10/11/2009

Chienne de guerre

"Si tu veux la paix, prépare la guerre", pour expliquer l'armée. Mais, après la guerre, que reste-t-il. La paix? Les souvenirs? Un musée de la guerre? Ca, c'est presque sûr. Des expositions qui se suivent et se ressemblent pour faire comprendre du genre de connerie, la guerre. La dernière exposition "Chienne de guerre" rappelait que les animaux sont utilisés en temps de guerre.

Chienne de guerre_01.jpgLes budgets de la Défense ont toujours été hors normes dans toute l'histoire des nations. Comme signataires de l'Europe, nous avons plus de 60 ans de paix derrière nous. On oublie vite les acquis apporté par cette signature. Depuis, lors, les générations se sont suivies. La guerre a été dite "froide", économique. La mémoire de la guerre est pourtant rafraichie par la représentation quotidienne derrière la petite lucarne. Le documentaire télévisé, avec des images d'archives, colorisées pour réactualiser avec nos habitudes, "L'apocalypse" a fait revivre la 2ème guerre mondiale.

La mémoire, c'est, aussi, les expositions spécialisées, les anniversaires  et les jours de fêtes nationales permettent de ressortir toute ses armes lors de défilés prestigieux. Rien que le mois de juillet compte 20 fêtes nationales dont les plus connues chronologiquement, le Canada, les États-Unis, la France et notre petite Belgique. Les défilés militaires pendant les fêtes nationales sont là pour impressionner. Ils sont les vitrines de notre style de vie et de défense.

Le Cinquantenaire a, dans son sein, une annexe suffisamment importante pour abriter le musée de l'armée. Il pris forme à la fin du XIXème siècle. Léopold II voulait rivaliser avec Paris. Une arcade monumentale s'éleva, dès lors, au milieu d'un parc.En 1923, sous le nom de "Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire", le musée fut créé. Armes, uniformes, médailles, chars, tableaux et statues d'époque vont y trouver place pour rappeler des moments de gloires. L'évolution technique commence avec les brillantes armures du Moyen Age, véritables œuvres d'art pour arriver aux solutions plus modernes au travers des 2 guerres mondiales, après les Pays-Bas autrichiens et l'époque napoléonienne. Visite qui se prolonge par l'aviation militaire et civile dans un hall à la mesure de ces machines volantes.

Chienne de guerre 1.jpgActuellement, une exposition "Chienne de guerre" présente la guerre de 1914-18 avec le rôle joué par les animaux pour soutenir les efforts guerriers des humains. Parfois, pour le meilleur; souvent, pour le pire.

Ce sont, donc, les animaux qui sont à l'honneur comme accompagnateurs de l'homme dans beaucoup de fonctions. Il aurait mieux valu pour eux qu'ils ne nous obéissent pas trop et ne nous fassent pas confiance au vu du tribu qu'ils ont laissé à notre gloire.

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate en 1914, l'animal est une force de travail dans sa relation avec l'homme. Le conflit va lui faire prendre un rôle bien plus important. Les chevaux d'abord, les chiens et les pigeons, ensuite. L'uniforme du soldat, lui-même, est équipé de matière d'origine animale: cuir pour les chaussures et ceinturons, drap de laine pour l'uniforme, plumes et crin de cheval pour le couvre-chef. Le coton remplacera le cuir et la laine en temps de pénurie comme substitut. Prendre soin de son chien et de son cheval devient crucial pour exécuter les opérations de guerre. Chiens mitrailleurs, jouissant d'une ouïe fine et d'un flair, ils sont devenus un auxiliaire de premier ordre comme sentinelle et comme garde. Les pigeons, pour les transmissions. Entre temps, un cinquième de la population civile va se retrouver sur les routes pour fuir la Belgique à bord de charrettes tirées par des chevaux, par le bétail et les chiens et se retrouver sous le feu nourri des avions ennemis. La pénurie de nourriture oblige à devenir écologique avant l'heure. On reconnait et on se protège contre les petits ennemis acariens et autres. Les réquisitions massives des chevaux se multiplient. Dans les milieux colombophiles, l'autorité occupante oblige à déclarer les pigeons, à les enfermer et interdit de les vendre. Les chiens de plus de 40 cms au garrot sont réquisitionnés.

Des souvenirs, donc, à ne plus savoir comment les oublier. On aime se souvenir mais les générations successives usent le souvenir.

Premières constatations générales pour le visiteur d'une telle exposition: beaucoup de visiteurs et ce n'est pas la gratuité seule qui attire. On y vient en famille. Papa, maman et les gosses. C'est le papa qui montre, avec de nombreux gestes aux gosses, le maniement des armes, qui pointe du doigt, avec un certain enthousiasme, les décorations et autres ex-voto. Récompenses des guerres. Quand on pense à ce qu'est une guerre, ce qu'elle rappelle dans la réalité, je reste perplexe par cet enthousiasme. Je me demande incrédule, quel est le but de la manœuvre?

Faire peur? Si c'est le cas, c'est raté. Toutes ouïes, le gamin, cela n'a pas l'air de le faire trembler. Le gamin pense, au contraire, à faire son marché, au nouveau révolver qu'il va pouvoir demander à Saint Nicolas. Est-ce une vue plus pratique  du papa qui se rappelle les difficultés pour trouver de l'emploi, aujourd'hui? Pense-t-il faire un militaire, de son gamin, plus tard? Oui, c'est vrai, il y a quelques bonnes places à prendre dans un futur assez problématique. La propagande militaire "Engagez-vous" pousserait à le croire. Si les quelques galons et décorations, c'est, peut-être, plus gênant à porter sur la poitrine, cela fait briller l'ensemble. Il fut, un jour, où j'avais même rapproché, dans un article, l'esprit du scoutisme avec l'esprit militaire à la vue de la présence mixée et partagée dans une idéologie commune et que l'on pourrait retrouver à l'occasion des jamboree.

Il y avait aussi des militaires d'un âge certain parmi les visiteurs. Eux, ce n'était pas, visiblement, avec une nostalgie contenue, que leur visite se déroulait. Pas d'exubérance, une exploration qui faisait défiler des images contenues au fin fond de leur mémoire.

Plus tard, lors de la visite, je me trouve devant un avion. Un groupe de Japonais s'approche. L'un d'entre eux s'écarte du groupe pour venir se placer devant un avion de la dernière guerre. Associant un grand salut militaire à un sourire plein de dents, il s'attend à ce que ses copains le prennent en photo avec patience et fixité. Clic clac, dans la boîte à souvenirs. Je ne peux m'empêcher de lui faire remarquer en un anglais parfaitement compréhensible "the war is not as simple as a smile and a military salute with the hand" (la guerre n'est pas aussi simple qu'un sourire et qu'un salut militaire). Il continue son sourire et rejoint ses amis sans rien ajouter. Je n'ai pas chercher plus tard à savoir s'il avait compris et s'il était d'accord avec ma réflexion trop philosophique pour un lieu de tant de prestiges.

N'est-ce pas normal de vouloir par idéal défendre l'endroit où l'on est né, "sa" patrie? N'est-il pas normal de montrer à l'autre que notre culture est plus avancée, plus technologique? Vision souvent faussée car qui prendrait l'habitude d'aller en délégation voir cet autre avant de le déclarer comme ennemi? La bonne vie a pris heureusement plus de valeurs. Le temps a effacé les envies belliqueuses. Plus question dans nos pays occidentaux de se lancer dans une aventure sans lendemain.

"Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente" chantait, déjà, Georges Brassens.

C'est presque un lieu commun que de le dire. L'armement a toujours été la préoccupation première des hommes pour défendre leur intégrité, leurs idéologies, leurs frontières. Après, on construit, dès lors, des murs. On vient de fêter le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Celui d'Israël, celui de la Ligne verte, à Nicosie, tomberont, aussi, un jour. La question reste, à quel prix? Mais tous les murs ne peuvent disparaître sans la compréhension que vivre ensemble est la meilleure manière de vivre. Cela imposera une éthique toute particulière dans un monde qui grandit et qui aura de plus en plus de différences de conceptions. Ethique qui ne permettra plus des distortions trop importantes.

Aujourd'hui, les murs passent, parfois, par plus de virtualité mais restent présents en esprit. A Berlin, ce n'est pas de la nostalgie, on parle d'ostalgie. Passer du zoo à la jungle n'est pas une sinécure.20091109Ein Berliner.jpg

Un homme politique disait avant la chute, "j'aime tellement l'Allemagne, que j'en veux deux".

Dans des phases défensives alternées avec des phases offensives et de plus en plus techniques, la peur de l'autre subsiste même si, cette fois, elle devient indéfinissable et moins marquée par deux blocs idéologiques. Moins agressive, mais tout aussi efficace dans leur volonté de détruire les opposants de sa propre idéologie ou pour répondre à une agression. Autre histoire de l'œuf et de la poule probablement. Le fautif est toujours l'agresseur de l'autre camp.

« L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat. », disait le grand guerrier Sun Tzu.

Le patriotisme est-ce la clé du succès et de la vie sereine? Symbole des symboles, le drapeau national et ses couleurs spécifiques. Prestige de combattre pour lui avec des médailles en récompense des loyaux services à la patrie.

20091110Mur de Berlin.jpgEt si les frontières disparaissaient? Arte s'était posé la question dans le Théma du 22 janvier 2008. A l'échelle mondiale, l'ONU tente d'abolir les frontières entrainant la possibilité de s'établir où l'on veut. Fausse sortie, souvent. Il faut en avoir les moyens de cette politique. L'Europe, tente la même opération de rapprochement à l'échelle du continent. Schengen avait élargi le cercle des "amis". Mais, les souverainetés sont toujours présentes pour freiner le mouvement de communion des peuples. L'influence, l'impact de ces décisions de recherche d'identité est énorme. Si les marchandises transitent sans plus beaucoup de documents, l'immigration des hommes n'apparait toujours pas ringarde pour l'accepter de bonne grâce dans un visage que l'on donne de l'humanité. L'extrême droite en fait son leitmotive.

Le 26 novembre, la RTBF se posait vraiment la Question à la Une, du "quoi faire" avec une armée? Cela remettait quelques idées préconçues à leur juste niveau.

Humanitaire ou militaire? C'est un peu le choix aujourd'hui en dehors des points réellement chauds de la planète comme l'Irak et l'Afghanistan.

Les objectifs de l'armée, maintenir la paix. L'ennemi a changé de visage. Plus de confrontation entre deux blocs Est et Ouest. Le communisme s'est mis en veilleuse avec la chute du Mur de Berlin. Le service militaire des jeunes a été supprimé dans beaucoup de pays. Les troupes stationnées en Allemagne en sont sorties. Il s'agit de soutenir l'ONU. Depuis le 11 septembre 2001, l'ennemi se cache derrière le terrorisme qui n'a, lui, plus de frontières. La sophistication ne se retrouve plus nécessairement dans le matériel ad hoc. On cherche à vendre le matériel obsolète. 1500 véhicules de l'armée sont ainsi vendu par an en Belgique, ce qui représente quelques 300 millions d'euros depuis quelques années. Il faut que les nouvelles armes remplacent les anciennes. L'OTAN, trop américain, ne fait pas confiance.

Nous sommes, désormais, à l'ère de la guerre des étoiles et des informations: guerre de tranchée derrière celle des claviers. Ce qui change la donne. Les civiles sont, aussi, devenus plus exposés que les militaires.

La présence militaire en Afghanistan fait débats. Obama se cherche encore dans une question de "stop ou encore". En Belgique, 30 millions d'euros par an et 5 millions pour raison humanitaire. Se spécialiser dans les objectifs devient obligatoire en période de crise.

Les missions à l'étranger sont devenues les raisons principales de l'armée. Au Kosovo, la KFOR après 10 ans sur place, continue à établir des contacts avec la population locale en tenant écartés serbes et Albanais. Le rôle de sociologue apparaît là-bas. A Kandahar ou à Kaboul, c'est plutôt rester sur le qui-vive en attendant que cela passe. Échec en Irak, échec en Afghanistan de la pacification sous la forme uniquement militaire.

