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27/06/2020

Pèlerinage à Anderlecht

0.PNGAnderlecht est devenue la 7e commune la plus peuplée de Belgique avec une densité de 6.821,82 hab/km2 si l'on en croit le recensement de 121.019 habitants sur une superficie de 17,74 km2. Sous forme de petit village, elle a connu une occupation romaine pendant la période celte. Il faudra attendre le XIème siècle pour retrouver trace d'un peuplement quand Rénilde fonde un chapitre de chanoines avec la collégiale, les pâturages et le caractère rural dont Bruxelles a besoin. 42.PNGAu XIXème siècle, elle le perd lors de l'expansion de l'industrie avec les filatures, les imprimeries le long de la Senne en dehors de Neerpede, de la maroquinerie, la tannerie à cause de l'installation des abattoirs à Cureghem en 1890 et des industries métalliques le long du canal Bruxelles-Charleroi.
J
'ai déjà parlé de Schaerbeek, Evere, Saint-Josse-Ten-Noode et Molenbeek et Bruxelles-centre.
N
é à Uccle, je me devais, un jour, de parler d'Anderlecht où j'ai habité dans ma prime jeunesse de 1954 à 1965 à la rue Wayez et de 1965 à 1972 près du canal dans le quartier Veeweyde et il y avait au moins douze années que ne n'étais plus passé à Anderlecht.
J
'ai eu envie d'y retourner pour voir l'ampleur des changements et fêter quelques anniversaires.


Si ce n'est que pour le tourisme et le patrimoine, un détour par le fichier très complet balade-fr s'impose.
L
e but d'un pèlerinage n'est pas de faire du tourisme mais de retrouver ce qu'on a connu dans un passé lointain.
S
i, à l'aide d'un moteur de recherche, on cherche "Anderlecht" dans les années 60 et 70, on ne trouve que des pages concernant le "Royal Sporting Club Anderlecht" dont l'histoire remonte à 1908.
D
'anciens joueurs de foot, le décès de certains d'entre eux comme Jean Cornélis et Paul Van Himst qui a aujourd'hui 76 ans, mais dont la carrière dans le foot commença en 1960 sous les couleurs du mauve et du blanc.

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0.PNGJe n'ai trouvé ni images ni photos d'Anderlecht des années 60-70. Si elles ont existé, elles sont parties avec les souvenirs de ma mère qui a continué à y vivre, dans une poubelle de l'histoire. 0.PNGLa bohème vécu ces années-là n'intéresserait peut-être pas les moins de soixante ans de ce qu'ils ne peuvent pas connaître. Celles qui suivent dans ce billet, datent des deux dernières semaines prises lors de deux promenades à vélo. Un pèlerinage s'imposait puisque “A vingt ans, c'est une promenade, à septante ans, c'est un pèlerinage..
P
artant d'Evere, j'ai parcouru la digue du canal de Bruxelles-Charleroi avec le conseil prémonitoire "Ne me jette pas. Je ne sais pas nager".
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61.PNGJ'arrive sur le pont de Cureghem au croisement de plusieurs directions dont celle de la Chaussée de Mons et de la rue Wayez pour entrer dans le centre commercial de la commune. Dans cette dernière, je me mets à comparer les images avec mes souvenirs. Ici, il y avait Capri et ses glaces. Là, une boucherie chevaline, là encore, ... 
0.PNGPlus loin, l'école primaire communale est toujours là tout à fait conforme à mes souvenirs. J'y ai suivi les cours de la 3ème à la 6ème primaires. Juste en face, une maison haute de trois étages dans laquelle j'ai habité au dernier étage qui ne paye plus vraiment de mine parmi tous les commerces qui se disputent côte à côte toutes les façades. Calé quelque part dans ma mémoire, un cabinet de médecin occupait le rez-de-chaussée, remplacé par un institut de culturisme dont il ne subsiste que les enseignes et qui était en plein chambardement. 0.PNGSans m'émouvoir pour autant, je mentionne à des déménageurs qui vide le rez, dont la nationalité reste imprécise, qu'il y a un demi-siècle, j'ai occupé les lieux. La porte ouverte me permet, sans la franchir, de constater l'état de l'intérieur de l'immeuble. Toujours pas d'ascenseur mais après une grimpette au 3ème, je me souviens clairement du petit appartement qui devrait être resté pareil. En enfilade, une cuisine avec sa cuisinière à charbon, une salle à manger, une grande et une petite chambre dans laquelle je dormais et étudiais. De la plateforme en roofing à l'arrière, je pouvais apercevoir tous les environs avec au fond, la brasserie Atlas dont le nom a disparu de la façade aujourd'hui. Ce qui est sûr c'est que la maison ne roulait pas sur l'or ni maintenant, ni à l'époque. 

