02/11/2009

L'après "Point mort"

L'année passé, à la même époque, je parlais de la mort sous l'angle de la science. Cette fois, j'aborderai le sujet par le côté économique, mercantile. J'ai oublié de vous dire le principal, c'est la fête de la Toussaint, celles des morts, aussi. Et les morts, on les aime avec humour et respect.


L'après point mort4.jpgL'année passée, c'était "Point mort". Je parlais de la mort avec des accents scientifiques. Beaucoup de points finaux mais qui ont tous un avant et un après. La mort, un sujet difficilement classable dans la catégorie "parodie".

Encore une fois, Halloween est passé dans la confidentialité de ce côté de l'Atlantique. Les sorcières ont remisé leurs ballets et  leurs masques de terreur jusqu'à l'année prochaine. Elles ne feront plus peur. Fête très rentable pour les commerçants était-il rappelé pour l'occasion.L'après point mort.jpg

La Toussaint, elle, fête catholique, tombe un dimanche. Jour de repos, de récupération, donc, pour ceux qui travaillent. Les cimetières vont  faire le plein de visiteurs pour honorer leurs morts malgré une météo très peu encourageante. 

Il suffit de se promener dans les cimetières à l'occasion de ces moments de recueillements pendant lesquels on fait revivre ceux qui ne sont plus. Pour beaucoup, ce sera la visite annuelle des parents et amis, passés de l'autre côté du miroir. Certains se promènent avec un plan en main. D'autres se questionnent pour retrouver la tombe.

- Non, c'est pas ici. C'est la rangée suivante...

- Tu es sûr? Cela a beaucoup changé depuis notre dernière visite de l'année passée.

L'après point mort5.jpgLa mémoire, c'est vraiment d'une infidèlité notoire. Faire oeuvre de mémoire, un sacerdoce.

Mourir, c'est même tout un programme. Programmé pour une date indéterminée.

La chanson de Brel, je la prendra sous sa forme raccourcie "Mourir cela n'est rien. Mourir la belle affaire".

Car, dans le programme, il y a les "avants" et les "après" qui ne manquent pas de piquants. La mort fait vraiment vivre beaucoup de monde. Moments de recueillements dans un monde de brutes.

Rebobinons les événements qui entourent ces moments de tristesse ou la préparation pour le grand voyage.

Dans l'ordre, on pourrait commencer par la préparation. Une vie pour résoudre le problème de mettre de l'argent de côté, tout en  en gardant  devant soi. Les banques sont là pour vous y aider.

Il existe aussi une série de sociétés, de professions qui s'intéressent à votre fin.Oublions les frais qui se joignent aux alea de la vie. Les frais de santé, dans la case "Frais de maintenance".

Les Assurances Funérailles vous rappellent qu'il faut penser à ce point de non retour pour l'organiser au mieux de vos intérêts et ceux de vos ... héritiers. A la radio, les publicités pour ces sociétés sont plus fréquentes que d'habitude.

L'après point mort6.jpgPour ce faire, des contrats avec la mort sont présentés sous plusieurs formules. On vous dit  avec la publicité "Prévoir son départ, c'est vivre en pensant à l'avenir". Mais, pas folle la guêpe, le prix à payer est dépendant de votre âge, de votre sexe. Vous ne devez pas passer à un examen médical, ni  apporter un certificat de santé préalables. Vous pouvez choisir la périodicité. Un prix spécial, (on n'y a pas encore pensé), si  les mensualités, vous les payez suite à un ordre permanent. On vous dit que l'héritier, nommé par vous, disposera d'un capital pour éviter le blocage de vos comptes pendant la période variable avant la succession. Quinze ans de participations aux frais pre mortem seront suffisants pour "assurer" parait-il. Les suivants le seront,  assurés. Rassurés, même. Pour vous-même, s'il le faut pour n'être pas envoyé à la casse, d'autres assurances existent aussi.

Il est vrai, on assure tout de nos jours, alors pourquoi pas la mort et l'après?

La rente viagère pour assurer une fin honorable? Tout le monde se souvient du film "Le viager" qui occasionnait une franche rigolade. Signe des temps, les banques veulent , elles aussi, jouer ce rôle pour ceux qui n'ont pas de successeurs avoués quitte à ajouter quelques centimes additionnels calculés par les actuaires.

Je viens de faire un test proposé par ce site qui se targue d'établir votre ligne de vie et votre longévité. Le résultat est troublant. Je devrais vivre jusqu'à 99 ans. Je ne suis pas sûr que cela va rassurer mes héritiers.

Les anciens Egyptiens prévoyaient la vie éternelle. Nous n'irons pas jusque là. L'éternité qui en parle aujourd'hui dans notre époque du cours terme?

Continuons notre chemin de la vie à la mort.

L'après point mort7.jpgUn jour, la fin est consommée. On est arrivé. On a raccroché. Les suivants que l'on appelle "successeurs", devront faire appel aux "spécialistes", les pompes funèbres.  Qui oseraient encore les appeler "croque mort"? Ils ont de véritables talents d'organisateurs. Ce sont de fins psychologues à l'écoute des interlocuteurs d'un jour. Là, tout va bien. Ils arrangent tout.  C'est du sur mesure. La liste des choses à faire, les certificats à fournir, les actes de naissances, le choix de la "caisse", pardon du cercueil, le choix du mode de transfert dans l'au delà.  Fleurs ou couronnes? C'est vrai que personne n'est prêt devant la mort et les traumatismes qu'elle engendre. Tout, je vous dis. Pas de soucis et avec le sourire réparateur de circonstance. C'est fou, comme l'on commence à exister  quand on n'y est plus. C'est à croire que les tickets de cinéma ne sont pas fournis pour  vous arrêter de pleurer et vous faire penser à autre chose. Serait-ce pour suivre la chanson "Et mourir de plaisir"? Passionnant métier celui de pompes funèbres, disait l'un d'entre eux, lors d'un interview. On voudrait bien le croire avec un sujet aussi délicat. Condoléances, mes frères.

Ah oui, j'oubliais, il y a l'église aussi, par laquelle il faudra transiter ou non. Monsieur le curé se fera une joie de vous rappeler les étapes de la vie en général, avec des psaumes et épitres écrits, pour la circonstance, depuis des milliers d'années. Cela n'a, peut-être, rien à voir avec votre cas précis, mais qui s'en plaindrait.

Première intrusion des fleuristes dans le parcours. Car qui imaginerait un enterrement sans fleurs. Cela ne se fait pas chez les gens biens et les gens de biens.

Ensuite, très vite, il faut écrire les faire parts, les formules de politesse. Appeler les notaires qui doivent entrer dans le jeu. Il y a de quoi organiser. Les successions et les testaments, ce ne sont pas de minces affaires à prendre à la légère. Il ne faudra pas oublier les petites enveloppes comme le faisaient quelques banques. Il faut dire qu'il y a du travail de recherche. L'Etat aura sa part du gâteau avec les bougies en sus si les dons du vivant du défunt n'auront pas été préenregistrés. Les fameux trois pourcents en ligne directe se gonflent très vite quand les montants ont été épargnés trop longtemps. Mais, quand on aime, on ne compte pas. On prie. Plus tard, ce sera le choix de la pierre tombale.

L'après point mort8.jpgA la Toussaint, le fleuriste ne craint pas d'être oublié à cette occasion. Son chiffre d'affaire en dépend.

Puis, il y a ces jours de congés que l'on s'est réservés, que l'on ne peut pas perdre et qu'il serait intéressant d'accommoder avec un petit voyage d'une semaine au soleil. L'Egypte attire le maximum de candidats belges au voyage pour cette semaine de congé des écoles  et des parents.  L'Egypte? Est-ce une volonté de revoir ceux qui espéraient de vivre l'éternité? Si vous changez de direction et allez jusqu'à La Havanne, par contre, le cimetière de la ville sera probablement la première visite organisée qui vous sera offerte. Il faut dire que l'époque d'avant Castro a vu porter quelques grands  mafiosi jusqu'au repos éternel. Tout y est bon pour faire revivre ce passé complètement révolu, que l'on exècre, mais qui s'accorde au futur sous de meilleurs auspices. On aime le passé et le souvenir, même quand il est malheureux et qui ne fait plus partie de nos "tendres" jours d'existence. Les cérémonies ont commencé pour la chute du Mur de Berlin. Un anniversaire, comme celui-là, cela fait des souvenirs à ne plus savoir qu'en faire.

Dans mon cimetière, plus discret, on pouvait lire ces paroles pleines de sagesse: "Habitants de ces demeures, bientôt nous vous rejoindrons. Vous êtes les pionniers. Bientôt nous vous suivrons". Il faut dire que mourir, cela ne veut pas dire la même chose dans toutes les cultures. La simplicité et l'étroitesse des tombes tranchent parfois avec l'exubérance d'autres. Tout le monde ne peut pas occuper le Cimetière Marin de Sète, comme le rappelait France2., samedi dernier Les places sont chères dans l'éternité face à la mer. Tiens, Menton, sur la bute, ce ne serait pas mal non plus. On y venait de loin pour finir ses jours.L'après point mort9.jpg

Sur le panneau qui explique ce qu'est la nécropole de Bruxelles, on peut lire : "Après l'indépendance de la Belgique, la gestion des cimetières devint l'objet d'un conflit entre l'Eglise et le pouvoir civil. Un arrêté de cassation de 1864 trancha le différend en faveur des communes. C'est dans ce contexte que fut créé l'actuel cimetière de Bruxelles. Il se voulait aussi une réponse aux problèmes de salubrité publique que posait la localisation en pleine agglomération des anciens cimetières bruxellois. D'une superficie de trente hectares, la nouvelle nécropole fut inaugurée le 15 août 1877. A compter de cette date, plus aucune inhumation ne fut permise dans les anciens cimetières. Leur fermetures entraîna le transfert de près de neuf cents concessions à perpétuité. La fin du XIXème siècle s'inspire largement des styles du passé, l'antiquité ou le Moyen Age ou l'Art Nouveau et l'Art déco."

Décidément, nous en occasionnons des problèmes à la communauté, nous, les mortels. On s'inspire de l'art ancien ou nouveau. Monuments classés, pas toucher.

L'après point mort3.jpgSoyons moderne.

Alors, l'argent pour conjurer le sort et la mort?

Le souvenir a un prix, faudra en faire son deuil de son vivant.

La mort est une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Que cela soit à la mode Brel, lui qui l'a souvent chanté, dans un Tango funèbre, dans un dernier repas, ou dans le moribond, ce sera pour après, bien après.

Carpe diem pour tous...

 

L'enfoiré,

 

Tout cela en photos?


Pour l'occasion, si je mettais à l'honneur un poème récent trouvé ici et écrit par un certain Jamal.

Sur Agoravox, pas de point mort?


Citations:

  • "Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables et qu'on n'a pas remplacés.", Françoise Giroud
  • "Je ne regrette pas les grosses sommes que j'ai dilapidées. L'idée d'être l'homme le plus riche du cimetière me répugne.", Roman Polanski
  • "Le cimetière est un jardin où l'on vient apporter des fleurs une fois par an.", Méon Bloy
  • « Les cimetières, ces musées de menhirs. », Jules Renard

  • « On ne meurt qu'une fois et c'est pour longtemps  », Molière


27/10/2009

Rêver pour travailler

Rêver pour travailler.jpg

 

"Rêver au travail: tout bénéfice!", lisais-je. Voilà une information qui va battre de vieilles idées préconçues.

 

J'avais déjà osé annoncer que dans notre monde du travail que "La technicité n'était plus seule". Voilà que les neurologues affirment que rêvasser empêcherait de 'patiner' sur place dans le travail. S'imaginer être à une autre place que celle qu'on est, par les obligations, peut être tout bénéfice pour celui qui rêve, ainsi que pour l'entreprise elle-même. Il y avait bien les pauses cafés que le patronat avait accepté à des moments précis de la journée pour dynamiser le travail et recharger les batteries.

Si tous les appareils se rechargent aujourd'hui avec l'énergie en conserve des batteries,.l'homme est, de nature, plus complexe qu'une machine. Relaxations diverses pour construire un ailleurs meilleur?

L'article proposait de "coincer un bic ou un crayon entre les dents, regarder dehors ou fixer un point au plafond et respirez profondément. Ne pas oublier de sourire de temps à autre. Visualisez son rêve. Testez mentalement tout et n'importe quoi.".

Surpris d'une telle proposition? Le règne de l'efficacité aurait-il pris une mauvaise voie? Je suppose que les neurologues ne sont pas payés par les rêveurs. Tellement d'activités sont planifiées dans une journée de travail qu'il faille un agenda en permanence devant les yeux. Aurait-on remarque que le metro-boulot-dodo, a quelques tares dans sa besace? L'efficacité et la rentabilité ne seraient qu'un moyen de rater plus important encore: la coordination qui communie tous les potentiels ? La recherche de la 25ème heure n'a manifestement pas donner ses fruits. Le stress empêcherait de découvrir les bonnes solutions parmi une série de possibilités.

Cette fois, les neurologues le confirment. Ils nous apprennent que rêvasser favorise la clairvoyance, la créativité, la flexibilité et même l'efficacité. Justement les compétences tant désirées dans la vie des entreprises.

Trop en porte à faux sur le futur, cela demanderait toujours plus d'« overhead ». Sous peine d'accuser un « overflow » de travail, il fallait, jusqu'à il y a peu, diviser le temps, le planifier en lui attribuant des priorités pour réagir aux événements.

Un agenda bien remplis et divisé entre tâches bien définies entre important et urgentpour assurer une bonne organisation. C'est vrai cela supprime une partie de stress. Il était recommandé ensuite de classez pour moins avoir à chercher.

"Priority Management" avait fait son succès dans les entreprises sur ces seules découvertes d'organisation. Il ajoutait dans le "programme du règne de l'efficacité" de la journée, quelques moments réservés à l'insouciance, à l'évasion. Moments de délassement pour oublier l'abondance d'une vie trop stressante.

Pour corser les difficultés, certains services sont à la merci d'un coup de téléphone et doivent laisser s'échapper le travail en cours pour passer à une tâche nouvelle "super importante", "super urgente". Achevée, cette activité, bulle dans le temps, elle restera latente dans l'esprit. Retourner à la tâche -1 fait reperdre un temps de récupération du problème là où il a été laissé.

Exercice d'adaptation aux circonstances, bien sûr.

Prenons du recul. La complexité des choses n'a fait que s'amplifier, diminution des coûts obligent, et les tâches attribuées par personne n'a fait que qu'augmenter. La réflexion pour imaginer des corrections à ces processus que seules les machines pourraient assumer, serait bien nécessaire. Rien n'est moins réglé comme du papier à musique que l'invention forcée.

Les résultats d'enquêtes vont plus loin. La "to-do list" du type bien organisé comme le préconisait Priority Management ferait partie d'un temps révolu.

Rodin avait raison de faire penser son "Penseur". L'activité cérébrale est plus complexe que prévu. Elle "travaillerait" même pendant notre subconscient, dans le rêve-éveillé comme elle le fait naturellement quand on respire, sans s'en rendre compte. Les deux niveaux cérébraux, le conscient et le subconscient, rendraient les possibilités illimitées. Certains spécialistes du cerveau disent que l'on utilise 30% de notre temps éveillé à rêvasser. C'est dire que tout le monde y gagne et que cela marche. Approche intuitive, qu'il faudra être capable de l'identifier comme une idée opportune si pas neuve, pour passer à la vitesse supérieure.

Le peintre belge, Magritte, devait avoir beaucoup de moments de rêve pour gérer sa créativité, son surréalisme de ses peintures. Il faudrait seulement s'en donner l'occasion et le temps ailleurs que devant une toile. "Voir" des choses qui n'existent pas, qui ne se trouvent pas devant nous, rend plus créatif.

Amy Fries parle d'un tunnel de la pensée qui par l'imagination permettrait de trouver la solution à un problème qui sans le rêve resterait sans solution. Travailler sans se donner des moments de repos et de réflexions serait contre productif.

Son livre "Daydream at Work" concluait que l'avenir de l'entreprise serait plus judicieux, plus radieux avec le rêve parallèle au travail.

Les exemples sont nombreux pour étayer la thèse. Les endroits de l'invention par inadvertance sont des plus amusants. Le cri "Eureka" dans son bain. L'inventeur du post-it, le pasteur Arthur Fry, associa, un jour, lors d'un de ses sermons, les petits papiers pour retrouver facilement les psaumes, avec la colle détachable sans laisser de traces pour les réunir et ne plus les égarer.

Garder tout sous contrôle, en quantifiant tout, feraient échapper une partie des solutions, si pas l'essentiel. Réagir sur le tas, au coup par coup, serait plus profitable à la découverte de l'inattendu. Un "accident" n'est jamais prévisible, l'imagination non plus.

Nous n'en sommes plus loin, non plus, avec les moments de recueillement des athlètes avant tout saut en hauteur, du lancer le javelot après un élan. Je me voyais déjà.... La revalidation utilise les mêmes artifices de récupération.

"Imaginer le problème résolu et n'en parlons plus", me disait, dans ma jeunesse et avec humour, un professeur.20091015Van Rompuy discret.jpg

Personnellement, je me souviens d'un cas où il nous avait fallu changer un programme de rapport que personne ne connaissait et qui devait cumuler les résultats autrement et cela dans le plus bref délais. Pas le temps d'analyser le programme et aucune aide à espérer. La solution avait été posée à plusieurs personnes avant de nous parvenir. Pour se rendre compte de l'opération, il s'agissait de prendre en charge un Oracle Report, en extraire la conception , l'adapter et le passer à la réalisation. Une idée adéquate, vint d'on ne sait où. Quand on ne peut changer le programme facilement, pourquoi ne pas changer les données, elles-mêmes, et forcer ensuite le programme à réagir sans qu'il ne s'en rende compte du changement? Banal. Rien de vraiment nouveau. Absolument. Ce fut tout de même la surprise des demandeurs de voir les résultats espérés, le lendemain.

Une pause rêverie obligatoire au bureau? Peut-être. La programmer à des moments précis sera, seulement, plus difficile.

De toute manière, à la fin d'un rêve ridicule, n'oublions pas d'en rire. La nuit, d'en rêver, réellement. Tout cela fait aussi partie du "traitement" ou du "jeu".

En ces temps troublés, de stress, de suicides à répétition, aller à contre courant s'impose. L'affaire inquiète sérieusement les autorités publiques.

