World Papers (16/04/2016)

Après ClearstreamWikiLeaksSnowdenLeaks, Luxleaks, SwissLeaks, voici les "Panama Papers". Les "Leaks" reviennent en bandes de papier et pointent tous les jours de grands noms de la finance qui ont fait sortir leurs économies du pays dans lesquels elles ont été créées pour raisons fiscales. 

0.jpgLes fuites généralisées découvertes au sujet des  "Panama Papers" révèlent un secret de Polichinelle.

L'enquête de "Cash investigation" passée sur France2, a qualifié de "Casse du siècle" ces révélations du "Panama Papers".

Près de 400 journalistes ont contribué à révéler les mouvements de capitaux légaux ou illégaux, d'argent propre légalement placé là où cela rapporte le plus ou d'argent sale qui provient de fraudes et qui est punissable. 

Tant mieux, si on sort de l'ombre d'un chapeau Panaméen des proies à grignoter, mais cela vaudra-t-il la chandelle dans tous les cas?

 

Le Premier Ministre d'Islande en a perdu la tête.... de son gouvernement, s'entend. Nous ne sommes plus en 1789.

Lundi, Bruno Coppens présentait un match entre fraudeurs et djihadistes:podcast.

La citation panégyrique "Pour vivre heureux vivons caché" n'a jamais été aussi vraie.

Un premier article paraissait très vite sur Agoravox.fr : "Panama Leaks, Mossack Fonseca & Co. ou le vrai visage de la finance internationale".

Les commentaires venaient en bloc en réponses à chaud avec des accusations. Je me suis amusé à jouer l'avocat du diable devant les critiques que l'on pouvait considérer comme "naturelles" ou "instinctives". 

Remonter des bretelles devenues trop lâches, cela n'est jamais trop difficile. 

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En France, Cahuzac avait déjà tenté de faire l'innocent au sujet de ses placements dans les paradis fiscaux, sans réussir.

D'autres, dont je ne vais pas citer tous les noms sortent de ce chapeau panaméen très chargé.

Ce n'est pas d'ailleurs pas de "Pordianama Papers" qu'il faudrait les nommer mais de "World Papers". 

Via les offices de placements, ce phénomène se retrouve dans le monde entier. L'implication des pays ou des villes commence en d'attirant, à eux, des capitaux licites ou non.

S'il y a des demandeurs, il y a des offres et vice-versa.

Nous sommes face au mal-être des démocraties occidentales alimentées par une propension à la transgression du fraudeur, à la corruption et aux corrupteurs suite à l'ivresse du pouvoir et à ce que ce que celui-ci permet.

L'avocat fiscaliste belge, Thierry Afschrift, connu pour ses bras de fer avec la justice, rappelle que "le niveau de fiscalité belge est immoral en soi. Pour lui, la volonté d'éviter l'impôt est normal et compréhensible, particulièrement quand l'impôt est élevé, pour autant qu'elle reste légale".

Dans ces cas-là, quand on tire sur un papier de toilette, c'est toute la bobine qui y passe.  

De la fraude et de ses effets, j'en avais touché un mot dans "La bonne soupe noire" bien avant toutes les Leaks.

"Soyons concret avec le discret" avais-je écrit un autre jour pour caractériser ce qui se passe via le net.

Et c'est justement par la même voie que les choses se passent le plus souvent. 

  

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La semaine dernière, l'édito de Gérald Papy du Vif-Express de  parlait de "Fraudes et corruptions, les cancers de la démocratie".

Elles rongent la crédibilité et la vitalité de la démocratie. 

L'interview de Mélanie Loisel à la suite de son livre "Ils ont vécu le siècle" disait:  "l'accentuation de la méfiance et le repli sur soi est une question d'éducation et donc, d'ignorance. Cela est dû à l'oubli d'aller voir ailleurs, en dehors de ses repères et y découvrir ce qui est différent en nuances de gris. Le sentiment d'injustice crée la violence et c'est vrai beaucoup se battent pour leur survie et d'où le besoin d'indulgence pour comprendre les discours. Il faut trouver des raisons de vivre, d'interagir et de s'adapter à ce qui est. Il faut appréhender le monde avec toute sa diversité et cesser de vouloir uniformiser l'humanité. Mais, il m'est interdit de désespérer ".