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0.PNGDans la rue, il y avait deux cinémas, à gauche, le "Kursaal" dont la structure a totalement disparu remplacé par un magasin de meubles et, à droite, le "Métro" qui n'est plus qu'un magasin à "petit prix" fréquentés par toutes les nationalités bien plus importantes et présentes que les autochtones du temps jadis. Que de films hebdomadaires n'ai-je pas vu passé sur l'écran? Le prix de la place ne dépassait pas les 20 FB (0,50 euros) avec le nez sur la toile. Il faut dire que ma grand-mère avait une amie ouvreuse qui, pour le prix de places "Fauteuils" nous plaçait dans les rangés "Club" ou "Balcon". 0.PNGQuand on n'est pas riche, il vaut mieux avoir des filons et des amies bien placées. Aujourd'hui, il n'y a plus de distinctions de places. Même prix collé ou non à l'écran.
Plus loin, l
a place de la Résistance avec sa Justice de Paix, la Place de la Vaillance où un autre cinéma "Vaillance" avait été remplacé par l'Académie de musique. Les cinémas de quartier ont tous disparus avec le temps. A proximité, la Collégiale Saint-Pierre et Guidon, la bibliothèque dans laquelle j'allais pour chercher des réponses à mes questions, la maison d’Érasme toujours aussi calme derrière sa porte monumentale avec son beau jardin tellement paisible et loin des bruits de la rue, sur les bancs duquel j'ai passé des heures de lecture, le béguinage et surtout une des plus jolies rue de Bruxelles, la petite rue de Porcelaine qui fait un voyage dans le temps jadis.

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ar la rue Veeweyde, je suis retourné sur les berges du canal, longées par des péniches qui mènent à un quartier de building essentiellement construits par l'entrepreneur Etrimo (Société d’Études et de Réalisations Immobilières en Faveur des Classes moyennes) en vogue dans ces années-là jusqu'à sa faillite en 1970. Au 12ème étage de l'un d'eux dans l'avenue Dr. Zamenhof, j'ai vécu jusqu'à mon mariage en 1972. Presque tous basés sur un modèle standard de 13 étages, ils ont été longtemps décrié en raison de la pauvreté qualitative, architecturale et de son manque d'originalité. Ce quartier Etrimo fait aujourd'hui partie du paysage urbanistique belge et plus particulièrement bruxellois. Il faut se souvenir que nous étions à une époque tendue pour accroître le patrimoine mobilier et immobilier à chercher à se loger dans la modernité u prix le plus ajusté à une classe moyenne naissante.
P
our ajouter un peu de piment, j'ai une anecdote à raconter.
P
endant mon service militaire, j'avais reçu deux lettres de ma mère. La première m'informait qu'il y avait un flat dans le quartier qui pourrait être intéressant. Juste pour le rappel, un "flat" n'a rien à voir avec la traduction de l'anglais "plat" mais aussi être un synonyme d'appartement dans des pays du Commonwealth et aussi en Belgique. La deuxième m'avait surpris. Ma mère avait acheté en mon nom un flat au 18ème étage d'une tour en construction en ayant payé la première tranche. A mon retour, toujours en pleine construction mais arrêtée à cause de la faillite de Etrimo, j'étais devenu propriétaire d'une volume d'air au 18ème étage. Ce trou d'air a été heureusement comblé par la reprise de la construction par l'entreprise de construction TRT, moyennant évidemment une augmentation du prix des tranches de "la lasagne immobilière" à me farcir. La suite mériterait l'écriture d'un livre sans même chercher la fiction avec le titre "Comment digérer une brique dans le ventre?".
Les photos qui suivent montrent l'endroit de "l'indigestion". Non, comme le laisseraient penser les photos, les buildings ne sont pas en train de devenir des tours de Pise d'un nouveau genre. L'effet de perspective et de la
parallaxe en sont seuls responsables de cette fuite de côtés.   

