour pacifier en esquissant les grandes lignes d'un contrat de bonne conduite suite à huit années de négociations acharnées sur la libéralisation des échanges internationaux. Les priorités ont changé. L'énergie, les changements climatiques, la crise alimentaire changent le ton et mène une autre danse dans la subtilité.

Le cycle de Doha tournait en boucle depuis Cancun en 2003. Des préaccords entre les sept grands de vendredi 25 juillet n'ont pu résoudre le fait que la couverture devient de plus en plus étroite. Notre planète n'est plus extensible. On ne commence qu'à s'en apercevoir. Libéraliser les échanges entre les acteurs pour éviter une concurrence injuste, voilà le rôle de l'OMC. Les dérives sont pourtant de plus en plus incompréhensible au vu des problèmes qui dépassent les hommes. J'avais une question lors de l'interview:

"D'où vient nos problèmes?
De la compétition qui subsiste à tous les niveaux. Du niveau le plus bas au plus haut: sociétés commerciales, pays, continents, blocs d'influence. On n'a pas encore compris que, bientôt, ce ne sera plus une bataille entre les hommes, mais une guerre de la survie contre ou avec la nature comme adversaire ou collaborateur de choix.
Le défit se fera par la recherche de la survie de la présence de l'homme sur notre planète.
Et si on travaillait ensemble, pour changer
?"

Bataille politique avec les citoyens comme acteurs de leur propre destin. L'Europe pourrait jouer un rôle de médiateur bien plus important qu'il ne semblerait, répondait-il.

A son avis, les problèmes n'étaient pas au niveau de l'OMC mais des pays qui composent l'organisation.

Dans le passé nous avons des guerres pour la possession des richesses. La Guerre de Sécession aux USA n'en est qu'un exemple. Le Nord jaloux des richesses du Sud. L'esclavage n'était qu'un prétexte. En ce temps, l'agriculture du Sud rapportait plus que la richesse industrielle du Nord.

Plus petits problèmes et plus récents, la Belgique ne parvient plus à trouver son chemin en commun. A la base, une revanche du Nord, de la Flandre, sur le Sud, qui jouissait, dans le passé, des industries productrices de richesses.

En sommes-nous toujours là, aujourd'hui, quand la couverture se rétrécit de plus en plus.

onde-de-magnitude-caitale_20.jpgLe problème des sans-papiers, l'immigration pour raisons économiques ou climatiques ne sont que des phénomènes les plus visibles de ce qui se produit devant nos yeux. Le problème de l'OMC est de devoir répartir les richesses du monde entre des mains qui ne tâtent que le nombril.

La solidarité ne semble qu'un leurre pour enfants sages. La compétition, elle, est réservée aux grands et elle est souvent acharnée.

Et si on se posait la question d'où naît de cette compétition et de la raison pour laquelle on s'y casse les dents?

Le monde n'est pas égal à lui-même. On ne peut pas faire la même activité près des pôles et près de l'équateur. Tout est possible mais pas nécessairement tout au même endroit. C'est du casse gueule assuré que de vouloir concurrencer tous les commerces sans distinction. Certains pourront produire des bananes, d'autres de l'industrie à bon marché.

On arrive à l'idée du troc mondialisé. Troc des marchandises, des hommes, des idées dans une collaboration dans laquelle tout le monde y trouverait son compte. L'éducation et l'esprit critique en citoyen responsable comme moteur du progrès. Quand la nature ne peut plus donner ce qu'elle donnait après l'épuisement, cherchons ensemble à trouver les solutions en nous.

Le problème des OGM ramené au niveau citoyen et non plus dans les mains du seul privé et commercial. Le plus souvent, les idées des écologistes ne voient plus que leur assiette en oubliant que l'assiette se réduit ailleurs. Avoir une carotte quand elle existe, bien pure, bien naturelle, cela peut paraître un peu maigre d'un des côtés de la table.

L'agronomie est une science de l'expérience. Elle compte dans ses rangs des gens qui regardent plus loin. Ce ne sont pas tous des doux dingues.

Les problèmes sont profonds et plus étendus que ceux qui apparaissent à l'horizon. Le pluralisme d'idées dans des discussions animées en fonctions des connaissances et expériences sur le terrain, pourra seul trouver la voie médiane, la voie de la sagesse.

Les hommes peuvent en fonction de motivations et qualifications passer d'un environnement à un autre. Les marchandises le font déjà. Les exceptions de pouvoir d'achat sont devenues non seulement un problème que l'on retrouve dans son assiette, mais sont devenu mondiaux. Encore une fois, cette couverture, une peau de chagrin. Vouloir faire tout et n'importe quoi, partout, n'est ce pas un leurre? L'homme s'est installé partout dans le monde, parfois en dépis du bon sens. Les déserts, les glaces ne font pas partie de son environnement de prédilection. Et pourtant...

