11/05/2008

Europe entre rêve et réalité

img_0120.jpgAujourd'hui, à Bruxelles, nous sommes en fête. C'est la fête de l'Iris. Et si on élargissait les idées à partir des images que j'y ai prises ce matin? Pas de voitures.

Il y a un an déjà, j'écrivais sur place un article que j'intitulais "Europe irisée". L'iris, y était dit, comme le symbole de Bruxelles. J'ai refait exactement le même périple mais pour aller voir un autre genre d'exercice: une course de caisses à savon, organisée par la ville avec le concours de Redbull.

La ville était bouclée. Pas question d'entrer en voiture: bon point. On était prévenu toute la semaine. Pourtant, une escouade de policiers était nécessaire pour faire dévier les entrées vers des horizons moins centraux. Un demi point. L'année passée, la fête était plus centrée vers un idéal européen. J'avais, dans mon article de l'année passée, eu quelques réflexions qui ont plu ou déplu comme il est normal de le constater dans tout esprit démocratique qui se respecte.

Quel en était le symbole, cette fois, avec les caisses à savon? Voulions-nous nous faire rouler dans des voitures que l'on surnomme déjà communément de "caisses"? Nous trouvions-nous en pleine savonnée, aujourd'hui, pour ne pas dire purée?

N'y avait-il pas d'autres symboles à rechercher dans l'événement?

Oui, c'est cela. On voulait seulement respirer de joie devant des ensembles hétéroclites à roulettes. Bruxelles est une ville de dérision et souvent d'autodérision. Je vous ai dit que nous étions bien loin de l'esprit français. Nous ne sommes pas tous des Enfoirés, mais on respire une envie non dissimulée à vouloir s'amuser. 

Cette semaine, à la télé, un "Question à la Une" se questionnait et analysait la situation d'une scission plus grande que celle de BHV: celle du pays et d'une éventuelle fusion avec le Nord de la France. Oui, notre histoire est compliquée. Oui, elle aime se retrouver aussi avec le dos au mur. Mais le Bruxellois est en général confiant et vaque à ses occupations en se foutant pas mal "du regard oblique des passants honnêtes". On a pu lire dans les journaux, que le Belge était le pays qui avait subi les hausses du coût de la vie avec le plus de sévérité. Et pourtant, le portefeuille n'est pas encore vide. On suit dans un impair et passe. Pourquoi? Peut-être parce que le coût de la vie est suivi par un index que beaucoup nous envie. Il est depuis quelques temps "licé". L'augmentation du coût de la vie n'est compensé qu'après une plus longue période, mais il n'a pas disparu. Cela existe et on y tient malgré les attaques répétées du patronat.  

"Vous êtes le centre de l'Europe. Vous avez la Communauté Européenne en votre sein.", n'aimez-vous pas cela? On n'en tire pas vraiment fierté. Nous sommes modestes. Les moules de la caricature que j'introduisais dans l'article de BHV, elles sont aussi valables ici.

Il faut dire que pour être capitale de l'Europe, ce n'est pas toujours "triste". Pour en arriver là, nous avons dû subir l'effacement de quartiers pour installer ce qu'on appelle par sa forme en relation avec un fromage et par sa fonction:  "le Caprice des Dieux".

Lors d'événements politiques qui prennent place au Berlaymont, dans les bouchons, allez questionner les habittants et les conducteurs des voitures à l'arrêt en attendant que leurs "hôtes de marques" viennent les visiter en grande pompe et sirènes de police. On a l'air encore plus con quand on n'a pas un carton d'invité au diner des autres...

Le Berlaymont, symbole de la CE, a mis des années pour être désamiantisé aux frais de la ville. Les retards, on s'en souvient. On construit actuellement à grands frais un nouveau bâtiment pour abriter les lobbies qui ont besoins de beaucoup de place.

Il y en a d'autres. A la Place Madou, un gratte ciel est aussi occupé par des Parlementaires européens. Pas mal, mais les taxes d'occupation ne sont même pas récupérables par la ville de Bruxelles. 

euro-gagnant.jpgPourtant, nous restons très attachés à l'Europe. Bien plus qu'ailleurs souvent. Nous sommes européens.

Le "Grand Machin", les technocrates et bureaucrates qui résident à Bruxelles, comme disaient des anti-européens, lors des élections de "pour ou contre l'Europe", en mangeraient leur chapeau d'envie.

C'est la fête aussi, je vous conseille VIVEMENT d'aller voir les images(cliquez sur moi)s .

L'Enfoiré

Le Panda, en fête? 

 

Citations:

  • « Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons. », Yukio Mishimza
  • « Ambition : une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu'elle crèvera. », Jean Rostand

 

 

    

19/03/2008

Du fer en boules

1611181988.jpgDans moins d'un mois, il y aura cinquante ans que l'Exposition 1958 ouvrait ses portes à Bruxelles et ça se fête. L'atomium reste un des deux seuls représentants de ces moments de joies. "Progrès et bonheur" comme fil rouge de cet évènement de taille internationale. Qu'en reste-t-il dans ce futur du 17 avril 2008 ? Certainement pas de la petite bière? De la nostalgie, aussi.

 

Je vais, en effet, vous parler d'un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaitre, oserais-je dire pour pasticher La Bohème de Charles Aznavour en l'étirant un peu dans le temps.

Ce n'est pas par assaut de nostalgies que j'aborderai cette époque. Chacune d'elles, ont eu leurs malheurs et leurs bonheurs. L'époque de l'Expo 58 n'était peut-être pas plus rose, mais, elle voulait seulement faire une parenthèse avec comme principe de base "Bâtir un monde à dimension humaine". La course aux armements dans le monde prenait des vacances. La colombe se proposait de protéger les 2,8 milliards d'êtres humains de l'époque. Le père Dominique Pire reçoit le prix Nobel de la Paix. La fin du monde n'effleurait encore aucun esprit. Le sentiment était, tout au contraire, que tout allait aller de mieux en mieux. Les buts officiels dans l'exercice: doper la reconstruction, la croissance économique et aussi réunifier la Belgique.

Essayons par quelques anecdotes, quelques évènements du monde d'expliquer l'euphorie de cette population belge toujours très consciente d'habiter un petit pays mais qui avait déjà une expérience dans l'inauguration de plusieurs expositions, depuis son indépendance.

Ce rassemblement de nations, aussi important, était-ce un miracle, comme on le pensait un peu?

L'Exposition universelle de 1958 ouvrait donc ses portes le 17 avril 1958. Trois jours avant l'ouverture, un américain avec le ticket n° 1, patientait devant l'entrée, pour marquer le coup et se rappeler ses heures d'attentes dans ses souvenirs les plus profonds.

