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20/04/2014

Molenbeek-St-Jean, le ruisseau du moulin

"Petit village à l'activité essentiellement agricole, Molenbeek, blotti autour de son église Saint-Jean, qui a vu son village se modifier lors du creusement du canal de Willebroek au XVIème siècle. Mais, c'est au XIXème siècle avec le percement du canal Bruxelles-Charleroi que la localité allait complètement changer et devenir une commune industrielle. Aujourd'hui, l'endroit comporte une très forte population immigrée et la désaffection des lieux industriels ne concourt pas à lui donner une image riante". Voilà comment un guide pourrait présenter cette commune. Alors, examinons de plus près.   

0.jpgUn nouveau recensement indiquait qu'au 1er janvier 2014, la commune comptait 94.800 Molenbeekois, alors que le 1er mai 2010, il y avait 90.490  toujours sur une superficie de 5,89 km2.

Dire que la commune est densément peuplée est un euphémisme. Avec plus de 16.000 hab/km2, elle dépasse le double de la moyenne bruxelloise.

 


La Fédération Wallonie-Bruxelles conjointement cette année avec la Cocof (Commission communautaire française), Molenbeek a décerné le titre de Métropole de la Culture de 2014 pour mettre à l’honneur la vitalité culturelle de la commune. Le "Meulebeik" comme on l'appelle avec l'accent bruxellois, le mérite sans aucun doute, pour ses différentes culturelles en provenance du monde entier avec une prédominance nord-affricaine. 

Pour planter le décor historique, Wikipédia en dit: "Dès les années 1800, la commune de Molenbeek-Saint-Jean accueille ses premiers migrants: des Belges flamands et francophones, mais aussi des personnes considérées comme des agitateurs politiques français, qui viennent s'y établir. Au siècle suivant viennent s'installer des communautés d'Italiens, d'Espagnols, de Portugais, suivies plus tard par des Arméniens, Marocains, Turcs, Pakistanais, Africains, des populations des pays de l'Est (Pologne, Roumanie, Serbie)".

Personnellement, je connaissais cette commune dans un passé assez lointain, par suite de relations familiales qui y avaient habité, mais il s'agissait du quartier du Karreveld. 

Alors, plus récemment, je m'y suis rendu par deux fois à vélo, des dimanches au matin, pour m'imprégner de l'ambiance actuelle.

Un jeune immigré de nom de Ben Ali, dont les parents étaient arrivés en 1954, en parlait dans un guide-promenade au travers des rues de la commune, guide qu'il avait construit sous forme d'enregistrement mp3. Faire connaitre sa commune, son "Molen", dans laquelle il fallait se perdre et oublier les clichés classiques, comme il le disait avec un certain enthousiasme et une vitalité, partagés par des interlocuteurs qui le croisaient et faisaient partie de sa balade sonore. 

0.jpgPremière remarque, il y a deux sortes de vitalités et donc de vérités, dans cette commune, comme nous allons le voir. Il ne parlait que du carré entre le Léopold II, la chaussée de Gand et le canal de Charleroi. L'autre Molenbeek, il n'en parle pas comme s'il n'existait pas. 

Pas à dire, dans le premier, il faut avoir une certaine dose et de goût de l'exotisme, de la multi-culturalité, sinon, il vaut mieux passer son chemin. 

Une autre chose qui m'a étonné, c'est de constater que la chaussée de Gand, la plus longue artère qui traverse la commune de part en part, et où passaient des diligences dans l'ancien temps, n'est que vaguement évoquée. Peut-être est-ce parce qu'elle traverse justement les deux parties de la commune et s'évade dans l'autre partie dont il ne voulait pas parler.

Comme j'aime l'exotisme et que je ne suis pas adversaire à priori, mon sentiment de la découverte se devait de rester éveillée et de perdre mes préjugés passagers.

Quand j'ai parlé de mon projet à un ancien habitant de la commune, un grand globe-trotter, il m'a tout de suite mis au parfum: "Jamais nulle part personne n'a voulu me voler mon vélo ...sauf deux fois à Molenbeek où des camarades m'ont sauté dessus pour se l'accaparer. Une commune par essence duale. Le bas, devenu ingérable parce qu'occupé par une seule communauté qui a décidé, avec la complicité du PS, d'en faire son territoire. Le haut, sociologiquement très différent avec le Bd Edmond Machtens et les grands immeubles du Bd Mettewie. Je me suis souvent demandé pourquoi le tout petit Koekelberg et l'immense Molenbeek n'ont jamais fusionné. Cela donne des bizarreries du genre un stade de foot pour chacun.". 

1.jpgA lire cela, cela commençait mal. C'est vrai, cela me rappelait qu'il avait écrit quelques lignes assez "rouges" ou "vertes" de rage, au sujet du bourgmestre socialiste de la commune indéboulonnable de trop nombreuses années. J'avais dû à l'époque lui mettre une muselière, c'est tout dire.

Mais bon... parlons-en de ce ruisseau et de ce moulin.

Mais parler de cela ferait partie d'un passé révolu selon Ben Ali et, s'il y a, parfois, ébullition entre cultures différentes, ce n'est que la répétition de ce qu'on voit ailleurs. D'accord, mais, ici, peut-être, c'est en plus accentué. Ben Ali nous invite à une promenade:
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Belle entrée en matière qu'il faut écouter en 6 épisodes, pour parler du centre historique de Molenbeek, une commune-village avec une origine plus ancienne que Bruxelles-Ville.

Une remarque tout de même qui ne se veut aucunement raciste: pourquoi quelqu'un qui vient manifestement d'une communauté étrangère en parle et pas des Molenbeekois qui le sont depuis plus longtemps?

La réponse est dans la question ou presque. Ces anciens se sont vus repoussés pour la plupart dans la périphérie de la commune. Problème de mixe de cultures parfois très ou trop différentes. Les populations marocaines qui y habitent, sont pour la plupart orientées vers le commerce de biens de consommation avec une belle devanture mais où il vaut mieux ne pas élever les yeux au dessus de leurs magasins. Les anciennes maisons qui avaient encore un cachet historique n'ont pas été entretenues. Le patrimoine et l'humour bon-enfant bruxellois y ont disparu. 

Pour moi, la situation molenbeekoise était-ce une répétition de l'histoire de Bruxelles-ville?

Pas vraiment.

Une répétition de Schaarbeek, la ville sans facilité que je décrivais une autre fois, alors?

Un peu plus, mais pas complètement.

Plutôt un moyen d'ouvrir un bal des gens biens ou de gens que l'on veut voir comme tel d'un côté et de gens qui ont d'autres attraits et de visions de la vie de l'autre.

Aucune contestation au sujet de la qualité de cet enregistrement de l'itinéraire décrit par Ben Ali.

0.jpgLe départ de son itinéraire est fixé près de la Place Saintelette, dans la rue de l'Atelier, à ce qu'il appelle "le Foyer" pour jeunes où il rendait ses bons offices.

Déambuler dans des rues donne toujours l'esprit du village et de cet esprit de temps anciens par son côté industriel, dès la rue Courtois, appelé la "petite Manchester" du début du 20ème siècle.

L'église Saint Jean Baptiste, une rareté de l'Art déco du pays, construite en 1931 manque une affectation culturelle. 

La rue du Ruisseau (Beekstraat) où passait le ruisseau du moulin qui rejoignait Dilbeek à la Senne, se trouvait au milieu de marécages aujourd'hui disparus.

La rue du Pèlerinage et celle des Chœurs organiseraient-elles le mélange des races pour en faire une richesse, même si cela friserait l'absolutisme qui ne laisse plus de place à ceux qui de majorité deviennent des minorités?

Le melting-pot de Marocains, d'Asiatiques, de gens de l'est de l'Europe, comme il le disait, se retrouve dans la marmite comme un bouillon de cultures. Le tout, c'est de reconnaître si la marmite fournit un bon bouillon. 

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Accolée à l'Académie de dessin et de modelage, la "Maison des Cultures et de la Cohésion sociale", des mots qui expriment le but de la manœuvre.  

