07/04/2008

Révolutions en parallèles?

612652546.jpgLe 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?

Note aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40 ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.

La femme et l'homme:

1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine.  L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.

2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les pipeshow ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de...  "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli. 

Les jeunes:

1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied.  Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé.  Sex, love, drug and Rock n'Roll.

2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, sex and Rap.

L'éducation:

1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".

2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.

Le travail:

1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d'interim  BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.

2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés.  La retraite est problèmatique. Les plans de pensions se comptent en pilliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et  n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laissers pour compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.

L'argent:

1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.

2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.

Vie au quotidien:

1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.

2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
 

La santé:

1968: Christiaan Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du coeur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987. 

2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussisent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour trouver la parade au cancer au aux maladies cardio-vasculaires.

Justice ou injustice:

1968: Le "Germinal" de Zola, on n'y pense plus en occident. On n'accuse plus et on se passionnera pour des affaires qui montent en épingle une différence de justice entre les classes sociales (Bruay-en-Artois, Villemin, Ranucci...). Les hold-up commencent à répondre au manque de ressources.

2008: En Chine, un nouveau "Germinal" interne et un néo-colonialisation externe, mis sous silence par les autorités. La délinquance de bas niveau est en diminutions suites aux précautions des gens et des banques qui se réfugient mieux derrière des portes et camions blindées. La pédophilie et les crimes en série sont en augmentation et atteint les plus fragiles. Faits relativement nouveaux, ils monopolisent l'attention des citoyens étonnés.

Écologie et environnement:

1968:Aucun avertissement écologique. Le parti écologique n'existe pas.

2008:Réchauffement climatique fait planer le risque majeur. La biodiversité disparaît en entrainant les espèces de manière accélérée. Rien ne va plus. Il faut réagir en catastrophe pour n'avoir pas plus de catastrophes climatiques. 

Énergie:

1968: le charbon et le nucléaire (1960) se partagent la production d'énergie. Monopole de Framatom. Environnement des lacs et sécurité souvent mis entre parenthèse. Le vent, la mer, le soleil, on sait qu'ils existent depuis toujours pour donner de l'énergie mais le pétrole est trop bon marché. On fait des files à Paris pour avoir 5 litres d'essence à 0,18 euros le litre.

2008: Le nucléaire est de plus en plus décrié. Certains pays ont planifié la fermeture des centrales. Monopole d'Areva. On recherche dans la panique les alternatives. La fusion nucléaire est encore dans les limbes. Le prototype du projet ITER devrait être achevé en 2016 à Cadarache. Le vent, la mer, le soleil, on se rend compte qu'ils ne peuvent pas apporter, dans l'immédiat, le besoin d'énergie suffisant. Le prix du pétrole en augmentation constante par la spéculation et la rareté qui se dessine à l'horizon. La pile à hydrogène est l'espoir de demain. "Ambiance électrique" dans la recherche d'alternatives, dans la précipitation vu l'échéance des produits énergiques classiques. On commence à rationnaliser l'essence au prix de 1,54 euros le litre, vive l'essence payée en dollars. 

Guerre et paix:

1968: L'hostilité contre la guerre du Vietnam est grandissante. Considérée comme coloniale. Les bombes au napalm font des dégâts humains (4 millions de morts) et écologiques rendant la flore improductive pendant 2 siècles. Plus de bombes sont tombées sur le sol du Vietnam que pendant la guerre 40-45. Des morts américains reviennent au pays. Tous les mots en "-isme" ne passent plus dans le langage des jeunes. Les symboles sont haïs par la jeunesse par manque de connaissance et volonté de casser les liens avec les "vieux". Les mères américaines défilent contre l'envoi des conscrits au Vietnam. Johnson arrête enfin le massacre au napalm. Aux Etats-Unis, Bob Kennedy qui apporte un nouvel espoir, est assassiné, cinq ans après l'assassinat de son frère.

2008: L'hostilité contre la guerre d'Irak croît de jour en jour. Intérêts financiers en jeu. Les nations étrangères sont sur place pour pacifier donc plus de bombes, mais des attentats de guérilla pour saper le moral des occupants. Des morts américains reviennent au pays. D'autres mots en « -ism » sont apparus. D'autres symboles ont été mis au goût du jour. La jeunesse ne les remarque plus. Le terrorisme met de l'huile sur le feu. Les budgets de sécurité ont explosé depuis 2001. L'Afganistan se relance dans le "talibanisme" après l'insuccès de la pacification internationale. Les mères américaines réclament le retour des GI de l'Irak avant l'irréparable. Les arguments pour les élections américaines fait planer le retour des GI d'Irak. Au Pakistan, Benazir Bhutto, qui veut apporter un renouveau, est assassinée.

Gouvernement français et ailleurs:

1968: Les étudiants font des barricades. La 5ème République, De Gaulle passe du raz de marée à une impression de vieillir aux yeux des Français. On lui dit en finale "Non". On gagne au niveau social. On s'intéresse à la politique. Idéologie communiste semble donner une réponse. Le ras-le-bol ne s'attaque qu'au capitalisme étranger et pas contre le parlement et le pouvoir. Le rêve d'un monde plus juste et égalitaire prôné par le pasteur Martin Luther King subit un coup dur à la mort de son idole. Déstructuration de l'autorité. Gouvernements masculins majoritaires. Le président Johnson annonce la fin de convertibilité du dollar en or. Le républicain Nixon élu, rendra le dollar flottant par rapport aux autres monnaies, plus tard. L'instabilité des prix internationnaux commençait.