Pour recruter de nouveaux jeunes militaires de métier, il faut présenter l'aspect sécuritaire du rôle de l'armée. La sécurité d'emploi en poussant la motivation du côté social. Pourtant, on n'aime pas trop garder les anciens, trop âgés, de plus de 40 ou 50 ans. Retrouver une place dans le civil reste une possibilité, mais c'est un autre monde avec une guerre commerciale comme seule similitude. Tout dépend de l'occupation sous les drapeaux. Pilotes, informaticiens, on aimera peut-être, mais tireur d'élite? Ce n'est pas gagné.20080402Poisson Flahaut.jpg

La sophistication des outils technologique dépasse les anciens outils. Tanks et jeeps, même si ils ont évolué ne trouvent plus vraiment preneur dans la préparation du guerre moderne. Le Président Sarkosy a d'ailleurs réassigné les budgets militaires pour les orienter vers l'espionnage par satellite et la tendance "guerre des étoiles". Les dernières poussées de nationalisme, d'identité nationale ont aussi des relents de trop de déboires à leur actif et ne génèrent pas uniquement les bravos.

Les Balkans ont été le cadre de quelques hésitations de la pacification de l'Europe. La violence dans la fédération de Yougoslavie, assez factice, il est vrai, a été dépecée. La Russie, elle-même, se retrouve seule dans l'ancienne URSS.

En 2007, l'Estonie avait subit une attaque en règle qui avait bloqué tous les réseaux informatiques. La guerre technologique avait commencé. La Russie avait été désignée comme coupable potentiel. Les ordinateurs zombies ont générés paniques et pagailles. Nouvelle stratégie: les Armes d'Informatisations Massives ou de Armes de Désorganisation Massive La bande passante bloquée, les informations et les états ont été obligés de déclarer forfait. Couper les lignes et relancer. Bugs et virus sont les armes de demain pour déstabiliser et il ne faut pas nécessairement une armée pour y arriver. Le piratage et la guerre télécommandée. Des kits de pirate existent dans le commerce. La Société Kaspersky découvre 500 nouveaux virus par jour et évalue à 10.000 internautes capables d'être des cyber-criminels. Le commerce de l'antivirus est évalué à un budget de 100 milliards de dollars. Certains hackers sont contactés et engagés dans les rangs de l'armée de l'ombre. Un pacte de non-agression ne semble se créer que dans la logique. Hacker, une profession à part entière pour demain?

Daniel Cohen sortait récemment un livre qui raconte par le menu cette histoire au travers des siècles avec le titre "La prospérité du vice". Une introduction (inquiète) à l'économie? Pas seulement. L'équilibre des puissances par l'intermédiaire des guerres, parfois religieuses, poussées par le pouvoir et les richesses. "L'Europe pour lui devra apprendre à conjuguer l'idée de l'Empire universel, présente à travers la foi chrétienne, notamment, et le génie singulier de chaque nation", écrit-il.

"Enrôlez-vous", qu'ils disaient. Il est vrai qu'aujourd'hui, vous serez peut-être plus à l'abri à l'intérieur de l'armée qu'à l'extérieur comme civil. Quant à la sécurité d'emploi, elle n'est plus une raison d'assurance dans la longueur, car le carriérisme n'est pas plus prisé qu'ailleurs.

20091027Conflit d'interet.jpgL'Europe, quoi qu'on en dise, a contribué à la paix que nous connaissons. Ceux qui n'en font pas partie rêvent d'y entrer, ceux qui n'y sont pas, rêvent d'en sortir. Paradoxe de notre temps qui cherche son origine dans des raisons économiques et sociales trop peu agencées avec succès. Une vue raccourcie par des pensées d'être à la botte des USA, quelque part, aussi. Et pourtant... La paix reste toujours fragile et dépendante de beaucoup de paramètres de confiance et de compréhension mutuelle. Elle restera toujours dans les mains des populations concernées d'évaluer les risques de ne pas trouver les concessions nécessaires. La Turquie, à cheval sur deux continents, on peut comprendre la difficulté à faire partie du "club" des européens. La Russie, elle, fait partie physiquement du territoire de l'Europe.

Cynisme complet, on avait même entendu "Mieux vaut profiter de la guerre. La paix sera pire". Les armements nouveaux, même avec le prix de la technologie qui diminue, resteront très gloutons en énergie et en monnaie. (USA 500 milliards de dollars, un quart du budget fédéral. L'Europe, le cinquième). Surveiller les amis de nos ennemis dans une hypersurveillance?

20090917Baroso réelu.jpgCanaliser, les instincts, les idées et les idéologies deviendra de plus en plus difficile à l'ère d'Internet.

Ce sera s'armer toujours d'avantage ou s'allier comme seule autre solution. Supprimer les casernes et les militaires, ce n'est pas le premier point dans la "check list" d'installation de la paix durable.

Alors, l'armée au musée ou pour construire la paix? A nous de choisir.

Et si on demandait leur avis à nos animaux de compagnie? Pas sûr de la réponse.20091116Service militaire volontaire.jpg

Entre temps, je cède la parole à la chanson "Des hommes pareils" de Cabrel.

Pour les images de tout cela, c'est ici.


L'Enfoiré,


"A quoi sert l'armée" se posait la question un rédacteur français.

Sur Agoravox, pas de guerre mais des opinions?

Mise à jour du 13/11/2009 : Voici que l'actualité bouscule l'article ou le complète de manière inattendue:Le service militaire réapparait mais il est volontaire. Les inscriptions commencent.


Citations:


  • « Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'armée. Otez l'armée, vous ôtez la guerre. », Victor Hugo

  • « Les plus grands musées du monde ne contiennent que des butins. », Frédéric Dard

  • «  Autrefois on cherchait des armées pour les mener combattre dans un pays. A présent on cherche des pays pour y mener combattre des armées. », Montesquieu

  • « Il y a des hommes politiques éclairés en France et en Allemagne qui ont dit que des pays qui ont la même monnaie ne s'enfermeront plus jamais dans des querelles. », Angela Merkel


16/09/2009

Créateur de chance

Le 18 octobre prochain, la Loterie nationale belge fêtera ses 75 ans. Le « créateur de chance » comme elle aime s'appeler, va mettre à cette occasion les petits plats dans les grands. Des zéros derrière des chiffres significatifs, probablement aussi.

Créateur de chance_10.jpgLe 18 octobre 1934 sortait la première loterie que l'on appelait alors « Loterie coloniale ». Pour confirmer, l'esprit colonial de l'époque, un noir parmi d'autres employés de la loterie présentait les boules à la sortie des urnes. En janvier 1944, le super gros lot s'élevait, déjà, à 2 millions de francs belge. Cela fait à peine 50.000 euros, non réévalués, bien entendu. La mise de cinquante francs belges pour acheter le ticket pouvait sembler une véritable fortune à l'époque. Pour élargir les candidats à la chance, un billet du dixième du prix permettait de gagner un dixième du lot. Rappelons que nous étions aux lendemains de la grande crise de 1929 et que l'on voulait redresser la barre par tous les moyens disponibles. Tout pour redonner l'espoir de changement de vie.Jouons ensemble (1)_4.jpg

La Loterie nationale française sortait, elle, un an plus tôt. Le mot "colonial" a été prohibé dès l'indépendance du Congo, pour devenir "Loterie Nationale".

Pour jouer, il y en a pour tous les goûts, depuis, en direct ou en différés.

Au départ, les jeux de tirages ont été la raison d'être ce "créateur de chance". Le Lotto (version belge avec 2 "t", SVP) est fondé sur le hasard.

LDevenez Scandaleusement Riche.jpg'Euro Millions, "le jeu qui rend scandaleusement riche" en fait partie. Quinze millions d'euros à gagner chaque semaine, gros lot reporté si pas gagné sur la semaine suivante.

Du côté des tirages, la variété a explosé: Lotto, Joker, Golden Ticket, Euro Million, Keno, Pick3,Super Lotto, Super Joker, Lotto Extra.

Pour les impatients de la chance, les jeux à grattage ne manque pas d'imagination pour faire sortir la chance de son trou sous forme de tickets: 21, Astro, Bingo, Bling Bling, King of Cash, Le Chat, LoveIs, Pile ou Face, Presto, Quick Cash, Subito Quattro, Subito, Super 13, Super Monopoly, Win For Life, Win For Life 75

La Loterie Nationale, le « créateur de chance » multiple, se prépare à fêter dignement l'événement de 75ème anniversaire. Le Brussels Jazz Orchestra et le Jouons ensemble (1)_2.jpgBrussels Philarmonic Orchestra vont mélanger jazz et musique classique lors d'une tournée au travers du pays qui commencera dès ce mois de septembre. Les archives le la Loterie seront présentés dans une exposition. Celle-ci rappellera la fascination des hommes pour les jeux du hasard à travers les siècles. Un documentaire sera monté par Gérard Corbiau pour l'occasion.

Du côté des gains, les Golden Tickets, depuis fin août, existeront temporairement avec deux fois un million d'euros de gains. Le Win for Life 75 créé aussi pour l'occasion a pour principe de faire gagner, à vie, 75 euros par jour, soit 2250 euros par mois.

On essayera d'oublier les affaires de fausses identités qui présentaient un profil sur mesure de l'heureux gagnant. Celui-ci ne sera plus artificiellement modélisé comme un jeune avec petite famille avec enfants pour ajouter une touche d'espoir aux prospects ou clients. Désormais, les gagnants resteront anonymes.

Les montants gagnés dans les jeux de hasard sont, de plus en plus, énormes. Plus il y a de fric en jeu, moins il y en a dans les poches pour tenter le diable, plus on pourrait penser que les files pourraient s'allonger pour venir chercher leurs billets. Pourtant, la Loterie subit aussi la crise. Les économies existent aussi.Jouons ensemble (1)_0.jpg

La multiplication et l'évolution de l'offre de jeux suit l'imagination débridée des concepteurs. Le Rapido implanté en 1999 par la Française des Jeux avait généré une addiction très forte par la répétition des tirages dans un cours laps de temps. Le temps, c'est de l'argent.

Le jeu compulsif est une pathologie reconnue par les psychiatres dont les conséquences sociales et familiales sont à prendre en considération pour devenir enfin un problème de santé publique qui ne peut plus être ignoré par l'État.

En Belgique, les pubs "Devenez scandaleusement riche" veulent rester anonymes. Pour la première fois depuis une dizaine d'années, on pensait faire un audit à la Loterie nationale sur le flux financier de l'institution. Un parti aurait phagocyté les postes-clé. Avec 1,7 milliards d'euros de chiffre d'affaire en 2007, on pouvait se poser des questions. Une super cagnotte de 10 millions d'euros aurait-il des relents de trop plein? Plus le pays est grand, plus le potentiel de faire grimper la somme, est important.Jouons ensemble (1)_3.jpg

Les Français et les Anglais aiment s'afficher avec le chèque en main. Avant de le toucher et que le stress leur ferait perdre le billet gagnant! De ce côté-ci, la discrétion est de rigueur et pousse à continuer à travailler caché pour ne pas être harcelé par toutes les organisations charitables.

Les hôtels cinq étoiles pour tous les gagnants ne s'y habituent pas ou ont peur de sortir de l'anonymat. Les envieux se déchaîneraient. On connaît la ville où le gagnant à sa résidence, mais pas plus. Celle-ci ose espérer qu'une petite participation aux gains ne seraient pas mal venus. Que faire de cette fortune que la plupart ne parviennent même pas à imaginer? Les gagnants changeraient-ils de vie? Une question très personnelle mais qui a généré quelques imaginations.

Jouons ensemble (1)_1.jpgLa redistribution de la mise n'aura pas nécessairement un gagnant, si ce n'est l'organisateur, lui-même. Celui-ci, pour se faire pardonner, fait souvent œuvre de charité, heureusement. La lutte contre la pauvreté sera, d'ailleurs, le thème à l'honneur lors de cet anniversaire.

"Internet va-il tuer le lotto?". Cela faisait peur. La vérification de l'âge du joueur, puisque jouer à crédit reste interdit aux mineurs, nne préoccupe pas trop. La loterie ne risque que peu de sanctions. Protéger le joueur contre lui-même en surveillant le temps d'utilisation de la connexion sur internet ne sera également qu'un souci "moral".

