Le syndrome de l'araignée blogueuse (08/04/2011)

0.jpgUne histoire de blogueur qui veut du bien à ses lecteurs. Mais...
U
n portrait de Paul Jorion paraissait dans notre quotidien financier "L'Echo".
U
ne pleine page lui était consacrée.
Le Soir lui avait offert le même privilège, "L'économie mondiale approche d'un autre 1789".
U
n courriel laconique en réponse au journaliste, Serge Quoidbach: "14h00, Café du Rendez-vous, 2 av. Général Leclerc. Cordialement. Paul J.".
P
as de doute. Je reconnais la sobriété du style.

Cela faisait quelques pleines lunes que je suivais les évolutions du blog de Paul. Au départ, je le trouvais intéressant. Je le pense encore, mais... Comme anthropologue, sociologue, il avait des compétences qui me bottaient. Économiste, un peu moins. D'ailleurs, il ne l'était pas de formation.
J
e faisais partie des commentateurs qui tâchaient de lui donner des informations. Je faisais un peu de pub autour de moi. J'étais tombé dans la marmite de la pensée dite "sulfureuse" comme le disait le journaliste.
L
a semaine passée, un "C'est vendredi" spécial, ce fut un poisson d'avril qui en cachait un autre.
E
n première phase, au poisson d'avril, Paul y joua dans sa vidéo. Il chanta.
P
uis, après s'être couvert de surprises et de bravos pour avoir trompé l'assemblée, décréta que la "fête" était finie et lança son "vrai temps qu'il fait".
L
à, le scénario habituel revenait en place. Paul extrapolait les faits par des idées très personnelles dans des domaines dans lesquels il ne pouvait se trouver à l'aise. J'intervins doucettement.
M
es commentaires, j'avais pris l'habitude de les sauvegarder avant de les poster. Sage décision...
P
as trop contestataire, mon commentaire 24, à mon avis. Pas de réponse de Paul, comme d'habitude. Seule, "Cécile", tout de même, qui donna son avis, auquel, je répondis tout aussi sagement. Réponse qui n'arrivera jamais à destination.
D
ans le même fil, en parallèle, je sentais que la moutarde montait au nez et aux neurones d'un autre commentateur, un certain Aeon (Commentaire 25).

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Voilà qu'un disciple, Alexandre, répondait à Aeon et à l'enfoiré: "tous ceux qui se revendiquent du numérique et pas des sciences humaines sont priés de plier bagage, ils ne comprennent rien à « l’analogique »", étant trop proches des machines".
A
ucune réaction de la part de Paul. Comme toujours, qui ne dit rien, consent.
P
as de doute, la rupture du numérique existe bel et bien. Je l'avais commentée (1), (2). Je comprenais parfaitement ce qui distingue l'analogique du numérique. Le "gap" pourrait être comblé par une sorte de torsion tel que l'anneau de Moëbius, en mélangeant les expériences et pas en condamnant au silence.
M
a réponse ne se fit pas attendre, du tac au tac. J'avais dû mettre une tune dans le bastringue et ma réponse passa le cap de la modération.
C
omme il se doit, j'ai eu, ce jour-là, mon propre poisson d'avril dans lequel, je rappelais que "C'est le jour du Poisson, celui pendant lequel, on peut tout se dire". Mais voilà, quand Paul décrète qu'on ne joue plus, il faut retirer l'humour de sa panoplie de bons mots alors que le coup de 00:00 du jour suivant n'avait pas encore sonné.
P
lus tard, pour bien montrer que le jour du Poisson d'avril, n'était pas fini, je plaçai une réplique gentillette. Le commentaire 25 devint, dès alors, un roman feuilleton auquel il manquait seulement les photos souvenirs.
M
es commentaires n'entrèrent, dès lors, plus en piste. Les fuites n'étaient pas dues à de mauvaises manipulations. La confiance était-elle trompée?.
P
aul affirmait ne pas censurer. Je le croyais. Je devais constater que la médiation éliminait les commentaires pour des raisons que l'on ne pouvait considérer comme injurieuses.
J
e n'aime pas de devoir dénoncer ce genre de constatation. J'avais envoyé des courriels qui exprimaient des "désaccords" émis par d'autres lecteurs au sujet des manières de procéder sur le blog. Mais je restais, jusqu'alors, sur ma première impression confiante.
L
a censure non justifiée, je ne peux accepter. La démocratie n'est pas uniquement une affaire de petit billet introduit dans une urne. Et cette fois, l'urne était trop pleine.
L
a semaine suivante, un article de Paul confirmait ce que je venais de constater dans son article, "Mauvaises habitudes": il n'aime pas les contestations. Il n'entre dans la "cage aux lions" d'un meeting que s'il ne se sent pas trop désarçonné par un "candide de service" ou par une opposition trop forte.
I
nternet permet l'interactivité. Si on n'aime pas se voir pousser dans les cordes, il vaut mieux écrire des livres, mais on perd le droit de réponse et l'essence même de la réactivité des propos. Les bravos, les gens qui ont les mêmes idées confortent dans les illusions, mais n'ouvrent pas un vrai débat. Il faut rester calme, confiant de son entourage, avec le sourire pincé. Avec l'humour, en plus, je vous propose un Café bien Serré..
M
ais, quand il y a une vie, il existe toujours une après-vie dans notre monde de pensées multiples. C'est scientifique. Quand, il y a de la matière, il y a de l'antimatière. C'est étudié pour.
P
arfois, Paul vient à répondre à la contestation dans un billet pour rappeler que tout ne passe pas au bleu et qu'il existe toujours.
A
lors, comme conseillé, par Alexandre, je suis allé voir si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs...

