10/01/2013

Cannibalisés par le Web?

Quatre articles de l'Echo ont attiré mon regard. Le low-cost s'est emparé des communications. Le Web éradique la filière traditionnelle.  Il y a les robots-journalistes, les  films jusqu'à la recherche de raccourcis pour minimiser les risques. L'informatique n'a, pas encore, trouvé les moyens d'inventer l'originalité par elle-même. Pas encore...

0.jpgL'ordinateur a envahi tellement de domaines qu'on arrive à une situation où plus rien ne va sans lui et parfois à cause et en fonction de lui.

J'ai souvent pensé que l'informatique allait encore donner beaucoup de développements et de surprises sur prises. Qui aurait pensé, avant les années 80 que le PC allait  se répendre de l'entreprise dans le public? Sans les télécommunications, le public se demandait encore ce qu'il allait pouvoir faire du "cher PC compatible". Puis, il y a eu le ".com", le Web, avec ses télécommunication qui donne, en plus des résultats comptables, le suspense en touchant le monde par toutes les voies dans sa vie de tous les jours.

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Dialoguer avec la terre entière via les blogs, les forums, le rêve, avant peut-être de découvrir poindre quelques cauchemars à l'horizon.

Il y a sept ans, j'écrivais "Concurrence bloguée" dans lequel j'exprimais ma manière de concevoir le rôle du blogueur comme  "complémentaire" aux journalistes professionnels.

Je me trompais. Si les arguments cités étaient en général exacts concernant le prix à payer pour de la bonne information de premier cru, ce n'était plus le cas, si l'information officielle se pliait au obligations du low-cost. Cette information s'est vue refilée d'ordi en ordi, de journalistes avec cartes de presse à blogueurs sans cartes de presse.

Dernièrement, j'écrivais "Eurek@ Google". Là, c'était la science qui dans plusieurs domaines, espéraient trouver des solutions aux problèmes en récoltant ce qui était écrit sur la Toile Internet. Avec les données fusionnées, "compilées", l'Archimède moderne  aurait lancé son Eureka dans son bain sans éclabousser. 

"Compiler", voilà un mot que j'ai souvent utilisé dans ma carrière d'informaticien. L'opération de compilation consistait à valider la syntaxe avant de soumettre un programme à un ordinateur au niveau "run time".

"Interpréter" n'est venu que beaucoup plus tard quand la vitesse des machines était devenue suffisante pour traduire le langage machine sans traitement préalable.


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Les robots-journalistes

Les lecteurs ne veulent plus payer pour l'information. Internet leur en donne l'occasion et la comptabilité des journaux passe dans le rouge.

Internet est gratuit et fournit des informations bonnes ou mauvaises, mais rarement validées.

Le numérique cannibalise le travail des journalistes. 

Les étudiants, eux, ont également compris le gain de temps à la recherche d'un sujet pour se donner des idées de dissertations. Les copiés-collés ont, ainsi, fleuris de partout et c'est par l'examen de quelqu'un, très expérimenté dans les techniques de l'information, que reviendra l'obligation de dénoncer toutes impostures. 

L'informatique a remplacé énormément de professions manuelles mais, elle s'attaque de plus en plus aux professions dites "intellectuelles" puisque la création sur le terrain ne semble plus considérée comme essentielle.

Aujourd'hui, la machine peut presque tout faire grâce à sa vitesse de calcul et ce processus d'accélération est toujours en progrès.

La constatation de la similitude des sujets traités dans la presse n'est pas une erreur même en dehors d'une actualité brûlante.

Des périodiques hebdomadaires ou mensuels ont des titres en page de garde qui varient avec des mots différents, mais dont les sujets sont identiques.

Les journalistes et la presse auraient-ils tous la même idée au même moment pour plaire à ses clients lecteurs?

Il faut meubler, même quand il y a un "trou" dans l'information. Bien sûr. Mais meubler, c'est aussi diversifier, trouver le meuble qui convient le mieux et que l'on ne trouve pas nécessairement ailleurs dans l'appartement du voisin. 

Le scoop dans l'actualité fait partie de la cerise sur le gâteau. Après, on en tire le meilleur sous forme de buzz avant de s'éteindre par le nausée du consommateur. Nausée qui se perpétue dans les forums citoyens jusqu'à l'essoufflement complet. L'affaire de Depardieu n'était que le dernier des chapitres.

Même les formats des journaux s'uniformisent et réduisent leur  taille de concert. Le but est louable: permettre d'être mieux manipulé, d'être plus pratique dans le train ou le tramway ou au milieu du trafic puisque c'est là qu'on a encore souvent, le temps de lire. 

Pour faire la différence, on change la couleur de fond ou on passe au technicolor. 

Pour le fond, la vitesse de préhension de l'info s'impose. C'est par l'image, la caricature, plus que le texte qui y répond. Le journal se condense, se comprime.  

Les articles qui arrivent dans une langue étrangère, seront pré-mâchés par un traducteur automatique, puis seront passés du linguiste multilingue, au journaliste qui vérifiera le sens global avant d'arriver au pigiste pour mouliner le tout au meilleur prix. 

Oui, la "communication cherche contenu". Oui, "l'égo de la communication" existe aussi et se doit d'exister avec la seule envie d'informer sans chercher la propagande.

Non, le prix coûtant doit rester compétitif. 

Le visage médiatique s'est transformé par les obligations du progrès au prix le plus bas. Il s'est adapté à ses utilisateurs, ou s'est complètement changé, quitte à dégraisser quelques éléments essentiels sur son passage. L'eCommerce, les fameuses Pages Jaunes, ont montré le chemin par la publicité et leurs limites. 

Les robots débarquent et cela va encore plus éclarcir les rangs. S'ils buggent, c'est qu'il y a une erreur de conception à la base qu'il faudra corriger dans la version suivante. Ils ne seront jamais virés. Si d'aventure, une erreur se glisse dans l'input, c'est à son fournisseur de s'expliquer. Il n'était pas bien fagoté, pas bien exprimé pour être compris avec la clarté nécessaire ou mêlé de trop de pathos pour être compris par un programme.

Le robot pourrait très bien rédiger, tout ou partie, d'un article, une fois qu'il dispose d'un "input", bien structuré, pour produire des articles. "Shit in, shit out", reste le seul obstacle. 

L'intelligence artificielle va aider, une fois, paramètré en fonction, des convictions idéologiques du journal, à sortir l'article soit-disant "unique".

Les médias traditionnels se sont modernisés en fonction du coûts et de la rapidité voulue souvent par leurs lecteurs eux-mêmes. On achète la rumeur et on la vend comme une nouvelle.

Le public, qui reprend l'idée à son tour, sera le type "bien" s'il aura compris ce qui le fera entrer dans le centre d'intérêts de "nouveaux penseurs philosophes" comme de nouveaux "collègues".

La matière grise de la profession est dévalorisée. Elle a perdu toute sa superbe par manque d'imagination et de valeur ajoutée par l'analyse fine. Doit-on parler de médiocrité ou d'exigences démesurées par rapport à ce qui est investi pour casser toute cette médiocrité? 

L'originalité est devenu trop chère et se retrouve industrialisée dès le sommet de la chaîne. L'innovation, en berne, est en panne d'inspiration. Les jeux, les reality show, les Star Ac' sont devenus les "casseroles" diffusées dans de grands entractes entre les journaux des télés  d'informations. 

La société "Narrative Science", avec une petite équipe, s'atèle à la tâche d'invention, destinée aux robots. Elle apprend à l'ordinateur comment rédiger correctement pour devenir l'intermédiaire suffisamment crédible dans une chaîne de production.

Le "clé sur porte" du sur-mesure suit, au petit bonheur la chance, des programmes d'ordinateurs. Dans ce processus théorique, les "textes fait maison" ne deviendront plus tellement différent des textes du rayon "tout fait". Avec le temps, les bugs de programmes se corrigeront d'eux mêmes, grâce aux geeks qui veillent au grain. Ils valideront et testeront les programmes par leur commentaires.

Un programme de Content Fleet traque les buzz comme le fait Google pour chercher ses prospects dans l'eCommerce.

Le but, détecter "le" sujet qui plaît et qui fera vendre.

Les tweets sont sa première source d'information et les "experts.com" d'Overblog se bousculent ensuite.

Les "fermes de contenus" inondent le marché.

Les tâches répétitives ont toujours fini par disparaître des mains humaines dans l'histoire industrielle.

N'a-t-elle pas fait plus de victimes dans l'information?

Le pigiste est payé entre 2 et 4 dollars l'article. Ryan Smith a découvert que des Indiens et des Philippins se sont mis sur les rangs pour apporter l'écriture, les photos et l'emballage à l'information. 

Les journalistes professionnels en premier se font virer à petites doses.

Pour se sauver de la morosité, les anciens écrivent des livres avec leurs expériences médiatiques après plus de temps de réflexions.

Un opportunisme consensus à tous les étages du fournisseur au consommateur?

Tout devient inodore, insipide, sans goût particulier, sans beaucoup d'interprétations.0.jpg

Si c'est par la forme de SMS, au départ, il faudra seulement les excuser des erreurs d'orthographe.

Pour l'info, aussi, le temps, c'est aussi de l'argent.

Augmenter le lectorat est l'essence même des rentrées d'argent. Être indexé par Google est la manière de s'extraire de l'ombre.

Cela ne veut pas dire qu'il faille verser dans le ridicule et se tirer une balle dans le pied en croyant faire payer les liens hypertextes comme l'envisage les journaux irlandais. Le gratuit d'Internet ne peut se rectifier par le seul fait de faire de l'argent à l'aveuglette. 

Un interview d'un journaliste qui donnait son avis explique le malaise. A l’occasion du 21e numéro de la revue «XXI», ses fondateurs publient un manifeste «pour un journalisme utile» et différent, à l’ère de l’information numérique.  

Entretien avec Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue:  "Et si la presse faisait fausse route? La seule question qui vaille est comment faire du journalisme, quel que soit le support. Le lecteur a été dévalué car transformé en consommateur d’information. De sujet, il est devenu objet. Il accorde de la valeur à ce qu’il lit. Les gratuits, eux, finissent par terre dans le métro. Le reportage disparaît alors qu'il devrait être au centre de la stratégie. Le titre est devenu la marque, le lecteur un consommateur d’information, le journal un produit. Il ne manquait que le dernier terme : le technicien de l’information pour le journaliste. On y vient aujourd’hui. On rentre dans une marge où l’on peut s’interroger sur l’essence de notre métier.".

Propos à contre-courant qui ramènerait le journal à ses fondamentaux. 

 

0.jpgHollywood et la "formule magique"

Pour diminuer les flops financiers, les "bides du cinéma", une machine pourrait prédire les chances de succès d'un film avant de commencer de sortir le moindre million du producteur.

Un programme d'Epagogix se chargera d'analyser en suivant l'ordre d'importance, l'intrigue, le script, les stars... Un algorithme est en phase de test. 0.jpgC'est encore une fois, le rendement qui prendra la priorité avant l'originalité. Il s'agit de ne pas désorienter ou pire, décevoir le téléspectateur. Réaliser ce qui marche avec des films avec deux jeunes gens et une fin heureuse, par exemple. Le programme a déjà découvert que les acteurs sont interchangeables. Tout et tous formatés dans un même goulot d'étranglement. L'originalité n'aura qu'à trouver d'autres débouchés. Les séries télés se tranfèrent de chaîne en chaîne, traduites au besoin et interprétées par des voix de substitutions dans la langue du pays où elles sont diffusées que le spectateur reconnaitra. 

Ce programme est, actuellement, destiné aux États-Unis, pas encore à l'Europe. Comme il faut vendre du rêve, on se retrouvera peut-être très vite à Bollywood dans un concensus mielleux.  

 

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Le temps réel

Mais, si la technologie continue à cannibaliser les médias, plus on approche du temps-réel, plus elle en arrive à se cannibaliser elle-même.

La techno la plus récente remplace la précédente devenue ringard.

Le "Plug and Play" n'est plus. Répondre au questions par un intermédiaire vidéo, cela va encore. Le nec plus ultra, pour les concepteurs, serait de recevoir des réponses sans même avoir posé les questions.  

Aujourd'hui, tout est "on line" en "real time".

Windows 8 règne sur la tactile et perd la précision de la souris et on ressort le stylet et le produit nettoyant pour effacer les taches sur l'écran.  

Alors, le "user friendly" quitte le bout des doigts pour arriver aux yeux.

Les "Glasses" de Google sont aussi en phase de tests avec une envie de passer dans le public dès 2014.1.jpg

Les Smartphones, comme "engins" à tout faire, deviennent de plus en plus "smart", même par des voies les plus inattendues.  S'il ne faut plus pousser sur des boutons pour que l'information s'achemine vers son demandeur ou en parte, c'est encore mieux.

Avec les lunettes de Google sur le nez, il suffirait de regarder le ciel pour afficher le climat par transparence. Tout cela grâce au Wifi et peut-être au LiFi.

Mêler le virtuel au réel, voilà le grand principe de départ de l'informatique qui revient par l'automatisme. Les langages abscons de l'époque, remplacés par des langages, parlaient au machines avec un vocabulaire de plus en plus humain. Un souvenir...

Le "wearable technology" s'imagine sur les vêtements, la montre et sur le nez, la voix. Mais c'était en "stand alone", à priori, sans connexion.   

Les services deviennent immanents pour précéder la volonté de ses utilisateurs. Un jour, ils permettront en pré-médecins de se rendre compte si on est bien portant ou avertir le futur patient qu'il faut se rendre chez un praticien comme sur les voitures avec des loupiotes qui s'allument.

 

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La chaîne du film

La chronologie des médias s'est aussi retrouvée raccourcie. S'il faut produire vite, il faut surtout rentabiliser la production dans un laps de temps de plus en plus court, à cause de et par Internet.

Le battage médiatique doit précéder bien avant la sortie d'un film pour "chauffer la salle virtuellement" avant d'y entrer et prendre de vitesse ses concurrents, une fois, entré. La multiplication des plate-formes et des écrans l'impose. Les télés se chahutent, elles-même, de pays en pays. Plusieurs films sont retransmis en Belgique avant d'arriver quelques jours après sur les chaînes françaises. Les télés privés se bousculent dans des "Avant-Premières" comme RTL TVI tandis que ARTE tente d'être à la pointe du Web en rendant ses émissions disponibles pendant 7 jours sur le Web après diffusion à la télé.

Pour éviter le piratage, la réglementation française s'exerce sur son territoire et aucun film ne peut sortir en DVD et en vidéo à la demande que quatre mois après sa sortie en salle. Pour la télé à péage, c'est un an après. La télé gratuite, deux ans. Les vidéos à la demande par abonnement, quatre ans.

Rechercher ce que le téléspectateur aime voir, même si c'est un navet, est une raison de survie. Cela arrive au point où les films indépendants, les films d'auteurs se voient relégués aux oubliettes sans aucune chance d'en sortir.

A Bruxelles, une ou deux salles de cinéma à caractères antinomiques, subsistent face aux grandes salles multiplexes.

Puisqu'on ne peut empêcher le phénomène de nivellement par le bas, l'idée de sortir, simultanément, l'event sur toutes les plate-formes (ciné, telé, VOD, DVD...) permettrait de rationaliser les frais de production et de marketing. Le fait de rétrécir les fenêtres à terme, est là pour couper les ailes au piratage mais c'est, de toutes manières, s'acculer à des lendemains difficiles.

Internet dicte son tempo et sa loi. Point.

MegaUpload revient, parait-il, fin janvier. Les accords exclusifs aux États-Unis entre Disney et Netflix. Une première étape américaine avec trente millions d'abonnés chez Netflix.

Un "business model" est à refondre de toute urgence avant que n'arrive uniquement des navets, de vieux films ou des remakes sur les écrans.

Après la polémique française concernant le cachet des acteurs, on remarque qu'elle profiterait à la Belgique car de plus en plus de productions y débarquent. Il n'en demeure pas moins vrai que le "tax shelter" devrait rétrocéder 70% des dépenses à l'audiovisuel et pas servir aux seuls cachets des vedettes pour rester en vie.

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Maigrissement des réseaux bancaires

Il y a 25 ans, la moitié des gens en agence étaient payés pour faire des transactions aux guichets.

Il a fallu suivre les désirs de la clientèle. La chute des activités de guichet ont baissé de 50 à 80%. Heureusement que les entretiens commerciaux ont eux augmenté. L'interactivité est demandée. L'efficacité, obligée. Le côté social ne tient plus qu'au seul fil de la convivialité. 1.jpg

Le mobile banking a fait fermée 42% des agences depuis 2000. L'emploi a fondu de 20%. C'est loin de la fin de la fonte. Les procédures se sont automatisées. 25% des prêts passent par Internet. Le crowdfunding maintient les contacts entre startups et investisseurs.

Un problème? La criminalité a augmenté. Il ne faut pas rêver sur Internet. Le phishing est devenu la plaie.  

Conclusions

Ce qui relie tous ces développements, c'est le guidage du mouvement des outils mécaniques et l'aide intellectuelle via un logiciel informatique. Créer des "makers" va-t-il mener à l'abolition de la société de consommateurs? L'imprimante 3d RepRap révolutionne tous les domaines à grande et moyenne échelle comme les nanotechnologies le font à l'échelle des atomes.

Le problème de la propriété intellectuelle en devient encore plus aigu.

Maurice Levy, PDG de "Publicis", le 3ème groupe mondial de la communication, remarquait que seuls, les médias numériques comme Internet et les mobiles ont fait progresser leur chiffre d'affaires en 2012. Son inquiétude pour le pluralisme de l'information n'était pas un leurre.

Le "Consumer Electronic Show" se déroule actuellement à Las Vegas pour 4 jours. Il est intéressant d'y voir ce qui se concocte dans les boîtes à malices des concepteurs du futur dans les technologies.

Cette année, ce serait la guerre au "living-room" avec les téléviseurs comme point central. Tout pour les nouveaux services WebTV: l'OTT (Over The Top), les convertisseurs des anciens numériques en SmartTV. La pub, elle, se charge de profiler le téléspectateur à l'aide d'un algorithme technologique qui agit en arrière plan
Les écrans deviennent flexibles pour les rendre enroulables voir incassables.

Si cela se conçoit bien pour le transportable, on ne sait pas trop ce à quoi cela va servir dans le cas des écrans géants de salon, mais on espère qu'il y en ai un... finalement.

C'est, probablement là, le problème. Tout peut être développé, sans nécessairement devoir chercher de finalité avant de  produire. Ils suffit d'y mettre un minimum d'argent et de moyens humains puisque la valeur de l'argent se perd sous la forme de dette. Le seul grand soucis, c'est en fin de processus, de générer et de gérer l'envie du consommateur pour les gags ou les gadgets en les représentant comme d'un emploi stratégique, indispensable, via le marketing.

Serions-nous devenus des créateurs de l'inutile dans une économie factice qui crée de faux problèmes et de faux emplois? Emplois qui, à leur tour, créent, eux-mêmes, de nouveaux emplois pour résoudre des problèmes sans solutions.

Le succès d'un développement, d'un film est parfois le lot du hasard. Le bide, un coup du sort, qui n'a pas compris les desiderata du public. Difficile d'anticiper la marche du monde. Des résurrections du passé ne sont pas nécessairement ringards, si elles sont modernisées en fonction des goûts actuels (une preuve).

0.jpgMardi dernier, pour corriger cela, à la radio, on parlait d'éco-conception qui commencerait à germer dans l'esprit de certaines entreprises. Palier ce phénomène de fuite en avant dans lequel l'homme n'a pas toujours son mot à dire qu'après coup dans la phase "consommation" pour recréer le besoin de consolider des acquis.

Mais, la boite de Pandore est ouverte dans les entreprises. Certains regardent ce qu'il y a d'intéressant ou d'utile à l'intérieur de la boîte. (*)

Dans l'économie moderne, David a parfois plus d'intérêt de s'associer avec Goliath que de le contrer. 

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C'est, alors, que je suis tombé sur un article qui disait "On ne peut pas 'penser' à ses clients!", écrit par le mathématicien, philosophe, Luc De Brabandere.

"Ce serait impossible de penser à des milliers ou des millions de personnes différentes. Ce serait peut-être catégoriser les individus en les profilant par des moyennes, alors qu'ils ne sont pas homogènes dans chaque groupe ". D'accord.

"On ne peut diriger sans simplifier arbitrairement". Encore d'accord.

1.jpg"Le but est de réduire la complexité qui nous entoure pour appréhender notre environnement, d'en parler, de le modifier de le modéliser. Les sciences humaines ont besoin de rigueur et de modèles"Un peu moins d'accord sur ce dirigisme monoparental. La problématique de la diversité serait-elle effacée?

Cela ne veut pas dire que tout doivent rester standard si ce n'est le matériel lui-même par fonctionnalité. Ce n'est d'ailleurs pas le cas dans la pratique quand il s'agit de fidéliser un client par ses propres produits en sortant des standards.

Bonjour, les moules... :-) 

Et si c'était les consommateurs, eux-mêmes, qui fixaient, démocratiquement, comment ils voudraient voir le futur? Une boîte à suggestions ne serait-elle pas à instaurer quelque part?

Faire rêver à l'impossible, le consommateur. Tout un programme humain. Rien à voir avec le numérique. 

Le consommateur tend parfois, paradoxalement, de sortir de l'ordinaire en prenant comme modèles des héros de la vie ordinaire. Le Président Hollande n'en est qu'un exemple quand il dit vouloir être un président "ordinaire". Comme si on pouvait être "normal" à un tel niveau...

Les humains ne sont pas des robots. Pas encore...

0.jpgL'Internet des objets (loT) n'aura pas lieu... en 2013.

Collecter des données, les transformer en informations, les analyser, les ordonner et les restituer aux humains par un action sous forme de nouveaux objets au travers d'un écran apporte aussi un problème de sécurité, de protection de la vie privée.

Internet, toujours à réinventer? 

Je ne vous demanderai pas si cet article, était écrit par un ordinateur, ni par Google. A vous de juger...0.jpg

Dans les années 70, le PC n'existait pas et les principes de consolidation et de rétrocession des bénéfices engrangés par le numérique n'étaient pas encore suffisamment maitrisés pour donner naissance à des logiciels spécialisés. 

Mais, il y avait le crayon et la gomme... un retour s'amorcerait. Je les utilise toujours. 

Je ne suis ni mathématicien, ni philosophe, mais seulement, un ancien informaticien, blogueur depuis huit ans... 

Plus rien à gagner ni à perdre. Observateur, c'est tout.

 

 

L'enfoiré,


"Allo Virtuel, ici, Fantôme"


Citations:

 

  • « La technologie est le trou du cul de la science. », Romain Gary 
  • « Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité. », Albert Einstein
  • « La technologie est mère de la grande entreprise, grand-mère de l'intervention étatiste. », André Siegfried 

0.jpgMise à jour 21-janvier 2013Dreamliner cloué au sol. Fyra qui ne quitte plus la gare de trains.

Maladie de jeunesse ou défaut de conception?
Matériaux composites et technologie de haut vol pour le premier, une foule de sous-traitants pour l'autre. Toujours pour réduire les coûts. Etre compétitif?
Où sont les limites des économies à réaliser? Innover pour faire moins cher?
Qualité et prix, antinomiques?

Et si on associe à cela la fatigue des pilotes...

 

1.jpg(*) Mise à jour 14 mars 2013Georges Attaya dont j'ai parlé dans cet article, revenait avec l'idée que les la technologie doit imposer aux entreprises de fixer des règles d'utilisation d'Internet au bureau.

Un salon est organisé le 20-21 mars avec le thème de "Social IT".

En moyenne 6,5 heures par jour sont réservées à une présence sur Internet par un employé (5 le WE).

40% pour la consultation de mails, 27% pour la recherche, 9,5% pour les réseaux sociaux, 9% pour l'"entertainement", 4,7% pour les opérations financières et 3% pour les achats en ligne.

La vie privée et la vie professionnelle se mixent dans l'usage d'Internet.

Auparavant (parfois encore), les entreprises se contentaient d'interférer en installant Intranet. D'après lui, même le matériel informatique, délivré par les entreprises, se voit remplacer par des tablettes plus actuelles de leurs employés.

Les informaticiens qui ne sont devenus que des exécutants, ne font plus que répondre à la demande interne quand elle n'est pas externalisée. La responsabilité des entreprises est engagée dans la consultation que ses employés font sur Internet.

22/12/2012

Une fin en soi

Jour +1, après la fin du monde. L'apocalypse googlée et tweetée convertie en une fin en soi. Et si on créait un conte de Noël avec l'aide de la Science? 

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Un "Science et Vie", hors série, s'accordait une spéciale "Fin du monde" en décembre.

Notre Terre et la vie ont failli disparaître  par cinq fois, il y a entre 443 millions et 65 millions d'années. 

Dans l'ère moderne, ce n'était pourtant que la 183ème fin du monde annoncée. 

En mars 2011, après avoir parlé des Mayas, je revenais sur cette grande peur de 2012. A l'époque, un "Science et Vie Junior" pouvait effrayer les Juniors avec une rumeur, bien que l'humour enrobait, heureusement, leur texte pour l'excuser.

Ce mois-ci, changement de décor.0.jpg

Le "GEO Ado" avait pour page de garde: "C'est pas la fin du monde". Le jeune Antoine de 11 ans s'y exprimait ainsi: "Je n'y crois pas trop, mais c'est flippant. J'ai découvert beaucoup de théories sur la glaciation, les inondations. Alors, autant en profiter.".

Ouf... En voilà un qui avait trouvé le palliatif ou son antidote... 

Si vous aimez cette présentation de notre histoire en quelques minutes, libre à vous.

Pour moi, le solstice d'hiver avec ses froidures me suffit amplement. 

Que faire le jour de la fin du monde?

Le monde est de plus en plus vulnérable selon le Forum économique mondial (WEF).  

Les réponses en commentaires proposaient quelques idées "fantasmagoriques", comme aurait pu le dire Dali. 

En film, l'"Apolcalypse selon vous" s'animait sous différents angles de l'imagination.

Faire des voeux avec un café serré?

0.jpgAvec l'humour en porte-bagages?

Non, plus la peine, ce fut un faux bond. Un pétard mouillé de l'"Apocalypse show" préparé par des 'fous du calendrier' qu'étaient les Mayas, qui n'avaient même pas prévu leur propre disparition!!!

ARTE consacrait la journée du 21, en parlant du village de Bugarach, "là où le monde s'arrête dans un ultime prime time". Tout cela pour accoucher d'une délivrance et d'une souris.

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Le dernier "Question à la une" se préoccupait du prix des bulles de champagne, avant la rediffusion de l'émission, d'il y a un an, jour pour jour, et qui faisait, déjà, le buzz de cette fin du monde.

Non, vraiment, difficile de trouver un média qui ne parlait pas de l'Apocalypse avec des arguments, plus farfelus les uns que les autres et dans un véritable business de la peur.

Pourtant, à y réfléchir, la fin du monde, elle existe, bel et bien, pour plus de 158.000 personnes, chaque jour, d'après les statistiques. Une fin naturelle, accidentelle ou, dite avec plus d'humour à des enfants, qui survient quand on oublie de respirer. 

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Une "fin en soi" qui devient une "fin pour soi", en quelques sortes.

Tout change et tout reste de même dans un mélange de passé, de présent et de futur, trimbalés ensemble, en fin de course, entre souvenirs du passé et  espérances du futur. 

C'est alors, que je me suis rappelé du premier épisode de "La magie du cosmos (à voir, la vidéo)" qui m'avait  passionné lors de sa première diffusion sur ARTE.

Elle parlait en résumé de: L'illusion du temps. 0.jpg

"Le temps, une dimension que nous ne comprenons pas vraiment qui gouverne notre vie, que nous mesurons avec une précision croissante depuis des millénaires en suivant le mouvement répétitif de la Terre et qui demeure encore l'un des plus grands mystères de la physique. La perception de son flux continu n'est rien d'autre qu'une illusion. Albert Einstein fut le premier qui fait voler en éclats l'hypothèse d'Isaac Newton sur un temps universel. Le mouvement dans l'espace affecte son écoulement avec une connexion fondamentale entre espace et temps, induisant au passage que passé, présent et futur existent de la même manière et sans distinction ! Plus on a de l'un, moins on a de l'autre. Le temps présent, passé et futur ne s'écouleraient pas, mais seraient comme gelés. Le passé n'a peut-être pas disparu et le futur existe peut-être déjà. Seul le présent est vécu avec une impression que les choses changent dans une perception sélective de tranches de temps. 

0.jpgSi un extraterrestre, très éloigné, s'écartait de la Terre, il déviera vers le passé, tandis que s'il s'en rapprochait, ce sera vers le futur. un Le rêve serait de voyager dans le temps par un trou de verre qui passerait d'un espace-temps. La flèche du temps reste pourtant irréversible alors que les équations physiques ne sont pas limitées, elles, en inversant la vitesse. Remonter jusqu'au Big Bang, c'est aller vers le passé. Après lui, l'Univers est parti dans sa phase d'expansion dans un désordre croissant qui s'accélère, jusqu'au moment où le passé deviennent hors de portée, rendant ainsi le temps inexistant et le futur avec lui. A la fin, dans des milliards d'années, la matière aura vécu, transformée en antimatière. Le temps n'existera plus, dans la paix du vide et des trous noirs.". 

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Vous n'êtes pas soufflé en lisant cela?

