16/06/2008

Bons sens ne sauraient mentir

bons-sens-ne-sauraient-mentir_00.jpg Il existe un petit village en Toscane. Il a vu un auteur du 19ème siècle qui jouit encore, malgré une thématique apparemment très simple destinée aux enfants, d’une réputation mondiale à la suite de l'oeuvre de sa vie, un roman de conte de fées. Repris par Walt Disney en 1940. Le village s’appelle Collodi près de Pescia, l’auteur : Carlo Lorenzini , surnommé "Collodi", le personnage : Pinocchio. Je suis allé à sa rencontre...

 

Selon l’histoire du roman, un vieux menuisier, Geppetto, se sentant esseulé dans son atelier, imagine de créer un pantin en bois représentant un garçonnet. Habile de ses mains, il le sculpte et le nomme Pinocchio avec l’intime désir de le voir se transformer en véritable petit garçon. Lors d’une nuit, la Fée Bleue de la providence exauce son rêve le plus cher et donne la vie à sa marionnette. Celle-ci se révèle fantasque quoique toujours bien intentionnée. Sous l’œil de la Fée et du menuisier, les aventures malheureuses vont se succéder, aventures qui ne seront racontées, qu’interprétés par une multitude de petits mensonges. La fée décide de lui infliger un châtiment pour lui donner une leçon de vie et pour lui imposer de dire la vérité. Dès lors, un mensonge qui sortirait de sa bouche en bois et ce serait son nez qui s’allongerait en fonction de l’importance de son méfait. Cela ne tarde pas à prendre des habitudes qui engendrent des aventures épiques. Le conte s’achèvera heureusement quand Pinocchio perdra cette mauvaise habitude et qu’il deviendra, « happy end » oblige, en un véritable petit enfant dans la réalité. Derrière cette fable enfantine, se cache l'Italie de l'époque, pauvre, résignée, pessimiste et en proie à une défaite des valeurs paysannes manipulées par des gens très rusés.

Devenu tellement célèbre, l’auteur est plus connu sous le nom de son village où depuis 1951, un parc fantastique pour enfants a été réalisé à Collodi. Le décor, un labyrinthe, situé au bord d’un torrent et face à la villa et aux jardins Garzoni.

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L’histoire de la marionnette y défile dans les méandres de ce labyrinthe avec le requin très suggestif engloutissant Geppetto au milieu de l'histoire agitée.

C’est à partir des magnifiques jardins, avec ses statues de satyres, face au labyrinthe, très caché que je n'ai pu l'apercevoir. L’auteur de la fable, lui, c’était de la cuisine du château des marquis de Garzoni qu'il a imaginé son personnage.

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Le soir, en allant me coucher, mes souvenirs, suites de cette visite enchantée, sont revenues en mémoire de manière étrange. Et si le mensonge n’existait plus, si tous le monde parlait sans réfléchir, que se passerait-il? bons-sens-ne-sauraient-mentir_10.jpg

Ce matin-là, je me réveillai dans un autre monde. Cela commençait fort, très fort même.

Mon épouse ne me disait plus « Ronfle en douceur, mon amour » mais d’une mine sévère :

- Tu m’as encore une fois empêché de dormir. Ton ronflement, j’espère que tu n’auras pas d’ennui avec les voisins.

Surpris, je ne relevai pas le nez et ne répliquai pas sachant que c'est une chose dont on ne connaît pas la vérité par soi-même.

Plus tard, sous la douche je commençai à entonner, imperceptiblement, une vieille chanson d’Aznavour « Tu exagères » suivi de « Tu t’laisses aller ».

Mon épouse, ensuite, suivit sous la douche. Elle chantonnait le même air mais avec des paroles différentes et tout aussi troublantes.

Plus tard, au petit déjeuner, je m’entendis dire : « la confiture, y en a marre et si tu me faisais des œufs au lard pour changer? ». La moutarde semblait me sortir du nez et c'était pourtant le moment de consommer du miel plutôt que de la moutarde.

On s’est quitté la mine un peu balancée dans une humeur exécrable mais chacun trouvait cela normal.

Dans l’ascenseur, voilà que la voisine monte à bord et que je lui dis :

-         Savez-vous que le Chanel n°6 existe depuis peu ? Cela sentira un peu moins dans l'ascensceur.

Moi, qui ne savait même pas qu’il existait le N° 5 ! …

Elle me répond du tac au tac :

-         Vous êtes sûr que votre after-shave, vous le mettez là où il faut, bien partout ? Et puis, vous feriez mieux de la fermer, tout le monde y gagnerait car votre haleine ...

Je n'eus pas le temps de lui répondre. Nous étions arrivé à destination au rez-de-chaussée. Non, mais, de quoi s’occupe-t-elle?, pensais-je.

Sur la route,  un « enc.. » me fit une queue de poisson en me levant un doigt que je ne pensais pas si long.

Je lui lance une invective que je n’oserais répéter ici.

Arrivé au bureau, voilà que le collègue qui, il faut bien le dire, n’avait pas vraiment les mêmes opinions que les miennes, sortait d’une voix salace :

-         T’as mal dormi, ou quoi ? Est-ce une manière de te coucher sur le clavier ?

-         Non, mais, je dois bien récupérer le temps que t’as perdu hier devant la machine à café.

Mais, il avait un peu raison, je l’admets. Mais alors, lui...

Le patron l’avait bien vu aussi et se déplaçant pour me le confirmer à sa manière, je ne lui en laissai pas le temps et lui envoyai, à la vue d’une couleur rouge anormale sur les joues :

-         La prochaine fois, laissez la porte de votre bureau ouverte. Au moins, je n’aurai pas à aller payer au cinéma ce soir pour aller voir « Basic Instinct II ». Au fait, avez-vous pensé à mon augmentation ?

Il faut dire que sa secrétaire est un sacré morceau et elle avait un de ses rouges aux lèvres qui me rappelait celui de la joue du patron.

Décidemment, tout allait de travers! Je ne me reconnaissais pas du tout dans ces paroles. Chacun avait des paroles sans mensonges, sans filtres et sans hésitations aucunes. Etonné de moi-même et des autres qui n’étaient pas dans leurs habitudes.

Au mess, voilà que la préposée me pose sèchement la question de manière péremptoire sans prendre les moindres formes :

- L’aile ou la cuisse, votre poulet ?

-         Quelle question. Les deux, voyons quand on voit le prix que l’on demande pour le plat.

Je passe encore sur les détails. J'ai dû choisir autre chose.

L’après-midi, un client téléphone.

-         Je ne comprends pas mon PC. Il ne réagit pas comme d’habitude. Il ne s’allume pas.

-         Vous êtes sûr que vous avez mis le courant ? Vous avez lu la notice d'utilisation avant de me téléphoner ?

-         Non, mais vous me prenez pour qui, je suis une habituée ? Puisque, je vous le dis. Et vous vous êtes là pourquoi ?

Dire une simili vérité pèse décidément des tonnes sur les épaules du citoyen lambda. La délicatesse pour le dire fait pour le moins un peu défaut, dans cette journée fantasque.

L'après-midi, un drame dans la société et un collègue était décédé nous envoya tous au cimetière.

Là, l’épouse, en pleurs, se tenait difficilement et se tenait soutenue entre ses enfants.

Quelqu’un lui posa la question :

-         Vous-vous êtes disputés la veille ? Avait-il un problème en dehors du bureau ? Le patron a déjà pris les devants. Ne vous inquiétez pas. J'ai vu une tête nouvelle dans son bureau, il y a quelques jours.

Quel ignoble personnage! Le cortège s'avance et la conversation ne donna pas de conséquences. Heureusement...

Je trouvais les questions déplacées, mais ne réagis pas. Endormi? La dernière réplique me paraissait presque injurieuse.

Le soir, à la télé, un homme politique parle :

-         Les électeurs ne me comprennendront jamais. J’ai une villa et une famille à entretenir. Je ne peux pas être partout. Le jeton de présence, je le rembourserai. Moi, qui fait tout pour eux.

Tout à coup, son nez s’allongea, s'allongea dans la démesure...

Bons sens ne pouraient menti Famille.jpgC’est à ce moment que je sentis comme un tremblement de terre.

Mon épouse, au dessus de moi, me secouait avec force.

-         Tu ne vas pas travailler, chéri ?

Je lui souris. J’étais revenu de loin, d'un monde de fausses vérités. Ce n'était pas moi. Comment avais-je pu imaginer cela?

Depuis lors, je souris plus souvent.

Je sais que j’ai encore beaucoup de rêves plus palpitants, moins stressants en réserve.

Celui-ci était par trop dur. Je jetai un coup d'oeil à Wikipedia qui m'en donnait une définition tellement claire du mensonge pernicieux.

  • Le mensonge pernicieux, qui a non seulement l'effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge parfois nommé par la littérature mensonge malicieux, est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois. Ce point est commun aux cultures occidentale et chinoise.
  • En politique, c'était même de l'art...  Donc, le mensonge fait bien partie de notre monde d'aujourd'hui.

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Le mensonge et la vérité n'ont que des frontières bien floues chez les enfants. Elles ne prettent pas vraiment à conséquence. Dans l'autre monde des adultes, il en va tout autre. Apprendre la psychologie, analyser ses semblables, accéder à toutes les sources disponibles, comparer et comparer encore avec ses propres convictions, sont des tâches qui deviennent primordiales  aux citoyens dans un monde médiatique. Déceler la malversation dans les propos n'est pas une mince affaire maquillée sous de beaux principes. La philosophie et tous ses auteurs, à travers les siècles, est aussi intéressante dans cette recherche de soi-même par rapport à ses semblables.  Les nez qui s'allongent et les fées ne font pas partie du monde des adultes qui, en plus, progresse dans le virtuel. La vérité ne se donne pas, elle se cherche.

Il y a bien longtemps, la fin de l'histoire de Pinocchio, elle, fut plus délicieuse, et disait « Quel drôle d’air j’avais quand j’étais une marionnette ! Et comme je suis content d’être devenu un vrai et bon petit garçon ! »

 

L'Enfoiré,


Citations :

  • « Ce qui est déshonorant, ce n'est pas de mentir, c'est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d'en sortir. », Etienne Rey

  • « J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui. », Anatole France

  • « Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C'est pire ! », Coluche

15/04/2008

Ote ton bandeau et ajuste ta balance (1)

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance00.jpgLe grand procès Fourniret est en cours. L'émotion et la colère contre la justice ("Incurie du système judiciaire. Son imbécilité..." Marie-Noel Bouzet). Et si on prenait un peu de recul et si on parlait de cette Justice, elle-même. La justice, qui fait partie du pouvoir judiciaire, un de nos trois pouvoirs belges, est-on dans son "bon droit" de prendre un peu de temps pour l'analyser plus intimement? L'arroseur arrosé, en quelques sortes. 

 

Prélude

A tort ou à raison, je dois avouer que je n’ai jamais été en pleine confiance devant l’équité, les verdicts, les sentences au devant des procès pour lesquels la Justice doit statuer. Dans cette première phrase toute anodine, que de mots liés avec cette la justice et pourtant, l’homme de la rue en est très éloigné et a souvent du mal à en comprendre le suivi. Peut-être, le justiciable en attend trop de la Justice, présentée comme "La" solution à leurs conflits. Il y fait appel dans la majorité des cas pour défendre ses droits dans un esprit très peu rassuré en recourant à un avocat, le plus souvent, ou parce qu’il est appelé à comparaître dans une affaire dont il est témoin.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance03.jpgGarde fou de nos actions et de nos agissements, la justice permet de vivre en harmonie en société. Elle est là pour faire respecter les lois édictée par un autre pouvoir. Sans elle, l’anarchie perpétuelle et les pires méfaits régneraient. Les Droits de l’Homme sont bien clairs à ce sujet. La responsabilité de chacun doit être contrôlée pour permettre toute vie en commun par l'intermédiaire de la Justice. Il n'y a société que dans le cas où le droit est présent. La Constitution, faisant part de tout État qui se veut démocratique, est la loi fondamentale en fonction de laquelle la société est constituée. Les droits fondamentaux que l'on nomme nourriture, chaleur, logement, éducation, soins et justice, ont leurs places dans cette charte de l'individu et des personnes. Cette liste évolue en fonction des exigences du bien être et pour corriger une erreur d'appréciation de l'histoire. Le recours au juge est donc la manière normale de résoudre un conflit avec son voisin, son débiteur, son employeur, l'assassin et j'en passe dans la liste des litiges de la vie en commun. Notre Palais de Justice à Bruxelles, plus vaste que la Basilique Saint-Pierre à Rome est une preuve que la Justice veut en imposer. Gageons qu'on y arrivera dans l'intimité du citoyen, aussi. 