L'analyse combinatoire vient à l'aide pour calculer la chance. Combinaisons sans répétitions généralement. Trouver 6 bons numéros sur 42 possibles et c'est gagné. Mathématiquement, en effet, la palme pour l'emporter se situe pourtant aux environs d'une chance sur 76 millions de remporter le gros lot. La société de loterie jugeant, enfin, le montant disproportionné étudie une répartition plus équitable dans les rangs inférieurs. La Loterie Nationale belge jouit d'un monopole pour l'organisation des loteries publiques. Sa mission est de ne pas provoquer la dépendance et doit canaliser le comportement de jeu. La superstition entre aussi en jeu et, chaque vendredi 13, le nombre de billets achetés atteint des sommets.

Paul Herman, journaliste à la radio RTBF, avait ces mots sur le "Scandaleusement riche" de notre publicité belge, lors d'un premier gros lot gagné de 75 millions. Cela se passait le 21 septembre 2005 :

Au jeu de l'amour et du hasard, le Belge apparemment a choisi le hasard. Un récent sondage sur la sexualité nationale ne révèle rien de palpitant sinon que 9 Belges sur 10 étaient hétérosexuels. A se demander, ce que fait le 10ème. Pour ce qui est du hasard, les Belges se défendent mieux. Désormais, comme les Irlandais, les Portugais ou les Français, ça y est, des gens scandaleusement riches, on en a. Et il y avait un petit cocorico tout de même dans les infos. Un air de patriotisme économique. On a perdu Electrabel, la Sabena n'existe plus et Côte d'Or est suisse, mais nous avons enfin chez nous, un "SR", un Scandaleusement Riche. Comme on dit, un 'BV', un Bekende Vlaams, un flamand connu. Bref, nous avons désormais quelqu'un qui fait la fierté de la nation et si vous ne me croyez pas, allez donc lire le courrier que la loterie reçoit. On y félicite l'heureux chanceux d'avoir enfin gagné pour la Belgique. Où va se cacher l'indécence, me direz-vous? Dans la fierté retirée d'un acte qui nous dépasse ou bien dans l'esprit malade qui a décidé de créer de toute pièce une nouvelle classe sociale: des gens qui n'auront besoin ni d'hériter, ni d'avoir une idée de génie, ni de commettre un délit pour être définitivement séparés des autres. C'est ça "être scandaleusement riche". C'est devenir absolument différent. Et si les mots sont parfois grossiers, il arrive que les chiffres soient vulgaires. Tout est trop dans cette somme de 75 millions d'euros. Les gagnants de la semaine dernière, ils pourraient payer des années lumières de salaires africains avec cette manne astronomique. Et après ça, on va s'étonner que des gens traversent des mers, franchissent des barbelés et occupent nos églises. Parce que notre télé, eux aussi, ils la regardent et qu'ils ont vu comme vous, quelqu'un se moucher avec un billet de 500 euros ou manger des frites dedans. Alors, ils arrivent, ils rejoignent l'eldorado. Eux aussi, ils veulent tenter leur chance. Et de temps en temps, l'un d'entre eux, après mille visites à l'office des étrangers et au bout de la 3ème grève de la faim, réussit à obtenir des papiers et trouver un travail, à louer un logement. Quand on pense que c'est quelqu'un qu'on a croisé 1 fois, 100 fois dans l'autobus, cela fait réfléchir.Jouons ensemble (1)_5.jpg

Si vous voyez que son billet a pris une ride, prévenez-moi. Depuis, de bien plus gros lots sont tombés. Le 21 août dernier, les mêmes 75 millions étaient partagés entre un Belge et un Français. En Italie, au mois d'août, les candidats à la fortune s'étaient affolé avec le Lotto italien (Super Enalotto) avec une super cagnotte de 143,9 millions. Les chercheurs de gros coups n'ont pas hésité à prendre l'avion pour y aller jouer.

Comme le journaliste le disait, n'oublions pas que la télévision, qu'Internet traversent, aussi, les frontières et qu'il ne faut pas être étonné que les richesses « mielleuses », même faussement présentées comme naturelles et courantes, attirent toujours les abeilles butineuse.

Mais la loterie, c'est pour le commun des mortels, direz-vous.

Il faut les "coloniser", ces "communs". Le nom de départ, Loterie Coloniale, n'était pas si mal, en définitive. Si l'argent n'a pas d'odeur, il ne doit certainement pas avoir de couleur, non plus.

L'espoir que donne l'argent, ne fait décidément pas le bonheur de tous les mortels.

Seul, un Dieu a l'éternité devant lui pour attendre de le gagner ce gros lot.

Les autres jeux restent réservés aux Dieux, les fanatiques du jeu. Mais cela, c'est une autre histoire.

Bon anniversaire à eux, tout de même.


L'enfoiré,

Le gros lot sur Agoravox?

Citations :

  • "Rien n'émancipe un homme autant que le jeu. Comme, dès que l'on a un peu joué, on se sent moins esclave de l'argent !", Tristan Bernard

  • « La personne qui achète un billet de loterie le lundi en vue d'un tirage le vendredi a deux fois plus de "chances" de mourir avant le tirage que de gagner le gros lot. », Jean Dion


05/08/2009

Viens chez moi, j'habite chez une copine

Un titre de film "Viens chez moi, j'habite chez une copine", m'inspirait un article "provoc". Pour accrocher l'attention? Non, pour établir des statistiques, pour apporter des conclusions et pour mettre à plat certains points dans lequel certains événements sportifs ou autres sont tombés si on n'osait pas y regarder d'un peu plus près.

20090727Armstrong au revoir.jpgL'été est la période des événements sportifs par excellence. Si les compétitions de foot sont en mode mineur jusqu'au mois d'août, d'autres sortent leur épingle du jeu. Alors il y a Roland-Garros, puis Wimbledon pour le tennis. Après les Tours réalisés par la Petite Reine, c'est le Tour de France qui couronne la saison avant de remiser les vélos au vestiaire jusqu'à l'année prochaine ou penser à d'autres horizons là où il est attendu à plus petite échelle.

Beaucoup d'organisations, de nos jours, organisent des événements sportifs, des « event » dirait -on : le Giro en Belgique, Mémorial Yvo Van Damme, et, j'en passe. En vacances, il faut bien meubler les instants d'inoccupation et sortir du farniente offert par la piscine des hôtels. Ici, je ne reprendrai que les sports qui défraient la chronique pendant cette période. Une série d'activités plus ou moins généralisée, plus ou moins monopolisée prennent place. A qui profite tout cela?

Aux organisateurs, bien sûr. Les sponsors, par les retombées, ensuite. Aux sportifs de haut niveau qui, par le jeu de la compétition, se verront sur le podium avec le titre de champion et un prix qui montera exponentiellement. Les premiers recevront le pont d'or. Mais très vite, cela deviendra des cacahuètes de moins en moins grasses, pour les suivants. Les spectateurs supporters auront gagné quelques moments d'adrénaline devant leur petit écran ou sur les bords de ces "event". Dans l'automobile, si besoin est, voici une preuve que les organisateurs font la pluie et le beau temps.

Le sport est l'opium du peuple, dit quelqu'un. C'est presque devenu un rite, une religion. Et cela n'a pas de prix, une religion. En fait, pour le fan, ce n'est pas toujours le sport qui intéresse mais l'ambiance, l'impression de force qu'il apporte. La compétition a de ses dons pour attirer le supporter en lui donnant l'excitation désirée.

Les caractéristiques et préoccupations d’un « event » réussi, pour attirer son public, pourraient compter les étapes et préliminaires suivantes:

  • médiatiser et sponsoriser le spectacle: plus il y a monde, mieux c’est et plus ça rapportera.

  • Un « business plan », calculé par certains mais connu seulement de certains qui empocheront les bénéfices et écarteront ceux qui sont mêlés de plus près avec l'idée commune du profit quitte à sauter ceux qui ne se plieraient pas à certains sacrifices.

  • Les coûts de l'opération sont supportés par les sponsors pour la réalisation mais c'est la collectivité qui en supportera la maintenance et l'intendance.

  • Monte des ASBL et travailler avec des bénévoles qui reçoivent des défraiements pour leurs frais et des petits cadeaux qui remplacent généralement les salaires.

  • Pas de calendrier « protégé » pour un tel « event ». Le initiateur de l’événement choisit la date qui lui convient, sans pitié pour les autres organisateurs. Aucun apport extérieur, les initiés, seuls. Pas de colle donc pour associer les desiderata de chacun.

  • Souvent, le créateur de l’événement n’y connaît rien à l’activité exercée, mais son seul réseau de relations devrait normalement suffire.

  • Plus le créateur d’ « event » est important et puissant, plus il sera potentiellement écouté et plus il se permettra des risques avec moins d'assurances en contre partie. Les organismes publics se plieront ou passeront leur tour.

  • Prépondérance de la publicité et les meilleurs supports médiatiques.

  • Lobjectif principal n’est plus d’amuser le public mais de le faire participer et, surtout, faire sortir un maximum d’argent de leur poche.

  • Pour le même « event », on peut rencontrer des activités qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, mais qui trouvent place ensemble par le souci de rentabilité. Alors tout est pour le mieux.

Comme on le voit, le demandeur n'est pas nécessairement le payeur à toutes les étapes. Comme les retombées ne sont pas chiffrables, mais seulement évaluées, sans feedback, ils dépendent de la publicité qui en est faites. L' « event » est présenté de ce fait par la seule force du marketing.

20090423Huy et flèceh wallinne.jpgDès lors, pour faire partie des élues, les villes demandent le passage du Tour, chez elles. Le Tour de France sort, très souvent, des frontières de l'hexagone lors de certaines étapes. Est-ce normal? Pas de réponse. Elle serait tendancieuse. Trajet variable d'année en année, décidé, bien avant la compétition. Prestige et espérance de faire "marcher" les commerces aux alentours et s'assurer de l'obéissance de ces villes pour éteindre dans l'oeuf toutes revendications. Tout n'est, pourtant, pas bénéfice intégral. En plus de la manne apparente, qu'apporte le Tour de France, il y a les coûts que les villes doivent assumer pour les recevoir. Certains événements ne rentrent pas toujours dans leurs frais. La population, elle, passive, n'a pas l'habitude d'exprimer son accord ou son désaccord. Le Tour et sa caravane passent et certains habitants, parfois, "trépassent". Les citoyens travailleurs se retrouvent naturellement bloqués en attendant qu'elle passe cette put... de caravane. Pas de forcing, car c'est la gendarmerie qui remettra le récalcitrant dans le droit chemin. Sans oublier les résidus qui traînent sur la route en dehors de la volonté des organisateurs. Pendant la course, pour surveiller, il y aura les différentes polices qui payeront leur tribut à la grande messe du sport. La maintenance et l'entretien des routes finiront le travail. Tout cela, en définitive, pour quelques minutes d'excitation et quelques babioles en souvenirs que les organisateurs ont jeté dans la foule pour attirer le chaland en tête du peloton. "Moins cher, c'est illégal", dirait-on, avec humour, selon la formule publicitaire consacrée.20090511Onkelinx.jpg

Le sport cycliste est, cette année et jusqu'à nouvel ordre, sans dopage. Un véritable renouveau. Tout le monde l'espérait un jour. On est contant mais peut-être n'est ce qu'une partie remise. Chercher à se dépasser, esprit de corps, d'accord, mais... On fait parfois la mauvaise oreille. Le team spirit n'est pas toujours au beau fixe. Comme tous les ans, il y a eu des drames de l'imprudence. Statistiquement, c'est imperceptible. Deux spectateurs qui se sont fait renversés par une moto suiveuse et un motocycliste, qui, ailleurs, s'est tué en percutant un obstacle non prévu.

Quand on ne "travaille" plus en circuit fermé, la sécurité devient un casse-tête et responsabiliser la population et les organisateurs ne serait pas le bienvenu dans une opération "call".

Professionnaliser une course, ne sera jamais une mince affaire, ni gratuite.

A mettre aux profits et pertes de la course, donc?

20090601Ecolo Progrès.jpgEn Belgique, Eddy Merckx, en son temps, a créé beaucoup de vocations pour le cyclisme, dès 1969. Qui oserait l'en blâmer? Pas moi. La petite Reine attire de nouveaux zèles parmi les jeunes. Peut-être, faudra-t-il, un jour, oublier la bagnole pour entrer en ville pour imiter Londres et ce sera tant mieux. Mais, actuellement, la ville n'est pas encore le champ privé de la bicyclette en pelotons, n'en déplaise aux écologistes et aux convaincus comme moi.