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Dans les articles qui suivaient, on découvrait d'autres commentaires comme celui de Paul Jorion qui disait que "Les grands Etats ont besoin des paradis fiscaux pour contrôler de manière semi-permissive, le blanchiment d'argent sale du trafic de la drogue, de la prostitution et des armes". 

Là, cela ressemble au serpent qui se mord la queue... 

Au suivant... nettoyage de printemps oblige... 

1.jpgIl est évident de dire que plus on est fortuné, plus il est possible, opportun et facile d'échapper à l'impôt.

Pourtant, il n'y a pas de petits profits qui traîne, sous forme de petits corruptions à éviter l'impôt. Cela commence par de petits pourboires et de petits dessous de table. 

L'évasion fiscale, elle, existe pour raison d'optimalisation des biens avec évitement est tout à fait licite... actuellement.

1.jpgLa confusion de ce qui est ou non "légal", vient de sa traduction de l'anglais "Tax avoidance" qui est licite, alors que la "Tax evasion" est frauduleuse.

Si on veut terminer ces chapitres de détournements d'argent tout azimut, il faudrait l'empêcher à la "source du mal" avec des conventions planétaires sous forme de "World Papers".

D’après le Match, Panama n’est pas près de renoncer à son secret bancaire...  et à sa fiesta de riches qui s'amusent dans les bals masqués.

Le petit Etat de Delaware ne s'intéresse même pas à la distinction "légal ou non" et est devenu le nid aux magouilles.

Puis, il y a Singapour qui est considéré comme le paradis du business tous formats.  

Si comme disait Michel Audiard “Le jour est proche où nous n'aurons plus que l'impôt sur les os.”. 

Il nous restera toujours la liberté de penser....

 

Tempête dans un verre d'eau?

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Désormais tout s'est emballé, dans une nouvelle opération "main propre".

En Italie, cela a monopolisé les esprits sous le nom "Mani pulite" dans les années 90.

A l'époque, du fait de la lenteur de la justice, les cas de prescription se sont multipliés: ainsi, en 2000, sur 2.565 inculpés à Milan, quatre seulement ont été placés en détention à la suite de condamnations définitives.

La société Franco Dragone était déjà dans le collimateur du fisc. Elle annonce qu'elle a un "défaut passager de liquidités" et introduit une requête en réorganisation judiciaire.

On apprend que Dexia était le plus grand fournisseur d'accès aux paradis fiscaux et... personne n'y avait pensé !!!

La société Leonidas rechange pour la 7ème fois, de CEO en 12 ans et Dirck Jacxsens cède sa place, sentant un vent souffler peut-être trop fort. Quelqu'un va être chocolat dans cette chasse aux sorcières, c'est sûr.

J'arrête ici sur ce thème avec une constatation que tant qu'il y aura des paradis fiscaux dans le monde, rien ne changera.

 

"Quand Mittal réussit partout, sauf chez lui".  

Cette réflexion avait généré mon vieil article, "Le beurre se fabrique à l'étranger". 

Il s'agissait alors de l'entrepreneur indiens, Mittal, qui faisait son beurre chez nous alors qu'en Inde, son pays d'origine, ses activités étaient plutôt confidentielles.

0.jpgElle fait partie du scénario bien connu de la délocalisation des sociétés dans des pays et des endroits dans lesquels il y aurait plus de chance d'avoir un "return on investment" plus important. 

Il serait peut-être le lien stratégique à ce qui se propage aujourd'hui comme résultante d'un phénomène plus général d'externalisation des affaires et... des biens. 

Il y a longtemps, si on parlait de fuites de capitaux dans les paradis fiscaux, d'offshore, c'était d'une manière très confidentielle.

Qu'est-ce qui a généré cet engouement dans la recherche des "fonds perdus"?

Les trous des Etats. Ils se sont agrandis et cette fois, on veut racler les fonds de tiroirs et plus ils sont importants, mieux c'est.

Le climat économique est en manque de confiance en l'avenir:podcast.

La situation économique est chancelante et les idées neuves manquent pour faire entrer les dollars, les euros ou toutes les autres monnaies convertibles dans leurs escarcelles.

Le surendettement des pays dits riches est devenu une maladie chroniquepodcast.

