23/06/2008

Le CapitaMal

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Nous subissons un "problème" dans la vie des entreprises que certains appellent "malheur" de nos générations jeunes. Le Capital. D'où vient-il? Comment en est-on arrivé là après une transition d'à peine un demi-siècle. La nostalgie de la génération du Baby Boom est-elle une sensation de vieux "dégénérés" insensibles comme le laisserait supposer certaines conversations entre jeunes ?

Si la Bourse n'existait pas telle quelle, telle que nous la connaissons? Et si l'argent n'était pas le nerf de la guerre? Et si...

J'ai eu le plaisir de rappeler les principes et dérives de la Bourse dans "Spéculons en paix" et dans "Le spéculte". Aujourd'hui, on se pose la question "Krachera, krachera pas?" comme si cela allait résoudre les problèmes. Les crises ont existé dans le passé et le marché s'est toujours régulé et redressé. Ce qui a changé, c'est Internet et les Médias qui ont ajouté une couche dans le catastrophisme. Ces médias sont là pour le scoop et comme les bonnes nouvelles ne font pas recettes, on passe à l'autre extrême. La Bourse, comme l'argent, est une question de confiance. Elle plane à des sommets, on ne comprend pas pourquoi ou s'effondre au sous-sol avec le même dérapage. Il y a, aujourd'hui, une crise qui accentue le problème: le pétrole et les excès de la Finance. Ce qui rend la peur contrebalancée par la réalité.  

le-capitamal-liquidites.jpgLa crise des Subprimes a été le dernier catalyseur. La Bourse n'y est pour rien. Elle n'a fait que suivre. Seul la crédulité est responsable. Les gestionnaires que sont les banques ont eu le pompon de cette crédulité. le-capitamal-subprime.jpg

Elles ont fait, depuis lors, une marche arrière toute dans les crédits. Elles ne prêtent plus sans avoir la sécurité à 100%. Alors, le capital à risque qui fait progresser bien être et potentiel dans l'augmentation de la main d'oeuvre, faut pas rêver... et les résultats sont à l'avenant.

L'économie s'arrête si l'équilibre n'est pas trouvé dans un futur proche. Cherchons le juste milieu le-capitamal-subprime2.jpget remontons aux fondements.

Les mouvements d'argent se font dans les Bourses du monde par différentes techniques. Les actions tiennent le haut du pavé dans les transactions commerciales. Or, il faut bien le dire, le jeu des actions permet les pires des excès. Celles-ci font partie du système Capitaliste. C'est "le" Capital dans toute sa splendeur. Alors, ne pourrait-on pas imaginer en lieu et place, dans ce même monde, des débouchés plus restreints par l'intermédiaire des seules obligations ou les seuls comptes intérêts qui rapportaient "x" pourcents? Une différence unique dans le pourcentage serait provoquée uniquement par la longueur du placement lui-même.  

Comme je le disais dans un article précédent, une société commerciale a besoin, tôt ou tard, de recourir à la Bourse pour obtenir plus de cash et prospérer dans les meilleures conditions. C'est une règle du marché et de pure logique. La manière d'y arriver importe peu. Dans le cas obligataire nous avons la sécurité en plus. Pas de mouvements de baisse ou de hausse désordonnés. Attendre l'échéance des transactions pour seule condition.

Le jeu n'est pas obligatoire. La spéculation non plus. La sécurité serait au rendez-vous, moins rémunératrice mais plus sûre en se basant sur les fondamentaux. L'éthique serait aussi sauve. Investir de l'argent dans une action dont on ne s'intéresse même plus de la destination est pour le moins manquant de responsabilité. Mais alors, pas d'effet de levier, non plus.

le-capitamal-crise-ps.jpgL'argent déposé par les épargnants va d'un côté apporter un intérêt pour lui et surtout du cash flow pour la Société qui n'aspire qu'à cela. Chacun y trouve son profit. Cela "rapporte" petitement.

Iconoclaste, cette idée-là? La Bourse a déjà des années et des siècles d'existence dans sa structure actuelle et caractéristique. Pourquoi s'en faire et demander ou penser à changer les choses? Les comptes d'intérêts de toutes sortes pourraient être destinés à ceux qui doivent "palper" au plus près leur argent, tandis que les obligations pourraient, elles, dans cette manière de voir représenter la manne financière nécessaire aux activités. De la petite vitesse, donc. Peut-on s'en contenter? Peut-on se suffir de cette alternative dans monde intégré ou la compétition fait rage?

La manière d'utiliser l'argent, de le placer sent trop le travail facile et non productif d'intérêt général et c'est le mal de tout être vivant. Un rapport de prix performance. La spéculation est la partie la plus négative de la Bourse. Elle s'applique, elle se limite à tous ceux qui ont de l'argent disponible en suffisance pour pouvoir le perdre, au pire, mais surtout pour gagner un maximum avec le moins d'effort, au grand mieux. Cette exclusivité organise le schisme de plus en plus grand entre la base et le sommet de l'échelle sociale. Le jeu, car il s'agit bien d'un jeu pour beaucoup en milieu de gamme, va se résumer avec l'introduction d'internet à du trading qui permettra d'acheter et de vendre sur la même journée et espérer gagner avant de s'endormir jusqu'au lendemain de substantiels revenus, de "return" dans le jargon du milieu. Dans le même temps d'une journée, celui qui travaille et qui ne fait partie ou ne pense que de très loin à l'existence d'une autre manière de gagner sa pitance de la journée. Tout cela est vrai, mais c'est notre condition d'homme.

le-capitamal-trader.jpgQuand j'ai écrit mon premier article sur le sujet de la Bourse, beaucoup de personnes m'ont pris comme un spécialiste et sont venus me poser des questions de savoir ce qu'ils devraient faire du petit magot amassé à la sueur de leur front. Me voilà, gourou...! Un coup d'oeil un peu plus attentif par soi-même, on n'y a pas pensé.

Qu'on ne vienne pas me dire que c'est un mal nécessaire. Le "Capital" aura encore ses heures de gloire. Wall Street imprimera sa marque dans l'économie mondiale encore très longtemps, comme beaucoup d'autres Bourses d'ailleurs. Euronext devenu sa consoeur de raison n'ajoute qu'un peu de sel dans l'histoire.

