Cyberdépendants, réveillez-vous (25/01/2013)

0.jpgTroisième volet d'articles qui tournent autour du Web: l'addiction à Internet. On en parle sous plusieurs formes, sous plusieurs angles, mais tous avec un certain dépit, une certaine pitié pour celui qui est tombé dans la potion magique de la virtualité qui frise l'esclavagisme.

e personne en personne, Google additionne nos facultés cognitives rendant l'intelligence humaine esclave de l'intelligence artificielle. Ok.

Des entreprises humaines sont cannibalisées par le web. Ok.

Le Journal de France2 du 19 janvier en parlait avec un titre  "Accros de la console". "De la console", ce vocable me rappelle les tableaux de commandes des gros ordinateurs avant qu'on parle de "console de jeux". 

Il y a vingt ans sortaient les jeux de rôle du style "World of Warcraft". Les MMORPGs ne touchent pourtant que douze millions de personnes de par le monde.

0.jpgAu sujet des consoles de jeu, il faut signaler qu'Atari, la légende du jeu vidéo, est actuellement sur le point de s'éteindre. A l'agonie sur le marché des consoles. De plus en plus, ce dernier se recentre sur le mobile. Tout change, tout évolue. Le 30 septembre, la trésorerie d'Atari France, s'élevait à 6,3 millions d'euros, tansis que les dettes s'élevaient à 17,4 millions. La success-story avait commencé avec Pong en 1972.  Elle se faisait en partenariat avec Commodore. Est-ce dire que c'est une mode? Qu'à un Pong doit correspondre, un jour, le Ping?

Cela voudrait, peut-être, aussi dire que l'homme s'est fait entubé en prenant son pied avec ses petits doigts qui gigotaient sur les commandes à distance...

Pas question de cracher dans la "bonne soupe". Internet, c'est cool... Peut-être un peu trop, comme on va le voir.

Non, c'est vrai, on peut même tirer une foule d'avantages d'Internet. On pourrait dénommer cela de "valeur ajoutée" sans la taxe, tant que ce n'est pas la valeur qui est vendue à trop bon marché et qui remplace le tout.

La qualité, elle, ne se marie pas aussi facilement, avec l'amateurisme et la gratuité. De quoi se plaindrait-on puisque c'est gratuit?

Le Web, un outil du moment avec la raison en plus, sine qua non. 

Avec le bouchon poussé trop loin, cela devient de l'addiction comme conclusion logique.

Être addict aux jeux vidéos, aux jeux du hasard, aux réseaux sociaux, au cybersexe... ce serait oublié que d'autres voies plus culturelles, plus naturelles existent.

Au sujet du sexe, il y en a déjà qui se posent la question de savoir si "à 23 ans, la pornographie ne l'avait pas complètement bousillé".

Être gourmand ou drogué, ce n'est pas la même chose.

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On peut aimer le chocolat, le déguster à petites doses répétées ou en séquences rapprochées dans le temps, sans avoir une crise de foie, à condition que cela ne devienne pas un réflexe conditionné qui frise "l'aphrodisiaque volontaire".

Les effets secondaires comme des conflits de générations ou des disputes dans les couples sont du parcours.

En effet, les addicts du clavier sur l'écran des nuits blanches là où on fait son cinéma, n'est plus toujours destiné à leur vedette de la maison

Si les vidéos de sexe ont hanté les fantasmes de beaucoup de mâles, dès le départ de l'utilisation d'Internet, il y a bien trois décennies, elles sont, désormais, talonées par l'utilisation des réseaux sociaux parce que ceux-ci touchent plus de monde.

Hommes et femmes, petits et grands, jeunes et vieux, sans distinction se retrouvent rivés devant un écran parfois plus longtemps qu'il ne faudrait.

Les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter sont devenus des réseaux de l’impulsivité et ont supplanté les forums et les blogs en degré de lecture. Moins à réfléchir, peut-être.  

Le moins d'effort est la base dans le naturel du réel et surtout dans l'irréel de la virtualité.

Le tout, c'est de garder le contrôle sur son temps et son espace. Avoir un agenda qui ne soit pas, à tout bout de champ, rempli des mêmes préoccupations qui tournent en boucle.

Le 26 novembre 2012, un documentaire "Play again" disait: "Dans 10 ans, la plupart des Occidentaux passeront plus de temps dans le monde virtuel que dans la nature. Les nouvelles technologies ont largement amélioré nos conditions de vie. L'information est à présent directement disponible d'un simple clic. Nous avons des amis dans toutes les parties du monde.