Tapez 1 : Paul Jorion

Tapez 2 : PostJorion

J'ai tapé "2" et introduit mes fuites considérées comme "radioactives". Fuites qui, il fallait le constater, existaient depuis longtemps. Je constatais que le problème n'était pas récent et que j'étais loin d'être le seul à avoir été censuré dans le passé.
M
ais revenons à l'interview de Paul Jorion. Intéressante, parfois, amusante et dénotant un esprit qui correspondait à l'image vue de l'extérieur, journalistique, mais qui s'éloignait à l'intérieur de son blog.
V
oici quelques morceaux choisis du Portrait d'un "excentrique éclairé" (je ne change rien aux déclarations du journaliste) :

"Paul Jorion est un homme loquace. Belge, vivant en Bretagne, dans une maison classique, rien de spécial de ce côté-là, confiait un proche sur un ton amusé. Bucolique, il apparaît tous les vendredis avec une régularité monacale. De 80.000 à 100.000 visiteurs par jour sur son site. Il y gagne sa vie de donations entre 2.000 et 3.000 euros par mois. Il y ourdit, avec quelques collaborateurs, une pensée subversive contre cet establishment victime du "syndrome du réverbère" (*). Entendez: les économistes, ses cibles favorites. Pas nombreux à avoir prévu, comme lui, la crise immobilière. Il a écrit son livre en 2004 et 2005. Mais il avait des conversations sur ce sujet avec ses collègues, près de 7 ans avant le désastre. Collègues de la finance américaine. Depuis 1998, spécialiste du crédit à la consommation, puis chez "Countrywide Financial", la plus grosse machine à crédits hypothécaires, devenue Bank of America".

Première remarque: c'est donc un repenti comme pouvait l'être Warren Buffet et qui le reconnaissait. Pour Paul, c'était sans les potentiels annexés de cette célébrité de la haute finance. Paul restait très peu loquace sur la vie qu'il menait, en mercenaire, dans une vie antérieure, qu'il exècre aujourd'hui. Loquace, oui, le vendredi, en vidéo et puis il se retire dans sa coquille.
Anthropologue, sociologue de formation, mais qui apprend les choses de la finance sur le terrain", avouait-il, sans préciser la raison de son shift de l'étude de l'homme à celle de la finance.

 Qui fréquente son blog? Ingénieurs, informaticiens, médecins et juristes. Pas théoriciens. Il ne faut pas que le pont s'écroule ou que le patient revienne la semaine suivante en disant que le traitement n'a rien donné. La pensée empirique manque à la pensée actuelle. Alors, vient le temps des analyses. Personnes sensibles s'abstenir.

Deuxième remarque: Là, on croit rêver. "Théoricien: Personne qui étudie la théorie, les idées, les concepts d'un domaine scientifique (par opposition à "praticien")". Si Paul croyait que les choses allaient ainsi, il s'embrouillait les doigts dans les touches de son clavier.

Tous à la guillotine. Il y a eu une collusion entre Wall Street et la FED. Opération des marchés sans une logique vraisemblable. Une théorie du complot est une possibilité. Goldman Sachs comme intermédiaire. On a créé un savoir indolore, incolore, insipide utilisé par les banques pour le justifier. Le premier MBA créé par Solvay est très bien du moment qu'on ne travaille pas sur le fait que le système pourrait disparaître.

Troisième remarque: Selon Paul, le système va disparaître, c'est le thème de son livre dont il faisait la promotion "L'agonie du capitalisme", faut-il le rappeler.