Les plus grandes compétitions comme les Jeux Olympiques ont très souvent sous-estimées leurs investissements et les frais ne sont récupérés que bien des années après.20080401La flamme et BHV.jpg

Il est vrai qu'il faille parfois viser très haut pour faire rebondir une ville. La ville de Barcelone avec les jeux de 1992, celle de Séville sont des exemples de réussites mais dont les frais ne se sont soldées que bien longtemps après l'événement. Un an après, la Chine, avec les 30 milliards de dollars, est certainement dans une période difficile de consolidation après leurs prestigieuses prestations en vitrine pour le monde. Cela même, si son lifting est loin d'être terminé et qu'elle espère en 2010, remettre le couvert à Shangai. L'environnement de Pékin, lui, a retrouvé le smog, même si l'économie a progressé de deux points. Prestige, quand tu nous tiens...

La recherche du meilleur, du champion, du mieux adapté, de la meilleure équipe a, pourtant, quelques effets secondaires. Le sport de haut niveau peut donner quelques doutes et quelques soucis en fin de carrière, quand on aura dépassé le point de non retour qui existe toujours quelque part. Mais, le spectateur se dit: "comme ils sont payés pour le faire, pourquoi s'en inquiéter?20090518Dieu et le Standard.jpg C'est comme pour tous les métiers: il y a quelques marches ratés et des "laisser pour compte". Mohamed Ali, malgré ses problèmes de santé actuels, dont l'origine ne fait aucun doute, dit que si c'était à refaire, il le referait. La renommée est-elle à ce prix? Être sous les feux de la rampe et parmi les « people » avec contrepoids de fin de carrière très dur à supporter. Car un jour, il faut descendre du podium et descendre est souvent plus dur qu'y monter.

Le sport de haut niveau et ses dérives, on en a déjà parlé. Le prestige, la gloire et l'argent en sont devenus les moteurs principaux au sport en général et a perdu un certain plaisir pour le pratiquer.

Et dire, qu'il y a quelques spectateurs qui entendant l'énormité des montants des prix alloués aux champions, ne manquent pas de hurler à l'injustice. Ils ont déjà oublié qu'ils sont eux-mêmes les patrons et les sponsors de leur propres "vices" derrière la petite lucarne.20090821Athlète de sexe.jpg

Combattre contre son prochain dans une lutte même à la loyale restera pourtant une idéologie complexe dans ses retombées. Les sociétés commerciales poussent à ce genre d'exercice pour attiser cette envie de compétition et pour augmenter les chances d'écraser le concurrent. La compétition, en solitaire, celle qui privilégie le combat avec soi-même, dans l'endurance, elle, n'a pas autant de valeur marchande.

La mondialisation de ces événements et la télé aident naturellement pour cacher quelques côtés moins positifs.

20090706Michael Jackson hommage.jpgLes événements sont ce qu'ils sont. Ils arrivent à date fixe, mais doivent aussi se digérer vaille que vaille à date fixe aussi.

En Belgique, en mai 2008, Red Bull investissait dans sa pub à Bruxelles pour la Fête de l'Iris. Accord entre la ville de Bruxelles pour égailler les foules. J'ai cherché le symbole, sans le trouver. Vous en souvenez peut-être, cela s'appelait "Europe rêve ou réalité". Red Bull ne fait pas l'unanimité et la Santé l'a même interdit un temps. La Taurine, présente dans le corps humain, a été expérimentée sur les GIs durant les guerres de Corée et du Vietnam, comme anti-stress, tout en créant des maux de tête et à l'extrême des hémorragies cérébrales. Alors, qui est la copine de l'autre dans ces événements?20080123Sportifiez-nous Henin.jpg

20080516JustineLeterme.jpgChez nous, le tennis, au féminin, a eu ses heures de gloire. Justine Henin a raccroché sa raquette de compétition au vestiaire pour entamer une autre étape de sa vie. Elle était avide de vivre une autre vie, peut-être "sa" vie. Kim Clijsters, après avoir quitté la compétition, nostalgique des podiums, veut y revenir. Le nationalisme revivrait pendant ses moments d'excitation et de gloire nostalgique? Pour preuve, il s'est souvent éteint dans l'esprit des supporters après leur disparition des écrans de télévision et des écrans marqueurs. Tout passe, tout lasse. (*)

20090731Reprise du foot.jpgLe foot recommence fin juillet. "Sportifez-nous", écrivais-je un jour où c'était nécessaire quand le moral est dans les talons plutôt que dans la pointe des pieds.

Çà, s'est du sport. Oui, mais, encore une fois, pour qui?20090625Arbitres dispositions.jpg

Car, il y a les autres? Les spectateurs, malgré eux. Ceux qui ne sont pas intéressés par les sports en général ou en particulier et tout ce qui s'y rattachent. Parce qu'il y a ceux pour qui le sport, cela les emm... quoi.

Il n'y a pas que les sports d'ailleurs pour trouver de l'opposition. Il y a des endroits qui sont sacrifiés aux "events" surtout en été. J'entendais, récemment, à la radio que la place Flagey de Bruxelles, renouvelée récemment, avait incité les riverains à lancer plusieurs plaintes pour cause de nuisances que ces événements engendrent.

On ne se demande pas, si, lors des manifestations sportives, les nuisances du bruit des télés, elles-mêmes, n'ont pas gêné ceux qui n'en ont rien à cirer.

20090608Gagnant et perdrant.jpgAucune statistique n'existe, non plus, pour déterminer le nombre de querelles de ménage que le sport a généré dans l'intimité des couples lors du choix des programmes de la télé.

Plaintes, mécontents. Les « antis » en tout existent. Ceux qui n'apprécient pas et j'en connais. Sont-ils négligeables pour autant?

Je me le suis demandé. Je leur dédie cet article.

20090523Sport Panique.jpgPourquoi s'en faire? Tant qu'on a la santé et les moyens, pourquoi pas?

Après nous, si ce n'est les mouches, que serait-ce? « Nous irons tous au paradis », chantait Polnareff. Peut-être.

Rien ne vaut, peut-être, une bonne et belle fête locale, qu'on aura organisé soi-même, en prévenant des nuisances, dans un environnement qui s'adaptera au mieux à tout propos et en ayant respecté la quiétude pour le maximum de personnes. Pour cela, il faut en connaître tous les points positifs et négatifs et ne pas faire confiance au premier venu.

Le principe de "mens sana in corpore sano" dans le contexte du respect des règles du "jeu" est une idéologie à plébisciter. Elle donne de la forme et de la longévité à ses participants.20090818Limite du sport.jpg

Je suis loin d'être un "anti-sport". Modestement, je pratique jogging et vélo en solitaire et cela à mon rythme. Je ne serai que très rarement celui qu'on dit "sportif", dans un fauteuil, avec la petite lucarne dans le regard. Courir, prendre son vélo peuvent très bien, sans la recherche d'une victoire quelconque, sans chercher à se comparer, mais s'assurer le meilleur combat avec soi-même en oubliant le spectacle. Compter en heures et plus en kilomètres parcourus. C'est aussi une philosophie. Pierre de Coubertin disait que le principal est de participer. Rien n'est plus juste. Un autre, Stephen Leacock, « Évitez soigneusement de faire du sport : il y a des gens qui sont payés pour ça. ». Comme quoi, tout est dans la nature de l'homme et de sa diversité.

20090831Rentrée Standard.jpgAlors, si un jour, la copine qui habite toujours le même quartier, sollicitée alors qu'elle n'en a rien à faire avec le sport, présentait l'addition, on pourrait lui répondre franchement avec des arguments bien réfléchis et incontestables.

Aimer le sport avec tous points positifs et négatifs, jusqu'à plus soif, question d'âge ou de sexe? Plutôt d'antécédents. Le football, une histoire de famille, disait Jean-Luc Dehaene. Mais, si aimer le sport est la question, en comprendre tous les sens et l'assumer, l'est tout autant.20071121Milquet gardienne de but.jpg

Alors, à vos boîte à compteurs, vos suggestions et vos votes pour et contre.

Avocat du diable, si vous avez quelques instants, de passer par ici, venez à mon secours.


(*) Mise à jour septembre 2009: Kim Clayesters a gagné l'US Open et Justine Hénin annonce son retour à la compétition.20090923Henin retour.jpg


L'Enfoiré,

Sur Agoravox, de Grands ou de Petits sportifs?

Remerciements tout particulier à Kroll pour ses caricatures. Bonne vacances à lui.


Citations:

  • « Le moment où l'on perd les illusions, les passions de la jeunesse, laisse souvent des regrets ; mais quelquefois on hait le prestige qui nous a trompé. », Chamfort

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • « Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport. », Eric Tabarly

  • «  Faire l'amour est la seule activité sportive où l'on préfère s'entraîner que marquer un but. », Anonyme


03/07/2009

Un Geek avant l'heure?

Suis-je Geek avant l'heure Naissance.jpgCette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?


Le N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.

Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?

Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.Suis-je Geek avant l'heure Password.jpg

La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.

- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.

- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.

"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.

Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.

Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.

Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.

Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.

Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.

"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.

"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.

"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?

Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.Suis-je Geek avant l'heure.jpg

Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.

- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?

- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?

- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.

- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.

Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.

Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.

On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?

Suis-je Geek avant l'heure Paradis.jpgDe la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».

- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.

M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.

On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.

Ils sont vraiment ignares ces geekless.

Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.

Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».

Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?

Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur. Un coup dans le geektionnaire pour apprendre le noob, le fake et le flood.

Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.


L'Enfoiré,

(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre"

Des Geeks agoravoxiens?

24/05/2009

Les mystères du monde

"La peinture décrit les mystères du monde", "La révolte est un réflexe de l'homme vivant", disait le peintre surréaliste belge, Réné Magritte. Le surréalisme plane aussi au dessus de la Belgique dans beaucoup de domaines.

Les Mystères du monde_Pipe.jpgLe 20 mai, était inauguré en grande pompe, le nouveau Musée Magritte. Le Roi et la Reine ont particulièrement apprécié un des vingt exemplaires de l'"Empire des Lumières", la toile que le peintre a le plus aimé.

Ouverture au public dans l'Hôtel Altenloh, en plein centre de Bruxelles, sur la place Royale. Ce projet qui avait débuté en 2005, a coûté 6,5 millions d'euros. On y attend 700.000 visiteurs de tous les horizons. Le premier guide officiel du Japon disait à l'ouverture que les Japonais adoraient le mystère de Magritte et qu'il fallait interpréter en s'amusant. Une autre façon d'aimer la peinture, reconnaissait-il.

Le musée avec ses 250 œuvres ne représeLes Mystères de Monde Magritte.jpgnte que 10% de la globalité des œuvres du peintre. On y rencontre, exposés, 120 peintures, 61 photos, 40 dessins, 9 sculptures, des lettres et des documents. 2500 m2 sur trois étages qui remontent le temps de la vie du peintre. L'étage inférieur reprenant les œuvres les plus récentes, les plus connues. De plus en plus anciens, au fur et à mesure, de la montée dans les étages supérieurs. Michel Draguet, le conservateur du Musée des Beaux-Arts, Charly Herscovici, l'héritier en droits de la fondation éponyme sont les initiateurs avec le mécénat de compétence de l'État Fédéral et du Groupe GDF-Suez.

Les Mystères de Monde Fenetre.jpgLa vie de Réné Magritte n'a été que peintures, mais ce n'est que lors la dernière partie de sa vie qu'il reçoit la reconnaissance de ses pairs et du public. Peintre d'exception, pour le moins. Aujourd'hui, mondialement connu.

Pour sortir ou s'enfuir de la réalité des jours et entrer dans son empire? Peut-être.

La peinture, pour Magritte, n'est que sa conception préliminaire d'appréhender le réel par l'imaginaire. Fusion en inversion entre l'objet et sa fonction dans une association simple mais perturbée qui se crée, avec en toile de fond, un scénario inattendu. Patchworks de concepts et d'images bien réelles dans un contexte qui ne l'est pas. Esprit critique, ambigu, voir irrévérencieux et provoquant.

Images freudiennes composées jamais à leur place. Objets remplacés et qui inquiète et amuse le visiteur.