Un travail d'équipe à l'échelle mondial avec des qualifications proportionnelles à ses dons naturels, ne serait-ce pas le fin du fin pour un futur de solidarité ?

N'oubliez pas d'écouter ou de lire la transcription ci-dessous de l'interview.

Elle explique beaucoup de choses.

Trop, car ce 29 juillet, c'est l'échec 

L'enfoiré,

Autres idées sur le même plantage 

Citations:

  • « La parole est dans le commerce des pensées ce que l'argent est dans le commerce des marchandises, expression réelle des valeurs, parce qu'elle est valeur elle-même. », Louis de Bonald

  • « Le commerce unit les hommes, tout ce qui les unit les coalise, le commerce est donc essentiellement nuisible à l'autorité. », Napoléon Bonaparte

  • « Les gens généreux font de mauvais commerçants », Honoré de Balzac

Transcription de l'interview de Pierre Defraigne: (BP=Journaliste de la RTBF)

 

BP : Alors, un air un peu suspendu, comme ces négociations qui le sont, pour le moment, à l'OMC, l'Organisation Mondiale du Commerce à Genève. Où est-ce que ça coince ce matin, alors qu'on sait qu'on discute depuis des années maintenant ?

- Bien sûr ! Mais on arrive au début de l'entonnoir, c'est-à-dire à cette phase cruciale des négociations où des engagements politiques qui ont été pris, de rétablir un équilibre entre le Nord et le Sud, en matière d'agriculture, en matière de produits manufacturés et aussi entre le Sud et le Sud où ça coince beaucoup plus qu'on ne l'imagine et où les enjeux pour le Sud sont peut-être plus importants encore que dans la relation Nord-Sud. Mais alors, il s'agit de transformer ces engagements politiques en chiffres. C'est ce qu'on appelle l'exercice des modalités. C'est l'avant-dernière étape, mais elle est cruciale. C'est là que ça passe ou ça craque et nous devrons alors, en fin d'année, accumuler la transposition de tous ces chiffres globaux, en chiffres détaillés, par Etat… C'est-à-dire des dizaines de milliers de pages de tarifs, que les 153 membres de l'OMC devront faire parvenir à Genève et alors le round pourra se terminer.

BP : L'idée c'est quoi… c'est de libéraliser le commerce mondial. Certains diront : dérégulariser ?

- Alors, ce n'est pas du tout la même chose et je crois qu'il y a là une grande confusion. Libéraliser… ça veut dire : réduire les obstacles aux échanges. Quels sont-ils ? Traditionnellement, les tarifs. Mais dans la réalité, nos pays, par exemple, les pays industrialisés… ont une moyenne de tarif qui est de l'ordre de 4%. Donc, le tarif n'est plus la vraie difficulté. Elle le reste dans les pays émergents. Je pense notamment à l'Inde…

BP : 4%, c'est le droit d'imposition…

- Tarif moyen…

BP : …taux fixe pour les produits agricoles qui viennent du Sud, par exemple ?

- Produits industrialisés… Ah non ! Les produits agricoles c'est tout autre chose. Nous sommes dans des moyennes de 20% et avec des points qui peuvent excéder 100% dans les produits sensibles. Mais donc, ce qu'il s'agit de faire, c'est libéraliser le marché des produits industriels. Ca je crois qu'il y a un consensus sur le fait que c'est la direction générale. Sur les produits agricoles, il s'agit d'éliminer les subventions qui faussent la concurrence et donc les Etats-Unis, l'Europe, le Japon, la Suisse, la Corée, sont les principaux responsables. Mais en plus, en plus… pour ces produits agricoles, permettre un accès à nos marchés. C'est-à-dire, réduire les droits de douane sur ces produits aussi. Et alors là nous entrons dans un jeu politique extrêmement compliqué, puisque nos paysans nous disent : vous ne pouvez pas à la fois réduire les subventions et baisser les tarifs. Vous allez nous étrangler. Et cet exercice est possible. Il est très difficile. Il y en a jamais assez pour des produits… des gens comme le Brésil, qui veulent vraiment utiliser tout leur potentiel de production, mais pour nous qui tenons à notre agriculture, à nos agriculteurs, à notre paysage, à la qualité de notre nourriture, et bien l'agriculture ce n'est pas un produit comme les autres et donc, là par exemple, nous n'irons jamais jusqu'à une libéralisation complète. C'est un cas particulier.

BP : Alors, ce qui est un peu particulier dans ces négociations, c'est qu'on a l'habitude de considérer que ces négociations opposent les pays du Nord, les pays riches, aux pays du Sud, qui sont en voie de développement. Or, c'est un peu plus compliqué que ça, finalement ?