Pour justifier sa pensée, il citait en vrac:

 "Il y a l'incohérence de la fixation des prix par le simple modèle de l'offre et de la demande, les taux d'intérêt, responsables de tous les excès, qui accumulent de plus en plus de richesses dans de moins en moins de mains".

0.jpgQuatrième remarque: Parler d'excès des taux d'intérêts alors que ceux-ci se trouvent en dessous du seuil de l'index du coût de la vie, est absurde. Mais, je suppose que l'on parlait des taux d'intérêts forcés par les agences de notations. Faudra peut-être dire au journaliste qu'il précise ses écrits... On peut faire des révolutions en confisquant tout ce qui appartient à l'aristocratie et au clergé et on le redistribue autrement, dans une première année. Puis vient la Terreur, comme solutions violentes, qui montrerait qu'on n'a pas la maîtrise sur ces choses".

J'oubliais, l'article avait comme titre "Un complot financier? C'est possible". Non, peut-être, répondrait un Belge pour l'occasion.

Mais, à lire cela, je dirais que ce n'est pas uniquement dans le domaine du financier.1.jpg

Cinquième remarque: Qu'on ne vienne pas dire ce que je n'ai pas dit. La situation n'est pas "propre", pas "clean". Il faudra resserrer les "boulons". La révolution industrielle deviendra plus contraignante pour tous ses acteurs.

Dans un passé révolu, Will Rogers le disait avec humour et charisme à fendre une pierre: "Un message sans rire est un message qui ne passe pas la rampe du souvenir".

Dénoncer la situation ne suffit pas. Un Maestro se doit de proposer une solution pour que le monde tourne plus rond. Casser n'importe quel système, reconnu comme mauvais, sans apporter de remplacement, reste toujours une entreprise iconoclaste. On a besoin d'un médecin, pas seulement d'un diagnostic. S'il connaît le médicament, qu'il le dise et on en discutera.

En d'autres mots, le meilleur ennemi de Paul Jorion n'est-il pas Paul Jorion, lui-même.

0.jpgCalquer sa pensée, uniquement sur le passé, pour y trouver des analogies sans les interpréter en fonction des situations qui évoluent plus rapidement qu'auparavant, est loin d'être concluant. Dans le numérique, le fameux PER donne une idée sur la santé d'une société dans les années passées et pas pour l'avenir. L'intégration par la mondialisation des entreprises complexifie la vision du futur et seules les boules de cristal ont été inventées.

Sixième remarque: Ne sommes-nous pas face à la complémentarité du "grégarisme", la tendance des individus à se regrouper en sociétés plus ou moins structurées pour se distinguer de la foule et la nouvelle dictature sur la Toile d'Internet?.
O
n a pu observer dans le Printemps des pays arabes qui gardent, contre mauvaise fortune bon cœur, leur dictateur plébiscité dans un esprit de clan. Pour assurer l'opération de maintenance, il y a, dans ce cas, la corruption, la garde rapprochée et les mercenaires. Les hommes comme les animaux se cherchent un clan avec un leader charismatique, fort en gueule, au sommet qui les attire mais qui par contrat, ces hommes ne doivent pas faire ombrage au Mage.
D
ans l'ombre de la virtualité d'Internet, cet esprit se reproduit aux étages inférieurs avec l'aide de plus de finesses par l'intermédiaire des idéologies.
J
'avais rappelé cette tentation dans le Syndrome d'Erostrate. Il y était décrit les "has-been" de haut du pavé, qui avaient perdu leur activité contraints par l'âge et qui tentaient de rester en ligne. Et puis, il y a les autres, les exclus, les aigris du système, mais qui ont été les mercenaires de leurs propres illusions dans un autre temps.
E
n 1968, lors de la révolution jeune, le leitmotiv à la mode était "Interdire d'interdire". Les jeunes de l'époque n'avaient pas encore Internet pour le dire.
V
ieillis, ces jeunes de l'époque n'ont pas oublié ces moments de gloire. Si, dans leur vie professionnelle, la règle n'a pas suivi leurs espérances et qu'ils ont dû subir d'autres lois, plus dures, plus expéditives, l'envie d'exister en dehors du Grand Jeu devient encore plus forte, quitte à se convertir en croisade vengeresse. Ils ont retenu la leçon à leur seul propre profit, sans même s'en rendre compte.
M
ais, "donnez une once de pouvoir à quelqu'un et le risque est grand qu'il l'utilise à son profit jusqu'à devenir un dictateur sanguinaire. Donnez un brin de parole à quelqu'un et le risque est grand qu'il ne tienne le crachoir jusqu'à devenir un orateur stérile.", me soufflait une voix.
I
nternet a permis la naissance de geeks que j'ai appelés, récemment, "fastoches". Au départ, ils n'aimaient pas l'informatique et Internet. Voilà qu'ils en font leur tasse de thé du matin au soir sur l'écran noir de leurs nuits blanches où ils se font leur cinéma. Ils végétaient dans une sorte de boîte de Pandore, acteurs de leur destruction, mais, voulaient l'ignorer tant que la brise allait dans le bon sens des sentiments de la finance récoltée. 