Les Mystères du monde_Magritte.jpgL'histoire de Magritte est simple, bien belge. Une vie de 1898 à 1967. Marqué par le suicide de sa mère, il peint dès l'age de 13 ans mais c'est à l'age de 27 ans que sa peinture s'affirme dans ce qui fait Magritte aujourd'hui. Partagé entre Bruxelles et Paris, il traverse les deux guerres et cela se reflète dans sa peinture par des couleurs ternes, intimistes, pour en sortir par les couleurs du "Surréalisme en plein soleil" quand la fin de la 2ème se faisait sentir. Les couleurs n'étaient pas alors pas aimées et l'échec qui en suivi, le lança dans la provocation subversive de la "période vache" pour répondre à l'incompréhension de son époque. Période anarchiste, qu'il violenta avec ses tripes.

"Domaine enchanté", s'il en est. "La Fée ignorante" hante encore son domaine. Trop de couleurs, pas assez développé, dit-on, en coulisse. Mais, le surréalisme arrive progressivement.

L'abstraction, le rêve éveillé, la poésie par la peinture, voir ce que l'on ne voit pas, c'est tout l'Univers magrittien. Pas de surprise, puisque tout est imaginé avant de voir le réel. La trahison des images expliquée par son auteur. La peinture se détruit par sa concrétisation.

Un tableau très connu "Ceci n'est pas une pipe". Les Mystères du monde_PasPipe.jpgQu'est-ce, donc, alors ? Une trahison de l'image? C'est la devinette que tout visiteur pourra s'imaginer avec sa propre sensibilité et son vécu.

Les Mystères du monde Crowet.jpgAnne Marie Crowet, son modèle préférée, sa muse, fut la fille d'un de ses amis, Pierre Crowet. Celui-ci a été le premier à lui avoir acheté une toile. Elle a été très étonnée lors de sa première séance de pose. Il l'avait peinte avant de la voir. Une seule séance de pose pour confirmer seulement les traits du visage. La rencontre avec le modèle n'était qu'une confirmation d'un événement que l'imagination allait prolonger dans la répétition.

Complexité de l'esprit en décalage des sens à la rencontre avec un autre réel. Des thèmes qui reviennent mais qui se complètent. Des objets répétés qui se recréent.Les Mystères de Monde Cheval.jpg

L'exemplaire unique de l"Empire des lumières" qu'il a tellement aimé ne fut offert à Anne-Marie Crowet qu'à la fin de sa vie. Elle en 9 tableaux. Se moquer de lui-même était son sport, sans le reconnaître comme tel. "Pas de chiquet chez Magritte", dit, encore, sa Muse.

Les Mystères du monde_Baiser.jpgGeorgette, son épouse, a été un autre modèle par l'inspiration des portraits.

Un jour, disait-elle, lors d'une visite du Musée de peintures des Offices à Florence, à la question de ce qu'il y avait aimé. Sa réponse fut, laconique: les cartes postales. Les cartes postales transmettent l'image sans la vérité.

Si James Ensor pouvait être une de ses consciences de création, on est bien loin de Dali avec son caractère fantasmagorique de l'extraordinaire et extraterrestre.

Magritte ne s'intéressait pas à la Belgique, disait son épouse. Qu'est-ce qui caractérise un Belge si ce n'est ce goût imprécis de l'irréel et d'en faire partie ou non?

Magritte l'était bien plus qu'il ne l'aurait pensé.

Être belge et ne pas s'intéresser à la Belgique n'était-ce pas justement une partie de son surréalisme? Le réel est tellement énervant, parfois que le Belge se tourne très souvent vers le surréalisme par les attitudes, la politique et la pratique de l'incompréhensible.

Un autre exemple? En politique, c'est itou de même. On sait qu'elle n'est pas parfaite, mais dans le fond, on s'en fout.Les Mystères du monde Fluide Glaical.jpg C'est du moins ce qu'on dit. Mais, on ment, un peu. En fait, on n'aime pas trop les grands bouleversements et dire pour qui on va voter. Alors, on fait semblant. On triche. On va survoler après avoir surréalisé en dernière minute.

Nous sommes à la veille de grandes élections qui, chez nous, serons doubles: régionales et européennes.

Imaginons, dès lors, Madame Tout-le-Monde belge, dans l'isoloir, devant l'écran noir de son ordinateur avec le crayon électronique à la main pour voter. Qu'y verra-t-elle? Sera ce vraiment la liste des candidats? Non, sera-ce la table de salon qui n'aura pas nécessairement une forme de porte comme celle de Magritte? Une porte sur l'hésitation? Non, bien plus prosaïque, un cadre avec un bon repas. Et, oui, il faut vous dire qu'elle est un peu profiteuse, la belle. Elle se rappellera que son homme lui a promis un resto avec les obligations électoralistes. Elle l'attendait, depuis longtemps, ce jour-là et pas pour aller voter. Et puis, comme c'est dimanche, elle imaginera encore la petite balade avec des arbres et beaucoup de fleurs, au milieu. La politique l'emmerde. C'est clair. Elle sait qu'elle doit aller voter. Elle se sent citoyenne. Point. Le vote, elle le fera, par habitude, presque par inadvertance. Dans son rêve, elle n'est plus dans l'isoloir, elle sera, déjà, dans son jardin.

20090527Décollage Dewin.jpgLes politiciens et les médias connaissent très bien ce désintéressement, d'ailleurs. Pas de campagne à la hussarde. Celle-ci n'a commencé que dans la dernière ligne droite. Pour animer et émoustiller les esprits, on a recherché les poux, les "affaires", comme on les appelle chez nous et elles sont nombreuses. On y perdrait son latin. Elles existent, toujours, celles-là, au moment où on les attend le moins.

Pas dupe, l'électrice, pourtant. Ces quelques secondes devant l'écran, lui paraîtront longues, trop longues. Il faudra qu'elle se dépêche. Qui saura, elle aura, peut-être, la chance de rencontrer la voisine sur le chemin de retour, juste avant de se préparer pour le resto. Alors, vite, son coup de pinceau, pardon, de crayon électronique qu'il faut appliquer sur cette liste de malheur et puis s'en vont. Elle s'est entraînée avec le nouvel ordi acheté récemment. C'est devenu une pro.20090525Foot belge.jpg

Dans un autre bureau de vote, ce sera son homme qui se trouvera dans la même situation. Lui, dans l'écran, il verra en imagination le match de foot de l'après-midi avec le steak bleu avec frites et mayonnaise sur le côté.

Faut pas croire qu'il ait tout le temps une brique dans le ventre, comme le laisserait penser les médias.

20090607Elections.jpgSurréalistes, nos élections, notre sport, notre cuisine... Je ne suis pas ici, pour l'approuver mais le constater.

Râleur, bougon, dans un monde irréel, ce Belge, mais toujours bon enfant... trop.

Ce sera sans révolution, seulement par glissements et tassements de terrains qui se dessineront dans le décodage des résultats à la proportionnelle. Une véritable quadrature que ne renierait aucun cercle et surtout pas, des élus au milieu.

Je vous l'avais bien dit, que nous avions quelque chose de spécial. Je ne parvenais pas à le définir, à vous en trouver les raisons quand j'ai écrit mes articles sur Bruxelles. Magritte m'en a donné la peinture. Du surréalisme, mixé à du pragmatisme, la voilà, donc, cette raison.

Les Mystères du monde_Delvaux.jpgPaul Delvaux avait une autre forme de surréalisme. Post-impressionniste ou expressionniste, on ne le sait pas vraiment. Arrivé aux frontières du rationnel avec la nudité de la femme dans toute sa beauté.

Un autre belge, Jean-Michel Folon passait par le même scénario mais dans la sculpture. Son musée et sa Fondation, à lui, se trouvent dans le parc du Château de la Hulpe.

Les Mystères du monde_Folon.jpg"Voyages aux pays de Folon", c'était l'année passé. Styles différents mais complémentaires. Époques juxtaposées, mais qui reflètent parfaitement l'esprit souvent incompris de nos amis français, esprit qualifié de "Ça, c'est du belge".

Un autre encore, très actuel, Philippe Geluck, Le Chat, en joue de ce surréalisme par la BD et le dessin avec son chat en leitmotiv avec les mots en déphasage.Les Mystères du monde_Le Chat.jpg

Le Musée Magritte n'ouvrira ses portes au public que le 2 juin. Je ne pourrai vous en donner les échos avant cela.

3ème étage, Magritte avant Magritte avec les mots et les images.

2ème étage, Echappée belle en plein soleil et la Période Vache.

1er étage, Mustère de l'Ouvrage et son Domaine enchanté.

Rien n'empêche, en attendant, que vous y veniez voir les images surréalistes de Folon sur ces mystères du monde avant celles que je ferai de l'événement.

Mais attention, le Musée de Magritte n'est, peut-être, pas un Musée.

"Non, peut-être", dirait le Belge. Le Français, lui, serait tenter de dire "Oui, assurément". Chacun son truc à plumes ou à poils.

Circulez, y a rien à voir, mais tout à rêver. 

 

L'Enfoiré,

Je m'en voudrais de ne pas signaler un autre musée sur le même sujet à Bruxelles

Des amateurs surréalistes sur Agoravox Les Mystères de Monde Nouvel Obs.jpg

Mise à jour du 30 mai: c'était la partie festive avec d'autres photos.

Mise à jour du 23 juillet : Le Nouvel Obs en parle 

 

Citations:

 

  • « L'idée de surréalisme tend simplement à la récupération totale de notre force psychique. », André Breton

  • « On peut très bien éprouver le sentiment de l'absolu en se faisant la barbe ou en mangeant des gaufres. », Marcel Havrenne

  • « Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement. », André Breton

  • « Je déteste mon passé et celui des autres" », Magritte 

 

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

15/10/2008

"In vino", carré d'as ?

in-vino-carre-das_00.jpgQue ne ferait-on pas pour un verre de vin? Tout le monde n'est pas nécessairement d'accord. Pardon, Messieurs les producteurs, viticulteurs et consommateurs.

L'émission de "L'envoyé spécial" de septembre 2005, parlait du vin et s'intitulait: "Des flacons d'éternité", déjà une rediffusion de décembre 2004. Je le ressors de sa boîte une nouvelle fois, comme on le fait le plus souvent quand les vendanges sont là et en fonction de l'actualité.

A l'époque, le texte l'annonçant sur la chaîne, disait :

"Ils ont entre 100 et 150 ans, plus parfois… Et pourtant, ces vins-là ont gardé une jeunesse étourdissante. On les appelle vieux millésimes. Ils ont été élaborés, vinifiés lors d’années exceptionnelles et aujourd’hui ils n’ont pas une ride. Miracle de la nature, ces flacons d’éternité ont traversé les siècles sans dommage. Leur robe est certes un peu plus ambrée, mais au goût, le fruit est toujours là ! En Bourgogne, la Maison Bouchard Père et Fils veille sur des trésors inestimables. 5 000 bouteilles du 19e siècle sommeillent dans leurs caves ! Des bouteilles qui ont pour noms : Montrachet 1865, Meursault 1846, Clos Vougeot 1865, Corton… Certaines bouteilles se sont vendues 20 000 euros lors de ventes aux enchères ! Mais lors de dégustations ce qui surprend c’est que ces vins sont encore bons. Truffe, amende, noix, caramel… Une mosaïque de parfums et de goûts s’offre à vos papilles… Des collectionneurs en raffolent et qu’importe le prix ! Aujourd’hui, à l’heure où le goût du vin se standardise, certains vignerons essayent tout de même d’élaborer des vins qui seront les vieux millésimes de demain…"

in-vino-carre-das_05.jpgBel éloge qui ferait mettre le vin à la bouche de plusieurs consommateurs.

"La bonne chère et le bon vin réjouissent le coeur du gastronome", complétait Antonin Carême.

