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06/05/2017

Un coup de barre 'phygital' et ça repart...

2.jpg"Tu viens pas me faire la leçon avec ton libéralisme à deux balles", une  remarque choc d'un interlocuteur qui m'avait bien fait beaucoup sourire alors qu'il voulait parler des élections "spectaculaire" françaises. 

Y en a marre de parler de ces élections qui ne sont pas les nôtres.

"Cela a assez continué à rester durer", comme on dit chez nous.

Il y a longtemps, Pierre Dac se posait la question de savoir "Comment mettre de l'argent de coté pour l'avoir devant soi, alors que paradoxalement c'est une façon comme une autre d'assurer ses arrières?".  

Que faire de ce putain de cash?

 


0.jpgNon, je ne vais pas jouer au conseiller en placements.

L'argent n'est qu'un miroir aux alouettes.

Je vais seulement relater les raisonnements de spécialistes en la matière qui ne manquent pas de donner des idées salées, poivrées et sucrées.

A l'école, on apprend comment gagner du pognon, mais pas comment le conserver.

Être plus informé qu'en 2007, quand la crise, la brise et la bise furent venue, tout est là.

L'apprentissage de lucidité des Belges se passa à l'arraché pour une partie de la population d'épargnants.

Ils ont sécurisés leurs billes dans plusieurs banques puisque nous les avions perdues et qu'elles s'étaient expatriées chez nos voisins français et hollandais.

A cette époque, beaucoup de compatriotes ne voyaient pas de grandes différences entre une obligation et une action ou une différence entre une branche 21 et une branche 23 alors que ces branches ne poussaient pas sur le même arbre.

"Le passé est un œuf cassé, l'avenir est un œuf couvé", écrivait Paul Eluard.

Thomas Gunzig apportait une réponse humoristique sur notre 1er maipodcast

Notre "espion", Alex Vizorek, comparait la France à la Belgique en faisant des allers et retours par Thalys, disait hier que certains Français se renseignaient comment s'expatrier en Belgique: podcast

La semaine dernière, j'avais révélé que les Belges confondaient souvent les verbes "pouvoir" et "savoir".

N'était-ce pas un indice de ce qui va suivre dans ce billet?

Plus on en sait, plus on peut. Plus on peut, plus on a de pouvoir d'achat et mieux on se porte. Quelques Belges l'ont bien compris.

Les banques d'un monde qui change

0.jpgLa pub de la BNP Paribas Fortis, pour ne pas la nommer, peut s'étendre à toutes les autres sans aucun complexe.

Il y a dix ans, le "to big to fail" a incité l'Etat belge à investir dans les banques pour les secourir.

Aujourd'hui, il essaye de récupérer sa mise avec les bénéfices en plus.

Les exemples de Belfius et de BNP Paribas Fortis le prouvent sont dans le collimateur.

Cette semaine on apprenait que l'Etat belge vendait le quart de sa participation en BNP:podcast.

La banque Dexia qui dans la bagarre avait changé son nom en Belfius, l'est aussi.  

Comme il est dit, l'Etat n'a pas vocation à rester dans le capital d'une banque.

Le personnel de Belfius se sont inquiétés et auraient trouvé un accord social sur la reconversion.

Le problème, c'est que l'on ne voit que le sommet de l'iceberg. 

Le secteur privé et le secteur public, raclent les fonds de tiroirs.  

Normal que l'on vend les bijoux de famille au "Mont-de-Piété".

Certaines anciennes banques italiennes ne sont pas loin de la faillite, d'autres restent fragiles.

Le Groupe Deutsche Bank a annoncé une augmentation de capital de 8 milliards d'euros, affiche un ratio sur fonds propres de 14% qui a relevé sa note de BBB+ à A- chez Standard & Poors.

Elle les a poussé à changer de braquet pour conserver leurs clients dont la fidélité n'était plus assurée suites aux nouvelles opportunités de placement offertes sur internet. Les seniors ont été pré-retraités et remplacés par des jeunes moins chers qui doivent se mettre au parfum de leur manque d'expérience avec célérité.

Certains pensent créer des 'Bad banks' pour faire fondre les 'junk bonds' pour les vendre au rabais.  

La fragilité des banques se maintient de concert avec la concurrence entre elles.

La fragilité des Etats qui n'ont pas un PIB en équilibre dans le concert des Nations, se verront aussi sur la liste noire. Porto Rico vient de se déclarer en faillite.

Tous les systèmes, étatiques ou non, se tiennent pas la barbichette du rendement "marche ou crève".

 

Les épargnants dans ce jeu de quilles qui vacillent

0.jpgLes "anciens" Belges ont souvent épargné pour garder une pomme pour la soif lors de la retraite et garder un pouvoir d'achat en corrélation avec la vie active. 

Le gouvernement voudrait d'ailleurs réhabiliter le remboursement du 2ème pilier de l'assurance groupe sous forme de rente plutôt que par le remboursement du capital, pour retrouver sa vocation sociale à compléter la pension légale défaillante.

La pension légale de retraites sont à raz des pâquerettes après des années de labeurs alors il faut trouver des palliatifs pour qu'ils puissent encore aller à Torremolinos "Manneken pis not war, faisez la mouche pas la guerre".  

Aujourd'hui, les jeunes sont confrontés aux nouveaux besoins de la vie actuelle pendant laquelle il faut dépenser pour exister dans la société et ils n'ont plus de tunes.

Un tiers des Belges n'épargnent pas d'après une enquête:podcast.

Ce tiers-là n'intéresse ni monde de la finance et ni celui des banques.

Si vous vous êtes dans le cas, changez de crèmerie et n'allez pas plus loin dans la lecture de ce qui suit.

Ce sont en général des gens qui ont un peu plus de fonds de bouteilles et qui ont pu épargner pendant leur vie active sous différentes techniques de plafonds.

2.jpgCeux-là regrettent le temps où les taux d'intérêts s'élevaient à deux digits.

Ceux-ci leur permettaient dans les années 90 de penser qu'ils ne touchaient pas à leur capital en recevant coupons et dividendes alors qu'en sourdine l'inflation suivait la même envolée que les taux d'intérêts.

Cette époque d'intérêt à deux digits est résolument révolue.

Les crises successives ont engendré une croissance molle et des taux d'intérêts se sont retrouvés sous la ceinture pour relancer l'économie.

Alors, les banques, l'une après l'autre, organisent des sessions pour remettre les épargnants sur les rails de leurs propres propositions d'investissements qui restent sur les comptes d'épargne et qui ne rapportent pas suffisamment.

Le billet de 2015 parlait des "Extrasystoles de la Bourse" pour premier rappel.

C'est reparti, la cloche de la Bourse sonne à nouveau...

 

2017 sera-t-elle l'année de la réalité virtuelle?

1.jpgUn Vif-Express récent parlait de la gestion personnalisée du patrimoine en fonction de l'importance mesurée des clients.

Il était dit que tout avait changé en 2015 lors du rapprochement de deux acteurs de l'économie, Degroof et Petercam Consolidation.

Le but était de s'adapter à l'économie de marché par des économies d'échelle et répondre, ainsi, aux réductions des coûts liés à la régulation, aux pressions des commissions et des sociétés de spécialisées comme Tree Top, Orcadia et Keytrade Bank retrouvés sur le net qui avaient moins de frais.

Après les déconvenues des crises successives à partir de 2007, les clients étaient considérés comme mieux informés et avaient réparti leur patrimoine sur plusieurs débouchés et sur plusieurs banques pour réduire les risques.

Les profilages des clients MiFid en deux versions de plus en plus restrictives avaient tenté de réguler les banques pour ne pas se faire arnaquer par des vendeurs de placements peu scrupuleux.

Les taux d'intérêts bas, maintenus artificiellement, ne font pas bon ménage avec les affaires bancaires.

Alors, les banques se sont mises à établir des échelles de clients en fonction de leur patrimoine qui déterminera la couleur du tapis que l'on placera à leur arrivée.

Un patrimoine à investir en dessous de 100.000 euros, c'est catégorisé dans le domaine du low-cost, du clé sur porte.

Entre 100.000 et 500.000 euros, c'est entrer dans la banque privé.

Au dessus de 500.000 euros, c'est du sur-mesure.

En Suisse, pour être un client bien et de biens, il faudrait peut-être allonger quelques 50 millions de FS sur la tapis.