 

L'histoire
 

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance02.jpgDe tout temps, pharaons, seigneurs et clergés exercaient le pouvoir de Justice et avaient droit de vie ou de mort sur les habitants gérés par eux. Au Moyen-Age, les auteurs de meurtres étaient traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, était réservée aux larrons. Les criminels de lèse-majesté étaient décapités. Les aveux s'arrachaient souvent par la torture. Le rituel de la peine de mort, orchestré par la présence de la foule, était vivement ressenti comme une atteinte à l’honneur personnel et familial.

Ensuite, et jusqu’au 13e siècle, le Roi reçevait de Dieu le pouvoir spirituel et temporel de rendre justice. Entouré de conseillers, il expédiait, lui-même, les affaires. Les peines étaient codifiées dans des écrits appelés Coutumiers en fonction des types de délits.

Par après, le Roi allait déléguer ses pouvoirs judiciaires à des juges spécialement nommés. A la révolution française, la réorganisation de la justice s’imposait aux révolutionnaires, pétris de philosophie des Lumières. Les Constituants élaboraient la Déclaration fondamentale des Droits de l’Homme. Fin de la torture. Les débats contradictoires permettaient aux citoyens d’exposer leurs points de vue.

Napoléon réalisait l’unification des lois et un nouveau code civil porte, désormais, son nom. Il restait conscient du lien existant toujourss entre le temporel et le spirituel pour s'assurer un maximum de plébiscites. Les degrés des tribunaux suivaient déjà la même hiérarchie que nous connaissons encore aujourd'hui: juges de paix, du civil, de cours d’appel, de cassation. L'impunité et les privilèges de l''Ancien Régime", représentés dans une justice privée, dès la fin du 18ème siècle, ont été remplacés par une justice publique et civile.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance07.jpgA la fin du 20ème siècle, l’abolition de la peine de mort était de plus en plus observée. En Belgique, elle datait de 1996 bien qu’elle n’était plus été exercée depuis plusieurs années auparavant. Ensuite, plus beaucoup de bouleversement jusqu’à nos jours. Seulement, une évolution douce s'en est suivie, toujours embourbées dans des dossiers de plus en plus volumineux.

Les nouvelles méthodes

Les méthodes récentes de découverte de la vérité évoluent en efficacité: la biométrie, l’identification criminelle par les empreintes digitales sont utilisés depuis 1897. La biotechnologie, la génétique et l’étude de l’ADN apportent, aujourd'hui, une approche scientifique de plus en plus précise dans la recherche des culpabilités.
La recherche de la vérité reste la préoccupation des prétoires. Aucun moyen actuel ne permet encore, à coup sûr, l’identification d'un coupable que ce soit à l’aide de sérum de vérité ou de la machine habilitée à la détection des mensonges. Indications, sans plus, mais pas preuve.

Science non exacte, par définition, elle ne devrait, malgré tout, pas trop s’en éloigner car il en va de la liberté ou de la punition par emprisonnement d’hommes et de femmes. Les erreurs judiciaires brisent une vie car, même si, après de multiples tentatives, la vérité éclate, enfin, au grand jour et que l’inculpé est blanchi, aux yeux de l’entourage, les rumeurs courront encore et le doute subsistera. Le "Pas de fumée sans feu" poursuit la pensée du citoyen lambda. Certains journaux à sensation prennent souvent un malin plaisir à amplifier cet état d’esprit, à forger une opinion avant et pendant les procès. « Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées » (Art.. 11 des Droits de l’Homme). Cet article est néanmoins caduque dans les faits dans certains cas. Depuis le 8 Janvier 2008, l'assemblée nationale française a adopté le projet de de loi relatif à la détention se sûreté permettant de faire une entorse à cette règle. La présomption d'innocence tombe aussi facilement devant la raison d'Etat.   


Constatations préliminaires

L’éloignement, parfois le divorce, entre la population et la Justice trouve son origine dans l’usage d’un vocabulaire codifié, sibyllin aux formules ésotériques qui reste parfaitement étranger ou incompris même dans la description des événements les plus communs.

Avec l’esprit verlans, on pourrait dire : « Pourquoi faire simple, quand il y a moyen de faire compliqué ».

Un tel langage est-il nécessaire dans un monde qui se veut proche de ses citoyens? Dénouer les arcanes des procès demande des spécialistes. "Nul n'est censé ignorer la loi", mais, en pratique, il en va tout autrement. Prendre un avocat pour se défendre dans le moindre litige, dans la moindre affaire, est devenu une obligation pour l’homme de la rue qui sinon se trouve marginalisé de fait.

Plus grave encore, se défendre seul devant un tribunal est autorisé, mais jouer son propre avocat, c’est souvent vouer à l’échec la cause la plus juste, la mieux défendable.

La justice se plaint d'être submergée par les affaires. N'est-elle pas volontairement responsable de ses propres contraintes? Emphases, trémolos de préambules ne font qu'alourdir artificiellement la lecture du texte qui le décrit. A bon escient? La justice ne vit-elle pas de ce manque de concision? L'imprécision des lois n'offre-t-elle pas la protection de ses membres? Qui bloque ou ajourne un dossier?

Face à l'affaire d'un client, l'avocat a souvent un rôle initial de recherche de "calques "que l'on appelle "jurisprudences", dans l'arsenal du passé de la justice. Les intégrer, en détecter les failles possibles, broder autour du sujet sont des actions de pure routine.

Une loi, qui est à la base de tous jugements, qu'est-ce? "Prescription établie par l'autorité souveraine de l'Etat, applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun". Rien d'anormal? Et bien si. Il n'est nullement dit qu'elle doit être "précise" et "rigoureuse". Cela veut dire, qu'elle doit pouvoir être interprétée en fonction de la "culture", de l'expertise, des faits sans précédents ou non d'une affaire. Si elles étaient précises, ce serait une véritable révolution. Vous pourriez en principe vous défendre vous même, comme il est d'ailleurs permis. Et les avocats auraient moins de travail.

Les erreurs d'aiguillage ne vous ont jamais effrayées? Non? Comment se fait-il que tellement de Cours ont été choisies par les avocats et qu'en définitive, après des mois, on apprenne que le jugement est remis pour cause de "non-compétence"? On s'étonne de l'engorgement des palais, devant ce qui manifestement, n'a pas été enseigné ou incorrectement, à l'avocat. L'Etat belge vient d'être condamné à 30.000 euros par la "Cour européenne des Droits de l'Homme" dans l'affaire de la décharge de Mellery pour la lenteur de son action.

"Responsabilité: avantage à la magistrature" posait la bonne question de la réforme de la Justice en France. Les réalisateurs de cinéma ont d’ailleurs très bien compris l’intérêt qu’ils pouvaient en tirer en introduisant le suspens dans leurs films ayant pour cadre un procès. Car, la Justice passionne les foules et le cinéma vérité donne le meilleur taux d'écoute.

 

Affaires de pédophie ou "Sérial killers"

Fin des années 90, la Belgique a subit un haut le coeur en découvrant les actes de pédophilie et les rapts d'enfants. Des 'marches blanches' ont suivi cette prise de conscience pour protester.

La justice et la gendarmerie ont été mis sur la sellette et ont du réagir après les commissions d'enquête médiatisées. Des promesses ont été faites à la population. Les choses devaient changer et ont partiellement évoluées.

Avec le recul, qu'en est-il des résultats: une gendarmerie réformée et uniformisé avec les forces de police, le budget de la justice augmenté mais une relation plus étroite de confiance avec la population s'est-elle pas vraiment produite? Les déclarations des victimes prouveraient le contraire. Le procès de l'affaire 'Dutroux' belge n'a pas eu assez de coupables à se mettre sous la dent d'après l'opinion publique. Dessaisissement de juge en charge des affaires. Show spectacle aussi dans une Commission d'enquête télévisée à l'américaine.

Plus de dix ans après l'affaire, Anne Thilly, Procureur Général émérite au Parquet de Liège, en charge de l'affaire, rappelait, lors de son retrait de la vie active, ces moments d'émotions intenses qui ont fait pleurer la population belge et montrait ce qui a changer depuis lors au département de la Justice. Une meilleure communication entre les acteurs du drame (police, gendarmerie et justice), un dialogue entre les acteurs, suppression de la concurrence entre eux, éléments divers qui ont créé les pires dysfonctionnements et le véritable ratage. "Child focus" est né en Belgique. La commission parlementaire organisée pour en tirer les leçons n'a pas été épargnée par les médias. Y-a-t-il une meilleur compréhension après cet anniversaire entre justice et justiciables? Un peu, c'est à espérer.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-fourniret2.jpgL'affaire 'Fourniret' a montré, aussi, les limites de la Justice. Le silence du prévenu n'en est qu'une interprétation. Même genre de victimes, même manière dans la prise en charge de l'affaire. "Négligences ou connivences" était le titre d'un « Envoyé Spécial » de l'époque. Assassins en séries, viols de plus faibles. Dysfonctionnements par les informations qui n'ont pas transité de pays à pays. Manque de recherche de liens entre des affaires géographiquement éloignés. Affaires trop vite classées. Casier judiciaire non centralisé. La Justice a oublié que le crime s'est industrialisé, s'est surtout décentralisé, délocalisé, mondialisé. La recherche de la vérité n'est plus ce qu'elle était. Elle nécessite autre chose que  des pertes de temps. Des décades pour ceux qui ont été les parents de victimes et pour les risques de reproduction des délits rejetés dans l'impunité ne sont plus permises. C'est le travail des enquêteur de police. Bien sûr. Ils doivent travailler dans l'urgence. S'entourer de tout le côté scientifique pour atteindre des niveaux proches de ceux qu'on voit dans des séries comme "Les experts". Il est reconnu que les premières heures après la découverte d'un délit, sont capitales. Dans une affaire d'enfant disparu, c'est essentiel ("Child focus"). Une chance énorme a permis de sortir l'aiguille de la botte de foin. Il ne s'agit pas de mettre des bâtons dans les roues et de travailler en équipes solides et internationales. Le transit d'informations a été aussi amélioré par le Système de Traitement des Infractions Constatées de la police (STIC) et le Système Judiciaire de Documentation et d'Exploitation (JUDEX) référencent 22 millions de personnes en France. Les Renseignements Généraux (RG), le Système d'Information Schengen et le Système d'information d'Europol (TECS), la Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL) comblent les trous. Cela fait beaucoup d'organismes qui ne sont pas sous le même chapeau. En Belgique, Cedric Visart de Bocarné, nommé à 53 ans comme le plus jeune Procureur Général de Liège avait suivi de près l'affaire Brichet. Il faisait parlé de lui dans le Vif-L'Express de cette semaine. Défini comme homme de communication avec la presse n'était pas exempt de détracteurs.  

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-fourniret.jpgA cheval sur la France et la Belgique,  cette affaire Fourniret, mari et femme, "tueurs en série" ou "hors série", passe devant la juridiction de Charleville-Mézierre à partir du 27 mars 2008. Sept meurtres connus, des tentatives d'enlèvement sont à leur actif. Encore une affaire qui a révélé que la criminalité est internationale, alors que la justice de chaque pays se réserve son terrain de prédilection. Interpol absent? Une des victime, la petite Elisabeth Brichet est restée 14 ans dans l'obscurité de la recherche. Le 14 avril avait ses parent à la barre et les mots d'émotion pouvait difficilement dissimulé le chagrin. La Justice était visée par son "Incurie et insouciance".  