- Vous avez raison ! Je pense que sur l'OMC, aujourd'hui, flotte, je dirais, la menace de la compétitivité chinoise dans tous les produits. Les Chinois sont aujourd'hui, par la combinaison de leurs bas coûts et de leur productivité élevée, capables de percer à peu près n'importe quelles frontières tarifaires et le Sud a peur de ça. Un pays comme l'Inde, clairement, qui est de loin plus protégé que la Chine … à peu près deux fois plus… est le pays qui se sent aussi le plus vulnérable aux importations en provenance de Chine. Et on peut dire la même en Afrique. L'Afrique qui aujourd'hui, connaît du fait de la Chine, un boom extraordinaire de ces exportations minières, pétrolières et agricoles, en même temps, doit subir la concurrence chinoise sur tout ce qui est la petite industrie, qui commençait à s'établir en Afrique. Donc, la concurrence Sud-Sud est un vrai problème et dans cette concurrence, je dois y insister… il n'y a pas que la Chine. Je prends la Chine parce qu'elle est emblématique. Mais un pays comme le Brésil a une capacité concurrentielle considérable.

BP : Dans ces problèmes Sud-Sud, il y a celui de la banane. Ca a l'air dérisoire… En fait, c'est vraiment essentiel, si je comprends bien ?

- Ecoutez… la banane est avec nous depuis les origines des temps, je dirais. Je crois que de mémoire de négociateurs, il n'y a pas eu un round où la banane n'a pas été la pierre d'achoppement.

BP : Mais quel est le problème avec la banane, finalement ?

- Le problème, il est simple. C'est que vous avez des producteurs très efficients, essentiellement des grandes firmes américaines, en Amérique latine, avec une exception, le Costa Rica, où se sont bien des producteurs locaux… ils sont très efficaces à cause des conditions climatiques et des conditions d'exploitations très mécanisées et un peu les conditions sociales, à la manière de… sauf au Costa Rica où il y a une vision sociale du développement. Vous avez alors les bananiers de chez nous… Les gens des Canaries ou les gens de propriétés françaises, dans l'Atlantique.

BP : Quand vous dites : chez nous… ce sont les pays européens ?

- C'est ça ! On est chez nous. Et ceux-là on les protège avec un droit de 176 euros par tonne, contre les premiers, contre les Latino-Américains. Et puis arrivent les ACP…

BP : Afrique-Caraïbes-Pacifique… Ce sont les anciennes colonies…

- Les anciennes colonies, disons ça… Il y en a très peu qui font de la banane, mais ceux qui font de la banane les font dans un régime qui entre le coût assez élevé des bananes européennes et le coût très bas des bananes latino-américaines. Et on a choisi de leur donner un accès privilégié à notre marché. C'est-à-dire qu'elles ne payent pas ces fameux droits de douane. Alors, maintenant, Pascal Lamy, à la demande de toutes les parties…

BP : Pascal Lamy, qui est le Directeur de l'Organisation Mondiale du Commerce…

- Voilà ! …a mis sur la table, un accord qui vaut ce qui vaut, qui cherche à baisser les droits de 176, je crois, à 116. Donc, c'est une baisse sensible. Ce qui devrait être acceptable par les Latino-Américains et un engagement des Latino-Américains de ne pas contester ce régime, devant l'organe de règlement des différends… qui est le Tribunal de l'OMC. Les ACP ne sont pas contents. Ils le font savoir. En réalité, ceux qui croient comprendre un peu mieux ce qui se passe, voient qu'à l'intérieur des ACP vous avez des très performants et vous avez des pas performants du tout. Pourquoi ? Parce que dans les très performants, vous avez à nouveau des entreprises américaines qui sont venues s'établir chez les ACP et qui arrivent à des rendements comparables à ceux qu'ils ont en Amérique latine. D'où… voilà le problème de la banane. Mais je ne peux pas imaginer que le bananier va cacher la forêt de l'accord de Doha. C'est un problème qu'on règlera.

BP : Vous avez participé à beaucoup de ces négociations, est-ce que l'irruption de la Chine et son arrivée dans l'Organisation Mondiale du Commerce a bouleversé la donne ?

- Je pense que oui ! Je crois que nous sommes dans un nouvel équilibre. Voilà un pays qui a un potentiel de développement énorme, qui l'exploite admirablement, qui va dans tous les azimuts. Les Chinois sont efficaces à peu près en tout, dans les petites productions… intensité de main-d'œuvre… comme de plus en plus, dans les hautes technologies. Enfin, ce sont des gens qui sont capables, maintenant, de faire des médicaments ou des produits biogénétiques tout à fait de pointe et dès lors que c'est le cas et qu'ils ont une réserve de main-d'œuvre considérable, avec des gains de productivité que nous avons aidé à leur transmettre, parce que nous avons investi massivement en Chine, et bien ils sont capables de s'imposer partout et c'est vrai que toute libéralisation du commerce multilatérale, c'est-à-dire qui va se faire partout de la même façon, va profiter au pays qui est déjà le plus compétitif. Cela étant, il ne faut pas exagérer et en faire de la Chine, un mythe trop redoutable…

BP : On exagère, vous trouvez ?