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e retraverse perpendiculairement, la chaussée de Mons, et bientôt je remonte par la rue Nelly Melba où l'ancienne et belle maison du poète Maurice Carème. (Quelques poèmes).0.PNG
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e traverse le parc Astrid qui a bien besoin d'une restauration avec son étang central à l'abandon et ses fontaines à sec à l'entrée qui ajoutent à la tristesse du lieu. Un panneau indique qu'une restauration du parc est programmée depuis longtemps et en cours pour lui redonner vigueur et santé. En passant par le Rond-Point du Meir aux façades de maisons en Art Déco, je repasse sur les lieux déjà parcourus et me dirige vers la maison communale où les bourgmestres de cette époque, Joseph Bracops et Henri Simonet ont laissés des traces pendant les presque 20 ans de règne absolu sur la commune d'alors. 

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Direction, rue Ropsy-Chaudron. Son athénée, mon athénée, n'en est plus un. Devenu "Curo-Hall", il n'a manifestement plus l'éclat extérieur que j'avais connu avec sa cours extérieure, son grand préau entouré de ses galeries de classes où j'ai fait mes études secondaires pendant 6 ans (6 latines dont 1 grecque et 3 sciences). Bon, je ne vais pas raconter une nouvelle fois, ce qui m'est arrivé dans une des classes avec mon prof de français... (c'est-là si cela intéresse encore). Il s'appelait Derrie, si j'ai bon souvenir. Et comme je fais encore des "fôtes d'ortograf", il devrait peut-être se retourner dans son lit, si ce n'est pas dans sa tombe. Mais, désolé, c'était plutôt mon jeune prof de math qui je suis sûr, s'appelait Nicollaï, me passionnait plus à l'époque avec ses dérivées et ses intégrales, enfin, qu'il dérivait progressivement en fusée Appolo dans les espaces plus éloignés de la stratosphère pour nous intégrer. Chacun, ses marottes... Quant au prof de latin, Mr Lefèvre, il avait l'art de rester planté trop longtemps à l'entrée de la classe à attendre bêtement qu'il n'y avait plus de bruit pour aller poser ses fesses. Tellement longtemps, il les avait usées qu'il a passé le flambeau à un collègue qui donnait aussi le cours de grec ancien en même temps, Mr Degavre... Non, je ne vais pas donner encore plus, il y en a qui ont déjà quitté ma classe de souvenirs pour aller boire un pastis... Tous le monde ne peut pas naître à Kinshasa et dessiner des caricatures toute sa vie comme Kroll....

0.PNGA plus de deux kilomètres d'où j'habitais, cela faisait une bonne marche à pieds aller et retour par jour pour atteindre cette école. Si c'était à refaire aujourd'hui, il y aurait bien eu un parent qui aurait conduit l'élève que j'étais à bord de sa rutilement voiture de prestige.
Un peu plus loin, l
es Abattoirs avec ses deux taureaux à l'entrée auraient, parait-il, connu trois vies. Dans le quartier, la plupart des enseignes commerciales font référence à l'Afrique.  
Comme il se doit, je suis sorti de la commune par la Porte d'Anderlecht et la rue d'Anderlecht qui suivait.

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Sur Internet pas d'images d'Anderlecht des années 60-70. Par contre, j'en ai trouvé plusieurs qui dataient du début du XXème siècle. Là, les changements étaient encore plus flagrants. La Senne y passait encore. 

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 La chanson qui va le mieux à la commune, c'est celle du Grand Jojo "Anderlecht Champion qui date 1986.