Les victimes, perdues, ne demandent, souvent, que la justice soit faite

Le coût du procès est déjà évalué à près de 2 millions d'euros. Seront-ils productifs d'une amélioration?

En France, Lionel Jospin avait pourtant mis en place le Fichier National des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l'ADN des délinquants sexuels jugés coupables.  

L'affaire de l'enlèvement des deux fillettes, Stacy et Nathalie ont eu une meilleure approche et un dialogue s'est mieux installé pour les retrouver. Elle n'est pas plus facile pour autant. La recherche de preuves restent toujours le problème principal quand l'inculpé nie les faits. Mais, est-il "apte" géographiquement et psychologiquement à être le vrai coupable?

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_55.jpgEn France, le procès d'Outreau, sombre affaire de pédophilie collective, apparaissait comme telle en février 2001, laisse un goût amer aux faux coupables. Fiasco inverse dans la construction d'un château de cartes en mettant sur le gril tout un village (60 personnes accusées au début) dans une affaire sordide d'inceste qui s'est emballée en inculpant 17 innocents jetés en prison pour des années. Surréalisme de la justice? Confusion dans les noms de personne et de lieu, mythomanes dans les accusés, juge d'instruction sans expérience qui a besoin de tenir son dossier à flot coûte que coûte pour suivre le jeu de la presse qui associe l'affaire belge et française. Pressions énormes. Viols de dossiers d'instruction. Il a fallu, pour six accusés, faire appel pour éviter  un véritable naufrage judiciaire. Tous ont été acquittés. Devenu la caricature du dérapage à tous niveaux, ce procès a nécessité les excuses du Ministère de la Justice en bonne et due forme. Est-ce une erreur judiciaire comme les autres? L'innocence des accusés étaient tellement évidentes au vu de l'impossibilité de certaines situations, que c'en est devenu un véritable mystère. Une commission d'enquête a été aussi créée pour en tirer les leçons. Le juge d'instruction, Burgaud, malgré tout ce fiasco, n'a pas jugé bon de s'excuser devant les victimes mais a été promu comme substitut du parquet anti terroriste de Paris après une prime de mutation très probablement pour éviter toutes représailles.

Reconnaître l'erreur et la réhabilitation coûtent cher.

Commentaires et remarques rapides:

  •  bizarrement, les ténors du barreau se sont bousculés au portillon pour défendre ce genre de personnage et cela même gratuitement (pub!). La réalité rejoint toujours la fiction d'une manière ou d'une autre quand on pense au film "L'avocat du diable".

  •  le procès d'Outreau va rester caricatural de l'erreur judiciaire dans toute son horreur quand on sait qu'un total de 25 ans de prison a été enduré par les accusés depuis le début de l'affaire. Des leçons oubliées de l'affaire

  •  dénonciations mensongères, affabulations, confirmation par les enfants eux-mêmes sont à la base de l'affaire française. Principe de précaution à observer. Se rétracter est devenu plus difficile que de dire la vérité.

  •  Le «capital vie» perdue est-il monnayable? Renouvelable, ça certainement pas.

  •  Pour être "juste", je me dois tout de même ajouter cette réflexions du journaliste Hugues Le Paige qui a pour titre: "Commission de l'émotion".

  • Des avocats de haut vol pour défendre les grands criminels, généralement les mêmes.

  • Une franchise juridique mise en place dissuade pourtant les plus pauvres de se faire assister par un avocat. Une justice pour riche vient à l'esprit.

 

Principale critique: la lenteur et la lourdeur

Après des recherches des auteurs de méfaits par la police, vient l'étude du cas et la création de dossiers. L'épaisseur des dossiers en dit long. On est en droit de se demander si beaucoup de pages ne sont pas là pour apporter, aux yeux de chacun, le bla-bla parfaitement superfétatoire à la recherche de la vérité et pour intensifier l’importance d'un procès, le rendant très cher par là même. Recouper les faits, les avoir reconstitués sont les artifices de la justice moderne.

Pour le juge qui exerce son métier honnêtement, comment peut-il passer d’affaire en affaire au cours de sa journée et trouver un jugement équitable pour chacun d’eux face aux piles de documents générées?

L'Europe suit de près les États Unis dans la "judiciarisation" de la vie privée et commerciale avec un nombre de procès qui ne fait que croître. Se sont ajouté les délits des "cols blancs". De l'autre côté du miroir, les prisons doivent refuser du 'monde' à cause de leur exiguïté ou du manque de gardiens. Surpopulation et promiscuité. Certains délits considérés comme mineurs sont blanchis, des remises de peine plus rapides sont effectuées par manque de moyens, ce qui ne fait évidemment qu'accentuer le problème de respectabilité de la Justice. N'est-ce pas le moment de changer la conception de la peine en fonction du jugement? Y-a-t-il danger pour la société? La prison reste le seul recours pour la société. Une réhabilitation morale par la possibilité de payer de sa personne pour la famille victime ou pour la société. La longueur de peine dépendante de gravité du délit. Gravité qui pourrait entraîner une vie complète de pénalité pour aboutir au pardon des victimes par la réhabilitation par des travaux d'intérêts généraux pour la société ou pour la famille des victimes. Les audiences reportées entament la patience des justiciables mais aussi des juges qui passent une grande partie de leur temps à postposer pour des raisons multiples: absences des avocats ou par manque de pièces aux dossiers.

Les procès durent parfois des années avant de trouver un aboutissement. Les séances sont souvent ajournées devant l’énormité des données à mettre en lumière.

La lenteur des procédures judiciaires est parfois incompréhensible et souvent difficilement admissible.

La Justice a toute la vie devant elle, les justiciables ne l’ont pas. A cause de cette lenteur, certaines victimes obtiennent justice après leur mort. Comble de l’injustice.

Cette même lenteur, aboutit parfois bien à propos à des non-lieux ou des prescriptions pour dépassement du délai de réactions des victimes. Débordement par des jugements reportés souvent "sine die". On doit bien assumer ce retard. Les huissiers devront remettre le couvert pour les invites suivantes sans oublier personne. Sera-ce reparti pour un tour de moulin ou plus de cours en cours? Gagner du temps est parfois la recette avouée par la défense. Une prescription salvatrice, un vice de procédure, une lassitude du plaignant de la partie adverse avant l'engagement de frais exorbitants, sont les artifices de calcul judiciaire. Il est plus que vrai que les frais ne sont pas à prendre à la légère. On sait où on commence, mais le poteau d'arrivée est souvent un mirage bien lointain. Le perdant du procès remboursera les honoraires du gagnant, désormais.

La Justice de Paix qui va « pacifier » deux interlocuteurs en des réunions de conciliation. Un avocat, au milieu, et la partie est gagnée pour celui qui a pris les devants dans ce sens.

Le manque de considération des jeunes avocats par la non-expérience est aussi un cause à l'arriéré judiciaire. La valeur n'attend pas le nombre des années? C'est pas si sûr, ici. Du moins dans l'esprit des "anciens", les grands "ténors" en profitent. Se faire les dents sur les affaires traitées en prodeo pour les "jeunes tiges" ne rapporte pas lourd et ne motive pas. A peine 1000 euros net par mois, si ce n'est moins, pour préparer un dossier dans les arcanes de la justice. Les avocats prodeo ne se pressent d'ailleurs pas au portillon. Un manque à gagner pour la justice qui voit échapper des procès fructueux potentiels. Des règlements à l'amiable seront des pis aller et une parodie de justice.

La médecine est un commerce. Elle travaille dans le volet santé du corps. Ici, il s'agit de la santé de la société contre elle-même. La rentabilité se trouve dans la longévité. En France, la faculté de Droit et de Médecine sont fusionnées. Est-ce un signe?

Le Code Napoléon a vieilli, c'est sûr. Probablement mal. Des plaintes en provenance de la Cour de Cassation même dans son rapport de 2006 tenteraient de le prouver. Le management des séances de tribunaux laissent à désirer quant au temps perdu pour arriver à ses fins. Seul les ténors du barreau auraient une audience respectée. 

Avec le noeud Gordien, la justice ne vit-elle pas un mal incurable de tous les temps?

On le verra probablement au prochain numéro, au prochain procès, au prochain article...

 

L'Enfoiré, 

La Panda est aussi à la barre

Citations:

  • "La grande erreur de la justice, c'est de s'imaginer que ses accusés agissent toujours logiquement", Jules Renard
  • "Lorsque le couperet de la justice se met en travers de son chemin, l'homme du monde se doit de changer de trottoir.", Benoit Poelvoorde
  • "La perfection de la justice consiste à aimer beaucoup les choses grandes, et peu les petites", Chevalier de Méré
  • "Seule personne qui écrit un document de 10.000 mots et l'intitule "Sommaire". ( Franz Kafka)

26/02/2008

Le petit oiseau est de sortie

Cette fois, c'est Polaroïd qui lâche la bride. La photo instantannée a été supplantée par le numérique. Dans ce cas, on sort la rengaine "On n'arrête pas le progrès". La photographie en donne des preuves évidentes souvent dans la douleur.

C057b33357ce82d7bd6d49715a1edd6c2.jpgertaines industries très florissantes dans le passé ont la gueule de bois ces derniers temps. En l'espace de moins de vingt ans, le dos au mur, elles se sont retrouvées devant l'obligation de changer leur production de toujours ou de périr.

Depuis l'avènement du numérique, toutes les industries qui tournent autour de la photographies ont été touchées: les producteurs d'appareil photos pourtant drillées aux changements de version en version, les fournisseurs de films et de papier photographiques, les entreprises de développements de ces mêmes films, les dispatchings qui orientaient ces consommables et qui doivent de plus en plus passer par l'intermédiaire d'Internet,... Tous se sont payés des restructurations très sensibles. Tout d'abord, en tête, Kodak, né en 1890 et qui fournit sur les deux fronts, pense diminuer la casse en se défaisant de 20.000 emplois dans le monde. En 2004, le Britannique Ilford, spécialiste de labo photo et des papiers noir et blanc, revendit ses activités par appartement.

Nikon a dit adieux à l'argentique et aux objectifs et plus aucun appareil reflex ne sera développé sans l'identification terminée par "-D". Ce n'est plus un virage mais une véritable cassure.

Chez Canon, 14% de ses ventes restent rentables dans les gammes "anciennes", mais il gère désormais les stocks d'EOS et se retirera comme d'autres sur la pointe des pieds. Bizarre de parler de "pied" dans ce cas. Lui, qui, par le passé, donnait une stabilisation aux photos, passe aussi à la trappe des objets devenus presque inutile face aux stabilisateurs électroniques d'images présents sur les appareils numériques.9f8601ad82061586f88b43e0876db367.jpg

Konica-Minolta baisse également les bras, abandonne, dès le 31 mars, son activité photo et passe la main à Sony. Celui-ci, numéro deux de l'électronique, désormais, est devenu le 3ème laron avec 10% derrière Canon (47%) et Nikon (33%). Des résolutions qui dépassent les 12 millions de pixels sont devenus presque monnaie courante. En Belgique, le marché du numérique atteindra probablement le million d'appareils vendus cette année. Renouveler sa gamme est devenu la seule manière de survivre.

Signe du changement complet, la recherche et le développement du film couleur ont été stoppés chez beaucoup de fournisseurs. Chez Agfa-Gevaert, la division film avait été rendue indépendante avec le nouveau nom d'"AgfaPhoto" dans un premier stade pour permettre la mise en lumière les raisons de la faillite prochaine de la division. Les avocats en Allemagne ne chôment pas pour obtenir des compensations pour les travailleurs du secteur. Et, c'est la chaîne complète qui est touchée: fabricant de pellicules photos, laboratoires de développement et du tirage qui se fait désormais chez soi avec l'imprimante. Agfa-Gevaert, Option et Glabal Graphics sont en tête des cibles potentielles pour de nouvelles OPA. Oserais-je dire, "y a pas photo".