- Je pense que comme toujours, les gens pensent que l'arbre va croître jusqu'au ciel. Si vous regardez aujourd'hui la situation chinoise. Qu'est-ce que vous voyez? Vous voyez: ils se heurtent au mur de l'environnement et c'est vraiment pour eux une contrainte terrible et ils la vivent très difficilement. Ils ont des problèmes de disponibilité de sol. C'est un pays qui a les terres arables à peu près du même ordre que les Etats-Unis, avec cinq fois plus de populations. Il n'y a rien à faire, c'est une difficulté énorme. Il y a une inflation qui gagne aujourd'hui la Chine, comme partout. Ce sont eux qui en partie provoquent la hausse des prix des matières premières. Par exemple, le minerai de fer, du pétrole, de la nourriture. Mais évidemment, ça se traduit dans un relèvement de leurs coûts et aujourd'hui, en Chine, ce qui est tout à fait remarquable, c'est que les salaires croissent beaucoup plus vite que la productivité. Autrement dit, ce qu'on commence à voir en Chine aujourd'hui, c'est un déplacement de la demande des exportations, vers la demande interne… la demande de consommation et d'investissement internes et la lutte contre le dégâts de l'environnement. Donc, je crois que le péril chinois, si on veux le voir comme un péril, est plutôt une promesse et que la Chine…

BP : Promesse de nouveaux marchés pour l'industrie européenne, par exemple ?

- Sûrement ! En tous les cas, pour nous, mais promesse aussi pour sa périphérie, promesse pour l'Afrique. Si l'Afrique sait tirer parti de ce formidable ballon d'oxygène que lui donne l'achat massif de la part de la Chine.

BP : Est-ce qu'on est sûr que l'ouverture des marchés s'accompagnent de la part de ceux auxquels nous ouvrons nos portes… des mêmes normes écologiques, sociales, sanitaires, que celles qui sont en vigueur, par exemple, dans l'Union européenne ?

- Je distinguerais tout cela. Les normes sanitaires, c'est nous qui les fixons et nous ne le fixons pas spécialement, vis-à-vis des produits importés. Nous avons chez nous, à la maison, pour notre propre consommation, les normes les plus exigeantes du monde et nous n'allons pas…

BP : Elles s'appliquent aussi aux produits importés ?

- Bien sûr ! Rigoureusement ! Et c'est d'ailleurs le principal obstacle aux exportations agricoles du Sud, par exemple.

BP : C'est ce que dénoncent les agriculteurs chez nous, par exemple. C'est le fait que certains produits qui arrivent chez nous ne sont pas aux normes, par rapport à ce qui est en vigueur dans l'Union européenne ?

- Ecoutez, là, franchement… je peux comprendre que les agriculteurs qui sont sous tension, disent parfois des choses comme ça. Mais c'est vraiment le reproche qui nous est fait en sens tout à fait contraire, en Afrique. Je vais vous donner un exemple que j'ai toujours trouvé assez aberrant : nous avons interdit il y a quelques années, des poissons venant d'un lac africain, parce qu'il contenait des métaux lourds. On s'est inquiété, on s'est dit : mais d'où viendrait cette pollution. Cette pollution venait d'Europe, elle était portée par les vents, ces métaux lourds se déposaient dans le lac, ces poissons ingéraient ces substances et quand ça arrivait chez nous, nous faisions l'analyse et nous disions : ils sont impropres à la consommation. Nous l'aurions fait pareillement pour nos poissons. Donc ce n'est pas la question. Mais la question est que voilà jusqu'où ça va, la sévérité de nos contrôles… est sans pareil… Maintenant, sur les questions d'environnement, c'est un peu plus flou. C'est vrai que nous n'avons pas encore des disciplines obligatoires suffisantes, par exemple sur les bois tropicaux extraits de manière non soutenable… et bientôt nous allons nous poser la question de la taxe carbone à savoir si des pays ne font pas un effort suffisant pour lutter contre le climat, qu'est-ce que nous faisons. Cette question n'est pas réglée, elle doit faire l'objet d'une négociation. Mais où nous échouons jusqu'ici, et je dirais même nous avons renoncé à agir, c'est sur le droit des travailleurs, parce que l'OMC où il y a 153 membres.

BP : Il n'y a pas de critères, là… pour les droits des travailleurs ?

- Il y en a une trentaine qui pensent comme nous, que les droits des travailleurs doivent être respectés et les autres ne disent pas qu'ils ne veulent pas respecter les droits des travailleurs… Ils disent : oui, nous le faisons, nous faisons des efforts, mais ce notre affaire, et le commerce n'a rien à voir là-dedans. Chose avec laquelle nous restons, nous Européens, en désaccord.

