Le temps est assassin (30/06/2018)

1.JPGLa semaine dernière dans "Mémoires d'email", je parlais d'une visite impromptue dans ce parc Léopold et de noms de personnages prestigieux qui l'avaient fréquenté.

Retour dans ses bâtiments de prestige...

En 2011, j'écrivais qu'il y avait aussi l'Institut dentaire de George Eastman, véritable curiosité architecturale en art déco.[...]

Le bâtiment fut un ex-institut d'hygiène qui permit de soigner des enfants défavorisés. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les enfants défavorisés n'auront qu'à se faire soigner leurs dents ailleurs.

Histoire du monde liée à celle  de l'Europe

1.JPGScolarisé chez lui durant son enfance, George Eastman s'était intéressé à la photographie grâce à un pensionnaire de sa maison. En 1877, il abandonne sa carrière d'employé de banque pour travailler dans la photographie.

Il est devenu riche industriel américain comme inventeur du premier appareil photographique portable et fondateur de la société Kodak en 1881.

George Eastman s'était aussi lancé dans des œuvres philanthropiques, centrées particulièrement sur les soins dentaires pour enfants et créa un premier institut dentaire à Rochester où est basée la société Kodak.

Ce qui s'est passé en finale avec Kodak, j'en ai parlé dans "Le petit oiseau est de sortie".

5.JPGEn 1925, il abandonna la gestion de Kodak pour se consacrer à ses œuvres et fonda plusieurs instituts dentaires en Europe, à Londres, Rome, Stockholm, Paris et Bruxelles.

À Bruxelles, dans ce but, Eastman fit un don d'un million de dollars à la Commission d'Assistance Publique de la Ville, afin d'édifier un institut destiné à dispenser gratuitement des soins de la bouche et des dents aux enfants pauvres à condition que le projet soit confié à l'architecte Michel Polak et que le plan de l'édifice soit inspiré de celui de l'institut de Rochester. L'institut fut inauguré le 31 juillet 1935.

Depuis peu, cet Institut a changé sa fonction première et est devenu "La Maison de l'Histoire européenne". 

4.JPGElle emmène les visiteurs dans un voyage à travers l'histoire de l'Europe dans les 24 langues officielles de la CE et les met au défi d'envisager son avenir.

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L'exposition permanente s'arrête tout d'abord sur les idées et les convictions qui ont caractérisé le XIXe siècle. 

Ce siècle marque "l'entrée de l'Europe dans la modernité", avant de se pencher sur le basculement du continent dans les guerres et la destruction et en finale, la recherche d'une vie meilleure dans une Europe toujours plus unifiée.

A l'entrée, les règles de sécurité sont assurées et toutes les technologies modernes accompagnent le visiteur sur cinq niveaux avec des audiophones qui lui permettent de ne rien perdre d'occasion de voir l'évolution de l'Europe dans le temps et essayent de faire comprendre l'intérêt d'être ensemble. 

Mais l'Europe contemple son implosion.

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Photos de la maison de l'Histoire européenne (clic)

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Anecdotes historico-personnelles

Si vous, lecteurs, n'aimez pas les témoignages, passez votre chemin.
C'était le 10 juin dernier à vélo dans l'environnement du Parc Léopold.
J'avais lu que le "Dia de Portugal" était fêté.
La journée était parfaite. Pas trop chaud, mais un soleil radieux qui allait faire aimer cette journée. Il allait sans que je le présumais, me ramener le passé et les souvenirs.
Comme souvent, j'étais trop tôt au matin pour cette fête portugaise.
Une fumée et une odeur particulière présageaient de ce que j'allais rencontrer en premier. 
Des cuisiniers portugais cuisaient de la viande et des cuisses de victuailles sur les grills.
Devant une scène improvisée qui devait accueillir des chanteurs et peut-être des dansseurs, quelqu'un préparait le son du spectacle.
- Cela commence quand?, demandais-je.
- Bientôt.
Là, je n'ai pas insisté. J'avais compris qu'il n'en savait pas plus que moi.
J'ai commencé un nouveau tour du parc.
Un peu plus loin, une jeune fille représentait "Le Fonds Victor" qui avait un dépliant dont la page de garde disait "Un enfant qui lit sera un adulte qui pense".
Plus juste que cela, je n'aurais pas pu le trouver... 
Mais une fois adulte, chacun aura son passé, son présent furtif et son futur espéré ou non.
 