Mi février 2008, Polaroïd rejoint les vieux objets modernes et annonce qu'il arrêtera la production de ses appareils à développement instantané, aujourd'hui, en qualité et en processus. La firme recherche dès lors repreneur et s'associe désormais à une autre qui planifie de développer des imprimantes sans encres. Breveté en 1929, le papier photographique instantané se composait de cristaux aciculaires qui grâce aux champs électriques et magnétiques absorbaient la lumière polarisée sur une feuille dichroïque.

Tous se sont rués dans la voie tracée par le numérique avec plus ou moins de bonheur après un réveil douloureux.

Comparativement à d'autres développements technologiques qui apportent un nouveau média, un nouveau support de l'information, cette fois, c'est toute une infrastructure bien en place depuis bien longtemps qui vacille sous ses bases. La photo n'a pourtant pas trop à se plaindre quand on pense à la photographie argentique sur film qui a une histoire qui date de plus d'un siècle. C'est peut-être pour cela que le séisme a été plus intense que d'habitude. A force du temps, les rouages d'une entreprise bien graissés perdent malgré tout l'élasticité pour rebondir au quart de tour. De nos jours, le cycle de durée de vie des produits technologiques ne dépasse que rarement les dix ou quinze ans. Les CD, qui ont poussé les disques vinyles dans les musées ou dans les mains de passionnés collectionneurs, se voient progressivement supplantés par les DVD. Sans être une nouveauté révolutionnaire, ces derniers obligent les consommateurs à renouveler l'équipement de lecture et d'écriture pour jouir de cette augmentation drastique d'informations stockées sur le même type de support. Ces DVD se voient également en perte de vitesse et dépassés par une technologie plus performante tout en cherchant encore des standards.

Pour la photo, par contre, une véritable révolution, un "tremblement de terre" chez les employés de toutes ces firmes se sont donc produits dans plus ou moins de silence. Les budgets ont complètement changé d'orientation avec tout ce que cela entraîne de modifications structurelles. Les grincements de dents n'ont pas certes manqué parmi le personnel. Ils ne sont pas venu de l'industrie de la photo proprement dite, qui freinait probablement des deux pieds. Les reconversions ont pu s'envisager chez les plus jeunes, mais...

Des débuts fastidieux du développement de la photo numérique ont pourtant été à la base du lancement. Sortant pour la première fois des usines Sony, en 1982, à petite échelle du caméscope et du Mavica, le premier appareil photographique numérique avec des images stockées sur mini disque magnétique de 2 pouces (Mavipak) permettant d'avaler 50 images. Énormément de points négatifs. Prix exorbitants, manque de résolution et de précision n'allaient pas générer les passions et a fait un flop à l'époque. Un capteur CCD de 279.300 éléments de silicium (sur 570x490 pixels) recevait l'image à partir de l'objectif au travers d'un filtre à bandes (RVB). La définition limitée à 700 lignes horizontales n'étant tout juste bonne à tirer un format d'image de 120*160 mm (MaviGraph).

Les difficultés des débuts a aussi été oubliées par une production de plus en plus grande poussée par la presse et les magazines spécialisés. Ceux-ci annonçaient vraiment l'utilisation possible et rentable dès les années 2000. Les derniers soucis en concurrence avec les bons vieux appareils pleins de maturité s'estompèrent progressivement. La vitesse de prise de vue qui a toujours tenu à l'écart les photographes de sports fait désormais partie du passé. Les résolutions en Méga Pixels (MPix) toujours plus gonflées permettent de rivaliser avantageusement au niveau des résultats avec les 24/36 de l'époque: 10 Mpix, ce qu'il faut pour agrandir ses photos suffisamment et en plus à bon marché. Que demander de plus? L'avantage majeur pour le consommateur c'est qu'il peut voir sa photo directement après l'avoir prise par le petit écran vidéo, qu'il peut en fonction du résultat approximatif corriger et refaire immédiatement la photo ratée. Les prix ont littéralement fondus et se sont rapprochés de leurs prédécesseurs. Prédécesseurs qui disparaissent derrière des prix en porte clé dans l'occasion.

Depuis, en vacances, que prend-vous comme appareil photo pour mémoriser vos ébats? Le petit nouveau avec le petit écran derrière, évidemment.

Une question reste en suspend : la pérennité de vos résultats "papier" imprimés avec l'imprimante à jet d'encre. Beaucoup de textes et commentaires on déjà relevé ce point. Affaire à suivre.

Un "Nouvel Obs" de août 2006, présentait un article intitulé "High-tech à la recherche des clients perdus". Cherchant la solution pour un producteur qui voit son produit devenir ringard après une époque longue out très courte. Il analysait les problèmes à la suite du boom des écrans plats, des clés USB, des baladeurs MP3 qui ont poussé ces sociétés dans les cordes de la technologie numérique. Le magnétophone à cassette, vous en avez encore un très probablement dans votre chaîne HiFi. Il fonctionne toujours parfaitement. Question subsidiaire: "L'alimentez-vous par de nouveaux enregistrements?". La clé USB enterre les disquettes plus sûrement que prévu. L'écran cathodique vit son chant du cygne pour couronner les articles de l'obsolète. Se balader avec du MP3 pendant des heures innombrables a séduit avec la collaboration efficace du PC pour le chargement. Le photophone, nouveau mot, qui intègre l'appareil photo numérique dans le téléphone. Multifonctionnel, ce genre d'appareil était à ses débuts franchement mauvais dans sa fonction "photo" et relevait plus du gadget. Aujourd'hui, encore une fois, on a de quoi se faire surprendre en photo avec la qualité en plus. Ce qu'il y a derrière, les optiques Carl Zeis, toujours dans le coup par leur renommée et par la reconversion réussie dans les appareils de demain. Nokia a présenté son N93 qui en plus de téléphoner va fournir des photos de qualité 24X36 avec zoom incorporé. Qui dit mieux?

Du côté cinéma, après une bataille de standard, le DVD-HD de Toshiba est dépassé par le Blu-Ray de Sony qui fait son grand cinéma. Même format que le DVD haute définition mais avec 5x plus d'informations gravés.

Et pourtant, certains osent à parler de "Photo, quand on abandonne le numéric". Et, ce n'est pas par nostalgie.

Investir dans la technologie? Qui oserait encore penser le faire autrement qu'en Bourse. Les produits High Tech vivent presque moins que l'espace d'un matin. Le dieu "Progrès" est intransigeant.

Si le consommateur veut réellement gagner à tous les coups, il n'y a que le producteur qui doit investir dans la technologie de pointe, jamais lui même. A peine sorti du magasin, votre beau jouet sous le bras, plein de sophistications, vanté par les magasines les plus "à la pointe", cet objet du désir aura déjà du plomb dans l'aile de la nouveauté. Mais, quand on aime, on ne compte pas. Le point positif reste que, depuis le numérique, la photo a le vent en poupe. On n'a jamais fait autant de "clic" derrière ce petit écran magique. Alors, ne jamais laisser son appareil dans l'armoire et utiliser tout de suite et à fond la caisse, si le besoin existe. Voilà le véritable message "conseil" de cet article.

Ne jeter pas, non plus, vos appareils photos analogiques et vos beaux "cailloux" qui ont accompagné tant de journées fantastiques en conservant vos précieuses images stockées sur des films gardant le suspense jusqu'au développement bien plus tard. Ils ne sont pas encore à mettre au rancard. Il est parfois possible de les connecter avec les nouveaux. Même si le numérique a beaucoup d'avantages pour le particulier par rapport aux appareils argentiques, certains professionnels ne l'ont pas rejetés et gardent jalousement leur bijoux de technologie légèrement "dépassés". Arrière garde? Pas vraiment donc.

Une fois acheté, amortir cet objet de rêve au plus vite sera votre préoccupation de tous les instants. Ramener les plus belles photos de la terre devrait nous motiver et nous faire oublier la "duperie" bien naturelle de l'évolution des technologies.
Et puis, comme toujours, ressortir d'un grenier, un peu empoussiérés, ces beaux joujoux auront peut-être plus de valeur qu'il n'y paraîtrait au premier abord. Les collectionneurs de tous poils existent et dans un musée, les choses prennent souvent plus de plastique.

Malgré que la couleur se retrouve dans toutes les visions du monde, le film noir et blanc a encore, à raison, ses "fanatiques". Seul un réajustement, un repositionnement s'imposent. Dans un autre domaine, les disques vinyles existent toujours dans les fonds de greniers mais souvent sans aucune chance d'en sortir car le fameux pickup n'a pas eu la même chance. Bientôt les cassettes VHS, les CD vont subir les affres du temps et de la mode.
Dans quelles mesures, faudra-t-il arriver à la conversion complète dans une reconversion? Le consommateur-client sera seul juge. Pour une fois, qu'il a ce droit au chapitre, le poids de la masse restera le décideur exclusif.

N'oublions pas qu'une photo reste un "snapshot", un espace de temps figé correspondant à un moment de vie. Le souvenir qu'apporte ce "stop sur image" permet de s'assurer bien plus tard et de se montrer à soi-même et aux suivants qu'on a existé un jour en pleine jeunesse.

Au rythme où vont les transformations des technologies dans la photo numérique, une question urgente se pose pourtant. La pérennité de nos photos. Ce n'est pas seulement le temps qui pourrait les altérer. Combien de temps nous permettront les industries de pouvoir consulter nos bibliothèques d'images qui, étant numériques et théoriquement éternelles, dépendraient uniquement de lecteurs compatibles vers le haut mais aussi vers le bas de la chaîne? Ne plus avoir les bonnes lunettes pour voir nos belles photos serait tellement peu enviable. L'informatique et ses logiciels de plus en plus performants assurent vaille que vaille cette compatibilité vers le bas mais en y apportant de multiples corrections de version en version. L'Hybernatus de demain aura-t-il la chance de revoir les photos de sa jeunesse? Le match 24X36 avec pellicule contre le petit nouveau numérique à écran comme oculaire est joué. Les ventes d'appareils analogiques se sont effondrées. La "Rolls Royce" de l'argentique, toujours pas sous le "reflex", Leica a presque mis la clé sous le paillasson. Le concept "reflex", lui, n'est pourtant pas mort. Il reste toujours aussi professionnel dans sa volonté d'affiner sa perspicacité, mais il a seulement changé le clin d'œil du "petit oiseau" dans l'appareil. La miniaturisation fait un retour en marche arrière sur le réflex numérique. Il retrouve des objectifs qui ne sont plus mignon du tout.

Nous avons touché de près le domaine des professionnels sans pourtant le traverser. En parallèle, il y a les "grands", les 6X6 qui n'ont pas disparu. Hasselblad, par exemple, touche seulement un autre public plus averti de professionnels. Les objectifs à soufflet pour photographier les bâtiments n'ont pas totalement disparu. Le passé n'a pas encore dit son dernier mot.

Si la photo panoramique a élargi les horizons, la photo en relief n'est pas encore sortie des limbes avec l'anaglyphe et la stéréoscopie. Le cinéma dépassera probablement la photo de vitesse pour le relief. Pour la télévision, c'est déjà en marche chez Philips et Samsung, sans lunette pour le premier avec des écrans WOWvx et des rayons lumineux émis par l'écran. Un nouveau chapitre bien plus palpitant peut-être s'est rouvert dans ce sens. Ouvrir une 3ème dimension se sera, alors, ouvrir la véritablement la fenêtre à l'image. Certains s'y intéressent déjà.

5bc1f0c8da0d7d367d4bb59034c83fbe.jpgSans verser dans les excès présentés par le film "Photos obsessions", bien entendu, photographier reste une passion. Maintenant, si la nostalgie vous prend, peut-être un retour sur les anciennes photos, des anciens négatifs et dias pourrait par la digitalisation remettre les choses en place. L'imagination est seule conseillère avec les logiciels existant pour y remettre un aspect d'aujourd'hui.

medium_Le_petit_oiseau_est_de_sortie_01.4.jpgCe clin d'œil-ci, vous ne l'avez pas vu, car le petit oiseau vient de rentrer au bercail.