2008: Une 5ème République, très modifiée, Nicolas Sarkozy a fait rêver avec des promesses du début et s'écrase car il n'a pas les cartes qu'il avait annoncé dans son jeu. Le jeu est truqué. On a perdu au niveau politique. La politique n'intéresse plus. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. Le communisme n'existe plus. L'écologie prend du galon. Seul le capitalisme persiste et signe plus fort que jamais. Pas d'alternatives. Le raz-le-bol s'attaque au capitalisme interne et externe. Le parlement et le pouvoir sont visés comme raisons des maux du monde. Le cauchemar du lendemain inégalitaire. L'homme se rend compte que rien ne change plus et l'autorité règne en bas et écoute en haut. Gouvernements bisexués.
 

Afrique:

1968:L'ébullition anticoloniale continue au Congo. Alger se débat avec l'autorité qui brime les récalcitrants. Génocide au Biafra.

2008:L'ébullition ethnique est toujours latente. La guerre larvée au Congo brime la population trop éloignée de la capitale pour être protégée. Alger est parvenu à oublier les génocides qui ont miné le progrès et qui ont été amnistiés. Le Darfour se meurt.

Protestations et manifestations:

1968: Protestation en Pologne. En Tchecoslovaquie, Alexandre Dubcek fait rêver par le mouvement du "Printemps de Prague" avec un socialisme à visage humain. Rêve qui tourne au cauchemar avec les chars soviétiques qui descendent à Pragues. La normalisation soviétique reprend le contrôle par la force. A Berlin, Rudi Dutschke, le "rouge" mène la contestation. Au Mexique, une manifestation d'étudiant tourne au drame à Tlatelolco. A Paris, on joue avec les pavés. A Bruxelles, on manifeste pour une volonté de liberté parallèle avec les flamands qui explosent à Louvain. Gaston Eyskens n'est pas aimé et devient 1er ministre avec un gouvernement social chrétien. Bruxelles est le centre des discussions dans une première réforme de l'Etat.  

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2008: La Tchécoslovaque, divisée avec une relative souplesse, en Tchéquie et en Slovaquie, prospère à deux vitesses. La Yougoslavie n'existe plus et se retrouve régionalisée. L'Est s'éclate, morcelée. L'URSS est morte mais toujours en léthargie dans l'esprit de ceux qui n'ont pas profité de l'explosion du communisme. Elle renaît de ses cendres en réaction mais démocratiquement tronquée. A Paris, on défile, prévenu par SMS ou par Internet. A Bruxelles, on manifeste pour le pouvoir d'achat et pour les manques d'équité avec SDF. La scission BHV hante l'esprit du gouvernement mené par le 1er ministre Leterme avec un gouvernement gauche droite. Bruxelles est le centre des discussions dans une nième réforme de l'Etat.

 

Europe centrale ou des régions:

1968: Encore dans les limbes de la communauté de quelques membres de l'origine. Chaque pays se veut suzerain. Le gouvernement belge, en crise saute, raison: question linguistique. On veut exclure les francophones de l'université catholique de Louvain.

2008: L'Europe se retrouve avec un "melting pot" de langues, de cultures, de volontés d'imposer ses propres volontées. La résolution du problème de l'immigration est devenu crucial. L'esprit de clocher règne toujours. La couverture qui rétrécit est arrachée de dure lutte et des compromis tournent parfois à la compromission pour rester crédible devant les citoyens européens. La centralisation au niveau de Bruxelles est mal ressentie. Le régionalisme donne des envies de sécession et de séparation à l'amiable ou de manière plus musclée. On cherche un gouvernement belge stable et une réforme de l'état avec en toile de fond un régionalisme plus ou moins séparatiste pour suivre les deux langues nationales dans leur séparation.
 

La communication et médias:

1968: Radio, télé, téléphone à la maison et cafés de rencontres. Radio bistrot bien au concret. On discute entre copains dans la proximité. On mélange. On censure.

2008: Moins de radio, de télé, mais plus de téléphones de partout et vers partout. Internet, nouveau venu, mange le temps restant. On tchatte. Le virtuel pour discuter, pour mélanger la hargne et le mécontentement. Démocratisation de la communication au niveau mondial. Le Karcher est en marche mais s'exprime d'avantage que d'être efficace.

La vision du futur:

1968: on commence à rêver au siècle suivant. Stanley Kubrick sort son "2001, l'odyssée de l'espace". Le plus rapide, le Concorde (Mac 2,2) n'a pas encore fait son 1er vol expérimental mais il est planifié pour l'année prochaine.

2008: La science fiction fait toujours des envieux dans un ailleurs meilleur. "Le jour après" fait peur. "Une vérité qui dérange" réveille. Le plus gros, l'A380 (Mac 0,85) est lancé dans les air. On cherche le remplacement du kérozène.

L'espace:

1968: Objectif lune. Sur Apollo VII, trois Américains tournent autour de la lune et repèrent des points d'atterissage. Arrimage réussit de Soyouz.

2008: Objectif lointain de Mars. La navette fait des allées et venues pour ravitailler la station spaciale avec arrimage automatique.

Loisirs:

1968: Recherche sous tous les attitudes et excentricités. Musique endiablée et rythmée. On ne cherche pas dans le passé des moments plus heureux. On invente du nouveau tous les ans. Mais on ne pense pas à bosser. On fume un joint roulé à la main. Les vacances, on se les limite de 500 à 1000 kms de routes, une fois par an, pour une période assez longue. On s'éclate en cadence jusque tard dans la nuit. L'avion est cher. Au cinema, les mauvais garçons font rêver dans une version idéalisée de "Bonnie and Clyde". Gainsbourg y remettra une couche de douceur. On regarde la télé pour se délasser et découvrir le monde. 