BP : En 30 secondes, Pierre Defraigne… Libéraliser les marchés, ça sert à qui, ça sert à quoi ?

- Je pense que ça sert vraiment à tout le monde. Si c'est fait sur le plan multilatéral. Et peut-être on peut y revenir la discussion… le danger aujourd'hui, c'est le bilatéralisme, c'est le faux régionalisme, c'est une forme d'unilatéralisme qui se développe en parallèle à l'OMC, qui court-circuite l'OMC.

BP : Les accords de pays à pays ?

- Voilà !

BP : Et en quoi c'est un danger ça ?

- Parce que là c'est vraiment un désaccord du fort au faible et où le fort impose sa règle, alors qu'à l'OMC, ceux qui dominent de très loin, ce sont les pays pauvres. Ca c'est en terme de pays. En terme de gagnant, au niveau des personnes et je crois que c'est le plus important. Finalement : qui gagne ? qui perd ? Parce qu'il y a des gagnants et des perdants. Ceux qui sont dans l'exportation, gagnent, ceux qui sont dans les productions exposées à l'importation, doivent se reconvertir. Faisons, nous, tout ce qui faut pour aider à la reconversion de ces travailleurs, chez nous ou dans les pays en voie de développement. Ca, à mon avis, c'est le vrai problème de la libéralisation commerciale aujourd'hui.

 

Après avoir lu la transcription, il y a eu l'enregistrement du "Questions publiques" qui a suivi.

23/06/2008

Le CapitaMal

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Nous subissons un "problème" dans la vie des entreprises que certains appellent "malheur" de nos générations jeunes. Le Capital. D'où vient-il? Comment en est-on arrivé là après une transition d'à peine un demi-siècle. La nostalgie de la génération du Baby Boom est-elle une sensation de vieux "dégénérés" insensibles comme le laisserait supposer certaines conversations entre jeunes ?

Si la Bourse n'existait pas telle quelle, telle que nous la connaissons? Et si l'argent n'était pas le nerf de la guerre? Et si...

J'ai eu le plaisir de rappeler les principes et dérives de la Bourse dans "Spéculons en paix" et dans "Le spéculte". Aujourd'hui, on se pose la question "Krachera, krachera pas?" comme si cela allait résoudre les problèmes. Les crises ont existé dans le passé et le marché s'est toujours régulé et redressé. Ce qui a changé, c'est Internet et les Médias qui ont ajouté une couche dans le catastrophisme. Ces médias sont là pour le scoop et comme les bonnes nouvelles ne font pas recettes, on passe à l'autre extrême. La Bourse, comme l'argent, est une question de confiance. Elle plane à des sommets, on ne comprend pas pourquoi ou s'effondre au sous-sol avec le même dérapage. Il y a, aujourd'hui, une crise qui accentue le problème: le pétrole et les excès de la Finance. Ce qui rend la peur contrebalancée par la réalité.  

le-capitamal-liquidites.jpgLa crise des Subprimes a été le dernier catalyseur. La Bourse n'y est pour rien. Elle n'a fait que suivre. Seul la crédulité est responsable. Les gestionnaires que sont les banques ont eu le pompon de cette crédulité. le-capitamal-subprime.jpg

Elles ont fait, depuis lors, une marche arrière toute dans les crédits. Elles ne prêtent plus sans avoir la sécurité à 100%. Alors, le capital à risque qui fait progresser bien être et potentiel dans l'augmentation de la main d'oeuvre, faut pas rêver... et les résultats sont à l'avenant.

L'économie s'arrête si l'équilibre n'est pas trouvé dans un futur proche. Cherchons le juste milieu le-capitamal-subprime2.jpget remontons aux fondements.

Les mouvements d'argent se font dans les Bourses du monde par différentes techniques. Les actions tiennent le haut du pavé dans les transactions commerciales. Or, il faut bien le dire, le jeu des actions permet les pires des excès. Celles-ci font partie du système Capitaliste. C'est "le" Capital dans toute sa splendeur. Alors, ne pourrait-on pas imaginer en lieu et place, dans ce même monde, des débouchés plus restreints par l'intermédiaire des seules obligations ou les seuls comptes intérêts qui rapportaient "x" pourcents? Une différence unique dans le pourcentage serait provoquée uniquement par la longueur du placement lui-même.  

Comme je le disais dans un article précédent, une société commerciale a besoin, tôt ou tard, de recourir à la Bourse pour obtenir plus de cash et prospérer dans les meilleures conditions. C'est une règle du marché et de pure logique. La manière d'y arriver importe peu. Dans le cas obligataire nous avons la sécurité en plus. Pas de mouvements de baisse ou de hausse désordonnés. Attendre l'échéance des transactions pour seule condition.

