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05/03/2011

Des geeks fastoches

Deux millions de Belges sur les dix n'ont jamais navigué sur Internet. Où se trouvent les résistants à la "chose"?

0.jpgIl y avait ceux qui essayaient de s'y connaître et qui en attrapaient une nausée de codes. Les geeks avant l'heure, aussi.

Il y avait ceux qui y trouvaient ce qu'ils cherchaient avec l'aide de moteurs de recherche, d'encyclopédies telle que Wikipedia et qui se trouvaient comme des biens heureux devant leur écran, gonflé de mots et de chiffres.


Les chiffres d'utilisation d'Internet de mars 2007 ont fortement été dépassés. L'ordinateur est devenu l'outil privilégié pour beaucoup de citoyens à tous les niveaux. Et, pourtant... 

Il y a les autres, ceux qui ne se sentent pas obligés de faire partie de la société, de s'y aligner et qui ne sentent pas mourir à petits feux pour autant.

La culture du numérique n'a pas encore touché tous les milieux de la société. Il y a les rétifs, les mal couchés, les retords, les em... J'en connais de très maicieux.

La résistance au numérique existe dans une partie relativement importante de la population. Parmi les rébarbatifs à toutes modernités, il y en a de plusieurs sortes comme ceux qui ne savent pas voir la technique sans en avoir la nausée.

Des personnes probablement plus âgées, des femmes au foyer qui n'ont pas su ou voulu suivre l'évolution du mari qui lui était obligé par sa fonction d'utiliser ces "machins à bits" et qui n'avait plus envie de remettre le couvert le soir. Il faut dire qu'entreprendre l'approche du bien nommé "numérique" n'est pas aussi simple que d'aller voir un film à la télé. L'interactivité impose un état d'esprit, une soumission à son utilisateur et une besoin de sécuriser sa connexion. Ne pas aimer le courriel qui fait beep à chaque fois qu'il se pointe et devoir à répondre à l'illuminé qui voudrait vous parlez de la pluie et du beau temps, n'est pas seulement l'épisode de l'ermite grincheux.

Le monde virtuel d'Internet reste "difficile", voir "dangereux". Il se spamme. On y entre avec précaution, car on a entendu dire qu'il y a des virus. Et, qui dit, virus, dit contagion. On  en tousse déjà rien que d'y penser. La grippe H9N9 guette. Les hackers, les pirates de la Toile sont de sorties. Heureusement, il y a la HackAcademy. Ils nous disent "Pour vivre heureux, vivons caché". Tiens cela me fait penser à autre chose...

Mais, passer cette étape répulsive initiale, cette crainte de l'inconnu, tout le savoir du monde est à disposition. YES.

N'est pas informaticien qui veut. N'est pas surfeur sur n'importe quelle vague plateforme artificielle, non plus.

Mamy et Papy, bien heureux, tous deux surfeurs, sans risques, cela arrivera peut-être dans une autre génération. Internet est le transit d'informations de plus en plus nécessaire dans ce monde qui devient virtuel automatisé, mais certains continueront à râlent à la banque devant le seul guichet qui reste ouvert sans vouloir utiliser le distributeur de billets qui n'a même pas les pièces sonnantes et trébuchantes dans sa caisse.

Ces Mamy et Papy se retrouvent dans la partie émergée de l'iceberg. Une population que le savoir ne touchera pas, n'envahira pas, non maintenu par des souvenirs trop scolaires quand il en reste.

Mais parmi eux, il y a les "essayeurs", les "testeurs", les "cascadeurs"...1.jpg

Ceux qui s'y mettent, qui font l'acquisition du "computer" pour faire plaisir au petit fils, à la petite dernière, qui en font une machine à écrire ou une machine à calculer plus évoluée sans contacts avec le monde extérieur. Tout s'arrête là au traitement de l'information. Mais où est la boule qui tournait avec les caractères comme dans le temps?

L'envie de répondre aux courriers électroniques (les eMails, pour les initiés) viendra, peut-être, plus tard  dans une période de sinistrose. Vive la communication et ses aléas. Nouvel investissement exigé, celui de l'abonnement mensuel chez un fournisseur d'accès, le FAI, pour les intimes. Ceux qui n'ont pas les moyens de se payer cette ligne pour se connecter en seront exclus d'office. Oublié le téléphone pour se connecter, faut pas charrier, on n'a plus la vie devant soi à tous les âges. L'ADSL, c'est l'Aide aux Désirs Sans Limites qui se termine par A Demain Sur la Lune... 

Le pas franchi, ils en deviennent, d'un coup, internautes. Cela remonte les bretelles, non? Très vite, le "testeur" va se retrouver avec la modernité envahissante. Et, elle est gratuite, en plus. 1.jpgLe pied, quoi...

Le courrier, l'accès à la banque, l'eCommerce, Facebook, tout s'ouvre, le monde est à nous, dès lors, comme par miracle. Facebook et les amitiés virtuelles n'intéressent pourtant que 2,6 millions de Belges.

Chez les "extrémistes", il y a quelques blogueurs qui sont entrés de plein pied  dans la danse, dans la "guerre civile numérisée". Parmi eux, on trouve des Don Quichotte à la Blanche armure. des coupeur de cheveux en quattre dans le sens de la longueur.

On les appelle généralement les "geeks".

Parmi eux, des fastoches sommeillent.

On peut aisément imaginer les ratés des essais de "participation". Ceux qui ont achèté le matériel et qui se voient rebuté à la suite du premier ennui, de la première panne dont l'origine reste imprécise et inexpliquée. Etre néophite, ce n'est pas un métier, c'est un statut. Un bug, il y en a toujours un quelque part. Un de ces insectes qui bouchonnent les circuits. Mais localisée où, est cette putain de bestiole? Dans quel circuit? Elle a posé ses pattes dans le matériel ou le logiciel? Le manuel est toujours neuf. Mais où a-til été garé ce bouquin sauveur? Pas à portée de souris. Sur Internet? Encore faut-il encore avoir l'accès.