Dans un coin encore plus éloigné, une tente sous laquelle des dessinateurs assis qui esquissaient ce qu'ils voyaient devant eux.
Comme à mon habitude, quand cela m'intéresse, J'entame une conversation avec l'un d'eux.
Très vite, il me dit en pointant une autre personne derrière lui: "en voici un maître du dessins".
Je lui adresse la parole à son tour. Commence alors, une conversation entre aliens.
- Je suis à la retraite mais j'ai eu une carrière de 40 ans dans l'informatique. 
- Moi aussi, me dit-il.
Là, cela devenait intéressant pour confronter nos idées sur le sujet, me dis-je.
- J'ai travaillé chez ...., répondis-je.
- Moi aussi, me répète-t-il.
- Comment vous appelez-vous?
Il me répond en me donnant son nom... un nom que j'ai bien connu, en plus.
Là, secoué, c'est le tilt... les images reviennent en trompe la mort.
J'aurais dû le reconnaître par sa voix qui n'avait pas changé.
J'avais un casque de cycliste sur la tête.
C'était donc plus difficile pour lui de me reconnaitre.
- Comment t'appelles-tu?
Je lui donne mon nom.
- Te rappelle-t-il quelque chose? lui dis-je avec étonnement.
- Bien sûr que je te connais. Là, tout devient plus clair.
Là le ton change radicalement.
- Le problème c'est que nous avons le même coiffeur qui nous a donné les mêmes teintures apparemment, lui-dis-je en enlevant mon casque.
Les noms des anciens où l'on s'y était rencontré, les souvenirs avec les anecdotes s'en sont suivies dans notre conversation.
On a échangé nos cartes de visites. Il m'a donné des n° de tél de ceux avec qui j'ai travaillé et dont j'ai encore les photos noir et blanc quelque part.
"Perdus de vue", une émission qui aurait été utile vu que l'on remontait à près d'un demi-siècle. 
Son parcours avait été l'inverse du mien.
Il avait commencé dans une multinationale dans laquelle j'avais été envoyé par la startup pour bâtir sa propre petite société.
 
Le lendemain, je téléphonais à l'un des numéros de téléphone pour échanger une nouvelle fois, nos anecdotes et histoires personnelles.
Là, pas question de se faire reconnaitre par la voix ou par l'image.
Il a fallu donnerf mon nom... et ce fut un nouveau bond dans l'histoire.
La retraite avait sonné pour tous ces acteurs d'un autre temps.
 
3.JPGN'est-ce pas le moment de faire le bilan de 40 ans au boulot en témoin?
Pourquoi avais-je quitté ma startup pour me faire engager dans une multinationale?
J'y ai plus appris en accéléré dans la variété de ce qu'était l'informatique et de ce que représente une société que je ne l'ai fait en cinq fois plus dans la multinationale où gradé ou non, on reste un pion. Une position d'administrateur m'était proposée.
Dans une startup, tout se fait bien mieux dans la souplesse entre les membres d'une toute petite équipe avec un esprit de famille dans un même intérêt à partager les informations du sommet jusqu'au bas de la chaîne mais dont chacun n'y a pas de backup de soi-même en passant de projet en projet parfois en dents de scie.
Quand quelque chose ne fonctionne pas comme prévu et que, comme ce fut le cas, lors de vacances en 1977, il s'agissait de revenir en tant que "pompier" pour réparer la catastrophe sans tergiverser.
A cette époque, pas de communications Internet.
Tout était en boîte fermée à destination. Temps de vacances que j'ai récupéré par après, donc rien de perdu.
Ce fut une époque bien remplie menée en deux phases par jour.
La journée, développement dans l'applicatif dans la multinationale.
Le soir et parfois le samedi, développement système à la base de réflexions pour émuler de gros bécanes sur de petits crincrins en mal de place mémoire et de vitesse d'exécution.
9.JPGC'est dire qu'il fallait être passionné...
Si cela s'était produit aujourd'hui, je serais à court d'argumentaires et peut-être n'aurais-je pas quitté.
A quoi tient une vie?
A un masque que l'on porte ou pas? Dans un costume dans lequel, on pourrait entrer?
A une maudite volonté de sécurité de la grande boîte pour s'assurer de ses arrières !!!
Le temps est assassin dans tous les cas.
Les trois générations de Barons Empain se sont succédé et avaient transformé le béton en or comme des alchimistes.
Le dernier qui vient de mourir, s'était peut-être trompé de formule en pensant continuer sa vie de grand patron d'entreprise après son kidnapping.
Un mois d'absence a suffit pour qu'il soit détrôné.
... Quelques photos du "Dia Portugal":
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"Le temps est assassin" de Michel Bussi
1.JPG"En 1989, une seule survivante dans un crash, Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.
Été 2016, en vacances, retour de Clotilde sur les lieux de l'accident, avec son mari et sa fille ado, pour exorciser le passé.
Au même endroit, elle reçoit une lettre récente, signée de sa mère".
 
