Un deuil national avant une fête nationale tronquée (20/07/2021)

0.PNGPendant que la fête nationale française déroulait ses festivités du 14 juillet, le ciel est tombé sur la Wallonie et d'autres régions limitrophes.

Pour arriver à cela, il a suffi de deux jours de précipitations exceptionnelles sans discontinuer dans un ciel lourd de nuages stationnaires.

En Belgique, les cours d'eau de Wallonie se sont rejoints et sont sortis de leur lit.

Crues des rivières de la Senne, la Dyle, la Gette, l’Eau d’Heure, l’Eau blanche et l’Eau noire, la Basse et la Haute Lesse, la Lhomme, l’Ourthe, l’Amblève, la Vesdre et la Meuse.

Particulièrement critique dans la province de Liège et dans le sud-est du pays, où des maisons se sont effondrées et où plusieurs personnes sont décédées ou portés disparues.

A Liège, le débit de la Meuse a dépassé de dix fois la normale et s'est transformé en un torrent après les précipitations de 300 mm d'eau par m2.

La phrase "On n'a jamais vu cela" a été prononcée par tous les témoins et par toutes les victimes.

Heureusement, le pic de la crue est arrivé vendredi matin.

Aujourd'hui, le spectacle de désolation ressemble à une fin de guerre.

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0.PNGSpectacle de désolation de fin du monde. Des boues et des eaux qui dévalent  en torrent de 2 à 3 mètres d'eau, des voitures encastrées sur le toit, des maisons inhabitables quand elles ne se sont pas écroulées. 

La semaine dernière, la protection civile et les services de secours ont été dépassés par les événements.

La bourgmestre de Liège faisant fonction dit qu'ils n'ont pas paniquépodcast.

Mais les interviews disent le contraire avec la peur qui s'est emparée des sinistrés podcast.

1.PNGUn train sans voyageurs avait déraillé et la circulation des trains a été interrompue.

Le mot d'ordre est "restez chez vous" alors qu'un appel d'alerte n'a pas été lancé qu'il était temps de s'écarter des rives quand c'était encore possible... Au Limbourg, à Maaseik, cela semble avoir fonctionné puisqu'il n'y a pas de victime malgré les mêmes scènes de désolation. 

Les Pays-bas, le GD de Luxembourg touchés. L'Allemagne où c'est peut-être pire encore avec un débit de 3.300 m3 d'eau par seconde.

La solidarité a fait heureusement contre mauvaise fortune, bon cœur. Les bénévoles ont fait preuve que dans ce genre de situation, il n'y a pas d'autre solution que la compassion.

Ce 20 juillet a été décrété "deuil national". Alexander De Croo, le Premier ministre, a salué le « vrai élan de compassion qui traverse aujourd’hui notre pays », face à des inondations dont « il se pourrait qu’elles soient les plus catastrophiques que notre pays ait jamais connues ».

Ce mardi, 20 juillet est une journée de deuil.

Elle est nécessaire comme symbole d'unité du pays.

Demain, la fête nationale belge du 21 juillet dans le cadre de catastrophes n'existe plus.

Elle est déjà limitée pour cause de coronavirus Elle sera encore réduite, non seulement par respect pour les victimes, mais aussi parce que de nombreuses forces humaines et matérielles devront toujours être mobilisées sur le terrain des inondations.

Ce soir, pas de bal nationale sur la Place du Jeu de Balle à Bruxelles.

Plus rien à vraiment fêter. La Wallonie est en perdition.

Cette année, à cause de la pandémie du Covid, beaucoup de Belges ont décidé de prendre leurs vacances en Belgique soit à la mer, soit dans les Ardennes. C'est une surprise qui les attendait...

Les intempéries coûtent de plus en plus cher en matériel et en vies humaines.

Jusqu'à présent, 31 morts et 163 disparus qui ne présage rien de bon.

Les responsabilités, les polémiques politiques et les reconstructions viendront dans l'ordre après les aides et les recueillements.

"De ce constat, peut naître une sidération. Habituellement, une fois passés le désespoir et la colère, vient l’habituelle recherche des fautifs. Peut-être y a-t-il eu des permis de bâtir octroyés en zones inondables. Peut-être aurait-il fallu délester des barrages plus tôt, plus vite. En construire plus et les gérer mieux. Peut-être. Sans doute des berges plus larges. Des digues plus hautes. Des bassins d’orage plus profonds. Mais cela, les zones inondables, les vannes des écluses et les berges à construire, cela ne permettra pas d’enrayer la modification du climat. De longue date, le GIEC nous alerte sur "la multiplication des évènements météorologiques extrêmes. Agir pour contrer le dérèglement du climat. Cela coûtera des sous. Ne pas agir nous coûte déjà des vies. Agir pour contrer le dérèglement du climat. Cela coûtera des sous. Ne pas agir nous coûte déjà des vies. 
Et vous, ça va ? Les pieds au sec ?
", écrit Nicolas Vandenscrick dans un édito.

"L’adaptation, c’est la protection des plus fragiles ; c’est aussi l’ajustement contrôlé de notre agriculture, en plein bouleversement ; c’est la gestion intelligente de l’eau dont la disponibilité est capricieuse, ballotée entre sécheresses et pluviométries diluviennes. Mais au-delà de cette adaptation, nous avons fait le pari de nous transformer, misant sur un changement de nos modes de vie pour influer sur le destin climatique de la planète" écrit L'Echo.

