Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/03/2019

The light and the dark of the Web

2.JPGLe 12 mars 1989, naissait sur les fonds baptismaux d'Internet,  le bel enfant qu'on appelait le Web, le WeWeWe. Nous sommes donc 30 ans plus tard.
Depuis, tout le monde doit se mettre à la carte digitale pour ne pas perdre toutes ses chances de communication avec le monde extérieur.
Le Web est déjà en version 3.0.

J'avais déjà entamé le sujet en novembre 2018: "Le futur antérieur des pouvoirs selon Alvin Toffler" et "Après la métaphore de Toffler, le 21ème siècle paradoxal" .
En 2006, j'écrivais déjà "Internet reste net".

L'Echo du weekend du 2 mars contenait ces réflexions: "Dès le 12 mars, le Cern célébrera les 30 ans du WorldWideWeb, véritable fenêtre sur un nouveau monde. Son concepteur, Tim Berners-Lee, le voulait "universel", "gratuit" et "sans contrôle centralisé".
C'était sans compter l'insoutenable légèreté de l'espèce humaine
.
L’histoire en a décidé autrement et
la toile s'est refermée sur son concepteur.


Gestion de l’information: une proposition.

Histoire: Lorsqu’en mars 1989, Tim Berners-Lee, informaticien britannique au Cern, dépose sa "proposition" sur le bureau de son chef, Mike Sendall qui ne se rend pas compte du trésor qu’il tient en main.

"Vague mais excitant…J’aime bien le type de navigation que cela permettrait. Intuitivement habile et potentiellement convivial.", note Mile. Un titre humble pour ce document et seize pages schématiques qui vont transformer le monde.

1.JPG

"Information Management: A Proposal" est le premier document sur lequel Tim Berners-Lee décrit son idée.
En haut à droite, son chef écrit ses premiers commentaires: "Vague but exciting…"
 

Convivial

L'organisation européenne pour la recherche nucléaire, le CERN est l’un des plus grands et plus prestigieux centres au monde, localisé à cheval sur la frontière franco-suisse dont 17.000 scientifiques travaillent dans leur laboratoire aux quatre coins de la planète.
"L’information se perd tout le temps, le Cern est un modèle en miniature du reste du monde dans 10 ans, on pourrait voir apparaître beaucoup de solutions commerciales à ces problèmes, mais aujourd’hui, nous devons trouver quelque chose qui nous permet de continuer", dit Tim.
Dans son bureau, au deuxième étage du bâtiment 31 du Cern, Tim développe ce qui constituera les fondements du web, au départ d’un concept: l’hypertexte, une technique qui relie par des hyperliens un ensemble de documents sur la base des informations qu’ils contiennent.
Le pionnier américain des technologies de l’information, Ted Nelson, l’a inventé en 1965 dans un projet de système d’information appelé Xanadu que Tim reprendra dans les grandes lignes.
Toujours utilisées aujourd’hui, il y ajoute l’http, qui permet la connexion entre les documents, l’html, qui organise les pages en un langage unifié et l’url, qui assigne une adresse à chaque document.
"Une autre idée qui est moins importante dans l’immédiat mais surtout une question de technologie et de temps, est l’utilisation de documents multimédia, contenant des graphiques, des discours et de la vidéo.",
imagine Tim.
Pourtant, la "proposition" a du mal à traverser les murs du Cern. Tim doit compter sur la hargne du Belge Robert Cailliau, un collègue ingénieur dont le bureau se situe à l’autre bout du site, côté suisse.

 Amusant que ce soit un Belge quand on se rappelle de l'histoire du CDU
avec ces deux Belges Henri La Fontaine et Paul Otlet.

0.JPG

Le 12 novembre 1990, tous deux publient pourtant une révision de la "proposition" originelle, avec le titre "WorldWideWeb: Proposal for an HyperText Project". Ils comptent six mois de travail avec 4 ingénieurs software et un programmateur, pour un prix coûtant de 50.000 dollars. Le 17 mai 1991, le Cern installe le premier "WWW" sur toutes ses machines centralisées en mettant le monde dans une "boule à neige".

L’invertébré de la Maison-Blanche

Mais ils veulent aller plus loin. Internet existe déjà, des sites sont actifs mais sans être en connexion les uns avec les autres. Malgré la réticence du Cern, le 30 avril 1993, ils obtiennent du centre une déclaration autorisant la mise à disposition du web dans le domaine public. Le code source devient accessible à tous et ils veulent que "la paternité soit universelle", que le logiciel fourni soit "gratuit pour tout le monde" dans un web "grand ordonnateur de l’internet", mondial pour que le Big Bang puisse démarrer.
Les compteurs s’emballent. En juin 1993, 130 sites rejoignent le web, l’année suivante, 2.738. Puis ce sera 23.000, 250.000, un million. Le "Guide to the WorldWideWeb", hébergé sur le site internet du campus, vise à répertorier, classer et rendre accessible cette masse de sites en devenir.
En 1994, s'y ajoute la plateforme créée par deux étudiants de l’université de Stanford, Jerry Yang et David Filo qui viennent de fonder ce qui deviendra Yahoo! (pour Yet Another Hierarchical Officious Oracle).
Année d’un événement discret mais combien décisif pour l’avenir, le site HotWired, ancêtre du magazine technologique Wired, vient juste de naître, et publie déjà sa première publicité en ligne. "Les gens nous ont dit: si vous placez une pub en ligne, internet va vous vomir dessus. Mais, je trouvais ça ridicule. Il n’y a quasiment aucune activité humaine qui ne soit commerciale. Pourquoi internet serait-il l’exception?, raconte son cofondateur, Louis Rosetto, au magazine de commerce en ligne Digiday. Alors, on s’est dit: ‘On s’en fout’, on a continué et on l’a fait.".
Pourtant, les pionniers du web et ses premiers utilisateurs continuent à croire en l’inviolabilité de leur création, en l’universalité de ses valeurs, au potentiel de sa diffusion.
"Quand nous avons publié notre collection en ligne, nous étions les premiers à le faire. Nous estimions que les usagers eux-mêmes pouvaient nous aider à compléter les informations que nous diffusions", dit Bruno Jacomy, historien de la technologie et, à l’époque, responsable scientifique du musée des Arts et Métiers à Paris. On ne parlait pas du tout de valeur marchande à l’époque.". C’était un Wikipedia avant l’heure. .

Pour pousser son héritage dans cette voie, Berners-Lee quitte le Cern et rejoint le MIT. Il fonde le "World Wide Web Consortium" ou W3C, et écrit une véritable Constitution à ce nouveau pays virtuel.
"Un seul web partout et pour tous", telle est sa devise.
Mais, les coups de canif ne tardent pas.
Le danger ne viendra pas tout de suite des gouvernements mais des garages de la Silicon Valley.
Avec Yahoo!, Jerry Yang et David Filo sont devenus les notaires du web, Jeff Bezos, le bibliothécaire, a
vec Amazon qui entame la plus grande cyberaventure à ce jour.
En 1995, Microsoft, après avoir raflé le trône des ordinateurs personnels, lance son Internet Explorer qu’il impose à tous ses utilisateurs.
En 1996, dans sa chambre de Stanford, Larry Page cofonde Google avec Sergey Brin. Ils ont le génie de classer les pages recherchées suivant un ranking, qu’ils monnayeront à grand prix. Outre cette fonction passive, de consultation, de nouvelles sociétés offrent des plateformes de discussions: les réseaux sociaux pour que le monde virtuel achève sa mue et que désormais, on discute davantage sur le web qu’avec son voisin de palier
.
Le 8 février 1996, échaudé face à la pornographie qui se répand sur internet, le président américain Bill Clinton signe le Communication Decency Act pour mettre au pas les coupables. La loi va bien au-delà puisqu’elle interdit également l’indécence, notamment dans les textes et dans les livres, ce qui, selon ses détracteurs, enfreint la liberté d’expression.
En réaction, le très libertarien John Perry Barlow rédige sa "Déclaration d’indépendance du cyberespace", adressée au "grand invertébré de la Maison-Blanche", texte fondateur pour tous les utopistes du web.
Pour lui, les lois des gouvernements n’ont pas de prise sur le web.
"Elles se fondent sur la matière. Ici, il n’y a pas de matière. Nous allons créer une civilisation de l’esprit dans le cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que nos gouvernements ont créé", d'après Barlow.