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Conclusions

Comme je m'y attendais, les souvenirs des années 60-70 n'ont plus beaucoup de relations avec l'actualité. La population est devenue polyglotte et multiraciale, ce qui entraîne parfois des conflits répercutés par des jeunes, des problèmes de drogues et de mobilités comme il est mentionné pour la Cité Bon Air que je n'ai pas atteinte pendant ce pèlerinage. La commune est divisée en quartiers bien distincts, riches ou pauvres. Je n'ai volontairement pas parlé des quartiers de Neerpede, de Érasme avec son hôpital, de Ceria  avec son campus et de Vogelenzang (Chant d'Oiseaux) avec son cimetière qui apporte l'antidote à l'agitation du centre de la commune. Ces quartiers ne représentent pas moins de 40%, restés en espaces verts ou en cités de villas.

Dans ces années-là, j'ignorais complètement ce qu'allait être ma vie au travail.
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es secrets de famille naissent souvent dès l'enfance, se bâtissent à l'adolescence pour dompter sa nature sous le vernis d'une famille dite parfaite avec le "politiquement correct" béatifié. Le temps fait oublier les illusions et les déchirures à petits feux dans une ambition de croissance volontaire, bien présente à l'époque. Il fallait croître en se foutant de tout ou mourir dans la masse des passions. L'impact de cette volonté d'aller vers plus de possession restait mal compris pour faire place à la suspicion maintenues sous silence des risques et échecs potentiels. D'où cette question: fallait-il faire semblant? Cela aurait été pardonnable si l'humour avait été de la partie alors que ce fut rarement le cas...

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La mixité des cours dans le secondaire n'est arrivée que bien plus tard. L'athénée était pour garçons et le lycée pour filles. Pour le jeune de l'époque, les premières amours se passaient souvent à la sauvette, bien loin du grand jour et opposées aux mœurs libertaires actuelles.
L
'histoire sature d'événements derrière des dates et des personnages parfois haut en couleurs, sans engendrer autre chose que des cycles concentriques dans lesquels on remarque que même après une fuite en avant, les problèmes liés aux caractères uniques à peine déformés s'invitent dans les bagages. L'agglomération bruxelloise est un melting pot. On aime ou on déteste. Il n'y a pas de milieu et encore moins d'Empire du milieu.. La diversité, cela se partage et ne se ghettoise pas.

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0.PNGLes fiches de la commune expliquent la situation actuelle, classée dans les faits divers avec des situations de conflits entre cultures différentes maintenues par les forces de l'ordre.
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a population jeune, la plus importante, est caractérisée par une forte présence immigrée qui se concentre dans les quartiers de l'est, tandis que les personnes âgées sont localisées surtout dans l'ouest de la commune. Bien que 75% de la population reste belge, la part des étrangers issus du Maghreb est supérieure à la moyenne régionale. Autour des abattoirs, c'est plutôt des personnes issues d'Afrique sub-saharienne qui est supérieure à la moyenne régionale. Cela se ressent aujourd'hui. Je ne me souviens pas si c'était déjà le cas dans les années de mon enfance et adolescence. Le 60ème anniversaire de l'indépendance peut probablement l'expliquer. Le problème réside dans la concentration des populations étrangères créant des ghettos de quartiers. Résultat normal dans le fond (situation identique à Molenbeek) mais cela ne crée pas vraiment des ponts entre les communautés ou linguistiques.

0.PNGCe n'est pas Anderlecht seul qui a changé mais l'époque qui l'a fait vieillir par son conformisme ou mûrir d'une autre manière ségrégationniste.
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ujourd'hui, Covid oblige, les masques se sont ajoutés pour occulter ce passé et son "moi" dans de nouvelles bulles encore moins translucides.1.PNG
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a crise sanitaire a apporté un coup de semonce si pas un coup d'arrêt. Sera-ce en donnant plus de chance à l'auxiliaire "être" et moins à l'auxiliaire "avoir" que l'on connaissait pendant ces sixties et seventies portées par la publicité et la séduction qu'elles véhiculaient?
 L
e futur sera-t-il plus dur,  plus lié à l'essentiel, moins speed en se détournant de l'idée de possession des choses pour en savourer l'instant plutôt que par un futur aléatoire avec des prévisions trop chargées en ambition?
 