Mais qu'est-ce que nous ratons quand nous sommes « vissés » à nos écrans ? Et comment cela affecte-t-il le bien-être de nos enfants, notre société et l'avenir de la planète ?

Ce documentaire suit 6 ados qui, comme tout jeune Américain moyen, passent entre 5 et 15h par jour devant des écrans. Ils sont emmenés dans un « camp de désintoxication » en pleine nature, sans électricité, sans GSM, sans réalité virtuelle..."

Les buts avoués par les jeunes est simple mais faussé dans la réalité. Ils citent d'y trouver des gens sympas dans un petit monde dans lequel ils maîtrisent tout ce qui s'y passe avec leur propre stratégie, d'y être à l'aise en discutant avec qui ils veulent jouer, de ne pas s'ennuyer et de vouloir ressembler à ces super-soldats des vidéos, ne se retrouvent que dans un faux univers comme "Second life". 

"Tuer n'est pas jouer" rappelait un James Bond. 

Et le net n'est pas toujours ce que l'on croit: un havre de paix. Les coups fourrés ne sont pas rares.

Le monde des adultes redoutent l'insécurité des rues, construite dans le monde extérieur qu'ils voient de plus en plus dangereux. Alors, ils envoient leurs enfants dans leur chambre avec le PC comme compagnon.

Si vivre 90% de son temps à l'intérieur rassure, ce n'est pas gagné pour autant. Le stress du jeu finira par détruire les rêves dans une perte de confiance en soi s'ils n'y prennent garde.

Internet est devenu un tremplin vers l'extérieur, mais ne ce n'est pas nécessairement vers des sommets.

Ce que pourraient apporter Internet et les blogs de positif, c'est de se retrouver comme citoyen du monde, à la pêche aux idées, pour les comprendre, les analyser et en tirer une philosophie personnelle.    

Internet est devenu une arme pour dissidents, mais il forme aussi des individus surveillés, solitaires, idiots et délinquants malgré ce que dit Michel SerresNon, Twitter, Facebook, les forums et les blogs, ne feront pas advenir plus de démocratie dans le monde. Celui-ci reste assez clos. 

Les "luddites" refusent de se soumettre au joug de la révolution industrielle, mais se retrouvent sur les réseaux sociaux comme un panoptique numérique qui une fois, infiltré, relaient tout autant la peur dans le public.

On y retrouve, ainsi, tout et n'importe quoi.

Internet peut faire de nous des abrutis sans prévenir.

Les hyperliens d'Internet ont, souvent, fait naître uniquement la sérendipité, l'art de trouver ce qu'on ne cherche pas et jamais, bizarrement, ce qui est contraire à ses propres convictions. Trop fou, ce qu'on pourrait apprendre de ses opposants?

Le Web 2.0 fait perdre une part de vérité, de paternité et de valeurs comme le dit Andrew Keen.

S'exprimer reste un plus s'il cherche encore la compréhension de ce qu'est l'écriture et connaît la bonne manière de se faire entendre. Sans cela, cela devient une idéologie technocratique.

Mark Granovetter dit que les réseaux sociaux force les liens faibles et que quelqu'un avec peu d'amis proches, mais avec un grand cercle de relations occasionnelles, aurait plus de chance de réussir. Internet rétrécit le monde, il peut apporter une entraide communautaire dans une consolation sociale tout en risquant, néanmoins, une insécurité cognitive.

Est-ce que l'on communique mieux avec tous ces outils de la communication? Vaste question avec de multiples réponses.

Sherry Turkle dans son livre "Alone together" le conteste. L'extraction du monde, c'est le privé qui se perd et la propagande gratuite qui s'installe.

Un risque ou une déviance de la cybernétique et des accros qu'on peut trouver dans la virtualité ou ailleurs.

 

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Que dire ensuite?

Que les entreprises ne sont pas moins addictes à Internet?

Elles le sont par essence, par obligation. Si elles n'y passent pas, elles en mourraient. Il suffit d'avoir une coupure des télécommunications pour envoyer une société au chômage technique pour une durée indéterminée.

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On peut même y rechercher le degré de "stupidité fonctionnelle" d'une entreprise.

Comme il est dit sous le lien qui précède: "Cette stupidité se manifeste d’abord par l’incapacité à prendre du recul, et la tendance à se baser sur de mauvaises hypothèses et de mauvaises procédures de travail, entre autres."