 

La parenthèse Gutenberg

Le web devient le terrain de chasse de la nouvelle économie. Accessible à tous, tout le monde peut en faire ce qu’il veut, "the sky is the limit". On l'appelle depuis "the cloud".
La bulle boursière, créée à la fin des années 1990, éclate, nettoie les déchets mais n’entame en rien la folie des grandeurs.
En quelques années, la puissance d’internet écrase tout en signant l’épiphanie de la mondialisation.
En 2006, "La Terre est plate", annonce le journaliste du New York Times, Thomas Friedman, dans son best-seller du même nom. Pour lui, les technologies de l’information ont abattu les dernières frontières. Le cybermonde permet les idées les plus folles sur l’avenir du genre humain. Il dématérialise notre quotidien, désincarne nos corps, atteint le point Oméga de Teilhard de Chardin, ce stade ultime, suprême, ontologique de la conscience collective.
Les utilisateurs découvrent ce monde stupéfiant et s’y précipitent avec candeur, comme des Pinocchio au Pays des jouets. Ils ne se doutent pas que ce qu’ils y trouvent n’a de gratuit que ce qu’ils connaissaient dans l’ancien monde. Cette liberté qu’ils y voient n’est qu’un miroir déformant, une lumière faussée, projetée sur le fond de leur caverne.
Dans la préface du livre "Aux sources de l’utopie numérique" du spécialiste américain de l’histoire des médias, Fred Turner et Dominique Chardon dévoilent comment les géants technologiques ont utilisé les valeurs fondatrices du web pour les retourner en leur faveur: "Leur pouvoir sur les internautes n’a pu s’étendre jusqu’à la constitution d’un quasi-empire qu’en empruntant aux pionniers les valeurs qui ont nourri le ‘capitalisme du partage’ des grands acteurs du réseau.".
Chaque visite dans ce nouveau monde est encodée, utilisée, réfractée.
Les internautes ont goûté aux charmes et aujourd’hui, en se grattant la tête, ils sentent les oreilles d’âne leur pousser sur le crâne.
Les pépites technologiques d’hier sont devenues des monstres de données, qu’elles vendent aux plus offrants.
La petite publicité de HotWired s’est transformée en étalages ciblés que chaque client est obligé de parcourir avant d’entrer.
La discussion anodine du voisin qui nous était proche, passe désormais par les filtres des algorithmes ou ceux, plus insidieux, de groupes politiques, d’institutions ou même d’États peu scrupuleux.
Les noms ne manquent pas pour décrire la face sombre du web: Trolls, Cambridge Analytica, NSA… Trente ans après la naissance du Web, le corolaire paradoxal de l’universalité préconisée de ses pionniers s’est atomisée, la liberté s’est refermée sur elle-même, l’identité du monde a laissé la place à l’identité brutale du "je".
"Internet est l’ambiguïté même, et peut-être la plus fabuleuse des ambiguïtés, nous dit le philosophe Pascal Chabot.
En créant une plateforme commune et universelle, il crée aussi une diffraction sans précédent du monde.
Sous les apparences d’identité et de répétition se cachent en réalité des distances infranchissables dans cette métaphore du village ‘global’, avec ses rues proprettes et son clocher devient en réalité, une tour de radiodiffusion et donne à penser le contraire de ce qu’est l’internet comparable à un univers alvéolaire ultra-complexe, avec ses zones inexplorées, son dark web, ses protocoles cadenassés par les initiés, ses surveillances clandestines.
Suite au scandale de Cambridge Analytica et du vol de données de plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook, Tim se dit "dévasté" par les événements lors d'une de ses rares interviews au magazine Vanity Fair:
"Nous avons démontré que le web a déçu l’humanité au lieu de la servir, comme il était censé le faire.".
En octobre 2018, il a présenté le projet, Solid comme plateforme en accès libre capable de stocker nos données personnelles.
La complexité de cet univers incontrôlable et incontrôlé ne cesse de grandir, et ne sera jamais suffisant. C'est écrit dans ses gènes.
Environ 4 milliards d’êtres humains dans le monde sont connectés d’une manière ou d’une autre. Et beaucoup plus encore à venir.
Ils y paient leurs déplacements, échangent leurs points de vue politiques, stockent leurs données médicales. Nos voitures, nos téléphones, nos activités professionnelles alimentent la bête à notre insu et en continu. Oui, le client a repris un pouvoir partiel sur son destin de "client", mais il ne faut pas que ce pouvoir se retourne contre lui.
Certains ont comparé l’avènement du web à celui de l’imprimerie de Gutenberg au XVe siècle lors de la diffusion de la connaissance, lancée la Renaissance et les Lumières.
Le Web pouvait en être une formidable continuité, il n’en sera que son fossoyeur, comme une parenthèse de 500 ans qui se referme brutalement sur l’humanité.

Une des dernières interviews de Tim enregistrée en vidéo date de 2009.
Il parle du passé mais plus de l'avenir avec le "Next step"

Son interview au journal "Le Monde"
à l'occasion de ce 30ème anniversaire

- Quand vous avez imaginé le Web, en 1989, anticipiez-vous qu’il allait devenir si important, ou pensiez-vous plus simplement donner naissance à un outil pour scientifiques ?
- Non, ce n’était pas un outil seulement pour les scientifiques. J’ai toujours voulu qu’il soit plus que ça. Je voulais lier tout à tout. Depuis mon enfance, je pensais que les ordinateurs n’étaient pas bons pour faire des liens, contrairement au cerveau humain. Si vous avez une discussion dans un café et que vous y retournez cinq ans après, votre cerveau fera la connexion et vous vous souviendrez de la discussion. Je voulais construire quelque chose qui avait la propriété de lier n’importe quoi. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit utilisé pour tout lier ! Le point fort du Web, c’est qu’il est neutre, il a pu être utilisé pour poster des articles, des images, des vidéos, des données, des cartes… C’est pour cela que tout est en ligne désormais", répond Tim Berners-Lee.

- Quels sont les principaux défis auxquels fait face le Web aujourd’hui ?

- En 2019, malheureusement, la liste est longue. Il y a quelques années, j’aurais pu évoquer la neutralité du Net, la vie privée ou le respect des femmes. Avant, si vous preniez quelqu’un au hasard dans la rue, il vous disait que le Web était super. Maintenant, il vous dira qu’il n’est pas digne de confiance, que c’est un endroit où on se sent manipulé, où l’on a perdu le contrôle… C’est pour cela que nous avons imaginé le « contrat pour le Web », qui appelle, notamment les entreprises des nouvelles technologies, à changer beaucoup de choses. Il demande aussi aux gens, aux gouvernements, de discuter de ce dont nous avons besoin pour faire du Web un endroit meilleur et plus ouvert.

- Dans votre lettre annuelle, vous écrivez que le Web est une des causes les plus importantes pour lesquelles se battre. Vous pensez que le Web est menacé ?

- Certaines tendances pourraient avoir un effet dramatique sur le Web. Déjà, celle de certains pays à bloquer des contenus. Quand le Web a commencé, c’était techniquement difficile de mettre un grand pare-feu. Plus maintenant. Des pays africains ou du Moyen-Orient ont imité la Chine en matière de censure. Certains pensent que nous allons aboutir à plusieurs webs séparés : un européen, un chinois, un américain. Or, le but du Web, c’est de pouvoir faire des liens n’importe où.

- Ceux qui décident du destin du Web aujourd’hui sont les grandes entreprises de la Silicon Valley. Qu’attendez-vous d’elles ?

