Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/02/2006

Internet reste net

Le "www dot com" est entré dans nos mœurs et a bouleversé l'homme d'aujourd'hui dans ses habitudes mais il devra tenir les épaules hors de l'eau s'il veut garder son "aura" de prestige et de confiance.

0.jpgCe vecteur d'information qui a obtenu un retentissement aussi important que la naissance de l’imprimerie par Gutenberg, nous éblouit et nous désoriente à la fois.

Révolution industrielle et politique, Internet a pris le chemin de tous les foyers. Nous sommes passés de la galaxie Gutenberg à celle du virtuel. Il passe les frontières des pays où la liberté d’expression n’est pas de mise offrant par là même une ouverture vers le monde entier aux populations réprimées par les régimes qui ne peuvent plus interdire un flux d’idées dans les deux sens.


Son histoire ne date pas d’hier. Dès 1962, en pleine guerre froide, l'US Air Force demande à un petit groupe de chercheurs de créer un réseau de communications militaires capable de résister à une attaque nucléaire. Le concept de ce réseau reposait sur un système décentralisé, permettant au réseau de fonctionner malgré la destruction d'une ou plusieurs machines. En 1964, Paul Baran met au point un réseau hybride d’architecture étoilée. 5 ans plus tard, Arpanet relie 4 universités. 1972 voit l’avènement du courrier électronique. Mais, c’est en 1991 que le fameux World Wide Web (www), développé par Tim Berners-Lee, envahit le monde aidé par son système d’hypertexte (hyperlien). En 1994, Al Gore introduit la notion d' "autoroute de l'information".

Par l’intermédiaire d’Internet, outil magique, ses utilisateurs peuvent rechercher les produits de consommation qu’ils veulent acquérir à des prix défiant la concurrence des circuits classiques, payer leurs factures, consulter leurs comptes bancaires, choisir et payer leurs séjours de vacances, rechercher un emploi, s’informer sur tous les sujets les plus inimaginables, dialoguer par email par "chat" interposé, donner leurs impressions par l’intermédiaire de BLOGs tels celui-ci et leurs propres visions du monde. La fréquentation d'Internet par les internautes ne fait que progresser d'année en année surtout depuis les possibilités d'accès plus rapides par ADSL ou par le câble.

En est-il pourtant partout de même? Les régimes forts n'apprécient pas vraiment cet élan de liberté et ne laissent pas, à leurs habitants, la vision de ce qui se passe ailleurs de gaieté de cœur. Dans d'autres pays, le problème est plus structurel et c'est un manque d'infrastructure qui ne laissera pas le champ libre à leurs autochtones au savoir universel.

0.jpgLa connaissance du monde est à la portée des internautes avec des facilités de recherche incomparables et dans un temps de réponse surprenant. En sept ans à peine, la société Google, fondée par deux jeunes informaticiens (Larry Page et Sergey Brin) lançait son moteur de recherche incontournable, que l'on confond presque avec Internet lui-même tellement il est intégré à son utilisation pour l'homme en quête de savoir et cela à portée de quelques clics de souris. Dix milliards de pages sont ainsi indexées à la portée du commun des mortels dans le confort de son fauteuil. L'ambition se concentre sur la recherche d'information tout azimut à tel point que l'on ne voit plus où la société veut en venir, avare d'information sur elle-même en ne rendant public que ce qu'elle veut quand elle le veut. Mais, pas plus de publicité sur cette société qui va de la fascination à l'inquiétude bien décrite dans l'article tellement les extensions dans tous les domaines ont été nombreuses. Les services sont gratuits mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit de www.google.com (c'est-à-dire commercial). Au sujet des extensions possibles des services gratuits, les organismes de la protection des consommateurs font retentir la sonnette d'alarme par le risque d'atteinte à la vie privée. Google ne manque évidemment pas de s'en défendre, mais la "boîte" est ouverte.0.jpg

La société Yahoo concurrente s'intéresse également et apporte son moteur de recherche, son email et bien d'autres outils à portée de portail.