0.jpgLa machine économique mondiale est panne.

Si l'argent n'a pas vraiment disparu, c'est qu'il a changé de poche.

La pyramide sociale en courbe de Gauss s'est affaissée. Seuls les commerces du luxe d'un côté, du bas de gamme de l'autre, ne font pas trop grise mine.

Les affaires de classes moyennes disparaissent, ne répondent plus, n'investissent plus ou n'achètent plus dans un délitement constant.0.jpg

Pour un entrepreneur, investir est plus considéré comme un risque qu'une opportunité.

Au niveau européen, Super Mario vient de baisser les taux d'intérêts avec détermination jusqu'à atteindre le plancher.

Il espère ainsi arriver au plancher et finir par rebondir.

Il a oublié qu'il y a peut-être encore un sous-sol. 

Si baisser les taux d'intérêts et faire baisser les prix de l'énergie du pétrole, à première vue, pouvaient pousser les consommateurs à acheter, c'est plutôt dépassé, rappé. 

Ce qui importe ce ne sont plus les prix bas, mais la rentabilité des investissements des promoteurs ou de ses clients qui n'est plus assurée. 

L'inquiétude en l'avenir a créé une crise de la demande  avec un immobilisme qui fait privilégier l'épargne plutôt que la consommation. 

Une petite inflation bien maîtrisée est nécessaire pour tenir compte de la vétusté des choses, des dépréciations, de sa dévalorisation et du besoin qui pousserait à remplacer les outils obsolètes ou périmés.

Mais pour cela il faut plus que du pognon. Il faut en avoir l'envie.

 

 

Rien de nouveau à l'Ouest "en l’État"?

Cette semaine, en Belgique, il y eut un florilège d'événements que l'on en pouvait espérer ou craindre. 

0.jpgD'abord, Joëlle Milquet, la ministre de l'Enseignement, était taclée.

Poussée à la démission, après avoir été inculpée dans une affaire de "collaborateurs fantômes", tournés comme une "prise illégale d'intérêt" qui s'est produite en 2014. 

A l'époque, j'écrivais  "Zo dom & Go more", tellement il y eut des tours de passe-passe autour des chaises musicales politiciennes.

Après 20 ans de carrière politique comme "bête politique", celle qu'on appelait "Madame Non" s'en va.

En jetant l'éponge, elle ajoutait "A travers moi, c'est la politique qu'on attaque".

3.jpgLa cloche de la mise à mort du "système communautarisme" aurait sonné. 

La fin de l'arbitraire, de la dictature du bien commun et du "système politique" est-elle en marche?

Joëlle Milquet a, tour à tour, fâché, au sein de son parti comme à l’extérieur. Consciente et parfois indifférente, elle n'a pas manqué de coups de gueule suites à des attaques personnelles, y compris contre la presse, qui profitait du moindre bâton qu'elle tendait pour se faire battre.   

Mardi, Laurence Bibot était là pour analyser avec humour, le look de chacun en réponse à cette annonce :podcast.


Fin 2006, l'intervention de Joëlle Milquet à la suite de mon billet "Femme, avenir de l'homme" donnait déjà le ton.

Extraits: "... le message que je tente de faire passer dans mes interventions, médiatisées ou non. ... Les femmes ont par ailleurs d’autres priorités vu leur différence de sensibilité par rapport à des sujets tels que la petite enfance, la famille, l’éducation, la précarité… Sans pour autant être « terre à terre », les femmes apportent certainement beaucoup en termes de gestion... L’expression « gérer en bon père de famille » mériterait d’être actualisée... Vu les dernières attaques affligeantes, j’ai appelé mes collègues à sortir du « bac à sable ». Depuis que je préside le cdH, je n’ai jamais déclenché ce genre de polémique particratique, jamais fait d’attaques personnelles. ... La politique est bien autre chose qu’une lutte d’appareils. Nous attendons des politiques qu’ils soient des hommes et des femmes d’Etat, avec une vision, un projet. Des mandataires qui travaillent pour tous, pas pour leur électorat, leur classe sociale présumée, leur groupe d’intérêt ou leur confession. ... C’est pour cela que je privilégie les problèmes de fond aux invectives. En ce qui me concerne, je me bats tous les jours pour aller droit au but, être concrète, dans le respect des budgets et délais prévus. Je passe 90 heures par semaine à faire de la politique au prix de sacrifices personnels importants. ... j’ai des convictions. Je ne suis pas pour un débat politique aseptisé. Il y a des différences, et on doit les affirmer sur le « fond »...".