Attention, la physique peut rendre fou ou rêveur. Quoique qu'entre les deux, je préfère la deuxième option.

Le cinéma a toujours aimé ce genre de film d'anticipation par la science fiction En 1985, "Back to the future"... et tant d'autres.

Tant qu'il y a de l'originalité imaginative, on en redemande... 

0.jpgIl y a près de vingt ans, un autre film,  "Un jour sans fin", imaginait la situation de quelqu'un qui "à chaque fois que le réveil sonnait, c'était la même journée qui recommençait pour lui. Il restait bloqué dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.".

Donner un sens à sa vie le "Groundhog day" ("Jour de la marmotte")?

Facile à dire, direz-vous.

Quand je pense à mon banal réveille-matin numérique qui m'indique le temps mais par deux voies différentes: l'heure affichée sur l'appareil qui m'est utile pendant la journée et l'heure projetée au plafond, pendant la nuit. Il y a de quoi avoir des doutes quant à ce qu'il me donne comme heures...

Le plus souvent, les heures sont identiques, mais, ce serait sans compter sur les fantaisies de ce réveille-matin. 

Ce matin, une nouvelle fois, il m'indiquait deux heures complètement différentes. Ce n'était pas un retard de l'une par rapport à l'autre, mais une réinitialisation qui s'était produite la veille à l'heure du plafonnier. 

Je me réveillais, donc, avec l'affichage au plafond des chiffres qui indiquaient "21:35". J'étais, ainsi, arrivé sur un autre fuseau horaire. La cause: une électricité statique provoquée par un mouvement des couvertures qui mal digérée, avait perturbé l'horloge dirigée vers le plafond. 

D'imaginer sortir de l'espace-temps par téléportation, il n'y avait qu'un pas, vite franchi dans l'obscurité de la chambre.

D'abord, ce fut une pensée pour Bob, le héros de mon roman "Vengeance au futur antérieur" qui, lui, vit à San Francisco, justement, dans ce fuseau horaire. 

- Que faisait-il, ce soir-là, devant son ordinateur? Commençait-il à préparer la dinde de Noël?

En combinant le tout, cela donnerait quoi? 

Un conte de Noël?

Il fallait aller encore plus loin et chercher autre chose.

Le temps, une illusion, était-il dit dans le documentaire. L'illusion, sans verser dans l'anamorphisme?

Un beau départ pour un conte, non?

Alors, tout d'abord, pour mettre en appétit, une question bête: "Pourquoi le Père Noël ne change-t-il pas, d'année en année, malgré son grand âge et qu'il affiche toujours une santé de fer?"

Votre réponse serait, en fonction des convictions religieuses, parce que le Père Noël, ce n'est pas lui, ce sont ses représentants, ses délégués et ils se renouvellent tous les ans.
D'accord. Mais, encore... un peu d'imagination, que diable! 
 
La magie du cosmos parlait d'extraterrestres. Et si le vrai Père Noël en était un?
Sans blague... S'il revenait parmi nous, tous les huit ans, après un long voyage interstellaire pour atterrir, toujours au même endroit, en Laponie? 
 
0.jpgComme grand voyageur devant l’Éternel, figurez-vous qu'il aurait dans ses attributions, la supervision de deux galaxies. Cela l'obligerait à passer de l'une à l'autre en permanence pour se rendre compte de leur évolution et de les comparer.
Ce serait entre l'étoile la plus proche Alpha Centauri avec son exoplanète, peuplée de Centauriens et nous, à 4,3 années lumière, sur la Terre.
 
Son voyage, bien entendu, il ne le ferait pas à notre vitesse de tortue.
Son vaisseau et ses rennes spatiaux auraient au compteur une vitesse maxi d'un milliard de kilomètres à l'heure, dans le vide sidéral.
 
Sa dernière visite chez nous remonterait, donc, à Noël 2003. 
  
Ainsi, il n'aurait jamais connu nos crises à répétition, nos changements de politiques, nos difficultés à tenir la barre.
L'Europe serait encore une Europe sans beaucoup de problèmes apparents. Les gens de pays du Nord visiteraient toujours ceux du Sud, en vacances, à la recherche leur soleil sans aucune arrière-pensée évaluées par les agences de notations.
 
Bientôt, le Père Noël revient, justement, de ce périple. Il avait entendu cette affaire de fin du monde et il a mis le turbo sous son moteur galactique.
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Le Pape vient de se lancer dans la modernité des nouvelles technologies: il tweete et cela a même fait sourire, Laurence.
 
En catimini, sur son iPad, comme nouvel utilisateur, le Pape a lancé des tweets vers le vaisseau spatial du Père Noël pour préparer sa venue. Ils disaient, en latin (pour la traduction -> (*):

-@Noël: Allelouïa, Pater Noël, acta non est fabula ad litteram. Desinit in piscem. Homo homini lupus ad vitam aeternam. De profundis.
 
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-@Pontifex: Credo quia absurdum. Varium et mutabilem. Ubi solitudinem faciubt, pacem appellend. Beati pauperes spiritu. Carpe diem, Pater. Alpha et OmegaSustine et abstine. Quid novi?",  répondit le Père Noël.
 
-@Noël: Ab hinc, nihil. Abyssus abyssum invocat. Mondi fluctuat nec mergitur, consensus omnium. Ignoti nulla cupido. Paulo majora canamus. Sit tibi terra levis. Ab falsis principiis proficisci. Festina lente. Omnia vincit amor. An nescis quantilla prudentia mundus regatur. Dominus vobiscum, Noël.
 
Le Pape ne reçut plus de réponses.0.jpg
Les communications stellaires sont, parfois, aussi impénétrables que les voies du Seigneur.
 
Mais ce que le Pape avait oublié, c'est que pendant ce temps-là, pendant qu'ils twittaient, lui, il aura bien plus vieilli que le Père Noël, qui, à son retour, aura rajeuni.
 
Alors, si jamais, après avoir testé la résistance de sa barbe, vous rencontrez le vrai Père Noël, le "voyageur", surtout, ménagez le. 
Il en saura, peut-être, bien plus long sur votre passé et sur votre futur pour l'avoir entrevu tout à loisir pendant son long voyage.
Mais, comme il ne l'a pas vécu, il n'en a pas subi les effets non plus.
 
Ne lui racontez pas toutes les crises de votre présent qui vous passe par la tête. Cela risquerait de le tuer et, cela, ce ne serait plus la féerie espérée de Noël que je vous souhaite pour tous.

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Kroll avait eu la même idée en imaginant la situation d'Arafat qui exhumé, devrait en avoir gros sur la patate en remarquant ce qui avait changé depuis huit années. 
 
Après, sa visite de la Terre, le Père Noël repartira dans sa navette spatiale pour un nouveau cycle.

Cela ne vous fait pas rêver, ce CDI?
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Si ce n'était pas s'assurer un job sans fin, qu'est-ce que ce serait alors?
 
 
 
L'enfoiré,

 
 
(*) 
-@Noël: La pièce ne s'est pas jouée à la lettre. Elle a finit en queue de poisson. L'homme est un loup pour l'homme dans la vie éternelle. Du profond de l'abîme.

-@Pontifex: Je le crois parce que c'est absurde. Chose variable et changeante. Où les hommes font un désert et disent qu'ils ont donné la paix. Bien heureux les pauvres d'esprit. Mets à profit le jour présent, Père. Du commencement à la finSupporte et abstiens-toi. Quoi de nouveau?", répondit le Père Noël.
 
-@Noël: D'ici, Rien. L'abîme appelle l'abîme. Le monde est battu par les flots, mais ne sombre pas dans le consentement universel. On ne désire pas ce qu'on ne connait pas. Que la Terre te sois légère. Chantons des choses un peu plus relevées. Hors ce qui résulte de principes faux. Hâte-toi lentement. L'amour triomphe de tout. Tu ne sais pas avec combien peu de sagesse le monde est gouverné. Que le Seigneur soit avec vous, Noël.
 
 
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Citations:
  • « Il faut continuellement commencer par la fin. », Stanislaw Jerzy Lec
  • « Mieux vaut un but sans fin qu'une fin sans but. », Anonyme  
  • « La vie, c'est comme un tour de manège dans un parc d'attraction. On continue l'aventure en se disant que c'est réel car notre esprit détient ce pouvoir. Quelle importance, d'ailleurs, puisqu'on peut changer le manège à tout moment entre la peur et l'amour", Bill Higgs0.jpg

26/07/2012

Anatomie des photos de vacances

Ce weekend, les juilletistes vont aller à la rencontre des aoûtiens. Pour les premiers, c'est le moment de revoir et de penser à classer les photos de vacances. Travail qui consiste à supprimer les ratés, les bougées, les floues, les mal exposés... et j'en passe. Puis de les classer.

0.jpgN'ayez crainte, je ne vais pas vous faire un cours de photos, même si j'avais appris tout sur la photo et son traitement avant de pouvoir écrire. Un survol suffira. En rire et en faire quelques démonstrations par l'absurde, avec humour, plutôt.

Alors, commençons dans le vif du sujet, sur le terrain des opérations en vacances.

- Tu vois, chérie, comme la campagne est belle, comme cette ville a un côté rustique, magique même.

-Tu as raison. C'est merveilleux. J'ai presque envie d'habiter par ici. Sors ton appareil et fais nous des photos souvenirs. On ne sait jamais.

Le "chéri" va obéir avec plaisir. Il va sortir le bel appareil de son sac. Il est neuf, acheté juste avant les vacances et va mettre tout ces belles images dans la boîte prévue pour. 

-Chérie, te rappelles-tu la fonction du bouton à gauche de l'objectif?

-T'occupe pas. Mets tout en automatique. C'est la molette sur le haut. Tous ces gadgets, c'est pour les prosIl s'agit de montrer aux amis, une fois de retour chez nous, les paysages, pas de passer une heure dans le bouquin. 

Le "chéri" obtempère mais il reste sur sa faim. Il se demande pourquoi, ils ont tellement poussé, ensemble, à choisir ces gadgets lors de l'achat de l'appareil.

Le coeur doit avoir ses raisons que le raison ne connaît pas mais il y a de ces subtilités qui resteront parfois suspectes.

Supposons, l'arrivée à Pise.

Photogénique, Madame, devant la Tour de Pise, tente de redresser la tour du bout des doigts. Classique ou unique, on ne sait plus très bien. Et clic, une photo pour la postérité. On verra bien l'effet dans le petit truc rectangulaire de l'appareil ou alors, au retour, dans le grand écran.

Le chéri hésite à la prendre sans elle. "Sans elle"? Mais, voyons, il veut dire sans la tour de Pise. 

Sans la présence de sa "chérie" sur la photo, ce serait peut-être, un sacrilège et, à coup sûr, une scène de ménage, plus tard, au retour.

Un conseil pour le photographe d'occasion, surtout ne pas "couper" les jambes de la "chérie". Ce serait un nouveau "casus belli". La prendre avec les pieds compris et le sourire de circonstance de la crèmière puisque l'argent a été dépensé. Ils prouveront aux collègues qu'elle était heureuse, souriante sous un soleil radieux, au moins, l'espace d'un clic.

Les collègues sont tellement suspicieuses qu'il faut prouver qu'elle était bien à Pise, entière et pas ailleurs.

C'est le b.a-ba du photographe heureux en couple.

Caricatural? A peine.

Non, vraiment, le photographe futé prendrait au moins deux photos, dans ce cas-là. C'est pas plus cher et ça peut rapporter gros.

Mitrailler, oui, bien sûr, un minimum, pour le moins mais pas pour le plus. 

Attention, il ne faut pas confondre la présentation de photos aux copains avec un film qui passe à 25 images secondes. Il faudra choisir les meilleurs photos pour ne pas lasser les spectateurs qui, eux, feront, parfois, un effort pour vous être agréable devant vos photos, même s'ils semblent, à d'autres moments, vous envier d'avoir vécu cette aventure photographique.

Changer de focale quand on mitraille. Ouais... mais n'importe comment.

Si c'est l'île en face qu'il faut prendre, vaut mieux prendre un télé puissant pour éliminer le trop plein de mer sur les bords. J'oublie, on peut toujours recadrer, mais garder trop de pixels inutiles, c'est du gâchi.

Voilà que cela me reprend, je commence déjà à faire le prof d'occasion !  Ok, fermons ce ban-là.

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Essayez de donner un avis objectif sur les photos de quelqu'un d'autre, c'est  se payer un bide magistral. L'objectivité est à plusieurs facettes et la subjectivité règne en maître dans l'arène. On n'aime pas... Point.

Certains magazines de photos se risquent à donner un avis mais c'est quand les lecteurs se prêtent à l'exercise. Sinon, c'est considéré comme arbitraire et qualifier comme une erreur d'appréciation pour un travail qui était considéré "cinq étoiles", à l'origine, par son géniteur. 

Pourtant, des règles se cachent derrière l'évaluation de la qualité d'une photo. Règles nécessaires si l'on veut présenter les résultats en dehors de la famille, s'entend. Les "autres" ne sont pas à leur coup d'essais. Ils connaissent la musique et sont de plus en plus exigents, les "salauds". En dehors du professionnalisme des médias, pour eux, cela risque d'être du pipo, vos photos.

A la base, l'habitude adoptée par les peintres a migré dans l'esprit des photographes. Le cadrage du sujet principal est un exemple parmi d'autres.

La règle des tiers est pourtant facilement oubliée. Pas grave, elle peut se récupérer après, à la découpe. Encore une fois, d'accord. Le sujet principal au milieu et les subalternes sur les côtés, ce sont de vieux souvenirs périmés de papa ou de grand-papa. 

La profondeur de champ, un vieux truc, a été remplacée par des programmes dédicacés aux portraits,  aux paysages et aux sujets en mouvements.

La photo est un art de la lumière diffuse. Le soleil apporte trop de dureté et fait grincer les yeux du supplicié photographié. En basse lumière, avec le numérique, on ne parle plus de grains, mais de bruits. On change les mots, mais les problèmes restent les mêmes.

Elargir au panoramique, en numérique, devient un jeu d'enfant. Pas besoin d'un appareil dit panoramique, ni d'un fish-eye. Concaténer des photos entre elles, à l'aide de logiciels qui "stitch en panorama", existe, pourquoi s'en priver. 

Des angles de vue insolites, donner du relief en introduisant un plan rapproché et un autre éloigné, encore des trucs de cuisine pour restituer l'ambiance et la profondeur de champ, avant que n'arrive la photo en relief sans ses lunettes d'appoint. 

Jouer avec les ombres, les arrières-plans, les positions en plongée en contre-plongées, les contre-jours n'ont plus de secret pour le néophite. Enfin, on peut l'espérer...

Mais, l'originalité sort, souvent, de la bouche des relativement "grands-enfants", de ceux qui n'ont aucune technique préalable qui cassent toutes les règles en mettant les défauts en exergue. C'est incontestable, ce cas existe, mais, ce n'est pas l'exception qui fait loi.

Avec des retouches, de copier-coller, de morphismes, cela demandent un doigté qui n'est pas à la portée du premier venu, à condition que quelqu'un sache de quoi il s'agit et comment faire.

Au retour, retoucher doit rester un plaisir, une passion, aussi, surtout depuis l'avénement des logiciels qui poussent comme des champignons sans bourse déliée, même si les champignons, eux, prennent des altitudes inespérées par leurs prix. 

Supposons que le premier travail de dégrossissement est achevé. Après le gros oeuvre, c'est celui du classement qui commence. Avant, avec les diapositives ou même les négatifs, c'était la boîte de lumière sur laquelle on étalait les photos agrandies par en dessous et  une loupe par dessus. Ordonner les photos était relativement facile et seulement dépendant de la grandeur de cet outil essentiel à l'organisation.

En numérique, il en va tout autre. La boite à lumière, c'est sur l'écran d'un PC que cela se passe. Cette fois, on peut, zoomer agrandir ou diminuer le nombre de photos sur l'écran, c'est déjà ça. Si déplacer les images n'est pas difficile, garder le nouvel ordre choisi l'est beaucoup moins. Il existe des logiciels reséquenseurs mais ils attribuent une séquence de manière automatique à partir de la chronologie des prises de vues. Aucun, à ma connaissance, ne permet de créer un ordre en fonction de la position des photos, choisie après permutation et substitution sur un écran. Classer dans un ordre plus logique que celui de la chronologie, peut éviter de retrouver une duplication, une photo mal placée et donc, toujours malvenue. L'opération de séquencer se résume à une opération, en manuel intégral qui peut être jumélée à l'identification par un titre des photos. Si quelqu'un connaît la solution qu'il lève le voile, cela m'arrangerait. 

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Surtout ne pas trop attendre pour cette opération pour les intituler. La mémoire humaine est défaillante dans le temps. 

Mais, vous savez tout cela j'en suis sûr.

Mon Touring Explorer va-t-il en dire plus? 

Une préface n'est pas très engageante, même si c'est bien dit.

"Décontraction ne rime pas forcément avec photogénie. A travers les images, c'est notre histoire que nous écrivons", est-il dit en préface.

Les chapitres suivent et ne vont pas démentir la première impression.

Aider à réaliser une anatomie des photos de vacances qui comme chacun sait, doivent être à la hauteur de la tâche, très dépendante de la scène ou du sujet à photographier.

Mais, pas de panique, car à la base, photographier, c'est du...

1. Plaisir, sourire, plage

L'histoire du "smile", du fameux "chees", au moment de la photo est l'habitude aujourd'hui, mais n'existait pas sur les photos des grands-parents. Étrange? Serions-nous plus heureux aujourd'hui que hier? Non, il faut en donner l'illusion. Montrer qu'on a été content en vacances, elles qui ont été si chèrement payées et ont nécessité tellement de sueurs.IMG_0001.jpg

A l'époque, pour les portraits, il valait mieux montrer son ego dans la sollennité sous le costume du dimanche. Les dents bien serrées, quand il en restait, n'étaient pas là pour sourire, mais à la rigueur, pour manger. On faisait la pose, comme on le fait aujourd'hui, pour la photo d'identité de son passeport.

George Eastman de Kodak a changé les faces et la donne. Ni au profit du dentiste, ni de celui du prothésiste, mais bien pour raison de marketing du producteur de tout ce qui construit une photo. Avoir un gueule qui rase les murs, ne fait pas vendre des films. Ce fondateur de Kodak a, dès lors, investi et légué une partie de sa fortune dans les cliniques dentaires.

C'est évident, le bonheur fait vendre. La "Kodak Girl" était là pour faire photographier ce que l'on n'avait pas encore penser ou oser faire: les petits-enfants, la famille lors des promenades et des sorties sous le soleil. En 1900, le Brownie, vendu à un dollar, devait fonctionner et consommer de la pélicule. Un max de pélicules. La stratégie marketing s'est retrouvée dans les imprimantes à jets d'encre qui ne coûtent pas chère à l'achat mais dont le manque à gagner se retrouve dans les consommables. 

A l'époque, les pick-niques étaient une occasion rêvée pour sortir les appareils sous le soleil arrière, exactement. Je dis "exactement", parce que le photographe devait l'avoir, à l'époque, dans le dos, pour avoir le maximum de chance et de luminosité. Relax, cool, les mots d'ordres du plaisir, des sourires et des clic-clac, font tout oublier.

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Tout a changé sauf les fondements de la photographie. Comment faire de bonnes photographies s'apprend toujours et la technique ne varie pas qu'elles soient faites avec un "ancien" appareil analogique ou un "nouveau" numérique.

Première constatation, on n'a jamais pris autant de photos que depuis l'avénement du numérique. Les avantages sont énormes par rapport aux films photos en 24-36 d'antan. L'immédiateté du résultat et le prix nul ne sont que les principaux.

Le numérique est aussi le nirvana du perfectionniste.

La déconfiture de Kodak n'est qu'un résultat de cette révolution dans le domaine de la photo. Tous les fournisseurs de matériel, de films ont dû s'adapter s'ils ne voulaient pas mourir.

C'est décidé, on va faire des photos uniques, prises sous un angle unique, avec un appareil unique... et un photographe unique. 

"Mieux photographier", que de bouquins traitent de ces techniques créatives qui ajoutent un plus.

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Mieux photographier est surtout affaire de circonstances climatiques, de l'heure des prises de vue et du sujet à photographier.

Le portrait à lui seul, mérite une foule de subterfuges pour effacer, les rigidités d'une pose, les imperfections des traits. Les remplacer par une impression d'être unique et belles sans rigidité demande des prises multiples, sans apprêt.

Le paysage, la macrophotographie, la nature morte, les animaux, les monuments demandent chacun, une approche différente et souvent plus facile que pour le portrait.

2. Surprise

Restons pragmatique et raisonnable. Rater une photo avec toutes la documentation des appareils, les livres, les magazines mensuels qui vous expliquent en long et en large, serait peut-être une gageure, mais n'a rien d'extraordinaire. Même les experts font des erreurs et ont des surprises. Il y a les surprises heureuses et malheureuses. Car, même les flous  apportent des surprises heureuses.  L'heure de matin et de soir pour la prise de vue, bien sûr, mais cela ne tient pas compte de certaines réalités du voyage. On fait une photo quand on le peut, pas nécessairement quand on le veut. Si c'est lors d'une visite organisée, pas question de dire au gentil guide de revenir un peu plus tard. Arrêter son temps pour la photo alors qu'il faut encore visiter énormément de choses dans la journée, vous abuseriez de son temps. Quand à prendre la photo exclusive, celle que personne n'a pu prendre, qui surprend même le photographe, là, on arrive dans le domaine de l'imaginaire, de la surprise sur prise. Henri-Cartier Bresson n'a jamais raconté le temps qu'il lui a fallu pour tirer le portrait dans un moment incisif ou plutôt "décisif" comme il l'appelait.  

3. Espace de stockage

Le retour des vacances, c'est la période du grand nettoyage, de la grande lessive du linge et des mégas de photos. Il faut bien mettre de l'ordre dans cet amas de photos prises au vol dans le feu de l'action, pris parfois à la vas-vite et à répétition, avec le doigt trop longtemps sur le déclancheur. Il faut pouvoir espérer les montrer à qui de droit. Vite un petit programme qui va régler tout cela.

3,5 milliards d'appareils photo numériques dans le monde. Mille milliards de photos prises, 30.000 photos par secondes. Cela fait du monde au balcon et en dessous du balcon! Partager et vous serez considéré. Picasa pour la technique, Flockr, Facebook pour l'étalage vous attendent "à oeil raccourcix" dirait le GauloisLa postérité est assurée dans les nuages, pardon, le "cloud". Et comme chacun sait le ciel a un espace infini pour consigner les vies, mais pour en garantir la pérénité sans bourse déliée.

4. Amateurs

Voilà, le hic. Être amateur et pas professionnel. "Je voudrais bien, mais je peux point", chantait la Bonne du Curé. Faire de l'art ou faire du lard, cela se prononce de la même façon, mais c'est pas la même chose. "Exposition", "composition" et "passion" ne sont pas nécessairement aux mêmes "positions" dans le dictionnaire. Ce n'est pas pour rien que Ducros s'est décarcassé dans des cours avec examens et diplômes de sortie en porte-clé. Le professionnel prend son temps. Du respect pour lui et sa patience. Devant un objet ou un personnage avant de photographier, il a analysé ce qu'il a devant les yeux. Il va sortir ses filtres. Un filtre polarisant, un UV pour saturer les images? Cela devient presque impossible avec les petits portables qui ont la chance ou la malchance de montrer leur objectif qu'au moment stratégique et qui rentre au bercail ensuite. Le reflex garde ses lettres de noblesse dans ce cas. "Reflex", un mot bien choisi pour le définir. Un photographe, il faut le savoir, a appris à faire mentir ses images, à les bonifier ou au contraire les rendre choquantes pour répondrer au but à atteindre. Autant savoir.

5. NostalgieIMG_0002.jpg

Numérique contre analogique. Le fossé du numérique est bien là. Oui, il y a le 3D qui arrive à grands pas. Le rétro, lui c'est à pas feutré qu'il revient.

Aurait-on la nostalgie quelque part? Les magazines reparlent du noir et blanc, les antidotes de la perfection reprennent du galons comme les microsillons et les 78 tours d'antan. Le livre "Prestige des réflex 24x36" de Paul Montiel sortait en 1981. On parlait déjà de double automatisme et de programmes en "multimodes". Que de produits depuis, penser à la focale, à l'ouverture, à la vitesse, à la sensibilité des films, de filtres, de mesures au posemètre, jumelées avec le flash TTL (Through The Lens) qui y pensent encore?

Retourner aux photographies d'art ancien que l'on trouve dans les livres de l'époque pour en apprendre les fillons du métier. Une époque pendant laquelle n'existait pas tous ces gadgets et qui demandait une préparation au petits soins. Dans un bouquin "La photographie d'art vers 1900", on parlait de l'histoire des origines à nos jours (en 1982), "la qualité exceptionnelle, le choix judicieux avait valu, alors, une exposition. C'est presque émouvant de voir ces photos, je préviens.

Des poses longues de nuit, des filés dans les courses et devant la chute d'eau. Figé le mouvement au 4000ème de seconde n'est plus requis pour faire ressortir l'originalité en nous. La lomographie artistique pour calmer le jeu de la technologie galopante, mais que l'idée, elle est bonne. Tout à coup ce n'est le matos qui prend la main, mais l'esprit nostalgique, le côté "ludique" aussi. Le matériel de deuxième main, analogique, est bon marché. Un "bon cul de bouteille" fait parfois des miracles d'imperfections, tout aussi intéressantes. Les bons vieux films ont des sursauts de génie. Ils ont un seul problème, ils dépendent toujours des consommables, des films qui doivent encore être assez rentables à la production. Encore une fois, le premier mouvement est aisé, la suite pourrait l'être moins.

6. Public

Les photos ne sont plus familiales, elles deviennent publiques. Photos publiques, photos historiques ou cyniques, idylliques ou, encore, panoramiques, distribuées en virtuels pour représenter le réel de l'instant en les transitant d'un iPod à un iPad, d'un iPad à un iMac pour arriver enfin à la iClaque ou la iPlaque ferait désordre sur Facebook.  Alors, il faut aller plus loin. Éliminez, dit la pub. Il devrait toujours en rester quelque chose.

7. Couper, coller et retoucher

Là, commence le travail et le véritable "sport". On va à l'emphase et peut-être mélanger le réel avec l'irréel. On risque de trahir, de transiger avec les réalités pris dans cette emphase porté par l'enthousiame des vacances. La tentation est grande d'enjoliver. "Il y a le ciel, le soleil et la mer" comme dans la chanson et on veut oublier le reste.

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Dis, chérie, est-ce que je garde la photo où tu es à côté de ce type mal fagoté qui t'as pompé du fric?

- Fais comme tu veux. Si je suis jolie sur la photo, tu peux essayer de couper ce qui dérangerait d'être vu par les copains. Il faut les inciter à y venir l'année prochaine et pas les repousser.

C'est peut-être cela le problème de celui qui croit faire la photo du siècle. Il a coupé ce qui ne faisait pas beau, ce qui donnait l'insolite de la situation d'un pays qu'il a seulement frôlé plutôt qu'assimilé. Il fait du tourisme, de la prospection pour les agences de voyages.

Ne pas s'offusquer si celui qui se met devant votre appareil, tend la main pour obtenir le rendu de sa pièce. Il a joué sa piècette comme vous au bureau.

Aujourd'hui, c'est moins derrière l'objectif que la photo se crée mais derrière l'écran. Plus sur le théâtre de l'action elle-même. Ecran que l'on désire le plus large possible, mais que l'on restreint sur certains plans. Qui demande des heures de recueillements.

To be or not to be? Deux photos, côté à côté, vont pouvoir devenir des panoramiques dont on ne détectera même plus la concaténation. Chouette.

Des effets spéciaux, des mises en page, des retouches, des filtres, vont réapparaître comme par magie. Miracle de la technique. On pourra même donner deux ambiances différentes avec le même cliché. Le sépia, le noir et blanc et quoi d'autre encore dans cette panoplie en éventail...

La technique, les logiciels qui font tout et n'importe quoi, ont relevé le défit et le niveau de l'image à un tel point que pour trouver la photo extraordinaire, il faudra plus qu'un clic et plus qu'un déclic pour découvrir "la" photo de rêve.

Se souvenir aussi de la photo qui gagne des prix et qui ne montre pas des cieux bleus et une mer verte. Les concours photos professionnelles ou grands publics permettent seulement un recentrage sur des optiques différentes.

Si voir ses photos sur l'écran de son ordinateur, de sa tablette ne coûte rien, il n'en est rien si le tirage sur papier est diésiré. Imprimer ses photos sur l'imprimante à jet d'encre, c'est cette dernière et le papier qui entrera en compétition. Tirage par lots de photos ne rencontre pas les mêmes prix que les livres-photo, plus chers et plus présentables.

Que dire comme conclusion?

Que l'on ne se baptise pas "photographe". Que seul le métier, l'expérience de nombreuses années permettent de faire sortir le bijou ciselé de l'orfèvre. La masse de photographies n'y changerait rien sans l'un des deux. Que photographier, c'est aussi respecter, ceux qui entreront sur les photos, conjugaux ou locaux.

Détecter l'insolite demande une acuité visuelle qui fait appel à un flash instinctif. Si on n'a pas le flash intégré sur la tête, ces images vont passer comme un pet sur une toile cirée, c'est-à-dire aura simplement glissé sur la bosse de son indifférence.