Mais, revenons en Belgique et au deux tiers qui ont épargné suffisamment pour entrer dans une des catégories.

Un interview radiophonique remettait le couvert par Roland Gilet, Professeur de finance à la Sorbonne (Paris 1) et à l’ULB (Solvay) :podcastpour parler de l’art d’investir en Bourse, en suivant des grands principes de la finance et en finale, garder la maîtrise des rendements et des risques sous le chapeau de "Wealth outlook".

1.jpgIl disait qu'il y avait ses 'niveaux intéressants' à la lumière du comportement des marchés d'actions pour appâter les chalands. On lui cède la parole...

"Aux States, les Républicains que l'on appelle 'les taureaux' attendent les réductions d’impôts, la dérégulation et les travaux d’infrastructure. Le principal souci du marché réside dans le fait que si Donald Trump ne parvient pas à unifier son parti, il lui sera difficile également de faire passer plusieurs points de son programme. 

Les marchés d'actions américains ont signé une belle remontée par anticipation et les bourses européennes leur ont emboîté le pas.

L’euro a gagné beaucoup de terrain sur le billet vert mais il reste suffisamment d’éléments fondamentaux justifiant un raffermissement du dollar. Le différentiel EUR/USD d’intérêts plaide en faveur de la devise américaine. Sa progression s’est arrêtée aux alentours de la moyenne à 200 jours, alors qu’un franchissement net de ce niveau pourrait être annonciateur d’un revirement de la tendance. La corrélation entre toutes les classes d’actifs, laisse présager des jours et semaines à venir passionnants".

Passionnants, pour qui dans le trio "Banques, Etat ou clients?

Peut-être Mister Market changera-t-il de disque ou peut-être pas.

Une logique de hausse crée une bulle qu'une correction sérieuse peut arrêter, comme le rappelle George Ugeux.

"Nihil novi sub sole"... "Rien de nouveau sous le soleil".

Conjonctures et conjectures sont les deux mamelles de la finance.

Le hic, c'est la robotique qui n'ont pas de mamelles et Miss GAFA se lèchent les babines... 

Un autre spécialiste avait précédé son discours par un préambule : "Je n'ai pas de boule de cristal mais construire du solide est la base de tout investissement".

Il poursuivait : "Contrairement au ressenti, dans le monde financier, l'année 2016 fut une très bonne année même si son début a été laborieux avec les secousses de la Chine. 

Une année mouvementée pour les banques entre euphorie et peur.  

La peur de la récession casse tous les marchés mais pas les corrections des marchés suites aux fluctuations en extrasystoles. 

Tous les conseils sont basés sur des approximations et les tendances des marchés mondiaux.

3.jpgLes banques centrales sont sensées être là pour réagir et intervenir.

Les opportunités sont à anticiper théoriquement sur douze mois et à être concrétisées pratiquement au bon moment.

L'inflation doit pouvoir se calculer sur bien plus d'années ce qui veut dire que comme pour l'évolution du climat, plus on s'éloigne dans le futur,  moins elles deviennent précises.

Trump a marqué tous les esprits par son exubérance, mais aussi par ses changements d'avis soudain à l'emporte-pièce.

Pourtant, jusqu'ici 2% de ses électeurs américains ne regrettent pas leur vote.

France et États-Unis, deux démocraties qui se rejoignent parfois par le genre d'élections présidentielles, mais elles diffèrent par la longueur de leur passé.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pourrait déstabilisé le marché des devises quand les taux d'intérêts reprennent le chemin de la hausse.

0.jpgMême si l'euro est la devise unique et commune en Europe, les taux d'intérêts suivent le pays dans lesquels ils sont pratiqués et pas de manière générale dans leur zone d'influence en dollars ou en euros.

La victoire de Emmanuel Macron aux élections française se retrouve déjà positivement dans les cours parce que tout doit rester ouvert pour que les affaires fonctionnent. Détente des taux, euro renforcé de 2%... la théorie veut que l’investisseur anticipe quand la rumeur se propage puis vend quand l’information confirme celle-ci.  L'indice Bel20 signe sa meilleure semaine depuis la mi-juillet/

Indice Bel20: +4,19%, Indice Stoxx +1,92%, Indice S&P 500 +1,7%, Taux belges à 10 ANS +3 points de base, Europ en dollars US +0,95%.

Les fonds ayant une exposition globale et les actions avec dividende sont privilégiés quand la volatilité est trop importante. Attendre l'événement non compris tout de suite par le marché.  

Macron a ses fans chez nous.

Après le médiocre débat de mercredi, ils ont dû applaudir les deux points de plus qu'il a remporté d'après les sondages.

Tout n'est qu'équilibres délicats et de compétences.

Il ne suffit pas de vendre, il faut emmagasiner des bénéfices pour assurer le 'cash-flow' et pouvoir réinvestir.

Là, pour un pays, l'équilibre entre les importations et les exportations entre en jeu. 

Savoir et pouvoir vont de pair même sans délit d'initiés.  

 

Vos fonds doivent-ils être gérés par des ordinateurs?

0.jpgUn billet paru dans l'Echo refroidit et réchauffe à la fois en parlant de la gestion de patrimoine.

D'où la question 'L'économie reprend-elle grâce ou à cause des ordinateurs?'

"Dans le monde des 'fonds quantitatifs' (qui se base sur des modèles économétriques pour prendre les décisions d’investir), tout est réglé par des modèles mathématiques.

Entre-t-on ainsi par la petite porte dans le monde du "Private banking"?

L'argent est géré activement, mais comme les ordinateurs travaillent presque gratuitement, les frais sont moins élevés.
Dramatiser un peu, c'est parler de guerre entre l’Homme et la machine. Les investissements passifs qui n’ont pas pour objectif d’essayer de battre le marché en essayant de sélectionner des titres précis qui pourraient avoir un rendement plus grand que celui du marché, ont le vent en poupe.

La gestion active n’a pas réussi à convaincre et de plus en plus de fonds spéculatifs doivent se justifier parce qu’ils facturent des frais excessifs pour des prestations décevantes et automatiques.

Entre les fonds gérés activement et les fonds indiciels (ou trackers), les fonds quantitatifs (ou "quants") font office de challenger. Ces fonds ne réalisent aucune analyse qualitative et se contentent de suivre un modèle. L’algorithme exclut par définition tout investissement émotionnel, tout comme c’est le cas pour les trackers (fonds passifs). D'autres disent avec raison qu'un algorithme peut réagir erronément et provoquer un 'flash crash' comme en 2010

La compilation de toutes sortes de données financières permet d'établir une liste d’ordres d’achat et de vente, directement transmise aux marchés concernés pour exécution pour modifier au plus vite la composition du portefeuille "idéal" prescrit par le modèle. 

Si la mise au point d’un tel modèle informatique demande beaucoup de travail humain pour définir l’objectif prioritaire de se protéger contre des baisses de cours et de percevoir un maximum de dividendes de manière régulière, un ordinateur et un logiciel ne se paient qu’une seule fois, au moment de l’achat ou de son élaboration.

Les grandes sociétés de gestion ont souvent renoncé à l’idée que les gestionnaires de fonds en chair et en os pouvaient battre le marché à long terme.

Les coûts sont devenus un sujet très sensible et l’un des moteurs de la consolidation au sein du secteur et des clients.
Chaque année de l’argent quitte ses fonds gérés activement à faire du 'stock picking' (choix des titres en fonction de leur valeur propre sans tenir compte d’une quelconque pondération par rapport aux indices de référence) pour alimenter les fonds passifs, bien meilleur marché.

Ces nouveaux fonds représentent la plus grande part de ce que l’on appelle les 'assets under management' (services de gestion d'actifs).

Les frais de gestion seraient ainsi passés de 0,88 à 0,48%.

Les divisions "stock picking" ont par conséquent décidé d’augmenter le rôle des ordinateurs dans la sélection des actions.

La gestion passive entraînerait une réduction des tarifs pour les clients et réduire d’inévitables licenciements".

STOP à l'enfumage.

0.jpgS'il est logique que les sociétés de gestion cherchent de nouvelles manières de réduire leurs frais de gestion, de taxes, de courtage, de taxes, de taxes sur la taxe, cela devrait se répercuter sensiblement jusqu'aux clients.