- Le « contrat pour le Web » comprend plusieurs volets. L’un d’eux demande de s’assurer, lorsqu’on développe un réseau social où les gens passent beaucoup de temps, qu’il fait justice à l’humanité. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont le lieu où de nombreuses personnes sont exploitées, où on leur fait croire n’importe quoi, où des organisations politiques font tout pour que les gens votent d’une certaine manière à coup de publicités ciblées. Il faut reconstruire les outils – par exemple le retweet [sur Twitter] – de manière à ce qu’ils soient utilisés par les gens de manière constructive.

2.JPG- Certains patrons de la Silicon Valley disent avoir réalisé leur responsabilité vis-à-vis de la société. Mark Zuckerberg a récemment annoncé orienter son réseau social vers la vie privée. Pensez-vous que c’est trop tard ? Qu’ils sont de bonne foi ?

- Je ne parlerai pas de ce cas en particulier, mais sur les 30 ans du Web, on a vu le Web 1.0, le Web 2.0… On est passé d’un Web de documents à un Web de programmes. On a vu l’apparition de moteurs de recherche incroyablement efficaces. Le Web a connu de nombreuses évolutions, et il serait idiot de penser que son état actuel est son évolution ultime. Il n’est pas trop tard pour changer le Web.

- L’un des problèmes auquel est confronté le Web est la manipulation de l’information, volontaire ou non, venant de simples internautes ou de puissances étrangères. Y a-t-il une solution à cela ?

- Je suis content que vous ayez présenté les deux aspects du problème, qui sont très différents. La manipulation des gens et de l’information par des criminels et des États étrangers, c’est du cybercrime, de la cyberguerre. Cela a toujours existé, mais c’est pire aujourd’hui. Nous devons nous assurer que les autorités disposent de pouvoirs suffisants et soient suffisamment coordonnées pour combattre le cybercrime et remporter cette guerre numérique qui fait rage en coulisse. Son ampleur est sous-estimée par la plupart des internautes.

- Le cyberespace est justement utilisé par des États pour des opérations d’espionnage, voire de sabotage. Est-il réaliste de penser qu’ils vont y mettre un terme ?

- Bien sûr que non. Dès que vous avez un système qui permet d’acquérir de l’argent ou du pouvoir, les criminels en profitent. Quand seules les universités américaines utilisaient Internet, ils ont construit l’e-mail de manière à ce que tout le monde puisse lire les e-mails des autres. Tout le système était pensé pour un monde amical. Dès qu’ils ont ouvert le système, le spam est devenu un problème. Il faut toujours imaginer qu’il y aura des attaques.

- La plupart des entreprises sur le Web acquièrent des données personnelles et vendent de la publicité. Pourquoi la vie privée a-t-elle été négligée, selon vous ?

- Ce que la plupart des gens ne comprennent pas, c’est que leurs données ne sont pas utilisées contre eux mais contre tout le monde. Les médias et l’industrie des nouvelles technologies ont répété que le consommateur avait fait un pacte avec le diable, qu’il s’était débarrassé de sa vie privée pour avoir des choses gratuites sur Internet. On a dit que la seule manière de faire des affaires sur Internet, c’était par la publicité et l’exploitation des données personnelles. Je pense que c’est un mythe qui explose devant nos yeux. Le scandale Cambridge Analytica a montré que les données pouvaient servir à manipuler les gens afin qu’ils votent d’une certaine manière. S’inquiéter de sa vie privée consistait à s’inquiéter de voir telle ou telle photo être rendue publique : mais il s’agit en fait de l’utilisation des données. Je pense que les gens devraient avoir le contrôle de leurs données, y accéder, faire des choses intéressantes avec. Le fait que les données personnelles soient stockées et coincées dans des silos a fait perdre du pouvoir aux gens : si je veux déplacer mes données de LinkedIn à Facebook, c’est trop compliqué. Les gens ont perdu le pouvoir, notamment celui de partager avec qui ils le veulent. Redonner du pouvoir à l’individu, c’est lui permettre d’utiliser lui-même des logiciels qui intègrent ses données dans la vie de tous les jours, d’utiliser de l’intelligence artificielle, d’en retirer les bénéfices. Les gens ne réalisent pas le pouvoir que leurs données pourraient leur conférer.

- Vous dites également dans votre lettre qu’il faut « cultiver de saines conversations en ligne » : comment faire ? La solution consiste-t-elle à faire plus de lois ?

- Je ne pense pas que nous ayons besoin de plus de lois. C’est quelque chose que peuvent faire les réseaux sociaux. Ces derniers peuvent changer leur interface pour que leurs utilisateurs se comportent de manière plus constructive. Vous vous souvenez du scandale qui avait éclaté lorsqu’on avait appris que Facebook avait fait des tests sur l’humeur de ses utilisateurs ? Je pense que Facebook et les autres réseaux sociaux devraient faire ça en permanence. Il faut construire des réseaux sociaux où les utilisateurs qui sont mauvais sont ralentis et ceux qui se comportent bien sont favorisés.

- En Europe, plusieurs projets législatifs comme la directive copyright, règlement terrorisme, projet de loi français contre la haine, vont dans une même direction, à savoir mettre une responsabilité quasi régalienne sur les réseaux sociaux pour qu’ils suppriment des contenus, notamment de manière automatisée. Pensez-vous qu’il s’agisse d’un progrès ?

- Je n’aime vraiment pas ça. Ce sont des projets de législation inquiétants. Je pense que cela va aboutir à la mise en place d’outils de censure massive. D’autre part, je pense que le copyright mérite une réforme d’ampleur. Je pense depuis des années que le droit d’auteur ne rémunère pas correctement les créateurs originaux des œuvres. C’est un vrai problème, en plus de ces projets de censure automatique.

- Craignez-vous une balkanisation du Web, où chaque internaute aurait une expérience différente, en fonction des lois locales et des habitudes culturelles ?

- Ce Web balkanisé existe déjà. Des pays censurent, pas seulement la Chine. Pendant un temps, le site du Los Angeles Times était inaccessible en France parce qu’ils ne voulaient pas se conformer au RGPD [la nouvelle loi européenne sur les données personnelles]. La balkanisation peut venir de barrières étatiques, mais aussi de problèmes inattendus liés à une loi.

- Que pensez-vous du RGPD, justement ?

- Le RGPD est plutôt très bien ! J’ai toujours dit que même si vous n’êtes pas en Europe, le RGPD est un bon moyen de gérer votre entreprise. Je ne sais pas si vous avez entendu parler du Data Transfer Project, c’est une initiative de Google, de Facebook et de Twitter qui vise à permettre de vous donner accès à vos données et de les déplacer d’un service à l’autre. Cela n’est pas arrivé par magie, c’est arrivé après le RGPD, qui a eu un effet international et a changé les débats autour des données personnelles.

- La centralisation est-elle un problème ? Quelle solution imaginez-vous, par exemple avec votre projet de coffre-fort numérique, Solid ?

- L’idée de Solid est bien de décentraliser le Web. Le problème avec ces silos, c’est que vous y entrez pour y chercher une fonctionnalité, et vous y êtes prisonnier : si vous allez sur Flickr pour stocker vos photos, vous y stockez toutes vos photos. Avec Solid, le stockage est séparé : vous pourriez utiliser Flickr comme une application qui gérerait les photos stockées où vous voulez, sur Google Drive ou Dropbox. C’est une manière de redonner du pouvoir aux utilisateurs. On détruit ces silos de données. La décentralisation permettra de revenir à un Web original où tout le monde avait son propre site Web.
A lire : Le contrôle des données numériques personnelles est un enjeu de liberté collective
et Quelle est la bonne équation pour pacifier le cyberespace ?

Ne pas oublier que Marc Andreessen a été l'inventeur de Mosaic, le 1er Web Browser en 1993, disponible pour les systèmes d'exploitation Mac OS, Windows et UNIX.

..