J'en reviens encore une fois à ce livre de Douglas Kennedy "L'homme qui voulait vivre sa vie". Je retiendrai l'aspect de cette passion dévorante de son héros pour la photo, riche par sa profession d'avocat qu'il n'aime pas, qui ne parle que de photos. Il faudra un "cataclysme" dans sa vie de couple pour qu'il fasse un tabac de sa passion. Un commentaire dit "En plus d’être un roman captivant, c’est un des meilleurs livres sur la photographie et les photographes que j’ai pu lire" 

La photographie, c'est comme l'écriture, on y laisse toujours un peu de soi entre les lignes ou entre les couleurs et les ombres.

Tout passera dans le geste de l'artiste. Le génie ne sera jamais dans le matos. La photo sera toujours le souvenir d'un instant troublant qui restera dans les mémoires. Un souvenir qui ne se reproduira plus jamais avec la même lumière, la même pensée, le même rêve ou le même cauchemar. 

Et, là, on regretterait de ne pas l'avoir fait, ce clic magistral et artistique à souhait.

Le "Chasseur d'image" du mois d'août, qui a été longtemps ma source d'inspiration, donnait sa leçon de photo. Il donnait à nouveau tous les principes auxquels il fallait penser (mais pas toujours observer):

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  • Choisir son grand-angle
  • Réussir sa composition
  • Valoriser le premier plan
  • Gérer la profondeur de champ
  • Déterminer l'exposition
  • Oser les poses longues
  • S'adonner aux joies du fish-eye
  • Renforcer l'atmosphère
  • Tirer parti des filtres
  • Soigner la post-production

0.jpgLe magazine Photoschool, parlait lui de maitriser les masques, les calques, d'agir sur les couleurs en opposition pour augmenter les contrastes, de sortir le crayon et la pipette...

En vacances, il y a aussi la pluie. Comment rendre la pluie intéressante?  Bien, des choses, en somme. 

La pluie est un sujet en elle-même. On croit qu'il faut remiser son matos dans ces cas-là. Pas du tout. Le protéger de la pluie, lui, ça c'est sûr. Il est rarement waterproof. L'objectif du mini qui fait coucou en sortant de sa coquille, s'enrhume assez vite. Quand la "bête" éternue, seul son remplacement, permettra de retrouver la sérénité. J'ai expérimenté cet inconvénient, je sais de quoi je parle.0.jpg

Denise remarquait hier ce qu'est la pluie quand elle tombe en cordes et donnait en conclusion:

"Après la pluie, ce n'est pas toujours le beau temps.".

Je ne pouvais trouver meilleure conclusion.

Bon retour aux juilletistes et bonnes photos.

 

L'enfoiré,


Parler de photos et ne pas en présenter? Mais non, en voici, dans une "Guiguette rouge"

 

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Citations:

  • « Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier. », Man Ray
  • « Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. », Henri Cartier-Bresson
  • « Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture. », Emile Genest
  • « Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre. », Henri Cartier-Bresson
  • « Peu à peu, par l'éducation de son oeil et de sa pensée, le photographe a deviné que le 'sujet' n'était pas tout entier dans la Nature, mais aussi en lui-même et que le travail ne devait pas tout entier être fait par sa machine, mais aussi par son cerveau et par ses mains  », Robert De La Sizeranne (1900) 

02/02/2012

Kodak, une société qui a raté son tournant?

Parler de sociétés qui ont raté le tournant du progrès, cela arrive plus souvent qu'on le pense.  Cela se produit par beaucoup de détours, de stratégies boiteuses. C'est aussi une concurrence débridée, des prix demandés, une souplesse perdue, une situation mal évaluée, une erreur de "Fusion ou de scission"... Quand il s'agit d'une marque comme Kodak que l'on associe avec le produit en oubliant le mot exact qui s'y cache, là, on passe à la vitesse supérieure.

0.jpgLa photographie en analogique, le cinéma 8mm ont été des passions pour moi. La photographie l'est encore d'ailleurs.

L'histoire de la photo et du passage au "numérique", une histoire de "petit oiseau de sortie".

A l'époque, il était déjà question du cas malheureux de Polaroid et de la photo au développement instantanée toujours sur papier qui était en difficulté. La société Polaroïd s'est restructurée depuis. Relancée dans la bataille en juin 2009 avec le "Polaroïd Two" qui "parle", désormais, en 5Mpix, minimum.

En 2004, c'était le moment où le producteur de pellicules photographiques, Ilford, était sur la sellette. Cette société anglaise fut scindée et une partie passait d'abord sous le drapeau suisse avant de se retrouver sous celui du japonnais "Oji Paper Co. Ltd".

"Fujifilm" avait senti le vent du boulet dès 1988, en sortant le 1er appareil numérique avec carte mémoire DS-1P et lançait FinePix.

Les pellicules en rouleaux de 24x36, c'est fini ou presque.

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Ce 19 janvier, Kodak déposait son bilan. Là, c'est un coup de grisou dans la mine aux pépites. Si pour les premiers ordinateurs, on avait l'habitude de dire "machine IBM", pour la photo, on parlait d'un "Kodak".

Sous la protection du "Chapter 11" de la loi américaine sur les faillites, il était précisé que "Les filiales du groupes situées hors des États-Unis ne seraient pas concernées par cette mesure".

Le logo de la société devient vraiment, avec son "K", une transfiguration de l'événement avec une flèche qui semble percer un mur.

Dès 2003, 13 usines, 130 laboratoires et 47.000 postes allaient dans la trappe de l'histoire?

La couleur jaune pour Kodak, le vert pour Fuji, le noir pour Ilford se reconnaissaient sans lire la boîte du film.

Là, vraiment, plus que pour Polaroïd, il y a des questions à se poser.

Kodak entrait déjà dans la liste des candidats au suicide programmé et des restructurations de personnel ne change rien à l'affaire.

Kodak est né en 1890. La société a dû en connaître des remises en question, mais conjoncturelles en analogique et non structurelles.

Elle n'avait pas saisi, à temps, l'enjeu de l'imagerie numérique et le passage à Internet. Un plongeon vertigineux s'en est suivi.

Dans le Dow Jones, cela a faisait 70 ans que Kodak fut présente. Au plus haut, l'action Kodak avait plafonné à 70$. Elle était dernièrement inférieure au dollar. Elle n'est peut-être pas la seule dans le cas en temps de crise, mais comme indice de la déchéance, on ne peut trouver mieux. 

La société a été incapable de se réinventer. Elle a capitalisé sur ses acquits et ses brevets.

Elle avait une position enviable dans le cinéma jusqu'en 2008. Même au cinéma, la pellicule s'est numérisée. Pas de détérriorisation de la pellicule, moins de place nécessaire, en numérisé, ce qui fait toute la différence.

Alors, il serait intéressant de chercher les raisons qui ont fait que Kodak a raté le coche et que le souffle du vent l'a emporté.

Le site de Kodak dit en préambule "En 1888, avec son slogan "You press the button, we do the rest" (Vous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du reste), George Eastman met le premier appareil photo simple d'utilisation entre les mains des consommateurs. Par cette initiative, il rend un procédé auparavant encombrant et difficile à utiliser simple et accessible à tous. Depuis cette époque, Eastman Kodak Company n'a jamais cessé d'innover en offrant une multitude de nouveaux produits et procédés destinés à rendre la photographie plus simple, plus pratique et plus agréable. Aujourd'hui d'ailleurs, Kodak n'est plus seulement connue pour la photographie, mais aussi pour l'exploitation des images dans une multitude d'applications de loisir, commerciales, de divertissement ou encore scientifiques. L'utilisation d'une technologie associant images et informations est en effet de plus en plus présente dans ces secteurs et permet de changer radicalement la manière dont les gens et les entreprises communiquent. Dans le même esprit qu'Eastman, qui avait pour objectif de rendre la photographie « aussi pratique que le stylo », Kodak continue d'explorer les multiples façons dont les images interviennent dans notre vie quotidienne. La société Kodak se classe parmi les plus grandes multinationales et jouit d'une reconnaissance de marque quasi universelle.".

Vers les années 1930, Eastman fut atteint d'une maladie de la colonne vertébrale qui menaçait de le rendre handicapé à vie. Ne pouvant supporter cette idée, il se suicida en 1932 en se tirant une balle dans le cœur, laissant derrière lui un message écrit: « Mon travail est accompli. Pourquoi attendre? ».

Il est mort, une deuxième fois.

0.jpgIntéressant de lire la suite de l'histoire de Kofak, pavée de très bonnes intentions. Huit Oscars, cela devait se savourer à sa juste valeur.

Et c'est vrai, cela aurait pu continuer avec la taille de l'Instamatic. Les compacts existent toujours mais en numérique avec le surnom de APN, pour les intimes. Comble du comble, le premier APN, c'était Kodak qui le sortait en 0,35 Mpix.

Alors quoi, la direction avait trop bu et s'était vraiment endormie?

Sur leur site, la chronologie continue jusque en ... 1999.

Entre 2000 et 2011, un des deux liens donne une réponse très peu orthodoxe : "Server Error in '/ek' Application. The resource cannot be found.".

L'autre, plus à gauche sur l'écran, est présent mais la chronologie s'arrête dans le temps à juillet 2008 avec la dernière innovation "Kodak introduit des produits haute définition comme la caméra vidéo de poche KODAK Zi6, pour une réalisation et un partage de vidéos facilités, et le lecteur HD cinéma KODAK, pour la visualisation d'images et de vidéos sur téléviseur HD.".0.jpg

Là, cela sent vraiment le sapin cuit. Si on ne met pas à jour son site de sa chronologie, c'est qu'il vaut mieux ne plus rien en dire sur Internet.

Voyons les tabs "Innovation" et "Leadind the way", traduit de l'anglais, cela donne:

Image Partagée: Certains de nos moments les plus émotionnels sont capturés dans les images. La technologie numérique ne l'a pas changé, mais il nous a donné des façons plus rapides et plus faciles de partager nos images avec les gens qui importent le plus. Les scientifiques de Kodak ont travaillé des façons de rendre plus facile de capturer, classifier et partager des images à travers le temps et l'espace.

Image Imprimée: Les images imprimées nous entourent à chaque moment, en passant souvent inobservées. En plus des livres, les magazines et les journaux, là, sont imprimés les images sur les produits que nous achetons, les annonces que nous voyons, les vêtements que nous portons, le courrier que nous recevons et des centaines d'autres endroits. La révolution numérique ouvre la porte à une gamme entière de nouvelles possibilités d'imprimerie et Kodak est en tête.

Mouvement de l'Image: Les films ont défini l'amusement pour les générations. Les technologies inventées pour les professionnels de film sont de plus en plus accessibles à chacun; le fait de capturer et le fait de partager l'image bougeante deviennent une partie importante de l'expérience humaine, des films de multimillion de dollars aux vidéos de famille prises avec un appareil de photo de vidéo de grandeur de poche.".

Donc, le numérique était bien dans les plans et les projets stratégiques mais il n'a pas su aboutir ou poursuivre sa route.

Alors, la faillite, à qui la faute? Le client, très certainement. Il a toujours raison. C'est lui qui impose sa loi par l'usure des systèmes alors que le marketing le pousse dans le dos avec des produits à en perdre le souffle.

0.jpgRecherchons sur Internet, ce qu'en pense les gens et les professionnels de cette lutte entre analogique et numérique. 

Au Québec, on trouve la nostalgie de la pellicule de Jean-François Villeneuve: « Les films Kodak, c'étaient les souvenirs, les albums photo pour la plupart des gens, mais aussi notre cheval de bataille, pour les professionnels. Travaillant maintenant en numérique, le médium analogique me manque. Des fois, la bibite me repogne, celle de développer en chambre noire, comme avant. Un processus que j'associe au plaisir, celui d'assister à la naissance de l'image après de nombreuses manipulations en chambre noire. La magie à découvrir la photo, avec les odeurs du laboratoire et toute l'attente qui vient avec le médium. Le marché professionnel n'y retournera pas, mais il y a encore un petit marché pour artistes et pour les gens qui prennent des photos pour le plaisir. Dans le cinéma indépendant, ça fait longtemps qu'on ne touche plus à la pellicule, surtout pour des contraintes de prix ».

Voilà tout est dit ou presque dans ces mots:  plaisir, passion, nostalgie et prix pour assumer l'ensemble.

Prendre une photo en numérique ne coûte rien à part l'amortissement de l'appareil. On effacel'image qui ne correspond pas au résultat désiré. On améliore le cliché en quelques clics avec un logiciel sur l'ordi et on envoit le tout à partir de la même source ou par l'intermédiaire de son GSM, vers tous les amis.

La seule remarque, on espère seulement que les logiciels de lecture resteront compatibles entre eux, que le RAW converti ne perdent pas trop de définition quand il passe en JPG.

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j'ai encore beaucoup de travail pour convertir toutes les diapositives en Kodakchrome avant qu'elles ne prennent l'humidité et se fassent bouffer par les champignons. Les photos dans les albums, on continuera à les voir sans y bouger si le temps ne les délave pas trop avant qu'elles ne soient scannées.0.jpg

Lors de cette histoire d'oiseau de sortie, j'espérais encore pouvoir photographier en hybride et je gardais mon bel appareil CANON analogique perfectionné, bien au chaud, pour les cas où. Aujourd'hui, il est à la cave.

Trouver des pellicules vierges est devenu difficile. J'attends peut-être qu'il prenne de la valeur par son côté rétro ou pour l'envoyer dans un musée de la photographie. Invendable, sinon pour la beauté du geste.

Le matériel de laboratoire avec l'agrandisseur, les bassins, les cuves, a déjà été vendu pour une bouchée de pain à une jeune étudiante en photographie.

Un retour aux sources, dirait-on.

0.jpgLe système Ektaflex, le nec plus ultra pour l'époque, puisqu'il éliminait tous les problèmes de température à maintenir, de temps à compter avec précision, grâce au produit unique et la machine qui telle une essoreuse convertissait le négatif en positif, qui faisait oublier la période où il fallait près d'une demi-heure pour tirer une photo couleur pour s'apercevoir qu'elle était ratée en sortant de la cuve.

Ce procédé n'avait qu'un défaut majeur: son prix.  Les utilisateurs se sont questionnés, paniqués de ne plus trouver les ingrédients nécessaires.

Mais cela ne dit pas encore pourquoi le virage ne s'est pas produit chez Kodak.

Ce n'est pas uniquement un problème de sociétés liées à la photographie.

Il y a l'âge de la société, les manies, les meetings internes qui perdurent à n'en plus finir, les différents niveaux de management qui n'ont plus de stratégie commune ou plus osée. Quand le point critique est dépassé et que la souplesse nécessaire à la reconversion n'y est plus, il faut apprendre à s'effacer.

La "rupture numérique" n'est pas une péripétie. Elle n'a pas encore convaincu tout le monde. Le numérique a cassé les anciens rythmes du progrès pour en créer de nouveaux avec des processus évolutifs plus rapides.

En 2010, la firme Cokin avait une année difficile. Plutôt difficile de placer des filtres Cokin sur le petit appareil que l'on transporte partout qui fournit des photos de des qualités équivalente aux Reflex et qui fait entrer l'objectif dans sa boîte comme le petit oiseau de la pendule à coucou...

Le point positif, on n'a jamais fait autant de photographies que depuis l’avènement du numérique. On ne mitraille pas nécessairement pour changer d'angle de vue, mais pour trouver le meilleur sourire du portrait de sa chère et tendre devant le monument visité. Les souvenirs, cette fois n’ont réellement plus de prix.

Est-ce de bonnes photos? Bonne question. Je vous remercie de l'avoir posée. Sujet épineux, suggestif que l'appréciation de ce qu'est une bonne photo. Même celle-là a évolué. Il suffit de prendre un vieux livre de vulgarisation de Montiel pour s'en convaincre ou non.

Si vous n'avez pas encore été voir cela en virtuel sur Facebook, je vous conseille cela vaut le détour.

En 1867, c'était le début de la photo couleur. Charles Cros déposait à l'Académie des sciences de Paris un pli cacheté sur la "solution du problème des la photographie des couleurs" à l'origine du procédé de trichromie.

Puis j'ai pris le bouquin "L'histoire mondiale de la photographie en couleurs" de Roger Bellone. Il date de 1981, exactement l'année de sortie du premier Mavica.

Il est écrit dans l'avertissement de ce livre "On peut estimer à près de 20 milliards de clichés couleurs la consommation annuelle des photographes amateurs et professionnels du monde entier. Boulimie d'images dont le marché représente un chiffre d'affaires supérieur à celui de Boeing, Douglas, Lockheed, Rockwell, Dassault et Aérospacial réunis. De ce que l'utilisateur dépense pour la photographie, on aurait pu fabriquer un millier d'Airbus et trois cents Concorde. Dans l'univers de l'image, les hommes ignorent tout à son sujet.... Le profane découvrira les mutations qui se traduisent par des prototypes aux concepts inattendus, dont il sera peut-être l'utilisateur avant la fin du siècle".

Amusant, après coup, de relire ce genre de prose. Un business et une société énormes, oui, mais avec des pieds d'argile et avec une arrête dans le dos.

Je n'ai pas vraiment les chiffres actuels. J'ai seulement trouvé "la revanche du papier".

Connait-on mieux la technique de prise de vue en pixels? Non, on presse le déclencheur, seulement plus souvent, sans bruit. Le mot "bruit", lui, est passé sur l'image prise dans l'obscurité et qui s'appelait du "grain". Le grain qui est aussi un moyen de donner du style proche des peintres néo-impressionnistes. Un livre d'images "Mieux photographier" par Kodak, datant de 1982, parle de 100 techniques créatives, a pris place dans ma bibliothèque et ne semble pas avoir perdu de son efficacité.

Les logiciels permettent plus de solutions pour corriger après la prise de vue qu'à l'époque. Augmenter la saturation des couleurs comme le fait un filtre polarisant. Passer de la couleur au noir et blanc ou au sépia. Corriger les fameux yeux rouges trop gourmands en lumière. La photographie ne constitue plus une preuve en justice, tellement une photo peut être manipulée sans laisser de traces.

0.jpgQuant à l'avenir de la photo, je vais allez voir le "Chasseur d'Image", lui qui a occupé tellement de place pendant des années dans mes archives. C'est fou comme les dossiers sont toujours les mêmes. On n'a, semble-t-il, pas encore tout compris.

Le dernier parle de "Bien photographier l'hiver".

Les conseils n'ont pas changé. C'est toujours le choix de l'objectif qui est là pour accentuer la profondeur de champ, la brume qui reste à "décontraster" (comme disait, avec humour, feu Garcimore), l'augmentation du contraste et de la saturation à renforcer, par contre, pour les paysages, la sur-exposition à la neige, le flash même au soleil... et j'en passe et des meilleurs. Le froid qui fait bailler les piles aux corneilles. Le piqué de la photo est toujours à l'honneur. Le jaune s'incruste toujours dans le soir quand la luminosité fait défaut, mais, cette fois, on dépasse, sans plus le savoir, les 1600 ISO, sans plus s'en appercevoir. Si les rayures des pellicules ont disparu, elles ont été remplacées par des poussières à cause des objectifs interchangeables du reflex qui a pris un "D" dans sa nomenclature. Les programmes se retrouvent désormais au moment de faire clic et à la maison sous le contrôle de logiciels magiciens maison. Les appareils, eux, n'ont pas vraiment changé de têtes. Toujours la concurrence entre le réflex qui il faut bien le dire ne s'est pas senti plus léger avec l'arrivée du numérique et le petit que l'on met dans la poche. Dans le même magazine hivernal, un dossier en parle en les comparant sur leurs résultats pour finir par dire, qu'ils sont tous deux complémentaires.

A l'ouest, rien de nouveau, quoi. C'est toujours le sujet photographique qui fera la différence et la valeur de celui qui ne regarde plus uniquement dans l'occulaire. La technique fera ce qu'elle peut. Elle n'inventera rien.

Alors, voyons l'hiver avec des photos personnelles...et avec un compact numérique.

Plus spécifique à la Belgique, la société Agfa-Gevaert a subi le même problème que Kodak dans la grand domaine de la photo, mais elle a su faire un retournement de situation en changeant d'orientation dans l'imagerie. Ce qui ne l'a pas fait voir plus d'étoiles avec les pixels dans la Bourse.

Plusieurs sociétés dans le monde ont senti le souffle du boulet envoyé par le progrès et pas uniquement dans le domaine photographique.

Il suffit de piquer une tête sur les cours de Bourse pour avoir des indices en dehors de la seule impression que donne la crise. Des sociétés, moins connues, cachent leurs misères. Non, je ne vous en dirai pas plus, mais suivez mon regard...

Être performant ne suffit plus, c'est clair. Il faut plus pour que le photographe ou le consommateur s'esbaudisse. L'utilisateur, le client mène le bal avec un choix étendu, encore plus large, sur la Toile que dans le magasin du coin.

Erreurs techniques ou stratégiques? Oublier ce qu'est Internet et la rupture du numérique, peut être bien plus que de gagner un concours de bonne conduite ou un bonus à la petite semaine. Facebook qui veut entrer en Bourse et a fait son IPO, pour lever 5 milliards de $, même en période de crise, cela ne dit rien ?

0.jpgNokia, avec ses Smartphones, avait un problème de conception et d’extension possible et des problèmes internes. Une alliance avec Microsoft pourra-t-elle faire changer cette société d'optique? "Optique", voilà que cela me reprend. Un come-back avec le Lumia 800 avec l'interface Windows Phone?

HP en a fait baver beaucoup avec ses PC comme titan des ordis. Mauvaise appréciation, il s'offre des pépites qui sentent un peu plus le roussi.

"Le progrès a encore des progrès à faire", disait Philippe Meyer, mais c'est Franz Kafka que je choisis "«Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.». La raison kafkaïenne a encore beaucoup d'avenir.

La photographie serait à la veille d'une nouvelle révolution en 2012? La jeune entreprise Lytro lance un appreil qui permet la mise au point alors que la photo est déjà prise sur ordinateur. La mise au point lors de la photo a toujours été reglée par un compromis sur le réglage de la profondeur de champ. L'objet principal de la photo, net et le flou pour le reste. L'oeil n'agit-il pas de la même manière? Oui, mais l'oeil n'est pas parfait, ni universel. Ce petit appareil de 11x4 cms enregistre toute la lumière dans un cadrage donné et permet après coup de choisir la mise au point. Le docteur Ren Ng parle de génération 3.0. Au détriment de la résolution, disent certains. Encore un nouveau compromis en perspective?

Alors, bientôt, Kodak2 en Gpix, c'est pour quand?

Sortez vos appareils à bits, l'hiver arrive. Sujet génial...

 

L'enfoiré,0.jpg


Mise à jour 29/3/2012: Duferco et la sidérurgie, même situation.


Citations:

  • « La photographie ? Une lâcheté devant le souvenir. », Didier Le Pêcheur
  • « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. », Anne Geddes
  • « Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant. », Julien Green

17/11/2011

Tout dire, tout écrire, tout caricaturer et puis en rire

Il y avait l'ego de la communication. Il lui fallait du continu. L'information et la communication, toujours elles. Quand on a fait partie des TIC, du Traitement de l'Information et des Communications, il s'agit d'être précis. Mais encore...

0.jpgComme règle générale, on pourrait dire qu'il faut communiquer pour exister soi-même et faire exister les autres.

L'information est un concept étroitement lié aux notions de contrainte, communication, contrôle, donnée, formulaire, instruction, connaissance, signification, perception et représentation. Hors contexte, elle représente le véhicule des données comme dans la théorie de l'information et, hors support, elle représente un facteur d'organisation.

C'est dire que l'information existe telle quelle. Elle est statique, dépendante d'une évaluation, d'éléments de mesures, d'un "thermomètre" dans l'espace et dans le temps.

"La communication permet d'établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu'un, l'ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d'un message auprès d'une audience plus ou moins vaste et hétérogène et l'action pour quelqu'un, une entreprise d'informer et de promouvoir son activité auprès du public, d'entretenir son image, par tout procédé médiatique.".

Par elle, l'information est dynamisée, interprétée avant d'être transmise. Elle peut donc être abimée, enflée ou tronquée.

Auparavant, la communication d'informations se pratiquait dans l'église du village via la chaire de vérité, comme serveur et les chaises, comme clients, dans la catéchèse (déformation de "catéchaise").

L'imprimerie avait apporté la première "distorsion" en éclatant l'information mais à sens unique. Les dégâts dus à une information fausse étaient limités dans l'espace (par la langue) et dans le temps (par la péremption ou la prescription).

Internet a permis, depuis, l'interactivité et l'information circule tout azimut. Cette interaction si elle parait équitable, est aussi la source de malentendus qui une fois transmise, se fissionne, en perd son origine et son authenticité en chemin et dans un temps de plus en plus court. 0.jpg

Cela étant dit, voyons ce que l'article trouvait comme correspondance dans l'affaire du Charlie Hebdo, rebaptisé "Charia hebdo. 100 coups de fouets si vous n'êtes pas mort de rire".

Si la sensibilité immédiate est mauvaise conseillère, les susceptibilités religieuses sont encore plus ravageuses.

Fallait-il brûler Charlie Hebdo? se demande un rédacteur. Le raffinement de Charlie Hebdo? Autant se rappeler,qu'il est le digne successeur de l'Hara-Kiri, le journal autoproclamé "bête et méchant".

L'émission dominicale sur TV5, Kiosque (entre les minutes 45:55 et 52:00), avait dans sa rubrique "Polémique", des journalistes de plusieurs horizons qui en discutaient ferme. -"Inquiétant? Comment réagir dans une société démocratique? Nous vivons dans des sociétés où on a droit aux blasphèmes", disait le Canadien.

Quand la démocratie reste un concept totalement différent de pays à pays, c'est déjà perdre de la rigueur.

-"Il l'a cherché, Charlie Hebdo" lançait la musulmane qui disait, pourtant, en préambule, que "son pays, le Liban, gardait une ouverture d'esprit".

-"Intolérance et violence inacceptable et pas de 'oui, mais'", répondait l'Italien avec véhémence.0.jpg

Des "croisés de l'antiblasphèmes" existent aussi dans le monde chrétien. L'Institut Civitas, issus de la Cité catholique et de Jean Ousset, attaquent la christianophobie en France. La riposte à "Golgota picnic" n'est qu'un exemple. Alain Escada se défend avec ces mots "Pas d'affrontements mais une guerre culturelle". Pas besoin de chercher ce que signifie chaque mot séparément...

En cause,, intégrismes et extrémismes contre l'ignorance de jusqu'où aller trop loin?

-"On peut tout dire, mais pas à n'importe qui", viendrait à la rescousse, en échos.

Les évidences sont mal perçues. Alors, quand on applique un emplâtre sur une jambe de bois, c'est couru d'avance, cela peut faire mal.

0.jpgIl n'y a pas que les paroles et les textes qui "tuent".

Les images font, aussi, scandale. La campagne publicitaire de Benetton, "Unhate" le prouve.

"Question de Foi ou de foie", pourrait-on ajouter avec un peu d'humour. Quand les cultures et les religions, différentes, se retrouvent dans la même Toile, vu la mondialisation des idées et la mixité des idéologies, retrouvées sur la place publique, il faut s'attendre aux chocs des mondes.

Liberté d'expression contre religion? Un match perdu d'avance...

Quand j'ai publié mon premier article qui parlait de la religion de manière général, la période des caricatures de Mohamet survint. Je pris le temps pour sortir le 2ème volet. L'islam n'était pas même invoqué. Quant au 3ème, il arrivait près d'un an après le premier. Articles qui m'avaient demandé une longue période d'incubation, malgré la collaboration de ceux qui m'y ont aidé.

Quand on parle de Foi, on se retrouve soit au recto, soit au verso d'une même histoire mais sans ce fameux ruban de Möbius pour se rejoindre en passant du côté face au côté pile.

Le journal "Charlie Hebdo" ne "grattait" plus de l'information.0.jpg Il remontait à la naissance, à l'éducation, aux fondements des personnalités. Plus rien à voir avec le "politiquement correct" que peut être une information mais du trop "religieusement incorrects".

L'article du journal dont je m'étais inspiré, rappelait des principes de base de ce qu'est une bonne communication de l'information. Celle-ci respecterait les fondamentaux de la communication. Mais, les recommandations ne sont pas toujours à respecter à la lettre derrière des principes de base édictés.

La communication se doit d'être ...

  • compréhensible. Si elle ne l'était pas, aurait-elle une autre destination que la poubelle ou les spams?
  • crédible. Là, cela dépend. Les fictions dépassent parfois les réalités. Les énormités qui défilent sur Internet, non vérifiées doivent être contrôlées, contrebalancées, comparées avec d'autres sources. Il y a le scoop et puis il y a le cerveau qui doit réagir.
  • "just in time" et rester dans l'actualité. Tout dépend de ce qu'on appelle "actualité". Il est préférable parfois d'attendre  pour ne pas avoir à lire des démentis qui contredisent l'info initiale.
  • avoir une vue sur le long-terme. Long terme dans le passé ou l'avenir? Le passé est rigidifié. Le futur est indéfinissable sans boule de cristal. Seul l'historien peut s’enorgueillir de faire un travail avec des bases plus solides. Quant aux visionnaires, aux prédicateurs, ...
  • viser le bon public. Quel est-il? Est-ce qu'il ne se construit pas en fonction de l'expérience, du hasard de ses consommateurs?
  • transparente. Translucide est peut-être préférable à la transparence.
  • utilisable. Pas de pub. Pas de propagande. Pas d'informations qui ne serviraient que son auteur.
  • renfermer du sens. Quel sens? Le sens de son lecteur ou de son diffuseur?