La rue de Ribaucourt serait donc à comparer à la rue Neuve de Bruxelles-ville mais en plus dangereuse. Elle ferait toujours penser à un village à la rue Jardinière et avec ses métiers, de la rue Mommarts, s'il n'y avait la rue de Presbytère en droite ligne avec le Parvis de Saint Baptiste où les marchés marocains du jeudi et du dimanche se découvrent avec un impression de se retrouver à Rabbat, comme il était dit dans le commentaire. 

Pas à dire, j'avais l'impression d'être un touriste, perdu comme un étranger qui prend des photos d'une place de marché, loin de chez moi, alors que je n'avais pas, pour autant, les yeux bleus et les cheveux nordiques.

Je faisais tache avec mon ciré jaune de cycliste.

La rue de l'Ecole, le Parc de Bonnevie, la rue du Facteur avec son bureau de Police qui ne serait plus que des planqués avec une délinquance remisée au passé, si l'on en croit Ben Ali, n'est pas nécessairement une manière d'effacer le passé et certaines vérités.

0.jpgLa rue du Comte de Flandre n'y retrouverait pas ses jeunes à la place Communale, avec son Hôtel de ville néoclassique qui, un peu incongru, se retrouve face à une grande place en plein travaux avec pavés rassemblés en son centre.

La kermesse héroïque de ce parking a, de ce seul fait, été vidée de ses voitures.

Traversée, de là, on arrive à la rue piétonnière du Prado, à ses magasins qui permettraient toujours  de marchander.

Moi qui aime les prix fixes, je ne risquerais pas. Courte, elle s'efface vite en tombant dans la longue chaussée de Gand. Celle-ci, à l'origine, comptait beaucoup de cinémas, de marchands de chaussures. Aujourd'hui, elle retrouve plus de magasins de Djellabas, de bijoux ou de boutiques à un euro au petit bonheur la chance.

Pas à dire, pourtant, on y aime ce qui est doré, ce qui brille mais qui n'est peut-être pas de l'or et, ce n'est pas parce qu'on porte du noir de la tête au pied qu'on n'aime pas la modernité. Le téléphone main-libre n'a, peut-être pas, été inventé par les bonnes personnes. Ici, le voile sur la tête en fait parfaitement office.

Les logements sociaux de la rue Brunfaut avec sa brasserie Allemans ne font plus recette avec les paraboles, toutes dirigées vers le sud, sur la plupart des balcons.  A la rue Fin, comme son nom prématuré l'indique, il ne reste que les souvenirs de temps périmés.

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Rue Ransfort, à l'ancienne fonderie de la Compagnie des Bronzes, installée dès 1859, envoyait ses œuvres d'art et de statues jusqu'à New York. Suite à la faillite en 1977, la fonderie est devenue un musée dédié au seul patrimoine. 

Dans la rue de Manchester, la raffinerie Graeffe, a approvisionné la population en sucre et en cassonade, pendant 50 ans. Désormais, à l'abandon avec une esthétique des paquebots avec des poutres en fer soutenues par des colonnes en fonte et renforcées de poutrelles métalliques, seule la nostalgie peut subsister.

L'impasse 'Cail et Halot' mène à la rue de l’Éléphant au travers d'un parc désert à mon arrivée.

La mosquée Al Khalil, je ne l'ai pas vu malgré mes recherches. Une mosquée, ce n'est pas aussi apparent qu'une église chrétienne.

De retour sur la chaussée de Gand, le restaurant "Les uns et les autres" mélange stoemp et couscous et on y mange bien, est-il dit. Qui en douterait? 

0.jpgPuis, il y a les quais du canal qui mérite un nouveau retour dans l'histoire.  

En 1832, le canal de Charleroi était inauguré par Barthelemy Théodore, comte de Theux de Meyland. Avec sa jonction à la place Sainctelette, il constituait le chaînon manquant qui apporta le prolongement au canal de Willebroek vers le sud. Dès l'inauguration, on comptait déjà septante tonnes de charbon en provenance de Charnoy, la futur Charleroi. Il devait, en principe, éviter les barrières douanières, mais qui en retrouvait d'autres naturelles par ses 55 écluses à cause du dénivelé.

D'après la balade sonore de Ben Ali, le creusement du métro n'aurait pas rendu les meilleurs offices et aurait plus bénéficié à l'autre rive. 

Sur le canal, une autre Brasserie, celle de Bellevue produisait de la bière avec une fermentation naturelle sans levure, mais dans l'air du temps, elle n'est plus qu'un reflet de l'histoire.

Le long du canal, les petites éoliennes en plastics de couleurs ne devaient rester qu'une courte période. Considérées comme un plus dans le décor, elles n'ont pas quitté en ajoutant au "Chien Vert", avec tissus de toutes les couleurs, le charme que la caserne du Petit Château n'a plus. Depuis 1986, celui-ci ne sert plus à la sélection de futures miliciens, mais accueille les émigrants qui sur le trottoirs font tapisserie en attente d'une embauche éventuelle. En face, une maison du Pasteur Pandy de sinistre réputation.

0.jpgAu retour à la case départ, on rencontre d'autres rues en espérant que celle de L'Avenir et celle de la Prospérité fassent bon ménage. 

Que dire en conclusion, sinon que ce qui est convivial, solidaire, cosmopolite rime avec respect et exclusion de la vulgarité et d'autres communautés.

C'est souvent le cas. Mais, une impression de quartier sinistré, déshérité qui ne colle pas à l'image sonore (et qui sera expliquée dans une des photos qui suivront). 

Même le RDWM, le club de foot qui en a avalé 6 autres à Bruxelles, est appelé à disparaître.

Non, aucun risque de trouver la commune dans les candidats pour entrer dans le "Patrimoine de l'Humanité" comme le permet l'UNESCO. Pas d"Art Déco" ou "Art Nouveau" comme il existe à Schaerbeek pour en faire sa fierté.

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Mais je disais d’emblée qu'il manquait des parties de la commune dans le périple de Ben Ali. Des parties dont il ne parle pas et qu'il occulte volontairement parce que pour lui, Molenbeek s'arrête à ce qu'il a décrit.

Sa visite du centre historique ne parlait pourtant que du dixième de sa superficie. La commune est une des communes les plus importantes en superficie de la région bruxelloise.

Ne pas en parler dans cette visite est symptomatique de la ghettoïsation de la commune. 

Alors allons-y dans ce reste. Là, nous sommes sur une autre planète. 

Vers le Scheutbos, (le "bois de pousses"), un coin de rêve de six hectares en friche, au milieu des "cages à poules" du Boulevard Mettewie, tout en hauteur, avec à son sommet le panorama sur la ville mais qui a permis au Maréchal de Villeroy de pilonner Bruxelles-ville avec ses canons.

Classé pour sa grande biodiversité, le parc pourrait vraiment représenter la commune puisqu'il accueille la "Maison de la Culture" et qu'un centre gériatrique y a trouvé refuge.

0.jpgLa ferme-château du Karreveld, entourée de son parc, existe aussi dans la commune et semble faire partie d'un autre monde. Elle remonte au XIIIème siècle et le mot "Karreveld" tire son nom d'une briqueterie que la famille Villegas exploitait sous le label "Laiterie du Vélodrome". Vendue à la commune en 1930, la ferme ne sera restaurée que 25 ans après, avec une architecture brabançonne construite de briques rouges et de pierres blanches. Ce fut sous la forme de château qu'il se mire désormais dans un étang et abrite des manifestations culturelles. 

Le 5 avril, "Radio Modern" avait eu lieu au château du Karreveld. 

Le quartier de Koekelberg est imbriqué à se demander quel est le magicien qui a eu l'idée de fixer les limites de la commune. Le contraste face à la Communauté française et son environnement est total. Tous les plans visent à rénover l'avenue du Port dont les terrains lui appartiennent pour en faire une future zone d'immeubles de bureaux et de logements grand luxe à l'exemple des anciens docks de Londres. 