2008: Les attitudes sont plus figées. Le mouvement est créé par les clignotements des lumières. Le rythme est syncopée. Les banlieues ont eu leur temps pour réveiller les problèmes. Pour se donner un peu de souffle, on cherche à voir de plus en plus d'émissions des "années bonheurs". On imite ses idoles dans des karaokés. On pense au lundi très proche où il faudra re-bosser. "Heureusement", il y a plus de variétés de drogues qui fait la fortune des produits producteurs et la perte en des pays consommateurs qui ne savent plus comment les contrer. Les vacances, on les imagine dans l'année, de nombreuses fois, les plus lointaines possibles et pour des périodes de plus en plus courtes. Il faut s'éclater sur mesure et en peu de temps. L'avion, "démocratisé", remplace le tramway à la suite du low-cost des transports aériens. Les "casses" et "policiers" font recettes dans les cinéma et à la télé. Le téléspectateur regarde les series à la télé pour confirmer que le stress est bien présent partout. Les hobbies "utiles" sont, soit voulus par goût, soit forcés par la nécessité, pour permettre de combler un besoin du retour au manuel ou d'épargner les dépenses.

La technologie:

1968: La photographie sur film crée des emplois dans beaucoup de domaines annexes.

2008: Maitresse du jeu, elle se veut proactive qui à briser le chaine de travail. Le numérique remplace l'analogique. Poussée par la recherche appliquée. La recherche pur est toujours mal payée.

La religion:

1968: Ca s'en va. Le christianisme est en perte de vitesse.

2008: Et ça revient. L'intégrisme s'installe. L'islam surpasse la religion chrétienne en nombre de fidèles dans le monde.

1367639034.jpgL'esprit et l'air du temps:

1968: La révolution va changer le monde. Le "Che" est là, comme idole, pour le faire croire. Les icônes se retrouvent en politique. L'argent ne fait pas encore tout. L'imagination tente de sortir de l'ombre mais n'est pas au pouvoir. Les intellectuels sont brisés et forcés à la délation.

2008: La révolution est dans les rares moment du "home sweet home". Les icônes sont dans le showbiz. Sans l'argent, pas de vie. La dégringolade est au pouvoir. Internet est libre, mais cette liberté inquiète et des "contrôleurs" sont nommés pour le surveiller.

Les sports:

1968: Les Jeux Olympiques avaient lieu dans une ville qui ne devait générer aucun problème et pourtant... Tommie Smith et les Black Panthers allaient montrer un aspect des États-Unis qui dénotait avec les idées reçues. Le KKK avait, en principe, terminé ses activités. Retour de flamme, et pour cause, un poing fermé démontrait que rien n'était encore parfait de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agissait des droits civiques revendiqués par les noirs se considérant dans le mauvais plateau de la balance. Le désir d'être comme les autres dans un pays où on rêve simplement d'être comme tout le monde. Les JO terminés, Tommie Smith se retrouvera une marche en dessous sans emploi. Le doping sort de l'anonymat et a eu sa première victime. Le sport professionnel se propage dans l'individuel. Jean-Claude Killy et Bob Beamon sont des vedettes parmi d'autres. Silence radio rompu.

2008: Les Jeux Olympiques auront lieu, normalement, à Pékin. On s'aperçois que les Droits de l'Homme n'y sont pas encore dans le bol de riz. Ce n'est pas vraiment un problème de couleur dans ce cas. On remonte bien plus loin dans le temps. L'Amérique se retrouve au banc des accusés et est désigné comme le fautif des problèmes internationaux. Le doping est de plus en plus présent et crée des victimes. Le sport compense la sédentarisation de la vie professionnelle. La flamme olympique, toujours symbole, sert comme flambeau de la contestation. Silence radio rompu.

La musique et les chansons: Elle suit toujours l'actualité

1968: "All you need is love", "Hey Jude" par les Beatles. Comédie musicale "Hair" à Broadway. Renaud écrit sa 1ère chanson "Crève salope", Joe Dassin chante "La bande à Bonnot", Johnny Halliday "A tout casser", Hugues Aufrais "Adieu Monsieur le professeur", Dutronc "Il est cinq heure, Paris s'éveille". Adamo "F comme Femme", Les Stones, Azanvour "Tout s'en va"...

2008: Beaucoup de remakes, Mylène Farmer "Deshabillez-moi", Aznavour "La terre meurt" et "La fête est finie"... et vous en aurez bien d'autres à donner avant la fin de cette année.  

Une clip 68-2008   devait aussi exister.

Conclusions:

688165187.jpgCohn Bendit a dit, dans son livre, "Forget 68" que, depuis 1968, "On a gagné". Sarkozy voulait effacer ce "Mai 68" des mémoires le 29 avril 2007 lors d'une violente diatribe.  Ce qui a généré une réaction livresque d'André et Raphael Glucksmann dans un "Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkosy".

On en est loin, oui, à première vue. Les problèmes ne sont pas les mêmes hier et aujourd'hui. Il est, désormais, interdit d'interdire dans la culture. En occident, on se perd un peu à la recherche de ce qui peut encore l'être. Le pouvoir et l'argent ont de plus en plus d'importance. On veut y être. La compétition est passée de nationale au niveau international. Pour toutes les nations du monde, la démocratie est considérée comme la politique salvatrice à atteindre pour celles qui ne l'ont pas encore sur leur tablette. Dans les pays dits riches, la révolution en 68 a été initiée par les jeunes qui essayent d'entrainer les ouvriers dans leur combat. C'était le Temps des Cerises, on se battait pour que tout change. En 2008, par contre, la grogne est plus profonde, plus silencieuse et couve dans tous les foyers suite au pouvoir d'achat qui sombre et qui fait glisser les classes moyennes à la case précédente se rendant compte que le pognon n'est pas tout. Il reste peut-être le temps de "queues de cerises" et on commence à se battre pour que cela s'arrête de trop changer (Anne Roumanoff).