A vos appareils, donc, pas de saison pour les sortir de leurs étuis. La passion ne vient pas de l'appareil mais de ce qu'il y a aux deux extrémités de l'oculaire: le paysage et l'opérateur. La photo, ensuite, ce n'est jamais qu'un ensemble de trois couleur: le bleu, le vert et le rouge.

Analogique ou numérique, même passion.

 

L'enfoiré,

Si la technique de l'actu et du futur vous intéresse, suivez ce site, photovore, parait-il.

Vous en voulez de l'histoire analogique, en voici une : "L'étonnant destin des photos de Serge Prokoudine-Gorsky"

Mais on parle de photos... et si on montrait les parcs de Bruxelles en photos par exemple

Y aurait-il photo chez Le Panda?

 

Citations:

  • "Avenir : Sombre, incertain, complexe mais aussi ouvert, flexible, changeant... Comme l'économie et comme les technologies.", Luc Fayard

  • "Avec des nouvelles technologies, ne sommes-nous pas en train d'assister à la disparition inéluctable de l'auteur ou du créateur au profit d'une marque ?", Paul Virilio

  • "La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa.", Michel Serres

  • "La technologie c'est comme le poisson. Plus ça reste en rayon, moins c'est appétissant", Andrew Heller

  • "Serons-nous capables de choisir les éléments de la technologie qui améliorent la qualité de vie et d'éviter ceux qui la détériorent ?", David Baltimore

 

19/10/2007

Le scoop pour le scoop

Dans notre monde actuel de recherche d'information, la tendance n'est plus d'apporter l'information judicieuse et incontestable dans les temps mais bien avant celle que fournirait le concurrent.

 

848227d6fbb83c2fdf27ef7e7fd7718a.jpgArracher la nouvelle avant les autres à tout prix. Le but principal est de chercher «le scoop», l'information qui fera vendre et saliver.

L' "event" récent dans la politique française, tout le monde en parle du sommet de la hiérarchie à l'homme de la rue. Les antis vont roucouler et appuyer sur l'accélérateur. Les pros vont enfoncer le frein avec véhémence. Je n'y ajouerai rien. Mais, prenons plus de recul.     

Il y a d'abord ceux qui en vivent. Les paparazzis, les "fans de scoops" sont à l'affût du moindre agissement de la vedette, des "people" qu'ils sont appelé à suivre 24 h sur 24, l'appareil photo et le canon télé 1000mm, dernier cri, prêt à crépiter en ne s'inquiétant pas trop de la vie privée de la 'victime' consentante ou non. Les membres du showbiz sont souvent partagés entre le besoin de se faire connaître, donc d'être pourchassé, et le besoin de retrouver l'intimité de la vie privée. Ce métier de filature, de planque est un jeu de chat et de la souris n'est pas nécessairement fautif. S'il y a de la demande, il y aura de l'offre. La demande voyeuriste existe et fait vendre. Il faut donc la satisfaire. Images scabreuses, scandaleuses sont les préférées. Les couples qui se déchirent, la tarte à la crème. La vie privée et publique se rencontrent sans frontière. La presse people en tête est la première à collectionner les procès pour dommages et intérêts pour délit de transgression de la vie privée. Blâmé après la mort de Diana, depuis 5 ans, le job de paparazzi s'est amplifié. L'industrie de l'image volée a redémarré coïncidant avec l'arrivée de nouveaux magazines dit "people", de sites Internet et d'émissions télé consacrées au "star system" (dixit le directeur de l'agence X17 à Los Angeles.

De fausses "paparazades", peut-être un peu trompeuses, mettront aussi le client, le chasseur et sa cible de commun accord. Même rendement pour chacun des acteurs dans la bonne humeur, cette fois.

Le livre du journaliste Jean-Paul Champagne "La mafia des people" parle sans langue de bois et avec humour d'une source de revenus moins transparente en provenance des relations que les stars entretiennent avec la presse à scandale ou non. Une crainte perpétuelle taraude l'esprit du people: "on ne parle plus de lui". Disparaître des plateaux de télé et c'est la malédiction qui s'abat en sanction. Pour se faire, "vendre" un morceau de sa propre existence dorée et privée ne fait pas de mal à l'intéressé. Donner l'impression du bonheur intéresse toujours celui qui rêve et ne jouit pas de largesses évidentes. Ces "mirages aux alouettes" qui sont ils, toujours friands d'événements croustillants?

Quand il faut aller vite pour sortir le papier, rechercher la confirmation demande du temps, le risque est donc grand de publier une information erronée ou "mal adaptée". Alors, ça barde encore plus.

039e3b1ef2b8b03b633e8757b425757b.jpgLes médias, ensuite seraient-ils finalement le seul pouvoir irresponsable, celui qui à l’inverse de tous les autres n’aurait de compte à rendre à personne, celui qui, au-dessus de tous les autres, s'autoproclamerait légitime en échappant aux règles de base de la vie collective en démocratie ? On pourait se poser la question. On ne répare jamais les torts causés par les dérives aux causes multiples dont la concurrence et la pression du marché ne sont pas des moindres. Nous ne sommes pas timides, mais nous continuons à nous soigner.

Entre temps, ça passe ou ça casse. Si c'est faux, on perd quelques lecteurs trop pointilleux, c'est tout. On se fait tout petit ensuite pour ne pas être reconnu comme l'auteur de la fausse nouvelle. La liberté de cacher ses sources est une bonne sécurité vis-à-vis d'un pouvoir, mais une mauvaise chose quand il s'agit de protéger ses propres erreurs. Les consommateurs, ces médiatisés aiment fantasmer. Modérer cette envie est peut-être difficile.

Le consommateur a ce qu'il mérite. Il désire rester "in" dans l'actualité et mieux encore avant les autres. Cette actualité est offerte en pâture aux consommateurs qui ne veulent pas entendre parler d'un quelconque suivi. Cela doit rester dans le "chaud de l'action" et disparaître ensuite. Les "plats froids" de l'actualité qui ont "glissé", n'ont plus la cote. Personne n'en a rien à cirer des suites d'une affaire entendue un jour lors d'un "snapshot" (un instantanné). L'oubli est bien vite là avec le "sanpshot" suivant. L'effet de recul demande un raisonnement plus coûteux, plus personnel.

Les journaux citoyens pourraient entrer dans la brèche. C'est leur rôle de réveiller les consciences et la réflexion. Que constate-t-on? Nenni. La contagion de la presse officielle a été jusque là.  On se gargarise avec les mêmes produits. L'affaire Agoravox dont j'avais fait écho avec d'autres n'est qu'un exemple.

Des blogeurs-rédacteurs se lancent parfois dans des théories plus ou moins fumeuses. Faut-il y crier haro sur ce phénomène? Pas vraiment. Internet sur lequel se réfugie ces blogs est un nouveau média qu'il faudra toujours prendre avec précaution. De nouvelles thèses citoyennes, pourtant, sans l'aval de ses pairs, ont pourtant une chance de faire découvrir une autre vérité ou solution basée toujours sur la réflexion. Ces "blogs journaux" qu'Agoravox offre avec délectation et prestige, s'impose aussi des règles éditoriales "scotchées" à l'actualité comme l'ombre de l'information fournie par les journalistes.

La fraîcheur, c'est bien. Le durcissement des affaires captées au vol l'est aussi, sinon plus. Il constitue la vraie expérience.

Le Press Book de la "scoop mania" n'est pas innocent.

Paco Rabanne, probablement en perte de vitesse, annonçait la fin du monde pour l'année 2000 pour faire parler de lui. Le 21ème siècle entamé, bizarrement, c'est plutôt '"je me suis fait tout petit devant cette poupée" pour se faire oublier pendant un certain temps.

La science, même elle, a joué des coudes pour sortir "la" nouvelle. Tromperies, supercheries se retrouvent en effet côte à côte dans quelques cas heureusement rares.

L'affaire de la "Mémoire de l'eau" qui aurait de la mémoire avait fait grand bruit à l'époque. La prestigieuse revue scientifique "Nature" s'est elle-même fourvoyée en publiant cette information qui, d'entrée de jeu, était tout à faite douteuse, mais qui plaisait à l'imaginaire.

Les travaux de Sir Cyril Burt sur l'intelligence et le QI a aussi poussé celui-ci à des déclarations qui reposaient sur des démonstrations truquées. Sa démonstration sur la dotation génétique de l'intelligence, qui établissait que le rapprochement de jumeaux avait une conséquence sur une intelligence plus élevée, a fait long feu quand après sa mort il s'est avéré d'après ses écrits que les fameux jumeaux n'existaient que dans son imagination.

Plus récemment, un des plus grands experts mondiaux en clonage, Woo-Suk Hwang, de l'université de Séoul, a du avouer avoir trompé la communauté scientifique en ayant falsifié des données pour son dernier rapport de recherche de juin. Son idée de produire des cellules souches "sur mesure" pour réparer des tissus endommagés n'était que pure fiction. Le nationalisme, la fierté de mettre son pays au devant de la scène, sont à mettre dans le pot des excuses. Récemment, un biologiste de Harvard donnait en août 2007 un dénouement heureux à l'affaire en démontrant que Hwang avait été le premier à observer sur des cellules humaines le phénomène de la parthénogénèse. Le bluff d'un imposteur avec ressort en douceur. 

Fin juin 2007, une petite molaire brisée est découverte et c'est une momie anonyme qui remonte 3500 ans d'histoire égyptienne. Il s'agit de la momie d'Hatchepsout, la plus célèbre reine de l’Égypte pharaonique, reconnue comme telle et entourée d'une littérature innombrable. Tremblant d'excitation, le directeur des antiquités égyptienne, Zahi Hawass et le ministre de la Culture, orchestraient avec fracas devant la presse mondiale, cette découverte alors qu'il en niait l'existence un peu avant. La veille, la chaîne américaine Discovery Channel, associée à la découverte, avait grillé la politesse à Hawass, dévoilant l’histoire de la quête de la momie. Des tests ADN devraient être faits sur les momies royales grâce à un laboratoire financé et équipé par Discovery Channel pour un montant de 5 millions de dollars. Ces événements expliquent certainement cela.

Le "Sciences et Vie" du mois d'avril 2006 lançait comme un pavé dans la marre qu'après 40 ans de croyance en la théorie du big-bang pour la genèse de l'univers, que l'idée pourrait être revue de fond en comble. Une énorme étoile ou galaxie a été repérée qui aurait un âge antérieur à ce fameux "big-bang" relance les recherches de plus belle pour trouver ou non confirmation de cette approche.  Tout à coup, tout était remis en question. Les fondements de nos croyances étaient à revoir. Comme scoop, je crois que l'on ne peut trouver mieux !

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Les réelles tromperies sont heureusement rares (0,3% sont avoué ces 5 dernières années) et la recherche de l'information scientifique qui pourra émouvoir la gent scientifique n'est pas la préoccupation primaire. La recherche fondamentale reste la recherche qui peut rester infructueuse pendant de nombreuses années. De plus, la pratique expérimentale est confrontée à tellement de facteurs divers et parasites que l'on peut accepter un mauvais chemin pris ou des résultats trompeurs en apparence. La plupart du temps, cette mauvaise appréciation provient de manque de tests et il ne faudra pas chercher une faute volontaire chez le scientifique qui aura été berné lui-même.

Les résultats ne sont pas univoques. L'honnêteté intellectuelle et scientifique se devra toujours de reconnaître l'erreur de jugement et la corriger. Cela, même si la gloire, l'argent, l'idéologie ou la volonté de prestige de l'état, le Nobel, quelques lignes dans le dictionnaire inciteraient à fausser les expériences.