A l'inauguration, 20 mille ballons prenaient leur envol.

Bruxelles "brusselait" entre les deux dates comme disait Jacques Brel. 42 millions de visiteurs allaient déambuler à pied et, aussi, en voiturettes envoyées dans les airs entre les pavillons. Ces visiteurs découvraient le monde dans le concret pour le confronter avec leurs rêves les plus fous. On se mettait sur son 31 avec le costume du dimanche pour aller à l'Expo. Tous les jours, il y avait des attractions, des vedettes qu'on allait pouvoir voir de plus près et puis, aller danser le soir jusqu'aux petites heures.

Six mois plus tard, l'Expo 58 fermait ses portes dans la liesse et avec un bal gigantesque qui avait duré toute la nuit du 19 au 20 octobre.

293 hôtesses de 14 nationalités, parmi 3000 candidates, avaient été engagées pour guider visiteurs étrangers ou belges. Pour cela, elles devaient être au top. On avait inventé le métier d'hotesse pour l'occasion. Quand quelques unes, d'entre elles, avaient osé prendre le soleil sur le Palais 5 et ce fut, pour elles, la porte de sortie.

Le Palais 5 faisait partie du Heysel (il le fait toujours). Il existait depuis l'exposition de 1935. Il était seulement décoré autrement pour donner plus d'éclat.

La voiture prenait de plus en plus du galon et des travaux colossaux que l'on a appelé "bruxellisation", entamèrent les fondations et la tranquillité de Bruxelles. Des boulevards, des tunnels, des autoroutes urbaines voyaient le jour pour accélérer l'accès. Construire viaducs et tunnels correspondait à des centaines d'arbres abattus sur les plus belles avenues de la capitale. Belgique encore unie, sans idée de scission avec gouvernement central et des gouverneurs de provinces comme organisation mais un Mouvement flamand renaissait. Trop français, Bruxelles? Trop chrétien aussi. Le pluralisme était tout bénéfice pour les libéraux progressistes dans ses fondements. Émancipation des femmes et des jeunes s'en est suivi. Une manifestation contre le gouvernement Van Acker, socialiste-libéral qui tomba au pied du Pacte Scolaire. L'école de l'État gratuite contre l'école catholique subsidiée. Cours de morale et de religion par choix dans une compromis à la Belge. En ces temps-là, les gouvernements se succédaient à un rythme accéléré.

Difficile d'imaginer un temps comme celui-là pour les jeunes d'aujourd'hui. Une nouvelle société de consommation sur les premiers pas de la mondialisation naissait, soutenue par un capitalisme triomphant, une grosse industrie sidérurgique, un colonialisme encore florissant.

Quelques événements du monde donnent le cadre international. De mai à juin: soulèvement d'Alger, le président Coty rappelait Charles de Gaulle qui lançait par une première allocution télévisée française, son "Je vous ai compris" à Alger. En Juillet: création de la NASA et Khrouchtchev qui allait en Chine. La Chine se lançait vers un grand bon en avant avec le Grand Timonier Mao. En septembre: la 5ème République était votée en France. Castro renversait Batista à Cuba.

La littérature à l'époque était féconde. Boris Paternack recevait le Nobel de la literrature.

En ce temps-là, tout semblait possible. La fin du monde, on en revenait et on voulait oublier. L'an 2000, on n'imaginait pas du tout ce que ce serait. L'industrie y était poussée par le progrès. C'était le temps du hula-hoop, du Rock 'n' Roll. Le chargeur de disques 45 tours, le distributeur de Coca Cola, le rasoir électrique, l'avion à réaction, les bas nylon étaient arrivés pour révolutionner la vie de tous les jours des hommes et des femmes. La maroquinerie Delvaux commerciale le classique "Brillant" qui existe encore de nos jours.

Dans le "poste", on entendait Elvis Presley sous les drapeaux, avec "King Creole", Buddy Holly avec "Peggy Sue", Nat King Cole et bien d'autres avec leurs rythmes endiablés.    

Sur l'écran de cinéma, l'idole était James Dean. "Vertigo" d'Alfred Hitchcock, "Ascenseur pour l'échafaud" de Louis Malle et "Mon Oncle" de Tati crevaient les écrans. Le tourisme de masse commençait à dépasser les vacances à Ostende et Blankenberge. Une société de plus en plus permissive voulait se partager entre sciences et techniques.

Le prix d'entrée de l'Expo 58 était loin d'être gratuit (30Fb soit 5 euros) avec le pouvoir d'achat de l'époque mais comprenait l'accès à l'atomium. Les abonnements jeunes ne parvenaient pas à réduire suffisamment la facture. Mais, le temps et l'argent ont toujours manqué, on y allait, donc, avec parcimonie lors de grandes occasions. Le tour en voiturettes, en pousse-pousse, sous le patronage d'hôtesses se payait la somme de 60 Fb, l'équivalent d'un euro cinquante mais qui avait diablement plus de poids qu'aujourd'hui. Le sandwich au fromage: 0,25 euros. Une bière: 0,5 euros. Madame pipi, elle demandait 0,05 euros. Le salaire s'établissait souvent bien en dessous de 150 euros par mois. Toujours de bas salaires mais, tout de même, avec une croissance de 5% par an. La population belge comptait, néanmoins, 7% de chômeurs. Des heures de travail s'élevaient souvent au dessus de 50 heures par semaine. Les prix des choses de la vie courante étaient à l'avenant, bas, peu nombreux mais on commençait à pousser à la consommation, en donnant de plus en plus de moyens. L'inflation allait prendre le relais très bientôt. On apprenait pour la première fois, ce que pouvait dire le mot "pickpocket". Ceci explique peut-être cela.

Des appareils électroménagers sortaient progressivement des usines. Tout en rondeurs en streamline. Chers et parfois totalement hors des normes de sécurité et du pratique connu aujourd'hui. Ce n'était pas encore le paradis, mais il y avait un espoir dans le futur. Le bonheur primaire, lui, sortait son bout du nez par l'annonce ressentie par la baisse des servitudes pour l'homme en général, pour la femme en particulier.

Les invitations pour 51 pays avaient été lancées de par le monde. 43 nations présentes qui allaient présenter ce qu'elles avaient de meilleur. L'Inde, la Chine, le Pakistan, l'Indonésie, la Roumanie et la Pologne avaient décliné l'invitation. Plus de 10 milliards de francs belges dont huit pour les pavillons. Un palais des Sciences qui contient des objets exposés pour un autre milliard. Un millions de mètres carrés pour l'ensemble.