Il tenterait le diable aussi. Preuve à l'appui, en 2003, la moyenne de consommation du Belge s'élevait à 31 litres de vin par an et la consommation augmentait de 0,5 à 1%. Les consommateurs réguliers prennaient la part du lion et plus particulièrement au sein des catégories sociales ayant un solide pouvoir d’achat. La vague d’intérêts scientifiques pour le rapport entre vin et santé a établit qu’une consommation modérée (1-2 verres par jour) a un effet positif pour la santé. Les maladies cardiovasculaires, par exemple, sont aidées par le vin qui maintient les vaisseaux en bon état. Pire, l’abstinence de vin serait même à ajouter à la liste des facteurs de risques. Un verre de vin contribuerait à un bon rythme cardiaque, à un meilleur sommeil et à une protection contre l’infarctus d’après des scientifiques suédois et américains. La modération en alcool est le principe à ne pas transgresser pour y arriver. Parfait. Le scénario est dans la boîte.

in-vino-carre-das_15.jpgPour ajouter une couche, un autre "Envoyé spécial" était consacré, plus tard, au plus grand de l'époque, le "Meilleur sommelier du monde", Enrico Bernardo en "Amoureux du vin". Actuellement sommelier au Georges V de Paris. Star mondiale du vin, arrivé d'un milieu modeste, il avouait avoir compris ce que le "monde de la haute" voulait de quelqu'un comme lui: avoir la preuve que l'argent payé pour la bonne bouteille de vin d'exception apportait un intérêt à son débiteur. L'histoire de ce vin, la manière de le concevoir, l'année excellente dans laquelle il avait vu le jour, l'endroit bien précis de sa récolte, sont tout aussi important, si pas plus, que le liquide à l'intérieur de la bouteille. Et de cela, il semblait en connaître un bout, récolté à gauche et à droite, en véritable éponge d'informations tel qu'il se décrivait.

J'ai toujours admiré les sommeliers, sans comprendre ces goûteurs de vins qui parviennent à mettre une étiquette sur une bouteille de vin qui n'en a pas. Donner l'année, le cépage, le côté de la colline qui a vu mûrir les raisins créateurs de ces vins relève, à mes yeux, du miracle. Miracle de l'extrême ou magie de l'illusion et du rêve?

S'il existe un vin qui ne serait pas vraiment touché par la crise, ce serait, parait-il, le rosé.

Pour le prouver, l'"Envoyé Spécial" de juin 2007 le précisait avec un titre "La ruée vers le rosé". Vin de femme par excellence, le rosé a la chance d'être apprécié tel quel pour sa belle couleur, son dynamisme, sa facilité d'assortiment avec les mets les plus divers et la fraîcheur propice à toutes boissons d'été. Décrié et avec un passé qui n'était pas à son honneur, il est parvenu à prendre des gallons d'excellences. A la base, les mêmes raisins bleus, mais dont on extrait uniquement le goût pour qu'il ne prennent pas la couleur du tanin. Il est avantagé par le froid dans sa récolte. Vin à la mode avec son parfum de vacances, il s'en vend une bouteille sur cinq. Cette couleur varie du clair au foncé, est caractérisée et nommée pour coller avec un standard. Une nouvelle manière donc de s'adonner à la vie en rose pour près de 4% de la consommation mondiale.

In vino carré d'as Productions.jpgPourtant ces dernières années, les AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) français ont aussi subi les effets de la crise et trouvent de plus en plus de concurrence venant de Californie, d'Afrique du Sud ou d'Australie. Le prix de ces vins français réputés est devenu pour certains exorbitant et commencent à être boudés et remplacés par des vins moins prestigieux. Alors, parler de ces vins d'âge canonique dont les prix tout à fait en dehors de toute convenance 'démocratique' apparaissent comme une 'gifle' aux gens du tiers monde. 80% de la production millésimée est destiné à l'exportation. 55 millions d'hectolitres par an. Chauvinisme d'espérer continuer à ce rythme sans apporter de correctif. Londres, où beaucoup d'hectolitres transitent et qui accuse une augmentation quadruple de consommation depuis dix ans, associe platoniquement le vin à celle des pâtes italiennes. L'Australie avoue, humblement, que ses vins les plus vendus sont dans la catégorie des vins relativement bons marchés. Les gros volumes font baisser les prix. Ils sont prêts à rectifier la production en fonction du goût des consommateurs. On demande un vin doux, pas de problème, on ajuste. La recherche de l'innovation, les tests les plus variés permettent de vendre au meilleur prix / performance. Industriel ou artisanal est un choix. La Napa Valley, en Californie, cherche à augmenter le nombre et le type de consommateurs, eux-mêmes. L'arrosage des vignobles y est permis sans complexe. “La crise européenne du vin est liée à la chute de la consommation” lisais-je dans un journal l'Echo en juillet 2007. Plus que les vins du “Nouveau monde”, c'est la bière et la vodka qui menacent le vin européen. La sècheresse menacerait aussi la vigne. Du coup, dans le même temps, la C.E. préparait une réforme du secteur viticole. Le budget annuel de 1,3 milliards d'euros alloué au secteur devait prendre de la souplesse vis-à-vis des modes de consommation qui ont changé en dehors du consommateur privilégié. La bière a aussi remplacé le vin sur les tables des restaurants espagnols. En France, 47,10% des achats de vins ne dépassent pas les deux euros et correspondent à une consommation de 43,18 litres en 2005. Le champagne fait aussi connaissance avec la crise.

Question à la une de novembre 2007parlait de la situation en Belgique. Chez nous, on ne produit plus uniquement de la bière. Cinquième importateur, le Belge commence à produire son propre pinard. Dans le Nord et dans le Sud, d'ailleurs. Pas de problèmes communautaires. Grand cru? Les amateurs sont présents dans des confréries. On se professionnalistes. Toujours en dessous de 100.000 bouteilles par an par vignoble de quelques hectares. La qualité est là mais pas encore chaque année, est-il avoué. Alors, les spécialistes de vin de table goûtent et donnent une image acceptable. De nouvelles variétés pour innover, en plus. Jusque dix millions d'euros d'investissement dans l'aventure. Débuter en relation étroite avec la recherche agronomique de Gembloux. Pourquoi pas? Les restaurants ont déjà un vin belge sur leur carte.

L'émission "Des racines et des ailes" de ce 15 octobre 2008, remet le couvert ou plutôt les verres sur la table en mettant en relief à la hauteur des ambitions avec les "Passions françaises". Nous sommes ainsi entrés, cette fois, clairement dans le passionnel et donc l'irrationnel qui expliquerait mieux les excès des consommateurs. Il ne s'agirait plus de boire mais de sortir du lot par des artifices du nationalisme. L'oenotourisme, les "Médocaines" se lancent dans une bataille du grand cru dans une véritable croisade française. On veut faire, dès lors, participer à la vie, à l'ambiance du viticulteur et des vendanges.

Récemment, un livre se voulait élogieux "In vino satanas" de Denis Saverot et tentait de réhabiliter le consommateur qui aurait pu se croire un peu trop porté sur "la chose". Il était présenté, fin septembre, avec emphase et applaudissements chez Drucker  lors d'un des derniers week-end.

Comme tous les goûts sont dans la nature, je me devais d'exprimer mon avis sincèrement et sans faux fuyants. Ce breuvage ne m'aura pas fait vibrer outre mesure, malgré tous les avis contradictoires. Voilà tout.

Dédaigner, non. Contester, un peu, le rapport du prix qui existe entre le haut et le bas de gamme qui ne se justifierait que par une différence suffisamment importante pour un produit offert par la terre mais qui se révèle de plus en plus éloigné des réalités. Pas question de passer dans le bas de gamme mais mettre les choses à la bonne hauteur.

Dans la catégorie des atypiques ? Pas de bénédiction du dieu Bacchus? Pas candidat pour assister à ce genre de vente aux enchères des grandes bouteilles, donc. Pas d'émoi devant une bouteille empoussiérée. Pas de papilles gustatives pour détecter, avec un air inspiré et même les yeux fermés, une "jambe", une "cuisse", ni aucune autre partie du corps ? Une véritable erreur, quelque part, ou encore un autre défaut plus fondamental et qui pousse à la réaction ?

Le vin est peut-être la seule production qui bonifie avec l'âge pour virer de plus en plus vers le luxe car il se fait payer en conséquence en suivant cette chronologie. Ecologique quand ce marché représente 120 milliards d'euros dans le monde? Nouvel "or rouge ou blond"? Mettre quelques bonnes bouteilles à reposer en cave, c'est investir. Bouteilles à ressortir aux grandes occasions ou quand la fortune ne suit plus comme serait une plus value d'une oeuvre d'art, liquide, mais éphémère pour papilles.

Que justifie, ce titre de refuge? N'est ce pas surfait ? Quelle est la valeur ajoutée à cette vieillesse? Qui fait le travail pour le faire mûrir? Un tonneau, des locaux adaptés avec une température constante, oui, mais c'est la nature et la bonne terre, qui font le reste. Les vendanges, elles, nécessitent le gros du travail de récolte, réalisée, souvent, par des bénévoles ou des saisonniers.

Boire n'est ce pas un désir d'assouvir un besoin majeur de se désaltérer ? Un grand coup de ce breuvage naturel qu'est l'eau, gazeuse ou plate, également source de vie, est-ce tellement à dénigrer? Un peu de goût ou de couleur en plus, bien sûr. Même s'il est dit qu'il n'y ai aucune contre-indications du vin, il est clair qu'il faille en consommer avec modération et qu'il n'est pas bénéfique dans certains cas et pas exempt d'effets négatifs secondaires.

Même si le vin existe de tout temps, une nouvelle mode s'est installée dans les populations aisées de nos pays. Du coup, le fait de ne pas disposer d'une cave précieuse entreposant ses bouteilles d'un autre âge avec la température adéquate, dégrade, de fait, la personne qui oserait l'annoncer tout haut dans une conversation. Il se retrouve alors écarté du "carré d'as" qui lui se targue de faire partie de l'élite et du consommateur "in". Snobisme de l'air du temps ou d'un autre temps? Attention aux mythes et aux réalités car cette idée de faire partie des "élus" n'est pas perdue pour tout le monde.

Les restaurants, d'aujourd'hui, font une part importante de leur chiffre d'affaire en servant ces bonnes bouteilles dans ce jeu de l'habitude et du conformisme. On pousse donc à la consommation des meilleures bouteilles. Aujourd'hui, se payer une bouteille de vin correspond, au bas mot, au repas d'un "fantôme" qui prendrait place à la même table d'un couple. La nourriture donne du travail à la préparation. Les boissons en bouteilles, elles, il suffit de les déboucher avec un peu plus de « show » et de cérémonial que pour la prolétaire bouteille d'eau. Tout comme les parfums, les artistes et le showbiz s'y sont intéressés à juste titre, flairant la bonne affaire. Un autre parfum sans odeur. Alors, vive le rêve et vive le dieu dollar européanisé.

Dernièrement, attablé dans l'un des restaurant, vu la chaleur, je n'étais pas enclin de boire du vin.

Le serveur me demanda ce que je voulais boire, avec la carte des vins, ostensiblement poussées dans mes mains.

-  Une bouteille d'eau gazeuse, répondis-je, immédiatement, voulant me désaltérer avec de grandes lampées.

-  C'est pour manger?, me fit-il avec un air inspiré, près à prendre un air dégoûté.

-  Non, c'est surtout pour boire, devais-je lui rappeler avec un sourire en coin.

Grimace, à peine dissimulée, en retour.

Obligation de faire partie, arbitrairement, de ce "carré d'as" et se voir rejeter dans l'estime... Le prestige ou la logique des prix, je n'était pas tenté de l'éprouver sous forme de vin du terroir ou du tiroir. Vu la situation actuelle, les restaurants vont aussi subir le contrecoup.

Si le dicton latin "In vino veritas" est toujours de mise, faudra-t-il le restreindre un jour aux "carrés d'as" dans cette période de crise du pouvoir d'achat ?

Le goût? Une question personnelle. Le prix des choses est affaire de rêve du consommateur qui doit rester seul maître de son choix. Alors, le vin se retrouvera entre luxe et boisson, sans contrainte. Si l'alcool conserve, il ne faudrait pas croire que l'eau endort son consommateur tout en le désaltérant.

Aucune contre publicité là-dedans, seulement, un témoignage qui se voulait avisé.

"Ta gueule, le Belge", entendrais-je, certainement, à la suite de ce "blasphème" comme l'avait fait Alain Delon pour le Chat, Philippe Geluck ?

Mais, je dois me tromper, quelque part dans ce raisonnement platonique. Alors à vos claviers. Expliquez-moi.

En attendant, je vais vous quitter et aller me chercher une bonne choppe... de l'eau vive et, pour plus tard, "L'eau et le vin".

