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06/04/2014

Débat interactif ou radioactif?

Le 1er avril dernier, ce fut le temps des poissons d'avril.  Retour dans la vie de tous les jours et de ses débats. 

0.jpgDébat politique

Jeudi, nous avons eu le débat idéologique et culturel entre deux ténors opposés de la politique: Bart De Wever (NVA) et Paul Magnette (PS).

Chacun avait été drillé à l'américaine pour la rencontre. La publicité de l'événement avait pris place des semaines à l'avance.

Le public aime ce genre de rencontre frontale et les médias s'en font l'écho.

 


Allait-on trouver la solution à la quadrature du cercle, la réponse au théorème à plusieurs inconnues? 

Pas du tout. Les analystes ont conclu qu'il s'agissait d'un grand écart entre deux monologues.

0.jpgBart De Wever se gaussait "Votre programme de 498 pages accorde plus de place au bien-être des animaux qu'au budget ou aux coûts salariaux. Votre programme me rend dépressif".

Paul Magnette parait le coup "Le vôtre m'a fait rire. Il contient 50 petites pages et beaucoup de photos".

Les salves reprenaient, dogmatiques à souhait. Un match de boxe avec des partisans qui applaudissaient leur poulain pour se conforter dans leurs idées.

Qui a gagné? Qui a perdu? Personne. Ce sont ces deux visions, deux choix de société complémentaires au niveau économique et idéologique qui se percutaient.

Alors, pourquoi débattre?

Pour défendre ses ides, bien sûr. Comme nous sommes différents, nous pouvons être d'accord sur un point et être complètement opposé sur d'autres. 

Dans le Vif, l'écrivain Umberto Eco était interrogé au sujet de son livre "Construire l'ennemi". 

Il disait que "Le besoin de se dessiner un ennemi est fondamental. L'ennemi sert à définir sa propre identité. Chacun a une terra incognita à inventer. L''écrivain n'est, en plus, là ni comme poète ni comme un Heideger à creuser 'une' vérité. Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas la démontrer que l'on ne peut pas la raconter. La narrativité se situe de l'autre côté de la moralité et de la psychologie. Il se contente de la particularité comme Proust l'avait fait dans  'A la recherche du temps perdu'. 

Perdu pour qui? Pour quoi?

Depuis, Internet aplatit le présent par son flot d'informations et empêche le filtrage. La Toile est confrontée à un accroissement de mensonges apolitiques qui risquent d'anesthésier le public. Si nous ne pensions pas que nos semblables nous disent le vrai ou le faux, toute la vie serait impossible.".

"Un débat est une discussion ou un ensemble de discussions sur un sujet, précis ou de fond, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions, opinions plus ou moins divergents", comme le définit Wikipedia. 

Comment débattre?

Sur les plateaux de télévision, on assiste en permanence à des débats.

L'émission de Taddei "Ce soir ou jamais" est une occasion particulière, puisqu'elle permet de rassembler des gens d'horizons différents qui auraient pensé aux sujets proposés lors des débats. Le journaliste le fait d'ailleurs très bien comme modérateur puisqu'il ne prend pas parti.

Combats d'élites, de philosophes, d'écrivains et j'en passe et des meilleurs. Un point commun, ils ont tous écrit un livre qui justifie leur présence sur le plateau.

Alors ils débitent leur sermon sur les chaires de vérité télévisées.

Chez eux, pas question de pseudo. Ils disent qui ils sont, d'où ils viennent et quels bouquins, ils ont écrit. Ils ont leurs thèses à défendre pour la promotion de leurs livres et pour devenir, qui sait, le leader d'idées dont ils s'autoproclament les dépositaires.   

Seraient-ils devenus les seuls guides qui font danser ceux qui n'ont ni le temps ni le courage d'analyser ce qu'ils ont écouté avec tant d'amour, juste avant de faire dodo?

 

Chez les citoyens lambda, lors d'un débat en va-t-il tout autrement?

Pas à dire, si ce qui est visible avec des personnages concrets, n'est déjà pas nécessairement implicite et quand il devient invisible sur la Toile, cela devient vraiment, un véritable jeu de fléchettes. 

Le café de commerce n'existe plus que dans certains cafés spécialisés qui réservent des tables de discussions pour de vieux bougres retraités qui tapent les cartons et sirotent une bière ou un vin pour passer le temps.

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Le sauveur, Internet?

Son interactivité potentielle devrait tout arranger avec les réseaux sociaux et la presse citoyenne pour trouver les liens entre les hommes de bonne volonté.

Il y a les réseaux sociaux. C'est bien sûr, c'est étudier pour. Et en effet, cela semble fonctionner dans ce milieu virtuel à condition que ce ne soit en rien conflictuel.

Quoiqu'on en dise, la fréquentation  de Facebook, si elle a perdu quelques membres du côté des très jeunes, qui ne se sentaient pas assez seuls face aux adultes, Facebook regagne, encore, d'autres membres moins jeunes pour entretenir les petites idées et conversations, vite dites, vite faites. 

La presse citoyenne, elle, se dit plus lourdes d'idées et de réflexions. Elle demande plus de temps à se concevoir et...  à se consommer. 

Comme en tout, l'engouement des débuts a fait place à une certaine lassitude sans renouvellements. L'originalité se perd dans la confusion et les répétitions. 

Cette presse citoyenne, n'est-elle pas aussi dans la même situation de décrépitude avancée après la fougue des débuts des blogs et des forums quand on pense à ce que Internet était capable d'apporter à l'échelle mondiale?

Victime de son succès, le soufflé pourrait retomber.

La question est de savoir si l'internaute peut encore parler d'autre chose que ce qui est très locale, ce qui ne le touche pas en particulier avec le sourire nécessaire pour "humidifier" l'atmosphère? Débattre, c'est surtout trouver des réponses médianes, des compromis sans tomber dans les compromissions. Le dernier qui a parlé a toujours quelque part raison.

Si la solidarité est recherchée à corps et à cris, dans le domaine des idées, il faut bien avouer que ce n'est pas au beau fixe.

Pour éviter les étincelles, Google+ a essayé de recentrer les idées en organisant des discussions dans des ensembles homogènes d'internautes.

"Veux-tu être dans mon réseau?" Une question bête et méchante que je posais à l'époque.

Le plus souvent, ce sont idées subversives ou polémiques qui se font accompagner d'éclats, de peurs et de grincements de dents. Les autres informations, celles qui ne touchent que de trop loin, font recette mais sans "casser la baraque". 

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S'engager se fait, alors, sur les chemins glissants des actions organisées à la pointe du fleuret, des chemins sur lesquels on frise la propagande, sans s'en rendre compte.

Sans être bégueule pour autant, il serait dommage que les sites citoyens et qu'Internet soient désertés par quelques manipulateurs qui agissent en toute impunité et qui éjecteraient les âmes sensibles de la Toile.  

L'analyse d'un forum citoyens comme Agoravox.fr est éloquente à ce sujet.

0.jpgMembre depuis 2006, j'ai vu constater l'évolution se construire de plus en plus dans un environnement d'hostilité à peine masqué.

J'y commente encore pour m'en amuser, mais je ne participe plus aux autres formes participatives rédactionnelles comme je l'ai été en tant que rédacteur ou de modérateur.

Les membres, car il faut être membre pour y déposer sa pensée "stratégique", il faut savoir, ne sont pas tous prêts à dialoguer et à débattre des sujets proposés.

Certains rédacteurs ne soutiennent même plus leur article, l'envoient par procuration et puis s'en dessaisissent une fois publié.

Quant aux commentateurs, le plus souvent sous le couvert de pseudos, ce sont des réactions épidermiques qui frisent l'insulte et utilisent l'agressivité comme moyen de persuasion.

Dans l'ombre, sans vraiment commenter, il y a quelques plussages ou moinssages qui passent à tour de bras, à tour de neurones. Nous ne sommes pas encore sur Facebook avec le bouton "J'aime" mais ça y ressemblerait furieusement s'il y avait un autre bouton qui dirait "Je n'aime pas". La démocratie des voix a bon dos avec sa majorité factice. 

Répondre avec des arguments qui tiennent la route, demande plus que quelques secondes de réflexion. 

Pourtant, je persiste et signe.

Parfois, une perle cachée derrière un texte. L’huîtrière atterrit, parfois, sur le plancher des vaches.  

Je ne manque pas de suivre certains débats très chauds et de m'amuser en m'y associant avec des commentaires, qui paraîtront parfois loufoques, uniquement pour détendre l'atmosphère ou en applaudissant devant un échange vif d'oppositions de conceptions. 

Je m'en sers de ce site comme rampe de lancement, je l'avoue.   

Dans ce genre de situation, il faut assurer ses arrières et connaître le point jusqu'où aller trop loin. Mais, ne s'écarte-t-on pas du but et des règles du jeu d'un forum de discussions?

Il y a plusieurs solutions pour débattre dans ce milieu de forum français.

  • Rester sur la vague grégaire de l'indignation. Elle est généralement, la solution de facilité pour ne pas se faire chahuter.

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  • "Je ne sais rien, mais je dirai tout". Une autre stratégie mais qui n'apporte rien sur le long-terme.
  • Rester candide. Et être d'office, rejeté.
  • Dévier la conversation et l'interactivité passe à la radioactivité des contacts. Dévier de l'objectif primaire d'un article, est-ce grave, Docteur? Je ne suis ni docteur ni avocat pour répondre à cette question, mais en tant que béotien, je dirais non. Encore faut-il le faire intelligemment.
  • Imposer une vérité par le raisonnement par l'absurde. Une manière d'éliminer le "Courage, fuyons". 

  • Créer le buzz. L'idée qui secoue les esprits et qui attire les mouches sur une m... tombée on ne sait d'où.
  • Le dénigrement total de l'autre et de ce qu'il peut raconter. La panacée suprême! 

Qu'on se le disent, j'aime l'humour. Pour forcer les réactions, je prends des risques en introduisant la provocation, quitte à jeter ce fameux pavé dans la marre aux canards même si "Les enfants du bon dieu ne sont pas des canards sauvages" comme le rappelait un vieux film. Répondre au coup par coup, au besoin, sans éliminer ce qui gène dans son propre raisonnement est une question d'honnêteté intellectuelle.

Une vérité peut très bien être vraie à un moment, à un endroit donnés et fausse à un autre moment ou endroit. 

Quand cette démocratie rigole quand elle se brûle, j'ai pris l'habitude de sortir du jeu. 

Qui respecte toujours ce qu'il écrit, d'ailleurs?

 

Qui ne change pas d'avis dans la vie?

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A ce propos, Bruno Colmantmajor de promotion de l'Ecole de Commerce Solvay, intervenait dans un autre Vif-Express.

Je lisais qu'il avait été bouleversé par la pièce de théâtre "Trotsky Business" d'Albert Maizel, camarade de Solvay, avec la création de Nathalie Uffner.

Il avait donc été mouillé par la vague sur laquelle il croyait surfer en sécurité.

Les acteurs de la pièce: "Hervé, patron de l'école de commerce de Solvay. Jacques y est professeur de philosophie. Hervé rêve de fusionner son bébé avec Harvard, pour le prestige. Ils ont tous un passé, très à gauche politiquement et très triangulaire sexuellement, qui va renaître tel un boomerang en provenance des années septante...

Hasta luego amigo guerillero. Les rois du capital, d'anciens trotskistes? Une véritable révolution au TTO

Le sujet de la pièce, vous pouvez l'imaginer: une douche écossaise. 

0.jpgBruno Colmant reconnaissait qu'il en avait été profondément troublé et regrettait ses rêves de jeunesse. Il disait qu'on n'apprend pas à rêver à Solvay, qu'il y a seulement le prestige du diplôme comme sésame, qui donne des désillusions en fabriquant des "Cicéron" fonctionnels loin de l'humanisme, tout en oubliant les utopies, la créativité et de parcourir le monde pour apprendre à mieux le connaître. S'il a lu "Le Capital" de Marx en entier, il l'avait trouvé barbant mais lui avait pourtant permis de comprendre que l'ordre politique ne parviendrait plus à résorber les inégalités. L'empathie sociale, pour remède au progrès économique, peut se concevoir dans l'introspection puisque l'Etat a toujours un rôle qui intervient pour 50% du PIB. 

Il rappelait que José Manuel Barroso, lui-même en charge de la gestion du monde, a fait partie des maoïstes. Il disait que "Celui qui à 20 ans n'a pas été anarchiste est un salaud, mais à 40, c'est un imbécile".   

C'est peut-être cela, le passage de l'adolescent à l'âge adulte.

L'âge où l'on se rend compte que, même les rêves, ont un prix.  

Vendredi dernier, le film "L'âge de raison" de Yann Samuel passait à la télé. Il tentait de déterminer si cet âge de raison survient quand on entre dans la vie active ou quand on la quitte.  


 

  

0.jpgVenons-en à la raison de la présence de ce billet.

En parallèle de mon blog, j'avais pris l'habitude d'envoyer des sujets de discussions à un petit groupe de copains, d'internautes, pour parler de sujets qui pouvaient, en principe, initier un débat entre chacun d'eux.

Jusqu'ici, ce genre de relations n'avait généré aucun succès fulgurant au niveau du groupe au complet. 

Le retour de "flammes", s'il y en avait un, se déroulait en aparté et le retour à l'envoyeur était seul utilisé quand le sujet passionnait.

J'imagine des raisons comme des sujets pas assez proche des problèmes du quotidien de chacun, un trop plein d'informations que l'on ne parvient plus à analyser et à maîtriser, une peur de se "déshabiller" devant tout le monde en dehors de deux paires d'yeux virtuellement disponibles. Comme on se connait un peu plus que dans la virtualité absolue, pas question de sortir la hache de guerre.  

0.jpgNous nous ne sommes ni femens, ni malemens. 

La fameuse phrase qui dit "pour vivre heureux, vivons caché", est toujours de rigueur.

Le citoyen lambda a pris l'habitude de décharger son énergie statique sur des têtes de pipe, des représentants de médias et des élites.

Lors de débats télévisés, le citoyen lambda se concentre sur des mages, des guides spirituels, écoutés avec une oreille "religieusement vôtre", pendant un premier temps, et les dénigre, ensuite, avec un certain dédain, dans des discussions, à la première occasion.

Tout pour ne pas en faire partie aux yeux des autres.  

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Lors de l'une de ces conversations virtuelles en aparté, j'apportais quelques vieux écrits de ma boîte à réflexions du miroir bien placées dans des tiroirs du temps.

A un moment donné, j'ai senti que rien de positif ne pouvait rien en ressortir.

Si, je supporte parfaitement l'opposition d'idées, à la limite injurieuse, je ne supportais plus de ne pas en sortir sans compromis valables à cette opposition caractérielle d'opinions.

J'ai sorti les lapins du chapeau pour les représenter à la vue du reste du groupe de départ.

Pour situer le contexte, il était question de l'évolution de l'Europe, de la géostratégie, de la Crimée et des suites de l'austérité.

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En aparté, la phrase finale fut "Pour que le petit peuple comprenne "bien" ce qui se passe il est important de savoir qui est le méchant et qui est le brave et le bon. Le binaire règle nos vies au propre comme au figuré.". 

Dans les grandes lignes, un échange assez musclé se poursuivit sans que les autres interlocuteurs ne réagissent. Je commençais par dire:

- J'aime étudier les gens et leur psychologie. Mon dernier roman en est un exemple. Nous ne sommes pas à classer entre "les bons, les brutes et les truands". Il n'y a pas de bons ou de mauvais, ce sont des concepts que je ne reconnais pas. Ce rôle de "psy en herbe" est devenu pour moi une habitude, si pas un vice, sur les forums. La provoc fait partie du jeu pour gratter jusqu'au fond de l'ego. Sur Internet, beaucoup mettent un masque, ne se découvrent pas, n'apporte pas leur "A propos" sur ce qu'ils sont, de peur d'en dire trop... un trop qui pourrait être utilisé contre eux. L'intimisme, ils ne connaissent pas.

- Qu'est ce que cela pour un discours et avis aussi tranché! Comment est-il possible de classifier quelqu'un simplement parce qu'il ne veut pas être assigné à SA boite originale. Ou plus simplement la boite que quelqu'un lui assignerait? Je t'invite à changer d'approche car tu n'es pas qualifié pour juger tes interlocuteurs de cette manière. Cela est absurde. 

- Je ne vois pas où mon avis est tranché. Le "Tu n'es pas qualifié pour juger les interlocuteurs", je dois l'avouer, cela m'a beaucoup amusé. Crois-tu vraiment que j'ai fait appel à un véritable psy, quand j'ai dû engager quelqu'un dans mon équipe après une pré-sélection. La partie "humaine", le potentiel de se greffer dans un groupe, c'était mon devoir de le découvrir et à moi, de remplir ce rôle. Je me devais d'ouvrir les huîtres bien fermées. Il n'était absolument pas question de changer d'attitude ou d'approche. J'étais seul à décider. L'absurdité aurait été de faire semblant de comprendre au premier coup d’œil. L'article "Comment je suis devenu extraverti", crois-tu que je l'ai toujours été? Absolument pas. Cela s'apprend. Les bides sont du parcours, mais est-ce important? Je ne le crois pas. 

0.jpg- Cela est ton problème. Si cette approche te convient alors parfait pour toi. Ne tente pas de l'imposer aux autres. Je ne sais à quel dictionnaire, tu te réfères lorsque tu définis dans quelle boite, ton interlocuteur se situe. Quelle est la définition du terme "Introvertis"? Celui qui ne s'intéresse pas au monde dans lequel il vit. Qui ne communique pas. Donc, le contraire de ma personnalité. Je ne lis nulle part que ce mot signifierait "celui qui ne partage pas son pedigree avec ces interlocuteurs".
- Nous sommes classifier partout. Même à notre insu. Nous arrivons toujours sur des listes qui deviennent de plus en plus noires avec l'âge. Maîtriser, c'est cela qu'on nous demande quand on fait du management de personnes. Cela veut dire tellement de choses, mais dès que tu marches sur une marche de la hiérarchie, tu es seul et tu dois maîtriser.
- Ta vision du monde et des choses est tellement négative et "caricaturée" parfois à l'extrême que ces lectures me sont parfois pénibles, je l'avoue. Les clés du monde sont contrôlées par une minorité au détriment de la majorité. Il s'agit donc de reprendre le contrôle des clés qui nous ont été volée.
Reprendre les clés qui nous ont été volées? Nous ont-elles jamais été données? Pourquoi est-ce ainsi?  Deux questions à se poser, avant d'aller plus loin.
Chacun choisit les thérapies qu'il pense être les meilleurs. Je n'ai pas choisi de me soumettre à ta manière d'envisager ces thérapies.
-  Ok. Va pour l'autosuggestion. Perso, je prends tous les contraires avant d'exprimer un peu d'opinions personnelles en conclusion. 
- Tu ne réussis en rien, à te cacher en répétant tous les jours que tu ne dévoiles pas tes opinions ou si peu. Tes opinions sont claires comme de l'eau de roche. Et cela est ton droit absolu. Donc, ne répète pas tout le temps le contraire de la réalité. Ce n'est pas sérieux.  
Ouf. Je n'ai pas écrit pour rien. Merci, pour cela et merci de m'en donner le droit. Quant au sérieux. Je n'insisterai pas pour dire que cela dépend de vérités qui ne sont jamais communes et qui dépendent de tellement de paramètres.
L'homme est un puzzle très complexe et changeant. Pour cette raison, je ne partage pas/jamais MON histoire parce que automatiquement, une boite me sera allouée et ça je déteste.  
Nous sommes tous dans des boîtes encastrées derrière des préjugés que tu le veuilles ou non. Que tu le détestes n'y change rien. Tous, derrière des frontières, petites ou grandes. Je peux te donner des exemples à la pelle. Ça l'enfoiré aime remettre sur la table et qu'importe s'il n'est pas aimé pour cela.  
 
Le dialogue s'était arrêté là.
 
0.jpg"Marrons glacés, pralines glacées" pourrait-on dire au moment de l'entracte au cinéma.
Je me souviens d'un billet qui parlait du rêve américain. Il avait généré la même échauffourée de bois pas trop mûrs que j'appellerais "anti-américanisme primaire" sans y avoir été dans ce "rêve américain" pour essayer d'en comprendre les processus de visu, sur place. Et, j'avais dû, aussi, écrire un article rapide d'anecdotes à sa suite pour chercher l'entracte par des expériences vécues. 
 
Défendre ses idées est normal. Nous sommes tous différents, ce qui veut dire pléthore d'idées.
La Belgique est reconnue pour ses compromis et pas pour écraser l'autre par ses propres manières de vivre.
 
Est-ce que mon interlocuteur croyait que je venais de naître dans les filets de la Toile française, alors j'en connais quelques filières et arcanes? Un bail de neuf ans avec des locataires très particuliers de la Toile.
Occulter les arguments de l'autre et en présenter d'autres plus personnels en échange qui "normalement" sont plus vrais. Je connais le procédé.  
La technique, de dire que "Tu ne comprends rien. Tu mélanges tout", je connais.
L'intimisme entre en jeu dès qu'on écrit la première ligne dans son "A propos".
Ma devise est "Tout est dans tout et inversement", y avais-je écrit.
 
Pour répondre à la critique formulée sur ma "vision du monde", la réponse s'y trouve aussi: "Réaliste, pragmatique, plus qu'idéaliste".
 
"... je ne partage pas/jamais MON histoire parce que automatiquement, une boite me sera allouée et ça je déteste".
Une autre phrase qui m'avait interpellée dans une autre lecture.

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"Je n'ai rien à cacher. Mais je ne vais pas me mettre tout nu pour autant", une phrase qui m'avait intrigué dans un autre journal écrite par Patrick Henry, avocat à la Cour à Liège.

Le sous-titre disait: "La transparence a-t-elle définitivement pris le pas sur la confidence? Avons-nous perdu le droit à tout secret. Facebook, YouTube et les selfies induisent une curieuse culture de l'exhibitionnisme. Souhaitons-nous pour autant renoncer à toute intimité?". 

L'article, pour commencer, parlait d'une caricature de Kroll qui avait été refusée par IBookStore au nom des bonnes mœurs et du respect de la vie privée. Dans le même temps, nous devrions vivre dans une maison de verre dans laquelle la transparence serait totale et sans confidences. 

Facebook était pointé comme responsable, avec le secret qui serait violé volontairement par ses membres à titre gratuit. 

Le but de l'article: la "protection du secret professionnel des avocats qui avait été demandé à la Cour Constitutionnelle. Les secrets des sources de leurs clients, des médias, des médecins pour raison de sécurité. Là, il n'y aucune contestation, au moins, de ma part. 

J'approuvais les mots forts de sa conclusion: "Nous vivons dans un monde étrange dans lequel Kafka est pour demain". 

Conclusions:

C'est dire que je suis paré à toutes éventualités, que j'accepte la controverse et que je n'ai jamais refuser de prendre part à un débat avec d'autres approches des réalités.

Mais, je disais que j'avais un autre projet sur mes tablettes.
Un vieux projet d'écriture d'une pièce de théâtre. 
Sans le savoir, cet échange avait construit une pièce du style de Pagnol, plus vrai que nature, entre deux interlocuteurs qui parlaient avec les mêmes mots, des idées semblables, mais qui n'invitait pas l'autre à trouver la porte de sortie en le caractérisant d'ignorant des choses de la vie.
 
Pagnol observait ses contemporains tout en s'analysant lui-même.

Je remercie, donc, mon interlocuteur pour m'y avoir fait repenser.

Cet échange va me servir dans mon nouveau projet. 

Le café de commerce avait du bon car il avait le mérite de ne pas dépasser certaines limites de la conversation au sujet de dures réalités mais sans passer aux armes de l'incompréhension stratégique. On aurait pu croire qu'entre citoyens lambda, les débats auraient été plus constructifs à la recherche de problèmes qui apportent le "tilt" salvateur.

Cela n'a pas été le cas. Désolé de l'apprendre et de le raconter.

Rester curieux de nature. Remonter aux sources d'un éventuel "mal" de société. Consulter ce que mes contemporains en disent au milieu du guet, avec des idées mêmes contradictoires. Avant de donner quelques conclusions plus personnelles sur ce que cela pourrait donner à l'embouchure de ce long fleuve qui n'est jamais tranquille.

0.jpgApprendre à être soi dans le jeu de quilles.

Défendre ses opinions, ce qui je le répète, est normal et nécessaire. On apprend bien plus de ses adversaires que de ses collatéraux identitaires.

Mercredi, Thomas avait, encore une fois, imaginé un "bête billet" comme il le disait, une situation "abracadabrantesque"dont il avait le secretComment fait-il pour m'ajouter des arguments et du grain à moudre? 

Une question revient : Débattre à quoi cela sert-il en définitive?

Peut-être, pour certains à rien. Proactif, je dirais que cela permet d'orienter l'avenir.  

Une autre question reste à poser entre vieux, bobos et has-been: "To be or not to be".

Alors, je propose ce petit fichier de "Papy chez Carrefour" que quelqu'un m'avait envoyé tout récemment, quelqu'un qui était loin d'imaginer que son fichier allait me servir aussi rapidement.

Le monde change en accéléré. Rien d'immuable même sans prophète. J'étais en accord avec Paul Jorion, dans cette vidéo et pas dans d'autres.

"La société est devenue beaucoup plus violente" comme disait Jean-Marc Meilleur, procureur du Roi à Bruxelles.

Bientôt les élections et les débats électoraux vont foisonner et les champions vont s'affronter.

Marius, répète-moi, encore une fois, cela me faisait tellement plaisir: "tu me fends le cœur"...




 

L'enfoiré,

 

Citation:

  • « Il y a interaction entre langage et pensée. Un langage organisé agit sur l'organisation de la pensée, et une pensée organisée agit sur l'organisation du langage.  », Ahmad Amin 
  • « Jamais les mots ne manquent aux idées; ce sont les idées qui manquent aux mots.  », Joseph Joubert
  • « L’art n’est pas d’arriver avec des idées neuves mais d’interpréter ces idées qui nous entourent depuis toujours.  », George Lucas 
  • « Il est important d'avoir des rêves suffisamment grand pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit  », Oscar Wilde 

 

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Mise à jour 7 avril 2014: On célébrait l'anniversaire du génocide au Rwanda. Bien éloigné de l'objet et du sujet de ce billet, et pourtant... Il y a ceux qui débattent et ceux qui sont sur place et qui le vivent. Colette Braekman a eu une vision de très près des événements.

 

0.jpgMise à jour 8 avril 2014: Paul Magnette répliquait après le débat qu'il avait eu avec Bart De Wever.

"Le modèle scandinave de la NVA, le leurre de bart de Wever".

Quel comble d'entendre Bart De Wever, comme chantre du modèle scandinave, à se réclamer des pays scandinaves alors qu'il dénonce à la fois les prélèvements trop élevés et les prestations sociales trop généreuses en Belgique.

La Concertation sociale en Allemagne.

L'innovation et l'éducation en pays scandinaves.

Etre fier du modèle belge reconnu, comme tel, dans le monde.

Les pays scandinaves ne sont pas un modèle, mais une leçon comme la Finlande qui fait de la remédiation, cherche la meilleure alimentation et remédie au décrochage scolaire et éviter de reproduire les inégalités à l'école. Quand aux "vieux", il s'agit de les reformer".

 

Commentaires

Un billet ( http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/penser-la-democratie-150371 qui pourrait très bien faire partie de celui-ci

Cette vidéo mentionnée en commentaire:
"Resonance - Beings of Frequency "
https://www.youtube.com/watch?v=FhMFvZFHo2c

ainsi que ce autre billet : "Reaching the edge"
http://www.awakeninthedream.com/wordpress/reaching-the-edge/

Écrit par : L'enfoiré | 07/04/2014

"Connais l'homme pour mieux te connaître"

http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2010/04/06/connais-toi-toi-meme.html

Écrit par : L'enfoiré | 07/04/2014

Aujourd'hui, commémoration du 20ème anniversaire du génocide rwandais.

Bien éloigné de l'objet et du sujet de ce billet, et pourtant... Il y a ceux qui débattent et ceux qui sont sur place et qui le vivent.

Un article de Psychologues était consacré à Colette Braeckman :"Le rire, ça peut aussi désarmer".
Dans son blog : http://blog.lesoir.be/colette-braeckman reprend ses péripéties au Rwanda, de ce qu'elle a écrit au sujet des premiers jours du génocide de 1994.
"Si on n'est pas capable d'émotion, mieux vaut faire un autre métier".


Matin Première se penche sur cette commémoration.
Bertrand et son équipe étaient direct de Kigali sur l’une des nombreuses collines de la ville. Réécoutez cette émission spéciale.
BH: Autour de nous, à perte de vue, les fameuses collines où s’accrochent les maisonnettes et de plus en plus, des immeubles de plusieurs étages dans cette ville de Kigali. Le pouvoir en place, le gouvernement ici veut montrer qu’il développe son pays, qu’il a tourné la page. Les rues sont propres, il y a des policiers partout, l’ordre règne. Une main de fer du président Kagamé qui semble présente partout. Mais si aujourd’hui la ville semble calme, il y a 20 ans la violence se déchaînait avec une ampleur et une vitesse inouïe.
" Il faut que ces activistes du FPR acceptent de déposer les armes sinon tout ce que nous avons dit, on va les tuer pour battre aussi tous les Tutsis. "
BH : - Un des sons de cette sinistre radio des Milles Collines qui appelait au génocide des cafards, les cafards c’était les Tutsis. C’est comme ça que les appelaient les extrémistes Hutus et dans les quelques heures qui sont suivis ces appels de la radio Milles Collines, la violence s’est donc déchaînée. Avec nous ce matin pour évoquer ces moments deux invités : Naasson Mouyan Damutsa bonjour, vous êtes psychiatre et avec nous Martine Debatty, la sœur du caporal Alain Debatty abattu avec dix autres casques bleus à quelques centaines de mètres d’ici, bonjour Martine Debatty. Et merci tous les deux d’être avec nous ce matin.
Naasson Mouyan Damutsa, vous faisiez quoi il y a 20 ans ?
NMD : - Il y a 20 ans, j’étais à Genève, je travaillais à Genève comme psychiatre et comme enseignant de psychiatrie.
BH : - Vous n’étiez pas au pays ?
NMD : - Je n’étais pas au pays. Toute ma famille était au pays, ma mère, mon père, mes frères, mes sœurs et je vivais comme si de rien n’était.
BH : - Comment vous avez appris ce qu’il s’est passé ici ?
NMD : - J’ai appris ce qu’il s’est passé ici d’abord par la radio qui parlait de la mort du président du Rwanda Habyarimana, j’ai paniqué mais je ne pouvais en aucune façon imaginer que ce qui est arrivé arrive.
BH : - C’était de l’ordre de l’inimaginable. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour vos proches et votre famille qui était ici au Rwanda ?
NMD : - Ils ont tous été exterminés dans les collines Kibuye un après un. Et j’ai eu la chance d’avoir un frère qui a survécu simplement parce qu’il sortait de la prison et en sortant de la prison, peu avant le génocide, il s’était réfugié à Bujumbura. Donc c’est le seul qui a survécu, qui est venu me rejoindre à Genève.
BH : - Et vous nous expliquerez comment vous avez fait pour revenir ici parce que vous êtes revenu au Rwanda, au pays, quelques mois, quelques semaines je pense d’ailleurs après le génocide et vous êtes devenu psychiatre ici en exercice à Kigali.

Martine Debatty je le disais, vous êtes donc la sœur d’Alain Debatty qui a été abattu à quelques centaines de mètres d’ici. C’était quasi heure pour heure il y a 20 ans. Comment vous avez appris ce qu’il s’est passé ? Vous faisiez quoi vous il y a 20 ans ?
MD : - Je suis enseignante, je suis professeur de gymnastique et j’étais en vacances de Pâques. Nous avons été réveillé en pleine nuit par un militaire qui nous a annoncé qu’Alain avait été assassiné avec neuf de ses compagnons et puis plus rien. Nous sommes là, laissés pour compte, dans l’attente. Nous avions entendu après l’émission sur le Sida puisque nous suivions cette émission sur le Sida la veille, que l’avion du président Habyarimana avait été abattu. Mais Alain, mon frère, était peu loquace sur ses missions donc je me suis dit " il est casque bleu et rien ne peut lui arriver " et j’ai rassuré maman en lui disant " ne t’inquiète pas, tu sais il revient de Somalie donc ça va bien se passer ".
BH : - Pour vous aussi quelque part, dans les premiers moments, ça a été incroyable ?
MD : - Pour nous c’était incroyable parce que la missive disait : il a été emmené avec neuf de ses compagnons et a été exécuté. Alors bon, on s’imagine plein de choses. Moi j’imaginais qu’on l’avait mis contre un mur et qu’on l’avait abattu par balles. Son sort n’a pas été celui-là.
BH : - Il a été donc détenu dans une petite casemate dans le camp à Kigali et ils se sont battus ces 10 paras belges pendant presque 3 heures avant finalement d’être tous tués par les milices et les forces armées rwandaises. On va évoquer la mémoire évidemment, comment vivre avec ce qu’il s’est passé pour vous notamment Martine Debatty mais pour évidemment les Rwandais qui ont survécu au drame ici tout d’abord où les bourreaux vivent aux côtés des survivants et de leurs victimes. Car c’est l’une des singularités de ce génocide des Tutsis, il y a eu plus de 800.000 victimes et plus de 2 millions de génocidaires ou complices de génocidaires. Et donc la cohabitation est particulièrement compliquée. Malgré le message officiel du gouvernement, la réconciliation n’est pas encore une réalité. C’est ce que pense Laurent N’Tési Mana, c’est un des plus grands intellectuels rwandais. Il est actif sur le terrain dans une association dans le sud du pays qui tente justement de reconstruire les liens entre Rwandais. Maryse Jacob l’a rencontré pour nous :
" Ce qui empêche une vraie réconciliation, ce sont justement les blessures que les gens portent en eux. Et des blessures qui ne sont pas encore cicatrisées. Et là je pense que le pouvoir a réussi à établir un cadre où l’on peut vivre normalement ou à peu près normalement. Mais une fois ce cadre fait, il faut maintenant faire le vrai travail de fond. Et le travail de fond est un travail de transmutation. Il faut transmuter la souffrance en conscience.
Est-ce que vous pensez qu’il existe encore de la haine aujourd’hui entre les Rwandais ?
Quand vous dites entre les Rwandais, si vous voulez dire la haine entre les ethnies, alors là je dirais plus ou moins. Pour autant que ces ethnies sont encore reconnaissables. Parce que le pouvoir en place essaie de faire en sorte que ces ethnies-là ne reprennent pas le haut du pavé. Mais à l’intérieur de leur cœur, qui saura ce qu’il y a ? Ce sont des choses qui ne se voient que lorsqu’il y a un incendie. Un incendie de violence vous révèle.
Ça veut dire qu’on ne pourrait vraiment le savoir que si demain il se passait quelque chose et que des massacres seraient encore possibles demain ?
Ça peut toujours être possible et c’est pour cela qu’il faut rester vigilant.
Est-ce que ça ne veut pas dire aussi que quelque part dire " on est tous des Rwandais ", c’est un peu superficiel ? Que l’idéal ce ne serait pas de dire " je suis Rwandais mais moi je suis Hutsi, toi tu es Hutu mais on peut vivre en paix. " ? C’est ce que font les Burundais, les voisins.
Ecoutez, je pense que le Rwanda a pris un autre chemin que celui du Burundi. Et c’est peut-être à l’arrivée qu’on saura qui a pris le bon chemin. Mais comme vous dites, une identité est faite de plusieurs facettes. On ne peut pas supprimer des facettes aussi facilement d’une identité. Je pense que le programme Ndi Umunyarwanda ici dans le pays, ce qu’il veut dire c’est développez votre " rwandité " plus fort que votre ethnie. Ça ne veut pas dire supprimez votre ethnie, on ne peut pas la supprimer mais ça veut dire simplement mettez votre ethnie sous votre rwandité. Soyez d’abord patriote rwandais ensuite vous serez Hutu, Tutsi ou homme ou femme ou tout ce que vous voudrez mais vous serez d’abord Rwandais. Mais si on doit insister là-dessus c’est significatif aussi. Si on doit insister là-dessus, c’est que ça n’y est pas encore. Pour moi c’est ce que ça veut dire, sinon tu n’en ferais pas un programme.
BH : - Les paroles fortes et lourdes de sens de Laurent N’Tési Mana. Naasson Mouyan Damutsa, est-ce que vous êtes d’accord avec Laurent N’Tési Mana ? Si un chemin très important a été parcouru évidemment par le pays depuis 1994, il y a encore aujourd’hui de la haine qui subsiste entre les Rwandais ?
NMD : - Il n’existe pas un scanner ou une résonnance magnétique pour aller regarder dans le cœur, dans la tête des gens. Mais on peut imaginer avec logique que si je reste seul sur une colline et que je suis entouré par les enfants de mes tueurs, bien sûr je dois apprendre à vivre avec ma haine et je dois peut-être la transcender dans une espèce de force pour vivre ensemble. Vous pouvez imaginer quand on est sur une même colline, en étant dans cette situation, il y a une négociation non dite, une négociation malsaine, " tais-toi pour qu’on vive ensemble ". Et on ne le dit pas à haute voix mais c’est bien ça. Alors qu’est-ce qu’on fait quand on se tait pour vivre ensemble ? On a deux choix, deux possibilités. Soit on devient plus fort, comme disait Nietzsche " ce qui ne vous tue pas vous consolide ". Ou alors on est mal. Et parfois ça se transforme en symptômes. C’est comme ça que certains arrivent chez nous comme psychothérapeutes.
BH : - Et on suppose que vous en voyez beaucoup Naasson Mouyan Damutsa mais ça veut dire que ce n’est pas supprimer la haine, supprimer les différences entre Hutus et Tutsis, c’est vivre avec ça. Il faut vivre avec son passé, avec ses sentiments, avec aussi son appartenance ethnique...
NMD : - On ne peut pas supprimer une identité parce qu’une identité on la construit à travers son chemin. Mais il y a une superposition d’identités dans ce contexte essentiellement ce qu’Abi Malouf appellerait les identités meurtrières. Vous savez Hutus et Tutsis c’est devenu, qu’on le veuille ou pas, des identités meurtrières. Et on ne peut pas dire qu’on ne l’est pas. On l’est absolument. Mais ce qu’on peut reprocher à un pouvoir c’est de chercher à amener les gens à aller plus loin que ça. Et je crois qu’on a dit que c’est superficiel, non, c’est plutôt idéal. L’idéal on ne le touche pas encore. On va vers. C’est un horizon. Sans horizon on ne sait pas avancer.
BH : - Martine Debatty, vous nous avez dit tout à l’heure que quand vous avez appris la mort d’Alain Debatty votre frère, il y avait d’abord eu de l’incompréhension. Je me souviens de vos propos il y a 20 ans. On sentait aussi, peut-être pas de la haine, mais en tout cas de la colère certainement contre les gradés qui avaient laissé les dix casques bleus être tués. Et d’ailleurs, après quelques semaines aussi, laissé le pays, le Rwanda tout entier abandonné dans le génocide. Vous avez encore vous aujourd’hui de la haine ou de la colère ?
MD : - Non. J’ai avancé dans ce combat. D’abord en 96, je suis revenue ici sur place faire un pèlerinage avec certaines familles et finalement je pense que les rôles se sont inversés. Nous sommes devenus porte-paroles des Rwandais. On a pris conscience petit à petit de ce qu’il s’était passé dans ce pays et je me souviens d’être rentrée dans l’église, moi européenne, et de me retrouver parmi des morts qui étaient encore dans la position dans laquelle ils avaient été tués. Et je suis sortie de cette église en hurlant et en disant " mais c’est impensable d’avoir tué des enfants, des femmes alors qu’avaient-ils fait de mal pour mériter cela ? ". En rentrant en Belgique, je me suis qu’il fallait crier haut et fort et raconter ce qu’il s’est passé là-bas. Bien sûr, très vite on a dit " il faut retirer nos casques bleus, ils n’ont rien à faire là, c’est une bande de sauvages ", c’est fort ce que je dis, " c’est une bande de sauvages, ils sont occupés à s’entretuer " mais dans ce combat, on a compris qu’il y avait eu des décisions politiques. Une acceptation de cette mission. Et avec le recul, je me dis qu’on n’avait pas le droit de quitter ce pays. Parce que les assassinats de nos 10 ont favorisé et ont permis l’assassinat d’un million de personnes. Et quand je me retrouve ici et que je repars, j’ai toujours l’impression de laisser quelque chose derrière moi.
BH : - Quelque part, est-ce que vous regrettez que les casques bleus ne soient pas restés ici au Rwanda ?
MD : - Je dirais que les paras commandos ne soient pas restés, pas les casques bleus mais les paras commandos. Et qu’ils ne soient pas spectateurs de ce qu’il s’est passé ici mais de pouvoir agir et d’arrêter tous ces massacres.
BH : - Vous nous disiez que vous êtes un peu devenue porte-parole de ce qu’il s’est passé ici. En 20 ans, vous êtes revenue plusieurs fois au Rwanda, quel regard vous portez sur l’évolution de ce pays ?
MD : - C’est formidable. D’ailleurs je suis revenue 6 ou 7 fois et je n’ai pas reconnu la ville de Kigali. Il y a des constructions, il y a les chemins, les routes, tout est propre.
BH : - Ça se voit ?
MD : - Oui ça se voit !
BH : - Même s’il y a des grandes différences c’est vrai entre la campagne et la ville. Et depuis 20 ans il n’y a pas eu de massacre aussi, ça c’est peut-être une des choses qui a beaucoup évolué dans le pays depuis 20 ans.
MD : - Oui mais je rejoins monsieur. Je pense que pour cohabiter ensemble, on a besoin de justice et de reconnaissance parce que je pense que ça ne doit pas être facile de vivre avec son voisin et de se dire " c’est lui qui a fait tuer toute ma famille ". Nous, en tant qu’européens, on a eu le procès du Major Ntuyahaga, je sais qu’il est en prison, c’est lui le responsable, c’est lui qui a emmené mon frère et on a besoin de justice, de cette reconnaissance ou alors c’est impossible de pardonner.
BH : - Naasson Mouyan Damutsa, vous nous avez raconté votre histoire personnelle, est-ce que malgré tout 20 ans après, aujourd’hui vous êtes optimiste ? Vous avez de l’espoir pour votre pays ?
NMD : - J’ai de l’espoir, je crois que c’est cet espoir qui me fait avancer et je ne suis pas le seul. On a de l’espoir. Ce pays on va le reconstruire. Il est propre et nous serons propres dans nos cœurs aussi.

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_emission-speciale-rwanda-20-ans-apres?id=8241230&eid=5017893

Ce qu'on en dit en France, c'est ça...
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/rwanda-20-ans-apres-150401

et à la télé
http://www.rtbf.be/video/detail_jt-19h30?id=1909491

Écrit par : L'enfoiré | 07/04/2014

Paul Magnette répliquait après le débat qu'il avait eu avec Bart De Wever.

"Le modèle scandinave de la NVA, le leurre de bart de Wever".
Quel comble d'entendre Bart De Wever se réclamer des pays scandinaves alors qu'il dénonce à la fois les prélèvements trop élevés et les prestations sociales trop généreuses en Belgique.
La Concertation sociale en Allemagne.
L'innovation et l'éducation en pays scandinaves.
Etre fier du modèle belge reconnu, comme tel, dans le monde.
Les pays scandinaves ne sont pas un modèle, mais une leçon comme la Finlande qui fait de la remédiation, cherche la meilleure alimentation et remédie au décrochage scolaire et éviter de reproduire les inégalités à l'école. Quand aux "vieux", il s'agit de les reformer".

Ben Weyts de la NVA a répété le credo confédéraliste de son parti : «Maintenant, il faut choisir notre propre avenir et notre programme peut mener à un grand consensus en Flandre. Problème: la Wallonie vote essentiellement à gauche. C’est pour cela qu’il faut décider ensemble, de manière démocratique, ce que l’on veut faire ensemble.». Il a aussi affirmé que « des recherches récentes montrent qu’il y a du gaspillage dans le système de soins de santé ». La N-VA veut le rendre « plus efficace en évitant les examens inutiles ». Il a aussi déploré « la volatilité des prix de l’énergie » en Belgique et plaidé pour la création d’« une norme énergétique similaire à la norme salariale » et la mise en place d’un système de « soutien pour les économies d’énergie, plutôt que des dizaines de déductions et de subsides ».

De Wever: «Ma plus grande inquiétude est qu’ils nous mettent dehors»
« Les partis traditionnels vont soutenir Di Rupo et nous accuser de tout. On va tout faire pour participer aux gouvernements flamand et fédéral. Ma plus grande inquiétude est qu’ils nous mettent dehors, y compris au gouvernement flamand », arguant que l’Open VLD serait tenté de faire monter Groen dans l’exécutif du nord du pays lors de la prochaine législature de manière à se passer de la N-VA.
« Les études montrent la Belgique est le pays européen où l’immigration est la plus mal perçue. Celui qui répond aux exigences légales peut rester, ceux qui ne les respectent pas doivent rentrer dans leur pays d’origine et purger leur peine dans une prison de leur pays. Ceux qui choisissent al-Qaïda et sont coupables de crimes de guerre ne sont plus les bienvenus".
Il a aussi dit son opposition à la tolérance et encore moins à la légalisation des drogues douces, et sa volonté de combattre les drogues dures. « Je suis pour une répression dure des crimes liés à la drogue. Contre la surveillance électronique des détenus : « Si un tribunal établit une peine, elle doit être purgée »

Écrit par : L'enfoiré | 08/04/2014

Au Rwanda, un jeune qui n'a pas connu son père tué parmi les dix paras assassiné en 1994
http://www.rtbf.be/video/detail_jt-19h30?id=1909712

Puis, il y a Kagame qui fait régner un ordre très tendance. Critiquer, c'est risqué

Écrit par : L'enfoiré | 09/04/2014

Dans «des paroles et des actes» sur France 2, Marine Le Pen se balade

Très attendue, Des Paroles et Des Actes, l’émission de débat de France 2 animée par David Pujadas, revenait sur les municipales, le score du FN, ses idées, avec Marine Le Pen. L’émission a été lancée sur fond de polémique. La chaîne publique avait accepté que la présidente du premier parti d’extrême droite français ne débatte pas avec Martin Schultz, le président du Parlement européen, l’émission s’est transformée en parcours de santé pour Marine Le Pen.
Incapables de la mettre en difficulté, les deux journalistes venus l’interroger pour la première partie de l’émission se sont gentiment fait balader. Marine Le Pen réussit, comme à son habitude, à esquiver les questions pièges, maladroitement tendues il faut dire.

La surprise Lamassour
La surprise survint là où on ne l’attendait pas. Alain Lamassour, invité-remplaçant de Martin Schultz pour discuter d’Europe, a été le seul à mettre Marine Le Pen en difficulté. Ses armes : la sincérité. Européiste convaincu, il est loin de la langue de bois, reconnaît aussi bien les erreurs de la construction européenne, dont il est un acteur depuis 1989 en tant que député au PPE (droite), que « les miracles comme la réconciliation des peuples français et allemands ».
Professionnel, il finit par énumérer les votes révélateurs des incohérences FN au PE : « contre une loi dénonçant les violences faites aux femmes, contre le plafonnement de la PAC pour les riches exploitants, s’abstient face aux questions d’immigration, n’est pas présent pour les questions de frontières… » Trente ans que Jean Marie Le Pen est au parlement, trente ans d’inaction, ou d’actions contradictoires pointées du doigt par le spécialiste.

Marine Le Pen déstabilisée
C’est le seul moment où Marine le Pen est déstabilisée, fouille ses notes, se mord les doigts, perd le sourire. Au gong, sachant qu’elle aura le dernier mot, elle se reprend tout de même.
Pourtant Alain Lamassour partait perdant : Marine Le Pen a soigneusement rappelé au tout début du débat que « les Français ne connaissent pas son parcours ». C’est peut-être pour cela qu’elle l’avait préféré à Martin Schultz.
Après le départ de l’eurodéputé, la récréation reprend pour la présidente de Front national. Elle reprend vite la main face à un journaliste lui présentant plusieurs graphiques sur la déconnexion entre performance du PIB et zone euro ; trop sûr de lui, il demande : « alors, n’avez-vous pas d’autres facteurs que l’euro en tête pour expliquer la crise Madame Le Pen ? – Si, les banques, répond-elle sans l’ombre d’une hésitation. Qui a volé cet argent que vous nous montrez ? »

http://www.lesoir.be/518374/article/culture/medias-tele/2014-04-11/dans-des-paroles-et-des-actes-sur-france-2-marine-pen-se-balade

Écrit par : L'enfoiré | 11/04/2014

Dans l'article, il est fait écho de Bruno Colmant dans le nouveau Vif, on se demande si les experts financiers sont passés à gauche.
D'autres experts de la finance changent aussi d'avis progressivement.
Roland Gillet qui dit être rattrapé par la crise.
Eric De Keuleneer qui se sent moins seul, depuis sa révision de la situation
Etienne De Callataÿ qui y voit de l'altruisme intéressé
Paul De Grauwe qui a besoin du marché et de l'Etat
Geert Noels qui sort de sa bulle de verre tout en admettant que quand on vend de la dinde pour Noël, il faut qu'elle soit présentable.

Tous voient une crise sociale qui va remplacer la crise financière.

Écrit par : L'enfoiré | 11/04/2014

Imaginez: "Avoir raison en démocratie"

Pourquoi quelqu'un qui dirait "J'ai tort", cela n'arrivera jamais.
Pourtant, ce ne serait pas absurde d'avoir tort.
Parler au nom de la raison, de chaque côté d'un débat, est normal.
Mais, l'enjeu n'est pas d'avoir raison, mais d'avoir raison de l'autre.
L'antithèse se trouve chez Montaigne: "Je me sens bien plus fier de la victoire que je remporte sur moi quand dans l'ardeur même du combat je m'efforce de plier sous la force du raisonnement de mon adversaire que je me sens gré de la victoire que je remporte sur lui grâce à sa faiblesse".
La vraie force serait de savoir être vaincu et convaincu par l'autre et réciproquement
Mais, il aimerait être convaincu par les idéaux auxquels il adhère déjà.
C'est pour cela qu'en démocratie, il n'y a pas de vrais débats.

http://www.arte.tv/guide/fr/048892-025/imaginez?autoplay=1

Écrit par : L'enfoiré | 12/04/2014

«Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu», une comédie pour se défouler!

Christian Clavier a pris son pied en écrivant le scénario, en grande partie à Bruxelles avec Jean-Marie Poiré. Décor: la Révolution française. Mais pour l’heure, c’est dans la peau d’un Français pure souche, tendance réac, qu’on le retrouve à l’affiche de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, de Philippe de Chauveron. La comédie, pour Clavier, c’est un choix de goût, de vie, de plaisir.

-Avez-vous déjà dit «Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu»?
- Non. Je ne me place pas dans ce genre de problématique. Je suis rarement en dialogue avec Dieu, même s’il fait partie de ma vie.
- En regard des résultats des récentes élections en France et de la montée du Front national, le film de Philippe de Chauveron ne tombe-t-il pas à pic?
- Je ne crois pas que le Front national étende sa toile sur la France lors de ces élections. Sur ce point, je ferme la parenthèse pour ne plus en parler. Ce film sur les préjugés qu’on peut avoir est conçu pour faire rire. Ce n’est pas un film à message et surtout pas à message politique. C’est la première fois qu’on n’a pas une posture morale pour traiter ce sujet-là. Ce serait désastreux de se remettre dans une posture morale et politique. Nous sommes dans le cinéma de distraction. Ce film est un défouloir comme l’était Le Père Noël est une ordure. Mon personnage passe son temps à dire des choses qu’il ne faut pas dire ou ne pas penser. Personne n’est épargné. La jubilation qu’on a à voir les personnages agir donne une distance par rapport à certains préjugés.
- Ne pensez-vous pas que le rire peut être salvateur face, justement, aux préjugés?
- C’est votre problématique pas celle de nous, artistes. Moi, ma seule prétention est de divertir. La comédie est un choix de goût, de vie, de plaisir. J’y suis très heureux, je la revendique fortement. D’autant que c’est le meilleur moyen de rencontrer le public.
- En voyant le film, on pense à de Funès dans «Rabbi Jacob» disant à son chauffeur d’un air étonné: «Salomon, vous êtes juif?»
- Vous avez raison. On est dans le même principe. Je joue le même type de personnage que jouait Louis de Funès. Avec Chantal Lauby, nous formons un couple de Français traditionnels un peu réac de Chinon. Et je dis des énormités qui font rire et défoulent. En même temps, le film est bien ancré dans le monde actuelavec ce mélange de générations et de cultures. Les gendres entre eux ne se pardonnent rien. Ça décrit une situation très française.
- Personnellement, avez-vous dû vous battre contre des a priori?
- Je suis de la génération 68. Donc, on était très en révolte par rapport à nos milieux familiaux. Mais je n’ai pas souffert d’ostracisme. Effectivement, quand j’ai dit à mes parents que je voulais devenir comédien, ils étaient effondrés. Dans la France de cette époque-là, c’était le plein-emploi. Le seul endroit où il y avait du chômage, c’était dans le milieu artistique. Donc nos parents étaient catastrophés. Cela s’est vite dissipé car à 25 ans, on faisait le succès avec Les Bronzés! Moi, je n’avais que cette envie: devenir comédien. J’ai fait science-po par facilité, pour ne pas avoir les vivres coupés.
- Vous dites souvent que vous êtes plus auteur qu’acteur. Comment vous sentez-vous ici en tant qu’acteur à 100%?
- Très bien car je suis tombé en empathie avec ce script et la manière dont le réalisateur regardait ses personnages. Je me suis régalé. Ce n’est pas évident de trouver quelque chose qui me plaît car j’ai un taux d’exigence important. J’ai eu de très beaux rôles donc la barre est très, très haute. Je ne me satisfais pas facilement. La belle rencontre est plutôt rare.
- Avez-vous besoin d’improviser à l’intérieur du cadre?
- Si j’aime le scénario et que le réalisateur est client, je me laisse aller. Mes camarades du Splendid disent qu’avec moi, on ne peut jamais couper. Quand je suis à l’aise, j’invente. Mais je suis un acteur très concentré. Je travaille beaucoup avant et je me laisse une grande liberté sur le plateau. Je connais toutes les répliques de tous les personnages. C’est ma manière de savoir ce que je joue.
- L’an dernier, on a beaucoup parlé de la morosité du cinéma français. Pensez-vous que la comédie peut être la solution?
- Certainement. Et ça a toujours été comme ça. La comédie est le genre que le public préfère, or c’est le plus difficile à faire. Mais la proportion entre les comédies réussies et ratées reste la même.
- On demande souvent à un acteur comique pourquoi il ne fait pas de rôles dramatiques. Jamais on ne demande à un acteur dramatique pourquoi il ne fait pas de rôles comiques…
- Car en général, ils ne savent pas faire rire! Ce n’est pas une question de talent mais de nature. Le sens du ridicule sur soi ou l’envie de la dérision ne s’apprend pas. Savoir faire rire est un privilège.
- À quel moment avez-vous compris que vous aviez ce privilège?
- Dès 12-13 ans. J’ai commencé à imiter les profs, à faire rire les copains. Puis j’ai eu le privilège d’être dans des comédies mythiques. Dieu m’a gâté! Et on y retourne par jubilation de le faire et pour le plaisir donné au public. Les Bronzés 1, 2, 3, Les visiteurs 1, 2, 3… les gens sont demandeurs!
- D’où pression?
- Il n’y a pas de métier sans pression. C’est excitant de me remettre à la table pour écrire Les visiteurs3 avec Jean-Marie Poiré. Je me suis régalé car j’ai retrouvé les fondamentaux de cette histoire sur la descendance. J’adore parler de la France, des Français, de la famille. J’ai approfondi mon sujet. On a trouvé de nouveaux descendants. En pleine Révolution française, à l’époque de la Terreur. Les descendants de Jacquouille prennent le château des descendants de Godefroid, toujours incarné par Jean Reno. Tous ces révolutionnaires étaient très jeunes, entre 22 et 25 ans. Ce qui permet d’ouvrir le casting à toute une nouvelle génération d’acteurs. Cela renouvelle l’esprit du film en gardant ses fondamentaux.
- Avez-vous le sentiment d’être un passeur face à cette nouvelle génération?
- Probablement. Je leur donne des conseils qu’ils ne suivront pas mais le rapport est très sympa. Ils me rappellent le rapport que j’ai pu avoir avec Poiret-Serrault, Maillan, Galabru, Ventura et Mondy, qui fut mon mentor. La grosse différence avec cette nouvelle génération: ils twittent pendant le tournage. Et il n’y a plus ce silence religieux comme j’ai pu le connaître sur le plateau de Quand la fête commence avec Philippe Noiret. Là, ça déconne non-stop pour se défouler et évacuer le trac. Mais il y a les mêmes angoisses et les mêmes envies d’arriver.
- Qu’aimez-vous dans l’observation des Français?
- C’est une observation de moi-même. Je regarde les qualités et les défauts qu’on peut avoir. Les Français prennent un malin plaisir à se dresser les uns contre les autres, c’est leur défaut principal. Et cette forme d’intolérance est ennuyeuse. C’est un peuple de comédie!

http://www.lesoir.be/521752/article/culture/cinema/2014-04-15/qu-est-ce-que-j-ai-fait-au-bon-dieu-une-comedie-pour-se-defoulerhttp://www.lesoir.be/521752/article/culture/cinema/2014-04-15/qu-est-ce-que-j-ai-fait-au-bon-dieu-une-comedie-pour-se-defouler

Écrit par : L'enfoiré | 16/04/2014

Pourquoi ne nous comprenons nous pas toujours dans les débats?
Le S&V d'avril en parlait: le darwinisme culturel qui pourrait s'adapter aux comportements sociaux.
Qu'est-ce qu'un trait culturel en sociologie? Un conte, une chanson, un accent, une pratique, une croyance?
Une population partage un environnement culturel, échange des traits qui se reproduisent d'individu en individu.
La capacité à se reproduire ne tient pas à l'aptitude à reproduire l'idée mais à la résistance aux multiples déformations que ceux qui la colportent, lui font subir
Talent d'imitation pour certains, mais pour la majorité, les idées transmises ressemblent de moins en moins à leur version originale.
Si les idées ne n'écartent pas trop de la valeur moyenne particulière, propre au groupe, elles résisteront.
Mais elles varieront lentement par le mécanisme de sélection naturelle pour atteindre la stabilité de leur inertie et l'imprévisibilité du hasard.

Écrit par : L'enfoiré | 16/04/2014

La machine de guerre intellectuelle du PS (Anne Poutrain)

Le PS, un parti de dogmatiques et de cryptocommunistes ? Détrompez-vous. Derrière la façade se cache un énorme réseau intellectuel, sorte de filet arachnéen piloté par des cerveaux. Tel un organisme vivant où les informations circulent nuit et jour, où des experts s’impliquent et des influences s’exercent. Visite exclusive dans les coulisses d’un engrenage qui rend le PS presque invincible.

Jeudi 8 mai, Boulevard de l’Empereur à Bruxelles, siège du PS. Sainte-Gudule vient à peine de sonner ses 18 coups qu’un groupe de fringants trentenaires écoute attentivement un exposé de Benoît Bayenet, professeur à l’ULB, dans la petite salle du bureau du Parti. Bayenet leur distille un exposé pointu sur les finances publiques. Les participants à ce cours d’économie et de financement alternatif suivent une formation de haut niveau pendant un an. Sous la houlette de Guy Quaden (ex-gouverneur de la Banque Nationale), Jean-François Cats (Banque Nationale, FSMA) ou encore David Szafran (Banque Nationale, PWC), ils sont initiés à des thèmes tels que la gestion financière, la gestion des dettes, la régulation et le système de la banque-assurance.
Pas le genre de cours que l’on prend au pied levé. Un peu comme la Vlerick School, mais à la sauce socialiste. Les participants, soigneusement triés sur le volet, officient dans des banques, des sociétés de consultance, des compagnies d’assurance ou encore des cabinets de réviseurs d’entreprises. Il y a de fortes chances que parmi eux, entre les quatre murs de cette salle exiguë, se trouvent les "éléphants" de demain. Autrefois, le Parti organisait déjà des "political schools" semblables à celle-ci, dispensant des formations de haut niveau sur les rouages de l’État belge, la sécurité sociale et les finances publiques. D’ailleurs, les élèves de l’époque figurent tous aujourd’hui dans l’organigramme du Parti. Les cours font en quelque sorte office d’alevinier où le Parti puise les cerveaux qu’il préparera ensuite à une carrière dans le réseau socialiste.

Énigme vivante
Tout le monde a en tête l’image de bastion dogmatique du PS, qui accompagne le Wallon du berceau à la tombe, au même titre que le syndicat et la mutualité. On connaît cependant moins la machine intellectuelle qui commande ce système, peuplée de l’intelligentsia francophone. Pourtant, elle constitue un élément essentiel pour comprendre la force de frappe du PS et pourquoi les socialistes wallons contrairement à leurs homologues européens sont farouchement accrochés au pouvoir.
Mais revenons au Boulevard de l’Empereur. C’est au 3e étage, au service d’études du Parti, qu’il faut trouver la clef du mystère. L’Institut Emile Vandervelde (IEV) est en quelque sorte l’antre de la machine de guerre socialiste. Ici, c’est la mystérieuse Anne Poutrain qui mène la danse. Bras droit d’Elio Di Rupo et du président de parti Paul Magnette, son pouvoir et son influence sont tels qu’on la considère comme le vrai patron du PS. En d’autres termes, il s’agit de la femme politique la plus puissante du Royaume. Depuis son apparition aux côtés de Di Rupo pendant le marathon de négociations qui aura duré 541 jours en 2010-2011, tout le monde sait désormais qu’elle existe, même si ses apparitions publiques restent rares. En dehors des enceintes socialistes pourtant, personne ne la connaît vraiment.
Une rencontre avec l’énigme vivante du PS est une expérience unique. Poutrain ne s’entretient jamais avec la presse. Elle ne souhaite pas davantage être citée. Cependant, avec le secrétaire du parti Gilles Mahieu, elle est aujourd’hui disposée à nous laisser jeter un œil en coulisses, tout comme plusieurs sources au sein ou en dehors du réseau, la plupart sous couvert d’anonymat. La puissance de l’engrenage du PS existe par la grâce de sa discrétion.
Premier constat: dans ce conseil de guerre, que du beau monde, tout comme au sein des cabinets ministériels d’ailleurs. Cela dit, il ne suffit pas d’avoir le cœur au bon endroit, les collaborateurs du PS doivent exceller. Avec deux diplômes en poche et un parcours intéressant, outre leur CV la plupart de ces jeunes trentenaires ont aussi déjà de l’expérience dans une grande boîte de consultance, au barreau ou à la Commission européenne.

Examen d’entrée
Pour pénétrer dans l’antre socialiste, les candidats doivent se soumettre à un test standard. Ils disposent de 24 heures pour démêler un dossier politique, où ils doivent argumenter selon l’angle de vue du PS puis le résumer dans un communiqué de presse. Les trois meilleurs sont invités à passer un test écrit: le Parti recherche des têtes bien faites capables de s’exprimer de manière concise. La dernière épreuve consiste en un entretien avec Anne Poutrain. Les candidats qui survivent à ces trois épreuves sont autant de "perles socialistes", dotées de l’intelligence et des compétences nécessaires pour entretenir un réseau d’informateurs. Ces perles ont aussi, il va sans dire, le cœur là où il faut.
Cette politique éprouvée en matière de ressources humaines est essentielle. En plus des personnes qui se présentent spontanément, le PS investit activement dans la sélection. Dans les universités, le Parti recrute parmi les étudiants prometteurs des facultés de droit, d’économie ou de sciences politiques. Le Parti entretient des contacts réguliers avec l’ULB particulièrement. Plusieurs professeurs brillants liés au Parti songeons à Robert Plasman (économie), Benoit Bayenet (économie et finances publiques), Carine Doutrelepont (droit des médias) ou Marc Uyttendaele (droit public) reçoivent de temps à autre un appel du Boulevard de l’Empereur. Le Parti les sonde régulièrement sur les profils de leurs étudiants et doctorants. Idem à Liège, et dans une moindre mesure dans d’autres universités du pays. Des stages dans des bureaux d’avocats comme celui de Doutrelepont ou d’Uyttendaele constituent également un tremplin vers le PS.
Ces brillants élèves officient généralement quatre ans à l’IEV avant d’être redirigés vers les cabinets. C’est le cas notamment du juriste Jérémie Tojerow, conseiller de Di Rupo, qui a joué un rôle décisif dans le démêlage du casse-tête BHV. Ou de l’économiste Pierre Provost, qui a négocié la loi sur le financement pour le PS. Grâce à cette politique systématique de recrutement précoce, le réservoir de talents ne se tarit jamais.

À la barre
Alors qu’en Flandre, ces profils seraient rapidement orientés vers un bureau d’avocats ou une entreprise de consultance, dans le sud du pays, ils atterrissent au PS. Pourtant, ils sont nettement moins bien rémunérés que dans le secteur privé alors qu’ils travaillent d’arrache-pied. La différence est de nature culturelle, à en croire les intéressés. En Wallonie, la primauté du service public est encore bien vivante. "Nous sommes ici avec notre tête, certes, mais aussi et surtout avec notre cœur", affirme Jérémie Tojerow. "Nous sommes aussi des militants. Nous avons participé aux manifestations du PS le 1er mai. Nous souhaitons mettre nos connaissances économiques ou juridiques au service de la lutte pour une société plus juste et plus sociale."
"Si vous ne le vivez pas dans les tripes, ça n’ira pas": tel est le message transmis aux nouveaux collaborateurs. Il faut y croire, sinon, vous ne pourrez pas tenir le rythme. En contrepartie, vous aurez la satisfaction de faire bouger les choses. Le Parti est au pouvoir depuis 26 années, sans interruption, à tous les niveaux. Le jeune membre de cabinet ou collaborateur à l’IEV en est donc également acteur. Le service d’études n’est rien de moins que le cœur palpitant du Parti, qui injecte en permanence des informations dans les veines du système. Le jour, mais aussi, souvent, la nuit.
Chacun des 14 conseillers de l’IEV est spécialisé dans plusieurs domaines et dirige un réseau soigneusement composé de dizaines d’informateurs. Ce réseau socialiste informel a des ramifications profondes au sein de la société. Les répertoires de leurs smartphones contiennent les numéros de professeurs et d’experts, de chefs d’entreprises et de syndicalistes, de banquiers et de fonctionnaires, de personnes de terrain, de l’enseignement, des ONG, de la Commission européenne. Des référents susceptibles d’être sollicités à tout moment. Au sens propre également. "Si nous devons par exemple réagir rapidement au commentaire d’un opposant ou à une question parlementaire, nous disposons de deux heures pour rédiger une note. C’est alors que le réseau est sollicité. Généralement, la personne qui peut vous aider réagit rapidement. Même dans les moments les plus inopportuns. "
Il est ainsi arrivé plus d’une fois à l’été 2010 qu’un expert dont l’intervention était nécessaire soit contacté par téléphone quelque part dans le monde, sur une plage ensoleillée. Des fiscalistes ou des professeurs sont parfois consultés en pleine nuit pour l’une ou l’autre question technique abordée dans la campagne.
Pourquoi acceptent-ils d’être à ce point disponibles ? Parce qu’ils sont dévoués au Parti, nous répond-on. Le raccourci nous semble un peu trop facile, cependant. L’opportunisme est une motivation aussi valable. Pour obtenir quelque chose en Wallonie, il faut être au PS. Les chefs d’entreprises en sont bien conscients. Des personnes telles que Jean-Pierre Hansen, Luc Vansteenkiste ou Luc De Bruyckere ont leur propre ligne directe avec le Parti. Pour obtenir une autorisation, mieux vaut en effet pouvoir solliciter son réseau politique. Alors que la Flandre ne jure que par une administration dépolitisée mais souvent étouffante par le nombre de ses règles, la Wallonie emprunte des voies plus directes. Or dans la pratique, elles mènent souvent au PS…

Une machine huilée
Le système des informateurs remonte à l’époque de Guy Spitaels. Lui-même professeur d’université, "Dieu" se targuait d’alimenter son parti en cerveaux et en informations privilégiées. Selon certaines indiscrétions, il disposait d’un réseau personnel d’une centaine de sommités dans toutes les strates de la société. Lesquelles lui envoyaient chaque dimanche une note présentant brièvement les événements essentiels de la semaine à venir: publication d’un rapport, d’un chiffre-clé, etc. Spitaels disposait d’une mine d’informations, qui lui permettait de commencer la semaine avec une longueur d’avance sur le reste du monde politique. Ce système informel a été bétonné à l’IEV, qui s’est transformé, surtout sous Poutrain, en une machine parfaitement huilée capable de débiter des informations et disposant d’un budget annuel de 2,2 millions d’euros. L’institut fonctionne comme un organisme vivant qui, au travers de centaines de tentacules, ne cesse de collecter des informations, de les traiter, de les emballer et de les régurgiter à tous ceux pour qui elles revêtent une utilité, du Premier ministre aux militants.
Cette organisation capillaire est essentielle. Elle est la raison pour laquelle Poutrain est à la fois directrice de l’IEV et chef de cabinet du président du parti, la raison pour laquelle elle passe ses journées au téléphone avec Magnette et les différents chefs de cabinet et pour laquelle aucun dossier important ne peut se passer de son feu vert ou de celui de Gilles Mahieu à bord depuis de nombreuses années, il fait office de trait d’union entre toutes les branches du parti. Raison pour laquelle, aussi, un membre du service d’études est toujours présent lors de négociations ou de débats d’importance. Et pour laquelle l’IEV tient également les rênes de toute la chaîne marketing durant la campagne: tant les idées pour le programme du parti que leur traitement dans les brochures et spots de campagne sont "maison".
Ses opposants qualifient le système d’étouffant et de dirigiste. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre: il est efficace. Aujourd’hui, les 14 membres de l’équipe IEV passent le plus clair de leur temps à éplucher les propositions des opposants à la recherche de la moindre erreur, aidés notamment par le simulateur développé par André Decoster, professeur à la KUL. Simultanément, ils fournissent des munitions aux candidats au cas où ceux-ci seraient confrontés à des questions délicates sur les pensions ou les allocations lors d’une tournée de porte-à-porte dans leur bastion. Poutrain dirige le tout d’une main de maître. Un collaborateur déclare: " Je suis souvent en contact avec des CEO d’entreprises du Bel 20, et Anne Poutrain n’a absolument rien à leur envier en termes d’intelligence et de performances.

C’est une machine."
Du côté du Boulevard de l’Empereur, on réfute avec véhémence l’hypothèse que tout viendrait d’en haut. De nombreux dossiers trouvent leur origine dans des questions concrètes émanant de la base. De plus, chaque conseiller, en tant que militant, a aussi son propre réseau local, qui fait office de deuxième cercle autour des experts. On y contrôle la faisabilité des propositions. "Ce reality check est essentiel", explique Tojerow. " Nous ne travaillons pas dans une tour d’ivoire, mais sur la base de dossiers socio-économiques qui vivent sur le terrain. "

Tremplin
De ces dossiers, Poutrain connaît tous les tenants et aboutissants. Mais il y a plus. Elle est la seule du Parti à avoir une vue d’ensemble sur tous les pions de l’échiquier. Elle connaît tout et tout le monde, du sommet à la base. Toute personne qui entend jouer un rôle significatif au sein du PS doit passer par elle. Lorsqu’un collaborateur quitte l’IEV et que la "perle" qui doit la remplacer se trouve quelque part dans un cabinet, elle la réquisitionne, tout simplement. Elle a cette autorité. D’où la rotation constante de personnel entre l’IEV, les cabinets, les administrations, les parastataux, les intercommunales, etc.
Pour la plupart, l’IEV est le tremplin pour une carrière dans des cabinets, puis dans des organismes (semi-)publics. Les collaborateurs qui ont officié quelques années au service d’étude n’ont guère de difficultés à réussir les examens qui ouvrent les portes d'une fonction dirigeante au sein de l’Administration. Ces cerveaux aboutissent systématiquement à des postes-clés. Comme Olivier Vanderijst (société d’investissement SRIW, SNCB), Frédéric Delcor (administration de la Communauté française), Laurence Bovy (port de Bruxelles, SNCB, SFPI), le partenaire de Bovy Jean-Paul Philippot (réseau d’hôpitaux IRIS, RTBF), Benjamin Cadranel (SDRB, Brussels Airport), Dominique Vosters (CSA) ou Julien Compère (CHU Liège, le plus grand hôpital wallon). La liste des personnalités qui ont travaillé au service d’études ou dans les cabinets pour ensuite faire carrière dans l’appareil public est infinie.
Le privilège d’accéder à une telle position n’est pas anodin. Vous restez membre de la grande famille. "Si c’est nécessaire, on attend de vous que vous répondiez présent", indique le connaisseur du parti et politologue Pascal Delwit. " Surtout lorsque la situation est tendue, comme durant les négociations de formation de gouvernement. Entre juillet 2010 et décembre 2011, de nombreux membres de ce réseau étendu ont été invités à livrer leur expertise pour les centaines de scénarios sur la table concernant la réforme de la loi de financement, BHV, le régime des allocations ou les pensions. "

Suivre
Non pas que le Parti s'apparente toujours à un orchestre symphonique. Il y a la réalité des baronnies de Liège et de Charleroi. Et de sérieuses fissures sont apparues dans la trinité parti-syndicat-mutualité, jadis inébranlable. Cependant, quand le ciel se voile, on serre les rangs. La machine se remet en marche. Le PS est-il un cas unique? D’autres partis ont également des services d’études, des membres de cabinets et des pions disposés à des postes cruciaux. Hélas, ils sont souvent contraints de solliciter les mêmes experts. Et nulle part le réseau intellectuel n’est si étendu, ni développé de manière si systématique qu’au PS. La machine PS écrase tout sur son passage. Elle inspire d’ailleurs autant d’aversion que d’admiration. Bart De Wever (N-VA) y aurait trouvé un modèle pour le développement de son propre service d’études.
Et les rares fois où il s’est exprimé positivement concernant le PS ces dernières années, c’était pour reconnaître son respect non feint pour l’efficacité de l’IEV.
L’objectif ultime: avoir deux longueurs d’avance sur l’adversaire. Durant les précédentes négociations gouvernementales, c’en est même devenu anecdotique. "J’ai le sentiment que nous devrions rédiger une note sur cette piste de réflexion", annonçait parfois Poutrain après une longue journée de négociations. Ses collaborateurs rétorquaient alors: "Mais ils n’en parlent pas du tout !". Poutrain: "Quand bien même: il faut une note! "
Généralement, le sujet n’était pas abordé le lendemain. Jusqu’à ce que subitement, tard dans la nuit, un président de parti jette discrètement l’idée sur la table. Sur quoi Poutrain, rayonnante, plongeait dans son attaché-case pour tendre la note à Di Rupo. Problématique, proposition du PS, argumentation, chiffres, sans oublier, en bas de page, le numéro de GSM de l’expert qui peut être consulté le cas échéant. Mission accomplie: l'opposant était à nouveau distancé.

Source: http://www.lecho.be/actualite/economie_politique_belgique/La_machine_de_guerre_intellectuelle_du_PS.9500300-3154.art

Écrit par : L'enfoiré | 13/05/2014

L'article ci-dessus est écrit par Anne Poutrain, directrice de l'IEV (Institut Emile Vandervelde) et est à la disposition du Président du PS, de son Bureau et des membres des groupes parlementaires socialistes.

Il est intéressant de lire l'article de 2010 ( http://archives.lesoir.be/anne-poutrain-la-femme-cle_t-20101106-014C28.html )

Écrit par : L'enfoiré | 14/05/2014

Hier, un autre débat organisé par RTL et VTM entre les mêmes acteurs, a eu lieu: duel entre Magnette et De Wever

Le résultat de ce show politique hors norme? «Ça a bien clashé », résumait Stef Wauters, le présentateur de VTM.

1. Ils ont fait leurs jobs, ils ont abattu leurs arguments avec efficacité et sang-froid
Paul Magnette voulait démontrer que Bart De Wever voulait faire éclater la solidarité sociale, et donc le pays. Mission réussie. Le président de la N-VA a clamé sa volonté de confédéralisme et a expliqué que si le socio-économique était primordial pour lui, l’institutionnel l’était tout autant, les deux aspects étant indissociables. Inversement, Bart De Wever voulait montrer que le PS bloquait l’évolution confédérale du pays. Mission réussie. Le président du PS a martelé que la scission de la sécurité sociale était inenvisageable.
Les deux orateurs ont tenu leurs temps de parole sans faiblir, en martelant leurs thèmes habituels. La N-VA antisociale veut casser les plus fragiles de notre société, version PS. Nous vivons dans deux démocraties qui n’ont plus rien à voir l’une avec l’autre, version N-VA.

2. Un débat ultra-préparé, certainement pour Paul Magnette
Le premier duel, organisé par le journal «l’Echo », n’était pas télévisuel et s’était déroulé devant un parterre essentiellement composé d’entrepreneurs. Les thèmes étaient plus socio-économiques et plus pointus que cette fois. Paul Magnette s’y était révélé moins à l’aise. Bart De Wever avait cogné plus dur.
Cette fois, l’équilibrage était total et la préparation sans faille. Le public de 250 personnes comptait 40 socialistes d’un côté et 40 N-VA de l’autre. Applaudissements et railleries ont rythmé le débat, sans avantage pour l’un ou pour l’autre. On a toutefois perçu un Bart De Wever moins surprenant et déstabilisant qu’il ne peut l’être habituellement.

3. Les piques de Magnette ont fait mouche
Le «vous n’êtes pas encore l’Empereur de Flandre » lancé par Magnette a frappé fort. C’était la traduction de l’idée obsessionnelle énoncée par le président du PS: la Flandre ne se résume pas à la N-VA, la Flandre a des chômeurs aussi, la plupart des Flamands ne veulent pas la fin du pays. Bref, Magnette dit vouloir montrer qu’il existe plusieurs choix en Flandre, dont des choix progressistes et sociaux. Pas certain qu’il convainque le moindre électeur flamand.
Pour démontrer l’absence de notion de solidarité de Bart De Wever, Magnette a rappelé que De Wever avait été fort irrité lorsque son salaire de sénateur fédéral avait été raboté pour faire des économies. Pour la petite histoire, le parlement flamand était venu discrètement rallonger le salaire de «ses » sénateurs diminués. Bart De Wever s’est récrié un « c’est faux » mais sans plus.

4. Les tacles de Bart De Wever ont frappé
Bart De Wever a martelé ses arguments habituels. «Est-ce démocratique de ne pas avoir le plus grand parti du pays (le sien, la N-VA) dans la majorité et de laisser la Flandre payer la facture? » Il a tancé le niveau des impôts et les allocations de chômage. «On est le seul pays au monde à payer des jeunes qui n’ont jamais travaillé ». «Avec ça le bonhomme ne nous dit pas comment il va trouver 12 milliards d’économie ». Le bonhomme, c’est Magnette (dont De Wever n’a pas cité le nom une seule fois pour ne parler que de PS).

5. On n’est pas sauvés
Pourront-ils se parler après les élections? «Non pas avec ce PS-ci », a lâché De Wever. «Non pas avec la N-VA qui veut la scission du pays », conclut Magnette. Les lignes n’ont pas bougé: tout les oppose. On n’est pas sauvés. Si le débat a au moins eu un mérite, c’est celui-là: démontrer l’impasse dans lequel sera à nouveau plongé le pays le 26 mai prochain si PS et N-VA, en grands vainqueurs chacun dans leur communauté, devaient faire un gouvernement commun. Pour les éventuels distraits qui ne l’avaient pas encore compris, la vision de ce débat démontre la mission impossible. Dans ce cas, le pays serait paralysé et PS comme N-VA pourraient nous rejouer leur duel tous les soirs pour s’accuser mutuellement de cette paralysie.

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140513_00475640&utm_source=actu24&utm_medium=newsletter&utm_campaign=flash&utm_content=general-news&M_BT=46623438105

Écrit par : L'enfoiré | 14/05/2014

Puis ce matin, le politologue, Dave Sinardet, qui venait expliquer les raisons pour quoi BDW ne venait pas à la RTBF

http://www.rtbf.be/video/detail_l-invite-de-bertrand-henne-dave-sinardet-14-05-14?id=1926354

Écrit par : L'enfoiré | 14/05/2014

Comment ne pas parler de "La folie des tests électoraux"?

Ils se présentent comme des boussoles pour les électeurs perdus. Trois grands médias ont développé le leur. Nous les avons testés pour vous. Le résultat est pour le moins surprenant.

On a tous pratiqué les tests de personnalité, genre "êtes vous mer ou montagne?" ou "altruiste, héros solitaire ou leader charismatique?". Souvent, c’est sympa. Mais les tests en vogue à l’approche des élections du 25 mai sont d’une nature autrement plus sérieuse. En quelques questions, ils prétendent déterminer le parti dont vous êtes le plus proche. Celui pour lequel, en toute logique, vous devriez voter le dimanche 25 mai. Un scrutin importantissime pour le pays. C’est sans doute ce qui a amené tant de monde à participer à ces tests: près de 200.000 clics pour La Voix des Belges, le test réalisé par RTL-TVI. A la RTBF - associée à plusieurs médias francophones ou flamands ainsi qu’à l’UCL -, on se targue de frôler le million de participants.
Concrètement, trois tests proposent de répondre à une batterie de questions, amenées parfois sous forme d’affirmations. Exemples concrets: "les centrales nucléaires doivent rester en activité" (test RTBF-UCL). Ou encore: "les pouvoirs publics devraient diminuer les cotisations sociales des entreprises" (test Le Soir-ULB). Certaines sont carrément surprenantes: "Il faut à nouveau interdire l’avortement" apparaît ainsi dans le test Le Soir-ULB, de même que "la démocratie représentative est le meilleur régime politique actuellement dans le monde". On cherche un peu le rapport avec la campagne actuelle et les enjeux immédiats…
Même s'ils se ressemblent très fortement en apparence, chaque test a aussi ses nuances, qui influencent le résultat final et le parti dont on vous dira proche. A la RTBF, on peut simplement dire si l’on est d’accord ou pas avec les affirmations qui apparaissent à l’écran. Ou éventuellement s’abstenir. Là où, du côté du Soir, on peut décliner sa réponse de "tout à fait d’accord" à "pas du tout d’accord". Même gamme de choix à RTL, avec un petit curseur que l’on fait glisser de droite à gauche pour représenter au mieux sa nuance. A noter aussi que le test électoral RTBF-UCL vous propose in fine de pondérer vos propres choix en déterminant quels sont les sujets réellement importants pour vous lors des élections. Celui qui répondra de manière affirmative à toutes les questions liées à la sécurité, au renforcement des contrôles contre l’immigration (thèmes traditionnellement chers à la droite) mais qui in fine qualifie ces thématiques de moins importantes que le social ou l’environnement sera donc tout de même catalogué socialiste ou écolo.
QUI S'ABSTIENT VOTE... CDH
On a donc testé, en nous mettant dans la peau de différents électeurs. Premier constat, ça marche pas mal. On se retrouve proche du parti pour lequel on vote effectivement. On a aussi cherché la faille. Et on l’a finalement un peu trouvée du côté de l’abstention. Ces tests comportent de 20 à 35 questions. Ça fait beaucoup, même pour qui suit l’actualité de près. Voilà qui nous a donné l’envie de jouer à celui qui n’a d’avis sur rien. Et de répondre systématiquement "sans opinion" ou "je ne sais pas". Verdict: à la RTBF-UCL, le nombre d’abstentions est limité, "pour la crédibilité du résultat de votre test, le but est de discriminer les partis", nous y a-t-on dit. Les autres concepteurs de tests ne se sont visiblement pas encombrés de ce souci et celui qui n’a d’avis sur rien se retrouvera... catalogué CDH, proche d’André Antoine et de Francis Delpérée!
Ce n’est pas tout. Le test Le Soir-ULB propose des graphiques de proximité. Encore une fois, en s’abstenant systématiquement, on découvre que l’on est proche à 50 % du PS, à 52 % du MR et d’Ecolo. Des partis, dans le chef des deux premiers, pourtant supposés aux antipodes de la sphère politique. Le même calcul nous donne d’ailleurs proche à 62 % du Rassemblement Wallonie France. L’explication tient dans la manière dont ont été réalisés les tests. Après analyse des enjeux mais aussi des programmes des partis, ceux-ci ont reçu les questions et ont été priés d’y répondre. Les participants aux différents tests sont donc jugés proches des partis qui ont les mêmes réponses qu’eux.
"Ces résultats sont intéressants, sourit un peu ironiquement Geoffrey Grandjean, chargé de cours à l’ULg. Mais la formulation des questions manque parfois un peu de finesse. On n’est pas toujours radicalement d’accord ou pas d’accord. Toutefois, il y a une vraie recherche dans les questions, elles couvrent à chaque fois un large spectre de thématiques." Un autre politologue préfère nous répondre anonymement, de peur de se fâcher avec l’institution qui l’emploie (et qui est partenaire de l’un des tests). "Ces tests sont tous plus mauvais les uns que les autres. Dans celui bilingue RTBF-VRT, j’ai même relevé que certaines questions sont mal traduites d’une langue à l’autre, ce qui peut influencer le résultat."
PETITS PARTIS? GRANDS CANDIDATS?
Pas la panacée démocratique, donc... "Si je recommanderais à mes étudiants de faire ces tests? Honnêtement non, répond Geoffrey Grandjean. Ça reste un peu grossier pour des gens qu’on veut pousser à la finesse, à aller chercher l’information là où elle est: dans les programmes, les interviews de mandataires, les positionnements, etc."
Autre reproche fréquemment fait à propos du test RTBF, l’absence de présence des petits partis (PTB ou PP entre autres) pourtant crédités de quelques élus dans les sondages. Résultat, si l’un des électeurs potentiels de ces partis très à gauche ou très à droite participe au test, il sera vraisemblablement qualifié de proche du MR ou du PS. Un comble!
A l’UCL, Conrad Meulewaeter fait face. "C’est une faiblesse du test, mais il faut savoir qu’on a commencé à travailler sur ce projet il y a un an. Soit avant que ces partis ne percent dans les sondages. Il faut bien fixer des règles, nous avons pris celle d’intégrer uniquement les partis ayant au moins un parlementaire."
En coulisses, il se murmure d’ailleurs que le PTB aurait organisé une campagne d’envois massifs d’e-mails afin de protester contre son absence dans les résultats.
Autre reproche fréquent, le fait que ces tests soient dépersonnalisés: point de candidats dans les questions. Elles portent sur des points de programmes. Mais en pratique, les campagnes et les choix électoraux sont souvent affaire de personnalité: "La politique se joue sur les sentiments et émotions que les politiques renvoient avec leur image", souligne Geoffrey Grandjean. Or, cette image est la grande absente de ces tests. Une fois encore, Conrad Meulewaeter assume et défend "son" test, celui de l’UCL et de la RTBF: "C'est un outil rigoureux. Il vise à intéresser les gens. Son atout et sa force, c’est aussi d’amener le participant à réfléchir sur son vote." On voit là un but commun à tous les tests électoraux, et il est noble: privilégier le fond sur la forme. Et inciter l’électeur à se laisser convaincre par des idées plutôt que par le joli minois ou le bagout des candidats. Sauf que, faute d'être encore tout à fait au point, ils ne représentent peut-être finalement qu'un autre genre de loterie.

http://www.moustique.be/actu-societe/286504/la-folie-des-tests-electoraux?utm_source=messagent&utm_medium=e-mail&utm_campaign=20140513_MOUSTIQUE_WEEKLY&utm_content=La+folie+des+tests+%E9lectoraux

Écrit par : L'enfoiré | 14/05/2014

Quand les petits partis s'en mêlent, avec l'humour de Alex cela donne

http://www.rtbf.be/video/detail_cafe-serre-d-alex-vizorek-15-05-14?id=1926539

Quand il parle du FDF cela devient cela
http://www.rtbf.be/video/detail_cafe-serre-d-alex-vizorek-16-05-14?id=1927033

Écrit par : L'enfoiré | 15/05/2014

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