La hache de la guerre froide des deux grands avait été enterrée. Les USA avait refusé d'arrêter les essais nucléaires et l'URSS annonçait l'arrêt. Les pavillons de l'URSS et des USA s'observaient à faible distance, en chien de faïence, avec le gigantisme comme liens. Pour le premier, le message principal à donner au monde était « A l'Est tout va bien ». Rassurer les occidentaux et émerveiller par des performances techniques encore très récentes dans l'espace. Pour cela, une réplique de Spoutnik I et une représentation de la capsule de la chienne Leïka, première passagère de l'espace, étaient là pour appuyer les efforts du collectivisme russe. Tout cela, sous l'oeil de Lénine qui regardait la charrue en bois de Nicolas II s'effacer par la technologie défendue par Khrouchtchev à coups de talon de chaussures à la tribune, si besoin. La propagande et les services secrets, des deux côtés, fonctionnaient à fond. On se souvenait d'une phrase que Khrouchtchev avait prononcé quelques années auparavant aux occidentaux "Nous vous enterrerons tous".

Le pavillon rond des USA, lui, allait présenter le côté « relax de l'American way of life» dans des shows perpétuels. Le visiteur était accueilli par la voix enregistrée d'Eisenhower. Ike, avait sa nouvelle machine à voter pour épater la galerie. Essais de télévision couleur avec défilés de mode, vedettes de tous horizons (Loren, Douglas, Bardo, Schneider, Delon, Elington ...), personnalités qui défilaient sur une rampe intérieure. Des cavalcades de cowboys et d'indiens à cheval faisaient partie du show. Le Hamburger, l'apple pie et l'ice cream étaient là pour donner l'envie dans le futur. Un théâtre rond annexe faisait tourner les têtes en présentant le cinéma sur de multiples écrans apportant l'idée au visiteur qu'il se déplaçait dans le monde.

On faisait rêver. Aujourd'hui, le pavillon et le théâtre sont toujours là. Le premier en complet effritement, le second repris par la télévision flamande VRT.

Un détail, pourtant, après l'exposition: pour les indiens engagés pour les shows, personne n'avait budgeté leur retour et ce n'est que la Belgique qui décida d'en assumer les frais. C'est aussi le seul pavillon qui est toujours en place. Laisser à l'abandon, peut-être était-ce aussi, l'habitude de mettre tout sur orbite et d'oublier ensuite...

Un pavillon d'IBM poussait les premiers pas de l'informatique devant les yeux émerveillés des visiteurs. Avec ses décimales automatiques et son tambour magnétique, une machine qui avait la taille d'une petite voiture, sortait plus ou moins instantanément les événements mondiaux de votre date de naissance et répondait, sur cartes perforées, aux questions les plus idiotes auxquelles une calculette répond instantanément aujourd'hui. Des cartes postales rédigées avec la machine électrique à boule était perçu comme un jeu. Personne ne s'intéressait de savoir si leur carte postale arrivait à destination. La surprise n'allait pas jusque la vérification.

Le Congo, toujours belge, allait essayer de démontrer aux Belges que même là-bas, on savait apprécier l'art de vivre. Pas moins de 500 Congolais entouraient les 7 pavillons dédiés au Congo. L'année "1958" était aussi, le cinquantième anniversaire de la donation du Congo à la Belgique par Léopold II. Les missionnaires exposaient les "bienfaits" qu'ils avaient inculqués chez les "nègres" pendant les nombreuses années de la colonisation. Pour appuyer cet exotisme et impressionner les esprits, on avait ressorti les animaux empaillés du pays. La décolonisation était en marche mais, encore une fois, la parenthèse était ouverte. Deux ans plus tard, l'indépendance allait changer tout cela.

L'Amérique du Sud avec le Brésil, l'Argentine et le Mexique faisaient connaitre chacun leur vaste territoire et leur production. L'Asie avec le Cambodge, le Japon, les Philippines, la Thaïlande, l'Iran et l'Irak rappelaient qu'à l'Est aussi, il y avait du nouveau.

L'Europe présentait elle, toute sa technicité. La France avec un pavillon de l'architecte Guillaume Gillet qui faisait tenir tout l'édifice en un seul point contrebalancé par une flèche énorme. Des enregistrements de douze écrivains qui lisaient leurs textes, accueillaient les visiteurs du pays des Droits de l'Homme. La Belgique présentait son "Génie Civil". Flèche en béton d'une audace inouïe qui s'élançait dans les airs avec 80 mètres en porte a faux. Les Néerlandais reproduisaient artificiellement les vagues de la mer à l'aide d'une pompe ingénieuse pour oublier leur inondation du siècle. Le pavillon de la Tchécoslovaquie fut primé, contre toute espérance, comme plus beau pavillon de l'exposition.

La Belgique Joyeuse, village-bistrot, allait sortir ses plus beaux atouts pour montrer au monde que le "petit" pays savait bien faire les choses dans l'humour et la bonne humeur. Cent hectolitres de bière allaient être consommé à l'inauguration. Tradition et typique mélangés à une gastronomie ancestrale ponctuées par des farandoles ou par des bals arrosés d'Oberbayern Lowenbrau. Et on dansait tous les jours jusqu'aux petites heures du matin. La Belgique Joyeuse, rebelote, c'était une nouvelle ponction à l'entrée: 4 euros. La trompe de l'éléphant de Côte-d'Or attirait les enfants trop contents de la distribution gratuite de bonbons et de chocolats.

Des nouveaux riches allaient à l'Expo en Tatra, en Peugeot 403 ou en Daf 600 Variomatic, première voiture à transmission automatique ou en Vespa pour aller retrouver cette ambiance et espérer rencontrer les nouvelles stars que l'on n'appelait pas encore "people". A la maison, quelques télévisions en noir et blanc, bien bombées sur les bords, permettaient de voir ces images volées grâce à la petite antenne qui trônait au salon. Autant en profiter puisque les machines libéraient un peu de temps de la femme au foyer.

702627618.jpgIl y avait surtout l'atomium, cet atome de fer, le clou de l'Expo, au milieu de tous les pavillons, digne représentant de cette marche en avant. Pour père, André Waterkeyn, administrateur de Fabrimetal, il est décédé en 2005, mais son fils continue l'oeuvre du père. A l'échelle, agrandie 165 milliards de fois et haut de 102 mètres, l'atomium était le centre de cette exposition dont le plan rappelait furieusement la vache. Il représentait aussi les neufs provinces belges avec ses neufs boules chacune d'un diamètre de 18 mètres reliées par des tubes de 29 mètres. Les ascenseurs les plus rapides du monde à l'époque y transitaient, à l'intérieur, dans 3 mètres de diamètre.

Véritable Tour Eiffel de Bruxelles, il a pourtant manqué de disparaître comme tous les autres pavillons.

Cinquante ans depuis lors, donc, et cela va se fêter. On s'organise petit à petit.

L'année passée, il a subit sa cure de jouvence. Cet atomium est devenu inoxydable, depuis lors.du-fer-en-boules-eolienne.jpg

Mais, qu'est ce qui a bien pu, à l'époque, générer ce sentiment d'expansion tout azimut sans limites?

Simple, tout était à découvrir, à redécouvrir et à inventer. La surprise venait de chaque progrès de la technologie qui apportait tout à coup un apport inédit à la vie de tous les jours. C'est peut-être ce qui manque aujourd'hui, époque dans laquel, on ne parvient qu'à apporter de nouvelles versions de ce qui existe et cela sans émerveillement. Dans ce demi siècle écoulé, il y a eu des erreurs de parcours, beaucoup d'erreurs d'appréciation sur les conséquences d'une consommation mal contrôlée.

Lors de la mini-exposition organisée dans une galerie commerciale de Bruxelles, dont vous verrez les images en fin de l'article, je me suis promené parmi d'autres seniors qui rêvassaient devant les vitrines. L'envie de s'adresser la parole pour se décharger de leurs souvenirs, de leur fierté était bien présente.

La nostalgie d'un progrès accompagne l'avancée du temps mais efface la nouveauté dans ses souvenirs profonds. Cet article ne servait qu'à rappeler seulement qu'un autre mode de vie a été, un jour, possible. A vous, les jeunes, de ré-inventer votre futur. Vous en avez le potentiel comme toutes les générations. J'ai confiance en vous, une fois qu'on vous aura donné les possibilités et la finalité des projets.

Ne serait-ce pas une invitation à réinventer le monde? Quand je dis réinventer, ce n'est pas revenir à zéro sans l'expérience du passé, mais comme simple base de retranchement.

du-fer-en-boules-belgium-for-ever.jpgEn ce temps-là, à Bruxelles, c'est vrai, pour une fois, les "seniors", d'aujourd'hui, s'étaient étonné d'"avoir les boules" ailleurs qu'au niveau de celles de Manneken Pis et sans chauvinisme.

La grande crise avait encore dix ans avant de manifester les premières craintes pour l'avenir.

Mais cela est déjà une autre histoire.

Je n'avais que dix ans à l'époque mais c'est encore bien clair dans mon esprit.

Back to the future, donc.

Mais comme on le chantait, alors, dans "Si tu vas à Rio", n'oublie pas de monter là-haut, dans un petit village, qu'était aussi Bruxelles, car là, c'était "Hello, le soleil brille, brille, brille" sur la musique du "Pont de la rivière Kwai".

L'atomium remis à neuf, l'année passée, sera-t-il l'ouverture d'un nouveau demi siècle de renouveau ?

Je retrourne souvent sous ce fer en boules, en m'étonnant de voir la foule qui se presse de plus en plus pour visiter des... boules. A ses pieds, il y aura un pavillon temporaire, baptisé "Pavillon du Bonheur provisoire" et construit en assemblant 33.000 casiers vides de bierre belge. Expositions et projections seront du parcours. 

J'y serai le 17 avril, c'est déjà programmé. 

 

L'enfoiré,

 

A voir: les Photos d'hier et d'aujourd'hui de cet Expo 58 (exposition sur le sujet au Woluwe Shopping Center).

Et sur place à l'atomium, de la RTBF, on a aussi son blog et son site officiel

Sources des informations: Le Vif L'Express .

Sur le Panda a-t-on aussi les boules?

Citations:

  • « Prendre connaissance de la vie, c'est savoir la supporter. », Konrad Klapheck
  • « La simplicité n'est pas un but dans l'art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s'approchant du sens réel des choses. », Constantin Brancusi

26/02/2008

Le petit oiseau est de sortie

Cette fois, c'est Polaroïd qui lâche la bride. La photo instantannée a été supplantée par le numérique. Dans ce cas, on sort la rengaine "On n'arrête pas le progrès". La photographie en donne des preuves évidentes souvent dans la douleur.

057b33357ce82d7bd6d49715a1edd6c2.jpgCertaines industries très florissantes dans le passé ont la gueule de bois ces derniers temps. En l'espace de moins de vingt ans, le dos au mur, elles se sont retrouvées devant l'obligation de changer leur production de toujours ou de périr.
Depuis l'avènement du numérique, toutes les industries qui tournent autour de la photographies ont été touchées: les producteurs d'appareil photos pourtant drillées aux changements de version en version, les fournisseurs de films et de papier photographiques, les entreprises de développements de ces mêmes films, les dispatchings qui orientaient ces consommables et qui doivent de plus en plus passer par l'intermédiaire d'Internet,... Tous se sont payés des restructurations très sensibles. Tout d'abord, en tête, Kodak, né en 1890 et qui fournit sur les deux fronts, pense diminuer la casse en se défaisant de 20.000 emplois dans le monde. En 2004, le Britanique Ilford, spécialiste de labo photo et des papiers noir et blanc, revendit ses activités par appartement.

Nikon a dit adieux à l'argentique et aux objectifs et plus aucun appareil reflex ne sera développé sans l'identification terminée par "-D". Ce n'est plus un virage mais une véritable cassure.

Chez Canon, 14% de ses ventes restent rentables dans les gammes "anciennes", mais il gère désormais les stocks d'EOS et se retirera comme d'autres sur la pointe des pieds. Bizarre de parler de "pied" dans ce cas. Lui, qui, par le passé, donnait une stabilisation aux photos, passe aussi à la trappe des objets devenus presque inutile face aux stabilisateurs électroniques d'images présents sur les appareils numériques.9f8601ad82061586f88b43e0876db367.jpg

Konica-Minolta baisse également les bras, abandonne, dès le 31 mars, son activité photo et passe la main à Sony. Celui-ci, numéro deux de l'électronique, désormais, est devenu le 3ème laron avec 10% derrière Canon (47%) et Nikon (33%). Des résolutions qui dépassent les 12 millions de pixels sont devenus presque monnaie courante.  En Belgique, le marché du numérique atteindra probablement le million d'appareils vendus cette année. Renouveler sa gamme est devenu la seule manière de survivre. 

Signe du changement complet, la recherche et le développement du film couleur ont été stoppés chez beaucoup de fournisseurs. Chez Agfa-Gevaert, la division film avait été rendue indépendante avec le nouveau nom d'"AgfaPhoto" dans un premier stade pour permettre la mise en lumière les raisons de la faillite prochaine de la division. Les avocats en Allemagne ne chôment pas pour obtenir des compensations pour les travailleurs du secteur. Et, c'est la chaîne complète qui est touchée: fabricant de pellicules photos, laboratoires de développement et du tirage qui se fait désormais chez soi avec l'imprimante. Agfa-Gevaert, Option et Glabal Graphics sont en tête des cibles potentielles pour de nouvelles OPA. Oserais-je dire, "y a pas photo".

Mi février 2008, Polaroïd rejoint les vieux objets modernes et annonce qu'il arrêtera la production de ses appareils à développement instantané, aujourd'hui, en qualité et en processus. La firme recherche dès lors repreneur et s'associe désormais à une autre qui planifie de développer des imprimantes sans encres. Breveté en 1929, le papier photographique instantanné se composait de cristaux aciculaires qui grâce aux champs éléctriques et magnétiques absorbaient la lumière polarisée sur une feuille dichroïque.  

Tous se sont rués dans la voie tracée par le numérique avec plus ou moins de bonheur après un réveil douloureux.

Comparativement à d'autres développements technologiques qui apportent un nouveau média, un nouveau support de l'information, cette fois, c'est toute une infrastructure bien en place depuis bien longtemps qui vacille sous ses bases. La photo n'a pourtant pas trop à se plaindre quand on pense à la photographie argentique sur film qui a une histoire qui date de plus d'un siècle. C'est peut-être pour cela que le séisme a été plus intense que d'habitude. A force du temps, les rouages d'une entreprise bien graissés perdent malgré tout l'élasticité pour rebondir au quart de tour. De nos jours, le cycle de durée de vie des produits technologiques ne dépasse que rarement les dix ou quinze ans. Les CD, qui ont poussé les disques vinyles dans les musées ou dans les mains de passionnés collectionneurs, se voient progressivement supplantés par les DVD. Sans être une nouveauté révolutionnaire, ces derniers obligent les consommateurs à renouveler l'équipement de lecture et d'écriture pour jouir de cette augmentation drastique d'informations stockées sur le même type de support. Ces DVD se voient également en perte de vitesse et dépassés par une technologie plus performante tout en cherchant encore des standards.

Pour la photo, par contre, une véritable révolution, un "tremblement de terre" chez les employés de toutes ces firmes se sont donc produits dans plus ou moins de silence. Les budgets ont complètement changé d'orientation avec tout ce que cela entraîne de modifications structurelles. Les grincements de dents n'ont pas certes manqué parmi le personnel. Ils ne sont pas venu de l'industrie de la photo proprement dite, qui freinait probablement des deux pieds. Les reconversions ont pu s'envisager chez les plus jeunes, mais...

Des débuts fastidieux du développement de la photo numérique ont pourtant été à la base du lancement. Sortant pour la première fois des usines Sony, en 1982, à petite échelle du caméscope et du Mavica, le premier appareil photographique numérique avec des images stockées sur mini disque magnétique (Mavipak). Énormément de points négatifs. Prix exorbitants, manque de résolution et de précision n'allaient pas générer les passions. Un capteur CCD de 279.300 éléments de silicium recevait l'image à partir de l'objectif au travers d'un filtre à bandes (RVB). La définition limitée à 700 lignes horizontales n'étant tout juste bonne à tirer un format d'image de 120*160 mm.
Les difficultés des débuts a aussi été oubliées par une production de plus en plus grande poussée par la presse et les magazines spécialisés. Ceux-ci annonçaient vraiment l'utilisation possible et rentable dès les années 2000. Les derniers soucis en concurrence avec les bons vieux appareils pleins de maturité s'estompèrent progressivement. La vitesse de prise de vue qui a toujours tenu à l'écart les photographes de sports fait désormais partie du passé. Les résolutions en Méga Pixels (MPix) toujours plus gonflées permettent de rivaliser avantageusement au niveau des résultats avec les 24/36 de l'époque: 10 Mpix, ce qu'il faut pour agrandir ses photos suffisamment et en plus à bon marché. Que demander de plus? L'avantage majeur pour le consommateur c'est qu'il peut voir sa photo directement après l'avoir prise par le petit écran vidéo, qu'il peut en fonction du résultat approximatif corriger et refaire immédiatement la photo ratée. Les prix ont littéralement fondus et se sont rapprochés de leurs prédécesseurs. Prédécesseurs qui disparaissent derrière des prix en porte clé dans l'occasion.

Depuis, en vacances, que prend-vous comme appareil photo pour mémoriser vos ébats? Le petit nouveau avec le petit écran derrière, évidemment.

Une question reste en suspend : la pérennité de vos résultats "papier" imprimés avec l'imprimante à jet d'encre. Beaucoup de textes et commentaires on déjà relevé ce point. Affaire à suivre.

Un "Nouvel Obs" de août 2006, présentait un article intitulé "High-tech à la recherche des clients perdus". Cherchant la solution pour un producteur qui voit son produit devenir ringard après une époque longue out très courte. Il analysait les problèmes à la suite du boom des écrans plats, des clés USB, des baladeurs MP3 qui ont poussé ces sociétés dans les cordes de la technologie numérique. Le magnétophone à cassette, vous en avez encore un très probablement dans votre chaîne HiFi. Il fonctionne toujours parfaitement. Question subsidiaire: "L'alimentez-vous par de nouveaux enregistrements?". La clé USB enterre les disquettes plus sûrement que prévu. L'écran cathodique vit son chant du cygne pour couronner les articles de l'obsolète. Se balader avec du MP3 pendant des heures innombrables a séduit avec la collaboration efficace du PC pour le chargement. Le photophone, nouveau mot, qui intègre l'appareil photo numérique dans le téléphone. Multifonctionnel, ce genre d'appareil était à ses débuts franchement mauvais dans sa fonction "photo" et relevait plus du gadget. Aujourd'hui, encore une fois, on a de quoi se faire surprendre en photo avec la qualité en plus. Ce qu'il y a derrière, les optiques Carl Zeis, toujours dans le coup par leur renommée et par la reconversion réussie dans les appareils de demain. Nokia a présenté son N93 qui en plus de téléphoner va fournir des photos de qualité 24X36 avec zoom incorporé. Qui dit mieux?

Du côté cinéma, après une bataille de standard, le DVD-HD de Toshiba est dépassé par le Blu-Ray de Sony qui fait son grand cinéma. Même format que le DVD haute défintion mais avec 5x plus d'informations gravés.  

Et pourtant, certains osent à parler de "Photo, quand on abandonne le numéric". Et, ce n'est pas par nostalgie.

Investir dans la technologie? Qui oserait encore penser le faire autrement qu'en Bourse. Les produits High Tech vivent presque moins que l'espace d'un matin. Le dieu "Progrès" est intransigeant.
Si le consommateur veut réellement gagner à tous les coups, il n'y a que le producteur qui doit investir dans la technologie de pointe, jamais lui même. A peine sorti du magasin, votre beau jouet sous le bras, plein de sophistications, vanté par les magasines les plus "à la pointe", cet objet du désir aura déjà du plomb dans l'aile de la nouveauté. Mais, quand on aime, on ne compte pas. Le point positif reste que, depuis le numérique, la photo a le vent en poupe. On n'a jamais fait autant de "clic" derrière ce petit écran magique. Alors, ne jamais laisser son appareil dans l'armoire et utiliser tout de suite et à fond la caisse, si le besoin existe. Voilà le véritable message "conseil" de cet article.

Ne jeter pas, non plus, vos appareils photos analogiques et vos beaux "cailloux" qui ont accompagné tant de journées fantastiques en conservant vos précieuses images stockées sur des films gardant le suspense jusqu'au développement bien plus tard. Ils ne sont pas encore à mettre au rancard. Il est parfois possible de les connecter avec les nouveaux. Même si le numérique a beaucoup d'avantages pour le particulier par rapport aux appareils argentiques, certains professionnels ne l'ont pas rejetés et gardent jalousement leur bijoux de technologie légèrement "dépassés". Arrière garde? Pas vraiment donc. 

Une fois acheté, amortir cet objet de rêve au plus vite sera votre préoccupation de tous les instants. Ramener les plus belles photos de la terre devrait nous motiver et nous faire oublier la "duperie" bien naturelle de l'évolution des technologies.
Et puis, comme toujours, ressortir d'un grenier, un peu empoussiérés, ces beaux joujoux auront peut-être plus de valeur qu'il n'y paraîtrait au premier abord. Les collectionneurs de tous poils existent et dans un musée, les choses prennent souvent plus de plastique.

Malgré que la couleur se retrouve dans toutes les visions du monde, le film noir et blanc a encore, à raison, ses "fanatiques". Seul un réajustement, un repositionnement s'imposent. Dans un autre domaine, les disques vinyles existent toujours dans les fonds de greniers mais souvent sans aucune chance d'en sortir car le fameux pickup n'a pas eu la même chance. Bientôt les cassettes VHS, les CD vont subir les affres du temps et de la mode.
Dans quelles mesures, faudra-t-il arriver à la conversion complète dans une reconversion? Le consommateur-client sera seul juge. Pour une fois, qu'il a ce droit au chapitre, le poids de la masse restera le décideur exclusif.

N'oublions pas qu'une photo reste un "snapshot", un espace de temps figé correspondant à un moment de vie. Le souvenir qu'apporte ce "stop sur image" permet de s'assurer bien plus tard et de se montrer à soi-même et aux suivants qu'on a existé un jour en pleine jeunesse.

Au rythme où vont les transformations des technologies dans la photo numérique, une question urgente se pose pourtant.La pérénité de nos photos. Ce n'est pas seulement le temps qui pourrait les altérer. Combien de temps nous permettront les industries de pouvoir consulter nos bibliothèques d'images qui, étant numériques et théoriquement éternelles, dépendraient uniquement de lecteurs compatibles vers le haut mais aussi vers le bas de la chaîne? Ne plus avoir les bonnes lunettes pour voir nos belles photos serait tellement peu enviable. L'informatique et ses logiciels de plus en plus performants assurent vaille que vaille cette compatibilité vers le bas mais en y apportant de multiples corrections de version en version. L'Hybernatus de demain aura-t-il la chance de revoir les photos de sa jeunesse? Le match 24X36 avec pellicule contre le petit nouveau numérique à écran comme oculaire est joué. Les ventes d'appareils analogiques se sont effondrées. La "Rolls Royce" de l'argentique, toujours pas sous le "reflex", Leicaa presque mis la clé sous le paillasson. Le concept "reflex", lui, n'est pourtant pas mort. Il reste toujours aussi professionnel dans sa volonté d'affiner sa perspicacité, mais il a seulement changé le clin d'oeil du "petit oiseau" dans l'appareil. La miniaturisation fait un retour en marche arrière sur le réflex numérique. Il retrouve des objectifs qui ne sont plus mignon du tout.

Nous avons touché de près le domaine des professionnels sans pourtant le traverser. En parallèle, il y a les "grands", les 6X6 qui n'ont pas disparu. Hasselblad, par exemple, touche seulement un autre public plus averti de professionnels. Les objectifs à soufflet pour photographier les bâtiments n'ont pas totalement disparu. Le passé n'a pas encore dit son dernier mot.

Si la photo panoramique a élargi les horizons, la photo en relief n'est pas encore sortie des limbes avec l'anaglyphe et la stéréoscopie. Le cinéma dépassera probablement la photo de vitesse pour le relief. Pour la télévision, c'est déjà en marche chez Philips et Samsung, sans lunette pour le premier avec des écrans WOWvx et des rayons lumineux émis par l'écran. Un nouveau chapitre bien plus palpitant peut-être s'est rouvert dans ce sens. Ouvrir une 3ème dimension se sera, alors, ouvrir la véritablement la fenêtre à l'image. Certains s'y intéressent déjà.

5bc1f0c8da0d7d367d4bb59034c83fbe.jpgSans verser dans les excès présentés par le film "Photos obsessions", bien entendu, photographier reste une passion. Maintenant, si la nostalgie vous prend, peut-être un retour sur les anciennes photos, des anciens négatifs et dias pourrait par la digitalisation remettre les choses en place. L'imagination est seule conseillère avec les logiciels existant pour y remettre un aspect d'aujourd'hui.

medium_Le_petit_oiseau_est_de_sortie_01.4.jpgCe clin d'oeil ci, vous ne l'avez pas vu, car le petit oiseau vient de rentrer au bercail.

A vos appareils, donc, pas de saison pour les sortir de leurs étuis. La passion ne vient pas de l'appareil mais de ce qu'il y a aux deux extrémités de l'oculaire: le paysage et l'opérateur. La photo, ensuite, ce n'est jamais qu'un ensemble de trois couleur: le bleu, le vert et le rouge. Analogique ou numérique, même passion.

 

L'enfoiré,

Si la technique de l'actu et du futur vous intéresse, suivez ce site, photovore, parait-il.

Vous en voulez de l'histoire analogique, en voici une : "L'étonnant destin des photos de Serge Prokoudine-Gorsky" 

Mais on parle de photos... et si on montrait les parcs de Bruxelles en photos par exemple

Y aurait-il photo chez Le Panda?

 

Citations:

  • "Avenir : Sombre, incertain, complexe mais aussi ouvert, flexible, changeant... Comme l'économie et comme les technologies.", Luc Fayard

  • "Avec des nouvelles technologies, ne sommes-nous pas en train d'assister à la disparition inéluctable de l'auteur ou du créateur au profit d'une marque ?", Paul Virilio

  • "La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa.", Michel Serres

  • "La technologie c'est comme le poisson. Plus ça reste en rayon, moins c'est appétissant", Andrew Heller

  • "Serons-nous capables de choisir les éléments de la technologie qui améliorent la qualité de vie et d'éviter ceux qui la détériorent ?", David Baltimore

 

18/02/2008

Tout pour rien ou rien pour tout

2cca00470d9f7ecce8944d3e8e03c429.jpgL'antagonisme entre le virtuel et concret est de plus en plus troublant. Internet fait penser que tout peut s'acquérir sans bourse déliée. La réalité dans les magasins va dans l'autre sens. Où est la faille? Le prix des choses et celui des hommes ne seraient-ils plus en équilibre? Entre rêve et réalité?

 

- Tu vas quand même pas payer pour cela? Tu as vu, c'est gratuit ou presque sur Internet: logiciels freeware, tickets d'avion, le magazine de la télé et j'en passe. T'es fou d'acheter cela dans le commerce.

La Toile fait subir ce revirement à la pensée et à l'action réactive sans réflexion. Dans le même temps, on assiste à une augmentation du coût de la vie pour les denrées de base. L'indispensable concret devenu cher, le futile virtuel tendant vers la gratuité. (Le FOSDEM 08 23-24 février)

On vous le dit, pourquoi payer pour ce que vous obtenez gratuitement avec la cerise sur le gâteau en plus?

La pub passe désormais par l'intermédiaire du "gratuit". Google et Yahoo pompent toutes les informations sur nous consommateurs et nos petites "défaillances". Juteuse, cette information au vu des résultats de ce genre d'entreprise. L'information personnelle passerait donc au premier plan?

c91d8deb08d604717ea1356848c5abd6.jpgLes eBay de toutes sortes, ont aussi effacé quelques dollars ou euros de l'addition au passage par une vente-troc organisée au niveau biens ou plus vicieux  et esclavagiste en mettant aux enchères l'heure non plus vers le haut mais vers le bas ("Haro sur jobdumping.de").

Les droits d'auteur (DADVSI) ont été aussi mis à l'index. L'intelligence et les droits de pensée ne se monnaient plus. Mais qui paierait en définitive pour la mise sous tutelle ? ("Le Copyright remis en question: lettre au Ministère de la Culture". "Appel aux créateurs et aux artistes ...")19b03c324a8014a94f25906b51e1cc93.jpg

Dans les airs, on parle de  "low-cost" de l'aviation.(L' UE réagit très violemment aux prix des compagnies low-cost). Ce n'est pas la Cour de Justice européenne qui précise des indemnités en cas de retard des vols, une obligation d'informer le passager, le remboursement en cas d'annulation qui changeront la donne. Le cauchemar pourrait venir par le manque de sécurité. Les mises en consigne pour le contrôle et la maintenance coûtent encore très cher. 5470a3d321afed8c5e91dbc8cf866e59.jpgUn modèle économique basé uniquement sur la compression des coûts de production, est il viable? Retour de manivelle aussi par la consommation inconsidérée du kérosène, toujours pas remplaçable.

Minimiser le prix de revient n'est pas dénué d'effets secondaires.

"Vivez moins cher en 2007" disait "Plus Magazine" fin décembre 2006.

Alors, les jeunes ont choisi, suivis par les moins jeunes: "On veut tout à la vitesse d'Internet et sans plus bourse déliée" avec moteur intégré publicitaire. La vie privée n'a qu'à bien se tenir.

Il est vrai que cette nouvelle tendance ne vient pas du ciel. Elle est arrivée avec la dévalorisation voulue par des hommes et par le travail des sociétés, par la Société. "The System".

Déclin et abîme inéluctable en bout de course? Où est la contrepartie? Qui paie tout cela, cette fausse gratuité ? La pub ne peut pas tout.

Il faut le chercher à l'étage du dessous. Dans le concret, il en va tout autrement. Le consommateur s'est vu contraint de rechercher une issue sur une marche encore plus basse. La classe moyenne n'est plus moyenne. Elle a aussi raté une marche dans la manoeuvre. Et cela est beaucoup plus grave car c'est elle qui assumait l'achat de cette production dans sa grande majorité.

458064841.jpgLe pouvoir d'achat a perdu 2%  au minimum et ne suit pas l'index. Des contrats à tous les niveaux deviennent des peaux de chagrin enveloppant des bénéfices non négligeables. Mais pas partout.

Dans les multi-nationales, c71400b46c095460ca90adcaa2206872.jpgl'ouverture des marchés sans frontières, sans aucune retenue et sans filets. Baisser ses prix ou mourir pour les petites sociétés. Marche ou crève dans le bas de l'échelle du côté "consommateur".

Le travail a été dévalorisé. Pour compenser et survivre, certains tentent même de compenser et de condamner à travailler plus. On oublie par là même que le temps de plein emploi est obsolète et que beaucoup de machines ont remplacé des tâches de plus en plus sophistiquées. Le low-cost tout azimut doit oublier du même coup le prix de la qualité et la motivation de créer.

Les matières premières, elles, tenues dans un étau appelé "Wall Street", pendant de très longues années, par les pays consommateurs aux dépends des pays producteurs, se réveillent et prennent, comme il se devait, un jour, leur envol.

57f71ef62fb8f3f7f3315fd81d75e8ec.jpgLes Belges craignent pour leurs portefeuilles. Problème de plus en plus commun dans notre "occidentalité". On ne cherche pas à savoitr d'où cela est  venu, où on l'on va mais, alors, on y va ! L'indice en Belgique a augmenté en 2 ans de 5% dans l'ensemble des produits et, jusqu'à 7%, pour les produits alimentaires et l'énergie. Heureusement, l'index bien que lissé reflétera bientôt une partie de la hausse. La Belgique est passé en 12ème rang en deux ans en Europe (d'après une étude GfK) dans le classement du pouvoir d'achat. La Suisse, occupant la 1ère place, la France, la 9ème. Énergie, loyer et nourriture étant le tiercé de tête.

"Le pouvoir d'achat continue de résister à la hausse des prix", titrait l'Écho à la Saint Valentin. La Banque Nationale belge appelait, du même coup, à la modération pour préserver l'indexation automatique et éviter la spirale négative prix-salaires-prix. Mais jusqu'à quand et avec quel parachute? Le consommateur pour prendre un peu d'avance sur les augmentations commencent à stocker les denrées qui ne sont pas trop périssables. Il devient le stockiste du magasin et fait artificiellement augmenter les ventes.