Le plus petit pays, le moins chanceux sur le "grand échiquier" veut avoir sa Bourse. Pour se grandir, on n'a rien inventé de mieux. Il assure une chance aux projets à se réaliser avec le "capital à risque". C'est une vitrine vers l'extérieur. Quand, en plus, elle marche bien et qu'elle rapporte à ses actionnaires, c'est le pactole assuré.

La spéculation folle, au vestiaire ? Plus de bulle spéculative qui explose en pleine figure à la moindre perte de confiance comme en 2000. Une sécurité, bien méritée, moins rémunératrice peut-être mais aussi moins artificielle.

Une preuve de contre productivité: pour les experts, les ordres "put". Ces ordres qui font leur beurre avec la baisse de rendement et la perte de vitesse d'une société. Au plus, elle s'enfonce, au plus l'actionnaire touche.

Si vous voyez plus bizarre, prévenez-moi.

Encore une fois, je ne suis pas ici pour casser le marché et remettre les affaires au niveau de la "Belle au bois dormant". Je me permets de penser autrement. Je lance ce pavé dans la marre pour y réfléchir.

D'autres y ont pensé par d'autres chemins:

le-capitamal-albert-frere.jpgLe capitalisme moderne, qui règne sans partage sur l’organisation de la vie économique depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du communisme, se présente comme une gigantesque société anonyme constituée en pyramide, explique Jean Peyrelevade dans le livre "Le capitalisme total": à la base de celle-ci, quelques 300 millions d’actionnaires détiennent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Autrement dit, 5% de la population du globe, concentrée en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, sont propriétaires de toutes les entreprises. Au deuxième étage de la pyramide opèrent les gestionnaires de fonds de pension, Sicav, caisses de retraite et compagnies d’assurances: ils sont quelques dizaines de milliers à décider du sort de la moitié des avoirs financiers de la planète en cherchant à maximiser l’enrichissement de leurs mandants, c’est-à-dire des «locataires» du premier étage. Et ce sont eux qui, selon l’ancien patron de Suez, de l’UAP, puis du Crédit Lyonnais, déterminent les règles du jeu— dont celles du corporate governance — qui s’appliquent aux entreprises et notamment la sacro-sainte exigence d’un return sur investissement d’au moins 15%. A l’étage supérieur, enfin, s’agitent les dirigeants des entreprises cotées en Bourse (quelques milliers). Attention toutefois: ces derniers ne sont pas les maîtres du jeu puisqu’ils doivent obéir aux fonds, donc aux gestionnaires de l’étage intermédiaire.

Selon l’analyse de Peyrelevade, ce sont bien ces derniers qui détiennent le vrai pouvoir. Le problème, poursuit-il, c’est que le nouveau capitalisme financier a pour unique but la création de richesses pour l’actionnaire, sans se soucier de l’intérêt général. «Des normes de rentabilité excessives conduisent les chefs d’entreprise à être les premiers agents d’une mondialisation sans frontière et à implanter leurs activités partout où ils peuvent trouver une main-d’œuvre moins onéreuse. Dans le même temps, de leur adoption découlent un sous-investissement ennemi du plein emploi et une vague de concentrations (...)» Une vision imposée par les Etats-Unis, estime-t-il, et «fondée sur le primat d’une liberté absolue d’entreprendre au service de l’enrichissement sans bornes des détenteurs du capital ». Si l’on continue sur ces mêmes bases, en privilégiant systématiquement le court terme et la «cupidité», on ira droit dans le mur.

Dans "Le capitalisme est en train de s’auto-détruire", Patrick Artus, le directeur des études économiques du Groupe Caisse d’Epargne, ne dit pas autre chose. Le capitalisme actuel ne fait rien d’utile de ses milliards, n’investit pas, n’a pas de projet et ne prépare pas l’avenir. La faute aux grands investisseurs qui exigent des entreprises des résultats trop élevés, ce qui pousse les dirigeants à privilégier le rendement à court terme plutôt que l’investissement, fût-ce au prix de délocalisations et de destructions d’emplois. S’ils se rejoignent dans le constat, Peyrelevade et Artus divergent en revanche quand il s’agit d’ébaucher des solutions. Pour Patrick Artus, il faut réformer la gestion de l’épargne et imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gestionnaires et dirigeants comme aux régulateurs. Sans quoi, on n’évitera pas une crise de système. Jean Peyrelevade appelle, lui aussi, de ses vœux plus de régulation «pour assurer l’équilibre politique, éthique, écologique du développement de la planète ». Mais pour y arriver, il s’en remet au politique. Les gouvernements ne devraient plus se mettre au service de l’actionnariat, dit-il, mais inverser le rapport et réguler ce dernier. Plus concrètement, il propose d’encourager les actionnaires à conserver longtemps leurs titres (alors qu’ils se conduisent aujourd’hui comme des «passagers clandestins»), de soustraire les chefs d’entreprise au diktat des marchés financiers (en commençant par supprimer les stocks options, qui les inféodent aux mouvements boursiers) et, last but not least, de cesser de privilégier à tout crin les fusions et acquisitions et, partant, les concentrations. Ce dernier point est sans doute le plus polémique puisqu’il amène l’ancien grand patron français à adosser la notion d’intérêt général à la nationalité. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il explique ainsi qu’on devrait pouvoir interdire une fusion «au nom de la politique industrielle ou de l’intérêt général d’une nation». Une conception qui, faut-il le dire, ne s’inscrit pas dans le cadre européen, dessiné à l’aune du marché unique.

 le-capitamal-interet-notionnel.jpgLes Intérêts Notionnels ne sont qu'un "truc" de plus pour attirer les capitaux sur son sol. L'intérêt est en cascade. 

John Kenneth Galbraith, humaniste en économie, avait bien compris le fonctionnement du capitalisme moderne. Récemment disparu, parler de lui est plus en hommage. Pour lui, les économistes ont évacué les dimensions politiques et morales de la science économique en repoussant le monde réel. L'économie de marché n'existe pas, dit-il, puisqu'elle n'a comme rôle que de générer du profit.