0.PNGC'est l'heure des comptes et cela va se chiffrer en centaines de millions d'euros pour les assurances et les comptes publics. Face à l'ampleur des intempéries qui touchent le sud-est de la Belgique, la phase fédérale d'urgence est enclenchée et et le plan calamité est reconnu pour permettre une gestion de la catastrophe naturelle à ce niveau de pouvoir.

Les intempéries de ces derniers jours confirment une tendance préoccupante au sujet du réchauffement climatique mais pas seulement.

Le côté pittoresque du village qui vit au côté d'un cours d'eau, est à repenser, tout comme ce fut le cas après les tsunamis pour les habitations très prisées, appelées "pieds dans l'eau" le long des mers et qu'il a fallu reconstruire en s'éloignant un maximum du monde maritime.

On me signalait qu'en ce qui concerne les désastres encourus tout le long de la vallée de la Vesdre, il y a une cause originale dont peu font état: la capacité de stockage de nos deux grands barrages ET les moyens de régulations disponibles pour éviter l’effondrement de ceux-ci. La « mécanique » de prévention et de régulation est la même que celle qui régit le fonctionnement des hôpitaux. 

Les ingénieurs avouent que nos barrages n'ont pas été construits pour des situations de cette ampleur et n'auraient pas pu résister à la suite de n'importe quelle action prise et répondent qu'il faudra une situation plus résiliente à des situations extrêmes.

Tout est comme au niveau débit de l'électricité par le jeu du voltage et de l'intensité pour obtenir la puissance désirée ou par remplissage d'un bassin qui peut se faire par la finesse du débit du robinet dans la longueur du temps ou par la force du débit dans un minimum de temps.  

 Tout a été aussi trop artificialisé dans notre modernité. Les sols ne sont plus fait pour absorber. Renaturaliser devient le moyen de rétablir un équilibre entre la nature et les entreprises humaines.

La Nature est devenue une ennemie alors qu'elle pourrait redevenir si pas une amie, une alliée.

"Petites nature dans la Grande Nature"...

Dans la procédure "y a qu'à" ne faut-il pas y ajouter la procédure du changement de mentalité des populations?

Pour 2020, plus de 168.000 dossiers de sinistres relevant de la garantie tempête sont encore ouverts.

En 2019, plus de 141.000 dossiers de sinistres dus aux intempéries.

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0.PNGEst-ce que des précautions élimineront ce genre de catastrophes à l'avenir? 
"Réduire peut-être. Eliminer, jamais, si rien ne change"

Dame Nature garde ses secrets et ses surprises que les nombres imaginaires des fractales expliqueront mais n'effaceront pas.

Samedi, je suis allé voir la Senne à Eppegem, au Nord de Bruxelles bien avant d'y entrer voutée. Tout est redevenu normal comme s'il n'y avait rien à voir de spécial. Bruxelles n'a été touché que par des pluies intenses.

Une édition spéciale au JT d'une heure ce dimanche dans laquelle on montre les suites et on rappelle les étapes de la catastrophe...

Extraits:

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Et en Allemagne...

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D'autres catastrophes dues à l'eau ont émaillée l'histoire récente 

Des gens se sont rappelé de l'inondation de 1987.

En France, la catastrophe du 22 septembre 1992 à Vaison-la-romaine même si les raisons et la configuration des lieux étaient complètement différentes reste dans les mémoires.

Cette fois, la Méditerranée n'est pas en cause. Elle n'est pas à proximité. Ce sont des nuages de courants chauds dépressionnaires en provenance de France qui ont rencontré des courants froids d'une autre dépression en provenance du Nord. Leur stagnation dans une même zone immense sous forme d'une "goutte froide" comme l'appellent les climatologues, a créé la catastrophe.

Contre la nature, l'homme est dépourvu de moyens radicaux.

L'humilité est donc de rigueur.

L'homme peut prédire, mais pas déjouer les excès de la nature.

Les dons financiers  au compte n° BE70 0000.0000.2525 commencent à arriver. 

Il me manque un peu d'humour habituel pour finir ce billet.

Garder le moral à tout prix passe par cette voie.

Je l'ai trouvé chez un Hollandais bon pied, bon œil qui écrit la sienne: "Denk dat Rutte nu alle zwembaden voor 3 maanden op slot gooit, alle kranen thuis moeten na 20:00 dicht blijven iedereen moet 1,5 meter uit de buurt van plassen en sloten blijven".

Traduction qu'il en fait "je pense que Rutte(1er ministre démissionnaire) va désormais verrouiller toutes les piscines pendant 3 mois, tous les robinets de la maison doivent rester fermés après 20h00 tout le monde doit rester à 1,5 mètre des flaques et fossés".

 Merci à lui...  :-))

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Allusion

21 juillet: L'après-midi, ce fut un défilé sans faste...

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Edito de Bertrand Henne dans les coulisses du pouvoir sur la gestion des risques 
podcast

Le problème de la détérioration du climat
podcast
 

23 juillet 2021: Difficile de passer d'une catastrophe à l'ouverture des JO à Tokyo mais il faut toujours rebondir et le sport est dans ce cas plus naturel comme il était dit dans "Pour contrer le système, philosopher sportivement" 

Un retour à Tokyo depuis 1964.

Avec la nouvelle que le Japon pulvérise le record de vitesse de transfert de données: 319 térabits par seconde

qui fait partie d'un "Irrésistible printemps japonais"

 

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