Z'avez pas vu Mirza? Ça y est, trouvé, il est là, je le vois. 1.jpgL'appréhension de l'apprentissage du comment le lire et, surtout, l'utiliser, vient alors. Découvrir ce qui ne va pas à condition d'avoir déjà localisé le problème à la bonne place, évidemment. Aille, c'est en anglais, on avait oublié que c'est le langage du virtuel, de l'informatique et de l'incompréhension. Voilà, les "troubleshootings", l'ennemi public numéro un. L'obstacle à franchir avec le dico à proximité.

Dernièrement, j'étais au salon du livre à Bruxelles. La Première radio parlait dans un Forum de Midi du choix entre le livre papier et le livre numérisé. Autre querelle d'anciens et de nouveaux parmi les auditeurs. Comme concurrents, ceux qui  ont l'habitude et aiment lire sur écran et ceux qui ne peuvent envisager la lecture qu'avec le toucher "sensuel" du livre papier.

En voilà un qui m'adresse la parole. Un "retord à l'informatisation". S'il aime la lecture, il la voit dans son fauteuil avec le livre ouvert sur les genoux. Il lit un roman, un magazine. Mais, il veut rester passif, l'interactivité ne l'intéresse pas trop. Il n'imagine même pas la lecture de bouquins qui nécessiteraient une masse d'autres, en annexe, à commencer par le dico et l'encyclopédie. Il doit, d'après moi, jamais eu un livre comme "Le Pendule de Foucault" dans les mains.

1.jpg

Et puis, plus récemment encore, un autre geek, un certain Jérémie, vraiment fastoche, lui me répondait avec intelligence: "Le revers de l’internet tout le monde n’en profite pas, j’en perds aussi ma propre individualité, ma propre couronne, je n’existe plus, je ne suis plus rien, je suis vide comme l’air et tout ça pour des gens qui en font un peu la même chose de temps en temps, on voit, on repart, que voulez-vous faire d’autre apprendre la programmation, devenir un bon bidouilleur du code, ah... Si j’étais tellement plus débrouillard, comme je me génerais pas non plus de vivre davantage comme un voleur et un autre rond de cuir de la société, personne qui pourrait mieux cracker le compte du plus grand banquier de la terre pour le pauvre et modeste. Je sais, c’est pas non plus très moral mais que voulez-vous n’est-ce surtout pas cela que l’on préfère davantage enseigner comme valeur de nos jours?".

Le train ne sifflait que trois fois pour Gary Cooper. Il ne connaissait pas Internet.

1.jpgAlors, on pense à des remèdes à des secours pour se raccrocher au dernier wagon.

Des organismes existent, des sortes de "helpdesk", des "hotlines" pour les "naufragés du web". Quand c'est hot, c'est que c'est chaud. Des forfaits existent pour les sauvetages. Ils comprennent parfois dix appels de 15 minutes, chacun pour 59 euros.

Pas cher? Ça dépend, et pas uniquement s'il y a du vent et qu'on y est bien disposé.

Le "On Call" ne remplacera jamais le "On Site". Pardon, je m'américanise trop. Je traduis. Avoir quelqu'un au bout du téléphone, ne vaut pas ce même quelqu'un sur les genoux. Car il s'agit alors de lui expliquer son problème avec les bons détails, les bons mots du jargon de l'informatique. Cela pourrait déjà coûter plus d'un appel de 15 minutes. La concision, la clareté des explications ne sont pas les vertus de tous. Avouer parfois son ignorance du côté de l'utilisateur et du côté professeur, face chacun à l'incompréhension, n'est pas chose aisée sur l'écran bleu de nos fenêtres modernes. Là, où se reconnait par signe.1.jpg

Et puis, il y a le reste. Les connaissances comptables, financières, les mails qui viendront s'ajouter en accord avec les besoins réels du quotidien. Là, on n'est pas encore sorti de l'auberge. Pratique et théorie n'ont jamais fait bon ménage sans une effort substantiel et une expérience longue ... longue ...  longue.

Une adresse internet d'aides éventuelles, vous intéresse? Mais suis-je con. Pourquoi donnerais-je une adresse qui ne serait même plus accessible puisque Internet ne répond plus...

1.jpg

Pour les moins jeunes, mais pas encore totalement rassis, il y a les écoles du web. L'envie de se perfectionner est bien là et des écoles supérieures privées intéresseraient des employeurs et employés du secteur. J'utilise le conditionnel car cela n'existe pas encore en Belgique. A Paris, deux nouvelles écoles privées se proposent de donner des cours supérieurs dès septembre 2011. L'EMMI et la SUP Internet vont donner une formation de 3 ans en échange d'une participation aux frais de 9.500 euros par an pour la première société et 5.000 euros pour la seconde. Au programme, la gestion de projets, le Web Design and Graphism, le Web Marketing, comme principaux enseignements.

La constatation des fondateurs est qu'il y a un problème majeur d'éducation et de formation dans le système scolaire habituel  est non adapté à ceux qui n'ont plus le désir d'apprendre et de suivre un cycle complet tel qu'on le donne dans les université. Plus opérationnel, plus pratique, voila les adjectifs avancés pour faire la différence. On se retrouve ainsi comme en 40, ou plutôt, il y a 40 ans, au début de l'enseignement de l'informatique. A cette époque, aucune université n'avait prévu de cycles longs de cours d'informatique avec un diplôme d'informaticien en fin de partie. Les constructeurs avaient un sérieux problème de fournir des informaticiens pour louer leurs belles machines. Ils ont été les premiers à se charger de l'apprentissage. Un examen d'aptitude à l'entrée et un autre à la sortie pour sanctionner les candidats. D'un esprit commercial, des écoles privées s'étaient glissées dans ce manque avec moins d'exigence à l'entrée. Elles ont fait le plein pendant de nombreuses années.

1.jpgAujourd'hui, c'est un nouveau retour aux sources par le volontariat win-win que Microsoft propose pour relancer la "machine". Des employés de la firme sont volontaires. On les retrouve même dans le haut du panier de la société, ces donneurs de leçons de TIC. Moins chers et tout aussi profitables qu'un événement de "teambuilding", ils existent dans le cadre de "Safer Internet Day". Volontariat, en plein essor, via l'entreprise pour chaque enseignant qui peut y consacrer trois jours par an contre un retour sur investissement de trois autres mais de congé. Faire connaître les logiciels et pas uniquement ceux de Microsoft car on se veut "responsable" et "universel". 36 métiers pour le multimédia disponible dans un guide.