Le "no comment" peut pourtant se justifier en manque d'informations. Le silence reste d'or et est une option valable dans les situations périlleuses pour ne pas aggraver les faits mais elle doit rester limitée dans le temps. 

0.jpgSi rien de nouveau à l'ouest, les médias se doivent de la mettre en sourdine. Pas besoin d'histoire de chien écrasé pour meubler, même si cela pourrait être douloureux pour Tintin, le maitre de Milou. Par définition, l'immobilisme force au silence.

On ne parle jamais de corde dans une maison de pendu, même si très vite, on essayera d'embrayer sur la longueur de la corde.

Sans "forcing" l’information se doit de venir de soi, de sa tête, de son cœur, de sa rate ou de son foie pour ne pas se retrouver entre "Motus et bouche cousue" ou "Botus et mouche cousue", comme disent les Dupond et Dupont.

Que demande le "peuple" de l'information et de sa communication ?

Qu'elle soit utile, utilisable pour lui-même et lui fasse comprendre ce qui l'environne. En cette période de récession larvée, il faudrait réinventer la solidarité dans beaucoup de domaines. Dans celui de l'information et de la communication, pour qu'elles restent plus positives et profitables, ce n'est pas moins vrai. Cela, en dépit du dicton, qui dit que pour vivre heureux, il faut rester caché. Le dernier qui a parlé a toujours raison.0.jpg

Quant à la provocation, elle fait partie de la vie de tous les jours au détour d'un regard, parfois derrière des grilles d'un marchand de mannequins.

Les banques, Dexia en dernier lieu, ont souvent été accusées de mauvaises communications. Les informations boursières et encore moins les rumeurs, ne peuvent devenir un moyen d'influencer les cours en biaisant la vérité. Cela deviendrait suspect et punissable comme l'est un délit d'initié.

La situation inextricable de notre politique belge ou de celle de l'Europe n'a, souvent, pas mérité autre chose que le "damage is under control".

Les gens se fatiguent à entendre la même information. Pour les médias qui n'ont d'autre à se mettre sous la dent et la plume, c'est, peut-être, le moment de remonter aux sources, à l'histoire. Informer, c'est aussi construire la culture générale et instruire ce "peuple".

Il y a l'information et la façon de la diffuser. La forme fait surnager le fond ou la coule, à jamais, avec elle. 0.jpg

Que voyons-nous dans les cas de Assange et Zuckerberg d'après cette image, reçue dans mon mail? Quel en est le message, une fois, traduit? ----->

"Assange donne gratuitement des informations privées sur des corporations et se retrouve condamné".

"Zuckerberg donne des informations privées à destination des corporations et est l'homme de l'année".

S'il y avait un compteur pour les deux, on se retrouverait, peut-être, à du 50/50. Toutes deux, à moitié vraies et à moitié fausses.

Assange reçoit des dons. Ce n'est pas lui qui les apporte. Il glane ses infos, les rassemble par l’intermédiaire de généreux donateurs d'informations sulfureuses. Il n'est condamnable que pour des faits qui n'ont rien à voir avec son site. Cela n'en déplaise à ceux qui sont inventoriés de manière "indélicate" dans les révélations d'un autre temps. 

Zuckerberg, lui, utilise la bêtise de ceux qui se donnent sur Facebook, gratuitement et entièrement, sans même s'en rendre compte. Quant à être l'homme de l'année, ce n'est que le résultat d'une histoire, de toute une infrastructure et de collaborateurs.

0.jpgQui sont les plus pigeons? Cherchez l'erreur...

L'informateur restera toujours comme l'"homme qui parle à l'oreille des chevaux". Il se doit prendre des précautions d'être compris et d'ajuster ses données à son auditoire.

Aujourd'hui, plus que hier, tout message reste suspect et demande une analyse dans le monde de l'information. C'est au consommateur de l'info transmise de se faire une opinion personnelle, après analyse, recherches, sans qu'on lui en prémâche trop de solutions à l'avance.

La Chine a annoncé le lancement d'une campagne contre les "fausses informations", les "faux journalistes" et les organes de presse "illégaux". Là, on touche à l'autre bout, à la censure, après un filtre étatique aux mailles trop fines.

Le mouvement de Mauss était réactualisé par le sociologue, Alain Caillé, en ces termes: avant d'être "l'homo oeconomicus", il y a eu "l'homo donator" avec l'échange symbolique constitué des mots "donner, recevoir, amender et rendre" dans une sorte d'empathie, même forcée. Une entreprise humaine qui marche est celle qui a une logique de dons entre ses interlocuteurs. Rien ne marche si l'information ne circule pas. Elle doit seulement obéir à la règle générale de vouloir informer sans idée de rétention de l'information pour en garder les bénéfices personnels.neurosciences.jpg

Le parallèle avec les TIC est peut-être à faire ici. Bizarre? Pas vraiment...

Le Traitement de l'Information et des Communications ont aussi évolué dans le temps de manière drastique, pragmatique, numérique. Le bug de l'an 2000 n'a été qu'un exemple de contraintes pour gagner de la place.

Au départ, les TIC demandaient une attention particulière pour restreindre en temps les instructions transférées à la machine, trop courte en mémoire, en surface de stockage et en vitesse du traitement. Les infos, les données, numériques ou non, et les buts à atteindre, étaient, pourtant, les mêmes pour garder une vision qui permettait d'orienter, au mieux, le futur.

Que s'est il produit dans l'évolution en plus du développement technologique du hardware? Le software, dans une profusion de langages, pour faire comprendre à une machine, ce que l'on veut d'elle. Langages utilisés qui ne se comprenent pas toujours entre eux sinon par la dégradation de l'original, appelée "fichiers plats".

Quant à l'utilisation de la machine, on a essayé de la rapprocher de l'humain, de la rendre "user friendly", conviviale, pour espérer ne pas se déconnecter totalement du public et, surtout, pour raison "marketing".

Si les potentiels se sont accrus pour y arriver, les médias se sont multipliés et les complexités ont suivi le même chemin. Alors, les informaticiens ont eu l'habitude de découper les problèmes en rondelles dans des processus qui se renvoient la balle après avoir apporté leur propre quote part au traitement de l'information.

0.jpg

Le malheur c'est que les consommateurs ne sont pas des machines et ne suivent plus, noyés sous l'information. La méfiance s'est installée car l'information qui en découle s'est retournée parfois contre leurs propres intérêts sous le couvert d'auspices très bénéfiques. 

Comment dissiper ces malentendus, les sérier, ordonner les informations pour que les messages passent encore?

Google avec son moteur de recherche, a tenté de répondre à la question.

Le problème c'est que cela fonctionne via des algorithmes très sophistiqués, qui donnent la prépondérance à une info plutôt qu'à une autre en fonction de son gain commercial. Pour les infos non commerciales, une foule de considérations entrent en jeu comme le choix des mots clés, du chapeau de l'info et des processus encore plus secrets.   

C'est aux utilisateurs de déjouer les leurres et à passer plus de temps pour descendre dans l'arbre car tout est là mais est perdu dans la masse. 

Dans l'intimisme de la vie de tous les jours, la réponse à l'approche de la communication est encore plus comique, plus déconcertant et, en finale, réconfortant.

Le nouveau film "Mon pire cauchemar" apporte la confrontation inattendue entre des interlocuteurs avec des rôles à contre-emplois presque total. Une grande bourgeoise intello, travaillant dans le domaine de l'art, joué par Isabelle Huppert et un prolo sans complexe, emmerdeur et grossier, interprété par Benoit Poolvoorde. Situation explosive garantie... Une guerre programmée. Pas vraiment une fatwa, même si cela peut y ressembler.0.jpg

Dans ce film, les introvertis et les extravertis se rassemblent sur une même ligne alors qu'à la conception, ils étaient restés sur des lignes parallèles sans espoir de se rencontrer.  "Communiquer" peut, ainsi, devenir le pire cauchemar.

Il y a l'instruction en porte-bagage et l'expérience comme cache-émotions ou cache-sexe, les tics, les tocs, qui prennent le dessus. 

Quand il y a une différence de classe, la vision devient encore plus trouble.

Ce qu'on a dans la tête et du temps pour analyser permet seulement d'en sortir. La fin du film est, cette fois, heureuse.

Le premier qui fait le premier pas et qui appréhende les différences, avec courage et compréhension, c'est celui qui gagne le pari. Le rire devient le pare-chocs de l'existence. Quelques poissons d'avril en (2006), (2007), (2008), (2009), (2010), (2011) allaient dans ce sens.

Si Aristote disait que le rire est le propre de l'homme, il peut devenir ironique dans le style "Voltaire" et ainsi devenir un art de la méchanceté ou encore idiot et non productif.

Malheureusement, les crises à répétition aidant, on ne "peut" plus rire (on ne "sait" plus rire, dirait-on, avec notre belgitude).

Les grincheux persisteront et signeront toujours. Il y aura des bides, des vertes et des pas mures.

Il n'est pas toujours aisé de faire comprendre à l'autre qu'on peut être différent et que malgré tout, on lui veut du bien, parce que il le vaut bien, comme dit la pub. 

Nous ne sommes des Martiens sur cette Terre, seulement des humeurs, des différences subtiles d'appréciation, vis-à-vis des circonstances d'un même drame de devoir vivre ensemble et rester, en définitive, victimes de peurs de l'autre. Le plus grand bide, c'est de n'avoir pas osé faire ce putain de "premier pas".

"Finalement, je me suis lâché", disait Benoit Poevoorde.

"Il faut qu'on slash" et pas uniquement en chantant ou en dansant, comme le fait Sébastien.

Thomas Gunzig le disait, pas uniquement mardi dernier, dans le café serré, mais, aussi, dans un autre, celui de ce jeudi, avec sa verve habituelle.

Alors, êtes-vous plutôt Poelvoorde ou Huppert, ou encore, Efira, comme candide volontaire, ou enfin, Dussolier, celui qui croit avoir tout compris et qui compte les points ?

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Le plus grand bien que nous faisons aux autres hommes n'est pas de leur communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur.", Louis Lavelle
  • "La parole a été donnée au commun des mortels pour communiquer leurs pensées, mais aux sages pour la déguiser.",Robert South
  • "Communiquer suppose aussi des silences, non pour se taire, mais pour laisser un espace à la rencontre des mots.", Jacques Salomé

 

08/07/2011

Tout touristiquement vôtre

Ça y est. Les vacances sont là et la réalisation des rêves de la plupart d'entre nous. Nous allons voir ressortir les "toutouristes" de leurs cocons. L'anatomie de nos envies de vacances" s'accompagne d'une offre importante.

1.jpg"Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage", chantait Brassens. Reynaldo Hahn ne serait pas connu sans l'opérette Ciboulette et l'air célèbre "Nous avons fait un beau voyage".

"Voyage", du latin "viaticum", l'argent pour le voyage. Le mot "touriste" est d’origine anglaise «tourist», contraction anglaise du terme «tour-ist», signifiant étymologiquement «Voyage circulaire».

C'est clair, cela représente quelques choses, ces vacances en boucle. Dépaysement, aventures, exotisme, tout est bon pour sortir des habitudes de ses "pratiquants", de faire un break, de se ressourcer, d'oublier les problèmes.

"Pourquoi partons-nous en voyage?", j'en avais parlé. Qu'en est-il des offres et du choix de ses "fans" parmi elles?

Il y a bien les petites vacances de Noël ou de Pâques, mais ce sont les grandes vacances estivales qui correspondent aux vacances scolaires et à la fermeture des entreprises du bâtiment qui imposent leurs lois. Le vacancier grégaire y trouve son compte avec ses semblables sur son lieu de vacances.  Tout se rentabilise mieux en "tirs groupés". Mais, quand on aime, on ne compte pas.

Oublier les soucis, le stress, le travail et tout le reste et, qui sait, faire ressentir son absence à ceux qui restent, ce n'est pas aussi simple. Sur les routes, dans les aéroports, vu les embouteillages monstres, ce n'est plus, du tout, le même tabac. On ne fait d'omelettes sans casser d’œufs. Qui fournit les œufs? Qui mange les omelettes?

La course folle vers un idéal imaginaire, c'est pas gagné d'avance. Le Salon des Vacances, en janvier, l'agence de voyage, n'ont pas tout dit.

Le voyageur en charter et en low-cost, vont se résoudre à devenir un voyageur de masse, parfois encore plus stressé que dans la vie normale. Fini les salamalecs avant la signature des contrats que l'on rencontrait encore entre les années 50 et 70, lors des premiers voyages en avion. Se conformer aux règles de sécurité, absorber ces flux de voyageurs entre autres, vont énerver tout le monde. S'en suivent crises de nerfs, mécontentements, plaintes, expéditions risquées et ratées. L'aventure, ce n'est plus de l'aventure. C'est devenu du masochisme.

Le choix des vacances se fait encore souvent sur un coup de tête après une visite sur Internet, en fonction, d'une impression, d'une envie, de rééditer la bonne expérience de l'année précédente... 1.jpg

En début d'année, l’Égypte, la Tunisie ont été portés sur la liste noire, suite aux troubles politiques. Flute, je pensais justement y aller... Sur quoi se rabattre en échange? Si on retournait à ce petit hôtel de l'année passée?

Depuis, cela semble se calmer, les prix sont au plancher pour faire revenir le "troupeau" et la manne financière. Flute, j'aurais pas dû les écouter....

ll y a le ciel, le soleil et la mer...

Avoir les doigts de pieds en éventail et, à la limite, une occasion de repousser ses limites dans une aventure qui, on l'espère, aura un lendemain. Si, en plus, on revient avec quelques couleurs de bonne mine, cela prouvera à chacun que l'idée était bonne.

La couleur de la peau, le bronzage, en dit long sur le besoin de vie en plein air. Il y a bien longtemps que la peau blanche, blafarde, était un symbole de classe. La couleur café n'est plus le symbole du va-nu-pieds qui travaille la terre sous le soleil. Ouvriers et employés travaillent désormais à l'intérieur et veulent avoir une peau hâlée comme témoignage de "luxe" et partisan du farniente. En plus, vivre à l'extérieur diminue le déficit en vitamine D. Si la santé s'y met aussi... Alors, tout nu, tout bronzé, comme le chantait Carlos? Peut-être, si la protection solaire le permet, elle, qui a des indices avec des tendances à grimper arithmétiquement alors que le prix, lui, monte exponentiellement.

Jean-Jacques Rousseau prouvait sa foi en la nature, face à l'humain. Franz Shubert écrivait des lieders, dédiées à la promenade. Faire entrer la nature extérieure à l'intérieur, est devenu une préoccupation pour se sentir bien chez soi. La vie spirituelle de Henry-David Thoreau au milieu des bois du Massachussetts demeure une source d'inspiration pour se concentrer sur des choses simples, sans artifices. La recherche du mythe d'un paradis à sa porte, c'est par elle que l'écologie est née.

Kevin Rushby dans son livre "Le paradis" avait trouvé des adeptes du mouvement hippie, dans certaines sectes, appelées adamites, jusqu'à partir à Katmandou.

Les offres, destinées aux touristes, comprennent le patrimoine culturel du pays visité, les vestiges historiques, les musées et ses paysages naturels.

Tout est catégorisé, étoilé dans les guides touristiques en fonction de ces visons avec des endroits dignes d'intérêts ou endroits de villégiatures, départs vers les premiers. Les spectacles, les activités sportives, les fêtes s'ajoutent à l'attraction. La place Tahrir au Caire a pris, tout à coup, une valeur touristique dans les menus. "Dégourdir" ou "secouer" les esprits.

Le "tourisme du chagrin" doit pouvoir aider à se sentir plus heureux sur le chemin de retour. La visite des camps de concentration s'accompagne d'une volonté didactique. Le réalisme apporte les réflexions en direct.

Les vestiges historiques, plus statiques, demandent plus de volontés à s'impliquer. Les vieilles pierres de l'histoire, n'intéressent pas tout le monde. 

Robert Lamoureux, dans un de ses très vieux sketchs, disait: "J'ai vu Rome, c'est fort abimé.". Il a raison et tort, selon l'angle avec lequel on s'attache.

Le touriste s'est mis entre parenthèses dans des dérivatifs. L'émotion reste plus simple à digérer hors des habitudes de la vie de tous les jours. Il visite pour s'informer, pour rentabiliser son voyage, naturellement, culturellement ou pour se donner une meilleure conscience, avec le sensationnalisme comme incitant.

Fabricants de souvenirs, les guides suivent les programmes rituels et font passer un mélange de réalités et d'images, sans y réussir dans la durée. Mais, tout le monde se doit d'être content. Ils se doivent de créer l'envie de faire revenir à cette manne financière. Besoin de rencontres, de contacts privilégiés, concrétiser des rencontres fortuites? Pas sûr. C'est les vacances.

1.jpgJe lisais récemment: "Nos vacances doivent changer. Crise comprise, on n’a jamais pris autant de vacances que cette décennie. Ça ne devrait pas changer. Le «produit» vacances n’est pas comme les autres. Il relève du droit des consommateurs mais il comprend une grande part de services. Car le vacancier est aussi, souvent, en plus, un passager aérien et un «déplacé» soumis aux droits internationaux.". Clarifier les responsabilités de chaque acteur de l'opération de voyager fait partie des obligations de chacun.

Plus d'égalités dans les compensations en cas de non respect contractuel du voyagiste, tout cela est bien beau, mais on oublie qu'il y a un 3ème élément qui n'est pas tenu compte: les hôtes dans les pays visités. Ils n'ont pas souvent eu droit à la parole, face aux besoins économiques impératifs dans les pays hôtes.

"Vacances autrement", oui, mais...

Jouer les anthropologues, les découvreurs, les chercheurs de vérités, les amateurs d'exotismes dans des endroits arides, parfois lointains, reste, vu certains risques, l'exception. Cette approche de redécouverte de la "Terra incognita" ne fait pas oublier les réalités, les risques. Devenir otage dans une région à risque n'est pas réservé qu'aux seuls journalistes.

Cacher les problèmes litigieux locaux est devenu la manière d'échapper à des vérités moins enchanteresses pour certains pays qui ont le tourisme comme sources principales de revenus. Les confinements dans des ghettos touristiques se sont, dès lors, organisés. Parqués dans des zones qui leur sont attribuées, ne permettra aucun contact avec la vie réelle vécue sur place. La solution "save" est réservée à celui qui reste à son hôtel, dans le calme et la volupté, sans embrouilles. Il n'aura rien à raconter, rien à montrer d'autres que les photos de famille devant la piscine. Le paradis ou l'enfer, il n'en a rien à cirer. Il pourra dire RAS au retour. A y réfléchir, ne vaut-il pas mieux admirer la mer, le ciel, la campagne, car, là, au moins il n'y laissera aucune responsabilité, ni contre indication? Et, clic, et, claque pour le reste.

Les formules "all-inclusive" ont confirmé cette vision. 1.jpg

C'est un désir de partir, peut-être, sans peur, sans reproches, et recréer, ailleurs, son propre mode de vie. Partir en voyage, tout en se croyant à domicile, c'est le "pied". Cela veut dire que ces voyageurs n'espèrent pas trop en l'exotisme et qu'ils veulent, au contraire, le confort et la sécurité avec, au pire,  quelques écarts de langage ou de gestes.

Les pays, dit touristiques, vont s'y atteler. Les plats servis ignoreront des plats traditionaux et deviendront internationaux pour la bonne cause. Services maximaux dans l'enceinte de l’hôtel et contacts minimaux avec l'extérieur et la population locale. Les aménagements hôteliers au bord de la plage sont clôturés et ne permettent l’accès de la plage qu’aux seuls clients de l’hôtel avec des clôtures pour cadenasser le tout. Retrouver une forme physique et mentale et revenir en forme pour affronter à nouveau le travail quotidien.

Puis, il y a les autres, ceux qui ont la bougeotte, qui ne sont pas forcément lié aux moyens financiers, même si cela peut y contribuer. Etat d'esprit totalement aux antipodes.

Cette vision reste néanmoins l'apanage des gens qui ont des envies relayées par une instruction plus développée. Ils ont une volonté de faire renaitre les voyages de reconnaissances exploratoires de territoires, missionnaire comme avant le tourisme moderne. 

Le tourisme de loisir est apparu au 19ème siècle comme activité réservée à une classe sociale «privilégiées». Elle se référait à une mise en valeur de leur richesse personnelle avec un certain colonialisme sous-jacent. Voyages à caractère pédagogique imposés aux jeunes aristocrates anglais, pour les amener à faire le grand tour pour découvrir le monde pour des vues économiques.

Attention, au retour, cela peut devenir une occasion de se gargariser la gorge auprès des collègues, en disant à ceux qui veulent l'entendre: "J'ai été en Chine, j'ai vu la Grande Muraille, ensuite, j'ai pris l'avion pour Hong-Kong pour les achats. Pays magnifique. Venez voir mes photos. Celle-ci c'est moi devant la Grande Muraille". Pas mieux, quoi... 

La nature des clients impose aussi ses lois. Si le touriste se rend compte qu'Antoine dans ses voyages, a loupé quelques scènes au passage dans ses films de voyages trop merveilleux pour être vrai, il aura fait un pas de plus et gagné un peu plus d'expériences. 

On vient de fêter le 75ème anniversaire du début des congés payés.

Depuis, les jeunes ont une envie pour eux-mêmes, plus avide encore de connaître le monde que par le passé.

1.jpgAcquis social, les vacances restent très variable en nombres de jours de pays à pays. Pour le Japonais, ce sont, en moyenne, 8 jours par an, 14 jours pour un Américain, tandis qu'un Français se prélassera en vacances, pendant 34 jours en ne comptant même pas les récupérations, les ponts, les jours de RTT. La croissance de la classe moyenne, la force du socialisme et des syndicats se reflètent souvent dans ce nombre de jours de vacances.

Pour les Japonais, le tourisme était une occasion de sortir les nouveaux appareils photos numériques. Les Chinois commencent leur programme de relaxation. Une semaine de congé au nouvel an et une autre pour la fête nationale. Pour les plus fortunés, ce sera Hainan et Yalong Bay, pour les autres une promenade en groupe et en car.

"Et clic à gauche, et reclic à droite..." à la sortie du car, pour ramener du souvenir en boîte de conserve.

Aujourd’hui, le tourisme est un fait social global. Celui qui en a les moyens, part en vacances et celui qui reste chez lui, est quelque part, victime d’une certaine forme d’exclusion sociale.

La société de consommation et des loisirs permet, avec son nouvel essor, de consommer du "voyage" et d'écouler le trop plein de production. Tout avait été conçu pour que le tourisme de masse devienne une véritable industrie.

Les chocs de civilisations, les rencontres de mondes à plusieurs vitesses vont ainsi créer des envies et des conflits avec ceux qui ne pourront jamais s'offrir les voyages de leurs hôtes catégorisés comme "capitalistes". 1.jpg

L’Organisation Mondiale du Tourisme définit le tourisme comme « l’ensemble des activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans des lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non liés à une activité rémunérée dans le lieu visité ».

Cette définition ne montre pas l’importance de la rencontre des personnes entre le voyageur et le touriste.

Selon Boris Martin, le voyageur se distingue du touriste par l’hospitalité gratuite dans les lieux visités sans réciprocité affichée dans l’immédiat.

Pour l’autochtone, la volonté est (ou était) ailleurs. Le voyageur est une occasion d'approcher ceux qui viennent d'ailleurs et qu'ils retrouvaient sur leurs écrans de télévision, relayés par les chaines de télés.

Pour les pays en voie de développement, le tourisme reste une activité hors de portée et illusoire. Leurs résidents n’ont d’autres rôles que d’accueillir les visiteurs. Résidents, ils se voient exclus de l’accès à leurs propres ressources touristiques.

1.jpgLe tourisme est un secteur fort de l’économie étant donné sa capacité à résister aux crises. Des périodes de flottement ont eu lieu. L'après 2001 a été une période creuse. En 2010, le tourisme international voulait reprendre sa vitesse de croisière avec la croissance après crise économique de 2008/2009. Ce fut le volcan islandais qui en décida autrement et a enrayé la belle machine du tourisme. En 2011, la croissance devrait atteindre 3,2%.

Sur les dix dernières années, le secteur du tourisme a cru de 4,4 % en moyenne par an  et représente 9,2 % des emplois de la planète.

La France, l'Espagne, la Grèce, la Turquie, le Portugal attirent toujours le plus de touristes belges. Véritable exode Nord-Sud.

La croissance du tourisme reste forte, même si les salaires des classes moyennes ne suivent pas et que les vacances coûtent plus chers.

Le tourisme est un phénomène ambigu. Facteur de développement et de maintien dans le sous-développement et moteur générateur d’emplois et de richesse, c’est un catalyseur des dynamiques économiques mondiales comme organisateur des territoires et comme source de financement pour la conservation de la biodiversité et des patrimoines culturels et immatériels. Élément essentiel pour la conservation des monuments historiques, des sites archéologiques, des bâtiments anciens et des monuments à valeur religieuse ou culturelle dont les fonds peuvent servir à la rénovation des bâtiments, à encore plus d'infrastructures touristiques et hôtelières.

Sensibiliser les visiteurs sur sa situation réelle vis-à-vis de ses hôtes. Contribuer à l’éducation du touriste qui apprend les modes de vie et lui permettre de mieux comprendre ce qu'il est par rapport à ses hôtes grâce à l’ouverture du dialogue, c'est une manière positive de parler "tourisme".

Occuper les emplois à plein temps n'est pas garanti toute l'année. Apercevoir la discrimination professionnelle aboutissant à des postes généralement peu qualifiés et rémunérés, tandis que les salaires les plus élevés sont réservés aux managers étrangers. Voir l’augmentation des prix des produits locaux qui subissent la pression de la demande étrangère avec un pouvoir d’achat élevé les rendant inaccessibles pour les habitants locaux. Voilà les parts négatives, plus grises, plus responsable du processus.

Comme toutes activités humaines, le tourisme émet sa part de pollution sur terre, dans les airs et sur l’eau par ses nuisances sonores, ses déchets, ses produits pétroliers et résidus chimiques, sa pollution esthétique ou architecturale par tonnes de détritus omniprésents et l'invasion des côtes par les hôtels. Quand c'est concentré sur une période courte de l'année, le problème devient plus ardu.

Les milieux les plus attractifs pour le tourisme, sont aussi les milieux très riches en biodiversité et les plus sensibles à ces impacts. Les effets du tourisme sur l’environnement naturel, les effets socioculturels du tourisme, livré à lui-même, sont tenaces.

La folklorisation des rituels traditionnels ethniques ou religieux, des cérémonies coutumières et des festivals occasionnent des pertes d’authenticité des peuples et l'incompréhension, voir les intolérances, qui dégradent les échanges.

On essaye de définir ce qu'est un tourisme dit éthique pour éviter les nouveaux «sauvages» et les «ennemis potentiels».

Les touristes partis chantait Jean Ferrat, dépité par ces touristes qu'il n'appréciait pas.

En concurrence, deux formes de tourisme:

Le tourisme social prône un tourisme pour tous en évitant toute discrimination. Son objectif est de développer l’accès aux vacances d’un plus grand nombre de personnes en ne s’inquiétant pas trop des dégâts collatéraux, dus à la sècheresse environnante. L’eau douce est la ressource naturelle la plus critique dans l’activité touristique. Consommée en abondance par les hôtels pour les piscines, les pelouses, les terrains de golf et l’usage des clients en période estivale. L'exemple de Benidorm, sacrifiée au tourisme, suit cette débauche de moyens pour tous les groupes de la population, jeunes, familles et retraités, aux revenus modestes et aux personnes à capacité physique restreinte. Les opérateurs recherchent l’augmentation du volume de touristes pour se permettre de baisser les coûts de revient et offrir des voyages bon marché. Les invendus se retrouvent dans les "last minutes" avec des rabais proposés. Combler les trous, à tous prix, quitte à éroder les ressources. L'été reste, dans ces conditions, meurtrier pour la nature.

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La voie du moindre impact, le tourisme alternatif tient compte que tous ces revers du tourisme de masse. Long processus qui ne trouve comme frein que son prix plus élevé. Il repose sur une logique des produits touristiques destinés à de petits groupes. L’implication des populations locales, encadrée mais aussi rémunérée doit assurer équitablement les retombées financières.

Tourisme communautaire, intégré, participatif, solidaire, équitable, écotourisme avec un développement durable sont d'autres manières de l'appeler.

Dans le rapport de Brundtland, le développement durable est défini comme celui qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

La formation des communautés locales est indispensable pour assurer une offre du tourisme alternatif de qualité. Cette formation va de l’accueil, à la gestion en passant par la planification et le marketing.

Un désir d’introspection, de libération grâce à une certaine forme de connaissance, peut déboucher sur une transformation intérieure parfois inspiratrice d’un activisme social.

Alors, le tourisme de masse, un échec?

Il a, surtout, entraîné une perte de confiance et une incompréhension, généralisées. Il subit les inconvénients de ses avantages. Il est le seul qu'une majorité de "faux capitalistes", pourra s'offrir.  Il n'apporte que la suite logique à croire que tout est gratuit comme le concept Internet semble le donner.