Primo, la réduction des frais nets est un leurre. Peu importe d'où ils proviennent d'ailleurs, que ce soit par la banque ou par l'Etat.

Comme les ordinateurs travaillent presque gratuitement, les frais sont quasiment nuls pour les banques qui, plus, ne payent pas de frais pour les transactions entre elles.

Secondo, il y a encore beaucoup de personnel dans les banques malgré les licenciements et les "peu qualifiés" sont déjà dans les souvenirs de nettoyages précédents.

Le robot fait un élèvement de plafond de carte de crédit en 48 secondes, alors que l'employé le faisait en cinq minutes. Même un 'chatbot' bourré d'intelligence artificielle, est parfaitement capable de répondre aux demandes introduites par emails par les clients...  

Le plus marrant, c'est que souvent, les banques signent les emails envoyés aux clients du nom de leurs intermédiaires alors que ces derniers ne sont même pas au courant.

Au cours des 48 derniers mois, près de 3000 traders ont été licenciés dans les 12 plus grandes banques du monde, non pas parce qu’ils faisaient mal leur travail, mais parce que ces « golden boys » ont été remplacés par des algorithmes qui coûtent cinq fois moins cher. Les robots coûtent de 30.000 à 40.000 euros par an, mais ils ne prennent pas de décisions.

La stratégie de supprimer le risque reste impossible pour n'importe quels investissements passifs ou actifs et n'évite pas les risques de licenciements.
L’ambition de faire mieux que le marché en cherchant de manière systématique à identifier les valorisations anormales, à rechercher des actions impopulaires et bon marché, ne permet pas de sortir de l'ornière des pertes en frais de toutes sortes calibrées sur le montant investit et non pas sur le rendement reflété par l'analyse du portefeuille trimestriel.

La liste d’actions assortie de recommandations portant sur leur pondération optimale du portefeuille oublie certains frais pour le client alors que l’utilisation d’informations privilégiées fonctionne bien.

On lit que la tendance est au 'phygital', l'union de ce qui est physique et numérique.

En 1981, Olivia Newton John chantait "Physical" avec malice.

I'm saying all the things that I know you'll like
Making good conversation
I gotta handle you just right
You know what I mean
I took you to an intimate restaurant
Then to a suggestive movie
There's nothing left to talk about
Unless it's horizontally

Mais à 68 ans, Olivia a d'autres problèmes à surmonter.

Avant le "phygital", des clubs d'investissements réunissaient les personnes qui s'intéressaient aux mouvements de la Bourse.

Aujourd’hui, c'est par la meilleure discipline pour éliminer les concurrents que l'on maquille les frais bancaires et les taxes. 

Le coût de l'analyse boursière via modèles correspondant au profil des clients, bourse est presque nul puisque c’est sur le plan "automatique" que les fonds quantitatifs exercent leur performance. Mais, elle reste payée au prix fort.

Sur la fiche d’un fonds quantitatif, si les noms de gestionnaires figurent malgré tout et que les ‘quants’ analysent les données financières sur la base d’un modèle mathématique, très comparable au système de pensée d’un analyste classique, même si ceux-ci ne sont pas nécessairement plus profitables.

Une des caractéristiques et un avantage des ‘quants’, c’est qu’ils sont plus diversifiés que les autres fonds pour réduire la volatilité avec une sélection très limités sous contrôle.

Quelques questions me restent pourtant dans la bouche.

Est-ce qu'une banque reste encore une banque quand elle n'intervient plus en "cash provider" sur mesure en dehors des  billets des Bancontacts?

Qui fait l'interlocuteur intermédiaire entre cette machine et le client, quand le patrimoine ne suit pas ou plus?  

Que font les gens d'une époque plus ancienne qui n'ont toujours pas d'accès à l'ordinateur parce qu'ils n'ont pas les moyens financiers ou parce qu'ils n'ont pas la compétence et les connaissances que le numérique impose vendu initialement comme s'il s'agissait de "Plug & Play" et qui leur coupe l'herbe sous les pieds?

Ce n'est pas l'exemple d'André Jamar âgé de 92 ans mentionné dans Vision qui fait la généralité des clients.  

Le numérique a permis des interactions entre tous les niveaux de la société par des connexions entre objets et hommes, a créé des envies de créer du nouveau avec de l'ancien et de cibler la société qui parvient encore à tenir le coup en sortant de ses habitudes.

Combien de fonctionnalités qui existaient avant le numérique n'ont-elles pas été oubliées au passage?

La nouvelle CEO de Bancontact, âgée de 38 ans, lance péremptoirement qu'elle est passée au paiement électronique quasi à 100%. 

Pour trouver un bon équilibre entre la vie privée et professionnelle, elle s'impose un horaire très strict car le temps c'est de l'argent.

- Si je gagnais au Win for Life, je prendrais un chef à domicile pour cuisiner tous les jours des petits plats. J'aime les trek à la montagne avec un porteur et cuisine pour moi", lance-t-elle.

- Pouvez-vous encore donner les ingrédients de ce que vous avalez et concevoir que le lait vient de la vache? 

Quant aux options de placements, elles sont devenues tellement nombreuses qu'elles ont augmenté le stress, demandent trop de temps en moins pour les loisirs que la professionnalisation des intermédiaires souvent pour noyer les poissons par des aides payantes sont devenues la norme par des voies discrétionnaires. 

Comment calmer le jeu si ce n'est en diminuant la concurrence pour que cela reste crédible?

Non, contrairement à ce que j'ai entendu depuis des années, le papier n'a pas disparu avec le numérique, il s'est même amplifié mais pas de la même manière et avec les mêmes interlocuteurs.

L'argent physique disparaît progressivement pour devenir virtuel. 

0.jpgLes banques réduisent le nombre et le temps d'accès à leurs guichets et ne sont plus réservés qu'aux commerciaux.

Mais, les guichets automatiques et la banque à domicile ne sont là que partiellement pour y répondre.

Les caissières des magasins restent très contentes de recevoir de la monnaie sonnante et trébuchante.

Si on donne des concepts politiques aux activités bancaires, on pourrait dire que la porte de droite, c'est pour servir et la porte de gauche, c'est s'y servir tandis qu'en finale, c'est cristalliser le contrat social comme un pari sur l'humanité.

L'antidote de la disruption digitale ne coule pas de source et reste intolérante pour les défaillances numériques.

Peut-être pour cause de printemps, la finance semble donc retrouver le début de la fin de la crise et des taux bas.

L'amorce d'un processus de normalisation à la BCE et de la FED, donnera-t-il un message fort à l'Europe?

Pour cela, une légère inflation de 2% est nécessaire pour compenser la vétusté des biens et faire correspondre le calcul de la dépréciation du matériel et la réalité et pour que l'argent ne dorme pas sur les comptes des banques.

Non, ce n'est pas les attentats qui ont uniquement ralenti les marchés avec le plus d'efficacité.

Le ralentissement du commerce est né du fait que le pognon est resté de peur dans les chaussettes et qu'il faut l'en faire sortir. 

Les rabais sur les prix accordés dans le commerce, l'ouverture des magasins en weekend prouvent que pour inciter prospects et clients, sur tout et sur rien, reste un signe négatif du progrès de la situation.

Relancer une machine économique qui tourne au ralenti depuis dix ans par la consommation, se doit de tenir compte de paramètre qui sortent des modèles informatiques.

Selon certains experts, le progrès technologique à venir devrait révolutionner l’économie d’une manière tout à fait inédite. 

Il n’est donc pas possible de le modéliser avec les observations faites sur ce qui s’est produit par le passé lors des précédentes révolutions technologiques.

La fracture est devenue un "gap" alimenté par la défiance, la politique, les médias et le scepticisme sans plus pouvoir analyser si la radicalité est applicable en dehors de la théorie, si la désespérance n'est pas suicidaire avec en arrière-plan un passé rongeur. 

La chanson, "ma petite entreprise ne connait pas la crise" existe pourtant mais pas partout et pas avec les mêmes artifices.

Les habitudes de consommation ont seulement changé.

0.jpgL'industrie de voyage n'a pas connu de vraie crise.

Quand l'ambiance de travail se déglingue, le contrepoison, c'est l'évasion par les vacances et les voyages le plus souvent possible.

On se ressource, dit-on...

0.jpgLes consommateurs veulent de l'évasion sur mesure mais sans chercher, sans surprises et sans problèmes.