Jeu de dupe au sein de la politique au sommet de l'Etat?

0.jpgLe lendemain, Guillermo Guiz ressortait avec des solutions amusantes à cette situation: podcast

Le juge Frédéric Lugentz a fait tomber la ministre Milquet. Il est défendu par ses pairs malgré l'inculpation qui repose sur des éléments trop faibles.

Le problème n'est pas la faute, mais la faiblesse de impact que cela a eu sur l'ensemble de la population.

Quand l'investissement pour corriger une erreur coûte plus cher que de ne rien faire, il y a des questions à se poser avant d'ouvrir une procédure en recouvrement de la faute.

Deuxième démission, deuxième coup de tonnerre à la rue de La Loi était annoncé en plusieurs étapes. 5.jpg

Ce fut  l'incompétence de la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant citée par son chef de cabinet,  qui apporta son chant du cygne. Lui avait démissionné en espérant qu'elle fasse de même.

La vie politique de la ministre a été plutôt chaotique.

Le bras de fer était devenu fatal.

- Je démissionne, je ne pouvais plus travailler avec sérénité. J'ai été victime d'une croisade, a-t-elle déclaré sans se sentir vraiment en faute.

En fait, c'est probablement aussi qu'elle avait été dépassée par l'ampleur de sa tâche et aussi le Principe de Peter, remasterisé du niveau de maire à celui de ministre.

"The right man at the right place", "The right woman at the right level with or without feminisme".

6.jpgLes compétences et la motivation sont les deux mamelles d'une bonne direction tandis que l'impact qu'ont les projets sur le public, est sa résultante qu'il faut assumer ou s'en prémunir.

Ici, c'est la crédibilité qui avait pris les voiles et les mensonges qui l'avait remplacée.

Avant la nouvelle démission, Alex Vizorek présentait un aperçu des femmes et des hommes ministres et de leurs démissions en cascade:podcast.

Il avait suivi la nouvelle ministre du Budget, Sophie Wilmes et là on sentait quelques points d'avance:podcast.

On entrait vraiment en terrain miné des dysfonctionnements. Quand il s'agit de sécurité alors que les souvenirs des attentats à l'aéroport sont encore frais en mémoire, cela fait remuer les esprits.

6.jpgLe tir de barrage entre les pouvoirs exécutif et judiciaire, va commencer dans "l'affaire Milquet". 

Dans celle de Galant, c'est à l'intérieur de l'hémicycle que cela devait se passer.

Pour la Justice, c'est du business de démêler, rubis sur ongles, autant les bons et les mauvais coups, dans des quiproquos qu'elle crée parfois elle-même.

La question principale à se poser, c'est de connaître l'impact et l'importance des effets qu'ils auront sur la vie du public.

Dans cette semaine encore, on apprenait que le "Centre pour l'Egalité des Chances" taclait la Deutsche Bank par une "action en cessation" pour "discrimination". La banque avait tenté de résilier des contrats de clients américains "embarrassants" pour éviter le "reporting" au fisc américain suivant le "Foreign Account Tax Compliance Act". L'amende de 2,5 milliards de $ qu'avait payé cette banque pour manipulation des taux bancaires, explique les craintes qui peuvent subsister. 

"Là où d'autres voient des chiffres, nous voyons la vie" disait la pub de cette banque dans une belle vidéo du marketing. Amusant quand on connait cet épisode...

1.jpgLa pub aurait pu s'écrire en remplaçant une lettre: "Là où d'autres volent des chiffres, nous voyons la vie".

L'argent est avant tout le sang de la vie... et pas nécessairement, le nerf de la guerre. 

Puis, dans la semaine, il y eut les bouchons des camions contre la taxe kilométrique, une grève surprise des aiguilleurs du ciel qui mettait le pays en chômage technique pour des raisons très "particulières" comme le recul de l'âge de la prépension à 58 ans, en place de 55 ans aujourd’hui.

0.jpg"On n'a plus besoin de terrorisme... le pays saute de lui-même sans efforts", entend-on avec raison dans les coulisses.