Dans les autres pays moins riches, le niveau de la classe moyenne n'est, lui, pas encore atteint. Certains hésitent à se ralier à cette démocratie en réaction à cet Occident accusées de tous les maux par les autorités qui réagissent pour faire contre poids au capitalisme impérialiste.

127921904.jpgLes révolutions, de toutes origines, n'ont pas jamais trouvé les réponses, de manière définitive, aux problèmes des hommes. Elles glissent, vite, vers une évolution plus douce, vers un oubli volontaire. Au cours de ces quarante ans de réflexion, les leçons du passé n'ont pas passé le cap des frontières, dans une fausse autonomie, sans chercher le bien commun. Grande erreur. L'intégration du monde est devenu complète. De là, découle la difficulté à tout parti à exprimer avec succès toutes convictions. 

Les plus jeunes ont compris le "system" imposé. Ils ont réagi en fonction des données qui leur ont été présentées. Ils se sont adaptés, vaille que vaille, dans un esprit nouveau de donnant-donnant.

Les plus anciens qui ont connus 68, avaient, probablement, plus de motivations. Ils sont devenus plus hargneux en subissant un changement de conception qui ne correspondait plus à leur expérience et méthodes. Allergie aux changements? En partie.

Un manque de compréhension des problèmes des deux cotés de la barre des âges a créé un conflit de génération. Conflit qui se retrouve néanmoins dans un concensus de mécontentements. 

Alors, "échec" ou "progrès", "révolution" ou "évolution"? Questions de point de vue et de sensibilité.

Problème est-il devenu plus structurel que conjonctural?

Le journal Marianne titrait tout récemment: "La promotion des nuls" en solicitant le culte de la spontanéité et de l'authenticité. Les études ne seraient plus, dans ce monde-là, la panacée pour réussir. Les fortunes les plus énormes ne sourient plus qu'aux audacieux réfugiés derrière des idées qui sortent du chapeau. Microsoft, IGE, Yahoo ne sont que des exemples. Les travailleurs se retrouvent comme dindons d'une farce dont ils n'ont pas les rennes. Ils participent sans le vouloir dans une idolatrie des nouveaux symboles orchestré par le showbiz. L'écart entre ces deux mondes, qui s'ignornt, se creuse dans les même proportions des riches contre pauvres. 

326113526.jpg1968 a été une charnière de transition entre deux mondes avec une impression d'aller vers un mieux. Révolution culturelle menées par les jeunes avec la libéralisation de la parole dans le non-conformisme pour objectif dans une sorte d'explosion. Etant étudiant, je me souviens. L'agitation se retrouvait dans les café autour de l'université de Bruxelles et pris son envol le 13 mai en solidarité pendant 50 jours. Le 21 août, l'entrée dans la sélection pour mon service militaire pour trois jours au Petit Chateau de Bruxelles, c'était aussi le jour de l'entrée des chars russes à Prague.  Cela laisse aussi des traces dans la mémoire par l'excitation et la peur qui naissait par ricochet dans l'entourage.

2008, sera-t-elle une année de coutures instables entre plusieurs cultures avec une impression d'aller vers un pire? Les économistes confirment la cirise du capitalisme et cherchent une porte de sortie et des solutions pour contrer un krach. Révolution du prolétataria pour casser la spirale des prix et la déchéance progressive par une sorte d'implosion programmée? La contestation se trouve derrière les claviers des ordinateurs. 

Faut-il voir du pessimisme ou du réalisme dans cette comparaison. 

Internet concourrera, certainement, sous le chapeau de l'anomymat et des pseudos, à ouvrir la pensée tout azimut en intégration avec le monde. Cela se confirme à la constatation que l'écriture explose. Peu importe qu'elle soit appuyée par des bases ultra solides par l'éducation. Le nouveauté a de ses surprises.

Le pluralisme d'idées semble un fait accompli et est en marche. Le réveil se prépare probablement moins révolutionnaire mais plus durable dans son action sous les claviers.

Le "I have a dream" de 1968, fédérateur, charismatique est encore à apporter sur la place publique pour motiver les populations.

De toute manière, avec le recul, on constatera toujours que cela restera un débat et un combat de tous les jours, la vie.

"Une révolution permanente de la liberté humaine", disait quelqu'un.

 

L'enfoiré,

 

Sur Le Panda, y a-t-il des révolutionnaires?

 

Pour info: Pour en savoir un peu plus sur 68, Patrick Rotman présente sur France2, le 8 april,  le documentaire  "68"

Raymond Depardon, avec le même titre "68", présente un  livre d'images de l'époque. Hervé Hamon dans "Demandons l'impossible".

"Famille, je vous aime” de Luc Ferry, analyse aussi la différence d'époque.

 

Citations

  • « Para que queremos otra revolucion, si con una basta para hacernos ricos », Octavio Paz (qui a été emprisoné à la suite de cette phrase)
  • « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. », John Fitzgerald Kennedy

  • « La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid », Salvador Dali

  • « La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres », N. Khrouchtchev

  • « Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops. », Jean-Marie Messier

  • « La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés. », Philippe Bouvard

  • « La crise actuelle ne doit pas faire oublier les services rendus par le capitalisme financier », G.Sorman

  • « Les autorités monétaires ne disposent pas des intruments pour résoudre la crise », D.Cohen 

 

Mise à jour du 30 avril: A la radio belge: "Mai 68, et après ?", à la télé : "Sous les claviers... la plage?"