Rien n'est gratuit et surtout pas la gestion du tourisme et des voyages. C'est là, le problème.

La standardisation a dû réaliser des économies d’échelle et, pour cela, aboutir à une offre de produits très similaires sur tous les établissements à travers le monde. Le Club Med sort progressivement de cette optique de "camps de vacances" pour se tourner vers plus de luxe. Nouvelle stratégie qu'il faudra contrôler...

On s'adaptera partout et toujours, au client. Le tourisme de masse s’adresse aux touristes qui ont envie de s’éclater et de se défouler, ce sont les plus nombreux et les plus rentables, mais les moins lucides.

Transports, hébergements, restaurations, animations, offerts à des prix compétitifs, forfaitaires, imposent des coûts de production moindres à tous les niveaux de la chaîne, mais entrainent des victimes dans leur sillage chez les prestataires de ces services qui doivent se conformer aux exigences des opérateurs à moins de se voir évincés par la concurrence.

Le "low-cost" comme Ryanair est passé maitre dans le consommé rapide qui ne trouve son répondant que dans la réduction des coûts, mais c'est aux dépends des conditions de travail des employés et des compagnies, censés produire les services plus réguliers. 0.jpg

Il ne faut pas rêver, il n'y a pas de solutions miracles, idéales, générales ni en matière touristique, ni culturelle.

Bruxelles me donne souvent l'impression de voyager sans me déplacer. Alors, il faut "choser", essayer de trouver les liens, les avantages des différences rencontrer. Seule une pensée systémique et complexe peuvent s'apprécier au cas par cas, lieu par lieu de part et d'autres.

Les règles du tourisme ne sont alors plus tellement différentes de la vie que l'on voudrait chez soi.

Insolite Home, est-ce pour ne pas mourir touriste idiot?

1.jpgJulien Blanc-Gras vient de sortir un livre qui met tout le monde d'accord dans un absolutisme "Touristique". Un fou du voyage, donc?

"On est toujours le touriste de quelqu'un".

"Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe.
Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes."

Un commentateur répondait par : "On compte environ 200 états souverains. On vit à peu près 30000 jours. Si l’on considère l’existence sous un angle mathématico-géographique, on devrait passer 150 jours dans chaque pays. Il faut se rendre à l’évidence. Je dois aller dans tous les pays du monde. Je ne trouverai pas le repos dans l’immobilité. Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des sœurs jumelles. Je veux juste aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Certains veulent faire de leur vie une œuvre d’art, je compte en faire un long voyage. Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur.". 1.jpg

La question reste. Comment être sûr d'avoir trouvé son paradis pour y vivre sans avoir approché, et goûté aux limites de notre monde?

Le jour où l'on constate que l'on est content de partir et content de revenir? Peut-être.

1.jpgDur dur, une conversation entre un vacancier et un autre en gestation? Cela pourrait même donner un dialogue de sourds quand le monde continue à tourner. Les vacances restent un moment privilégié. Un moment où l'humour doit être de la partie au moins par un bout du fil. Sinon, pourquoi feu Ducros se décarcasserait-il après son grand voyage?0.jpg

Mais, c'est vrai, il lui faudra, vraiment, un grand café, très serré, pour l'arrêter ce monde-là qui travaille toujours en alternatif.

 

L'enfoiré,

 

PS: Je parlais de spectacles pour touristes. Il y en a un cette semaine à Bruxelles: l'Ommegang. L'Ommegang ("marcher autour" en vieux flamand), est la plus ancienne évocation historique de Bruxelles. Elle remonte au XIVème siècle et était, à l'origine, une procession de reconnaissance à Notre-Dame du Sablon.

Elle prit tout son éclat lorsque, le 2 juin 1549, les autorités de la ville de Bruxelles en firent une fête en l'honneur de la visite de Charles Quint qui venait présenter son fils l'infant Philippe, la fête à laquelle participèrent les corporations, les serments, les notables, la noblesse et le clergé.
Ironie de l'histoire, ce fils fit décapiter les Comte d'Egmont et de Hornes sur cette même place quelques années après. Fête ou dé-fête? Cela aurait pu être moins grandiloquent.

Plus de 1400 figurants. Les places son réservées, un an en avance. L'acteur, Castaldi en était, cette fois, le commentateur.

En photos, petite représentation de l'événement au Sablon,

 

Citations: 

  • "Touriste - Terme employé avec une nuance de dédain, parfois d'agacement, par le touriste pour désigner d'autres touristes.", Pierre Daninos

  • "Tourisme: Activité consistant à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux."

  • "Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture.", Emile Genest

12/03/2011

La grande peur de 2012

Le dernier livre de Laure Gratias "La grande peur de 2012" remettait quelques pendules à l'heure au sujet de la peur qui tourne autour de cette année 2012

1.jpgQue n'a-t-on pas encore dit et écrit au sujet de l'année 2012? Il suffit de plonger dans les fils de la Toile pour remarquer que cela frise le fantasme des prédictions. Les chiffres "2012" comptent 771 millions de références... On se bouscule sur web pour donner son avis avec un maximum de détail. Rester objectif et parfois pro-actif tout en se voulant rassurant, c'est un peu ce qu'a essayé de faire ce livre "La grande peur de 2012". Il faut espérer qu'il n'augmentera pas plus la phobie. J'ai pu constater que ce genre de livre se vend comme des petits pains.

Le calendrier Maya serait une des bases de la "Transformation de la conscience" à relier à la cosmologie et à la théorie quantique.

Aille. Cela fait, déjà, presque peur....

Voyons le préambule du livre qui élargit les prophéties pour conclure par une vue pro-active, mieux, bénéfique: "A la base l'interprétation de l'ancien calendrier maya Tzolkin et de très nombreuses prophéties relayées sur Internet, 2012 serait l'année de l'apocalypse. (vidéo) Nous nous apprêterions à vivre la fin du monde ou le passage à un âge d'or, à une civilisation plus évoluée, au prix néanmoins d'une transition très douloureuse et d'une succession abominable de catastrophes naturelles. À la différence des prophéties classiques, celle-ci n'émane ni d'une secte ni d'une religion particulière, mais plutôt de la mouvance "New Age". Relayé par des individus venant d'horizons extrêmement variés, son écho, en passe de devenir planétaire, alimente un véritable phénomène de société qui va s'amplifiant. Au terme d'une enquête rigoureuse qui démêle le possible du fantasmé, la vérité de ce qui relève de la manipulation.".

Faire le point sur ces prédictions et sur le degré de vraisemblance des cataclysmes annoncés est un programme qui demanderait de remonter à la nuit des temps.

L'eschatologie est aussi vieille comme le monde. Elle se rappelle au souvenir plus on approche de "dates fatidiques". 

 Le mot "crise" est à la mode. Du pain béni pour rappeler que l'épée de Damoclès plane au dessus de nos têtes. 0.jpgCroire à la fable de la reprise sans que les dettes de la crise précédente soient purgées, la fausse monnaie de la planche à billets ne rend pas solvable, elle permet de faire illusion pendant un certain temps.

Les courants de pensée sont liés à une évolution globale de la spiritualité et de la société de ce début du 21ème siècle. Les religions maintiennent leurs ouailles par une peur ancestrale. Elle n'est plus seule. Terrorisme, désastres écologiques et bien d'autres occasions sont là pour réveiller les peurs. On se retrouve dans une nébuleuse idéologique de l'axe du Bien et du Mal. Croyances et Foi s'y mélangent cette dichotomie comme sel et poivre dans l'esprit des hommes. Les autres êtres vivants, la nature ignorent ces sentiments pour ne retenir que l'instinct de conservation et l'obligation de continuer vie.

L'histoire est, dès lors, bien venues pour étayer les théories les plus fumeuses.

Il y a 4 ans, j'écrivais, non sans un certain humour, "Maille à partir avec les Mayas" pour en expliquer les contextes à cette histoire de Mayas. A la base, les calculs des Mayas fondaient un cycle appelé "compte long" qui commençait le 11 aout de 3114 avant Jésus-Christ et s'achèvera, le 11 décembre 2012.

Treize cranes de cristal s'ajoutent au suspense. Douze ont été découverts et sont devenus la propriété de particuliers ou sommeillent dans les musées. Le treizième fait rêver par... son absence. Pourquoi? Parce que s'imaginer qu'il serait sous le Sphinx en Égypte ajoute au mystère. Une fois, réunis, tous ensembles, les treize cranes permettraient selon cette vision, rien de moins que d'éviter la fin du monde par un message comme une sorte de Saint Graal. (Vidéo de la légende indienne).

Alors, 2012, l'année de tous les dangers?

Des cataclysmes ont existé sur Terre. Il y a 65 millions d'années, une météorite de 10 km de diamètre qui se serait abattu sur le Chicxulub dans la presqu'île du Yucatan, permet de donner une explication à la disparition des dinosaures et de signer la fin crétacé.

A l'approche de la date de 2012 sont sortis des films à catastrophes du style de "2012", "Deap impact" et "Armagédon". La peur à grands spectacles attire les foules.

Les prédictions de la Sibylle de Cumes, de Nostradamus, la Prophétie des Papes, celle de Malachie, le Yi Jing, Merlin, les Indiens Hopis, prépareraient, au besoin, le "terrain de la peur".

La psychose de quelques uns est toujours récupérée par quelques autres. Il faut seulement en rechercher les sources et les buts des prophéties. Qui sait? Le paradis, pour quelques élus, bien choisis, à bord d'une néo Arche de Noé...

Edgar Cayce est considéré comme le plus grand prophète des États-Unis.

Dès 1987, José Argüelle, dans son "Facteur Maya", lançait le processus. Il se concentrait sur des cycles de 5100 ans divisés d'abord par 13 et puis par 20 pour être conforme à la cosmologie. Il suffirait donc, d'après lui, d'attendre les fins et les débuts des cycles pour que les choses se réalisent dans une synchronisation galactique.

Carl Johan Calleman, plus proche du gourou indien Kalki Bhogavan, y trouve la fin de l'âge Kali. Le temps est divisé en 9 périodes appelés "infra-mondes". Ceux-ci s'imbriquent l'un dans l'autre pour se terminer par le plus petit, celui dit "universel" de 260 jours. Il tombe le 28 octobre 2011 et pas en 2012. Sa théorie reposerait sur l'évidence plutôt que la théorie de Agüelle qui se fonde sur la croyance et la peur. L'Arbre de vie cosmique arriverait ainsi à son état quantique le plus haut, mais pour lui, pas à la fin du monde. Précisait-on. Ouf...

John Major Jenkins se retrouve aussi dans toutes les conférences qui traitent du sujet comme ce fut le cas début novembre 2008, à San Francisco. Ces conférences attirent du monde de partout.

Les affaires marchent...

Le cycle des Mayas correspondait à une configuration planétaire qui ne se produirait que tous les 26.000 ans. Alignement entre Soleil, centre de galaxie et plan d'écliptique. Ce qu'on ne dit pas, c'est que cette configuration se présente tous les ans à la même date, le 21 décembre, comme le rappelait Neil deGrasse Tyson.

Il est exact que la précession des équinoxes est en mouvement de toupie et met près de 26.000 ans de cycle.

Pour étayer les théories, on ressort toutes les peurs et les cataclysmes possibles.

L'affaiblissement du champ magnétique terrestre, souvent montré du doigt comme un risque majeur, a baissé de 10% mais, en 150 ans. La dernière inversion a eu lieu, il y a 750.000 ans. S'il s'inversait, un nouvelle fois, on n'en marcherait pas plus sur la tête. L'inversion magnétique de champ magnétique se produit en moyenne tous les 5000 ans, mais il ne se passe pas dans un espace de temps court.

Les rayons cosmiques qui surviendraient suite à l'activité solaire devenue dangereuse avec des taches à sa surface, rendraient les réseaux électriques et les communications impossibles. C'est déjà arrivé dans le passé. Nous sommes toujours là.

Le super volcan Yellowstone qui se mettrait en éruption au niveau 8 sur l'échelle de Richter, est à prendre en considération. Il ferait des dégâts mais que l'on a déjà subit dans le passé. John Savino s'intéresse à ses super volcans, mais c'est surtout en Indonésie que le volcan Toba lui fait peur, par son potentiel. Le volcan Cumbre Vieja de l'île de la Palma bouge. En s'effondrant dans l'océan, il pourrait créer un tsunami, est aussi sur la liste des catastrophes prévisibles.

La planète X (Nibau) est-ce un autre canular ou un mythe? La théorie de Muller et Rohde, théorie de Berkeley que l'on écoute avec une musique de circonstance?

Ésotérisme et soucoupistes se donnent rendez-vous. Les "crop circles de Nazca" sont là. Nous ne sommes pas seuls dans l'Univers, pour la seule raison "statistique" et vu le nombre d'étoiles qui nous entourent.

De toute manière, en 2012, rien de tangible que les risques dépasseraient le niveau zéro sur l'échelle de Turin, vu la (mal)chance qu'un météorite aurait de percuter la surface de la Terre.

Voilà qu'en plus le dernier "Science et Vie Junior" du mois, s'y met.1.jpg

"Accrochez-vous, ça va secouer", prévient l'article en préambule.

20 scénarios pour la fin du monde avec leurs probabilités respectives, dans lesquels on retrouve :

  • Chute de météorite

  • Bouleversement écologique

  • Nouvelle ère glacière

  • Épidémie mondiale

  • Éruption du super-volcan

  • Invasion des extraterrestres.

  • Nouvelle espèce intelligente

  • Une révolution

  • Effondrement quantique du vide

  • Écroulement de la société (référence au film "Livre d'Eli")

  • Emballement technologique (référence à Vernor Vinge)

  • Réchauffement climatique

  • Disparition du chromosome Y

  • Guerre mondiale thermonucléaire

  • Englouti par un trou noir artificiel

  • Rébellion de l'intelligence artificielle des robots

  • Manipulation génétique incontrôlée

  • Panne d'ordinateur cosmique

  • Explosion cosmique

  • Avalé par la "gelée grise" (référence à Eric Drexter et aux nanotechnologies)

Nos jeunes, auront-ils encore le courage de vivre, si on leur sert des idées aussi alarmantes? A décharge des auteurs du dossier, l'humour, bien nécessaire, enrobés dans les textes.

Les tremblements de terre n'étaient même pas mentionnés.1.jpg Le dernier au Japon de force 8,9, avec le tsunami qui a suivi, montre qu'il faut en permanence rester vigilent et revoir nos moyens d'organisation. Les séismes les plus puissants sont là pour apporter, à la fois, crainte mais aussi un test de résistance aux événements.

En période de crises de multiples formes, on pense à passer à la 5ème dimension, celle de la conscience humaine. Tout mais sortir de la torpeur, de nos certitudes, pour entrer dans les "créatifs culturels" en citoyens plutôt qu'en consommateurs. Une approche quantique? Rien que ce mot fascine. Sinon celle d'un paradis que l'on atteindrait dans un ascenseur divin. Ascension de rattrapage de nos erreurs de civilisation avec une logique cosmique.

"Le compte à rebour a-t-il commencé?" se posait la question au niveau écologique, Albert Jacquard. L'écologie est à surveiller, c'est une évidence. L'amour de la nature, alors...

Neale Donald Walsh écrivait "Toutes les actions humaines sont motivées, à leur niveau le plus profond par l'une de ces deux émotions, la peur et l'amour/ Mais, tu es libre de choisir entre les deux".

Par l'amour, il y aurait l'effondrement total des fausses économies du monde pour se tourner vers des moyens alternatifs que l'on symboliserait dans les mots fraternité, tolérance, égalité, générosité... dans une universalité globale.

Cette transformation de l'esprit a plusieurs racines, mais elle se cherche encore ce qu'est l'amour. Ce mot qui, masculin au singulier, se retrouve au féminin au pluriel est plus qu'un symbole, si pas, seulement, symbolique.

De l'amour dans un mouvement humaniste vers plus de sagesse dans une transmutation en ignorant la peur. Beau programme, mais, faut-il le rappeler, l'idée de sujétion existe aussi dans l'amour comme dans la peur?

Au 19ème siècle, Emmanuel Kant faisait le rapprochement entre l'univers et l'individu.

Alice Bailey y associait, en plus, la religion. Teilhard de Chardrin, la noosphère.

En 1937, Paul Le Cour lançait l'idée de l'ère du Verseau.

L'ère du Verseau, certains auteurs les fixent de manière aléatoire à 1789, 1909, 1950, 2012, 2160, 2350... sans dates de fin.

Le "New Age" actuel est un patchwork d'idées et d'individus. L'idée de l'avènement d'une ère nouvelle de paix, d'illuminations et de connaissances capables de saisir l'unité de l'humanité après une transformation des consciences est un programme, que l'on voudrait beau, réussi.1.jpg

La comédie musicale de Hair apportait le rêve de Aquarius avec ses valeurs de douceurs. L'astrologie, le zodiaque cherchent dans les cycles, sa vérité.

Avant 2012, il y a eu le passage au 21ème siècle. Paco Rabane, comme précurseur, écrivait sa "Fin des temps", suite à l'éclipse de soleil du 11 août 1999. Rentré dans les rangs, il a fait oublier ses prédictions.

Conspirations de tous les fantasmes, du complot mondial apportent l'enthousiasme, le rêve et l'inquiétude d'exister.

Intrigues, thrillers, complexités sont les instruments des rêves et des cauchemars. Les prophètes, leur mandataires.

Ce qui est troublant, c'est que les sectes apocalyptiques ne font pas leur choux gras de 2012. Les Témoins de Jéhova fixe leur prochaine "fin du monde" en 2034. Raël, en 2025, coïncidant avec le retour d'Elohim.

Mythes à mettre sur le compte de l'instabilité et du sentiment de danger qui règne. 2012 est propice à une diffusion massive alliant contre-vérités et approximations. Internet est le véhicule miracle par son côté "off", sans contrainte de validation et ni d'obligation de médiation. Contrer l'intellengencia avec l'ésotérisme grâce au Web avec des relents de fin du monde, de complots, d'extra-terrestres est devenu le top des manières d'exister. Sans Internet, y aurait-il eu une affaire "2012"?

Alain Bouchard disait qu'ainsi, comme acteur important, "On a l'impression qu'on sort du quotidien, de la routine, pour entrer dans un univers où il se passe quelque chose".

Si les prophéties ratent leur coup, elles attendront le cycle suivant.

Umberto Eco sortait, récemment, le livre "De l'arbre au labyrinthe" qui était une étude historique sur le signe, l'interprétation et la sémiotique. Il analysait l'apocalypse de Beatus de Liebana par une étude sur les techniques médiévales de la falsification.

Maintenant, rattacher la fin du monde à une date précise, et pourquoi pas, en plus, à une heure précise de 11:12, ce qui correspond au solstice d'hiver, relève de la fumisterie.

Encore faut-il savoir ce qu'est le temps, en réalité. Cette quatrième dimension est-elle vraiment une dimension?

Le monde, on le sait, a des limites finies estimées dans 3,5 milliards d'années. Comme prédiction par la cosmologie, les scientifiques, tel que Raphael Bousso, s'attendent, ensuite, à ce que le temps se fige pour l'éternité d'après leurs calculs mathématiques, très pointus. Une pause sans fin dans une apocalypse de glace fondé sur la théorie des « multivers », introduit par Leonard Susskind. Notre Univers serait une petite bulle au sein d'un méta-Univers, contenant une infinité d'univers avec chacun ses propres lois physiques. Conséquence incontournable de la théorie des cordes et de l'inflation? Incontournable pour qui? Pour le physicien ou le mathématicien?

Big Bang ou Big Bounce. L'instant zéro n'existerait plus. Espace courbe du temps, selon la relativité générale que la "Conformal Cyclic Cosmology" (CCC) expliquerait? Qui dit mieux?

L'astéroïde Apophis s'approche. Un nouveau sursis annoncé pour le 13 avril 2036, un autre Armagedon ou plus simplement une occasion d'apprécier le temps présent tel qu'il est?

Que se cache-t-il derrière cette date de 2012? Certains se posent la question de manière philosophique ou religieuse. On parle de chakra, de dimensions, de coeur, de vibrassions. Restons Zen... Ce qui est déjà prévu du côté politique: des élections en France, aux États-Unis, au Sénégal, au Mali... Les collectes de fonds commencent... RAS.

Quant aux Mayas, s'ils n'avaient pas eu la bosse des maths en vigésimal, on n'en serait pas là. On leur accorde tellement d'attention, avec effet retard, alors, qu'eux ne l'accordaient pas trop à leurs contemporains...

Il y a les petits malins. Ceux qui vendent la peur  un Jugement dernier pour le 21 mai 2011. Qui dit mieux?

Les peurs s'auto-alimentent. Si on n'y prend garde, elles nous boufferaient sans raison. La peur phobique est chronique et relève plus de la psychologie et de la sociologie. Garder les pieds sur terre devient une affaire de survie et donc à suivre. Lesgourous et leur porte-paroles ne sont pas toujours innocents et en seront pour leurs frais.

Deux psychologues de l'Université de Chicago disaient qu"'il faut affronter ses peurs en les couchant noir sur blanc par l'écriture, plutôt que de penser à autre chose". "L'écriture permet de prendre du recul et de se recentrer sur soi", ajoutait un autre, parisien, lui. Que l'idée, elle est bonne! N'était-ce pas le bon moment, pour moi, de le faire?

En attendant, si on se fixait rendez-vous le 1er janvier 2013? On irait boire, ensemble, une plus grande coupe de champagne que d'habitude, si on ne s'y baigne pas dedans. Évidemment.

1.jpgHier, c'était le 11 mars 2011. Une autre date qui restera dans les mémoires.

Ce matin-là, au Japon, ce fut un tremblement de terre, un tsunami et des morts.

Pas eu beaucoup le temps d'avoir eu peur.

Le soir, ce fut le 25ème anniversaire de l'hymne à la vie, les Restos du Coeur avec les Enfoirés sur TF1.

Peur de rien

Non, il faut seulement essayer de vivre au jour le jour. C'est tout.

Et en attendant chanter "Pour la fin du monde

Prends ta valise
Et va là-haut sur la montagne
On t´attend
Mets dans ta valise
Une simple chemise
Pour la fin du monde
Pas de vêtements   


L'enfoiré,

 

"2012 et le fins du monde", Bernard Boudeix

 

 

On reparle du Cygne Noir de Nassim Taleb, une espèce en voie de reproduction. Alors tout repasse depuis l'attentat du 11 septembre 2011, la faillite de Lehman Brothers, la dégringolade de l'immobilier aux Etats-Unis, les escroqueries,  le tsunami de Noël 2004, de l'ouragan de Katrina; du tremblement de Terre en Chine, duséisme d'Haiti, le volcan Islandais, de la plateforme Deepwater Horizon, du réveil des pays arabes ... du tremblement de Terre au Japon.

Calme....

 

1.jpgScience et Vie Hors Série de Mars

Tempêtes, Séismes, Déluges, Sècheresses, Volcans, Orages, la Terre est meurtière.

Toujours plus de catastrophes? Non.

-4,5 milliards d'années: La Terre fait le plein de magma

-4,1 milliards d'années: Du déluge naissent les océans

-3 milliards d'années: Les montagnes émergent

-2,3 milliards d'années: La glace envahit terres et océans

L'homme a plus à perdre qu'hier. Les catastrophes coûtent de plus en plus cher, car nous sommes de plus en plus riches. Les chapitres qui constituent l'étude sont:

Des mythes pour expliquer l'inexplicable Colères divines. Légendes et malédictions

Quand l'homme joue avec le feu: Forages profonds, barrages, géothermie...

Vers l'ultime destruction?

Combattre le mal par le mal déclancher une catastrophe pour en éviter une plus grande.

 

 Citations:

  • "Je pense à tout ce que la peur va posséder et j'ai peur, c'est justement  ce que la peur attend de moi.", Alexandre O'Neill

  • "O peur, peur auguste et maternelle, peur sainte et salutaire, pénètre en moi, afin que j'évite ce qui pourrait me nuire.", Anatole France"

  • "C'est de ta peur que j'ai peur.", William Shakespeare

  • "La vie est un voyage, nous sommes dans la salle d'attente", Anonyme

 

05/12/2010

La Bande dessine sur les murs

Comme le dit Wikipedia "La bande dessinée est considérée comme un art à part entière en Belgique. Un grand nombre de bandes dessinées francophones sont d'origine belge, d'où l'expression bande dessinée franco-belge." Où la trouve-t-on? Dans les livres, bien entendu. Au cinéma, parfois. Dans les Musées de la Bande Dessinée comme celui de Bruxelles. Mais où encore? On va le découvrir...

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Dimanche.

5 décembre.

En Belgique, demain, c'est la fête de Saint Nicolas et des enfants sages. 

Il fait froid. Le traîneau de Saint Nicolas aura du mal à se frayer une voie parmi les chemins enneigés. Il est toujours pris par le temps. Il a dû prendre de l'avance. Je le comprends, le weekend, c'est plus tranquille.

Pour les grands, que de mauvaises nouvelles à se farcir au quotidien! Son sinistre collaborateur, le Père Fouettard distribue trop de coups de fouet.

Il fallait du rêve, beaucoup de rêves pour cet événement.

Que pouvais-je offrir, de mieux, aux petits et aux grands? 1.jpg

Oui, je sais, certains pourraient aller chercher leur Saint Nicolas à la banque demain, mais n'anticipons pas... à chaque jour suffit sa peine et ses colères.

Partons en chasse à la bande dessinée belge.

Wikipedia dit tout ou presque à son sujet: "Elle démarra réellement en 1929 avec Hergé (inventeur de la « ligne claire », dessins dépouillés à l'extrême). Il fit voyager son jeune reporter nommé Tintin aux quatre coins du monde (et même sur la lune !)."

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Hergé a créé une lignée de dessinateurs avec ses albums, adressés aux jeunes de 7 à 77 ans.   

En 1930, il sortait son premier "Tintin au pays des Soviets". Il y aura 23 albums qui passeront sur tous les continents. Tintin est devenu un mythe.

Depuis la mort d'Hergé, il est considéré comme l'un des plus grands artistes contemporains et a vendu plus de 200 millions d'albums, traduits dans une centaine de langues. Aujourd'hui, l'œuvre d'Hergé est gérée par sa veuve Fanny Rodwell via la société Moulinsart et la Fondation Hergé.

En 1964, Tintin a aussi pris le chemin du film avec "Tintin et l'orange bleue". Il l'a pris aussi en télé.

Cette fois, c'est Spielberg, "himself", qui va bientôt sortir un film avec des acteurs qui joueront son histoire en le faisant revivre en 3D. Ce sera donc "The Adventure of Tintin. Secret of The Unicorne"". Un secret de la Licorne qui date de 1943.

Un budget de 95 millions d'euros.  Une ambition de rester fidèle à l'esthétisme d'Hergé, avec la "motion capture" pour restituer numériquement les visages des héros. Les pérégrinations de ce reporter célèbre qui voulait aller partout, va être très surveillées. Ca, c'est sûr. L'entreprise "Tintin" vaut encore de l'or en mascottes et en ex-votos qui reflètent les épisodes des premiers pas sur la Lune et d'ailleurs. Jamie Belle incarnera Tintin. Andy Serkis, celui du Capitaine Haddock. Quant à Milou, secret, personne ne sait.

 

Et puis, la célébrité attire les polémiques.

1.jpgIl y a un an, ce fut "Tintin au Congo" sous l'angle du racisme.

Les tintinophiles, ceux qui ont conservé les albums originaux de Tintins sont plus riches aujourd'hui. Les planches originales ont été mises à l'enchère récemment. Les prix atteignaient des sommets. Les acheteurs s'en retrouveront-ils plus riches de souvenirs?  

La marque "Tintin" est ultra-protégée. Les représentations des "jouets Tintin" ne sont plus à catégoriser parmi les jouets mais dans les objets de collections.

1.jpgLe "Question à la Une", "Tintin a-til vendu son âme au diable" avait été consacré à cette nouvelle forme de protection des droits d'auteurs que n'aurait peut-être pas apprécié son créateur.

Le nouveau Musée Hergé a relancé, récemment, une autre polémique quand les journalistes ont été compris comme des adultes-enfants, mais "photos non admis".

 

Et, oui, tout augmente, tout change. Même La Castafiore ne chante plus de la même façon.

Pour la fête national de 2005, Tintin avait envahi la façade du Palais de Justice.

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Les voitures qui avaient un lien avec les histoires rocambolesques de Tintin, y étaient représentées.

3.jpgEn mai 2009, c'est la Grand Place qui étallait la fusée pour la Lune sur le sol sous les regards étonnés de la foule et de la bande à Tintin.

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Oublions les polémiques et Tintin est loin d'être le seul acteur.

Avec 650 auteurs de bandes dessinées,  la Belgique peut s'enorgueillir de « la plus grande concentration au monde de héros de papier au kilomètre carré ».

Se sont suivis entre-autres : Spirou (1938), Blake et Mortimer (1946), Lucky Luke (1947), Bob Bang (1947), Félix (1949), Achille et Boule-de-Gomme (1949), Gil Jourdan (1956), Gaston Lagaffe (1957), les Schtroumpfs (1958), Boule et Bill, Luc Orient, Achille Talon, Buck Danny, Dan Cooper, Bob et Bobette, Tif et Tondu, Modeste et Pompon, Bob Morane, Chick Bill, Ric Hochet, Corentin, Alix, Cubitus, Natacha, Yoko Tsuno, Bernard Prince, Comanche, Olivier Rameau, le Chat, Les Tuniques bleues, Jeremiah, XIII, Largo Winch, Gord, Fox, Albert Lombaire, les Schtroumpfs.