Je lisais dans mon journal "L'entreprise doit constituer un terrain fertile pour développer l'humain. Puisqu'on ne peut plus battre les Chinois en travaillant plus rapidement ou plus efficacement, il s'agit de sortir de l'engrenage du travailler plus et se rendre compte ensuite qu'on a perdu son temps. Il faut désormais de l'originalité, de la créativité, de l'innovation parallèle à une gestion de qualité". Les « workflows », imposés par le traitement de l'information, seulement fonctionnel, pourraient donner des dérapages d'exploitation. Travailler les relations entre les hommes est un processus pour donner une signification à ceux-ci, et faire comprendre le but commun de l'entreprise et rendre la fierté au travail. La précipitation mène dans le mur... Uniformiser les procédures est un temps révolu. Herman Wittockx ajoutait même que le "contrôle accapare un tiers de notre temps de travail". A bon entendeur, salut.

Ce lundi 26 octobre, sur France3, un documentaire Hors-Série va plus loin dans l'analyse de cette mise à mort du travail. En France trois salariés sur quatre travaillent dans les services. Productivité maximale et client-roi, du moins l'espère-t-on, car, c'est lui qui a les moyens de payer la production. Le traitement de l'Information, je me souviens, comptait un input, un output et un traitement de l'information, au milieu. L'input informelle s'est amplifié en nombre et en complexité. L'output, l'offre, s'impatiente et s'intensifie pour assure le maximum de chance de plaire. Le traitement, lui, est négligé. Le management a mis en place une manipulation pour diminuer les coûts au maximum. Ce n'est plus les revenus qui font les bénéfices. Les salariés "se payent", dès lors, maladies, accidents de travail, souffrances physiques et psychologiques. L'aliénation de l'homme travaille, dès lors, à sa propre destruction. Le travail , deshumanisé, devenu une tâche que l'on exécute et non plus, comme un service à rendre à la communauté. Recherche du maillon faible dans une course au podiim, portée par une pression de la compétition avec les collègues, pour la simple volonté d'augmenter les seuls profits. 

Alors, si rêver permet d'éviter les conflits d'intérêts...

Le titre de l'article, je ne vous l'ai pas encore donné. Il s'agissait de "Même les animaux savent ce qu'ils veulent". Avec nos neurones, en plus...

A l'école, rêvasser équivalait à un morceau de craie à la figure. Plus tard, un bourrade de ceux qui nous voulaient du bien. Maintenant, on sait que c'est pour la bonne cause.

Alors, allez, donc, rêver à votre « impossible étoile » comme le chantait Brel dans l'"Homme de la Mancha".

Peut-être y aura-t-il un prodige au détour d'un chemin. Si alors, au bureau, on vous surprend à regarder la montre d'un peu trop près, ou trop longtemps, n'oubliez pas de dire à celui qui vous l'empêcherait et vous interrompait : "Silence. Je réfléchis. Je travaille.".

Que les idées géniales soient avec vous, dans ce cas-là.

Je dis cela juste au cas où celui qui en ferait le reproche n'aurait pas lu l'article. 

 

L'enfoiré,


Sur Agoravox, les rêveurs existent-ils?

 

Citations:

 

  • « On croit que les rêves, c'est fait pour se réaliser. C'est ça, le problème des rêves : c'est que c'est fait pour être rêvé. », Coluche

  • « Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. », Elder Camara

  • Si vous en voulez de plus romantiques, c'est ici

 

02/09/2009

Peter & Co remasterisés

20090824La rentrée.jpgLe Principe de Peter, qui s'en souvient encore? Où en est-il en temps de crise?

Vous vous rendez compte, le Principe de Peter a quarante ans d'âge. En 1969, Laurence J. Peter etRaymond Hull publiaient leur livre aux États-Unis sous le titre "Le Principe de Peter".

Si on rafraîchissait ce principe, voulu satirique et qui n'est d'ailleurs pas unique en son genre?

Pour rappel, à la base, Peter affirmait « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence » avec comme corollaire  : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité. ».

S'il y a dix ans, le Principe de Peter n'avait pas perdu une ride suivant cet article qui le rappelait, en est-il de même aujourd'hui ou une évolution plus insidieuse encore a-t-elle pris le dessus? Depuis lors, des crises se sont succédées l'une après l'autre. La dernière dépasse toutes les autres par son ampleur. Des précédentes, on en ressentait, déjà, quelques retombées désagréables. Mais, nos temps troublés, l'extrapolation du principe a rendu l'homme d'action que l'on aimerait garder toujours motivé, encore moins efficace et les dérapages sont de moins en moins contrôlés. Si chacun garde un potentiel en lui qu'il faut faire ressortir, il a ses limites implicites et ses points forts. Rien de plus normal.

Normal d'évaluer les compétences. Moins normal de ne pas pouvoir les utiliser quand elles existent et que la "machine humaine" a toutes les pièces nécessaires pour aboutir avec succès? Est-ce volontaire ou obligatoire de ce manque d'empressements pour exercer celles-ci?20090822Entrée des classes.jpg

La hiérarchie, pour marquer son action recherche les meilleurs éléments, dans les règles de l'art traditionnelles, avec la finalité prescrite par la stratégie, mais elle se voit de plus en plus bridée dans son action.

Tous les HR, les "Human Resources", de la terre se doivent de référer devant une autorité supérieure de leurs propres performances. Les multinationales ne fonctionnent plus par hiérarchies internes mais comme satellites d'une maison mère qui peut être très éloignée. Les autorités ne sont plus sous le même toit et s'exercent souvent à distance. C'est à dire sans même en connaître ses membres physiquement. Ce qui donne déjà une appréciation déviée des réalités du terrain. Alors, les compétences n'apparaissent pas vraiment dans les priorités. Pas de budgets "voyages" pour aller constater de visu. Téléguidage avec les fils invisibles d'Internet.

Le fil de l'histoire de la montée sur les échelons de la gloire, de cette hiérarchie révèle encore plus de surprises que Peter n'avait peut-être pas envisagé quand la pénurie de moyens fait tache d'huile en période de crises.

Que fait-on pour récompenser l'employé méritant sans les espèces sonnantes et trébuchantes?

20090715Chaise musicale.jpgSimple, on lui donne des galons. Par la promotion, on tente de garder son personnel sans plus pouvoir augmenter le salaire qui reste pourtant le nerf de la guerre. Il n'y a même plus ces "Sucettes à l'anis" que je décrivais avec humour.

Il était technicien ou vendeur au départ. Le voici, chef, d'un coup de baguette magique, manager d'une équipe. Comme cela doit se passer dans un bref délais qui suit souvent une restructuration ou un remplacement d'une tête par une autre, on saute l'étape qui pourrait être des cours de managements ou plus simplement, de psychologie et de l'apprentissage du comment fonctionne une équipe. Manager des hommes n'a rien à voir avec manager de l'outil même informatisé.

Le drame, il est là. L'élu devra faire semblant d'être content de sa promotion alors que financièrement, toutes taxes déduites, il n'aura rien de plus. Le jeu de la chaise musicale a commencé, il faut poursuivre dans l'allégresse. A la nouvelle position, il s'agira de motiver ses subalternes, quitte à s'éloigner de la technique pour soi-même, réservée, désormais, à l'étage inférieur.

Avoir des hommes et femmes sous ses ordres, il n'est plus permis d'avoir les mêmes instincts de reclus derrière un PC, cette machine en « stand alone » ou, de tenter d'assouplir la résistance d'un client à l'achat. En fonction d'une certaine volonté d'afficher son altruisme de bon aloi, le nouveau gradé se retrouve seul avec des décisions à prendre. Décisions qu'il remarquera très vite comme bridées.20090714Casting Tripartite.jpg

Le Département des Ressources Humaines est là pour initier ce travail de recherche de nouveaux collaborateurs dans un premier tri. Son rôle n'est pas de materner très longtemps ces candidats. Il est là pour sélectionner des potentiels, pas pour en assumer le choix effectif. Il en a les prérogatives et les moyens par les petites annonces, la publicité, les chasseurs de têtes et par les canevas de CV. Ce dernier se révèle, même, de plus en plus souvent, aseptisé. Internet et ses CV pré-formatés pour aider les candidats à l'embauche a fait beaucoup perdre à l'originalité.

Pour les décideurs du service du personnels, les diplômes sont là pour orienter ce choix, pas pour donner des garanties de succès avec la carrure de l'emploi que le leader devra reprendre à son actif. Pour lui, les diplômes sont une piste pour la technicité, pas pour l'intégration avec l'esprit d'équipe. Les critères de sélection sont parfois trop précis et oublie de prendre en compte la capacité de l'adaptation de l'être humain. Le résultat: des milliers de postes restent ouverts à l'écoute des sirènes qui viennent d'un ailleurs bien méconnu qu'il faudra mettre en balance.

Mais, ce n'est pas cela qui importe, ni inquiète la société très cadenassée. Le règlement, rien que le règlement caché derrière un programme de sélection pré-mâché et immuable, voilà le remède miracle pour minimiser les risques de part et d'autre.

De ce côté, aussi, il y a aussi les champions de la compétence ou qui se présentent comme tel. Des niveaux de certification CMMI Level 5 Ver 1.2 ne sont pas rares. Les versions n'ont pas de limites. Les évaluations biaisées, probablement, non plus. Ces champions viennent de bien loin. De plus, ils viennent avec des avantages indéniables du "moins chers" et donc, ils peuvent se multiplier pour un même prix, en cas de besoin. La compétence du travail outsourcé, avec l'appui de offshore et, en plus, préconisé par la direction.

Mais, être externe, c'est toujours rester en dehors de la stratégie interne bien ancrée depuis longtemps. Ce sera exécuter en pur et dur en refusant tout ce qui ne ferait pas partie du contrat de départ. Aucun intérêt d'aller plus loin sans supplément. Pour le contremaître désigné pour ce genre de travail, son amour et son perfectionnisme deviennent des défauts. Il entreprend le travail qui lui paraît intéressant, néglige le plus urgent. Rien ne sort de son expertise avant d'être parfaitement satisfait. Il se mêle de tout. Il est demandé partout. Les autres attendent qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire. Le désordre s'installe. Le client, lui, devenu moins perfectionniste à l'usure, veut simplement que les livraisons ne soient pas en retard.

Caricatural ou bien dans la note de notre temps? Le cas était décrit avec les mêmes mots pour un contremaître local dans le livre.

Le manager interne direct, lui, devra assumer son choix dans la durée avec les risques propres. Établir des critères plus précis, c'est à son niveau direct que tout passe ou tout casse.

Casting en plusieurs étapes, donc. En plusieurs désillusions, aussi.

Dans ce sens, j'écrivais, il y a déjà un temps, "La technicité n'est plus seule". La pyramide de la hiérarchie y était mise sur la sellette de mes interrogations. L'inflation des galons donnés permettait aussi de demander "Plus de rameurs SVP" pour parvenir à ses fins.

Qu'espère le nouvel engagé, plein d'enthousiasme, de l'entreprise? Très probablement, de la motivation, du partage de responsabilités, de la satisfaction au travail en communauté.20090724Foire Libramont.jpg

La patience, pour un jeune, ce n'est pas la panacée au niveau de la base des revendications. Dès le premier échelon de management, entre le marteau et l'enclume, la patience devient obligatoire. Quand on n'a pas la pêche dans ces moments troublés, le profil bas s'impose. La compétence s'étiole vite dans le temps de crise. Qu'on ne vient pas me dire que tous les jeunes ne sont pas volontaires. Je m'inscrirais en faux. Cela s'excite pendant la jeunesse et parfois, cela attend la fin chez les seniors. La démotivation fait exploser les relations dans leur confrontation.

Je me souviens d'une époque où un de mes coéquipiers que j'avais, en pensée, défini avec gentillesse et un peu d'humour, de pilote de chasse qui avait oublié de vérifier s'il y avait un siège éjectable dans le cockpit. Il voulait savoir ce qui lui arriverait dans un an, quel projet allait lui échoir dans deux ans, alors que j'étais personnellement incapable de connaître ce qui allait se passer pour l'équipe dans la quinzaine. Me renseigner pour le satisfaire. Bien sûr. Trouver la bonne porte, d'abord, et me rendre compte qu'à l'étage du dessus, le même problème se posait. Temporiser, faire comme si le renseignement allait venir, bientôt, devenait un art, bien plus difficile qu'il n'y parait.

Etre nommé à un poste supérieur, était-ce d'ailleurs une volonté de son élu? N'était-ce pas pour suivre le vieil adage qui ne progresse pas, recule? Dans notre société de progrès à l'emporte pièce, l'élu se doit, pour des raisons de prestige, de satisfaire la galerie et sa famille. Donc, pour lui, refuser la promotion reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Pour le senior, le refus équivaudrait à du à mobbing une réponse de "non-recevoir".

Le manager « new middle style » est devenu une sorte de ministre sans portefeuille, sans illusions et sans une véritable vision de la stratégie à long terme. Des réunions de management vont faire semblant de répondre à ce manque sans y parvenir. Étapes presque inutiles et sans fondement, que cette maladie, la « meeting-ïte » aiguë! Alors, on y vient pour entendre mais plus pour écouter.

La base, elle, sera contrainte de comprendre après coup les décisions sans participer au combat. Elle n'y est pas invitée. Parfois, un mensuel d'entreprise parait dans les grandes sociétés pour donner la température du "business". A y regarder de plus près, c'est plutôt pour citer les nouveaux arrivés et féliciter les heureux anniversaires de présence dans l'entreprise ou les naissances parentales du personnel. Ce n'est un problème que si ce n'est pas une exclusivité voulue pour suivre un faux paternalisme. La devise continue son chemin "diviser pour régner", mieux vous en savez, mieux vous vous portez. C'est même institutionnalisé.

Internet dans l'entreprise avec l'aide de l'eMail aurait pu augmenter les communications tout azimut et ouvrir les vannes aux compétences dans le partage des informations, de haut en bas et de bas en haut. Cela ne se réalise toujours pas dans la clarté. Les informations restent stagner au dernier étage ou dans une poubelle d'un étage intermédiaire jusqu'au nouveau tour de manivelle. Dans le fond, on s'y attend à ses tours de vis. Si vous n'avez pas encore remarqué, l'ambiance de crise est profonde et perdure depuis longtemps dans un climat de peur, voir de terreur de perdre son emploi.

20090611Abstentions.jpgToute tentative de sortir l'erreur du chapeau pour la rapporter est risquée comme je le disais dans "Rien que de bonnes nouvelles". La crise a sclérosé le « middle management » en période de crise. On se tait, quitte à se corrompre soi-même et à oublier ses beaux projets et espoirs d'amélioration du départ.

Pour les déjà "in", à la gestion de personnel, la stratégie, c'est travailler au bras de fer, à l'endurance, mais, avec des plans de carrières de courtes durées. Ce manque de vision à long terme va parfois entraîner des investissements en pure perte. Les cours qui ne font pas partie des salaires, sont accordés pour les remplacer, sans sécurité de leur utilisation. Cette spécialisation du savoir à outrance, qui manque souvent d'application, tombe par l'"overhead" dans les pertes et profits.

Le monde académique prend une part de responsabilités dans ce phénomène. Plaire à l'entreprise se présente comme un tremplin vers de nouveaux contrats dans la recherche. Les élites du savoir sont ainsi renouvelés jusqu'à plus soif. Le SWAT System demande bien plus d'intelligence pour être mis en œuvre avec le concours et le bénéfice de tous.

Le Principe de Peter reste valable donc quand on pense que l'incompétent reste à son poste, mais il a parfois de bonnes raisons de vivre caché sans chercher à changer.

La Principe de Dilbert, en provenance d'une bande dessinée américaine, est on ne peut plus perspicace en touchant tous les échelons dans leur espoirs de grandeurs. Ce n'est pas une question de faire des dégâts à un poste de responsabilité faible, c'est devenu une protection contre l'adversité et pour suivre l'esprit de "pour vivre heureux vivons caché". On n'ose plus se plaindre quand on a une nombreuse famille à nourrir, des dettes qui se sont accumulées. On attend que l'orage passe.20090713Olivier durable.jpg

Quand les places sont chères, on observe aussi une surévaluation des besoins et une dévalorisation des diplômes. Véritable inflation des compétences qui ne seront jamais utilisées dans la pratique. Suite à des études poussées, se retrouver avec un logiciel pour suivre l'évolution des projets peut ne pas plaire dans la durée au meilleur des managers. La défoliation hiérarchique, décrite dans le livre, se confirme. Être trop compétent par rapport au supérieur finira par l'éviction rapide du challenger trop qualifié. La compétition avec le chef direct deviendrait insoutenable.

Les multinationales américaines avec ses filiales ont depuis longtemps implanté un système d'évaluations par midpointdéterminé par fonction. En dessous du minimum ou au dessus du maximum, le travailleur n'a plus sa place dans le groupe qui l'occupe. Cela voudrait donc dire « the rigth man in the rigth place » (l'homme à la bonne place). Très théorique, cette vision. Très mystérieux, le moyen de l'établir. La pratique ne fonctionnera qu'à condition que son praticien ne s'épuise pas sans challenge et une certaine motivation naturelle. Mettre le QI, ce Quotient Intellectuel bien immature, en adéquation avec le besoin pour ne pas atteindre le QP, le Quotient de Promotion Zéro.

Alors, la question naturelle vient à l'esprit: le Principe de Peter n'est-il pas remonté au sommet de la hiérarchie pour arriver à l'incompétence voulue globalement pour ne pas gêner l'ensemble de l'édifice? Affabulation avec espoirs déçus devant une perfection inadaptée et inaccessible qui se termine comme un château de cartes à l'échelle de l'entreprise dans son entièreté?

20090901Internat sans école.jpgUne inadéquation est souvent mise en avant par les entreprises entre les désirs de compétences qu'elles espèrent trouver chez leurs candidats à l'emploi et ce que les écoles leur présentent. Y a-t-il, encore vraiment, un lien étroit entre l'œuf et la poule? Les entreprises s'intéressent-elles et investissent-elles pour obtenir ce qu'elles veulent ou ne s'intéressent-elles, en fin de compte, qu'au produit fini au moindre coût? L'école n'est pas exempte, non plus, de tares et de boulets d'un autre temps trop liée à un programme trop figé.

Analyses bien plus fines qu'il n'y paraît.

Sauter ces étapes explique beaucoup de faillites de notre système.