"Bravo les contrôleurs aériens", parmi eux, personne n'a pensé à synchroniser la grève après l'attentat.

Le "Belgium bashing" a reçu une nouvelle couche extra-lucide.  

Les hôtels de Bruxelles ont, pour un temps, reçu une exonération de la taxe de séjour.

En résumé, on se croirait chacun dans sa petite chapelle à vouloir gagner un maximum et payer un minimum. 

 

0.jpgEn économie, l'argent est fait pour rouler et pas pour rester dans les banques pour créer des "petits", devenus tellement mignons, ces derniers temps.

Une petite phrase de Jacqueline Galant disait "mon chef de cabinet a surfé sur l'inquiétude pour m'attaquer". 

Le mécontentement et l'inquiétude augmentent, en effet, partout.

La classe moyenne et ouvrière est en colère à cause de la chute des revenus alors que la pub est tellement opportune pour faire baver ses clients potentiels.

L'écart entre les deux est le problème majeur.

Depuis 2000, en Europe, le pourcentage de richesse de la classe moyenne est passé de 47,2% à 40,6%, en Amérique du Nord, de 23,8% à 21% et en Asie, de 50,4% à 41,6%. Pour la classe ouvrière, elle est passée de 65,4% en 1974 à 57,9% en 2015. 

"L'UE est à bout de souffle et est en train de s'écrouler à tous les niveaux, dans une gestion misanthrope. Cette gestion ne connait que l'austérité comme échappatoire à une crise financière de 7 ans avec un cancer et les métastases financières qui conduit l'obsolescence des partis et des 'Whistlebrowers' de 'Lanceurs d'alertes'".  

En Belgique, on s'évertue à faire des ajustements budgétaires toujours après coup. 

En Europe:

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et dans le monde, ce n'est pas mieux:

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Dans sa "Steen’s chronicle", le CIO de Saxo Bank, Steen Jakobsen, énumère les raisons suivantes:

0.jpg1. La rupture du contrat social

Tout d’ abord, il y a la rupture du contrat social, la théorie politique derrière chaque société. C’est un accord hypothétique ou réel entre les citoyens et leurs représentants élus, définissant les droits et les devoirs de chaque partie. Le contrat social remonte aux sophistes grecs et aux intellectuels comme Jean-Jacques Rousseau, Thomas Hobbes, Locke et plus tard Jock John Rawl.
Ce contrat social a été rompu ; les gens en ont assez des “mesures d’urgence” permanentes et ils veulent tout sauf … plus d’establishment. Pour cette raison, Hillary Clinton ne remportera pas les élections américaines; elle ne représente que trop bien cette “classe d’élite”.
D’un autre côté, personne n’est plus éloigné de la classe politique classique que Donald Trump (qui a fait 4 fois en faillite, qui est immoral, et n’hésite pas à choquer avec des formules populistes pour faire sa promotion). Il représente le chaos dans un monde ordonné et c’est justement ce que souhaite l’électeur américain.
 

2. Sur le plan économique, toutes les limites ont été dépassées1.jpg
Jamais auparavant, les entreprises n’ont fait autant de bénéfices.
Est-il surprenant que les travailleurs et la classe moyenne veulent changer les choses?
Dans des circonstances normales, les employés devraient être en mesure de bénéficier de revenus après impôts suffisants pour acheter les biens de ces sociétés qui réalisent ces profits importants.
Mais que voyons-nous maintenant? D’une part, que la classe moyenne est sous-payée, de l’autre, qu’elle a permis de protéger les banques et la génération des profits.
 
3. Les mesures annoncées par la Banque Centrale européenne (BCE)
Pour ces raisons, les mesures annoncées jeudi par Mario Draghi, le président de la BCE, avec le prétexte de relancer la demande et l’activité économique, sont dénuées de sens, et vouées à l’échec : tout ce qu’elles feront, c’est de fournir encore plus d’argent aux banques.
La BCE et les politiciens ne semblent pas comprendre une simple règle économique:
L’inflation vient de la rapidité avec laquelle l’argent circule, et cette vitesse est déterminée par la demande de prêts, et non pas par l’octroi de prêts. Soutenir les banques ne fera donc rien pour stimuler l’inflation et la croissance économique, mais cela contribuera à émietter encore davantage le contrat social.
 