Que reste-il de Keynes? 70 ans déjà que cet économiste politique a écrit sa "Théorie générale" qui tente d'expliquer la fonction réelle de l'économie. Selon lui, l'offre ne créerait pas sa propre demande. La demande effective, par contre, déterminerait le niveau général de l'emploi. Un équilibre subtil se placerait donc entre les dépenses et une économie sans plein emploi et de "chômage involontaire". L'envie de consommer ou de thésauriser équilibrerait une anticipation de profit des entreprises. Les travaux publics devaient combler les "trous" pour faciliter le privé. Le crédit dans ce monde-là ne pourrait pas manquer en quantité et en souplesse. Pas de taux d'intérêt à la rescousse du jeu inflation-déflation pour éviter les dépressions. Donc, beaucoup de courage et de discipline pour équilibrer la balance commerciale. Le court terme a souvent remplacé les bonnes initiatives. Peut-être, faudra-t-il réinventer son rêve et lancer une version 2 à celui-ci. Espérons que le remake sera de taille.

En 2006, en une journée, 11 entreprises changent de main dans le monde. 1.300 milliards euros ont été du voyage dans l'année. La force de frappe ne réside plus dans les pays habituels. Le Brésil, par exemple, a pris son ticket avec détermination.

Le manque de vision stratégique restera le handicap majeur des actions. Le petit porteur sera qu'il le veuille ou non un suiveur sans aucune influence comme la gouttelette sur la vague. Naviguer à vue dans le brouillard le plus épais tachant d'éviter les tempêtes voilà l'investisseur moyen. Entre temps, comme toujours et partout, il faudra toujours se rappeler que dans les océans capitalistes, les petits poissons seront toujours mangés par les gros. Les gros poissons se feront manger par les requins. Les requins, à leur tour, par les gros requins. Tout n'est qu'une question d'échelle. Alors, défiance ou assurance aveugle? Georges Soros, milliardaire, bien connu de la haute finance, veut changer les choses. Son livre, "Le grand désordre mondial" devrait éclairer sur ces objectifs?

le-capitamal-buffet.jpgBob Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton s'exprimait dans le Nouvel Obs en janvier 2006. Ce théoricien de l'économie mondialisée redoutait l'ascension d'un "supercapitalisme" dans son dernier livre du même nom. Le modèle d'efficacité présenté par les USA et ses émules aurait changé de cap. Une capacité de croissance forte par les valeurs était remise en question. Sous l'effet de la globalisation. Les inégalités ne peuvent que se creuser. Une dynamique de la compétition et concurrence exacerbée profite aux uns et font exploser les autres citoyens. Créer de la valeur ajoutée est un plus, mais s'intéresser à toutes les catégories est mieux. Qui assumera la production, sinon les classes moyennes ou populaires? Selon lui, une complète rééducation, une rectification par l'impôt sont seuls capables de changer l'exubérance irrationnelle. Il constatait qu'en 1998, les plus riches (1% des USA) possédaient 20% de l'Amérique. Le salaire moyen n'a pas vraiment progressé depuis trente ans. Pas de faux coupables. Chacun responsable mais pas coupable. Rien que des acteurs dociles du "System". L'Etat, plombé par les lobbyistes, ne trouvera pas sa sortie seul un cas de conscience citoyen pourrait y arriver. La politique tourne de plus en plus à coup de dollars. Une sacrée pêche au volontarisme contre les lois d'airain de l'économie, conclut-il.

Est-ce du Capital qui a mal dont il faudra parler ou n'est-ce pas plutôt du Capital sous forme de CapitaPasMal?

Une question de cette seule et rare confiance. Confiance dans le marché, confiance dans l'argent papier ou virtuel, dans sa manière de prendre connaissance des choses qui sont à la base de notre existence. Tout est basé sur la valeur intrinsèque, fondamentale ou imaginée. Sans elle, c'est la gangrène qui plonge dans un futur non raisonné vers le néant. La grenouille devra seulement prendre un peu de recul avant de vouloir se faire plus grosse que le boeuf. Après la boulimie, y aura-t-il une cure d'anorexie? Probable. La Bourse est le reflet de notre confiance en nous-même.

Un rappel: la panique est mauvaise conseillère et les pertes des uns ne seront pas perdues pour tout le monde. Et les paniques, parfois, on les provoquent artificiellement car on aime chez les Grands. Et tout le monde joue, sans distinction, dans cette même cours des grands ne fut-ce par les fonds de pensions qui recherchent la meilleure rentabilité.   

"Mais comment a-t-on pu en arriver là?" se demandait un autre blogueur. J'ai essayé modestement à en donner les tenants et les aboutissants.

L'enfoiré,

Des Boursiers pandaesques?

Citations:

  • "Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme.", Jules Vallès

  • "Le stalinisme, c'est la voie la plus longue pour aller du capitalisme... au capitalisme.", Lech Walesa

  • "La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c'est-à-dire à la longue accumulation de l'épargne. C'est l'absence de capitaux qui rend les peuples sujets.", Jacques Bainville

  • "Le capital ne manque pas. Ce qui manque, c'est la vision."Mickaël Milken

  • "L'argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières", Woody Allen

03/06/2008

Europe, cinquante bougies enflammées

europe-cinquante-bougies-enflammees_0.jpgQue représente l'Europe, aujourd'hui, pour ses citoyens ? L'Europe fête, le 7 juin, à Bruxelles, un nouveau cinquantenaire, l'EESC.

Un référendum parmi ses citoyens pourrait s'avérer d'utilité publique. Nous sommes à la veille d'un cinquantième anniversaire qui sera fêté à Bruxelles le 7 juin. Ce sera journée porte ouverte pour l'occasion.

La première réponse du citoyen sera probablement, différente en fonction de l'endroit d'où il vient. Les uns y voyant une perte de souveraineté, les autres, une occasion de rentrer dans le sommet des grandes nations. La réponse commune devrait être la constatation que la paix règne depuis son lancement. Une zone de libres échanges ou privilégiés, aussi, très certainement. Beaucoup d'espérances, enfin. Trop, peut-être, pour se réaliser dans les temps nécessaire pour changer les mentalités. La finance a été le premier cheval de bataille de la CE. Cela a arrangé les sociétés internationales qui étaient les premières intéressées et qui ont assumé, de bonne grâce, le prix de la conversion de leurs livres comptables pour se conformer à l'Euro.