Conclusions personnelles:

La partie d'invention de Tim la plus géniale a été l'hyperlien. Sans lui, Internet n'aurait jamais été ce qu'il est devenu aujourd'hui. Il serait resté linéaire. Avec des textes entrecoupés d'images peut-être mais sanas accès aléatoire. L'homme aime ce qui est séquentiel (un peu moins la femme avec ses occupations multiples) et déteste les boucles. Dans la littérature papier, on trouve des textes sous forme de comédie et plus souvent de tragédie (cf Grèce antique).

L'hyperlien permet de descendre de proche en proche dans l'arbre de la connaissance dans une sorte de pile ("stack") infinie que le lecteur descendra s'il le veut ou passera son chemin. S'il y descend, il faudra seulement qu'il remonte au sommet de la pile pour ne pas perdre le fil initial de ses idées. Ce qui veut dire qu'un lecteur d'un site du Web pourrait prendre 5 minutes pour arriver à la fin d'une page ou des heures. Il est très possible qu'un hyperlien mène à autre chose encore plus intéressant que la page initiale.

Aller à l'essentiel d'un texte se fera par l'intermédiaire d'une concision personnelle du lecteur en puisant les traits essentiels en lecture rapide mais en n'oubliant pas de chercher à pouvoir résumer le contexte en une ligne ce qu'il vient de lire. 

"Internet (non le web). On ne sait pas ce qu'on y cherche mais on trouve tout ce qu'on ne cherche pas", Anne Roumanof

Certains écrivains qui n'écrivent que des livres papier introduisent des n° de références à la suite d'une phrase qui renvoient en fin de d'article ou de du livre. La plupart des lecteurs les sautent et arrivés en finale, ne vont pas les références puisqu'elles sont sorties du contexte. 

Que dire de Tim Berners-Lee?
A-t-il été une sorte d'apprenti sorcier à oser ouvrir la boîte de Pandore dans laquelle tout devrait être gratuit, avoir un accès à tout de manière universelle et l'espérer dans une fédération sans contrôle?
La compatibilité entre ces trois principes me semblent très aléatoire.

Est-ce que toutes les activités pourraient-elles se concevoir en oubliant l'argent?
Est-ce que l'universalité pourrait-elle oublier la différence entre les langues, les cultures, les us et coutumes?
Est-ce que l'homme pourrait-il vivre sans règles et sans contrôle pour lui-même dans la société?

Trois questions qui pouvaient expliquer les contradictions.

Le Dr Laurent Alexandre écrit dans son livre "La Guerre des Intelligences" que nous pourrions nous diriger vers une oligopole d'une dizaine de sociétés américaines et chinoises contrôlant l'IA, grâce à la maîtrise simultanée de bases de données géantes et de microprocesseurs propriétaires difficilement accessibles aux autres sociétés. La documentation complète d'un algorithme d'IA de type deep learning ferait des milliards de milliards de milliards de pages... obsolètes quelques instants plus tard. La puissance politique n'a pas pris la mesure de la révolution en cours et témoigne du décalage. 

Après 40 ans d'exercices dans le domaine du numérique, je ne peux faire semblant que je ne connaisse pas ses concepts de base et les risques qu'ils faisaient subir à qui rétros n'y ont vu que du feu de l'action amusante.
Oui, j'écris comme je programmais dans le passé. Oui, la rentabilité des processus reste primordial avec un grain de fainéantise nécessaire vu au bout du chemin du développement.

Alors, si, la semaine dernière, j'avais parlé de ma formation en science chimique dans un rapprochement philosophique et poétique, cette semaine, je parlerai via un ancien hobby...  

La lumière et la photographie:

Comment la lumière construit les couleurs pourrait faire comprendre comment on arrive à créer des millions de nuances avec peu de couleurs mais via deux manières différentes.

La synthèse additive cumule les couleurs primaires pour arriver au blanc
et la synthèse soustractive cumule les couleurs complémentaires pour arriver au noir.

4.JPG

Trois "couleurs" sont donc à la base de l'idée de Tim: gratuit, universel et sans contrôle. Pour les associer et y trouver les nuances, certains se trouvent en phase avec la synthèse additive et sentent aller vers une lumière blanche au bout du tunnel tandis que d'autres se trouvent déjà en phase soustractive en se rapprochant du trou noir. En musique, les "couleurs" sont les notes qui sur un piano sont représentées par des touches blanches ou noires. Dans le monde numérique, un "0" et "1" seuls permettent de composer tous les nombres.
Comment associer les deux visions?
L'innovation imaginée comme une branche qui tourne autour d'un paradigme du "numérique", ne correspond pas à la vision humaine analogique originelle de l'homme. Les deux langages ne fusionnent pas facilement. Le gap est trop grand entre ces deux générations que forment ces 30 ans dont on célèbre l'anniversaire ce 12 mars.
Avoir l'idée du contraire serait digne d'être nommé "rêveur utopiste".
Dans le même journal dans lequel il y avait cette analyse du départ de ce billet, on parlait de BNP Paribas Fortis qui désirait accélérer ses fermetures d'agences avec sa pub "La banque d'un monde qui change".
Les agences ne sont plus des lieux dans lesquels les clients viennent pour exécuter leurs opérations bancaires. Ils le font "on line" en quelques clics accessibles exécutés à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit indépendamment des grèves qui pourraient entraver la banque. 40% des agents de la banque devront disparaître d'ici 2021.
Le 1er mars, BNP annonçait que ses employés allaient devoir travailler une heure de plus par semainepodcast. Les syndicats n'ont plus les moyens de s'y opposer.
Après des taux d'intérêts au plancher et des clients qui ont changé leurs habitudes,
 la banque revoit tous ses tarifs de son compte courant vers la hausse pour chercher des compensations.
Quand une société commerciale comme une banque, ne peut augmenter ses revenus et son cash-flow, il n'y a pas de miracle, il faut diminuer les coûts ou augmenter les revenus par une voie latérale.
Ici, l'argent n'est pas seulement le nerf de la guerre dans le monde du 'presque' gratuit, il est aussi le sang de la vie. L'argent n'est d'ailleurs plus ce qu'il était. Il n'est plus qu'une transaction virtuelle d'un compte sur un autre.
Le travail existe toujours. Il a seulement forcé de changer de fonction et de têtes pour le faire circuler.
Se mettre à la carte digitale en liquidant des emplois, en créant d'autres qui sont en corrélation avec les besoins de ses clients (c'est à dire nous), est devenu la solution pour (sur)vivre.
Un billet de LinkedIn dit "Comment les chatbots accompagnent les banques dans l’évolution de leur relation client ?". Le chatbox "HelloïZ", il s'agissait de l'implémenter étape par étape pour qu'il ait un apport indéniable, d'après sa rédactrice qui terminait son billet par "le chatbot est la porte d’entrée à une réflexion et un positionnement de l’IA comme opportunité pour l’organisation et non comme une menace"

Alors, est-ce que l'utilisateur, client du Web a-t-il scier la branche sur laquelle il se trouvait à l'insu de son plein gré?
Tout dépend du point de vue d'où il se place, soit face au rétroviseur du passé ou soit en effaçant le tain de son miroir pour apercevoir l'horizon du futur.
Les évolutions darwiniennes dans le monde du vivant ont toujours été à la recherche de ce qui apporte le meilleur rapport entre le prix et la performance.
Le rendement réalisé au moindre effort a pour finalité de devenir le plus proche de automatique. Il passe la main à celui qui fera encore mieux et plus rapidement sans faire la fine bouche en pensant aux dégâts collatéraux.
Samedi dernier, l'émission "Jardin extraordinaire" montrait l'animal le plus rapide: le guépard.
Celui-ci peut courir à une vitesse qui dépasse 100 km/h mais pendant un court temps. S'il parvient à capturer l'antilope pour le déjeuner, il devra faire attention à son propre prédateur, le lion qui voudra sa part sans effort.
Dans la foulée, l'homme parle de mondialisation, de délocalisations, de perte de pouvoir et de démocratie... Les lois du numérique ont changé la donne.
L'humanisme de l'homme lui fait une belle jambe, mais ce sont ses inventions qui ont effacé de sa mémoire son manque de force et de vitesse à la course par la virtualité de ses communications comme s'il s'agissait d'un
tremblement de terre ou un tsunami dans la mutation chronologiquement subie étape par étape de l'informatique au numérique. Les communications se sont invitées dans le processus pour se faire aimer par le public.
Si le Web n'avait pas ouvert l'horizon médiatique par les communications, le mathos de Gates et de Job, dont je parlais la semaine dernière, aurait, sant les télécommunications, pu terminer sa course dans un grenier dès la première panne quand l'utilisateur, le geek fastoche, n'était pas spécialiste du mathos, ou pire encore, celui qui n'est pas passé le cap et qui se fera rasé de près, voir déplumé. J'en connais encore beaucoup des deux sortes qui ont ou non tenté de se connecter à un train qui leur parait fou. Pour les plus jeunes, l'addiction et la dépendance est très vite venue enrayer leurs circuits de synapses qui relient les neurones. Une panne de WhatsApp a généré un émoi parmi eux:podcast.