 

L'enfoiré,

Même cuvée chez Agoravox

Sur le sujet, autre avis, "Vers une éthique du vin français".


Citations :

  • "Il faut mettre de l'eau dans son vin pour qu'il n'y ait pas d'eau dans le gaz !", Christelle Heurtault
  • "Ajouter de la tomate et de l'origan, ça devient italien ; du vin et de l'estragon, ça devient français ; du citron et de la cannelle, ça devient grec ; de la sauce de soja, ça devient chinois ; ajouter de l'ail, ça devient bon !", Alice May Brock
  • "Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable", Charles Baudelaire
  • "Le vin est un lubrifiant social" , Jean Clavel
  • "Snobisme : action de s'acheter des choses que l'on n'aime pas avec de l'argent qu'on n'a pas dans le but d'impressionner des gens qu'on n'aime pas", Desproges

13/09/2008

Le chic, le chèque et le choc chypriote

33f64d4f4e31c5ba0114ed546bcd87d4.jpgLa fin des vacances a sonné. C'est le moment de revoir ses photos. Et, si on allait à Chypre, troisième île de la Méditerranée. Dans le peloton des derniers arrivés dans la communauté européenne. Chypre reste très insulaire, très à l'écart de la folie du continent. Une phrase d'Alice Sapritch va me servir de titre et de fil conducteur.

Mon voyage dans cette île de Chypre qui a vu naître Aphrodite, déesse de l'amour au rocher Petre tou Romiou en sortant de l'écume de la mer azur, date de 1987.

Depuis lors, cette déesse garde un oeil passionné sur les couples en vacances. Le tourisme, déjà lors de mon passage, avait pris un tournant décisif. Mais, d'après ce que j'ai pu lire, ce tournant n'a pas été fait en dépits du bon sens. J'ai pu voir dans un documentaire récent que les choses avaient beaucoup changé depuis ma visite. Donc, cet article pourrait paraître obsolète par certains points. Je ne l'espère que pour une chose : la fameuse ligne qui sépare le Nord du Sud de l'île.

Insulaire, à cet époque, je peux le confirmer par son côté sécurité. Une anecdote caractéristique en témoigne. Un jour, attablé en plein air, je remarque qu'un touriste a oublié au plein milieu d'une table, son appareil photographique. Croyant qu'il s'est écarté un temps, je ne réagis pas et j'oublie l'incident. Prêt d'une demi heure après, j'entends des exclamations du touriste qui s'est aperçu de son erreur et qui est revenu. L'appareil était toujours là. Il n'avait pas bougé malgré les nombreux passants qui auraient pu avoir des tentations bien moins altruistes.

Ca, c'est pour le chic.

Alors, oui, il y a d'autres événements qui ont jalonné mon voyage à la fin mai de cette année-là.

Destination Paphos, lieu de culte du tourisme chypriote. Lieu de séjour, par excellence. Lieu d'histoire, aussi.

Commençons par le début. Arrivé à l'aéroport, j'apprends que mon hôtel est malheureusement complet et qu'il ne peut m'accueillir dans les meilleures conditions. Légère colère, légère déception. Encore un "overbooking", me dis-je. Pourtant, ce contretemps va s'avérer être bénéfique en définitive.

Un petit hôtel nouvellement construit m'était réservé. Pas besoin de se souvenir du nom, existerait-il encore d'ailleurs? Les choses évoluent tellement vite. Tout nouveau, tout beau et surtout plein de charme. Les chambres sont dignes du rêve de Disney. Tout est chaleur, l'accueil et les Mickeys et peluches disposés sur un couvre-lit en peau de zèbre. Le soir, calme et volupté. Peu de touristes. Service de premier choix personnalisé. Nourriture recherchée et tutti quanti. Petite piscine, et terrasse solarium sur le toit, tranquille et panorama garanti sur facture pendant la journée. A la réception, comble de ravissement et de coïncidence, une jeune belge avec laquelle nous avons pu tailler de multiples "bavettes". Nous sommes encore loin de l'esprit du "le toutou, le toutou, le touriste". Pas d'animation, tapageuse.

Paphos, capitale du tourisme. Ville qui déjà d'elle-même donne des envies de rester. Le côté archéologique est certes plein de surprises pour la beauté des yeux. Avoir des vestiges de 8000 ans avant notre ère, cela laisse rêveur.

Village à 30 kilomètres de Larnaka, il restera dans les mémoires des archéologues par son côté de parfaite conservation. Déclaré comme patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1998. L'art de la poterie n'était alors pas encore entré dans les moeurs. Le néolithique et toutes les civilisations qui se sont retrouvées sur l'île dans les âges. Conquérant de ce point stratégique de la Méditerranée. Près de l'hôtel, le site des "Tombes des Rois" remonte à la nuit des temps creusé dans une argile jaune éclatant sous le soleil. Plus loin, la maison de Dionysos fait souffrir le visiteur de n'être pas né plus tôt tellement les mosaïques en plein air et les décorations sont belles et rendent envieux le plus blasé. Beautés réfugiées pendant 16 siècles sous terre, que l'on imagine déjà dans sa cour. En sortant de cet espace historique, j'ai même découvert un morceau ébréché d’une tasse de l'époque probablement romaine. C'est dire que les archéologues avaient encore du travail pour quelques années. Le théâtre antique est loin d'un modèle réduit en accueillant probablement des milliers de personnes.

Le port, lui, est équilibré entre un phare et un fortin carte postale. Les tavernes permettent de se prélasser en attendant le coucher du soleil. 69931af4dbeebba1aa4f819c8b2c3d90.jpg

Les pélicans se disputent le ciel et se posent parfois en pleine foule en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes comme dirait Brassens. Ils y ont élu domicile. Reposés, ils repartent, tournoient à nouveau jusqu'à l'étourdissement probablement près à plonger à grande vitesse pour happer le poisson.

0af59ff1f1cc3c58d8ab8ae0855002a9.jpgLe château byzantin avec son arche, l'église de Saint Paul, des bains arabes, les pierres Dighenis, les catacombes Saint Solomon avec son arbre plein d'ex-voto attachés aux branches complètent les attraits "vieilles pierres" de la ville.

Paphos est aussi le point de départ de beaucoup d'aventures dans l'île. L'est-il encore aujourd'hui?

Revenons à l'histoire. Le nom "Chypre" vient de la découverte du cuivre, "kuprum" en latin. Le commerce prospère avec le Proche Orient a fait le reste de sa reconnaissance comme lieu stratégique. Les Mycéniens vont l'investir par l'intermédiaire d'une dizaine de petits royaumes dont Kition future Larnaka. Les Grecs, les Assyriens, les Egyptiens, les Perses se sont disputé ce sol riche avant Alexandre le Grand. Byzance verra Nicosie comme capitale. Principalement dans la région du Troodos, les chapelles, les monastères avec des murs décorés byzantins, surchargés de fresques délicates seront du parcours d'une visite qui culmine vers les 2000 mètres d'altitude au mont Olympe. Les pins apportent heureusement la fraîcheur.

883813da9b8cc6d39909e766ad6b65b1.jpgLe monastère de Neophytos c95e94661f3dd71b08591e7758251e15.jpget surtout celui de Kykko détiennent les plus belles mosaïques byzantines murales sous les arches d'une cours intérieure.648e9960b175f41755b853f572a80995.jpg

Richard Coeur de Lion lors d'une tempête en 1191 fera plus qu'une escale en envahissant l'île. Les Francs, les Vénitiens, les Ottomans, les Anglais se succèdent ensuite. On y parle toujours cette langue et on roule à gauche pour garder les habitudes.

Une indépendance en 1960 présidée par Monseigneur Makarios, favorable au rattachement avec la Grèce volera en éclats en 1974 après un coup d'état fomentée par la Grèse des colonels et l'intervention des Turcs qui investissent le Nord de l'île jusqu'à aujourd'hui. La tombe de Makarios, toujours vénérée, était toujours surveillée 24h sur 24 par des militaires qui se relaient inlassablement. Après ce coup d'état, l'île a été coupée en deux parties. Le sud, toujours grec, le nord, devenu turque par la force. Le 1er janvier 2004, la République de Chypre orthodoxe du sud entre sous le giron de la Communauté Européenne. Le 1er janvier 2008, l'euro remplace la livre. Les négociations entre la partie grecque et turque n'ont pas encore trouvé de résolution définitive. La Turquie voit sa propre adhésion compromise pour ce problème. La « Ligne verte », qui ressemble plus à un mur, de Nicosie s'affalera, un jour, comme celui de Berlin. C'est écrit, mais on n'a pas encore ajouté la date. Le 11 septembre, une nouvelle tentative de réunification aura lieu. En début d'année, une rencontre du grec, Demetris Christofas, et du turc, Mehmet Ali Talat, a eu lieu sur l'aéroport désafecté de la dernière capitale divisée du monde. Chypre, pressée par l'ONU, devra organisé, tôt ou tard, un référendum. La population organise des marches des deux côtés de la "Ligne Verte". Renvoyer les 40.000 militaires turcs du nord de l'île dans leur foyer n'est pas la plus banale des décisions. Varosha est devenu une ville morte dans la partie turque.   

Entre temps, les Grecs et les Turcs de l'île attendent de retrouver un peu plus souvent leur famille de l'autre côté. Chypre turque n'est pas reconnue à part par la Turquie. Cela veut dire qu'elle ne doit obéir à aucune règle internationale. Cela avec le plus grand plaisir des truands, de la mafia qui coulent des jours paisibles au bord de la mer tout en règlant impunément les « petites affaires ». La politique a décidément ses raisons que la raison du sentiment ne connaît pas.

Ça, c'est pour le choc.

Depuis, la République est coupée en deux. Mais, avec 200 kilomètres de côtes, la bataille du tourisme est gagnée dans le Sud par ses côtés archéologiques à Kourion, historiques à Kolossi, ses traditions, sa gastronomie, et la sauvagerie des ses côtes sous le vent plus au nord près des bains d'Aphrodite. Les hôtels se comptent désormais par centaines.

Ça, pour finir, c'est pour le chèque.

Car on parie sur la qualité, pas sur la quantité. Pas de tourisme de masse (à cette époque du moins) et la restauration des ruines et des bâtisses parachève le travail. L'agrotourisme est né en 1987. La cueillette des oranges et des olives intéresse le touriste. En pleine campagne, la brasserie Kyo distille sa bière, consommée avec délice dans toute l'île. Je ne vous ai pas dit: on roule à gauche sur l'île.

Non, vingt ans depuis mon passage, il faudra que je réactualise un peu tout cela.

Mais, je suis sûr que je ne vais pas refaire le test de l'appareil photographique. Le numérique a ses raisons que l'analogique ne connait plus.

 

L'Enfoiré,

 

Le Panda a-t-il du chic? 

En photos : http://decouvertes.lesoir.be/main.php/chypre/

Citations:

 

  • "Tant qu'il reste au renard une dent, il ne sera pas pieux", proverbe chypriote

  • "Le soleil passe les frontières sans que les soldats lui tirent dessus", Proverbe chypriote

13/07/2008

Les vacances de demain comme d'avant hier?

les-vacances-de-demain-comme-davant-hier_05.jpgles-vacances-de-demain-comme-davant-hier_00.jpg "Et si on volait moins?" lisais-je d'un côté dans le Test Achat. Dans le même temps, on faisait rêver à "Bali la paradisiaque" d'un autre côté dans l'Echo. Ne faudra-t-il pas harmoniser les discours?

 

Nous sommes à nouveau en période de vacances.

Le site vinivi oriente toujours nos désirs de prendre le large. "Près de 230 kilomètres de bouchons en France" lisait-on en même temps.

Le pouvoir d'achat qui s'effondre et le budget "vacances" en a été rabotté d'autant, a-t-il été dit. Pourtant, l'avion semble encore en dehors de ce ralentissement à en voir les files aux entrées des aéroports pendant cette période. Les voyages forment encore la jeunesse, pour suivre l'adage. Freiner nos consommations en énergie pour contribuer à la diminution du réchauffement climatique, on y vient dans la théorie, mais dans la pratique? Entre temps, à l'aéroport de Bruxelles nationnal (Zaventem), les files sont toujours là. Les low-cost vont également envahir une partie de l'aéroport après Bierset et Charleroi, a-t-on appris.

les-vacances-de-demain_20.jpgCette année, l'avion commence cependant à subir les premiers coups d'ajustements de prix à répétition sur les factures pour refléter les augmentations du prix du pétrole qui s'envole.