0.jpgQuand le grand vent du large s'est transformé en bourrasque, les crises, ce fut l'occasion rêvée de se faire connaître sur l'autel des nouveaux "grands hommes". Certains voulaient recréer le monde, d'autres ne rêvaient que de vivre sous les applaudissements virtuels d'une foule anonyme. Facebook et d'autres réseaux sociaux sont souvent devenus leur base de recueillement et de rassemblement de leurs ouailles. Pour une seule raison de respect vis-à-vis de ces derniers, on aurait pu espérer que ces mentors répondent aux questions précises de leurs administrés. C'était loin d'être le cas. Les grands Mages sont prudents. En manque d'inspiration, ils vous diront qu'ils ne peuvent pas répondre à tout le monde. Et, si par hasard, ils sont dans un bon jour, c'est pour répondre de manière sibylline, en "short", comme le ferait l'Oracle de Delphes. A leur suite, commencera la chenille en fonction du charisme du leader. Pas oublier que ce dernier détient les clés et qu'il censurera ce qui ne lui convient pas.
F
audra-t-il faire une donation pour avoir la chance de ne pas être censuré ou signer la charte des gens biens qui n'auront jamais d'idées contraires à la ligne du parti?

0.jpgSuis-je de cette trempe?, me suis-je demandé.
I
l y a 5 ans, au premier anniversaire de mon blog, j'écrivais "Le mal au blog". Naïf que j'étais. J'espérais quelques présences correctrices, commentatrices pour être sûr que je n'étais pas occupé à déconner dans mon ballon d'essais. Je n'ai pas eu de professeur d'université pour père.
P
lus tard, pour ne pas effrayer mes commentateurs, pour me placer à leur niveau, si besoin était, j'écrivais "Le prestige d'être simplement con". Le "mal au blog" est-il devenu le "mal du blog"? Ah, oui, j'oubliais, le pseudo d'"enfoiré" faisait peur.
J
'aime ouvrir les huîtres. Je les ouvre et m'en délecte, c'est mon vice. Je conserve les perles quand j'en trouve. Pas dans les polémiques, mais suite à de seules constatations. Désormais, le vendredi, je continuerai à regarder, un peu plus muet.
J
e crois que depuis 6 ans, depuis l'ouverture de mon "Bal des maudits", on a pu comprendre qu'un enfoiré pouvait en cacher bien d'autres, plus vraisemblables. Dans "mon contrat" avec les lecteurs éventuels, pas question de chercher une audience de commentateurs que je ne pourrais pas assumer: pouvoir répondre chacun à son tour. Pas question non plus de sortir de l'ombre et me retrouver sous les projecteurs en tant qu'écrivain. J'ose dire que mes articles hebdomadaires représentaient un journal personnel. Et un journal, on l'écrit toujours pour soi et ses propres souvenirs. J'avais du temps, je l'ai utilisé. Point.
T
out le monde n'a pas les mêmes principes, ni les mêmes atouts, échecs ou expériences à sa disposition. Lancer des billets dans la nature et s'effacer, ensuite, sans plus s'y intéresser et surtout ne pas s'embarrasser d'emm..., n'est pas fairplay. Mais c'est vrai il y a des ratés de lecture. Qui trop embrasse, mal étreint. Pas besoins de préambule de "Mon Cher Auteur préféré" en préambule pour assurer les "bons" contacts pour cela.
L
es gourous sont passés du réel au virtuel avec l'assentiment de la foule sans rien changer de fondamental. Avec eux, quelques émules, quelques adeptes, quelques élèves fidélisés de leur maître à penser apportent la claque. A aucune, je n'ai consenti de faire partie. Les billets invités de la semaine, je les parcours en diagonale.
I
mpatients, ceux-ci attendent leur tour dans la course relais, pensent à l'égalité des chances à rebrousse-poil en attendant le moment propice, sans sortir du "politiquement correct", de la bonne parole, édictée par le maître. Bienvenue au club de l'école du bien et adieu à ceux qui font partie de l'axe du mal. Le Maître a des raisons dont il ne faut pas trop chercher les fondements.
P
our prouver sa bonne foi, avoir des diplômes longs comme le bras, des références avec noms à particules nécessite une maintenance de ses dites connaissances et une petite révision au service technique s'impose parfois, à dates fixes et échelonnées.
Être prophète de la finance et dans les risques des subprimes quand on travaille dans l'ambiance pendant une décennie? Il faut dire que je suis plus lent, probablement... J'ai mis 40 ans pour me rendre compte que l'informatique allait supprimer plus d'emplois qu'il n'en a créés.
L
e cheval de bataille de Paul: la spéculation.
D
'accord, quand elle dérive et n'est plus qu'un jeu porté par l'appât du gain facile. La spéculation dite capitaliste sert en premier à apporter du cash flow à une entreprise. Sans capital à risque pas beaucoup d'espoir de lancer une entreprise startup.