Alors, il y a ce que Peter appelait du doux nom de "sublimation percutante" comme remède. On laisse croire à l'intéressé qu'il monte les échelons de la gloire, tout en le laissant croupir dans un patinage sur place ou sur glace. On devient membre honorifique d'une organisation. On se positionne dans des postes vides de personnels subalternes, avec un titre encore plus ronflant.

Une publicité récente parlait, avec humour et en anglais, des intérimaires. Pour donner plus d'allant à un poste de prestige, ronflant à souhait et qui finissait par « temporary » ou « acting ». Si, cela ne valait pas une belle histoire amusante, qu'elle est celle qui le pourrait?

Autre secteur que la crise a touché en premier, ce sont les intérimaires. Ceux-ci ont été virés en premiers quand l'emploi venait à manquer. Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que la remontée est en cours. Premiers sortis, premiers rentrés. Signe d'une reprise?

20090626Chomeurs en 2011.jpgLa "spéciation dans le détail" qui n'est qu'une diversion ou l'"aberration totale" par le refus de continuer, est un autre remède proposé par Peter pour s'échapper de la contrainte de l'étau, une fois, installé entre ses deux pinces du côté de l'employé lui-même. Pour éliminer une gêne, le mobbing par le niveau supérieur sur le subalterne n'est pas rare. Méthode de l'absurde par excellence pour le bon employé qui n'était pas là que pour s'éclater et pas faire semblant. Pour le moins bon, ce sera une manière humoristique de ne pas sombrer dans la déprime. La pré-pension ou la retraite anticipée, ce qui revient au même, vient à l'esprit quand l'âge s'y prête.

L'incompétence créatrice, la Parade de Peter, est la manière de faire comprendre sa non-adhérence à la stratégie de l'entreprise même si elle se veut plus intelligente et à la recherche du bonheur. Elle cherche, parfois, une porte de sortie avec tous les honneurs de la guerre. Nous sommes dans une stratégie intimiste, de la démocratie inversée qui cherche son palliatif dans le "cause toujours, tu m'intéresses". Le vers est-il dans la pomme? Vers luisant de plus en plus utilisée pourtant par les jeunes qui ont pu se départager entre le bien de la société et le sien propre.

Peter & Co remasterisé_dilbert.jpgLe principe de Dilbert avec ses promotions d'incompétents n'y voit pas trop d'inconvénients et voyait, même , le temps du Principe de Peter comme une époque plutôt bleue et révolue.20090616Crise relance.jpg

La Loi de Parkinson, plus ancienne encore, affirmait que « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement », mais c'est plutôt au niveau du fonctionnaire qu'elle s'adapte le mieux. Là, nous remontons 50 ans en arrière avec cette Loi. Se créer du travail quand il n'y en a pas, diviser celui-ci pour avoir une chance de mieux le contrôler dans la suite et donc de régner, sont des techniques d'un autre temps. Il s'agit ici d'automatisme professionnel.

La Loi de Murphy est, dit Wikipedia, un principe empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner. Cela ne ferait-il pas peur?

Une question m'a été soufflée: le Principe de Peter s'appliquerait-il à Albert Einstein qui fut un piètre étudiant et un excellent chercheur?

Appliquant la même règle selon laquelle « l’incompétence n’a pas de frontières, ni dans le temps ni dans l’espace », que dire de Winston Churchill qui fut, contre son gré, un ministre de la marine bien impuissant et un puissant premier ministre?

A y réfléchir de plus près, la première réponse serait que, cette fois, avec la vie qui s'allonge, nous avons droit à plusieurs existences, plusieurs chances ou malchances de se retrouver à une bonne ou mauvaise place sur les pas de nos vies. L'expérience ne sera plus réservée à une seule compétence. Les fameux « skills » (talents) qui multipliaient le travailleur avec lui-même comme des doubles du plus bel effet pourraient se révéler, un jour, à l'avantage de l'entité "homme" en séquences plutôt que de celle de l'employé en parallèles.

20090607Di Rupo Daaerden.jpgVa-t-on les rencontrer ses différentes vies ou les sauter sans les avoir vues? La vie active est un sport d'athlètes et un jeu d'échec en maturation. Chercher le niveau optimal en motivations, en satisfactions ou par le prestige de la position n'est que rarement compatible. Cette vision en oublie la solidarité et l'esprit d'équipe, c'est son pire ennemi.

Le phénomène démocratique demanderait de pouvoir se positionner soi-même en fonction de ses aptitudes du moment en adéquation avec son niveau de compétence réel et accepté. Le challenge, c'est bien quand il y a une chance de réussite. Les décentralisations irresponsables, les redistributions des tâches à grande échelle, étrangère à la volonté intime de l'individu trouvent un écho par l'alternance des postes, dans une réforme permanente. Cela donne, en finale, l'illusion de la démocratie, alors, que celle-ci ne devrait être là que pour limiter les excès de pouvoir et de sa durée qui pourrit son mandataire dans ses habitudes.

Je ne pouvais terminer ce billet sans donner de l'espoir. Car, certains ont compris la manœuvre.

Dans le Vif L'Express, il y avait un entretien avec Nicolas G.Hayek, le fondateur de Swatch et l'inventeur du concept de la mini-voiture Smart. Il disait qu'on avait perdu l'esprit d'entreprise, qu'il fallait revendiquer le droit à l'échec, changer les mentalités et que renvoyer son personnel pour arrondir des fins de mois difficiles, c'était la méthode la plus facile. Dans son entreprise de 25.000 personnes, il n'aurait pas encore renvoyé un "collaborateur" (le mot vaut la peine d'être pointé) à cause de la crise. D'après lui, chacun représentait une force de frappe formidable. Alors, il pense en profiter pour augmenter la formation pour rester dans le coup ou, à la rigueur, diminuer la charge par du chômage partiel pour attendre que cela se passe. Il veut montrer l'exemple à ses troupes malgré son âge avancé.

Était-ce un autre moyen d'aborder le principe de Laurence Peter?

L'incompétence et la compétence à l'ancienne n'ont désormais plus totalement cours de la même manière. Pour des raisons écologiques et pour enrayer le déclin des pays occidentaux, il faudra désormais des principes qui jouent de concert avec la pédale d'accélérateur et de frein.

La moralité corollaire de l'histoire serait, alors, que si la compétence efface parfois tout, l'incompétence, elle, n'efface jamais la récidive de la bêtise.

Si Paris valait bien une messe, vivre et travailler en société valaient bien quelques principes et lois pour fonctionner.

20090623Michel est de retour.jpgBonne rentrée dans le monde du réel.

A bas, la déprime appelée "syndrome post-vacances".


L'Enfoiré,

De la Petermania sur Agoravox?


Citations:


  • « Si vous ne savez pas où vous allez, vous finirez probablement quelque part ailleurs. » et

  • « Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui. » et

  • « On trouve dans la Bible beaucoup de situations du monde moderne. Par exemple, Noé, cherchant pendant quarante jours une place pour se garer. », Laurence Peter


19/08/2009

Changer ensemble pour seulement être

LChanger pour exister en public_agent.jpg'idée est lancée depuis quelques temps: "Il faut changer ou mourir". Des réformes, en France, on en est arrivé à l'indigestion. Sommes-nous condamnés à ne jamais stabiliser les potentiels acquis? Sommes-nous des mutants perpétuels plus rapide que l'évolution elle-même?

"Dans une économie globale, basée sur la connaissance, les cycles d'innovation se font de plus en plus rapide", lisait-on dans la presse.

C'était en septembre 2006, vous vous rendez compte, cela fait bien un siècle, après tout ce qui s'est passé depuis.

Les CEO modernes se devaient, d'après "Les 4 clés de la gestion de l'innovation", d'amener un changement majeur dans leur entreprise. La pression générée artificiellement génèrerait une concurrence accrue mais aussi une cascade d'effets secondaires. Si améliorer l'efficacité générale de l'entreprise par leur démarche paraissait naturel en ces temps de course contre la montre, on en oubliait, en même temps, que l'opération était loin d'être gratuite et pas toujours profitable.

Ces fameuses quatre clés de la réussite, les principes de base, appris dans les cours de management ne seraient plus valables?

  • une génération d'idées collégiale et ouverte vers l'extérieur.

  • une vision "métier" et technologique rafraîchie qui apporte l'éclairage nouveau qui manquait.

  • une gouvernance adéquate dans l'équilibre du portefeuille des initiatives innovatrices.

  • un lien évident et clair entre stratégie de l'entreprise et l'innovation.20090701Négociations avancées Ethiques.jpg

Avec elles, personne ne pourrait reprocher au patron, au gestionnaire, à l'homme politique, d'avoir pris la décision de changer. La création de valeurs a de ces aléas qu'il faut pardonner dans le cas de ratage manifeste sous peine de se voir exclus du processus de progrès.

S'il ne s'agissait que de trouver des améliorations dans les changements, ce ne serait pas trop grave. Constater après coup, qu'après l'installation de l'innovation, qu'il y aurait, peut-être, mieux valu penser à autre chose au moment de la signature pour lancer le projet tout beau, tout nouveau, personne ne le voulait.

Synonyme de création de nouveaux produits, dans le domaine technologique surtout, on voulait implémenter de nouveaux processus. D'après la notice, ceux-ci seraient plus rapides, plus efficaces, plus rentables, moins chers... le "clé sur porte de l'innovation" à la portée de tous, rendu indispensable à force d'être porté par l'écho des sirènes. Le consommateur se voit contraint et forcer d'acheter le nouveau produit qui remplace le précédent mais qui ne le satisfait plus. On a trop souvent tendance à considérer le changement comme un progrès par essence. On ne consolide plus, on change pour changer et rester dans le mouvement général. Les résultats dans l'entreprise et en politique de cette tendance à l'auto-allumage n'ont pas toujours été à la hauteur des ambitions. Faire partie du "système", de la machine, du rouleau compresseur, avec la crise actuelle, comme nous connaissons, va refroidir ce genre d'excès d'optimisme.

L'informatique, en particulier, nous a bien appris à pousser sur ce champignon de l'évolution et de l'espoir d'une éventuelle révolution.

- Quoi, vous n'êtes pas encore à la version 12.15 bis ? Celle qui fait tout ce que vous demandez?

L'impact de ces modifications n'est peut-être pas sensible ou évident après l'installation, mais il l'est certainement sur le temps qu'il a fallu pour désinstaller la version antérieure, installer la nouvelle et la tester dans ces moindres recoins et fonctionnalités qui existaient au paravent. On appelle cela, en anglais, "overhead" (ce qui passe par dessus la tête et qu'on ne compte pas).

Ce processus de mise à jour est presque transparent avec le software libre. Une seule confirmation de l'acceptation et le processus de l'installation de la nouvelle version commence. Les nouvelles fonctions qui justifieraient le mouvement n'ont souvent pas eu le temps de passer au travers de l'évaluation de l'utilité. Le temps, c'est de l'argent. Pourquoi tester les éléments de l'innovation? N'est-ce pas normal que cela marche, puisque c'est de cela que l'on parle en premier lieu dans toute la campagne d'installation de la nouveauté. On verra par après si l'expérience sera décevante ou non et si le risque en valait la chandelle.

Et si, on attendait la version 13.0? Et bien, non on ne peut pas. Les versions intermédiaires sont là pour corriger les erreurs de la version n-1. C'est dit, la version n+1 tiendra encore la route avec les autres compagnons de routes installés sur les PC. La signature est implicite, tout le monde doit y croire. La sécurité en dépend. Un cas typique du "sans bouger" qui serait une preuve absolue de son manque de perspicacité et de son immobilisme malsain.

Utiliser les fonctionnalités existantes dans le durable, garder les bonnes lunettes pour lire les données qui se seront adaptées à la nouvelle sauce, garder le support du fournisseur dans le statu quo. Des problèmes pour les récalcitrants, réfractaires.

Assumer de manière harmonieuse, un changement que l'on n'a pas opéré par soi-même avec sa propre clé sur porte. Voilà, peut-être, une autre vérité plus insidieuse, encore.

Bouger, pour vivre ou pour survivre? Aux âmes "sensibles" de trouver leurs intérêts devant de tels dilemmes.

Changer.jpgLa "disruption", mot de l'étrange, est un mode de pensée qui défie aussi les conventions établies tout en essayant de créer des visions nouvelles capables de faire évoluer une marque vers un sommet inégalé. Nous sommes dans le domaine des idées qui refusent les modes de pensées répétitifs, des certitudes rassurantes et de l'immobilisme qui dénaturent l'envie de progrès. Pas question de mettre le changement au frigo car il est sensé apporter l'amélioration à quelque chose qui tourne sans problème depuis des lunes. Le "nice to have" prend le pas sur le "mandatory". La proie pour l'ombre. Se tourner du côté des habitudes est la pire réaction que le mot "disruption" ne pourrait accepter.

Changer pour exister Entreprise.jpgRéduire les coûts de manière drastique pour augmenter les bénéfices, dans le durable, en gagnant en flexibilité, est le but avoué. Ces démarches sont-elles bien comprises d'emblée en faisant le tri entre le positif et le négatif? Augmenter les revenus n'est plus qu'un rêve lointain. L'ensemble de l'entreprise, une fois la décision prise, sera entraînée comme dans un engrenage à part entière et, parfois, à plein temps dans l'opération "survie". Une fois, implanter, faire marche arrière, déshonoreraient les décideurs et donc, il faut écraser et s'aplatir devant la sainte décision. Quand on "aime", on ne compte plus les déboires et les surprises de la nouveauté. Cela se laverait dans le sang. Pour appuyer le bien fondé, certains experts le clament encore haut et fort: les entreprises qui ont innové par des changements de structure organisationnelle, s'avèrent être des candidates parmi celles qui ont dégagé la meilleure marge opérationnelle lors des 5 dernières années. Donc, raboter les convictions trop statiques.

Il n'est pas rare, malgré les aveux du fournisseur, de pouvoir monter en puissance dans l'échelle des versions sans aucune perte d'efficacités, de rencontrer par après des fonctionnalités qui n'existent plus qui ont été oubliées ou qui ont été remplacées par d'autres mais qui ne correspondent plus vraiment à la politique ou à la vision de l'utilisateur.

Le Dieu du marketing le voulait. Il a ses raisons que la Foi, seule, encourage. Question de politique ou de vie.

Vu cette fuite en avant, 20090812Régularisation.jpgun besoin de régularisation est désormais dans l'air.

John Steinbeck affirmait que lorsque l'homme vieillit, il est dans sa nature de se protéger contre le changement, particulièrement si le changement apporte une amélioration. Curieux? Non, tout n'est pas bon à prendre et l'expérience de l'âge apporte une sagesse inédite dans la jeunesse.


On lisait, en effet, plus tard: "Le changement est perçu différemment selon l'âge".

Les jeunes cadres seraient plus critiques que leurs aînés face aux remaniements organisationnels. Curieux ce raisonnement porté par les statistiques. Les seniors considèreraient que les changements opérés dans leur société a été un succès. La motivation serait même améliorée par les communications accrues d'après eux. Une surcharge du travail et une détérioration de l'ambiance de travail viennent néanmoins enrayer les avis des deux catégories de cadres. Un désaccord de départ serait la pire des situations. Le scepticisme confirme le dilemme. La fréquence des changements ne fera qu'accentuer le mal être et la difficulté à suivre le train en marche trop rapide.

En politique "pure et dure", il y a les spécialistes, les champions du côté des réformes.20090624Remaniement ministériel.jpg

De véritables athlètes, toutes catégories. On ne sait plus où l'on veut aller mais, populisme aidant, on fait le pas pour progresser, pour exister aujourd'hui. On veut ignorer que la politique est devenue de véritables sables mouvants dans lesquels, pris de court, on patauge à vue. Prévoir des normes et des moyens de les faire appliquer en passant par des lois répressives ou non, cela prend du temps. Alors, "moraliser ses instincts", vous n'y pensez pas...

Réfléchir, cela prend trop de temps. Avoir de l'avance à l'allumage, c'est bien dans la période de test, pas dans celle de la décision et de l'implémentation sans possibilité de retour aisé à la case départ. Définir le but à atteindre avec assurance, les moyens pour y arriver et les tester, c'est quasiment impossible en politique.

Il y aura, dès lors, pour un gouvernement, la version "un" suivit de la version "deux". La suite est à l'avenant. Le retour à la case départ "0" est programmé, en secret, réservée aux initiés.

En temps de crise, le processus de sape ou de restauration s'accélère. Il faut avoir des idées géniales pour changer et cela demande plus qu'une idée.

Il y aura les prédicateurs, les conseillers en entrée. Au porte-parole de faire son travail d'éclaircissements, de digestion de l'idée, avec le maximum d'effets en faisant semblant que tout va s'améliorer.20090605Obama Egypte.jpg Puisqu'on a négocié jusqu'à plus soif, on se justifiera à la postériorité et on priera pour que cela marche.

A l'ouest, du nouveau? Ah, oui, là-bas, le Messie est arrivé. Tout dans la tête et même dans les potentiels de la confiance. Tout pour plaire. Tous prêt pour le croire. Merci pour eux. Aux conservateurs de s'adapter avec les progressistes en tire fesses. Mais, les Messies ne sont plus ce qu'ils étaient. Leurs actions reçoivent des objections. En tant qu'européen, on ne comprend pas les réactions des conservateurs qui contestent le projet de "socialisation" des soins de santé, pourtant tellement nécessaire. Libertaires jusqu'au suicide, refus de tout interventionnisme de l'État. Une vision américaine du problème. Mais, on en parlait, aussi, à la radio, avec une spécialiste. Et pourtant, il faudra y passer un jour. C'est écrit dans les astres de la mondialisation.

"Les maître de l'économie ont compris qu'il fallait que tout change pour que tout continue", lisais-je dans le billet de Jean Daniel du Nouvel Obs pascal. On sortait, à l'époque, de la réunion du G20 à Londres. Les pressions de Barack Obama opposées aux réformes de Nicolas Sarkozy. Il était question de l'intégration de la France dans l'OTAN. On cherchait la sortie de la spirale vertigineuse des suppressions d'emplois. On parlait des gesticulations de la Corée du Nord et au Proche Orient. Mais on remarquait un vent de paix qui soufflait et un souci d'apaisement contagieux. Le "bon vent" était là pour suivre le titre du billet. L'écriture philosophique revenait. François Mauriac renaissait. 20090819Justice and co.jpg

Ce ne serait pas mal, si la Justice avait la bonne idée de se moderniser, de "se manager". Là, c'est plutôt de vieilles casseroles ou ce ne sont plus que les manches de celles-ci, que l'on aperçoit. Alors pour la meilleure soupe? L'affaire Fortis ferait-elle toujours des vagues ... de manches. Là, il s'agit plus de sclérose comme le laisait comprendre ce professeur en Droit Judiciaire? Toutes les lois existent ou presque mais ne sont pas appliquées. "Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison", lisais-je dans "Le Mystère des dieux".

