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28/09/2014

Cascais, le coucher de soleil de l'Europe

Cascais, là où tout a commencé et tout continue.

0.jpg1980, ma première visite à Cascais. Sur la Costa do Sol, à l'ouest de Lisbonne. Une région qui n'a rien à voir avec la Costa del Sol espagnole. 

34 ans après, rebelote, donc, au même endroit.

Je me souviens avoir étudié l'histoire du Portugal dans ses moindres détails.

Comparer les deux versions d'une même histoire?

 


Cette année, je n'ai pas remis cela pour voir si ma mémoire avait tenu le poids des années.

Un contact avec le journaliste-écrivain portugais, José Rodrigues dos Santos, après son passage sur notre radio belge, là pour parler de son dernier roman "La clé de Salomon", avait confirmé mon envie de retourner au Portugal. Je n'avais pas eu le temps de lire beaucoup de pages, mais la méthode de présenter quelques vérités scientifiques par l'intermédiaire de la fiction, me bottait.

Le dernier Routard présente Cascais comme "le syndrome du joli petit village. Un petit port, avec une baie, adossée à un vieux village aux ruelles blanches qu'il faut parcourir à la nuit tombante pour en apprécier la tranquillité et l'originalité".

C'est vrai ... enfin , le plus souvent... si le temps qu'il faisait avait été de la partie, que le luxe et les prix élevés iraient de concert avec les besoins essentiels pour y vivre. Il faut du répondant, plus qu'ailleurs, à Cascais pour un Portugais.

Il y a eu un samedi soir très doux pendant lequel une veillée nocturne religieuse avait pris place sur la plage. 

L'âme portugaise ne se trouve pas dans les hôtels si beaux soient-ils. Sur le sable, dans les gargotes, c'est tout autre chose.

"Nous sommes transcontinentaux, c'est l'exil, autant que les découvertes, qui a forgé nos gènes. Ce sont les petites nations qui se risquent davantage. Elles se jettent à l'eau avec leur peu d'atouts et leurs grandes ambitions".

Alors, la "saudate", la mélancolie, est au fond du cœur du Portugais. Le fado en est la représentation chantée.

Mais Cascais se doit de cacher certaines souffrances qu'a subi le sud de l'Europe lors de la dernière crise mondiale à partir des années 2008.

Si le Portugal a toujours été un pays qui vit avec la mer, mais tout dépend de la région et du niveau de tourisme qui y est pratiqué. La pêche, essentiellement artisanale, est en baisse constante. En 1980, il était assez courant de voir revenir des chaloupes multicolores de pêcheurs avec la prise de poissons pour les vendre à la criée.

Le tourisme, lui, est un secteur comptant pour 8 % du PIB du pays. 

Depuis le 19ème siècle, Cascais a été la résidence d'été de la famille royale et cela explique, aujourd'hui, ce qu'est devenu cette ville qui partage quatorze hôtels cinq étoiles avec Estoril.

Je ne sais pourquoi, je n'ai jamais pu m'accrocher à la langue portugaise. Elle me semblait tellement éloignée de l'espagnol uniquement à cause sa prononciation. Prononciation des "s" trop "chointante" qui, ainsi, perd le lien avec les langues latines.

Mais revenons à Cascais à 30 kms à l'ouest de la capitale Lisbonne.

Une matinée particulière à Cascais

16 septembre, 07:00, au levé du lit.

Il fait encore très sombre, même plus sombre que d'habitude.

La tempête et les orages ont sévi toute la nuit.

Les vitres de la chambre sont encore pleines de gouttelettes de pluie et il pleut encore. La mer est démontée. Les vagues se projettent avec fracas sur tout ce qui peut leur offrir un obstacle.

Un train passe en direction de Lisbonne. Imperturbable, il s'en fout, lui, du temps qu'il fait.

Vais-je ou ne vais-je pas faire mon jogging matinal quotidien ?

Oui, il pleut moins fort. Il faut y aller. S'apprêter en vitesse et puis partir comme comme tous les jours de vacances.

Un coup d’œil aux messages, aux courriels. Rien de palpitant.

Le roman « La clé de Salomon » que je me suis destiné pour mes vacances, je n'en ai lu que les premières pages. Mais, s'il commence à Cascais, il me donne un mauvais présage puisque l’œil quantique dont il parle, n'a rien d'un cantique... 

"C'est bizarre, que je me trouve à Bruxelles à l'hôtel Métropole", me dit-il Jose Rodrigues do Santos dans son mail. 

Peut-être y avait-il enfin trouvé la clé d'un autre Salomon.

J'avais appris qu'il faisait un soleil d'un automne indien à Bruxelles. Un peu de notre soleil entre Estoril et Cascais m'aurait bien plu. 

Le tunnel à passer sous la route et sous le train, me voilà près de la mer à la rencontre des vagues qui seraient prêtes à emporter l'imprudent. Trois solutions: calculer son coup pour ne pas être éclaboussé en longeant les berges, attendre le reflux d'une vague pour passer sans être mouillé ou contourner l'obstacle.

Sur le chemin de la ville, tout est encore fermé. A cette heure, les rues sont normalement peu fréquentées, mais cette fois, elles sont vraiment désertes, plus vides que normal. Même pas l'habituelle sortie des pisseurs de chiens. Les touristes se terrent dans les hôtels avec leur petit-déjeuner.

Un suis le nouveau "Passager de la pluie" version portugaise qui passe de ruas en ruas, de becos en becos, de traverssas en traverssas. 

La rua Fréderico Arouca fait pendouiller des décorations chinoises sous le vent, en pure perte. Arrivé à la plaça Luis de Camoes, la statue de ce célèbre poète en son milieu, en a tellement vu de touristes qu'elle semble contente de cette chute de régime de visiteurs.

Un balayeur crie quelques mots à se demander à qui il adresse sa véhémence.

Un livreur s'affaire et décharge les victuailles pour la journée d'un hôtel.

Plus loin, sur la place de l'Hôtel de ville, quelques goélands se partagent la place avec la statue de Pedro 1er ou s'en offre un reposoir providentiel.

Empruntons le fronton vers la citadelle.

Au sommet, Carlos 1er, statufié, scrute l'horizon sans broncher avec ses jumelles à la main. Un hommage de la population à ce dernier roi du Portugal assassiné en 1908 alors que la place que je viens de traverser rappelle le 5 octobre 1910, la date de la proclamation la république? 

Ma tentative de traverser le Parque échoue.

08:00 heure, une demi-heure trop tôt. Le garde chiourme, mécontent, m'explique en portugais, avec des gestes peu affables que quand c'est pas l'heure d'ouverture, c'est pas l'heure et qu'il faudra attendre l'ouverture. Il n'est pas prêt à briser les règles bien établies.

Pas d'excitation, ni de fièvre, mon cher concierge, aurais-je dit si mon portugais avait été à la hauteur.

0.jpgRetour sous le vent, sur la digue.

Celle-ci offre une piste cyclable mais ce matin-là, sans cyclistes. L'air humidifié par l'eau de mer s'envole dans le vent très fort, presque trop fort.

Féerique à souhait, cette côte sauvage. Direction la « Boca do Inferno », la bouche de l'enfer.

Un jour parfait pour faire la connaissance de l'enfer, me dis-je.

Les goélands font du sur-place, à planer les ailes déployées contre le vent sans paraître se fatiguer.

Le vent s'harmonise, enfin, avec quelques rayons de soleil qui traversent les nuages gris avec quelques rayons en étoile. La mer perd de sa grisaille et s'illumine, tout à coup, en miroir du ciel. Le mot "Magique" me vient à l'esprit.

La bouche de l'enfer est enfin, là.

Vais-je connaître l'enfer de Dante, constitué par ce trou dans lequel la mer s'engouffre par tempêtes dans un bruit fracassant ? Une mer déchaînée s'engouffre dans la bouche de Vulcain.

Difficile d'abandonner ce spectacle. On resterait des heures à chercher la vague qui dépasserait en force la précédente.

Mais, il faut déjà reprendre le chemin de retour.

Le Parque est, cette fois, ouvert. Aucun paon dans les parages et quelques coqs les remplacent sans y parvenir vraiment devant le Musée Condes de Castro Guimaraes encore fermé. Coïncidence ou improvisation de destins, l'anecdote qui suit...

Le dimanche avant, sous la guidance d'une dame belge, expatriée depuis 4 ans, sa visite avait été improvisée. Elle avait vécu avant cela à Anvers avant de venir par ici avec son mari hollandais, entichée par l'étude de l'histoire portugaise.

0.jpgLe ciel se plombe à nouveau à en devenir vraiment menaçant. La mer a perdu le bleu que l'on espère. Elle en perd le nord et prend la couleur de notre mer du Nord. 

Il faut presser le pas. Tout change très vite sous le vent, trop vite, par ici. 

Ce n'est pas comme à Hong-Kong, même si les parapluies sont de sortie. Là-bas, c'est pour la démocratie. Ici, c'est pour se protéger des intempéries.

Revoilà la statue de Dom Pedro 1er. Cette année on fête son 650ème anniversaire sur la Plaça du 5 octobre qui rappelle la naissance de la République portugaise. 

Ce Dom ne me tiendra pas rigueur de mon détour par les petites ruelles pour le dessert de ma balade.

Le retour s'est passé par l'Avenida Rei Hubert II, la Rua da Vitoria, suivie de la Travessa da Victoria, sans oublier le Beco da Vicoria... 

0.jpgLà, dans le calme et la volupté, on est déjà loin du vent et du bruit de la mer.

Je n'ai pas ajouté luxe. La population locale vaque aux habitudes, aux rituels du travail. Au petit bistro « Le bijou de Cascais », le petit déjeuner est déjà servi.

Amusant de s'appeler ainsi en plus sur plusieurs générations.

De voir manger les autres, me creuse l'appétit pour un brunch...

Déjeuner en paix comme dit dans la chanson.

A moins que l'hôtel ne soit devenu un réel mirage, je me le destine.

Tout cela par une sélection de photographies sous ce clic avant d'aller sous le vent avec Tony Carreira -->


 

L'enfoiré,

 

Rendez-vous, dimanche prochain, pour la suite de l'aventure portugaise.

 

Proverbes portugais:

  • "L'enfer est pavé de bonnes intentions."
  • "Dis à ton ami un mensonge et s'il en garde le secret, alors dis-lui la vérité."
  • "La saudade est un mal dont on jouit, un bien dont on souffre."

Commentaires

Que des mensonges, le Portugal pluvieux.....
Non monsieur, le Portugal n'est noir que dans ses vêtements, ou alors votre climat de naissance vous poursuit même dans ce pays bleu azur....
Du fond du cœur, j'espère que ce petit intermède vacancier a été à la hauteur de vos espérances,
Pour le climat, c'est un honneur que le pays vous a fait, il vous savait craintif vis a vis de ses chaleurs.
Bienheureux que vous êtes de pouvoir découvrir un Portugal différent de celui décrit par ces touristes écrasés de chaleur et rouges cramoisis

Écrit par : manu | 29/09/2014

Le titre disait "coucher de soleil de l'Europe".
Ce n'est pas uniquement une question géographique.
Un coucher de soleil est toujours un peu nostalgique.
Du coucher de soleil, du "sunset", je ne peux en parler. Je n'en ai vu aucun.
C'est donc bon signe.
Je ne peux parler que du lever de soleil, du "sunrise" et cela, c'est plus enthousiasmant.
Avais-je eu vraiment une hésitation à partir quand il pleuvait?
Absolument pas. Mais il faut laisser croire à ceux qui accompagnent.
J'adore la pluie quand elle rafraîchit. Ce qui a été le cas.
L'appareil de photos qui ne m'a pas quitté, aime moins.
Mais les clics ne l'ont pas quitté.
A la semaine prochaine, pour la suite.
Elle a été chronologiquement plus dans les cordes d'un Portugal traditionnel.
Enfin traditionnel... c'est à voir...

Écrit par : L'enfoiré | 29/09/2014

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