John Mauldin, fondateur de Millennieuw Wave Investment écrit une lettre d'information financière la plus lue dans le monde (1 million de lecteurs). Son dernier livre est "Endgame: The End of the Debt SuperCycle and How it Changes Everything". Il attend une embellie de 2020 avec impatience sur les marchés boursiers. Il écrit : "Il y a dix ans, je travaillais chez un petit courtier et personne ne me connaissait. Lorsque j'ai commencé à rédiger mes lettres de conseils, la liste des destinataires contenait à peine 2000 noms. Aujourd'hui, ils sont près d'un million dans le monde, j'ai rédigé trois best-sellers et on me paie grassement pour faire des exposés. Je vis un rêve et je suis conscient de ma chance".
S
es idées sont très similaires à celles de Paul. Donc, pas de lézard...
T
out est pour le mieux dans le pire des mondes qui se cherche une issue, souvent après coup. "Nous sommes en fin de cycle et les anciens modèles ne s'appliquent donc plus. Une ère de croissance structurellement faible.", conclut-il. Les biotechnologies, Internet font partie de ses motifs d'optimisme.
R
ien de nouveau sous le soleil. A part, que nous arrivons au "niveau industriel", d'un showbiz, voir de "people" qui ne dit pas son nom. La démocratie du showbiz ne restera-t-elle qu'une affaire de "Fan Club" avec la distribution de sourires des bonnes intentions et le parapluie contre toute contestation ultérieure? C'est la question de base. Quand il y a de l'argent ou de l'ego en jeu, il est clair que la liberté de parole n'est plus assurée. Rémunérés, les blogueurs devront nécessairement passer par le goulot de l’impôt comme tous travailleurs.
A
vec, Internet, ce n'est même plus "Le premier qui dira la vérité, sera exécuté", comme le chantait Guy Béart. Plus d'illusion. Ils sont devenus des suiveurs de l'actualité comme toutes les professions de l'information et dans ce cas, il reste à chanter "Au suivant".
U
ne allégorie pour Paul? Cela pourrait bien être, celle-ci:
U
ne araignée exotique en terre inconnue.
Fructifiait les biens d'araignées locales moins nues.
O
béissante, elle leur tissait fil après fil.
F
utée, elle étudiait les clients englués dans leurs cils.
U
ne bourrasque cassa la Toile.
M
ouillée jusqu'à la moelle.
E
lle fut emportée par-dessus l'océan.
P
lus toute jeune, elle tissa son propre voile.
R
iche d'expériences, elle vendit ses boniments.
M
ais, rassurant par ses serments,.
A
ttira les fournisseurs de motivation.
E
t se mit à grossir par leurs informations.
E
n rejetant les connaisseurs trop récalcitrants.

Il y a longtemps, La Fontaine parlait, lui, de l'"Araignée et de l'hirondelle". Chez lui, c'était l'araignée, qui voulait prendre l'hirondelle dans sa toile, ce qui justifiait la morale de ne rien entreprendre au-dessus de ses forces. L'hirondelle, elle, n'avait même plus pu happer un poisson au vol.
L
a Fontaine, il est vrai, ne connaissait pas Internet et les Blogs. Vous rendez-vous compte de ce qu'il aurait pu gagner sur la grande Toile avec ses Fables?

@vendredi, Paul, ...pour de nouvelles aventures...

 (*) Le syndrome du réverbère désigne la tendance d'un individu, ayant perdu sa clef dans l'obscurité, à la rechercher dans la clarté, plus ou moins diffuse, du réverbère le plus proche. Cette tendance est largement partagée par les politiques de développement et les options réformatrices y échappent rarement. On applique à des problèmes insuffisamment analysés les solutions empruntées à des politiques qui paraissent "avoir fait leur preuve", le critère de choix tenant à une "proximité" thématique ou étant lié à un dispositif livré "clef en main".

 

L'enfoiré,

 

Citations:

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