La société de consommation a été anesthésié par le Web.3.JPG
Le travail a pris une nouvelle tête que certains qualifieront d'élitiste en adversaire à tout ce qui s'appelle "progrès".
Tout dépend pour l'utilisateur, s'il est prêt mentalement, intellectuellement et philosophiquement capable de réaliser cette mutation vers ce progrès.
Et le raisonnement du rejet peut aller très loin si l'on en croit ce commentaire de Melusine...
La résistance s'est organisée au travers de "Fake fake fake on you".
Le président américain Bill Clinton, en invertébré de la Maison blanche comme disait L'Echo, avait donc signé le "Communication Decency Act" pour réagir à la pornographie qui se répandait sur internet.
Faudra-t-il un nouvel "Dependcy Act" pour remettre le cerveau entre les jambes à la bonne place sous le pseudonyme "Webologic Act"?

L’Inde aussi veut censurer son internet et envisage de modifier la législation s’appliquant à l’internet pour se donner la possibilité de censurer des contenus.
Ce projet a lancé un débat houleux à cause du sempiternel prétexte de la « protection des internautes ».
Si la loi est approuvée, le gouvernement indien pourra ordonner aux GAFAm de supprimer du contenu jugé diffamatoire, portant atteinte à la vie privée, haineux ou erroné.
Les compagnies, de leur côté, devront concevoir des outils de filtrage automatique pour empêcher les 1,3 milliard d’Indiens d’avoir accès aux « informations ou contenus illicites » tout en assouplissant les protections sur les services de messagerie tels que WhatsApp pour donner au gouvernement indien la possibilité de retracer les messages pour déterminer l’identité de leur auteur et empêcher la propagation massive de fausses informations sur les médias sociaux.
La raison avancée pour ces nouvelles mesures est une meilleure protection des internautes.
L’an dernier, de fausses rumeurs se sont répandues sur WhatsApp comme une traînée de poudre, mettant en garde contre une bande responsable d’enlèvements d’enfants.
Ces rumeurs ont entraîné le meurtre de nombreuses personnes innocentes, lynchées par une foule en colère qui les avait pris pour des kidnappeurs.
Avec plus de 200 millions d’utilisateurs actifs, l’Inde représente le plus grand marché au monde pour l’application WhatsAppqui ne pourra pas satisfaire aux exigences de cette nouvelle loi et de retrouver la source de messages viraux, sans détruire des composantes clés du service concernant la protection de la vie privée et sans changer complètement la structure de l’application.
L’État est-il un bon médiateur ou faudrait-il une médiation via une ONG indépendante?
Les GAFAm jugent une médiation irréalisable et en total décalage avec ce qui se fait dans le reste du monde.

3.JPGDans le Psychologies de février le dossier "Réinventer sa vie" ausculte ses lecteurs avec la question "De quel changement avez-vous besoin?". Le psy propose des solutions dans un tchat pour "accueillir la crise de milieu de vie" et faire de sa vie une œuvre singulière par la méthode "Switchez !" dans laquelle, il faut d'abord apprendre à (se) connaître, à explorer (ses) facettes méconnues par des tests et en finale (se) lancer.
Cette technique, je ne connais que trop bien pour l'avoir exercé dans l'environnement du numérique.
Rien de neuf sous le soleil si ce n'est un progrès du côté de l'efficacité augmentée qu'apporte le Web a ses utilisateurs qui en sont devenus des "hommes augmentés" qui veulent tout savoir mais gratuitement.
0.JPGJe recevais un lien sur le Web qui disait: "Considérer la monogamie – plutôt que le bonheur ou l’humour – comme l’indication la plus importante d’un mariage réussi, donne aux gens des attentes irréalistes sur eux-mêmes et leurs partenaires. Une façon de penser qui détruit plus de familles qu’elle n’en maintient ensemble. 
Nos ancêtres avaient de nombreux partenaires sexuels et une compréhension limitée de la grossesse, ce qui signifiait que de nombreuses mères ignoraient totalement qui était le père de leur enfant. Cela a créé une culture de groupe en petites communautés avec rarement plus de 150 personnes, où les hommes s’occupaient de tous les enfants et les protégeaient. Par conséquent, tout ce que la communauté possédait était partagé afin d’augmenter les chances de survie de chacun".
Ce commentaire n'a-t-il pas d'(hyper)lien avec le Web?  Via le WEB, des couples se sont "formés" ou "déformés".
Le Web a eu une influence tout azimut sur la vie intime de ses utilisateurs même là où on ne l'attend pas.
Peut-être le plus marrant se retrouve dans un des derniers "Questions à la Une" qui avait pour titre "Le porno est-il à l'aube d'une nouvelle ère" (podcast d'extraits mais volontairement sans imagespodcast).
Y a-t-il une surprise quand on connait les principes du Web?
Le porno ne transite par encore via des poupées numériques qui pourraient être gratuites. Pas encore...
L'érotisme et la pornographie procèdent avec des artifices similaires de séduction, mais il faut peut-être en chercher les différences sur Wiki:

L'érotisme (du grec ἔρως, érôs : « le désir amoureux ») désigne l'ensemble des phénomènes qui éveillent le désir sexuel avec diverses représentations, culturelles et artistiques et qui expriment ou suscitent cette affection des sens".
La pornographie est la représentation complaisante et explicite à caractère sexuel plutôt pervers, de détails obscènes via une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique, d'actes sexuels finalisés ayant pour but de susciter l'excitation sexuelle.
J'ignore seulement quel est le terme qui corresponde le mieux au WEB pour éveiller le désir.
Est-ce par ses représentations artistiques ou par ses représentations complaisantes avec la perversité en plus?
Mais Milan Kundera, quand il a écrit son livre "L'Insoutenable Légèreté de l'être", a connu peut-être la réponse....

_________________

0.JPG

Cette semaine

2.PNG1.PNGDeux sujets en Parti Pris étaient sur la table des discussions. Les nouveaux en politique et le BREXITpodcast

Le polard "Les Compromis"  qui avait peut-être trouvé "la" solution :podcast

L'instant de Wallid, avec l'humour de circonstance  ajoutait une vérité immuable qui dit "il y a toujours des pour et des contre quel que soit le sujet avec son corollaire qu'il n'y aucune entreprise humaine qui soit sans tare parfois bien cachée" podcast.0.JPG

Mais, quand on a la tête dans la toile et plus sur la toile comme en Nouvelle-Zélande, cela peut en plus engendrer des idées d'une tuerie pensée pour les réseaux sociaux podcastavec des envies de couleurs complémentaires pour arriver à la version "dark of the Web"...
Heureusement, ce vendredi, visibles sur les réseaux sociaux, les jeunes du monde ont fait la grève pour le climat avec une connotation aux couleurs additives vertes, rouges et bleues menant au "light of the Web"..

So, let's things out of the box...

 

 "Lost on you", une chanson en "hyper-lien" avec ce qui précède
qui est à chanter en karaoké si le cœur vous en dit....