Les agences de voyages reprennent du poil de la bête sur les réservations sur le Web, mais les clients s'ils reviennent c'est pour confirmer leur choix "internetisé" par des compléments d'informations ou pour ne plus être confronté aux problèmes qu'ils ont rencontrés.

Une preuve de plus que l'humain a encore une fonction importante.

Pourquoi la Belgique comptait de moins en moins de jeunes entrepreneurs?

Pourquoi de nombreux entrepreneurs belges décident de délocaliser leurs activités à l’étranger ?

En temps normal, une personne sur trois qui se lance à son compte fait faillite en temps normal et pas en temps de crise.

« Un entrepreneur en Belgique est socialement et financièrement sanctionné s’il rate son coup et s’il a le bonheur et la chance de réussir, le fisc le rattrape au tournant et le massacre pour lui donner donc envie d’entreprendre. Celui qui échoue perd tout, celui qui réussit ne garde que la moitié ». 

Dans le même temps, certains parlent même de "reflation" comme s'il s'agissait d'une vague traîtresse dans un globe terrestre parsemé de murs et de conflits potentiels inflationnistes.

Chasser le spectre de la déflation, il reviendra au galop...

Si d'aventure, l'inflation pointait le bout du nez, il y aura toujours un remède adapté

Le risque de la volatilité revient toujours pour suivre une croissance montante ou descendante.

Les réductions d'impôts, de personnel, de travaux d'infrastructure et de régulations vont de pair.

Deux France s'opposent comme Fabrice Lucchini le raconte dans la pièce "L'argent fait notre bonheur".

Ce n'est pas uniquement le symbole "En marche" de Macron, mais l'expansion qui font le bonheur des valeurs cycliques qui ont des hauts et des bas.

0.jpgAujourd'hui, c'est j'enlève le haut... Demain, j'ôte mes bas.  

Alors, apprenez à (re)structurer, à réduire tout à une peau de chagrin, payez vos impôts par effet "nudging" et vous serez considéré.

Nous sommes dans le domaine des "ni-ni" qui a mené la startup Macron en low-cost à la présidence.  

Que répondrait-on à un client qui viendrait à l'agence de voyage avec un casque virtuel sur la tête et qui dirait:

- Je vois un beau pays dans mon casque alors je viens pour chercher de l'argent pour partir en voyage puisque je n'en ai plus sur mon compte.0.jpg

- Vous voulez un prêt, Monsieur. Il faut aller à la banque. Ici, on ne fait pas de crédit.

- Pas du tout. J'ai lu dans la "Vision" que l'efficacité se traduit par la plus-value du client. Que  l'essentiel n'est pas ce que vous voyez, mais ce que vous vivez. Que l'avenir repose entre les mains de créatifs comme 'insiders'. Qu'il faut miser sur l'humain et pas uniquement sur les capacités de l'homme. Que nos sens ont besoin d'un temps d'adaptation sinon cette 'Virtual Reality' ne fonctionne pas. C'est ce que je fais, j'ai tout mon temps et vous, prenez le vôtre. 

Il avait seulement sauté une phrase qui disait que "si le matériel existe, le contenu ne suit pas".

Quand il faut faire plus avec moins de moyens, il faut être imaginatif mais avec des réflexions très terre à terre pour s'y adapter et espérer encore comprendre que la machine ne pourra pas tout accepter puisque quelques gardes-fous ont été introduit comme limites par principe de précaution.  

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L'argent n'est pas un but en soi. Ce sont les projets qui seuls peuvent en découler qui peuvent l'être.  

Dans le dernier "Psychologies", il était question de libérer sa créativité.

Une certaine Louise disait "Je n'ai jamais été aussi créative que depuis que je n'ai plus le sou. J'ai appris à utiliser les restes de repas, à réparer, à transformer, à échanger, à marcher à pied, à vagabonder comme une touriste".

Un autre ajoutait qu'il a oublié la paresse, l'ennui et le découragement par la "jalousie positive" qui était devenu un défi.

Si ce n'est pas un esprit écologique que le numérique nous apporte, qu'est-ce que c'est? 

"Avoir envie d'avoir envie" chantait Johnny Hallyday et l'envie comme lui, aujourd'hui, sont en mauvaise passe...

Dans le fond, l'interlocuteur dont je parlais au début, avait raison de parler de "libéralisme à deux balles". 

Il a seulement oublié de dire qu'il y avait une balle pour la banque, une pour la taxe et qu'il restait le désir virtuel pour le client "pigeon".  

0.jpgIl y a 12 ans, j'écrivais "Spéculons en paix".

C'était peut-être libéral d'écrire cela. C'était pour éviter les trous d'air et pousser les entreprises qui apportent des emplois.

Cette vision-là n'avait rien à voir avec ce qui s'est passé ensuite à voguer sur du mobilier virtuel comme la fait la spéculation via l'ultralibéralisme avec le trading, le picking, le tracking, le quanting... et tous ces mots en -"ing".

Le dernier qui s'en va, prendra-t-il le temps d'éteindre la lumière?

J'ai de plus en plus de doute.

Que dire sinon courage, ça repart, mais en phygital...

Les taxes sont un problème qu'il faudra résoudre par l'absurde....

Quant aux banques, Raymond Devos le résolvait en courant....

 

Comment faire d'un vote une oeuvre d'art?

Réponse en cliquant sur l'image d'après ARTE:

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Eriofne,

 

Citations:

  • "L'argent, c'est comme les femmes. Pour le garder, il faut s'en occuper un peu ou alors il va faire le bonheur de quelqu'un d'autre", Edouard Bourdet
  • "On veut gagner de l'argent pour vivre heureux et tout l'effort et le meilleur d'une vie se concentrent pour le gain de cet argent. Le bonheur est oublié, le moyen pris pour la fin", Albert Camus

Mise à jour 6 mai 2017: Fête de Bruxelles, fête de l'Iris et fête du pain.

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Paul Jorion dans son livre "Misère de la pensée économique" chez Flamarion parle des banques dans un chapitre intitulé
"L'avenir des banques"
Lord Adair Turner ( http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/14/lord-adair-turner-administre-la-preuve-qu-il-sait-desormais-mieux-que-personne-comment-fonctionne-la-finance_5094293_3232.html )

En 2009, Adair Turner disait que les banques devaient statisfaire les clients et les employés.
Le crash de la fiance en 2008, avait fait une chute de 1000 milliards de $ après la faillite de Lehman Brothers
La banque devrait jouer ce rôle sans cupidité et pas pour seulement augmenter les profits des investisseurs et de dirigeants ce qui la rendrait nuisible sous forme de casino.
Leur taille permet de jouer un rôle dans l'assurance des risques suite à un calcul actuarial de leurs clients.
Le marché primaire qui permet la vente du producteur au consommateur est sain.
Le marché secondaire instrumente les dettes en les rachetant et en les revendant.
Les banques prélèvent une ristourne sous forme d'escompte.

Dans sa conclusion, il faudrait:
-accorder une priorité aux salaires sans favoriser les crédits
-bannir la spécultaiton
-mettre hors d'état de nuire les paradis fiscaux
-abolir les privilèges des personnes morales
-Rendre la place aux actionnaires comme créancier et pas comme propriétaires
-suivre les cours de Bourse par fixing
-éliminer le prix de transfert pour échapper à l'impôt
-supprimer les stock options
-rétablir la solidarité
-débattre au sujet de la situation actuelle de l'économie (taxe sur le numérique...)
-Donner une chance en dehors des catastrophes qui font le lit de l'extrême-droite mais qui donnent des ailes à l'imagination

J'ajouterai:
-annoncer en pointant ce qui marche bien pour ne pas être considéré comme Cassandre

Écrit par : L'enfoiré | 08/05/2017

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Juncker avertit déjà Macron: «Les Français dépensent trop d’argent»
Le président de la Commission européenne estime que le niveau actuel des dépenses publiques françaises n’est pas tenable à long terme.
« Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit. Les Français consacrent entre 53 % et 57 % de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette cela ne peut pas fonctionner dans la durée. Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres » en faisant les réformes nécessaires, a-t-il dit.
Ces propos surviennent alors que la Commission européenne doit publier jeudi ses prévisions économiques de printemps pour les pays de l’UE, suivies le 17 mai de recommandations.
Or la France est sous pression pour respecter enfin les règles européennes, selon lesquelles les déficits publics doivent être en dessous des 3 % du PIB.