- Allergiques aux changements, allez vous rhabiller, vous n'avez pas beaucoup d'avenir dans nos murs, dit une voix.

Suis-je rétro, nostalgique du passé, un conservateur de premier, un vieil aigri?

Oh, que non. Proactif, toujours, bien au contraire. J'en ai seulement vu, un peu trop passer des innovations, des projets qui devaient révolutionner son homme et qui se sont terminés par un flop magistral. Trop de déchets, trop d'investissements de soi-même et de l'entreprise à fonds perdus, pour accorder les nouveaux violons avec un résultat qui n'a pas été à la mesure de ses promesses. Si vous en voulez plus, un eBook vous attend. Sans engagement, bien sûr.

C'est l'utilisateur ou le citoyen qui reste le maître atout de la réussite. Les résistances peuvent être très fortes au niveau de l'expérience technique, financier, politique et de tous ces utilisateurs finaux qui devront assumer sans rechigner par après si aucune opposition ou obstacle majeur ne s'est pas manifestées.

L'hostilité peut pourtant se comprendre aisément. Comment acquiescer quelque chose qui est forcé par en haut et, non décrit complètement, dans le détail et qui se présente à celui qui ne possède pas les connaissances techniques mais seulement quelques vagues notions des avantages prévus pour le vivre.

Pour le fournisseur, avoir vendu l'idée, va représenter un retour sur investissement en progrès substantiel financier et une expérience nouvelle dans la partie des tests que lui même n'aurait pas eu le temps de passer en revue. La mise en place de l'idée reste un risque très important, consolider son produit, y apporter les idées intéressantes par l'intermédiaire du client utilisateur est certes très rentable, aussi. L'évolution culturelle pourrait trouver un réel avantage commun dans la partie de ping-pong qui va s'engager dans la suite entre les acteurs.

L'innovation, c'est vrai, n'est pas nécessairement pleine de risques, mais elle demande beaucoup de temps pour être étudiée et analysée de manière sérieuse. Le grand saut dans l'inconnu est la rançon de l'ignorance. Un droit à l'erreur est naturel mais il devra aussi passer à la moulinette de l'évaluation sérieuse. La priorité est d'améliorer, pas de se lancer pieds et poings liés dans l'inconnu. La vision globale du réel bénéfice et la cohésion de l'ensemble sont primordiaux dans le choix du chemin à prendre. Le remplacement d'un projet par un autre plus prometteur ne peut être envisagé que s'il n'est pas pénalisant pour ceux qui l'ont conçu, l'ont à implémenter et l'ont à utiliser. Une stratégie d'entreprise ne se respecte qu'avec tous ces aspects de rentabilité.

Changer pour changer est un leurre dont on se mord les doigts en finale. Brûler les étapes, sans tester le changement avant l'installation ne peut que s'attirer les ennuis à brève ou à courte échéance.

Nous sommes, souvent, devenus des apprentis sorciers de la nature pour le bénéfice d'un changement à court terme. On a accéléré le rythme de ces changements de telle manière que la nature de l'homme ne peut plus l'assumer. Le climat et le réchauffement de la planète sont une des conséquences. On parle parfois de "Capitalisme naturel". Une des solutions, probablement.

Il ne faut pas laisser forcer les changements par une voix bien intentionnée. Laissez votre jugement en décider à votre façon. Vous aurez gagné quelques points dans la sagesse. Aux niveaux des États, rien ne passe mieux dans l'opinion que l'idée de réformes. On se met dès lors à rêver. On ne sait ce qu'on veut voir changer, mais on change.

Réforme de l'État en Belgique. La révision de la constitution, excusez du peu. On parlait dans le Nouvel Obs de "Réforme aux forceps". Réformes de tout par ce qui passent par l'esprit du Président. Alors, oui, on change pour changer. On s'inquiète de souffrir par son manque de cohérence. On n'a même plus le temps d'analyser les résultats des changements précédents, parce qu'on pense déjà aux suivants. Plus de gagnants dans les opérations, style "cataclysmes", tous perdants.

La presse écrivait, récemment, "La gestion du changement n'est-elle pas la première victime de la crise?". Un peu plus loin, un autre article "Frappé de plein fouet par la crise, la Californie est au bord de la faillite". La Californie, là d'où toutes les idées nouvelles partent. Cela fait réfléchir.

Quant aux banques, toujours pointées comme responsables, elles doivent prêter de l'argent. L'épargne belge, avec la crise n'a jamais été aussi haute (172,5 milliards d'euros). L'ancien patron d'Euronext et nouveau de Fortis, Bruno Colmant prévoit le changement avec encore plus de dureté dans l'économie de marché et moins de sécurisation des processus. Courant et contre courant.

Seul le mot "ensemble" pourrait changer cette conformiste au passé. Pas question d'implanter un processus sans prendre la température extérieure dans un monde globalisé.

La démocratie n'existe qu'en politique pas au niveau des entreprises. Chez elles, ce sont ceux qui n'en ont rien à cirer de la bonne gestion de l'entreprise, mais qui ne pensent qu'au rendement de leurs placements: les actionnaires et, en indirects, les épargnants. Responsabiliser pour objectiver et motiver, on n'y penserait même pas dans ce jeu de dupe où l'éthique n'a aucun droit d'existence.

Changer ensemble ou décider de ne rien faire. Mais le changement ne sera pas que cosmétique. Ce seront les mentalités, elles-mêmes qui seront sur la sellettes. La hiérarchie qui devra suivre des règles de conduite car le chef a ses raisons que la raison ne connaît pas toujours. Il faudra oser la court-circuiter, au besoin, si elle ne joue pas son rôle de management. Même le bas de l'échelle, où sont ceux à qui on ne demande, généralement, pas l'avis, devra faire son acte de contrition aussi, comme je l'indiquais dans ce commentaire qui allait à contre courant de l'article de l'auteur. L'innocence sera toujours détournée à l'avantage du plus malin.

Conflit de générations ou d'idéologies? Un planning harmonieux qui planerait au dessus de deux générations, des deux idéologies, cela changerait.

Les conservateurs diraient "Pourquoi changer quelque chose qui marche". Les progressistes, "rien ne vaut un changement pour remuer la m...". Bien mieux, une sélection du meilleur dans les deux champs d'investigation.

Alors, vite un temps pour consolider tous les changements. Pour les comprendre. Pour les assimiler.

L'événement de la semaine, ce fut l'anniversaire des quarante ans du Festival de Woodstock. On lit dans les journaux: "Trois jours de paix, de musique, de boue et de chaos" et "la révélation de la fracture générationnelle avec le mouvement hippie". Les hippies, depuis lors, bien vieillis, se souviennent. Résultat des courses, une seule personne y a gagné financièrement dans l'aventure, mais tout le monde ne se souvient que des bons moments. L'amour et la générosité, ils y ont cru. La musique et la chanson restent les véhicules des souvenirs et des espoirs. La vie, elle, va devoir changer très fortement. C'est clair. Ce ne sera pas avec des fioritures.

Un parallèle amusant? Dans les bals populaires, pour attiser les conversations et donner un "nouvel éclairage", souvent, quelqu'un crie "Changez". Il vous faudra trouver un autre partenaire pour faire partie du jeu. Espérons que celui-ci ne vous marchera pas sur les pieds tous les instants. Le pas de deux qui s'engage peut paraître très peu cadencé au spectateur sur le bord de la piste.

L'ouverture comme état d'esprit", écrivait Argoul, il y déjà bien longtemps. Évidemment...

"La formation et l'emploi peuvent aussi virer au vert", "Les personnes ayant un MBA devraient avoir l'ambition de devenir plombiers", "How I started making $7.500 a month working an online part-time job from home", lisais-je successivement, ce weekend. Un rêve ou un cauchemar futur?

Changer en mode plus privé, c'est encore un autre coton. Là, aussi, il s'agira d'exister, de choisir un modus vivendi et ce ne sera pas plus simple ni exempt de décisions difficiles à prendre.

Puisque tout finit en chanson ou vers, ma vision:

"Réformes pour et par la forme" :

Pourquoi devoir commencer par choisir ?

Une carrière n’est-ce pas se faire plaisir ?

Il ne s’agit pas de rêver à être employé

Mais de creuser un sillon plein de fierté

Se tromper et se retrouver dans l’errance

Pendant une vie où tout ne serait que rance

Alors, quand il faut décider de son temps

Ne faudrait-il pas connaître son tempérament ?

La vie s’enfuit, pas dans une véritable course

Penser uniquement à augmenter sa bourse

N’apportera qu’une pâle idée du bonheur

Chercher un créneau précis et à l’heure

Qui dit qu’en nous, il n’y ait qu’une personne ?

Tendre l’oreille au réveil qui sonne

Ne pas craindre cette envie de changement

Qui ne saura que soi-même autrement

Réinventer ce moment où on se lasse

Evitera de se retrouver dans l’impasse

Au début ne chante que le printemps

La pensée d’avoir emprunté le chemin du ciment

Se retrouver dans l’engrenage de l’été

Ensuite pour engranger ce qu’on a semé

Continuer dans les couleurs de joie de l’automne

N’empêche pas de trouver le travail monotone

Alors avant le grand départ de l’hiver

Pensez à sortir dans le confort du divers.

Mais, je vous ai fait trop réfléchir. C'est encore les vacances et elles sont sacrées, celles-là.20090803SansPapiers.jpg

Le soleil décline à l'horizon. Alors, une dernière fois, chacun son truc à poil, à plumes ou sans l'un ni l'autre.

Profitez des derniers moments de plénitudes et ne changer rien à vos habitudes. Lisez pour l'occasion, les écrits, très actuels, de Nietzsche. A votre retour, on aura eu des idées neuves et parfois folles pour vous accueillir. Alors, pas de précipitations. Il faut toujours s'adapter à son environnement et à son époque.

L'Enfoiré,

Parler ensemble ou séparemment sur Agoravox?

Kroll était en vacances. Merci à Johan De Moor d'avoir pris la relève.20090817VanRompuy en vacance.jpg

Citations:

  • "La civilisation n'est qu'une mince pellicule d'un chaos brûlant", et

  • "Ce n'est pas pour votre droit que vous vous battez, vous les justes. C'est pour faire triompher votre image de l'homme", et

  • "Grâce à la liberté des communications, des groupes d'hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.", et

  • "Jadis le moi se cachait dans le troupeau, le troupeau se cache encore au fond de moi", Nietzsche

  • "Changer le monde commence par se changer soi-même.", Roger Mondolini

14/06/2009

Qui mène la danse?

Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?

Qui mène la danse.jpgIl y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.

Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans l'ombre lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.

Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américain et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe.

Estulin définissait le groupe Biderberg comme une compagnie en cartel qui contrôle les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Sulfureux, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.

Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconise un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde et la pénurie de pétrole et de ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pense Paul Volcker (video)

Daniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes. Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, organiser des manques, sciemment, par une crise semblerait une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes a donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quitte à créer une crise, quand, trop scotchés sur cette évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels était devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation serait désormais prohibée. On ne voyagerait plus. Ce serait halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant efficace et peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aurait aidé autant l'humanitaire que le militaire en étant impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Un plan qui privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourrait être financé en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui eux viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires est pratiquement inexistant ou entravé par une foule d'entorses à la règle. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionne que quand les peuples tiennent à la vie. 20090518Dieu et le Standard.jpgQuand Dieu offre une autre voie, cela ne fait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.

Pour se faire, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites.

Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce en 2009, le 18 mai. Encore une fois, black-out complet.Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.

Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou le même combat de conquête?

Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française. Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela pour le passé.

Qui mène la danse Maconnerie.jpgLa franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Buzz Aldrin a posé le premier pied maçon sur la Lune.

Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.

Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?

Le Nouvel Obs énonçait les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.

La pensée américaine serait que "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général".

La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.

Les réseaux ont le côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse de la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.

Mais, faisons un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux? L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants ont dès lors la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils. On a peur de leur décision, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections. Hors, dans mon article "Les mystères du monde", je décrivais le phénomène de rejet des élections derrière le surréalisme. Mais, en réalité, il jouait un rôle très réel d'après les Résultats: une abstention record

20090611Abstentions.jpgPour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieusement, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental. La délégation à plus qualifié. Un nouveau problème de l'éducation du civisme. La création d'une élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée. 

Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.

Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?

Les élites du pouvoir seraient-ils assez fous comme cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.   

Mais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.

L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".

A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.

Rien qu'un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie.

20090618Elections Iran.jpgUne leçon de démocratie iranienne ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?20090622Iran circulez.jpg

Le pouvoir, là-bas, pas de soucis, on sait où il est et même si on n'est pas d'accord, on accuse le coup.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des danseurs?

 

 

Citations:

  •  "Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .

  •  « Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet

  • « La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro

 

31/05/2009

Capitalisme naturel ou artificiel ?

Un billet peut en cacher un autre.

Un billet de Paul Hermant m'interpellait. Il s'intitulait "Le capitalisme naturel".

Capitalisme naturel ou artificiel.jpgPermettrait-il de trouver ce qui est naturel dans les côtés artificiels du capitalisme? Le voici:

"Il y a un type qui s'est chargé de rendre mon week-end plus ou moins acceptable. C'est un drôle de bonhomme, Libération de samedi publie sa photo, on le dirait échappé d'un film des Marx Brothers, c'est dire s'il inspire immédiatement confiance.

Il y a aussi son interview et, dans cette interview, une phrase : « Quand je vois un verre à moitié rempli, je ne me pose pas la question de savoir s'il est à moitié plein ou à moitié vide, je constate simplement qu'il est deux fois trop grand ». Voilà, ce qui a sauvé mon week-end.

La sagesse bouddhiste nous enseigne que lorsqu'un problème a une solution, il n'y a pas de problème et que lorsque qu'un problème n'a pas de solution, ben, il n'y a pas de problème non plus. Mais ils sont rares, convenez-en, les gens qui ne voient même pas les problèmes et qui ne pensent qu'aux solutions. Amory Lovins est américain, expert en affaires énergétiques, consultant respecté pour ce qui est de l'électricité, il n'est pas ministre, c'est dommage. C'est lui qui a inventé, il y a exactement 20 ans de cela, cette notion du négawatt, partant du principe qu'à tout prendre, la meilleure électricité est encore celle que l'on ne produit ni ne dépense. Et il insiste : « Quand les décideurs de ce monde auront abandonné la croyance selon laquelle lutter contre le changement climatique coûte cher, ils comprendront qu'il est moins onéreux d'économiser l'énergie que de l'acheter ». Il appelle cela le capitalisme naturel : en peu de mots, ça signifie qu'entretenir les ressources de la planète et s'occuper des hommes est la seule solution pour qui voudrait prétendre faire encore du profit demain… Et puis, il a une autre phrase magnifique, il dit : « Je préfère rendre l'espoir possible plutôt que de rendre le désespoir convaincant ».

Je ne sais pas si sa tournée de conférences l'a amené en Islande, mais voilà bien, tiens, un pays qui dispose aujourd'hui d'une électricité produite à 99% par l'utilisation de l'hydraulique et de la géothermie. Vous allez me dire, l'Islande ? Cette île en banqueroute où la récession se mesure par des reculs du PIB de plus de 10%, un chômage de 10% aussi et par une consommation en chute libre ? Celle-là même. Cette production électrique propre devient sa seule vraie richesse. Peut-être parce que les Islandais savent aussi qu'après la banqueroute, il y aura la banquise, c'est-à-dire la fonte des glaces, la montée des eaux et le réchauffement climatique. Et que dans ces cas-là, la dimension d'un verre, ça devient franchement important.".


Retournons, donc, vers l'Islande, ce laboratoire naturel, cet "origine du monde". Cette île, dont on entend rarement parler, si ce n'est, récemment, à cause d'une banque en difficulté et qui toucherait nos compatriotes, dans leur épargne. Est-elle tombée de la grâce magique vers le coup de grâce?

20081010Crise Islande.jpgEntre l'espoir vert et la sombre lucidité. Parlant de l'Islande, pour parler d'énergie, c'est aller presque à contre courant.

Pays du silence insoutenable fait de mille rumeurs. Pays initiatique où tout doit s'apprendre. Terre prodigue et déshéritée à la fois: une mer qui gicle, des glaces qui grincent, le feu qui feule, le vent qui n'en finit pas de souffler pour chasser les nuages avec des couleurs intenses, écologiques à souhait. Le Gulftream qui garde le thermomètre au dessus de 3°C en moyenne en hiver et une douceur en été tout en gardant l'éventualité d'une rafale de neige qui peut survenir à tout moment entrecoupée par un soleil secret ou puissant.

Un commentaire au billet de Paul parlait d'oxymore avec le principe du C2C (cradle to cradle). C'est le bon mot car il y a vraiment antagonisme.

Produire et consommer de l'électricité dans un pays tel que l'Islande est naturel. Sous cette latitude, on se retrouve dans l'obscurité pendant 6 mois de l'année, avec, en hiver, des rayons du soleil pendant seulement quatre heures par jour (clarté en janvier: 11:20 à 15:45). Il y a des compensations en été (obscurité en juin: 24:00-03:00) mais alors, dormir devient le problème numéro un.

En 1985, déjà, un article de GEO  (N°78) titrait "Noces de glaces et de feu". Deux cents volcans et une éruption tous les cinq ans. La solitude des fermes, ultramodernes qui se regroupent par sécurité. Les troupeaux, aussi, se rassemblent, dès septembre, pour la nuit de l'hiver. Le glacier Valnajökull, lui qui glaçait d'effroi le volcan sous lui, encore,  épargné par la fonte des glaces. La pêche représentait 97% des devises. L'eau à profusion qui s'écoulait à la verticale entre le basalte, cassé, à en donner le vertige. Géologie infernale, mais leçon de beauté et de poésie. "Islande incommensurable" terminait l'auteur de l'article.