Le jeu n'est pas obligatoire. La spéculation non plus. La sécurité serait au rendez-vous, moins rémunératrice mais plus sûre en se basant sur les fondamentaux. L'éthique serait aussi sauve. Investir de l'argent dans une action dont on ne s'intéresse même plus de la destination est pour le moins manquant de responsabilité. Mais alors, pas d'effet de levier, non plus.

le-capitamal-crise-ps.jpgL'argent déposé par les épargnants va d'un côté apporter un intérêt pour lui et surtout du cash flow pour la Société qui n'aspire qu'à cela. Chacun y trouve son profit. Cela "rapporte" petitement.

Iconoclaste, cette idée-là? La Bourse a déjà des années et des siècles d'existence dans sa structure actuelle et caractéristique. Pourquoi s'en faire et demander ou penser à changer les choses? Les comptes d'intérêts de toutes sortes pourraient être destinés à ceux qui doivent "palper" au plus près leur argent, tandis que les obligations pourraient, elles, dans cette manière de voir représenter la manne financière nécessaire aux activités. De la petite vitesse, donc. Peut-on s'en contenter? Peut-on se suffir de cette alternative dans monde intégré ou la compétition fait rage?

La manière d'utiliser l'argent, de le placer sent trop le travail facile et non productif d'intérêt général et c'est le mal de tout être vivant. Un rapport de prix performance. La spéculation est la partie la plus négative de la Bourse. Elle s'applique, elle se limite à tous ceux qui ont de l'argent disponible en suffisance pour pouvoir le perdre, au pire, mais surtout pour gagner un maximum avec le moins d'effort, au grand mieux. Cette exclusivité organise le schisme de plus en plus grand entre la base et le sommet de l'échelle sociale. Le jeu, car il s'agit bien d'un jeu pour beaucoup en milieu de gamme, va se résumer avec l'introduction d'internet à du trading qui permettra d'acheter et de vendre sur la même journée et espérer gagner avant de s'endormir jusqu'au lendemain de substantiels revenus, de "return" dans le jargon du milieu. Dans le même temps d'une journée, celui qui travaille et qui ne fait partie ou ne pense que de très loin à l'existence d'une autre manière de gagner sa pitance de la journée. Tout cela est vrai, mais c'est notre condition d'homme.

le-capitamal-trader.jpgQuand j'ai écrit mon premier article sur le sujet de la Bourse, beaucoup de personnes m'ont pris comme un spécialiste et sont venus me poser des questions de savoir ce qu'ils devraient faire du petit magot amassé à la sueur de leur front. Me voilà, gourou...! Un coup d'oeil un peu plus attentif par soi-même, on n'y a pas pensé.

Qu'on ne vienne pas me dire que c'est un mal nécessaire. Le "Capital" aura encore ses heures de gloire. Wall Street imprimera sa marque dans l'économie mondiale encore très longtemps, comme beaucoup d'autres Bourses d'ailleurs. Euronext devenu sa consoeur de raison n'ajoute qu'un peu de sel dans l'histoire.

Le plus petit pays, le moins chanceux sur le "grand échiquier" veut avoir sa Bourse. Pour se grandir, on n'a rien inventé de mieux. Il assure une chance aux projets à se réaliser avec le "capital à risque". C'est une vitrine vers l'extérieur. Quand, en plus, elle marche bien et qu'elle rapporte à ses actionnaires, c'est le pactole assuré.

La spéculation folle, au vestiaire ? Plus de bulle spéculative qui explose en pleine figure à la moindre perte de confiance comme en 2000. Une sécurité, bien méritée, moins rémunératrice peut-être mais aussi moins artificielle.

Une preuve de contre productivité: pour les experts, les ordres "put". Ces ordres qui font leur beurre avec la baisse de rendement et la perte de vitesse d'une société. Au plus, elle s'enfonce, au plus l'actionnaire touche.

Si vous voyez plus bizarre, prévenez-moi.

Encore une fois, je ne suis pas ici pour casser le marché et remettre les affaires au niveau de la "Belle au bois dormant". Je me permets de penser autrement. Je lance ce pavé dans la marre pour y réfléchir.