http://www.lesoir.be/1498827/article/actualite/union-europeenne/2017-05-08/juncker-avertit-deja-macron-francais-depensent-trop-d-argent

Écrit par : L'enfoiré | 08/05/2017

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La richesse est le plus souvent une question de chance (mais ne le dites pas aux riches)

Les histoires de self-made millionnaires qui ont construit leur richesse par le talent et le dévouement, ne sont guère qu’un mythe dans la plupart des cas, affirme Danny Dorling, un professeur de géographie à l’Université d’Oxford.
Il explique qu’en général, ce ne sont pas les mérites propres de ces personnes qui leur ont permis de s’enrichir. La plupart du temps, cette richesse leur a été transmise par d’autres personnes, et non créée. « La richesse peut se développer, mais seulement quand elle est bien partagée, et non accumulée entre les mains de quelques individus seulement », écrit Dorling. C’est ainsi que les taux de croissance de la richesse sont supérieurs dans les pays plus égalitaires.
Toutefois, c’est une notion que la plupart des riches ont du mal à admettre, surtout lorsqu’ils prennent de l’âge, rappelle Michael Lewis, un professeur de Princeton :
« Tandis qu’ils prennent de l’âge, et réussissent, les gens ressentent que leur succès était inévitable d’une certaine manière. Ils ne veulent pas reconnaître le rôle joué par le hasard dans leur vie. Il y a une raison pour cela : le monde ne veut pas l’admettre non plus ».

Le rêve américain (car Lewis pensait essentiellement aux millionnaires américains), est donc un mythe, et ceux qui s’enrichissent sont rarement plus talentueux que les autres.
La plupart du temps, ils ont hérité d’une somme d’argent initiale qui leur a permis de s’enrichir. Très souvent, ils ont bénéficié d’avantages injustes, comme le fait d’être un homme, d’être de couleur blanche, et d’être né de parents riches.

Et Dorling de conclure :
« L’humanité ne consiste pas en quelques êtres supérieurs capables de faire les choses essentielles qu’ils ont besoin de faire, et d’une masse d’êtres inférieurs qui ne se sont pas révélés capables de les faire et qui devraient donc être pénalisés en conséquence ».

Source: https://fr.express.live/2017/05/11/richesse-question-de-chance/

Écrit par : L'enfoiré | 12/05/2017

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Paul Jorion invité chez ARTE dans une 28' spéciale

http://www.pauljorion.com/blog/2017/05/25/arte-28-speciale-grand-temoin-paul-jorion-le-25-mai-2017/

Écrit par : L'enfoiré | 26/05/2017

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Les robots font maintenant le travail d’un banquier qui gagnait 300 000 euros par an

La banque d’investissement Goldman Sachs confie maintenant une grande série d’opérations à un algorithme, y compris celles qui nécessitaient auparavant le recrutement de cadres payés 326 000 dollars par an, indique Bloomberg. Ceux-ci incluent notamment les travaux préparatoires à l’introduction de sociétés en bourse (IPO), grâce à la mise en œuvre d’une technologie d’automatisation, Deal Link.
L’automatisation de la gestion des dossiers est un projet de George Lee, qui a été recruté il y a trois ans comme responsable informatique à la division banque d’investissement de Goldman Sachs. Auparavant, Lee travaillait comme conseiller pour les élites de la Silicon Valley. Il a déterminé que la gestion d’une introduction en bourse pouvait être décomposée en 127 étapes, dont environ la moitié pouvait être robotisée.

La fin du turn over ?
Selon Goldman Sachs, cette automatisation libère du temps pour les banquiers juniors, leur permettant de se consacrer à des tâches offrant une plus grande valeur ajoutée. Ainsi, la banque espère stopper l’hémorragie de talents. En effet, les départs jeunes cadres à la recherche de postes plus gratifiants se sont multipliés au cours des dernières années.
D’un autre côté, la banque jure que cette nouvelle technologie n’a pas conduit à licencier du personnel, même si elle a permis de supprimer des milliers d’heures de travail humain. En revanche, cette rationalisation du travail limitera son recours à l’embauche dans les prochains mois, et son effectif devrait donc rester stable.

Une extension à d’autres domaines
La recherche des tâches qui pouvaient être confiées à Deal Link a été étendue à d’autres domaines que les IPO. Il est apparu qu’il pouvait aussi gérer certains travaux liés aux fusions ou aux ventes d’obligations. Au total, la banque a identifié plus de cent cinquante tâches, actuellement assurées par l’équipe de 2500 banquiers de cette division, qui pourront être robotisées.
« Les centaines d’heures qui ont été économisées initialement sur les IPO se sont muées en plusieurs milliers d’heures au fil du développement du projet », explique Bloomberg.

Source: https://fr.express.live/2017/06/15/goldman-sachs-automatisation-taches-banquier/

Écrit par : L'enfoiré | 28/06/2017

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« Un monde sans argent »