En 1994, retour de l'Islande avec GEO (N°181). Titre "La création du monde". Terre jeune, soixante millions d'années. La marmite de boue volcanique et sources chaudes continuaient dans les steppes fauves de Landmannalaugar. Le tiers des laves de la planète aux portes du volcan Hekla, qu'on appelait la "montagne au manteau" parce qu'il recouvrait l'entourage de cendres. Volcans Krafla, Askja, Laki pour compléter le paysage lunaire. L'érosion glaciaire avec les eaux tièdes que réchauffait le magma. Les geysers avec huit cents sources thermales. Strokkur et Geysir se disputent les hauteurs toutes les 5 minutes. Géothermie assurée. Rencontre des deux plaques techtoniques, américaine et européenne. Du côté de la vie naturelle, des colonies d'oiseaux qui venaient nicher. L'homme, lui, s'accrochait et s'appropriait l'énergie de la Terre au "Blue Lagoon" près de la capitale, Reykjavik pour y nager en toute saison comme un véritable mode de vie national. Le développement de cette capitale ne date que du 19ème siècle  de 5000 à 200.000 habitants pour seulement 320.000 au total sur l'île. Constructions pratiques et sauvages. Vie dure et fragile.

En mai 2009, c'est l'"Ile nature" (GEO N°363). Les ténèbres de l'hiver sont plus mal vécus qu'auparavant. Affronter le noir demande plus de petits secrets. Ce sera méditer, la luminothérapie pour remplacer les descentes vers le Sud devenues inabordables, les cures de vitamines D et de l'huile de foie de morue pour maintenir la santé. La métamorphose de sa ruralité en nation riche a, en effet, été plombée par une faillite entraînée par les traders et les mirages de la finance. Car, en 2008, les dettes des banques avaient représenté douze fois le PNB et tout à craquer. Désormais, on ferme la porte de sa maison. On remarque qu'exploiter la force des torrents revient à inonder les vallées. On parle de dernière chance pour les épargnants de Kauphing. Le 5 juin, les épargnants poussaient le ouf de soulagement. Salle coup et on se demande même comment sauver l'Islande.

Ne serait-ce pas l'enfer et le paradis réunis sur une même île, l'Islande? Subir l'un pour obtenir l'autre ou jouir de l'autre pour sombrer dans le premier ? Après l'enfer du décor, on a atteint l'envers du décor. L'économie a rattrapé l'écologie et l'a dépassé dans les réalités.

Avec un discours écologique, Amory Lovins pratique l'acupuncture institutionnelle et veut l'imprimer dans les grandes entreprises pour qu'en 2040, les États-Unis ne soient plus dépendants du pétrole en n'ayant plus le besoin de consommer cette énergie fossile. Projet très louable et pas uniquement pour les États-Unis, mais qui demande réflexion pour passer de la théorie à la pratique. Il est sûr qu'avec une vision écologistes, qu'il a le vent en poupe, aujourd'hui. Il a inventé les "néga-barils", la négation des méga-barils ou des mégawatts. Faire tourner le "grand machin" du progrès restera, pourtant, l'objectif pour palier la faiblesse énergétique humaine. Il ne faudra pas négliger, pour autant, la grande "bagarre énergétique". L'écologie est chez nous, une discipline jeune.

Comme en tout, un bonus-malus est à calculer, un "Profit & loss" comptable et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, le "bébé", lui, reste nu.

"La France me fait l'effet d'une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s'appelle le marché économique", disait-il, mais cela ne permet pas de lever le pied de l'accélérateur. L'économie a ses propres règles de fonctionnement qu'il faut l'accorder au mieux avec le relativement nouveau venu.

D'ailleurs, en lisant plus loin, Amory Lovins ne dit pas qu'il ne faille pas produire de l'énergie, mais qu'elle soit seulement renouvelable ou durable et sans pollution pour la produire.

20090530Bleu et Rouge.jpgLe Bleu, s'est, il est vrai, terni en perdant sa couleur du ciel pour se tourner vers le bleu Roi.

Le Rouge est devenu rougeâtre, rouillé par la latence de l'habitude.

L'Orange a perdu aussi un peu de son acide pour passer à l'orangina.

Voilà, le Vert, qu'on espère qu'il ne devienne pas trop verdâtre.

Le parti écolo, chez nous, a 3 de ses 10 priorités dans le seul cadre de l'énergie:

  1. Rendre les bâtiments plus efficaces en ENERGIE pour alléger la facture énergétique de chacun et sauver la planète

  2. Investir rapidement dans les TRANSPORTS PUBLICS pour élargir l’offre (quantité, ponctualité, qualité, tarif et fluidité) et structurer le territoire

  3. Orienter le redéploiement économique vers l’ECONOMIE VERTE pour y créer des milliers d’emplois durables et réussir la transition écologique

Une fois, ces points précisés, il faut en trouver les meilleurs moyens, les plus rentables pour y arriver. Au niveau de l'énergie, quelle est celle qui répond à ce cahier des charges avec le plus d'efficacité? Quels en sont les effets secondaires?

La "fée électricité", c'est clair est l'énergie totalement propre et qui se régénère à l'envie. Elle existe depuis toujours dans les éclairs, mais dont l'énergie s'est vue supplantée de vitesse par le feu, qu'elle produit. L'homme a donc commencé par le plus facile, le plus accessible, aussi. L'électricité est apparue bien plus tard, sortie de la boite crânienne de certains scientifiques plus observateurs que les autres avec le "Fiat lux". Au lieu de suivre le cycle du jour éclairé, les vingt quatre heures devenaient accessibles pour continuer le jour. Moins transportable que le pétrole, cette électricité. Plus volatile et fugitive, il a fallu la domestiquer, l'emmagasiner. Ces opérations ne sont toujours pas résolues sans pertes. Car, il y a aussi la conversion que ce soit en chauffage ou en force de travail. Le processus demande lui-même de l'énergie pour s'éclater. La fission nucléaire, on en connaît les risques et la pollution par ses déchets, n'y revenons pas. La fusion nucléaire a toujours le péché majeur de la mise à feu. Le projet ITER n'est pas pour demain dans leur implémentation et les verts, impatients, sont contre le projet vu cet éloignement dans le temps. Mais, rien n'empêche de prouver le contraire dans le futur.

Le soleil est et reste cette énergie de rêve et de réalité, passe partout, produite n'importe où, comme solution de l'évidence, ad vitam eternam.

Sa chaleur, sa lumière, sont les seules énergies durables qui ne dépendront pas de l'ampleur des marées, qui ne dépendront pas des vents souvent capricieux, d'une géothermie qui dépend de l'extraction profonde et qui n'est vraiment utilisable que sous formes de chaleur et d'eau chaude. (Une exposition à Mons est en cours et à pour titre "La géothermie, une énergie à creuser".)

L'Europe voit dans l'éolien son maître choix et le coeur de sa politique. Les "contres", à juste titre, ne sont pas absents. Pour Luc Rivet, "l'éolien industriel est devenu une machine infernale et une grosse arnaque qui ne fait rien gagné au niveau des émission de CO2". L'éolien détruit les paysages par la place qu'il occupe, gène les oiseaux. Pour ne produire que 20% de son temps, de l'électricité, c'est peut-être beaucoup. Les rayons du soleil et la lumière ne prennent pas de place et ne nuisent pas à l'environnement du paysage.

L'électricité sortira progressivement des grandes centrales que nous connaissons aujourd'hui. De très petits réseaux s'éparpilleront aux travers de petites unités privées, reliés entre eux suite à l'"ecology business". Les systèmes de récupération de l'énergie solaire font déjà fonctionner les compteurs à l'envers. Devenu producteur d'électricité, le consommateur devra l'utiliser, alors, pourquoi pas, tous les points privés ou publics reliésentre eux? Sus à l'overhead (en anglais, l'overhead signifie ce qui est à mettre en pertes et profits parce que cela profite à l'ensemble du système en entier).

J'avais écrit l"Econologie, rêve ou réalité?". D'autres parlent d'économie et d'écolomie. Néologismes, simple différence dans la terminologie et la manière plus écologique de l'aborder, mais pas d'antagonisme dans la réalisation. Le Science et Vie expliquait, le mois dernier, le pourquoi, maintenant, on pouvait y croire.

"Super capteurs, centrales géantes produisant en continu, cellules en plastique plutôt qu'en coûteux silicium : sur tous les fronts, le solaire profite de spectaculaires innovations techniques. A la clé ? Sortir cette énergie de la marginalités", comme on le disait dans ce numéro. Les capteurs solaires ultra performants, thermique et photovoltaïques accompagnées par des batteries performantes. Les batteries ne sont pas le plus mince des problèmes, car elles s'usent vite et en plus elles sont polluantes. Les condensateurs électriques auront encore besoin d'ingénieuses découvertes pour éliminer leur propre "overhead". Perdre leur lourdeur, leur désagréable habitude de perdre leur efficacité quand on ne s'y attend le moins, gagner du temps lors de la charge, pouvoir être recyclé comme le reste, ne sont pas des moindres.

Alors, la question demeure: de l'énergie, dans quel cas, l'oublier, l'utiliser avec parcimonie, quand l'économiser, quand ouvrir les robinets à fond? Ouvrir des "possibles" reste une obligation et le besoin ne sera jamais en décrue à moins de perdre nos facilités et notre confort moderne. 20090528Elections.jpgL'espace, par exemple, demande et demandera toujours plus d'énergie dans la recherche du progrès qu'il pourrait nous donner. L'argent restera nécessaire, comme outil, même raboté.

Le gaspillage, on sait qu'il est superflu, irrationnel et donc à éliminer. Colmater les fenêtres. S'isoler contre les pertes de chaleur coûterait 1000 fois moins cher que de nouvelles centrales nucléaires, dit Amori. Rationaliser est nécessaire dans tous les domaines, mais celui de l'énergie est particulier car il fait partie de nous. Penser l'éradiquer ou la réduire de manière irréfléchie, serait suicidaire et contre productif. L'énergie, c'est la vie, tout simplement.

Économiser, c'est produire à moindre coûts et avec le plus d'efficacité et non pas repousser l'utilisation dans sa négation. La Chine se voit encore trop contrainte de puiser dans sa force vive et humaine à bon marché pour réaliser ou compter sur un rendement trop faible dans l'utilisation de l'énergie pour sa production. Elle se retrouve, à nouveau, en pleine crise, dévoreuse industrielle. Ses importations en matières premières, elles explosent (fer, cuivre, aluminium), lit-on dans la presse.

"L'industrie polluante sort première de la crise, vu que l'énergie verte dépend du bon vouloir des banques qui rechignent devant les investissement énormes". La fatigue des plans de relance verte se ressent chez Suntech et Sunpower, sociétés qui se sentent obligées de faire des augmentations de capital, peu appréciées par les actionnaires. Plombées, donc, les Bourses. Les politiques ont des agendas tellement serrés pour soutenir le mouvement et décider les transformations drastiques. Les citoyens d'une démocratie ont, tout autant, une action consultative pour pousser à améliorer cette situation.

L'avenir devra être plus technique et peut-être moins tourné vers la seule technologie. C'est évident.

Seulement, des pauses sont très nécessaires pour faire le point. On les appelle du doux nom de "crises".

La raison favorable à la "religion verte" sera là pour celui qui, a perdu la foi et s'y trouvera en refuge. La raison pour l'autre sera plus proche, plus matérielle, aussi, car l'un ne va pas sans l'autre.

L'argent suivra, comme outil, rien de plus. Sortir le gadget des découvertes, des inventions, pour ne garder que la crème, sera le plus précieux des dons dans une évolution de la nature. Les erreurs, autant s'en apercevoir le plus vite à notre échelle.

Les ressources naturelles, les matières premières, pour la plupart, sont finies et, là, c'est plus grave. Le pétrole, miraculeux, matière aux ressources innombrables, en fait partie et ne devrait un jour plus servir à donner de l'énergie mais se limiter à produire des matières tout aussi utiles en dehors de la vision énergétique.

Alors, sera-ce un retour vers son jardin ou vers la recherche? Un choix qui mène à "que le meilleur gagne", mais il faudra gagner, c'est un "must". L'impossible étoile n'est peut-être pas si lointaine mais ce sera la voie du meilleur rendement. L'utilisateur ne découvre pas les choses qu'à petites doses, pas toujours par lui-même. Souvent, un mouvement, une idéologie doit le réveiller avant la crise cardiaque.

Capitalisme naturel ou artificiel Bourse.jpgAujourd'hui, je me sens voter aux prochaines élections pour le "Vert, j'espère". Mais comme je l'ai dit, parfois, je triche.

L'écologie, c'est bien plus qu'un parti, c'est un pari. Philosophie de la logique et de la subsistance de notre espèce, mise à mal, après le ratage de la finance pure et dure.

Les détracteurs parlent de nouvelles taxes. Des réorientations vers des sources correspondantes aux finalités et aux besoins réels, répondent les écolos.

Alors, capitalisme naturel? Si, cela semblait antagoniste, les liens se retrouvent encore dans les réflexes avant d'en trouver les intérêts réels.

Complémentaire pour aller au bout de nos rêves sur une planète qui est, jusqu'à nouvel ordre, la nôtre.

En Belgique, l'envie verte est aussi très présente. Ecolo n'exclut donc pas de diriger Bruxelles.20090601Ecolo.jpg

Le capital humain, il n'y a rien de plus naturel. Il continuera toujours à se gestioner et se comptabiliser.

L'écologie, pour suivre le simple principe de précaution? Pas nécessairement pour prouver ou infirmer le réchauffement climatique dû à l'activité humaine qui a aussi ses détracteurs, mais, par pragmatisme. Redonner, aussi, l'espoir après notre crise.

Et puis, calfeutrer ses fenêtres apporte aussi le confort et n'évite pas seulement la chaleur de s'enfuir, mais le bruit de pénétrer.

L'analyse, dans le temps apportera les corrections aux incertitudes et aux hésitations d'aujourd'hui.

L'Homo Economicus deviendra, ainsi, l'homo ecolomicus. Just in time?

Seul l'utopie et les rêves ont toujours eu une chance d'aboutir.


L'Enfoiré,


Les Voix du Peuple seront-elles naturelles ou artificielles?


Citations:


  • « C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! », Jules Renard

  • « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro

  • « Toute forme de récompense constitue une dégradation d'énergie. », Simone Weil

  • « Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire. », Georges Clemenceau

28/04/2009

Sucer mais pas avaler (2)

Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.

20090421Pirates partout.jpgPourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?

 

Patrons du monde qui êtes aux mieux,

que vos noms soient honorés,

que vos sanctions ne nous viennent,

que vos volontés soient faites

au bureau et à l'usine pour le miel

Donnez-nous aujourd'hui

nos gadgets au quotidien

pardonnez-nous nos dépenses,

comme nous pardonnons aussi

vos excès qui nous ont souvent effrayés.

Et ne nous soumettez pas à l'imitation,

mais délivrez-nous du râle

car c'est à vous qu'appartiennent

les règles, la puissance et la gloire,

nous garderons seulement les miettes des crisettes

pour des siècles et des siècles.

 

20090323Pape et porte parole.jpgPourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.

Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.20090325Obama Fils Kennedy.jpg

Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.

L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.  

20090205_Foiré.jpgNe pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.

20090126Obama appréciation.jpgCe 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé. Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.20090408Obama Irak.jpg Solidarité de façade, donc.

« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.

D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.

20070311Chirac fin de règne.jpgLe président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.

Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.20080701La France préside l'Europe.jpg

Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.

La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".

Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?

Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.

20090602Obama Israel.jpgUn clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.

Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.

Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.

Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.

Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.

20090422Durban 2.jpgCe qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".

Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?

Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.

ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.

Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.

Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.

Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".

"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.  

Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.

Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.

20090420Pirate Pompéi.jpgVoilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.

N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.20090424Pirates Bruxellois.jpg Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.

Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?

Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.

Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.

On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.

Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.

Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.

La politique est,  sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.

20090330Europe elections.jpgEn occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.

S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?

Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".

 

L'Enfoiré,20070706Tour de l'espoir.jpg

 

Agoravox est-il en plein suc?

 

Citations:

 

  • "L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson

  • "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard

  • "Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein

 

10/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (2)

L'"Atlas des Migrations", présenté par Le Monde nous a entraîné sur notre planète migrante. Au travers de l'histoire, les peuples se sont intégrés sur toutes les terres disponibles. La vie n'a pourtant pas été rose pour ces voyageurs à la recherche d'un hypothétique paradis ou, plus prosaïquement, d'un ailleurs meilleurs. Cette fois, voyons cette intégration de ces immigrés, chez les autochtones, qui ne sont, souvent, que des allochtones dans un passé plus ou moins lointain. Le futur ne sera que ce qu'on décide aujourd'hui, contraint ou suite à des réflexions sur les réalités du monde.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpg4. Intégrations et fractures

Le monde est pris de fièvre migratoire que ce soit en réel ou en virtuel. Il est devenu un village, pour en revenir à une émission de chez nous. Il est devenu un immense melting-pot, par amour du voyage  ou au forcing. La publicité transite par les médias, télé, Internet qui passe allègrement les frontières attise les convoitises. Cela ne veut pas dire, que l'on migre de foi et avec les mêmes moyens. Parfois pour le meilleur, souvent, pour le pire. L'immigration crée crispation identitaire pour les autochtones et l'espoir d'une cohabitation par le métissage pour les nouveaux arrivés. Ce ne sont plus des sauts de puces trans-frontaliers qui limitaient l'investissement dans des temps anciens. Les distances n'existent plus. Mais, c'est l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Moyen-Orient et les pays émergents qui sont passés au rouge depuis à peine 20 ans. Une démographie galopante de la population pauvre venant au "secours" ou en "surplus" d'une démographie qui était en déficit et vieillissante dans les pays dit "riches", plus riches. Les migrants ne représentent pourtant que 3% de la population mondiale.

Fossés économiques entre pays riches et tiers-monde, crises politiques qui poussent aussi à s'expatrier. Quitter son pays est même banni par certains d'entre-eux. Certains pays n'apposent simplement pas le cachet sur le passeport ou les visas d'entrée ou de sortie. Migrer, un rêve qui tourne parfois au cauchemar tout en gardant une obligation psychologique de réussite pour l'intéressé. Ce n'est pas partout que l'homme devient, au mieux ou au pire, une "marchandise" comme une autre. La migration reste inégalitaire, limitée par un transit qui ne ferait pas obstacle à la finance dans un libre échange bilatéral.