La pérennité des produits n'est plus assurée. Tout évolue à la vitesse de la lumière, tout s'étiole et devient obsolète déjà à la sortie du magasin. Les fournisseurs s'en rendent compte de l'intérêt et nous vendent de l'immédiat, du consommable aux jours comptés. Le conjoncturel n'atteint plus jamais le stade de structurel. L'OMC a orchestré les échanges internationaux. Ces sociétés internationales harmonisent leurs activités à cheval sur une multitudes de pays en garant leurs bénéfices dans les pays qui donneront le plus de sécurités et de rendements au niveau fiscal. Les petite sociétés locales triment en haïssant cette concurrence des plus fort. Elles s'adaptent, elles bradent, elles soldent. Elles cherchent le juste prix, les coupables de cette envolée des prix et elles répercutent chez leurs clients "de passage" en espérant en conserver quelques fidèles.

Si les GSM ont baissé de prix, les communications téléphoniques sont en pleine croissance. Les carottes n'auraient seules pas suivi l'inflation. Le pain subirait une augmentation non justifiée par le prix du blé, ni de l'énergie, ni par la saison. Une entente, seule, sur les prix serait donc à l'origine de l'augmentation. Le prix des produits saisonniers est souvent calculé en extrapolant à partir de la récolte de l'année précédente ou en anticipant d'une augmentation. Offre et demande toujours en équilibre dans de telles conditions? Baisser les prix de l'énergie? Peut-être, dans le durable, mais pas dans le fossile.

730f73d7de1a427d49abda8c9ecd8026.jpgL'extinction de la classe moyenne n'assumera plus le produit du travail, très bientôt. Dans une économie telle que la nôtre, l'argent est fait pour rouler. Arrêter le pouvoir d'achat, c'est ralentir de fait la production dans une civilisation productiviste.

La presse propose de petits conseils amusants par leur innocence à cette perte de pouvoir d'achat  : acheter en vrac, productions maison, supprimer gaspillage, rassembler ce qui est normalement dissocié. Le "do it yourself" avec les meubles Ikea, le Brico n'est pas à la portée de tout le monde.  

Continuer à trouver l'amélioration du niveau de vie par une augmentation du travail? Il faudrait se demander, comme il est fait pour l'habitat au citoyen responsable, par où, il y a des "pertes de chaleur". Les caisses, comme annoncé partout, seraient vides. Les cadeaux ne seraient plus à l'ordre du jour et cela malgré les promesse électorales. Supprimer la pub? Travailler plus pour gagner plus? Faire plus avec moins? Schizophrénie, en plus. Quel est le but? On ne comprend plus. Des débats entre gauche et droite n'éclaircissent pas plus l'horizon. De la poudre de perlimpimpin quotidienne ne change rien.

La diminution du nombre d'heure de travail semblait la solution pour entamer un siècle suivant, le 21ème rugissant? Les machines ont depuis longtemps supprimé les travaux répétitifs et qui demandaient une trop grande quantité de personnel. Il faut l'assumer. Les compensations où traînent-t-elles? Le besoin de produire par le travail est bien présent, mais mal ajusté. L'efficacité ne vient pas de la quantité mais de la qualité. Travailler mieux, sinon, ce serait se jeter l'opprobe après avoir imaginé les machines pour améliorer la qualité du travail.

Et si l'heure de travail était revalorisée, au contraire? Mais à quel prix?

Plus besoin, tout est gratuit, répondrait une voix jeune, en écho. Il y a manifestement de la friture sur la ligne...

Tout ne passe pas par l'intermédiaire d'Internet.

Les réponses à mes craintes du "tout gratuit" se trouveraient, donc, ailleurs. Dans une à une de ces lignes, des textes comme si, tout à coup, elles m'apportaient le démenti à mes idées préconçues que chaque minute engagée devrait être payée au juste prix.Alors, on réfléchit. Certains sont provocateurs, révolutionnaires ou innovateurs.

"Abolir le travail, pour en finir avec le chômage et autres tracas" pour ne citer que ce très bon article bien documenté. Les affres du productivisme qui devraient être corrigés, selon l'article, par "certaines de ces technologies dites de pointe et pourtant vieilles comme le monde, comme les énergies renouvelables, les réseaux d’échanges de savoirs, les réseaux de troc sur la Toile et en dehors. L’allocation universelle -en attendant ou en précipitant la fin du capitalisme- est une autre piste provisoire à étudier prudemment. Dématérialiser l'argent...activités axées sur l’éducation, le bien-être et la santé, les services publics et concrets à la collectivité, la créativité et les arts... consommer moins pour travailler moins"

Pensées suicidaires ou rêves utopiques? C'est du moins ce que je pensais en arrivant avec le poids de l'habitude et des conventions culturelles.

Bien que je pressente toujours certaines failles au nouveau "Système" évoqué par ce nouveau courant d'air "frais", je dois avouer que cela ne se goupillerait pas trop mal mais, dans des conditions très précises, drastiques même. Pourquoi consommer le trop plein de ce qu'on ne peut plus se permettre de consommer? Une grève de la consommation au bout du chemin? Peut-être pas.

Il s'agirait d'un changement de société dans sa globalité et à multiples facettes.

  1. Une spécialisation accordée de commun accord par les pays et aux pays. Chercher et choisir son créneau d'activité et laisser les autres dans le leur. La concurrence ne ferait plus chuter les prix dans ce cas. C'est un peu ce qui se passe dans les faits, mais après de terrible coup de semonces. Les PC, l'électronique, sont déjà dans les mains de qui de droit. Les autres ont déjà bien compris. L'organisation est en place pour aboutir avec le maximum d'efficacité. Qu'il existe des créneaux demandant une spécialisation plus poussée, n'est pas un problème et pourrait se faire ailleurs. Si par contre les tâches dépassent le cadre d'un pays par leur ampleur comme pour l'espace, unir les forces en dehors de toutes perspective de concurrence serait bien plus nécessaire et adéquate. Une collaboration plutôt qu'une compétition. Un échange d'actions au sommet plutôt qu'un rachat. N'est-ce pas un pis aller pourrait-on rétorquer? La concurrence a ses limites mais aussi ses incitents à la découverte.

  2. La motivation, le besoin d'entreprendre, on ne les chercherait plus dans le travail mais en soi. Ce serait nouveau. Ce "moi", il faudrait le découvrir avec le maximum de précision. Si l'homme a inventé le travail, on ne le réserve normalement pas aux bébés, quoiqu'on attende de moins en moins de temps pour lui donner les informations nécessaires. Donc, il est si pas remplaçable, amendable sans sa conception. Où chercher la motivation? Trouver une occupatio