Franquin se spécialisa dans les gags de Gaston Lagaffe.

Jacobs, le fantastique de Black et Mortimer.

Van Hamme, le domaine de la finance avec Largo Winch.

Avec la sophistication de Schuiten, ce sont les adultes qui commencèrent à s'intéresser à la BD.

Marvano y ajouta la science fiction.   

Tout récemment, Alain Chabat piste Marsupilami à Bruxelles pour "Houba ! Le Marsupilami et l’Orchidée de Chicxulub".

Le Musée de la BD de Bruxelles attire beaucoup de visiteurs pas uniquement parce qu'il s'abrite derrière les murs d'un bâtiment de prestige créé par le maître de l'Art Nouveau,  Victor Horta.

La BD pour adultes a pris aussi le relais.

Je ne suis pas, ou plus, un lecteur fervent de bandes dessinées. Les textes m'attirent plus. Aurais-je dépassé un âge critique ou une question d'époque révolue?

Le journal "Pilote" a été un compagnon de ma jeunesse. J'ai conservé longtemps les planches centrales du "Pilotorama". Le journal n'est plus. Il a vécu pendant 30 ans. Tintin est toujours là. Mon épouse possédait tous les albums avant de les céder chez les jeunes de la famille à l'occasion de Saint Nicolas, probablement. On se doit de passer le flambeau.

Aujourd'hui, les images attirent bien plus que les textes et pas uniquement chez les jeunes. Une bonne histoire, une intrigue palpitante, parfois de l'érotisme, sont les ingrédients d'une BD moderne et réussie.

20100901Rentrée des classes enregistreur.jpgMais, cette fois, ce ne sont pas les livres, les musées qui nous intéressent.

Ce sont les murs de la capitale, les interstices de ses murs qui accueillent les dessins et qui vont nous démontrer qu'aujourd'hui, la BD est bien vivante sous toutes ses formes et avec tous ses auteurs qui y ont collaboré.

Mi-novembre, Van Hamme présentait son "XIII" dans la rue Philippe de Champagne.1.jpg

Bruxelles organise des promenades pour découvrir le "neuvième art". J'en ai fait autant depuis longtemps.

Tout est bon pour inspirer l'envie de dessiner les rêves des bédéistes au grand bonheur des Bruxellois. Dans le quartier des Marolles, Tintin et "ses copains" y sont partout.

Tout est gratuit et à la vue de tous, si on sait où les trouver.

Ces murs de Bruxelles nous font nous attarder, nous font rêver à notre passé, à notre présent? Tout est gratuit, cette fois.

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Comme Saint Nicolas ne voyage pas jusqu'au Québec, ce show mural se fera  en jumelage avec mon ami québecois qui en présentera les photos qu'il aura choisi avec le verbe qui le caractérise.

 

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Bonne fête aux "lecteurs de 7 à 77 ans", disait Hergé. Ce sera plutôt, de 8 ans jusqu'à 88 ans, aujourd'hui.

1.jpgQuant à vous, Saint Nicolas prenez votre temps, cela glisse...

La promenade vous attend.

Mais, pour les pressés de la gachette, les photos sont aussi ici.

 

L'enfoiré,

 

Saint Nicolas passe aussi au Nord de la France et chez Agoravox

 

Citations:0.jpg

  • "La seule chose que nous ayons à craindre, c'est que le ciel nous tombe sur la tête!", René Goscinny
  • "Tintin a changé de pantalon après 45 ans. Espérons qu'il a plus souvent changé de chaussettes", Philippe Geluck0.jpg

15/04/2008

Ote ton bandeau et ajuste ta balance (1)

Le grand procès Fourniret est en cours. L'émotion et la colère contre la justice ("Incurie du système judiciaire. Son imbécilité..." Marie-Noel Bouzet). Et si on prenait un peu de recul et si on parlait de cette Justice, elle-même. La justice, qui fait partie du pouvoir judiciaire, un de nos trois pouvoirs belges, est-on dans son "bon droit" de prendre un peu de temps pour l'analyser plus intimement? L'arroseur arrosé, en quelques sortes. 

justicePrélude

A tort ou à raison, je dois avouer que je n’ai jamais été en pleine confiance devant l’équité, les verdicts, les sentences au devant des procès pour lesquels la Justice doit statuer. Dans cette première phrase toute anodine, que de mots liés avec cette la justice et pourtant, l’homme de la rue en est très éloigné et a souvent du mal à en comprendre le suivi. Peut-être, le justiciable en attend trop de la Justice, présentée comme "La" solution à leurs conflits. Il y fait appel dans la majorité des cas pour défendre ses droits dans un esprit très peu rassuré en recourant à un avocat, le plus souvent, ou parce qu’il est appelé à comparaître dans une affaire dont il est témoin.

Garde fou de nos actions et de nos agissements, la justice permet de vivre en harmonie en société. Elle est là pour faire respecter les lois édictée par un autre pouvoir. Sans elle, l’anarchie perpétuelle et les pires méfaits régneraient. Les Droits de l’Homme sont bien clairs à ce sujet. La responsabilité de chacun doit être contrôlée pour permettre toute vie en commun par l'intermédiaire de la Justice. Il n'y a société que dans le cas où le droit est présent. La Constitution, faisant part de tout État qui se veut démocratique, est la loi fondamentale en fonction de laquelle la société est constituée. Les droits fondamentaux que l'on nomme nourriture, chaleur, logement, éducation, soins et justice, ont leurs places dans cette charte de l'individu et des personnes. Cette liste évolue en fonction des exigences du bien être et pour corriger une erreur d'appréciation de l'histoire. Le recours au juge est donc la manière normale de résoudre un conflit avec son voisin, son débiteur, son employeur, l'assassin et j'en passe dans la liste des litiges de la vie en commun. Notre Palais de Justice à Bruxelles, plus vaste que la Basilique Saint-Pierre à Rome est une preuve que la Justice veut en imposer. Gageons qu'on y arrivera dans l'intimité du citoyen, aussi. 

 

L'histoire
 

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance02.jpgDe tout temps, pharaons, seigneurs et clergés exercaient le pouvoir de Justice et avaient droit de vie ou de mort sur les habitants gérés par eux. La loi du Talion est la plus ancienne des lois de justice. Au Moyen-Age, les auteurs de meurtres étaient traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, était réservée aux larrons. Les criminels de lèse-majesté étaient décapités. Les aveux s'arrachaient souvent par la torture. Le rituel de la peine de mort, orchestré par la présence de la foule, était vivement ressenti comme une atteinte à l’honneur personnel et familial.

Ensuite, et jusqu’au 13e siècle, le Roi reçevait de Dieu le pouvoir spirituel et temporel de rendre justice. Entouré de conseillers, il expédiait, lui-même, les affaires. Les peines étaient codifiées dans des écrits appelés Coutumiers en fonction des types de délits.

Par après, le Roi allait déléguer ses pouvoirs judiciaires à des juges spécialement nommés. A la révolution française, la réorganisation de la justice s’imposait aux révolutionnaires, pétris de philosophie des Lumières. Les Constituants élaboraient la Déclaration fondamentale des Droits de l’Homme. Fin de la torture. Les débats contradictoires permettaient aux citoyens d’exposer leurs points de vue.

Napoléon réalisait l’unification des lois et un nouveau code civil porte, désormais, son nom. Il restait conscient du lien existant toujourss entre le temporel et le spirituel pour s'assurer un maximum de plébiscites. Les degrés des tribunaux suivaient déjà la même hiérarchie que nous connaissons encore aujourd'hui: juges de paix, du civil, de cours d’appel, de cassation. L'impunité et les privilèges de l''Ancien Régime", représentés dans une justice privée, dès la fin du 18ème siècle, ont été remplacés par une justice publique et civile.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance07.jpgA la fin du 20ème siècle, l’abolition de la peine de mort était de plus en plus observée. En Belgique, elle datait de 1996 bien qu’elle n’était plus été exercée depuis plusieurs années auparavant. Ensuite, plus beaucoup de bouleversement jusqu’à nos jours. Seulement, une évolution douce s'en est suivie, toujours embourbées dans des dossiers de plus en plus volumineux.

Les nouvelles méthodes

Les méthodes récentes de découverte de la vérité évoluent en efficacité: la biométrie, l’identification criminelle par les empreintes digitales sont utilisés depuis 1897. La biotechnologie, la génétique et l’étude de l’ADN apportent, aujourd'hui, une approche scientifique de plus en plus précise dans la recherche des culpabilités.
La recherche de la vérité reste la préoccupation des prétoires. Aucun moyen actuel ne permet encore, à coup sûr, l’identification d'un coupable que ce soit à l’aide de sérum de vérité ou de la machine habilitée à la détection des mensonges. Indications, sans plus, mais pas preuve.

Science non exacte, par définition, elle ne devrait, malgré tout, pas trop s’en éloigner car il en va de la liberté ou de la punition par emprisonnement d’hommes et de femmes. Les erreurs judiciaires brisent une vie car, même si, après de multiples tentatives, la vérité éclate, enfin, au grand jour et que l’inculpé est blanchi, aux yeux de l’entourage, les rumeurs courront encore et le doute subsistera. Le "Pas de fumée sans feu" poursuit la pensée du citoyen lambda. Certains journaux à sensation prennent souvent un malin plaisir à amplifier cet état d’esprit, à forger une opinion avant et pendant les procès. « Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées » (Art.. 11 des Droits de l’Homme). Cet article est néanmoins caduque dans les faits dans certains cas. Depuis le 8 Janvier 2008, l'assemblée nationale française a adopté le projet de de loi relatif à la détention se sûreté permettant de faire une entorse à cette règle. La présomption d'innocence tombe aussi facilement devant la raison d'Etat.   


Constatations préliminaires

L’éloignement, parfois le divorce, entre la population et la Justice trouve son origine dans l’usage d’un vocabulaire codifié, sibyllin aux formules ésotériques qui reste parfaitement étranger ou incompris même dans la description des événements les plus communs.

Avec l’esprit verlans, on pourrait dire : « Pourquoi faire simple, quand il y a moyen de faire compliqué ».

Un tel langage est-il nécessaire dans un monde qui se veut proche de ses citoyens? Dénouer les arcanes des procès demande des spécialistes. "Nul n'est censé ignorer la loi", mais, en pratique, il en va tout autrement. Prendre un avocat pour se défendre dans le moindre litige, dans la moindre affaire, est devenu une obligation pour l’homme de la rue qui sinon se trouve marginalisé de fait.

Plus grave encore, se défendre seul devant un tribunal est autorisé, mais jouer son propre avocat, c’est souvent vouer à l’échec la cause la plus juste, la mieux défendable.

La justice se plaint d'être submergée par les affaires. N'est-elle pas volontairement responsable de ses propres contraintes? Emphases, trémolos de préambules ne font qu'alourdir artificiellement la lecture du texte qui le décrit. A bon escient? La justice ne vit-elle pas de ce manque de concision? L'imprécision des lois n'offre-t-elle pas la protection de ses membres? Qui bloque ou ajourne un dossier?

Face à l'affaire d'un client, l'avocat a souvent un rôle initial de recherche de "calques "que l'on appelle "jurisprudences", dans l'arsenal du passé de la justice. Les intégrer, en détecter les failles possibles, broder autour du sujet sont des actions de pure routine.

Une loi, qui est à la base de tous jugements, qu'est-ce? "Prescription établie par l'autorité souveraine de l'Etat, applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun". Rien d'anormal? Et bien si. Il n'est nullement dit qu'elle doit être "précise" et "rigoureuse". Cela veut dire, qu'elle doit pouvoir être interprétée en fonction de la "culture", de l'expertise, des faits sans précédents ou non d'une affaire. Si elles étaient précises, ce serait une véritable révolution. Vous pourriez en principe vous défendre vous même, comme il est d'ailleurs permis. Et les avocats auraient moins de travail.

Les erreurs d'aiguillage ne vous ont jamais effrayées? Non? Comment se fait-il que tellement de Cours ont été choisies par les avocats et qu'en définitive, après des mois, on apprenne que le jugement est remis pour cause de "non-compétence"? On s'étonne de l'engorgement des palais, devant ce qui manifestement, n'a pas été enseigné ou incorrectement, à l'avocat. L'Etat belge vient d'être condamné à 30.000 euros par la "Cour européenne des Droits de l'Homme" dans l'affaire de la décharge de Mellery pour la lenteur de son action.

"Responsabilité: avantage à la magistrature" posait la bonne question de la réforme de la Justice en France. Les réalisateurs de cinéma ont d’ailleurs très bien compris l’intérêt qu’ils pouvaient en tirer en introduisant le suspens dans leurs films ayant pour cadre un procès. Car, la Justice passionne les foules et le cinéma vérité donne le meilleur taux d'écoute.

 

Affaires de pédophie ou "Sérial killers"

Fin des années 90, la Belgique a subit un haut le coeur en découvrant les actes de pédophilie et les rapts d'enfants. Des 'marches blanches' ont suivi cette prise de conscience pour protester.

La justice et la gendarmerie ont été mis sur la sellette et ont du réagir après les commissions d'enquête médiatisées. Des promesses ont été faites à la population. Les choses devaient changer et ont partiellement évoluées.

Avec le recul, qu'en est-il des résultats: une gendarmerie réformée et uniformisé avec les forces de police, le budget de la justice augmenté mais une relation plus étroite de confiance avec la population s'est-elle pas vraiment produite? Les déclarations des victimes prouveraient le contraire. Le procès de l'affaire 'Dutroux' belge n'a pas eu assez de coupables à se mettre sous la dent d'après l'opinion publique. Dessaisissement de juge en charge des affaires. Show spectacle aussi dans une Commission d'enquête télévisée à l'américaine.

Plus de dix ans après l'affaire, Anne Thilly, Procureur Général émérite au Parquet de Liège, en charge de l'affaire, rappelait, lors de son retrait de la vie active, ces moments d'émotions intenses qui ont fait pleurer la population belge et montrait ce qui a changer depuis lors au département de la Justice. Une meilleure communication entre les acteurs du drame (police, gendarmerie et justice), un dialogue entre les acteurs, suppression de la concurrence entre eux, éléments divers qui ont créé les pires dysfonctionnements et le véritable ratage. "Child focus" est né en Belgique. La commission parlementaire organisée pour en tirer les leçons n'a pas été épargnée par les médias. Y-a-t-il une meilleur compréhension après cet anniversaire entre justice et justiciables? Un peu, c'est à espérer.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-fourniret2.jpgL'affaire 'Fourniret' a montré, aussi, les limites de la Justice. Le silence du prévenu n'en est qu'une interprétation. Même genre de victimes, même manière dans la prise en charge de l'affaire. "Négligences ou connivences" était le titre d'un « Envoyé Spécial » de l'époque. Assassins en séries, viols de plus faibles. Dysfonctionnements par les informations qui n'ont pas transité de pays à pays. Manque de recherche de liens entre des affaires géographiquement éloignés. Affaires trop vite classées. Casier judiciaire non centralisé. La Justice a oublié que le crime s'est industrialisé, s'est surtout décentralisé, délocalisé, mondialisé. La recherche de la vérité n'est plus ce qu'elle était. Elle nécessite autre chose que  des pertes de temps. Des décades pour ceux qui ont été les parents de victimes et pour les risques de reproduction des délits rejetés dans l'impunité ne sont plus permises. C'est le travail des enquêteur de police. Bien sûr. Ils doivent travailler dans l'urgence. S'entourer de tout le côté scientifique pour atteindre des niveaux proches de ceux qu'on voit dans des séries comme "Les experts". Il est reconnu que les premières heures après la découverte d'un délit, sont capitales. Dans une affaire d'enfant disparu, c'est essentiel ("Child focus"). Une chance énorme a permis de sortir l'aiguille de la botte de foin. Il ne s'agit pas de mettre des bâtons dans les roues et de travailler en équipes solides et internationales. Le transit d'informations a été aussi amélioré par le Système de Traitement des Infractions Constatées de la police (STIC) et le Système Judiciaire de Documentation et d'Exploitation (JUDEX) référencent 22 millions de personnes en France. Les Renseignements Généraux (RG), le Système d'Information Schengen et le Système d'information d'Europol (TECS), la Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL) comblent les trous. Cela fait beaucoup d'organismes qui ne sont pas sous le même chapeau. En Belgique, Cedric Visart de Bocarné, nommé à 53 ans comme le plus jeune Procureur Général de Liège avait suivi de près l'affaire Brichet. Il faisait parlé de lui dans le Vif-L'Express de cette semaine. Défini comme homme de communication avec la presse n'était pas exempt de détracteurs.  

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-fourniret.jpgA cheval sur la France et la Belgique,  cette affaire Fourniret, mari et femme, "tueurs en série" ou "hors série", passe devant la juridiction de Charleville-Mézierre à partir du 27 mars 2008. Sept meurtres connus, des tentatives d'enlèvement sont à leur actif. Encore une affaire qui a révélé que la criminalité est internationale, alors que la justice de chaque pays se réserve son terrain de prédilection. Interpol absent? Une des victime, la petite Elisabeth Brichet est restée 14 ans dans l'obscurité de la recherche. Le 14 avril avait ses parent à la barre et les mots d'émotion pouvait difficilement dissimulé le chagrin. La Justice était visée par son "Incurie et insouciance".  

Les victimes, perdues, ne demandent, souvent, que la justice soit faite

Le coût du procès est déjà évalué à près de 2 millions d'euros. Seront-ils productifs d'une amélioration?

En France, Lionel Jospin avait pourtant mis en place le Fichier National des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l'ADN des délinquants sexuels jugés coupables.  

L'affaire de l'enlèvement des deux fillettes, Stacy et Nathalie ont eu une meilleure approche et un dialogue s'est mieux installé pour les retrouver. Elle n'est pas plus facile pour autant. La recherche de preuves restent toujours le problème principal quand l'inculpé nie les faits. Mais, est-il "apte" géographiquement et psychologiquement à être le vrai coupable?

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_55.jpgEn France, le procès d'Outreau, sombre affaire de pédophilie collective, apparaissait comme telle en février 2001, laisse un goût amer aux faux coupables. Fiasco inverse dans la construction d'un château de cartes en mettant sur le gril tout un village (60 personnes accusées au début) dans une affaire sordide d'inceste qui s'est emballée en inculpant 17 innocents jetés en prison pour des années. Surréalisme de la justice? Confusion dans les noms de personne et de lieu, mythomanes dans les accusés, juge d'instruction sans expérience qui a besoin de tenir son dossier à flot coûte que coûte pour suivre le jeu de la presse qui associe l'affaire belge et française. Pressions énormes. Viols de dossiers d'instruction. Il a fallu, pour six accusés, faire appel pour éviter  un véritable naufrage judiciaire. Tous ont été acquittés. Devenu la caricature du dérapage à tous niveaux, ce procès a nécessité les excuses du Ministère de la Justice en bonne et due forme. Est-ce une erreur judiciaire comme les autres? L'innocence des accusés étaient tellement évidentes au vu de l'impossibilité de certaines situations, que c'en est devenu un véritable mystère. Une commission d'enquête a été aussi créée pour en tirer les leçons. Le juge d'instruction, Burgaud, malgré tout ce fiasco, n'a pas jugé bon de s'excuser devant les victimes mais a été promu comme substitut du parquet anti terroriste de Paris après une prime de mutation très probablement pour éviter toutes représailles.

Reconnaître l'erreur et la réhabilitation coûtent cher.

Commentaires et remarques rapides:

  •  bizarrement, les ténors du barreau se sont bousculés au portillon pour défendre ce genre de personnage et cela même gratuitement (pub!). La réalité rejoint toujours la fiction d'une manière ou d'une autre quand on pense au film "L'avocat du diable".

  •  le procès d'Outreau va rester caricatural de l'erreur judiciaire dans toute son horreur quand on sait qu'un total de 25 ans de prison a été enduré par les accusés depuis le début de l'affaire. Des leçons oubliées de l'affaire

  •  dénonciations mensongères, affabulations, confirmation par les enfants eux-mêmes sont à la base de l'affaire française. Principe de précaution à observer. Se rétracter est devenu plus difficile que de dire la vérité.

  •  Le «capital vie» perdue est-il monnayable? Renouvelable, ça certainement pas.

  •  Pour être "juste", je me dois tout de même ajouter cette réflexions du journaliste Hugues Le Paige qui a pour titre: "Commission de l'émotion".

  • Des avocats de haut vol pour défendre les grands criminels, généralement les mêmes.

  • Une franchise juridique mise en place dissuade pourtant les plus pauvres de se faire assister par un avocat. Une justice pour riche vient à l'esprit.

 

Principale critique: la lenteur et la lourdeur

Après des recherches des auteurs de méfaits par la police, vient l'étude du cas et la création de dossiers. L'épaisseur des dossiers en dit long. On est en droit de se demander si beaucoup de pages ne sont pas là pour apporter, aux yeux de chacun, le bla-bla parfaitement superfétatoire à la recherche de la vérité et pour intensifier l’importance d'un procès, le rendant très cher par là même. Recouper les faits, les avoir reconstitués sont les artifices de la justice moderne.

Pour le juge qui exerce son métier honnêtement, comment peut-il passer d’affaire en affaire au cours de sa journée et trouver un jugement équitable pour chacun d’eux face aux piles de documents générées?

L'Europe suit de près les États Unis dans la "judiciarisation" de la vie privée et commerciale avec un nombre de procès qui ne fait que croître. Se sont ajouté les délits des "cols blancs". De l'autre côté du miroir, les prisons doivent refuser du 'monde' à cause de leur exiguïté ou du manque de gardiens. Surpopulation et promiscuité. Certains délits considérés comme mineurs sont blanchis, des remises de peine plus rapides sont effectuées par manque de moyens, ce qui ne fait évidemment qu'accentuer le problème de respectabilité de la Justice. N'est-ce pas le moment de changer la conception de la peine en fonction du jugement? Y-a-t-il danger pour la société? La prison reste le seul recours pour la société. Une réhabilitation morale par la possibilité de payer de sa personne pour la famille victime ou pour la société. La longueur de peine dépendante de gravité du délit. Gravité qui pourrait entraîner une vie complète de pénalité pour aboutir au pardon des victimes par la réhabilitation par des travaux d'intérêts généraux pour la société ou pour la famille des victimes. Les audiences reportées entament la patience des justiciables mais aussi des juges qui passent une grande partie de leur temps à postposer pour des raisons multiples: absences des avocats ou par manque de pièces aux dossiers.

Les procès durent parfois des années avant de trouver un aboutissement. Les séances sont souvent ajournées devant l’énormité des données à mettre en lumière.

La lenteur des procédures judiciaires est parfois incompréhensible et souvent difficilement admissible.

La Justice a toute la vie devant elle, les justiciables ne l’ont pas. A cause de cette lenteur, certaines victimes obtiennent justice après leur mort. Comble de l’injustice.

Cette même lenteur, aboutit parfois bien à propos à des non-lieux ou des prescriptions pour dépassement du délai de réactions des victimes. Débordement par des jugements reportés souvent "sine die". On doit bien assumer ce retard. Les huissiers devront remettre le couvert pour les invites suivantes sans oublier personne. Sera-ce reparti pour un tour de moulin ou plus de cours en cours? Gagner du temps est parfois la recette avouée par la défense. Une prescription salvatrice, un vice de procédure, une lassitude du plaignant de la partie adverse avant l'engagement de frais exorbitants, sont les artifices de calcul judiciaire. Il est plus que vrai que les frais ne sont pas à prendre à la légère. On sait où on commence, mais le poteau d'arrivée est souvent un mirage bien lointain. Le perdant du procès remboursera les honoraires du gagnant, désormais.

La Justice de Paix qui va « pacifier » deux interlocuteurs en des réunions de conciliation. Un avocat, au milieu, et la partie est gagnée pour celui qui a pris les devants dans ce sens.

Le manque de considération des jeunes avocats par la non-expérience est aussi un cause à l'arriéré judiciaire. La valeur n'attend pas le nombre des années? C'est pas si sûr, ici. Du moins dans l'esprit des "anciens", les grands "ténors" en profitent. Se faire les dents sur les affaires traitées en prodeo pour les "jeunes tiges" ne rapporte pas lourd et ne motive pas. A peine 1000 euros net par mois, si ce n'est moins, pour préparer un dossier dans les arcanes de la justice. Les avocats prodeo ne se pressent d'ailleurs pas au portillon. Un manque à gagner pour la justice qui voit échapper des procès fructueux potentiels. Des règlements à l'amiable seront des pis aller et une parodie de justice.

La médecine est un commerce. Elle travaille dans le volet santé du corps. Ici, il s'agit de la santé de la société contre elle-même. La rentabilité se trouve dans la longévité. En France, la faculté de Droit et de Médecine sont fusionnées. Est-ce un signe?

Le Code Napoléon a vieilli, c'est sûr. Probablement mal. Des plaintes en provenance de la Cour de Cassation même dans son rapport de 2006 tenteraient de le prouver. Le management des séances de tribunaux laissent à désirer quant au temps perdu pour arriver à ses fins. Seul les ténors du barreau auraient une audience respectée. 

Avec le noeud Gordien, la justice ne vit-elle pas un mal incurable de tous les temps?

On le verra probablement au prochain numéro, au prochain procès, au prochain article...

 

L'Enfoiré, 

La Panda est aussi à la barre

Citations:

  • "La grande erreur de la justice, c'est de s'imaginer que ses accusés agissent toujours logiquement", Jules Renard
  • "Lorsque le couperet de la justice se met en travers de son chemin, l'homme du monde se doit de changer de trottoir.", Benoit Poelvoorde
  • "La perfection de la justice consiste à aimer beaucoup les choses grandes, et peu les petites", Chevalier de Méré
  • "Seule personne qui écrit un document de 10.000 mots et l'intitule "Sommaire". ( Franz Kafka)

26/02/2008

Le petit oiseau est de sortie

Cette fois, c'est Polaroïd qui lâche la bride. La photo instantannée a été supplantée par le numérique. Dans ce cas, on sort la rengaine "On n'arrête pas le progrès". La photographie en donne des preuves évidentes souvent dans la douleur.

photoCertaines industries très florissantes dans le passé ont la gueule de bois ces derniers temps. En l'espace de moins de vingt ans, le dos au mur, elles se sont retrouvées devant l'obligation de changer leur production de toujours ou de périr.

Depuis l'avènement du numérique, toutes les industries qui tournent autour de la photographies ont été touchées: les producteurs d'appareil photos pourtant drillées aux changements de version en version, les fournisseurs de films et de papier photographiques, les entreprises de développements de ces mêmes films, les dispatchings qui orientaient ces consommables et qui doivent de plus en plus passer par l'intermédiaire d'Internet,... Tous se sont payés des restructurations très sensibles. photo

Tout d'abord, en tête, Kodak, né en 1890 et qui fournit sur les deux fronts, pense diminuer la casse en se défaisant de 20.000 emplois dans le monde. En 2004, le Britannique Ilford, spécialiste de labo photo et des papiers noir et blanc, revendit ses activités par appartement.

Nikon a dit adieux à l'argentique et aux objectifs et plus aucun appareil reflex ne sera développé sans l'identification terminée par "-D". Ce n'est plus un virage mais une véritable cassure.

Chez Canon, 14% de ses ventes restent rentables dans les gammes "anciennes", mais il gère désormais les stocks d'EOS et se retirera comme d'autres sur la pointe des pieds. Bizarre de parler de "pied" dans ce cas. Lui, qui, par le passé, donnait une stabilisation aux photos, passe aussi à la trappe des objets devenus presque inutile face aux stabilisateurs électroniques d'images présents sur les appareils numériques.

9f8601ad82061586f88b43e0876db367.jpgKonica-Minolta baisse également les bras, abandonne, dès le 31 mars, son activité photo et passe la main à Sony. Celui-ci, numéro deux de l'électronique, désormais, est devenu le 3ème larron avec 10% derrière Canon (47%) et Nikon (33%). Des résolutions qui dépassent les 12 millions de pixels sont devenus presque monnaie courante. En Belgique, le marché du numérique atteindra probablement le million d'appareils vendus cette année. Renouveler sa gamme est devenu la seule manière de survivre.

Signe du changement complet, la recherche et le développement du film couleur ont été stoppés chez beaucoup de fournisseurs. Chez Agfa-Gevaert, la division film avait été rendue indépendante avec le nouveau nom d'"AgfaPhoto" dans un premier stade pour permettre la mise en lumière les raisons de la faillite prochaine de la division. Les avocats en Allemagne ne chôment pas pour obtenir des compensations pour les travailleurs du secteur. Et, c'est la chaîne complète qui est touchée: fabricant de pellicules photos, laboratoires de développement et du tirage qui se fait désormais chez soi avec l'imprimante. Agfa-Gevaert, Option et Global Graphics sont en tête des cibles potentielles pour de nouvelles OPA. Oserais-je dire, "y a pas photo".

Mi-février 2008, Polaroïd rejoint les vieux objets modernes et annonce qu'il arrêtera la production de ses appareils à développement instantané, aujourd'hui, en qualité et en processus. La firme recherche dès lors repreneur et s'associe désormais à une autre qui planifie de développer des imprimantes sans encres. Breveté en 1929, le papier photographique instantané se composait de cristaux aciculaires qui grâce aux champs électriques et magnétiques absorbaient la lumière polarisée sur une feuille dichroïque.