L'Europe s'accorde à reculons. Chaque pays d'Europe veut pouvoir conserver sa souveraineté comme un "jardin secret". Si le pacte européen du 16 octobre 2008 essayait de coordonner la transhumance, il n'ambitionnait pas une politique volontaire et unifiée avec une obligation de réussite. Combat de tranchés derrière une espèce de Ligne Maginot du protectionnisme à dimension variable, écartelée entre humanitaire et économique. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer la remise en question des pactes de papier et renforcer les boucliers de protection. Décisions d'une carte bleue ou verte comme passeport, votées à la majorité qualifiée, c'est-à-dire avec des compromis qui frisent les compromissions à la traîne derrière un Traité de Lisbonne, mal accepté. L'espace Schengen aux courbes plus ou moins harmonieuses mais totalement artificielles n'accorde pas les violons de l'ensemble.

De l'émigration à l'immigration. Le monde change et les pôles d'attractions aussi. Il vieillit et rajeunit à la fois. L'Italie, l'Espagne sont passé à l'étape inversée de la migration à vitesses variables. Les nouveaux migrants remplacent les anciens. Les religions jouent à l'obstacle ou au catalyseur selon le cas. La crise économique met le pied sur le frein. Régulariser si, c'est dans les cordes, mais pas trop acculé dans celles-ci. Les Roms, les voyageurs invétérés, gênent l'Italie très protée à droite.

La mise au ban des clandestins se fait avec des dispositifs sécuritaires de plus en plus policiers au détriment du droit lui-même. Ceuta et Mellilia restent dans les mémoires. Quand la mort est au bout du voyage, on dépasse les limites de la déshumanisation et on absorbe mal l'inflation dans les risques engagés pour gagner un paradis de plus en plus fictif quand la croissance ne suit plus.

Islam.jpgBien loin l'idée de "Bienvenue à tous" de la France entre 1851 et 1946. A l'époque, il fallait devenir français, avoir une origine pas trop lointaine et accepter travailler à la mine, par exemple, pour la mère patrie. L'expansion et le repli entre 1946 et 2008 furent, au départ, une intégration imbriquée à la colonisation pour suivre l'expansion pendant les Trente Glorieuses. Des inégalités croissantes, suites à la mondialisation comme base des échanges, menèrent à une rupture sociale, un regain de xénophobie, un repli identitaire et des violences en réaction à une marginalisation. On compte, aujourd'hui, 50% des immigrés qui auraient la double nationalité. L'expatriation gagne du terrain chez les jeunes français, attirés par des salaires plus élevés ou simplement pour trouver un emploi suite à une recherche trop longue. Garder ses "œufs" au frais dans le même panier de la chance n'est plus toujours rentable. Avec le bagage dans la tête ou à la main, les jeunes s'en vont, souvent, fonder famille, dans la durée et sans retour à l'origine.

Le Royaume-Uni qui est un point de chute ou un tremplin. On trie à la frontière sur le volet et on prie de s'intégrer plus officiellement avec de moins en moins d'esprit multiculturel. La liberté de paroles, et de gestes, le respect des différences culturelles ont reçu leur coup de grâce, ébranlés, à la suite des attentats du 11/9/2001 et de l'attentat de Londres. Permis de séjour à points, écoles publiques confessionnelles plus contrôlées, caméras publiques, absence de mariages mixtes marquent la crise du multiculturalisme.

L'Allemagne est de plus en plus en gros déficit d'intégration. Le taux de chômage des immigrés reste supérieur à celui des Allemands de souche. L'introduction du droit du sol, l'enseignement de l'allemand, idées tournées vers plus d'intégration et moins d'assimilation, font partie du revirement de la politique actuel.

La Russie entonne le chassé-croisé postsoviétique, partagé entre départ vers les nouveaux pays de l'ex-URSS ou les pays de l'ouest et les arrivées vu une certaine relance avec un déficit tout de même pour les arrivées malgré les besoins grandissants d'immigrés partageant la culture. Redéploiement dans un commerce "de valise", pour étudier, pour travailler sous le couvert d'un tourisme d'apparence, mais en va-et-vient. Un commerce d'émigrants qui peut avoir à l'extrême des relents plus mafieux et une immigration supportée après l'assimilation de la culture russe.

Quatre siècles de rêve américain (anniversaire en 2007) ont forgé l'identité du pays. Nation d'immigrants par excellence. Ellis Island le rappelle dans un musée. Colons venant d'Outre-Atlantique, vers le Far West, repoussant les Indiens dans des réserves. Immigrants politiques, économiques, plus tard poussés par la famine. Des esclaves noirs suivirent, à peine 20 ans plus tard. New-York, la Pomme reste la porte d'entrée, toutes catégories, sous l'effigie de la Statue de la Liberté. San Franciso, Frisco rappelle le goût de l'Europe. La fin du 20ème siècle a connu une moyenne d'un million d'immigrants par an intrigués par l'envie de faire du neuf quitte à prendre tous les risques. On est seulement, cette fois, un peu moins sûr, avec la crise surtout si elle dure. Les quotas avec plafonds sont apparus sous-jasent des aspects de xénophobie religieuse. La force montante des latinos revendique, elle, ses droits après avoir servi de main d'œuvre à bon marché dans l'immobilier. L'Amérique blanche a résolument vécu. Les minorités d'aujourd'hui, qui représentent 30% de la population, deviendront le majorité dans moins d'un tiers de siècle. Dans les écoles, 62% des enfants sont noirs, latinos, asiatiques ou proviennent des îles du Pacifique.

Le Canada a pris le choix de l'immigration, mais se perd entre francophones et anglophones et en temps d'attente pour recevoir le sésame.

Le Brésil, on le quitte et on l'adopte via les pays extérieurs, encore plus pauvres. Pays immense et ça bouge bien à l'intérieur avec une préférence pour les villes côtières du Sud-Est.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont avant tout pragmatiques avec des permis à points. Les Maoris restent plus inquiets sur leur propre territoire en Australie. Pour leur langue, c'est déjà perdu.

Une pirogue pour l'Europe, pour de jeunes africains de l'Ouest dans une stratégie de survie, très organisée par des convoyeurs qui encaissent les bénéfices. L'Afrique reste le continent de tous les exils vers l'intérieur du continent où les attendent xénophobie et expulsions.

Les pays du Golfe sélectionnent leurs travailleurs, importés d'Asie mais avec une préférence arabe.

L'Inde préfère une émigration de proximité avec des saisonniers très précaires. Xénophobie en ville. Partir reste néanmoins un privilège de riches. Le retour des cerveaux indiens programmé pour trouver de nouveaux "ghettos résidentiels" qui font envie dès le départ.

5. Le monde de demain

Aux problèmes humains vient s'ajouter un palmarès catastrophique de la climatologie et cela pour tous: la nature et le réchauffement climatique créera, d'après les prévisions, de plus en plus de naufragés de l'environnement par un choc thermique, par les inondations dues à la montée des eaux et aux cyclones de plus en plus dévastateurs. Ailleurs, c'est la sècheresse par la désertification et la terre en pénurie d'eau douce et potable en manque de gestion efficace. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable ou à un système d'assainissement. En 2080, 3 milliards d'êtres humains pourraient, cruellement, manquer d'eau. Le déclin de l'agriculture pourrait données des retombées incalculables. Une mauvaise gestion des ressources pourrait donner le signal de départs encore plus massifs. Partir serait, dans ce cas, survivre.20090328Europe Elections.jpg

Le Pôle Nord qui se déshabille de ses glaces et se réveille. Il devient le "point chaud" du globe vu son potentiel stratégique pour les pays limitrophes et un réservoir d'énergie. De nouvelles routes maritimes vers un Groenland, plus vert, pourraient accueillir de nouveaux immigrants.

Le diabète, la maladie du siècle et le ravage du paludisme (maximum en Inde) sont des problèmes avec un impact sur la croissance. L'immigration serait devenu la solution du déclin pour palier le problème démographique. Le nombre de personne âgée augmente de 2,6% par an et seule une "réévaluation positive" pourrait inversé le phénomène. L'explosion démographique vers la folle croissance des villes ne semble pas la solution. En 2007, un milliard d'habitants vivent dans des bidonvilles aux abords des mégapoles. L'immigration solution au déclin avec des forces vives en dépression avec 20090402Obama a Londres.jpgdes politiques à revoir.

Alors, une gouvernance proactive et distributive de rendements et des compétences serait une autre voie de considération des migrations?

Joseph Alfred Grimblat, un des auteurs de cet Atlas, disait que l'immigration même illégale a globalement des retombées positives sur le développement des pays d'accueil. Un effet à la baisse sur le niveau des salaires, ce qui est défavorable aux employés, mais favorables aux consommateurs sur le coût de production. Une transmission des cultures et des technologies apporterait d'autres compensations. La fécondité faible dans les pays développés provoque le déclin et le vieillissement de la population. 47 millions d'émigrés par an seraient nécessaire pour équilibrer le système de retraite des pays du nord. Le travail et l'esclavage ont parfois été de l'autre côté du rivage. Exodes, expulsions, exils et bannissements ont été, dans l'histoire, les compléments de l'infamie pour raison d'état, de cultes. L'écrémage de masse au XIXème siècle, plus ou moins volontaire, a fait place à des réfugiés forcés par les conflits armés et les idéologies controversées. L'immigration renversera-t-elle la vapeur?

Une gouvernance mondiale pour organiser les migrations est nécessaire. Les marchandises ne peuvent précéder les hommes dans leurs mouvements, sans les accompagner, tôt ou tard. Un nivellement par le bas et vers le haut en même temps comme conclusion? Les migrations peuvent étouffer les précédents arrivés, les autochtones en difficulté, eux aussi, mais les nouveaux s'étoufferaient en même temps à plus ou moins long terme. Problème d'acceptation et de compétitions difficiles, au centre des préoccupations de la vie en commun quand la couverture devient plus étroite. L'OIM, chargée par l'ONU, n'a pas compris que le compromis doit se trouver à l'échelle la plus globale possible et non pas dans des réactions étatiques au coup par coup et à plusieurs vitesses, cachée derrière des organismes disparates en octopus de la confusion. Tout est lié: le travail, les institutions, la scolarité, le social, la vie avec sa logique implacable des pays, dit développés, confrontés à la survie, des autres pays. S'il y a des lacunes, elles se répercuteront sur tous. Les souverainetés ont fait rétrograder les processus d'intégration en ouvrant ses portes en période de haute conjoncture et les refermant en période de restrictions ou de restructurations. La migration sélective n'est qu'un aspect de la partialité, non reliées aux réalités humaines. Croire que les familles ne suivent pas les initiateurs du voyage serait un leurre. Les nationalismes font place aux régionalismes. On rétrécit son horizon pour s'enfermer dans le virtuel au niveau mondial. Les rêves d'autonomie, de vivre en "stand alone" ressortent périodiquement. (ex. que se soit en Belgique ou en Kabylie)

20090406G20.jpgLe sommet du G20 à Londres et la Conférence du 60ème anniversaire l'OTAN, ont débouché sur des accords de partenariat. Pressions et crises ont pris toutes les plages des discussions pour y arriver.

"Tournant historique" et "Rupture avec le passé" ont été déclarés, haut et fort, même si en coulisse, ce n'était pas nécessairement l'amour fou. L'Europe, à plusieurs vitesses, se cherche toujours une voie commune dans beaucoup de domaines. L'unité monétaire est loin d'avoir pu ajouter au mot "Europe" celui d''"unie". Le social a à peine effleuré les consciences. Une langue de rapprochement de fait n'existe que dans les contacts internationaux et dans le virtuel. La nouvelle pensée à l'américaine a même troublé les Européens quant à l'intégration de la Turquie dans l'UE. Pas un mot de la migration des populations. Ce n'était seulement pas à l'agenda. L'argent reste le nerf de la "guerre".

Quant aux revenus de la migration, où se trouve la balance de ces transferts de personnes et, donc, de fonds dans l'économie? Là, on pourrait défoncer les idées reçues. Celles-ci varient selon le pays de destination des migrants et de la richesse, tout en perturbant le fonctionnement du pays le moins modernisé ou la suspicion vis-à-vis de la diaspora de ce dernier. L'émigration des "cerveaux" remonte le trafic des compétences dans un véritable système de dominos avec un cadre mondialisé sans réelle compensation pour les pays à la population migrante. Déficit de migration alors qu'elle ne cesse d'augmenter.

Une vision objective à mettre en opposition à la plus subjective d'une invasion des immigrants? Visions toujours très sensibles et polémiques? Sortons du magazine et passons à la pratique du terrain.

Beaucoup de lecteurs m'ont déjà parlé de Bruxelles comme d'un laboratoire de la migration. Et c'est vrai, les nationalités se bousculent, s'entrechoquent en communautés ou vivent entre elles sans frontières en harmonie apparente.

En Belgique, 20071010Accord immigration.jpgles problèmes des sans-papiers n'en finissent pourtant pas d'émouvoir les populations et les politiques de tergiverser. Un avis en billet non politique. Ne nous leurrons pas sur la question, "Près d'un Belge sur trois est raciste" et donc résistant à l'infiltration des étrangers sur son propre territoire. Les statistiques ne donnaient aucune référence au racisme latent dans l'autre sens qui n'est pas non plus inexistant. Ce n'est pas vraiment une question de race, mais de différences de cultures, de manière de vivre qui serait en question, ni un véritable problème de couleur de peau. Dans les pays chauds, on ne vit pas au même rythme. C'est une différence qu'il ne faut pas oublier.

Une rencontre de 3ème type difficile, mal programmée, serait, donc, à assumer dans la proximité et une peur de l'inconnu de ce "Métèque" qui a ses propres casseroles à tirer au pied et qui vient "narguer" avec sa propre pensée. Migrer, chez nous, à Bruxelles, n'a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour s'y retrouver à plein. Les "contacts" existent et sont parfois durs. Les susceptibilités vite exacerbées. Ce n'est pas une erreur, une simple normalité. Quant à la violence, elle est périodique, scandée mais pas limitée dans aux seuls contacts entre races. J'ai pu l'éprouver un jour, personnellement.

Etre sans-papiers ouvre la porte aux excès. Chercher les raisons du profit et perte explique mieux le phénomène. Pas de relations directes, mais plutôt subordonnées à cette situation de flou, un actif sur deux dans le monde travaille en noir est-il constaté récemment. Ce qui montre aussi la perte de moyens pour les Etats.

Une ou deux générations seront nécessaires pour s'accroder et faire le "ménage" dans la tête des nouveaux concitoyens tout en conservant leur idéologie. Les règles de l'Egalité des chances, poussées à l'extrême n'y pourront rien changer dans la pratique du seul moment et sans le recul du temps. Quelques articles sur Agoravox au sujet des migrations m'ont intéressé. Cultures, racines, terres que de problèmes en perspective. Les religions y ont ajouté aussi une dose d'intégrisme et du refus des autres que ce soit par l'islam, question de perception et d'employabilité, par le volonté de vivre seul du judaïsme ou celle d'réintégrer des interdits d'un autre temps dans le christianisme. La peur de l'autre vient de cet ensemble de différences qui seront toujours d'actualité divisés entre pouvoir et argent. Le rêve qui tournerait à l'arnaque au Québec. L'enfer du paradis dans l'attente du passage. Un problème de dignité humaine positionné aux sans-papiers ou le film "Le si beau voyage". Diversité, une chance pour seulement dormir tranquille.

Les changements de mentalités prendront beaucoup plus de temps, même si la crise a secoué les consciences. J'écrivais, il y a un an, le contre-pied, dans "Enfin, la faim", mais personne n'y avait compris le fin mot.

Migrer pour vivre ou survivre_Racisme.jpgDu 19 au 29 mars 2009, c'était la semaine contre le racisme pour tenter de faire réfléchir à la question à remettre à l'ordre du jour en boucle.

Le dumping social européen focalisé par et sur l'économie ou un équilibre avec des distorsions uniquement tournées vers les compétences de chacun?

Le Reaganisme et Margaret Thatcher qui voulaient délocaliser en Irlande, en se débarrassant des règles ont entamé la confiance par le libéralisme à outrance et se retourne contre l'Irlande, elle-même, aujourd'hui.

Cette histoire de gros sous, d'économie a plongé l'Islande dans le marasme.20081010Crise Islande.jpg

Le néo-libéralisme sans autorité publique en réduisant la couverture sociale a, jusqu'ici, raté le coche de la néo-migration.

Les femmes émancipées ont ouvert une autre voie à l'émigration. Elles restent toujours plus exposées au chômage, et cela migrante ou non. Mais elles s'y retrouvent, tout de même, dans leur prise en main en s'offrant l'indépendance par la conscience dans le milieu d'origine où il aurait été inexistant. Migrations à la recherche d'opportunités qui vont jusqu'aux mariages blancs. Le but est atteint. L'avenir aura sa propre réponse, logique par l'adaptation des habitudes. La multitude l'emportera, alors, sur l'Empire égalitaire.

Des accords bilatéraux entre pays pour recruter (ou de débaucher) des migrants assortis de quotas existent, mais, c'est une immigration à la carte qui y est préconisée avec une répression pour les clandestins, un travail temporaire pour les moins qualifiés et une 'appréciation alléchante pour les plus qualifiés suivant un "Pacte européen de l'immigration et de l'asile". Un partenariat, sinon rien et si rien, pourrait-on en conclure et espérer? Pas vraiment dans la pratique. "Like a hobo" (former un groupe, faire le colporteur, le charlatan") avec sa maison de plus en plus sur le dos semble être une nouvelle pratique.

Utopie que celle de Michel Serre, qui dans le Magazine des Philosophies poussait en avant son "si" on instaurait une paix perpétuelle comme réédition du rêve de Kant? Aujourd'hui, plus que tout autre, quand le monde est devenu un village, nous avons besoin de contacts parfois plus réels que virtuels. Les transports qui consomment de l'énergie, n'ont plus la cote auprès des écologiques. La téléportation rêvée par Paul Virilio n'est pas encore à l'ordre du jour.