L'obsolescence du matériel et l'obligation de monter dans le train en marche demande aussi de bien s'y accrocher, d'y rester maintenu car la vitesse des changements ajoute aux désillusions des "geeks fastoches". La bécanne, le PC a déjà trente ans derrière elle. Elle va bientôt se retrouver au grenier pour ne plus en sortir, même neuve, inutilisable, périmée si on n'y prend garde. Une machine n'est pas un outil à vitesse constante, même si l'intelligence de son utilisateur reste en "stand by". Les cours, eux-même, pour être exhaustif, ne permettent plus de répondre aux problèmes survenu dans le "just in time", le "just in place". Ce sont aussi les machines qui changent l'optique de l'avenir.

L'ordinateur, le Lucky Luck, reste celui qui tire son épingle du jeu, plus vite que son ombre. Voilà que le PC est en proie à une concurrence menaçante des tablettes.1.jpg Mis à mal par les tablettes, Acer, spécialisé dans la vente de masse de mini-PC à bas prix, licencie son CEO. Le manque d'innovation et l'obscolescence du matériel pas assez rapide.

En informatique, il faut rester sur la vague ou couler corps et biens. 

L'ePad2 est là. Plus de clavier, plus de souris, si ce n'est qu'intégrés dans la tablette elle-même sur l'écran et derrière des menus. Pas encore, un contrôle par la voix, mais un contrôle du bout des doigts.

En 2009, les NetBook avaient conté fleurette aux amateurs de promenades branchées en pleine nature avec l'espoir que la batterie tiendrait le coup le plus longtemps possible.

1.jpgEn 2010, c'est l'iPad qui se lançait dans une croisade contre le PC. Le ringard peut très bien devenir moderne, s'accrocher à cette nouvelle vague, s'il s'accompagne des gadgets importants quand l'idée même du PC à un mauvais goût de réchauffé.

La lassitude des consommateurs joue un rôle important dans de nombreux marchés.  Fainéants, ces consommateurs? "Tout automatique", sinon rien. Les désirs des consommateurs n'ont pas de prix et ils ont toujours une longueur d'avance par rapport à la machine.

En 2010, en Belgique, les ventes de PC ont chuté de 15,8%.  Bizarre, cela n'a pas été le cas en France, dans les mêmes proportions. Les ventes de tablettes y ont même stagné.

1.jpgOn apprend que 6 Belges sur 100 se passent de téléphone portable...

Être avant l'heure, c'est toujours être un leurre. Après le leurre, vient parfois le rieur.

Rien ne sert de partir à temps avec les automates, de monter sur un train en marche, il faudra toujours courir derrière la version du moment.

Le lièvre et la tortue ne sont décidemment plus ce qu'ils étaient, de braves animaux bien sages qui cherchaient à rattraper le temps.1.jpg

Moi, qui me prenais pour un geek avant l'heure, j'en deviens tout mastoche...

Avec l'humour, en plus, cela serait peut-être ceci ou encore mieux, en anglais, celui-là "My Blackberry is not working".

 

L'enfoiré,

 

1.jpgMise à jour 21 avril 2011: Yahoo semble se reprendre doucement.

Oui, mais... Le chiffre d'affaires a baissé de 28%, le bénéfice de 24%. Pourtant, la Bourse a confiance. Pourquoi?

En cause un partenariat avec Microsoft. Échange de bons procédés. Un deal.

Marché technologique contre marché de la publicité. Complémentaires.

La technoparty, elle, travaille à vitesse de croisière exponentielle. 

Intel a un chiffre d'affaire en progrès de 25% et un bénéfice de 29%. IBM, un chiffre d'affaire de +5%.

La déprime sur les marchés du numérique? Cela dépend, s'il y a du vent et que les voiles sont déployées.

 

Citations:

  • "L'homme de science le sait bien, lui, que seule la science, a pu, au fil des siècles, lui apporter l'horloge pointeuse  et le parcmètre  automatique  sans lesquels il n'est pas de bonheur terrestre  possible.", Pierre Desproges
  • "Si nous examinons  les lois générales  de la perception, nous voyons qu'une fois devenues habituelles, les actions deviennent  aussi automatiques.", Vaclav Havel

Commentaires

Très très bon sujet Guy !

La "fracture numérique" a des solutions parfois très simples, c'est ce à quoi je suis confronté régulièrement surtout pour les séniors.
C'est un peu beaucoup ce que je fais une grande partie de la journée "SOS dépannage Bertrand, apprentissage et patience en prime".
Plusieurs points sont à dissocier :

1/ Les séniors ont souvent des problèmes de vue, la police de caractères et les tailles d'écran ne leurs simplifient pas la vie surtout si on leur a vendu un notebook ou pire encore un netbook .
Les conseils sont à donner en amont, à partir du lieu de vente pour orienter les acheteurs vers des tours d'ordinateur au lieu de notebook mais surtout vers des écrans grande taille dont le vendeur SE DOIT de régler la résolution graphique à la vue de son client .
(encore là les soucis ne sont pas finis, les OS ne supportent pas très bien le 800 X 600 pixels surtout en ce qui concerne les boites de dialogue dont les boutons "OK" "annuler" "appliquer" se retrouvent hors écran ou cachés pas la barre des tâches . D'autant plus que souvent ces boites de dialogue ne peuvent pas se redimensionner.)

2/ On a beau dire ce qu'on veut la LOGIQUE n'est pas toujours rationnelle pour les débutants .
Allez comprendre que pour démarrer le bouzin il faut appuyer sur un bouton physique mais pour l'éteindre il ne faut surtout pas toucher à ce bouton physique mais sur un bouton virtuel ...

3/ La LOGIQUE est mise encore à plus dure épreuve lorsque le débutant a intégré qu'il faut cliquer sur un bouton virtuel .
Là il lui faut accepter que pour ARRÊTER l'ordinateur il faut cliquer en bas à gauche sur "DÉMARRER" ... ... comment dire : superbe !

4/ Les mots de passe et les identifiants, là aussi c'est pas du gâteau !
La multiplication des identifiants et mots de passe est compliquée par un vocabulaire fleuri.
Identifiant : de connexion, de messagerie, de compte, de session etc...
Mot de passe : de messagerie, de session, de connexion, de la banque, de la sécurité sociale etc...
Le "top du top" c'est tout de même les super administrations Françaises, là il faut carrément bac+5 et une sacrée dose de patience pour se connecter quand on a quelques printemps derrière soi .
Entre les identifiants à retrouver dans les vieilles correspondances administratives, les identifiants et mots de passe provisoires, ceux à commander pour les recevoir par la poste, les cases de "sécurité" qui demandent une date de naissance sous la forme JJ/MM/AA, ou MM/AAAA, ou JJ/AA ou encore plus exotique et toujours écrit en petits caractères ...
Les identifiants les meilleurs ceux à extrapoler avec tout ou partie d'un numéro de compte "à vous de comprendre qu'entre la version papier et la version numérique, il faut enlever soit les premiers ou les derniers caractères afin de rentrer dans les cases" (attention ce n'est indiqué nulle part, c'est à vous d'extrapoler)

5/ Les "touchpads" qui sont plus faits pour des mains d'enfants que pour des mains ayant "quelques heures de vol", offrent leur lot de tortures.
Les souris offrent une réelle gymnastique de la coordination et de l'abstraction, c'est pas facile au début de dissocier les deux clics sans compter celui de la molette qui emmène les débutant dans des sentiers inexplorés de la crate graphique .
Bouger sa main de façon précise et suivre le mouvement du pointeur à l'écran au début ce n'est pas bien naturel, ajoutez à cela qu'il ne faut pas se tromper entre clic droit et gauche sous peine de se perdre dans un tas de menus et faire de mauvaises manipulations .
L'ergonomie et le geste de préhension détendue de la souris ne sont pas si naturels que cela .
(je m'étonne encore que personne ne fabrique de souris adaptées à ma clientèle, avec une bonne grosse taille et deux clics mécaniques résistants et qui font du bruit et surtout avec des structures très différentes au toucher )

6/ Le vocabulaire comme tu l'as évoqué est non seulement tiré de l'anglais mais souvent il varie d'un site à l'autre et d'un logiciel à l'autre .
Entre login, identifiant, identifiant de connexion, utilisateur, nom d'utilisateur, c'est certain que les débutants s'embrouillent et ne sont pas rassurés .

7/ L'accès aux cours d'informatique mais surtout leur prix et les conditions dans lesquelles ils se déroulent sont également un frein .
Souvent je récupère les déçus des "cours d'informatique" auxquels il faut offrir une réelle disponibilité et un suivi individuel .
Les clients de ces cours "groupe pour débutants" ne sont pas des idiots mais les machines de cours sont souvent différentes de ce qu'ils ont à la maison (image du bureau, icônes, OS, tour ou notebook etc...)
Il se rendent rapidement compte que 300 euros pour apprendre à allumer/éteindre le PC et avoir les bases pour taper un mot dans le moteur de recherche la facture est rapidement salée .
Avec des cours particuliers et personnalisés ils s'en tirent souvent bien mieux pour le peu que la personne qui est là pour eux se mette à leur niveau et développe un langage imagé et adapté à tous qui s'appuie sur des choses qu'ils connaissent bien. (l'automobile fonctionne souvent très bien)

Bref beaucoup reste à faire dans le domaine de l'accessibilité, au numérique .
Je suis souvent étonné de voir à quel point les choses les plus simples ne sont pas mises en place depuis le temps ...
Pour être bon dans le domaine il faut non-seulement aimer l'informatique mais aussi aimer les gens d'un certain âge et surtout être patient et accepter de passer du temps à s'écarter d'un sujet pour mieux y revenir .
L'utilisateur doit être le maître de ses demandes quoi qu'il arrive, quitte à faire l'impasse sur des sujets qui nous semblent importants, de toute façon il reviendra demander si besoin est ...

Je pourrai écrire un livre entier sur le sujet alors j'abrège ce commentaire .
Le jour où la volonté commerciale de s'attaquer à un vrai marché inexploité se fait sentir je serai à disposition pour offrir mes services et mon expériences, ceci-dit j'ai bien peur que ce ne soit pas demain la veille que je sois contacté ...
Faire du cash en masse, vite et bien n'implique pas à aller chercher dans les niches d'utilisateurs potentiels mais de chercher la masse des "je te vends et démerde toi"!

Écrit par : Sun tzu | 05/03/2011

Salut Bertrand,
Je savais que ce sujet allait te rappeler beaucoup de souvenirs.
La théorie mise en pratique. Tout un programme.
J'espère que tu as vu les vidéos de fin d'article. Elles sont à la hauteur de l'entreprise de mise à niveau.
J'ai aussi fait partie d'un service que l'on peut appelé "pompier" en même temps que le développement lui-même.
Là, quand le téléphone sonne, il faut tout laisser tomber. Oublier ce qu'on était occupé à faire et prendre son interlocuteur à la main, partager son problème, avec le plus d'attention possible.
Après, après la bouclette de temps, il faudra remettre la sauce. Se rappeler où on en était et reprendre le fil qu'on aurait jamais dû couper.
Que dire, après cela?
Tout va très bien Madame la Marquise, peut-être?
Comme je l'écrivais "Être avant l'heure, c'est toujours être un leurre. Après le leurre, vient parfois le rieur. "
C'est surtout un moment de solder ses comptes. :-)

Écrit par : L'enfoiré | 05/03/2011

Mon cher Guy. Permettez-moi une anecdote. Un autre «envers» à votre exposé. Les gouvernements qui prétendent fin connaisseur en la matière. Au Québec, notre premier ministre a, dans son discours inaugural de début de session parlementaire, annoncé qu'il doterait, dans les établissements scolaires, chaque enseignant d'un portable et qu'il installerait un tableau interactif - «des tableaux blancs intelligents». En réponse à cette délicate attention du Premier ministre, qui fait passer la quincaillerie devant les programmes pédagogiques, des maires de petites régions ont ironisé en indiquant que bien des villages et petites municipalités ne sont toujours pas branchés! Plus localement, à Montréal, les iPad, tactiles, sont déjà instrumentalisés dans les nos écoles. Dans les milieux favorisés, certains jeunes utilisent déjà leur tablette en classe. Si leur coût constitue un obstacle rédhibitoire à leur généralisation, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) veut lancer des expérimentations à destination des élèves en difficulté «afin de lutter contre le décrochage scolaire» : «Aujourd’hui, les écoles n’ont plus le choix d’être à la fine pointe de la technologie».

Quincaillerie contre programmes pédagogiques. Voilà tout le débat en ce qui concerne les générations futures qui fréquenteront des écoles branchées ou non. Les écoles non branchées seront génératrices de «décrochage scolaire». Les réussites ne passeront que par les écoles branchées. Fracture numérique, écrivait dans son commentaire Sun tzu : «Allez comprendre que pour démarrer le bouzin il faut appuyer sur un bouton physique mais pour l'éteindre il ne faut surtout pas toucher à ce bouton physique mais sur un bouton virtuel ...»

Pierre R. Chantelois

Écrit par : Piere R. Chantelois | 05/03/2011

Cher Pierre,

L'anecdote décrit bien la situation.
La machine est un outil efficace à l'apprentissage, mais est aussi une dérive vers des buts moins louables. Les déviances sont aussi importantes que les bénéfices.
La quincaillerie, le hardware, a moins d'importance aujourd'hui que ce qu'on y met à l'intérieur, c'est-à-dire le software.
Je connais le problème actuel (enfin, cela date déjà) de nos techniciens dans une grosse boîte.
Ce que fait Bertrand a encore beaucoup de beaux jours. Car on touche une autre catégorie d'utilisateurs. La fiabilité du matériel atteint des sommets (99,95%)
Le software est ce qui fait vraiment la différence.
Un tournevis est un outil. Encore faut-il savoir à quoi l'utiliser. Trouver la fente adéquate.
Le hardware a encore beaucoup à inventer pour éliminer le clavier.
Je ne sais si vous connaissez l'histoire de Lernout & Hauspie.
http://www.lesoir.be/actualite/economie/2010-09-20/lernout-et-hauspie-coupables-de-fraude-dexia-et-kpmg-acquittes-794125.php
La Flandre a investi énormément dans le projet. Même Bill Gates y a cru et y a investi. A perte.
L'idée était bonne mais les auteurs se sont dévoyés de leur mission et ont capoté.

Écrit par : L'enfoiré | 07/03/2011

@ Pierre R. Chantelois
On arrête pas le progrés mais "science sans conscience n'est que ruine de l'âme" .
Je crains fort que cette mesure soit contre-productive .
Déjà que les enfants ne savent plus qu'écrire en langage SMS...
Il est possible que les "milieux favorisés" n'en deviennent que moins favorisés . Ceci-dit le luxe ultime des "milieux ultra favorisés" est la légéreté en toute occasion donc cela ne manquera pas vraiment .
Pour ce qui est de la richesse, "avoir les moyens de" elle est souvent question de choix personnels . Certains dépensent dans leur voiture, d'autres à la loterie, personnellement mon PC c'est la quasi intégralité de mon budget loisirs . (j'ai choisi)

La chose qui me fait pester quotidiennement c'est que malgré nos moyens techniques nous ne faisons que peu de choses de façon radicalement ludique .
C'est une véritable bénédiction que trouver des pédagogues qui savent animer leurs cours de façon ludique .
Nous pourrions apprendre mieux et plus si une partie des cours étaient faits sous forme de jeux.

Votre commentaire tombe à pic, hier j'ai revu le film "Bienvenue à Gattaca", un film de 1997 à revoir à la lumière d'aujourd'hui .

@ Guy

J'en ai encore sous le coude en la matière mais on ne refera pas le monde d'autant que ces carences commerciales, techniques ou même en formation me permettent de mettre du beurre dans les épinards tout en cotoyant des générations qui ne sont pas la mienne mais avec lesquelles je me sens beaucoup plus "à ma place" sur un tas de sujets .
Je me fais plaisir tout en faisant plaisir, que demander de mieux ;-)
(Même si c'est souvent très speed car dans mon cas aussi il faut savoir tout "laisser en plan" pour faire de l'assistance d'urgence. Heureusement que ma compagne sait que "apprendre à quelqu'un à chasser pour la vie au lieu de le nourrir une fois" me rend heureux .)

PS : Je regarde les vidéos dès demain "i'll be back"

Écrit par : Sun Tzu | 05/03/2011

Bertand,

(Extrait de http://vanrinsj.hautetfort.com/archive/2008/10/19/la-grand-maitre-virtuel-13.html )
"Pour le 3ème âge, pour la "nouvelle vie", des écoles, des cours donnés avec matériel et connections sur Internet, ont vu le jour dans la précipitation. Le succès a été aussi mitigé de ce côté. Les enseignants, bénévoles ou non, proviennent du "milieu", parfois eux-mêmes mis sur la touche par l'âge. C'est à dire qu'ils ont eu des outils performants totalement dirigés par le côté fonctionnel et vers les tâches administratives. Le degré de connaissance des élèves était le plus souvent bien plus primaire. Le raffinement d'un clavier d'ordinateur, sa souris ne sont également d'une utilisation naturelle que pour les habitués. Encore une fois, on aime bien que ce que l'on connaît bien. Vieux principe toujours d'actualité, surtout en informatique. Les très jeunes se sont très vite et si bien adapté à tous ces maniements que l'on voudrait adopter la même approche. Ce qu'on oublie c'est qu'un jeune ne commence pas son approche du PC avec un tableur ou un éditeur de texte. Le jeu est le sésame le plus adapté pour motiver au mieux n'importe quel utilisateur effarouché. On a moins peur quand ce n'est que du jeu. Alors, vivement, le "Tic Tac Toe" ou les briques qu'il faut détruire, et cela même pour l'arrière garde."

Non, on ne refera pas le monde. Le monde se fait de lui-même en dépit de nous, malgré nous. On arrive à peine à l'orienter.
Ce qu'il faut, c'est trouver sa niche. Se faire plaisir. Quant au stress, il en faut, un peu... pas trop.