Pour obtenir le prolongement de son contrat n'est-on pas tenté chez certains chercheurs d'"améliorer" quelque peu des résultats qui seraient restés dans l'ombre? Les subventions précaires ne sont accordées qu'avec l'espoir d'un résultat utilisable en fin de parcours. C'est donc tout à fait humain de vouloir protéger son gagne-pain. Mais, même dans ce cas, l'éthique seule et entière restera pourtant le seul principe de rigueur.

Se reconnaître tel qu'on est avec ses richesses et ses faiblesses dans le parfait anonymat avec le plaisir potentiel de se reconnaître dans la société.

Internet en a mis une autre couche à cette folie du scoop. Le site Extortr ne manque pas de demander aux pararazzi en herbe d'envoyer images et vidéos les plus scandaleuses possibles. Le prix de la transaction est fixé par les chasseurs de scoops.

Un commentaire que j'ai lu quelque part m'a paru une clé du "mystère":

"Les chercheurs acceptent facilement l’histoire des sciences si elle se conforme à l’avancée rassurante du progrès: autrefois on ne savait pas, aujourd’hui on sait davantage".

 

Un rédacteur que j'aime le disait en parlant des "people" : "La star, c'est vous". 

Là, résiderait la Vérité, en vérité.

Jean Gabin chantait ausi "Maintenant, je sais"

"Je sais qu'on ne sait jamais". 

 

L'enfoiré,

Le scoop, voilà que je me fais rattraper par un Panda



Citations :

 

  • "Un chien mord un homme, c'est un fait divers. Un homme mord un chien, c'est un scoop.", Lord Beaverbrook
  • "Célébrité n'est pas belle, et ce n'est pas ce qui nous grandit", Boris Pasternak
  • "A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale", Andy Warhol
  • "La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.", Georges Wollinski
  • "La célébrité m'a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu'autrefois.", Woody Allen03a394ba997b0f812b6c1b2f64f16192.jpg

 

31/05/2007

Brialy: un Zéphyr s’en est allé, souriant

L’éternel jeune premier comme les journalistes le décrivaient, Jean-Claude Brialy ou plus tôt, Jean-Claude, tout court, est mort en cette fin mai. Mai, le mois où l’on fait ce qu'il nous plaît.

07ca08b3fecdef17ee6f28dbef0e3c45.jpgEn 2004, il écrivait l’histoire de sa vie et de ses rencontres « J’ai oublié de vous dire ». Que de choses à dire, que de souvenirs à écrire. Sur 74 ans dont 53 ans de présence au cinéma, au théâtre, sur la scène du grand show de la vie mondaine. Une jeunesse très mal ressentie, cadenassée par un père officier violent et intolérant. Fuir de la maison lui offrait le paradis après l'enfer de l'intérieur familial.

Avec des débuts en 1954, par la petite porte du petit boulot, seul, sans l’aide des parents, il se lance à l’assaut de Paris. Des courts métrages et Jacques Pinoteau qui lui offre un rôle dans l’ « Ami de la famille » enchaîné tout de suite par « L’Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle et "Le beau Serge" de Claude Chabrol qui va lui donner un pseudonyme. Jean-Luc Godard avec "Une femme est une femme", François Truffaut avec "La Mariée était en noir", Eric Romer avec "Le Genou de Claire" resteront des films de référence.

Dans le mouvement « Nouvelle vague » avec Truffaut, et dans « Les quatre cent coup » il va excellé. Beau gosse, il partage son beau parlé et sa présence de bellâtre, jeune et fier de l’être. On veut vivre avec le pied au plancher à cette époque. Belle époque de mâles en proie avec la vie sur le fil du rasoir. Alain Delon, Belmondo ne sont que les comparses de cette vie qui explose après les souvenirs encore frais de la guerre. Enfants de la balle, d’abord, monopolisateurs de la vie sous toutes ses formes et expériences. Aux Etats-Unis, James Dean représentait cette « Fureur de vivre » sous le même titre au cinéma.

Dès 1971, il se lance dans la réalisation de son premier film « Eglantine » et pour la télé en 1973. Il crée le Festival de Ramatuel en 1985. Mais, c’est surtout le théâtre qui l’attire. La présence avec le public, c’est ce qui l’électrise et le motive. Pour le confirmer, il achète le théâtre du "Bouffe Parisien". Quinze pièces, c’est peu et beaucoup à la fois en regard de sa présence au cinéma qui a littéralement absorbé sa carrière, peut-être plus qu’il n’aurait voulu. Il ne savait pas dire « non ». Oui, c’est sûr. Tout tourner avant de raccrocher, une passion, un piège parfois. Une centaine de films au cinéma, 11 à la télé, 12 films réalisés lui-même.

Difficile d’être excellent en tout, mais il a donné ce qu’il lui semblait le meilleur de lui-même.

Le problème pour ces éternels jeunes, ou ils meurent jeune comme un mythe comme James Dean, ou il faut durer. Et durer, c’est passionnant, mais c’est dur. Sans style personnel, il y a du souci à se faire. Jean-Claude l’avait, avec charisme, comme ses « collègues » cités plus haut.

La vie publique, il en a user et peut-être abusé en personnalité du tout-Paris. Rire et humour pour plaire étaient ses envies, ses soucis et ses obsessions. Les journalistes aimaient l’interviewer et lui ne disait, encore une fois, pas « non ». Sa verve passait bien et son rire se partageait avec le plus grand bonheur des deux côtés de la table.

Sollicité de partout pour ses connaissances étendues comme aux Grosses Têtes de Bouvard.

Son livre autobiographique « Le ruisseau des singes » en 2000, en rapport avec sa jeunesse à Algérie avait fait un tabac. Surpris, abasourdis lui-même qu'il soit aussi populaire avec 700.000 exemplaires vendus. Sa sincérité y était peut-être pour beaucoup. Il était l'ami de Jean Marais, de Jean Gabin, d'Edith Piaf ou de Marlène Dietrich, Arletty, Pierre Brasseur, Romy Schneider, Line Renaud, François Périer, Trenet et de tellement d'autres reviennent à la mémoire du lecteur. Et, tous lui ont rendu l'émotion en le considérant souvent comme un frère. Passés avec humour et tendresse pour couronner tout cela. Généreux, combattant contre la maladie du Sida. Education sévère par un colonnel à l'armée. Le bouquin de 2004 reprend les étapes de sa vie bien serrée en événements mêlé à la haute société avec les échecs, les réussites et les humiliations. « J’ai oublié de vous dire » avant de devenir un bouquin, il l’a défendu sur les planches.

Eternel jeune premier, dandy, rien ne lui allait aussi bien. La mort est inéluctable, disait-il. L'oubli, pour lui, était la pire des maladies.

"J'essaye d'être éléguant pour me protéger et d'avoir de l'esprit pour séduire", terminait son premier livre.


Edith Piaf lui disait : "J'aimerais bien sortir avec Delon parce qu'il est beau, rester avec toi, parce que tu me fais rire et rentrer avec Belmondo, parce que c'est surement un bon coup au lit".

 

Diseur expert, chroniqueur de la folie et le show perpétuel de son entourage, sa voix douce mouilleuse, pas mielleuse, ne laisse pas indifférent. Ses bons mots, ses rappels de dictons en rapprochement avec l’explication, l’interprétation qu’il faisait des événements de la vie, sont d’une profondeur d’homme mûr.

Il n’était pas avare de distinctions. Commandeur de la Légion d’Honneur, de l’Ordre national du mérite, des arts et des Lettres, 5 Césars. Le cancer l’a emporté après une période où visiblement la morphine avait fait ses ravages.

Sa devise « Courir plus vite que les nuages ». Ces maudits nuages font de l’ombre même au soleil.

Philippe Noiret qui s’en est allé un peu plus tôt et maintenant Jean-Claude Brialy, deux événements qui nous laissent, spectateurs, orphelins de ces Zéphyrs de la parole française en moins d’un an.

On vous aimait bien, Messieurs aux bons mots. Vos voix sont en nous, imprégnées. Les films seront toujours là pour rafraîchir l’"alzemerisation" de la vie de tous les jours.

L'Enfoiré,

  • Sa citation préférée était « Il y a des gens qui parlent, qui parlent - jusqu’à ce qu’ils aient enfin trouvé quelque chose à dire. », reprise dans "Mon père avait raison".

  • Celle que je préfère de lui: "J'ai beaucoup aimé dans ma vie. Des hommes comme des femmes. Presque toujours des êtres fabuleux. L'amitié, c'est la quille du navire et la voile en est l'amour. Elle vous entraîne vers Cythère ou vers un naufrage".

 

Plus de sentiments et d'hommages sur Agoravox

 

12/10/2006

La vérité qui dérange

A l’occasion de la sortie de son film-documentaire "An Inconvenient Truth" (Une vérité qui dérange) sur le réchauffement climatique, Al Gore était dimanche 8 octobre à Bruxelles. Il était interviewé par un journaliste de la RTBF.

medium_La_verite_qui_derange.2.jpgCe matin, j’écoutais à la radio l’interview du vice président Al Gore qui a malheureusement raté son entrée dans la grande cours des Présidents des Etats-Unis en 2000.

Le voici dans son intégralité.

Willy Vandervorst  recevait donc Al GORE, l'ancien vice-président des Etats-Unis; à l'occasion de la sortie du film: "An Inconvenient Truth" ("Une vérité qui dérange").

 

Son choix musical: "I need to wake up" de Melissa ETHERIDGE

W V : Monsieur Gore, il y a six ans, à la fin de votre mandat de Vice-président, on a vu un homme abattu, quitter la présidence des Etats-Unis, maintenant on trouve, si vous me permettez, un charmeur combatif. Qu'est-ce qui a changé en six ans ? Pourquoi, maintenant, ce combat ?

  • Après la décision de la Cour Suprême qui a accordé la Présidence à Georges W. Bush, j'ai eu la possibilité de réfléchir à la façon dont j'allais passer le reste de mon existence et j'ai, à ce moment-là, pris un certain nombre de décisions et j'ai notamment décidé que je souhaitais continuer à parler de la crise climatique. Un sujet que j'abordais depuis plus de 30 ans et j'ai repris une série de conférences concernant le changement climatique et des producteurs hollywoodiens m'ont conseillé de consacrer un film à ce sujet. J'étais d'abord sceptique, puis j'ai accepté, parce que je trouvais qu'ils faisaient de l'excellent travail. J'ai également lancé un certain nombre d'entreprises, je m'amuse beaucoup, mais je passe la plus grande partie de mon temps à faire prendre conscience à la population de l'ampleur de ce problème climatique.

 

W V : Vous pourriez, comme aux Etats-Unis, parler de l'Irak, vous pourriez parler du 11 septembre, vous pourriez parler de la guerre contre la terreur... Pourquoi est-ce vous avez choisi, si vous me permettez une formulation provocante, de parler de la pluie et du beau temps ?

 

  • (Rires) J'ai consacré différents exposés à chacun des sujets que vous venez de mentionner, mais j'ai passé la plus grande partie de mon temps, à parler de la crise climatique. Il est clair que c'est la plus grande crise à laquelle l'humanité a jamais été confrontée. Il suffit de voir quelles ont été les conséquences de l'ouragan Katrina, les problèmes liés à la fonte des calottes polaires, les énormes sécheresses qui frappent le monde et cela nous permet de prendre conscience du fait que la crise climatique c'est bien plus que la santé des arbres, que les petits oiseaux, mais que l'enjeu est l'avenir de l'humanité toute entière et les relations entre l'espèce humaine et la Planète Terre, ces relations ont été fortement bouleversées, en très peu de temps. En moins de 100 ans, la population mondiale a quadruplé. Nous utilisons aujourd'hui, à grande échelle, des technologies qui sont beaucoup plus puissantes que toutes les technologies que nos ancêtres ont utilisées et nous sommes également devenus la principale force agissante sur la nature et il y a cette fine couche d'atmosphère qui entoure la Planète et qui n'est pas plus épaisse que la pelure d'une pomme et cette couche nous l'a remplissons de pollution à raison de 70 mille tonnes par jour et cela a pour conséquence de bloquer la chaleur du soleil dans l'atmosphère ce qui fait fondre les neiges dans les Alpes, dans l'Himalaya. Ce qui signifie que la plupart des grands glaciers du monde sont en train de fondre et nous assistons aujourd'hui à un certain nombre de conséquences qui ont été annoncée depuis longtemps par des climatologues et ce processus s'accélère. Si nous voulons sauver l'espèce humaine, nous allons devoir intervenir au niveau des technologies polluantes que nous utilisons et veiller à utiliser des technologies moins polluantes.