4. Le “Triangle des Bermudes de l’économie”
Tout le crédit et le capital politique devraient être investis dans les PME, les petites et moyennes entreprises. Or, de nos jours, c’est l’inverse qui se produit.
20% des entreprises (les sociétés cotées, les banques et les entreprises publiques) reçoivent 100% de tous les crédits et du capital politique. Alors que les PME (80% des entreprises) se voient octroyer zéro crédit et zéro capital politique.
Des études européennes indiquent que les PME sont à l’origine de 85% des nouveaux emplois et de 100% de la productivité et de l’innovation.
 
5. Les solutions
Les gouvernements – qui peuvent emprunter à taux zéro – doivent investir massivement dans l’amélioration des infrastructures – comment l’infrastructure pourrait-elle être une mauvaise chose à long terme?
Les entreprises doivent cesser de maximiser leurs flux de trésorerie et elles doivent maximiser leurs bénéfices sur le long terme, et non pas trimestre par trimestre, mais au travers d’investissements sur leurs employés, sur la formation, l’amélioration de la productivité, d’un internet plus rapide, et de plus de Big Data.

6. Conclusion
0.jpgJ’ai assisté à un changement radical dans presque tous les pays où je me suis rendu sur les six derniers mois, et je peux dire ceci.
La rupture du contrat social était prévisible dans une perspective historique. Les bonnes nouvelles sont que la fin du “faire comme si” ne mènera pas à une nouvelle guerre, mais à un nouveau paradigme qui marquera la rupture de ce contrat social fondé sur la peur et les interventions d’urgence.
Ce changement sera douloureux, et le spectre politique empirera avant de s’améliorer, mais nous passerons du paysage politique du “tout le monde au milieu”, où il était plus important d’être rassurant, que d’avoir des ambitions, des espoirs et des rêves.
Le monde va bien, et il a seulement besoin d’un peu d’aide en termes d’infrastructures et d’investissements. Dans l’ensemble, le monde est beaucoup plus équilibré et plus prêt pour le changement que jamais. Nous avons peut-être atteint un point bas en termes de politique, d’investissement, d’emploi, d’inflation et de croissance, mais les choses continuent de s’améliorer. Le changement est une bonne chose et un nouveau contrat social mettra fin à “l’économie planifiée” que nous connaissons, ironiquement, depuis la chute du Mur de Berlin.
Aux Etats Unis, ce n’est pas Trump qui motive les gens, mais le désir de se débarrasser de la vieille élite politique établie. Je doute que Madame Clinton ait la moindre chance de gagner la Maison Blanche. Elle représente tant le “vieux monde” du point de vue du contrat social”.
Dans tous les pays, l’extrême droite et l’extrême gauche vont enregistrer de meilleurs résultats – non pas grâce à leurs programmes, mais parce qu’ils s’écartent du centre. Un spectre politique plus développé est en fait une amélioration: “peut-être pourrons-nous enfin essayer de nous différencier sur les sujets et les questions plutôt que nous positionner?”.
Les marchés financiers n’apprécieront guère cette transition et Wall Street enregistrera des résultats encore plus médiocres, pour partie en raison d’un transfert des revenus vers Monsieur tout le monde, et pour une autre partie en raison d’une hausse des investissements. Mais cela n’a pas d’importance, car l’alternative est la même absurdité d’urgence que nous avons subie au cours des 8 dernières années", conclut le Danois alors que le Danemark est en première position des pays les plus "heureux".
 

Pieter Thiel continuait sur cette voie et lançait : "Trump et Piketty sont les symptômes d’une société malade. Je ne veux pas décrire l’Europe comme complètement morte ! Mais je pense que le pessimisme y est très envahissant en ce moment. Je crois que l’Europe et les Etats-Unis ne sont pas très différents en ce moment: ils n’ont pas de vision précise de leur futur. A un niveau macro-économique, les taux d’intérêts négatifs symbolisent ce manque de confiance dans le futur. C’est quelque chose de très malsain et de très triste. Je pense que la question des inégalités surgit en ce moment parce que nous sommes dans une période de stagnation. C’est pourquoi, pour moi, Thomas Piketty est comme Donald Trump, un symptôme d’une société en très mauvaise santé, dans laquelle les gens ne croient plus que demain pourrait être meilleur qu’aujourd’hui. En plus, sa théorie est complètement fausse, mais elle trouve un écho dans la société à cause de la stagnation: comme les taux d’intérêts sont négatifs, les rentiers perdent de l’argent”.