                                                      Paroles et traduction de "Lost on you"

 
 
 
When you get older, plainer, saner
Will you remember all the danger we came from?
Burning like embers, falling, tenderL
onging for the days of no surrender
Years ago
And will you know
So smoke 'em if you got 'em
Cause it's going down
All I ever wanted was you
I'll never get to heaven
Cause I don't know how
Let's raise a glass
Or two
To all the things I've lost on you
Tell me are they lost on you?
Just that you could cut me loose
After everything I've lost on you
Is that lost on you
Is that lost on you?
Baby, Is that lost on you?
Is that lost on you?
Wishin' I could see the machinations
Understand the toil of expectations
In your mind
Hold me like you never lost your patience
Tell me that you love me more than hate me all the time
And you're still mine
So smoke 'em if you got 'em
Cause it's going down
All I ever wanted was you
Let's take a drink of heaven
Cause this can turn around
Let's raise a glass
Or two
To all the things I've lost on you
Tell me are they lost on you?
Just that you could cut me loose
After everything I've lost on you
Is that lost on you?
Is that lost on you?
Baby, is that lost on you?
Is that lost on you?
Let's raise a glass
Or two
To all the things I've lost on you
Tell me are they lost on you?
Just that you could cut me loose
After everything I've lost on you
Is that lost on you?
Is that lost on you?

 

 

Quand tu seras plus mature, plus réfléchi.
Te rappelleras-tu tous les obstacles franchis ?
Brûlants comme la braise, tendres, fondants,
Bien avant d’hypothétiques avoirs sur le temps d'avant.
Des années passées
Et va savoir…
Fume-les donc* si t’assumes

Parce qu'elles se consument
C’est toi que j’ai toujours aimé
Le ciel, j’irai jamais
Car je sais pas comment faire.
Levons un ou
Deux verres
À tout ce que je t'ai abandonné
Dis-moi, si pour toi c’est paumé
Tu pourrais rompre, me délaisser
Après tout ce que je t'ai abandonné ?
Prendrais-tu le large ?
Ferait-on naufrage ?
Bébé, prendrais-tu le large?
Ferait-on naufrage ?
Espérant deviner les machinations
Pour éviter l’écueil des tractations
Sans retour
Serre-moi comme si tu n'avais jamais perdu patience
Dis-moi que le plus souvent, il y a plus d'amour que de haine
Que j'ai toujours mes chances
Fume-les donc si t’assumes
Parce qu'elles se consument
Tu as toujours été ce que je voulais le plus
Trinquons au ciel
Car le vent peut tourner
Levons un ou
Deux verres
À tout ce que je t'ai abandonné
Dis-moi, pour toi, si c’est paumé
Tu pourrais rompre, me délaisser
Après tout ce que je t'ai abandonné ?
Prendrais-tu le large ?
Ferait-on naufrage ?
Bébé, as-tu pris le large?
A-t-on fait naufrage ?
Levons un ou
Deux verres
À tout ce que je t'ai abandonné
Dis-moi, pour toi, si c’est paumé
Tu pourrais rompre, me délaisser
Après tout ce que je t'ai abandonné ?
Pour toi, est-ce paumé ?
Perdu à jamais ?..

 

Quelques citations ...:

  • "La conscience n'est qu'un mot à l'usage des lâches pour tenir les forts en respect", Shakespeare
  • "Quand j'étais jeune, je pensais que l'argent est la chose la plus importante au monde; maintenant que je suis vieux, je le sais", Oscar Wilde
  • "Quand un imbécile fait quelque chose dont il a envie, il dit toujours que c'est son devoir", George Bernard Shaw

 

Eriofne,

 

23/3/2019: Le printemps du numérique à Bruxelles

Quelques coups de cœur épinglés :

  • Les immersions en réalité virtuelle, qu’elles soient poétiques et militantes (“14.12.2017 : † Neutralité du Net aux États-Unis †”, cinématographique (“Cinéma VR”) ou encore de science-fiction (“UNLTD Experience VR Trinity”).
  • L’installation holographique “Abscisse” produite par les Garages Numériques qui visualise l’évolution des ondes cérébrales de membres du public.
  • Les ateliers d’initiations au code et à la programmation (“Be Code” et “The Coding Club”)

0.JPG24 juillet 2019: Facebook est condamné à payer une amende de 5 milliards de $ qui correspond à 25% de son bénéfice de 2018

Commentaires

Je pense qu’il y a deux soucis majeurs du web.
Le premier est l’absence total de régulations. Une autoroute sans lois ni règles. Donc les accidents et incivilités sont les conséquences.
La deuxième est le phénomène d’addiction qui est un très sérieux soucis je pense.
Si j’écris et que personne ne me lit, ou bien je continue pour moi-même (ce qui est très bien) ou bien sans audience j’arrête.
Pour les réseaux sociaux le mécanisme sera le même. Si personne ne lit mes tweets ou autres stupidités démagogues j’arrête tout simplement. SAUF si les sois-disants suiveurs ou « lecteurs » sont devenus addictif au poison.
Mais comment soigner ces soucis d’addiction est un sujet qui va bien au delà de la problématique du web.
Il s’agit d’un problème politique.
Et certains partis ne veulent l’aborder que par la répression (ils ont même supprimer les aides fédérales aux projets de désintoxications en cours pour des raisons idéologiques et donc pas médicales ni psychologiques). La répression est sans issue, il suffit d’ouvrir les yeux pour constater l’inefficacité de la répression. Les américains ont armés tout le monde, les brésiliens vont faire de même. Ceci n’a rien changé bien au contraire aux USA. Toutes l’Amérique latine est empoisonnée par ce phénomène depuis des décennies. La seule réponse est l’achat d’armes et d’hélicoptères américains. Sans résultats évidement sauf pour les poches des contribuables (impact négatif) et les poches des commerçants de l’armement (positif pour ceux-ci évidement).
Et chez nous on ne fait rien ou presque. Sauf les flamands à Anvers qui de temps en temps invitent les journalistes pour expliquer une prise de cocaïne exceptionnelle! Mais le lendemain ils nous rappellent que le port d’Anvers est en concurrence avec Rotterdam donc la priorité est à l’efficacité qui se mesure en heure et minutes entre l’arrivée du porte container au port est la sortie des containers des douanes. Donc on ne conforme rien ou presque c’est plus rapide.

Écrit par : Don Quichotte | 16/03/2019

Répondre à ce commentaire

"Pour les réseaux sociaux le mécanisme sera le même. Si personne ne lit mes tweets ou autres stupidités démagogues j’arrête tout simplement. SAUF si les sois-disants suiveurs ou « lecteurs » sont devenus addictif au poison.
Mais comment soigner ces soucis d’addiction est un sujet qui va bien au delà de la problématique du web?"

Bonne question.
Peut-être une réponse personnelle que je pratique avec ce blog, que je considère comme un journal personnel dont je suis le premier utilisateur.
Anne Franck écrivait son journal sans savoir qu'elle serait lue, tout en l'espérant peut-être.
C'est une sorte d'addiction personnelle mais pas en fonction d'un lecteur étranger.
Cela donne beaucoup plus de liberté de penser, sans avoir l'impression de suivre "le qu'en dira-t-on".
Mais je suis d'accord, c'est rare.
Les gens écrivain ou non veulent laisser une trace de leur passage sur cette terre et espère être lu par le plus grand nombre et en définitive avoir le maximum d'amis pour obtenir de l'importance sur le Facebook ou autre forum.
Je ne suis qu'un passeur d'idées et pas un imposeur d'idées.

Écrit par : L'enfoiré | 16/03/2019

A propos du polar je l’ai écouté ce matin.
Eddy Kakelberg (Au bout du jour) a invité récemment les mêmes auteurs (je pense) sur ce sujet du livre. Dans tous les cas le sujet était le même.
Une réalité qui explique pourquoi la plupart ne se retrouvent pas dans ces « cirques » (cercles…) de pouvoirs.
Yanis Varoufakis a également expliqué dans son livre comment cela se passe « portes closed ».
Comme je l’ai déjà souligné il n’y a plus de contre-pouvoir ».
Les syndicats ont échoués. Les médias sont de plus en plus privatisées donc à la merci de ceux qui ont de l’argent.
Les aides d’état pour soutenir la presse se concentre sur les aides aux médias privées et donc à de moins en moins d’argent à répartir entre les médias non privées.