Tous se sont rués dans la voie tracée par le numérique avec plus ou moins de bonheur après un réveil douloureux. Pas de développement, pas de temps d'attente du résultat.

Comparativement à d'autres développements technologiques qui apportent un nouveau média, un nouveau support de l'information, cette fois, c'est toute une infrastructure bien en place depuis bien longtemps qui vacille sous ses bases. La photo n'a pourtant pas trop à se plaindre quand on pense à la photographie argentique sur film qui a une histoire qui date de plus d'un siècle. C'est peut-être pour cela que le séisme a été plus intense que d'habitude. A force du temps, les rouages d'une entreprise bien graissés perdent malgré tout l'élasticité pour rebondir au quart de tour. De nos jours, le cycle de durée de vie des produits technologiques ne dépasse que rarement les dix ou quinze ans. Les CD, qui ont poussé les disques vinyles dans les musées ou dans les mains de passionnés collectionneurs, se voient progressivement supplantés par les DVD. Sans être une nouveauté révolutionnaire, ces derniers obligent les consommateurs à renouveler l'équipement de lecture et d'écriture pour jouir de cette augmentation drastique d'informations stockées sur le même type de support. Ces DVD se voient également en perte de vitesse et dépassés par une technologie plus performante tout en cherchant encore des standards.

Pour la photo, par contre, une véritable révolution, un "tremblement de terre" chez les employés de toutes ces firmes se sont donc produits dans plus ou moins de silence. Les budgets ont complètement changé d'orientation avec tout ce que cela entraîne de modifications structurelles. Les grincements de dents n'ont pas certes manqué parmi le personnel. Ils ne sont pas venu de l'industrie de la photo proprement dite, qui freinait probablement des deux pieds. Les reconversions ont pu s'envisager chez les plus jeunes, mais...

Des débuts fastidieux du développement de la photo numérique ont pourtant été à la base du lancement. Sortant pour la première fois des usines Sony, en 1982, à petite échelle du caméscope et du Mavica, le premier appareil photographique numérique avec des images stockées sur mini disque magnétique de 2 pouces (Mavipak) permettant d'avaler 50 images. Énormément de points négatifs. Prix exorbitants, manque de résolution et de précision n'allaient pas générer les passions et a fait un flop à l'époque. Un capteur CCD de 279.300 éléments de silicium (sur 570x490 pixels) recevait l'image à partir de l'objectif au travers d'un filtre à bandes (RVB). La définition limitée à 700 lignes horizontales n'étant tout juste bonne à tirer un format d'image de 120*160 mm (MaviGraph).

Les difficultés des débuts a aussi été oubliées par une production de plus en plus grande poussée par la presse et les magazines spécialisés. Ceux-ci annonçaient vraiment l'utilisation possible et rentable dès les années 2000. Les derniers soucis en concurrence avec les bons vieux appareils pleins de maturité s'estompèrent progressivement. La vitesse de prise de vue qui a toujours tenu à l'écart les photographes de sports fait désormais partie du passé. Les résolutions en Méga Pixels (MPix) toujours plus gonflées permettent de rivaliser avantageusement au niveau des résultats avec les 24/36 de l'époque: 10 Mpix, ce qu'il faut pour agrandir ses photos suffisamment et en plus à bon marché. Que demander de plus? L'avantage majeur pour le consommateur c'est qu'il peut voir sa photo directement après l'avoir prise par le petit écran vidéo, qu'il peut en fonction du résultat approximatif corriger et refaire immédiatement la photo ratée. Les prix ont littéralement fondus et se sont rapprochés de leurs prédécesseurs. Prédécesseurs qui disparaissent derrière des prix en porte clé dans l'occasion.

Depuis, en vacances, que prend-vous comme appareil photo pour mémoriser vos ébats? Le petit nouveau avec le petit écran derrière, évidemment.

Une question reste en suspend : la pérennité de vos résultats "papier" imprimés avec l'imprimante à jet d'encre. Beaucoup de textes et commentaires on déjà relevé ce point. Affaire à suivre.

Un "Nouvel Obs" de août 2006, présentait un article intitulé "High-tech à la recherche des clients perdus". Cherchant la solution pour un producteur qui voit son produit devenir ringard après une époque longue out très courte. Il analysait les problèmes à la suite du boom des écrans plats, des clés USB, des baladeurs MP3 qui ont poussé ces sociétés dans les cordes de la technologie numérique. Le magnétophone à cassette, vous en avez encore un très probablement dans votre chaîne HiFi. Il fonctionne toujours parfaitement. Question subsidiaire: "L'alimentez-vous par de nouveaux enregistrements?". La clé USB enterre les disquettes plus sûrement que prévu. L'écran cathodique vit son chant du cygne pour couronner les articles de l'obsolète. Se balader avec du MP3 pendant des heures innombrables a séduit avec la collaboration efficace du PC pour le chargement. Le photophone, nouveau mot, qui intègre l'appareil photo numérique dans le téléphone. Multifonctionnel, ce genre d'appareil était à ses débuts franchement mauvais dans sa fonction "photo" et relevait plus du gadget. Aujourd'hui, encore une fois, on a de quoi se faire surprendre en photo avec la qualité en plus. Ce qu'il y a derrière, les optiques Carl Zeis, toujours dans le coup par leur renommée et par la reconversion réussie dans les appareils de demain. Nokia a présenté son N93 qui en plus de téléphoner va fournir des photos de qualité 24X36 avec zoom incorporé. Qui dit mieux?

Du côté cinéma, après une bataille de standard, le DVD-HD de Toshiba est dépassé par le Blu-Ray de Sony qui fait son grand cinéma. Même format que le DVD haute définition mais avec 5x plus d'informations gravés.

Et pourtant, certains osent parler de "Photo, quand on abandonne le numéric". Et, ce n'est pas par nostalgie.

Investir dans la technologie? Qui oserait encore penser le faire autrement qu'en Bourse. Les produits High Tech vivent presque moins que l'espace d'un matin. Le dieu "Progrès" est intransigeant.

Si le consommateur veut réellement gagner à tous les coups, il n'y a que le producteur qui doit investir dans la technologie de pointe, jamais lui même. A peine sorti du magasin, votre beau jouet sous le bras, plein de sophistications, vanté par les magasines les plus "à la pointe", cet objet du désir aura déjà du plomb dans l'aile de la nouveauté. Mais, quand on aime, on ne compte pas. Le point positif reste que, depuis le numérique, la photo a le vent en poupe. On n'a jamais fait autant de "clic" derrière ce petit écran magique. Alors, ne jamais laisser son appareil dans l'armoire et utiliser tout de suite et à fond la caisse, si le besoin existe. Voilà le véritable message "conseil" de cet article.

Ne jeter pas, non plus, vos appareils photos analogiques et vos beaux "cailloux" qui ont accompagné tant de journées fantastiques en conservant vos précieuses images stockées sur des films gardant le suspense jusqu'au développement bien plus tard. Ils ne sont pas encore à mettre au rancard. Il est parfois possible de les connecter avec les nouveaux. Même si le numérique a beaucoup d'avantages pour le particulier par rapport aux appareils argentiques, certains professionnels ne l'ont pas rejetés et gardent jalousement leur bijoux de technologie légèrement "dépassés". Arrière garde? Pas vraiment donc.

Une fois acheté, amortir cet objet de rêve au plus vite sera votre préoccupation de tous les instants. Ramener les plus belles photos de la terre devrait nous motiver et nous faire oublier la "duperie" bien naturelle de l'évolution des technologies.
Et puis, comme toujours, ressortir d'un grenier, un peu empoussiérés, ces beaux joujoux auront peut-être plus de valeur qu'il n'y paraîtrait au premier abord. Les collectionneurs de tous poils existent et dans un musée, les choses prennent souvent plus de plastique.

Malgré que la couleur se retrouve dans toutes les visions du monde, le film noir et blanc a encore, à raison, ses "fanatiques". Seul un réajustement, un repositionnement s'imposent. Dans un autre domaine, les disques vinyles existent toujours dans les fonds de greniers mais souvent sans aucune chance d'en sortir car le fameux pickup n'a pas eu la même chance. Bientôt les cassettes VHS, les CD vont subir les affres du temps et de la mode.
Dans quelles mesures, faudra-t-il arriver à la conversion complète dans une reconversion? Le consommateur-client sera seul juge. Pour une fois, qu'il a ce droit au chapitre, le poids de la masse restera le décideur exclusif.

N'oublions pas qu'une photo reste un "snapshot", un espace de temps figé correspondant à un moment de vie. Le souvenir qu'apporte ce "stop sur image" permet de s'assurer bien plus tard et de se montrer à soi-même et aux suivants qu'on a existé un jour en pleine jeunesse.

Au rythme où vont les transformations des technologies dans la photo numérique, une question urgente se pose pourtant. La pérennité de nos photos. Ce n'est pas seulement le temps qui pourrait les altérer. Combien de temps nous permettront les industries de pouvoir consulter nos bibliothèques d'images qui, étant numériques et théoriquement éternelles, dépendraient uniquement de lecteurs compatibles vers le haut mais aussi vers le bas de la chaîne? Ne plus avoir les bonnes lunettes pour voir nos belles photos serait tellement peu enviable. L'informatique et ses logiciels de plus en plus performants assurent vaille que vaille cette compatibilité vers le bas mais en y apportant de multiples corrections de version en version. L'Hybernatus de demain aura-t-il la chance de revoir les photos de sa jeunesse? Le match 24X36 avec pellicule contre le petit nouveau numérique à écran comme oculaire est joué. Les ventes d'appareils analogiques se sont effondrées. La "Rolls Royce" de l'argentique, toujours pas sous le "reflex", Leica a presque mis la clé sous le paillasson. Le concept "reflex", lui, n'est pourtant pas mort. Il reste toujours aussi professionnel dans sa volonté d'affiner sa perspicacité, mais il a seulement changé le clin d'œil du "petit oiseau" dans l'appareil. La miniaturisation fait un retour en marche arrière sur le réflex numérique. Il retrouve des objectifs qui ne sont plus mignon du tout.

Nous avons touché de près le domaine des professionnels sans pourtant le traverser. En parallèle, il y a les "grands", les 6X6 qui n'ont pas disparu. Hasselblad, par exemple, touche seulement un autre public plus averti de professionnels. Les objectifs à soufflet pour photographier les bâtiments n'ont pas totalement disparu. Le passé n'a pas encore dit son dernier mot.

Si la photo panoramique a élargi les horizons, la photo en relief n'est pas encore sortie des limbes avec l'anaglyphe et la stéréoscopie. Le cinéma dépassera probablement la photo de vitesse pour le relief. Pour la télévision, c'est déjà en marche chez Philips et Samsung, sans lunette pour le premier avec des écrans WOWvx et des rayons lumineux émis par l'écran. Un nouveau chapitre bien plus palpitant peut-être s'est rouvert dans ce sens. Ouvrir une 3ème dimension se sera, alors, ouvrir la véritablement la fenêtre à l'image. Certains s'y intéressent déjà.

photoSans verser dans les excès présentés par le film "Photos obsessions", bien entendu, photographier reste une passion. Maintenant, si la nostalgie vous prend, peut-être un retour sur les anciennes photos, des anciens négatifs et dias pourrait par la digitalisation remettre les choses en place.photo L'imagination est seule conseillère avec les logiciels existant pour y remettre un aspect d'aujourd'hui. Tout est bon pour capter l'instant. Les filtres polarisant, on n'en entend plus beaucoup parler, alors qu'ils étaient tellement intéressants pour saturer les couleurs. Le filtre UV, lui était vraiment l'inutile de service.

medium_Le_petit_oiseau_est_de_sortie_01.4.jpgCe clin d'œil-ci, vous ne l'avez pas vu, car le petit oiseau vient de rentrer au bercail.

A vos appareils, donc, pas de saison pour les sortir de leurs étuis. La passion ne vient pas de l'appareil mais de ce qu'il y a aux deux extrémités de l'oculaire: le paysage et l'opérateur. La photo, ensuite, ce n'est jamais qu'un ensemble de trois couleur: le bleu, le vert et le rouge.

Analogique ou numérique, même passion.

 

L'enfoiré,

Si la technique de l'actu et du futur vous intéresse, suivez ce site, photovore, parait-il.

Vous en voulez de l'histoire analogique, en voici une : "L'étonnant destin des photos de Serge Prokoudine-Gorsky"

Mais on parle de photos... et si on montrait les parcs de Bruxelles en photos par exemple

 

Citations:

  • "Avenir : Sombre, incertain, complexe mais aussi ouvert, flexible, changeant... Comme l'économie et comme les technologies.", Luc Fayard

  • "Avec des nouvelles technologies, ne sommes-nous pas en train d'assister à la disparition inéluctable de l'auteur ou du créateur au profit d'une marque ?", Paul Virilio

  • "La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa.", Michel Serres

  • "La technologie c'est comme le poisson. Plus ça reste en rayon, moins c'est appétissant", Andrew Heller

  • "Serons-nous capables de choisir les éléments de la technologie qui améliorent la qualité de vie et d'éviter ceux qui la détériorent ?", David Baltimore

 

19/10/2007

Le scoop pour le scoop

Dans notre monde actuel de recherche d'information, la tendance n'est plus d'apporter l'information judicieuse et incontestable dans les temps mais bien avant celle que fournirait le concurrent.

 

848227d6fbb83c2fdf27ef7e7fd7718a.jpgArracher la nouvelle avant les autres à tout prix. Le but principal est de chercher «le scoop», l'information qui fera vendre et saliver.

L' "event" récent dans la politique française, tout le monde en parle du sommet de la hiérarchie à l'homme de la rue. Les antis vont roucouler et appuyer sur l'accélérateur. Les pros vont enfoncer le frein avec véhémence. Je n'y ajouerai rien. Mais, prenons plus de recul.     

Il y a d'abord ceux qui en vivent. Les paparazzis, les "fans de scoops" sont à l'affût du moindre agissement de la vedette, des "people" qu'ils sont appelé à suivre 24 h sur 24, l'appareil photo et le canon télé 1000mm, dernier cri, prêt à crépiter en ne s'inquiétant pas trop de la vie privée de la 'victime' consentante ou non. Les membres du showbiz sont souvent partagés entre le besoin de se faire connaître, donc d'être pourchassé, et le besoin de retrouver l'intimité de la vie privée. Ce métier de filature, de planque est un jeu de chat et de la souris n'est pas nécessairement fautif. S'il y a de la demande, il y aura de l'offre. La demande voyeuriste existe et fait vendre. Il faut donc la satisfaire. Images scabreuses, scandaleuses sont les préférées. Les couples qui se déchirent, la tarte à la crème. La vie privée et publique se rencontrent sans frontière. La presse people en tête est la première à collectionner les procès pour dommages et intérêts pour délit de transgression de la vie privée. Blâmé après la mort de Diana, depuis 5 ans, le job de paparazzi s'est amplifié. L'industrie de l'image volée a redémarré coïncidant avec l'arrivée de nouveaux magazines dit "people", de sites Internet et d'émissions télé consacrées au "star system" (dixit le directeur de l'agence X17 à Los Angeles.

De fausses "paparazades", peut-être un peu trompeuses, mettront aussi le client, le chasseur et sa cible de commun accord. Même rendement pour chacun des acteurs dans la bonne humeur, cette fois.

Le livre du journaliste Jean-Paul Champagne "La mafia des people" parle sans langue de bois et avec humour d'une source de revenus moins transparente en provenance des relations que les stars entretiennent avec la presse à scandale ou non. Une crainte perpétuelle taraude l'esprit du people: "on ne parle plus de lui". Disparaître des plateaux de télé et c'est la malédiction qui s'abat en sanction. Pour se faire, "vendre" un morceau de sa propre existence dorée et privée ne fait pas de mal à l'intéressé. Donner l'impression du bonheur intéresse toujours celui qui rêve et ne jouit pas de largesses évidentes. Ces "mirages aux alouettes" qui sont ils, toujours friands d'événements croustillants?

Quand il faut aller vite pour sortir le papier, rechercher la confirmation demande du temps, le risque est donc grand de publier une information erronée ou "mal adaptée". Alors, ça barde encore plus.

039e3b1ef2b8b03b633e8757b425757b.jpgLes médias, ensuite seraient-ils finalement le seul pouvoir irresponsable, celui qui à l’inverse de tous les autres n’aurait de compte à rendre à personne, celui qui, au-dessus de tous les autres, s'autoproclamerait légitime en échappant aux règles de base de la vie collective en démocratie ? On pourait se poser la question. On ne répare jamais les torts causés par les dérives aux causes multiples dont la concurrence et la pression du marché ne sont pas des moindres. Nous ne sommes pas timides, mais nous continuons à nous soigner.

Entre temps, ça passe ou ça casse. Si c'est faux, on perd quelques lecteurs trop pointilleux, c'est tout. On se fait tout petit ensuite pour ne pas être reconnu comme l'auteur de la fausse nouvelle. La liberté de cacher ses sources est une bonne sécurité vis-à-vis d'un pouvoir, mais une mauvaise chose quand il s'agit de protéger ses propres erreurs. Les consommateurs, ces médiatisés aiment fantasmer. Modérer cette envie est peut-être difficile.

Le consommateur a ce qu'il mérite. Il désire rester "in" dans l'actualité et mieux encore avant les autres. Cette actualité est offerte en pâture aux consommateurs qui ne veulent pas entendre parler d'un quelconque suivi. Cela doit rester dans le "chaud de l'action" et disparaître ensuite. Les "plats froids" de l'actualité qui ont "glissé", n'ont plus la cote. Personne n'en a rien à cirer des suites d'une affaire entendue un jour lors d'un "snapshot" (un instantanné). L'oubli est bien vite là avec le "sanpshot" suivant. L'effet de recul demande un raisonnement plus coûteux, plus personnel.

Les journaux citoyens pourraient entrer dans la brèche. C'est leur rôle de réveiller les consciences et la réflexion. Que constate-t-on? Nenni. La contagion de la presse officielle a été jusque là.  On se gargarise avec les mêmes produits. L'affaire Agoravox dont j'avais fait écho avec d'autres n'est qu'un exemple.

Des blogeurs-rédacteurs se lancent parfois dans des théories plus ou moins fumeuses. Faut-il y crier haro sur ce phénomène? Pas vraiment. Internet sur lequel se réfugie ces blogs est un nouveau média qu'il faudra toujours prendre avec précaution. De nouvelles thèses citoyennes, pourtant, sans l'aval de ses pairs, ont pourtant une chance de faire découvrir une autre vérité ou solution basée toujours sur la réflexion. Ces "blogs journaux" qu'Agoravox offre avec délectation et prestige, s'impose aussi des règles éditoriales "scotchées" à l'actualité comme l'ombre de l'information fournie par les journalistes.

La fraîcheur, c'est bien. Le durcissement des affaires captées au vol l'est aussi, sinon plus. Il constitue la vraie expérience.

Le Press Book de la "scoop mania" n'est pas innocent.

Paco Rabanne, probablement en perte de vitesse, annonçait la fin du monde pour l'année 2000 pour faire parler de lui. Le 21ème siècle entamé, bizarrement, c'est plutôt '"je me suis fait tout petit devant cette poupée" pour se faire oublier pendant un certain temps.

La science, même elle, a joué des coudes pour sortir "la" nouvelle. Tromperies, supercheries se retrouvent en effet côte à côte dans quelques cas heureusement rares.

L'affaire de la "Mémoire de l'eau" qui aurait de la mémoire avait fait grand bruit à l'époque. La prestigieuse revue scientifique "Nature" s'est elle-même fourvoyée en publiant cette information qui, d'entrée de jeu, était tout à faite douteuse, mais qui plaisait à l'imaginaire.

Les travaux de Sir Cyril Burt sur l'intelligence et le QI a aussi poussé celui-ci à des déclarations qui reposaient sur des démonstrations truquées. Sa démonstration sur la dotation génétique de l'intelligence, qui établissait que le rapprochement de jumeaux avait une conséquence sur une intelligence plus élevée, a fait long feu quand après sa mort il s'est avéré d'après ses écrits que les fameux jumeaux n'existaient que dans son imagination.

Plus récemment, un des plus grands experts mondiaux en clonage, Woo-Suk Hwang, de l'université de Séoul, a du avouer avoir trompé la communauté scientifique en ayant falsifié des données pour son dernier rapport de recherche de juin. Son idée de produire des cellules souches "sur mesure" pour réparer des tissus endommagés n'était que pure fiction. Le nationalisme, la fierté de mettre son pays au devant de la scène, sont à mettre dans le pot des excuses. Récemment, un biologiste de Harvard donnait en août 2007 un dénouement heureux à l'affaire en démontrant que Hwang avait été le premier à observer sur des cellules humaines le phénomène de la parthénogénèse. Le bluff d'un imposteur avec ressort en douceur. 

Fin juin 2007, une petite molaire brisée est découverte et c'est une momie anonyme qui remonte 3500 ans d'histoire égyptienne. Il s'agit de la momie d'Hatchepsout, la plus célèbre reine de l’Égypte pharaonique, reconnue comme telle et entourée d'une littérature innombrable. Tremblant d'excitation, le directeur des antiquités égyptienne, Zahi Hawass et le ministre de la Culture, orchestraient avec fracas devant la presse mondiale, cette découverte alors qu'il en niait l'existence un peu avant. La veille, la chaîne américaine Discovery Channel, associée à la découverte, avait grillé la politesse à Hawass, dévoilant l’histoire de la quête de la momie. Des tests ADN devraient être faits sur les momies royales grâce à un laboratoire financé et équipé par Discovery Channel pour un montant de 5 millions de dollars. Ces événements expliquent certainement cela.

Le "Sciences et Vie" du mois d'avril 2006 lançait comme un pavé dans la marre qu'après 40 ans de croyance en la théorie du big-bang pour la genèse de l'univers, que l'idée pourrait être revue de fond en comble. Une énorme étoile ou galaxie a été repérée qui aurait un âge antérieur à ce fameux "big-bang" relance les recherches de plus belle pour trouver ou non confirmation de cette approche.  Tout à coup, tout était remis en question. Les fondements de nos croyances étaient à revoir. Comme scoop, je crois que l'on ne peut trouver mieux !

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Les réelles tromperies sont heureusement rares (0,3% sont avoué ces 5 dernières années) et la recherche de l'information scientifique qui pourra émouvoir la gent scientifique n'est pas la préoccupation primaire. La recherche fondamentale reste la recherche qui peut rester infructueuse pendant de nombreuses années. De plus, la pratique expérimentale est confrontée à tellement de facteurs divers et parasites que l'on peut accepter un mauvais chemin pris ou des résultats trompeurs en apparence. La plupart du temps, cette mauvaise appréciation provient de manque de tests et il ne faudra pas chercher une faute volontaire chez le scientifique qui aura été berné lui-même.

Les résultats ne sont pas univoques. L'honnêteté intellectuelle et scientifique se devra toujours de reconnaître l'erreur de jugement et la corriger. Cela, même si la gloire, l'argent, l'idéologie ou la volonté de prestige de l'état, le Nobel, quelques lignes dans le dictionnaire inciteraient à fausser les expériences.

Pour obtenir le prolongement de son contrat n'est-on pas tenté chez certains chercheurs d'"améliorer" quelque peu des résultats qui seraient restés dans l'ombre? Les subventions précaires ne sont accordées qu'avec l'espoir d'un résultat utilisable en fin de parcours. C'est donc tout à fait humain de vouloir protéger son gagne-pain. Mais, même dans ce cas, l'éthique seule et entière restera pourtant le seul principe de rigueur.

Se reconnaître tel qu'on est avec ses richesses et ses faiblesses dans le parfait anonymat avec le plaisir potentiel de se reconnaître dans la société.

Internet en a mis une autre couche à cette folie du scoop. Le site Extortr ne manque pas de demander aux pararazzi en herbe d'envoyer images et vidéos les plus scandaleuses possibles. Le prix de la transaction est fixé par les chasseurs de scoops.

Un commentaire que j'ai lu quelque part m'a paru une clé du "mystère":

"Les chercheurs acceptent facilement l’histoire des sciences si elle se conforme à l’avancée rassurante du progrès: autrefois on ne savait pas, aujourd’hui on sait davantage".

 

Un rédacteur que j'aime le disait en parlant des "people" : "La star, c'est vous". 

Là, résiderait la Vérité, en vérité.

Jean Gabin chantait ausi "Maintenant, je sais"

"Je sais qu'on ne sait jamais". 

 

L'enfoiré,

Le scoop, voilà que je me fais rattraper par un Panda



Citations :

 

  • "Un chien mord un homme, c'est un fait divers. Un homme mord un chien, c'est un scoop.", Lord Beaverbrook
  • "Célébrité n'est pas belle, et ce n'est pas ce qui nous grandit", Boris Pasternak
  • "A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale", Andy Warhol
  • "La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.", Georges Wollinski
  • "La célébrité m'a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu'autrefois.", Woody Allen03a394ba997b0f812b6c1b2f64f16192.jpg

 

31/05/2007

Brialy: un Zéphyr s’en est allé, souriant

L’éternel jeune premier comme les journalistes le décrivaient, Jean-Claude Brialy ou plus tôt, Jean-Claude, tout court, est mort en cette fin mai. Mai, le mois où l’on fait ce qu'il nous plaît.

07ca08b3fecdef17ee6f28dbef0e3c45.jpgEn 2004, il écrivait l’histoire de sa vie et de ses rencontres « J’ai oublié de vous dire ». Que de choses à dire, que de souvenirs à écrire. Sur 74 ans dont 53 ans de présence au cinéma, au théâtre, sur la scène du grand show de la vie mondaine. Une jeunesse très mal ressentie, cadenassée par un père officier violent et intolérant. Fuir de la maison lui offrait le paradis après l'enfer de l'intérieur familial.

Avec des débuts en 1954, par la petite porte du petit boulot, seul, sans l’aide des parents, il se lance à l’assaut de Paris. Des courts métrages et Jacques Pinoteau qui lui offre un rôle dans l’ « Ami de la famille » enchaîné tout de suite par « L’Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle et "Le beau Serge" de Claude Chabrol qui va lui donner un pseudonyme. Jean-Luc Godard avec "Une femme est une femme", François Truffaut avec "La Mariée était en noir", Eric Romer avec "Le Genou de Claire" resteront des films de référence.

Dans le mouvement « Nouvelle vague » avec Truffaut, et dans « Les quatre cent coup » il va excellé. Beau gosse, il partage son beau parlé et sa présence de bellâtre, jeune et fier de l’être. On veut vivre avec le pied au plancher à cette époque. Belle époque de mâles en proie avec la vie sur le fil du rasoir. Alain Delon, Belmondo ne sont que les comparses de cette vie qui explose après les souvenirs encore frais de la guerre. Enfants de la balle, d’abord, monopolisateurs de la vie sous toutes ses formes et expériences. Aux Etats-Unis, James Dean représentait cette « Fureur de vivre » sous le même titre au cinéma.

Dès 1971, il se lance dans la réalisation de son premier film « Eglantine » et pour la télé en 1973. Il crée le Festival de Ramatuel en 1985. Mais, c’est surtout le théâtre qui l’attire. La présence avec le public, c’est ce qui l’électrise et le motive. Pour le confirmer, il achète le théâtre du "Bouffe Parisien". Quinze pièces, c’est peu et beaucoup à la fois en regard de sa présence au cinéma qui a littéralement absorbé sa carrière, peut-être plus qu’il n’aurait voulu. Il ne savait pas dire « non ». Oui, c’est sûr. Tout tourner avant de raccrocher, une passion, un piège parfois. Une centaine de films au cinéma, 11 à la télé, 12 films réalisés lui-même.

Difficile d’être excellent en tout, mais il a donné ce qu’il lui semblait le meilleur de lui-même.

Le problème pour ces éternels jeunes, ou ils meurent jeune comme un mythe comme James Dean, ou il faut durer. Et durer, c’est passionnant, mais c’est dur. Sans style personnel, il y a du souci à se faire. Jean-Claude l’avait, avec charisme, comme ses « collègues » cités plus haut.

La vie publique, il en a user et peut-être abusé en personnalité du tout-Paris. Rire et humour pour plaire étaient ses envies, ses soucis et ses obsessions. Les journalistes aimaient l’interviewer et lui ne disait, encore une fois, pas « non ». Sa verve passait bien et son rire se partageait avec le plus grand bonheur des deux côtés de la table.

Sollicité de partout pour ses connaissances étendues comme aux Grosses Têtes de Bouvard.

Son livre autobiographique « Le ruisseau des singes » en 2000, en rapport avec sa jeunesse à Algérie avait fait un tabac. Surpris, abasourdis lui-même qu'il soit aussi populaire avec 700.000 exemplaires vendus. Sa sincérité y était peut-être pour beaucoup. Il était l'ami de Jean Marais, de Jean Gabin, d'Edith Piaf ou de Marlène Dietrich, Arletty, Pierre Brasseur, Romy Schneider, Line Renaud, François Périer, Trenet et de tellement d'autres reviennent à la mémoire du lecteur. Et, tous lui ont rendu l'émotion en le considérant souvent comme un frère. Passés avec humour et tendresse pour couronner tout cela. Généreux, combattant contre la maladie du Sida. Education sévère par un colonnel à l'armée. Le bouquin de 2004 reprend les étapes de sa vie bien serrée en événements mêlé à la haute société avec les échecs, les réussites et les humiliations. « J’ai oublié de vous dire » avant de devenir un bouquin, il l’a défendu sur les planches.