Associer les mots "Molenbeek" et "Saint-Jean", sous le même nom ferait imaginer à un lieu de sainteté d'obédience catholique. Il n'en est rien ou plus vraiment grand chose, du moins dans le centre dont on a fait la visite avec Ben Ali. Avoir la plus grande mosquée de Bruxelles, ce serait peut-être aller trop loin dans l'amalgame. Saint-Jean n'y retrouverait pas ses jeunes, tout comme les anciens habitants s'y perdent un peu.

Nous sommes passés, sans transition, du Meulebeek près du ruisseau du moulin, au Moulin du Ruisseau, toujours en lettres majuscules pour refléter les différences de hauteurs des immeubles à habitation. 

Trêve d'idéalisme de n'importe quel endroit, il provienne. C'est le contraste qui interpelle.

Toute la région bruxelloise est en continuelle mutation. Allochtones devraient se confondre aux autochtones pour réaliser une intégration parfaite. Mais, nous n'y sommes pas arrivés.

Où se trouve les différences? Est-ce la couleur de peau qui creuse un fossé entre les communautés? 

Pas vraiment. Si c'était cela, les "echte brusseleers" de retour de vacances se confondraient. 

Cela se ressent au niveau du choc de cultures, des odeurs étrangères de nourriture, des fêtes à des dates qui ne correspondent pas, des heures de veilles, du mois de Ramadan, des événements qui peuvent créer des oppositions culturelles.

- Salâm Aaleykoum.

- Aaleykoum salâm.

- Bonjour...

Je l'ai dit, j'aime l'exotisme, je ne suis pas contraire à l'immigration et aux mélanges de couleurs cafés crèmes ou cafés noirs. Je ne suis ni adversaire à la diversité, ni à la mixité. J'aime faire du tourisme à proximité de chez moi. Mais, je n'y habite pas en permanence.  

Les habitants, des commerçants qui ont le sens de l'hospitalité mais qui ne sont pas des conservateurs de patrimoine. Entretenir des immeubles anciens coûte très cher et sans l'intervention de la gérance de la ville, nous entrons vraiment dans un autre monde. 

Parmi les anecdotes amusantes, c'était d'apercevoir une voiture qui, arrêtée au milieu d'un carrefour, déchargeait son coffre sans s'inquiéter de la circulation. Plus loin, un garage qui avait la mention écrite "Ceci est un garage" et d'y voir une voiture stationner devant lui, sans aucune autre forme de procès. Des événements qui ne semblaient pas avoir effrayé personne comme faisant partie de la vie banal de tous les jours.

Cool, on se veut cool comme règle de conduite. Ben Ali le présentait et le souhaitait et il avait raison, cela marchait.

Construire, rénover et restaurer sont les évolutions les plus visibles dans toute la ville de Bruxelles. Molenbeek ne fait pas exception, mais, en dehors de cette enceinte d'un temps révolu. 

Croire que luxe et volupté se passent comme un pet sur une toile cirée, comme sur des roulettes bien huilée, même avec des séquences orales choisies qui le prouvent, ne serait pas tout à fait exact, cher Ben Ali. 

Dans le Vif-Express de début avril, le psychologue, Pascal de Sutter, sans penser à Molenbeek, avait écrit une "Pensée incorrecte": "Quand une petite minorité de gens immigrent quelque part, tout se passe bien. Par contre, quand les nouveaux venus se multiplient à grande échelle, les autochtones se sentent en danger d'extinction. Ce n'est pas du racisme, c'est de l'instinct de survie. L'immigration est une excellente chose et contribue à la vitalité du pays, mais il semble urgent de l'aborder d'une façon proactive et sans tabou, en multipliant les services d'accueil pour immigrés. Dès le début, clairement et sans détour, il faudrait leur exprimer qu'en Belgique, on vit à la belge et développer des mesures incitatives à l'intégration. Oser établir des quotas d'immigration par nationalité et par religion. Les regroupements massifs de même culture forment des ghettos".

Le lien à faire était, certainement, avec Molenbeek. 

La Belgique, le pays où l'immigration est la plus mal perçue?

Sans blague, une fois...

Fermer les portes à l'immigration : un bon calcul économique ?

Un débat sur antenne de La Première se posait la question.

Rien à voir, donc, avec cet Anglais, Paul Weston qui se disait raciste. Seulement, une impression de trop plein à certains endroits qui n'aide pas à l'intégration. De plus, le nivellement par le bas se faisait sentir chez les anciens propriétaires qui voyaient leurs biens se dévaloriser et l'abandonnaient.

Le sujet est sensible quand on voit les débats sur le communautarisme qui se présentent en France ou ailleurs en défiant l'ordre établi.

Sur Facebook, on pouvait sentir un besoin de remettre "l'église de la propreté au milieu du village" au sujet de Molenbeek:

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Le site Internet de la commune est éloquent à plus d'un titre.

  

0.jpgMolenbeek vit, c'est évident. Le multiculturalisme est bien présent. Peut-être trop pour certains anciens. Sur une maison, je lisais "Le silence tue".

 

Pas d'angélisme. Les événements dépassent parfois la fiction comme ce fut le cas le weekend dernier avec des tirs à la kalachnikov dans les beaux quartiers, ce qui prouve encore que la confrontation entre deux mondes existe bel et bien.

 

Le PS était depuis 1939 à la tête de Molenbeek. Une seule exception pendant 6 ans.

La nouvelle bourgmestre, Françoise Schepmans (MR), qui veut remettre de l'ordre est probablement moins appréciée par la population allochtone que Philippe Moureaux (PS). Depuis plus d'un an, installée sur son fauteuil de maïeure, elle lançait dans un journal : "Fini le laxisme" 

1.jpgDu laxisme et des délires de son prophète qui avait avant voulu faire planter des séquoias et des cèdres du Liban en son château du Karreveld contre l'avis des jardiniers et autres architectes paysagistes desquels " il " n'a évidemment pas voulu tenir compte et qui ont fini par crever pour rien, vraiment pour rien... 

 

Françoise Schepmans a toujours habité Molenbeek. Elle occupait un poste comme échevine sous le majorat de Philippe Moureaux.

 

Elle énumère ses reproches de l'administration précédente: 

  • les compétences compartimentées
  • pas de projets collectifs
  • pas de chef d'orchestre
  • clientélisme

Elle voulait changer: 

  • ajouter la transparence dans la concertation consensuelle
  • perdre la vision en solo
  • éradiquer le laxisme
  • sensibiliser la population
  • faire de la prévention
  • supprimer l'angélisme
  • supprimer l'autoritarisme
  • et implémenter son modèle

J'aurais aimé avoir à réaliser une autre visite guidée de Molenbeek. Une visite qui présenterait l'autre Molenbeek, le plus riche ou, je ne sais pas... le "plus belge". Nous n'aurions peut-être pas eu les mêmes conclusions ni un langage aussi élogieux ou même dithyrambique de la situation que ceux qu'exposait Ben Ali.0.jpg

Ce samedi 19, de 13:00 à 18:00, Pâque oblige, la commune était en fête: "La danse et Molenbeek, une histoire d'amour". Une danse de "macédoine de fruits" qui fonctionne quand tout le monde est prêt à y participer, anciens et nouveaux. 

Au XVIème siècle, une procession dansée, immortalisée par Breughel, s'y produisait.

Oui, encore une fois, on a dansé au centre de Molenbeek, uniquement, avec toutes les musiques. Pas sûr que Breughel y trouverait ses jeunes avec la zwanse de la zinneke parade.

Danser est à prendre au propre comme au figuré.

Danser, c'est exprimer la nostalgie du passé et espérer que le futur soit encore meilleur. 

Visiter un endroit, ne peut se terminer que par des images des deux parties distinctes de la commune, alors les voici en un clic.