Heureusement il existe encore des hommes qui ont un discours cohérents et des expériences très étendues pour apporter de la crédibilité dans leurs discours.
Ce matin un d’entre eux s’est exprimé sur la première. Je le connais et suit depuis des années.
https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_olivier-de-schutter-ecolo-a-toujours-ete-un-parti-ouvert-a-accueillir-des-experts-du-monde-scientifique?id=10171071
J’espère ou plutôt je suis convaincu qu’il ne se laissera pas enfumer par des politiques sans scrupules.

Écrit par : Don Quichotte | 16/03/2019

Répondre à ce commentaire

C'est pour cela que je pense l'avoir dit quelque part que j'aimerais pouvoir voter pour des hommes indépendamment de leur parti respectif.
En Belgique, le panachage des votes existe mais sur une seule liste. Pourquoi, il n'y a pas de raison sinon dans l'esprit du parti.

Hier, au JT, on parlait des réticences de J-Y Coustau (c'est du blabla) face Haroun Tazieff qui déjà dans les années 1990 lui disait des dangers de notre désinvolture face au changement climatique.

Pour revenir au sujet du numérique et du Web:
Extrait du livre "La Guerre des Intelligences" du Dr Laurent Alexandre
Deux phrases prisent au vol::
"Faute de comprendre ses évolutions, l'Etat laisse la technologie et ses penseurs structurer la société. Insensiblement, le centre de gravité du pouvoir se déplace, puisque la technologie est plus forte que la loi. Cela coduira inéluctablement à une demande croissante d'autoritarisme".

Écrit par : L'enfoiré | 16/03/2019

Très intéressant article, merci.
Je n’ai pas perdu la fougue du Web (j’ai travaillé à l’autre bout du monde pour la Belgique grâce à lui…), mais je me rends compte que les réseaux sociaux rendent les gens malheureux, c’est tout. Ils créent de la frustration systémique et menacent à mon avis la survie même de l’humanité.
La semaine passée, j’ai pris des vacances en famille au Club med. J’ai tout coupé: ordi, téléphone, mails, pendant une semaine. Manque au début, grand sentiment de plénitude après, nuits moins agitées. Ça m’a fait un bien fou.
Et je ne regrette pas une seconde d’avoir déserté FB.
Je m’accroche un peu à insta, mais juste pour avoir une présence et une vitrine, je ne regarde pas les posts des autres, en fait, je m’en fous.
Et durant cette semaine of, j’ai beaucoup lu, notamment le nouveau livre de Bruno Colmant, qui est fantastique, et qui fait écho à ton billet: c’est le modèle capitaliste anglo-saxon qui prévaut et qui sape la notion même d’État et d’intérêt général, exactement comme le Web, métaphore de la tour de Babel: Dieu décida de scinder les hommes en plusieurs langages, face à cette tour universelle qui menaçait de écrouler et faisait de l’ombre à Dieu lui-même. Métaphore du Web, sauf que je ne sais pas qui est Dieu !

Amitiés.

Écrit par : Nicolas Vadot | 16/03/2019

Répondre à ce commentaire

Le Web peut être le meilleur dans certains cas et la pire des choses dans son prolongement.
Pour des raisons professionnelles, j'ai aussi créé une addiction de tout ce qui tournait autour du numérique.
Quand je pars en vacances, je trouve toujours une place pour introduire mon netbook (amusant, cette dénomination alors que pour moi, c'est en fait un notebook).

Je ne dénigre pas le net et le numérique. Si je le faisais, ce serait jeter l’opprobre sur la profession qui fut la mienne à développer parfois du logiciel qui faisait le lien entre la machine et son utilisateur.
Aujourd'hui, j'ai décroché, je ne suis plus qu'un utilisateur pas tout à fait comme les autres, avec une connaissance des concepts qui s'y cachent.
Le langage machine utilisé à mes débuts avait avec le progrès, pris des allures de langue humaine, mais la syntaxe reste plus rigoureuse quand on parle à une machine. Drastique, dans un langage informatique donné, il n'y a pas dictionnaires ni de synonymes, ni d'analogies comme il en existe dans les langues parlées.

Écrit par : L'enfoiré | 16/03/2019

Le livre de Bruno Colmant "Du rêve de la mondialisation au cauchemar du populisme".
a pour chapitres
"Une brève histoire"
"Les bruits du capitalisme"..
"Restauration du culte de l'intérêt général"
"Réhabilitation d'un Etat stratège"
"La crise ne peut pas finir mais ne laissons pas notre monde inconsolable"

Écrit par : L'enfoiré | 16/03/2019

Le livre Jérome Colombin se pose la question "Faut-il quitter les réseaux sociaux?"
Haine, fakenews, violation de vie privée, cybercriminalité, addiction...
Il pense à un permis d'accès à points
Empêcher l'anonymat
Détenir une identité numérique
Fragmentation des réseaux
Nécessité d'une formation (néthique)

Écrit par : L'enfoiré | 16/03/2019

Répondre à ce commentaire

je pense que le web, particulièrement les réseaux sociaux, est un outil formidable à condition de savoir pourquoi on l'utilise et de ne pas déroger à cette ligne, ne pas s'en éloigner. J'utilise ma voiture pour me déplacer, d'autres en plus font du tuning, d'autres encore l'utilisent pour leur travail (taxi, livreur, etc) Mais je n'y vis pas, je ne m'en sers pas comme tondeuse ou caddie ou brouette.. Et si quelqu'un me dit qu'un pneu est crevé, je vérifie avant de changer. Maintenant, il y a toujours le risque qu'on me la vole ou qu'on me la démolisse.

Écrit par : Jean-Marie HENROTTE | 17/03/2019

Répondre à ce commentaire

Très bon parallèle entre les deux voies obligatoires d'utilisateur sans en faire leur métier.
Il faut prendre le meilleur et agir de façon positive de la vie et tenter d'effacer ce qui l'est moins.
Chacun a ses propres prérogatives et ses espérances dans la vie que l'on peut avoir dans sa vie active.
Je l'ai fait pour d'autres choses qui n'en faisaient pas partie.

Écrit par : L'enfoiré | 17/03/2019

Pourquoi les banques finiront par disparaître

La crise financière de 2008 n’a pas été causée par la déréglementation, mais par les technologies de l’information. C’est ce que l’on peut lire dans le livre «The End of Banking» de Jonathan McMillan. Il écrit que les banques ont joué leur rôle à l’ère industrielle mais qu’aujourd’hui, à l’ère d’Internet, elles sont devenues incontrôlables. Il faut donc concevoir un système financier totalement nouveau et décentralisé, impliquant la disparition des banques telles que nous les connaissons aujourd’hui.
McMillan a écrit le livre avec un co-auteur. Mais il reste anonyme pour une raison simple. Il travaille actuellement pour une grande banque européenne, pour laquelle il a été auditeur pendant longtemps. Il connaît le monde bancaire de fond en comble et est payé pour vérifier les mécanismes en place. C’est pourquoi son nom doit rester secret.
Le livre est paru pour la première fois en anglais en 2014. Après avoir été lu par des économistes, des investisseurs, des financiers et des banques centrales, le livre a été traduit en 7 langues.

La banque est un produit de l’ère industrielle
Le point de départ est que les banques ont été très utiles à l’ère industrielle. Ensuite, on a collecté l’argent sous un même toit, après quoi, la banque a accordé des prêts. Peu à peu, le gouvernement a commencé à lutter pour garantir l’épargne des particuliers et, en échange, des quotas ont été imposés aux banques, en vertu desquels un minimum de capital devait être maintenu afin de pouvoir maîtriser ce que l’on appelle les « ruées bancaires ».
Ce système a parfaitement fonctionné jusqu’aux années 1970, lorsque l’ordinateur a fait son apparition et que progressivement, mais sûrement, le « shadow banking », ou système bancaire parallèle, a été introduit.