Écrit par : L'enfoiré | 07/03/2011

Guy
Sun Tzu

Le dévoilement du IPad 2 devant les aficionados s'inscrit merveilleusement dans cette discussion sur la quincaillerie en regard des ressources pédagogiques. Qui n'a pas son IPhone 4 et son I Pad 2 sera-t-il voué à l'ignorance? Je m'inquiète, ayant banni la télé commerciale de mon environnement, ne possédant aucune voiture ni permis informatisés, privilégiant les promenades pédestres. Je dois être la réincarnation d'un vieux sans-abri du XIXième siècle. ;-)

Écrit par : Piere R. Chantelois | 08/03/2011

Cher Pierre,
Vous posez une question très importante: peut-on continuer à vivre "bien" sans le progrès technologique?
Je crois que vous connaissez la réponse.
J'ai eu la chance d'être sur la vague, de m'y être senti à l'aise.
Ma mère, à l'opposé, a pris sa retraite quand les machines ont commencé à prendre de plus en plus d'importance dans la société qui l'employait.
Une anecdote: un jour, je montrais un programme à un comptable, véritable "vieux rond de cuir". Voyant les loupiotes, pendant la période d'attente, il me dit "on voit qu'il réfléchit".
Cette réflexion m'est resté en mémoire.
Mon article se voulait dénonciateur de cet état de la dictature de la technologie.
De fastoche on en devient mastoche, disais-je.
Je suis devenu l'utilisateur de ce que je développais dans le passé.
Quant à la voiture et à sa non utilisation, une autre anecdote, j'ai eu un patron, un as du développement informatique, qui n'avait pas de permis de rouler en voiture.
Les taxis étaient à l'époque son moyen de locomotion. Aujourd'hui, ce sont les transports en commun.
Ne faudra-t-il pas, un jour, revoir les buts à atteindre?

Écrit par : L'enfoiré | 08/03/2011

Pierre
"Qui n'a pas son IPhone 4 et son I Pad 2 sera-t-il voué à l'ignorance?"
Hé bien Pierre, il ne faut pas s'emballer sur ces gadgets pour lesquels je suis très critique pour pas mal de raisons :

1/ La simplicité de configuration n'est pas au point, ils sont très loin d'avoir "étudié" la chose.
Par exemple recevoir vos mails sur un I Phone ne signifie pas que vous puissiez lire TOUS les contenus de ces mails, vous attendrez-donc de rentrer à la maison pour les lire sur un vrai PC .
Mais pas de chance, votre PC ne reçoit pas ce précieux mail avec sa pièce jointe.
C'est normal, vous l'avez pris de la "boitte à lettre et vous l'avez ouvert" (le serveur de votre FAI), donc il n'existe plus dans la boite à lettres .
C'est juste un exemple mais qui en dit long sur ce que nous avons échangé par mail avec Guy, peu de "spécialistes" ont une vision globale, et les seuls ayant une vision globale sont "indésirables" dans une entreprise . (on n'aime de moins-en-moins les empêcheurs de tourner en rond)

2/ I'phone et I'Pad sont de purs gadgets, la multiplication des outils communicants et des flux risque de nous réserver de jolies surprises numériques. Nous en sommes à étudier la possibilité de faire des tarifs "riche" et "pauvre" pour ces produits tant la bande passante est déjà surchargée aux heures de pointe .
Le "riche" pourrait accéder aux services en ligne en permanence, le "pauvre" y aura accès aux heures creuses ....
Un smartphone consomme 24 fois plus de bande passante qu'un mobile classique.
Les opérateurs ont décidé de faire payer au consommateur leur "manque de vision globale" .
(vous agrandissez votre maison est-ce que vous apportez la facture à votre patron ? )

3/ Pour la voiture je vous rassure je n'en ai pas non plus, les clients distants viennent me chercher à la maison .
Je veut bien être un esclave financier mais à condition de choisir moi-même ce dont je suis esclave .

Les choses vont changer dans ce domaine, la voiture électrique ne changera rien à l'affaire puisque toutes les énergies sont en train d'augmenter .
J'ai bien l'impression que la voiture devienne rapidement un vestige du passé, n'en déplaise à l'industrie US .
Il faut vraiment ne pas retenir les leçons pour ne pas comprendre que dès que la voiture électrique sera démocratisée le prix de l'électricité va augmenter jusqu'à ce que le prix du kilomètre soit équivalent du prix de l'essence ...
"La loi de l'offre et de la demande" pas seulement, c'est politique !

Écrit par : Sun Tzu | 08/03/2011

Cher Guy ,

Je ne peux pas commenter ton billet car je ne suis pas competente pour ce sujet.
Cependant je peux dire que j'aime beaucoup tes convinctions que "l'Internet pourrait
sauver le monde par les liens entre les generations et les peuples du monde".

Bonne soiree ,
Nina

Écrit par : Nina GEORGESCU | 08/03/2011

Chère Nina,

"Un homme compétent est un homme qui se trompe selon les règles.", disait Paul Valéry.

Suis-je encore compétent? J'ai lâché la bride pour me consacrer à d'autres passions.
Hors dans ce domaine, on perd vite pied.
Internet, là, je suis, sans plus rien y développer comme un utilisateur lambda.

Je suis sûr qu'en tant que chercheuse, vous ne devez pas être très éloignée des geeks qui se respectent.

Internet a les défauts de ses succès et de ses bienfaits.
Il a permis les soulèvements des pays arabes.
Il a donné la parole à tous, sans limitations.
Hors, comme en toutes entreprises humaines, il faut des règles, des garde-fous.
L'entreprise garde, malgré tout, un ratio positif.
Donc, tout est pour le mieux. Ne changeons pas de braquet.

Bonne soirée

Écrit par : L'enfoiré | 08/03/2011

Julian Assange rappelait qu'Internet peut être aussi une fantastique machine à espionner

http://geeko.lesoir.be/2011/03/16/internet-fantastique-machine-a-espionner-selon-assange/

Écrit par : L'enfoiré | 16/03/2011

Qui est de retour?
Le Commodore 64
http://geeko.lesoir.be/2011/04/11/le-commodore-refait-surface/

Écrit par : L'enfoiré | 11/04/2011

Yahoo semble se reprendre doucement, ai-je lu.

Oui, mais... Le chiffre d'affaire a baissé de 28%, le bénéfice de 24%. Pourtant, la Bourse a confiance. Pourquoi?