La première chose que je vais vous demander, c’est de venir avec moi et nous allons remonter le temps. Nous allons remonter de 80 années en arrière et nous allons nous déplacer aussi parce que nous allons nous retrouver à Cambridge, en Angleterre. Nous sommes dans les années 30 et nous sommes dans la chambre – dans son collège à King’s College – du grand économiste John Maynard Keynes. Il réfléchit, il réfléchit à la misère qu’il y a autour de lui… il réfléchit à une société qui se défait, où les oppositions entre les différentes parties de la société conduisent à un effondrement et, il se dit : « Que peut-on faire ? On ne peut pas mettre tout le monde autour d’une table et espérer que tout le monde soit d’accord. Mais on peut réfléchir dans l’autre sens, dans l’autre direction, et si on ne peut pas mettre tout le monde d’accord, on peut, peut-être, se concentrer sur le fait de rendre le minimum de gens pas d’accord. Il y a des gens dans nos sociétés qui ne sont pas contents de la manière dont les choses se passent et ils ont raison. Et, chaque société a le choix de traiter ses citoyens d’une manière ou d’une autre. »
Quand on parle de moyennes, de « salaires moyens », de choses de cet ordre là, on ne parle pas de la distribution. La « distribution », en statistiques, c’est la différence entre ceux qui sont les moins bien traités et ceux qui sont le mieux traités. Et Keynes se disait : « On peut rendre dans une société, le ressentiment, l’insatisfaction, on peut les faire tomber à un minimum et c’est ça qu’il faudrait faire. » Il ne faut pas se concentrer sur l’idée d’un consensus qu’on ne pourra jamais réaliser parce que des goûts et des couleurs, on ne discute pas, il y a toujours des tas d’avis. Et il se dit à ce moment là : « Quelle serait la chose qui pourrait nous permettre de faire baisser l’insatisfaction dans notre société ? »
Quand on travaille, on peut être bien payé, on peut être mal payé, mais il y a une chose en tout cas, c’est que, si on est payé et, en général, c’est le cas – parce que maintenant évidemment, les choses vont encore plus mal qu’autrefois, parfois – eh bien, en général, on a quand même la satisfaction de ramener de l’argent à la maison, de pouvoir faire vivre sa famille, d’avoir un toit, de pouvoir, voilà ! de voir grandir les enfants, d’avoir une épouse qui travaille peut-être aussi, bien entendu et d’avoir la satisfaction d’avoir de l’ouvrage bien faite pendant la journée.
Alors, revenons sur terre, revenons maintenant… reprenons cette réflexion de John Maynard Keynes et posons-nous la question si les choses sont encore comme avant. Eh bien, là, malheureusement, non ! Le plein-emploi ne reviendra pas. Pourquoi ? Eh bien, nous le savons : on parle de robots mais il n’y a pas que des robots, mais la machine nous a remplacés pratiquement sur tout. Oui, on parle d’Intelligence Artificielle, on parle de la Singularité : quand les machines seront plus fortes que nous sur tout, mais le remplacement des êtres humains ne se fait pas, en général par de l’Intelligence Artificielle, il se fait par des choses très simples : les comptables sont remplacés par des tableurs, les anciennes ou les anciens sténo-dactylos ont été remplacés par des traitements de texte. Tout ça, ce n’est pas de l’intelligence artificielle, mais c’est de la machine, c’est de l’ordinateur. À une époque, j’ai moi aussi travaillé à remplacer les traders dans les banques, en faisant des logiciels qui les remplaçaient. On appelle ça, aujourd’hui, des algos.
Les gens sont remplacés par la mécanisation sous des formes diverses. Vous savez, ce petit objet qu’on appelle un « smartphone ». Eh bien, cet objet on l’appelle toujours un téléphone mais, vous le savez bien, c’est aussi un pense-bête, c’est un agenda, c’est un appareil photo, c’est une caméra. C’est une caméra qui est meilleure que les meilleures caméras qu’on faisait dans les années 80.
Voilà ! C’est partout ! Nous sommes remplacés de plus en plus. Il y a des études qui nous montrent que nous allons être remplacés dans nos emplois, que sur 100 ans, à 100 ans, nous serons tous remplacés par la machine et, à des dates diverses, nous serons remplacés, dans différents emplois, par des machines qui nous remplacent. Il y a déjà des restaurants où ce sont des robots qui travaillent dans les cuisines, qui apportent la nourriture à table et c’est vous, simplement en mettant une carte, vous avez pu commander par une tablette et vous mettez ensuite votre carte de crédit dans une fente qui est dans la table et puis, vous partez. Vous n’avez pas vu d’être humain et puis d’ailleurs, il n’y en a plus autour de vous.
Et c’est le rêve que nous avions eu ! Nous voulions faire ça ! Quand j’étais gosse, on parlait de l’an 2000 et on pensait à l’avenir. Et on pensait à un avenir de robots et on irait tous à la pêche. On irait tous se promener avec nos petits-enfants ou nos enfants et nous serions heureux ! Et ça n’a pas eu lieu !
Ça n’a pas eu lieu parce que les robots ne sont pas venus : ça n’a pas eu lieu parce que nous n’avons pas pensé à une caractéristique de notre système. Notre système est un système économique qui s’appelle le « capitalisme ». Et dans le capitalisme, eh bien, c’est le propriétaire de la machine qui reçoit l’argent que la machine fait : ce n’est pas celui qui a été remplacé. Déjà, un philosophe suisse, Sismondi – au début du 19è siècle – avait dit : « Mais c’est la personne qui est remplacée par une machine, c’est elle qui devrait bénéficier du fait d’avoir été remplacée. C’est l’humanité qui avance, c’est un progrès que nous voulons. » Mais ça ne s’est pas fait comme ça.
Cela ne s’est pas fait comme ça : nous vivons dans un système où, quand une usine ferme, si vous voulez, parce qu’il n’y a plus d’êtres humains, il n’y a plus que des robots à travailler et, si il y a encore quelques êtres humains, on les voit sur des photos : sur un endroit où on voyait plusieurs milliers de personnes autrefois, on voit deux ou trois personnes sur l’image, en train de vérifier, plus ou moins, ce qui se passe. Le monde n’a pas eu lieu de cette manière là. Le plein-emploi ne reviendra pas.
Alors, il faut réfléchir ! Il faut réfléchir, quand même, à ce qu’avait dit Keynes : « Qu’est-ce qui pourrait, aujourd’hui, faire que le ressentiment, dans nos sociétés, soit au minimum ? » Alors, j’ai réfléchi. J’ai réfléchi quelques jours et puis, l’illumination m’est venue – un matin en me réveillant – et je me suis dit : « Si je me réveillais, ce matin, dans un monde sans argent, est-ce que je n’aurais pas le sentiment que j’ai vécu jusqu’ici dans un immense cauchemar et que je me réveille dans un monde qui pourrait être le paradis ? »
Vous le savez, il y a eu une époque où je pensais à l’argent toutes les minutes, ou toutes les trente secondes. Pourquoi ? Eh bien parce que je n’en avais pas. Et qu’il fallait en payer et que je n’en avais pas. J’avais quatre enfants à charge et je n’en n’avais pas : on ne voulait pas de moi dans les endroits où on pouvait employer des gens.
Alors, vous savez ce que ça fait quand on est comme ça. Quand on est comme ça : quand on pense à l’argent toutes les trente secondes. Eh bien, ça tue les familles… ça tue les familles et ça fait pleurer les petits enfants.
Alors, voilà ! Voilà pourquoi si on pouvait terminer ce cauchemar, ce serait une bonne chose.
Maintenant, j’ai de la chance ! J’ai de la chance, je pense à l’argent deux ou trois fois par jour, et j’ai de la chance parce que quand on me demande des sommes, eh bien, il y a en a sur mon compte en banque, il y a assez pour les payer.
Mais vous n’avez peut-être pas – vous ici ou les gens qui vont me regarder – vous n’avez peut-être pas la chance que j’ai aujourd’hui. Vous avez peut-être la malchance que j’ai eue à une époque.
Alors, voilà le rêve ! Écoutez : on va regarder ce que quelqu’un a écrit à une époque.
Le plus grand bien
« Quel est le premier objet de la société ? C’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d’exister.
La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là. […] Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière. Il n’y a que l’excédent qui soit une propriété individuelle et qui soit abandonnée à l’industrie des commerçants. […]
Quel est le problème à résoudre en matière de législation sur les subsistances ? Le voici : assurer à tous les membres de la société la jouissance de la portion des fruits de la terre qui est nécessaire à leur existence, aux propriétaires ou aux cultivateurs le prix de leur industrie, et livrer le superflu à la liberté du commerce. Je défie le plus scrupuleux défenseur de la propriété de contester ces principes, à moins de déclarer ouvertement qu’il entend, par ce mot, le droit de dépouiller et d’assassiner ses semblables ».
Alors, vous avez vu, cette « législation sur les subsistances », ce n’est plus comme ça qu’on parle maintenant ! Qui est-ce qui parlait comme ça ? Qui est-ce qui a prononcé ça, dans un « discours sur les subsistances » ? Eh bien, c’est un certain Maximilien Robespierre.
Ah ! Je sais ce que vous allez me dire tout de suite : « Oh là là ! Un assassin, un sanguinaire ! », etc. Il faut penser à plusieurs choses…
il faut penser à plusieurs choses : les troupes étrangères avaient envahi les frontières, au Nord et du côté de l’Alsace, de la Lorraine. La guerre civile régnait en France. Tous n’étaient pas d’accord avec l’idée de la Révolution. Alors, qu’a fait Robespierre ? Il en a appelé à la Vertu. Et là, oui ! S’il y a bien une chose qu’on peut lui reprocher, c’est sa naïveté. Il a cru qu’en demandant aux hommes et aux femmes, la Vertu, que tous allaient se rassembler. Certains l’ont fait, mais pas tous. Alors, qu’a-t-il fallu faire ? Oui, il a fallu mettre en place la Terreur pour essayer de sauver la patrie en danger.
Donc, on pensera ce qu’on voudra de Robespierre, c’est lui qui a prononcé ces termes sur « Le plus grand bien ». Il y a une chose qu’il faudrait dire quand même. Vous vous souvenez comment on l’appelait ? On l’appelait « l’Incorruptible ». Et si vous regardez autour de vous, si vous regardez les journaux, si vous regardez la télé, si vous regardez les nouvelles, vous vous rendrez compte qu’il n’y a pas beaucoup de gens, autour de nous, qu’on aurait pu qualifier de la même manière, comme « l’Incorruptible ». Alors, réfléchissons à cela aussi quand on pense à Robespierre !
La gratuité dont il parle ? Eh bien oui, ce n’est pas comme si on n’avait jamais vu ça ! À une époque, l’éducation, l’instruction, était gratuite. Il y a une époque, pas si ancienne, où la santé était gratuite. Et puis, on nous a dit : « Oui, eh bien, on ne crée plus assez d’argent, alors, on ne peut plus le faire ! » Mais, c’est qui, qui ne crée plus assez d’argent ? Est-ce que ce n’est pas parce qu’on remplace des gens par des machines ? Et que ces machines travaillent pour des personnes qui concentrent la richesse ? Est-ce que ce n’est pas à cause de ça ?
Vous avez vu ce chiffre ? Ce chiffre qu’on dit : 8 personnes aussi riches que la moitié de l’humanité. Huit personnes au monde aussi riches que 3,7 milliards de personnes ! Je vous rappelle ce que c’est que 3,7 milliards – je vous le rappelle parce que moi j’ai fait une erreur de calcul l’autre jour, je vais vous dire quoi – 3,7 milliards, c’est 3,7 multiplié par mille, multiplié par mille, et encore multiplié par mille. Eh oui : j’avais oublié de multiplier, une dernière fois, par mille. Mille fois mille, fois mille, c’est ça un milliard. Égale à 8 ! Alors ne me dites pas qu’on n’est pas assez riches !
Non, ce qu’il y a, c’est qu’on ne sait plus partager. C’est ça qu’on a oublié : on a oublié qu’on peut partager ! On a oublié que les machines pouvaient travailler pour nous. Pour nous tous et pas simplement pour certains. On nous dit : « La gratuité, on ne pourra pas le faire parce que ça coûte trop cher ! ». Ce n’est pas vrai !
Ce n’est pas vrai : nous sommes suffisamment riches. Mais nous ne savons pas redistribuer la richesse. Nous ne savons plus comment il faut le faire. Alors, qu’est-ce que je propose ? J’ai proposé ça, en 2012. Et j’ai la chance qu’un candidat aux élections, Monsieur Hamon, ait repris mon idée. J’ai proposé ce qu’on appelle « la taxe robot ». Je l’ai appelée, moi, à l’époque, « taxe Sismondi » parce qu’il ne s’agirait pas que des robots : il s’agirait aussi des logiciels, il s’agirait des algorithmes, des téléphones : des smartphones, et ainsi de suite : tout ce par quoi nous sommes remplacés – pour le plus grand bien de l’humanité – mais sans savoir partager les bénéfices.
Il faudrait une taxe sur la mécanisation et avec cette taxe sur la mécanisation, on pourra recommencer à faire d’abord que l’éducation soit de nouveau gratuite. On pourra faire que la santé soit de nouveau gratuite. Et puis, après on pourra l’étendre à d’autres choses. On pourra l’étendre, par exemple, aux transports en commun de proximité. On pourra l’étendre à un logement minimum. On pourra l’étendre à la gratuité sur la nourriture. « La gratuité sur la nourriture ? Ça empêchera les gens de manger du caviar s’ils le veulent ? » Mais non, ce n’est pas une bonne idée [de toute manière] de manger du caviar. Mais non, ce n’est pas ça qu’on va faire. On va étendre le système des chèques-repas. Et puis, ça existe déjà, d’une certaine manière, la gratuité pour l’alimentation : aux États-Unis, 15 % de la population vivent des « food stamps » qui sont comme cela exactement : ce sont des chèques ou des coupons pour l’alimentation.
Oui, on peut le faire ! Oui, on peut instaurer la gratuité : nous sommes assez riches pour le faire ! Certains d’entre nous sont trop riches pour que nous puissions le faire tous, mais nous pouvons le faire.
Alors, le monde auquel je rêve, c’est le monde où je me réveillerai demain : je me réveillerai et j’ouvrirai les yeux et je me dirai : « Il n’y a plus d’argent dans ce monde : ce cauchemar absolu a disparu ! Les familles vont être heureuses ! Les gens qui pensaient toute la journée à l’argent qu’ils n’avaient pas en quantité suffisante, tous ces gens se réveilleront au paradis ! » Ce paradis, nous le méritons !