Si vous n'êtes pas encore rassasié ou voulez ajouter votre grain de sel à la connaissance, Wikipedia ouvre une connaissance encyclopédique qui n'aura que la limite du Savoir car, cette fois, c'est une oeuvre commune avec la participation de vous et de moi qui apporteront l'expertise nécessaire. L'information sera ensuite contrôlée par des gens triés sur le volet. La langue de l'utilisateur n'est vraiment plus un véritable problème dans ce monde-là.

Outil de liberté par excellence, de communication parmi les hommes ne subissant aucun contrôle, aucune censure d’aucune sorte, on voit aussi dans le même temps apparaître des dérives dans son prolongement libertaire. Tout comme les autres médias, il emphase certains événements (la catastrophe du Tsunami) et laisse dans l'ombre d'autres moins clinquants, moins accrocheurs et moins rémunérateurs pour les généreux donateurs (la famine dans le monde par exemple). Comme je le disais dans la réponse à un commentaire, l'école a son rôle à jouer pour éclairer ses élèves et les obliger à ne pas prendre tout pour argent comptant mais bien de confronter les informations avec d'autres.

Internet accélère la concurrence et la compétition dans la société de marché. Le commerce qui n’a pas pris le tournant au bon moment s’est vu rapidement supplanté et beaucoup de jobs sont allés à la trappe dans ce contexte là.

J'ai lu qu'une étude de Microsoft a révélé qu'en Europe, Internet est devenu la première source d'information avant la télévision et les journaux, mais aussi que chaque Belge y perdrait 32 heures de son temps par an dans des recherches infructueuses.  A méditer, donc.

Dans le commerce pharmaceutique et de la drogue, internet annihile toutes les réglementations des pays qu’il dessert. Tout s'achète via internet même des ovules ou du sperme et si l'on n'y prend garde des organes.
Ce sont les dangers majeurs: attaquer notre santé en permettant au commun des mortels de devenir son propre médecin. Quelle serait la tête du gosse qui aurait été acheté par un bon de commande passé par le virtuel?

Internet sans contrôle, quel sera le site qui donnera l’information objective, contrôlée qui pourra servir de référence pour chacun d’entre nous? Comment séparer (je dirais déceler) le bon grain de l’ivraie?

Internet ne peut pas devenir un substitut de nos institutions, de nos connaissances rigoureuses enseignées.

Certains opportunistes ont déjà choisi cette filière de communication pour assouvir leur besoin de faire de l’argent. (Rappelons « Haro sur jobdumping.de »).

Récemment, on a pu ressentir que l'utilisation d'internet pouvait générer un nouveau danger, bien plus important encore en véhiculant la violence. L'affaire des caricatures que des journalistes du Danemark avaient eu la "malheureuse" idée de publier, a généré un tollé guerrier. Avec l'aide d'internet, de forums, de blogs, de mails, rien n'a échappé pour faire éclater un esprit de haine de part et d'autre. Un monde s'est dressé contre l'autre dans une perte complète de rationalité. La manipulation a été totale jusqu'à apporter des idées fausses pour attiser les esprits les plus échauffés. Après la brique envoyée, avec ce grand splash médiatique, dans le jardin de l'un, la réplique en provenance de l'autre camp ou peut-être du même n'a pas manqué de se produire. Des images construites de toutes pièces ont été lancées anonymement par des esprits bien "intentionnés" montrant un très jeune enfant iranien qui, après un vol d'un pain, aurait été puni de sévices innommables par l'écrasement d'un bras par un camion par les autorités de son pays. Les manifestations de dégoût n'ont évidemment pas manqué d'arriver en masse par la même voie anonyme. Il a fallu un démenti et des preuves flagrantes pour rassurer. Penser qu'internet dit la vérité dans tous les cas, c'est s'assurer une guerre qui n'aurait plus rien à voir avec les jeux les plus guerriers que l'on anime avec joystick.  De nouvelles photos des exactions à la prison d'Abou Grahib envoyées sur internet ont mis encore plus d'huile sur le feu. En provenance d'Australie cette fois, innocentes? Difficile à croire dans cette période troublée.