En cause un partenariat avec Microsoft. Échange de bons procédés. Un deal.

Marché technologique contre marché de la publicité. Complémentaires.

La technoparty, elle, travaille à vitesse de croisière exponentielle.

Intel a un chiffre d'affaire en progrès de 25% et un bénéfice de 29%. IBM, un chiffre d'affaire de +5%.

La déprime sur les marchés du numérique? Cela dépend, s'il y a du vent et que les voiles sont déployées.

Écrit par : L'enfoiré | 21/04/2011

Mais d'où vient le pognon de Google, de Apple?
De la vie privée, pardi...

http://www.lecho.be/actualite/entreprises_technologie/La_vie_privee-_un_commerce_comme_un_autre-____.9050026-3063.art?utm_source=?utm_source=picks&utm_medium=direct

Google, Apple… Grâce à la géolocalisation, ils ont accès à des données de plus en plus sensibles de nos vies. L’objectif? Avoir sa part d’un marché qui vaut 8 milliards.

Pratiquement toutes les 5 secondes pour Google, de manière "intermittente" pour Apple. C’est la fréquence moyenne auquel un HTC tournant sur Android ou un iPhone capterait les données de localisation de son utilisateur. Selon des documents analysés par le "Wall Street Journal" et commentés par le chercheur en sécurité Samy Kamkar (celui-là même qui avait créé le ver Samy, responsable du crash de MySpace en 2005), ces informations seraient ensuite conservées pendant un temps déterminé et transmises, du moins dans le cas d’Apple, à la société mère.

Cette analyse fait suite à la publication dans la semaine d’un rapport de deux chercheurs américains, Alasdair Allan et Pete Warden, établissant qu’Apple collecterait l’historique des déplacements des usagers iPhone et iPad. Couplée à une nouvelle bourde de Google qui aurait capturé (sans intention de le faire) des mots de passe et noms d’utilisateurs lors de l’envoi de ses voitures Street View sur les routes, l’affaire (qui divise les experts "techniques" en tout genre de la blogosphère) a vite fait de relancer le débat sur les atteintes en matière de vie privée et le commerce plus large de données.
La vie privée n’est pas un gadget

L’utilisation d’appareils technologiquement avancés, qu’il s’agisse d’un PC, d’un smartphone ou d’une tablette électronique laisse des traces. Invisibles peut-être mais persistantes. Tout utilisateur d’internet devrait indéniablement tenir cette vérité pour principe de base. Son nom, la valeur de sa maison, ce qu’il a fait ces dernières 24h, où et avec qui, ses coordonnées bancaires sont autant de données privées susceptibles d’être postées un jour et… de rester un temps indéfini en ligne.

Au vu de l’actualité récente, nous sommes de moins en moins à l’abri d’intrusions (volontaires ou non) dans la sphère privée, nous aurions tort de nous tirer, en plus, une balle dans le pied en publiant de manière irréfléchie les détails, parfois très intimes, de nos vies. "Aujourd’hui, on a plus le sens du "gadget" que de la vie privée", déplore Robert Vamosi, auteur de "When Gadget Betray Us" dans une interview. "C’est tellement cool de prendre une photo avec un iPhone. Personne ne se soucie de savoir si ses coordonnées géographiques ou l’heure de la prise seront collectées ou même conservées". Être conscient qu’il y a un risque réel à divulguer certaines informations sur les réseaux, surtout chez les plus jeunes, n’est manifestement pas encore une évidence pour tous.
Jouer franc-jeu

Heureusement pour ces derniers, la vie privée est un droit inaliénable, attaché à l’individu en raison même de ce qu’il est. À ce titre, des lois nationales protègent nos intérêts en régissant le traitement et la collecte de nos données à caractère personnel. Dans le cas d’Apple, la première question serait donc de savoir si les informations collectées (latitude, longitude et temps) l’ont été avec ou sans l’accord des utilisateurs. Or, pour l’instant, les avis des avocats spécialisés et des experts ne sont pas unanimes. La "découverte" des dossiers cachés contenant les informations de localisation n’en serait pas vraiment une, ces derniers ayant "simplement" changé d’emplacement lors de l’update du système d’exploitation.

Pour certains spécialistes, le problème ne serait donc plus tant la légalité de la collecte d’informations en soi mais bien le fait qu’Apple ne joue pas franc-jeu avec ses clients. "La collecte des données n’est pas illégale, mais il importe de savoir si c’est explicitement ou non énoncé dans les conditions d’utilisation d’Apple", juge ainsi Christina Gagnier, une avocate spécialisée en droit de la vie privée et copyright. Apple pourrait en effet légitimement avancer qu’il a la permission de collecter ces données dans la mesure où il y a un paragraphe spécifiquement dédié aux "services basés sur la géolocalisation".

Mais soyons honnêtes, à chaque révision de la politique en matière de vie privée d’Apple, qui prend la peine d’en lire les 15.200 mots pour s’enquérir de ce qui a changé ou pas? "Apple a l’obligation envers ses clients de leur permettre de se désengager", écrit Ian Glazer de chez Gartner. C’est ce qu’on appelle le système opt-out. "Il n’y a pas de raison qu’ils stoppent eux-mêmes le traçage. Mais il doit être visuellement évident, ou possible dans les réglages, de voir ce qui se passe sur son téléphone".
Levée de boucliers européens

Or, le groupe à la pomme n’est pas vraiment connu pour sa transparence. Dans un mépris le plus total pour ses clients, il n’a pas même pas daigné (pour l’instant) commenter ces informations, ni à la presse, ni aux parlementaires américains. Certains se sont inquiétés d’apprendre que les dossiers en question n’étaient même pas cryptés et pas protégés, les rendant plus vulnérables encore aux violations. D’autres, comme le gourou technologique Tim O’Reilly, jugent l’affaire "plus symbolique qu’autre chose". "C’est un signe de plus de la manière dont les appareils collectent les données nous concernant et les partagent avec d’autres. C’est le futur! Nous devons apprendre à vivre avec cette réalité".