Il faut, cette fois, cesser de rêver et se poser d'autres questions, bien plus "cruelles". "Et si on volait moins?" était-il dit en préambule.

Toute l'industrie du voyage est en jeu, cette fois : les compagnies d'aviation, les agences de voyage, les guides touristiques et j'en passe. C'est aussi notre vie future sur Terre. Le réchauffement climatique, encore une fois, se réveille à nos consciences. Nous sommes à la croisée des chemins et cela va ou pourrait faire encore plus mal. Alors que les contacts dans le monde devaient accorder les violons entre les peuples, verrait-on une récession de l'utilisation de l'avion. Les contacts entre les hommes du monde entier de plus en plus nécessaire et pas uniquement pour faire du commerce et plaire à l'OMC.

Nous sommes en juillet 2008. Personne ne semble veiller encore ce qui est en train de ce passer. Le paradis, lui, n'est plus ce qu'il était quand on sait qu'on n'en revient plus de la même façon. Donc, même si l'avion va et, je l'espère, nous envoyer au 7ème ciel avec d'autres forme d'énergie, plus tard, c'est de demain, qu'il s'agit. Et pourtant, nous sommes encore loin du coût réel des voyages en avion.

Le secteur de l'aviation reste en plein boom, c'est vrai. La clémence inouïe de la part des autorités reste intacte alors que sa réputation de pollueur des avions n'est plus à faire. Une aberration écologique: le kérosène reste non taxé (estimation 35 milliards d'euros par an), pas de TVA sur les billets d'avion, alors l'environnemental, on ne demande pas trop où est la sébile. 20 milliards d'euros d'aides octroyées aux compagnies aériennes par les gouvernements. En 1949, la Convention de Chicago fondait la ACAO (Organisation internationale de l'aviation civile) et interdisait toute taxe sur le carburant. La "bourse carbone" pour acheter des "permis de polluer", ce ne semblait pas pour demain. L'"Open Skies Treaty" (en mars 2008) allait encore plus cadenaser toutes envies de restriction aux USA et en Europe.

les-vacances-de-demain-comme-davant-hier_50.jpgRyanair, la pionnière européenne des low-cost était née en 1985. Elle allait simplement grignotter les autres compagnies après une première couche via les charters. Test Achat dénonçait le manque de transparence qui était dénoncée dans la série de suppléments souvent injustifiés qui multipliait le prix nominal du billet d'avion. Les gouvernements applaudissent toujours à l'arrivée de ces compagnies à bas prix. La main d'oeuvre à la clé et les postes à combler sont bien trop important pour faire la fine bouche. Développer l'activité économique assure des positions ministériels. Alors ajouter une taxe supplément, ce serait mal venu politiquement. Le secteur des voyages a connu une évolution exponentielle en glissade vers l'exclusivité du low-cost. Internet y a ajouté l'outil nécessaire par son choix "sur mesure", intermédiaire de nos rêves les plus fous.

Les vacances de demain comme d'avant hier Ryanair.jpgVu la modestie apparente des prix, les voyages lointains, de très courtes durées, ont pu même être envisagés. On part, dès lors, pour faire des achats de l'autre côté de l'Atlantique sans se rendre compte des dégats pour l'atmosphère. Tout semblerait être pour le mieux dans le meilleur des mondes surtout en période de perte de pouvoirs d'achat. Et pourtant... le prix du pétrole commence à clouer les avions au sol même dans le low-cost.  

Le protocole de Kyoto, ce n'est que pour les vols domestiques. Deux milliards de passagers par an. Bruxelles-Barcelone équivaut à 480 kg de CO2 par passager. Pour un vol long courrier, c'est la tonne par passager de CO2 à assurer.

Est-ce tenable? Le contrôle des Gaz à Effet de Serre (GES), c'est déjà râpé. Simplement contenir les fameux 2°C d'augmentation, sera déjà difficile. Le GIEC estime qu'il faut multiplier les émissions de CO2 des avions par 2,7 vu les hautes altitudes. Le secteur "aviation" à lui seul représente donc 4% du réchauffement climatique par la combustion des énergies fossiles. Et, on augmente encore. Depuis 1990, les émissions ont doublé. De nouvelles compagnies low-cost arrivent de Chine et d'Inde. Le tourisme représente 85% du transport aérien aujourd'hui. Le pétrole, on ne doit pas rappeler sont statut en pic de non retour au niveau de son prix et d'existence.

La concentration en GES devrait être maintenu à 550 ppmv (particules par million) pour ne pas passer outre les fameux 2°C d'augmentation. Cela impliquerait 50% d'émissions en moins au niveau mondial avant 2050. Les avions laissent des traînées de condensation, de CO2, de glaces, d'aérosols qui se transforment par leur nombre en cirrus, bloquant une partie des rayons terrestres. Ils sont responsables de l'émission de CO2 la plus forte par passager et par kilomètre. Avion en courte distance (380g), grandes voitures (325g), avion longue distance (270g), voitures moyennes (202g), TGV (122g), voitures à faible consommation (115g), autocars (62g), trains (35g).  

La Commission Européenne avait décidé de prendre le problème à bras le corps au niveau des prix pratiqués en vérifiant les sites Internet. Dans les 13 pays de l'Union, sur 386 sites vérifiés, 137 étaient en infraction : prix en dessous de la vérité, offres qui dépassaient la disponibilité et irrégularités par rapport au contrat. La Belgique détenait le record de la discordance avec 62% des offres. Les noms des compagnies en infraction sont confidentiels.

Mais la C.E. vient aussi de prendre une décision importante: en 2012, les avions passant dans la zone européenne, devraient se conformer au Protocole de Kioto comme le reste des consommateurs de l'énergie fossile et payer des taxes sur leur consommation. Cela coutera 5 milliards d'euro par an et sera répercuté sur le prix des tickets d'avion, ne manque pas de dire les compagnies d'aviation. Celles-ci pensent déjà à passer outre en restant le plus possible en dehors des zones de "taxeurs désobligeants" européen.

les-vacances-de-demain_30.jpgLes vacances, c'est sacré pour le citoyen. C'est sacrément mal calculé, aussi.

Une abération, ces vacances? Lorsque des enfants doivent travailler de par le monde, ne manque pas d'ajouter les "antis". On demande de travailler de plus en plus pour nouer les deux bouts, le break est indispensable pour essayer de déstresser. On n'y arrive d'ailleurs pas toujours quand il s'agit de bouger ensemble sur les mêmes autoroutes et au même moment. Le monde a besoin, de plus en plus, de contacts entre les hommes.

Les vacances de demain comme d'avant hier PDA.jpg"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage" écrivait Du Bellay.

En effet. Il n'y a qu'une observation à faire, c'est que du temps d'Ulysse, on avait le temps, on voyageait avec des voiles ou avec des rameurs.

Retour à la case départ, à programmer?les-vacances-de-demain-comme-davant-hier_40.jpg

 

Un petit tour en calèche, Mademoiselle ? En co-voiturage, évidemment, parce que ma voiture, c'est aussi leur liberté. Il ne faut pas gaspiller l'espace agricole pour l'avoine des chevaux.

Tout n'est jamais compris dans le prix du voyage ! 

 

L'Enfoiré,

Le Panda volant? C'est à voir

 

Citations:

  • "On ne voyage pas pour voyager mais pour avoir voyagé.", Alphonse Karr

  • "Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.", Victor Hugo

  • "Voyager, c'est comme construire une maison, ça coûte toujours plus cher que prévu.", Ilka Chase 

11/05/2008

Europe entre rêve et réalité

img_0120.jpgAujourd'hui, à Bruxelles, nous sommes en fête. C'est la fête de l'Iris. Et si on élargissait les idées à partir des images que j'y ai prises ce matin? Pas de voitures.

Il y a un an déjà, j'écrivais sur place un article que j'intitulais "Europe irisée". L'iris, y était dit, comme le symbole de Bruxelles. J'ai refait exactement le même périple mais pour aller voir un autre genre d'exercice: une course de caisses à savon, organisée par la ville avec le concours de Redbull.

La ville était bouclée. Pas question d'entrer en voiture: bon point. On était prévenu toute la semaine. Pourtant, une escouade de policiers était nécessaire pour faire dévier les entrées vers des horizons moins centraux. Un demi point. L'année passée, la fête était plus centrée vers un idéal européen. J'avais, dans mon article de l'année passée, eu quelques réflexions qui ont plu ou déplu comme il est normal de le constater dans tout esprit démocratique qui se respecte.

Quel en était le symbole, cette fois, avec les caisses à savon? Voulions-nous nous faire rouler dans des voitures que l'on surnomme déjà communément de "caisses"? Nous trouvions-nous en pleine savonnée, aujourd'hui, pour ne pas dire purée?

N'y avait-il pas d'autres symboles à rechercher dans l'événement?

Oui, c'est cela. On voulait seulement respirer de joie devant des ensembles hétéroclites à roulettes. Bruxelles est une ville de dérision et souvent d'autodérision. Je vous ai dit que nous étions bien loin de l'esprit français. Nous ne sommes pas tous des Enfoirés, mais on respire une envie non dissimulée à vouloir s'amuser. 

Cette semaine, à la télé, un "Question à la Une" se questionnait et analysait la situation d'une scission plus grande que celle de BHV: celle du pays et d'une éventuelle fusion avec le Nord de la France. Oui, notre histoire est compliquée. Oui, elle aime se retrouver aussi avec le dos au mur. Mais le Bruxellois est en général confiant et vaque à ses occupations en se foutant pas mal "du regard oblique des passants honnêtes". On a pu lire dans les journaux, que le Belge était le pays qui avait subi les hausses du coût de la vie avec le plus de sévérité. Et pourtant, le portefeuille n'est pas encore vide. On suit dans un impair et passe. Pourquoi? Peut-être parce que le coût de la vie est suivi par un index que beaucoup nous envie. Il est depuis quelques temps "licé". L'augmentation du coût de la vie n'est compensé qu'après une plus longue période, mais il n'a pas disparu. Cela existe et on y tient malgré les attaques répétées du patronat.  

"Vous êtes le centre de l'Europe. Vous avez la Communauté Européenne en votre sein.", n'aimez-vous pas cela? On n'en tire pas vraiment fierté. Nous sommes modestes. Les moules de la caricature que j'introduisais dans l'article de BHV, elles sont aussi valables ici.

Il faut dire que pour être capitale de l'Europe, ce n'est pas toujours "triste". Pour en arriver là, nous avons dû subir l'effacement de quartiers pour installer ce qu'on appelle par sa forme en relation avec un fromage et par sa fonction:  "le Caprice des Dieux".

Lors d'événements politiques qui prennent place au Berlaymont, dans les bouchons, allez questionner les habittants et les conducteurs des voitures à l'arrêt en attendant que leurs "hôtes de marques" viennent les visiter en grande pompe et sirènes de police. On a l'air encore plus con quand on n'a pas un carton d'invité au diner des autres...

Le Berlaymont, symbole de la CE, a mis des années pour être désamiantisé aux frais de la ville. Les retards, on s'en souvient. On construit actuellement à grands frais un nouveau bâtiment pour abriter les lobbies qui ont besoins de beaucoup de place.

Il y en a d'autres. A la Place Madou, un gratte ciel est aussi occupé par des Parlementaires européens. Pas mal, mais les taxes d'occupation ne sont même pas récupérables par la ville de Bruxelles. 

euro-gagnant.jpgPourtant, nous restons très attachés à l'Europe. Bien plus qu'ailleurs souvent. Nous sommes européens.

Le "Grand Machin", les technocrates et bureaucrates qui résident à Bruxelles, comme disaient des anti-européens, lors des élections de "pour ou contre l'Europe", en mangeraient leur chapeau d'envie.

C'est la fête aussi, je vous conseille VIVEMENT d'aller voir les images(cliquez sur moi)s .

L'Enfoiré

Le Panda, en fête? 

 

Citations:

  • « Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons. », Yukio Mishimza
  • « Ambition : une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu'elle crèvera. », Jean Rostand

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