    

 

24/03/2008

Le choix du danger

 retro-chine-reporter.jpgCette fois, à Olympie, elle est partie la flamme olympique pour 137.000 kilomètres. Elle transitera par Lhassa, est-il ajouté. Les jeux de 2008 sont la vitrine des réalisations chinoises sur la scène internationale mais ils ont, surtout, une dose de « politique » qui a, semble-t-il, été sous-estimée lors du choix de Pékin. Les événements récents du Tibet n'en sont qu'un début.

Le choix de Pékin pour les JO était-il judicieux le 6 septembre 1999? Mais qu'est-ce que les Jeux Olympiques vont-ils aller faire dans cette galère? La situation politique était connue de tous au moment de ce choix. Pas de surprise, donc.

Cette course éperdue vers le modernisme, commencée en 1999, entammait, inexorablement, une autre vers des problèmes internes et externes au niveau politique et économique. L'explosion de la population tibétaine et celle du commerce sans règles de partage équitable étaient programmées.

Déjà dans la Grèce antique, la politique avait eu son mot à dire. La Pythie conseilla au roi Iphitos d'Ellis d'"occuper les esprits" de la population grecque en réinstaurant, à Olympie, les jeux sportifs, tombés en léthargie. Jeux qui étaient "naturellement" chers aux dieux, mais aussi aux dirigeants. Rétablir la paix en était le but officiel. Le roi de Sparte, son ennemi, fut dès lors son ancien ennemi et nouveau mentor.

Pierre de Coubertin, lui, fondateur des Jeux Olympiques modernes, risque fort de se retourner dans sa tombe. Ses jeux moderne, il les voulaient apolitiques. En 1896, la Hongrie envoya une délégation aux frais de l'Etat, en signant ainsi son indépendance vis-a-vis de l'Autriche. Le nationalisme fait partie intégrante de tous les JO pour montrer ses différences par une indépendance d'idées. Les médailles ne seraient que les récompences exacerbées d'avoir porté le drapeau de la nation et que la démonstration de la force potentielle en temps de guerre. Avec le temps, les JO sont devenu aussi commerciaux. A Amsterdam en 1928, la flamme olympique fut allumée par un employé de la compagnie du gaz. En 1936, plus de doute, c'est la propagande d'Hitler à la gloire du racisme en contradiction avec l'idée olympique qui prend le relais. Avery Brundage, président du Comité Olympique américain s'opposa à un boycott américain, première édition. Ce qui n'empêcha pas l'aryanisation de la sélection des athlètes et les 4 médailles d'or de Jesse Owens qu'Hitler ne pouvait pas se résoudre à applaudir. En 1940, l'organisation des JO japonnais fut annulée et envoyée à Helsinki après l'invasion nippone de la Chine. La Finlande dut annuler à son tour pour cause d'invasion russe. En 1948, Allemagne et Japon étaient exclus d'office à Londres. En 1956, boycott à Melbourne par l'Egypte, l'Irak et le Liban avec un parfum de canal de Suez. En 1980, Jimmy Carter déclina l'invitation aux jeux de Moscou et la Belgique ne versa pas un franc à sa délégation sportive qui défila sans couleurs nationales. En 1984, revanche de Moscou à Los Angeles. Des incidents plus violents commencèrent en 1968 avec les Black Panthers à Mexico et surtout en 1972 avec les attentats. Pour 2008, le Tibet et Taïwan sont interdits de jeux pour répondre à la question de savoir qui sont les maîtres du jeu politique dans la région.

789879332.jpgAvant l'occupation chinoise, le Tibet comptait 6 millions de Tibétains. Aujourd'hui, il n'en compte que 2 millions seulement. Contrainte à l'assimilation chinoise et les stérilisations larvées, Lhassa subit une pression telle qu'elle ne compte plus que 50.000 de Tibetains au milieu de 150.000 Chinois. Une réédition de David contre Goliath s'est engagée avec la peur téléguidée, par le dalaï-lama en exil, sur la communauté internationale. La Chine, trop intéressée par le réservoir d'eau en provenance de l'himalaia, ne cèdera pas facilement cette province trop intéressante. 

Tous les pays du monde, occidentaux comme orientaux, ont été impliqués pendant les dix années qui précèdent et ont ressenti les effets néfastes pour leurs économies suite au choix de la Chine.

Pour réaliser une percée fulgurante, telle que l'a fait la Chine, elle a dû rechercher de plus en plus de moyens financiers pour sortir le pays d'un certain passéisme et payer cette reconnaissance sur la scène mondiale à coups d'efforts surhumains. Les Chinois, peuples pacifiques, se sont vus contraints de se serrer la ceinture et de resserrer les boulons du travail forcé avec pugnacité. L'occident, dès lors, s'est ressenti, dans le même temps, noyé par les produits à bas prix envoyés par la Chine. La bulle spéculative de 2000 n'est peut-être pas étrangère. Les pays occidentaux tentent toujours de s'en sortir de crise en crise et se perd en conjectures pour trouver la parade. Quelque uns vont tirer leur épingle du jeu. Multinationales en générales. Business is business. Les compagnies équipementiaires Adidas, Nike par exemple. Les droits de télés et de l'informatisation probablement.

En contrepartie, cadenassé par le pouvoir en place, pas grand chose de positif sinon une fierté innocente et soumise de la population chinoise. Pas de progrès dans la reconnaissance des Droits de l'Homme et du bien être de celui-ci.

Un environnement saccagé, aussi, à la gloire du succès de quelques uns.A Pékin, là où les jeux vont avoir lieu, la plupart des vieux quartiers ont été rasés. Les pittoresques hutongs ont été remplacés par du béton et du verre high tech toujours plus haut. Un million de personnes ont été expulsées de leur maison. La Cité interdite, avec ses palais impériaux, ne sera-t-elle là que comme seul vestige pour le folklore et pour la nostalgie? Est-ce une honte de ce passé et d'un patrimoine tellement apprécié par les touristes d'aujourd'hui ?

Le tape à l'oeil pour éblouir le monde se voulait à la pointe de la modernité et oublier le passé. Point. Après l’esprit révolutionnaire de Mao, plein feu donc sur le développement capitaliste avec le dynamisme et l’ambition extraordinaire compensé par un capitalisme qui ne fait plus l'unanimité chez ses précurseurs occidentaux. Sur une surface de plus de 9,5 millions km2, un demi milliard de Chinois y vivent une véritable révolution dans cette mégalopole avec, pour seul obstacle majeur pour les Jeux tout proches, la langue du mandarin, ses innombrables dialectes et l'écriture en pictogrammes quasi insurmontable pour l'occidental qui viendra assister à ces jeux. Dans ce cas précis, on pourrait penser que le forcing de l’étude de l’anglais comme moyen de communication ne serait pas un outil rêvé pour garder le gouvernail dans les mains du gouvernement. Rendre la langue chinoise plus populaire aux étrangers voulait se caractériser par un prosélytisme patronné par Confucius comme haute valeur ajoutée, était-il dit comme incitent. Certains mots chinois resteront probablement intraduisibles. 

Le néo-capitalisme est bien là, avec de bons instructeurs, mais sans avoir trouvé l'ouverture nécessaire. Une profonde soif de stabilité et de tranquillité d'une grande part de la population chinoise existe pourtant pour contrer cette révolution voulue par le parti. Il est clair que cette « révolution » technologique a engendré des dégâts stupéfiants pour l'environnement en seulement dix ans. Le fossé entre riches et pauvres n'a fait que croître dans cette urbanisation folle.

1384659679.jpgDepuis, les travailleurs chinois se nourrissent, désormais, avec le bol de riz providentiel, mais ne profitent pas de cette croissance arrivée bien malgré eux. L'image de la bicyclette qui, une fois en marche, ne peut s’arrêter sans tomber, revient dans les esprits. 

Les Droits de l'Homme seront probablement mis entre parenthèse à l'ouverture des JO. En confiant à Pékin l'organisation des Jeux, on contribuerait au développement des droits humains. On commence à se poser la question de la justesse de cette décision et de cette pensée unique.

Pour obtenir quelques clés d'accès à l'empire du milieu, Google, Microsoft, Amazon, Cisco ont accepté de se plier aux exigences du gouvernement chinois. L'objectif financier important, révélé ainsi, contrastait avec les discours des années précédentes. Suivant le credo du "web démocratique", cette collaboration mettait l'éthique en porte à faux. Un moteur de recherche www.google.cn existe, oui, mais pour rechercher quoi, qui et pour qui s'il est 1384659679.2.jpgbridé à la base? "Quand Google voit rouge..." et dénonce cette restriction d'accès.

 

Alors, s'approchant de la date fatidique des JO, les réactions commencent à tomber en cascade.

Un détail bénin, en apparence, mais piquant tout de même Spielberg et Mia Farrow claquent la porte à l'ouverture de JO.

La pollution et la chaleur moite, autour de Pékin, seront-elles du goût des athlètes? Il y a déjà des renoncements à participer.

retro-chine-jo2.jpgLe Tibet et Taïwan n'ont pas été admis par la Chine à présenter une délégation spécifique aux 2 pays aux JO. Taiwan a voté pour un plus grand rapprochement avec la grande Chine.

584197238.jpgA Lhassa, les violences ont commencé. Les autorités chinoises n'ont pas manqué de renvoyer la faute à "la clique du dalaï-lama lama". Quand on muselle la presse (Youtube est censuré en Chine) difficile de donner foi. La tension continuera. On accuse l'autre qui ne peut rien prouver. Des attentats contre les JO et même à Bruxelles ne seront que les catalyseurs de mouvements de fond d'une population qui a perdu tout espoir. Ce n'est pas le dalaï-lama en exil, qui pourra maintenir le grondement sourd de la population tibétaine. Alors rien de plus contagieux que la colère.

Protectorat de la Chine jusqu'en 1912, le Tibet s'est vu récusé unilatéralement sa suzeraineté par la Chine. Le respect des minorités, les invasions chinoises, pas de partage de la richesse ne semblent pas émouvoir le grand frère.

Presque simultanément, le 12 mars, pour noyer le poisson, Washington avait retiré la Chine de "sa" liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'Homme" sans demander l'avis de ses partenaires. La Chine est la banque des États-Unis et cela explique peut-être.

Le 8 août 2008 à 8 heure, Jacques Rogge, président du CIO, accusé de Ponce Pilate, aura bien du mal à faire passer dans son discours d'ouverture l'image des JO comme un "catalyseur de changement en Chine" face aux ONG qui ont plutôt le mot "génocide" en tête.

Ne fallait-il pas installer des règles plus précises d'inscription aux Jeux?2010466867.jpg

Les Jeux Olympiques ont toujours été considérées en théorie comme parenthèses pour la paix. Dans le cas, c'était prendre des risques et penser que l'histoire et les réalités n'existent pas.

Alors, boycott des jeux ou non, devient la question urgente.

Il faut seulement ajouter que même les dissidents chinois ne sont pas favorables à un boycott systématique et désirent que les JO aient lieu pour faire parler d'eux. Certains sportifs étrangers veulent y aller. Les étrangers vont-ils être canalisés ou pourront sortir de l'enceinte drillée autour des lieux de rencontre des jeux? Bloquer Internet, peut-être, la parole entre deux individus, c'est déjà diablement plus difficile.

Il n'est plus possible de fermer les yeux sur la politique aujourd'hui. Les athlètes suivent le drapeau du pays qui les envoie. Alors, lutte entre Droits de l'Homme et argent. Y a-t-il vraiment photo pour la conscience d'un homme?

Une parole de Mao Zedong est écrite en marbre pas de loin de Pékin "Recherchez la vérité par l'examen des faits".retro-chine-jo3.jpg

Ce n'est pas ce qui a été fait dès le départ.

Il faudra l'assumer, aujourd'hui, mais avec le plus de fermeté. 

Sera-ce par un chantage à la présence des délégations qui pourrait trouver écho à un changement de politique plus en rapport avec le bien commun? Sera-ce une réédition des jeux de 1968 dans le style "Black Panthers" avec le poing lévé? Mais, surtout, ne pas verser dans plus grave encore comme à Munich en 1972.  La fin, dans ce cas, ne pourrait justifier les moyens et laisserait un goût amer à ce qui n'est, en somme, que des jeux.  

Mais, le dilemme est bien là: "Stop ou encore?"

Mais, surtout, sportez-vous bien.

 

L'enfoiré,

Le Panda jouera-t-il en jaune? 

 

Citations:

  • « Le sport est l'espéranto des races », Jean Giraudoux

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • «  Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. », George Orwell

Mises à jour:

 25-4-2008: Rencontre entre emissaire dalaï lama et la Chine906874421.jpg

06/01/2008

Marche aux symboles ou crève

d7365e4583a2cf5b90f4a02e72f41085.jpgQu'est-ce qui fait bouger le monde? Est-ce le train-train, le metro-boulot-dodo ou les symboles ? C'est un peu ce que l'on pourrait se poser comme question au moment où la morosité règne ou l'avenir est nettement moins radieux.

Nous sommes entourés de symboles. Représentations qui permettent de quantifier, de comparer, d'expliquer. Quand on ne parvient pas à les évaluer, on passe aux métaphores

Vous ne vous en souvenez probablement pas. Les symboles passent et trépassent plus vite que prévu. Il font rêver et puis s'en vont.

Le 1er février 2007 entre 19:55 et 20:00, on avait été fixé pour réveiller le bon peuple dans sa « reconquête symbolique» de la planète. Cinq minutes de black-out volontaire n'allaient pas remettre les pendules à l'heure, ni les compteurs à zéro.

1980dced8061fb48a1115797d10ee571.jpgEteindre tout ce qui est allumé pour soutenir un mouvement de réveil de la crainte de voir, un jour, le grand clash de notre planète et l'homme sur les genoux. Allait-on respecter cette injonction citoyenne? Du réchauffement de la planète, tout le monde en parlait déjà. Cela s'est accentué encore depuis. Même Bush reconnaissait qu'il y avait un « problem ». Des gestes simples de réduction de la vitesse de quelques électrons. Parti de France, la Belgique s'est joint à la manifestation.

Ce symbole écologique avait été orchestré et devait prouver, par la démonstration, la sensibilité des gens d'aujourd'hui vis-à-vis de ceux de demain. 27% de la production énergétique totale de la Belgique se retrouve chez le consommateur à domicile. La date fixée à proximité du rapport des 500 experts du climat réunis à Paris en colloque avait été choisie pour lancer cette action tout à fait symbolique. Un mail sur un autre symbole, Internet avait été à l'origine de l'étincelle. Le symbole allait-il être efficace et salvateur? 10% de consommation en moins maximum étaient attendus soit 500 MégaWatt. Le site www.elia.be allait le révéler 15 minutes après. A 19h50, celle-ci s’élevait pour la Belgique à 12.220 MW. Immédiatement après 19h55, heure d’appel à l’extinction des lumières, elle est tombée de 325 MW inférieur, soit une diminution de 2,7%. A 20 heures, à la fin de l’action, la consommation remontait à 11.800 MW.0de02a8bed33b2697475127e5f355f57.jpg

Autre action tout aussi symbolique, les 6, 7 et 8 février, nous étions conviés à utiliser votre GSM de façon plus rationnelle dans le cadre des Journées mondiales «moins de blabla au téléphone portable, plus de SMS dans les lieux publics». L’initiative avait été lancée en 2001 à l'initiative de l'écrivain français Phil Marso, auteur du premier roman en langage SMS. Objectif: sensibiliser les utilisateurs de portables pour ne pas devoir en arriver un jour à une politique semblable à celle liée au tabac, avec l'aménagement de zones silencieuses. L'initiative, cette fois, était soutenue par Teslabel, ASBL belge de lutte contre la pollution électromagnétique avec le slogan : «Moins de deux minutes avec mon portable, c'est sans prise de tête pour mes neurones.». Cette fois, la consommation se voulait symbolisée. Les mouvements citoyens qui transitent par les blogs, par les SMS ont un impact plus important qu'il n'y paraissait.