Une vision difficilement compréhensible en Europe où le respect de la vie privée est ardemment défendu et encadré par des lois très strictes. La controverse a donc rapidement provoqué une levée de boucliers. En Allemagne, le directeur de l’agence pour la supervision de la protection des données, Thomas Kranig, a demandé à Apple où et dans quel but le groupe stockait ces données. L’Italie a ouvert une enquête. La France devrait suivre prochainement. Pour le secrétaire général de la CNIL, la principale inquiétude concerne le fait de savoir si les informations sont conservées dans l’appareil ou si elles sont transmises par Apple à des partenaires commerciaux.

"Dans le premier cas, c’est une simple question d’obtention de consentement du consommateur sur les données collectées. Dans le second, si l’information est commercialisée dans l’ignorance du consommateur, c’est beaucoup plus sérieux", a déclaré Yann Pavova.
Les plus gros fichiers mondiaux

Dénonçant également des manœuvres commerciales, le sénateur belge Bart Tommelein a fait subtilement remarquer que "savoir où se trouve un utilisateur vaut de l’or pour les annonceurs publicitaires, qui peuvent s’adresser à lui de manière plus ciblée". Si la question de savoir "pourquoi" Apple conserve l’historique des mouvements de ses clients doit être explorée, le fait que le groupe utilise ses données pour améliorer la rapidité et l’acuité des services de géolocalisation n’est pas un secret de polichinelle. Leur utilisation commerciale non plus.

Ces firmes privées sont en train de devenir les plus gros fichiers mondiaux, rassemblant ces milliers d’informations de localisation pour constituer de gigantesques bases de données capables d’identifier avec précision l’emplacement des gens. Ces bases de données sont leur ticket d’entrée sur un marché des services géolocalisés dont on estime qu’il pourra atteindre 8,3 milliards de dollars d’ici 2014…

Écrit par : L'enfoiré | 26/04/2011

De réactif, voilà qu'Internet devient pro-actif
http://geeko.lesoir.be/2011/04/27/de-reactif-le-web-devient-pro-actif-dimmenses-opportunites-de-business-sont-a-la-cle/

Écrit par : L'enfoiré | 28/04/2011

Je le savais pas, merci

Écrit par : e-commerce | 24/12/2012

Un peu d'humour : "La revanche des geeks"

Souvenez-vous : au collège, ils restaient entre eux, mal fagotés, l'œil binoclard et le teint boutonneux. Premiers en sciences, ils se rétamaient en sport et en drague, jouaient à des jeux compliqués et riaient nerveusement à des private jokes. Ce documentaire dissèque les mœurs des geeks, traités aussi de nerds, et narre la contre-attaque de cette confrérie futée, passée en trente ans de souffre-douleur à maître du monde. Le réalisateur a rencontré ses membres, désormais fiers de l'être, dans la Silicon Valley américaine, en France et au Japon. Ils racontent une adolescence difficile, en butte aux moqueries voire aux brimades. En réaction à cette mise à l'index, les geeks se sont forgé un univers commun.
Spiderman, Le seigneur des anneaux, Donjons et dragons, Star wars… : loin de se limiter à l'informatique, la culture geek s'est nourrie d'un imaginaire foisonnant, grouillant de monstres et de super-héros. Le réalisateur nous propulse avec humour dans cet univers codé et montre comment, avec l'essor des nouvelles technologies et la réussite de personnalités comme Bill Gates ou Steve Jobs, il est devenu incontournable et branché. Délicieusement obsessionnel, son film, découpé en trois parties – goût de la trilogie, souvenirs de dissert ? –, arbore la panoplie du parfait nerd, de la voix rocailleuse de son narrateur (Pierre Hatet, doubleur dans Star wars, Retour vers le futur), à son esthétique kitsch : typo de calculatrice, infographie sous influence Matrix, basse résolution assumée… Un festival de références et d'autodérision potache qui titillera l'adolescent ingrat qui sommeille en chacun.

http://www.arte.tv/guide/fr/044590-000/la-revanche-des-geeks?autoplay=1

Écrit par : L'enfoiré | 27/01/2014

Près d'un Européen sur 5 ne s'est jamais connecté à Internet

Près des deux tiers des citoyens de l'Union européenne ont utilisé l'Internet en 2014. Cela signifie que le nombre de personnes âgées d’entre 16 et 74 ans qui surfent sur la toile en Europe a doublé en 8 ans. C’est la conclusion d'un rapport par Eurostat, l'office européen de statistique.
Il y a huit ans, le taux de pénétration de l'Internet en Europe n’était que de 31%, mais il est maintenant passé à 65%.
Cependant, les chercheurs ont également constaté que près d'un Européen sur cinq (18%) n’a jamais utilisé l'internet. En 2006, ils étaient encore 43% à ne s’être jamais connectés.
C’est au Danemark que l’on utilise le plus l’internet : les personnes qui ne s’y sont jamais connectées ne représentent que 3% de la population. Le Danemark est suivi par le Luxembourg (avec 4% de personnes qui n’ont jamais utilisé l’internet), les Pays-Bas (5%), la Finlande, la Suède et la Grande-Bretagne (6%). En revanche, c’est en Roumanie que l’internet s’est le moins bien vulgarisé en Europe, avec 39% des citoyens roumains qui ne l’utilisent pas, en Bulgarie (37%), en Grèce (33%), et, de façon plus surprenante, en Italie (32%).
En outre, le rapport indique que 87% des Luxembourgeois, 85% des Danois, 83% des Suédois et 81% des Britanniques se connectent quotidiennement. En Roumanie, cependant, cette proportion tombe à 32%.
D'autre part, le rapport note également que plus d'un Européen sur cinq utilise la technologie du nuage (21% précisément), mais que seulement 11% acceptent de payer pour se service. Au Danemark et en Grande-Bretagne, respectivement 42% et 38% de la population totale ont recours à cette technologie.
La capacité à consulter ses fichiers de n’importe quel endroit et la facilité avec laquelle ils peuvent être partagés est citée comme la principale raison de l'emploi de cette technologie. D’autres répondants invoquent la protection contre la perte de fichiers (55%) et la grande capacité de stockage (44%).

Source: http://www.express.be/sectors/?action=view&cat=ict&item=pres-dun-europeen-sur-5-ne-sest-jamais-connecte-a-internet&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 29/12/2014

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