D'autres y ont pensé par d'autres chemins:

le-capitamal-albert-frere.jpgLe capitalisme moderne, qui règne sans partage sur l’organisation de la vie économique depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du communisme, se présente comme une gigantesque société anonyme constituée en pyramide, explique Jean Peyrelevade dans le livre "Le capitalisme total": à la base de celle-ci, quelques 300 millions d’actionnaires détiennent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Autrement dit, 5% de la population du globe, concentrée en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, sont propriétaires de toutes les entreprises. Au deuxième étage de la pyramide opèrent les gestionnaires de fonds de pension, Sicav, caisses de retraite et compagnies d’assurances: ils sont quelques dizaines de milliers à décider du sort de la moitié des avoirs financiers de la planète en cherchant à maximiser l’enrichissement de leurs mandants, c’est-à-dire des «locataires» du premier étage. Et ce sont eux qui, selon l’ancien patron de Suez, de l’UAP, puis du Crédit Lyonnais, déterminent les règles du jeu— dont celles du corporate governance — qui s’appliquent aux entreprises et notamment la sacro-sainte exigence d’un return sur investissement d’au moins 15%. A l’étage supérieur, enfin, s’agitent les dirigeants des entreprises cotées en Bourse (quelques milliers). Attention toutefois: ces derniers ne sont pas les maîtres du jeu puisqu’ils doivent obéir aux fonds, donc aux gestionnaires de l’étage intermédiaire.

Selon l’analyse de Peyrelevade, ce sont bien ces derniers qui détiennent le vrai pouvoir. Le problème, poursuit-il, c’est que le nouveau capitalisme financier a pour unique but la création de richesses pour l’actionnaire, sans se soucier de l’intérêt général. «Des normes de rentabilité excessives conduisent les chefs d’entreprise à être les premiers agents d’une mondialisation sans frontière et à implanter leurs activités partout où ils peuvent trouver une main-d’œuvre moins onéreuse. Dans le même temps, de leur adoption découlent un sous-investissement ennemi du plein emploi et une vague de concentrations (...)» Une vision imposée par les Etats-Unis, estime-t-il, et «fondée sur le primat d’une liberté absolue d’entreprendre au service de l’enrichissement sans bornes des détenteurs du capital ». Si l’on continue sur ces mêmes bases, en privilégiant systématiquement le court terme et la «cupidité», on ira droit dans le mur.

Dans "Le capitalisme est en train de s’auto-détruire", Patrick Artus, le directeur des études économiques du Groupe Caisse d’Epargne, ne dit pas autre chose. Le capitalisme actuel ne fait rien d’utile de ses milliards, n’investit pas, n’a pas de projet et ne prépare pas l’avenir. La faute aux grands investisseurs qui exigent des entreprises des résultats trop élevés, ce qui pousse les dirigeants à privilégier le rendement à court terme plutôt que l’investissement, fût-ce au prix de délocalisations et de destructions d’emplois. S’ils se rejoignent dans le constat, Peyrelevade et Artus divergent en revanche quand il s’agit d’ébaucher des solutions. Pour Patrick Artus, il faut réformer la gestion de l’épargne et imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gestionnaires et dirigeants comme aux régulateurs. Sans quoi, on n’évitera pas une crise de système. Jean Peyrelevade appelle, lui aussi, de ses vœux plus de régulation «pour assurer l’équilibre politique, éthique, écologique du développement de la planète ». Mais pour y arriver, il s’en remet au politique. Les gouvernements ne devraient plus se mettre au service de l’actionnariat, dit-il, mais inverser le rapport et réguler ce dernier. Plus concrètement, il propose d’encourager les actionnaires à conserver longtemps leurs titres (alors qu’ils se conduisent aujourd’hui comme des «passagers clandestins»), de soustraire les chefs d’entreprise au diktat des marchés financiers (en commençant par supprimer les stocks options, qui les inféodent aux mouvements boursiers) et, last but not least, de cesser de privilégier à tout crin les fusions et acquisitions et, partant, les concentrations. Ce dernier point est sans doute le plus polémique puisqu’il amène l’ancien grand patron français à adosser la notion d’intérêt général à la nationalité. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il explique ainsi qu’on devrait pouvoir interdire une fusion «au nom de la politique industrielle ou de l’intérêt général d’une nation». Une conception qui, faut-il le dire, ne s’inscrit pas dans le cadre européen, dessiné à l’aune du marché unique.

 le-capitamal-interet-notionnel.jpgLes Intérêts Notionnels ne sont qu'un "truc" de plus pour attirer les capitaux sur son sol. L'intérêt est en cascade. 

John Kenneth Galbraith, humaniste en économie, avait bien compris le fonctionnement du capitalisme moderne. Récemment disparu, parler de lui est plus en hommage. Pour lui, les économistes ont évacué les dimensions politiques et morales de la science économique en repoussant le monde réel. L'économie de marché n'existe pas, dit-il, puisqu'elle n'a comme rôle que de générer du profit.