Encore une fois, papillonant sur les sujets, Paul Herman, journaliste de la Premier RTBF arrivait à la rescousse avec des symboles moins médiatiques, parfois locaux, mais tout aussi sensibles suivant la proximité:

Alors, nous qui avons éteint la lumière cinq minutes hier soir, à quoi avons-nous bien pu passer les 1435 qui restaient et qui ont fait notre journée ? Peut-être bien, comme cela a été mon cas, à s'interroger sur cette histoire qui s'est passée à Saint-Nicolas, je veux dire Sint-Niklaas dans le pays de Waas. En effet, au moment où l'on apprend que les procédures du divorce seront désormais simplifiées, voilà que trois petits couples flamands qui entendaient, eux, se marier, refusent que leur union soit bénie par un Noir, je veux dire qu'un échevin de couleur officie ès qualité à la célébration de la cérémonie civile de leurs justes noces. Wouter van Bellingen, c'est le nom de l'échevin, figure en huitième place sur la liste des édiles et a, dans ses attributions, la jeunesse, les relations internationales et l'état civil, il appartient au parti Spirit et a récemment invité tous les écoliers de la commune à voir le film d'Al Gore. C'est un jeune échevin, il a 34 ans. Il est aussi le premier échevin noir de Flandre. Issu des élections d'octobre dernier, cela ne fait donc jamais qu'un mois qu'il est en fonction. Trois mariages annulés ou postposés en 31 jours, en raison de la couleur de la peau d'un officier d'état civil belge, c'est beaucoup pour une commune de 70.000 citoyens dont 25% des habitants, il est vrai, ont choisi le Vlaams Belang, aux élections communales. Cette histoire se passe au moment où un sondage controversé est publié dans la presse française. Si ce sondage est contesté, c'est qu'il ne s'est adressé qu'aux Noirs et certains y ont lu la volonté de pratiquer le premier sondage ethnique de l'histoire de la République. Mais ses résultats nous apprennent que si 37% des 13.000 personnes interrogées estiment que les discriminations contre les Noirs s'aggravent, elles sont cependant 81 % à faire confiance aux associations, 72 % à l'école et 68 à ce qui est, chez nos voisins, le Centre pour l'Egalité des Chances. Même si une large majorité estime que c'est plutôt aux Noirs eux-mêmes à faire évoluer positivement la situation, la confiance accordée aux institutions étonne en même temps qu'elle rassure. Que pourrait bien dire Wouter van Bellingen aux Noirs de France, lui qui, par son élection, se retrouve, de fait, à en gérer une, d'institution ? A-t-il un mot d'espoir à faire passer à nos amis français ou devra-t-il malheureusement convenir que même quand on est une institution, les discriminations continuent et la bêtise galope ? Au fait, la commune de Sint-Niklaas a participé, hier, à l'action pour la planète. A 19h55, les lumières de la Grand Place se sont éteintes. De 19h55 à 20h, hier à Saint-Nicolas, il a fait tout noir.

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Obsolètes ces réflexions d'un autre espace, d'un autre temps? Oui et non.

Des exemples, parmi bien d'autres de l'actualité, font des parallèles, et pas des moindres.

Alors, question: Marchons-nous seulement à coups de symboles?

Sans eux, serions-nous paralyser par l'effroi ou par l'habitude de la somnolence « Metro, boulot, dodo »? Faut-il des manifestations plus énergiques pour réagir?

Le 16 août 2007, Elvis Presley revenait à l'honneur à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort. On relançait la vapeur, comme si elle s'était éteinte. Quand on sait que sa " petite entreprise posthume" ne connaît pas la crise. Un milliards d'euros de chiffre d'affaire encore aujourd'hui. Les symboles valent un certain poids à la bourse. La ville de Memphis doit une fière chandelle à son digne pensionnaire pour l'éternité et aussi à cause de la maison de Graceland qui attirent 800.000 admirateurs de tous les effets et objets de l'intimité de l'idole. Le jeu de piste est toujours ouvert pour réveiller les souvenirs de tout ce qu'à toucher de près ou de loin leur idole. Etre témoin a un poids sentimental mais surtout financier. Les "anciens" qui ont partagé l'existence de l'idole n'ont pas de soucis à se faire pour leurs vieux jours en gestionnaires de l'idolâtrie. Les symboles et les mythes ont la vie non pas "dure" mais bien "molle". Il n'y a qu'à entretenir le souvenir par couches successives plus ou moins beurrées. Le symbole du showbiz pourrait-il, un jour, remplacer notre propre image symbolisée? 

Dans le passé, les catalyseurs aux mouvements de foule, souvent pour mener une « promenade » guerrière, se faisaient par l'intermédiaire du tambour ou de la cornemuse. Ce n'est plus le cas. On évolue. On passe à la Toile. On s'y embourbe, mais on marche.   

Dans un passé ancien bien belge, un opéra banal la"Muette de Portici" avait réveillé le patriotisme en latence, lancé la révolution et fait naître la Belgique, indépendante sur la scène des nations. La Belgique depuis vit depuis 1830 et virevolte de symboles en symboles au gré des communautarismes. De "petites exclusivités" tel que la décision unilatérale communautaire de la scission de BHV ont suffi pour mettre le feu aux poudres. Symbole, encore, à géométrie variable.  ec3bff53d1c1e68d36de7e0c74000ae2.jpg

Cette fois, heureusement, nous sommes dans le domaine de la prise de conscience de son bien être actuel et futur. On est prévenu et pourtant...

"Le symbole des symboles est certainement Dieu", disait Carl Gustav Jung.