03/07/2009

Un Geek avant l'heure?

Suis-je Geek avant l'heure Naissance.jpgCette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?

 

Le N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.

Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?

Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.Suis-je Geek avant l'heure Password.jpg

La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.

- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.

- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.

"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.

Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.

Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.

Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.

Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.

Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.

"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.

"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.

"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?

Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.Suis-je Geek avant l'heure.jpg

Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.

- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?

- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?

- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.

- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.

Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.

Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.

On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?

Suis-je Geek avant l'heure Paradis.jpgDe la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».

- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.

M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.

On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.

Ils sont vraiment ignares ces geekless.

Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.

Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».

Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?

Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur.

Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.


L'Enfoiré,

(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre" 

Des Geeks agoravoxiens?

29/10/2008

Journal d'une quille

 Journal d'une quille_Youpie.jpgQuand la retraite sonne, on ose espérer qu'elle ne sera pas celle de Russie. Voilà, la suite de "l'après travail".

Du "Gendarme et les Gendarmettes" à Saint Tropez, avec de Funès qui avait pris sa retraite forcée, du film « Le Chat » avec Jean Gabin et Simone Signoret, on s’en souvient et cela fait réfléchir sinon avec une certaine crainte le jour où il faut raccrocher son tablier après une carrière pleine. Rappelez-vous en guise de "testament professionnel", j'avais écrit "Et si c'était à refaire". En fin de texte, je le léguais à tous mes anciens collègues et amis.

Le show théâtral que j'avais organisé et présenté alors est maintenant dans ma librairie de DVD, consultable à désir, c'est à dire, sans en perdre la mémoire. "Rock around the clock" avais-je nommé cet événement.

Alors, on se souvient à revoir les images à cadence accélérée de ces nombreuses années qui ont précédé ce "passage".

L'histoire, le premier chapitre, reprenait les différents moments cruciaux, à plus d'un titre, d'une carrière.

Le suivant envisageait l'avenir avec un peu de circonspection à se demander de manière humoristique de ce qui allait se passer, du côté qu'on allait quitter et de celui plus intimiste de l'autre côté du miroir.Journal d'une quille_Inquiétude.jpg

Le troisième avançait les solutions envisagées pour combler le temps par les hobbies disponibles et les conquêtes en kilomètres du côté bien physique.

Le dernier, enfin, était plus nostalgique.

"Préparer vos mouchoirs" m'avait semblé le plus adapté à la situation du départ.

Très vite après que les flonflons du bal et que les lumières se sont éteintes, un collègue, curieux, qui me suivait depuis toujours dans mes écrits, m'a demandé de tenir mes mémoires de jeune pensionné à jour. Il était certes intrigué du comment cela se passerait l'"après". Surtout qu'un précédent, pas joyeux du tout, restait quelque part dans notre mémoire. Me connaissait-il au point d'y voir quelques problèmes potentiels?

L'habituel "Loin des yeux, loin du coeur", ne sera-t-il plus de rigueur cette fois?

Bien avant cela, lors de l’annonce de la décision de changement de cap, elle-même, comment les choses se sont-elles passées? La réaction avait été simple, surprenante à plus d'un titre: ma moitié a verser une larme instinctive plus ou moins chaude. Etait-ce dû à l'obligation du temps ou le dérèglement de la boussole interne? Une nostalgie par les deux bouts? Une crainte secrète? Je n'ai pas cherché à en trouver les racines.

Journal d'une quille_Décideur.jpg"Une retraite dorée, cela se prépare jeune" était-il dit dans un Echo en août 2008. L'or, ce n'est pas vraiment mon truc, le fer, non plus. A la pension, les revenus diminuent et surtout se dire qu'on ne se refait pas aussi facilement. J'y reviendrai. On reste attentiste lors de la première paye "extra work". Au départ, elle est même arrivée par une gentille postière qui vous demande de signer la petite case de réception. Là, on sent l'âge qui vient d'un coup.

A bord du "home sweet home", la nouvelle recrue allait prendre une partie de territoire. Allait-elle pouvoir se percevoir et s’exercer sans heurt? Devoir partager après tant d'années de décisions unilatérales.

Chacun ses marques, chacun ses repères, ses prérogatives et tout restera dans l’ordre, se dit-on. Oui, mais, c'est de la théorie.

Journal d'une quille Boulot.jpgCela est question de caractère et de capacités. Carla Bruni disait récemment : "Le principal sujet sur lequel je ne suis pas d'accord avec mon mari, c'est la cuisson des pâtes". Je dirais que de ce côté, il n'y aura jamais de problème. Et si c'était nécessaire, on avisera.

Cette fois, il y a deux patrons à bord dans des domaines différents et cela pendant la durée complète des 24 heures pour de nombreuses années, en principe. Tout dépendait de l’incrustation dans les activités d’avant de chacun. Un certain "job protection" s'est instauré dans l'habitude. Très vite dessiner les contours des champs d'application assignés à l'un ou à l'autre s'impose. Les domaines d'influence sont bien définit? Tant mieux. Mieux vaut ne pas avoir trop de redondances de charges et de préoccupations. Alors, "pollons" dans l'extra, pour ne pas dire extrapolons.

Le choc des Titans, alors ? Pas vraiment, du tout.

Rassurez-vous, très vite, les choses ne vont pas fondamentalement changer. Chacun fera ce qu'il avait l'habitude avant l'"élément perturbateur". Le secret de la sagesse est dans la préparation à l'événement. La confiance est ce qui reste quand les troubles commencent. La crise des marchés et de la finance actuelle en est un reflet tout particulier.

Comme je l’avais entendu de nombreuses fois, il paraissait au vu de l’expérience de certains « précurseurs » que le processus d’abandon de la vie active n’allait pas calmer le jeu. Le stress et les travaux inutiles n’allaient pas vraiment quitter les rivages dans cette nouvelle vie. Journal d'une quille_Papy.jpgAlors après coup, après un temps de recul, que s'est-il passé sur le terrain de l'action?

Des chambardements, des déchirements?

Non, à l'ouest, là où le soleil s'en va pour s'endormir, rien de vraiment nouveau. Mais à l’Est, un peu de chambardements à consentir de part et d’autre. C'est évident.

Comme je le disais, lors de mon sketch, il a fallu mettre de l'eau dans son vin, limer ses ongles toutes les semaines, se tenir à carreau, parfois, et présenter un look pas trop avachi comme spectacle quotidien. Dans l'espace disponible, il faut dessiner et s'approprier des espaces temps.

Le conjoint à ses raisons que la raison personnelle ne connaît pas toujours. C'est vrai. Egalité des droits et responsabilités partagées pour définir le champ d'application.

La fleur bleue, c'est pour les "Contes de mille et une nuits". En effet, il s'agit de plus qu'une nuit avec les journées en plus. Tant qu'on ne regrette pas le patron d'avant, rien de perdu.

Celui-là avait des raisons incontestables que l'on ne digérait pas vraiment non plus. Cette fois, il faut accepter des raisons plus terre à terre loin du côté cartésien et drastique qui a été le sien. En cas de troubles, cherchez l’erreur de son jugement est la première réaction salutaire. Le problème le plus épineux, c’est quand on n’en trouve pas et que le langage est manifestement à des altitudes différentes. Les discussions ont encore leurs mots à dire, heureusement.

Car, qui dit, discussions, dit aussi parfois, contestations. Méprises et malentendus finissent par succéder de part et d'autres.

Baisser pavillon, c'est gagner ou perdre dans l'habitude. Surtout ne pas faire semblant, ni s'évader dans des faux fuyant.

Pas question d'imposer sa culture, sa volonté en exclusivité quand elle existe dans l'autre. Le compromis "à la belge", toujours lui, n'est pas si mauvais en définitive. Trouver et garder ses marques personnelles et ses projets d'importances graduelles. Il y a la façon de dire les choses, il y a aussi l'espace et le temps qu'il faut choisir avec le plus de précision et d'efficacité.

Quadrature du cercle? Non, simple décision de départ de vouloir établir des normes, des territoires, des potentiels et compétences communs ou complètement dissociés.

Les interfaces entre les compétences très différentes n'ont pas trouvé les meilleurs outils. Les mots assassins qui s'amusent à casser l'ambiance, s'abstenir. On ne les ressent tel quel qu’après les avoir prononcés. Dommage. Si les meetings d'antan entre collègues ont généré des difficultés dans le passage d'information, on s'aperçoit, étonné, qu'on change seulement de registre.

Alors, il est vrai qu'il y a des périodes où on découvre beaucoup d'images mais un peu moins de sons. Jeux d'actions et réactions qui ne peuvent pourtant pas perdurer trop longtemps. La bouderie n'est pas la solution. Il faut oublier très vite et passer à l'étape suivante. Principe de précaution, toujours présent. En fait, rien de vraiment différent avec l'avant.

Les projets peuvent être très différents. Mais il faut les accommoder, trouver des trucs et des points communs.

Journal d'une quille_Tour du monde.jpg"Et, à la retraite, il y a les voyages", pensent ceux qui sont au travail. On ne peut être en vacances tout le temps. Ce ne serait plus des vacances. Le jardin ou le bricolage, faut aimer. Ce n'est pas mon cas. Le jardin a pour moi une seule justification : la seule beauté des yeux. Après avoir passé près de 40 ans à créer ou à "tripoter" les programmes, cette fois, j'en suis devenu l'utilisateur. L'écriture et Internet ouvrent des appétits de la connaissance. Connaître, avant de prendre le large, les activités, est le besoin majeur que je conseillerais à tous. Lire est une occupation que l'on peut se permettre avec plus de temps. Il n'y a plus seulement les bouquins techniques. Il y a un temps pour tout, même pour le changement. Il arrivera certainement dans un futur proche de "jeunes pensionnés" qui se lanceront dans de multiples vies de traverses.

Je n'ai pourtant pas ressenti ou voulu ressentir un changement structurel dans le timing. Se lever, se coucher à la même heure, faire les choses aux moments habituels. Réserver le week-end pour des tâches extra quotidiennes. Tous les jours sont des jours de congé mais, il vaut mieux garder des "miles stones", des breaks, question d'en garder la mémoire. Le weekend, le jogging et le vélo en flânant et en regardant la nature avec des yeux différents. Un jogging sans oreillettes et avec dans le dos la mention "Arrêts fréquents". La compétition, c'était pour une autre vie, si, seulement, elle a existée un jour.

A d'autres moments, le PC devant moi, la radio en stéréo, la fenêtre devant moi, le "chat" (non, pas l'animal) pour l'image et le son. Why not? (l'anglais, ici, choisi pour la mémoire aussi...)

Peu importe les problèmes et de la manière, du moment qu’il reste l’ivresse et l'humour.

Cela fait deux ans que j'exerce ces nouveaux talents dans l'ombre.

J'écris beaucoup. Chacun son truc en plumes. Mais, je cours, je vélote, je parlote à un rythme différent. La nature prend plus d'importance. On prend le temps pour faire plus que la voir, on la regarde.

Je peux déjà vous confirmer que le temps passe aussi vite que dans ce qu'on appelle la vie inactive.

Extrapolons, une nouvelle fois, puisque l'actualité m'en donne l'occasion. Le 21 octobre 2008, la RTBF consacrait une émission destinée à ceux qui ont pris leur retraite et sur la question de "Vivre longtemps, vivre content?". Troisième ou quatrième âge? Peu m'importe du moment que l'esprit jeune demeure, était-il dit.

Décidément, on commence diablement à s'intéresser à ces "p'tit vieux" qui sont toujours très intéressant financièrement. Deux jours après, RTL en remettait une couche avec sa "Spéciale Longévité" dans "Tout s'explique". On y présentait un chirurgien de Loma Linda en Californie de 92 ans qui dirige trois à quatre opérations à coeur ouvert par semaine. Sur l'île d'Okinawa, on défie le temps avec 900 centenaires, quatre fois plus qu'ailleurs. A Ovadda en Sardaigne, mêmes phénomènes! Relation entre le passé et le présent, avec son environnement et la discipline des exercices physiques, du climat, de la nourriture, d'un certain adventisme et de l'oubli du stress, concluait-on.

Sur Wikipedia, pour expliquer le phénomène de la prise d'âge, on trouve : "La formation de radicaux libres dans l'organisme est constante et indissociable de la vie dans une atmosphère oxydante, mais les excès dépendent de facteurs extérieurs tels que le stress, la fatigue et l'exercice physique intensif, la consommation de tabac, d'alcool, les pollutions atmosphérique, ou encore par des rayons ionisants, tels que les rayons X."

Alors, pourquoi ne pas décider d'être radicalement libre dans une discipline de "la tête et les jambes"? Ouvert et sans peur en veillant un peu à la carrosserie et un peu plus du côté moteur, avec l'eau vive.

Un enfoiré est difficile à vivre, mais on assume de bon coeur. Autant savoir.

Main dans la main et dans la franchise mais sans ataraxie, je suis candidat. 

Yves Pujol disait dans un de ses sketchs "J'adore ma femme".

De l'humour, il en avait dans ce sketch. Et de l'humour, il en faut.

Alors, si on terminait ce billet par deux vacheries pour confirmer ce qui vient d'être dit?

L'une rappelée à l'occasion justement à l'occasion de ce "Vivre longtemps, vivre content?" par Paul Hermant de la RTBF:

C’est l’histoire d’un type, disons qu’il s’appelle Marcel, qui, le jour de ses 70 ans, décide de bouleverser totalement ses habitudes afin de préserver sa santé et de vivre plus longtemps. Il se soumet à un régime strict, il fait de la course à pied et de la natation et il prend des bains de soleil. En l’espace de trois mois, Monsieur Marcel perd treize kilos et demi, réduit son tour de taille de quinze centimètres et augmente ses pectoraux de treize centimètres. Mince et bronzé, il décide de couronner le tout en offrant à ses cheveux une coupe d’athlète. Mais un bus le renverse juste au sortir de chez le coiffeur. Allongé sur le sol, moribond, il s’écrie « Dieu, comment peux-tu me faire ça à moi ? » Et une voix venue des cieux lui répond : « A vrai dire, Marcel, je ne t’avais pas reconnu ».

Journal d'une quille_Momie.jpg

 

L'autre histoire dite par Jacques Balutin aux Grosses Têtes est plus dure encore:

"Un homme sur son lit de mort à sa femme à côté de lui.

- Chérie, tu as été une femme exceptionnelle. Tu as été toujours à mes côtés.

- Oui, chéri, soupire-t-elle.

- Le jour où j'étais malade, tu étais là. Le jour où j'ai été viré, tu étais là. Le jour où je suis tombé en faillite, tu étais là. Et maintenant que je suis à la fin, tu es toujours, là. Tu sais, quoi?

- Non, mon chéri adoré.

- Je crois que tu portes la poisse."

 

Journal d'une quille_Triste.jpgMoi, l'Enfoiré, j'ai osé la raconter. Mon épouse en a ri, aussi. Donc, pas de problème. La liberté, c'est ça, aussi.

 

L’Enfoiré,

 

 

Citations:

 

  • "Cette chose plus compliquée et plus confondante que l'harmonie des sphères : un couple. », Julien Gracq

  • « Si le sommeil ne séparait pas les couples, il y aurait deux fois plus de divorces. », Philippe Bouvard

  • « Les couples sont de quatre espèces : toi et moi égale toi, toi et moi égale moi, toi et moi égale nous, toi et moi égale toi et moi. », Gilbert Cesbron

  • "Je m'empresse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer", Beaumarchais 
  • "La forme à vélo, ça va, ça vient, c'est cyclique", Philippe Geluck

22/08/2008

Taire le silence

b89041a1c0c03c81667b2a338de7f267.jpgFini les complexes, pouvait-on penser en mai 68 après avoir tenté de briser des barrières. Et pourtant, il y a beaucoup de nids de poule sur la route des pensées et des mots. Nous allons le voir dans la forme et dans le fond.

 

Plus facile de le dire que de le faire. Le silence est d'or et souvent, il dort.

La plupart des familles ne laissait pas parler leurs enfants. Une prise de conscience s'est révélée au grand jour en mai 68 et puis s'est rendormie.

A l'école, souvent, la communication allait trop souvent dans un sens et pas dans l'autre pour en rechercher par l'analyse une certaine vérité logique.

Adulte, rebelote. Les amis, les employeurs en ajoutent une couche. Trouver la ligne médiane devient périlleuses. 

Le monde du travail est un des lieux de rencontres et donc de conflits potentiels. Le patron a ses idées qu'il ne faudrait pas trop contrarier pour garder sa place. Se rebeller revient à se fâcher et à rugir devant tout son entourage. La relation parent enfant est toujours présente. Le dominant qui a une emprise sur le dominé. Pour vivre heureux, vivons caché, est-il dit quelque part dans une charte implicite. Serait-ce "Marche à l'ombre"? Trop de "cadavres" dans les tiroirs, trop de dangers à exprimer son ego?  Le respect, la compréhension de l'autre, l'égalité des rapports sont pourtant les plus fructueux au moment du choix de vie et de société. L'équilibre des idées est bienfaisant. Le tempérament se fera ressentir durement s'il rabaisse et persécute par les moyens de l'intimidation. Faire des concessions en mono directionnel n'est pas la panacée. Les idées ne se sont pas réfugiées dans les seules têtes dites pensantes. Pas de gourous dans le jeu de quilles. Adoucir son comportement est le seul moyen de sortir de cet étau et en imposer un autre à son interlocuteur. Gérer son stress par l'affirmation de soi, aussi. Déculpabiliser et raisonner pour reconnaître le bénéfice général. Où sont les limites de chacun? Une seule démonstration par l'absurde pourrait suffire pour les trouver.