En janvier 2002, l'Euro se trouva dans les poches des citoyens européens fondateurs. Les autres suivront à leur tour. Les facteurs de conversion ont été choisis pour correspondre au mieux à ce que chaque état pensait de sa valeur. L'euro a été désigné, par la suite, comme le bouc émissaire de l'inflation. Question d'arrondis? Non, probablement, un levier qui a dû être le même dans les mains d'un américain qui ne pensait plus qu'il y ait encore de la monnaie sous forme de centimes.

En France, Monsieur Le Ministre des Finances a déclaré :"Toute somme équivalente à 100.000 francs français sera changée sans en demander la provenance". Cela l'a été, même si certains matelas et autres coffres ont pleuré sous les coups de rasoirs apportés pour changer un acquit que certains ne voulaient point étaler sur la place publique. Rapatrier les sous avant qu'ils ne s'échappent définitivement a été une préoccupations du gouvernement belge dans son « one shot » de la DLU. Cela a arrondi une fin d'année comptable et c'était déjà cela de pris.

Avant d'aborder des sujets qui tiennent plus à cœur au quotidien, un peu d'histoire ne serait pas inutile.

Il ne faut surtout pas avoir l'ombre d'un regret sur l'existence de l'Europe de demain. 

  • Avril 1951: création de la CECA. Ce fut Robert Schuman, Paul Henri Spaak et d'autres qui avaient senti que la guerre devait finir une fois pour toute.

  • 25 Mars 1957: naissance de la C.E.E. CEEA ou Euratom. Le Traité de Rome posait l'acte officiel de la naissance de ce qui allait devenir l'Union européenne.

  • Janvier 1962: mise en place de la PAC

  • Juillet 1967: fusion CECA C.E.E. CEA

  • Janvier 1973: de 6 pays, on passe à 9

  • Février 1975: à Lomé (Togo), la C.E.E accepte 46 pays d'Afrique plus ACP

  • Décembre 1978: instauration du SME valeur 1er janvier 1979, naissance de L'ECU

  • Mai 1979: la Grèce apporte une étoile de plus au drapeau effet janvier 1981

  • Juin 1979: élection du parlement Européen au suffrage universel. Réitérée en 1984 et 1989 et ainsi de suite tous les 5 ans. Que de belles campagnes !

  • Décembre 1985: adoption de l'Acte Unique, accord ratifié par les douze en 1986 et 1987. Mise en action en juillet 1987. Le français, Jacques Delors, européen convaincu prenait les rennes du « grand machin » jusqu'en 1995. Son livre blanc fit sensation à sa sortie.

  • Janvier 1986: l'Espagne et le Portugal entrent dans l'Europe

  • Février 1992: Traité sur l'Union Européenne à Maastricht* (Pays -Bas)

  • 1995: le luxembourgeois, Jacques Santer reprenait le flambeau jusqu'en 1999. Un problème de corruption enraya la « belle » machine.

  • 1999: Romano Prodi allait montrer ce qu'un Italien pensait de la CE.

  • 2004: Jose Manuel Barroso succéda à ce poste pour un nouveau mandat de 4 ans. D'autres pays étaient entrés en attendant dans la « grande boutique ».

  • 2006: Elargissement à de nouveaux pays. La CE comptent 27 pays.

1195087316.jpgLa CE avait trouvé pas mal de lacunes à surmonter à sa naissance. Le Traité de la Constitution européen complet, imaginé sous la prédience par Valery Giscard d'Estaing, devait gérer cette communauté avec ses implications a généré l'incompréhensions et un rejet par référendum en 2005. Le « non » français et néerlandais allaient mettre l'Europe en panne sèche pendant 2 ans. Londres, avec le soutien de Varsovie, voulait en janvier 2007 lui donner le coup de grâce. Un mini traité vient de voir le jour. Longue vie à ce bébé toujours en formation.

Alors, que lui reproche-t-on à cet ensemble hétéroclites de citoyens?

Probablement, cette disparité d'opinions qui renverse les habitudes des mieux nantis, premiers porteurs du drapeau européen et qui ont été, souvent, les plus récalcitrants. L'Angleterre a aussi joué un rôle négatif. Le « I want my money back » de Margareth Thatcher est passé par là. Mais, les portes et les frontières tombaient.

1584027395.jpgL'espace Schengen s'était élargit, une nouvelle fois, fin 2007. Cet espace est sensé régler les problèmes avec l'extérieur de la CE mais ne règle rien à l'intérieur. Faire tomber des frontières n'est pas une mince affaire avec de telle disparité de cultures, de religions, de potentiels financiers à plusieurs vitesses. Le travailleur polonais, tout les pays occidentaux, les plus nantis, en ont fait un stéréotype. Tous comme les Italiens dans les années d'après guerre, les Polonais ont été voulus pour combler une demande et pour faire baisser des prix. Ils ont malheureusement créé une distorsion insoutenable chez les travailleurs locaux qui se voyaient remplacés à coup de marchandages. A qui le crime a-t-il profité? Ne chercher pas docteur, c'est à la tête. Aujourd'hui, la Pologne est tombée en pénurie de main d'oeuvre et rappelle ses autochtones à domicile.

Pourquoi ne pas former dans le cadre du sport une Bourse européenne qui permettrait à tout Européen de défendre les couleurs de l'Europe en même temps que celles de son pays? Le respect des traditions et du futur en commun. Ensemble, il faut construire une Europe qui réponde aux besoins sur énormément de plans et non uniquement sur le seul coin obscur financier que l'on nous laisse entrevoir depuis un demi siècle.

Certains auraient souhaité créer une Europe sous forme de république confédérale, leurs ambitions étaient peut-être justifiées, mais elles ont chaviré dans l'incompréhension.