http://www.pauljorion.com/blog/2017/07/05/tedx-chambery-un-monde-sans-argent-repetition-retranscription/#more-96836

Écrit par : L'enfoiré | 05/07/2017

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«La baleine de Londres»: Portrait du trader français qui a englouti JPMorgan Chase
Un trader français basé à Londres et travaillant pour la banque JPMorgan Chase fait face à des accusations de pertes financières de 1 à 3 milliards de dollars, révélées ce jeudi par sa banque. Un scénario à la Kerviel? Qui est vraiment Bruno Michel Iksil?…
La banque JPMorgan Chase face à une perte de 2 milliards de dollars
Les légendes urbaines contemporaines raffolent des traders, et l’histoire vient d’en livrer un nouveau. Le trader français de JPMorgan Chase & Co, basé à la City, à Londres, Bruno Michel Iksil, aka «la baleine de Londres» ou «la baleine de la Tamise», aka Voldemort, - car il est «celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom» - est le nouveau personnage central d’un scandale financier de 2 milliards de dollars.
Si les comparaisons hâtives avec Jérôme Kerviel (Société Générale) ou Fabrice Pierre Tourre (Goldman Sachs) sont à bannir, il entre dans la lignée des financiers français et des traders de tous horizons (Alex Hope, Kweku Adoboli) impliqués dans une perte massive pour une banque, dans un climat de crise de confiance des places financières mondiales.

Des hauts puis des bas
Bruno Michel Iksil, qui a rejoint JP Morgan Chase en 2005 après être passé chez Natixis, a reçu ses surnoms à cause de ses paris risqués à plusieurs millions de dollars sur les CDS «credit default swaps», ces contrats d’assurances destinés à se protéger contre un défaut d'un pays ou d'une entreprise. C'est notamment sur des indices de CDS regroupant plusieurs sociétés qu'opère le fameux trader.
La «baleine» vient du nom déplaisant donné aux personnes riches qui lâchent des millions au casino. Iksil aurait 100 milliards de dollars de positions ouvertes. Tous ses placements n’ont d’ailleurs pas été des échecs puisqu’il a rapporté 100 millions de dollars - soit le montant de sa rémunération annuelle - à JP Morgan, à en croire le Wall Street Journal. Une somme qui avait déjà éveillé quelques soupçons en avril dernier et qui était à l’origine de ses surnoms donnés par des confrères. Le Wall Street Journal tranchait lui avec cette appellation, le décrivant plutôt comme discret.

Pari perdu face aux hedge funds
Il est aujourd’hui, avec sa branche londonienne (le bureau d’investissement), dans l’œil du cyclone, étant pointé du doigt directement dans la perte de 2 milliards de dollars réalisée par JP Morgan Chase sur les six dernières semaines qui pourrait devoir faire face à 1 milliard de dollars supplémentaires au deuxième trimestre. Des investissements risqués qui coûtent cher.
Le trader travaille pour la section de JP Morgan Chase, division chargée de couvrir l'ensemble des risques de la banque, comme des prêts sur des placements risqués. Iksil aurait parié sur l'amélioration de la situation économique, synonyme de baisse du coût des assurances contre un risque de défaut - estimant qu'il n'aura pas à verser de prime aux acheteurs de ses CDS et a perdu face à des hedge funds, agacés par ses positions, qui ont parié contre lui. Un marché des CDS, théâtre de ces affrontements, qui se retrouve bien éloigné de sa fonction première.
La question fondamentale se repose après les jurisprudences Kerviel et Tourre: Iksil a-t-il adopté des positions risquées sans permission de la part de ses managers? En attendant, la liste des Français en mauvais termes avec le monde de la finance s’allonge. L’après 2008 et le renforcement des règles ne leur aura ni porté chance ni ne les aura poussés à prendre davantage de précautions et moins de risques.
Certains observateurs attendent toutefois encore que la perte de ces investissements soient confirmée. Et restent persuadés que si ces pertes sont effectives, elles seront à terme épongées. Mais ces pertes pourraient également s'aggraver.

http://www.20minutes.fr/economie/932667-20120511-la-baleine-londres-portrait-trader-francais-englouti-jpmorgan-chase

Écrit par : L'enfoiré | 05/07/2017

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Le mystère la baleine de Londres enfin élucidé