Eternel jeune premier, dandy, rien ne lui allait aussi bien. La mort est inéluctable, disait-il. L'oubli, pour lui, était la pire des maladies.

"J'essaye d'être éléguant pour me protéger et d'avoir de l'esprit pour séduire", terminait son premier livre.


Edith Piaf lui disait : "J'aimerais bien sortir avec Delon parce qu'il est beau, rester avec toi, parce que tu me fais rire et rentrer avec Belmondo, parce que c'est surement un bon coup au lit".

 

Diseur expert, chroniqueur de la folie et le show perpétuel de son entourage, sa voix douce mouilleuse, pas mielleuse, ne laisse pas indifférent. Ses bons mots, ses rappels de dictons en rapprochement avec l’explication, l’interprétation qu’il faisait des événements de la vie, sont d’une profondeur d’homme mûr.

Il n’était pas avare de distinctions. Commandeur de la Légion d’Honneur, de l’Ordre national du mérite, des arts et des Lettres, 5 Césars. Le cancer l’a emporté après une période où visiblement la morphine avait fait ses ravages.

Sa devise « Courir plus vite que les nuages ». Ces maudits nuages font de l’ombre même au soleil.

Philippe Noiret qui s’en est allé un peu plus tôt et maintenant Jean-Claude Brialy, deux événements qui nous laissent, spectateurs, orphelins de ces Zéphyrs de la parole française en moins d’un an.

On vous aimait bien, Messieurs aux bons mots. Vos voix sont en nous, imprégnées. Les films seront toujours là pour rafraîchir l’"alzemerisation" de la vie de tous les jours.

L'Enfoiré,

  • Sa citation préférée était « Il y a des gens qui parlent, qui parlent - jusqu’à ce qu’ils aient enfin trouvé quelque chose à dire. », reprise dans "Mon père avait raison".

  • Celle que je préfère de lui: "J'ai beaucoup aimé dans ma vie. Des hommes comme des femmes. Presque toujours des êtres fabuleux. L'amitié, c'est la quille du navire et la voile en est l'amour. Elle vous entraîne vers Cythère ou vers un naufrage".

 

Plus de sentiments et d'hommages sur Agoravox

 

12/10/2006

La vérité qui dérange

A l’occasion de la sortie de son film-documentaire "An Inconvenient Truth" ("Une vérité qui dérange") sur le réchauffement climatique, Al Gore était dimanche 8 octobre à Bruxelles. Il était interviewé par un journaliste de la RTBF.

medium_La_verite_qui_derange.2.jpgCe matin, j’écoutais à la radio l’interview du vice président Al Gore qui a malheureusement raté son entrée dans la grande cours des Présidents des Etats-Unis en 2000.

Le voici dans son intégralité.

Willy Vandervorst  recevait donc Al GORE, l'ancien vice-président des États-Unis; à l'occasion de la sortie du film: "An Inconvenient Truth" ("Une vérité qui dérange").

 

Son choix musical: "I need to wake up" de Melissa ETHERIDGE

W V : Monsieur Gore, il y a six ans, à la fin de votre mandat de Vice-président, on a vu un homme abattu, quitter la présidence des Etats-Unis, maintenant on trouve, si vous me permettez, un charmeur combatif. Qu'est-ce qui a changé en six ans ? Pourquoi, maintenant, ce combat ?

  • Après la décision de la Cour Suprême qui a accordé la Présidence à Georges W. Bush, j'ai eu la possibilité de réfléchir à la façon dont j'allais passer le reste de mon existence et j'ai, à ce moment-là, pris un certain nombre de décisions et j'ai notamment décidé que je souhaitais continuer à parler de la crise climatique. Un sujet que j'abordais depuis plus de 30 ans et j'ai repris une série de conférences concernant le changement climatique et des producteurs hollywoodiens m'ont conseillé de consacrer un film à ce sujet. J'étais d'abord sceptique, puis j'ai accepté, parce que je trouvais qu'ils faisaient de l'excellent travail. J'ai également lancé un certain nombre d'entreprises, je m'amuse beaucoup, mais je passe la plus grande partie de mon temps à faire prendre conscience à la population de l'ampleur de ce problème climatique.

 

W V : Vous pourriez, comme aux Etats-Unis, parler de l'Irak, vous pourriez parler du 11 septembre, vous pourriez parler de la guerre contre la terreur... Pourquoi est-ce vous avez choisi, si vous me permettez une formulation provocante, de parler de la pluie et du beau temps ?

 

  • (Rires) J'ai consacré différents exposés à chacun des sujets que vous venez de mentionner, mais j'ai passé la plus grande partie de mon temps, à parler de la crise climatique. Il est clair que c'est la plus grande crise à laquelle l'humanité a jamais été confrontée. Il suffit de voir quelles ont été les conséquences de l'ouragan Katrina, les problèmes liés à la fonte des calottes polaires, les énormes sécheresses qui frappent le monde et cela nous permet de prendre conscience du fait que la crise climatique c'est bien plus que la santé des arbres, que les petits oiseaux, mais que l'enjeu est l'avenir de l'humanité toute entière et les relations entre l'espèce humaine et la Planète Terre, ces relations ont été fortement bouleversées, en très peu de temps. En moins de 100 ans, la population mondiale a quadruplé. Nous utilisons aujourd'hui, à grande échelle, des technologies qui sont beaucoup plus puissantes que toutes les technologies que nos ancêtres ont utilisées et nous sommes également devenus la principale force agissante sur la nature et il y a cette fine couche d'atmosphère qui entoure la Planète et qui n'est pas plus épaisse que la pelure d'une pomme et cette couche nous l'a remplissons de pollution à raison de 70 mille tonnes par jour et cela a pour conséquence de bloquer la chaleur du soleil dans l'atmosphère ce qui fait fondre les neiges dans les Alpes, dans l'Himalaya. Ce qui signifie que la plupart des grands glaciers du monde sont en train de fondre et nous assistons aujourd'hui à un certain nombre de conséquences qui ont été annoncée depuis longtemps par des climatologues et ce processus s'accélère. Si nous voulons sauver l'espèce humaine, nous allons devoir intervenir au niveau des technologies polluantes que nous utilisons et veiller à utiliser des technologies moins polluantes.

     

W V : Quand on parle de ces questions en Europe, ces questions que vous traitez dans votre film, tout le monde pense au Protocole de Kyoto et dit : le responsable c'est les Etats-Unis…

 

  • Personnellement, j'ai participé à la Conférence de Kyoto et j'ai joué un rôle déterminant dans l'établissement du Protocole, mais je n'ai pas pu convaincre le Sénat républicain de ratifier le Traité et je suis d'accord avec vous, il faut que les Etats-Unis changent leur fusil d'épaule et qu'ils adhèrent au Traité de Kyoto et si il est impossible de le faire pour des raisons politiques, il faudrait au moins qu'ils s'efforcent avec d'autres, de mettre au point un Traité plus strict encore qui remplacerait le Traité de Kyoto. Il est clair que mon pays a tort, mais c'est un manquement qui devrait être prochainement rectifié et ce n'est pas une raison pour les autres pays toutefois, de ne pas tenter de faire davantage qu'ils ne font aujourd'hui, parce que ce n'est pas une question politique, c'est une question morale, c'est l'avenir de nos enfants, de nos petits enfants qui est en jeu. C'est l'avenir de l'humanité. Nous devons tous tenter, moi aussi, de convaincre les États-Unis de se lancer sur cette voie et tous les pays doivent faire davantage.

     

W V : Dans votre film vous parlez de responsabilité morale pour défendre ce genre de thème que vous défendez. Pour un homme politique, la responsabilité morale c'est aussi une responsabilité politique. Est-ce que vous imaginez que reprendre une course pour vous retrouver au sommet de la hiérarchie politique c'est quelque chose qui vous aiderait à faire passer ce message auprès des opinions, auprès des gouvernements ?

 

  • Je n'ai pas l'intention d'à nouveau poser ma candidature à la Présidence. Je n'exclus pas qu'un jour je serai à nouveau candidat, mais je ne crois pas que ce soit le cas. Je crois qu'une des leçons que j'ai tirée de mon expérience est que je dois me concentrer sur l'esprit de ceux qui m'entourent afin de leur faire prendre conscience de la responsabilité de leurs actes et je dois également veiller à ce que quiconque prend une décision politique obtienne un soutien populaire pour cette décision et cela signifie qu'il faut un public réceptif. C'est une question morale, éthique, spirituelle. Si votre enfant fait de la fièvre, si la fièvre ne disparaît pas, si la fièvre monte, il est clair qu'il est de votre responsabilité morale d'aller trouver un médecin pour savoir ce qui ne va pas et si le médecin vous dit ce qui ne va pas, vous avez la responsabilité morale de veiller à ce que cette fièvre disparaisse. Alors, aujourd'hui, c'est notre Planète qui est fiévreuse et cette fièvre elle devient de plus en plus forte et nous nous tournons vers des médecins, vers des experts scientifiques et ils nous disent ce qui ne va pas. Ils disent que c'est le réchauffement climatique, que c'est cette pollution que nous développons et que nous rejetons dans l'atmosphère : 70 mille tonnes par jour et cette fièvre ne cesse de monter ; et ils nous disent que la seule solution est de réduire ces émissions de polluants et nous avons tout à notre disposition pour le faire, sauf peut-être, la volonté politique. Mais la volonté politique est une ressource renouvelable et elle peut être non seulement trouvée, cette volonté politique, par un leader politique qui apporte une solution, mais également en en appelant à la population pour que la classe politique prenne le problème à bras le corps et prenne des initiatives permettant de résoudre la question.

     

W V : Je vais vous poser une dernière question : Quel message donneriez-vous aux nouveaux élus politiques belges aujourd'hui ?

 

  • Peu importe le parti politique que vous représentiez, il faut que vous preniez le temps de voir le film « Une vérité qui dérange » et quelle que soit votre idéologie, vous devez vous efforcer d'apporter à cette crise. Ce n'est pas une question d'idéologie ou de politique politicienne, c'est la survie de l'humanité qui est en jeu. C'est une question de moralité et il faut que tous les partis politiques s'attaquent à cette question côte à côte. Dans mon pays, ça a été le cas. L'enjeu est énorme. Alors, les gagnants, les gagnants je les félicite, mais je vous demande de prendre ce problème à bras le corps, c'est le plus important auquel nous ayons jamais été confronté.

     

W V : Merci beaucoup.

 

  • Merci beaucoup.

     


Depuis plus 30 ans, Al Gore s’intéresse et milite pour les problèmes de notre terre. Problèmes sur la climatologie qui se sont intensifiés ces dernières années à cause du manque d’actions des gouvernements puissants et de la montée en puissance des nouveaux venus, les pays asiatiques. 
Véritable cri d’alarme. 
Il ne correspond pas à l’idée que l’on se fait des Américains, ses réponses aux questions du journaliste avaient, je crois, leur place ici.

Après la présentation de son nouveau film aux USA, il descend sur le continent européen pour prêcher la bonne parole nécessaire à la survie de notre planète bleue.

 

Il reste à espérer qu’il ai été entendu de l’autre coté de l’Atlantique et qu’il le sera de ce côté-ci.

 

En fin d’interview, il intimait d’aller voir le film indépendamment de la politique politicienne mais simplement pour raison de survie et de moralité.

 

Il nous donne 10 ans pour sauver le monde.

 

Alors persuader et persuader encore avec des shows et des conférences à travers le monde. Changer les mentalités. Dur, dur et pas nécessairement de retour en politique.

La version enregistrée et d'autres commentaires sur Agoravox.

Le journal le Monde avait fait aussi un interview dont voici le contenu.

 

L'Enfoiré,

 

Citations:

 

  • "C'est d'âme qu'il faut changer, non de climat.", Sénèque
  • "La météo c'est ce à quoi on s'attend, le climat c'est ce que nous obtenons", Robert Heinlein
  • "La vie consiste à jongler sur une corde raide.", René Dubos
  • "L'un des pires démons de la civilisation technologique est la soif de croissance.", René Dubos
  • "Les écologistes ne s'intéressent pas qu'au cul des oiseaux et à la chlorophylle !", Noël Mamère

Mise à jour 12 octobre 2007: Al Gore reçois le Prix Nobel de la Paix.0e35cfabf25d09b2ed42c3e44925d4c7.jpg

5ec9104fdd9af65f177feab761632a57.jpgEt pour 2008?2bc6457ed2c7d6a7c0abb641f6c72e4f.jpg

25/08/2005

Que t'es beau !

Prendre du recul, regarder son image dans le miroir apporte une sagesse apaisante et fait retrouver la réalité.

 

Si, devant notre miroir, nous nous lançons dans ce genre de pensée, nous nous en retournerons tout ragaillardis peut-être, mais il nous faudra refaire le même exercice tous les jours de notre vie en une sorte de challenge permanent.
Cet état d’esprit est parfaitement défendable bien sûr.
Mais, si après cette petite ‘expertise’, nous nous en retournons en pouffant de rire, nous aurons certainement gagné une pensée positive diablement plus efficace et cela aussi pour le reste de notre vie.

L’autodérision, car il s’agit bien d’elle, est la meilleure thérapie dans l’arsenal de nos atouts et de nos armes contre l’adversité.
L’humilité, sa compagne, apporte une foule de pouvoirs sur nous-mêmes.
Pour le moins, elles nous rappellent, si besoin en était, notre droit à l’erreur, de nous reconnaître en tant qu’Homme fragile mais responsable. Pas mal de choses qui auparavant nous jetaient dans la déprime, commenceront par prendre leur juste mesure si pas à rouler sur la bosse de notre indifférence.
Ce n'est ni un complexe d'infériorité ni de supériorité qui devrait prendre le dessus de notre vie, mais une simple conscience de nos défauts réels ou imaginaires.
Ce désir de se surpasser peut se rechercher dans l'héritage socio-éducatif transmis par nos parents.
Trop souvent, ils ont trop tendance à souligner les comportements négatifs.
Se faire aimer par eux d'abord et ensuite par son entourage et ses collègues est un besoin ancré en nous.

Le personnage de la Reine dans Blanche Neige (non, je ne vais pas nous faire revenir en courte culotte..) ne se rend pas compte du poids de l’image qu’elle voulait au top et sans partage en apercevant son visage dans le miroir.

Le clip de fin de mandat du président Clinton m’a beaucoup amusé et interloqué, à la fois. L’ancien président US tentait de rattraper la voiture d’Hillary en courant et essayant de lui apporter le sachet contenant le petit déjeuner qu’elle avait oublié.

L’ambition est une qualité mais il faut en connaître les limites.
Placer très haut la barre de nos objectifs est bon pour notre motivation, se croire invincible est un leurre.
La rage de vaincre crée un bon stress mais savoir que les places sur le podium sont comptées reste une mesure de sécurité vitale pour la santé.
Alors, être adepte de l’autodérision apporte beaucoup de satisfactions et peut sauver l’esprit dans beaucoup de situations délicates.

Le monde d’aujourd’hui nous oblige souvent à jouer des coudes, à nous mesurer aux autres. Les sociétés imposent la réussite à leurs membres. Toujours chercher à se surpasser, à stimuler cette obligation de réussir, à rester dans la course du progrès de notre carrière améliorent notre ego mais rester maître de nous-mêmes et conscient de notre ‘petitesse’ peut nous remettre sur les rails de la Sagesse.
Les routes de la vie sont pleines d’obstacles inattendus et devant l’échec, dure est la loi de l’expérience. Alors se surestimer ! Bonjour, les dégâts.
Une remise en question, une remise à niveau sont salutaires.
L’humilité devant l’échec nous permet de nous ressaisir, de nous réajuster, de rebondir.

Les jeunes ont une énergie potentielle énorme. Avec des projets pleins la tête, ils désirent changer le monde et je les en félicite car ce dernier en a souvent un grand besoin.
Avec l’âge, par l’expérience et un peu de sagesse acquise, à cause des bleus qui nous tapissent de plus en plus le corps, cette énergie potentielle se transforme petit à petit en énergie cinétique productrice de beaucoup de projets.
C'est un peu la physique appliquée à la vie.

«L'humilité est une purification par élimination de soi du bien imaginaire.» (Simone Veil)

 

«L'humilité a lieu lorsque quelqu'un, sans aller jusqu'au mépris de soi-même, connaît sa propre imperfection; cette passion ne s'étend pas non plus au-delà de nous-mêmes. » (Spinoza)

 


Assumons nos faiblesses. Acceptons avec sportivité que nous ne pouvons pas toujours être le meilleur dans chaque compétition qui jalonne notre vie. Soyons nous-mêmes tout simplement.
La perfection n'est pas de ce monde, autant en prendre son parti avec humour et un peu de gentil mépris pour ceux qui se prennent la tête dans les mains pour en soutenir le poids.

Je suis parfaitement conscient que je vais à contre-courant des idées reçues, des objectifs des sociétés de conquête de marché, des images que le sport nous projette quotidiennement en ne nous montrant que les podiums de la réussite, mais rappelons-nous les deux phrases majeures du fondateur des Jeux Olympiques modernes, Pierre de Coubertin :

 "L'important, c'est de participer" .

 

ou encore :

"L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu."


Bien plus sur la vague, l'idée de Vaincre le concurrent, l'"ennemi", dans un esprit du "pan, pan, t'es mort" de notre enfance, avec dans le fond, le mirage de la carotte dorée, sublimée, comme le montre la pub de la télé, par le désir de pouvoir écraser une larme avec un billet de 500 Euros ! 


Le 2 août dernier sur RTL, le film 'Docteur Patch' avec Robin Williams était diffusé. Si vous ne l'avez pas vu, à la prochaine diffusion enregistrez-le, il vous servira dans une période de déprime. Le rire, l'humanisme sont au pouvoir, parfois bon enfant mais tellement optimiste.

A près de 58 balais, certains peuvent ne plus me considérer comme suffisamment dans le coup, mais n’ayez crainte, mon miroir, lui, ne me révèle que ce que je veux bien y voir.

Je croyais avoir terminé ce billet par ces mots qui me paraissaient apporter une bonne fin. Et bien, non, j'arrive avec le meilleur ou, plutôt, le pire. A vous de juger.
Jusqu'ici, je ne vous parlais que de la beauté de l'être, de la personne. Il en existe une autre que j'avais oublié volontairement ou non mais qu'un reportage à la télévision m'a fait ressurgir: la beauté physique du corps. Ce reportage ayant pour titre "Destination beauté - Brésil" (programmée 14 août) m'a interloqué et dérouté. Sans parvenir à me fâcher, le sujet m'a néanmoins fait réfléchir. Quand on connait la situation du Brésil avec ses "favelas", ses déshérités de notre monde de consommation, il est un peu surprenant de remarquer qu'à côté de cela, une volonté d'atteindre, à tout prix, la beauté physique pour les femmes (mais aussi pour les hommes) parasite le Brésil de Lula, ce grand vainqueur de la gauche latino-américaine depuis Allende. Les firmes de cosmétiques, dont je ne citerai pas de nom, déclarent que près de 90% des femmes brésiliennes font énormément d'efforts pour améliorer leur look. N'en déplaise à certain(e)s, maintenir une belle carrosserie de voiture et un moteur toussotant (j'entends déjà le tollé que je vais créer !). Les chirurgiens plastiques s'en frottent évidemment les mains. A leurs yeux, toutes les imperfections du corps doivent être corrigées par la chirurgie esthétique pour se pavaner sur les plages de Copacabana ou lors des défilés du Carnaval de Rio. Des séries télévisées populaires, genre "Feux de l'Amour", sont à la source et dictent les canons de beauté. Cette obsession s'explique, parait-il, par le besoin d'entrer sur le marché du travail dirigé par des hommes. Si le sport est pratiqué en support additionnel à cet état d'esprit apporte le point positif, n'est-ce pas néanmoins une confirmation du statu du Brésil dans son développement à deux vitesses ou une dérive de la pauvreté entraînée par la publicité? Heureusement, la beauté intérieure, elle, ne se maquille pas aussi facilement.


Alors à vos miroirs et essayez d’y voir la juste réalité des choses.


L’enfoiré,

 

Citations:

 

"Pour faire une bonne caricature de quelqu'un, il faut exagérer ses défauts. Je me demande si dans mon cas, ça n'a pas été fait à ma naissance", Philippe Geluck

Les Images du miroir vont parler

21/07/2005

Télé chérie

Que nous le voulions ou non, la TV fait partie des passe temps favoris de beaucoup d'entre nous.


Dire le contraire réveillerait l’ermite qui est en nous.
Elle est là pour occulter pendant l’espace de quelques heures les vicissitudes, les désagréments de la vie de tous les jours.
Nous divertir et nous informer, sont les rôles qu’elle s’est assignés.
Elle y parvient vaille que vaille avec les moyens dont elle dispose.
Le téléspectateur, lui, souvent passif et prêt à gober n'importe quoi, se retrouve devant sa petite lucarne espérant passer sa soirée agréablement. En dix ans, la consommation télé a augmenté de plus de 20% et cela malgré la concurrence des technologies nouvelles. L'augmentation de l'offre et le confort des écrans plats y sont peut-être pour quelque chose. L'Américain passe, lui, cinq heures par jour devant la télé.

Les tendances du marché de l'audiovisuel et du loisir à domicile sont de plus en plus orientées et entrainées par les nouvelles technologies dont le matériel se vend avec des baisses de prix à rythme soutenu.
A l'offre existante, l'ADSL vient de s'intégrer et d'ajouter de nouveaux canaux, chaînes et programmes. Les émetteurs eux-mêmes se modernisent et passent aux transmissions numériques terrestres.
Les nouveaux supports médias, internet prennent une part importante dans la vie de tous les jours des téléspectateurs. Les chaînes gratuites et publiques financées par la dotation publique et par la publicité face aux chaines privées payantes et une multitude d'offres ont du s'adapter. L'interactivité est un nouveau moyen de récolter plus de recettes. Les chaînes de télévision incitent leurs auditeurs d'une manière participative avec une connotation 'sympathique' à l'appel et à s'impliquer à fond, d'abord, par l'usage basique du téléphone pour questionner, participer à un sondage ou donner leurs opinions, ensuite, par les SMS surtaxés et qui produisent des recettes supplémentaires importantes.
L'évolution va vers le payant et elle pousse à remplacer une technique par une autre.
La publicité est un marché à risque très évolutif car dépendant de la conjoncture économique et les programmes doivent accrocher le téléspectateur à son écran par un rapport d'affinité sous peine de disparition.
Un JT de la télévision française tel que TF1 jouit d’un budget moyen au minimum dix fois supérieur à celui de la RTBF. Le défi pour cette dernière doit trouver une solution dans l'originalité et l'inventivité des programmes qui doivent faire la différence. Une production à petit budget de cette même RTBF ne peut évidemment pas tenir la distance avec les 'Racines et les Ailes' de FR3.

En cette période de vacance, beaucoup de redifusions de films et de séries.
Ca sent le réchauffé, mais le passé nous a parfois réservé de bonnes choses. Voir ou revoir certains bons films n'a pas nécessairement l'heur de me déplaire.
De toute manière, il faudra faire 'avec' (comme on dit près de chez moi).

Les chaînes publiques sont forcées par contrat de programmer des émissions culturelles qui élèvent le niveau de la base des programmes. Les productions locales restent malgré tout marginal car beaucoup trop cher à réaliser.
Les pièces de théâtre ont disparu des écrans et ce genre de culture a été mis en veilleuse au devant de l'arrivée massive d’outre atlantique. Je ne peux que le constater et parfois le regretter. Le théâtre était programmé auparavant dans des plages horaires de grande écoute.
Les goûts changent et elles ne peuvent plus entrer en compétition avec le pep et le suspens des thrillers américains à grands spectacles et aux cascades rocambolesques.
Les salles de théâtre, il faudra se résoudre à les fréquenter à nouveau et à sortir du petit confort de notre fauteuil pour avoir la chance de continuer à voir nos pièces préférées.

Il y a quelques années, il a été fait grand cas de la bataille de l’audiovisuel. On y refusait l’intégration de nos productions avec la compétition américaine. L’exception culturelle contre la libéralisation complète voulue par nos amis américains dans un dernier soubresaut a été revendiquée pour ne pas sombrer dans l’océan de leurs productions, mais cette dérogation a définitivement baissé pavillon dans la pratique.

La culture est devenue le parent pauvre de nos productions et ce n’est pas le semblant éducatif du jeu « Qui veut gagner des millions » qui pourrait me contredire.

L’audimat est derrière tout cela en instrument de rappel à l’ordre. La publicité est seule maître des programmes par son pouvoir magique du « money » »money ».

Quand les budgets de production sont rognés que reste-t-il ?
• Les films américains, les thrillers avec cascades et effets spéciaux accrocheurs de préférence.
• Le sport : football, tennis, ping-pong, rugby…
• Les jeux, plus débiles les uns que les autres

Acheter les droits de diffusion, louer films, les séries et la présence lors de grandes compétitions sportives qui attirent les foules, voilà, la solution de sécurité la moins chère qui s’offre à nos télévisions. Celles-ci ont du souvent abdiquer devant les déferlantes télévisuelles américaines.
L’objectif de délassement et de l’information est peut-être atteint pour certains.
Celui de l’éducation, je le laisse à l’appréciation personnelle de chacun selon sa sensibilité.
Les thrillers et les enquêtes policières ont la cote et apportent de bons moments d’angoisse, de réflexions et l’adrénaline stimulante. La violence très souvent présente n'émeut plus le téléspectateur.

Mais, c’est à chacun qui tient sa zappette en main à choisir de pousser sur le bouton qui apportera le plus de plaisir possible.

Enfin, une liberté qui nous est restée, profitons-en…

Bonne soirée

L'enfoiré

Réactions :
Don Quichote (alias Etienne) : Les choix économiques et politiques ne sont pas le résultat de mise en application de science exacte telles que les mathématiques et la physique. Il s'agit tout d'abord de choix idéologique. La télévision appartient également au domaine de l'idéologie au même titre que l'économie et la politique.
Sachant cela, on peut envisager de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce support médiatique.
Son but ultime n'est pas seulement de "divertir" ou de nous informer. Qu'elle soit sous l'emprise d'un pouvoir politique (dictature; régime de parti unique; ..) ou sous le contrôle de pouvoir financier et économique, son idéologie est identique. Il s'agit de modeler les esprits du plus grand nombre (la masse silencieuse). Faire en sorte que le plus grand nombre reconnaisse, accepte et consomme, ce qui est "correcte", "bon", "démocratique" ou non, "progressiste", en d'autres termes les valeurs inhérentes à cette idéologie.
Faire en sorte que le consommateur d'images soit docile, qu'il reconnaisse sans hésitations qui est le "méchant", le "fourbe", le "non démocrate", le "terroriste", "l'agresseur", qui est celui qui ne respecte pas les "droits de l'homme" et bien évidemment qu'elle est le meilleur produit et surtout celui qui aujourd'hui est indispensable et donc permettant d'étoffer la panoplie du parfait consommateur.
En conclusion, le but ultime est d' aliéner le plus grand nombre à une idéologie. Tous les "produits et propagandes" qui répondent aux critères de cette idéologie sont acceptés sur l'étale du marchand (donc sur nos écrans de télévision). Les autres sont ignorés ou pire caricaturés.
Les bénéficiaires de l'idéologie dominante (en fait imposée) ne s'intéresse qu'aux aspects géostratégiques. Qu'il s'agisse d'accéder, à vil prix, aux matières premières ou d'imposer l'extension du "marché" par la contrainte ou par la force si nécessaire tout cela relève de la géostratégie. La télévision est devenue non seulement l'indispensable outil (peut-être le seul qui soit terriblement efficace) qui ait une capacité de type "globale" ou "intercontinentale" permettant d'assurer un modelage des esprits à une échelle jamais vue dans l'histoire de l'homme.
Pourquoi s'étonner dès lors si la télévision locale (celle potentiellement la plus proche des besoins citoyens) n'offre aucun intérêt de type stratégique permettant de promouvoir l'idéologie dominante. Donc cette télévision restera du domaine publique. Donc financée par l'impôt.
L'état ayant des moyens financiers de plus en plus limités (réduction d'impôts imposées par des organismes dont les responsables ne sont pas des élus du peuple), le financement de ces activités, qui ne contribuent pas à promouvoir l'économie et la géopolitique, reste largement insuffisant.
Peu de moyen signifie peu de journalistes, donc un nombre de reportages très limités pour la plupart sans beaucoup d'intérêts, qui tournent en boucle à longueur de journée. Quelques politiciens l'utilisant pour assurer leur promotion auprès de l'électorat local.
En conclusion cette télévision locale, pourtant proche des citoyens, est rarement utilisée pour permettre à ces citoyens de comprendre et donc de participer aux prises de décisions les concernant directement.
La télévision locale est rangée dans la catégorie des dépenses non rentables telle que la culture, l'éducation générale et citoyenne, et bien évidemment les dépenses dites "sociales".
Cet outil pourrait se révéler d'une puissance d'extraordinaire. Il permettrait à une majorité souvent (trop) silencieuse de devenir des citoyens responsables, capable de choix éclairés donc non imposés par l'idéologie dominante.

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