Il n'y a pas besoin de perfection pour émettre une idée. Pas besoin de trouver l'église au milieu du village. Un peu de confiance en soi suffit. Chercher les idées et les personnes solidaires au projet, connaître ses limites personnelles, sont les vertèbres d'une bonne négociation. S'il y a échec malgré un bon dossier en béton en chercher la raison. Désaccord chronique? Normal, il y aura toujours des chemins parallèles et des adversaires par nature. S'il n'y en a pas, passer à la foi, bien sûr.

Etre extraverti peut aider, bien sûr. La timidité, c'est l'interlocuteur qui en profitera. Il faut se rendre compte que, lui aussi, a le même problème de communication. Alors, dans un suprême effort, on parle du temps qu'il fait. Comme si l'originalité n'avait pas cours à bord des relations humaines.

Et nous ne sommes encore que sur la 2ème marche de l'adulte après celui de la famille.

La vie en société est régulée par des règles et des lois. Si le harcèlement moral est puni par la loi chez nous, c'est de moins en moins le cas ailleurs comme nous allons le constater. Cet ailleurs n'est d'ailleurs pas toujours où on croit qu'il est. La diplomatie s'en mêle et elle n'est pas universelle.

La Chine et l'Inde sortent leurs griffes avec un arsenal de bonnes volontés mais aussi des coutumes qui peuvent avoir des aspects négatifs. Au Japon, depuis plus longtemps en lice, nous sommes arrivés à un tel abrutissement des chaînes de travail dans lesquelles tous les regards se tournent vers le groupe, vers la hiérarchie et non plus pour chacun de ses membres.

Amélie Nothomb, avec sa sensibilité occidentale, en avait parlé dans son livre "Stupeur et tremblements". Alors, cela craque parfois par le stress s'il n'y a pas de soupape de sécurité. Dans le passé, on inventait un épouvantail, avec la tête du patron en effigie, dans lequel tout travailleur pouvait se défouler. Plus récemment, les jeunes se réunissent et veulent se donner des impressions d'exister. On s'habille de manière excentrique, on copie les bandes dessinées. Les "Mangas" sont des bandes dessinées. Elles sont aussi les signes d'une errance de plus en plus marquée de cette ambiance en porte parole d'une jeunesse en mal de soi. On veut désormais jouer le rôle de ce héros en papier mâché qui n'est pas soi. On symbolise encore une fois. De jeunes cadres se payent un espace temps très limité, heureux de se trouver ensemble, en cachette, dans des accoutrements totalement inappropriés à leur fonction. Sont-ce leurs "Sakés soirées"? Est-ce pour oublier qu'il faudrait, peut-être aussi sortir, un jour, de ses gongs. Est-ce à long terme la manière de rompre avec les carcans? On se tait et on travaille sans plus réfléchir.

Nous y sommes. L'argent dans les pays développés s'est arrogé le droit de parler en représentant de tous. Dans ce cas, il ne restera que la solidarité comme remède. Une balance avec une personne et un million de dollar dans un plateau avec un million de personne avec un dollar dans l'autre.

Le tsunami nous a beaucoup occupé l'esprit en son temps à la Noël 2004. Une collecte mondiale a été au secours des populations sinistrés. Élan de solidarité sans précédent. Dans les bénéficiaires, nous avions le Sumatra et Banda Aceh dont on n'ignorait l'existence avant la catastrophe. Qu'apprend-on aujourd'hui? Les dégâts de la catastrophe sont toujours visibles. Par contre, aussi, un retour de bâton dans cette vitrine de La Mecque. L'obscurantisme a été utilisé pour museler les populations. Les châtiments corporels par la charria sont au programme. Baiser voler ou regards furtifs sont pénalisés sans pitié comme pour de véritables "criminels". Alors, parler, on n'y penserait même pas. Lois d'un autre temps, qu'il faudra également un jour éclaircir dans ses tenants et aboutissants. Les talibans en Afghanistan n'ont pas encore dit leurs derniers mots dans cet obscurantisme désiré et le non respect des femmes.

Nous arrivons cette fois au dernier étage. Là, c'est, d'après le dicton qui se veut révolutionnaire: "La dictature, c'est, ferme ta gueule. La démocratie, c'est, cause toujours".

Les élections sont devenues dans les démocraties trop abstraites, trop éloignées des problèmes au jour le jour. Les référendums, en prenant en compte les minorités culturelles, bien plus concrètes, font, eux, peurs aux politiciens des démocraties. Il faudra qu'ils expliquent ce sentiment de rejet.

Le journaliste Paul Hermant tenait une chronique sur La Première belge et ce n'était, comme d'habitude, pas innocent.

"Hier, parce que le téléphone a sonné et que j'ai été toute la journée en contact avec des gens que je connaissais pas, je pensais vous faire une chronique sur une de ces choses qui taraudent l'esprit de l'homme post-moderne. Je veux parler de ces gens que l'on arrête un jour parce qu'ils n'ont rien fait que d'être là où on ne les souhaitait pas et que l'on enferme dans des centres fermés, ces prisons du nouvel âge. Et donc hier, ayant été mis au courant d'un de ces nouveaux cas - une personne bien intégrée comme l'on dit, ayant relations et amis, investie dans la vie économique, pesant aussi peu que possible sur le système social, présente sur le territoire depuis presque dix ans, un curriculum remarquable que l'on me confirmait ici et là -, je m'en allai, pour finir, m'inquiéter auprès de l'avocat de l'état du dossier. Ah non, me répondit-on, ne faites surtout rien, n'écrivez surtout rien, ne dites surtout rien, l'administration pourrait le prendre mal et votre intervention risquerait bien de s'avérer contre-productive. C'est étrange, lorsque l'homme n'était pas encore post-moderne et que l'Europe était encore partagée entre deux blocs et qu'il y avait, à tout prendre, moins de pays démocratiques que de doigts sur mes mains, citer le nom de quelqu'un était très important. Prononcer le nom d'un dissident tchèque ou d'un prisonnier politique espagnol, c'était déjà lui donner du répit. Le publier, l'inscrire sur une carte postale, l'écrire sur une pétition, c'était souvent le sauver. Des tas d'associations se sont créées ainsi, dont de très célèbres, aujourd'hui nobelisées, rien que pour scander le nom de gens qu'elles non plus ne connaissaient pas, rien que pour faire assez de bruit pour arriver à faire taire le silence. Parce qu'elles connaissaient le pouvoir de la parole. Elles savaient bien que les mots traversent les murailles et que les noms les font sauter. Elles savaient bien que dire Andrei Sakharov, Vaclav Havel ou Doina Cornéa, c'était les sauvegarder. Aujourd'hui, dans mon pays de bonne humeur, citer le nom de Rexhep, Rachid ou Sylvana, ce serait leur faire tort. Aujourd'hui, dans mon pays de bonne humeur, dire le nom de gens enfermés dans des geôles de non droit, ce serait les mettre en danger. Aujourd'hui, dans mon pays de bonne humeur, dire tout haut qu'une injustice est sans doute en train de se commettre, ce serait courir le risque d'être contre-productif. Donc, on ne fera rien, on ne dira rien, on n'écrira rien. De peur d'effaroucher une administration qui pourrait le prendre mal. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je n'ai pas fait de chronique.

Une chronique, c’est comme un colloque que l’on entreprend avec son ordinateur pour se divulguer ensuite sur les ondes de la place publique. On parle beaucoup avec soi en écrivant une chronique. Tout simplement on la parle. C’est beaucoup d’intimité extravertie. Evidemment, on prend le risque de l’« altérité ». Le singulier quand il devient pluriel peut défaire des ministres. Qu’est-ce qu’on a à faire avec des problèmes de notre temps quand on n’est pas impliqué dans les problèmes et que l’on ne sait pas soi-même remédier à ces mêmes problèmes? Responsable de rien. Quand les mots surgissent et qu’ils viennent de l’autre côté de la perception, on y est toujours attentif, voire attentionné. On les entend ces mots, on les prend avec soi et même, on peut les parler. Alors, on se pose des questions sure notre temps. (le journaliste citait, ici, des exemples au sujet des fractures sociales, des statuts de chacun, auxquels réagissaient de manière aléatoire, les autorités responsables). Alors, est-ce à fond perdu ? Ce qui fait avancer le monde, c’est le développement des mentalités et puis, le changement de cultures. L’illusion, c’est de croire que tout est à l’économie qui doit diriger le monde. Ce qui prône l’économie, ce sont les dignes héritiers du Marxisme. Voici, une proposition singulière qui vaudrait bien un colloque."

 

ddeb4493c80a89b4e8e391664fc176dc.jpgKrishnamurti dans son livre "Vivre dans un monde en crise" écrivait que dans un temps de tourmente économique, sociale ou morale, il fallait le fonder sur la responsabilité individuelle et l'importance du rassemblement des peuples. Selon lui, chacun aurait autant de quotités de décision. Il constatait que l'évolution démarrait de la barbarie et se terminait par elle. Violence larvée par notre ego. Pourtant, toutes entreprises qui se déroulent à contre sens de l'autre côté de la terre aura tôt ou tard des effets néfastes par propagation de ce côté. Logique conservatrice de l'espèce?

Dans un dossier de la semaine passée, le Nouvel Obs s'intéressait à la méthode. Avec un titre de "Comment en parler?", il tentait de donner des pas de conduite pour se frayer un chemin au travers des dogmes religieux ou autres qui fleurissent de plus en plus. Il rappelait certaines affaires telle "Charlie-Hebdo" et d'autres plus récentes comme BHL et les orages médiatiques qu'elles avaient provoqués. Bouc émissaire et maladresses étaient du voyage du conscient ou de l'inconscient. Faire amende honorable, alors, laissait toujours des traces.

En rire, ensuite, est la solution de secours avant le stress.

Pierre Desproges, 20 ans après, a été complètement oublié et dépassé par la virulence. On peut, de moins en mois, rire de tout. Le sens de l'humour ne court pas les rues. Les mots préfixés de "anti-" sont là pour expliquer cette constatation sous le couvert de la politique. On n'est pas là pour rire, on est là pour travailler et de plus en plus, encore. Une police de la pensée pour ne blesser personne, serait-ce la panacée? Pierre Nora répondait en donnant les risques. D'après lui, la vérité légale qui ne combattrait que les contrevérités historiques serait d'ordinaire propre aux régimes totalitaires en faisant obstacle à la liberté de recherche historique. Le poids des vérités officielles serait plus lourd à supporter. Les subtilités régionales du langage, les préjugés, les blagues ne peuvent pas tous être soupçonnés d'arrière-pensées mais simplement portés par le besoin d'être original et humoristique, bien loin de la polémique et de la trivialité. La dérision et surtout l'autodérision sont des armes imparables contre la violence.

Alors, taire le silence est-ce un danger? Oui. Exemple parmi d'autres.

Faut-il faire résonner de nouveaux sons? Certains y pensent pour les jeunes. Circuler, y a rien à entendre. 

"Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté" chantait Guy Béart déjà en 1968. Cette chanson pourrait être tout aussi bien actuelle. Espérons que la parole aura toujours son mot à dire en réaction à l'action, partagés entre critique et autocritique. Parler n'est ce pas ce qui nous avons de nouveau dans la genèse? Rugir ou chanter n'apportent que des moments de stress. L'entropie des mots n'est pas un mythe. Elle constitue une succession non chaotique au progrès et pas par une convention culturelle dogmatique. L'originalité naît du pluralisme des idées. Le brévet n'est qu'une temporisation avec le partage négocié avec éthique.

"On attend que le monde change, on attend que la vie nous range", dit la chanson de Suarez.

Il faudra savoir, seulement, jusque quand?

 


 L'Enfoiré,

 

 Un autre article sur le sujet

Agoravox a-t-il de la voix oi du silence?

Le Panda se taira-t-il?
 

Citations:

  • "Chacun de nous est certes unique, mais moi, j'ai une particularité que personne n'a: Je suis seul à être moi", Philippe Geluck

07/04/2008

Révolutions en parallèles?

612652546.jpgLe 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?

Note aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40 ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.

La femme et l'homme:

1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine.  L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.

2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les pipeshow ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de...  "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli. 

Les jeunes:

1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied.  Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé.  Sex, love, drug and Rock n'Roll.

2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, sex and Rap.

L'éducation:

1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".

2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.

Le travail:

1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d'interim  BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.

2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés.  La retraite est problèmatique. Les plans de pensions se comptent en pilliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et  n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laissers pour compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.

L'argent:

1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.

2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.

Vie au quotidien:

1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.

2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
 

La santé:

1968: Christiaan Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du coeur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987. 

2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussisent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour trouver la parade au cancer au aux maladies cardio-vasculaires.

Justice ou injustice:

1968: Le "Germinal" de Zola, on n'y pense plus en occident. On n'accuse plus et on se passionnera pour des affaires qui montent en épingle une différence de justice entre les classes sociales (Bruay-en-Artois, Villemin, Ranucci...). Les hold-up commencent à répondre au manque de ressources.

2008: En Chine, un nouveau "Germinal" interne et un néo-colonialisation externe, mis sous silence par les autorités. La délinquance de bas niveau est en diminutions suites aux précautions des gens et des banques qui se réfugient mieux derrière des portes et camions blindées. La pédophilie et les crimes en série sont en augmentation et atteint les plus fragiles. Faits relativement nouveaux, ils monopolisent l'attention des citoyens étonnés.

Écologie et environnement:

1968:Aucun avertissement écologique. Le parti écologique n'existe pas.

2008:Réchauffement climatique fait planer le risque majeur. La biodiversité disparaît en entrainant les espèces de manière accélérée. Rien ne va plus. Il faut réagir en catastrophe pour n'avoir pas plus de catastrophes climatiques. 

Énergie:

1968: le charbon et le nucléaire (1960) se partagent la production d'énergie. Monopole de Framatom. Environnement des lacs et sécurité souvent mis entre parenthèse. Le vent, la mer, le soleil, on sait qu'ils existent depuis toujours pour donner de l'énergie mais le pétrole est trop bon marché. On fait des files à Paris pour avoir 5 litres d'essence à 0,18 euros le litre.

2008: Le nucléaire est de plus en plus décrié. Certains pays ont planifié la fermeture des centrales. Monopole d'Areva. On recherche dans la panique les alternatives. La fusion nucléaire est encore dans les limbes. Le prototype du projet ITER devrait être achevé en 2016 à Cadarache. Le vent, la mer, le soleil, on se rend compte qu'ils ne peuvent pas apporter, dans l'immédiat, le besoin d'énergie suffisant. Le prix du pétrole en augmentation constante par la spéculation et la rareté qui se dessine à l'horizon. La pile à hydrogène est l'espoir de demain. "Ambiance électrique" dans la recherche d'alternatives, dans la précipitation vu l'échéance des produits énergiques classiques. On commence à rationnaliser l'essence au prix de 1,54 euros le litre, vive l'essence payée en dollars. 

Guerre et paix:

1968: L'hostilité contre la guerre du Vietnam est grandissante. Considérée comme coloniale. Les bombes au napalm font des dégâts humains (4 millions de morts) et écologiques rendant la flore improductive pendant 2 siècles. Plus de bombes sont tombées sur le sol du Vietnam que pendant la guerre 40-45. Des morts américains reviennent au pays. Tous les mots en "-isme" ne passent plus dans le langage des jeunes. Les symboles sont haïs par la jeunesse par manque de connaissance et volonté de casser les liens avec les "vieux". Les mères américaines défilent contre l'envoi des conscrits au Vietnam. Johnson arrête enfin le massacre au napalm. Aux Etats-Unis, Bob Kennedy qui apporte un nouvel espoir, est assassiné, cinq ans après l'assassinat de son frère.

2008: L'hostilité contre la guerre d'Irak croît de jour en jour. Intérêts financiers en jeu. Les nations étrangères sont sur place pour pacifier donc plus de bombes, mais des attentats de guérilla pour saper le moral des occupants. Des morts américains reviennent au pays. D'autres mots en « -ism » sont apparus. D'autres symboles ont été mis au goût du jour. La jeunesse ne les remarque plus. Le terrorisme met de l'huile sur le feu. Les budgets de sécurité ont explosé depuis 2001. L'Afganistan se relance dans le "talibanisme" après l'insuccès de la pacification internationale. Les mères américaines réclament le retour des GI de l'Irak avant l'irréparable. Les arguments pour les élections américaines fait planer le retour des GI d'Irak. Au Pakistan, Benazir Bhutto, qui veut apporter un renouveau, est assassinée.

Gouvernement français et ailleurs:

1968: Les étudiants font des barricades. La 5ème République, De Gaulle passe du raz de marée à une impression de vieillir aux yeux des Français. On lui dit en finale "Non". On gagne au niveau social. On s'intéresse à la politique. Idéologie communiste semble donner une réponse. Le ras-le-bol ne s'attaque qu'au capitalisme étranger et pas contre le parlement et le pouvoir. Le rêve d'un monde plus juste et égalitaire prôné par le pasteur Martin Luther King subit un coup dur à la mort de son idole. Déstructuration de l'autorité. Gouvernements masculins majoritaires. Le président Johnson annonce la fin de convertibilité du dollar en or. Le républicain Nixon élu, rendra le dollar flottant par rapport aux autres monnaies, plus tard. L'instabilité des prix internationnaux commençait.

2008: Une 5ème République, très modifiée, Nicolas Sarkozy a fait rêver avec des promesses du début et s'écrase car il n'a pas les cartes qu'il avait annoncé dans son jeu. Le jeu est truqué. On a perdu au niveau politique. La politique n'intéresse plus. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. Le communisme n'existe plus. L'écologie prend du galon. Seul le capitalisme persiste et signe plus fort que jamais. Pas d'alternatives. Le raz-le-bol s'attaque au capitalisme interne et externe. Le parlement et le pouvoir sont visés comme raisons des maux du monde. Le cauchemar du lendemain inégalitaire. L'homme se rend compte que rien ne change plus et l'autorité règne en bas et écoute en haut. Gouvernements bisexués.
 

Afrique:

1968:L'ébullition anticoloniale continue au Congo. Alger se débat avec l'autorité qui brime les récalcitrants. Génocide au Biafra.

2008:L'ébullition ethnique est toujours latente. La guerre larvée au Congo brime la population trop éloignée de la capitale pour être protégée. Alger est parvenu à oublier les génocides qui ont miné le progrès et qui ont été amnistiés. Le Darfour se meurt.

Protestations et manifestations:

1968: Protestation en Pologne. En Tchecoslovaquie, Alexandre Dubcek fait rêver par le mouvement du "Printemps de Prague" avec un socialisme à visage humain. Rêve qui tourne au cauchemar avec les chars soviétiques qui descendent à Pragues. La normalisation soviétique reprend le contrôle par la force. A Berlin, Rudi Dutschke, le "rouge" mène la contestation. Au Mexique, une manifestation d'étudiant tourne au drame à Tlatelolco. A Paris, on joue avec les pavés. A Bruxelles, on manifeste pour une volonté de liberté parallèle avec les flamands qui explosent à Louvain. Gaston Eyskens n'est pas aimé et devient 1er ministre avec un gouvernement social chrétien. Bruxelles est le centre des discussions dans une première réforme de l'Etat.  

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2008: La Tchécoslovaque, divisée avec une relative souplesse, en Tchéquie et en Slovaquie, prospère à deux vitesses. La Yougoslavie n'existe plus et se retrouve régionalisée. L'Est s'éclate, morcelée. L'URSS est morte mais toujours en léthargie dans l'esprit de ceux qui n'ont pas profité de l'explosion du communisme. Elle renaît de ses cendres en réaction mais démocratiquement tronquée. A Paris, on défile, prévenu par SMS ou par Internet. A Bruxelles, on manifeste pour le pouvoir d'achat et pour les manques d'équité avec SDF. La scission BHV hante l'esprit du gouvernement mené par le 1er ministre Leterme avec un gouvernement gauche droite. Bruxelles est le centre des discussions dans une nième réforme de l'Etat.

 

Europe centrale ou des régions:

1968: Encore dans les limbes de la communauté de quelques membres de l'origine. Chaque pays se veut suzerain. Le gouvernement belge, en crise saute, raison: question linguistique. On veut exclure les francophones de l'université catholique de Louvain.

2008: L'Europe se retrouve avec un "melting pot" de langues, de cultures, de volontés d'imposer ses propres volontées. La résolution du problème de l'immigration est devenu crucial. L'esprit de clocher règne toujours. La couverture qui rétrécit est arrachée de dure lutte et des compromis tournent parfois à la compromission pour rester crédible devant les citoyens européens. La centralisation au niveau de Bruxelles est mal ressentie. Le régionalisme donne des envies de sécession et de séparation à l'amiable ou de manière plus musclée. On cherche un gouvernement belge stable et une réforme de l'état avec en toile de fond un régionalisme plus ou moins séparatiste pour suivre les deux langues nationales dans leur séparation.
 

La communication et médias:

1968: Radio, télé, téléphone à la maison et cafés de rencontres. Radio bistrot bien au concret. On discute entre copains dans la proximité. On mélange. On censure.

2008: Moins de radio, de télé, mais plus de téléphones de partout et vers partout. Internet, nouveau venu, mange le temps restant. On tchatte. Le virtuel pour discuter, pour mélanger la hargne et le mécontentement. Démocratisation de la communication au niveau mondial. Le Karcher est en marche mais s'exprime d'avantage que d'être efficace.

La vision du futur:

1968: on commence à rêver au siècle suivant. Stanley Kubrick sort son "2001, l'odyssée de l'espace". Le plus rapide, le Concorde (Mac 2,2) n'a pas encore fait son 1er vol expérimental mais il est planifié pour l'année prochaine.

2008: La science fiction fait toujours des envieux dans un ailleurs meilleur. "Le jour après" fait peur. "Une vérité qui dérange" réveille. Le plus gros, l'A380 (Mac 0,85) est lancé dans les air. On cherche le remplacement du kérozène.

L'espace:

1968: Objectif lune. Sur Apollo VII, trois Américains tournent autour de la lune et repèrent des points d'atterissage. Arrimage réussit de Soyouz.

2008: Objectif lointain de Mars. La navette fait des allées et venues pour ravitailler la station spaciale avec arrimage automatique.

Loisirs:

1968: Recherche sous tous les attitudes et excentricités. Musique endiablée et rythmée. On ne cherche pas dans le passé des moments plus heureux. On invente du nouveau tous les ans. Mais on ne pense pas à bosser. On fume un joint roulé à la main. Les vacances, on se les limite de 500 à 1000 kms de routes, une fois par an, pour une période assez longue. On s'éclate en cadence jusque tard dans la nuit. L'avion est cher. Au cinema, les mauvais garçons font rêver dans une version idéalisée de "Bonnie and Clyde". Gainsbourg y remettra une couche de douceur. On regarde la télé pour se délasser et découvrir le monde. 

2008: Les attitudes sont plus figées. Le mouvement est créé par les clignotements des lumières. Le rythme est syncopée. Les banlieues ont eu leur temps pour réveiller les problèmes. Pour se donner un peu de souffle, on cherche à voir de plus en plus d'émissions des "années bonheurs". On imite ses idoles dans des karaokés. On pense au lundi très proche où il faudra re-bosser. "Heureusement", il y a plus de variétés de drogues qui fait la fortune des produits producteurs et la perte en des pays consommateurs qui ne savent plus comment les contrer. Les vacances, on les imagine dans l'année, de nombreuses fois, les plus lointaines possibles et pour des périodes de plus en plus courtes. Il faut s'éclater sur mesure et en peu de temps. L'avion, "démocratisé", remplace le tramway à la suite du low-cost des transports aériens. Les "casses" et "policiers" font recettes dans les cinéma et à la télé. Le téléspectateur regarde les series à la télé pour confirmer que le stress est bien présent partout. Les hobbies "utiles" sont, soit voulus par goût, soit forcés par la nécessité, pour permettre de combler un besoin du retour au manuel ou d'épargner les dépenses.

La technologie:

1968: La photographie sur film crée des emplois dans beaucoup de domaines annexes.

2008: Maitresse du jeu, elle se veut proactive qui à briser le chaine de travail. Le numérique remplace l'analogique. Poussée par la recherche appliquée. La recherche pur est toujours mal payée.

La religion:

1968: Ca s'en va. Le christianisme est en perte de vitesse.

2008: Et ça revient. L'intégrisme s'installe. L'islam surpasse la religion chrétienne en nombre de fidèles dans le monde.

1367639034.jpgL'esprit et l'air du temps:

1968: La révolution va changer le monde. Le "Che" est là, comme idole, pour le faire croire. Les icônes se retrouvent en politique. L'argent ne fait pas encore tout. L'imagination tente de sortir de l'ombre mais n'est pas au pouvoir. Les intellectuels sont brisés et forcés à la délation.

2008: La révolution est dans les rares moment du "home sweet home". Les icônes sont dans le showbiz. Sans l'argent, pas de vie. La dégringolade est au pouvoir. Internet est libre, mais cette liberté inquiète et des "contrôleurs" sont nommés pour le surveiller.

Les sports:

1968: Les Jeux Olympiques avaient lieu dans une ville qui ne devait générer aucun problème et pourtant... Tommie Smith et les Black Panthers allaient montrer un aspect des États-Unis qui dénotait avec les idées reçues. Le KKK avait, en principe, terminé ses activités. Retour de flamme, et pour cause, un poing fermé démontrait que rien n'était encore parfait de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agissait des droits civiques revendiqués par les noirs se considérant dans le mauvais plateau de la balance. Le désir d'être comme les autres dans un pays où on rêve simplement d'être comme tout le monde. Les JO terminés, Tommie Smith se retrouvera une marche en dessous sans emploi. Le doping sort de l'anonymat et a eu sa première victime. Le sport professionnel se propage dans l'individuel. Jean-Claude Killy et Bob Beamon sont des vedettes parmi d'autres. Silence radio rompu.

2008: Les Jeux Olympiques auront lieu, normalement, à Pékin. On s'aperçois que les Droits de l'Homme n'y sont pas encore dans le bol de riz. Ce n'est pas vraiment un problème de couleur dans ce cas. On remonte bien plus loin dans le temps. L'Amérique se retrouve au banc des accusés et est désigné comme le fautif des problèmes internationaux. Le doping est de plus en plus présent et crée des victimes. Le sport compense la sédentarisation de la vie professionnelle. La flamme olympique, toujours symbole, sert comme flambeau de la contestation. Silence radio rompu.

La musique et les chansons: Elle suit toujours l'actualité

1968: "All you need is love", "Hey Jude" par les Beatles. Comédie musicale "Hair" à Broadway. Renaud écrit sa 1ère chanson "Crève salope", Joe Dassin chante "La bande à Bonnot", Johnny Halliday "A tout casser", Hugues Aufrais "Adieu Monsieur le professeur", Dutronc "Il est cinq heure, Paris s'éveille". Adamo "F comme Femme", Les Stones, Azanvour "Tout s'en va"...

2008: Beaucoup de remakes, Mylène Farmer "Deshabillez-moi", Aznavour "La terre meurt" et "La fête est finie"... et vous en aurez bien d'autres à donner avant la fin de cette année.  

Une clip 68-2008   devait aussi exister.

Conclusions:

688165187.jpgCohn Bendit a dit, dans son livre, "Forget 68" que, depuis 1968, "On a gagné". Sarkozy voulait effacer ce "Mai 68" des mémoires le 29 avril 2007 lors d'une violente diatribe.  Ce qui a généré une réaction livresque d'André et Raphael Glucksmann dans un "Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkosy".

On en est loin, oui, à première vue. Les problèmes ne sont pas les mêmes hier et aujourd'hui. Il est, désormais, interdit d'interdire dans la culture. En occident, on se perd un peu à la recherche de ce qui peut encore l'être. Le pouvoir et l'argent ont de plus en plus d'importance. On veut y être. La compétition est passée de nationale au niveau international. Pour toutes les nations du monde, la démocratie est considérée comme la politique salvatrice à atteindre pour celles qui ne l'ont pas encore sur leur tablette. Dans les pays dits riches, la révolution en 68 a été initiée par les jeunes qui essayent d'entrainer les ouvriers dans leur combat. C'était le Temps des Cerises, on se battait pour que tout change. En 2008, par contre, la grogne est plus profonde, plus silencieuse et couve dans tous les foyers suite au pouvoir d'achat qui sombre et qui fait glisser les classes moyennes à la case précédente se rendant compte que le pognon n'est pas tout. Il reste peut-être le temps de "queues de cerises" et on commence à se battre pour que cela s'arrête de trop changer (Anne Roumanoff).

Dans les autres pays moins riches, le niveau de la classe moyenne n'est, lui, pas encore atteint. Certains hésitent à se ralier à cette démocratie en réaction à cet Occident accusées de tous les maux par les autorités qui réagissent pour faire contre poids au capitalisme impérialiste.

127921904.jpgLes révolutions, de toutes origines, n'ont pas jamais trouvé les réponses, de manière définitive, aux problèmes des hommes. Elles glissent, vite, vers une évolution plus douce, vers un oubli volontaire. Au cours de ces quarante ans de réflexion, les leçons du passé n'ont pas passé le cap des frontières, dans une fausse autonomie, sans chercher le bien commun. Grande erreur. L'intégration du monde est devenu complète. De là, découle la difficulté à tout parti à exprimer avec succès toutes convictions. 

Les plus jeunes ont compris le "system" imposé. Ils ont réagi en fonction des données qui leur ont été présentées. Ils se sont adaptés, vaille que vaille, dans un esprit nouveau de donnant-donnant.

Les plus anciens qui ont connus 68, avaient, probablement, plus de motivations. Ils sont devenus plus hargneux en subissant un changement de conception qui ne correspondait plus à leur expérience et méthodes. Allergie aux changements? En partie.

Un manque de compréhension des problèmes des deux cotés de la barre des âges a créé un conflit de génération. Conflit qui se retrouve néanmoins dans un concensus de mécontentements. 

Alors, "échec" ou "progrès", "révolution" ou "évolution"? Questions de point de vue et de sensibilité.

Problème est-il devenu plus structurel que conjonctural?

Le journal Marianne titrait tout récemment: "La promotion des nuls" en solicitant le culte de la spontanéité et de l'authenticité. Les études ne seraient plus, dans ce monde-là, la panacée pour réussir. Les fortunes les plus énormes ne sourient plus qu'aux audacieux réfugiés derrière des idées qui sortent du chapeau. Microsoft, IGE, Yahoo ne sont que des exemples. Les travailleurs se retrouvent comme dindons d'une farce dont ils n'ont pas les rennes. Ils participent sans le vouloir dans une idolatrie des nouveaux symboles orchestré par le showbiz. L'écart entre ces deux mondes, qui s'ignornt, se creuse dans les même proportions des riches contre pauvres. 

326113526.jpg1968 a été une charnière de transition entre deux mondes avec une impression d'aller vers un mieux. Révolution culturelle menées par les jeunes avec la libéralisation de la parole dans le non-conformisme pour objectif dans une sorte d'explosion. Etant étudiant, je me souviens. L'agitation se retrouvait dans les café autour de l'université de Bruxelles et pris son envol le 13 mai en solidarité pendant 50 jours. Le 21 août, l'entrée dans la sélection pour mon service militaire pour trois jours au Petit Chateau de Bruxelles, c'était aussi le jour de l'entrée des chars russes à Prague.  Cela laisse aussi des traces dans la mémoire par l'excitation et la peur qui naissait par ricochet dans l'entourage.

2008, sera-t-elle une année de coutures instables entre plusieurs cultures avec une impression d'aller vers un pire? Les économistes confirment la cirise du capitalisme et cherchent une porte de sortie et des solutions pour contrer un krach. Révolution du prolétataria pour casser la spirale des prix et la déchéance progressive par une sorte d'implosion programmée? La contestation se trouve derrière les claviers des ordinateurs. 

Faut-il voir du pessimisme ou du réalisme dans cette comparaison. 

Internet concourrera, certainement, sous le chapeau de l'anomymat et des pseudos, à ouvrir la pensée tout azimut en intégration avec le monde. Cela se confirme à la constatation que l'écriture explose. Peu importe qu'elle soit appuyée par des bases ultra solides par l'éducation. Le nouveauté a de ses surprises.

Le pluralisme d'idées semble un fait accompli et est en marche. Le réveil se prépare probablement moins révolutionnaire mais plus durable dans son action sous les claviers.

Le "I have a dream" de 1968, fédérateur, charismatique est encore à apporter sur la place publique pour motiver les populations.

De toute manière, avec le recul, on constatera toujours que cela restera un débat et un combat de tous les jours, la vie.

"Une révolution permanente de la liberté humaine", disait quelqu'un.

 

L'enfoiré,

 

Sur Le Panda, y a-t-il des révolutionnaires?

 

Pour info: Pour en savoir un peu plus sur 68, Patrick Rotman présente sur France2, le 8 april,  le documentaire  "68"

Raymond Depardon, avec le même titre "68", présente un  livre d'images de l'époque. Hervé Hamon dans "Demandons l'impossible".

"Famille, je vous aime” de Luc Ferry, analyse aussi la différence d'époque.

 

Citations

  • « Para que queremos otra revolucion, si con una basta para hacernos ricos », Octavio Paz (qui a été emprisoné à la suite de cette phrase)
  • « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. », John Fitzgerald Kennedy

  • « La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid », Salvador Dali

  • « La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres », N. Khrouchtchev

  • « Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops. », Jean-Marie Messier

  • « La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés. », Philippe Bouvard

  • « La crise actuelle ne doit pas faire oublier les services rendus par le capitalisme financier », G.Sorman

  • « Les autorités monétaires ne disposent pas des intruments pour résoudre la crise », D.Cohen 

 

Mise à jour du 30 avril: A la radio belge: "Mai 68, et après ?", à la télé : "Sous les claviers... la plage?"

    

 

24/03/2008

Le choix du danger

 retro-chine-reporter.jpgCette fois, à Olympie, elle est partie la flamme olympique pour 137.000 kilomètres. Elle transitera par Lhassa, est-il ajouté. Les jeux de 2008 sont la vitrine des réalisations chinoises sur la scène internationale mais ils ont, surtout, une dose de « politique » qui a, semble-t-il, été sous-estimée lors du choix de Pékin. Les événements récents du Tibet n'en sont qu'un début.

Le choix de Pékin pour les JO était-il judicieux le 6 septembre 1999? Mais qu'est-ce que les Jeux Olympiques vont-ils aller faire dans cette galère? La situation politique était connue de tous au moment de ce choix. Pas de surprise, donc.

Cette course éperdue vers le modernisme, commencée en 1999, entammait, inexorablement, une autre vers des problèmes internes et externes au niveau politique et économique. L'explosion de la population tibétaine et celle du commerce sans règles de partage équitable étaient programmées.

Déjà dans la Grèce antique, la politique avait eu son mot à dire. La Pythie conseilla au roi Iphitos d'Ellis d'"occuper les esprits" de la population grecque en réinstaurant, à Olympie, les jeux sportifs, tombés en léthargie. Jeux qui étaient "naturellement" chers aux dieux, mais aussi aux dirigeants. Rétablir la paix en était le but officiel. Le roi de Sparte, son ennemi, fut dès lors son ancien ennemi et nouveau mentor.

Pierre de Coubertin, lui, fondateur des Jeux Olympiques modernes, risque fort de se retourner dans sa tombe. Ses jeux moderne, il les voulaient apolitiques. En 1896, la Hongrie envoya une délégation aux frais de l'Etat, en signant ainsi son indépendance vis-a-vis de l'Autriche. Le nationalisme fait partie intégrante de tous les JO pour montrer ses différences par une indépendance d'idées. Les médailles ne seraient que les récompences exacerbées d'avoir porté le drapeau de la nation et que la démonstration de la force potentielle en temps de guerre. Avec le temps, les JO sont devenu aussi commerciaux. A Amsterdam en 1928, la flamme olympique fut allumée par un employé de la compagnie du gaz. En 1936, plus de doute, c'est la propagande d'Hitler à la gloire du racisme en contradiction avec l'idée olympique qui prend le relais. Avery Brundage, président du Comité Olympique américain s'opposa à un boycott américain, première édition. Ce qui n'empêcha pas l'aryanisation de la sélection des athlètes et les 4 médailles d'or de Jesse Owens qu'Hitler ne pouvait pas se résoudre à applaudir. En 1940, l'organisation des JO japonnais fut annulée et envoyée à Helsinki après l'invasion nippone de la Chine. La Finlande dut annuler à son tour pour cause d'invasion russe. En 1948, Allemagne et Japon étaient exclus d'office à Londres. En 1956, boycott à Melbourne par l'Egypte, l'Irak et le Liban avec un parfum de canal de Suez. En 1980, Jimmy Carter déclina l'invitation aux jeux de Moscou et la Belgique ne versa pas un franc à sa délégation sportive qui défila sans couleurs nationales. En 1984, revanche de Moscou à Los Angeles. Des incidents plus violents commencèrent en 1968 avec les Black Panthers à Mexico et surtout en 1972 avec les attentats. Pour 2008, le Tibet et Taïwan sont interdits de jeux pour répondre à la question de savoir qui sont les maîtres du jeu politique dans la région.

789879332.jpgAvant l'occupation chinoise, le Tibet comptait 6 millions de Tibétains. Aujourd'hui, il n'en compte que 2 millions seulement. Contrainte à l'assimilation chinoise et les stérilisations larvées, Lhassa subit une pression telle qu'elle ne compte plus que 50.000 de Tibetains au milieu de 150.000 Chinois. Une réédition de David contre Goliath s'est engagée avec la peur téléguidée, par le dalaï-lama en exil, sur la communauté internationale. La Chine, trop intéressée par le réservoir d'eau en provenance de l'himalaia, ne cèdera pas facilement cette province trop intéressante. 

Tous les pays du monde, occidentaux comme orientaux, ont été impliqués pendant les dix années qui précèdent et ont ressenti les effets néfastes pour leurs économies suite au choix de la Chine.

Pour réaliser une percée fulgurante, telle que l'a fait la Chine, elle a dû rechercher de plus en plus de moyens financiers pour sortir le pays d'un certain passéisme et payer cette reconnaissance sur la scène mondiale à coups d'efforts surhumains. Les Chinois, peuples pacifiques, se sont vus contraints de se serrer la ceinture et de resserrer les boulons du travail forcé avec pugnacité. L'occident, dès lors, s'est ressenti, dans le même temps, noyé par les produits à bas prix envoyés par la Chine. La bulle spéculative de 2000 n'est peut-être pas étrangère. Les pays occidentaux tentent toujours de s'en sortir de crise en crise et se perd en conjectures pour trouver la parade. Quelque uns vont tirer leur épingle du jeu. Multinationales en générales. Business is business. Les compagnies équipementiaires Adidas, Nike par exemple. Les droits de télés et de l'informatisation probablement.

En contrepartie, cadenassé par le pouvoir en place, pas grand chose de positif sinon une fierté innocente et soumise de la population chinoise. Pas de progrès dans la reconnaissance des Droits de l'Homme et du bien être de celui-ci.

Un environnement saccagé, aussi, à la gloire du succès de quelques uns.A Pékin, là où les jeux vont avoir lieu, la plupart des vieux quartiers ont été rasés. Les pittoresques hutongs ont été remplacés par du béton et du verre high tech toujours plus haut. Un million de personnes ont été expulsées de leur maison. La Cité interdite, avec ses palais impériaux, ne sera-t-elle là que comme seul vestige pour le folklore et pour la nostalgie? Est-ce une honte de ce passé et d'un patrimoine tellement apprécié par les touristes d'aujourd'hui ?

Le tape à l'oeil pour éblouir le monde se voulait à la pointe de la modernité et oublier le passé. Point. Après l’esprit révolutionnaire de Mao, plein feu donc sur le développement capitaliste avec le dynamisme et l’ambition extraordinaire compensé par un capitalisme qui ne fait plus l'unanimité chez ses précurseurs occidentaux. Sur une surface de plus de 9,5 millions km2, un demi milliard de Chinois y vivent une véritable révolution dans cette mégalopole avec, pour seul obstacle majeur pour les Jeux tout proches, la langue du mandarin, ses innombrables dialectes et l'écriture en pictogrammes quasi insurmontable pour l'occidental qui viendra assister à ces jeux. Dans ce cas précis, on pourrait penser que le forcing de l’étude de l’anglais comme moyen de communication ne serait pas un outil rêvé pour garder le gouvernail dans les mains du gouvernement. Rendre la langue chinoise plus populaire aux étrangers voulait se caractériser par un prosélytisme patronné par Confucius comme haute valeur ajoutée, était-il dit comme incitent. Certains mots chinois resteront probablement intraduisibles. 

Le néo-capitalisme est bien là, avec de bons instructeurs, mais sans avoir trouvé l'ouverture nécessaire. Une profonde soif de stabilité et de tranquillité d'une grande part de la population chinoise existe pourtant pour contrer cette révolution voulue par le parti. Il est clair que cette « révolution » technologique a engendré des dégâts stupéfiants pour l'environnement en seulement dix ans. Le fossé entre riches et pauvres n'a fait que croître dans cette urbanisation folle.

1384659679.jpgDepuis, les travailleurs chinois se nourrissent, désormais, avec le bol de riz providentiel, mais ne profitent pas de cette croissance arrivée bien malgré eux. L'image de la bicyclette qui, une fois en marche, ne peut s’arrêter sans tomber, revient dans les esprits. 

Les Droits de l'Homme seront probablement mis entre parenthèse à l'ouverture des JO. En confiant à Pékin l'organisation des Jeux, on contribuerait au développement des droits humains. On commence à se poser la question de la justesse de cette décision et de cette pensée unique.

Pour obtenir quelques clés d'accès à l'empire du milieu, Google, Microsoft, Amazon, Cisco ont accepté de se plier aux exigences du gouvernement chinois. L'objectif financier important, révélé ainsi, contrastait avec les discours des années précédentes. Suivant le credo du "web démocratique", cette collaboration mettait l'éthique en porte à faux. Un moteur de recherche www.google.cn existe, oui, mais pour rechercher quoi, qui et pour qui s'il est 1384659679.2.jpgbridé à la base? "Quand Google voit rouge..." et dénonce cette restriction d'accès.

 

Alors, s'approchant de la date fatidique des JO, les réactions commencent à tomber en cascade.

Un détail bénin, en apparence, mais piquant tout de même Spielberg et Mia Farrow claquent la porte à l'ouverture de JO.

La pollution et la chaleur moite, autour de Pékin, seront-elles du goût des athlètes? Il y a déjà des renoncements à participer.

retro-chine-jo2.jpgLe Tibet et Taïwan n'ont pas été admis par la Chine à présenter une délégation spécifique aux 2 pays aux JO. Taiwan a voté pour un plus grand rapprochement avec la grande Chine.

584197238.jpgA Lhassa, les violences ont commencé. Les autorités chinoises n'ont pas manqué de renvoyer la faute à "la clique du dalaï-lama lama". Quand on muselle la presse (Youtube est censuré en Chine) difficile de donner foi. La tension continuera. On accuse l'autre qui ne peut rien prouver. Des attentats contre les JO et même à Bruxelles ne seront que les catalyseurs de mouvements de fond d'une population qui a perdu tout espoir. Ce n'est pas le dalaï-lama en exil, qui pourra maintenir le grondement sourd de la population tibétaine. Alors rien de plus contagieux que la colère.

Protectorat de la Chine jusqu'en 1912, le Tibet s'est vu récusé unilatéralement sa suzeraineté par la Chine. Le respect des minorités, les invasions chinoises, pas de partage de la richesse ne semblent pas émouvoir le grand frère.

Presque simultanément, le 12 mars, pour noyer le poisson, Washington avait retiré la Chine de "sa" liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'Homme" sans demander l'avis de ses partenaires. La Chine est la banque des États-Unis et cela explique peut-être.

Le 8 août 2008 à 8 heure, Jacques Rogge, président du CIO, accusé de Ponce Pilate, aura bien du mal à faire passer dans son discours d'ouverture l'image des JO comme un "catalyseur de changement en Chine" face aux ONG qui ont plutôt le mot "génocide" en tête.

Ne fallait-il pas installer des règles plus précises d'inscription aux Jeux?2010466867.jpg

Les Jeux Olympiques ont toujours été considérées en théorie comme parenthèses pour la paix. Dans le cas, c'était prendre des risques et penser que l'histoire et les réalités n'existent pas.

Alors, boycott des jeux ou non, devient la question urgente.

Il faut seulement ajouter que même les dissidents chinois ne sont pas favorables à un boycott systématique et désirent que les JO aient lieu pour faire parler d'eux. Certains sportifs étrangers veulent y aller. Les étrangers vont-ils être canalisés ou pourront sortir de l'enceinte drillée autour des lieux de rencontre des jeux? Bloquer Internet, peut-être, la parole entre deux individus, c'est déjà diablement plus difficile.

Il n'est plus possible de fermer les yeux sur la politique aujourd'hui. Les athlètes suivent le drapeau du pays qui les envoie. Alors, lutte entre Droits de l'Homme et argent. Y a-t-il vraiment photo pour la conscience d'un homme?

Une parole de Mao Zedong est écrite en marbre pas de loin de Pékin "Recherchez la vérité par l'examen des faits".retro-chine-jo3.jpg

Ce n'est pas ce qui a été fait dès le départ.

Il faudra l'assumer, aujourd'hui, mais avec le plus de fermeté. 

Sera-ce par un chantage à la présence des délégations qui pourrait trouver écho à un changement de politique plus en rapport avec le bien commun? Sera-ce une réédition des jeux de 1968 dans le style "Black Panthers" avec le poing lévé? Mais, surtout, ne pas verser dans plus grave encore comme à Munich en 1972.  La fin, dans ce cas, ne pourrait justifier les moyens et laisserait un goût amer à ce qui n'est, en somme, que des jeux.  

Mais, le dilemme est bien là: "Stop ou encore?"

Mais, surtout, sportez-vous bien.

 

L'enfoiré,

Le Panda jouera-t-il en jaune? 

 

Citations:

  • « Le sport est l'espéranto des races », Jean Giraudoux

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • «  Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. », George Orwell

Mises à jour:

 25-4-2008: Rencontre entre emissaire dalaï lama et la Chine906874421.jpg

06/01/2008

Marche aux symboles ou crève

d7365e4583a2cf5b90f4a02e72f41085.jpgQu'est-ce qui fait bouger le monde? Est-ce le train-train, le metro-boulot-dodo ou les symboles ? C'est un peu ce que l'on pourrait se poser comme question au moment où la morosité règne ou l'avenir est nettement moins radieux.

Nous sommes entourés de symboles. Représentations qui permettent de quantifier, de comparer, d'expliquer. Quand on ne parvient pas à les évaluer, on passe aux métaphores

Vous ne vous en souvenez probablement pas. Les symboles passent et trépassent plus vite que prévu. Il font rêver et puis s'en vont.

Le 1er février 2007 entre 19:55 et 20:00, on avait été fixé pour réveiller le bon peuple dans sa « reconquête symbolique» de la planète. Cinq minutes de black-out volontaire n'allaient pas remettre les pendules à l'heure, ni les compteurs à zéro.

1980dced8061fb48a1115797d10ee571.jpgEteindre tout ce qui est allumé pour soutenir un mouvement de réveil de la crainte de voir, un jour, le grand clash de notre planète et l'homme sur les genoux. Allait-on respecter cette injonction citoyenne? Du réchauffement de la planète, tout le monde en parlait déjà. Cela s'est accentué encore depuis. Même Bush reconnaissait qu'il y avait un « problem ». Des gestes simples de réduction de la vitesse de quelques électrons. Parti de France, la Belgique s'est joint à la manifestation.

Ce symbole écologique avait été orchestré et devait prouver, par la démonstration, la sensibilité des gens d'aujourd'hui vis-à-vis de ceux de demain. 27% de la production énergétique totale de la Belgique se retrouve chez le consommateur à domicile. La date fixée à proximité du rapport des 500 experts du climat réunis à Paris en colloque avait été choisie pour lancer cette action tout à fait symbolique. Un mail sur un autre symbole, Internet avait été à l'origine de l'étincelle. Le symbole allait-il être efficace et salvateur? 10% de consommation en moins maximum étaient attendus soit 500 MégaWatt. Le site www.elia.be allait le révéler 15 minutes après. A 19h50, celle-ci s’élevait pour la Belgique à 12.220 MW. Immédiatement après 19h55, heure d’appel à l’extinction des lumières, elle est tombée de 325 MW inférieur, soit une diminution de 2,7%. A 20 heures, à la fin de l’action, la consommation remontait à 11.800 MW.0de02a8bed33b2697475127e5f355f57.jpg

Autre action tout aussi symbolique, les 6, 7 et 8 février, nous étions conviés à utiliser votre GSM de façon plus rationnelle dans le cadre des Journées mondiales «moins de blabla au téléphone portable, plus de SMS dans les lieux publics». L’initiative avait été lancée en 2001 à l'initiative de l'écrivain français Phil Marso, auteur du premier roman en langage SMS. Objectif: sensibiliser les utilisateurs de portables pour ne pas devoir en arriver un jour à une politique semblable à celle liée au tabac, avec l'aménagement de zones silencieuses. L'initiative, cette fois, était soutenue par Teslabel, ASBL belge de lutte contre la pollution électromagnétique avec le slogan : «Moins de deux minutes avec mon portable, c'est sans prise de tête pour mes neurones.». Cette fois, la consommation se voulait symbolisée. Les mouvements citoyens qui transitent par les blogs, par les SMS ont un impact plus important qu'il n'y paraissait.

Encore une fois, papillonant sur les sujets, Paul Hermant, journaliste de la Premier RTBF arrivait à la rescousse avec des symboles moins médiatiques, parfois locaux, mais tout aussi sensibles suivant la proximité:

Alors, nous qui avons éteint la lumière cinq minutes hier soir, à quoi avons-nous bien pu passer les 1435 qui restaient et qui ont fait notre journée ? Peut-être bien, comme cela a été mon cas, à s'interroger sur cette histoire qui s'est passée à Saint-Nicolas, je veux dire Sint-Niklaas dans le pays de Waas. En effet, au moment où l'on apprend que les procédures du divorce seront désormais simplifiées, voilà que trois petits couples flamands qui entendaient, eux, se marier, refusent que leur union soit bénie par un Noir, je veux dire qu'un échevin de couleur officie ès qualité à la célébration de la cérémonie civile de leurs justes noces. Wouter van Bellingen, c'est le nom de l'échevin, figure en huitième place sur la liste des édiles et a, dans ses attributions, la jeunesse, les relations internationales et l'état civil, il appartient au parti Spirit et a récemment invité tous les écoliers de la commune à voir le film d'Al Gore. C'est un jeune échevin, il a 34 ans. Il est aussi le premier échevin noir de Flandre. Issu des élections d'octobre dernier, cela ne fait donc jamais qu'un mois qu'il est en fonction. Trois mariages annulés ou postposés en 31 jours, en raison de la couleur de la peau d'un officier d'état civil belge, c'est beaucoup pour une commune de 70.000 citoyens dont 25% des habitants, il est vrai, ont choisi le Vlaams Belang, aux élections communales. Cette histoire se passe au moment où un sondage controversé est publié dans la presse française. Si ce sondage est contesté, c'est qu'il ne s'est adressé qu'aux Noirs et certains y ont lu la volonté de pratiquer le premier sondage ethnique de l'histoire de la République. Mais ses résultats nous apprennent que si 37% des 13.000 personnes interrogées estiment que les discriminations contre les Noirs s'aggravent, elles sont cependant 81 % à faire confiance aux associations, 72 % à l'école et 68 à ce qui est, chez nos voisins, le Centre pour l'Egalité des Chances. Même si une large majorité estime que c'est plutôt aux Noirs eux-mêmes à faire évoluer positivement la situation, la confiance accordée aux institutions étonne en même temps qu'elle rassure. Que pourrait bien dire Wouter van Bellingen aux Noirs de France, lui qui, par son élection, se retrouve, de fait, à en gérer une, d'institution ? A-t-il un mot d'espoir à faire passer à nos amis français ou devra-t-il malheureusement convenir que même quand on est une institution, les discriminations continuent et la bêtise galope ? Au fait, la commune de Sint-Niklaas a participé, hier, à l'action pour la planète. A 19h55, les lumières de la Grand Place se sont éteintes. De 19h55 à 20h, hier à Saint-Nicolas, il a fait tout noir.

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Obsolètes ces réflexions d'un autre espace, d'un autre temps? Oui et non.

Des exemples, parmi bien d'autres de l'actualité, font des parallèles, et pas des moindres.

Alors, question: Marchons-nous seulement à coups de symboles?

Sans eux, serions-nous paralyser par l'effroi ou par l'habitude de la somnolence « Metro, boulot, dodo »? Faut-il des manifestations plus énergiques pour réagir?

Le 16 août 2007, Elvis Presley revenait à l'honneur à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort. On relançait la vapeur, comme si elle s'était éteinte. Quand on sait que sa " petite entreprise posthume" ne connaît pas la crise. Un milliards d'euros de chiffre d'affaire encore aujourd'hui. Les symboles valent un certain poids à la bourse. La ville de Memphis doit une fière chandelle à son digne pensionnaire pour l'éternité et aussi à cause de la maison de Graceland qui attirent 800.000 admirateurs de tous les effets et objets de l'intimité de l'idole. Le jeu de piste est toujours ouvert pour réveiller les souvenirs de tout ce qu'à toucher de près ou de loin leur idole. Etre témoin a un poids sentimental mais surtout financier. Les "anciens" qui ont partagé l'existence de l'idole n'ont pas de soucis à se faire pour leurs vieux jours en gestionnaires de l'idolâtrie. Les symboles et les mythes ont la vie non pas "dure" mais bien "molle". Il n'y a qu'à entretenir le souvenir par couches successives plus ou moins beurrées. Le symbole du showbiz pourrait-il, un jour, remplacer notre propre image symbolisée? 

Dans le passé, les catalyseurs aux mouvements de foule, souvent pour mener une « promenade » guerrière, se faisaient par l'intermédiaire du tambour ou de la cornemuse. Ce n'est plus le cas. On évolue. On passe à la Toile. On s'y embourbe, mais on marche.   

Dans un passé ancien bien belge, un opéra banal la"Muette de Portici" avait réveillé le patriotisme en latence, lancé la révolution et fait naître la Belgique, indépendante sur la scène des nations. La Belgique depuis vit depuis 1830 et virevolte de symboles en symboles au gré des communautarismes. De "petites exclusivités" tel que la décision unilatérale communautaire de la scission de BHV ont suffi pour mettre le feu aux poudres. Symbole, encore, à géométrie variable.  ec3bff53d1c1e68d36de7e0c74000ae2.jpg

Cette fois, heureusement, nous sommes dans le domaine de la prise de conscience de son bien être actuel et futur. On est prévenu et pourtant...

"Le symbole des symboles est certainement Dieu", disait Carl Gustav Jung.

Tout est symbole dans les mains de celui qui veut arriver à ses fins. Il ne suffit que d'un peu de charisme et de réflexions dirigistes.

c808d47cfccf4bb11592653e27615efb.jpgCe qui va se mettre en place du côté républicain pour les élections américaines en est une preuve flagrante. Un Mormon et un pasteur batiste... dans le premier tour aux caucus. On ne s'aime pas des deux côtés, mais le sentiment est le même. La tradition pure et dure, intégriste dans le fond.

La religion grapille des points. Se préparerait-elle à un jihad à l'envers? Faudra-t-il en appeler d'autres plus tournés encore vers une symbolisation à outrance?

Du côté démocrate, Obama Barak l'emporte symbolisé par un renouveau et du changement radical  par la jeunesse. Le symbole du changement dans l'unité de l'Amérique face à celui de l'expérience. La division, on se la gardera probablement par après. 

Entre temps, le réchauffement climatique a, semble-t-il,  encore de bons ou de mauvais jours en perspective car il est loin de monopoliser les foules et les programmes. Alors, on suit le symbole dans une fuite toujours plus avant.

0440f864fff51f192c183f5e1e316983.jpgLe prix de 100 $ pour le baril de pétrole, comme des jalons d'arithmétiques décimales dans les résultats de Wall Street, comme plafonds ou planchers ne représentent, en fait, rien de plus qu'un compteur qui passe un cap. On ne dope rien. On ne cherche d'ailleurs pas à rassurer. Bien au contraire. On explique sans expliquer les raisons de l'altitude rapide: baisse des stocks américains (imprévoyants les américains?), un hiver très froid US (des prévisions à long terme, c'est nouveau?)... 

J'avais ouvert la discussion dans « Veux-tu être mon idole » par l'intermédiaire de notre volonté d'avoir des représentants, d'en rechercher la crème avec ostentation et absolutisme, oubliant une fois de plus que chacun avait un rôle à jouer par petites touches successives, peut-être, mais avec l'efficacité de la masse.

Les leaders de la "bonne parole" ont toujours dû se démener pour éveiller et agiter les esprits. Le président Sarkozy a été le symbole du changement, de la rupture avec les trente nonchalantes, comme n'ont pas manqué de le rappeler certains "pro". Moins d'un an après, les résultats ne sont plus symboliques et les "anti" se sont réveillés à la découverte de ce que le symbole a ses revers cachés. 

Nous avons besoin de lignes de conduite quand l'horizon s'épaissit. Pas de problème. Prendre le temps d'analyser ce qui est proposé est aussi une obligation par respect de ce que la nature nous a offert avec plus de générosité.

Il reste à espérer que nous ne devenions, un jour, les "Moutons de Panurge" symbolisés.

Les JO de Pékin vont s'ouvrirent le 8/8/2008. Le 7/7/2007 avait vu des candidats au mariage à la pelle.b1952f25851e333c31aa6de5dc780706.jpg   

Cette année, on nous a cassé notre "symbole", celui de l'entrée dans une année que l'on voudrait joyeuse. Pour des raisons de terrorisme et d'attentats latents, le feu d'artifice de Bruxelles avait été annulé. Niveau d'alerte 4 sur une échelle qui en compte 5. Bruxelles, capitale de l'Europe, s'était réveillée en tant que telle, comme une cible du terrorisme. On ne connaîtra jamais si le symbole était à la hauteur de sa représentation.

Autre symbole et rêve brisé, celui du Dakar, annulé, pour les mêmes raisons, même si l'événement est très discutable. Les symboles occultent souvent l'essentiel qui ne se trouve pas dans les rêves mais dans une vérité pure et dure. L'organisateur du Rallye, lors de son discours d'annonce, ne manquait pas d'affirmer que "le symbole du Dakar ne mourra pas".

Pour accompagner mon article "La trentième terrorisée", je dirais simplement que le symbole ne mourra peut-être pas, mais le rallye, oui. De sa belle ou de sa mauvaise mort. Les temps changent. Il faudra s'en rappeler par des anniversaires et non pas par ignorence ou aveuglement. Des alternatives existent. J'avais parlé d'un Rallye à vélo dans mon article de janvier 2006.    

Il y a aussi les symboles que l'on ne nomme pas ainsi: les références.

Je ne parle pas des références demandées lors de la recherche d'un emploi. Quoique?

Il s'agit des références à des personnages plus ou moins célèbres qui permettent des entrées plus aisées à des postes enviés. Les copains sont mes copains en somme. Ce n'est pas nécessairement de la corruption, mais on peut franchement parler de passe-droit. 

Et pourtant, ils tournent, ces symboles, et pas toujours dans la choucroute.

L'euro avait été pris comme bouc émissaire de l'augmentation des prix. L'Italie et la Grèce avaient considéré que cela suffisait. Une grève de la consommation symbolique d'un jour avait été décidée par le passé. Le monde ne s'est pas arrêté de tourner pour autant. Et pourtant, le retour de flamme n'a pas été nul.

Le référendum, très souvent non reconnu comme moyen de réaction aux événements en dehors des élections démocratiques, est pourtant les seul moyen de prendre la température d'une population.

Cette année 2008, il faudra encore s'apprêter à d'autres symboles parfois moins pacifistes. Les idées ne manquent pas. Je les sens germer. On a très mal recommencé d'ailleurs au Kenya.06e6f53e5d4775e67e596b08dabecbe3.jpg

Alors, symbole, lève-toi et marche pour ne pas nous faire crever. 

 

L'Enfoiré,

Le Panda, symbolique? nenni

 

Citations:

 

  • «L'idée d'être un symbole me déplait, mais si je dois être le symbole de quelque chose je préfère que ce soit du sexe », Marilyn Monroe
  • « Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête », Victor Hugo

  • « La vérité est un symbole que poursuivent les mathématiciens et les philosophes. Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités. », Graham Greene

04/10/2007

La séduction n'est qu'un jeu

La séduction n'est qu'un jeu Télé.jpgLa publicité informe le "bon public" de tout ce que notre civilisation de consommation est prête à nous offrir. Elle ne manque surtout pas d'énerver un peu, beaucoup, passionnément, à la folie.



En me promenant près de chez moi, voilà que je tombe en arrêt sur le titre de cet article que je pouvais lire sur une affiche ostentatoire de publicité. Voilà donc clairement les idées avec lesquelles la pub travaille.

Plus besoin de se voiler la face, vendre ou plutôt faire vendre en créant une accoutumance, le goût du luxe, le réflexe d'acheter sans réfléchir est le but primordial et vital. Quelles sont les obligations de la publicité : être informative, véridique et décente.

La psychologie est parfaitement à sa place par l'entreprise de séduction qui démarre à chaque campagne publicitaire. Tout est bon pour arriver à ses fins, hormis la seule censure comme garde-fou.

Car, la folie n'est pas un "must" mais elle aide diablement !

Chez l'adulte, séduire est un acte qui relève de l'érotisme, de la sexualité de l'individu et cela joue à plein dans la publicité. Il n'est pas nécessairement obligatoire de montrer d'une manière explicite le produit que l'on doit vendre mais plutôt ce que la jolie demoiselle, généralement très courtement vêtue, va en faire. Cela va vous inciter à croire que le produit est bon pour vous obliger à publiciairepour rester dans le coup. Si la vedette, avec toute son aura, utilise le shampoing 'x' et vous dit qu'elle en est enchantée, il serait tout à fait incompréhensible que vous ne l'adoptiez pas vous-même. Ne va-t-on pas imaginer se retrouver au volant de cette voiture présentée avec cette jolie personne au sourire angélique?
C'est subtil mais parfaitement dans la note psychologique qui pousse le sexe mâle à se retourner instinctivement vers l'autre sexe. La vente ne se fait pas en direct vendeur-acheteur mais par un juge interposé qu'il n'est pas possible de contester. Les opérations de charme sont de plus en plus nombreuses. Un avis sur le sujet: "
Quelle place pour les femmes dans les médias?"

Un article intéressant sur le sujet écrit par une jeune fille de 17 ans: "La beauté, gage de réussite professionnel?" .

Le slogan récent d'une banque est significatif d'une volonté de mise en quarantaine de la réflexion du consommateur: "Time is not money. It's precious". Dans ce cas, l'expression "Ça ne s'invente pas", est certes à mettre à l'honneur.
Les banques n'ont par leur pareil quand il s'agit de s'attirer la clientèle de la concurrence.
 

"Mr Propre", le seul homme à nettoyer par terre", titrait l'Echo du 27 janvier. L'industrie est parfois en parfait déphasage par rapport avec les habitudes de vie actuelles. Car, il n'existe pas ou plus ce "nouvel" homme pratiquement. L'aspirateur l'ayant remplacé à tort ou à raison.

Fini de présenter la nouvelle poudre à lessiver qui lave plus blanc que blanc. Coluche, par son sketch, a mis un terme à cette approche débile des consommateurs. Ceux-ci ont pris du galon et ont définitivement plus de plomb dans la cervelle pour ne plus se laisser avoir par les chants des sirènes du bas prix.

Mais on s'organise, on se modernise. Innover à tous prix. L'anglais est la langue passe partout. Ok.

On se lance: "Freedom of speech" avec bébé sur le bras en sus. Aucun rapport direct avec le produit à vendre. La sensibilité, la sensiblerie, ça marche. La famille et l'ego sont des sources d'inspiration qui marcheront sans avoir une correspondance avec le but à atteindre. Cela fait rêver dans la douceur de l'intime, donc c'est gagner.

L'originalité, l'humour, l'émotion tendre ou agressive, le sensationnel sont devenus les degrés successifs d'une publicité qui gardera une écoute favorable et ne laissera pas dans le mielleux. Le "lave plus blanc que blanc" existe encore mais se minimise. La publicité qui dernièrement présentait un gosse qui s'élançait à l'assaut du médecin pour demander de l'aide parce que papa et maman faisaient à répétition des "han, han, han..." et qui recevait une prescription sous forme de petit déjeuner à servir pour le lendemain, vaut de l'or.  

Le changement, je ne parle pas du progrès, dans ce sens est visible à la télé et audible en radio. Par bonheur, il existe de l'humour vrai.

Mais à côté de cela, de plus en plus de spots publicitaires dévient complètement du produit qu'ils devraient présenter. Le rapprochement devient tellement aléatoire ou carrément incompréhensible qu'il perd complètement de son efficacité: un spot de télécom ADSL présente d'anciens agents secrets dont les acteurs se lancent dans un dialogue agressif et ce n'est qu'en fin de spot que la marque apparaît sans lien évident.

Tous les deux ans, en janvier, le Salon de l'Auto de Bruxelles est propice à l'envahissement de nos ondes radios et de nos télévisions par les spots publicitaires qui ne manquent pas d'originalité ou de parfaites ignorances de ce que désire le consommateur. Les enjeux sont importants. Le chiffre d'affaire va dépendre pendant plusieurs mois qui suivent le salon. Pendant quinze jours (et avant), le nom des grands constructeurs a éclipsé pratiquement tous les autres annonceurs des espaces dédiés à cette véritable machine à pub. Les plus grands bénéficiaires sont bien sûr ces médias. Dans ce domaine passionnel, tout est "bon" (ou "mauvais") pour arriver à ses fins. On est prêt à forger le goût des prospects, à imprimer sa marque pour orienter les indécis. Cette année 2006, VW lance une pub qui se veut originale par l'entremise d'un concessionnaire indélicat qui ferait payer des options gratuites. Tout est bon, donc, même la simulation de vol!

Les spots, les slogans, les affiches, les images, les couleurs, les mélodies, la musique se suivent et ne se ressemblent plus vraiment. Ils s'identifient à la marque, cette sacrée "image de marque" à laquelle s'accrochent les sociétés de marketing pour s'incruster dans le subconscient du consommateur. Tout est bon pour sortir le consommateur de sa torpeur par l'attraction d'éléments qui ne se retrouvent pas chez la concurrence. Rendre obligatoire l'achat d'un produit pour élever le consommateur 'in' et lui faire regretter qu'il n'y est pas arrivé plus tôt. Des budgets énormes sont mis dans la balance pour arriver après de long mois de gestation au produit fini qui devrait tenir les futurs consommateurs en haleine le plus longtemps possible. Si le consommateur ne se retrouve pas toujours dans leur publicité favorite, il ne faut pas dénoncer les annonceurs qui ne font que proposer des spots pour leurs clients qui l'accepteront ou non.

Le prix. Ah, le prix, cheval de bataille par excellence, est, de nos jours, souvent le moyen d'appel du consommateur le plus efficace. Dans ce cas, l'originalité du message n'est plus la pièce maîtresse. Sans être mensongère, cette publicité a tout intérêt à noyer le poisson pour empêcher le consommateur de comparer chiffres en main des propositions différentes du marché. Limé jusqu'à la corde, le prix d'un produit ou d'un service est parfois bien loin du montant net qu'il faudra débourser pour l'acquérir. C'est devenu le seul leitmotiv pour les grandes surfaces et le budget de la publicité pour annoncer ces prix planchers n'est certainement pas à prix plancher... Certains osent même dénigrer la concurrence en la nommant explicitement: "Vous n'allez tout de même pas chez Tartempion pour payer plus cher?". Ne frise-t-on pas l'illégalité?

Dans le cas des fournisseurs de temps de GSM, déchiffrer les promotions et les différents moyens d'attirer la clientèle de l'un vers l'autre relève du casse tête pour découvrir le plus avantageux. A grand renfort de publicités, plus amusantes ou insidieuses les unes que les autres, les uns proposent des tarifs à la minute, les autres des gratuités en pagaille, pendant des périodes de fêtes qui n'en sont pas vraiment à bien regarder. D'autres, encore, offrent 1000 SMS par mois ou présentent des forfaits plus alléchants pour celui qui perd l'habitude de réfléchir.

Une grande surface annonce, par un grand tapage médiatique, la baisse de prix de 500 produits les plus vendus. Geste commercial généreux vis-à-vis des petits budgets ! Technique de marketing, surtout, avec le but de maximiser le profit. Si la baisse de prix est bien calculée, la vente plus importante sera au pire la même, mais une recette meilleure est visée. Les achats chez les fournisseurs se feront en plus grande quantité et donc avec un discount à la mesure. Les fournisseurs acculés financeront, c'est tout. On pourra, alors, se demander "comment va réagir la clientèle à la générosité". Affaire classée.

La compagnie d'aviation à bas prix Ryanair et Virgin Express n'a pas manqué d'être accusée et envoyé devant la justice par la Ministre Frey Van Den Bossche, en charge de la protection des consommateurs, pour tarification trop peu claire. Cette sacrée transparence avait dû être plombée par des suppléments et taxes divers.

De toute manière la loterie est là. Une fois insolemment riche, il nous faudra prendre l'envie de s'essuyer le front avec le beau billet de 500 euros tout neuf. Rien de plus naturel.

Quant aux promesses de qualité, d'être meilleur que la concurrence, le consommateur doit garder la tête froide. Rester en dehors d'une appréciation trop rapide et aucune déception au niveau du résultat à l'utilisation. Les descriptifs des articles en vente se veulent complets mais une petite note en fin indique souvent que certains points de descriptions peuvent très bien être modifiés depuis sa rédaction. Le caractère très technique de ces notices peuvent aussi désorienter le prospecté. La fameuse "qualité professionnelle" affichée sera souvent contrôlée par des consommateurs très peu professionnels. Attention, l'augmentation de la qualité sera proportionnelle à la augmentation du prix. C'est mathématique et normal. Mais, les acheteurs ne sont-ils pas là justement pour devenir contrôleur? Entre consommateurs, ne pas hésiter pas à se refiler les "tuyaux" est un moyen de rester dans la note. Car de toute manière, "Chez moi, c'est près d'une certaine bière (que je ne citerai pas, évidemment)".

Les publicités qui attirent le client par des gadgets ou des objets qui n'ont rien avoir avec leur business (CD de stars, stars que le client va rencontrer et emmener chez lui après un plein, n'est qu'un exemple). Les enfants de la génération née de ce dernier quart de siècle n'ont que la consommation comme seul repère. Véritables "proies" des publicitaires, les enfants reçoivent depuis leur plus tendre enfance un "tatouage de pub" qu'ils conserveront leur vie durant. Les pictogrammes qui nous entourent pour nous renseigner en tant que consommateurs sont ancrés dans notre subconscient. Pas facile de résister à un matraquage qui s'insinue au travers d'images parfaitement anodines et positives. "Le livret jeune Swing de la banque postale" a aussi inspiré des idées.

Faudra-t-il être "griffé" pour avoir le droit d'exister. Ils sont donc les premières "victimes" consentantes de l'harponnage qui leur est fait par la publicité. Les marques qui ont le plus de poids financier pour lancer les meilleurs campagnes de pub savent évidemment comment faire abandonner la résistance aux enfants et ensuite convaincre les parents. Une pub pour des voitures ne manque pas de l'affirmer "Vous ne remercierez jamais assez votre enfant de vous avoir fait découvrir tel ou tel modèle". On ne peut être plus clair. Alors interdire la pub à la télé pour les enfants. Certains pays y sont passés. Couleurs et à fond le sucré sont les attirances naturelles que la télé a bien compris. Mélange d'info et de pub pour brouiller les repères, habiller les idoles pour créer le manque sont les techniques du marchandising destinés aux enfants. La hauteur des rayons pour enfants sont ajustés en fonction de l'âge dans les grandes surfaces. Le sport est complice.    

"A vos marques" était le nom d'un jeu télévisé dans le passé. Coïncidence?

Le jeu a permis d'ouvrir une autre faille dans les porte-monnaies du consommateur. Attiré par le gain, celui-ci s'est vu présenté une manière agréable d'entrer en possession des articles dont il rêve. Pour ce faire, il est prêt à prendre son téléphone et d'appeler le fatidique numéro à tarification spécial. Et voilà que le compteur tourne et que sans le savoir, il se prête à la compensation de l'hypothétique gain.

Ces spots télé qui s'insinuent entre les films, ou qui s'invitent en plein milieu de projection, ne tiendront la distance que si l'audimat révèle l'intérêt des téléspectateurs. Quand je dit de "s'insinuer entre les films", la Commission Européenne s'est même vue mise en demeure d'estimer comme cela est déjà le cas aux États-Unis, d'accepter que les films eux-mêmes contiennent la publicité. Les acteurs du film présenteraient ainsi les produits aux consommateurs en plein milieu de la projection. Une restriction: pas dans le journal, ni dans les émissions pour enfants... Ouf.

La télé, elle-même, ne vit en grande partie que grâce aux revenus récoltés parmi les sociétés qui font passer leurs publicités.

Dernièrement, la justice, appelée par le JEP (Jury d'Ethique Publicitaire) a été mise à contribution pour montrer un point qu'il ne fallait pas franchir. La firme Red Bull, bien à propos, a présenté son produit comme un miracle de la réussite scolaire pendant les examens des étudiants. Ce produit très apprécié auprès des jeunes devait permettre de prolonger la préparation des examens pendant les heures nocturnes. Ce que le spot ne disait évidemment pas c'est que la mémoire ne joue pas avec ces cordes-là et qu'elle a plutôt tendance à passer des moments plus paisibles.


medium_La_seduction_n_est_qu_un_jeu_Sport.jpgLe sport
ajoute son épingle dans le jeu par le sponsoring. Tout est également bon pour faire flasher l'esprit sur les noms connus de la distribution tout public. Le 26 janvier 2007, le journal l'Echo avait un article qui mettait pourtant un bémol. Le titre était "Les sponsors refusent de monter dans le camion-balai". Les scandales n'ont pas bonnes presses ni bon bon poids publicitaire. Doper sa marque en associant l'action par coups de doping, ce n'est pas vraiment la bonne manière de se faire connaître. Alors, restera-t-il une volonté de mouiller son maillot sans l'enseigne du mécène? Se poser la question, c'est y répondre.

Internet se sponsorise aussi par cette débauche de produits. L'internaute docile peut même arriver à gagner de l'argent en acceptant de laisser le champ libre aux publicitaires en ouvrant la porte de son champ de vision aux annonces les plus affriolantes. Malheureusement, les messages non sollicités, les "spam" se sont infiltrés dans les emails et lors de consultations des pages du web et sont devenus de véritable plaie de toute utilisation de ce bel outil de communication véhiculé par l'ordinateur.
La publicité coute très cher. Autant ne pas trop éparpiller inutilement et sans retour de manivelle. Éliminer les messages non productifs est et restera un "must". A côté des demandes officielles en bonne et due forme qui parviennent aux consommateurs pour qu'ils désignent ce qui les intéresse, internet va fournir une meilleure réponse. Des sociétés telles que Google, pour ne citer qu'elle, par l'intermédiaire de ses services gratuits (j'en parlais dans "Internet, reste net") va chercher à cerner, à piéger chacun dans ses habitudes consommatrices. Le pluralisme, on veut bien l'assumer, mais l'efficacité a ses lois et il ne faudrait pas éparpiller à fond perdu les prospectus, les brochures. "Il ne faut pas prendre les Enfants du Bon Dieu pour des Canards Sauvages" comme disait Michel Audiard.

Et pourtant, certains consommateurs en redemandent. Je n'en veux pour preuve que le concours de la recherche du meilleur spot plébiscité par l'ensemble de ces consommateurs en herbe. La "Nuit des Publivores" vient couronner le vainqueur de ce combat des chefs. Une chronique de Paul Herman posée sous forme de besoin de liberté prouvait par ses commentaires qu'il ne fallait pas toucher à sa "pub".

Chercher à rester dans la mémoire des gens par le beau ou par le mauvais côté? Associer un besoin avec une seule et même marque pour parvenir à remplacer le mot original du produit, le faire oublier, par le nom de la marque est l'aboutissement logique.

La censure apporte heureusement son contrôle, accorde son blanc-seing ou rejette la pub si les limites de l'acceptable sont dépassées. La publicité mensongère a souvent été stoppée avant d'arriver devant nos yeux. Mais, l'organisme qui assure la censure est-il bien placé pour assurer l'efficacité nécessaire?

Le consommateur a-t-il vraiment le 'droit de réponse' ?

La contre-publicité n'est apparemment pas permise. Pas question de dénier et d'attaquer ouvertement un concurrent. Par manque d'imparcialité, la contre-publicité a les mêmes vices que sa publicité. Elle joue avec les mêmes ressources que son ennemi pour se reproduire. Elle n'est acceptée d'emblée et de manière officielle dans les cas de santé publique comme pour le tabac.  

La publicité comparative est partiellement autorisée avec certains garde-fous. Des directives européennes y veillent. 

Des organismes de protection des consommateurs existent bien sûr. 60 millions de consommateurs, Test-Achat. Subsidiés par les consommateurs eux-mêmes, ils devraient être impartiaux. Ouf !

Pour vendre et pour séduire, on ne compte plus les campagnes publicitaires qui ne se veulent plus que des images d'une société qui n'existe pas ou plus. On persiste et signe des étapes de la persuasion qui n'ont plus cours ou complètement obsolètes. L'imaginaire fait vivre, dit-on. Il fait surtout mourir d'envie celui qui ne peut plus se prêter au jeu.

Quand on est en manque d'idées pour relancer la vapeur, que fait-on? Les publicitaires proposent et on change de look. On ne se demande pas le pourquoi d'une "descente aux enfers" d'un produit. On en change l'image. Les pages sur internet prennent des couleurs fluos. C'est dans le vent. Du moins le croit-on. Le moteur devra s'emballer avec l'image. Les hommes qui sont en arrière plan de celles-ci, n'ont pas droit au chapitre. Ils coûtent assez cher et doivent prendre le profil bas.

L’histoire de Coca-Cola a été récemment publiée sous le titre de "Coca-cola, l'enquête interdite". En dehors de l'aspect parfois sulfureux qui pourra s'y dévoilé, il existe une règle de conduite dans la Séduction. John Pemberton eut l'idée géniale: investir dans la réclame. Il confiait à un de ses proches: "Si je pouvais avoir 25.000 dollars, je dépenserais 24.000 dollars en publicité et j'utiliserais le reste pour fabriquer du Coca-Cola". On connaît la suite. 94% de la population mondiale reconnaît instantanément son logo. Consommation la plus consommée dans le monde (1 milliard de bouteilles par jour). Même l'eau est détrônée par ce breuvage. Le 23 avril 1985, la Compagnie annonçait sa volonté de changement en voulant annoncer "New Coke". Véritable Tsunami avant la lettre, elle a du suite aux protestations en revenir à ses premières amours.

La publicité n'est qu'un jeu de séduction, mais un jeu qui rapporte assurément.

Mais, au fait, à qui ou par l'intermédiaire de qui?

Pour paraphraser une phrase célèbre: "Dollar, my name is money". Au cinéma, il est possible pour le réalisateur de film et son acteur fétiche sous les traits de James Bond de pouvoir piloter une voiture BMW de 25 millions de dollars, tout frais payés, pour l'utilisation de celle-ci dans 3 films en remplacement de la rituelle Aston Martin. Quand le "product placement" entre en jeu, la boussole n'est plus à bord de la voiture. Elle se conduit toute seule car elle peut se désintégrer dans un crash spectaculaire. Pour les "faux-vrais" frais, il n'y aura qu'à céder ostensiblement la carte de crédit ou de prendre son GSM du bout des doigt pour se faire dépanner. Il faut bien que jeunesse se passe! La chaîne Arte en parlait le 8 décembre 2006.

Plus prosaïquement, nous profitons à l'étage du dessous de ce même stratagème. Vous lisez ces lignes avec quelques pièces sonnantes partronées par Vandam-K.H. La boucle est bouclée dans le meilleur des mondes.

Dernièrement, en Belgique, trois associations étaient en guerre contre la pub. Consoloisirs, les Equipes populaires et Respire s'opposaient à l'emprise de la publicité par les émissions de la RTBF et réclamaient la tenue d'un débat public. Une pétition est dans l'air. Le plafond de 25% de revenus publicitaires était devenu selon certains trop "étroit". Quand l'introduction de la publicité a été décidée l'accord précisait 2 minutes par heure d'émission. Le maximum actuel se situe actuellement à 12 minutes. La saturation ne serait pas la solution pour tous les partis. Elle hyptothèquerait l'autonomie des éditoriale. Mais, le financement d'un média peut-il encore se penser autrement que par cet intermédiaire?  N'avons-nous pas épuisé les autres voies de financement?    

Dans notre époque qui se lègue au "tout gratuit", la pub est devenue la "vache à lait" sans laquelle plus aucune production locale ne pourrait se créer actuellement. Production qui entraine un certain dirigisme potentiel et une overdose caractérielle. Dilemme d'un l'équilibre subtil?  

Demain, la publicité sera très probablement plus envahissante encore.

361d96979856184950627493716b6d5e.jpgLa pub devrait passer à la vitesse supérieure car la croissance des investissements publicitaires dans les médias se serait ralentie. Plus ajustée à la personnalité du consommateur. Internet, Google ajuste le tir en s'immiscant dans la vie privée du consommateur pour le connaître mieux et connaître ses besoins et ses rêves les plus fous. Une première estimation des dégâts peut déjà être imaginée par la vision publicitaire d'Outre Atlantique qui ne laisse subsister souvent qu'un peu de film au travers de la publicité. Tom Cruise dans le film "Minority Report" qui se passe en 2054 était interpellé par son nom par une affiche publicitaire. La publicité personnalisée à ce point, on n'y est pas encore mais comme des découvertes faites sur le cerveau prouvent que c'est le côté reptilien du cerveau, responsable des instincts et des réflexes innés, qui analyse la publicité captée par les yeux. Plaire par ce côté basique du subconscient d'une manière instantanée est donc le but de tout publicitaire. A première vue, la simplicité du message apporte le plus d'effet et pourtant la publicité devient de plus en plus complexe, tirée par la technologie et un peu de créativité. La simple image du produit que l'on devrait consommer suffit pour choisir ledit produit. L'oreille entend sans écouter mais elle enregistre à notre insu. La publicité ne manque pas à chaque occasion de renvoyer le consommateur à son site Internet qui renseignera plus clairement encore le choix qu'il doit opérer. Il y a danger quand certains logiciels agissent en "nettoyeur" de pub, quand la télévision numérique permettra de zapper très vite, raison de plus pour y apporter le plus de côtés "sexy" possibles. Une fois, le consommateur capté et intéressé par une information plus précise sur un article demandée par lui, il en deviendra plus important pour le publicitaire. La neuromarketing a encore beaucoup de moyens pour rendre plus efficace le travail d'infiltration du cerveau.

L'Echo annonçait récemment qu'IBM prédisait la fin de la pub de papa et que cette pub allait affronter plus de changements dans les 5 années à venir qu'au cours das 50 ans écoulés. La baisse des revenus des médias traditionnels serait la raison invoquée. L'internaute consacre 2 heures de son temps par jour sur la toile dans 71% des cas. La télé n'a plus la cote et ne prend plus 48%. L'interactivité supplémentaire est le maître mot. Les messages ciblés dans une relation client à consommateur. Google, Yahoo ou AOL sont là avec son moteur de recherche et draîneront les revenus publicitaires.   

Dans mon préambule, je ne manquais pas d'exprimer une certaine exaspération dans la répétition d'une même publicité toutes les 2-3 minutes sur nos antennes. "Ah, si tout était aussi bien accepté que le matraquage, pourrait-on dire en suivant les mots entendu de maintes fois! Le but primaire et principal de la publicité est de faire connaitre un produit. Pas de lézard, je m'y conforme volontiers. Les excès sont, par contre, inacceptable et improductifs. C'est comme si les sociétés voulaient nous faire payer les prix astronomiques déboursés pour nous 'informer' du bien fondé de leurs produits. Trop de répétitions d'un message le tuent très certainement. Des études prouvent qu'un événement présenté plusieurs fois apparaît pourtant plus "sympathique" ou "familier". Est-ce à dire qu'il faut pousser le bouchon toutes les minutes? Les commentaires en ligne sur Internet influencent les décisions. Les consommateurs sont prêts à payer entre 20 et 99% de plus pour un produit coté "Excellent" qu'un article coté "Bien" (dixit Echo). Espérons qu'ils restent impartiaux, nombreux et très détaillés.  

Publicité mensongère? Rien ne sert de le dire, il faut le prouver. Une association des consommateurs a été déboutée à la Cour de Paris (20-nov-2007) dans une affaire de justice contre une pub anti-cholesterol d'Unilever. Motif: "la publicité ne pouvait laisser penser au consommateur moyen, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé, que la seule consommation du produit était de nature à faire baisser le taux de cholestérol". Pourquoi la contre pub n'est-elle pas admise pour informer le consommateur?    

Heureusement, la meilleure publicité reste le bouche à oreille. Si un produit est bon, cela se dit. Et la bonne parole fait très vite son chemin. La publicité le sait et mentir ne paie plus, elle est condamnée à se mettre au niveau de son auditoire. "Car une vraie relation se construit avec le temps", dit encore la pub.

La tentation actuelle du consommateur est d'avoir tout et tout de suite et au meilleur prix. Le problème, s'il en est, est bien là. Peu importe la provenance des produits qui sont présentés à nos yeux. Le consommateur subit et profite d'une situation apparemment avantageuse, il reste conscient et, dans le fond, il se réveille et se rebelle en silence de ce qui ne correspond plus à l'argent qu'il a consenti d'accorder à son penchant. Dégrader son pouvoir d'achat par des produits qui ne correspondent plus à la qualité qu'il attend, n'apporte pas la bonne approche d'un commerce équitable. De légères augmentations de prix auront très vite perdu leurs impacts. Les ratages seront par contre plus mal ressentis.

Un rappel aussi: quand on est inondé de messages publicitaires invitant à consommer, ce qui est le système parce qu'il faut relancer la compétitivité, et donc la consommation, cela crée des frustrations pour ceux qui ne sont pas capables de consommer. A l'égard de jeunes qui ne sont parfois pas forcément susceptibles de bien décoder les messages publicitaires, de gérer des frustrations et de faire la différence entre une envie et un besoin, tout cela peut parfois générer par corollaire une forme de violence. Fait de société la publicité peut être la meilleure et la pire des entreprises humaines à condition dans discerner les contours avec précision. Sois un homme, consomme...

Un exercice? Puisque je partage tout avec vous... Essayer de traduire la phrase suivante avec les mots du dictionnaire sans réfléchir:

"Sortant de mon jacuzzi et en allant dans le frigidaire, j'ai laissé tomber une bouteille de coca, j'ai essuyé le sol avec un kleenex, j'ai tout de suite noté avec mon bic, scotché sur le mur, qu'il m'en fallait une nouvelle avant d'enfiler mon k-way et m'en aller avec la jeep".

J'y pense, "mais cette fois, c'est moi":

"Venez lire les Blogs de l'Enfoiré. Les Blogs qui vous feront passer du passé au futur en passant par le présent. Les Blogs inoxydables et au prix imbattable. Les Blogs..." dou, dou, dou, dou...

 

Je dis cela, tout simplement "Parce que que vous le valez bien" et puis "Vous avez l'énergie", non?"

Et sinon, "Ne changez pas de métier, changez de patron". Au moins, dans ce cas vous resterez au parfum.

 

L'enfoiré,

 

Un article qui fait réfléchir sur Agoravox : "Pour un label sans pub": sans pub, serait-ce possible? 

et un autre encore : "On achète bien les cerveaux".

"Questions à la une" Faut-il interdire la publicité pour enfants?


Citations :

  • "La publicité vise à vaporiser le sujet pour le transformer en fantôme obéissant du devenir", Michel Houellebecq
  • "Nous savions que la publicité ciblait les imbéciles. Je découvre que ça marche aussi auprès des abrutis profonds", Philippe Geluck
  • "L'art, c'est déjà de la publicité. La Joconde aurait pu servir de support à une marque de chocolat, à Coca Cola ou à tout autre chose", Andy Warhol
  • "Une bonne publicité devrait ressembler à un bon sermon ; elle ne doit pas seulement soulager les affligés, mais elle doit aussi affliger les satisfaits", Bernice Fitzgibbon
  • "La publicité est à la consommation ce que l'érotisme est à l'amour. Le plaisir ne suit pas toujours...", Philippe Bouvard


Les images sont de marque

 

05/07/2007

Ecritures et images parallèles

Free a annoncé les premières télévisions libres. Nous y sommes. Après l'esprit démocratique révélé par des mots et l'écriture dans les blogs, nous voilà à la renaissance démocratique par l'intermédiaire des images et de la vidéo de particuliers. Rien oublié au passage?

 

Un article d'Agoravox 'TV perso de Free, la télévision vous regarde" m'avait fait réagir en sens divers. Les télévisions officielles souvent décriées par leur manque de consistance ou leur parti pris ont jusqu'ici été à la base de l'information. L'idée de Free est bien entendu de laisser parler par l'image les spectateurs habituels de l'autre côté de l'écran. Idée louable et qui va être appréciée par la plupart des jeunes qui en veulent et qui sont près à monter leur présence effective.

Le SVM de juillet en parlait avec le maximum de détails. Du côté technique, de l'archivage, tout est désormais possible. Les prix de l'accès et de réalisation de "show" privés sont à la hauteur des ambitions. Pas de problème.

Le côté fonctionnel est plus sujet à question.

9df1b987d07400e1407f91452ad64c50.jpgRevenons à ce qui s'est passé pour l'écriture des blogs. Tout était lancé en "free" mode, sans bourse déliée. La pub allait combler les trous et le manque à gagner.

Et ça à marché, plein tube. Un blog par seconde sort toujours de la toile publique.

Les invites de ses fournisseurs d'accès étaient claires: laisser apparaître toutes les idées, toutes les images qui avaient toujours été imaginées sans jamais oser le demander. Il n'y a qu'à s'inscrire. Les annonces provocatrices même ne pouvaient qu'attiser le feu interne de tout citoyen qui se respecte.

Alors, parlons sérieux. Les images de "bobonne à la plage" des débuts, ça intéressait qui? Et, la petite pensée, vite fait, bien fait en quelques mots qui plane dans un esprit ombrageux? Ce sera lu par les copains que l'on espère nombreux. Ils le feront d'ailleurs dès le début, ils laisseront même un commentaire bien banal, en somme: "excellent". Mais après?

La vie de tous les jours est ce qu'elle est. Préoccupante, agressive, et ne laisse que peu de temps à l'interlocuteur le mieux préparé à l'ouverture plurielle. Dans le meilleur des cas, on veut bien lire mais alors, en plus, exprimer un commentaire de contestation pour entamer une conversation virtuelle. Il ne faut pas rêver, ce n'est pas la tasse de thé.  Le soir, le journal officiel reprendra son job d'information traditionnelle même s'il est en perte de vitesse d'après certains echos.

Alors, chez le citoyen, on s'organise. On se centralise. On se réuni sur un site plus contrôlé, plus censuré, n'auront de cesse de conclure les frustrés de liberté sans limites.

Retour à la case départ du contrôle?

Le risque existe bel et bien. C'est sûr. Tout est une question de s'assurer d'un maximum de pluralisme de l'équipe en charge du contrôle. La modération n'est pas une censure. Je connais, ça passionne et ça prend aussi du temps, beaucoup de temps. Est-ce une manière de mettre l'"église au milieu du village"? Mais, faut-il une église dans le village? Non, certainement. Seulement, un aiguillage et un peu d'ordre qui se veuvent pluraliste, oui.

Les réactions et commentaires sont plus nombreux quand les articles sont concentrés. C'est un fait. Alors, on daigne lire un peu plus, quant à commenter, on se mouille un peu plus. C'est vrai.

L'esprit "journal" n'est pas mort. Qu'il soit sous forme de papier ou électronique style "internet". L'intérêt est évident pour les deux bords, rédacteurs ou lecteurs. Les articles se sont mûris et modérateur, il y a souvent des articles que j'aurais aimer avoir pu écrire moi-même.

Dans cet environnement, tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes? Non.

Les bons commentaires sont mélangés à beaucoup de "fioritures en désynchro" et aucun système pour éliminer le trop plein ne pourra l'éviter malgré les essais drastiques. Quand c'est bon, je dirais même que certains commentaires dépassent en consistance certains articles eux-mêmes. Les journalistes se sont sentis attaqués dans leur profession avec cet afflu d'informations en parallèle. Ces nouveaux acteurs ont bien essayer de mettre une couche dure sous forme de renom en "cinquième pouvoir" pour confirmer leur présence, leur existence. La censure, insensiblement, peut exister aussi si l'on n'y prend garde surtout à des moments "stratégiques" comme nous en avons connus récemment. La transparence des processus est affaire d'objectivité. Dans ce domaine aussi, à l'extrème, un plus un ne fait pas nécessairement la somme arithmétique et perd de ce fait une partie d'impartialité. Catastrophe? Des hommes et pas de machines à bord.  Autant savoir. C'est tout. 

Il faut montrer les dents et afficher une détermination sans failles pour se faire respecter. pour cela, avoir son franc parlé, le faire ressentir et le défendre. Rien n'est plus vrai. Et cela doit le rester. mais, il y a un "mais".

Il ne faut pas être dupe. Rester humble. Pas de connaissances en journalisme. Pas d'études en se sens. pas de budget en support. Fermeture du premier rideau. 

Alors, où va nous mener les images en plus? Une image, une caricature pouvait déjà remplacer un texte de plusieurs pages. On bénit l'idée.

YouTube et d'autres, première étape. Passer la tête à la télé perso, deuxième. Chouette. 

Celui qui fait des photos pour un article sur le net, entendra certainement, un jour, la question "Est-ce que j'étais bien sur la photo?". Amusant, ce besoin de notoriété!

Tribunes libres, la télé avec caméscope après la radio avec micro. On va se mobiliser. Car, on se modernise même dans le libre.

Une question de média technique? Les budgets de réalisations ont fondus. Pas de problème, donc. Question de moyens fonctionnels? Avoir quelque chose à dire, à montrer qui intéressera tout le monde n'est pas une question de gratuité. Mais où seront les filets de protection, même si on oublie le direct dans l'aventure?

Quelques pépites, certainement, passeront mais après combien d'heures de vision perdues?

69015c28790a0855309a104960a0f587.jpgLes blogs avaient généré quelques excès tout à tour sanctionné en justice ou relaxés pour manque de consistance juridique.

Prendre des responsabilités à bon escient n'est pas si simple et nécessite également des connaissances qui dépassent ce "fameux citoyen lambda". Des spécialistes vont sortir du lots. Des semi-professionnels. Des professionnels cachés.

Nouveau laboratoire pour un futur en construction. L'audience, l'audimat pour la télé officielle, restera les champions de la qualité. Le chalenge est lancé.

On n’arrête pas le progrès. Les adaptations vont suivre chez les dits "anciens" et plus tard pour les "nouveaux". Usure de pouvoir? Un peu. Retour de flammes? Aussi. 

C'est dur de parler contre ses propres convictions. Je devais m'y attelé objectivement.

A vos marques ou à vos manques "Télé Libres".

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des écritures imagées librement commmentées  

 


Citations:

 

  • "Il y a des gens qui parlent de tout et de rien. Une chose m'ennuie chez eux: ils parlent beaucoup de rien et peu de tout", Philippe Geluck
  • « La vie a beaucoup plus d'imagination que nous. », François Truffaut

  • « Ce n'est pas parce que c'est un succès qu'un film est bon et ce n'est pas parce qu'un film est bon que c'est un succès. », William Goldman

  • « Si je fais un film et qu'il marche aux Etats-Unis, je sais que je vais être plus riche, mais s'il marche en France et particulièrement à Paris, je sais que j'ai fait un bon film... », Hugh Grant

  • « Un film, c'est toujours une tentative, jamais une finalité. », François Ozon

 

09/12/2006

Papy, continue de boomer

Le "Papy boom" pourrait encore avoir de beaux jours devant lui. Un peu de réflexion et tout le monde pourrait se retrouver bien plus heureux.

 

medium_Papy_continue_a_boomer_01.jpgLa décade que l'on appelle le "Papy boom", nous y sommes en plein. Ces travailleurs nés juste après guerre arrivent ou sont déjà arrivés à une pension bien méritée après de bons et loyaux services. Est-ce pour autant qu'ils sont à mettre au rancard, à la poubelle de nos vies actives?

Bon pied, bon œil, ces "jeunes-vieux" sont bel et bien prêts à vivre une autre vie. Moins stressante, peut-être, mais non moins passionnante. L'argent, lui, n'a pas disparu, bien au contraire. Il a été épargné (à cette époque, on le faisait encore de gaité de cœur) pour les "vieux jours" ou comme diraient les optimistes, pour des jours meilleurs. Le nombre de retraités est en constante augmentation. Cette sénescence devrait en effet aboutir à un recul du taux d"épargne et à un ralentissement de l'économie, prédit UBS Wealth Management Research. Mais dans le même temps, cette dégradation devrait exercer une pression haussière sur les taux d'intérêts réels, conclut cette même société. De nouveaux biens de consommation et des services adaptés seront du nombre des desiderata de nos consommateurs "boomeurs". 

L'Echo du 14 avril titrait "6 Belges sur 10 ont moins de 1000 euros de pension".  C'est vrai, mais l'épargne personnelle a pris largement le pas sur cette pension légale pour s'assurer un niveau de vie tout à fait décent à la retraite. L'épargne pension tout d'abord avec 2 travailleurs sur 3. avec de 15 à 20 % du salaire mensuel épargné de façon systématique avec intérêts à la clé pendant toute une vie, ce n'est pas rien. 

Parfois, mis à la retraite prématurément, par des pré-pensions, ils ont la chance de jouir plus tôt encore de la vie sans perdre beaucoup de potentiel financier.  Cela va peut-être changer, tous les indicateurs sont au rouge pour la suite de ce côté. Le patronat, l'état se prêtent au jeu du passe-muraille dans le "Pacte de Solidarité entre les Générations" qui pourrait se traduire plus clairement par un compromis bien rétrograde pour le portemonnaie.

Un rédacteur chez Agoravox, titrait un article "Baby Boomers: les nouveaux boucs émissaires à la mode". Tout en commençant assez "hard" pour dire que ces "gentils Papy" avaient dilapidé les richesses de la terre dans l'insouciance, il nous rassure en fin de parcours et nous retire cette responsabilité. Mai 68, le socialisme à outrance et la déroute actuelle dans nos pays ne devraient donc pas faire partie de nos remords. Le statut de victime généré et rationnel suffit.
Ouf. Quelle clairvoyance. 

Une pub que nous avons eu pour inciter à voyager "avant qu'il ne soit trop tard" nous contait de manière très humoristique les paroles de "gens d'un certain âge" qui répercutaient celles d'un guide "bien avisé", invitant à monter les 235 marches d'un édifice. La réaction d'aller acheter des cartes postales était dès lors de moins en moins caricaturale.

Ils en veulent ces jeunes d'un autre âge. Fin novembre, le "Salon Zénith" à Bruxelles faisait salle comble. Ce salon est destiné tous les ans à tous ces jeunes-vieux de plus de 50 ans. Le commerce battait tous les records.  

Je suppose que vous voyez progressivement où je veux en venir.

Beaucoup de créneaux motivateurs d'innovations sont recherchés par les jeunes pour se créer une niche dans la vie. Les idées généralement prodiguées sont dirigées vers les carrières de bureau, de l'informatique (la mode a pris faussement un coup de vieux de ce côté), de la science en général. Mais, le côté social, la prise en charge des gens qui ont, en définitive, moyens et temps n'a pas vraiment beaucoup de répondant.
"Time is money" n'a jamais été aussi vrai. 

Car, du business, il y a moyen d'en faire avec cette catégorie de citoyens. C'est sûr.

L'inactivité, l'oisiveté n'est pas recommandée et n'est pas, non plus, souhaitée. La télévision a son temps d'"antenne" qu'il ne faut éterniser. Des moments de la journée plus enrichissants sont à préparer et une soif à épancher.

Qu'est-il proposé pour ces "gens qui se trouvent plus près du grand trou que du petit d'où ils sont sortis", comme répondait une "perspicace" vieille dame à un journaliste qui se voulait être "positif" sur son état de santé?

Des homes existent bien sûr. Mais à l'heure actuelle, il faudrait les assigner au 4ème âge plutôt qu'au 3ème. La médecine a fait un progrès énorme et la longévité de l'homme n'a fait, et ne fera, que s'allonger. La gériatrie est un mot qu'il ne faudrait pas prononcer de manière trop précoce quand on déborde de santé.

Des peuplades anciennes en transhumance laissaient parfois auparavant leurs "vieux" en chemin pour ne pas pénaliser la troupe. Nous ne sommes plus au "cimetière des éléphants" dans la genèse de l'homme moderne.

medium_Papy_continue_a_boomer_88.jpgLes enfants sont là pour subvenir aux besoins et apporter leur soutien. Il ne faudrait pas cependant considérer qu'ils sont redevables à 100%. Les accuser de sans cœur n'est pas, ou plus, de rigueur quand on constate le besoin d'apaisement dans une vie trépidante. Trop souvent, la cassure qui survient lors du passage de la vie active à celle de pensionné, est tellement forte que certains ne lui survivent pas.
Les sociétés, elles, n'en ont rien à cirer de leur "après". Elles oublient peut-être un peu vite que les retraités sont de parfait citoyens propagateurs de la publicité.
Mais, le travail a été rémunéré. Point.     

Alors quoi? Quelles sont les solutions?

Quelques voyages en car d’une journée ou de plusieurs dans des endroits choisis souvent dans un but commercial. De ce côté, on a déjà compris tout ce qui pouvait en être retiré.

Des associations ou club qui se réunissent pour parler souvent de leurs difficultés "à être". Des tables de discussions quand elles existent.

Se garder en forme, voilà une idée primordiale dans l'esprit de ces retraités en mal d'activité. Ils ont aimé s'amuser dans le passé.

Danser, pourquoi pas? Le problème, c'est que beaucoup d'endroits pour danser sont réservés pour la vraie jeunesse. Les musiques et les rythmes qu'on y trouve, ne sont pas adaptés à nos "Papy et Mamy". 

Du mouvement, les balades s'organisent, c'est vrai, mais elles sont organisées dans les temps morts de gens toujours actifs pendant weekends et jours fériés.

Des animateurs bénévoles, c'est bien, les autres moments plus creux, en semaine, à meubler aussi, c'est mieux.

L'université du 3ème âge est aussi un débouché-débauché pour ceux qui ont encore un peu de répondant du côté chapeau.

Le "CyberPapy" est devenu diablement dynamique. Refaire du sport, visiter les musées et expositions, aller au cinéma et au théâtre, il en a de plus en plus envie. La culture, les voyages leur font déjà les yeux doux. Ces papys ne demandent qu'à être émerveillé par de nouvelles découvertes et aventures.

La Carte S et la S.N.C.B. (chemin de fer belge) avec ses tarifs privilégiés vont le leurs permettre. L'âge est devenu un atout.

Plus de 50.000 visites mensuelles sur une site plein de dialogues questions-réponses entre jeunes et séniors sur des thématiques diverses tels l'histoire, la géographie et bien d'autres. SeniorPlanet consacre son temps à présenter des articles et dossiers consacrés à la santé, la beauté, la famille, l'emploi et bien sûr les voyages. La qualité de vie et les loisirs se trouvent sur les sites de vivat,de opladiset du Marché des Seniors destinés aux "nouveaux jeunes" de 45 ans et plus.  

Une remarque en passant: Trop souvent, les "Papy et Mamy" se plaignent de ne pas avoir plus de visites (quand elles subsistent) de leurs petits enfants. J'ai été témoin de la parfaite communion, du partage d'idées qui profitaient aux deux types d'interlocuteurs aux antipodes de la vie, qu'il serait bien mal venu de sauter une occasion de rencontres.

Tout est bon, en fait, pour sortir la personne d'âge mûr de l'enceinte des quatre murs et de la télé envahissante. 

medium_Papy_continue_a_boomer_Damart.jpgPour cela, il faut de l'offre, beaucoup d'offres et d'horizons divers. 

On prévoit une demande grandissante de nouveaux biens de consommation et des services adaptés tel que  les possibilités offertes par l'émergence de la robotique.

Voilà quelques idées bien simples, bien rémunératrices si l'on veut y accorder le temps et l'investissement.

Tout le monde y gagne: les "Papys" continueront à "boomer" et les jeunes auront fait le lien avec les ainés avec plus d'entrain que d'habitude et un agent liant bien d'époque: "l'argent".


A bon entendeur. Salut.

 

 

L'enfoiré,        

 

Pour les commentaires, Agoravox en a aussi   

 

Citations:

 

  • "Etre jeune et riche, c'est indécent. Vieux et riche, au contraire, c'est logique...", Jean-Luc Delarue
  • "Tout jeune, on pousse. Adulte, on se pousse. Vieux, les autres vous poussent.", Jacques Sternberg
  • "Vieux, moi ? Je peux encore faire l'amour deux fois de suite. Une fois l'hiver, une fois l'été.", Alfred Capus
  • "Il faut devenir vieux de bonne heure pour rester vieux longtemps.", Caton l'Ancien
  • "Quand j'étais jeune, je plaignais les vieux. Maintenant que je suis vieux, ce sont les jeunes que je plains.", Jean Rostand
  • "Avec le vieillissement de la population et les problèmes d'incontinence qui y sont liés, les couches troisième âge vont représenter un marché de plus en plus juteux", Philippe Geluck 

 

 

25/02/2006

Internet reste net

Le "www dot com" est entré dans nos moeurs et a bouleversé l'homme d'aujourd'hui dans ses habitudes mais il devra tenir les épaules hors de l'eau s'il veut garder son "aura" de prestige et de confiance. 

 

« Quiconque a essayé un jour d’entrer dans Internet sait qu’il ne faudrait pas parler d’ « autoroutes » de l’information mais plutôt de labyrinthes », disait Jacques Attali.



Ce vecteur d'information qui a obtenu un retentissement aussi important que la naissance de l’imprimerie par Gutenberg, nous éblouit et nous désoriente à la fois.

« On ne sait pas ce qu’on y cherche, mais on trouve ce qu’on ne cherche pas », déclarait Anne Roumanoff avec beaucoup d’humour mais tant de clairvoyance.



Révolution industrielle et politique, Internet a pris le chemin de tous les foyers. Nous sommes passés de la galaxie Gutenberg à celle du virtuel. Il passe les frontières des pays où la liberté d’expression n’est pas de mise offrant par là même une ouverture vers le monde entier aux populations réprimées par les régimes qui ne peuvent plus interdire un flux d’idées dans les deux sens.

Son histoire ne date pas d’hier. Dès 1962, en pleine guerre froide, l'US Air Force demande à un petit groupe de chercheurs de créer un réseau de communications militaires capable de résister à une attaque nucléaire. Le concept de ce réseau reposait sur un système décentralisé, permettant au réseau de fonctionner malgré la destruction d'une ou plusieurs machines. En 1964, Paul Baran met au point un réseau hybride d’architecture étoilée. 5 ans plus tard, Arpanet relie 4 universités. 1972 voit l’avènement du courrier électronique. Mais, c’est en 1991 que le fameux World Wide Web (www), développé par Tim Berners-Lee, envahit le monde aidé par son système d’hypertexte (hyperlien). En 1994, Al Gore introduit la notion d' "autoroute de l'information".

« Internet c’est avoir toute la sagesse et toute la bassesse du monde au bout des doigts », écrivait Benoît Gagnon

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Par l’intermédiaire d’Internet, outil magique, ses utilisateurs peuvent rechercher les produits de consommation qu’ils veulent acquérir à des prix défiant la concurrence des circuits classiques, payer leurs factures, consulter leurs comptes bancaires, choisir et payer leurs séjours de vacances, rechercher un emploi, s’informer sur tous les sujets les plus inimaginables, dialoguer par email par "chat" interposé, donner leurs impressions par l’intermédiaire de BLOGs tels celui-ci et leurs propres visions du monde. La fréquentation d'Internet par les internautes ne fait que progresser d'année en année surtout depuis les possibilités d'accès plus rapides par ADSL ou par le câble.

En est-il pourtant partout de même? Les régimes forts n'apprécient pas vraiment cet élan de liberté et ne laissent pas, à leurs habitants, la vision de ce qui se passe ailleurs de gaieté de coeur. Dans d'autres pays, le problème est plus structurel et c'est un manque d'infrastructure qui ne laissera pas le champ libre à leurs autochtones au savoir universel.     

La connaissance du monde est à la portée des internautes avec des facilités de recherche incomparables et dans un temps de réponse surprenant. En sept ans à peine, la société Google, fondée par deux jeunes informaticiens (Larry Page et Sergey Brin) lançait son moteur de recherche incontournable, que l'on confond presque avec Internet lui-même tellement il est intégré à son utilisation pour l'homme en quête de savoir et cela à portée de quelques clics de souris. Dix milliards de pages sont ainsi indexées à la portée du commun des mortels dans le confort de son fauteuil. L'ambition se concentre sur la recherche d'information tout azimut à tel point que l'on ne voit plus où la société veut en venir, avare d'information sur elle-même en ne rendant public que ce qu'elle veut quand elle le veut. Mais, pas plus de publicité sur cette société qui va de la fascination à l'inquiétude bien décrite dans l'article tellement les extensions dans tous les domaines ont été nombreuses. Les services sont gratuits mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit de www.google.com (c'est-à-dire commercial). Au sujet des extentions possibles des services gratuits, les organismes de la protection des consommateurs font retentir la sonnette d'alarme par le risque d'atteinte à la vie privée. Google ne manque évidemment pas de s'en défendre, mais la "boîte" est ouverte. 

La société Yahoo concurrente s'intéresse également et apporte son moteur de recherche, son email et bien d'autres outils à portée de portail.

Si vous n'êtes pas encore rassasié ou voulez ajouter votre grain de sel à la connaissance, Wikipedia ouvre une connaissance encyclopédique qui n'aura que la limite du Savoir car, cette fois, c'est une oeuvre commune avec la participation de vous et de moi qui apporteront l'expertise nécessaire. L'information sera ensuite contrôlée par des gens triés sur le volet. La langue de l'utilisateur n'est vraiment plus un véritable problème dans ce monde-là.

Outil de liberté par excellence, de communication parmi les hommes ne subissant aucun contrôle, aucune censure d’aucune sorte, on voit aussi dans le même temps apparaitre des dérives dans son prolongement libertaire. Tout comme les autres médias, il emphase certains événements (la catastrophe du Tsunami) et laisse dans l'ombre d'autres moins clinquants, moins accrocheurs et moins rémunérateurs pour les généreux donateurs (la famine dans le monde par exemple). Comme je le disais dans la réponse à un commentaire, l'école a son rôle à jouer pour éclairer ses élèves et les obliger à ne pas prendre tout pour argent comptant mais bien de confronter les informations avec d'autres.


Internet accélère la concurrence et la compétition dans la société de marché. Le commerce qui n’a pas pris le tournant au bon moment s’est vu rapidement supplanté et beaucoup de jobs sont allés à la trappe dans ce contexte là.

J'ai lu qu'une étude de Microsoft a révélé qu'en Europe, Internet est devenu la première source d'information avant la télévision et les journaux, mais aussi que chaque Belge y perdrait 32 heures de son temps par an dans des recherches infructueuses.  A méditer, donc.

Dans le commerce pharmaceutique et de la drogue, internet annihile toutes les réglementations des pays qu’il dessert. Tout s'achète via internet même des ovules ou du sperme et si l'on n'y prend garde des organes.
Ce sont les dangers majeurs: attaquer notre santé en permettant au commun des mortels de devenir son propre médecin. Quelle serait la tête du gosse qui aurait été acheté par un bon de commande passé par le virtuel?

Internet sans contrôle, quel sera le site qui donnera l’information objective, contrôlée qui pourra servir de référence pour chacun d’entre nous? Comment séparer (je dirais déceler) le bon grain de l’ivraie?

Internet ne peut pas devenir un substitut de nos institutions, de nos connaissances rigoureuses enseignées.

Certains opportunistes ont déjà choisi cette filière de communication pour assouvir leur besoin de faire de l’argent. (Rappelons « Haro sur jobdumping.de »).

Récemment, on a pu ressentir que l'utilisation d'internet pouvait générer un nouveau danger, bien plus important encore en véhiculant la violence. L'affaire des caricatures que des journalistes du Danemark avaient eu la "malheureuse" idée de publier, a généré un tollé guerrier. Avec l'aide d'internet, de forums, de blogs, de mails, rien n'a échappé pour faire éclater un esprit de haine de part et d'autre. Un monde s'est dressé contre l'autre dans une perte complète de rationalité. La manipulation a été totale jusqu'à apporter des idées fausses pour attiser les esprits les plus échauffés. Après la brique envoyée, avec ce grand splash médiatique, dans le jardin de l'un, la réplique en provenance de l'autre camp ou peut-être du même n'a pas manqué de se produire. Des images construites de toutes pièces ont été lancées anonymement par des esprits bien "intentionnés" montrant un très jeune enfant iranien qui, après un vol d'un pain, aurait été puni de sévices innommables par l'écrasement d'un bras par un camion par les autorités de son pays. Les manifestations de dégoût n'ont évidemment pas manqué d'arriver en masse par la même voie anonyme. Il a fallu un démenti et des preuves flagrantes pour rassurer. Penser qu'internet dit la vérité dans tous les cas, c'est s'assurer une guerre qui n'aurait plus rien à voir avec les jeux les plus guerriers que l'on anime avec joystick.  De nouvelles photos des exactions à la prison d'Abou Grahib envoyées sur internet ont mis encore plus d'huile sur le feu. En provenance d'Australie cette fois, innocentes? Difficile à croire dans cette période troublée.     

Hugues Le Paige a eu son mot à dire et qui fait réfléchir à ce sujet le 22 septembre en radio sous le titre de "Internet, libertés et lois du marché":

Ce n'est pas la première fois qu'une multinationale collabore à la politique répressive d'un régime autoritaire ou anti-démocratique. L'histoire du siècle passé fourmille d'exemples où les raisons économiques ont pris le pas sur les Droits de l'Homme et les libertés fondamentales. Mais cette fois la contradiction constitue une sorte de cas d'école. Les opérateurs d'Internet se veulent les champions de la communication. Les plus importants d'entre eux ne sont pas loin de s'affirmer comme les chantres d'une nouvelle ère de liberté. Et voilà que le géant américain -il s'agit de Yahoo - est pris sur le fait. C'est 'Reporters sans frontières' qui a dévoilé l'affaire. Yahoo a joué, en quelque sorte, les espions pour le compte des autorités chinoises. Un journaliste chinois avait envoyé par courrier électronique à un ami à l'étranger un document officiel interdisant à la presse de faire allusion à l'anniversaire des massacres de Tien Amen en 1989. Yahoo a tout simplement fourni les informations concernant ce courrier et du même coup livré l'identité de ce journaliste à la police chinoise. Le journaliste a été condamné à dix ans de prison pour divulgation de secret d'état. « Nous nous devons de respecter les lois en vigueur en Chine » ont indiqué sans plus de scrupules les plus hauts responsables de Yahoo qui venaient, par ailleurs, d'acquérir pour un milliard de dollars 35% du principal portail de commerce électronique chinois. Mais Yahoo n'est pas seule en cause dans ce type de relations. Un autre chevalier de la liberté de communiquer est sur la sellette. En juin dernier Microsoft a lancé un nouveau portail en Chine avec un service permettant de créer des blogs, ces journaux personnels. L'entreprise de Bill Gates a mis au banc du vocabulaire de son portail version Chine quelques mots particulièrement subversifs. L'utilisation par les internautes chinois des vocables de « démocratie, liberté ou manifestation » provoque l'apparition d'un message d'erreur indiquant qu'il s'agit de langage interdit que l'on est prié d'effacer. Le gouvernement chinois peut décidemment compter sur des collaborateurs zélés du côté des multinationales de l'Internet.   
Les statistiques de fréquentation et de la lecture des pages qui constituent ce réseau nous informent que la pornographie occupe une place non négligeable.
Si l’accès en était réservé aux adultes, le mal ne serait pas très grand, mais les enfants ont la même (mal)chance de rencontrer ce genre de site dans leur surf et eux ne sont pas immunisés. Quand à la pédophilie, quoique pourchassée par pas mal de polices dans le monde, elle passe allègrement les barrières pour tomber dans la vue des gens intéressés.


Le 16 novembre s'ouvrait le Sommet Mondial de l'Information où le sort d'Internet allait occuper une place importante dans les discussions. Fausse note, dès le départ, cette conférence, décidée par L'ONU, a été organisée à Tunis. La Tunisie est connue comme un pays où la liberté de parole est loin d'être effective.     

Deux anomalies dans l'esprit libertaire d'Internet :

  • savoir que le réseau utilise les serveurs aboutissant aux Etats-Unis qui pourrait décider pour raison politique de couper tous les accès à un pays: toutes adresses se terminant par .fr ou par .be par exemple. 
  • savoir qu'il existe un système d'écoute généralisé appelé système "Echelon"  qui existe pour surveiller d'une manière automatique toutes les communications transitant par Internet.

Internet a aussi sa part d'interdit à côté de tout ce que l'on vient de voir. Il existe un Web 'arnaque' comme le phishing, illégal. Grâce au P2P,  technologie théoriquement très intéressante en reliant les ordinateurs entre eux, mais qui, juridiquement, avec les téléchargements de films et de musiques sont interdits pour raison commerciale de copyright.

Un Internet caché  existe aussi beaucoup plus glauque à consonnance raciste, négationniste, pédophile, appelant au meurtre. Les Etats-Unis, laxistes ou trop libertaires, sont principalement à l'origine de ces dérives et les pays n'ont que peu de moyens pour empêcher la prolifération par des articles de loi contrôlant les FAI et leur diffusion. 

Un Internet futur, le Web 2.0, est en train de se développer. Il sera plus coloré, plus interactif, moins figé et demandera de réinventer la navigation. (voir www.protopage.com pour exemple).  

Des services que l'on retrouve dans les softwares payants aujourd'hui se verront également bientôt accessibles "online" via Internet. Celui-ci fait également peur aux entreprises de téléphonie traditionelle qui se voient concurrencées par les connections via son canal gratuit.  

Défier l'espace par cet organe d'échanges et communications avec les habitants de la terre entière, habitants dont on aurait ignoré l'existence sans cette innovation, est le progrès majeur malgré les aspects négatifs. 

Faut-il donc rejeter le bébé avec l’eau du bain ? Je ne crois pas. Les avantages sont trop importants pour les rejeter. Notre culture, notre connaissance, notre éducation apprise d’une manière scolaire et traditionnelle devraient permettre d’apporter l’esprit critique nécessaire et suffisant. La liberté mène le bateau, on ne va commencer à lui mettre un cadenas sur le visage.

 


L'enfoiré

Mise à jour 14/2/2008: Safer Internet Day s'interroge. 


Images bien nettes