Comment personnaliser tout en cherchant un consensus plus global?
 
Machiavel dans "Le Prince" écrivait: "Les hommes prudents savent toujours se faire à un mérite des actes auxquels la nécessité les a contraints". Si les premières places ont toujours été convoitées et les "Lanternes rouges" pour ses compensations, ce sont les places à part qui resteront dans les meilleures souvenirs avec des enseignants qui apprennent des règles qu'ils ne respectent même pas. 

D'après Nicolas Vadot, nous entrons dans un été de malade.

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 Anniversaires

0.PNGS'il y a 60 ans, le 1er juillet prochain sera le premier jour de l'indépendance du Congo, il y aura aussi exactement 50 ans qu'en 1970, je rencontrais mon épouse et deux ans après, je l'épousais.
J
e lui dédie ce billet pour m'avoir supporté pendant toutes les années qui ont suivi.
C
e même 1er juillet, ma mère si elle avait vécu, aurait eu 100 ans.
M
es sixties ont été racontées dans "L'envie dans le regard". Etre élevé par deux femmes de deux générations différentes, laisse des traces de caractère indélébiles.
"
Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure façon d'aller de l'avant", assénait Paulo Coelho.

Pour clore ce pèlerinage à Anderlecht, la chanson "Ma vie" chantée par Alain Barrière me parait la plus opportune puisque l'apogée de sa carrière a fait partie de ces années-là. En décembre 2019, il mourrait de suites d'un arrêt cardiaque à l'age de 84 ans à quelques kilomètres du port de La Trinité-sur-Mer où il était né. Il suivait de douze jours à peine, la mort de l'amour de sa vie, sa femme Anièce, emportée à 69 ans par une pneumonie.

«Je suis un survivant. On a vite fait de vous cataloguer has-been. J'étais quand même de ceux qui écrivaient de vrais poèmes, de vraies musiques et qui mariait bien les deux. J'ai rarement bâclé. », s'indignait-il.
Personnellement, j
e n'ai écrit ni musique ni poème, mais pour le reste, je suis d'accord....


Allusion,

PS: Autre endroit à Anderlecht : la brasserie Cantillon: "Chef une p'tite bière on a soif'

28/6/2020: Dernière Plume de Thomas Gunzig avant vacancespodcast

Commentaires

Merci Guy pour ce petit voyage, dans le passé comme dans le présent, à Anderlecht qui est une des communes Bruxelloises que je connais le moins bien (ou le plus mal).

Écrit par : Luc Laurent | 12/07/2020

Répondre à ce commentaire

Bonjour Luc,
Content de te voir par ici.
Et oui, c'est une commune que j'ai bien connue mais qui a tellement changée lorsque je l'ai revisitée en pèlerinage après cinquante ans.
On va souvent très loin pour découvrir l'inconnu.
Avec les restrictions du Covid, j'ai dit que j'allais faire du tourisme de proximité.
J'ai commencé la semaine dernière avec un retour à Bruges après 13 ans en 2007.
Voyage qui avait été organisé par Brigitte. Non pas BB, une Brigitte dont le nom commence par "W" et que tu connais bien
J'avais écrit un article en 2015 dont le titre était "Bons baisers de Bruges" le titre aussi d'un film que je venais de voir
http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2015/08/30/bons-baisers-de-bruges-5671824.html

Écrit par : Allusion | 12/07/2020

En dehors de la capitale, le nom de Neerpede ne résonne peut-être qu’aux oreilles des amateurs de foot, qui savent bien que s’y trouve centre de formation du RSCA. Mais pour les Bruxellois, Neerpede incarne surtout un « quartier » à part, où la ville se transforme en campagne à la limite du Pajottenland. « C’est la dernière grande zone rurale de Bruxelles, même s’il existe il est vrai de petits noyaux ailleurs dans la Région, à Uccle, Jette ou Neder-Over-Hembeek. Mais ce qui est particulier ici, c’est le caractère homogène de la zone, et le fait qu’autant de parcelles agricoles se jouxtent », nous explique Robin D’Hoogue, de la Maison verte et bleue, ASBL dont la mission est la préservation de la vocation rurale de cette espace unique en son genre.

Chants d’oiseaux
Pour découvrir le cœur agricole de Bruxelles, notre point de départ sera le quartier du Vogelenzang, qui lui fait en quelque sorte office de ventricule droit. Un écrin vert séparé de Neerpede par le complexe hospitalier Erasme, qui draine dans son sillage de nombreux nouveaux projets immobiliers mettant sous tension la préservation des terres alentours.

Le projet de relance de maraîchage, rue du Chant d’Oiseaux.
Passé un faux départ qui passe par la traversée d’un zoning commercial – un mal nécessaire pour fuir le tissu urbain depuis les accès de tram (Marius Renard) ou de métro (Eddy Merckx ou Ceria) les plus proches – c’est en empruntant la rue du Chant d’Oiseaux que l’on entre véritablement dans le vif du sujet. Première curiosité que l’on croise en chemin : l’espace test du projet Graines de paysans. Un dispositif qui permet à neuf producteurs de s’essayer au maraîchage intensif en pleine terre sans prendre trop de risques financiers, la terre leur étant mise à disposition pour une durée de trois ans.

https://plus.lesoir.be/310244/article/2020-06-29/les-balades-dete-du-soir-la-campagne-bruxelles-avec-le-vogelenzang-et-neerpede

Écrit par : Allusion | 13/07/2020

Répondre à ce commentaire

Se promener sur les limites d’Anderlecht, c’est effectivement se replonger dans les traditions agricoles de Bruxelles. « Dans les années 80, des centaines de petits maraîchers habitant Bruxelles avaient de petites productions dans cette zone », nous rappelle Robin D’Hoogue. « Ils ont disparu avec l’arrivée du marché matinal Mabru », le fameux « ventre de Bruxelles » planté en face du domaine royal. Toutefois, la tradition des « boerkozen », comme on les appelait alors à Bruxelles, renaît tout doucement de ses cendres grâce à une poignée de jeunes agriculteurs motivés.

Le lait à la ferme
Après avoir longé la réserve naturelle du Vogelzangbeek et bifurqué vers le nord, le béton vient déjà se rappeler à notre souvenir. En contournant quelques bâtiments récents du site Erasme, on continue heureusement à border quelques beaux espaces verts, dont certains servent de pâture aux « Moutons bruxellois », un jeune projet d’élevage ovin visant à recréer une filière lainière et viandeuse au sein des limites de la capitale. Sur le bord du sentier, des panneaux indiquent également que nous sommes sur le territoire de la chouette chevêche.

Le moulin Luizenmolen.
On traverse ensuite la chaussée de Leenik, qui marque la limite du Vogelenzang, et un espace ouvert s’offre de nouveau à nous. Voici Neerpede et ses champs, où l’on crapahute sur un chemin pavé entre les plantations, jusqu’au restaurant de Notelaar. Un crochet sur la gauche permet ensuite de passer devant Luizenmolen. Fierté du coin, il est l’un des deux derniers moulins à vent encore en fonction en Région bruxelloise.
Pour les motivés qui souhaiteraient dévier un peu de la piste, un chemin bifurque sur la droite juste avant le restaurant, en direction la ferme Heymans, qui n’est autre que la dernière exploitation bovine de Bruxelles. En semaine et le samedi, il est encore possible d’y acheter du lait et de la glace en vente directe. Autre bonne raison de venir le samedi : durant l’été, c’est le jour où les vergers de « Fruit-Time » sont ouverts. Le principe ? On vient faire soi-même la cueillette des fruits que l’on achète.

Les étangs du la Pede, rue du Chaudro, Anderlecht.
Pour finir en beauté, on coupe pratiquement à travers champs au niveau du restaurant In den Appelbom, institution du coin. Un sentier étroit creusé entre les parcelles permet, après avoir salué en chemin les dernières vaches de la Région, d’atterrir aux étangs de la Pede. Un poumon vert et bleu où se reposer les jambes au terme de cette promenade de deux heures et demie environ, durant laquelle n’avons quitté le sol bruxellois que sur une petite centaine de mètres à peine.

Écrit par : Allusion | 13/07/2020

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