Quant à la chanson qui correspondrait le mieux au vieux Meulebeik, aux ancêtres, ce serait plutôt celle-ci:


 

L'enfoiré,

 

0.jpgCitations:

  • « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert.  », André Malraux
  • « La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale.  », Françoise Sagan
  • « Quand j'entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques.  », Jean-Luc Godard  

Les photos du 19 avril sur Facebook de "I like Molenbeek" >>> (une remarque d'un des commentateurs: "Très belle initiative, dommage de ne pas avoir fait une percée dans le "Haut Molenbeek""

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Mise à jour 16 novembre 2015: 

Les attentats à Paris éclairent la situation:
podcast

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Commentaires

"La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale" c'est de Jean Théodore Delacour (désolé pour cette plouc de Sagan)
.
"L'aculture c'est moâ" citation d'un inconnu qui sait qu'il ne sait pas grand chose à part moins qu'epsilon.(yves, inspiré de Murat, "l'éclat c'est moi !")

Écrit par : zelectron | 20/04/2014

Bonjour zelectron,
Pauv' Sagan. elle doit avoir trop de citations que quelqu'un lui en a donné une de plus dans le dictionnaire de citations.
Merci pour la rectif'
"Plus tu rectifies, moins tu disqualifies", l'enfoiré :-)

Écrit par : L'enfoiré | 20/04/2014

http://www.paroissedegazeran-catholique-yvelines.cef.fr/images/paques/mouton%20rit.JPG
A propos de l'islam fait peur
légende: je ris des musulmans

Écrit par : zelectron | 20/04/2014

C'est un très ancien Kroll que j'ai sorti de mes tablettes.
Je suis sûr que lui-même risque de l'avoir oublié.

Écrit par : L'enfoiré | 20/04/2014

Bonjour Guy,

Tu l'as constaté par toi-même en faisant la part belle au camarade Ben Ali : il y a deux Molenbeek dont un se montre exclusif, car devenu monoculturel. Il n'y a plus de Boulevard Léopold II mais un Boulevard Hassan II, il ne te l'a pas dit. Tu sais que j'y ai habité des années. En un territoire conquis qui ne connait que la drogue, les agressions, la violence perpétuelle au point que les flics ont renoncé à ce qui s'appelle l'ordre public, entre autres dans le quartier Maritime. Tout le monde y sait que porter plainte ne sert à rien. Alors, on ne le fait pas et les statistiques qui en découlent démontrent qu'il n'y a aucun problème, cqfd par l'absurde. J'habitais rue PV Jacobs. Le nombre de nationalités présentes était incalculable, elles oscillaient entre le Vénézuela, les Philippines, le Togo et la seule qui compte, pas la belge, celle des pyjamas blancs et des bonnes soeurs sous scaphandre noir, évidemment. Face à chez moi, il y avait un chancre, les anciens dépôts des établissements Theunissen, un lieu-dit du trafic d'héroïne. Tous les deux trois jours, il y avait un clodomir étendu sur la rue, overdose massive, ambulance etc.... Pneus crevés, vitres brisées, menaces de foutre le feu chez vous, agressions perpétuelles. Malgré les nombreuses doléances des habitants, la commune niait le problème jusqu'au jour où je décidais de faire signer une pétition par TOUS les habitants de la rue et rien qu'eux. Cette pétition, je la portais moi-même au secrétariat de la commune. Reçu par une dame revêche, je cite : Monsieur le Bougmestre est en vacances, revenez la semaine prochaine. Mais Madame, c'est à vous de la lui donner ! Signez-moi un accusé de réception puisqu'il n'est pas là. Je ne signe rien du tout, je vous ai dit de revenir la semaine prochaine. Mais Madame, c'est votre devoir d'acter sa présentation. Réponse : Je vous ai dit NON ! Démocratie locale...
La-dessus, j'ai convoqué avec d'autres habitants de la rue TV Brussel, puis TV Bruxelles ( socialiste et qui n'est donc jamais venue ) le Soir en disant que la Libre Belgique allait venir à notre conférence de presse, l'inverse, la même chose pour la Dernière Heure, RTL en précisant que les autres organes d'info allaient venir, La RTBF qui n'est jamais venue non plus. On avait préparé un dossier de presse, ils sont tous entrés dans le chancre. Des tas de seringues, du papier alu qui, tout le monde le sait à Molenbeek, sert à sniffer l'héro, le bordel absolu, des portefeuilles vides, des rats, l'horreur de visu.
Dés le journal de 13 heures, RTL en faisait son info du jour. Tous les journaux ( sauf LE SOIR !!! ) en faisaient leur titre régional du jour. Un coup mortel pour l'empereur Moureaux.
Trois jours plus tard, grues, dix camions poubelle, tout le personnel du service de propreté ont tout rasé. 10 ans d'attente et rien ! Un coup de semonce en plein coeur et tout bouge.
Trois jours plus tard, le Soir titrait : à l'initiative de Mr Moureaux, le chancre de la rue PV Jacobs a été détruit, l'extrême-droite se préparait à en faire son cheval de bataille pour les élections communales qui allaient avoir lieu 3 mois plus tard.
Ca, c'est le vrai Molenbeek avec l'info dirigée qui tourne ( tournait ? ) autour.
Qui est le responsable de cette situation qui veut que les croisés d'un nouvel ordre en ont fait leur territoire ?
PS ( pas Parti Socialiste mais post-scriptum ) c'est une dame arabe qui a sorti tous nos arguments et doléances en flamand à TV Brussel...
Et moi, dès le lendemain, les flics me foutaient des amendes à tire-larigot pour tout et n'importe quoi.
Ca, c'est le Molenbeek voulu par Mr Moureaux. Sa colonie, son seul succès qui veut que plus il y a d'allocataires, plus il y aura de votes PS, plus il pourra assurer sa main-mise, plus il pourra profiter pour s'enrichir sur le dos du peuple. En vrai démocrate qu'il prétend être.
Bonne chance, Madame Schepmans, le défi que vous avez à relever est immense. Le massacreur des lieux ( qui est également le fils du notaire qui fut le plus riche de tout Bruxelles et dont la femme est, sous son nom de jeune fille, Présidente du groupe PS à la Région - une pension alimentaire payée par le service public ? ) a été enfin envoyé en retraite forcée et démocratique, mais est resté Sénateur pour un mois encore, histoire d'assurer ses fins de mois. Sa petite amie, devenue son épouse en secondes noces, occupait un appartement social au Parc Peterbos, on n'est jamais mieux servi que par soi-même..
Je pèse mes mots : vous n'êtes qu'un voyou, Mr Moureaux ! Vous avez déshonnoré tous les principes de gauche, Mr Moureaux !
J'ai quitté Molenbeek il y a 18 ans. Des Ben Ali, j'en connaissais tout plein. Y'en a des bons, y'en a des mauvais. Mais ce sont les seconds qui règnent en maître dans les rues. Je ne sais pas comment vous ferez pour mettre fin à cela, Mme Schepmans. Avec l'aide des bons ( et des opportunistes ? ), je le précise... On peut toujours espérer, n'est-ce pas ?

Écrit par : alainsapanhine | 20/04/2014

"Dis-moi dans quel environnement tu vis, je te dirai qui tu es.", une autre citation de l'enfoiré.
Un jour, je ne sais qu'est-ce qui m'avait poussé, je suis allé sur le site de Molenbeek.
J'y ai trouvé cet enregistrement de Ben Ali. Heureusement que je l'avais téléchargé, je ne suis plus parvenu à le retrouver aujourd'hui.
J'en ai extrait le début, il est beaucoup plus long. Il m'a plu par son enthousiasme et je me suis prêté à son jeu, j'ai fait la promenade qu'il indiquait.
Cette partie de Molenbeek, je l'avoue, à part la chaussée de Gand, je ne connaissais rien du centre.
Ce furent en trois étapes qui se sont enchaînées, dont hier la dernière. Une affaire délicate à traiter pour ne pas se tromper.
Le quartier du Karreveld n'avait pas de secret pour moi.
De Schaerbeek, j'ai déjà écrit un billet l'année dernière. C'est un peu le même topo mais avec un contraste moins flagrant.
Je promets dès le mois prochain je sortirai un article sur ma propre commune.
J'ai aussi plusieurs nationalités dans l'immeuble que j'habite, mais cela ne donne pas cet envahissement que l'on découvre dans Molenbeek centre.
La photo que j'ai appelé "Molenbeek pour les nuls" explique bien ce qui s'est passé dans cette commune de Molenbeek.
Je suis entré dans la Maison de la Culture et de la Conciliation. J'ai été très bien reçu.
Un melting-pot total à y rencontrer. Pas de problème. J'assumais. Ce melting pot de couleurs fonctionne d'ailleurs mieux entre jeunes qu'entre vieux. Quelque part, un bon signe.