     

W V : Quand on parle de ces questions en Europe, ces questions que vous traitez dans votre film, tout le monde pense au Protocole de Kyoto et dit : le responsable c'est les Etats-Unis…

 

  • Personnellement, j'ai participé à la Conférence de Kyoto et j'ai joué un rôle déterminant dans l'établissement du Protocole, mais je n'ai pas pu convaincre le Sénat républicain de ratifier le Traité et je suis d'accord avec vous, il faut que les Etats-Unis changent leur fusil d'épaule et qu'ils adhèrent au Traité de Kyoto et si il est impossible de le faire pour des raisons politiques, il faudrait au moins qu'ils s'efforcent avec d'autres, de mettre au point un Traité plus strict encore qui remplacerait le Traité de Kyoto. Il est clair que mon pays a tort, mais c'est un manquement qui devrait être prochainement rectifié et ce n'est pas une raison pour les autres pays toutefois, de ne pas tenter de faire davantage qu'ils ne font aujourd'hui, parce que ce n'est pas une question politique, c'est une question morale, c'est l'avenir de nos enfants, de nos petits enfants qui est en jeu. C'est l'avenir de l'humanité. Nous devons tous tenter, moi aussi, de convaincre les Etats-Unis de se lancer sur cette voie et tous les pays doivent faire davantage.

     

W V : Dans votre film vous parlez de responsabilité morale pour défendre ce genre de thème que vous défendez. Pour un homme politique, la responsabilité morale c'est aussi une responsabilité politique. Est-ce que vous imaginez que reprendre une course pour vous retrouver au sommet de la hiérarchie politique c'est quelque chose qui vous aiderait à faire passer ce message auprès des opinions, auprès des gouvernements ?

 

  • Je n'ai pas l'intention d'à nouveau poser ma candidature à la Présidence. Je n'exclus pas qu'un jour je serai à nouveau candidat, mais je ne crois pas que ce soit le cas. Je crois qu'une des leçons que j'ai tirée de mon expérience est que je dois me concentrer sur l'esprit de ceux qui m'entourent afin de leur faire prendre conscience de la responsabilité de leurs actes et je dois également veiller à ce que quiconque prend une décision politique obtienne un soutien populaire pour cette décision et cela signifie qu'il faut un public réceptif. C'est une question morale, éthique, spirituelle. Si votre enfant fait de la fièvre, si la fièvre ne disparaît pas, si la fièvre monte, il est clair qu'il est de votre responsabilité morale d'aller trouver un médecin pour savoir ce qui ne va pas et si le médecin vous dit ce qui ne va pas, vous avez la responsabilité morale de veiller à ce que cette fièvre disparaisse. Alors, aujourd'hui, c'est notre Planète qui est fiévreuse et cette fièvre elle devient de plus en plus forte et nous nous tournons vers des médecins, vers des experts scientifiques et ils nous disent ce qui ne va pas. Ils disent que c'est le réchauffement climatique, que c'est cette pollution que nous développons et que nous rejetons dans l'atmosphère : 70 mille tonnes par jour et cette fièvre ne cesse de monter ; et ils nous disent que la seule solution est de réduire ces émissions de polluants et nous avons tout à notre disposition pour le faire, sauf peut-être, la volonté politique. Mais la volonté politique est une ressource renouvelable et elle peut être non seulement trouvée, cette volonté politique, par un leader politique qui apporte une solution, mais également en en appelant à la population pour que la classe politique prenne le problème à bras le corps et prenne des initiatives permettant de résoudre la question.

     

W V : Je vais vous poser une dernière question : Quel message donneriez-vous aux nouveaux élus politiques belges aujourd'hui ?

 

  • Peu importe le parti politique que vous représentiez, il faut que vous preniez le temps de voir le film « Une vérité qui dérange » et quelle que soit votre idéologie, vous devez vous efforcer d'apporter à cette crise. Ce n'est pas une question d'idéologie ou de politique politicienne, c'est la survie de l'humanité qui est en jeu. C'est une question de moralité et il faut que tous les partis politiques s'attaquent à cette question côte à côte. Dans mon pays, ça a été le cas. L'enjeu est énorme. Alors, les gagnants, les gagnants je les félicite, mais je vous demande de prendre ce problème à bras le corps, c'est le plus important auquel nous ayons jamais été confronté.

     

W V : Merci beaucoup.

 

  • Merci beaucoup.

     


Depuis plus 30 ans, Al Gore s’intéresse et milite pour les problèmes de notre terre. Problèmes sur la climatologie qui se sont intensifiés ces dernières années à cause du manque d’actions des gouvernements puissants et de la montée en puissance des nouveaux venus, les pays asiatiques. 
Véritable cri d’alarme. 
Il ne correspond pas à l’idée que l’on se fait des Américains, ses réponses aux questions du journaliste avaient, je crois, leur place ici.

Après la présentation de son nouveau film aux USA, il descend sur le continent européen pour prêcher la bonne parole nécessaire à la survie de notre planète bleue.

 

Il reste à espérer qu’il ai été entendu de l’autre coté de l’Atlantique et qu’il le sera de ce côté-ci.

 

En fin d’interview, il intimait d’aller voir le film indépendamment de la politique politicienne mais simplement pour raison de survie et de moralité.

 

Il nous donne 10 ans pour sauver le monde.

 

Alors persuader et persuader encore avec des shows et des conférences à travers le monde. Changer les mentalités. Dur, dur et pas nécessairement de retour en politique.

La version enregistrée et d'autres commentaires sur Agoravox.

Le journal le Monde avait fait aussi un interview dont voici le contenu.

 

L'Enfoiré,

 

Citations:

 

  • "C'est d'âme qu'il faut changer, non de climat.", Sénèque
  • "La météo c'est ce à quoi on s'attend, le climat c'est ce que nous obtenons", Robert Heinlein
  • "La vie consiste à jongler sur une corde raide.", René Dubos
  • "L'un des pires démons de la civilisation technologique est la soif de croissance.", René Dubos
  • "Les écologistes ne s'intéressent pas qu'au cul des oiseaux et à la chlorophylle !", Noël Mamère

Mise à jour 12 octobre 2007: Al Gore reçois le Prix Nobel de la Paix.0e35cfabf25d09b2ed42c3e44925d4c7.jpg

5ec9104fdd9af65f177feab761632a57.jpgEt pour 2008?2bc6457ed2c7d6a7c0abb641f6c72e4f.jpg

25/08/2005

Que t'es beau !

Prendre du recul, regarder son image dans le miroir apporte une sagesse apaisante et fait retrouver la réalité.

 

Si, devant notre miroir, nous nous lançons dans ce genre de pensée, nous nous en retournerons tout ragaillardis peut-être, mais il nous faudra refaire le même exercice tous les jours de notre vie en une sorte de challenge permanent.
Cet état d’esprit est parfaitement défendable bien sûr.
Mais, si après cette petite ‘expertise’, nous nous en retournons en pouffant de rire, nous aurons certainement gagné une pensée positive diablement plus efficace et cela aussi pour le reste de notre vie.

L’autodérision, car il s’agit bien d’elle, est la meilleure thérapie dans l’arsenal de nos atouts et de nos armes contre l’adversité.
L’humilité, sa compagne, apporte une foule de pouvoirs sur nous-mêmes.
Pour le moins, elles nous rappellent, si besoin en était, notre droit à l’erreur, de nous reconnaître en tant qu’Homme fragile mais responsable. Pas mal de choses qui auparavant nous jetaient dans la déprime, commenceront par prendre leur juste mesure si pas à rouler sur la bosse de notre indifférence.
Ce n'est ni un complexe d'infériorité ni de supériorité qui devrait prendre le dessus de notre vie, mais une simple conscience de nos défauts réels ou imaginaires.
Ce désir de se surpasser peut se rechercher dans l'héritage socio-éducatif transmis par nos parents.
Trop souvent, ils ont trop tendance à souligner les comportements négatifs.
Se faire aimer par eux d'abord et ensuite par son entourage et ses collègues est un besoin ancré en nous.

Le personnage de la Reine dans Blanche Neige (non, je ne vais pas nous faire revenir en courte culotte..) ne se rend pas compte du poids de l’image qu’elle voulait au top et sans partage en apercevant son visage dans le miroir.

Le clip de fin de mandat du président Clinton m’a beaucoup amusé et interloqué, à la fois. L’ancien président US tentait de rattraper la voiture d’Hillary en courant et essayant de lui apporter le sachet contenant le petit déjeuner qu’elle avait oublié.

L’ambition est une qualité mais il faut en connaître les limites.
Placer très haut la barre de nos objectifs est bon pour notre motivation, se croire invincible est un leurre.
La rage de vaincre crée un bon stress mais savoir que les places sur le podium sont comptées reste une mesure de sécurité vitale pour la santé.
Alors, être adepte de l’autodérision apporte beaucoup de satisfactions et peut sauver l’esprit dans beaucoup de situations délicates.

Le monde d’aujourd’hui nous oblige souvent à jouer des coudes, à nous mesurer aux autres. Les sociétés imposent la réussite à leurs membres. Toujours chercher à se surpasser, à stimuler cette obligation de réussir, à rester dans la course du progrès de notre carrière améliorent notre ego mais rester maître de nous-mêmes et conscient de notre ‘petitesse’ peut nous remettre sur les rails de la Sagesse.
Les routes de la vie sont pleines d’obstacles inattendus et devant l’échec, dure est la loi de l’expérience. Alors se surestimer ! Bonjour, les dégâts.
Une remise en question, une remise à niveau sont salutaires.
L’humilité devant l’échec nous permet de nous ressaisir, de nous réajuster, de rebondir.

Les jeunes ont une énergie potentielle énorme. Avec des projets pleins la tête, ils désirent changer le monde et je les en félicite car ce dernier en a souvent un grand besoin.
Avec l’âge, par l’expérience et un peu de sagesse acquise, à cause des bleus qui nous tapissent de plus en plus le corps, cette énergie potentielle se transforme petit à petit en énergie cinétique productrice de beaucoup de projets.
C'est un peu la physique appliquée à la vie.

«L'humilité est une purification par élimination de soi du bien imaginaire.» (Simone Veil)

 

«L'humilité a lieu lorsque quelqu'un, sans aller jusqu'au mépris de soi-même, connaît sa propre imperfection; cette passion ne s'étend pas non plus au-delà de nous-mêmes. » (Spinoza)

 


Assumons nos faiblesses. Acceptons avec sportivité que nous ne pouvons pas toujours être le meilleur dans chaque compétition qui jalonne notre vie. Soyons nous-mêmes tout simplement.
La perfection n'est pas de ce monde, autant en prendre son parti avec humour et un peu de gentil mépris pour ceux qui se prennent la tête dans les mains pour en soutenir le poids.

Je suis parfaitement conscient que je vais à contre-courant des idées reçues, des objectifs des sociétés de conquête de marché, des images que le sport nous projette quotidiennement en ne nous montrant que les podiums de la réussite, mais rappelons-nous les deux phrases majeures du fondateur des Jeux Olympiques modernes, Pierre de Coubertin :

 "L'important, c'est de participer" .

 

ou encore :

"L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu."


Bien plus sur la vague, l'idée de Vaincre le concurrent, l'"ennemi", dans un esprit du "pan, pan, t'es mort" de notre enfance, avec dans le fond, le mirage de la carotte dorée, sublimée, comme le montre la pub de la télé, par le désir de pouvoir écraser une larme avec un billet de 500 Euros ! 