Hugues Le Paige a eu son mot à dire et qui fait réfléchir à ce sujet le 22 septembre en radio sous le titre de "Internet, libertés et lois du marché": 

"Ce n'est pas la première fois qu'une multinationale collabore à la politique répressive d'un régime autoritaire ou anti-démocratique. L'histoire du siècle passé fourmille d'exemples où les raisons économiques ont pris le pas sur les Droits de l'Homme et les libertés fondamentales. Mais cette fois la contradiction constitue une sorte de cas d'école. Les opérateurs d'Internet se veulent les champions de la communication. Les plus importants d'entre eux ne sont pas loin de s'affirmer comme les chantres d'une nouvelle ère de liberté. Et voilà que le géant américain -il s'agit de Yahoo - est pris sur le fait. C'est 'Reporters sans frontières' qui a dévoilé l'affaire. Yahoo a joué, en quelque sorte, les espions pour le compte des autorités chinoises. Un journaliste chinois avait envoyé par courrier électronique à un ami à l'étranger un document officiel interdisant à la presse de faire allusion à l'anniversaire des massacres de Tien Amen en 1989. Yahoo a tout simplement fourni les informations concernant ce courrier et du même coup livré l'identité de ce journaliste à la police chinoise. Le journaliste a été condamné à dix ans de prison pour divulgation de secret d'état. « Nous nous devons de respecter les lois en vigueur en Chine » ont indiqué sans plus de scrupules les plus hauts responsables de Yahoo qui venaient, par ailleurs, d'acquérir pour un milliard de dollars 35% du principal portail de commerce électronique chinois. Mais Yahoo n'est pas seule en cause dans ce type de relations. Un autre chevalier de la liberté de communiquer est sur la sellette. En juin dernier Microsoft a lancé un nouveau portail en Chine avec un service permettant de créer des blogs, ces journaux personnels. L'entreprise de Bill Gates a mis au banc du vocabulaire de son portail version Chine quelques mots particulièrement subversifs. L'utilisation par les internautes chinois des vocables de « démocratie, liberté ou manifestation » provoque l'apparition d'un message d'erreur indiquant qu'il s'agit de langage interdit que l'on est prié d'effacer. Le gouvernement chinois peut décidément compter sur des collaborateurs zélés du côté des multinationales de l'Internet. Les statistiques de fréquentation et de la lecture des pages qui constituent ce réseau nous informent que la pornographie occupe une place non négligeable. Si l’accès en était réservé aux adultes, le mal ne serait pas très grand, mais les enfants ont la même (mal)chance de rencontrer ce genre de site dans leur surf et eux ne sont pas immunisés. Quand à la pédophilie, quoique pourchassée par pas mal de polices dans le monde, elle passe allègrement les barrières pour tomber dans la vue des gens intéressés.".

Le 16 novembre s'ouvrait le Sommet Mondial de l'Information où le sort d'Internet allait occuper une place importante dans les discussions. Fausse note, dès le départ, cette conférence, décidée par L'ONU, a été organisée à Tunis. La Tunisie est connue comme un pays où la liberté de parole est loin d'être effective.     

Deux anomalies dans l'esprit libertaire d'Internet :

  • savoir que le réseau utilise les serveurs aboutissant aux Etats-Unis qui pourrait décider pour raison politique de couper tous les accès à un pays: toutes adresses se terminant par .fr ou par .be par exemple.
  • savoir qu'il existe un système d'écoute généralisé appelé système "Echelon" qui existe pour surveiller d'une manière automatique toutes les communications transitant par Internet.

Internet a aussi sa part d'interdit à côté de tout ce que l'on vient de voir. Il existe un Web 'arnaque' comme le phishing, illégal. Grâce au P2P,  technologie théoriquement très intéressante en reliant les ordinateurs entre eux, mais qui, juridiquement, avec les téléchargements de films et de musiques sont interdits pour raison commerciale de copyright.

Un Internet caché  existe aussi beaucoup plus glauque à consonance raciste, négationniste, pédophile, appelant au meurtre. Les Etats-Unis, laxistes ou trop libertaires, sont principalement à l'origine de ces dérives et les pays n'ont que peu de moyens pour empêcher la prolifération par des articles de loi contrôlant les FAI et leur diffusion.

Un Internet futur, le Web 2.0, est en train de se développer. Il sera plus coloré, plus interactif, moins figé et demandera de réinventer la navigation. (voir www.protopage.com pour exemple).

Des services que l'on retrouve dans les softwares payants aujourd'hui se verront également bientôt accessibles "online" via Internet. Celui-ci fait également peur aux entreprises de téléphonie traditionnelle qui se voient concurrencées par les connections via son canal gratuit.

Défier l'espace par cet organe d'échanges et communications avec les habitants de la terre entière, habitants dont on aurait ignoré l'existence sans cette innovation, est le progrès majeur malgré les aspects négatifs.

Faut-il donc rejeter le bébé avec l’eau du bain ?

Je ne le crois pas.

Les avantages sont trop importants face aux désavantages pour les rejeter. Notre culture, notre connaissance, notre éducation apprise d’une manière scolaire et traditionnelle devraient permettre d’apporter l’esprit critique nécessaire et suffisant. Ce qui n'est pas garanti sur facture.

La liberté mène le bateau, on ne va pas commencer à lui mettre un cadenas sur le visage. 


L'enfoiré,

 

Citations:  

  • « Quiconque a essayé un jour d’entrer dans Internet sait qu’il ne faudrait pas parler d’ «autoroutes» de l’information mais plutôt de labyrinthes », disait Jacques Attali.
  • « On ne sait pas ce qu’on y cherche, mais on trouve ce qu’on ne cherche pas », Anne Roumanoff
  • «Internet c’est avoir toute la sagesse et toute la bassesse du monde au bout des doigts», Benoît Gagnon

  

Mise à jour 14/2/2008: Safer Internet Day s'interroge.

Commentaires

j'ai commenté votre article sur agoravox :DEMOCRANET.

Écrit par : meridien | 31/01/2007

attends la suite de vos 'bien-disants' à la mode des canadiens

Écrit par : meridien | 03/02/2007

ceci n'est pas un commentaire ,mais une suggestion ,vous sachant ,comme moi avide de connaissances Alors :

tapez sur google 'averroes et avicenne' et vous aurez chez Agora de belles études sur ces 2 érudits musulmans,qui n'éclairent pas seulement leur siècle mais explique bien des choses sur l'islam actuel...
meridien

Écrit par : meridien | 06/02/2007

Une contre-histoire de l'Internet

Retour sur l'émergence des mouvements de défense des libertés sur Internet, nés en réaction à la régulation croissante du Web par les gouvernements et les multinationales. Avec Richard Stallman, l'inventeur des logiciels libres, Rick Falvinge, créateur du Parti pirate suédois, et Julian Assange, fondateur de WikiLeaks.
Créé par des hippies et financé par des militaires, Internet est aujourd'hui impossible à censurer ou à contrôler.
Internet a été créé par des hippies tout en étant financé par des militaires ! Cet improbable choc des cultures a donné naissance à un espace de libertés impossible à censurer ou à contrôler. C’est pourtant ce que cherchent à faire, depuis des années, un certain nombre de responsables politiques, poussant hackers et défenseurs des libertés à entrer dans l’arène politique.

Réseau sous surveillance
Richard Stallman, l'inventeur des logiciels libres, Rick Falvinge, créateur du Parti pirate suédois (le premier du genre au monde), ou Julian Assange, fondateur de WikiLeaks reclus dans l'ambassade d'Équateur à Londres : au fil des entretiens avec ces militants de la liberté 2.0, les auteurs du documentaire dénoncent avec humour et vigueur les tentatives de régulation d'Internet par les gouvernements et les multinationales, et dévoilent le rapport souvent conflictuel qui persiste entre les acteurs de la culture web et les pouvoirs publics. Hébergeurs, fournisseurs d'accès ou simples internautes, tous sont susceptibles de se retrouver dans le collimateur de la justice, voire même des services secrets, sous couvert de protection des droits d'auteur et de la défense de la sécurité nationale. Une contre-histoire de l'Internet montre comment ces hackers, plus pionniers du web que pirates, ont été dépossédés d'un espace d'échanges qu'ils ont contribué à développer, par des États et des entreprises soucieux de transformer la Toile en réseau sous surveillance.

http://www.arte.tv/guide/fr/047954-000/une-contre-histoire-de-l-internet?autoplay=1

Écrit par : L'enfoiré | 30/07/2015

Les commentaires sont fermés.