Que reste-il de Keynes? 70 ans déjà que cet économiste politique a écrit sa "Théorie générale" qui tente d'expliquer la fonction réelle de l'économie. Selon lui, l'offre ne créerait pas sa propre demande. La demande effective, par contre, déterminerait le niveau général de l'emploi. Un équilibre subtil se placerait donc entre les dépenses et une économie sans plein emploi et de "chômage involontaire". L'envie de consommer ou de thésauriser équilibrerait une anticipation de profit des entreprises. Les travaux publics devaient combler les "trous" pour faciliter le privé. Le crédit dans ce monde-là ne pourrait pas manquer en quantité et en souplesse. Pas de taux d'intérêt à la rescousse du jeu inflation-déflation pour éviter les dépressions. Donc, beaucoup de courage et de discipline pour équilibrer la balance commerciale. Le court terme a souvent remplacé les bonnes initiatives. Peut-être, faudra-t-il réinventer son rêve et lancer une version 2 à celui-ci. Espérons que le remake sera de taille.

En 2006, en une journée, 11 entreprises changent de main dans le monde. 1.300 milliards euros ont été du voyage dans l'année. La force de frappe ne réside plus dans les pays habituels. Le Brésil, par exemple, a pris son ticket avec détermination.

Le manque de vision stratégique restera le handicap majeur des actions. Le petit porteur sera qu'il le veuille ou non un suiveur sans aucune influence comme la gouttelette sur la vague. Naviguer à vue dans le brouillard le plus épais tachant d'éviter les tempêtes voilà l'investisseur moyen. Entre temps, comme toujours et partout, il faudra toujours se rappeler que dans les océans capitalistes, les petits poissons seront toujours mangés par les gros. Les gros poissons se feront manger par les requins. Les requins, à leur tour, par les gros requins. Tout n'est qu'une question d'échelle. Alors, défiance ou assurance aveugle? Georges Soros, milliardaire, bien connu de la haute finance, veut changer les choses. Son livre, "Le grand désordre mondial" devrait éclairer sur ces objectifs?

le-capitamal-buffet.jpgBob Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton s'exprimait dans le Nouvel Obs en janvier 2006. Ce théoricien de l'économie mondialisée redoutait l'ascension d'un "supercapitalisme" dans son dernier livre du même nom. Le modèle d'efficacité présenté par les USA et ses émules aurait changé de cap. Une capacité de croissance forte par les valeurs était remise en question. Sous l'effet de la globalisation. Les inégalités ne peuvent que se creuser. Une dynamique de la compétition et concurrence exacerbée profite aux uns et font exploser les autres citoyens. Créer de la valeur ajoutée est un plus, mais s'intéresser à toutes les catégories est mieux. Qui assumera la production, sinon les classes moyennes ou populaires? Selon lui, une complète rééducation, une rectification par l'impôt sont seuls capables de changer l'exubérance irrationnelle. Il constatait qu'en 1998, les plus riches (1% des USA) possédaient 20% de l'Amérique. Le salaire moyen n'a pas vraiment progressé depuis trente ans. Pas de faux coupables. Chacun responsable mais pas coupable. Rien que des acteurs dociles du "System". L'Etat, plombé par les lobbyistes, ne trouvera pas sa sortie seul un cas de conscience citoyen pourrait y arriver. La politique tourne de plus en plus à coup de dollars. Une sacrée pêche au volontarisme contre les lois d'airain de l'économie, conclut-il.

Est-ce du Capital qui a mal dont il faudra parler ou n'est-ce pas plutôt du Capital sous forme de CapitaPasMal?

Une question de cette seule et rare confiance. Confiance dans le marché, confiance dans l'argent papier ou virtuel, dans sa manière de prendre connaissance des choses qui sont à la base de notre existence. Tout est basé sur la valeur intrinsèque, fondamentale ou imaginée. Sans elle, c'est la gangrène qui plonge dans un futur non raisonné vers le néant. La grenouille devra seulement prendre un peu de recul avant de vouloir se faire plus grosse que le boeuf. Après la boulimie, y aura-t-il une cure d'anorexie? Probable. La Bourse est le reflet de notre confiance en nous-même.

Un rappel: la panique est mauvaise conseillère et les pertes des uns ne seront pas perdues pour tout le monde. Et les paniques, parfois, on les provoquent artificiellement car on aime chez les Grands. Et tout le monde joue, sans distinction, dans cette même cours des grands ne fut-ce par les fonds de pensions qui recherchent la meilleure rentabilité.   

"Mais comment a-t-on pu en arriver là?" se demandait un autre blogueur. J'ai essayé modestement à en donner les tenants et les aboutissants.

L'enfoiré,

Des Boursiers pandaesques?

Citations:

  • "Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme.", Jules Vallès

  • "Le stalinisme, c'est la voie la plus longue pour aller du capitalisme... au capitalisme.", Lech Walesa

  • "La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c'est-à-dire à la longue accumulation de l'épargne. C'est l'absence de capitaux qui rend les peuples sujets.", Jacques Bainville

  • "Le capital ne manque pas. Ce qui manque, c'est la vision."Mickaël Milken

  • "L'argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières", Woody Allen

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