Que la police utilise les réseaux sociaux? Qui en douterait encore?

Que Twitter vient d'être saisi par la justice française concernant les tweets antisémites. (*) Pourquoi en serait-il autrement?

High-Tech parle de 2014 comme l'année du meurtre via Internet?

Il y a eu ce suicide récent et encore inexpliqué de Aaron Swartz, mais, sans arriver à l'extrémité des "tueurs en série" et du cybercrime, cela prouve que ce n'est pas qu'une vue de l'esprit.

Peut-être faudra-t-il garder le mot "cool" en mémoire pour d'autres occasions. Ce mot de "cool", tellement galvaudé, qu'il a perdu sa signification à tous les étages.

Je ne suis ni un fana du jeu, ni un utilisateur actif des réseaux sociaux, mais je prend beaucoup de temps à composer des articles pour les mettre bout à bout.

0.jpgBillets, souvent écrits par bribes, sur le terrain des investigations et pas devant l'écran noir ou la page blanche. Plus tard, Google restera une aide efficace pour puiser les idées toujours émises quelque part ailleurs et pour les assembler.

Plutôt amuseur qu'abuseur, avec le respect de ne pas tomber dans la propagande ni devenir le bonimenteur mais plutôt avoir une tendance marquée ou une envie irrésistible à remonter les courants par trop populistes, racoleurs de lecteursQue la fréquentation des forums de discussions endurcit, nul ne le contesterait. Avec un pseudo comme le mien, on reste toujours en ligne de mire et une obligation de le respecter. 

Écrire par et pour le plaisir et puis, oublier en pensant déjà au suivant avec quelques flashs d'idées d'ici et de là. Un billet par semaine et puis basta. Pas question d'aller plus loin, d'alimenter d'autres par la pub comme je le remarque sur d'autres antennes. Pas payer à la pièce. La période d'activité du "mercenaire économique" est passée. Dans la phase post-opératoire, il faut ménager sa monture et son moteur.

Ce qui veut dire pas de lavage de cerveau et pas besoin de se faire mousser, quand on voit le prix de la mousse.

Les idéaux ont trop d'effets secondaires sans garder le rire en bandoulière pour faire tourner de concert les consciences si elles ne le désirent pas.

0.jpgCe sera implique la séparation des idées des autres, avant les  siennes propres de manière distincte. La publication, c'est attendre la contestation si nécessaire et trouver un compromis, s'il en existe. 

La dichotomie du monde, comme aimait G.W.Bush entre deux empires, celui du bien ou du mal ne recherchait pas les nuances ni à prendre les chemins de traverse. Dans ce cas, on écrase l'autre sans aucune autre forme de procès.

Dernièrement, je disais qu'il vallait parfois mieux fermer les commentaires qui suivent un billet. Les réponses qui ont suivies, idem. Pourquoi? Parce que la polémique virtuelle ne vaut rien. Pas la moindre tune si elle ne s'accompagne pas d'humour.

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Il y a longtemps, je me souviens d'un jeune rédacteur qui dès le premier article se sentait tomber dans la cour des miracles où tous les coups étaient permis et que j'ai soutenu.

Pour ne pas avoir de déceptions avec ses billets que l'on a paufiné jusqu'à la virgule, il faudra  considérer son blog comme un journal personnel et pas nécessairement comme un outil de relations inter-culturelles en choisissant, sans risques, un cercle d'amis de conceptions similaires. Google+ a tenté de parer à toutes les éventualités, bide compris.

Avec le temps, les lecteurs se passent le mot et se diront qu'il y a, peut-être, quelque chose à conserver et à utiliser pour eux-mêmes. De là, à croire que des commentaires intéressants vont tomber dans l'escuelle, cela m'amuserait...

Tant que de nouveaux viendront, il y aura une chance de trouver des "perles blanches ou noires" qui espèrent être originales, que l'on garde l'ivresse et la motivation.

Et, parfois, ce sera être étonné des réactions et des polémiques que cela engendrera. Les sensibilités sont tellement multiples qu'il faut les prendre avec du doigté.

0.jpgCelle de cette photo du soldat à tête de mort.

Celle de la caricature de Kroll qui présente le Gille de Binche de manière originale>>>

Comme Kroll le disait, on frise l'intégrisme des gens, qui offusqués ne comprennent pas l'invention et l'originalité.1.jpg

Serait-ce dénoncer et dénoncer encore, sans chercher de solutions drastiques? Peut-être, en restera-t-il quelque chose de positif, comme c'est revenu à la mode. Alors que la montre en or, elle, sera passée sous le nez.