En 1996, les régulateurs exigèrent des banques qu’elles publient périodiquement leur Value at Risk (VaR), un chiffre évaluant en principe la perte minimale qu’un établissement pourrait subir au cours d’une journée sur un pourcentage de ses pertes les plus fortes (fixé en général à 5 %). Les banques déterminèrent pour leur VaR un plafond en concordance avec leurs réserves ; un dépassement ou une hausse de ce plafond appelleraient une justification. Ainsi, en janvier 2012, la grande banque américaine JP Morgan Chase signala à son régulateur une VaR de 126,4 millions de dollars, au-delà du plafond fixé à 125 millions.
Pourquoi « en principe » ? Parce que son calcul est fondé sur les corrélations ou absences de corrélation dans l’évolution du prix des titres financiers que la banque a en portefeuille. Or ces coefficients perdent soudain toute signification en période de crise quand les prix plongent tous ensemble. Conscients de cette fragilité de l’outil, les régulateurs imposent parfois à une banque de « sortir de ses risques de corrélation ».
Dans la culture des traders, chaque nouveau modèle financier génère rapidement son folklore. L’optimisme propre aux salles de marché transforma ainsi rapidement la définition de la VaR de « perte minimale » qui pourrait être subie sur une journée à un certain niveau de probabilité estimé de la « perte moyenne », voire même en « perte maximale ». « Perte minimale » ne dit rien bien entendu du montant qui sera effectivement perdu, alors que « perte maximale » semble fixer à la somme un plafond rassurant.
Autre manifestation de cet optimisme : puisque la VaR indiquait un montant de pertes, ne signalait-elle pas aussi un niveau de gain potentiellement équivalent ? Du coup, lorsqu’une banque s’imposait un chiffre plafond de VaR qui la protégeait en limitant le risque qu’elle courait et par la même occasion limitait le risque systémique auquel elle exposait le système financier tout entier, les banquiers y lisaient au contraire une contrainte exercée sur leur chiffre d’affaires.
Le problème était dès lors simple de leur point de vue : comment faire baisser le chiffre de la VaR pour que la banque puisse gagner davantage tout en restant au-dessous du plafond que déterminaient ses réserves ?
La réponse allait de soi : créer à l’intérieur de la banque un portefeuille dont la seule fonction serait de faire baisser sa VaR globale.
Un tel portefeuille ne présenterait-il pas un risque en tant que tel ? Si bien sûr ! Mais la question n’était pas là, elle était devenue celle-ci : que représenteraient les pertes éventuelles de ce portefeuille par rapport aux gains que permettrait l’expansion des activités de la banque grâce à la baisse du niveau de la VaR dont il serait l’origine ? Et si les pertes s’avéraient accidentellement gigantesques ? Pas de souci : le monde de la banque sait comment répondre à ce genre de désagrément : invoquer le « trader fou » ayant, pour une raison mystérieuse, mobilisé son intelligence satanique en vue de conduire son malheureux employeur à sa perte.
Le montage que je viens de décrire est celui qui exista selon les dires de Bruno Iksil à la banque JP Morgan Chase au début des années 2010 quand le CIO (Chief Investment Office) constitua un portefeuille de « synthétiques » équivalant à 40 % de la VaR de la banque et susceptible de neutraliser 25 % de celle-ci ; les « synthétiques » sont des paris (sur des marchés souvent peu liquides) sur le coût de risques encourus par d’autres sur de vrais produits.
Le centralien Bruno Iksil fut ce « trader fou » que les media surnommèrent en 2012 « The London Whale » : la baleine de Londres. Il fut désigné aux yeux du public comme le responsable d’une perte de 6,2 milliards de dollars. Il affirme aujourd’hui que le bilan global de JP Morgan Chase sur l’opération fut celui que la banque recherchait : un gain de 25 milliards de dollars transformés en capital tangible, une contribution substantielle à la bonne santé du monde financier, et donc de nous tous bien sûr, qu’aucun régulateur au monde ne voudra jamais évidemment reprocher à une banque.

http://www.pauljorion.com/blog/2017/07/04/le-monde-lecho-le-mystere-de-la-baleine-de-londres-enfin-elucide-lundi-3-juillet-2017/

Écrit par : L'enfoiré | 05/07/2017

Le mythe bien utile des marchés efficients…

Les descriptions qui suivent cherchent à montrer aussi simplement que possible, le lien stratégique entre les normes en vigueur sur les marchés aujourd’hui, dont le suivi de la VaR en particulier, et l’Histoire. Ces normes, telles que le ‘Mark to Market’ ou la VaR, sont liées en effet à plusieurs événements majeurs qui ont marqué nos vies à tous durant les 50 dernières années. Il faut bien comprendre la genèse même de la VaR avant de voir enfin les événements propres à la ‘Baleine de Londres’ tel qu’ils se sont développés.
Année 1900, la population mondiale compte environ 1.7 milliards d’individus. Le groupe du G7 (USA, Royaume-Uni, Japon, Allemagne, France, Italie, Canada) représente 22% de cette population. Quelque part à la fin des années 1960, après deux conflits mondiaux et la Guerre froide, la population mondiale a cru à près de 4 milliards de personnes et le G7 n’en représente que 14%. Les atrocités de la guerre du Vietnam annoncent la fin des conflits ouverts ou larvés de grande ampleur. Les “euro-dollars” se répandent à travers le monde entier dans le souci de promouvoir le commerce international. Les économistes voient bien l’origine de cette toute nouvelle monnaie d’échange mais pas toutes ses conséquences. Les dollars US servent de monnaie d’échange au quotidien sur la base de crédits que les USA accordent de façon routinière aux pays exportateurs de pétrole en échange de ce qu’on appelle « l’or noir ». Ces dollars là ne sont pas faits pour être dépensés sur le sol américain. Et pourtant ils servent à tous les autres pays du monde ou presque. Les marchés financiers sur l’euro-dollar montrent une efficience jusque là insoupçonnée. Est-ce l’avènement d’un nouvel empire ou la dilution de la notion même de souveraineté ? Henry Kissinger parmi d’autres ouvre la voie vers une paix raisonnée.
Des économistes de renom reprennent alors des calculs visionnaires de Louis Bachelier (1870-1946) et les mettent au goût du jour pour produire un modèle en 1973 de calcul des risques financiers qui reste de nos jours la pierre angulaire de tous les systèmes de suivi de risques de marché actuels. Ce modèle sert également de clef de voute à toutes les normes prudentielles destinées à la constitution des réserves bancaires en liquidité comme en capital. Ainsi Paul Samuelson, Robert Merton, Fischer Black et Myron Scholes contribuent à doter l’industrie financière d’une approche mathématisée des risques financiers qui deviendra proprement révolutionnaire.
Sur quoi cette approche repose-t-elle ? Une hypothèse et une seule la soutient avec une conséquence de poids en corollaire. L’hypothèse ? Un intervenant de marché suffisamment bien informé et rationnel peut couvrir son exposition à une crise jusqu’au tout dernier moment, en principe. Pourquoi cela ? Parce que toute déviation de prix, aussi massive soit-elle, se développera par petit sauts au cours desquels un acteur de marché trouvera le moyen de se protéger si besoin est. C’est un principe, pas une obligation dans le modèle. Bien sûr les esprits aventureux peuvent tout à fait parier et oublier le danger. Quant à ceux qui cherchent la sécurité avant tout, ils seront prêts à faire des sacrifices pour préserver leurs acquis. À tout moment donc, un choix leur est proposé par les marchés financiers dans leur ensemble. De là naîtrait un équilibre, entre peur et cupidité, par lequel se dessine un « taux sans risque » qui est obtenu in fine par celui qui ne cherche pas à s’exposer aux crises. La ‘main invisible’ suggérée par Adam Smith semble transfigurée en cette fin de 20ème siècle prenant la forme d’un rendement presque palpable, justifié par des calculs aux allures très scientifiques. Ce taux miraculeusement n’est pas nul ou négatif. Il semble très, très proche du rendement fourni par les titres du Trésor américain selon les données disponibles à l’époque.
On peut ainsi résumer l’hypothèse dite des « marchés efficients » : une crise est toujours gérable par avance ou, selon une version plus commercialisable : les marchés offrent un rendement sans risque aux investisseurs peu aventureux mais persévérants. Tel est le crédo qui s’instaure en 1973. Encore faut il le mettre en pratique ce credo… Car, l’histoire amènera son cortège de désaveux. En mai 1971, le président Nixon déjà montrait que l’imprévu était de tout temps au rendez-vous. Le dollar désormais n’était plus convertible en or à coup sûr, mais il restait convertible en dollar bien sûr. Certains auraient pu deviner le changement car le sujet était déjà largement débattu avant mai 1971. Mais cela restait de la spéculation car personne d’autre que le président des USA Richard Nixon n’était en mesure de savoir QUAND ou COMMENT cela se produirait. D’ailleurs à quelle échéance était-il lui-même maître des événements de son temps ? Dans un cas comme dans l’autre, changement ou pas, la ‘protection’ ou l’exposition face à ce type d’événement n’était qu’une spéculation.

http://www.pauljorion.com/blog/2017/07/07/un-regulateur-une-banque-une-var-et-une-seule-ii-le-mythe-bien-utile-des-marches-efficients-par-bruno-iksil/#more-96907

Écrit par : L'enfoiré | 07/07/2017

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