Le PS responsable. Ce qui a fait gueuler Di Rupo, "j'en ai marre des parvenus".
Peut-être devra-t-il le relancer à nouveau en campagne électorale.
Lui qui d'après le caricaturiste Vadot a encore un mois pour réorganiser sa résurrection

Écrit par : L'enfoiré | 20/04/2014

C'est le moment de citer Mustapha Kémal Atatürk:
Depuis plus de cinq cents ans, [...] les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la Constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un Bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.

Écrit par : zelectron | 20/04/2014

Comme ent tout, n'est totalement absurde.
La Turquie est actuellement le pendant de l'Egypte.
Ata Turc est l'équivalent de Nasser.
Tous deux ont été aimé et haillis.
Puis les religions ont réinvesti leur terrain perdu.
Si on remonte encore plus haut dans l'histoire de l'Egypte, il y a eu Aménophis IV, Akhenaton, qui s'est rendu compte de la force qu'avaient pris la caste des moines.
Son fils qui devait lui succédé Toutankhaton était trop jeune et n'a pu leur résister, et il a dû changer de nom en Toutankhamon et restituer le spouvoirs religieux.
L'église catholique avait pris du retard en patinant sur place et c'est François qui remet l'église au milieu du village.
Qui sait, il va peut-être refiare un miroir.
J'en parlais dans un commentaire de "Du rififi au Saint Siège" ( http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2012/02/17/du-rififi-au-saint-siege.html )
Le balancier existe toujours entre croyants et incroyants que l'on appelle mécréants pour la cause.

Écrit par : L'enfoiré | 20/04/2014

Celui qui veut des photos du passé de Molenbeek, en trouvera sur ce site que j'aime bien

http://sofei-vandenaemet.skynetblogs.be/molenbeek-chaussee-de-gand-par-yves-keymolen/

Écrit par : L'enfoiré | 20/04/2014

Voici les photos sur Facebook de "I like Molenbeek" de samedi 19 avril

https://www.facebook.com/pages/I-like-Molenbeek/567264296637911

Écrit par : L'enfoiré | 21/04/2014

Ce que la Belgique peut apprendre de l'Allemagne en matière d'immigration

Pour la première fois, l'Allemagne occupe la deuxième place dans le classement des destinations les plus populaires pour l'immigration. C’est ce qui ressort d'une étude de l'OCDE pour l’année 2012. En 2009, l'Allemagne était encore huitième dans la liste. Le pays attire principalement des migrants originaires d’Europe centrale ainsi que d’Europe de l'Est, et dans une moindre mesure, des pays de l’Europe du Sud.
Pour le quotidien Die Welt, c’est une bonne chose, du moment que ces immigrants sont qualifiés et qu’ils manifestent une réelle volonté d'intégration :
«Ce qui est vital pour un débat équilibré sur l'immigration, c’est aussi le fait que ces nouveaux citoyens, selon l'OCDE, paient plus d'impôts et de contributions sociales qu’ils ne reçoivent de prestations sociales. Comme la plupart d'entre eux sont bien éduqués, ils rajeunissent la main-d'œuvre et promeuvent les avancées technologiques. Pour garder définitivement ces immigrants dans le pays, la «culture de bienvenue » dont on parle beaucoup est indispensable (...) D’un autre côté, ils doivent faire preuve de respect pour les valeurs, la culture et le mode de vie du pays d'accueil.
Il ne s’agit donc pas « d'accueillir toute la pauvreté du monde », mais d’orienter l’immigration pour qu’elle corresponde à nos intérêts. Les nouveaux chiffres de l'OCDE indiquent que nous nous améliorons constamment dans ce domaine ».
L'OCDE note que le travail est le principal facteur des contributions positives de l’immigration pour la société. En d'autres termes, les travailleurs migrants contribuent davantage au système parce qu’ils payent plus d’impôts et de contributions que les migrants qui ne travaillent pas. Ramener le taux de chômage des immigrants au même niveau que celui de la population autochtone entraînerait donc de gros bénéfices fiscaux, en particulier dans les pays où les prestations sociales sont généreuses.
Le rapport mentionne en particulier trois pays où l’impact fiscal d’une telle mesure est évalué à 0,5% du PIB : la Belgique, la France et la Suède. Pour notre pays, cela correspondrait à environ 2 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires.
La plupart des immigrants ne viennent pas pour tirer parti des avantages du pays, mais pour travailler et améliorer leur existence, conclut l'OCDE. Les efforts visant à réduire le taux de chômage des immigrés est donc un investissement, plutôt qu'un coût.
Au début de cette année, des chiffres d'Eurostat ont montré qu’aucun pays de l'UE n’accueillait plus d'immigrants par habitant que la Belgique. Lorsque l’on prend en considération le nombre d’immigrants accueillis par habitant en 2011, on constate que la Belgique a hébergé deux fois plus de migrants que l’Allemagne.
D'autre part, la Belgique se distingue aussi sur la question de l'intégration des immigrants sur le marché du travail. Des chiffres de la Banque nationale (2012) avaient révélé que moins de la moitié des étrangers non-européens résidant en Belgique avaient un emploi. Pire, près des trois quarts des femmes étrangères hors UE étaient au chômage. En 2008, la proportion des étrangers non européens au travail était de 42,1%, et en 2012, elle était tombée à 39,9%.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=ce-que-la-belgique-peut-apprendre-de-lallemagne-en-matiere-dimmigration&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 22/05/2014

Attentats de Paris: l’opération terminée à Molenbeek, Salah Abdeslam toujours en fuite

Une perquisition a eu lieu dans un immeuble situé à hauteur de la rue Delaunoy et de la rue Ransfort. Les services de déminage étaient également sur place, alors que des policiers ont pénétré dans le bâtiment par le toit.

http://www.lesoir.be/1044482/article/actualite/regions/bruxelles/2015-11-16/attentats-paris-l-operation-terminee-molenbeek-salah-abdeslam-toujours-en

Écrit par : L'enfoiré | 16/11/2015

"Merci Philippe" lance la LB

Suite aux attentats de Paris, Molenbeek est devenue mondialement célèbre en un week-end. Du Brésil à la Chine, du Canada à l’Afrique du sud, les journalistes découvrent ce foyer de radicalisme situé au cœur de la capitale de l’Europe. Pourtant, rien de neuf sous le soleil. Pour celui qui voulait s’informer, cette situation n’était que trop connue.
Depuis le début des années 2000, Molenbeek est régulièrement citée dans la plupart des affaires terroristes concernant notre pays. Parmi, les plus connues, citons l’assassinat du commandant Massoud en Afghanistan deux jours avant le 11 septembre 2001, le pittoresque cheikh Bassam et son Centre islamique belge, les attentats de Madrid en 2004 et plus récemment l’attentat de Nemmouche au Musée Juif, la cellule de Verviers, ou encore l’attaque du Thalys, …
Au pays des aveugles, les borgnes sont rois, dit l’adage. Pas en Belgique. Ceux qui ont tenté de soulever le voile l’ont fait dans une grande solitude. En 2008, le livre, « En sous-marin dans le petit Maroc », d’une journaliste flamande d’origine marocaine, Hind Fraihi, montrait déjà la radicalisation des jeunes molenbeekois. Dès 2004, le site djihadiste assabyle.com du Centre islamique belge nous avait amené avec Anne Marie Lizin à déposer une proposition de loi visant à interdire l’apologie du terrorisme. En 2009, dans « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac », avec Claude Demelenne, un journaliste de gauche, nous tirions la sonnette d’alarme. Plus récemment, dans son livre « L’iris et le croissant », le sociologue Felice Dassetto utilisait le terme de « Molmuslim » pour résumer la situation à Molenbeek.

Vingt ans d’omerta
Pendant vingt ans, une sorte d’omerta a régné. Ceux qui tentaient de la briser étaient traités d’islamophobes ou de racistes. Au cœur de ce système figurait le puissant Philippe Moureaux, coqueluche des médias, qui a longtemps exercé un véritable magistère moral et politique sur la politique bruxelloise. A la fois Bourgmestre de Molenbeek, Président de la Fédération socialiste de Bruxelles et Vice-Président du PS national, il faisait régner un climat de terreur intellectuelle contre lequel peu osaient se lever. Bien avant que le think tank « Terra Nova », proche du Parti socialiste français, ne le théorise, Philippe Moureaux avait compris que l’avenir du socialisme (bruxellois) passait par les immigrés qui allaient devenir, symboliquement, le nouveau prolétariat, remplaçant une classe ouvrière autochtone en rapide diminution.

« Nous sommes totalement incapables d’intégrer une nouvelle vague d’immigration » (1993)
Moureaux devient bourgmestre en 1992. En 1993, il pouvait encore dire ceci : « les clandestins sont en train de détruire complètement notre modèle social. (…) Le CPAS de Molenbeek ne peut pas être le CPAS du quart de la Roumanie, du tiers du Pakistan » (Le Vif L’Express, 17 septembre 1993) ou encore « je le dis clairement et durement : nous sommes totalement incapables d’intégrer une nouvelle vague d’immigration. On va arriver à des situations conflictuelles ». (Vlan, 29 septembre 1993). On peine à croire que c’est lui qui a prononcé ces phrases. Par la suite, il se transforma en grand inquisiteur de quiconque osait tenir de tels propos.

Communautarisme
Changement radical de discours et de politique, donc. L’immigration légale (et clandestine) est encouragée. Le regroupement familial est facilité par les services de la commune. Celle-ci ferme les yeux sur les mariages blancs qui permettent de légaliser des centaines de clandestins. Au niveau fédéral, le vigilant sénateur Moureaux est aux premières loges pour simplifier la législation sur le regroupement familial et l’acquisition de la nationalité (qui devient quasi automatique), accorder le droit de vote aux étrangers et, à son initiative, la lutte contre le racisme est érigée en nouveau paradigme du discours politique.
Molenbeek connait alors la plus forte augmentation de population de la Région bruxelloise et de Belgique. La population recensée (les clandestins sont très nombreux) a augmenté de 12% en 5 ans et de 30% en 15 ans. 30% de plus depuis le prophétique « nous sommes totalement incapables d’intégrer de nouvelles vagues d’immigration » ! Et ce n’est pas fini...
Parallèlement à cet accroissement incontrôlé, qui se déroule sans que l’on sache si ces nouvelles générations d’immigrés et leurs enfants partagent nos valeurs (le PS s’opposant jusqu’à récemment à un parcours d’intégration obligatoire), un modèle communautariste se met en place. Visites fréquentes dans les mosquées (qui appellent à bien voter lors des campagnes électorales), subventions d’associations musulmanes, mise à disposition des locaux de la commune pour des écoles coraniques, placement sur la liste PS de proches des mosquées, participation visible aux Fêtes de l’Aïd El Kébir ainsi qu’à des défilés anti-israéliens où l’on scande des slogans antisémites.

« Le charme des impératifs des mollahs »
L’héritage historique laïc et anticlérical (au sens large) du PS est jeté aux orties au grand dam de quelques socialistes historiques. Pour Jean-Maurice Dehousse, un ancien bourgmestre de Liège : « le sympathique Philippe Moureaux, pour avoir adoré en son jeune temps les icônes staliniennes et fermé les yeux sur le goulag ne se convertit-il pas aujourd’hui certes progressivement mais néanmoins profondément aux charmes des impératifs des mollahs de Molenbeek ? » Dans ses mémoires « L’ami encombrant », Merry Hermanus, un ex-cacique du PS bruxellois raconte son engueulade par Philippe Moureaux : " J'en ai marre, laïcard, sale laïcard, tu veux minoriser une population fragilisée alors que tes amis juifs, eux, peuvent tout se permettre ! "

La RTBF comparée à … Goebbels
Pendant vingt ans donc, Philippe Moureaux a, avec succès, intimidé des médias complaisants et l’ensemble du monde politique, y compris au MR, véritablement tétanisé par l’idée d’être taxés de racistes. En témoigne spectaculairement l’affaire Deborsu. En avril 2012, Frédéric Deborsu, journaliste à la RTBF, réalise pour « Questions à la Une », un reportage inédit - jusque-là, la RTBF n’a jamais vraiment abordé ces sujets dans un long reportage - dans lequel il montre les dérives communautaristes dans des communes bruxelloises dont Molenbeek et le double discours de certains élus d’origine étrangère pris en flagrant délit de mensonges. Philippe Moureaux compare alors les méthodes du journaliste à celles de… Goebbels, le chef de la propagande d’Hitler ! Depuis, la RTBF n’a plus abordé ces questions en profondeur, pas plus que la plupart des autres médias belges.

Zones de non droit
Lors du tournage, le journaliste et moi-même nous pûmes constater que la loi sur l’interdiction de la burqa n’était pas respectée sur le marché local, en présence de la police. Des quartiers de Molenbeek sont ainsi devenus progressivement des zones de non-droit où la police ne va plus qu’en force, où les agents des services de l’eau ou de l’électricité doivent se faire accompagner par la police pour couper les compteurs, où presque tous les restaurants sont fermés lors du Ramadan, où « sale juif » est devenu une insulte courante, où les écoles sont désertées lors de la fête de l’Aïd qui n’est pourtant pas un jour de congé légal, et où les blondes et celles qui oseraient porter des jupes trop courtes se font régulièrement traiter de putes ou de salopes. C’est dans ce climat que des organisations radicales comme le Centre islamique belge et d’autres ont pu prospérer toute liberté, sans que la police locale s’en mêle.

La responsabilité de cette situation n’incombe évidemment pas qu’à Philippe Moureaux. La presse et le monde politique (tous partis confondus, même si certains sont plus responsables que d’autres) ont longtemps préféré se voiler la face.

Clientélisme …
Moureaux n’est plus dans le jeu politique. Inutile de lui tirer dessus. Le mal est fait. Le problème est que les racines mentales du système Moureaux sont toujours bien présentes parmi nombre d’élus du PS, qui ont aussi pu émerger grâce au copinage et au clientélisme (sans parler des liens familiaux) qui constituent son second pilier, à côté du communautarisme. Et pour cause, puisque ce système est désormais la clé des victoires électorales du parti à Bruxelles. Philippe Moreaux a réussi à transformer en profondeur une région historiquement libérale, celle du temps pas si lointain où Hervé Hasquin, qui en fut ministre-président, claironnait que le MR, désormais dans l’opposition, était « incontournable ».

Aujourd’hui, la marmite explose. Comme le dit la bourgmestre Françoise Schepmans, on a longtemps vécu dans le déni. Le déni nous explose aujourd’hui à la figure et nous avons la gueule de bois.

http://www.lalibre.be/debats/opinions/molenbeek-merci-philippe-56499f1d3570bccfaf1369ca

Écrit par : L'enfoiré | 17/11/2015

Après la réplique de Zemmour et celle de la bourgmestre de Molenbeek ( http://www.lesoir.be/1046245/article/actualite/belgique/politique/2015-11-17/schepmans-si-zemmour-est-courageux-qu-il-vienne-molenbeek )

Une lettre ouverte de Bruno Langhendries, expert en assistance judiciaire.

Cher Eric Zemmour,

J’habite à Molenbeek, cette commune que tu souhaites donc bombarder. Toi, le grand stratège et brillant démographe, spécialiste et observateur autorisé de la diversité bruxelloise.
Mais avant que tu ne nous fasses passer à trépas, moi et les quelques 95.000 autres habitants de cette commune de dégénérés, laisse-moi juste plaider pour notre cause et pour cette commune du Nord de Bruxelles, située à moins de 2 km de la Grand-Place et qui signifie, en vieux bruxellois, le « ruisseau du moulin ».
Rassure-toi, ce ne sera pas long.
Je suis ce que l’on appelle un belge de souche (même si cela ne veut rien dire à mes yeux) et je ne suis pas totalement fauché. En effet, personne ne m’a contraint d’y habiter et c’est un choix libre et éclairé qui a mené notre famille à s’y installer et à y acheter une maison. Dans notre rue, il y a des Belges, des Maghrébins, un Anglais, un couple de Français, des Philippins, des personnes originaires d’Afrique de l’Ouest et, probablement, encore d’autres nationalités. Je t’avoue, la question de l’origine des uns et des autres n’est pas la première question que l’on se pose lorsque nous nous saluons. Car, oui, on se dit bonjour lorsque l’on se croise dans la rue et on se donne volontiers un coup de main entre voisins.
Je n’ai pas toujours vécu à Bruxelles. Lorsque, je m’y suis installé, d’abord installé dans d’autres communes, j’ai assez vite remarqué cette sorte de psychose bruxelloise qui divise de facto la ville en deux zones : une région sud-est réputée plutôt sympa et une autre au nord-ouest carrément craignos. C’est bien simple : je connais de nombreuses personnes de la zone sud-est qui n’ont jamais mis les pieds dans la seconde, sauf lorsqu’ils empruntent à l’occasion le tunnel Léopold II pour se rendre à la mer. Ils connaissent donc, de Molenbeek, une autoroute urbaine en sous-sol de 2,5 km de long. De ceci, il y aurait beaucoup de choses à dire ou à déduire. A commencer par la stigmatisation et la méconnaissance de l’autre que de tels comportements impliquent nécessairement.

Les atouts de ma ville
Ce n’est pourtant pas cela que j’aimerais mettre en exergue, cher Eric. A côté des graves problèmes de précarité que connaissent certains quartiers de la commune et qui ne peuvent être tus, cette commune bruxelloise regorge d’atouts qui sauteront assez vite aux yeux de celles et ceux qui souhaitent y prêter attention.
Sa diversité et sa proximité avec l’épicentre de Bruxelles en fait un endroit particulièrement riche sur le plan social et culturel. Je n’ai pas la prétention de connaître tous les lieux de sortie de cette commune, mais de ceux dont la programmation rencontre mes attentes culturelles, je pense au VK, à la Chocolaterie, au Lac, la Bodega, la Raffinerie, voire au K-Nal et au Magasin 4 qui se trouvent à proximité immédiate (entre nous, je ne suis pas certain que tu adorerais ce type de lieux de débauche. Cela te fait sans doute un point commun avec les sinistres individus qui sont allés dézinguer les fans des excellents Eagles of Death Metal). Je pense aussi au Millennium Iconoclast Museum of Art qui ouvrira ses portes dans les mois à venir dans l’antre de l’ancienne brasserie belle-vue. La Maison des cultures de Molenbeek propose également des expos, spectacles et happenings de qualité et extrêmement variés. En Belgique, tout le monde connaît également le Brasserie de la Senne qui brasse les excellentes Zinnebir, Jambe de bois et autres Taras Boulba.
C’est aussi en bordure de cette commune que se développe le plus grand parc bruxellois depuis plus d’un siècle, sur le site de Tours et Taxis et où la Farm Park fait un travail très dynamique sur le développement durable et la consolidation du tissu social au niveau local. A côté du château du Karreveld qui abrite le festival "Bruxellons" et de son parc, peu de bruxellois connaissent le parc du Scheutbos, 50 ha de zones boisées, jardins, vergers et taillis qui représentent 10% du territoire de Molenbeek.
Bien sûr, cela n’occultera pas les failles de cette commune. Elles fragilisent son développement, à commencer par une densité extrêmement élevée au regard des structures existantes (logements, écoles, crèches…) et la précarité de plusieurs quartiers.
Mais, cher Eric, l’opprobre que vous jetez, toi et tes congénères qui, sans nul doute, n’avez jamais mis les pieds dans ce quartiers de Bruxelles exige à lui seul que nous prenions la plume pour les défendre. Molenbeek, cette commune de la diversité, mérite justement une diversité de points de vue, ne trouves-tu pas ?

http://www.lalibre.be/debats/opinions/cher-eric-zemmour-j-habite-a-molenbeek-564b38b13570ca6ff8f5127a

Écrit par : L'enfoiré | 17/11/2015

Je pense l'avoir écrit.
Il y a deux Molenbeek.
Le centre (le bas) et le haut Molenbeek.
Deux mondes qui ne s'entrechoquent que rarement.

J'ai essayé de trouver où il habite à Molenbeek
Rue de l'Ourthe, 1080 Molenbeek-Saint-Jean

Écrit par : L'enfoiré | 17/11/2015

Mis au courant de la réaction de Françoise Schepmans à sa chronique, Eric Zemmour a répondu à l'invitation de la bourgmestre de Molenbeek. "Qu'elle m'invite, je viendrai".
Interrogé par nos confrères de la RTBF, le polémiste explique que c'était la première fois qu'il entendait parler de Molenbeek. "Je viens régulièrement à Bruxelles. Je suis venu lors d'une conférence en début d'année au Cercle de Lorraine et on ne m'a jamais parlé de cette commune".

Malgré tout, il tient une nouvelle fois à partager son opinion bien tranchée sur le sujet. "Que Madame la bourgmestre dise que sa commune n'est qu'amour et solidarité, je dis 'Oh mon Dieu'. ça me fait sourire car on a vu le résultat!

Écrit par : L'enfoiré | 17/11/2015

Saint-Denis, c'est Raqqa ... 'Toutes les caves sont pleines d'armes'

Les caves sont pleines d’armes dans notre rue. Dehors, il y a un dealer tous les 100 mètres. Les plus jeunes nous cambriolent (...) Et les plus grands, c’est de notoriété publique dans le quartier, font des allées et retours en Syrie en toute impunité".
Ce témoignage, c'est celui que Caroline Chomienne, déléguée générale d’Altermédia, une école du cinéma basée à Saint-Denis, en région parisienne, a donné hier au journal français Le Parisien. L'école est située près de l'immeuble où le raid a eu lieu mercredi contre des djihadistes. Au cours de cet assaut, qui a fait deux morts, dont une femme kamikaze, plus de 5000 balles ont été tirées (voir la vidéo). Sept personnes ont été interpellées.
Chomienne affirme qu'elle n'est pas surprise que les terroristes aient choisi ce quartier pour s'y cacher. "Au début, il y avait une vrai mixité ici. Mais, ces dernières années, tout le monde part, peu à peu. Et les quelques jeunes couples qui viennent s’installer sont horrifiés. (...) Depuis un an, le climat est affreux dans la rue. Le dernier tournage, dans la rue, on s’est fait caillasser ! C’est très dur", confie-t-elle.
Selon le ministère français de l'Intérieur, les raids menés sur les trois derniers jours ont permis de saisir 75 armes, dont 11 armes de guerre.

Source: http://www.express.be/joker/?action=view&cat=platdujour&item=saint-denis-est-raqqa-toutes-les-caves-sont-pleines-darmes&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 19/11/2015

Molenbeek: Françoise Schepmans raconte les sept jours "qui me marqueront le plus"

http://www.rtbf.be/info/dossier/attaques-terroristes-a-paris/detail_molenbeek-francoise-schepmans-raconte-les-sept-jours-qui-me-marqueront-le-plus?id=9142358

Écrit par : L'enfoiré | 20/11/2015

Notre liste d'incontournables de Molenbeek

Quand la commune de Molenbeek et ses habitants se sont retrouvés, malgré eux, au cœur de l’actualité mondiale à la suite des attentats du 13 novembre, ce fut souvent pour être associés à des expressions telles que "nid de djihadistes" ou "repère de terroristes". Une image qui n’a pas plu à l’équipe bruxelloise de Publicis, la célèbre agence de publicité. Alors que les bureaux bruxellois de Publicis se trouvent à Yser, à côté de Molenbeek, les occupants de ceux-ci n’ont pas reconnu leur célèbre voisine dans l’image souvent véhiculée dans les médias.

Certains membres de l’équipe bruxelloise ont décidé de rendre hommage aux trésors parfois méconnus de Molenbeek. C’est ainsi que le projet Found in Molenbeek a vu le jour, recensant les meilleures adresses de la commune sur un site Internet et un livre papier. Dans la foulée de cette initiative, nous avons décidé de proposer également nos dix incontournables de Molenbeek. Une sélection toute subjective.

Le Mima
Le Mima, qui vient d’ouvrir ses portes le long du canal, dans un bâtiment de l’ancienne brasserie Belle-Vue, est tout simplement un musée unique en Europe. Pour la première fois, une institution culturelle propose au public de parcourir une histoire de la culture 2.0.

Brasserie de la Senne
Il y a encore cinq ans, c’était le désert ou presque dans le monde brassicole bruxellois. Depuis, la situation a bien changé et c’est en 2011, avec l’arrivée de la Brasserie de la Senne à Molenbeek, que le renouveau de la bière bruxelloise a commencé. Et la célèbre brasserie cartonne !

Maison des Cultures
S’étendant sur 6 000 m2, la Maison des Cultures et de la Cohésion sociale de Molenbeek (MCCS) est un immense centre culturel devenu au fil du temps le symbole du rayonnement culturel molenbeekois. Dans cet ancien site réaménagé, petits et grands, amateurs et professionnels, se rencontrent et créent ensemble.

Fonderie
Visiter la Fonderie, c’est comprendre pourquoi la commune était surnommée le petit Manchester belge. Témoin vivant du très important passé industriel de l’entité, l’ancienne fonderie a été transformée en un musée.

Architecture
Le centre historique possède un riche patrimoine architectural, principalement de style néoclassique. Une balade vaut le détour, d’autant plus que l’église Saint-Jean-Baptiste, l’une des trois églises en béton de Bruxelles, est unique en son genre.

Café de la Rue
A l’instar de la Samaritaine dans le centre-ville ou de l’Os à Moelle à Schaerbeek, le café de la Rue est un des derniers cafés-théâtres de la capitale. Marie-Noëlle gère, depuis 35 ans et de manière bénévole, ce joyau du patrimoine bruxellois.

Zebrano
C’est l’histoire d’une bande de potes passionnés de cuisine. Rafaello, Alain, Yves et Gabriel qui ont tous roulé leur bosse dans la restauration pendant de nombreuses années, avant de s’associer. Un conseil, si vous passez par Molenbeek, arrêtez-vous au Zebrano.

Karreveld
Une promenade dans le parc du Karreveld, un magnifique écrin de verdure abritant un château-ferme doté d’une architecture majestueuse, est hautement recommandée. Situé dans un quartier fort urbanisé, cet havre de paix est une invitation à se balader.

Scheutbos
Tous les Bruxellois sont loin de le savoir, mais Molenbeek dispose d’un magnifique et immense écrin de verdure. Avec ses espaces boisés, ses prairies pâturées et ses marécages s’étendant sur 44 hectares, le site classé du Scheutbos offre une richesse et une diversité incomparables en milieu urbain.

De Vaartkapoen
Dans le paysage associatif bruxellois, le centre communautaire De Vaartkapoen possède une place bien à part. Rarement une association aura autant marqué une commune comme le fait cette ASBL néerlandophone.

Charcuterie halal
Le Palais de Balkis, la première charcuterie halal et bio du pays, se trouve au 163A de la chaussée de Gand. Les lardons, chorizos et autres saucissons de cet espace de restauration ultramoderne suscitent un engouement croissant au sein de la communauté musulmane.

http://www.lalibre.be/regions/bruxelles/notre-liste-d-incontournables-de-molenbeek-56e5dbfe35708ea2d3864150

Écrit par : L'enfoiré | 14/03/2016

Dans Molenbeek la touristique: «montrer que Molenbeek, c’est autre chose que le dürüm»

«Pas question de verser dans le tourisme catastrophe». La petite phrase est de l’échevine du Tourisme de Molenbeek. Mais alors qu’un nouveau musée, le MIMA, ouvre ce 25 avril en bord de Canal, vers quoi se tourne la commune désormais universellement connue pour (re)convaincre le visiteur? Éléments de réponse depuis ses rues.
Un bric-à-brac de poulies et de citernes colonisées par la rouille et la mousse prend le premier soleil dans le parc du musée de La Fonderie, au pied de murs de briques aux fenêtres fantômes. Paisible, la cour pavée ne résonne plus que du souvenir de son tumulte métallurgiste. Mais le lieu, consacré au passé industriel de la «petite Manchester» «sur lequel il faudrait davantage miser», reste sans doute l’épicentre touristique du Molenbeek 2016. Malgré tout.

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20160413_00810604/dans-molenbeek-la-touristique-montrer-que-molenbeek-c-est-autre-chose-que-le-durum?utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=regions_bruxelles&utm_content=spotlight&M_BT=46623438105

Écrit par : L'enfoiré | 13/04/2016

Tout comme les habitants de Molenbeek, la ville parisienne de Saint-Denis exprime sa fierté d'y vivre:

Ce vendredi, le Figaro Magazine a choisi de consacrer sa une à Saint-Denis. En couverture, une photo montre, devant la basilique, deux jeunes femmes voilées dont le visage a été flouté. Le choix du titre, «Molenbeek-sur-Seine», fait référence à ce quartier bruxellois d’où venaient plusieurs auteurs des attentats du 13 Novembre. Un sous-titre ajoute : «A Saint-Denis, l’islamisme au quotidien.»
Pour cette énième couverture sur le sujet, le propos est toujours le même : Saint-Denis, «Molenbeek français», territoire miné par les jihadistes, menace pour la France ; Saint-Denis, territoire de non-droit et de ségrégation, où prolifèrent terroristes, délinquants, marginaux. De victime des attentats, notre ville serait devenue un vivier de recrues pour Daech !
Nous, qui vivons, travaillons au quotidien à Saint-Denis, nous refusons cette stigmatisation publique. Notre ville, nous l’aimons, et nous avons choisi d’y vivre pour ce qu’elle est vraiment, et pour ce qu’elle représente. Loin de tous les fantasmes colportés par une partie de la presse et de la classe politique française, Saint-Denis est une ville plurielle, où vivent 110 000 femmes et hommes d’origines, d’opinions et de religions différentes, sans que l’une n’ait pris le pas sur l’autre dans l’espace public.
Une ville qui, malgré la dégradation des services publics (caisse d’allocations familiales, poste, Pôle Emploi…), tient bon et tente de construire une mixité culturelle, sociale et intellectuelle, une ville pour tous aux portes d’un Paris en voie de gentrification accélérée. Le quotidien des habitants de Saint-Denis, ce n’est pas «l’islamisme», c’est le manque d’enseignants formés dans les écoles, d’effectifs de police nationale dans les commissariats.
«Molenbeek-sur-Seine» ? Pour les expulsé-e-s du 48, rue de la République, ces titres grossiers constituent une double peine : être stigmatisé-e-s en tant qu’habitant-e-s de la ville après avoir perdu leur logement lors de l’assaut du Raid, le 18 novembre.
Saint-Denis, nous l’aimons, comme ville de diversité, où le débat est possible, où se croisent les mondes, où la vie culturelle foisonne. Comme toutes les villes, elle a ses excès, ses problèmes. Mais elle connaît aussi ses moments de grâce, où toute la population se retrouve confraternellement. Deux quartiers de la ville (le centre-ville et le quartier Sémard) organisent ce week-end leur fête de printemps. Celles et ceux qui voudraient se faire une idée de première main de ce qu’est Saint-Denis «au quotidien» sont, comme toujours, les bienvenu-e-s.

http://www.liberation.fr/debats/2016/05/20/notre-fierte-de-vivre-a-saint-denis_1453805

Écrit par : L'enfoiré | 20/05/2016

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