20090407Migration.jpgComme on dit que "nul n'est prophète dans son pays". Aller retrouver ses semblables dans un autre espace temps et, parfois, décider d'y vivre, relève d'un esprit entreprenant avec des risques non négligeables.  Y-t-il des intérêts cachés pour l'immigré? Pour des raisons économiques ou politiques, le rapport prix-performance sera vite fait à posteriori. Le rapport change bien vite avec le côté financier. Des surprises exitent entre pays voisins qui auraient des lois dites "similaires". L'Europe, qui se veut unie, est loin d'observer des normes comptables et fiancières, compatibles entre les pays qui la compose. Les impôts, les pensions subissent des taxations très peu avantageuses pour celui qui a fait le pas de la migration en milieu de carrière. Les fonds de pension sont vite considérés, au grand dam de ses administrés, comme des placements bancaires susceptibles d'être taxés au prix fort, très différent du pays d'origine.

Mais, cela est probablement une autre histoire et un autre Atlas à construire. Celui du Monde diplomatique? C'est à voir, puisqu'il était dit que ce serait un "Monde à l'envers".

Nous sommes tous des émigrés et des métis, chantait, Julien Clerc. L'évolution et la vie l'ont voulu ainsi.

Sera-ce, dès lors, circulez, y a rien à voir ou, peut-être, avec plus de recul, tout à y gagner?

Ce pourrait n'être plus alors pour seulement vivre, mais aussi pour survivre.

Et si on riait une dernière fois...

L'enfoiré,

Sur Agoravox, que dit les soi-disant "sédentaires" des migrants?

 

Une adresse, juste au cas où? 

Mise à jour du 20 juin 2009: Journée mondiale des réfugiers : 42 millions de réfugiers dans le monde20090620Journée du réfugier.jpg 

Livres sur le sujet:

 

Citations:

  • « Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... », Cavidan Tumerkan

  • « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. », Nicolas Bouvier

 

15/01/2009

Un avenir de barbelés

Un avenir de barbelés_cadena.jpg

Se sécuriser, voilà le leitmotiv du citoyen d'aujourd'hui. L'ère GW Bush a ajouté quelques couches. Ne rate-t-on pas dans la manœuvre quelque chose de plus essentiel: la rencontre et la confrontation avec son semblable pour créer et prospérer dans l'harmonie globale? 

La violence a toujours existé. S'en protéger est une réaction naturelle. Mais ces derniers temps, nous sommes passés dans des extrêmes aussi bien du côté des bandits que de celui des gens dits "de bonne conscience". Les extrêmes des actions et réactions vis-à-vis des événements correspondent aux extrêmes de potentiels de notre temps.

Où est ce temps où la porte d'entrée du domicile était ouverte sans beaucoup de serrures? L'hospitalité n'était, alors, pas un vain mot. Aujourd'hui, il y a, devant certaines portes, des paillassons avec la mention "Welcome" mais qui ne laisse plus passer personne sans montrer "pattes blanches". Il n'y a plus que dans les pays à la population est assez pauvre de manière uniforme pour que l'hospitalité proverbiale sera apportée comme une obligation de courtoisie. Si, chez nous, dans les temps anciens, les bandits de grands chemins ont bien hanté les forêts, ce sont les villes qui attirent les nouveaux Calamity Jack pour cauchemarder les autres. Les risques de cambriolage ont considérablement augmenté et l'imagination est tout aussi fertile pour réaliser les casses que pour les contrer, cela au profit de tiers qui sont là pour fournir toute la sophistication désirée. Le commerce de la "sécurité" a, en effet, pris un essor non négligeable.

Qu'est-ce qui a changé? Dans notre civilisation de la consommation, l'argent est devenu le seul "roi". La publicité, son mentor, a créé l'envie de possession matérielle pour obtenir la reconnaissance de la société. Le coup pour coup des deux camps par l'escalade de moyens d'agressions et de défenses s'en est suivi. Le trop plein de produits en compétition avec le "meilleur rapport prix/performance" de la rapine. 

Les vols à la tire, les "Sack-jacking", ne faisaient plus seul recette et tombaient dans la banalité très peu punie. Ils n'étaient qu'une manière bien peu rémunératrice, dans le fond. Les "bougres d'enfants riches" savaient ce que veut dire "se protéger".

La proie suivante fut les banques. Elles détenaient dans ses coffres les fonds que l'homme, préoccupé par d'autres occupations, ne gardait plus chez lui.

Pour apporter plus de sécurité aux banques, des guichets protégés, inviolables et à l'abri des balles ont été, très vite, installés pour mettre le premier 'pont-levis' entre les employés de la banque et les braqueurs traditionnels. Mais, vu les difficultés, progressivement, les banques ne faisaient plus rêver les braqueurs.

Comme l'argent, devait, tôt ou tard, transiter de place en place, les fourgons transportant ces fonds se présentaient tout naturellement à leur prospection. Ce "besoin d'air" a été la cible avec de plus en plus de violence en fonction des barrières de protection qui renforçaient ces fourgons. Être "blindé", ne résolvait pas tout, être accompagné par une estafette de policiers, changer d'itinéraire à chaque déplacement, coutait cher et n'avaient pas été, manifestement, la panacée dans la sécurité. La confidentialité d'une opération trouvait, tôt ou tard, des "taupes" informatrices. Les distributeurs d'argent «Mister Cash» furent aussi visés. Ils ne furent plus alimentés qu'avec parcimonie, les banques déclarant forfait.

Les braquages se sont pourtant succédés à rythme soutenu, pour un temps. Après avoir laissé les leurs sur le carreau, les convoyeurs de fonds se sont mis en grèves pour réveiller le souci d'amélioration des protections. Beaucoup de convoyeurs de fonds étaient devenus des victimes et cela devait changer. La technologie a été appelée à la rescousse. La "valise intelligente", merveille de technologie, apportait un espoir d'accalmie en rendant inutilisable les fameux billets après le viol de la valise. Cette technique a, tout d'abord, été rejetée partiellement par les convoyeurs qui, syndicalisés, voulaient, au contraire, augmenter le nombre de collègues dans le transport de fonds. Puis, les choses se tassèrent. L'accalmie sur le front des attaques de fourgons, même avec des armes de guerre, n'allaient plus rapporter ce qui était escompté vu les nouvelles technologies. Le jeu n'en valait plus la chandelle. Dans ce monde-là, tout casse est calculé en fonction du rendement, du butin et des risques.

D'autres horizons plus fructueux devaient être trouvés. D'autres victimes devaient être désignées. Le Zorro, d'antan, était toujours là mais le cheval a fait place à des méthodes plus subtiles et surtout moins "fair play".

Le mouvement est venu souvent de l'Est où ces idées nouvelles ont germées. La voiture que l'on oubliait, tellement elle était entrée dans les mœurs, a pris soudainement la valeur réelle qu'elle avait perdue dans nos pays. Le "car-jacking" était né. Avec très peu de moyens et un "collègue" bien veillant, l'échange de propriétaires de voiture par la force pouvait commencer sans coup férir. La surprise étant l'atout majeur dans l'opération. Mais tout change, tout évolue, les protections du propriétaire au volant de sa nouvelle voiture aussi. Des systèmes antivols de plus en plus perfectionnés voyaient le jour. Cela allait jusqu'à l'emprisonnement du voleur dans la voiture qui accepte de suivre mais qui s'arrête un peu plus tard toutes sirènes dehors émettant sa position par satellite. Ces systèmes étant réservés aux véhicules dont le niveau correspondait précisément au désidérata. Le "car-jacking", une étape comme une autre, en définitive.

La modernité a fait place au "home-jacking", au "tiger-kidnapping" ou "hostage-jacking" en sont les derniers développements encore plus troublants. On ne va plus où est l'argent, on ne se fournit plus nécessairement à la source dans les coffres, mais, au besoin, on y accède par tierce personne interposée.

Alors, il y a le retour au stress de l'insécurité opposée à l'inflation de moyens engagés. La violence pour la violence. Les traumatismes des victimes qui suivent ces méfaits.

Car, s'il y a les maisons qui regorgent de biens durables, elles sont aussi habitées par des gens avec leur fragilité. Des débouchés qui peuvent s'envisager en douceur et sans témoins. Le "nettoyage" a pris forme sans effets collatéraux pendant un temps en l'absence des résidents. Mais ces "pauvres gens" n'étaient pas toujours en vacance de leur "home, sweet home" alors la technique a dû s'adapter aux circonstances sur le vif. Là, ça se corsait, vraiment.

Pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups? La voiture et la maison. Une visite impromptue pouvait redonner du tonus la "prospection". Le "Home-jacking" a ainsi fait son entrée, bien loin d'Arsène Lupin et de ses principes charitables. Les enfants de chœur ne faisaient plus partie de jeu-là. Ligotés les occupants, prendre le "directement utilisable" et les clés de l'auto dans le garage. Voilà le scénario de base. L'idée de retourner à la banque pour les casses suivants n'avait pourtant pas été perdue. On ne parvenait plus à prendre l'argent à la source, on allait se l'approprier par la terreur d'une tierce personne travaillant dans la banque avec otage interposé. Le "tiger kidnapping" a sorti ses griffes. La violence et le terrorisme nouvelle vague, cette fois. Plus on se montrait méchant, plus on avait du résultat. Prendre aussi des otages qui détiennent les clés de la banque et forcer ceux-ci à révéler la combinaison.

Il parait que les braquages sont en baisses. Les radios francophones en parlaient. Les assurances imposent de nouvelles sécurités dans leurs contrats à leurs clients.

L'imagination s'est mise, alors, tout doucement, au travail de l'autre côté de la barrière.

J'aurais pu humoristiquement titrer cet article de "Sale temps pour les voleurs" en comptant les degrés de sophistications nécessaire pour délester leurs concitoyens. Une "vie de chien" qui a de plus en plus de mal à trouver l'os à ronger car de l'autre côté, on commençait à se prémunir aussi contre les risques de tous ordres par les grands moyens. Pas nécessairement, toujours dans le bon chemin. Des quartiers protégés avec grilles, d'abord, des polices privées, ensuite.

Des systèmes de plus en plus sophistiqués de protection avec une ingéniosité sans pareil ont commencé à s'installer. Ça commençait par des serrures aux portes d'entrée de plus en plus sophistiquées, cela continuait par la porte blindée, armée avec des points d'ancrages multiples, les fenêtres renforcées à l'épreuve des chocs qui mettrons couche par couche à l'abri d'une intrusion non voulue. Ensuite, on est passé à l'environnement de vie lui-même. Des micro-villages, des villes dans la ville commencent à penser avec ses châteaux fortifiés retranchés derrière des grillages. Un Question à la Une lançait le 15 octobre 2008 le sujet avec un titre "Logements fortifiés, habitations de demain". Le top de la modernité ou le retour à l'époque du Moyen-Age?

Dans le même temps, les autorités vendaient leur job, leur semblant de sentiment de sécurité et de protection par les institutions de polices et de justice en place pour nous assurer de la meilleure vie possible et se plantaient souvent par l'ingéniosité et la complexité des moyens d'escroqueries et de rackets.

Le cinéma, internet avaient donné les ficelles et les idées du métier de cambrioleur. Le rôle de Mesrine est passés au cinéma récemment. Les spectateurs étaient partagés entre l'envie de voir le film et constater jusqu'où aller trop loin et la peur de le découvrir. L'Amérique, pays où la violence jalonne son histoire, nous avait apporté des modèles du genre et les Calamity Jane se sont succédés en y ajoutant audace et victimes. Les chausses trappes les plus diverses venaient en contre partie pour contrecarrer méfaits et holdups. Les séries télévisées adulées par le public dessinaient le portrait d'une société post 11 septembre déroutante et cruelle. Les coffres n'en seraient plus vraiment, donc pourquoi chercher à les ouvrir. Laisser l'accès au compte gouttes à l'argent disponible? D'autres banques taisent, depuis lors, les actions prises et laisseront la surprise sur le vif.

Le crime ne payerait-il plus ou la sécurité n'aurait-elle vraiment plus de prix? Elle se paye au contraire au prix fort. Nous assistons à un repli de chacun sur soi progressif. L'action de se protéger en réaction avec une insécurité grandissante et contre toutes incursions dans notre domicile est devenu le palliatif pour protéger un tant soi peu de biens ou de seul moyens d'existence. L'hospitalité ne faisait plus partie du vocabulaire dès l'entrée avec le paillasson "Welcome".

Un avenir de barbelés Plage.jpg

Avec les États-Unis pour précurseurs, nous sommes passés à la vitesse supérieure dans les "gated communities". Des quartiers entiers sont désormais entourés de barbelés ou de murs, de tours de guets, de gardiens armés qui surveillent, patrouillent en permanence et protègent des citoyens qui ne sont plus de la haute bourgeoisie mais se sont simplement réunis en comités protégés. Les "Country Club" qui se retrouvent souvent en Californie tel qu'à Palm Beach. Au Québec, cela inquiètait déjà en 2003.

Nouvelle manière de vivre qui s'est propagée aussi dans nos quartiers les plus privilégiés d'Europe. Conclusion: les plus de cinquante ans privatisent leur vie pour survivre mais sans plus vivre pleinement.

Les frais inhérents à l'installation de tous ces systèmes de sécurité font partie de la location. Le prix global a pris des proportions non négligeable bien supérieurs à celui de l'entretien d'un jardin. Pour la partie de ce "confort retrouvé", on compte minimum 150 euros par mois sans limites supérieures.

20081118Guantanamo retour.jpgPrisons à vendre? Ségrégation naturelle entre riches, moins riches et pauvres? Le "private" qui rend chacun chez soi en ne s'intéressant plus à l'autre.

A Mexico, les "privadas" fleurissent côte à côte, avec une infrastructure comprise de rues entières. Vivre en autarcie pour éviter le kidnapping et le meurtre. "BosqueReal" est équipé de mur, de caméra, de sa propre police patrouillant en permanence. Nous, riches et les autres.

Dans certains pays d'Amérique du Sud, ceux que l'on appelle "nantis" vont plus loin encore. Ils n'osent plus se déplacer en ville et cela même à bord de voitures blindées. Seul, l'hélicoptère leur est resté pour atteindre au départ d'un building un autre building.

"Absurdité du concept", disait une urbanise dans l'émission télévisée. Bulle sécuritaire pour éliminer ce qu'on ne veut plus voir. Le communautarisme d'"Indian Wells" impose aussi des règles internes strictes et punissables immédiatement. On se retrouve "flashé" à domicile dans ces quartiers de sécurité consentie dans l'extrême. Les portes ouvertes signifient une mise en garde et une punition à l'étape suivante pour éradiquer les erreurs à domicile même pour ses habitants.

"Développer les espaces publiques" n'est même plus envisagé. Qualité de vie, protection des enfants et ressemblance dans les relations avec autrui. Perte de pluralisme des idées aussi par l'homogèneté des relations. La communication virtuelle pour remède derrière les écrans d'ordinateurs.

Monaco est aussi devenu la ville de la sécurité par excellence. On y met le prix pour y entrer et pour garder cette place. Le droit d'entrée dans cette ville "select" n'est d'ailleurs pas à la portée du premier venu. Se promener dans les rues avec la panoplie de bijoux sortie des coffres a pour certains une valeur inestimable.

On s'assied de pied ferme dans l'égoïsme comme doctrine. Tout est bon et bien pour celui qui se préserve des regards de l'autre qui se trouve étranger devant les murs.

Patrick McGoohan vient de mourir. La série télévisée commencée en 1967, "Le prisonnier" est le reflet de notre monde actuel était-il dit. Village de sécurité, très "clean", mais aussi prisonnier. Télévisionnaire. 

Les états eux-mêmes se livrent au même raisonnement. Les murs "fleurissent" aux frontières des états. "Ces murs qui annoncent l'automne des démocraties". Des murs de la honte, aussi.

20090109Gaza.jpgIsraël, actuellement en fait les frais de ses volontés d'ignorer les voisins à vouloir construire des murs. Faut-il passer par ces extrémités dans notre monde de violence? "Gaz et Gaza sont dans un bateau" écrivait Paul Hermant de la RTBF. Rapprochement fortuit ou très révélateur? Histoire de tuyaux, de communications qui ne passent plus. "Tout part, mais rien n'arrive".  Il n'y a plus que le virtuel qui passe allègrement les frontières et tout le monde se réfugie derrière elles, comme si l'expérience de la ligne Maginot, du mur de Berlin qui a fini par tomber, de celui qui divise Israël du reste du monde, allaient tenir sans réactions des populations voisines. Gel politique. Internet blogueur qui se brûle dans la schizophrénie avec la violence, la guerre larvée et le racisme des extrêmes, sous le couvert de pseudos.

 

20090114Gaz Russie Ukraine.jpgSans vouloir transgresser les règles naturelles de sécurité, ne sommes-nous pas tombés dans les excès dans lesquels les autres n'auront plus droit de cité?

Un monde dans lequel, on ne se rencontrera plus que par GSM interposé, ou via Internet. Sera-ce, celui où on ne prêtera plus la moindre attention à son semblable?

En 1989, à la chute du mur de Berlin, les gens semblaient heureux de faire disparaître cette cicatrice. L'euphorie est retombée. On oublie vite. Les phobies s'auto-alimentent. En temps de crise, il y a encore plus d'incitation au vol et à l'envie.

Esprit de peur de l'agression gratuite ou non. Les causes, elles, sont plus insidieuses, moins reconnues: le moyen de réaliser en un coup, ce qu'une vie ne permettrait pas d'apporter.

  Un avenir de barbelés Domotique.jpgLes moyens, ce ne sont plus les barbelés, ce sont les moyens bien plus sophistiqués que l'on retrouve aussi de manière générale dans la domotique, une division de l'informatique appliquée. Effets secondaires ou dégâts collatéraux de la consommation? Rêve de sécurité ou cauchemar de la démesure?

20080629Radars BHV.jpgDe nouveaux extraterrestres prennent pieds chez nous pour nous surveiller en "Big brother". La sophistication n'a pourtant jamais donné toute la sécurité à 100%. Vivre en autarcie n'est pas encore à l'ordre du jour surtout dans un monde qui se veut mondialisé. Le risque est d'autant plus grand quand il faut sortir de ses murs de protection.