La conversion des monnaies en Euros ne s'est pas faite dans la simplicité. Pour la France, 1 euro = 6,56974 francs anciens. Quand on sait que les anciens comptaient encore en anciens de francs, cela n'était pas gagné d'avance. D'autres pays ont été plus chanceux dans le moyen d'effectuer la conversion mentalement. La stabilité de l'Euro peut jouer le rôle du béton armé et il commence, au vu de la chute du dollar, à être reconnu dans le monde. Mais, si ce passage à une monnaie unique a aidé dans la stabilité, il ne l'a pas réalisé dans la stabilité des prix pour tous les domaines. La situation qui se dégrade dans le pouvoir d'achat, est la represéntation flagrante de son échec partiel. Le 13 avril, à Washington, les ministres du Développement du monde se réunissaient pour réclamer une action urgente pour enrayer la flambée des prix des denrées de base. Des manifestations se sont produites dans les pays les plus pauvres. Le riz est la base de l'alimentation et il a augmenté de 75% en 2 mois. Le blé a doublé en un an. L'Europe a son rôle à jouer.

Dans la formation de l'Europe, ce qui a été une caricature de l'idée de mettre la charrue avant les boeufs, c'est principalement l'usage d'une langue qui aurait pu être commune à un 2ème niveau. La langue européenne, qu'elle est-elle, en fait?

L'anglais, diront la majorité. C'est, en effet, la pratique de l'économie. Pourtant, l'allemand et le français revendiquent chacun sa propre langue comme bastion des échanges de la communication. L'anglais, n'est-ce pas utilisé en Angleterre, pays qui ne fait pas encore partie de cette Europe unie ?  L'esperanto n'a malheureusement pas la force de la langue vivante et parlée malgré les facilités incontestables de son enseignement. Donc, ce chapitre devra se décider de manière définitive. Une seconde langue commune et obligatoire, apprise dans les écoles de cette Europe comme lien pourrait être la solution. La première restant la langue maternelle. Nous aurions deux drapeaux, pourquoi pas deux langues ?

« En manque d'europlanisme », c'est toujours le cas.

Il ne faut pas se leurrer, les chefs d’Etats, de Gouvernements, etc. ne peuvent tout faire, tout résoudre sans l'assentiment des partenaires. En tant que citoyen, donner son point de vue et de préparer le terrain de l'action en étant présent sur ce champ de bataille pour différentes raisons est devenu un « must ».

En 2008, nous nous trouvons probablement à un année charnière, année de tous les dangers, aussi, comme l'a été l'année 1968 dans beaucoup de pays européens et ailleurs. Champ de bataille qui n'aura pas seulement une obligation de manière interne mais dans le concert des nations du monde entier avec son budget fixé. Quoi qu'ils fassent ou ne fassent pas, les dirigeants d'Etats européens orienteront les peuples du continent pour des décennies sur un modèle socio-éconmoque.

Dans la majorité des cas, les hommes d'Etats ont crée une Europe monétaire en faisant abstraction de toute condition humaine. Schuman a lancé cette Europe sur les rails, il faudra en trouver les sillons qui apporteront un bien être pour ses citoyens du présent et du futur.

Par où fallait-il commencer ?

  • En régularisant les dettes du tiers monde.

  • En donnant un sens à la vie à tous les sans papiers qui circulent envers et contre tous aux niveau européen dans un but d’éradiquer la misère à nos propres portes.

  • En essayant de faire comprendre que les problèmes se solutionnent lorsque l'on veut bien les aborder avec objectivité, compétence à la recherche du ciment indispensable à la fonction de chacun.

  • Avant d'être politique, accepter une intense circulation des personnes et des biens en toute liberté. 

Mais, l'Europe construite comme un puzzle ne peut avancer de manière constructive, si l'on fait abstraction du "social". Dans tous les cas, la réponse sera humaniste ou ne le sera pas. Le cadre d'une civilisation mondialisée est réel et parfaitement contrôlable. Agir dans les domaines sociaux, éducatifs, culturels et médicaux en donnant les moyens à ceux qui seront motivés et compétents. Donner les moyens de sa politique et avoir la politique de ses moyens.

Après avoir préciser ce que le citoyen veut voir insérer avec les termes de « réformes » ou « réformettes », peut-être faudra-t-il enlever ses « pantoufles » locales, et élargir son horizon en prenant les chaussures correspondantes.

« These Boots Are made for Walking », chantait Nancy Sinatra, il y a bien longtemps.

Que ce soit de droite ou de gauche, les politiques des Etats ne sont plus à mène d'assumer leurs promesses électorales. Les Etats ne vivent plus en autarcies. Se mettre à la hauteur de ses ambitions, maintenir ses acquis, il fallait trouver d'autres limites, d'autres frontières, une parade pour faire face à ce qu'on peut appeler aujourd'hui une invasion de produits qui n'obéissent pas toujours aux mêmes règles de production. L'Europe est une dimension qui correspondrait. Même les 35 heures de travail, à la française, auraient pu fonctionner si elles avaient trouvé un écho dans les pays voisins ou limitrophes. Seul dans le concert des nations, ce l'était beaucoup moins. Espérer pouvoir maintenir le capital à bord d'un pays en créant une distorsion vis-à-vis des partenaires les plus proches ne serait pas la meilleur des décisions. Il y a, de visu, un déficit majeur de la pensée sociale-démocrate en Europe. Seul le boulevesrement au niveau de la globalisation, de la montée en puissance de la Chine, de l'Inde ont prouvé que nous n'avions pas de réponse au problème de délocalisation et d'offshore. L'EUR-IFRI peut prendre en compte les effets de dislocations sociales d'aujourd'hui. 

Le capital qu'on le veuille ou non, actuellement, fait bouillir la marmite. Les partis régionaux ou étatiques, les associations syndicales ou patronales remontés à ce niveau sont seuls respectés. Les multinationales l'ont compris et déplacent leurs avoirs en fonction de leur élargissement international propre.

Nous n'avons pas tous les pouvoirs et il faut respecter la conception des autres et leurs idées, mais refuser d'en parler d'une façon simple et que tout un chacun puisse comprendre, est essentiel. Evitons de créer des classes d'élites pour servir les forteresses des Etats souverains. Des milliards de gens meurent, crèvent de manque de pain et de lait tout simplement, sans parler de l'eau potable qui fait défaut dans beaucoup de pays déshérités. Oserions-nous rendre public les déchets de nourriture qui sont brûlés, détruits pendant que, dans certains pays, les gens meurent de faim, alors que dans d'autres la luxure est presque une insulte au droit d'exister dans une conception occidentale?

Le temps du pain blanc sera peut-être perdu. Il faudra partager le fruit du travail, sans créer des fossés tellement immenses que l'Europe y tombera toute entière sans avoir eu le temps de la voir, un jour, parfaitement aboutie en dehors d'un seul idéal de la pensée.

Supprimer les dettes du tiers monde rétablira l'équilibre les valeurs de la nature en limitant les expériences inutiles. Le chemin, il est vrai, est dur et long à parcourir, mais nous voulons une Europe qui ne construise pas des clans de riches et pauvres. A travail égal, salaire égal. Les dérives devront s'amenuiser.

Remettre sur les rails une société qui depuis 30 ans au moins a perdu le sens des véritables valeurs. La nature, elle, n'a rien oubliée. Elle a comptabilisé les erreurs et le fait payer très cher. Etre lucides et regarder dans la même direction pour construire une Europe qui déteigne sur les parties du monde, impropres à l'existence par la surconsommation. Tout est dans tout. La clé de la réussite pour apprendre à nouveau à vivre en continuant de donner les fruits de la vie. Nous allons, à l'occasion de cet anniversaire, éteindre une cinquantième bougie du grand gâteau. Avec la prise de conscience de chacun, gageons que l'on pourra penser que le gâteau restera sucré pour tous.

L'année passée, la CE avait réuni 27 pays à Bruxelles pour représenter les membres de l'union pour présenter le meilleur de la culture européenne passée, présente et à venir dans le cadre d'Europalia. On y disait, alors, de manière aritistique que "L'espace européen lui-même nous apparaît au cours des siècles comme un vaste atelier". Dernièrement, "Europe, entre rêve et réalité", on jouait à la caisse à savon lors de la fête de l'iris de Bruxelles. Cette fois, les images qui accompagnent cet article, sont les prémisses de la naissance du « European Economic and Social Comitee ». Tout un programme. Nous n'en sommes qu'à l'adolescence. Turbulente, comme toujours, cette adolescence. Sur la façade du Berlaymont à Bruxelles, défilent les projets qui viennent en discussion dans les meetings de l'Union (vous en verrez certains sur les photos en annexes).

Que faudra-t-il pour passer au stade de l'adulte? Main dans la main et pas pied dans pied, peut-être. Quand les autres continents sont là, ce sera probablement la seule solution pour résister et exister de manière durable.

Elargir encore? Ca, c'est une autre paire de manche. La Commission, elle-même, hésite et reconnait que l'Union est incapable de digérer une ambition comme celle-là. Les moyens financiers font manifestement défaut. Adapter les budgets pouraient, les prochaines années, rester du domaine de la quadrature du cercle entre la volonté de se renforcer et n'avoir rien à payer de plus ni recevoir moins.

L'Europe dans la mythologie grecque était une princesse phénicienne, enlevée par Zeus sur l'île de Crète pour donner naissance à Minos et au labyrinthe du Minotaure. C'est dire que dans ce labyrinthe, il y aura encore des surprises. 

Jürgen Habermas en touchait un mot quand il plaidait pour que « les institutions européennes puissent donner à l’intérieur d’elles-mêmes un espace au conflit sur la finalité de l’Union et permettent aux citoyens européens de donner de la voix ». La revendication du philosophe rejoint là tous ceux qui se sont exprimés pour une autre Europe à la fois plus solidaire, plus démocratique et plus forte.

L'Europe, un ancien monde? Non, un monde de demain.

 

L'enfoiré,

Le Panda n'a pas de bougies, mais s'enflamme tout de même

Les photos sont là en direct de Bruxelles.

Citations:

  • « La vieille Europe ; elle ne revivra jamais : La jeune Europe offre-t-elle plus de chances ? », François René de Chateaubriand

  • « L'Europe est un Etat composé de plusieurs provinces. », Montesquieu

  • « La Grande-Bretagne elle-même est une île flottante qui, selon les inflexions de sa politique, se rapproche ou s'éloigne de l'Europe. », Alfred Fabre-Luce

  • « Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue. », Victor Hugo

  • « L'Europe serait presque faite si les Français restaient chaque jour une heure de moins au bistrot et les Allemands une heure de plus au lit. », Jean Mistler

  • « Les lois, les fiscalités, les coutumes, les langues sont différentes. L'Euro, c'est désormais le plus petit dénominateur commun de l'Europe. », Jacques Séguéla

  • « Les continents se réfèrent à des valeurs différentes : la pensée en Europe, la parole dans le monde Arabe, le geste en Inde, le signe en Chine et au Japon, le rythme en Afrique. », Anonyme

23/05/2008

Ote ton bandeau et ajuste ta balance (2)

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_55.jpgL'histoire de la Justice, ses méthodes ont engendré des constatations. Contestations du citoyen lambda pour quelques affaires qu'il ne comprend pas toujours avec son propre esprit. Nous avons déjà revu les problèmes majeurs et je n'en aurai qu'effleuré tous les aspects avec celui-ci. Et si les idées venaient d'ici ou d'ailleurs pour améliorer la situation ?

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_violence.jpg"Les chauffards sont-ils criminels" titrait la RTBF dans son magazine "Questions à la une" du 11 janvier 2007. Voilà bien un domaine de la justice qui mériterait, vu les cas très fréquents, un peu plus de célérité dans les jugements qui suivent les délits. La vitesse excessive, ou plus judiciairement inadaptée, l'alcool au volant sont la cause de 1500 morts sur nos routes belges. Des homicides involontaires peuvent, théoriquement, donner d'après la loi, une peine de cinq ans de prison. La pratique est tout autre. Seuls quinze jours sont nécessaires au conducteur irresponsable pour retrouver son permis après la déchéance. Pas de préventive. L’incapacité de conduire est seule capable de faire le contraire. Le sentiment d’impunité, la récurrence de l’alcoolisme au volant et les récidives ne sont que les conséquences de cette pénurie de lois ou son manque d’application. La police n’est pas mise au courant des individus connus pour récidive. Pourtant, exemple à l’appui dans l'émission, l’exécution d’un jugement peut aller très vite. Une condamnation de 3 ans de déchéance et de 6 mois de prison avait été prononcée dans un cas pareil, lors de l'émission. Le principe de précaution a, peut-être, été remis en chantier. Au sujet des peines encourues dans ce cas précis, un travail obligatoire d’intérêt public, dans les hôpitaux et dans l’ambiance des victimes des chauffards pourrait encore une fois avantageusement prendre la place d’années de prison.

Dernièrement, pour un délit de fuite, le dossier ne présentait pas le document de désignation d'un juge d'instruction. Résultat lors du procès: vice de forme, affaire ajournée retour à l'arriéré judiciaire.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_jeunes.jpg Ce 13 janvier 2006, le juge, Luc Monin était condamné à six mois de suspension sans solde pour raison de retards qu’il a mis pour rendre une série de jugement dans les années 90. Ma première réaction fut : "Serait-on à l’aube d’une remise en question de cette Justice qui se veut équitable? Les juges seraient-ils devenus autre chose que des intouchables?". Je serais resté sur cette opinion quand le 15 mars 2007, encore une fois "Questions à la Une" revenait sur le sujet sous un autre jour avec cette suspicion "La justice est-elle sous influence?" Le juge Monin est ce magistrat de Dinant qui a refusé publiquement de signer un jugement en septembre dernier. Une grande première dans les annales judiciaires belges! Le juge rebelle revenait sur son geste inédit en apportant des justifications à son refus des plus troublantes. Il dénonçait, en effet, une justice partisane et influencée. Influencée par des réseaux d'amitiés, des réseaux maçonniques, par le pouvoir politique, ou simplement par des magistrats qui faussaient la vérité judiciaire. Alors indépendante ou pas, la justice belge ? Tout n'est pas noir, mais tout n'est pas blanc non plus. C'est l'avis d'un magistrat en vue. Bouc émissaire? Non, je ne devrais pas y croire car on ne badine pas dans la cour des gens qui n’ont que cette alternative pour se défendre!

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_uyten.jpg Il n'y a pas si longtemps la nomination des juges se faisait en fonction de l'appartenance politique. Comme on dit dans ces cas-là: "Affaire à suivre".

Le 7 février 2007, l'émission "Questions à la Une" me donnait, encore une fois, matière à réflexion. Le titre évocateur était tout simplement "Diplomates: Immunité ou Impunité ?". Il s'agissait, en effet, de diplomates qui passent par chez nous et dans tous les pays du monde et qui se permettent des « extras » sur le compte de l'immunité diplomatique. Par cet artifice, les pays d'accueil n'ont plus les possibilités de saisir les comptes bancaires, de pénétrer dans les domiciles, d'ouvrir les bagages, d'inquiéter tous membres, famille comprise de l'ambassade.

 ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_uyten2.jpg Dernièrement une lettre était tombée dans de mauvaises mains et il était clair qu'un certain démarchage auprès du gouvernement se faisait en dehors de tout chemin éthique.

Un magistrat suspecté de faux? Surprise sur prise pourrait-on conclure. Quand les possibilités existent de passer outre la barre, comment résister à l'envie?

Le dopage et le cyclisme sont des clients de la justice. Elle avait accepté de reporter à une date ultérieure l'examen du cas de Floyd Landis, dépisté positif à la testostérone après la victoire dans le dernier Tour de France en échange de sa non-participation à des courses futures sur le sol français. Floyd Landis révélait aux journalistes qu'il n'était pas contre les Agences antidopages, mais qu'il croyait davantage dans le système américain. "Les Agences ne veulent pas les droits (de la défense) qui seraient fournis pourtant au pire des criminels dans notre pays." était la conclusion de l'article !

Les divorces, il n'y a pas photos, sont la "vache à lait" de la Justice. La procédure en sera désormais accélérée. Des opposants se sont manifestés directement après l'annonce. On ne tue pas aussi facilement la poule aux oeufs d'or.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-dimanche.jpgC'est évident. Nous ne sommes pas devenus plus "sages" avec le temps. Bien au contraire. Nous avons une recrudescence de crimes en série, comme nous l'avons rappelé dans l'article précédent. Alors, la Justice s'est organisée. Elle s'est attelée à tout expliquer même l'inexplicable. Des avocats plaideront pour les causes les plus indéfendables pour sauver un client qu'ils ne pourraient accepter dans leur propre environnement. Il existe des maîtres du barreau qui sont intéressés par les affaires les plus scabreuses. Est-ce par jeu, effet de pub ou pour démontrer au monde leur expertise? Des spécialistes existent dans tous les pays. Ils doivent exister, c'est sûr, mais pourquoi dans l'exclusivité et pas nécessairement payés au juste prix? Alors tout est bon pour disculper le client. L'affaire récente en Autriche avec la séquestration des enfants d'un père indigne et incestueux va être plaidée par la démence. Vingt quatre ans pour découvrir un dément? Construire un bunker à la vue de tout le monde. L'urbanisme se serait-il endormi? Les agents de quartier auront encore du travail avant de mourir par manque d'effectifs.

Il est clair que vu le nombre de délits "comptabilisés", "rapportés", nous sommes sûr que la plupart ne seront jamais traités. Chacun a peut-être encore sa déclaration inventoriée dans les dédales des couloirs d'un des Palais de Justice. Qui croit encore à l’anonymat pour les témoignages et les dépositions?

D'où la question: L'existence de cette dernière, est-ce pour rassurer, pour donner bonne conscience aux âmes sensibles et aussi laisser au citoyen lambda de croire qu'il est encore très bien de ne pas être passé par là et qu'on ne peut subsister au dessus des lois? Encore une, style "Harakiri", probablement, bête et méchante.

 

Les espoirs possibles pour y remédier

Ces dernières années, l’informatique tentait de mettre un peu d’ordre dans ce fatras par un accès plus rapide aux procès jugés précédemment et qui pourraient faire jurisprudence. Numériser tout cela, la tâche n’était guère facile cependant. Un tel retard de modernisme ne se règle pas en quelques mois. Ce « mammouthland » a aussi ses prérogatives. Les arriérés judiciaires restent un véritable boulet. Les communications internes et externes, la conservation des dossiers, la constitution d'une base de données de jurisprudences, l'élaboration de statistiques et l'administration des institutions faisaient partie de cette modernisation. Les jurisprudences devaient être mémorisés dans leur complète intégralité dans des bases de données et être accessibles  par les hommes de loi, habilités pour apporter une solution au problème de sécurité et de détermination dans la pérennité. Mais, sous des couverts de progrès, avoués, est-ce  que l'appareil judiciaire avait-il vraiment intérêt et l'envie à mettre à nu ces petites affaires, ces petits privilèges, moins avoués? Des tentatives ont eu lieu de résoudre l'impossible avec le projet Phénix en Belgique. Projet qui a capoté parce qu'il n'était simplement pas élevé à la bonne hauteur de l'ampleur de la tâche et aussi, peut-être, parce que l'envie n'y était pas d'ouvrir la boîte de Pandore, parmi tous ses acteurs.

La justice en panne par le manque de confiance du justiciable moyen et l'engorgement des prétoires commencent timidement à trouver remède par ce que l'on appelle les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (M.A.R.C.). Quand il y avait contestation envers un homme de loi, le Conseil de l'Ordre des Avocats aurait pu être de bon remède. Comme tous Conseils de l'Ordre, celui-ci a certes à protéger ses propres membres.

Avec l'arbitrage et la conciliation, la médiation avec ombudsman va pouvoir contribuer à alléger les tribunaux comme c'est déjà le cas dans les pays anglo-saxons. Des médiateurs familiaux dans le cas de divorces, des médiateurs commerciaux pour éclaircir le travail du juge dans des litiges entre entreprises, des médiateurs sociaux pour trouver un arrangement entre un employé et son employeur lors d'un licenciement ne sont plus une utopie d'une Justice rendue plus rapide et plus efficace. Ces procédés attendent seulement le bon vouloir de la classe politique et leurs arrêtés d'application et aussi l'indépendance d'action.

Benoit Friedman, professeur de droit à l'ULB, rapportait ce 24 novembre 2006 dans une interview à la radio les éléments de la commission de réforme de la Cour d'Assises.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-rappels.jpg L'engorgement des prisons est souvent avancé pour démontrer qu'il ne faudrait pas trop pousser sur le champignon des condamnations de prison. La surpopulation carcérale est chronique.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_prisons.jpg Un plan 2008-2012 vient de voir le jour pour rénover les prisons et pour en créer 3 nouvelles. Les sanctions commuées en travaux d'intérêt public sont aussi un moyen pour désengorger les prisons dans les cas de police correctionnelle. Ces travaux d'intérêts généraux peuvent profiter à la communauté et, au besoin, même aux victimes. Les budgets alloués au ré-aménagement des prisons sont évidemment lourds pour tous gouvernements. Tout dépend du délit et du repentir de l'inculpé. Il est appliqué en Belgique depuis 5 ans. Par exemple, le tarif pour les infractions aux codes de la route est de 45 heures minimum. Des assistants de justice accompagnent le système. Le bracelet électronique est aussi un moyen d'assurer la surveillance et de réinsertion dans la vie pour le condamné. Récemment, je parlais des puces RFID qui rendait l'homme repérable et satellisé dans son espace temps. Mais, la justice doit avoir les moyens de faire appliquer les sanctions qu'elle édicte. Tout a un prix. Sans cette constatation, ce serait l'impunité puisque la justice manquerait de moyens. A qui profiterait un tel crime?

Suite au prochain numero.

 

L'enfoiré,

 

Remerciements à KROLL et RIF pour leurs caricatures 

Le site du soir et des procès

Le Panda, qu'en pense-t-il?

 

Citations :

 

  • "Ce n'est jamais la Justice qui rend la justice, ce sont des juges, c'est-à-dire des hommes et des femmes susceptibles, comme tout autre de commettre des erreurs.", Lionel Jospin

  • "La Justice, c'est six mille ans d'erreurs judiciaires", Robert Brasillach

  • " Droit et Justice ! La meilleure marque de maquillage qui soit au monde, résultats garantis !", Pierre Pellot

15/04/2008

Ote ton bandeau et ajuste ta balance (1)

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance00.jpgLe grand procès Fourniret est en cours. L'émotion et la colère contre la justice ("Incurie du système judiciaire. Son imbécilité..." Marie-Noel Bouzet). Et si on prenait un peu de recul et si on parlait de cette Justice, elle-même. La justice, qui fait partie du pouvoir judiciaire, un de nos trois pouvoirs belges, est-on dans son "bon droit" de prendre un peu de temps pour l'analyser plus intimement? L'arroseur arrosé, en quelques sortes. 

 

Prélude

A tort ou à raison, je dois avouer que je n’ai jamais été en pleine confiance devant l’équité, les verdicts, les sentences au devant des procès pour lesquels la Justice doit statuer. Dans cette première phrase toute anodine, que de mots liés avec cette la justice et pourtant, l’homme de la rue en est très éloigné et a souvent du mal à en comprendre le suivi. Peut-être, le justiciable en attend trop de la Justice, présentée comme "La" solution à leurs conflits. Il y fait appel dans la majorité des cas pour défendre ses droits dans un esprit très peu rassuré en recourant à un avocat, le plus souvent, ou parce qu’il est appelé à comparaître dans une affaire dont il est témoin.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance03.jpgGarde fou de nos actions et de nos agissements, la justice permet de vivre en harmonie en société. Elle est là pour faire respecter les lois édictée par un autre pouvoir. Sans elle, l’anarchie perpétuelle et les pires méfaits régneraient. Les Droits de l’Homme sont bien clairs à ce sujet. La responsabilité de chacun doit être contrôlée pour permettre toute vie en commun par l'intermédiaire de la Justice. Il n'y a société que dans le cas où le droit est présent. La Constitution, faisant part de tout État qui se veut démocratique, est la loi fondamentale en fonction de laquelle la société est constituée. Les droits fondamentaux que l'on nomme nourriture, chaleur, logement, éducation, soins et justice, ont leurs places dans cette charte de l'individu et des personnes. Cette liste évolue en fonction des exigences du bien être et pour corriger une erreur d'appréciation de l'histoire. Le recours au juge est donc la manière normale de résoudre un conflit avec son voisin, son débiteur, son employeur, l'assassin et j'en passe dans la liste des litiges de la vie en commun. Notre Palais de Justice à Bruxelles, plus vaste que la Basilique Saint-Pierre à Rome est une preuve que la Justice veut en imposer. Gageons qu'on y arrivera dans l'intimité du citoyen, aussi. 

 

L'histoire