Thomas le rappelait avec un humour de citoyen, dans un billet qui n'en était pas un d'après son préambule

Billet que Laurence Bibot remettait au goût du jour, le lendemain de manière subtile en reprenant comme référence le retour de Florence Cassez. Non, Laurence, dans ce cas, ce n'est pas le mandarin mais l'hindi, en question.

Si elle a vécu sept ans avec la peur au ventre tous les jours, ce furent aussi sept ans à tergiverser, à supputer, à combler des trous, chez nous de ce côté de l'Atlantique.

Sept ans enfin que je suis entré sur des forums différents à analyser ce qui s'y disait parfois avec un humour sarcastique.

0.jpgL'actualité nous démontre que l'affaire Mittal était assez pourrie dès le départ. Une demi-surprise, disait Philippe Delaunois.

C'était presque programmé.

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Ce serait oublier ce qu'est "la symphonie indienne" et, impuissant, la voir s'exportée quand, pour un riche Indien, ambitieux, qui a compris que le beurre se fabrique à l'étranger.

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 "Nul n'est prophète en son pays", disait quelqu'un. Expérience du terrain, faite, il est prêt à refaire ses valises en s'écartant de ses réseaux spécifiques, bien loin des réseaux occidentaux dans lesquels on s'étripe.

Il a été derrière un écran, peut-être, mais ce fut, à étudier, ensemble et solidaire, des stratégies d'envahissements dans le monde après avoir soigneusement enregistré les données, tout ce qu'il avait apprendre là où il a installé son dévolu temporairement.

Une sorte d'espionnage industriel à grande échelle et en plus en étant demandé pour le faire.  

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Si vous n'êtes pas convaincu, allez lire ce qu'on en dit de la cyberdépendance.

Quelle serait ma conclusion si ce n'est que la tête et les jambes restent mon leitmotiv?   

Pourquoi ne pas parodier la conclusion de la fable la "Cigale et de la fourmide La Fontaine?

Elle pourrait devenir pour l'occasion sous la forme d'une conclusion du renard "Vous surfez, vous jouez, J'en suis fort aise. Et biens! Vivez maintenant, la vraie vie, pure et dure".

 

L'enfoiré,

Citations:1.jpg

  •  « A quoi sert Internet. A part à aller sur Internet... », Jacob Berger
  • « Sur Internet, on peut écouter la radio tout en payant le téléphone. », Anne Roumanoff 
  • « L’anonymat que permet la communication sur Internet ne serait-il pas un aphrodisiaque ? », Walter Goodman
  • « Si, en effet, Internet a beaucoup à offrir à qui sait ce qu’il cherche, le même Internet est tout aussi capable de compléter l’abrutissement de ceux et celles qui y naviguent sans boussole. », Laurent Laplante
  • « C'est un effet pervers, la démocratie au niveau d'Etats-nations en compétition les uns avec les autres sur le marché mondial  », Philippe Van Parijs 

 

0.jpg(*)Mise à jour du 25 janvier 2013: La guerre de la réputation.

Un débat à l'ENA sur la réputation et la crédibilité qui étaient étroitement liés a eu lieu avec Najat Valand-Belkasem. Des mots guerriers y ont été prononcés. 

Dans l'entreprise, le Web est devenu le théâtre d'une guerre économique.

Etre convainquant pour avoir une chance de pouvoir contrattaquer sur les réseaux sociaux.

Les médias traditionnels, vu les réductions de personnels, travaillent dans l'urgence avec des informations qu'ils n'ont pas toujour sle temps de vérifier.0.jpg

Les médias sociaux, par contre, amplifient les phénomènes sous forme de buzz ou, en manque, créent eux mêmes, les informations sous forme de rumeurs ou de sous-entendus.

Bataille perdue parce que Internet n'en a cure des frontières.

La calomnie qui s'y déroule a beaucoup de visages qui dépendent de la culture d'où elle est issue. 

La complexité est de la comprendre et espérer l'anticiper.

En Belgique, 53,6% de la population considère comme crédibles les informations des entreprises avec une pointe pour les PME

Les experts, les universitaires et les cientifiques atteignent 91,9%.

Le problème, c'est qu'il y a des pseudos-experts qui s'infiltrent sur la Toile. Le sport de la détection commence. 

 

 

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