L'histoire de Clotilde se poursuit en alternant les flashbacks de 1989 avec son actualité de 2016.
 
Clotilde raconte son histoire dans un journal plein d'humour
"Avec un livre ouvert comme 'L'insoutenable Légèreté de l'âme', 'Les Liaisons dangereuses' ou 'L'histoire sans fin' dont on a créé des films, sur une serviette, vous pouvez passer du statut de petite-conne-toute-seule-qui-n'a-pas-d'amis-et-qui-se-fait-chier à celui de petite-rebelle-peinarde-dans-sa-bulle-et-qui-vous-emmerde".
Les bonnes et les mauvaises idées s’érodent avec les temps en laissant des souvenirs frelatés, transbahutés d'un moment vers un autre après une traduction imparfaite de sa seule expérience personnelle.
Le temps lui apporte quelques heureuses surprises qu'elle conserve à tout prix pour ne pas se laisser emporter par les mauvaises.

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Le hasard ou la destinée.

- Le hasard te permet d'être confronté à des choses ou des personnes que ta planification t’aurait empêcher de côtoyer. C’est la spontanéité des réactions qui est intéressante. Certaines décisions doivent être réfléchies mais d’autres doivent être prises par impulsion sinon elles ne voient jamais le joue et c’est dommage. Trop de réflexions nuit à une vie épanouie", m'a-t-il été dit. 

- A moi avis, c'est une évolution orchestrée par quelques réflexions pour réorienter quelques dérapages", ai-je répondu. 

Éviter les mauvaises surprises du hasard, c'est aspirer à ce que la destinée ne déconne pas en dehors de son plein gré.
 
Avant de partir en vacances, Fabrizzio Rongione disait mardi matin qu'il lui avait fallu un an, il vit enfin RTBF en se sentant dans son ambiance à la radiopodcast.
Certains ne se sentiront jamais dans une ambiance qui les correspond. Ils subiront alors.
Mercredi, Thomas Gunzig faisait des plans sur la comète et imaginait ce qui se passerait pendant ces deux mois de vacances.podcast
Le lendemain, c'était au tour de Bruno Coppens d'en faire:podcast
Tous deux différaient dans leur imagination.
Ni l'un ni l'autre n'ont parlé de ce qu'il feront en vacances.
Ils le diront à leur retour.
Deux mois, c'est beaucoup et c'est peu à la fois.
 
Une info m'a fait sourire: "David Pujadas lance une pique à Anne-Sophie Lapix sur ses audiences". L'ancien présentateur du JT de France 2 a fait le bilan une année après avoir quitté le service public.
L'information du monde transite par les médias. Elle a ses vedettes qui deviennent des experts dans les affaires du monde et des invités de France24, de TV5Monde et d'autres médias du même type".
C'est presque la guerre de l'info. Qui faut-il croire?
 
"Il n'y a que les vieux tubes ringards qui ne vieillissent pas", disait Clotilde dans "Le temps est assassin"
 
"Summer of lovers. L'été sera en plein cœur sous le signe de la séduction", prévenait ARTE.
Oui, on pourra revoir d'anciens films et ce n'est pas un mal.
Des films seront repris, remastéeisés et réinterprétés dans des remakes que l'on verra sur des chaînes télés pendant les vacances avec un avant-propos qui expliquera pourquoi il avait attiré beaucoup de spectateurs à une autre époque.
 
Le temps contient aussi l'histoire de chacun.
Pas celle de la vedette "x", "y" ou "z" que l'on lira sur une page d'un de leurs livres autobiographiques?
 
- Tu te souviens de ... ?
Une phrase assassine quand le nom, l'idée que l'on se répète dans les rêves ou les cauchemars de ses souvenirs, ne revient pas tout de suite.
"Tu te souviens de machin-chose"...
C'est normal d'attribuer un sobriquet à machin-chose. Rien à voir avec la maladie d'Alzheimer.
Si le temps est seulement assassin, il a parfois des circonstances atténuantes...

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Un jour, c'est la retraite...
Fermer le ban, il n'y a plus rien à voir, dirait un observateur céleste.
Vous n'avez plus rien à prouver, votre temps est plié, replié sur vous-même.
Pas de nostalgie à avoir, ce serait du temps perdu à se demander pourquoi on a fait ceci ou pas fait cela.
La retraite, c'est passer son bâton de pèlerin au suivant dans une course relais sans fin.
La retraite n'est-elle pas une sorte de startup en ASBL (Assassin de Senior au Budget Limité)  en espérant que ce ne soit pas un code-barres à la place du cerveau?
  

Eriofne,
 
Citation:
  • "Nous passons la moitié de notre vie à escalader une échelle, et l'autre à réaliser que l'avions adossée au mauvais mur", G.Jung

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