Le shadowbanking
Par «système bancaire parallèle», on entend des sociétés qui ressemblent à une banque, se comportent comme une banque mais ne sont pas une banque. Ils ne sont pas en possession d’une licence bancaire et ne tombent donc pas soumis à la surveillance des autorités de surveillance. La banque fictive a pris son essor au 21e siècle et, avant la chute de la banque Lehman Brothers, elle était devenue même beaucoup plus importante que le système bancaire classique.

Où est le lien avec l’informatisation?
«La comptabilité avec du papier et un crayon rendait très lent et coûteux le transfert d’argent d’un bilan à l’autre. Aujourd’hui, en quelques clics de souris, c’est rapide et économique », écrivent les auteurs.
Ils reviennent ensuite à ce qu’on appelle les «crédits toxiques», qui ont provoqué la crise de 2008. Toutes sortes de prêts douteux ont été regroupés, on a donné à ces ensembles un nom qui sonnait bien au plan commercial, après quoi on les a reconditionnés et vendus et revendus en différentes tranches. Une chose totalement impossible sans ordinateur. Et de plus en plus de ces crédits toxiques se sont retrouvés dans le circuit bancaire parallèle, où ils ont été soustraits à tout contrôle.
Comment est-ce arrivé ? Alors que les régulateurs ont commencé à obliger les banques à garantir des prêts avec [une partie de] leur propre capital, les banques parallèles ont continué à fonctionner sous le radar.
Les auteurs concluent que cette observation est cruciale. Et elle prouve que la crise de 2008 n’était pas le résultat d’une déréglementation, mais de la logique financière inévitable de l’ère informatique. Les régulateurs ont depuis multiplié le nombre de règles, qui sont de plus en plus difficiles à comprendre et à appliquer. Mais tout cela est complètement inutile, selon les deux auteurs :
«Lorsque les banques seront confrontées à des exigences de capital plus élevées, elles réagiront comme elles l’ont toujours fait et déplacent leurs activités vers le « système bancaire parallèle ». Et c’est ce qui se passe depuis maintenant dix ans : loin des organismes de surveillance financière, le shadow banking est en plein essor.
Le problème est qu’à l’ère de l’Internet, une séparation artificielle entre les banques et le reste du système financier est apparue. Et tant que les régulateurs ne toucheront pas au «système bancaire parallèle», il y aura toujours des abus.
Selon les auteurs, la solution doit donc être recherchée avec la technologie financière, la « fintech », qui permet aux emprunteurs et aux épargnants d’entrer en contact sans l’intervention d’une banque en tant qu’intermédiaire.
L’élément clé d’un prêt reste le même : une partie apporte l’argent et l’autre paie des intérêts pour l’emprunter pendant une période déterminée. Mais le circuit financier est en train de changer complètement : il n’ya plus de garantie des dépôts et toutes les institutions financières, banques ou non, sont traitées de la même manière. Les avantages du système bancaire parallèle disparaissent.
Donc, un autre monde, mais tant qu’on imposera de plus en plus de règles aux banques et que les banques parallèles échapperont à ces règles, il y aura toujours des abus. Et avec une technologie de plus en plus efficace, il sera de plus en plus facile de contourner la loi

https://fr.express.live/banques-shadow-banking-technologie/

Écrit par : L'enfoiré | 18/03/2019

Répondre à ce commentaire

"L’hyperréalité, outil de contrôle des masses" écrit par Philippe Huysmans (le même dont j'ai déjà eu quelques touches surprises)

Il a compris une vérité à la lecture de Jean Baudrillard qui me semble être quelqu'un qui avait tout compris de notre modernité.

La conclusion de Philippe: je conclus que de vouloir à tout prix rebondir sur la balle comme un joueur de tennis en analysant l’info et en la remettant à l’endroit revient à écoper le pont du Titanic avec une flûte à champagne alors qu’il faudrait trouver dare-dare une chaloupe…
L’immense majorité des internautes se fiche éperdument de ce que nous écrivons tout comme ils se fichent de ce que les médias dominants écrivent : ils sont désormais hors d’atteinte, dans une bulle qui s’apparente à une armure. Il est parfaitement vain de croire que je pourrais y changer quoi que ce soit, et je n’ai pas l’inoxydable optimisme des Shadocks dont une des devises était « Il vaut mieux pomper d’arrache pied même s’il ne se passe rien que de risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. »
Je songe donc désormais à d’autres manières d’écritures, peut-être le récit, mieux à même de captiver l’attention du lecteur, tout en abordant les thèmes qui me tiennent à coeur et qui sont la devise même de la République : liberté, égalité, fraternité.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-hyperrealite-outil-de-controle-213621#forum5452547

Écrit par : L'enfoiré | 19/03/2019

Répondre à ce commentaire

Une nouvelle étape dans la relation homme-machine : cette IA est capable de lire vos émotions

Les usages à court et long termes s'annoncent incroyables
Déceler les émotions humaines peut paraître improbable pour une intelligence artificielle. Mais avec l’aide d’un électroencéphalogramme, l’une d’entre elles est capable de reconnaître nos émotions. Une capacité qui pourrait s’avérer très utile pour mettre au point certaines technologies.

LES ÉMOTIONS MAINTENANT A LA PORTE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
L’électroencéphalogramme sert en temps normal à mesurer l’activité du cerveau ou à diagnostiquer différents troubles. Mais des chercheurs de l’Université technique du Texas, de l’Université de Tabriz en Iran et de l’Akrham Hospital ont constaté que cela pouvait également servir à déceler les émotions.
En plaçant quelques électrodes sur notre cerveau, une nouvelle intelligence artificielle arrive à analyser ce que nous ressentons. Pourtant, la lecture des signaux émis lors d’un tel examen est difficile à analyser même pour les humains. Une méthode de référence des émotions couplée à une transformation des signaux en ondes ont permis ce tour de force digne de la science-fiction.
L’intelligence artificielle peut désormais savoir ce que nous ressentons

TROIS MODES DE MESURES ET UNE ECHELLE COMME BASES
L’intelligence artificielle a été testée sur 32 participants ayant reçu les mêmes consignes. Tous ont dû regarder 40 vidéos d’une minute et noter les émotions qu’ils ressentaient sur une échelle de 1 à 10. Parmi les émotions référencées, on trouve l’excitation, la dominance, la colère ou encore l’anxiété.
Une fois les notes définies, 3 systèmes de reconnaissance ont été créés : un algorithme du voisin le plus proche, une machine à vecteur de soutien et un réseau neuronal artificiel. Chacun a ensuite reçu les signaux captés par les électrodes d’un électroencéphalogramme. Afin que les résultats soient le plus clair possibles, les électrodes ont été placées sur une région du cerveau liée aux émotions.
Des électrodes sont placées sur le cerveau

DES RÉSULTATS TRÈS ENCOURAGEANTS
Sur les trois systèmes de classifications utilisés par l’IA, l’un d’entre eux a été précis à 91,3 % pour déceler l’excitation. Ce degré de précision pourrait évoluer étant donne que l’IA apprend en permanence et cela est prometteur pour les chercheurs.
Dans quelques années, un tel système de reconnaissance des émotions pourrait servir à « étudier les états émotionnels tout en tenant compte des aspects naturels des émotions afin d’élucider les traitements des troubles psychologiques tels que le trouble du spectre autistique (TSA), le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (THADA) et le trouble anxieux » selon certains spécialistes.
La compréhension des émotions par la machine devrait également s’avérer utile dans le développement des interfaces connectées à notre cerveau. Et dans un futur encore plus lointain, ce ne sera pas un simple encéphalogramme qui lira nos émotions. Cette expérience ouvre la voie à une toute nature de relation de l’IA et de l’homme, et plus particulièrement sur sa compréhension.

https://dailygeekshow.com/ia-detection-emotions/

Écrit par : L'enfoiré | 22/03/2019

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire