25/05/2007

Elire, c'est guérir

Conte fantastique en quatre actes. Fantasmagorique, dirait Dali.

 

Acte 1:

Il était une fois un grand pays qui était malade de manière chronique et recurrente. La maladie était imprécise, douloureuse. Alors périodiquement, elle devait se trouver des incitents, des médicaments pour couper le mal qui rongeait sa population.

0c2f393ca74baa75c221354c267a35a3.jpgLa radio entonnait de manière répétitive le fameux « Je suis malade ». Rengaine aussitôt reprise par l'homme de la rue. Cela ne pouvait, encore une fois, pas durer. Même chose au sommet.

Alors, comme toujours, il y eu des âmes charitables qui se sont présentées. Elles étaient douze cette fois. Douze apôtres qui étaient prêts à sacrifier leurs heures de repos pour cette population en détresse. Chacun, volontaire. Chacun qui arrivait avec son médicament miracle. La couleur du médicament avait une couleur bien déterminée et cela plaisait manifestement. Jolies qu'elles étaient ces pilules colorées de santé ! Plutôt fades pour les unes, plus foncées pour les autres. Avec le stéthoscope autour du cou, tous ces médecins voulaient se placer au chevet du « grand malade ». Mais tous ne pouvaient se retrouver à la même place. Il fallait choisir. Des urnes allaient devoir sortir des tiroirs.

Le diagnostique devait tomber. A première vue, c'était facile mais, en écoutant la poitrine du malade, le diagnostique était plus réservé. Ils diagnostiquèrent en coeur une bronchite aiguë.

Plus de précisions, après analyses plus poussées, devaient se schéduler pour plus tard. Une date fut fixée après de longs palabres. Un premier tour allait départager forcément les Rois Mages.

 

Acte 2:

Premier tour de vis, premier tour d'espoir. Le laboratoire devait seulement préparer encore les doses homéopathiques ou plus drastiques. Les remèdes vont être ajustés au mieux. On catégorise, on s’affaire pour obtenir le meilleur résultat.

Le malade le vaut bien. C'est ce qu'on dit à longueur de journée. Le carton blanc a été remis à chacun en main propre pour rappeler la date du premier rendez-vous. La population est aux anges.

Premier élaguage réussi. Plus que trois médecins en lice avec trois médicaments dans les petites boîtes prescrites par la crème des docteurs. Pour l’après souper, à ingurgiter bien assis, lentement, doucement, avec les conseils incorporés présentés pendant une demi heure chaque soir. Pas moyen de rater les prescriptions.

Trois médecins dans la lucarne qui vont se donner un mal fou à guérir de l’abstentionite et de la doutemania. C’est très retorts, ces maladies-là. Pour certains, même, c’est quasiment incurable. Mais on espère que ces malades chroniques trouveront leur planche de salut dans la modernité des vaccinations antérieures et la publicité apportée par l’expérience infuse des autres malades. On compte et on décompte, encore une fois.

Pour le malade, cela faisait déjà moins d’effort à endurer. Les minutes consacrées aux visites chez les médecins précédents, les conseils répétées inlassablement, étaient devenues insoutenables. Chacun avait sa potion pour changer l'inchangeable. Les 12 médicaments d’avant goûts étaient peut-être variés, colorés ou a-variés, c’est selon. Mais cela faisait beaucoup. La demi-finale a décidément du bon. Le match, c'est du sport. Et on aime le sport surtout quand c'est tous les calibres confondus.

Ce soir, pas question de recommencer la même posologie de la veille. Il faut cette fois, allonger avec un peu d’eau à prendre avant le repas. Cela passe mieux par après.

Il le fallait sous peine de passer à l’indigestion. Ce serait dommage d’en arriver là. Et c'est vrai, cela va déjà mieux. Mais il faut progresser et toujours aller de l'avant. L'heure fatidique de la décision approche.

L'étape suivante va être déterminante. Le soin des ingrédients en témoigne. C'est écrit.

Deux seuls médicaments, les autres ont déjà été éliminés. Ouf.

 

Acte 3:

044284658df9eec964f41e79bee8cc4a.jpgRechute, la maladie a repris un peu d'efficacité. Les crampes reprennent. La guérison est au bout du chemin. On le répète. On le sent d’ailleurs. Un deuxième tour et puis s'en vont. Et puis les deux dernières prescriptions se prennent avec un coup de rouge dans le verre bleu. Une visite chez le médecin s’impose tout de même. On va bien écouter les dernières recommandations.

Les deux médecins se sentent un peu stressés de chaque côté de la table sûr d'avoir la médication la plus persuasive ou la plus adéquate. Le soulagement d'être là est visible. Le moment est solennel.

Le mal de mer avec tangage incorporé a été encore évité.

5dcb0fe976c5ab56b9326e771f73956e.jpgLa médecine est tellement efficace aujourd’hui!

Le malade commence à sourire. Enfin pas tous, et pas tout à fait, parce que certains ont déjà poussé la dose en overdose. Ils ont quitté le bateau en route les mains posées sur le ventre. La houle a été plus forte pour les estomacs délicats. La maladie a eu raison d’eux tout simplement. Ils chercheront encore cinq ans à quel Saint se vouer.

La majorité est encore heureusement guérissable. Les médecins rescapés resteront au chevet des malades et veilleront encore à la bonne santé de ses derniers administrés délicats. Les remèdes de cheval s’accommodent bien avec un peu de sucre. Alors, il ne faut pas hésiter. cbdc1245fbe82d88a4a2af0e49a8c220.jpg

 

A la table des discussions, on s’échange quelques pilules dans le verre présent du côté du collègue tout aussi avisé.

Ca y est le client est convaincu. Le médecin avec le costume plus blanc que blanc doit avoir la pilule miracle plus blanche que blanche.

c68ddde047ecbad31ff811b9beebb0da.jpgOn a pointé, on a tiré, on a choisi dans l'urne en son âme et conscience.

La pilule bleue est la gagnante. La couleur "ciel azur" ou "bleu roi". Elle est tellement forte, qu’on se sent un peu saoul. Mais, ce n'est pas grave. Tout le monde est content ou comptant.

Rien que d’y penser, on se sent déjà mieux, on s'y voit déjà. La contagion a été maitrisée. On est guéri.7f33b0648e9a1e1a2336e6874aea142b.jpg

 

Acte 4:

En lisant les petits caractères de la posologie, il est indiqué qu’il faudra prendre le dernier médicament avec précaution. Les effets secondaires sont nombreux comme sur toute posologie.

« Contrôler les symptômes de la guérison », est même écrit en plus petit encore.

Décidemment, on commence à prier pour que le médicament ne soit pas un placebo. Cela va très bien de tester cela en laboratoire, mais, alors, il faudrait tout de même avoir des résultats dans un avenir proche. Les musiques douces, les pilules irisées bleues et rouges aux repas passent encore, mais se retrouver plus malade qu’avant, là pas d’accord.

Surtout que ces foutus médicaments ne sont toujours pas remboursés par la Sécurité Sociale.

En plus, ce n'était pas des maladies orphelines, donc pas de prétextes à prévaloir, pas de complexes à sursoir. Le Conseil de l'Ordre des Médecins est tellement peu accessible.

Il faut bien toujours rester au top en médecine.

8dcaff47db828826e33f46f1a4df684f.jpgEn haut, on recompte une dernière fois.

Quelque part, dans une belle ville de ce grand pays, un colleur d'affiche fait son travail. Il tombe sur une vieille affiche qui fait l'éloge d'un grand film d'antan. Elle est déchirée, mais on peut encore lire "Un jour mon Prince v...". Il a préparé sa colle et s'est mis à afficher une vieille pub "Un coup de barre et ça repart".

Je crois que je ne pouvais trouver mieux comme chute à mon article.

 

L’Enfoiré,

Et sur Agoravox, qu'est-ce qu'on en dit?

Le Panda en flash back

Citations:

 

  • "La maladie ne se guérit point en prononçant le nom du médicament, mais en prenant le médicament.", Sankara

  • "L'ambition est comme un médicament, il faut en prendre la dose prescrite, car elle peut être soit bénéfique, soit nocive.", Marc Allégret

  • "Les hamsters ne connaissent pas leur bonheur qui bénéficient des nouveaux médicaments aux effets miraculeux cinq années avant les hommes.", Philippe Bouvard

PS: Les caricatures ont été récoltées chez le dessinateur Kroll attitré sur le site du Soir.

 

19/05/2007

Expérience, tu ne nous rattraperas jamais

L'homme a bâti son histoire et son progrès en fonction de son expérience, de ses succès et de ses échecs. L'ampleur des projets d'aujourd'hui, les défis de demain nécessiteraient une communion d'efforts moins disparates.

medium_Experience_tu_ne_nous_rattraperas_jamais_00.jpg"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre" disait Karl Marx.

Voilà la phrase que l'on entend souvent lors de la commémoration des génocides, des accidents, des drames pour exhorter les hommes à ne plus se lancer dans les mêmes entreprises ou à rectifier les erreurs qui ont coûté des vies humaines ou des efforts extraordinaires.

Pourtant, la leçon ne sert pas toujours et apparemment nous serons condamnés à revivre les mêmes expériences chacun de son côté sans jeter suffisamment de coups d'oeil dans l'assiette du voisin ou de partager avec lui ses propres compétences. "Faire et refaire, c'est aussi travailler !" serait-on tenter de conclure.

Les temps changent mais l'industrie doit assumer des risques qui pourraient être partagés.

Les prix Nobel de physique, de chimie, de médecine sont de plus en plus attribués à des équipes de travail. Mais nous restons convaincus de chercher des sponsors derrière des drapeaux, sous leur protection financière. Normal.

L'histoire raconte que pendant toutes les années de la guerre froide entre les États Unis et l'URSS, la conquête de l'espace a été une lutte de prestige pour être le premier à lancer son engins spatial, à envoyer le premier un être vivant dans l'espace, son premier homme à y graviter et son premier piéton sur la lune. Premier ceci, premier cela, notion, cette fois, élevée à l'échelon d'un pays.

Cela s'est fait au prix d'efforts consentis énormes, de sommes colossales. Sommes qui n'ont pas toujours été recherché par l'intermédiaire d'investissement à l'échelle correspondante à l'effort à consentir.

En 1989, le mur de Berlin est tombé et avec lui les barrières et l'URSS, elle même, barrières qui empêchaient de travailler ensemble dans des projets aussi importants que ceux qui entourent le projet de conquête de l'espace. Les États-Unis et la Russie se rejoignent dès lors dans les projets ambitieux de l'espace. La lune, à nouveau, revient comme tremplin cette fois à l'horizon de Mars. Image de réconciliation médiatisée ou changement de l'instinct de compétition? Il s'agit plus de l'instinct qui reprend le dessus avec les coups de froid qui font présager à une nouvelle forme de guerre froide.

Pouvons-nous espérer que ces apartés sont terminés et que des projets ambitieux tels que l'envoi d'homme dans l'espace qui, jusqu'ici, n'ont atteint que la périphérie de notre Terre? Et bien non.

La concurrence est à nouveau là, franche et battante. Seuls les acteurs ont changé. Est-ce toujours à l'avantage du consommateur final?

L'esprit de compétition, qui peut être tout à fait justifié dans d'autres domaines moins universels, a repris à nouveau le flambeau. Toujours la même lutte entre compétition et coopération !

En 2004, on comptait 70 satellites chinois. Le budget était évalué à l'époque de 50 à 70 milliards de dollars taïwanais pour le bord continental et de 1,6 milliards pour Taïwan. Le premier est considéré comme menace militaire par l'autre qui se veut plus tourné vers la connaissance scientifique et pour les retombées industrielles.

La Chine, qui sort de son isolement et de sa pauvreté, vient de faire revenir des hommes de l'espace.

Le vaisseau Shenzhou VI qui a atterri le 17 octobre 2006 après un vol de cinq jours a permis d'accomplir la première étape du programme chinois de missions spatiales habitées, qui s'intéressait au développement des véhicules spatiaux, a expliqué Tang Xianming, directeur du Bureau chinois d'ingénierie spatiale. Cette dernière mission de Shenzhou VI a coûté l'équivalent de 130,53 millions de dollars.

Les Taïkonautes arrivent. Fei Junglong et Nie Haisheng, à leur retour, ont été accueillis, à l'époque, en héros à Pékin paradant dans une décapotable à travers une base militaire et sous les félicitations de milliers de soldats et de groupes d'écoliers. Voilà les mêmes phénomènes de société qui réapparaissent et dont il faudra s'habituer aux nouveaux noms encore plus exotiques.

«Selon nos estimations, nous pourrons accomplir des sorties dans l'espace (EVA) de nos astronautes vers 2007», a déclaré Tang Xianming. Rien de nouveau pour l'homme si ce n'est pour une partie d'entre eux.

Erreur de traduction dans le mot "astronautes"? La politique, à nouveau, joue le rôle du chacun pour soi et de la compétition pour raison unique de prestige. A qui le tour?

Le patriotisme est un beau sentiment, peut-être, mais tellement peu efficace pour le genre humain en entier.

Nous n'en sortirons donc jamais d'avoir des hommes qui ne regarderont (ou qu'on poussera à ne regarder) que leur nombril sans oser élever la tête vers leurs semblables et ce qui existe ailleurs pour travailler de concert dans le même but.

Participer à des projets grandioses à l'échelle humaine peut faire avancer celui-ci beaucoup plus vite vers la réalisation des rêves. Il ne s'agit pas de réinventer la roue pour y arriver, mais peut-être lui poncer les angles et y ajouter l'huile pour lui faciliter le travail.

La Chine se défend en proclamant qu'il est un des plus grands pays du monde en satellites météorologiques et en météorologie par satellite. Oui, mais encore une fois, une collaboration mondiale pour un projet mondial ne serait-il pas la meilleure alternative? La pollution dû à l'encombrement des satellites qui se bercent dans le néant de la périphérie de notre terre devient insupportable et cela pour des centaines d'années.

Ce qui se passe en Iran avec cette volonté de poursuivre les développements du nucléaire est aussi exemplatif de cette volonté de faire comme tout le monde mais dans l'aparté. La raison d'état décidera, elle, de soutenir ou de rejeter le même genre de problème.

Le projet ITER qui voudrait produire l'énergie sur terre comme le ferait le soleil, par la fusion nucléaire coûte très cher. "Rêve technologique, cauchemar économique" en a-t-il été dit. Voilà bien un projet dans lequel l'argent n'a pas tellement d'importance face à l'obligation du changement. Il en va du futur de la planète et de son énergie qui sera toujours en deçà de ce que l'homme a besoin même s'il commence enfin à économiser son énergie.

medium_Experience_tu_ne_nous_rattraperas_jamais_Galileo.jpgEn 2002, le projet Galileo est lancé dans l'allégresse et la fierté de pouvoir réaliser sous le drapeau de l'Europe un programme révolutionnaire dans l'espace. Notre indépendance par rapport à la navigation par GPS américain serait assurée. En principe, du moins. En mai 2007, il faut déchanter. Le projet est dans l'impasse. Il avait été assigné à des groupements industriels se déchargeant, par là, de toutes responsabilités après une enveloppe de départ. Encore une fois, un ratage de niveau par rapport aux ambitions. Des dissensions entre les membres industriels et la CE en sont la cause principale. Les gouvernements impliqués veulent remettre les choses à plat. En espérant que ce ne soit pas encore les pieds dans le plat.

La notion d'appartenance à une entité de gens scientifiques de tous les horizons est bien plus motivante en finale que d'être bridée à la taille d'un pays si grand soit-il. La dimension de l'entité devrait être en rapport direct avec l'importance du projet. Compléter les connaissances par les siennes n'est pas concurrencer. Faire bénéficier de ses découvertes au niveau d'un pays, et à fortiori de la part de blocs aussi puissants, devrait au moins sortir l'esprit de "copyright" de l'environnement de notre monde. Pour le savant, se retrouver dans le dictionnaire universel, n'est-ce pas la meilleure façon de marquer l'histoire? Faute de télécharger la connaissance in vitro ou in utero, chaque naissance génère une somme d'expériences humaines à revivre de A à Z et d'autres plus personnelles. Cela fait partie de l'évolution. Celle-ci va ajuster à son rythme les imperfections. L'homme pousse sur le champignon et il veut aller plus vite. Mais pour que les dernières lettres de l'alphabet ne se perdent dans le temps et dans les efforts inutiles, il conviendrait bien d'agrandir les esprits.

La mondialisation n'aurait-elle un aspect positif par l'élimination de doublons? Elle aurait perdu son côté péjoratif en sortant de la motivation unique de faire de l'argent et d'exercer sa puissance à relativement petite échelle nationale.

Humoristiquement, à la Belge, on pourrait dire "Tout cela nous ne nous ramènerait pas le Congo".

Faire sa propre expérience, de réaliser certaines choses avec ses propres outils, ses propres connaissances est nécessaire et très important pour prouver à soi-même son utilité. Le prestige est tellement plus grand et l'esprit d'équipe n'a pas toujours le ressort suffisant pour permettre de se faire connaître, de se faire envier par le monde. Pourtant, avec cet esprit assez étroit, on se condamne à rester cantonner dans des limites de réflexions trop étroites. Placer la barre à bonne hauteur est une obligation de responsabilité. Ce n'est pas du temps perdu de la placer mais le faire avec le maximum de sécurité pour assurer et assumer par la suite, est une sagesse trop souvent méprisé. Les échecs les plus cuisants sont à l'origine de ce manque de clairvoyance, de prévoyance. Un projet se construit avec autre chose que du "y-a qu'à". Une sous-estimation par l'étape "décisionnel" sera ensuite à la tête d'une perte de temps, d'argent pour toutes les marches de l'échelle financière et humaine.!

01681852440ecd055f9aecec0a971628.jpgCar, plus prosaïquement, au bas de l'échelle de la compétition, on veut aussi rendre la grenouille plus grosse que le boeuf. Des projets ambitieux naissent et meurent par leur mauvaise appréciation des risques. Chacun a son propre niveau de compétence et d'incompétence. Mettre les moyens ad hoc est plus difficile qu'il n'y paraît quand il faut établir un prix et envoyer une offre à un client ou prospect. Tous les acteurs de tous les échelons devraient parapher les projets. Ce n'est pas cela qui est fait. Que du contraire. Les fusions à coup de milliards sont faites entre les entreprises imposant de fait et de haut en bas une philosophie traditionnelle du pouvoir d'une élite.

Privé et public harmonisés aussi au niveau social et fiscal dans un même combat par le partenariat. Le capitalisme est une voie. Il y en a d'autres à découvrir.

A réfléchir: "Les idées peuvent-elles évoluer autrement que par la compétition?" Question suivante, tout aussi importante: "Les particularismes subsisteraient-ils avec l'intérêt pour tous les maillons de la chaîne, sans le pouvoir et l'argent en appui?".

Alors, préconisons, peut-être les ajustements des projets à la grandeur des tâches et des ambitions. Chaque homme, chaque entité commerciale ou publique, chaque bloc se verront un jour confrontés à ses propres limites face à l'immensité des projets qui auraient plus de chance à se placer au niveau supérieur ou même mondial. Étude de faisabilité, analyse de haut en bas et de bas en haut. Pas de honte à retirer ses billes quand il le faut. Attention au château de cartes.

La compétition entre blocs est peut-être motivante et productrice de résultats. Les réalités quand elles dépassent les fictions par leurs difficultés, il s'agit de les penser à la bonne échelle et de se positionner au niveau le plus adéquat pour s'assurer les meilleurs succès.

La coopération sans arrière pensée, voilà le maître mot du futur. Les challenges que l'homme aura à affronter demain, seront peut-être d'un autre ordre encore. Le problème du climat, le plus criant, pointe à l'horizon. La protection contre la chute des météorites par un bouclier à imaginer en est un autre. Bouclier qui serait bien plus efficace que celui que l'on veut réimplanter entre les deux anciens blocs. Le sommet de Samara, qui vient de s'achever, ne réglera rien pour restreindre les tentions dans un contexte qui refrise la guerre froide sans idéologie de bloc heureusement. Un échec de plus pour un partenariat. L'Europe n'est pas prise au sérieux. Pour l'homme de la rue en Russie, l'UE est toujours considérée comme un addition des anciennes nations sans coopération.

Sans être alarmiste outre mesure, les défis de l'humain par rapport au réchauffement climatique et qui n'ont rien à voir avec ceux des pays, sont bien là et il faudra prendre les problèmes ensemble sous peine de disparaître.

Il vaudrait mieux se préparer à cet état d'esprit. Nicolas Hulot exhortait la prise de conscience par ce slogan: "Redonnons du sens au progrès".

Recycler, utiliser en préférence ce qui est renouvelable. L'écologie n'est qu'un outil, une relance sous une autre forme de l'économie, un fardeau pour certains. Ce mouvement pourrait normalement rester apolitique car il n'a rien à voir avec une position dans l'échiquier politique. Mais, j'admets que pour être entendu...

La science et la nature sont aussi trop important pour les laisser uniquement dans les mains des politiques. Remonter en dehors des budgets locaux, pour "adoucir" les problèmes que les chercheurs et scientifiques endurent pour vivre par manque de fonds.

Qu'on n'extrapole pas mes réflexions, tout de même. J'ai parlé de fusion de projets, de programmes et d'idées. J'ai parlé d'échange de savoir, mais pas de fusion d'idéologie, de sociétés étatiques, de nations, de sociétés commerciales dans le but de faire plus de profits ou d'élargir une puissance. On peut très bien avoir son "jardin secret", sa manière de voir le progrès et la défendre. Le pluralisme apporte l'effet de levier dans la compréhension de notre monde.

La devise belge, "L'union fait la force", serait-elle à l'honneur, un jour, dans une élan d'humanisme?

Pour ce 21ème siècle, oserait-on espérer que l'on aura dépassé un jour ce cocorico des nations quand il s'agit du progrès de l'Homme avec un grand 'H'? C'est une autre forme d'altermondialisme. La planète n'en a peut-être rien à y gagner vu ce que notre humanité lui a fait subir jusqu'ici. La nature a dû apprendre à partager équitablement son espace et son temps avec nous.

Autant que cela soit sous meilleurs auspices pour les deux pour réaliser un rêve et non un cauchemar. Faut pas rêver? Mais si...



L'enfoiré,

 Un peu d'expériences cherchée sur Agoravox, peut-être...

Citations:

  • "C'est seulement dans l'imagination des hommes que chaque vérité trouve une existence réelle et indéniable. L'imagination, et non l'invention, est le maître suprême de l'art, comme de la vie.", Joseph Conrad
  • "L'invention technique procède de l'homme seul et non de ses besoins vitaux, mais de ses rêves, c'est-à-dire de ses vrais désirs.", Denis de Rougemont

  • "On a mis pas mal de temps pour inventer la roue et beaucoup moins pour inventer le roue de secours", Philippe Geluck

  • "Notons que si les premiers seront les derniers et que les derniers seront les premiers. Ca ne change strictement rien pour ceux qui sont aux milieu.", Philippe Geluck


 

 

10/05/2007

Europe irisée

Ce 5 mai 2007, la Fête de l'Iris, fleur et symbole de Bruxelles avait pris du champ. Il se retrouvait par moment sur les chemins de l'Europe au Berlaymont. Le message est passé: l'Europe s'irise par l'esprit et la forme.

medium_Europe_irisee02.3.jpg                    

Ce samedi, c'était la fête de Bruxelles, représentée par l'iris. Vous vous souvenez peut-être de mon article récent lors du 50ème anniversaire de l'Europe "En manque d'europlanisme". Je rappelais alors tous les plantages et les ratés de sa construction.

On voulait manifestement y attacher une volonté de marquer des points positifs avec son rapprochement avec l'Europe.

La Commission européenne était aussi en fête.

Le Commissaire Barrosso accompagné de la reine en sortait et se promenèrent dans ce début de fête. Bruxelles se veut et s'en félicite d'être la capitale de cette Europe même si la population s'en plaint lors des embouteillages créés les jours de réunions des grands de ce monde.medium_Europe_irisee11.2.jpg

Les Français ne s'y sont pas retrouvés dans le marchandage et ne sont pas contents que Strasbourg n'a pas cet écho.

J'ai déjà répondu. Cela aurait pu être Paris et cela ne l'a pas été et n'a peut-être même pas été proposé. Bruxelles, pourquoi ne vaudrait-elle pas aussi une messe?

De toute manière, peu importe où l'on situe le centre d'une communauté du moment que l'idéologie persiste et signe.

De Bruxelles, reparlons-en. J'en avais déjà exprimé les idées générales dans "Air de Bruxelles, Brusselers".

medium_Europe_irisee21.3.jpgAujourd'hui, se suffit-elle encore dans le monde de dessinateur de BD Franquin?

Ma réponse est oui et non.

Elle est devenue complètement internationale par ses extensions tout azimut colorées, raciales, ethniques et idéologiques.

Tous les peuples se retrouvent mixés. Dans cette ville, on n'y vit pas encore 24h sur 24 mais à part cela, elle ressemble à la pomme, irisée en plus, que l'on connaît à New-York. Toutes les mentalités et les peuples sont représentés en quartiers ou intégrés avec plus ou moins de bonheur. Pour y arriver en harmonie, il faudra continuer à ajouter des passerelles entre les cultures. La langue est bien sûr le lien de l'intimité, mais il y en a d'autres. Musta Largo, artiste engagé, chanteur originaire du Maroc donnait sa vision en se sentant avoir deux passés, son Maroc et sa Belgique et seulement un futur ici. Le futur, pour soi et ses enfants, entre gens civilisés est-ce un cri du coeur ou de pragmatisme? Une période de probation pour l'immigration, de longueur raisonnable, période d'essais comme on dirait dans l'entreprise, restera la seule vrai intégration de part et d'autre démocratiquement. Du cas par cas, évidemment.

Le Bruxellois ne sera, sûrement, demain, plus celui d'aujourd'hui en blanc-bleu-belge. La transformation est en route à petite ou à grande vitesse. Les mariages se font et se défont entre ethnies et nationalités. Même au gouvernail du pays, il n'est plus rare de s'apercevoir du changement. Alors, oui, bonjour Zidane, salut Moustaki et hello Arasdeltouf...

medium_Europe_irisee24.3.jpgCe même jour, sur la grande place, j'en ai pris des photos et on pouvait entendre les you-you pour canoniser l'événement du mariage. La solidarité, que nous avons souvent perdu, a encore une valeur dans ces pays d'"ailleurs".

 

Une catastrophe à redouter?

Non. Tout dépend des moyens de la métamorphose et si le changement se construit dans un environnement propice à la communication, à la communion de pensée, de l'assimilation de ce défit.

Car, défit, il y a et aura. Il se généralise même à toutes les villes du monde où les gens se sentent bien. Le texte suivant "Immigration, intégration, citoyenneté en Belgique" pourrait éclairer. 

L'uni-racial a vécu que les grincheux soient au balcon ou non. Nous sommes en période de transition. Combien de temps durera-t-elle? Pas bien longtemps. Les voitures qui circulent sont en perpétuelles mutations. Après les "I", et les "PO" d'avant, voilà les "PL", les "ES", et j'en passe, qui se lisent de plus en plus sur les plaques minéralogiques. Le pluralisme d'idéologie est devenu une obligation qu'on le veuille ou non. La rue Neuve se mélange dans un « melting pot » et des conversations de tous les horizons qui ne cherchent pas la caricature. Pas d'idylisme, pas de fatalité. Des faits.

Bruxelles, centrale et assez centriste politiquement, a beaucoup d'atouts mais elle l'ignore. La politique ne fait pas encore les choux à la crème des discussions. Humaniser, harmoniser les relations en physique pur plutôt qu'en virtuel via internet est son destin. Les élections législatives prochaines auront du grain à moudre sur la question.

medium_Europe_irisee18.2.jpgLe caractère bruxellois, bon-enfant, rouspeteur mais avec une couche de protection dans l'autodérision, assez différent du reste du pays, devrait faire passer ce cap difficile avec une philosophie toute personnelle et très particulière. Des tee-shirts avec "Proud to be belgian" ne fleurissent pas encore. Le chauvinisme n'est pas (encore) la tasse de thé. Il ne faut néanmoins pas se voiler la face. Si Bruxelles réalise 20% des richesses du pays avec seulement 10% de la population belge, tout n'est pas pour le mieux. Plus de 20% de chômage contrastent avec ces chiffres encourageants. "Chacun doit trouver sa place à Bruxelles" disait l'échevin de l'urbanisme.

En attendant, venez mangez nos moules frites, nos chocolats, nos fetas, nos couscous et nos souchis.medium_Europe_irisee34.3.jpg

Vous y trouverez tout en plats et sans complexe, à la bonne franquette, comme on dit chez nous.

J'aime vivre à Bruxelles, je le répète. Telle qu'elle est. Avec ses faiblesses et ses idées fortes. Simple et complexe à la fois, dans la grande diversité. J'apprécie mes ballades à vélo dans ses rues étroites et ses boulevards moins destinés à protéger mes deux roues qu'elles ne le devraient. La cité, à dimension humaine, permet d'en faire le tour après seulement quelques petits kilomètres de ceinture. Ses communes l'agrandissent, mais cela n'empêche pas que Bruxelles se retrouve un peu à l'étroit aujourd'hui.

medium_Europe_irisee36.3.jpgAvec un tel esprit, le Berlaymont ne sera plus un bateau à la dérive et les bâtiments Shuman-Léopold de la CE, un « Caprice des Dieux ».

 

L' "Homo Bruxellus" s'exporte aussi très bien.

Jean-Claude Van Damme, un autre bruxellois qui a fait son chemin ailleurs, avait ces paroles d'une profondeur extrême, lues dans un hebdomadaire:

 

« J'aime bien aider maintenant. Tu te sens mieux si tu aides quelqu'un, même dans la rue ou un papy qui descend sa poubelle. Si on fait tous une action comme ça dans le monde entier, le monde change à une vitesse exceptionnelle. Mais il faut le nucleus. C'est comme une bombe atomique. C'est le big bang dans cette illusion qu'est la réalité. »

 

Quand, je vous disais qu'on a des ressources de ce côté de la frontière... Avec le mot "nucleus", n'était-ce pas de Bruxelles, qu'il pensait, nostalgique ?

Bizarre, ces Belges! Vous avez dit bizarre? Comme c'est étrange, un Bruxellois !

L'Enfoiré,

 

Euopean Year of Equal opportunity for All 

Pour plus de détails le livre "Immigration et intégration en Belgique francophone - Etat des savoirs", Marco Martinelli, directeur de recherches au FNRS.

Sur Agoravox, retrouvons peut-être d'autres bruxellois caricaturaux ou qui en discutent.

 

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Des chanteurs en parlent à leur sauce aussi: Dirg Annegarn "Bruxelles", Jacques Brel "Bruxelles, Bénabar "Bruxelles", Dalida "Il pleut sur Bruxelles", Annie Cordy aussi par les paroles de Jean Vallée sur la place Poulaert, le 21 juillet 2003

 

 

 Citations:

  • "Faute de parler, on meurt sans confession", Proverbe belge

  • "On est tous l'étranger de quelqu'un. Étranger est l'une des plus belles promesses du monde, promesses de couleurs, belles comme la Liberté", Marc Lévy dans son dernier livre "Les enfants de la liberté"

 

Des photos, encore des photos.

 

05/05/2007

Baden-Powell, MV Doulos même combat ?

Thalassa du vendredi 27 avril 2007 parlait de la Corse sur France3 mais il avait aussi un chapitre qui avait pour titre "La Bible et le gouvernail" et qui parlait du bateau MV Doulos. Dans le même temps, on fêtait les 100 ans du scoutisme. Mais, qui a-t-il comme relation entre les deux?

 

Le MV Doulos a une histoire longue comme le bras. Il remonte son existence jusqu'à être contemporain du Titanic.

De quoi faire dire à son capitaine :

- Les constructeurs du Titanic en étaient si fiers qu’ils ont dit « même Dieu ne pourrait couler le Titanic !», nous, nous disons quatre-vingt-douze ans plus tard « seul Dieu maintient encore le Doulos à flot »!

Et pour mener à bien cette étrange mission, GBA (Good Book For All) son armateur dispose d’un argument de poids : un demi million de livres dans les cales de leur étrange navire librairie ...

Depuis lors, il sillonne, en effet, les mers avec des pavillons multiples, avec à bord des noms de toutes consonances, de toutes nationalités.

Après avoir risqué la casse de nombreuses fois, après des tribulations pacifiques et militaires, ce bateau a été racheté pour presque rien et il dresse depuis le pavillon du "bon sentiment", avec des drapeaux de tous les horizons devenu pour l'occasion presque pour apporter des couleurs apatrides et l'envie de porter la bonne nouvelle de Dieu au travers le monde. Seul lien, seule obligation, parler l'anglais à bord.

Le mot "évangélisation" n'est pas aimé à bord. Il est plutôt mis en sourdine. Pourtant, il s'agit bien du but essentiel. Ce n'est pour se former à la navigation. Ces 350 marins d'eau très douce voyagent en sachant à peine où se trouve le mat de misaine. Un enseignement de la navigation est fait presque en catastrophe pour éviter la vraie catastrophe. Mais comme disait le capitaine, la motivation placée au plus haut remplace le manque d'expérience. Lors d'une tempête, les images du documentaire nous montrait que l'enseignement et avoir le pied marin n'avait pas été poussé jusque là.

Les ports par où ces voyageurs spéciaux transitent ne sont pas choisis au hasard. On les y attend avec les les bras ouverts et le plus de sourires possibles.

Bon enfant, ils veulent refaire le monde à bord et où ils accostent. Faire le monde meilleur, plus responsable. Tout un programme, pour une arche de Noé reconstituée. Mais aussi, plus dépendant d'une autorité qui prend leur destin et leur esprit imperceptiblement.

Dans l'histoire, nous avons toujours eu des missionnaires volontaires et efficaces pour faire le bien dans le monde. L'aventure de la vie quand on peut la diriger selon des préceptes que l'on veut partager avec les autres et soi-même est un sacerdoce qui se comprend et s'apprécie à sa juste valeur. Mais comme pour ces voyageurs marins, il s'agit d'une aventure à part entière que l'idéologie protège pour un bénéfice partagé par eux-mêmes et les autorités qu'ils représentent. Celles-ci s'occupent de l'intendance car souvent un troisième acteur intervient aussi: l'argent et le pouvoir. Voilà, un nouveau larron en foire !

Le fondateur du scoutisme est le Baron Baden-Powell, 8ème fils d'un Révérend. Quelque part, un missionnaire aussi si l'on y réfléchit. L'armée, la religion étaient apparemment ses motivations et ses sponsors avant l'heure. Défenseur de la discipline, sa carrière militaire lui permet de s'apercevoir du rôle important d'éclaireur. En Afrique du Sud, où il est capitaine, il en a la confirmation à la vue des indigènes qui l'impressionnent par leur efficacité dans cette fonction. La guerre des Boers est pour lui une occasion de monter dans l'échelle de la célébrité par le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899. Si le courage y était, l'astuce n'était pas absente non plus. En 1900, il se retrouve major-général. "Aids to Scouting" (l'art des éclaireurs") est né. Franc-maçon, il est assez crieux que le mouvement ait été dévié par un abbé français vers une idéologie plus religieuse.   

« À la fin de ma carrière militaire, dit Baden-Powell, je me mis à l'œuvre pour transformer ce qui était un art d'apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d'apprendre aux jeunes à faire la paix; le scoutisme n'a rien de commun avec les principes militaires. ».

Mais cela y ressemble furieusement et même en temps de paix.

Sur sa tombe au Kénia est gravé un signe de piste (symbole), le signe « fin de piste, retourner » et qui peut être interprété par "Je suis rentré chez moi". Curieux, il était pourtant né en Angleterre!

Un article de l'Echo 30 avril 2007 rappelle que les plus grands chefs d'entreprise ont été scouts dans leur jeunesse. Leur totem y est représenté fièrement. Cette force économique pèse 220 millions d'euros, est-il signalé.

Si la religion n'est plus en apparence le seul moteur de ce mouvement, elle en a été la base. Les chansons qui s'y chantaient, les messes qui faisaient partie des activités préconisées prouvaient. Les fondements sont-ils oubliés pour autant?

38 millions de scouts et de guides dans le monde (pour les femmes, c'est ainsi qu'on les distingue) dans 216 pays (160.000 en Belgique). Véritable laboratoire du management d'aujourd'hui. Les jeunes d'aujourd'hui, des hommes de demain souvent dirigeants qui seront rechercher en tant que tel. Les directeurs des Ressources Humaines passés par là, rechercheront plutôt de jeunes tiges avec la trace du foulard autour du cou. Rien d'anormal, ce qui se ressemble, s'assemble.

La longévité, le nombre de participants et parmi eux le nombre de têtes pensantes qui dirigeront notre économie, prouvent que le mouvement n'est pas aussi innocent qu'il n'y parait. Il y a, en Belgique, parmi ces 8% de jeunes ayant fait partie du mouvement scout, 5 fédérations dont certaines sont plus portées par le catholicisme que d'autres plus pluralistes. Il n'en reste pas moins vrai qu'ils ne représentent aucun mouvement ayant un contact quelconque avec d'autres religions moins chrétiennes.

Dans les rangs des scouts, on porte, plus modernisé peut-être, un uniforme très similaire à celui qui est porté dans les armées du monde. La structure, le salut au drapeau, une logique de hiérarchie, une certaine rigidité sont-ils les mêmes? Il faut obéir ou sortir des rangs. Les postes à pourvoir sont réservés à ceux qui ont "compris" la bonne parole impliquée dans les préceptes religieux ou militaires, si ce n'est les deux. Une structure pyramidale est toujours en place et les grands ont la responsabilité des plus petits. Les compétences doivent suivre naturellement après les stages de formation à la vie. École de cette vie qui transpirera toujours dans les actes d'adulte. La créativité et la responsabilité verticale et horizontale sont élevés aujourd'hui comme porte drapeau du scoutisme.

Les préceptes de solidarité, de respect en d'entraide ne sont, en effet, pas loin de ceux que l'on inculque dans les armées du monde avec pour seule différence, dans le cas de l'armée, qu'un ennemi peut être combattu par les armes. Le pouvoir et l'argent ont été aussi de la partie. Une cotisation est demandée pour faire partie. Le mouvement Patro a un uniforme vert, plutôt social. Le scout, un bleu, plus bourgeois. Le mouvement Don Bosco a voulu y répondre et donner sa propre vision, en son temps,

Le Jamboree organisé ce 29 avril à Bruxelles à l'occasion des 100 ans du scoutisme a rassemblé 100.000 jeunes de tous horizons. Les réunions commencées au Cinquantenaire, l'armée était bizarrement tout à côté des groupements de scouts. Les exercices militaires étaient même à disposition de ces jeunes. Le message implicite porterait-il sur le recrutement futur par l'envie comme deuxième étape ou stage? Le kaki était la couleur unique sur place. Pas de casques bleus en vue dont c'était aussi le cinquantième anniversaire ce 2 mai 2007.

Le manque de repaires des jeunes aujourd'hui intervient aussi dans le processus de récupération. Le jeu et l'esprit de réunion vont-ils réussir pour remédier à cette carence? Cela y ressemble.

Ce matin-là, je m'y suis baladé sur le Cinquantenaire et les constatations n'ont pas manqué.

D'entrée, les cadences de tambours cadencés me font penser à d'autres mouvements moins pacifiques: un, deux, un, deux, een, twee... sont les paroles qui coordonnent les coups portés sur le tambour.

Si l'uniforme est bien présent, il a pris des couleurs et des allures d'aujourd'hui. Les ballons sur la tête pour montrer que l'on n'est plus accroché à des images d'Épinal.

Plus loin, sacrilèges si l'on n'écoute pas bien: on danse sur des airs entraînants de Western. Surprenant? Il faut bien s'amuser un peu. C'est la fête et le jour de tous les extra. Beaucoup moins de discipline que le fondateur l'aurait voulu. Bon enfant que tout cela mais bien dirigé tout de même.

Les budgets pour arriver à leurs fins, à leur outil de cohésion "le sport" ne suffisent pas. Ok. Alors, pour financer, on met la main au fourneau ou à la pâte pour récolter les financements nécessaires aux projets. Toujours en Belgique, le bénévolat des louveteaux, des éclaireurs et des routiers peut s'évaluer à quelques 500 heures par an et par participant. Onze millions d'heures rien que pour la communauté française. A vu de nez, 200 millions d'euros sont ainsi récoltés. Mais c'est évidemment pour la bonne cause et pour le succès futur des enfants! Donc, pas de problème.

On cherche toujours des sponsors pour les chaussures et les uniformes et on compte sur les anciens, les précurseurs pour se souvenir du bon vieux temps.

Quand les fondements sont ébranlés dans l'histoire comme en 1968, le mouvement s'est réorganisé pour rectifier la pédagogie. Des éclaireurs et des pionniers ont été nommés pour réactualiser le processus en perte de vitesse jusqu'en 1980. Une démocratisation en a été un des résultats.

Comme, aujourd'hui, la religion catholique est en perte de vitesse en occident et que par contre, celle de l'islam, dont les valeurs sont différentes, fait parler d'elle de manière très controversée et virulente dans ses extrémités, ne serions-nous pas des deux côtés en préparation à une confrontation possible dans le futur?

La construction spirituelle prêt à se défendre ne peut devenir un antagonisme mortel pour les deux. Voilà la limite à ne pas dépasser.

"Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente", Georges Brassens.

École de vie, le scoutisme? Sans aucun doute. Il ne doit seulement pas, comme d'autres mouvements moins jeunes, devenir une école de mort. Le prix de la vie a trop souvent perdu de sa valeur aujourd'hui.

Toujours prêt? C'est sûr.

Mise en pratique des sentiments altruistes pour le bien du monde sur le bateau le Doulos? Aussi.

Préparation à la concentration des esprits vers un idéal que l'on veut très précis et dirigé vers un"Bien selon sa foi" sans partage avec une idéologie plus laïque? Je laisserai la réponse à qui pourra la donner.

La devise du 21ème siècle sera toujours, ne l'oublions pas "Restez groupés. On vit mieux ensemble et on arrive à plus de résultats". Je ne dirai jamais le contraire.

Tant que ce sera dans l'allégresse et la paix, pourquoi pas?

Qui le ferait autrement de réunir autant de jeunes avec la main tendue? Savoir marcher au pas, cela peut toujours servir dans la vie et l'uniforme restera le seul attribut de son identification égalitaire vis-à-vis des autres.

Les insignes, les décorations, les étiquettes seront là comme récompenses à un uniformisme de pensée.

Cela peut marcher ainsi, très probablement.

Encore faut-il que cette dernière reste consciente et qu'elle ne vire pas vers une continuation de cette volonté, ce plaisir de vivre ensemble dans une communauté mais qui serait en plus raciale, sectaire ou militaire dans l'âme.

Oserait-on même étendre cette réflexion et se poser "la" question de base: "Est-ce que l'homme ne naîtrait-il pas avec le plaisir de faire la guerre?".

Pour contrecarrer sa faiblesse naturelle, l'homme a inventé les armes qui lui manquaient à son corp nu. Alors, comme on aime sa propre création, son gamin se sent plus sûr avec un revolver en plastique quand ce n'est pas en "dur" ailleurs pour montrer sa force par rapport à la fillette avec sa poupée.

Un rôle de prédateur sophistiqué, voilà ce que la nature nous a attribué. La bête est en nous, c'est sûr. Autant s'en souvenir parfois.

Qu'on ne se trompe pas sur mes sentiments. Par cet article je ne désirais pas polémiquer, mais seulement soulever une question du côté de ceux qui en ont fait partie. Lors de l'émission radio de RTBF "Quand les jeunes s'en mêlent" du 5 mai, un jeune a exprimé le même doute. Il ne faudra jamais oublier que l'enfer est parfois pavé de bonnes intentions.

Un exutoire dans le scoutisme, comme il y en a dans le sport, dans le ... travail. Bravo, qui pourrait contester?

La manière de répondre ne sera pas à partir d'un groupement qui en décidera en finale mais en chacun de nous avec le seul miroir comme interlocuteur. Mais cela est une autre histoire. Un peu la mienne en somme.

Mon Totem à inventer?

Alors, pourquoi pas:


L'enfoiré caméléon réfléchissant,

 

Des réflexions du même type sur Agoravox



Citations:


  • "L'homme sage est celui des actes qu'il a accomplis et non celui des actes qu'il a rêvés.", Domique Blondeau

  • "Etre libre et seul, c'est oublier le temps présent. C'est retrouver en soi un univers à part qui vous appartient en propre et que vous n'avez livré à personne.", Alice Parizeau

  • "Il faut critiquer, il faut constamment tout remettre en cause. Cela permet de rester jeune et de progresser., Alice Parizeau

  • "On ne rencontre guère, pour se déclarer satisfaits du pouvoir, que ceux qui y participent.", Maurice Druon


Des images d'un Jamboree centenaire

 

28/04/2007

Mentonade moutonnée

Vendredi 13 avril, 10:50: Menton se réveille lourdement, péniblement.

 

Je ne reconnais pas "mon" Menton et cela sans jeu de mot trop gratuit... Quatrième descente sur cette ville en bordure de France méditerranéenne avec un pied montagneux en Italie.

Je ne le reconnais pas parce que le soleil fait grise mine et n'a pas encore pu écarter les nuages de son... menton si finement dessiné. Il n'a manifestement pas le courage nécessaire pour réveiller ses habitants et villégiateurs.

L'atmosphère est lourde. Vingt degré au compteur. Une nuit sans vent n'en a été que les prémices.

Sur le port, pas de cliquetis dans les mâts des bateaux ancrés depuis tellement longtemps. Rien ne semble rompre les amarres et le calme absolu qui y règne.

Une tentative, peut-être: les cloches de la Basilique Saint-Michel tintent pour crever ce mur du silence pesant. 11:00 déjà.

La brume couvre la montagne d'une chape de plomb. Majestueuse, elle joue à cache-cache entre léger filet de soleil et nuages encombrants.

C'est le printemps depuis quelques semaines et, pourtant, le soleil a décidé d'établir ses pénates dans le Nord et pas dans son endroit de prédilection, ce Sud où tout le monde l'attend par l'habitude.

Sur le boulevard de Garavan, la valse syncopée des voitures, cadencées, orchestrées par les feux de signalisation endort plutôt que de réveiller. Se souviennent-ils vraiment ces feux qu'ils sont là pour animer et non pas uniquement alterner des moments de similitude? Ce seul mouvement d'alternance a le souci de rappeler qu'il ne faut pas traîner en route. Si l'envie de rêverie est présent parfois, se remettre sur le chemin de la vie de tous les jours loin du long fleuve tranquille, il faut y passer comme chacun sait.

En ce qui me concerne, vacancier, je suis hors jeu. Je continue mon chemin au bout de la rade. Le musée Jean Cocteau plastronne là fièrement sous ses drapeaux peu enclins à flotter pour présenter les couleurs. La fontaine centrale, en face, aiguise son jet pour jaillir avec le plus de force vers le ciel.

Quelques sportifs sont au "travail volontaire". Des joggeurs cadencés par le son de leurs oreillettes enfichées dans les oreillettes passent furtivement, inconscients. Des avis sur les élections prochaines, sans aucun doute. Il faudra être au courant, plus tard, dans la conversation des derniers faux pas ou bonnes paroles des candidats.

Ce ciel gris sans vent crée décidément l'exception. La plage est perdue, vide, désertée de toutes âmes du plaisir de la mer. Les sourires sont aux abonnés absents. Ce n'est pas différent ailleurs dans les rues débarrassées de la foule habituelle des grands printemps. Les quelques visages rencontrés sont ternes, pressés de passer à l'étape ultérieure de leurs occupations. Les vacanciers en provenance des régions nordiques bougonnent à l'idée que la haut d'où ils viennent, on jouit d'un temps splendide avec 26°C pour la joie de plus sédentaires qu'eux. Serait-ce une nouvelle inversion des températures dont les climatologues ont le secret? Réchauffement climatique de la planète qui aura seulement oublié ses origines de prédilection? Cette inversion horizontale pour changer, dure déjà depuis 15 jours et c'est beaucoup pour les chasseurs de soleil.

Alors, il faut chasser le temps qui fuit avec lenteur. Tout est bon pour éviter la lassitude.

Sur la digue, le sable rocailleux accueille goélands et mouettes qui semblent se disputer l'espace avec les yeux humains mais qui ne font que perpétuer cette envie de continuer l'espèce. Nous sommes au printemps. Il vaut mieux s'en rappeler. Scruter la mer avec un oeil fixe n'est plus le goût du jour. Dans le ciel, d'autres ont du mal à rester dans les airs sans quelques battements d'ailes usés par l'économie des mouvements. Bizarrement, comme si elles n'avaient pas compris qu'il fallait garder le calme, des vagues rugissantes se précipitent en creusant une tranchée avec fracas sur les rocailles.

Tout à l'entour, les hôtels et les appartements, volets baissés ne font pas le plein.

Le casino, lui, n'a pas dormi. Il est là, blanc, surmonté d'une escouade de drapeaux pour rappeler que la mentonade est appréciée partout.

Plus loin, près du marché, la brocante fait grise mine sans beaucoup de clients intéressés. On continue à s'installer, calmement. Quelques gouttes crèvent le ciel et le vent se lève subitement. Pris dans cette tourmente passagère, un tableau tombe de son comptoir en effrayant sa propriétaire. Le marché à poissons fermé, généralement animé de voix qui se superposent avec véhémence, n'est que l'ombre de lui-même. Les poissons sur les étals attendent avec impatience en perte de fraîcheur.

Sur la place, le moulin de la foire aux enfants sages tente d'égailler de tous ses feux cette morosité. Pour les intéressés, il y parvient. Les bambins qui se sont installés à l'intérieur de leurs petites autos n'en ont rien à cirer du temps qu'il fait.

La rue voit d'autres effets de ces coups de vent d'imposture. Tout s'envole, tout se rattrape avec torpeur pour donner plus de sécurité à cette légèreté incongrue de l'instant.

On essaye d'atténuer l'ennui pourtant. Les vendeurs de chaussures affichent des promotions pour allumer les esprits acheteurs.

Les coiffeurs pour dames font passer le temps à la réparation des années qui passent. Les agences immobilières font des efforts surhumains d'enchantement, mais cela ne semble ni pertinent, ni pragmatique. Les prix insolents ne prêtent pas à l'enthousiasme non plus. Alors, le passant passe son chemin et ses envies.

Quelques passants désintéressés par le présent en cherchent un autre avec le sourire du GSM à l'oreille.

La fuite en avant doit continuer avec ce qu'il reste de préoccupations aussi durement qu'ailleurs cette fois.

Un petit rappel prouve que la saison avance chrono en main: de nouveaux magasins ont ouvert leurs portes. Le weekend qui vient est classé orange. Il va apporter des capitaux frais. Mais, rien n'est vraiment sûr cette fois. La santé insolente du Nord ne pousse pas à la transhumance. La France vit la tête en bas. Le menton, serait-il peut-être à sa place?

Rester dans la course, coûte que coûte, semble le leitmotiv et la meilleure alternative.

Les parapluies s'éclatent en coeur dans le vent. Je me mets à courir. Pas pour longtemps cependant. Je dois prendre le temps de mémoriser ces instants par la rétine, par les pixels de mon appareil numérique ou encore par ces quelques bribes de phrases prises au vol dans mon carnet et que vous lisez actuellement.

Tout à coup, une pétarade. Une mobylette s'élance avec impatience à la poursuite de l'instant perdu. Cela n'émeut plus personne. Heureusement, l'habitude corrige les situations les moins harmonieuses et les moins acceptables.

La journée, comme les précédentes, ne va pas être au top, c'est devenu clair. La population s'en fout en somme. Elle s'enfuit insensible comme toujours. Pour le touriste, avant saison, il le sait, ce n’est pas encore la saison et il ronge son frein.

Encore une fois, un joggeur me frôle et me réveille de mes rêveries. Je m'accroche à son train, instinctivement. Mais, le temps passe. Plus question d'aller plus loin ce matin. La faim a commencé son travail de sape par petits rappels successifs.

Retour donc aux pénates qui se trouvent voisines de la propriété du romancier Vicente Blasco Ibanez qui y est mort en 1928. Je me propose de lire plus tard ses "4 cavaliers de l'apocalypse", ses "Arènes sanglantes" et son "Mare Nostrum". 

L'après-midi, l'exploration reprend avec une vision particulière.

Sans bruit, cette 2ème partie du jour persiste et signe sa torpeur générale. Il faudra résolument garder espoir pour un autre jour.

Le boulanger attend toujours pour écouler ses dernières baguettes plantées en rangs serrés dans les paniers. Faut-il passer au rayon séduction?

Des séniors s'interrogent encore: vais-je tirer ou pointer ma belle boule ?

Un peu de courage? Je monte les marches des impasses de Saint-Michel. Voilà, la Galerie d'Art "Tiphaine", beau nom, me dis-je. J'entre. Des tableaux me rappellent le bleu de la mer dans toutes ses nuances dans un concert de couleurs et confirme que Menton, c'est bien autre chose. Un brin de causette et d'idées à partager. Elle aime lire et écrire. Un hobby en plus pour une vendeuse de rêves picturaux. J'ai depuis une nouvelle lectrice de plus à mon actif.

La Basilique est ouverte. Dans le fond, derrière l'autel Saint-Michel terrasse le dragon. Je m'apprête à le photographier et je me fais aussitôt réprimander par le préposé aux cartes postales.

- C'est un monument historique. Pas de photo. Les cartes postales sont là sur le comptoir si vous voulez.

Je lui explique que dans ma bonne ville de Bruxelles sur la Grand Place, Saint Michel se bat également victorieusement contre le dragon du haut de la tour de l'hôtel de Ville. Mon intention intime, c'est le rapprochement des deux. De la pub pour Menton, en somme. Les cartes postales ne se projettent pas sur écran. Ensuite, il n'y a pas d'intention de mitrailler comme un sot tout ce qui tombe sous mes yeux. Des tableaux présents, comme il semble l'imaginer pour appuyer sa thèse, je n'en ai aucune envie d'en retrouver un dans mon living. Pas l'ombre d'un vol.

Mes explications semblent convaincantes car au bout de quelques partages ou confrontations d'idées, je partirai avec ma photo, éclairée en plus par ses soins avec plaisir, avec une carte postale en souvenir gratuite et, en finale, un serrement de main avec sourire.

Rappelons-le, nous sommes un vendredi 13. N'avais-je pas gagné ma journée de chance moutonnée après ces péripéties justificatives?

La rue Longue de la vieille ville, sinistre, ne parviendra plus à me distraire. Le linge pendu aux fenêtres aura aussi perdu tout espoir de sécher. Les arches relient les maisons en vis-à-vis pour, semble-t-il, consolider les affres du temps.

Plus loin, les hauts de Garavan dans une brume dissuasive ne sont plus le "rêve babylonien", nom qu'ils avaient suscité lors de leur construction en fin du 19 ème siècle. Les villas voulues paradisiaques avec frises peintes sous les toits évoquent-elles encore les destinations lointaines ?

Tout en haut de la vieille ville, Napoléon avait érigé le cimetière sur les ruines du château. Familles d'ici et d'ailleurs, célèbres ou anonymes se partagent les mausolées. Serait-ce une preuve si nécessaire qu'il fait toujours bon de vivre à Menton? De mourir, peut-être aussi?



A l'entrée, des extraits du poème du « Cimetière Marin » de Paul Valéry sont tout particulièrement de mise:


Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!

 

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!

 

Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!

L'Enfoiré,

.

Citations,

  • "Qui ne sait guider sa barque au fond s'en va", Proverbe mentonais
  • "Il est facile de nager quand on vous tient le menton", Proverbe français


 

21/04/2007

L'alterologie (3)

Volet 2: L'âge tendre de l'espoir (1963-1989)

Volet 3: La période du doute (1990-2006)

Les espoirs de la période précédente s'effritent. D'autres se concrétisent. Mais le doute s'installe après le manque de concurrence et d'opposition après l'effondrement de l'URSS. Au Moyen-Orient, on espère un tassement dans les relations internationales. Ce sera le contraire qui va se passer. Une instabilité s'installe. Les guerres n'ont pas encore donné leurs derniers soupirs. Le terrorisme, plus sournois, apporte une couche de plus aux soucis des gouvernements mondiaux. Les preneurs d'otages pour vouloir imposer leurs propres vues au monde ne sont que le prolongement de la terreur.

 

medium_L_alterologie_61.jpgL'été 1990, si Saddam Hussein avait pu comprendre qu'il n'aurait pas été suivi par les puissances en présence comme par le passé en guise de récompense pour "services rendus", y aurait-il eu guerre à la suite de la volonté d'annexion du Koweït (problème local) et en finale, rejet de l'Occident et de ses conceptions libertaires par les pays d'Orient?


Les rapports de forces entre les nations sont ce qu'ils sont, forts ou plus faibles, et très dépendants du moment où on se place. Jusqu'avant cette date fatidique, Saddam Hussein jouissait toujours d'excellents contacts avec ses alliés occidentaux. S'il avait réfléchi un peu plus avant et évalué ce que le pétrole représentait pour l'Occident, qu'après l'effondrement du bloc soviétique, l'intérêt des USA était de montrer son hégémonie au monde, aurait-il lancer son offensive sur le Koweït et pensé qu'un conflit que l'on peut qualifier de "local" aurait généré une levée de bouclier aussi importante? Deux guerres auraient été évitées. Le 17 janvier 1991, éclatait "Tempête du Désert" lancée par la coalition occidentale après la réunion dans l'accord à Helsinki de Bush (père) et Gorbatchev, un ultimatum à l'ONU (29/11/1990), une mise en "poche" de la majorité des états arabes et un matraquage médiatique de propagande de l'opinion publique occidentale. La chirurgie, science de la "réparation" de l'homme, allait donner son concours involontaire en surnommant cette guerre "de chirurgicale" avec la "série télévisée" de CNN et de LA5 comme couverture. Achevée très vite (28/2/1991), la guerre laissa morts et désolation des puits enflammés par la guerre contre l'écologie par la "Terre brulée" (24/2/1991), des dizaines de milliers de morts par an, des privations dues à l'embargo et des sanctions. Saddam Hussein resta pourtant en place. On l'oublia intentionnellement. Un galop d'essai en Afghanistan pour "calmer" les Talibans, leur refus du passé, la relégation de la femme (7/10/2001). La 2ème génération des Bush va remettre le "couvert" sous de fallacieuses raisons d'"Armes de Destruction Massive" (5/2/2003) mais, cette fois, sans l'accord de la majorité des pays de l'ONU (20/3/2003) avec l'idée dichotomique pour ou contre eux. Le fait de renverser le dictateur qui viole la législation internationale, considéré comme le 'Mal', est un prétexte et pourtant l'opinion publique américaine se voit démontrer de visu le côté obligatoire d'en finir avec lui. Le moyen guerrier choisi va engendrer une instabilité dans la région, une montée de l'intégrisme religieux soutenue par une population dans le besoin et qui ne voit plus l'avantage de l'installation chez eux d'une démocratie à l'occidentale. La laïcité de l'Irak, rempart contre un "péril islamique" (guerre contre l'Iran 1980-1988) est perdue. Un terrorisme naissant qui au lieu de s'installer en force, n'aurait probablement jamais pris l'extension que l'on connaît (Madrid 11/3/2004, Londres 2005). Après une guerre éclair, le dictateur caché va le rester jusqu'au moment d'être découvert et se retrouver bien plus tard devant ses juges (1/7/2004). Entretemps, la tripartite créée pour gouverner le pays fait renaître les dissensions d'un peuple au bord de la guerre civile. Ces étapes étaient-elles obligatoires ou programmées par la force des choses? "Remodeler" le Moyen-Orient a été l'objectif principal des USA. But atteint? L'avenir se joue actuellement, le dénouement n'est pas très loin. Sadam n'est plus aujourd'hui. Beaucoup de belligérants non plus. Ne quittez pas.


Si une ouverture de l'URSS à la démocratie, avec un rajeunissement des cadres et des hommes moins encadrés par un régime fort, un parti moins "privilégié" avec une réelle idéologie communiste marxiste conforme à l'origine, se serait-il effondré tel un jeu de cartes?


Gorbatchev avec la Glasnost a essayé de donner une impulsion positive dans le jeu de la démocratie et de l'ouverture vers l'occident. Contrarié, il se tourne vers la Lituanie (12/01/1990), l'Estonie (3/3/1991), l'Azerbaïdjan châtiée (24/6/1990), l'Ukraine qui obtient son indépendance (2/12/1991) pour calmer les indépendantistes. Pour montrer son ouverture, il va même accepter l'ouverture des portes à Macdonald sur la place Pouchkine (31/1/1990). Malheureusement trop tard. Les blocus n'y feront rien. Il ne reçoit pas d'aide du G7 (17/7/1991). La concurrence de son dauphin, Eltsine va lui faire ombrage. Apprécié par l'étranger, Gorbatchev, ne l'est pas de l'intérieur. Il est jugé comme responsable de la crise par les "conservateurs" et comme un timoré par les réformateurs. Au moment de s'effondrer, l'Empire soviétique n'a pourtant que 74 ans d'existence. En comparaison, l'Egypte antique a vécu 3000 ans, la Grèce et la Rome antique moins mais pourtant quelques siècles. La théorie selon laquelle toute entreprise a besoin de concurrence ne serait-elle pas de mise au niveau des blocs et des empires? La guerre froide avec son défit technologique, les dissidences naturelles contre un totalitarisme ont ruiné et épuisé l'URSS restée artificiellement stable par la force et la répression du Goulag. La dissolution du Pacte de Varsovie (25/2/1991) et du Parti Communiste par Eltsine ont parachevé l'enterrement de l'URSS en grande pompe. Malgré la volonté de changement de la population, il subsiste beaucoup de nostalgiques de la grande époque communiste parmi des millions de personnes qui n’ont pas retrouvé leur place dans la "jungle" économique après avoir connu la sécurité de l'économie collective bien protégée du "zoo". Le push (4/10/1993) à Moscou, mal préparé, échouera. Les résultats des élections législatives récentes en Ukraine le 26 mars 2006 apporte une confirmation on ne peut plus claire. Après l'expérience d'une année de liberté "pro-occidentale", la population déçue, sans avoir ressenti d'amélioration réelle, se retourne à nouveau vers l'ancienne Russie traditionnelle. Une véritable confiscation des biens s'est produite à la suite d’une crise financière. La corruption et le partage du pouvoir ont créé une mafia qui n'a plus rien à envier à l'Italie. Mais après l'URSS, la Russie est de retour. Les finances ne suivent pas la volonté d'en sortir. Les événements du sous-marin Koursk, les déchets nucléaires de Sibérie sont là pour le rappeler. La Russie n'a plus qu'à se créer sa propre renaissance.

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medium_L_alterologie_62.jpgSi Maastricht nous avait été conté autrement? Si le fameux traité n'avait pas été signé pour la construction de l'Europe par les douze de l'époque (7/2/1992) comme tel mais en tenant compte d'arguments plus "humains"?


Libéraliser les capitaux, création d'une banque centralisée indépendante (BCE), imaginer pour début 2002 une monnaie unique pour harmoniser le tout ou "arrondir" les chiffres, accorder une subsidiarité qui semble allouer certains droits et compétences et laisser une souveraineté aux "anciens" états, pouvoir voter à la majorité qualifié de  nouveaux règlements, penser à un plan de défense commun. Voilà, à peu près les points mis sur la table qui allaient créer de toute pièce une Europe politique et économique, mais qui laissait imperceptiblement dans l'ombre les hommes qui composent ces Etats avec leurs droits sociaux acquis qui auraient pu être défendus par la suite d'une manière uniforme commune contre les attaques extérieures. Même l'extension des ses frontières n'a pas été définie dans ses modalités et ses limites. Les traités qui suivront (Amsterdam et Nice) ne feront que tenter de corriger les erreurs de Maastricht. La population a été appelée à voter mais elle était souvent captive de l'engouement d'un futur commun européen. Le traité a été ratifié de justesse par la France (20/9/1992) et refusé en premier lieu par le Danemark. Il a surtout servi à retenir l'Allemagne expansionniste et unifiée. Sa réunification, elle l'a fait payer à toute la Communauté Européenne (30/10/1990). L'émasculation des pays signataires a bien eu lieu et leurs populations n'ont pas retrouvé une protection contre les méfaits de la mondialisation. L'Europe est en crise. Elle ne sera jamais unie avec des cultures, des langues différentes comme peut s'en targuer les Etats-Unis. Les cultures de ceux-ci se sont fondues par des immigrants de toutes provenances mais qui avaient décidé, au départ, de quitter leur "habitudes" d'origine.


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medium_L_alterologie_64.jpgNotre 20ème siècle a dû subir guerres mondiales, massacres et génocides. Fallait-il exporter ces calamités au Rwanda? Si la communauté internationale avait été suffisante sur le terrain en force et en potentiel pour contenir une population à couteau tiré, l'Afrique se serait-elle épargné un nouveau génocide ?

Les génocides ne sont pas rares dans l'histoire humaine. Le vainqueur a toujours ses raisons que la raison ne connait pas. L'expérience de l'holocauste n'a pas suffi et un million et demi de morts du 6 avril à juillet 1994 vont en faire les frais. Le Rwanda au cœur de l'Afrique des Grands Lacs, vu sa situation stratégique a été intéressé, au cours de son histoire, les Allemands, les Belges, les Français et a du contenir ses deux ethnies antagonistes tour à tour au pouvoir. Abolir les discriminations raciales est l'enjeu mais la guerre civile reste toujours prête à éclater. Rester indépendant et en même temps devoir défendre les populations par une intervention "mesurée au centimètre" est un mandat qu'il ne faut pas envier. L'étincelle était programmée, la mèche devait brûler tôt ou tard. Les Tutsis massacrés, leurs persécuteurs Hutus vaincus vont payer leur "effronterie" le 22 avril 1995 dans un camp de réfugiés. Pas besoin de commissions parlementaires pour déterminer les causes du drame en cascade. Une mauvaise appréciation d'une situation africaine et prévoir l'imprévisible, avez-vous dit?

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Ne serait-il pas possible de créer une troisième voie? Après l'idéologie communisme qui s'est éteinte, le triomphe du capitalisme libéral à outrance qui se réfugie derrière un marché mondialiste sans retour après des mouvements hippies des années 70 sans lendemain, un horizon différent de pur socialisme démocrate pourrait-il naître? Il semblait possible en fin du 20ème siècle en Europe, mais...

Des gouvernements socialisants ou centristes ressortent des élections de multiples pays européens. En Angleterre, avec Toni Blair (mai 1997), en France avec Lionel Jospin (juin 97), en Allemagne avec Gerhard Schroeder (septembre 98), en Italie avec Massimo D'Aléma, aux Etats-Unis avec Bill Clinton. Entre l'Etat Providence et le néo-libéralisme, un intermédiaire avec l'ambition sociale appuyée par la communication, la décentralisation et plus de solidarité. Le travail valorisé, sécurisé, bien compris dans ses limites de ce qui est soutenable. Travailler pour vivre selon son propre rythme et non vivre pour travailler, comme mot d'ordre. Qu'observe-t-on aujourd'hui? A part, Toni Blair, mais pour combien de temps, qui jouit d'une confiance limitée par son côté assez populiste, qui avait peut-être une voie encore plus médiane apportant des résultats économiques réels mais accusant des inégalités accrues, tous les autres ont laissé la place. La droite a supplanté les régimes de gauche. Pourquoi? L'industrie automatisée a permis de produire de plus en plus à bon marché appuyée par une demande accrue. L'habitude de chacun de chercher et de trouver les produits à des prix hors concurrence a entraîné une obligation pour les industries de trouver des moyens de produire là où les coûts sont minimaux. Une politique de protection n'est évidemment plus la préoccupation majeure dans ces conditions. La dépendance vis-à-vis de la conjoncture économique est entière et la fin du 20ème siècle a bénéficié d'une croissance, il n'en va pas de même avec les années suivantes qui connaissent un ralentissement et un équilibre fragile entre mesures sociales et leurs financements. Ce n'est pas l'argent avec le SME (2/8/1993) et l'euro (1/1/2002) que l'Europe effacera l'existence du dollar. Les Etats-Unis ne peuvent pas complètement servir d'exemple car ils ne sont pas mieux lotis avec une épée de Damoclès, avec la dette colossale, au-dessus de la tête.

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Si les pays constituant les Balkans avaient été aussi plats que la Hollande ou si Tito avait deux vies? Aurions-nous une guerre civile à la fois ethnique, culturelle et religieuse suivie par une guerre militaire lancée par l'Europe?

 

Curieux ce genre de proposition? A y réfléchir, pas tellement. L'ex-Yougoslavie, région stratégique laissant passer pipeline sur son sol, est constituée de maquis, de montagnes aux reliefs tourmentés dans lesquelles se cacher n'est pas un problème. Ce pays, aujourd'hui morcelé, "contenait" des populations tout à fait hétéroclites. Catholiques, orthodoxes, musulmans pour religions. Langues, cultures, écritures différentes apportent des raisons à l'opposition qui ne date pas d'hier. Les invasions successives en provenance d'Asie, l'occupation ottomane par la force, les communistes, les nazis. Slovènes, Croates, Bosniaques, Serbes, Albanais ont souvent eu l'esprit de revanche suite à des crimes et exactions de communautés parallèles. Sarajevo, déclencheur de la 1ère guerre mondiale (28/6/1914). La Yougoslavie créée de toutes pièces par la France ensuite. Les Nazis qui démantèlent. Tito, organise la résistance et main de fer dans un gant pas toujours de velours, a maintenu cet ensemble. Churchill en dit: "Laissons-les s'entretuer pour notre cause". Une fois, disparu, les dissensions se sont réveillées. La xénophobie s'est installée à nouveau. Milosevic exacerbe le nationalisme serbe avec l'appui populaire. La répression sanglante des Serbes, l'exode de réfugiés de Kosovar, le génocide, c'en est trop pour le cœur de l'Europe et l'OTAN se lance dans une offensive (24/3/1999) pour s'achever très vite (3/6/1999). Les Serbes, cette fois, sont victimes. Milosevic va se retrouver devant ses juges au TPI, mais vu le temps nécessaire, il n'en verra jamais l'issue.

Dans le même temps, la Tchécoslovaquie ne connaîtra pas les mêmes difficultés d'existence et d'autodétermination. Vaclav Havel, poète, va faire renaitre la démocratie (10/6/1990). Le pays "Tchécoslovaquie" n'existera plus (31/12/1992) divisé dans le parfait pacifisme en Tchéquie et Slovaquie.

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Si une répartition des territoires et de l'eau avait été attribuée dans le respect non par la force mais par la concertation au Proche-Orient, y aurait-il eu Intifada, kamikazes, mur qualifié "de la honte" et déchirements de part et d'autre des frontières?


Tout avait pourtant bien commencé. La réunion de Madrid 30/10/1991) entre Shamir et les Palestiniens sous le patronage de Bush et Gorbatchev laissait présager un cesser le feu. Des négociations avec l'OLP (30/8/1993) continuaient le processus et la poignée de main entre Arafat et Rabbin (13/9/1993), la visite d'Arafat (10/11/1995), de Hussein de Jordanie (10/1/1996) en Israël, Tsahal qui quitte le Liban 24/5/2000) rendaient tout possible. L'assassinat de Rabbin (4/11/1995), la "promenade" de Sharon sur l'esplanade des Mosquées (28/9/2000) ont fait déchanter les plus enthousiastes.

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Si la Floride avait eu quelques votes démocrates de plus perçus avec des moyens de vote dignes d'un état moderne ? Un autre mode de scrutin ? Moins de suspense le 9 novembre 2000 dans le Sunshine State, mais aussi plus de chance de trouver une voie plus pacifique. Et si la Floride avait calculé les votes des élections présidentielles avec plus de technologie ?

 

Le successeur de Bill Clinton, Al Gore, gagnait les élections au suffrage universel direct avec 200.000 voies de plus dans tous le pays. Une délibération de deux jours a fixé le score par cinq voix contre quatre. La face du monde aurait certes été différente aujourd'hui. Nous reconnaissons Al Gore, comme scientifique de formation et ses prérogatives démocratiques portées vers le parti vert. Après son échec, il a continué sa croisade pour la protection de la planète. "Une vérité qui dérange" aurait pu donc être autre chose qu'un film. Le désastre du 11 septembre 2001 aurait-il pu arrivé? La paix en suspens au Proche-Orient?



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Question bien surréaliste en fait. Al Gore, scientifique de formation, contre Georges Bush aurait pu prendre la tête du pays souvent considéré comme maitre du monde. Kyoto était bien connu dans la tête d'Al Gore. Pas de tergiversation, Signer le pacte aurait été une simple formalité. Il aurait été très vite dépassé par de nouvelles décisions plus drastiques et plus judicieuses. Le film "Une véité qui dérange" aurait été présenté avec des spectateurs qui sourieraient à la sortie contents d'avoir pris de bonnes décisions. Les sénateurs conservateurs qui seraient tentés d'exécuter leurs prisonniers seraient très vite remis aux pas. L'Afghanistan aurait-elle trouvé une coalition occidentale contre elle fin 2001 en représailles aux attentats? De l'Irak, enfin, on en aurait, peut-être, moins de photos de souvenirs dans les albums. Un monde plus "save" et moins en péril par son climat, aujourd'hui? On peut toujours rêver.

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medium_L_alterologie_22.jpgSi le début du 21ème siècle avait été moins scientifique, moins biologique, moins informatisé, moins technologique, plus solidaire et plus soucieux de la nature aurions-nous eu autant de difficultés à assumer un nouveau déchirement?

 

Nous avons changé de millénaire. Le bug de l'an 2000, que personne ne pouvait imaginer en dehors des spécialistes, ne s'est pas produit. La bourse informatisée s'effondre (4/4/2000) après une bulle spéculative. La biologie a permis de cloner la brebis 'Dolly' (23/2/1997) avec le secret espoir de se réserver l'homme pour un futur rapproché, d'enfanter au début du troisième âge, la carte du génome humain constitué par au plus 40.000 gènes (12/2/2001). Cela n'empêche pas les maladies de tomber l'une après l'autre: SRAS, 'vache folle' (21/3/1996), 'grippe du poulet' (2006)... Le pétrole et l'eau potable deviennent rares et chers. L'énergie et les matières premières s’épuisent. Le club des grandes puissances s'agrandit et demande un surplus énergétique inattendu et accélère le processus de destruction de la planète par le réchauffement du climat. La population du monde vit ou survit à des vitesses totalement différentes. Ce qui accentue la révolte et diminue la solidarité mondialisée. Les frontières géographiques sur le terrain et virtuelles par internet tombent. Les migrations des peuples s'intensifient. Les fanatismes religieux qu'ils soient de n'importe quelle confession, sont en augmentation suivant idéologies et revendications parfois avec violence. La volonté est de fédéraliser de petites "nations" identitaires sous le chapeau de grands blocs oligarchiques. La démocratie non comprise, virevolte de droite et de gauche au vent du mécontentement. Parfois imposée artificiellement, elle est ressentie comme non productrice de changements, prisonnière de règlementations qui viennent d'ailleurs et qu'ils ne gouvernent plus. Le 11 septembre 2001 est une rupture symbolique et un réveil sur la fragilité de notre système. La sécurité tous azimuts des biens, des affaires va se développer. La guerre traditionnelle état contre état est mise en défaut. Des corpuscules minoritaires démontrent qu'ils peuvent surprendre et fragiliser des Etats et ceux-ci ne peuvent répliquer qu’après de longues recherches contre une entité avec structure en réseau sans frontières. Attaquer un Etat n'est plus qu'un coup d'épée dans l'eau. La Chine sera très probablement le véritable challenger des Etats-Unis pour les années qui viennent. En 2001, elle se voit confier les Jeux Olympiques. Elle va investir et envahir les marchés mondiaux, jusqu'à les fagociter en tuant la poule et les oeufs d'or en même temps. 

Des idéologistes ou idéalistes ont apporté des espoirs par leur découvertes pour la terre qui sans eux aurait été bien plus mal en point: Jacques Yves Cousteau qui, jusqu'à sa mort (25/6/1997), avec ses films sur toutes les mers du monde nous en a fait découvrir les merveilles et la fragilité, Bertrand Piccard (21/3/1999) qui a fait le tour du monde sans escales à bord de son aéronef à l'hélium "Eagle", Nicolas Hulot avec Ushuaia. Mandela libéré (11/2/1990) va donner l'espoir, abolir l'apartheid (17/6/1991), et donnera un président noir (10/5/1994) à l'Afrique du Sud.

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Et si le pétrole avait été donné équitablement par la nature réparti dans le sous-sol du monde entier?

 

Vaste question que celle-là et qui occuperait les trois articles de l'altérologie. Eric Laurent nous a donné une réponse par l'antithèse à son livre "La face cachée du pétrole". A l'instar de l'eau, mais en plus flagrant, le pétrole a monopolisé les convoitises pendant tout le 20ème siècle et cela est loin d'être fini. Voulu bon marché par les pays consommateurs comme un dogme aux pays producteurs, le pétrole n'aurait peut-être pas été dilapidé sans vergogne et en parfaite ignorance des conséquences. A disposition de tous, que de guerres évitées, car le pétrole a joué un rôle essentiel en assurant la prospérité et la croissance éffrénée des pays consommateurs et, en défintive, très peu des producteurs à part quelques exceptions relativement récentes. Ses effets ont été ressenti en 1914, 1939, 1956, 1973, 1979, 1991 et 2002 pendant les conflits. Les prochains pourraient être plus sensible encore car elle fera sorti le monde dit civilisé d'une torpeur dont il n'a pas encore idée de l'ampleur quand la pénurie sera réelle. Mais alors, de stratégique, il serait devenu simplement tragique. Quant à l'autre préciosité, l'eau potable, là nous sommes en plein dans le délire de la conquête du futur et de batailles sans fin à cause de son de son inéquité de répartition.

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Conclusions générales aux trois billets:

 

Max Gallo qui a inspiré partiellement ce texte disait dans 'Les clés de l'histoire contemporaine":

"La guerre est toujours le condensé d'un moment historique, qui permet de saisir dans la cruauté les rapports de forces entre les groupes de nations en conflit. Mais à ne prendre en compte que l'aspect militaire de cette confrontation, on obscurcit l'éclairage violent qu'une guerre porte sur le monde. Elle révèle l'idéologie et les sentiments des peuples, les réalités technologiques et scientifiques aussi. Lire une guerre dans ces multiples facettes, c'est lire l'état d'une région du monde, et même l'état du monde".


L'histoire est une suite de cycles, de vagues successives avec des creux et des tsunamis. La première période que nous avons vu revue sous un angle différent était au "ras des pâquerettes" pour retrouver un futur après une période troublée de guerre. La deuxième période, le réveil, plein de renouveaux et d'envies de s'éclater vers un avenir plus prometteur de libertés et une volonté de sortir de cette stabilité apparente Est-Ouest, politique que l'on a appelé l'équilibre par la dissuasion ou la guerre froide et donc pas forcément très amusante. Cette 3ème période est plus ouverte, plus libérale et comporte aussi des risques d'explosion plutôt que d'implosion. La liberté retrouvée en apparence par le pluralisme d'idées et la démocratie imposée parfois aux forceps a ses revers mais la vigilance doit être toujours de rigueur. La montée de l'intégrisme et du terrorisme souvent en provenance de régimes très théocratiques, la mondialisation, le réchauffement de la planète apportent des craintes bien fondées. Le parti pris par les "jeunes" démocraties a eu parfois des résultats inattendus et ont déplu aux "anciennes". Un apprentissage avec toute la diplomatie s'impose pour vivre en bonne relation. Voilà les réels défis de demain.
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais ces trois parties de zoom sur l’histoire avec lentilles déformantes m'ont beaucoup plu. Prendre l'événement à sa source et en constant recul, l'adapter ou la biaiser avec une vue inattendue en fonction de ses petits "frères d'armes" est un exercice de haute voltige avec des risques d'erreurs innombrables, mais cela donne une envie de corriger certains points qui eux se retrouveront bien dans le futur.

Cette découpe en grands chapitres de notre histoire relativement récente a été évidemment partiale et non exhaustive et, je dois bien l’avouer, parfois un peu partisane. Mon but n’était évidemment pas de faire œuvre d’historien. Je ne le suis pas. J’ai essayé de voir notre passé récent d’un peu plus d'un demi siècle, avec un peu de recul et un œil différent. Je me suis sûrement trompé à gauche et à droite. J’ai pu vexer certains par manque de clairvoyance dans certains points mal exprimés ou incomplets. Je vous prie à l'avance de m’en excuser. Notre histoire n’est jamais finie. Elle change tous les jours dans des sens dont on ne voit pas les aboutissements au premier abord et qui sont parfois inattendus. Un retour en arrière avec une machine à voyager dans le temps, pour pouvoir peut-être influencer notre devenir serait certes bien troublant pour le genre humain en essayant d'éviter les erreurs de notre état d'Homme imparfait.

Comment l'homme va-t-il pouvoir organiser son futur et contrôler ses excès vis-à-vis de la planète? Son besoin énergétique grandissant n'est plus balancé équitablement par ce que la terre peut lui offrir. Voilà tout le problème et le dilemme: le potentiel de création et le danger à vouloir créer.

A suivre, donc......

 

L'Histoire n'a qu'une seule loi: la surprise, même si Sir Winston Churchill disait :

 

"Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur"




L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • "Le monde a deux histoires : l'histoire de ses actes, celle que l'on grave dans le bronze, et l'histoire de ses pensées....", Georges Duhamel
  • "Quand il s'agit d'histoire ancienne , on ne peut pas faire d'histoire parce qu'on manque de références. Quand il s'agit d'histoire moderne, on ne peut pas faire d'histoire, parce qu'on regorge de références.", Charles Péguy



Mise à jour: Ce 31 mai 2007, le journaliste de la RTBF entrevoyait dans son billet du matin, ce qui suit:

Il s'agit d'une nouvelle discipline. On l'appellerait « la conjugaison historique ». Cela nous apprendrait, entre autres, que l'on peut fabriquer du futur avec du passé. Cette forme verbale nouvelle s'appelle le « futurible ». Le futurible, c'est écrire l'histoire avec des si.

Il y a les futuribles qui emploient le conditionnel présent : ça pourrait se passer comme ça. Mais il y a aussi les futuribles qui utilisent le conditionnel passé : ça aurait pu se passer comme ça. Ces futuribles-là sont remplis de remords et d'espoir rétroactif. C'est ceux-là qui nous intéressent aujourd'hui. Nous laisserons la prospective pour une autre fois. Aujourd'hui, place au rétrospectif.

Exemple : que se serait-il passé si la voiture de l'Archiduc François-Ferdinand ne s'était pas trompée d'itinéraire à Sarajevo, le 28 juin 1914 ? Si l'extrémiste Gavrilo Princip n'avait pas eu, grâce à cette erreur, l'occasion d'abattre l'héritier de l'Empire d'Autriche-Hongrie, la première guerre mondiale aurait-elle eu lieu ? Oui mais alors, si la première guerre mondiale n'avait pas existé, quid de la deuxième?

C'est à ce genre de vertiges que nous mènent les futuribles. Je pensais à cela parce qu'hier, on dévoilait un épisode fort peu connu de la deuxième guerre. Ou plutôt, de l'avant-guerre. Si vous vous souvenez, le pape Pie XII suscite toujours de très larges controverses sur son attitude pendant cette guerre. Certains lui reprochent une certaine propension au silence et prétendent qu'une attitude plus ferme du pape aurait pu freiner la volonté génocidaire des nazis. Et voilà que l'on apprend que son prédécesseur, Pie XI, qui avait déjà, auparavant, pris des positions très radicales contre le nazisme et le communisme, s'apprêtait à prononcer un discours très dur contre l'Allemagne hitlérienne et l'Italie fasciste. Ce discours, il devait le rendre public devant le Duce, devant Mussolini donc, le 11 février 1939. Mais voilà, Pie XI mourut la veille, le 10 février 1939.

Le futurible, ici, consiste à se demander ce qui se serait passé si le pape était mort le lendemain, le 12 février. Peut-être bien que l'histoire aurait bougé un peu …

On ne se souvient pas bien de Pie XI, Pie XI est ce pape qui a dit : « "L'antisémitisme est inacceptable puisque spirituellement, nous sommes tous sémites". C'était un tout petit homme mais un grand pape courageux. Pie XII est en voie de béatification. Mais il n'y a pas de sainteté en vue pour Pie XI. Pas d'éternité. Pas d'imortalité. Et, subitement, l'on pense que le meilleur futur que l'on puisse souhaiter au pape Pie XI, ce serait de redevenir présent.    

14/04/2007

L'alterologie (2)

Volet 1: Les périodes troubles (1945-1962

Volet 2 : L'âge tendre de l'espoir (1963-1989)


La première période trouble passée (1945-1962), beaucoup de pays occidentaux vont connaître une période de presque euphorie pendant laquelle l'espoir d'un monde meilleur parait s'ouvrir devant eux. De nouvelles inventions semblent pouvoir donner des ailes aux ambitions. Dans beaucoup de secteurs, la sécurité d'emploi est assurée. Un travailleur Japonais entre dans une entreprise et n'en sort qu'en fin de carrière. Les grandes sociétés pourvoyeuses de main d'œuvre en abondance tels la sidérurgie, le textile rassemblent à elles seules un gros pourcentage des disponibilités employés-ouvriers. Le pouvoir socialiste, les syndicats surveillent le déroulement des opérations. L'inflation, toujours présente en période de développement intense, n'est peut être pas sous contrôle mais un index réajuste en continu le niveau de vie. Le "baby boom" est en marche avec confiance. L'exposition universelle de Bruxelles en 1958 a apporté le reflet prometteur de ce qui allait arriver les prochaines décades.

Étudions les points importants qui ont jalonnés cette période que l'on peut qualifier de faste en continuant à suivre notre cahier des charges définit dans le premier chapitre : "Et si cela s'était passé autrement?".

 

 

medium_L_alterologie_27.jpgSi l'indépendance du Congo dans l'urgence n'avait pas été prématurée ou mal agencée? Un court arrêt le 30 juin 1960, pour nous le demander.

Je crois que la réponse est dans la question. Poussés dans le dos par des extrémistes avides de pouvoir nouveaux, le Congo se retrouvait sans expérience de la liberté ni de formations suffisantes pour assumer la transition et la prise en charge d'un pays aussi vaste. Les troubles qui suivirent n'auraient pas été aussi violents. Coups d'état en 1965, crise, troubles toujours menés avec un esprit rejetant les derniers occupants. La démocratie a aujourd'hui encore des difficultés à s'installer. Mais je laisserai les intéressés s'exprimer eux-mêmes sur le sujet.

 

 

medium_L_alterologie_32.jpgSi Kennedy, n'avait pas été poussé pour raisons de prestige et de revanche sur leur fierté secouée, de promettre la lune avant la fin de la décade?

Après les réussites russes du 4 octobre 1957 avec Spoutnik (et son bip-bip caractéristique), de Gagarine qui, le 12 avril 1961, fut le 1er homme de l'espace, il fallait réagir.

La course à l'espace n'aurait pas eu lieu avec autant de potentiel, d'urgence avec des budgets moins étendus. Nous n'aurions certainement pas eu de télécommunications aussi efficaces, la télévision n'aurait pas eu le punch que nous lui connaissons, la captation de l'énergie solaire par les cellules photoélectriques serait encore au niveau expérimental, les expériences scientifiques n'auraient pu apporter des avancées dans les domaines variés comme la médecine, la technologie, la météorologie. Le 21 juillet 1969, ce premier pas avait lieu sur le sol lunaire. Le Lehm, la station spatiale (ISS) en orbite autour de la terre. Les Navettes remplaçant progressivement les fusées pour permettre le retour sur terre. 1986 Challenger, 2004 Columbia ralentiront cet élan, mais ne pourront le stopper.

Et dire que jusqu'il y a peu, certains pensaient encore que la marche sur la lune avait été une fiction générée en studio!

 

 

medium_L_alterologie_33.jpgSi, le 3 décembre 1967, au Cap, le Docteur Barnard n'avait pas repoussé les limites d'une pensée figée.

Avant lui, on pensait que le cœur faisait partie intégrante du corps sans espoir de le greffer par transplantation dans le corps d'une autre personne? Washkanski, 1er transplanté, souffrant d'insuffisance cardiaque, n'a malheureusement pas pu survivre pendant longtemps avec son nouveau cœur, mais l'expérience a pu faire découvrir le problème de rejet d'un corps étranger et lancer la recherche de médicaments pouvant contrecarrer cette réaction naturelle. Aujourd'hui, plus de 40.000 transplantations ont eu lieu, un nombre considérable d'anciens malades du cœur vivent très bien après cette opération de transplantation qui se pratique tous les jours dans le monde avec un pourcentage de réussites important. Les donneurs sont encore le seul problème actuellement.

 

 

medium_L_alterologie_29.jpgSi le 2 août 1964, dans le golfe de Tonkin, avait été une journée bien calme pendant laquelle le Nord Vietnam n'avait pas attaqué deux destroyers US (ou que ceux-ci avaient été dans leur base) dans un remake de Pearl Harbour?

Une escalade de la violence n'aurait peut-être pas précipité la guerre du Vietnam. La guerre froide s'était réchauffée par belligérants interposés. Dix gouvernements successifs au régime de Diem dans le Sud n'ont pu le stabiliser. Le Vietnam Nord et le Viêt-Cong, appuyés par L'URSS et la république populaire de Chine du côté Nord et le Vietnam Sud soutenus par les US et 40 autres pays, l'engrenage de la guerre pouvait commencer. Les B52 larguèrent ensuite leurs bombes au napalm. La guérilla contre les armes lourdes US. Devant les pertes humaines et le coût de cette guerre, l'opposition croissante intérieure contre celle-ci se manifesta en mouvements hippies pour la paix et l'opposition extérieure internationale menant au 27 janvier 1973 à la signature du cesser le feu. Saigon tomba le 30 avril et la capitulation était signée. Les produits chimiques utilisés pour la déforestation ont ouvert la voie à des guerres chimiques et biologiques et ont laissé 30 ans plus tard d'importantes malformations génétiques chez les populations bombardées. Ces huit années ont causé la mort de 2 millions de Vietnamiens (+ 3 millions de blessés), 57.000 Américains tués et 153.000 blessés. David avait vaincu Goliath, mais à quel prix.

 

 

medium_L_alterologie_39.jpgSi 4 ans après avoir reçu le Prix Nobel de Paix, le pasteur Martin Luther King n'avait pas été assassiné le 4 avril 1968?

Par la lutte pour l'égalité des races et la non-violence, le pasteur aurait pu continuer son mouvement pour le droit des Noirs et son fameux "I have a dream" aurait pu représenter plus une réalité qu'un rêve. Les noirs, n'auraient-ils pas eu plus de chance de sortir de la marginalisation qui existe encore aux USA?

 

 

medium_L_alterologie_40.jpgSi, le 3 février 1969, une personnalité charismatique telle que Yasser Arafat n'avait pas été élu chef de l'OLP?

Tour à tour au devant de la scène ou relégué dans l'exil, Yasser Arafat s'est retrouvé, jusqu'à sa mort le 11 novembre 2004, l'emblème d'un peuple Palestinien opprimé ou mis à l'écart. Se poser cette question est une question très dépendante du point de vue. Pourtant, il faut bien l'avouer, son caractère entier, dépassé souvent par sa droite plus belliqueuse, sa volonté sans partage d'une Palestine retrouvée, a empêché d'arriver à une paix durable. Lors des accords d'Oslo, le 13 septembre 1993, il prenait, entouré de Bill Clinton et d'Yitzhak Rabin, des résolutions sans lendemain. L'année suivante, il partageait le prix Nobel de la Paix avec les cosignataires Israéliens. Les épisodes de l'intifada recommencèrent pourtant plusieurs fois. En cette année 2005, son successeur, plus pacifiste et pondéré, a renoué le dialogue souvent rompu avec les adversaires de toujours. Gaza est en passe d'être libéré de tous les colons. Espérons que l'on n'a pas uniquement élargi les mûrs de la prison. Les élections de mars 2006 en Israël semblent enfin ouvrir une ère plus propice d'entente cordiale si pas de paix. N'a-t-on pas de ce côté du monde perdu beaucoup de temps avec de multiples "faucons" au pouvoir? L'avenir seul répondra à cette question.

 

 

medium_L_alterologie_42.jpgSi comme dans l'antiquité, les Jeux Olympiques permettaient pendant cette courte durée de mettre les armes et les nationalismes au vestiaire?

Ce 5 septembre 1972 à Munich allait rappeler une première fois au monde que le sport est souvent rattrapé par la politique. La tragédie éclatait dans le rang des athlètes par une action terroriste. Le boycott des JO de 1980 à Moscou par les Américains, la RFA et quelques autres pays en fut une autre preuve.

Le sport et rien que le sport. C'est le problème.

 

 

medium_L_alterologie_52.jpgSi la presse n'avait pas eu un pouvoir insoupçonné vis-à-vis de la politique?

Ce 8 juin 1974, l'affaire du Watergate mettait un terme à la carrière du 37ème président des États Unis après deux ans d'enquête. Nixon, après avoir nié jusqu'au bout son implication dans les écoutes téléphoniques, était forcé de démissionner. La force de la presse, sa liberté d'action, le droit de ne pas révéler ses sources, arrivaient enfin à maturité. Elle a dû souvent le payer au prix fort avec le reportage des conflits et des situations dans les pays sous le joug de la dictature. Tant que la presse aura une réelle envie d'informer, l'homme de la rue aura toujours son mot à dire.

 

 

Si le Shah d'Iran avait compris le danger potentiel de l'intégrisme?

Ce 22 janvier 1979, il n'aurait pas dû quitter l'Iran et laisser la place au régime de l'imam Khomeiny qui allait plonger le pays dans une purge de tous les modérés du régime précédent. Une folie justicière à la Robespierre n'allait plus connaître de bornes jusqu'à la mort de celui-ci.

 

 

Si Tito avait eu un successeur et pour continuer son socialisme à la yougoslave?

Tito qui avait maintenu, d'une main de fer, un pays fédéral comme la Yougoslavie, qui compte plusieurs ethnies, langues, écritures. Si, une fois disparu, le 4 mai 1980, il avait pu être succédé par quelqu'un de la même trempe, la crise économique, la paralysie des institutions, les haines renfrognées seraient-elles venues à la surface en poussant les gens à ne plus vouloir vivre ensemble et à choisir l'indépendance nationaliste pendant les dix années qui suivirent? Hélas, les années 90 prouveront le contraire et une guerre raciale, fratricide sans merci devait se dérouler pendant cinq ans. Mais cela fait partie de l'épisode suivante.

 

 

Si les ordinateurs n'avaient pas quitté le milieu des sociétés et conservé leur taille importante?


Sans les précurseurs et le géant IBM qui le lançait, en juillet 1980, le
Personal Computer, n'aurait pas été à la portée de tous et Internet n'aurait pas été la révolution de la connaissance humaine et le moyen qui a rapproché les hommes. Le monde ne serait jamais devenu subitement aussi petit.

 

 

medium_L_alterologie_55.jpgSi l'accident nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986 n'avait pas eu lieu ?

Le monde n'aurait pas appris le degré de vétusté des installations soviétiques et la vigilance n'aurait pas été plus grande et d'autres catastrophes auraient pu se produire. Les victimes ont été nombreuses, cela ne fait plus aucun doute aujourd'hui. Les chiffres avoués ont été avancés par les autorités à plus de 30.000 victimes et 50.000 déportés. Le site abandonné pour des dizaines d'années. L'augmentation du nombre de cancers attribués aux radiations qui sont tombées sur l'Europe entière n'a pu évidemment être évaluée à sa juste mesure. Des statistiques existent certainement. Le coup de semonce a peut-être été néanmoins salutaire comme dans toutes les catastrophes. D'autres centrales du même type que Tchernobyl existent encore et fournissent encore de l'électricité aux anciens pays soviétiques. L'Union Soviétique toujours très discrète auparavant a dû rectifier son attitude vis-à-vis des autres pays. Des contrôles plus réguliers ont été décidés. Les pays se sont sentis plus solidaire devant le danger commun.
Les sous-marins nucléaires laissés à l'abandon sans entretien dans le nord de la Sibérie par manque de capitaux risquent également de ressortir d'une manière plus insidieuse sans laisser de traces.

 

 

Si l'esprit de liberté n'avait pas germé dans la tête de certains, une envie d'égalité parmi les hommes, de démocratie auraient-elles pu prendre tant d'ampleur? Le printemps 1968 a été le détonateur d'une série d'événements en cascase.


Tous ce qui va suivre n'aurait probablement pas eu lieu.

Violentes manifestations après l'attentat contre l'étudiant Rudi Dutschke en Allemagne le 11 avril. Initialisée par un beau Printemps de Prague le 15 avril, réprimée le 20 août par l'invasion des chars soviétiques, la liberté se réveille à l'Est comme à l'Ouest.

A partir des premiers heures du 3 au 7 mai, Paris avec ses étudiants connaissent un Mai 68 complet de paralysie du pays, de barricades, de démissions gouvernementales et le retour du Général De Gaule. "Sous les pavés, la plage", illusion?

En août, c'est au tour de la Tchécoslovaquie d'exprimer son envie de changement. L'invasion des chars soviétiques mettent fin à Prague à l'expérience du "socialisme à visage humain".

En 1985, avec le nouveau pèlerin Gorbatchev, laissant derrière lui Brejnev, Andropov et Tchernenko, les derniers bastions du communisme pur et dur, prend le pouvoir en URSS. La Glasnost et la Perestroïka, de nouveaux mots qui deviennent familiers dans le monde. Les voyages d'hommes d'états se multiplient. Son prix Nobel de la Paix en 1990 lui a apporté une preuve d'estime des pays occidentaux alors qu'à l'intérieur cela pas toujours été le cas. Il signera la fin de la guerre froide en novembre de la même année.

L'année 1989 fut celle pendant laquelle tout se précipite dans un aboutissement riche par la volonté des hommes d'assumer leur destin. Les heures du despotisme sont comptées.

Le 9 mai, le Code Napoléon est remis en chantier et réévalue le poids de l'instigateur d'un crime.

Le 4 juin, les étudiants chinois se voient réprimés sur la
place Tien An men par les massacres perpétrés par leur gouvernement. Ils sont matés dans le sang dans leur élan contre révolutionnaire et une impitoyable répression s'en suit. Être parmi les premiers ne donne jamais beaucoup de chance de réussite. L'ouest serait-il encore attaqué économiquement aujourd'hui si des salaires démocratiques avaient été aux mains de la masse des travailleurs chinois responsables?

Le 8 juillet, le chanteur Renaud rassemble 100.000 personnes derrière lui pour protester contre le faste du Bicentenaire et de la venue des Sept Grands du 14 juillet (sans Cendrillon). Slogan "Dette, apartheid, colonies, ça suffit comme ça".

1er août, parution des livres de Soljenitsyne à Moscou après des années de Goulag.


15 août,
De Klerk devient président de l'Afrique du Sud, accédant suivant, ses dires, à une "nouvelle ère" et mettant fin à l'apartheid du moins dans la Constitution. Nelson Mandela, chef de l'ANC, avait été emprisonné en 1962 pour avoir résisté au régime de l'apartheid. Il sortira de prison le 13 février 1990.

Le 24 août, la Pologne et le syndicat Solidarnosc sous Lech Walesa au départ des chantiers de Gdansk ont fait parler d'eux et, au grand dam de Jaruzelski, l'investiture de Tadeusz Mazowiecki commence dans le non-communisme.


Le 10 septembre, la Hongrie ouvre ses frontières. Des milliers de réfugiés de RDA se projettent dans la brèche.

Le 29 septembre, l'armée Vietnamienne quitte le Cambodge laissant 60.000 morts derrière elle.

Le 30 octobre, l'engouement d'un nouveau "Far West" fait descendre des milliers d'allemands de l'Est dans les rues de Leipzig. Réformes et démocratie dans toutes les bouches. L'instabilité et l'esprit d'insurrection sont maximales dans ce renouveau.

Le 10 novembre, le Mur de Berlin, qui sépare les deux parties de la ville, s'effondre et la réunification de l'Allemagne peut commencer.

Le 26 décembre, la Roumanie est libérée du tyran Ceausescu.

L'URSS n'aura plus qu'à bien se tenir dans son idéologie communiste. On connaît la suite.

 

Remarques de conclusion:

Que ceux qui n'aiment pas l'histoire me pardonnent. Peut-être n'ont-ils, d'ailleurs, pas atteint la lecture de ces dernières lignes.

Cette revue de quelques 27 années de petites et de grandes histoires dans l'Histoire avec un grand 'H' le fut avec l'énumération des dates qui n'étaient là que pour en suivre le fil. Cette vision légèrement biaisée par l'alterologie montre simplement que les événements de l'histoire, mémoire du monde, n'arrivent jamais par hasard et que si on veut l'oublier nous serons toujours condamnés de la revivre.

 

L'Enfoiré,

 


Citations :



  • "Notre histoire est telle que tout à coup, des gens ordinaires sont confrontés à des décisions majeures d'une manière à laquelle les gens ordinaires ne sont en général pas confrontés", John Maxwell Coetzee
  • "L'histoire se répète de manière caricaturale", Grégoire Bouillier
  • "Chaque histoire s'accompagne d'un nombre indéterminé d'anti-histoires dont chacune est complémentaire des autres", Claude Lévi-Strauss
.

 

A suivre, la semaine prochaine : (Période 1990-2005 : La période du doute)

 

07/04/2007

L'alterologie (1)

Volet 1: Les périodes troubles. (1945-1962)


ALTER (latin: autre) et LOGOS (sciences)

Ne cherchez pas le mot dans le dictionnaire français, comme je ne trouvais pas d'équivalent, je viens de l'inventer. Le mot "Alterology" existe mais ne désigne pas l'idée que je voulais utiliser pour cet article.

On parle de futurologie pour le futur, mais si on regardait vers le passé et si, face à un événement, une décision, on imaginait une voie différente qui aurait été prise en lieu et place de celle que le fil de notre histoire avait sélectionnée.

Un peu, l'analyse "What if" de notre utilitaire informatique favori bien connu.

Entreprise intéressante mais presqu'autant risquée que de deviner le futur.

Se demander pourquoi les choses se sont déroulées comme nous les avons vécues au devant d'une ou plusieurs alternatives n'est pas chose aisée.

Les événements se produisent par cassure d'un flux continu à la rencontre d'un croisement, d'un embranchement parfois lourd de conséquences.

Que serait-il arrivé après le choix de l'autre branche?

Le joueur d'échecs est un alterologue qui s'ignore en analysant à chaque fin de partie quel est le coup qui lui a fait perdre la partie. Les adeptes de "Wargames" sont des alterologues de haute stratégie.

Alors, prenons du recul, un peu d'imagination et tentons de nous lancer dans les élucubrations les plus fantasques.

La question est maintenant de savoir où commencer ce voyage dans la 'futurologie à l'envers' ?

Je ne vais pas commencer au Big Bang qui s'il n'avait pas existé m'aurait peut-être empêché de vous écrire aujourd'hui.

Egoïstement, me limitant à des événements connus, je commencerai vers la fin de la guerre.



"Et si Hitler l'avait gagnée cette "der des ders"?
Ou autre question: "S'il n'avait pas envoyé dans l'exil des scientifique tel qu'Einstein?"


"Si les Ricains n'étaient pas là, nous serions tous en Germanie", chantait Michel Sardou.
Je n'aurais probablement pas eu à me farcir l'apprentissage d'une deuxième ou d'une troisième langue.

Plus besoin de la créer dans la peine et le recueillement cette grande Europe, elle aurait existé de fait mais simplement sous un autre nom. Le chemin aurait été différent mais beaucoup, beaucoup moins libre.

Mais, continuons à cauchemarder un peu dans la fiction.

Hitler II, fils du patriarche, vient de céder son trône à son fils qui a pris le nom d’Hitler III.
Les enfants de l'école du coin sont allés en voyage scolaire visiter le plus grand mirador sur la côte près de Dunkerke. Cela fait un très bel ensemble dans le paysage qui n'en est pas trop altéré: la 3ème génération des bunkers les rend à peine visibles. Tout le monde vénère nos grands dignitaires à la tête du pays. Il y a bien ces terroristes américains et russes qui mettent les pieds sur notre sol illégalement et qui fomentent des troubles vite réprimés. Hier, pour l'anniversaire de la victoire, nous sommes allés en ville voir défiler en bon ordre les troupes militaires. Bel ensemble en cadence dans les flons flons chantant la gloire du régime. Je trouve qu'il y a encore un peu plus de têtes blondes que d'habitude dans les rangs. En rentrant, pour fêter l'événement, ma femme m'a préparé une de ses choucroutes dont elle a le secret. Le soir, la télévision a retransmis l'événement en différé et je n'ai pas pu revoir la petite altercation que j'ai pu constater de visu. C'est dommage, car j'aime bien un peu d'animation insolite et la banderole était multicolore, sur laquelle j'ai pu lire difficilement (nous étions trop loin) le début d'une phrase 'Liber...'. Ces terroristes sont vraiment malsains.

Pourtant nous avons été contrôlés tout au long du parcours. Comment cet individu a-t-il pu passer au travers de ces contrôles?

Bof. Je crois que l'année prochaine, le problème sera résolu et que l'on ne sera plus gêné et pris au dépourvu.

Mais, arrêtez, qu'est ce que cette voix? Pourquoi ça secoue autant?

Je me réveille en sueur, avec ma femme qui me regarde inquiète.

Si ce cauchemar fait encore plus froid dans le dos, si l'on pense qu'il aurait pu être une réalité si l'antisémitisme d'Hitler ne l'avait pas poussé à rejeter les savants hors de sa sphère d'influence tel que les Allemands: Albert Einstein, James Franck, Hans Bethe, les Autrichiens: Isidore Rabi, Wolfgang Pauli, les Italiens: Enrico Fermi, Emilio Segré et le Danois Niels Bohr (qui échappe de justesse à la Gestapo en 1943) !





Le jour du 'faux Grand Partage' du 4 février 1945 qui précède la fin de cette guerre, durant la Conférence de Yalta, apporte aussi la question suivante:

medium_L_alterologie_15.jpg"Et, si Roosevelt avait été mieux portant physiquement ou mieux préparé dans sa rencontre avec Staline et Churchill" ?

Le sort de l'Allemagne s'est décidé sur les bords de la mer Rouge. Elle fut découpée sur les plans en trois zones d'occupation et d'influence, la capitulation ne faisant quasiment aucun doute. Tout au long de la conférence, Roosevelt, malade et croyant à la loyauté de Staline, se laisse abuser par ses bonnes manières et sa bonhomie. Définies, ces sphères d'influence vont apporter un équilibre fictif aux puissances que représentent les Etats Unis, la Russie et l'Angleterre. Staline imposa ensuite un régime communiste à tous les pays libérés par son armée en violation de ses promesses. Le 17 juillet, à Potsdam, une nouvelle réunion concrétisa la victoire de Staline.

Staline, le seul 'rescapé' de Yalta, rencontra alors Truman et Attlee, leader travailliste britannique.
Le sort de l'Allemagne est celé. La guerre froide peut commencer.

Si Roosevelt, mieux portant, avait été plus à même de déceler le plan de Staline, peut-être aurait-il imposé une vue plus internationaliste faisant intervenir tous les belligérants vainqueurs de cette guerre. L'avenir de l'Europe aurait certainement été différent. Le rideau de fer et la guerre froide auraient été probablement moins négatifs.


"L'homme n'est pas entièrement coupable : il n'a pas commencé l'histoire ; ni tout à fait innocent puisqu'il la continue", Albert Camus



medium_L_alterologie_25.jpgEt si la fameuse bombe H, lancée tour à tour sur Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki trois jours plus tard et qui a entraîné dans la mort quelques 200.000 Japonais en l'espace d'une dizaine de secondes ou des suites de radiations, avait été plus difficile à construire ou si Albert Einstein et Oppenheimer et autres ingénieurs avaient eu un peu moins d'intelligence ou d'expertise pour y arriver?


"Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires", Pierre Dac


La réponse est simplement 'rien n'aurait été fondamentalement différent dans l'issue de la guerre'. La fin de la guerre entre le Japon et les Etats Unis était inexorable. Elle se serait très certainement achevée dans les semaines qui auraient suivi en épargnant ces centaines de milliers de morts parmi les populations civiles japonaises.

La propagande américaine, essayant de se justifier, n'a pas manqué de lancer la phrase magique: 'Notre bombe va épargner des milliers de morts aux Américains". Harry Truman dans ses mémoires écrivait, même, un million sans essayer d'étayer ces nouveaux chiffres.

Avec le recul, il s'avère au contraire que les Japonais étaient à ce moment-là sur les genoux. Ils étaient près à capituler et ne désiraient conserver que leur empire et leur empereur comme ultime revendication. L'armement venait à manquer, les militaires étaient à bout de souffle et si la résistance japonaise subsistait, c'était uniquement à cause de leur propre propagande qui présentait les Américains comme de vilains 'cannibales' qu'il fallait abattre sous peine de perdre son âme et son corps.
Les kamikazes (le "vent divin"), armes des désespérés, dans leurs rangs ne sont qu'un reflet de cette réalité.

Certaines femmes japonaises sur certaines îles ont été jusqu'à jeter leurs nouveau-nés du haut de falaises avant de les suivre de peur d'être envahies par ces soi-disant hommes sanguinaires qui allaient les violenter, les violer.

Il va sans dire que, durant toute guerre, l'espionnage renseigne les belligérants de l'état de faiblesse ou de force de l'ennemi et aurait pu confondre les propagandes de chaque côté.

La justification pour les dirigeants américains est peut-être à chercher ailleurs. Une fois en possession de cette bombe, ne se sont-ils pas sentis forcés de l'utiliser pour justifier les sommes engagées dans le projet Manhattan (quelques 2 milliards de dollars de l'époque avec un demi million de personnes gravitant autour du projet) et aussi pour vérifier, scientifiquement 'de visu' et dans la pratique, les effets d'une explosion nucléaire sur les humains. Si cela avait été loin des intentions, pourquoi n'avoir pas fait exploser en démonstration cette bombe dans une zone inhabitée pas trop loin des côtes du Japon pour ne pas risquer de passer inaperçue? Après l'explosion d'essai du 16 juillet 1945, l'américain Bainbridge devant le "spectacle grandiose" glisse à l'oreille de son patron "Maintenant, nous sommes tous des fils de pute".

Le président Truman qui venait de prendre la présidence des Etats-Unis depuis six semaines à peine, faisait l'apprentissage de sa nouvelle position et croyait ce qu'on pouvait lui dire sans beaucoup d'oppositions objectives.

La population américaine ne se rendait non plus pas compte que gagner la guerre, sans cette solution extrême, aurait pu être facile en fonction de la résistance qu'ils rencontraient, dans la douleur, à la conquête, une par une, des îles du Pacifique encore aux mains des Japonais.

D'autre part, les prémisses de la guerre froide entre les Etats Unis et la Russie apparaissaient et il était intéressant pour les Américains d'intimider les Russes en leur démontrant leur force militaire, Russie qui s'annonçait après Yalta comme une puissance naissante sur laquelle il fallait compter dans le future. Fallait-il bombarder Hiroshima et Nagasaki?


Si cette bombe n'avait été qu'un flop et n'avait pas explosé?


Vivrions-nous aujourd'hui l'hégémonie US sur laquelle tous les autres pays de la terre doivent compter? Certains n'ont pas manqué de qualifier l'usage de la bombe comme un crime. A vous d'en tirer les conclusions en fonction de votre sensibilité. (Mes sources: le docteur Henri FIRKET, président de l'Association Médicale pour la Prévention de la Guerre Nucléaire.).

Le 13 avril 1954, le physicien américain Oppenheimer, père de la bombe H allait être écarté de tous les projets de recherche de son pays. Il s'était rendu compte de manière trop explicite de l'impact de ses découvertes et donc coupable vis-à-vis de l'opinion générale. Ceci n'était évidemment pas une assurance de recevoir primes et médailles.
La paix dans le monde va se baser par la suite sur la peur commune, appelée "équilibre de la terreur". Des centaines de bombes vont ensuite secouer la planète pour tester les nouvelles 'avancées' guerrières pendant des dizaines d'années.

Neuf pays détiennent toujours aujourd'hui quelques 20.000 bombes en stock. Malgré le danger, la course à cet armement d'exception subsiste encore dans l'esprit de dirigeants de nouveaux pays candidats à son développement (l'Iran récemment). Le neuvième pays heureux 'chanceux', n'en est peut-être pas un. Il s'agit d'Israël qui joue dans le jeu subtil de ne jamais avouer qu'il en a une, mais, dans le même temps, ne pas dire qu'il n'en détient pas.

Parenthèse: Le 9 novembre 2005 à Oslo, le président de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, Mohamed El Baradeïle a reçu le prix Nobel de la paix 2005 et il n'a pas manqué de fustiger les Grands de ce monde dans son discours après avoir tenu tête à la puissance américaine pendant de nombreuses années en prônant l'abolition de toutes les armes nucléaires sur la planète.

Au lieu d'emprunter cette voie sans réelle issue, pourquoi n'avons-nous pas inventé par la suite, puisque certains disent que, la guerre, on n'y coupe pas, une anti "bombe à neutron" qui contrairement à cette dernière démolirait beaucoup de matériel et laisserait la vie sauve aux hommes? Dans une période de conflit, cette bombe utilisée, exploserait en plongeant ses adversaires dans un profond sommeil ou une hilarité temporaire qui annihilerait toute velléité guerrière traditionnelle pendant une période suffisante pour permettre une réflexion salutaire, une récupération de l'esprit de paix qui n'aurait jamais du les quitter?

Mais les armes non létales n'entraient pas dans les plans de l'époque. On en "parlera" dans le "Question à la Une" du futur 21 mars 2007. Mais ce ne "sera" pas la panacée non plus. Cela se fait à courte distance ce Taser et vaut mieux être en bonne santé pour être "tasé".

Je vous entends répliquer : "Mais, les adversaires, eux aussi, pourraient utiliser cette arme de dissuasion?

Je répondrais : "Et alors, la vérité se trouverait-elle toujours dans nos mains? Le bon et le mal ne se confondent-ils pas? Ce temps d'arrêt n'est-il pas l'occasion de se remettre en question?". Ce site va vous rappeler tout cela.

Le gaz moutarde a été abandonné après la première guerre mondiale non pas à cause de son manque d'efficacité redoutable, mais parce que son utilisation s'était révélée trop dépendante de vents capricieux qui ramenaient le danger dans son propre camp.

Une guerre 'traditionnelle' ne se termine jamais bien. Les deux partis se relèvent toujours affaiblis après cette épreuve, et le vainqueur se retrouve souvent face à une victoire à la Pyrrhus.

"Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le cœur des hommes", Albert Einstein

"La science peut mener à la découverte de l'énergie atomique mais elle ne peut pas nous préserver d'une catastrophe nucléaire", Vaclav Havel





Et si le Pacte de Varsovie n'avait pas du être signé tel quel le 14 mai 1955?


Ce pacte officialisait un statut découpant le monde en Etats membres de l'OTAN, alliés des USA et les Etats membres de ce Pacte de Varsovie, procommunistes.

Si en vainqueurs unis contre l'Allemagne nazie, la méfiance n'avait pas été de mise?
L'Europe aurait pu se construire beaucoup plus vite. Nous serions loin de prémisses qui auraient à décider de l'adoption d'une Constitution commune.

La puissance économique de cette Europe-là n'aurait rien à envier aux autres blocs.

Que de temps perdu dans cette course aux armements cherchant à montrer, par de nombreuses preuves coûteuses en vies humaines et en argent, la suprématie de l'un sur l'autre.

 

 



Et, si Nasser avait été moins charismatique et n'avait pas voulu sortir de l'engrenage de la domination étrangère (25-07-1956) ?

 

Le 26 juillet 1956, alors que personne ne s'y attendait, Gamal Abdel Nasser nationalise le canal de Suez. Il fait un discours musclé devant plus de 150.000 personnes pour fêté le quatrième anniversaire du renversement du roi Farouk.

Il renvoie les Britanniques dans leur quartier, peut-être, mais en même temps, il donne pour la première fois un sens à l'esprit arabe. En arrière plan, le barrage d'Assouan est dans ses projets pour sortir de la tutelle anglaise et donner par l'électricité, l'industrialisation. Le peuple arabe apprend maintenant qu'il existe vraiment sans les autres peuples. L'URSS va sauter sur l'occasion pour fournir les armes et les finances. La colère anglaise et française devra trouver son apaisement par la réaction énergique des Etats-Unis qui à leur tour, redoutaient une intervention soviétique. Le jeu de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette" a une étape de plus.



Et, si l'Europe ne m'était pas compté (25-03-1957), aurions-nous compté sur la scène internationale ?

Après d'âpres négociations tout de même, le réveil de 6 nations va relancer l'idée d'une Europe unie en retour en arrière. Eternel recommencement de l'histoire? La Rome antique qui s'était étendue sur la quasi totalité du continent européen. Le rêve n'est pas mort de vivre en commun. Il va renaître par force de l'industrie. Le social viendra peut-être bien plus tard. La paix par la fusion et l'abolition des frontières vont tenter de faire "autrement" que la tentative malheureuse de la dernière guerre qui sonne encore comme un rappel à l'ordre. Cinquante ans après, ça continue.


Et, si l'un des deux protagonistes les plus puissants du globe avait été un Docteur Folamour?


Nous n'aurions certainement plus à nous poser la question.

Un "Cuba libre". En 1959, Après sa victoire, Fidel Castro au régime marxiste, aux portes des Etats-Unis, était un talon d'Achille pour ceux-ci. Alors, si en plus, la menace devait se préciser et que la "Maison Mère" voulait placer ses "pions" sur l'île de l'allié improvisé ? Ces pions-là, des missiles en bonne et due formes, avaient le goût du souffre.

S'il existe un moment de l'histoire où notre Terre a bien failli basculer, on peut pointer la période trouble à Cuba, en octobre 1962, pendant laquelle J.F.Kennedy et Nikita Khrouchtchev se sont livré une combat de chefs. Ces deux fortes têtes se sont affrontées dans un duel de prestige, face à leur opinion publique, avec la peur de perdre la face vis-à-vis de l'autre. Ce jour-là, l'atome avec son office de destruction a été brandi comme menace et aurait pu nous rayer de la carte. Une sage décision de retrait a eu heureusement le dernier mot.


On aime résolument beaucoup à se faire peur dans le monde des humains.

 

L'Enfoiré,


Citations:

 

  • "Chaque homme est une humanité, une histoire universelle", Jules Michelet

  • "L'histoire ne tolère auncun intrus, elle choisit elle-même ses héros et rejette sans pitié les êtres qu'elle n'a pas élus, si grande soit la peine qu'ils se sont donnée", Stephan Zweig

  • "Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'Histoire est la la leçon la plus importante que l'Histoire nous enseigne", Aldous Huxley

.

La suite, la semaine prochaine..."L'âge tendre" de 1963 à 1989.

 

01/04/2007

Echappement libre

Pourquoi la bagnole aurait-elle, seule, le droit de s'éclater?

 

medium_Echappement_libre_00.7.jpgL 'article d'aujourd'hui est je crois aux antipodes du "politiquement correct". Mais le premier avril est le jour où tout peut se dire pour permettre un dérivatif jubilatoire.

Pour vous mettre au "parfum" du sujet (aille, le mot à ne pas dire), je vais laisser la parole à Pierre Perret que je laisserai entonner une parodie ou pastiche de sa chanson célèbre et qui s'appellerait cette fois "Le p’tit bruit".

 

 

Afin de nous ôter nos complexes
Ô gué, ô gué
On nous donne des cours un peu lestes
Ô gué, ô gué
On apprend la vie secrète
Des angoissés d' la comète
Ou de ceux qui trouvent dégourdi
De lâcher leur p'tit bruit
Une institutrice très sympathique
Nous en explique toute la mécanique
Elle dit nous allons planter le décor
Ô gué, ô gué
De l'appareil très commun d'accord
Ô gué, ô gué
Elle s'approche du tableau noir
On va p' têt' enfin savoir
Quel est cet ennui sacré qui a donc tant de devoir
Et sans hésiter elle nous dessine
Le p'tit trou et ses deux grosses copines
---
{Refrain:}
Tout tout tout
Vous saurez tout sur le le p'tit bruit
Le vrai, le faux
Le laid, le beau
Le dur, le mou
Qui fait le grand coup
Le gros raleur
Le p'tit dormeur
Le petit sifflé
Le reniflé
Tout tout tout tout
Je vous dirai tout sur le p'tit bruit
---
Des p'tits bruits y'en a d'toutes les odeurs
Ô gué, ô gué
Des boulangers jusqu'aux ramoneurs
Ô gué, ô gué
J'en ai vu des impusilfs
Qui troublaient tous les poncifs
J'en ai vu de moins voraces
Tomber dans les godasses
Celui d'un mécanicien en détresse
Qui a jamais pu réunir ses pièces
Y a le p'tit bruit tout propre du blanchisseur
Ô gué, ô gué
Celui qui excite l'humeur de ma sœur
Ô gué, ô gué
J'ai vu le p'tit bruit d'un curé
Avec son p'tit chapeau violet
Qui juste en pleine progression
S'éclate par la génuflexion
Un lever de p'tit bruit au crépuscule
Et celui du pape qui fait des bulles
---
{au refrain}
---
Le p'tit bruit musclé chez le routier
Ô gué, ô gué
Se reconnaît à son gros bruit bien roulé
Ô gué, ô gué
J'ai vu le p'tit bruit affolant
D'un trapéziste ambulant
Qui se surprenait sur la barre fixe avec ses enfants
L'alpiniste en escalade et en godasse
Magnifique les yeux sur la grande crevasse
J'ai entendu le grand p'tit bruit d'un p'tit bedeau
Ô gué, ô gué
Qui sonne l'angélus les mains dans le dos
Ô gué, ô gué
Celui d'un marin breton
Qui avait perdu ses pompons
Et celui d'un juif cossu
Qui s'étalait sur l' tissu
Celui d'un infirmier d'ambulance
Qui répétait uniquement dans les cas d'urgence.
---
{au refrain}
---

J'ai entendu le p'tit bruit des aristos
Ô gué, ô gué
Qui est toujours au bord de l'embargo
Ô gué, ô gué
J'ai roulé de la pâtisserie
Avec celui de mon mari
Avec celui d'un Chinois
J'ai même cassé des noix
Avec un p'tit bruit aux mœurs incertaines
J'ai même fait des ris de veau à l'ancienne.
Et puis y a celui de l'anonyme
Ô gué, ô gué
Qui n'a trouvé mieux que de jouer le mime
Ô gué, ô gué
Pour se donner l'air
De ne pas en avoir l'air
De braver tous les interdits
Par l'intermédaire de ce ptit chuichui
Avec un air tout angoissé et stressé
Oubliant qu'il ne s'agit qu'un vent bien pressé
---
{au refrain}
---
Et pour continuer y a celui de l'administrateur
Ô gué, ô gué
Qui n'en finit pas d'être le cul dans le beurre
Ô gué, ô gué
Parce que c'est simplement important
Et qu'il ne faut pas tomber dedans
De peur du méchant trou béant
Qu'attend très souvent les imprudents
Et puis en blanc le grand chirurgien
Pencher sur le patient le scalpel à la main
Se demandant s'il pourra
Ô gué, ô gué
Tout en gardant tout son aura
Ô gué, ô gué
Oser lâcher le p'tit bruit
Qui engendrerait enfin une petite fuit'
Mais, quitte à commencer une embrouille
Qui n'arrêterait pas de lui faire chatouille
---
{au refrain}
---
En parlant du p'tit bruit des médecins
Ô gué, ô gué
Qui auraient oublié d'invoquer le bassin
Ô gué, ô gué
Qu'il fallait se mettre dedans
Pour effacer le petit pincement
Qui se déroule et puis s'enroule
Pour finir pas se mettre en boule
Avec un p'tit bruit aux pensées vaines
J'ai même fait des saucisses à l'ancienne
Quand on pense à l'automobiliste
Ô gué, ô gué
Qui a force d'effort digne d'équilibriste
Ô gué, ô gué
Sans vouloir jouer le polisson
En arrive à demander pardon
Au policier tout courroucé
En attente de ses papiers
Rougissant de cette situation bien étriquée
Avec le carnet à la main très énervée

---
{au refrain}
---
Et aussi, y a celui des programmeurs
Ô gué, ô gué
Toujours à la recherche de la primeur
Ô gué, ô gué
Pour rester de bonne humeur
En distillant les meilleurs odeurs
Que n'envieraient pas celui des cyclistes
Qui se déplacent jusqu'en bout de piste
Et qui n'ont vraiment cure
De s'en concocter une bien mûre
---
{au refrain}
---
En pensant à la chanson originale
Ô gué, ô gué
Qui ne se trouve d’ailleurs pas loin de la région anale
Ô gué, ô gué
Il y a encore beaucoup de choses à dire
Même si cela pourrait être encore bien pire
Mais il faut bien s’arrêter là
Car il ne faut pas embêter les fadas
Qui, pour sûr, n’en resterait pas là
Ou qui finalement ne penserait plus qu’à ça
Et aussi ceux de la haute
Qui penserait trouver la minute bien chaude
Si le p’tit bruit nous permet d’avancer
Il faudra bien sûr l’excuser
En espérant qu’il ne laisse de traces
En s’étouffant dans toute la masse
Pour oser épater la galerie
En se fendant la pomme en harakiri
Pour faire échapper ce p’tit bruit
Qui dans le fond est bien gentil.
---
{au refrain}

 

Le désirez-vous sous forme de poème;

 

medium_Echappement_libre.2.jpgSi d'aventure, vous vous rencontrez dans les couloirs, si le besoin se fait sentir, lancez-vous dans l'échappement libre, ce sera le cri de ralliement en ce jour de poisson.

Et si le côté olfactif reprenait du poil de la bête et venait à s'"engluer" dans le local, il restera encore une fois à appeler Pierre Perret à la rescousse avec "Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux... Laissez les s'envoler la haut, c'est beau...".

Dans certains pays dont l'Inde, où les végétariens sont nombreux, le pet et le rot ne font pas crier au scandale. Juste rétribution physilogique, en somme... Dans nos pays, on veut avoir le nez fin. bien pincé...

Non, il ne faut pas rire du poisson, il faut péter de rire. Ne sera-ce pas la meilleure manière de prendre du recul pendant l'espace d'un jour sur les choses moins drôles du reste de l'année?

 

L'enfoiré,

medium_Echappement_libre_99.jpg

Citations :  

  • ·         "Plus une eau est pure, moins elle a de poissons", Proverbe chinois

·         "Tous les poissons mangent les gens, C'est le requin seul qu'on blâme.", Proverbe martiniquais

·         "L'esprit ne vient au poisson que lorsqu'il est pris au filet.", Proverbe turc

  •   "Quand l'appât vaut plus cher que le poisson, il vaut mieux arrêter de pêcher", Proverbe créole
  •   "Il n'est scientifiquement pas prouvé que le poisson développe l'intelligence mais il stimule incontestablement l'imagination du pêcheur.", Anonyme

 

25/03/2007

Les phares de la chanson

Pourquoi certains chanteurs passent-ils allègrement de génération en génération sans prendre une seule ride et d'autres, moins chanceux, peut-être, se font oublier après le premier tube?


medium_Les_phares_de_la_chanson.jpgLe 29 octobre 1981, mourait Georges Brassens près de Montpellier. Il y avait donc 25 ans. Je mme souviens, j'étais en vacances en septembre à côté de Sète, les journaux déjà préparaient cet anniversaire. Il reste aujourd'hui toujours écouté avec plaisir par les anciens et les nouveaux. Michel Jonas a repris récemment sa chanson "Les copains d'abord".

Paradoxe, nostalgie exarcerbée ou même maladive? Pas du tout, certains traversent l'histoire de ses contemporains et des générations qui suivent avec le même bonheur. Leurs mélodies restent dans les mémoires comme des réflexes, des leitmotivs qui se transmettent de bouche à oreille sans même se rappeler de l'origine alors qu'alors ils allaient à contre sens des habitudes au départ. Poèmes-chansons qui peuvent très bien être seulement lus et scandés, tellement bien balancés, tellement naturels que même la musique n'apporte qu'un complément de second plan.

On peut même constater que, comme cela l'a été pour beaucoup de peintres, leur valeur devient mieux reconnue et encore plus importante après la mort temporelle de la chanson ou celle de l'auteur. On aime ou on déteste, mais ces artistes ne laissent pas indifférent.

N'oublions pas les "ténors", amusant ce mot dans le contexte, qui ne sont plus de ce monde et qui ont malgré tout n'ont pas eu la chance de continuer l'étoile filante, comme l'a fait et emporté avec eux, Georges Brassens, dont on vient de se rappeler, Daniel Balavoine, Gilbert Bécaud, Jacques Brel, Dalida, Joe Dassin, Léo Ferré, Claude François, Serge Gainsbourg, Claude Nougaro, Charles Trénet et la Môme Piaf dont on vient de rappeler l'histoire au cinéma.

A titre posthume, ils ont et auront, tous, marqué leur époque d'une emprunte indélébile dans les esprits et dans les chansons qui se fredonnent par coeur sans même savoir pourquoi. Ils ont souvent toujours leur fan club bien après leur mort.

Le 7 janvier 2007, un hommage avait été fait à Joé Dassin chez Drucker. Lors d'un inteview ancien, il lui était demandé s'il resterait longtemps dans le showbiz. Sa réponse m'a frappé par son réalisme: "Je resterai jusque quand je resterai spontané et que je sentirai mon public me suivre. Après, j'arrêterai."

Dans ceux qui font toujours parler d'eux, j'en oublierai, c'est sûr. Que l'on me pardonne ainsi que pour la liste non exhaustive qui va suivre. Ce n'est pas par parti pris mais seulement des chanteurs qui font partie de ma jeunesse et d'aujourd'hui.

Toujours dans la course des générations comme (par ordre alphabétique):

Salvatore Adamo, Charles Aznavour, Julien Clerc, Jean Ferrat, Michel Fugain, Johnny Halliday, Serge Lama, Enrico Macias, Henri Salvador, Michel Sardou, William Sheller chez les hommes Annie Cordy, Mireille Mathieu, Nana Mouskouri, Véronique Sanson chez les dames. Pourquoi eux et elles? Originalité, charisme, style ?

Ces chanteurs d'exception traversent allègrement les générations de fans et ont imprimé leur style à tel point que les années ne semblent pas ternir leur présence. Une véritable carrière dans le domaine de la chanson est vraiment une exception. Les places sont chères et il faut s'accrocher pour subsister sur la scène et sous les projecteurs. Les comètes sont nombreuses et elles suivent souvent des moments en symbiose avec le public pour disparaître complètement par la suite ou parfois se retrouver transformées, "relookées", dirons-nous aujourd'hui, après de nombreuses années.

La chance de satisfaire le public ne s'inventent pas. Un air entraînant, original, pourra bien s'accorder pendant un certain temps mais demande une continuation, une répétition dans le "genre" et du caractère original. Pas facile quand l'originalité est trop particulière et, par là, "inimitable". Chanter l'"amour" n'est pas une sinécure quand il faut se répéter, se cantonner pour répondre aux attentes de son public. Le risque est trop grand de décevoir. Peu font le pas. Etre l'interprète et en plus le parolier, le mélodiste de ses chansons ajouteront des couches de protection successives contre l'abandon du public. Car ce "merveilleux" public est bien ingrat. Il oublie (trop) vite. Combien de chanteurs peuvent se permettre de quitter la rampe bien longtemps et réapparaître ensuite? La pause carrière n'existe pas dans le métier.

"Je m'voyais déjà", chantait Charles Aznavour.

 

"Le chanteur" qui voulait bien réussir sa vie comme Balavoine l'avait bien démarrée mais une mort trop jeune arrêta net une carrière tellement prometteuse. Ses chansons continuent pourtant à plaire sans gagner de rides.

On se rappelle de l'idée originale du film récent 'Jean Philippe" avec Fabrice Lucchini, qui joue le cadre moyen, qui est un fan absolu de Johnny Hallyday, mais qui, un jour, se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas et là, c'est l'incompréhension et la révolte.

Des milliers de chansons sous forme de cassettes, de CD ou de clips sont envoyées aux éditeurs de musique pour passer le premier examen. Parfois parrainé financièrement, le chanteur en "herbe" se verra ouvrir plus facilement les portes, bien sûr. Les risques de l'opération sont à charge du demandeur et de l'éditeur. Le pourcentage de chance de gains et de succès sont souvent bien mince pour le futur chanteur. Des contrats d'exclusivité cloisonnent les envies de sortir du système prédéfini. L'ajout de "show business" en arrière plan à l'interprétation de la chanson est devenu trop souvent une obligation. La promotion par le passage en radio ou en TV passe par les "majors". La Star Ac, elle, n'est qu'un tremplin en apparence. Sans être réellement truqués, les concours ont des résultats souvent crénelés et pas forcément par le public. Trouver son public de prédilection fait partie de l'entreprise de consolidation.  Incompris, et c'est le retour aux années de vaches maigres. Les sirènes de la gloire auront simplement passé leur chemin et cela, définitivement. Pas de deuxième session.

Un changement de mode, une perte d'audience médiatique, un impressario qui n'est pas ou plus à la hauteur?

Nostalgiques, de nombreuses émissions de télévision et de radio consacrent ces idoles en souvenir de ce "temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître". Cela plait manifestement.

Certains font un "come back" et reviennent sur les planches alors qu'ils furent des stars des années 60. La tournée "Age tendre et tête de bois" avec Richard Anthony, Michèle Torr, Frank Alamo, Chantale Goya, qui, avec les enfants pour public, se dit "indestructible". Le disque n'est pas "rayéyé" mais les fidèles de "salut les copains" reprennent leur place avec la claque pour se payer une dernière "surprise-partie".

En dehors, des personnages eux-mêmes, il y a ce qu'on appelle les tubes, les vrais, qui passent allègrement les années dans l'inconscient des gens. Les chansons des années 80 sont de celles-là. Michel Drucker consacrait sont émission phare du 4 mars 2007 à ces lumières sans date de péremption. "Les brunes comptent pas pour des prunes", "Africa", "Les démons de minuit", "Voyage, voyage", "Quand la musique est bonne"...

Les chansons populaires, certains diront être complètement idiotes. Une idiotie que des auteurs voudraient avoir plus souvent.

Rythmes, flashs, petits bonheurs en conserve, même si leurs auteurs sont un peu passé au nième plan ?

Les chansons, qu'on le veuille ou non, sont le miroir d'une époque ou de plusieurs. Ce n'est pas un art aussi futile qu'il y paraît. Les auteurs de grande musique des siècles passés nous apportent le souvenir, le reflet de ce qu'ils ont ressenti en leur temps. Certaines chansons des rues nous sont restées bien que les goûts aient naturellement changé. Les problèmes d'une époque ne sont pas tellement différents d'une autre. Amours et amitiés font partie de ces passe-murailles des siècles.

Dernièrement, les Victoires de la Musique couronnait des auteurs comme Bénabar, Olivia Ruiz et Grand Corps Malade, tous trois, reflets de notre temps. Seront-ils de nouveaux phares dans le futur? Les véritables phares sont ceux qui le restent dans la durée.

Décidemment, Radio Nostalgie aura encore de beaux jours devant elle. Et Brassens, même, si ce n'était pas de la "grande musique" aura apporté ce subtil mélange entre musique, texte et originalité.

A vos karaoké.

 

Un petit tour du côté d'Agoravox pour agrémenter les notes.

 

L'enfoiré,


Citations:


  • "La chanson est l'Art de l'Instant.", Charlélie Couture

  • "Je fais des chansons comme un pommier fait des pommes.", Charles Trenet

  • "L'amour comme la guerre, on le fait avec des chansons.", José Hernandez

  • "Les chansons sont faites pour faire rêver.", Pierre Perret


 

22/03/2007

Le sacre de l'homme - de l'agriculture aux grandes cités

medium_Le_sacre_de_l_homme.jpg

Anne-Michèle Cremer, journaliste à la RTBF, nous proposait ce 22 mars de remonter 12 mille ans en arrière, à la fin de la Préhistoire et à l'origine des premières civilisations. Elle reçevait Jacques Malaterre, le réalisateur du docu-fiction "Le sacre de l'homme - de l'agriculture aux grandes cités".
Ce film sera diffusé le 25 mars à 20H50 sur la Une télé en Belgique. Il était donc urgent de savoir

Le choix musical de l'invité : Faudel, avec "Dis-leur qu'ils s'aiment".

AMC : "S'il y a des hommes dans cette ville où tu marcheras dis-leur qu'au loin, comme eux, d'autres hommes ont froid, qu'ils ont si peur qu'ils en oublient trop souvent l'amour, dis-leur aussi qu'un jour nous n'aurons plus que ça". C'est ce que dit Faudel. C'est un constat assez triste de ce qu'est devenu l'humanité. Vous voulez dire quoi par là ? Qu'il faut repenser à ceux qui ont souffert pour nous amener là où on est ?

  • Il faut écouter ce proverbe africain qui dit : « quand tu ne sais plus où tu vas, regarde d'où tu viens » et se pencher sur notre histoire. Essayer de comprendre les mécanismes que nos ancêtres ont mis en place pour que nous existions aujourd'hui. Ce qui c'est passé avant, c'est, peut-être, préparer mieux le futur de nos enfants.

AMC : Vous êtes revenu aux origines de l'homme, on est dans une période-clé. Douze mille ans, on sort de la préhistoire avec les premières civilisations. L'homme quitte la vie nomade, il se sédentarise, il découvre le commerce, l'agriculture, la médecine, les religions. Finalement ce sont les jalons de notre société actuelle ?

  • Le néolithique, fin de la préhistoire et début des grandes civilisations, c'est une période qui a souvent été oubliée de l'histoire. On parle de Rome, de la Grèce ou de l'Égypte et puis on oublie ce moment où finalement l'homme va poser les bases de la société. Il va commencer à inventer la chefferie, un système social, un système économique. Il va avant découvrir l'agriculture et l'élevage, parce ce qui est très bizarre dans son histoire, c'est qu'un jour la Planète se réchauffe. On est encore d'actualité. En se réchauffant, il y a un climat beaucoup plus accueillant et il décide de poser ses bagages et de ne plus bouger parce qu'il a suffisamment. Il est chasseur-cueilleur. Il a suffisamment de graines, sûrement des animaux à portée de main et, petit à petit en observant cette nature, il va devenir la nature lui-même parce qu'il va apprendre à faire pousser les plantes, à faire grandir les animaux. A partir de ce moment-là, il commence à se prendre pour Dieu aussi.

AMC : Justement, ce sont des concepts beaucoup plus abstraits que dans les premiers films que vous avez faits. Il y a la propriété, le clan, les premières guerres aussi, Dieu...

  • On est loin de la découverte du feu, du singe qui se met debout parce qu'il se retrouve dans la Savane. On est dans des concepts plus intérieurs à nous, finalement très émotionnels, qui servent la dramaturgie du film puisqu'on va raconter comment notre pensée s'est faite, notre pensée du cœur, aussi. Dans ces douze mille ans, il se passe plein d'inventions parce que l'homme continue à inventer. Il invente la roue, la médecine, l'art. Ça explose un peu de partout comme si on devait raconter le 21ème siècle.

AMC : On voit déjà une trépanation par exemple dans votre film ?

  • On sait que cela a existé et que les gens s'en sortaient puisqu'on a retrouvé des crânes ressoudés. Il va essayer de comprendre les mystères de la nature. Plus il les comprend, plus il la maîtrise, plus il la maîtrise, plus il invente de belles choses, mais aussi des moins jolies parce que la propriété, le capital, fait qu'il va commencer à désirer ce qu'a son voisin et c'est le début des guerres.

AMC : Difficile à montrer? Vous avez décidé de suivre quatre personnages et essayer de les montrer. Est-ce que ce n'est pas un peu réducteur ? Parfois, on dit : ah oui l'agriculture, il se trouve dans une grotte, a des graines en main qui tombent, de l'eau qui tombe dessus et puis il se dit : mais, oui, c'est ça, c'est l'irrigation.

  • On peut appeler ça réducteur, mais en même temps ce qu'on appelle documentaire-fiction c'est finalement raconter par la dramaturgie, raconter par des personnages, des gens auxquels on va pouvoir s'identifier, un peu d'histoire de notre histoire. Je crois qu'à l'issue d'une film comme « L'Odyssée de l'espèce homo sapiens ou le Sacre de l'homme » il ne faut pas avoir retenu comme si on avait assisté à deux heures de cours. Il faut avoir retenu les grandes lignées de ce qui a pu se passer en douze mille ans pour peut-être si on a envie d'en savoir plus aller plus loin et si ça nous suffit, juste en tirer les enseignements pour sa vie. Quatre destins vont nous promener de moins douze mille à moins deux mille. En s'identifiant à eux, on va peut-être comprendre les mécanismes de l'histoire de nos ancêtres...

AMC : La première partie c'est la sédentarisation. Comment est-ce qu'on en arrive à s'arrêter ? Parce qu'il découvre les peaux, la pierre creusée, le pilon ? Est-ce que c'est à cause de cela qu'ils se sont arrêtés ou c'est un ensemble d'éléments plutôt ?

  • Un ensemble d'éléments. Il y a eu vraiment ce réchauffement climatique qui a fait que d'un coup, il s'est arrêté de suivre les grands troupeaux qui restaient à la même place. Il a eu de quoi se nourrir sur la place, de l'orge et du blé sauvage qu'il pouvait cueillir. En posant ses bagages, il a commencé à faire des greniers à grains,  des objets pour broyer ce grain, de la farine. Plus il capitalisait, moins il pouvait bouger. On suppose que la sédentarisation a commencé par là.

AMC : Ce qui est bizarre c'est qu'elle commence avant que l'agriculture soit née. On a l'impression que c'est toujours l'inverse.

  • C'est le moment où il s'arrête qu'il va pouvoir observer de très près la nature et s'apercevoir que chaque saison, dans le même champ, pousse du blé sauvage et que parce qu'il a laissé tomber des graines peut-être un jour, l'année d'après, elles ont poussé. Une espèce de confort l'a poussé à arrêter le nomadisme et puis, en observant la nature, il va découvrir l'agriculture et enfin, l'élevage.

AMC : La domestication des animaux aussi. Les animaux jouent un rôle vraiment important dans vos films.

  • Jusqu'à ce qu'à ce que l'homme domestique l'animal et comprenne tous les principes de l'élevage, ses Dieux étaient représentés par des animaux. A partir du moment où il comprend l'élevage et l'agriculture, il se dit qu'il est devenu la nature. Ses divinités, il ne les représente plus par des effigies d'animaux, mais par des effigies humaines.

AMC : L'homme crée Dieu à son image dès qu'il s'est senti capable de domestiquer les animaux.

  • Dès qu'il s'est senti supérieur à la nature, il s'est dit les esprits d'ailleurs ont mon image.

AMC : Ils ont quand même un Dieu. Ils appartiennent au clan. Ils ont une Déesse, une femme d'abord souvent. La femme, c'est la force. Et c'est là où on situe homo sapiens et Neandertal: à partir du moment où l'homme commence à enterrer ses morts, ne les laisse plus sur le chemin comme le faisait homo rectus, à donner des présents. On découvre des présents dans l'intérieur même des tombes d'homo sapiens il y a plus de cent mille ans. Ça veut dire qu'il commence à penser qu'il y a une vie après la mort, qu'il commence à vouloir projeter son image dans un ailleurs qu'il ne voit pas, mais qu'il imagine : différence entre l'homme et l'animal. Depuis cent mille ans, bien avant qu'il se sédentarise, homo sapiens pense qu'il y a une vie après la mort, en tout cas qu'il y a des forces divines qui font qu'il habite sur cette terre-là. Il devient plus pragmatique et commence à avoir des cultes plus rigoureux, à créer une maison des morts où les morts sont enterrés, à garder le crâne de ses ancêtres, qui sont blanchis à la chaux. On refait les dessins sur le visage pour essayer de garder l'esprit de l'ancêtre important dans la famille. Il commence vraiment à développer tout ce qui peut se passer après la mort, à l'organiser et en faire une histoire.

AMC : C'était aussi les grands jalons de notre société moderne : la propriété, les premières guerres, la dispute pour la propriété, la chefferie, l'organisation politique, les premiers despotes qui arrivent à cette époque-là.

  • Aujourd'hui, modestes citoyens, dès qu'on parle de pouvoir ou de politique, on a l'impression de toucher à un monde virtuel qui appartient à quelques élus que nous élisons régulièrement. Là, en fait, on s'aperçoit qu'il y a douze mille ans, ce sont nos ancêtres qui ont mis en place ce système politique pour essayer d'organiser la vie humaine, parce qu'on est de plus en plus nombreux. Jusqu'à moins trois mille cents, moins quatre mille, c'est plutôt un Conseil des Sages qui arrive à régler les choses et la chefferie va se mettre en place petit à petit, parce que certainement quelqu'un un jour s'est dit : tiens, je vais prendre les décisions pour les autres et puis en prenant les décisions pour les autres, j'ai peut-être droit à un peu plus que les autres et c'est comme ça qu'on a inventé l'impôt.

AMC : Il y a quelqu'un qui doit prendre une décision à un moment donné. On ne peut pas demander à tout le monde son avis. Petit à petit, il le montre, il devient un véritable despote dans votre film.

  • Il y a eu tout de suite l'abus de pouvoir. C'est là où cette histoire-là est jolie parce que des choses se reproduisent et l'homme aussi. A partir du moment où il devient très nombreux, qu'il multiplie l'élevage, il est victime des épidémies. On a un peu l'impression que l'histoire n'est qu'un éternel recommencement à échelle plus ou moins grande, selon qu'on est plus ou moins nombreux sur la Planète.

AMC : Juste dire un mot sur le langage utilisé par vos comédiens. C'est quelle langue ?

  • Dans l'histoire un et deux, on a fait comme dans les premiers, on a inventé en essayant d'imaginer par rapport aux sons qui ont donné les langues après, ce que ça pouvait être. Et puis comme dans l'histoire trois et quatre, on a vraiment écrit des dialogues en français qui ont été traduits par des scientifiques dans deux langues mortes. Dans l'histoire trois, c'est de l'acadien, pas du tout l'acadien qu'on connaît au Canada actuellement. Dans l'histoire quatre, c'est du sumérien. Les acteurs ont dû apprendre tout ça par cœur, le faire propre pour pouvoir après mieux le jouer, l'interpréter comme si c'était leur langue de tous les jours.

AMC : N'est-ce pas trop difficile d'essayer d'avoir son cœur de réalisateur d'un film et en même temps, faire coller à l'histoire puisque vous avez travaillé avec des conseillers scientifiques, dont Yves Coppens ?

  • Yves Coppens, Jean Ghislain, grand spécialiste du néolithique. Cela ne me gêne pas en tant que réalisateur parce que je pense qu'un réalisateur ce n'est pas un artiste, c'est juste un passeur d'histoire, un voyageur qui s'assoit dans l'auberge et vient raconter ce qu'il a vu dans l'autre pays. Au contraire, c'est scientifiquement chargé de leur savoir et à moi, avec mes moyens de raconteurs d'histoire de le transmettre aux spectateurs.

AMC : Vous leur soumettez l'histoire, ils changent des choses ?

  • On écrit d'abord ce qu'on peut appeler une Bible scientifique. Qu'est-ce qui est important à raconter dans cette période-là. Après nous, "artistes" entre guillemets ont va rêver cette histoire-là et puis on le retransmet pour que notre rêve ne soit pas leur cauchemar.

 

Sur Agoravox, des commentaires en réflexions nostalgique 

17/03/2007

En manque d'"europlanisme"

Depuis plus de cinq ans, nous comptons en euros. Et lui, on le suit à la trace. "Mais, à part ça", comme on dit dans la chanson et certains rêveurs qui en espéraient bien plus de l'idée européenne? Mystère ou bonheur mal compris. "Planisme"= "Doctrine selon laquelle l'expansion économique ne peut être assurée sans risque qu'au moyen de la planification" (Larousse).

 

medium_En_manque_d_euro_planisme_00.jpgLe 25 mars 2007, c'est la fête pour l'Europe. Son cinquantième anniversaire via le Traité de Rome qui instituait et concoctait, de fait, la Communauté européenne. Cette idéologie a généré un enthousiasme sans conteste. Ce sera probablement le cas encore le 24 mars à Bruxelles. La différence sera plus de monde pour applaudir: de 6 membres, la CE est passée à 27 aujourd'hui. L'objectif initial était volontairement un rapprochement économique des Etats membres pas avec une intégration politique. Ce stade arrivera en 1986 avec l'Acte unique européen. Aujourd'hui, l'Europe est en panne. Après l'élargissement de 2004, l'idée maitresse d'éviter les guerres et la famine ne suffit plus, il faut remotiver et remobiliser les populations. Le "non' français et hollandais à la Constitution est à considérer pour remodeler ce melting pot.

Une concertation entre les acteurs d'une pièce avec des accents, des cultures, des religions et des langues différentes est pourtant à l'origine d'un planisme imparfait. Les acteurs de la discorde sont pourtant tous des Européens plus ou moins convaincus et qui vivent, jusque à présent du moins, géographiquement sur le même continent.

medium_En_manque_d_euro_planisme_Menopause.2.jpgL'opinion des européens est souvent assez négatives. La monnaie unique, l'euro, est considérée avantageux par moins d'un européen sur deux. Quand il s'agit d'accentuer la cohésion par des réunions des mandataires, un dialogue de sourds s'engage dans l'hémicycle de la CE à Bruxelles. En finale, les échecs sont trop souvent remisés à une prochaine réunion.  Surtout ne pas toucher à la souveraineté des membres. Les concertations manquantes n'ont pu uniformiser des situations par la recherche des bons points de chacun et le rejet de ce qui manifestement n'apporterait aucun bénéfice commun. La pièce est pourtant jouable, mais elle semble être une suite de plans, d'actes avec trop de metteurs en scènes. Le plus petit commun dénominateur pour le social a été choisi pour colle à cet ensemble hétéroclite. 

Des directives célèbres, type "Bolkenstein" ont été vivement contestés, remodelés, recontestés et c'est tant mieux. Mais, qui n'avance pas, recule, dit-on.

Le prix d'un magazine français acheté en Belgique est 53%. plus cher qu'à Paris d'où le magazine est issu. Un rapide calcul, je suis à Bruxelles, donc 300 kilomètres qui séparent producteur et consommateur. Distance Paris et Nice, 640 kilomètres. Le nationalisme a encore des lunes de réflexions avant d'arriver à une uniformité sociale et commerciale.

Dans l'enseignement, très innocemment, fin du mois d'aout, l'acceptation des inscrits pour l'année de cours suivante doit passer par un nouveau jeu pour la Communauté Française en Belgique: le "loto". Pas le loto sportif, mais le loto intellectuel qui ne s'embarrasse pas de choisir de manière réfléchie et en connaissance de cause des valeurs des jeunes, eux-mêmes. Trop d'étudiants se présentent pour suivre des cours qui tournent autour de la santé. Ce secteur coûte trop d'argent. Pourquoi investir dans cette direction trop prétentieuse et avec trop de prétentions?medium_En_manque_d_euro_planisme_Europe_Journee.jpgLe trop plein d'étudiants ne se voit pas en provenance de bien plus loin: France, Pays Bas, Allemagne.

Les particularismes qui se perpétuent. Les autoroutes ne s'arrêtent pas aux frontières des "anciens" états qui constituent notre Europe, mais sont bel et bien constituées du même bitume, des mêmes conventions de conduite à de très rares exceptions près (elles s'uniformisent, bien). Tout semble aller dans le bon sens, oui, mais... Pour des raisons commerciales pures, des raisons qui n'ont plus rien avoir avec l'état qui a cédé dans beaucoup de pays ses droits de préemption au privé, voilà que l'on continue à penser instaurer des vignettes, des péages de toutes formes sur ces autoroutes en oubliant que certaines frontières ouvertes devaient s'accompagner de mesures drastiques de partage et de solidarité dans la maintenance et dans la récolte des fonds pour l'assurer.

Les créateurs, "les marchands d'Europe", auront beau jeu de citer pas mal de points positifs à notre européanisation. Et ils auront raison dans le fond. Nous avons fait beaucoup de chemins mais il y a un véritable boulevard en avant plan.

L'aide apportée aux entreprises nationales par les gouvernements européens profiterait souvent aux autres pays (Echo du 3/11/2006). Alors, il faut donner l'impression de défendre les entreprises "nationales" contre leurs concurrents "étrangers", étrangers mais peut-être aussi européens. Du "patriotisme économique" (expression du 1er ministre De Villepin) au "protectionnisme", pas beacoup de différence. Il était constaté dans le même article que le lien entre les nations européennes et les entreprises étaient de plus en plus ténu. Insensiblement, on divise tout de même l'Europe en blocs d'influences, en grands et petits.

Entre temps, le chiffre d'affaire de l'entreprise généré à domicile, lui, ne s'élève qu'à 38% en moyenne et continue à baisser. Les emplois suivent le même rythme que les ventes.

En janvier 2007, la simplification des brevets européens était aussi à l'agenda des parlementaires à Paris. Des entrepreneurs et des scientifiques étaient à l'affut. Payer une fortune pour l'obtention d'un titre de propriété dans chaque "morceau" d'Europe.

En février, à la Commission, on parlait de l'eCommerce pour protéger les consommateurs de biens par les achats électroniques. Les recours ne sont actuellement pas très nombreux en cas de litiges hors frontières. Nous sommes à l'étage du dessous, celui du national.

medium_En_manque_d_euro_planisme_Ozone.jpgUne politique d'approvisionnement et de recherches des sources d'énergie auront bientôt atteint un point d'importance sans précédent. La Commission dévoilait en début d'année un "embryon" de politique énergétique commune. Sur la table des négociations, tout y est en vrac: sécurité d'approvisionnement, réduction du CO2, ozone, renouvelable, charbon, nucléaire. Conclusion: c'est à chaque État membre qu'appartient la décision de recourir ou non au nucléaire.

Le problème de l'immigration, vaste sujet, tellement vaste qu'il y a encore des difficultés de le placer au bon niveau de l'Europe. Les pays qui sont les plus au Sud, près des frontières naturelles avec l'importation de main d'oeuvre à "bon marché obligatoire" ne savent plus absorber le flux de l'immigration. Alors, quand on s'essouffle on ne court plus. Quand l'eau coule trop rapidement du robinet, ferme-t-on le robinet ou agrandit-on le bassin en dessous? Une gestion des frontières complexifiée est une réalité. Que l'on ne recommence surtout pas la solution Ceuta et Méllilia. Bizarrement, les pays considèrent ce contrôle des frontières comme national et veulent continuer à le chapeauter via des directives nationales. La sécurité, ça ne se donne pas, on s'en assure soi-même. Alors, on filtre, on enregistre les voyageurs, on stocke des informations chacun de son côté.

medium_En_manque_d_euro_planisme_Michel.3.jpgDernièrement, à la "Foire du Livre" de Bruxelles, j'assistais à une interview en commun de deux convaincus, anciens premiers ministres belges, Marc Eyskens et Wilfried Martens qui étaient là pour la promotion de leur livre. Ils n'ont pas manqué de citer avec ferveur les bons points de notre UE. Les cultures différentes qui naturellement apportaient notre richesse intellectuelle et fonctionnelle. J'ai pourtant été très surpris qu'ils n'ont, tous deux, jamais relevé avec emphase les difficultés qui résident dans l'utilisation de langues aussi diverses dans notre concert des nations. Tous deux sont flamands et c'est peut-être la raison qui les a poussé à ne pas citer notre problème typiquement belge: les langues. Le séparatisme est envisagé même à ce niveau réduit. Se comprendre pour commercer est une obligation. Transiter par une langue passepartout internationale (anglais ou espéranto) est peut-être la solution mais qui se cantonnera toujours à des classes sociales privilégiées ou dans le grand commerce. La langue maternelle, celle du terroir, véhicule de nos pensées intimes restera encore longtemps l'obstacle à une intégration homogène. Les patois, les accents, enfin, ne sont que des preuves de plus que même dans une seule et même langue,.

Philippe Maystadt, président de la BEI, osait parler de crise grave pour cette oeuvre de paix, de démocratie et de prospérité à l'origine.

Le vicomte Etienne Davignon (commissaire européen de 1977 à 1985 remarque à juste titre que l'Europe a bel et bien changé nos vies (Echo 20-mars-2007). Il a vu grandir l'UE.  En Belgique, le patronat avait rejeté le traité de Rome. La confiance en l'Europe est trop dépendante de la passion que les gouvernements ont en elle. 

6ee7132aaff2a73c15954796b7fc1a9f.jpgAu sujet de l'Europe et de ses institutions, une information m'est apparue, troublante. Il existe au sein du Parlement Européen un usage bien ancré qui fait qu'une fois par mois, le parlement européen, au grand complet, déménage pour quelques jours à Strasbourg avec tous ses collaborateurs et un inventaire de bureaux presque complet. La seule raison en est la volonté de la France qu'il en soit ainsi. Cependant, 99% de la facture (environ 200 millions d'euros pas an) est payée par les autres pays membres. Aujourd'hui, un certain nombre de parlementaires de différents partis et de différentes nations, ont entamé une action pour stopper ce gaspillage ridicule de capitaux. Pour cela, ils ont besoin d'un million de signatures afin de pouvoir faire inscrire le sujet à l'agenda de la Commission Européenne.

Ce 15 mars, le compteur de la pétition en est à 1.065.266 signatures et il continue de tourner sur http://www.oneseat.eu.

Un véritable espace public européen avec une légitimité démocratique est demandé à corps et à cris en “Think&Actpar les scientifiques avec surtout des idées européennes.

TV5, c'est bien, EuroNews, c'est encore mieux. Le “5ème pouvoir”, celui du peuple à l'écoute peut-être ? C'est ce que Daniel Cohn-Bendit disait : "Les gens attendent une sécurisation que l'Europe ne peut pas encore donner". 

Comme le disait quelqu'un de la Commission à Dublin: "Il ne faut pas minimaliser l'Europe mais bien la maximaliser". Sécuriser les consommateurs pour donner confiance. On demande à voir.

Alors, on pourra parler des États-Unis et de l'Europe Unie. C'est bizarre comme le pluriel et le singulier se mélangent les pinceaux actuellement !

 

 Site du Centre Virtuel de la Connaissance sur l’Europe puis cliquer sur événements historiques

 

Bon anniversaire, Europe, parce qu'on veut y croire...


 

L'enfoiré,



L'anecdote amusante de la création de l'Europe était rappelée par Paul Herman  

Sur Agoravox, aussi, l'européen a son mot à dire

 

3fe43a299eef975870a0da25ca022949.jpgMises à jour:

23 juin 2007: Un mini traité, une solution miracle est sortie du chapeau européen.

17 octobre 2007: L'Echo fait mention des "Contradiction de l'UE". Selon le journal, Une personne sur 6 soufre de la faim tandis qu'à raison de 2700 calories par individu et par jour, 12 milliards (le double de la population mondiale) trouveraient la solution à ce problème.  L'efficacité n'est donc pas derrière le gouvernail de la coopération au développement.

 

 

Citations:

 

  • "Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences...", Anna Gavalda

  • "Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite.", Henry Ford

  • "Chacun, en Europe(s), souhaite, au mieux, rejoindre le nouveau monde ; au pire, en suivre les aventures à la télévision.", Jacques Attali

  • "Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre.", Albert Jacquard

 

10/03/2007

Espace vital

Plus connu sous la fameuse expression "Lebensraum", notre espace vital dans nos logements se restreint de toutes parts à coup d'augmentation de prix de ce sempiternel mètre carré.



En 2005, l'immobilier résidentiel battait record sur record. 2006 a continué sur les mêmes chapeaux de roue. Pour 2007, on s'attend à un léger tassement tout de même. Cela reste à vérifier dans les faits. Accéder à la propriété est le but de beaucoup de Belges qui, paraît-il, ont une véritable brique dans le ventre. Le Salon International de la construction, de la rénovation et de l'aménagement Batibouw de Bruxelles a fermé récemment ses portes et a attirer comme chaque année près de 400.000 visiteurs. La tendance est aux mouvements. Au cours d'une vie, le lieu de résidence ne cesse de changer. Mais, les habitations sont occupées à se rétrécir. Nous ne sommes pas encore dans le monde de Lilliput, mais vu l'augmentation du prix au mètre carré toujours élevée, les maisons, les appartements ont dû prendre un peu moins de goût à l'extension.

16% de surface en moins ont été comptés depuis 2000 et 15% en plus dans le prix pour le même bien est une moyenne très dépendante de la région où est situé l'habitation, ville ou en dehors, de son type et de sa catégorie. Les appartements ont carrément doublé de prix depuis 2000. Dans les villes, les budgets du logement ne se contiennent plus.

Ce 6 mai, l'Echo publiait un article qui annonçait "Après l'envol des prix, la brique atterrit en douceur" et qui accompagnait une enquête sur l'immobilier en Belgique. Les 16% d'augmentation de 2005 en moyenne annoncés tout en étant ensuite contestés et réduits par les notaires, étaient supportés par des taux hypothécaires alléchants et ont étonné plus d'un professionnel. En 2006, les taux d'intérêts qui tendent à reprendre le chemin de la hausse, vont avoir un impact inverse sur les prix pratiqués dans l'immobilier. Pas de baisses prononcées pourtant. Le marché restera soutenu par la rareté des biens à acquérir, par des taux qui ne grimpent toujours pas outre mesure et par les astuces que les organismes financiers trouveront pour contourner le problème. Une idée de la ministre de la Justice Belge, Madame Onkelinx, voudrait quadriller le marché locatif pour obtenir une vision plus précise et pour bloquer les loyers au-delà de l'augmentation de l'indexation dans les zones de forte spéculation. Mais personne n'imagine par quelle procédure et dans quel "serpent monétaire" (Echo 23-juin-06).

La disponibilité des terrains à bâtir se raréfiant, les populations se concentrant dans les villes pour diminuer le nombre de kilomètres vu le coût croissant du pétrole sont des raisons bien naturelles qui suivent l'offre et la demande. La TVA pour la rénovation d'un bien s'élève à 6% tandis que celui du nouveau à 21%. Les taux d'intérêt très bas que nous connaissons ont évidemment poussé les investisseurs. La fougue à l'achat vit un plein boum et les prix s'envolent. La bourse a été très performante. Le creux de la vague vient d'être franchi et la remonté des taux s'annonce. Le crédit hypothécaire suit le même chemin et monte de 4 à 5 %. Jusqu'ici, il ne grève le budget d'un ménage qu'à concurrence de 30% au maximum. Il restera très amorti dans sa remontée, dit-on. Le frein que cela pourrait avoir ne prendra effet que bien plus tard et la courbe des hausses de prix du loyer et du prix d'achat d'un bien immobilier n'en sera abaissée que bien plus tard.

En Belgique, 330 habitants par km2 cela fait du monde à loger.

"Mais jusqu'où aller trop loin?", pourrait-on se demander. Pour Bruxelles, on est encore bien loin des sommets en comparaison avec des villes comme Londres ou Paris. Le tarif de la vente et de la location dans l'immobilier est nettement en dessous de ces capitales qui ne jouissent pas, elles, de l'étiquette de capitale de l'Europe.

medium_Espace_vital_ULB.2.jpgMais, qui pourra s'offrir une maison ou un appartement dans un futur rapproché? En moyenne, 48% d'augmentation des maisons unifamiliales en 5 ans. 96% dans la région bruxelloise. Les moyennes de loyer d'un studio, 400 euros, d'un appartement avec une chambre, 550, de deux chambre, 825. Un jeune sera d'office exclu vu la chute des salaires en début de carrière et les risques de ne pas pouvoir assumer pour cause de restructurations programmées par la logique commerciale et les fusions des entreprises pourvoyeuses du plus grand nombre de travailleurs.

Une enquête en caméra cachée avait démontré en effet que les banques refusaient d'accorder un crédit à ces jeunes qui apportaient une garantie aléatoire. On ne prête qu'à celui qui peut déjà prouver qu'il a mis de l'argent de côté et qu'il l'a aussi devant lui. Quadrature du cercle bien peu admissible quand l'imagination des interlocuteurs qui ont les répondants fait défaut. Le crédit ne se trouve malheureusement pas sous le sabot d'un cheval. Alors quand celui-ci ne veut pas lever la patte! Le risque ne fait manifestement pas partie de la "grande maison" au réservoir à espèces sonnantes et trébuchantes. Les parapluies sont du parcours même quand il ne pleut pas. Dans le même temps, en Belgique, les 4 plus grandes banques affichent une santé de fer avec 11,5 milliards d'euros de bénéfices nets en 2006 !

Récemment, pour corser un peu ou pour laisser un semblant de "générosité", les banques ont même lancé des emprunts d'une durée de 40 ans. Plus d'une génération devra bientôt assumer l'achat d'un bien. Il reste à espérer que la construction soit solide type "château fort".

Avoir un "profil atypique" pour une banque est la cerise amère sur le gâteau. Être en position de faiblesse à la demande d'un prêt pour cause de "précarité", de "maladie", d'âge trop canonique dans l'emploi que le jeune occupe est le plus mauvais statut imaginable. Des taux intéressants et l'impossibilité d'accomplir son rêve est devenu pourtant chose courante.

Les habitations sociales sont aussi trop peu nombreuses. C'est endémique. Cent mille ménages en Flandre attendent un logement social avec, pourtant, les critères d'acceptation en poche.

Il y a aussi différents acteurs qui font monter les prix des loyers et des ventes. Internet (par ex immoweb) permet de placer des annonces, ce qui est un progrès. Les agences sont les premières à être à l'affût de prospects éventuels. Le but de celles-ci n'est pas le même que le vendeur ou propriétaire de biens à louer. C'est leur raison d'être. Les 3,63 % de commissions (TVA comprise) sont le gagne pain. En échange, il y a un réseau qui s'agrandit après chaque signature de contrat. La publicité, pour elles, n'est plus à payer puisqu'elle s'intègre dans les valves des immeubles ayant biens en location ou vente. Pas besoin d'être très précis sur les annonces. Laissons venir le candidat et ensuite proposons le bien «de visu» et s'il ne convient pas, au pire en présenter un autre. Ce procédé en réseau n'est évidemment pas à la portée du particulier.

Entre l'acheteur et le vendeur, le locataire et le propriétaire, elles se sont installées un intermédiaire de plus en plus obligé. Des règles propres deviendraient plus claires, depuis le 1er février 2007. Ces règles ont été instaurées pour fixer le délai de réflexion à 7 jours avant le contrat. Un compte-rendu mensuel au consommateur à fournir par l'agence, un contrat d'exclusivité limité à maximum 6 mois sont d'autres avancées. Une indemnisation de la partie qui se sent lésée par une rupture de contrat unilatérale est également fixée de manière plus précise.

La main d'oeuvre qualifiée est recherchée et celle qui est disponible n'est pas en adéquation avec les besoins. Donc, les prix suivent la demande et montent.

medium_Espace_vital_33.3.jpgLa construction est-elle plus chère à réaliser? Pas sûr. A l'arrivée, oui. Au départ, des travailleurs venant de pays moins "fortunés" encore viennent à la rescousse pour bien moins cher et surtout "moins fiscalisé" ("La bonne soupe noire"). Mais ce n'est évidemment pas une généralité et les contrôles s'intensifient.

Le pourcentage des frais de notaire et impôts est connu et un peu "envahissants", bien sûr. Le prix des terrains et leur diminution dans les grandes villes expliquent aussi la "folie" des prix.

A Bruxelles, en plein avenue Louise, se trouvait la Tagawa, un hôtel 4 étoiles, abandonné depuis 1995. Un squat de niveau "top". Une clientèle particulière y a élu domicile depuis 2003: famille, chômeurs, artistes, étudiants...en tout, 320 logements. La précarité n'a pas le même prix. Mais, attention, c'était très vite complet et puis il fallait bien préserver un peu d'espace vital. En accord avec le propriétaire, ils prenaient en charge la gestion de l'immeuble sans bail. Ils investissaient même pour la préservation du bien et sa rénovation. En 2007, il était question de remettre les pendules dorées à l'heure.

On parle ainsi de 30.000 unités de logements inoccupées dans notre ville. La légalité n'est pas vraiment le point névralgique pour organiser le même "modus vivendi" ailleurs. Il est plus à catégoriser dans un problème de "moeurs bien ancrés" qui préfère laisser les immeubles vides en attente de rénovations urgentes..

medium_Espace_vital_Etudiant.2.jpgLes kots étudiants sont également dans le colimateurs. Une pénurie qui entraîne une moyenne de 250 euros par mois près des cités universitaires.

Plus troublant, encore, les grandes villes sont la proie des promoteurs qui veulent rentabiliser au mieux les mètres carrés disponibles. Pour réaliser ce rêve, les habitations passent au second plan pour laisser le champ libre à des immeubles de bureaux. Bruxelles n'est pas exempt de cette "manie" qui laissent souvent ces beaux bureaux vides pendant des mois. Il n'est pas moins vrai que même si cela n'était pas le cas, il faut penser que les occupants diurnes de ces beaux bureaux auront besoin de rentrer dans leur pénates le soir venu et cela dans le minimum de temps.

Le 18 août 2006, l'Echo osait parler de mue des bureaux bruxellois qui se seraient transformés en logements à Bruxelles. Les permis nécessaires pour le réaliser ont permis d'entrevoir une ouverture de ce côté. Mais l'accroissement des surfaces de bureaux n'en demeure pas moins prépondérant. La mode "loft" reste encore marginale. Elle reste à la portée des plus nantis. Donc, c'est plus facile à dire qu'à faire.

"Il est venu le temps des cathédrales".

Dans le même temps, en Wallonie, 42.000 logements sociaux sont espérés. Le logement public ne fait pas le poids face au logement privé. 27% des loyers sociaux sont impayés. En moyenne, 188 euros comme prix moyen pour le loyer mensuel de ces logement sociaux. Qui dit "social" implique des réductions drastiques dans les prix de la construction entraînant par là même des frais de fonctionnement plus importants par la suite. Tout ces points expliquent peut-être cela.

Le logement social peut aussi signifier "propriété privée" pour les revenus modestes. Cela resterait concurrentiel par rapport aux loyers généralement déboursés pour des logements similaires à trois chambres. S'adapter pour les entrepreneurs est donc devenu une priorité par des critères d'économie bien pensés.


Fait divers tragique à Bruxelles. Le 30 novembre 2006: un homme apparemment sur le point d'être expulsé par huissier de chez lui, s'est retranché dans sa maison et menace de la faire sauter. Dénommé comme forcené dans l'annonce, a-t-il raison ? Est-ce sa faute d'arriver à cette extrémité et de penser qu'être jeté sur la rue par la société après probablement avoir été rejeté par elle ? Le social sera toujours en contradiction avec le pouvoir de l'argent. La raison vacille toujours quand la raison de vivre n'y est plus!


Les Néerlandais sont logés à la même enseigne avec, parait-il, l'équivalent de 1200 terrains de football réservés à une surface de bureaux inoccupées. Chez eux, toutes ventes, toutes locations transitent par l'intermédiaire d'agences.

medium_Espace_vital_SDF.2.jpgEn France, encore, vu la rareté des logements sociaux, les "Enfants de Don Quichote" ont lancé un pavé dans la marre: de petites tentes de camping se sont érigées à Paris le long de la Seine. Au vu de ces représailles, le gouvernement a pris des dispositions dans l'urgence. Comme cadeau de nouvelle année 2007, Jacques Chirac avait lancé l'idée des "logements opposables". Ce droit au logement opposable devrait forcer les maires à faire construire plus de logements sociaux. Il y a, cette fois, une obligation de résultat. 800.000 personnes sont comptées comme réellement sans abris en situation précaire. Il ne sera pas gratuit pour les bénéficiaires, mais plus accessible aux démunis de la vie. La Constitution devrait contenir manifestement une garantie de logement pour tous. Est-ce de la poudre aux yeux? Logement opposable ou imposable? Comme partout, la spirale des prix a mené ceux-ci vers des sommets. Réquisitionner des logements vides d'occupation a été souvent proposé. Les propriétaires se plaignent d'avoir des loyers impayés. Une assurance obligatoire pourrait-elle donner une solution?

A l'opposé, l'idée de rendre tout le monde propriétaire est un leurre. C'est ce que préconise Nicolas Sarkosy. Comment donner, comme il l'espère du travail à tous, par la flexibilité et la mobilité, et espérer stabiliser les travailleurs sur dans un espace vital aussi restreint qu'un bien en propriété familial? Vite la voiture pour effacer les distances, peut-être?

Travailler uniquement dans l'urgence pour loger les plus démunis coûte bien plus cher que de planifier des constructions nouvelles.

L'immobilier est devenu le piège pour les candidats à la présidence française toute proche (l'Echo du 10 mars 2007). L'imagination tout azimut pour s'attirer la bienveillance des électeurs. Les sans-abris, les prêts à taux zéro, toutes les clés sont sur la table encore faudra-t-il trouver les trous de serrures correspondants par la suite.

Aux États-Unis, le crédit immobilier est aussi entré en crise mais pour des raisons inverses. Les candidats à la propriété deviennent aussi de moins en moins solvables. Le goût du risque a toujours été la tarte à la crème dans ce pays. Des montages financiers ont même permis de dépasser le prêt nécessaire pour l'accession à la propriété. Cela pouvait marcher tant que les prix restaient sous contrôle et aidé par des taux d'intérêts bas. Mais cex-ci sont passés de 1% à 5,25%. 2 millions d'américains commencent à trouver le prix de leurs mètres carrés un peu chers. La Fed s'en inquiète et les marchés sont nerveux.

Une brique dans le ventre, ça se digère doucement, ça ne s'avale pas avec un entonnoir. Un rédacteur d'Agoravox reprenait le problème global: "SDF, le logement en France, un merveilleux problème". Une autre étude y a aussi été faite : "Les politiques de l'urbanisme, du logement et de l'immobilier : pour une stratégie globale, adaptée et efficace".

A y réfléchir, voilà bien une revanche du Sud sur le Nord. Le jour où il ne sera plus possible de payer ni loyer, ni appartement, ni maison et qu'il faudra se réfugier sous la tente et le sac de couchage, au moins dans le Sud, le climat s'adaptera un peu mieux et les claquements de dents feront là-bas un peu moins de bruit.

Droit au logement, qu'ils disaient...


L'enfoiré,

 

Le même sujet en pleine discussion sous le toit d'Agoravox 



Citations:



  • "L'imagination est la folle du logis", Nicolas de Malebranche

  • "Le logis, c'est le temple de la famille.", Le Corbusier

  • "Il y a des gens qui n'ont que la façade... L'entrée sent le palais, et le logement la cabane", Baltasar Gracian Y Morales

  • "Un bon arbre peut loger dix mille oiseaux", Proverbe birman





03/03/2007

Italie à coups de botte

Les problèmes de l'Italie sont-ils derrière ou à venir? Le présent, lui, pédale dans la semoule. Les "combinazione" à l'italienne pendant lesquelles tout s'arrange vont-elles donner le punch nécessaire? Une loi électorale en a décidé autrement et rend le pays ingouvernable.


L'Italie n'a pas fini de se chercher. En politique, elle passe allègrement de la droite à la gauche avec la même ferveur, la même perte de vitesse. A chaque fois, que l'espoir repaît, on se retrouve à la case départ seulement après quelques mois de gérance. Chanter en travaillant ne suffit manifestement plus.

Le premier ministre Romano Prodi, qui venait en droite ligne d'un long mandat à l'Europe, se casse les dents sur les vieux "fantômes" des arcanes de la politique étrangère. L'union de la gauche dispose d'une confortable majorité. Le 22 février après seulement neuf mois à la tête du gouvernement italien, il rend son tablier, otage d'une loi électorale, en présentant sa démission au président de la république. La crise politique était apparue à la suite de l'échec essuyé par le Sénat sur la politique étrangère: la politique de l'Italie en Afghanistan. Est-ce justifié ou non? A l'intérieur, n'y avait-t-il plus de problèmes?

Résultat, pour le moins, démesuré face à l'enjeu de redressement de la situation politique instable de l'Italie. Neuf mois et puis s'en vont, pensera assurément la population.

Mis en minorité, les mots automatiques de Berlusconi sont tombés comme un couperet : "Prodi doit remettre immédiatement sa démission au chef de l'Etat" est-il dit.

"C'est un fait grave, sérieux et préoccupant de ne pas avoir obtenu une majorité suffisante, avait surenchéri le ministre chargé de lier les meilleurs des relations entre les acteurs du gouvernement. Donc, retour à la case départ.

Défaitisme annoncé et forcé. Gérer n'est plus une question d'ambition mais de vitesse d'exécution. Le chef de l'Etat peut réserver la démission du gouvernement, nommé seulement depuis à peine 9 mois. Le 28 février, Prodi a eu son discours le plus consensuel possible pour demander la confiance au Sénat et puis à la Chambre. Il conservait celle du président. Il est passé avec "satisfaction" au Sénat (162 pour-157 contre), dirait-on dans le jargon étudiant. Un "Prodi II", donc. Une reconduction dans ses fonctions était d'ailleurs la meilleure solution. Le rappel à la confiance n'aura pas été superflue mais il ne faut pas que reconduction rime avec réduction du programme lui-même.

Après cette péripétie politique, presque fait divers, la démocratie aura-t-elle progressé et été sauvée par la démagogie? Les problèmes les plus cruciaux sont et restent sociaux et autour de la lute contre la précarité.

Dans l'interface, encore une fois, la gestion du pays pédale dans la semoule des affaires courantes en attendant le prochain tour. Nous assistons en fait à une revanche de l'opposition qui a mal digéré son éviction du "trône" parlementaire après 5 ans de pouvoir et de prestations chahutés berlusconiennes contraintes par trois fois de présenter sa démission (1997 et 1998).

medium_Italie_a_coups_de_bottes.2.jpgLe particularisme et les désaccords chroniques ont encore une fois supplanté la globalité dans un jeu de massacre gratuit programmé. Ne faut-il pas sonner la fin de la récréation comme cela l'a été au football?

La population n'a pas besoin de comprendre. On s'explique presque à huis clos à l'abri de trop de controverses ou contestations. Vu de l'extérieur, il est pourtant difficile de comprendre le pourquoi et les prétentions des partis qui se trouvent dans l'opposition à faire capoter un gouvernement qui n'a pas encore eu le temps du déploiement de sa stratégie.

Faire ses preuves avec une majorité trop étroite est évidemment ce qui a fait sauté le bouchon mal engagé dans le goulot de la bouteille. Mais encore, avec quels arguments et quelle portée?

Se trouve-t-on dans un pays aux régimes révolutionnaires avec "push" successifs à la Pancho Villa?

Non, nous nous trouvons en pleine démocratie. Une démocratie a ses aléas d'équilibristes qu'il faut assumer ou assurer. Est-ce un jeu politique, une fausse sortie pour mieux rentrer plus fort et plus souple?

On a le sang chaud, dans ce beau pays de la Méditerranée, c'est vrai. On veut aller de l'avant, mais on patine en finale à cause d'une vengeance personnelle. La vengeance, ce plat qui se mange froid et qui se fout pas mal des électeurs.

Est-ce la trop grande différence de culture qui déchire Nord et Sud ou gauche et extrême droite exacerbée?

On parle la même langue, mais on n'a pas la même manière de pensée et d'agir. La loi voulue par son prédécesseur, Berlusconi a presque réussi à rendre le pays ingouvernable. Un scrutin avec les défauts de la proportionnelle et de la majoritaire en conjonction. Un certain manque de communications ou avec trop de retard de la part de Prodi, surnommé la "Mortadelle", peut-être aussi.

Résultat: encore un dérapage contrôlé mais in extremis !

Un texte d'une journaliste de la RTBF, Chantal Istace, qui date d'avril 2006 pourrait éclairer ce qui précède:

L'Europe s'en sortirait mieux avec Romano Prodi. Une fois de plus le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker dit tout haut ce que bon nombre de leaders européens pensent tout bas. Silvio Berlusconi ce n'est pas un cadeau pour l'Union.
Jean Claude Juncker fait pourtant partie du même groupe politique européen que le premier ministre italien, le parti populaire européen. Mais il est vrai que le PPE ratisse si large, histoire de s'assurer la première place au Parlement européen, que toutes les visions de l'Europe s'y côtoient allègrement, de la vision quasi fédérale des chrétiens démocrates allemands à l'euroscepticisme affiché des conservateurs britanniques en passant par l'Europe n'importe quoi de Silvio Berlusconi.
Les dernières déclarations choc de Berlusconi. C'était précisément il y a quelques jours au congrès du PPE. Il a semé la consternation en proclamant que si Tony Blair s'en sort bien, c'est parce qu'il a conservé la Livre Sterling alors que l'Euro aurait provoqué une inflation sans précédent en Italie. Attaquer l'euro c'est d'ailleurs un grand classique chez Berlusconi et ses alliés. Lors de la campagne pour les élections européennes ses panneaux électoraux affichaient des slogans libellés en lires italiennes. Et il y a quelques mois, un de ses ministres de la Ligue du Nord avait carrément proposé que l'Italie sorte de l'euro.
Mais ce n'est qu'un tout petit échantillon de ses dérapages et autres impairs diplomatiques sur la scène européenne. Ainsi quand il a volé au secours de Vladimir Poutine, interrogé par la presse sur la Tchétchénie, pour accuser les journalistes de diffuser des informations déformées sur la Russie. Ou lors du sommet raté de la fin de sa présidence de l'Union sur la constitution. Certes la partie était difficile. Mais Berlusconi a préféré couper court pour ne pas rater un match de son club Milan AC plutôt de que de rechercher longuement un compromis.
Ses déclarations extravagantes voire ses injures plongent régulièrement ses homologues dans l'embarras. A Strasbourg personne n'a oublié comment il a traité de kapo un eurodéputé allemand. Ces dernières semaines, il a comparé la loi hollandaise sur l'euthanasie à l'idéologie nazie. Et ses plaisanteries douteuses n'arrangent rien. Par exemple quand il se vante d' avoir déployé ses talents de play-boy pour convaincre la présidente finlandaise de lui laisser le siège de l'autorité européenne pour la sécurité alimentaire. Ou quand il déclare que le premier ministre danois ferait un amant idéal pour sa femme. Sans compter les cornes qu'il simule avec ses doigts derrière la tête d'un ministre espagnol. Ca fait rire le Cavalière. Ca ne fait pas rire ses homologues européens. Et ça ne sert pas vraiment une Union mal en point dans l'opinion publique et en panne de stratégie. Mais ce n'est vraiment pas le problème de Silvio Berlusconi.
Au contraire il compte sur ses dérapages pour mettre les rieurs de son côté. Et pour Berlusconi gagner les rieurs c'est gagner les électeurs. Et tant mieux ou tant pis si c'est aux dépens de l'Europe. »


L'histoire à répétition aura-elle assez d'arguments pour expliquer ces faits notoires, par définition?

 


L'Enfoiré,


Citations:


  • « Une vengeance trop prompte n'est plus une vengeance, c'est une riposte » Henry de Montherlant
  • « Quand il n'y a plus de solution, reste la vengeance », Daniel Pennac
  • « La haine, c'est la vengeance du poltron », Georges Bernard Shaw

24/02/2007

Les sucettes à l'anis

Tout au long de la vie, le jeu action-récompense est de rigueur. Les dés sont pourtant de plus en plus pipés.


Dès notre plus tendre enfance, nous avons eu l'habitude d'être récompensés pour la petite attention, l'aide apportée aux parents, le petit travail qui nous avait été demandé.

Plus tard, aux études, le diplôme de fin d'année avait son rôle de récompense après des épreuves d'examens souvent stressants et pénibles. Le cadeau promis par les parents parfois, par après, au prix de durs sacrifices couronnait une année d'attention soutenue pour réussir.

La carotte ou le bâton étaient censés ajuster le tir pour atteindre le but final de l'entrée dans la vie d'adulte. Toute une vie pleine de promesse se présentait, en principe, devant le jeune étudiant sorti de l'école. Allait-il recevoir les justes rétributions de sa motivation, de sa volonté d'apporter une pierre à l'édifice?

Alors, là, déconvenues et désillusions étaient au programme. Au bas de l'échelle, sans expérience, les connaissances scolaires prenaient une valeur bien dévaluées. La vision du "monde est à nous" se rétrécissait progressivement. On pourrait même dire que c'est tout le contraire: plus on grandit, moins on sait à qui il faut demander les sucettes. Cette fois, le champ d'investigation s'étend de la mère au patron et aux managers multiples souvent en circuits parallèles pour corser la difficulté.

Enfin, le coup de chance et la première porte s'ouvrait, ramenant un peu de baume au cœur. Le salaire n'était pas à la hauteur des ambitions, bien sûr, mais qu'importe: papa serait là pour permettre de subsister seul, si besoin, et puis la promesse d'un avancement allait très vite rayer les problèmes. La fougue pour réussir, le désir de se faire remarquer poussaient tout doucement mais sûrement à adapter son horaire pour coller au mieux à l'activité. Les contrats avaient été calculés au plus juste et l'échéance du projet approchait dangereusement. Sans en avoir été sollicité, les heures supplémentaires en arrivaient à ne plus être évitées. Mais, quand on aimait, on ne comptait pas. La jeunesse permettait d'assumer.

Malheureusement, les affaires ne sont plus ce qu'elles étaient. Les bénéfices de l'entreprise non plus. Rabotés dans les marges trop étroites, ils ne parviennent plus à compenser le travail nécessaire qu'il a fallu pour atteindre des objectifs définis dans l'absolu théorique et qui ont été bien souvent sous évalués dans leur importance. Ce n'est, en général, pas la même personne qui décide du prix demandé pour faire un travail que celle qui devra l'assumer dans la pratique. La distorsion est bien naturelle quand on voit les objectifs de chacune des parties. En fin d'année, il est devenu clair que les augmentations vont être distribuées au compte goutte. Trop souvent pour conclure une affaire, le vendeur devra encore passer par de nombreuses compromissions qui se traduisent en définitive par une augmentation de coût et une perte de revenu. Le chef d'équipe, en intermédiaire, sait quel effort a été accompli et fera son possible. C'était juré. Il appuyera de tout son poids pour récompenser cette acceptation des règles strictes de la maison. Entre le marteau et l'enclume, il tient évidemment à garder une cohésion, une motivation dans son équipe. Encore une histoire de "conseilleurs pas payeurs"... La douche écossaise se fera toujours ressentir dans la douleur et la frustration. Le "décideur général" se trouve parfois ailleurs, bien loin du champ des opérations.

medium_Les_sucettes_a_l_anis_HeuresSuplementairesRecup.2.jpg"And the winner is?".

Raté de peu ou tout avait été réglé d'avance? Seuls les résultats comptent, pas nécessairement le travail pour y arriver.

Nous sommes arrivés, une nouvelle fois, à l’année suivante et tout va aller de mieux en mieux. En principe. Les discours de nos têtes pensantes sont bien là pour l’annoncer à grand renfort de "pub" interne. Motiver les troupes et ne déroger à cette obligation sous aucun prétexte.

Voilà à peu de choses près l'histoire de beaucoup de jeunes de notre temps. Ce scénario a volontairement utilisé le plus souvent l'imparfait pour ne pas effrayer les nouvelles recrues, bien que, les verbes conjugués avec d’autres temps n'auraient certes pas été une erreur. Les "moins jeunes", eux, ne sont plus dans la course et doivent s'estimer heureux de faire encore partie de l'"esprit d'équipe".

Il est pourtant certain que chat échaudé craindra l’eau froide.

Un peu plus de circonspection arrivera très probablement dans l’esprit de celui qui s’est senti, précédemment, un peu «grugé».

Comme tout le monde le sait, l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. Trop souvent le même scénario et les mêmes "ratés" se retrouvent au rendez-vous à la concurrence.

Alors on se pose des questions. On se sent parfaitement droit dans ses bottes. Le travail accompli l'a été dans les temps et avec la conscience toute professionnelle qui a été demandée. L'esprit d'Entreprise (avec un grand "E") n'est jamais sorti de son ambition. Et pourtant...

"Peut mieux faire" se retrouve avant sur le bulletin de l'"école". On ne sait pas pourquoi. N'a-t-on vraiment pas remarqué les efforts entrepris? Comment faut-il faire pour passer le cap de la vitesse supérieure et se voir attribuer le seulement "Bien" ou alors le top, l'"Excellent travail. Merci pour votre contribution au progrès commun.". En fait, les mots simples de la première marche de la promotion.

Obsolète tout cela? Ridicule, aujourd'hui? Mais, comment en sommes-nous arrivés là?

Je ne vais pas resservir l'histoire de nos carrières qui se sont souvent détournées du progrès espéré à cause de ces attaques multiples qui viennent de l'extérieur, indépendantes et surtout qui sont arrivées à l'"insu de notre plein gré", pour citer une phrase célèbre.

Les objectifs, l'obligation d'assurer une facturation des prestations (en anglais: "chargeability"), ces outils de "précision" qui devront soupeser à coup sûr les exploits de chacun sont dans le fond les seuls outils d'appréciation d'un travail rendu.

Sont-ils objectifs, impartiaux? Les réponses ont une diversité énorme dans leur formulation. Mais, prenons-les, un par un.

En début d'année, les objectifs sont à déterminer premièrement par un semblant de liberté du choix, je dirais même par un "flou artistique" comme si les vrais décideurs manquaient de vision dans le futur. Le carcan existe, mais il ne se voit pas ou ne se dévoile pas. "Mais, enfin, comment peux-tu rester devant une feuille blanche aussi longtemps? Tu n'as vraiment pas d'idée? On te laisse pourtant le choix.", pourrait lancer le haut du pavé en baissant les yeux. Les directions et les plans vont trouver leur chemin par la suite bien entendu. En sera-t-il suivant le modèle du départ? Rien n'est moins sûr mais il est tout à fait naturel d'y être arrivé car c'est la vision vue d'en haut qui importe. C'est elle qui a tous les dés en main. Alors, un temps perdu en donnant de fausses idées de pouvoir dans la définition de son destin?

La facturation des prestations se targue d'équilibrer le travail et le rendement de celui-ci. Etre en balance au plus mal entre le salaire et le travail (et son coût) qu'il faudra monnayer à sa juste valeur, voilà le but ultime. Trouver les moyens de cette politique est, par contre, attribué à d'autres "mains" de décideurs, qui doivent dégager une marge bénéficiaire. Se vendre quand on ne sait pas ce qui peut être vendu peut générer des situations d'angoisse du plus haut niveau. Le rôle d'évaluation devrait se trouver dans des mains expertes, plus techniciennes que financières, sous peine d'erreurs magistrales. Elles subsisteront mais au moins les meilleures chances seront du bon côté.

Pour pouvoir soupeser correctement son semblable, dans le passé, le patron envoyait son successeur (son fils..?) au charbon, tour à tour, à tous les postes de travail avant de céder la bride. Ce n'est que rarement le cas actuellement. Nous sommes souvent à une autre échelle internationale.

Quand son existence dans la société en dépend, il ne s'agit pas de se tromper trop souvent. Le haut management affiche une sérénité en affirmant que cette "chargeabilité" n'est pas dans la responsabilité de l'exécutant lui-même. "Cette tâche de la quête des missions payantes devrait être assignée au management de terrain associé aux vendeurs" est la déclaration officielle. Il est dit dans le même temps que l'employé détaché doit bien rester attentif afin de détecter de nouvelles opportunités. Cette phrase remet les pendules à l'heure et pourra toujours servir ensuite en cas de problème et de productivité insuffisante. Dans ce cas, en pratique, le niveau, le "rating" est remis à la case départ par défaut. Ce n'est que partie remise, mais il faudra jouer avec d'autres cartes la prochaine fois. La justification de ses "exploits" par de la monnaie sonnante et trébuchante devra "toujours" se retrouver au menu. Il n'y a qu'à faire le bon choix dans ce menu. Un réel "investissement" dans une personnalité au futur prometteur ne peut perdurer trop longtemps à fonds perdus.

medium_Les_sucettes_a_l_anis_Avantage_en_nature.2.jpg"Pay for performance", le leitmotiv préconisé par l'employeur est une manière de prise en charge de son propre avenir dans la société. Pour sûr, cet esprit est une bonne école de la vie pour le jeune qui, un jour, peut devenir son propre maître en tant qu'indépendant.

La banale grippe,les services en délégation chez les clients en ont été victimes comme les autres. En sera-t-il tenu compte de cet état d'exception en fin d'année?

"J'exige la performance" disait Jack Welch, patron légendaire chez General Electric, considéré comme le manager du siècle. 10% du personnel en moins pour relancer la vapeur étaient remisés "ailleurs". "Six Sigma" était son credo et le synonyme de sa bonne gestion. Son interview récent ne parlait pas de ce qui se passait avec les salaires des 90% de salariés restants. Mais "les investisseurs en capital-risque achètent des éléments d'entreprises négligés- je les appelle des orphelins - et les requinquent (orthographe?)", affirme-t-il encore au journaliste.

Ce "rating" sert évidemment dans les deux sens. Il faut savoir que les derniers échelons ont été rabotés et rabaissés au maximum pour éviter les débordements trop coûteux. Le but de la société et celui de l'employé ne sont pas nécessairement en synchronisme à 100%. La première voyant l'avenir du business, le second, plus circonspect dans le temps, pense à son évolution personnelle et n'envisage pas une obligation de garder le même environnement. D'où, une frustration immédiate.

Mais revenons sur les manières d'évaluation d'une personnalité qui travaille dans une société type américain. Cinq niveaux de gradation avec cinq directions ou résultats. En commençant par les meilleurs et finir par les moins bons, on s'aperçoit:

Niveau 1: Positionnement incorrect par l'excès de qualification. Trop de compétences pour le poste. Aura une prime ou augmentation exceptionnelle mais devra quitter et monter sur l'échelle.

Niveau 2: A droit à un prime ou augmentation et les bravos des supérieurs.

Niveau 3: A satisfait en tout aux prévisions et se trouve très bien intégré.

Niveau 4: N'a pas satisfait aux exigences et devrait être épaulé ou réorienté.

Niveau 5: Malgré les efforts de la directions, le travailleur n'est pas à sa place et devra de son propre chef en tirer les conclusions qui s'imposent si ce n'est pas la direction qui s'en occupera.

 

Les jobs qui s'exercent en délégation chez les clients ont parfois l'esprit de la culture d'entreprise encore plus réduit. Un nouvel effet du "syndrome de Stockholm" qui ferait penser au délégué qu'il est mieux de défendre le client qu'il connaît mieux en définitive que la société qui l'envoie. La Société mère, elle, a dû s'adapter à de nouvelles contraintes de compétitivité. La volonté de trouver des "temps pleins" et des contrats à longueur indéterminés n'a plus la cote. La perception des valeurs chez les jeunes diplômés a subi de profonds changements également. Les 20-30 ans ont un besoin d'équilibre entre boulot et vie privée en formation. Parfois, doux rêveur et ambitieux, ils considèrent s'en sortir facilement avec moins d'efforts que leurs prédécesseurs et espèrent trouver le tapis rouge sous leurs pieds dès leur arrivée dans l'entreprise. L'instabilité est assumée avec difficulté et peur mais avec une responsabilité moins disciplinée mais sans paresse. Ils exigent une communication complète préférant les moyens offerts par internet.

medium_Les_sucettes_a_l_anis_Cactus.jpgL'attribution des heures de travail de l'employé se réalise en chargeant les projets tout au long de l'année dans des conditions qui sont satisfaisantes dans la majorité des cas. Elles demeurent cependant peu précises et très dépendantes de la présence de codes attribués en relation ou non. Très vite, une porte de sortie est recherchée par des codes passe-partout quand le code ne se retrouve pas dans les sélections disponibles.

Dans ce jeu de "donnant, donnant", quand on n'a pas de pétrole, il faut bien avoir des idées. Certaines sociétés vont, en effet, essayer de sortir de cette "quadrature du cercle". Les actionnaires savent, par définition, se retourner ou attendre des moments plus propices pour récupérer les fruits de leurs mises.

Une augmentation salariale, quoiqu'en disent certains, est une gratification qualitative mais qui s'érode très vite.

Les primes ponctuelles ont, d'après moi, plus de poids, plus d'impact et plus de rendement.

En Belgique, pour stimuler la créativité des employés, l"outil miracle qu'est la "Prime Unique à l'Innovation" plafonnée, semble intéressant car en amont, il n'aura pas laissé trop d'"alluvions" en rade.

Les autres cordes à cet arc en réponse aux revendications légitimes ou non, se retrouvent dans les actes bénéfiques pour la communauté toute entière. Les activités sociales qui motivent par leurs aspects pro actifs sont du nombre. Moins coûteuses, aussi, ces "opérations coup de poing dans un gant de velours" ne sont pas insensibles et peuvent se révéler très fructueuses. L'impact sera temporaire mais il ne faudra pas le dénigrer pour autant. L'ambiance générale s'en ressentira améliorée très sensiblement. Cela donnera aussi une chance à certains qui ne monteront jamais sur le pavois de la compétitivité si chère à la société d'aujourd'hui ou revitalisera d'autres "potentialités endormies".

Les syndicats suggère des formules avant-gardistes ou obsolètes dépendant de l'angle de visée. "Les salaires doivent refléter la bonne santé de l'économie", s'empressent-ils de lancer. Les négociations sur ces fameux salaires mettent en balance compétitivité et pouvoir d'achat en perdition. Modération salariale, flexibilité contre ajustement du bien être par l'intermédiaire de la liaison des allocations sociales. Le "Pacte entre générations" continue à faire son chemin en y laissant quelques plumes. Des accords "all-in" s'ébauchent, prennent de l'altitude et puis s'essoufflent faute de ne pas comprendre les points majeurs.

La reconnaissance sous toutes ses formes, même les plus anodines, est aussi importante.

Confirmer cette reconnaissance par des actes ténus peut avoir un retentissement insoupçonné au départ.

Comme le "low-cost" a envahi les manières de penser et de pratiquer, la solution s'éloigne. Lorsque les récompenses seront "offertes" avec des élastiques, les grincements ne quitteront pas les parties. Nous avons viré d'une résolution de "win-win" vers celle qui correspond "lost-lost'".

Si rien ne marche, les fonds de greniers recèlent parfois des trésors plus riches qu'il n'y paraît. C'est le rôle de tout employeur de choix qui se respecte de trouver la réponse la plus adaptée.

Et puis, on se culpabilise. Il y en a tant et tant qui attendent l'emploi rémunérateur qui ne vient pas. Alors, on mord sur sa chique. On temporise. Tu nous emmerdes, conscience !

En cette période, nous sommes revenus à cet anniversaire qui ne se fête pas: celui, pendant lequel, on jauge. Plus tard, on jugera.

"Alors, ce sera, accusé, levez-vous et écoutez la sentence".

Ce sera, pour l'un, le couperet qui fait trembler, pour le suivant, statu quo qui énerve et pour le petit dernier, une récompense ponctionnée ou rabotée par des automatismes légaux et solidaires.

Cela arrivera bien demain cette reconnaissance. L'espoir fait vivre, dit-on dans ce cas là.

Et puis, il restera toujours les sucettes à l'anis, non?

Le miel, lui, c'est pour les abeilles et on ne peut pas manger ce nectar tous les jours, le diabète nous guetterait ! Les sucettes, elles, c'est autre chose.

 

L’enfoiré,


 

Les commentaires verts ou rouges sur Agoravox 



 

Citations:

 

  • «Estimer correctement son degré d'ignorance est une étape saine et nécessaire», Hubert Reeves

  • «Sur quelque préférence une estime se fonde, Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde», Molière

  • «Laissez-le s'estimer pour qu'il soit estimable», Jacques Delille

  • «On n'estime guère quelqu'un lorsqu'on ne l'aime pas, et l'on aime médiocrement lorsqu'on estime peu.», Vauvenargues

  • «Je ne supporte pas les adultes. Un adulte est un gosse qui a mal tourné. On devrait - on doit - agir parfois comme agissent les enfants, faire quelque chose pour rien, pour s'amuser, pour la poésie, ou rien que pour la beauté du geste, pour le plaisir. Je veux dire qu'il ne faut pas vouloir tout traduire en termes de fric, d'amour-propre, de gloriole, de besoin de paraître, de confort, de sécurité.",  Franquin 

 

17/02/2007

Aux armes ou aux larmes, Citoyens

7e0fed676dba85cc42af7f43de8b66b4.jpg"Il était une fois l'Amérique", pourrait être le sous titre de cet article. Les successeurs des utilisateurs d'arcs et flèches à plumes sont-ils en manque ou en quête de nouveaux marchés? Peut-être aussi?

 

Par le passé, la tarte à la crème fouettée des derniers présidents a plutôt été à base de pétrole. Mais, en même temps, au travers des époques, il a toujours fallu garder la barre coûte que coûte avec les "compagnons de route", ceux qui soutiennent à des moments stratégiques et dont il ne faut pas oublier les "bienfaits rendus" par après. L'équipe de soutien qui a continué à plébisciter les élus de la maison blanche n'ont pas la mémoire courte et peuvent faire la pluie et le beau temps. Autant savoir.

Des gens bien intentionnés, un tantinet porté par les "arcs et flèches", ont toujours accordé les cordes de leur violon, de leurs arcs. Pas de surprise, au départ n'y avait-il pas eu des précurseurs ancestraux dans ce genre d'armement ?

Pendant qu'on vendait jusqu'à plus soif ce bon pétrole plein d'énergie, les armuriers, eux, fournissaient généralement leurs outils et pouvaient trouver le temps long si le cocooning de ces populations de la terre s'endormaient. Car, les affaires sont les affaires et il faut remplir les caisses.

Alors, il faut trouver de l'imagination et rendre les gens un peu plus ... alertes ou en alerte.

Longtemps, les besoins de la défense en opposition avec le bloc soviétique ont été pris comme la "vache à lait" et aussi bailleur de fonds par la vente substantielle aux ministères de la guerre. De la "guerre chaude et meurtrière" de 40-45, on avait viré dans la "guerre froide" pendant la longue période de l'existence de URSS. On s'observait en chien de faïence de part et d'autres avec les stocks en matériel de défense prêt à l'emploi dans les greniers.

Les envies de paix de la population continuaient, pourtant. Les besoins de créer des murs de paix entourant leurs pays aussi. Signer des accords de non-belligérance avait fait perdre de sa superbe aux fournisseurs et n'avait plus l'heur de vider les stocks des engins de "malheur" prêts à faire disparaître plusieurs fois le genre humain. Même la vente libre d'armes et munitions n'est plus autorisée.

"Heureusement", il existe encore des régions très demanderesse d'engins à explosions sophistiqués prêts à prendre le large au delà des frontières "amies". Mais, c'est clair, le marché n'est plus ce qu'il était. Il fallait s'organiser et trouver des débouchés nouveaux. De nouveaux clients devaient se trouver pour entretenir le développement très vite obsolète de ces engins défensifs ou offensifs.

Après la chute du bloc soviétique, le méchant de service fut bientôt trouvé.

Il s'appelait "terrorisme", l'impalpable, l'insoutenable.

Le nouveau responsable de l'armement pour contredire nos nations en mal de paix était désigné. Pour parer au plus presser, il fallait, en fonction des nouvelles techniques en présence, ajuster la sophistication, toute en finesse.

Le nouvel "empêcheur de tourner en rond", mais surtout le bailleur de fonds avait trouvé sa destination dans une guerre d'un nouveau genre: la guérilla, urbaine ou extra-muros, orchestrée par bombe bien placée en style éloigné ou rapproché.

Je n'ai pas dit que cette terreur n'existe pas, mais comme Ron Suskind le disait dans son nouveau livre sur Bush, "The One Percent Doctrine", (ou la "Guerre selon Bush"), il est question qu'un seul pourcentde risque d'être attaqué doit être soutenu par un effort de résistance de manière totale.

Le réveil a été brutal à New York. Le 11 septembre est et restera l'anniversaire de ce séisme moral et physique pendant de nombreuses décennies encore. Ce qui aurait pu être empêché par une meilleure coordination préalable ou par une affaire de police internationalisée, se mua dans l'esprit de quelques dirigeants du monde en véritable guerre traditionnelle porté par la vengeance. Nous étions, habitants du monde, devenus des combattants d'une guerre forcée. Il fallait la réveiller par patriotisme effréné, par la force de l'idéologie occidentale trop longtemps endormie. Bien orienté, le discours politique a fait le reste et la soif d'en découdre a mis en sourdine les derniers soubresauts de gens qui avaient fait l'exercice du recul de la sagesse. L'entité à abattre indéfinissable, insidieuse avait donc les traits du "Terrorisme" avec Al Quaïda comme étiquette.

Ne cherchez pas, ce "pays" là ne se trouvera sur aucune carte pas même si des soupçons pouvaient appuyer une suspicion ultérieure et légitime. Comme un coupable ne peut jamais être du style "anguille", sans existence concrète, sans domicile fixe, il a bien fallu trouver une entité plus tangible, pas trop aimé dans le fond. Celui-là devait avoir des moeurs en dehors de l'habituelle odeur de sainteté réservée aux gens de bonne foi. L'agresseur prenait peu à peu consistance et forme et il fut pointé du doigt, bizarrement très vite. Il fallait chercher aide et soutien du côté du grand Club très fermé des "ayant droit".

Zorro allait revenir avec son épée à zébrer, son cheval noir et le panache de sa cape !

L'Afghanistan, d'abord, l'Irak, ensuite, électrons libres, étaient les "victimes" désignées pour la tâche de bouc émissaire. Tous deux régimes asociaux et non démocratiques, respectant une foi différente, devaient sortir d'une impasse hors du temps occidental.

Cela, bien sûr, ne suffirait pas pour déclencher les hostilités dans l'opinion publiques mondiales ou plus locales. Des "Armes de Destructions Massives" que l'on va bien vite cacher sous le sigle de "ADM", une alliance naturelle contre les promoteurs du fameux terrorisme allait démontrer, si besoin était, qu'il fallait agir vite et fort en montrant les dents de son artillerie la plus sophistiquée.

Pour mettre les idées en place, des satellites fournirent des preuves, sous forme de clichés, incontestables et ainsi convaincre les derniers récalcitrants de l'indicible hostilité de cet axe du mal. Ballon d'essais de l'ensemble des acteurs, l'Afghanistan fut bien sûr le théâtre d'une première approche du problème commun. Il y a avait des raisons de réagir en surface et en sous sol.

Le théâtre en perdition, le valait bien pour une première ingérence. Traumatiser les véritables victimes pour justifier une indécision guerrière future pouvait ensuite donner le point d'orgue et le point final à la "psychologie rétrograde".

Les dégâts collatéraux étaient le risque majeur à minimiser sans trop d'images médiatisées. Nous étions en guerre de facto et il fallait prendre les armes sans trop de contestations.

Depuis tout le monde connaît la suite. Aux 3.000 morts des Tours Jumelles venaient s'ajouter de nouveaux milliers d'autres tout aussi innocents.

Des troubadours modernes avaient eu l'audace de comparer dans une chanson "Manhattan Kaboul" deux situations différentes avec résultats identiques de profondes tristesses équilibrées. On ne fait pas le détail et compter à gauche ou à droite les effets d'une malencontreuse erreur de tir ou du destin ne sonne pas dans l'oreille assourdie par les bombes.

medium_Aux_armes_ou_aux_larmes_Citoyens_Petrole.jpgLes "ADM" n'ont existé que l'espace d'une connexion cortex de quelques esprits. Un rapport récent prouve par A + B que la guerre en Irak a augmenté les risques de terrorisme.

Donald Rumsfefd est remplacé par Robert Gates car les Américains se sont rendus compte que l'intervention en Irak est un terrible échec avec plus de 3000 soldats revenus les pieds devants. Ne pas perdre la face tout en retirant ses troupes, est devenu la préoccupation majeure des dirigeants engagés dans le conflit. La volonté guerrière s'émousse toujours à la vue, tenue le plus souvent à l'écart, du dénombrement des victimes de proches.

Les conclusions de la Commission Baker ne sont évidemment pas étrangères à ce nouvel état d'esprit.

Simon Serfati, politologue américain, est aussi amer vis-à-vis de la politique menée dans tous les coins "chauds" de notre planète. Ce rapport contient un constat très dur à l'encontre de la conviction de ceux qui se croyaient maître du monde. "Vive la mort, n'est pas une façon de vivre", disait-il.

L'ancien directeur de la CIA (1997-2004), Georges Tenet règle ses comptes avec l'administration Bush dans son livre "At the center of the storm" (Au centre de la tempête).  Il y fait son "mea culpa" et surtout son "tua culpa".  

Changer de cap est toujours dur et aveux d'échec surtout que les changements y sont espérés pour un avenir très proche. Comment faire? Difficile de prendre la bonne voie, mais ce n'est pas trop tard.

Le journal “L'Echo” du 5 janvier 2007 titrait "Confronté à un Congrès démocrate, Bush se démène pour montrer l'image d'un image de président conscient des problèmes de son pays". "Il est prêt à prendre des mesures énergétique", était-il dit. Par là même, il s'apprête à envoyer une nouvelle escouade de 21.500 d'hommes s'ajoutant aux 132.000 déjà présents en Irak dans le cadre de sa nouvelle stratégie. Il avoue s'être trompé et avoir échoué dans la conduite de la guerre. Plus de 3000 militaires américains hors de combat depuis mars 2003 font mauvaise presse. La Grande Bretagne, au contraire s'apprête à rapatrier 3.000 hommes sur les 75.000 en juin 2006. Qualifiée de fuite en avant par le Nouvel Obs. pour éviter d'admettre le désastre, le jeu de poker menteur continue. On mise un peu plus, c'est tout. Le bilan final risque d'être salé sinon poivré. Mais, on ne parle pas de déficit à la Maison Blanche, on parle d'une économie "robuste" dans une conjoncture mondiale. "Il faut de la flexibilité pour le commandement car le terrain change", dira-t-il encore.

Le général Abizaid à la tête du Centcom, n'a pas vu le problème sous cet angle. Il va partir à la retraite.

Le lieutenant Watada n'a plus désiré porter ses flèches en bandoulière. Il a des ennuis majeurs.

Moins de 20% d'américains le suivent dans cette idée. Le Congrès, désormais aux mains de l'opposition démocrate, veut changer de cap et se prépare de pied ferme à la résistance face à la rallonge budgétaire qu'il ne manque pas de présenter. Le 17 février, le Congrès désavoue le président avec une majorité de voix.  

"Cela va prendre du temps aux gens de réfléchir. Et nous allons passer beaucoup de temps à en parler, parce que c'est important de faire cela", lance-t-il enfin à qui veut entendre.

A vu de pif, on atteindra 127 milliards de dollars de déficit d'ici 2011. Un équilibre budgétaire, il le prévoit en 2012, quand il... n'y sera plus. Si le congrès accepte la rallonge budgétaire de 236 milliards de dollars, les programmes de la sécurité sociale Medicare ou Medicaid (destiné aux handicapés, pauvres et aux plus de 65 ans) vont être réformés et amputés de 96 milliards de dollars. Citoyens US prenez de bonnes habitudes: "descendez la main droite, tournez la vers la poche droite...". Le chemin est fléché. Alors, quand il y a une trop forte opposition intérieure, que reste-il comme levier dans les mains de celui qui "doit" écoulé le stock de flèches? On ne peut plus consommer encore plus de "matière vivantes" donc il faut de l'imagination et trier dans le fourreau qui reste sur la table. L'Iran, mais c'est bien sûr, dirait l'inspecteur Bourrel à l'époque. Plus question de s'y rendre en Rambo mais de baisser les stocks de flèches à distance respectable. Vite une plume pour faire signer le président pour un plan qui apporterait la réussite et qui ferait sortir l'Amérique du cauchemar ! Maudites plumes !

medium_Aux_armes_ou_aux_larmes_Citoyens_Irak.jpgLes Républicains, le 7 novembre, ont subi un revers qui passe mal dans la gorge. L'ergot naturel du coq a été affublé très vite d'un gadget, perfectionné par l'homme par un sublime dard encore plus acéré. Mais, revenons sur le terrain de la terreur. Il est maintenant sûr que tout le monde a perdu dans la bataille. Le drapeau gagné sur l'ennemi et planté sur la colline ne parviendra jamais à effacer de la mémoire ceux qui ne l'atteindront jamais.

Cherchez l'erreur...

Et dire que certains font de la fiction...

Se pencher sur un nouveau processus de paix est réalisable. Avancer dans les étapes sans les brûler. L'axe Euro-Atlantique n'est pas dépassé mais renforcé. Les puissances ont des valeurs compatibles, mais il faut en trouver les facteurs d'adaptation et de cohésion.

"God blesse you" écrit Sam Harris en secouant les Etats-Unis,

Les dégâts se sont équilibrés, de part et d'autres, en une partie à la Pyrrhus, nouvelle vague, et la paix a perdu de nouvelles plumes et de nouvelles flèches.

Mais, de flèches meurtrières, chacun en a toujours en réserves et sait où s'en procurer de nouvelles. Donc, il n'y a plus qu'à entretenir les braises avec quelques allumettes bardées de sauces piquantes. Un nouveau feu sera de retour, jusqu'à l'extinction des précédents à décider un jour ou l'autre. La peur engendrée au début par les "méchants" de tout poil va devoir céder le pas, en effet, vers les envies plus sereines. Il en est toujours ainsi.

Au sujet de l'espérance initiale d'ouvrir des horizons commerciaux nouveaux par conséquence, Keith Craine, économiste à la Rand Corporation et conseiller à l'autorité de la coalition de 2003, constatait “Le mirage des emplois pour la paix”. Une vision “normale” à l'occidentale avec but avoué de faire manger à sa fin une population conquise par des emplois à la clé, ne paraissait jusque ici, pas très adéquate. Il concluait qu'avant les événements, moins de 200.000 personnes sur 27 millions d'habitants étaient derrière des postes de travail étatiques. La reconstruction des entreprises détruites, dans le cas où une chance de récupération existait, n'a pas pu rattraper le retard. Alors, quand on est au chômage, les milices sont très attirantes et les bakchichs vont bon train. La fin ou la faim ne justifient pas les moyens pourrait être la morale de son article.

Le vestiaire, ce n’est pas l'endroit pour les garer trop longtemps. Les affaires ont leurs raisons que la raison financière connaît très bien. L'industrie utilise beaucoup de main d'oeuvre taxable en plus, et il faut faire partager l'idée du bien-fondé de l'utilisation des "plumes" avec les clients.

Pas question de gaspiller des voix puissantes en ignorant les règles du marché de n'importe quel lobby pour le dirigeant du pays. Alors, il faut à nouveau faire peur. Il faut montrer le chemin sans faux fuyant en maintenant la pression et les tentions.

3b3411e89c2bbf37d169ba57df11d4e5.jpgPour contrer ce retour, le Marketing de la peur s'est installé et doit continuer à agir et à secouer. Encore une fois, le marché des "flèches et des plumes" doit tourner. Ca coûte cher une belle "plume fléchée" !

En août 2006, une découverte d'un complot dans les transports aériens avec des liquides explosifs est venue et n'a pas vaincue. Tiens, on n'en entend plus parler!

Armes et contre armes se surprenant alternativement par leur efficacité apportée par la technologie du progrès. Les gadgets, seront là comme cerise sur le gâteau par les perfectionnements pour les vies épargnées ou par les morts assurés. L'assurance d'un avenir de tranquillité est le prix à payer. Il faut investir dans la sécurité de son patrimoine et de la famille. C'est devenu le leitmotiv. L'histoire donnera bonne conscience dans les livres. On l'espère, du moins. Cela n'est pas toujours vrai, heureusement.

La chanson de Nino Ferrer "Le Sud" plaçait la guerre comme une obligation. Déprime du chanteur qu'il ne voulait absolument pas prendre à la lettre ou simple sagesse voulant faire un retour à la case départ.

Dans le Science et Vie, on pouvait lire à propos que la "violence permet de garantir et de préserver les biens, mais qu'aujourd'hui, elle débouche sur des actes de violence gratuite. L'aversion de la perte peut nuire et mener à prendre des décisions in fine négative".

medium_Aux_armes_ou_aux_larmes_Citoyens_Possible.jpgMise à jour du 16/4/2007: L'université "Virginia Tech" à Blacksburg : 33 morts. Vengeance contre la société? Mégalomanie quand on ne sait plus gérer sa vie et son esprit? Le virtuel "lapis laping" qui tourne dans la réalité? Réédition de "Bowling for Columbine" de Michael Moore. 8 ans déjà...

Pour défendre la NRA aux USA, où les armes se trouvent dans le 2ème amendement, on dit que ce ne n'est pas contre les armes armes qu'il faut lutter mais contre les hommes qui les utilisent?@#??? Ou encore, que si tous les étudiants avaient été tous armés, cela ne se serait pas passé?@#??? Encore un plus pour l'arc: avec lui, c'est un peu plus difficile de se suicider....!

Le 2ème amendement dans son entièreté dit: "Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé". Il s'agissait de répondre et de protéger les milices pendant l'époque où les Anglais voulaient les désarmer. Curieuse extrapolation !

L'individualisme va profiter de la baisse des prix des armes à feu et l'instinct de se protéger en privilégiant l'inflation dans la possession d'armement individuel.

En Europe, aussi, on n'épargne pas tout. L'école d'Erfurt, le 26/4/2002 et pourtant 7 millions d'armes en circulation en Allemagne, mais depuis, l'âge de 21 ans est requis pour s'armer. En France, après le massacre à Nanterre, on a changé les opinions. En Angleterre, il y a 11 ans, 16 enfants tués et les armes de poing sont interdits.

Mais, pourquoi, tu nous emm.., Enfoiré avec ton arc, tes flèches et tes plumes? Il faut bien se défendre. Le monde est dangereux.

N'empêche que si on les utilisait encore dans leur sens primaire, on verrait, par la proximité, un peu mieux les grimaces occasionnées par nos projectiles à nos semblables. C'est déjà ça de gagné ou... de perdu.

Car, en définitive, même pour de belles flèches, on n'aime jamais se faire plumer. 

Aux armes, Citoyens ! Et, surtout, préparez vos mouchoirs.

 

L'enfoiré,

Film sur le sujet "Lord of War"

Citations:

 

  • "On ne fait pas la guerre pour se débarasser de la guerre", Jean Jaurès

  • "Il existe des guerres justes. Mais le propre des guerres justes est de ne pas durer longtemps", Georges Henein

  • "Un empire fondé sur les armes a besoin de se soutenir par les armes.", Montesquieu

  • "Admettre la justice des armes, c'est encourir la destruction", Archibald Joseph Cronin

  • "Il est probable que celui qui a inventé le canon était de mèche avec celui qui a inventé la poudre", Philippe Geluck

 

 

Le piquant des images est dangereux

 

10/02/2007

Laïc, c'est le hic

medium_Laic_c_est_le_hic_Geluck.jpgUn monde qui sans le dire ouvertement mais qui se retrouve dans les faits et les statis