Le 2 août dernier sur RTL, le film 'Docteur Patch' avec Robin Williams était diffusé. Si vous ne l'avez pas vu, à la prochaine diffusion enregistrez-le, il vous servira dans une période de déprime. Le rire, l'humanisme sont au pouvoir, parfois bon enfant mais tellement optimiste.

A près de 58 balais, certains peuvent ne plus me considérer comme suffisamment dans le coup, mais n’ayez crainte, mon miroir, lui, ne me révèle que ce que je veux bien y voir.

Je croyais avoir terminé ce billet par ces mots qui me paraissaient apporter une bonne fin. Et bien, non, j'arrive avec le meilleur ou, plutôt, le pire. A vous de juger.
Jusqu'ici, je ne vous parlais que de la beauté de l'être, de la personne. Il en existe une autre que j'avais oublié volontairement ou non mais qu'un reportage à la télévision m'a fait ressurgir: la beauté physique du corps. Ce reportage ayant pour titre "Destination beauté - Brésil" (programmée 14 août) m'a interloqué et dérouté. Sans parvenir à me fâcher, le sujet m'a néanmoins fait réfléchir. Quand on connait la situation du Brésil avec ses "favelas", ses déshérités de notre monde de consommation, il est un peu surprenant de remarquer qu'à côté de cela, une volonté d'atteindre, à tout prix, la beauté physique pour les femmes (mais aussi pour les hommes) parasite le Brésil de Lula, ce grand vainqueur de la gauche latino-américaine depuis Allende. Les firmes de cosmétiques, dont je ne citerai pas de nom, déclarent que près de 90% des femmes brésiliennes font énormément d'efforts pour améliorer leur look. N'en déplaise à certain(e)s, maintenir une belle carrosserie de voiture et un moteur toussotant (j'entends déjà le tollé que je vais créer !). Les chirurgiens plastiques s'en frottent évidemment les mains. A leurs yeux, toutes les imperfections du corps doivent être corrigées par la chirurgie esthétique pour se pavaner sur les plages de Copacabana ou lors des défilés du Carnaval de Rio. Des séries télévisées populaires, genre "Feux de l'Amour", sont à la source et dictent les canons de beauté. Cette obsession s'explique, parait-il, par le besoin d'entrer sur le marché du travail dirigé par des hommes. Si le sport est pratiqué en support additionnel à cet état d'esprit apporte le point positif, n'est-ce pas néanmoins une confirmation du statu du Brésil dans son développement à deux vitesses ou une dérive de la pauvreté entraînée par la publicité? Heureusement, la beauté intérieure, elle, ne se maquille pas aussi facilement.


Alors à vos miroirs et essayez d’y voir la juste réalité des choses.


L’enfoiré,

 

Citations:

 

"Pour faire une bonne caricature de quelqu'un, il faut exagérer ses défauts. Je me demande si dans mon cas, ça n'a pas été fait à ma naissance", Philippe Geluck

Les Images du miroir vont parler

21/07/2005

Télé chérie

Que nous le voulions ou non, la TV fait partie des passe temps favoris de beaucoup d'entre nous.


Dire le contraire réveillerait l’ermite qui est en nous.
Elle est là pour occulter pendant l’espace de quelques heures les vicissitudes, les désagréments de la vie de tous les jours.
Nous divertir et nous informer, sont les rôles qu’elle s’est assignés.
Elle y parvient vaille que vaille avec les moyens dont elle dispose.
Le téléspectateur, lui, souvent passif et prêt à gober n'importe quoi, se retrouve devant sa petite lucarne espérant passer sa soirée agréablement. En dix ans, la consommation télé a augmenté de plus de 20% et cela malgré la concurrence des technologies nouvelles. L'augmentation de l'offre et le confort des écrans plats y sont peut-être pour quelque chose. L'Américain passe, lui, cinq heures par jour devant la télé.

Les tendances du marché de l'audiovisuel et du loisir à domicile sont de plus en plus orientées et entrainées par les nouvelles technologies dont le matériel se vend avec des baisses de prix à rythme soutenu.
A l'offre existante, l'ADSL vient de s'intégrer et d'ajouter de nouveaux canaux, chaînes et programmes. Les émetteurs eux-mêmes se modernisent et passent aux transmissions numériques terrestres.
Les nouveaux supports médias, internet prennent une part importante dans la vie de tous les jours des téléspectateurs. Les chaînes gratuites et publiques financées par la dotation publique et par la publicité face aux chaines privées payantes et une multitude d'offres ont du s'adapter. L'interactivité est un nouveau moyen de récolter plus de recettes. Les chaînes de télévision incitent leurs auditeurs d'une manière participative avec une connotation 'sympathique' à l'appel et à s'impliquer à fond, d'abord, par l'usage basique du téléphone pour questionner, participer à un sondage ou donner leurs opinions, ensuite, par les SMS surtaxés et qui produisent des recettes supplémentaires importantes.
L'évolution va vers le payant et elle pousse à remplacer une technique par une autre.
La publicité est un marché à risque très évolutif car dépendant de la conjoncture économique et les programmes doivent accrocher le téléspectateur à son écran par un rapport d'affinité sous peine de disparition.
Un JT de la télévision française tel que TF1 jouit d’un budget moyen au minimum dix fois supérieur à celui de la RTBF. Le défi pour cette dernière doit trouver une solution dans l'originalité et l'inventivité des programmes qui doivent faire la différence. Une production à petit budget de cette même RTBF ne peut évidemment pas tenir la distance avec les 'Racines et les Ailes' de FR3.

En cette période de vacance, beaucoup de redifusions de films et de séries.
Ca sent le réchauffé, mais le passé nous a parfois réservé de bonnes choses. Voir ou revoir certains bons films n'a pas nécessairement l'heur de me déplaire.
De toute manière, il faudra faire 'avec' (comme on dit près de chez moi).

Les chaînes publiques sont forcées par contrat de programmer des émissions culturelles qui élèvent le niveau de la base des programmes. Les productions locales restent malgré tout marginal car beaucoup trop cher à réaliser.
Les pièces de théâtre ont disparu des écrans et ce genre de culture a été mis en veilleuse au devant de l'arrivée massive d’outre atlantique. Je ne peux que le constater et parfois le regretter. Le théâtre était programmé auparavant dans des plages horaires de grande écoute.
Les goûts changent et elles ne peuvent plus entrer en compétition avec le pep et le suspens des thrillers américains à grands spectacles et aux cascades rocambolesques.
Les salles de théâtre, il faudra se résoudre à les fréquenter à nouveau et à sortir du petit confort de notre fauteuil pour avoir la chance de continuer à voir nos pièces préférées.

Il y a quelques années, il a été fait grand cas de la bataille de l’audiovisuel. On y refusait l’intégration de nos productions avec la compétition américaine. L’exception culturelle contre la libéralisation complète voulue par nos amis américains dans un dernier soubresaut a été revendiquée pour ne pas sombrer dans l’océan de leurs productions, mais cette dérogation a définitivement baissé pavillon dans la pratique.

La culture est devenue le parent pauvre de nos productions et ce n’est pas le semblant éducatif du jeu « Qui veut gagner des millions » qui pourrait me contredire.

L’audimat est derrière tout cela en instrument de rappel à l’ordre. La publicité est seule maître des programmes par son pouvoir magique du « money » »money ».

Quand les budgets de production sont rognés que reste-t-il ?
• Les films américains, les thrillers avec cascades et effets spéciaux accrocheurs de préférence.
• Le sport : football, tennis, ping-pong, rugby…
• Les jeux, plus débiles les uns que les autres

Acheter les droits de diffusion, louer films, les séries et la présence lors de grandes compétitions sportives qui attirent les foules, voilà, la solution de sécurité la moins chère qui s’offre à nos télévisions. Celles-ci ont du souvent abdiquer devant les déferlantes télévisuelles américaines.
L’objectif de délassement et de l’information est peut-être atteint pour certains.
Celui de l’éducation, je le laisse à l’appréciation personnelle de chacun selon sa sensibilité.
Les thrillers et les enquêtes policières ont la cote et apportent de bons moments d’angoisse, de réflexions et l’adrénaline stimulante. La violence très souvent présente n'émeut plus le téléspectateur.

Mais, c’est à chacun qui tient sa zappette en main à choisir de pousser sur le bouton qui apportera le plus de plaisir possible.

Enfin, une liberté qui nous est restée, profitons-en…

Bonne soirée

L'enfoiré

Réactions :
Don Quichote (alias Etienne) : Les choix économiques et politiques ne sont pas le résultat de mise en application de science exacte telles que les mathématiques et la physique. Il s'agit tout d'abord de choix idéologique. La télévision appartient également au domaine de l'idéologie au même titre que l'économie et la politique.
Sachant cela, on peut envisager de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce support médiatique.
Son but ultime n'est pas seulement de "divertir" ou de nous informer. Qu'elle soit sous l'emprise d'un pouvoir politique (dictature; régime de parti unique; ..) ou sous le contrôle de pouvoir financier et économique, son idéologie est identique. Il s'agit de modeler les esprits du plus grand nombre (la masse silencieuse). Faire en sorte que le plus grand nombre reconnaisse, accepte et consomme, ce qui est "correcte", "bon", "démocratique" ou non, "progressiste", en d'autres termes les valeurs inhérentes à cette idéologie.
Faire en sorte que le consommateur d'images soit docile, qu'il reconnaisse sans hésitations qui est le "méchant", le "fourbe", le "non démocrate", le "terroriste", "l'agresseur", qui est celui qui ne respecte pas les "droits de l'homme" et bien évidemment qu'elle est le meilleur produit et surtout celui qui aujourd'hui est indispensable et donc permettant d'étoffer la panoplie du parfait consommateur.
En conclusion, le but ultime est d' aliéner le plus grand nombre à une idéologie. Tous les "produits et propagandes" qui répondent aux critères de cette idéologie sont acceptés sur l'étale du marchand (donc sur nos écrans de télévision). Les autres sont ignorés ou pire caricaturés.
Les bénéficiaires de l'idéologie dominante (en fait imposée) ne s'intéresse qu'aux aspects géostratégiques. Qu'il s'agisse d'accéder, à vil prix, aux matières premières ou d'imposer l'extension du "marché" par la contrainte ou par la force si nécessaire tout cela relève de la géostratégie. La télévision est devenue non seulement l'indispensable outil (peut-être le seul qui soit terriblement efficace) qui ait une capacité de type "globale" ou "intercontinentale" permettant d'assurer un modelage des esprits à une échelle jamais vue dans l'histoire de l'homme.
Pourquoi s'étonner dès lors si la télévision locale (celle potentiellement la plus proche des besoins citoyens) n'offre aucun intérêt de type stratégique permettant de promouvoir l'idéologie dominante. Donc cette télévision restera du domaine publique. Donc financée par l'impôt.
L'état ayant des moyens financiers de plus en plus limités (réduction d'impôts imposées par des organismes dont les responsables ne sont pas des élus du peuple), le financement de ces activités, qui ne contribuent pas à promouvoir l'économie et la géopolitique, reste largement insuffisant.
Peu de moyen signifie peu de journalistes, donc un nombre de reportages très limités pour la plupart sans beaucoup d'intérêts, qui tournent en boucle à longueur de journée. Quelques politiciens l'utilisant pour assurer leur promotion auprès de l'électorat local.
En conclusion cette télévision locale, pourtant proche des citoyens, est rarement utilisée pour permettre à ces citoyens de comprendre et donc de participer aux prises de décisions les concernant directement.
La télévision locale est rangée dans la catégorie des dépenses non rentables telle que la culture, l'éducation générale et citoyenne, et bien évidemment les dépenses dites "sociales".
Cet outil pourrait se révéler d'une puissance d'extraordinaire. Il permettrait à une majorité souvent (trop) silencieuse de devenir des citoyens responsables, capable de choix éclairés donc non imposés par l'idéologie dominante.

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