L'histoire étonnante d'un certain Christian Lestavel, "taupe" ou "indic" de son état, est caractéristique. Aujourd'hui, retraité, il avait écrit son histoire sous son "Nom de code: La Loutre". Toujours en marge de la société sans que personne ne connaissait sa situation à part ses patrons, il avait joué le rôle de flic et de voyou. Après des débuts "difficiles" dans lesquels vols et braquages avaient été monnaie courante, l'ex-taulard allait changer. Il s'était rangé mais rattrapé par son ancien destin, un commissaire lui avait proposé d'infiltrer le milieu. Coudoyer et étudier la pègre, il connaissait mais cela restait un jeu dangereux. Observer et remonter les filières de l'intérieur et faire tomber les têtes en flagrant délit. Tout un programme. Si ça tournait mal, il fallait encaisser et il le savait. Dans ce "travail", il remarquait que la police avait toujours un train en retard face à la logistique de pointe de ses nouveaux "collègues". La fameuse "longueur d'avance" qui fait toujours la différence.

Décidément, faudra-t-il mettre un tigre dans son moteur pour survivre contre les « tiger-jacking »?

Il y a, bien entendu, toutes les stratégies connues pour ouvrir son parapluie. Angélisme face à la progression de la violence pour ne compter que les points du passé? Une réponse aux problèmes, certainement pas.

Un quatrième film de Mad Max avait été prévu pour 2006. Il a été abandonné. Pourtant, la matière existe pour faire un projet en bonne et due forme dans l'actualité.  

Dans l'habitude de regarder vers son nombril pour le protéger, ce sera, demain, à qui sera le tour?

Ah, maudit pognon, maudit pouvoir, tu en auras fait des victimes sur ton passage!

 

L'enfoiré,

 

Libertés ou murs sur Agoravox?

 

Citations:

  • « La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel. », Roland Topor

  • "C'est au pied du mur que l'on voit le mieux le mur", Jean-Marie Bigard
  • "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.", Isaac Newton

 

 ------------- Extraits de journaux d'époque qui valent leurs piquants rocambolesques.

(19/01/2006) En 2005, des policiers ont retrouvé 459 voitures volées. Soit plus d'une par jour. Leur méthode? «Chaque matin, nous regardons dans la liste des véhicules qui ont été volés dans les dernières 24 heures. Qu'il s'agisse d'un vol simple, d'un car ou home-jacking.»  Certains pros retiennent d'une manière magique la liste des plaques par cœur, d'autres les notent toutes sur un papier. «La liste est encodée dans un lap-top que nous emportons dans la voiture», expliquent deux inspecteurs. Et tout en regardant attentivement les plaques qui défilent devant eux dans les rues, ils tapent sur leur clavier... En quelques secondes, leurs soupçons se précisent. Travaillant 24 h/24, les sept inspecteurs des huit sections de la brigade anti-agression parcourent les rues à la recherche du délit, le vol, l'agression... Certains sont à bord de voitures banalisées, d'autres à bord de véhicules de police identifiés. «Dans la voiture banalisée, l'un est en uniforme, l'autre non. Cela permet à celui qui est en civil de descendre du véhicule à la vue d'un suspect et de le suivre en attendant le délit.»  Et l'attente peut être longue... très longue. «Trois heures n'est pas une exception». «On le suit jusque quand il commet son délit. Mais il arrive aussi souvent que l'on se cache à un endroit précis.» Containers, poubelles sont des cachettes idéales! «Nous allons aussi chez des gens. Récemment, nous avons passé des heures derrière une porte à regarder par le trou de la boîte aux lettres!». Bâillonnée et attachée à son lit

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(24.02.2006, 12:42) La famille de la directrice d'une agence bancaire Dexia a été prise en otage par cinq malfrats. Sous la menace d'armes de gros calibre, la directrice a été contrainte de se rendre dans son agence située à Schaerbeek et de vider le coffre-fort de la banque. Le mari et la fille, âgée de 4 ans, de la victime ont été forcés durant ce temps de s'installer dans le véhicule familial. Les malfaiteurs ont pris la fuite à bord d'une voiture volée, qu'ils ont ensuite incendié. Les otages n'ont pas été blessés, selon la police.

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Lors d'un home-jacking, les auteurs jouent sur la terreur pour s'emparer d'une voiture et de cartes bancaires HEUSY Mardi, nuitamment, deux individus, encagoulés et gantés, sont entrés par effraction dans une maison située à Heusy. Un quartier cossu, situé à proximité du centre de Verviers. Une fois à l'intérieur de l'habitation, ils se sont directement dirigés vers la chambre à coucher, où dormait la propriétaire des lieux, une dame de 56 ans. Les auteurs étaient décidés à ne pas repartir bredouilles de leur excursion. Pour impressionner leur victime, ils l'ont tout simplement menacée avec une batte de base-ball, trouvée sur place. Pour que la terreur soit totale, les deux voleurs n'ont pas hésité à attacher leur victime à son lit, ainsi qu'à la bâillonner. Une fois neutralisée, les deux individus ont eu tout le loisir de visiter les lieux, de s'emparer des clés de voiture, de quelques objets ainsi que de trois cartes bancaires. Avant de prendre la fuite, ils ont obligé la propriétaire à leur donner les codes des cartes. La voiture retrouvée à proximité. La police a rapidement été avertie des faits. Accompagnées d'un chien pisteur, les forces de l'ordre n'ont pas mis beaucoup de temps à retrouver la voiture, une Volkswagen Golf achetée récemment. En effet, le véhicule, abîmé à l'avant, se trouvait à quelques centaines de mètres du domicile de la victime. Une enquête a été ouverte pour retrouver la trace des agresseurs. Le labo de la police a analysé le véhicule pour retrouver d'éventuelles preuves. Actuellement, les deux gaillards sont toujours dans la nature. Quant à la victime, même si elle n'a pas été blessée, elle a tout de même été fortement choquée par cette violente attaque.

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Du 4 août au 2 décembre 2005, cinq sac-jackings ont eu lieu au même feu rouge. Les sac-jackings se suivent et se ressemblent. Les malheureux conducteurs sortant du Ring pour se rendre à Crainhem ont tous vu leur vitre passager voler en éclat et leur sac partir entre les mains de deux jeunes gens, vêtus de pulls à capuche. La police est maintenant certaine qu'il s'agit à chaque fois des mêmes auteurs.

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(11 avril 2006) Reconstitution d'un home-jacking. Une propriété a revécu, hier matin, le home-jacking avec séquestration dont ses habitants ont fait l'objet. Le parquet a en effet procédé à une reconstitution des faits, en présence de l'ensemble des protagonistes. Cela a permis de mieux déterminer le rôle joué par chacun des quatre suspects, même s'il reste encore des zones nébuleuses.

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Attention : dans la hotte du brave saint Nicolas peuvent se glisser certains jeux vidéo vendus sur le marché belge et qui sont de véritables manuels initiant à la violence extrême.Le responsable de l'École des cadres de Charleroi pour le Service provincial de la jeunesse du Hainaut est indigné par cette dérive. St Nicolas n'enseigne pas le car-jacking. Un bijoutier a été victime d'un home-jacking dans la nuit de samedi à dimanche. Deux individus armés ont pénétré au domicile du bijoutier, l'ont ligoté et se sont fait remettre, sous la menace, les clés de son véhicule et de la bijouterie. Après avoir quitté le bijoutier immobilisé, les deux hommes se sont rendus à la bijouterie, sans savoir que leur victime avait pu se libérer de ses liens et qu'il avait averti les forces de l'ordre.

 

26/11/2008

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir?

Le soleil levant, un soleil du rouge au noir drapeau.jpg 

 

Après le Japon qui en son temps faisait trembler les producteurs de voitures d’Occident, la Chine, la Corée et bien d'autres de l'ASEAN remettaient le couvert. Le soleil High Tech japonnais, l'Hinomaru, la techno, la petite auto prennent-ils, cette fois, un coup de soleil noir?

 

Le 11 janvier 2006 et le 10 décembre, deux «Questions à la Une» à la RTBF posaient la question «Les voitures chinoises vont-elles envahir le monde», "Comment faire fortune en Chine, rêve ou réalité" . On n'en est plus là, même chez les précurseurs.

Le journal L'Écho du 27 décembre 2007 titrait « L'économie japonaise subit un coup de sabre ». Il s'agissait, alors, d'une crise du logement sans précédent initiée par la réduction des coûts et suivie par des milliers de personnes qui devaient quitter leurs logements menacés d'effondrement à la moindre secousse tellurique. Image de marque globale : « Les clients voient un tricheur derrière chaque assureur ».

Le même journal du 15 août 2008 titrait « La croissance du Japon stoppée net dans son élan ». Premier recul de son PIB et du BoJ. Tout le monde boudait, difficile de relever ses taux, malgré l'inflation en tenant compte de la régression économique, était-il dit. En janvier, exportateurs, le Japon craignait la récession aux USA.

Celui du 21 novembre 2008, cela se précise: "Le Japon était déprimé, ses exportations vont l'achever". Plus loin: "La panne automobile fait tache d'huile, pas d'embellie attendue avant 2010".

En 2003, en effet, le Japon a pu sortir de la récession grâce à ses exportations. Cette fois, la balance commerciale est en déficit en octobre pour la première fois depuis 2001, alors que certains analystes tablaient encore sur un excédent de 80 milliards de yens. Le mois passé, l'excédent des importations par rapport aux exportations a dépassé les 510 millions d'euros soit une chute de 7,7%.

La crise de l'automobile, aujourd'hui, entraine tous les marchés de l'automobile mais aussi de la sidérurgie, du verre, du plastique, de l'électronique technologie, de la motricité, vers des problèmes imprévus. Même la dégringolade du prix du pétrole au tier du prix de l'été ne parvient plus à enrayer la chute de la demande en véhicule.

Aux États-Unis, GM, Ford demandent des aides d'urgence aux gouvernement et met en chômage technique ses travailleurs. Il y a peu, à grand renfort de rabais qui rabotaient leurs profits pour ne s'élever produit chez Daimler Chrysler de 186 $ par véhicule, de 139$ chez Ford et tomber en perte chez GM de 1200$. En octobre, les exportations nord-américaines avaient baissé de 18,2%, en l'Europe de 17%.

Le produit chinois phare de l’usine Chery Automobiles était récemment la QQ, petite voiture citadine aux couleurs acidulées. Son prix trois fois moindre que la concurrence occidentale (3.000 euros plancher) était son principal atout. L’aspect sécurité qui n'était pas au même niveau que la voiture occidentale, n’était pas une raison «sine qua non» pour se lancer sur les marchés. L’airbag ne sert que rarement et on ne le voit jamais dans une voiture. Vingt voitures par dix milles habitants comme marché intérieur semblaient ouvrir des perspectives alors que les marchés occidentaux étaient souvent saturés. Les pièces de rechanges restaient le marché principal avoué pour l’exportation aux ¾ de la production chinoise. La Passat, «made in China» restait pourtant l’équivalent de 18 années d’un salaire moyen local. En demi secret, la VW Shanghai travaillait, en étroite collaboration, mais ne divulguait pas les différences existantes entre les modèles destinés à la consommation intérieure et celle vers l’extérieure. L'année passée, le producteur chinois «Brilliance Automobile» était fière de sortir une voiture 100% chinoise de très grand luxe pour à peine 15.000 euros. Société chinoise de l'automobile qui était la première à être cotée à New York. Contourner le protectionnisme latent des vieux continents, se plier au mieux aux règles de sécurité et de pollution minimum étaient la préoccupation majeure.

Les Chinois, c'est une bonne entrée en matière, mais l'Asie du Sud-Est voulait aussi une part du gâteau de la scène mondiale. D'ici 2015, elles s'étaient engagés à prendre place de pied ferme dans le grand marché commun. Les tensions ne manquaient pas dans cette zone de libre échange en progrès constant. Prêt, pour cela, à éliminer les droits de passage sur quelques 80% des marchandises exportées. 38 milliards de dollars de fonds en 2005 participaient au redressement spectaculaire et 2006 voyait une progression de 90%. Le but final, clairement annoncé, était de conquérir le marché mondial de l'automobile.

En Chine, cent euros par mois pour un travail de 40 heures semaine était la norme du manque à pouvoir dépenser. Ce qui veut dire que la consommation intérieure n'est pas prête à renverser les pertes de l'exportation.

Les sinologues rappellent pourtant que la classe ouvrière chinoise ne s'améliore pas et pourrait même se dégrader.

2008. Douche froide. Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Toyota.jpgHonda et Toyota doivent revoir leur production. Après une stagnation et des taux d'intérêt au plancher de 0%, les courbes de la Bourse japonaise avaient pourtant repris du poil de la bête sous forme de Dragon ou d'autres prédateurs aux crocs acérés. Amusant, on lisait: Les Japonais auront le téléphone dans la peau.

LLe soleil rouge un soleil noir Voitures.jpge Japon ne tient pas mieux de la forme, même si la liquidité de ses banques est la plus importante dans le monde. Mais des liquidités, pourquoi faire? Des restructurations drastiques, un meilleur rendement assuré n'assurent pas mieux la vente de la production. Pas de crédits demandés par les entreprises. Répartir, alors, les liquidités dans la population? Qui dit que les habitudes ancestrales d'épargne ne vont pas pousser les Japonnais à épargner plus encore en ne réinjectant rien dans l'économie du pays? Le département de R&D, la robotique et le vieillissement de la population pourraient donner un coup de fouet.

Un ajustement plus fin encore, en fonction de pays où s’implanter, devrait parachever le travail d’incursion dans les marchés extérieurs.

La crise vient de changer complètement la donne dans un monde des entreprises, déboussolé.

LLe Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Tata.jpg'Inde, elle, s'est mise dans le grand jeu la technologie à haute performance mais à bas prix. Prix de production qui ne sont, aux dernières nouvelles, pourtant plus à l'abri des hausses revendicatives des salariés. La première Tata est sortie et est électrique en plus. Là, se trouve peut-être le futur de l'automobile dans un marché encore très peu développé ailleurs.

L'ASEAN (Association des nations d'Asie du Sud Est) devra trouver encore d'autres tours dans son sac. C'est clair.

Amélie Nothomb, née au pays du Soleil Levant, avait, en son temps, parlé de son Japon dans "Stupeur et tremblements" avec la comparaison entre la vie à l'occidentale et la "japonaise" au bureau, avec "Ni d'Eve ni d'Adam", dans l'intimité d'un coupe mixte.

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Ecologique.jpgLe Système Toyota avait-il eu plus de chance de rendre plus heureux par le travail? Les yakusas (sabre, respect et honneur), les Samouraïs ne sont pas si loin. Le Japon pris entre traditions et modernité, le livre "Tokyo mirage" d'Anne Rambach terminait sa trilogie dans le Japon des sokaiyas, escrocs vivants de racket et chantage auprès des entreprises. Le Japon est l'un des pays les plus fabuleux du monde, est-il dit avec amour par une japonaise. Je m'en voudrais de ne pas en faire écho.

 ELe soleil levant, un soleil du rouge au noir Salon.jpgn janvier prochain, le salon de l’automobile de Bruxelles, un surplus de publicité pourra-t-il tenter le "prospect" pour qu'il devienne « client »? Car, rien ne va plus.

Jusqu'à récemment, les Japonnais étaient passés du stade de fourmis, avec le mouvement du repli sur eux-mêmes, humbles ou guerriers, à celui de la cigale, en commençant à dépenser. Le taux d'épargne du Japonnais était passé de 23,5% en 1975 à 11,4% en 1997 et 8% en fin 2007. Pourquoi continuer à épargner? Les taux étaient ridiculement bas. Retour à la case départ, dans ce jeu de l'oie avec l'air du temps?

La jeunesse au travail semblait obnubilée par le besoin de faire du chiffre avec fierté et nationalisme. En sourdine, le taux de suicides élevé, parmi les jeunes prouvaient, par contre, que ce n'est pas la panacée du bonheur. La geisha, le kimono, le jardin japonnais sont peut-être présents même comme vestiges d'une culture ancestrale. "Le sumo, emblème de ce monde de tradition, luttait déjà pour sa survie", pouvait-on lire.

RLe soleil rouge un soleil noir Caviar.jpgire jaune, ni ici, ni là bas ne sera désormais plus "la" solution. Rire en multicolore avec le cérémonial de la tasse de thé devant soi? Tout n'est pas caviar. Les occasions de sourire de l'actualité japonaise sont, disons-le franchement, plutôt rares. La discrétion maladive, austère et complexe, remplace sa formidable expansion économique des années 60 et 70. Deuxième puissance économique de la planète, premier créancier des États-Unis, le Japon subit une paralysie politique, des salaires qui stagnent. L'archipel broie du noir, même les coiffures des femmes en attesterait par leurs coupes courtes, reflet de la mauvaise humeur.

On écrivait pour les États-Unis : "l'un des indicateurs qui s'est constamment amélioré aux Etats-Unis, la productivité, pourrait être le signe le plus évident de la dégradation de la gestion américaine". Le Japon précède même cette productivité. Est-ce l' "Arnaque à la productivité?", comme constatait Henry Mintzberg, professeur de gestion à Montréal.

Ailleurs, je lisais: "Il faut ressusciter les esprits animaux". La compétition chez eux, n'est pas une affaire de fric, mais de survie.

Une autre histoire, un retour aux sources, donc, que l'on devrait peut-être redécouvrir dans ce monde qui est devenu un si petit village dans lequel tout se tient, tout vit ou tout meurt ensemble. 192 milliards pour relancer l'économie... 

Encore un peu plus de karoshi, pour faire passer la pillule? N'oubliez pas de réserver la chambre capsule à Tokio, si pas le temps pour rentrer chez soi.

Alors, un petit coup de rouge, à la méthode japonaise? C'est de saison et c'est pas mal pour l'ambiance?

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Beaujolais.jpg 

L’enfoiré,

 

Sur agoravox même article

 

 

Mise à jour 26/12/2008: Au Japon, effondrement sans précédent de la production industrielle

.................. 05/03/2009: Le Nouvel Obs titre ""Japon, les "freeters" dehors". Fini l'emploi à vie, base du consensus social japonais. Les entreprises licencient. Les premiers touchés sont l'armée des travailleurs intérimaires, les "freeters". Même Toyota...   

................... 17/08/2009: Le Japon sort de la récession mais on reste très loin de l'euphorie

................... 30/08/2009: Le succès du parti démocratique contre le parti libéral présent depuis plus d'un demi siècle, prouve qu'il fallait changer de cap. Un article, peut-être, "Le jour où le Japon s'est éveillé".

 

 

Citations: 

  • « Le génie a cela de beau qu'il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble. », Honoré de Balzac

  • « Il y a deux genres de personnes, ceux qui font le travail et ceux qui en prennent le crédit. Tentez d'être du premier groupe ; il y a moins de compétition. », Indira Gandhi

 

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