Au nord de New York, la frustration mène à Trump.

Une série de phénomènes simultanés s'en sont suivis:

  • Le ralentissement de la croissance économique dans le monde (causé par la crise dans les pays émergents)
  • La fin du boom d’investissement dans ces pays 
  • La crise en Chine, et l’affaiblissement de la monnaie chinoise
  • Le dollar relativement fort et la faiblesse des exportations américaines qui en résulte
  • L’explosion des prix de l’immobilier à Vancouver, Sydney et Londres
  • La frénésie d’acquisition de firmes étrangères des Chinois
  • La forte baisse du cours de de l’acier
  • La hausse du cours de l’or

Deux attitudes possibles pour y répondre:

  • Donner des ailes aux "collapsologues" qui menacent l'espèce humaine quant à sa survie. Iconoclastes, ils n'ont généralement pas de plan B en remplacement pour reconstruire. Et prier, en plantant la tête dans le sable en attendant que cela se tasse. 
  • Donner du temps au temps et réfléchir à comment en sortir. C'est ce que font des mouvements citoyens qui sortent de terre. Remonter aux sources de la constitution de ces fortunes que certains cherchent à planquer dans des paradis fiscaux. 

Le nouveau livre de Paul Jorion "Le dernier qui s'en va, éteint la lumière" pose question.

Il s'exprimait à la radio:podcastpodcast.

Dans l'Echo, il parlait de la fragilité de notre système et disait que la survie de l'espère humaine est un but en soi, qu'il fallait s'habituer à quitter l'idée que le rapport financier puisse rapporter ou non, qu'il faudrait ne plus associer la comptabilité qui ne serait qu'une représentation biaisée, pessimiste et misanthrope des être humains. Il proposait de revenir aux idées du Marxisme du 19ème siècle ou à Proudhon et Sismondi...   

Ouais, moi, je veux bien, mais, les conjonctures ont changé, on ne revient pas avec du vieux pour faire du neuf et ce n'est pas uniquement dans les gènes des hommes mais de tous les êtres vivants que l'on joue à l'économie.

Ces bons concepts ont déjà été développés mais ont trouvé des dérapages.

Autre proposition: Rétablir les prérogatives de l'Etat?

D'accord, si l'Etat est compétent et rationalisé pour le faire en cherchant la simplicité des processus, puisque les clients citoyens payent pour ces services de maintenance et d'intendance et pas pour perdre ses moyens dans des "overheads" inutiles.

Seul des ordinateurs quantiques gigantesques bien programmés pourraient répondre à cette idée. Transhumanisme quand les humains ne parviennent plus à s'entendre.

La proposition de rendre les biens essentiels gratuits par la mutualisation, ferait immanquablement arriver au gaspillage, à la gabegie puisque la dévalorisation des choses en ferait partie.

Cela passe par l'optimalisation de l’effort pour accomplir ses actions.

Sans cela, il faudra vraiment se poser la question de savoir où se trouve l'interrupteur pour l'éteindre car tout le monde ne pensera même plus qu’il y en a un. 

Jeudi, en France, le président François Hollande avait essayé, une nouvelle fois, par la méthode Coué de redonner du tonus aux Français en démontrant les bonnes actions de son gouvernement lors d'un dialogue citoyen avec des jeunes insatisfaits.

- Nous avons plus de croissance, moins de déficits, moins d'impôts et je réformerai jusqu'au dernier jour de mon mandat

0.jpgLa politique se doit de globaliser les objectifs comme solution et cela ne tient pas compte des singularités du marché international.

Nous faisons partie de l'évolution naturelle comme tous les êtres vivants à la différence près que nous avons de la monnaie comme moyen d’échange pour nos transactions. 

Nous sommes des prédateurs comme d'autres dans le monde du vivant.

Pour un prédateur, optimaliser ses actions fait partie de son quotidien.

Ceux qui s'adaptent le mieux à leur "système environnant" auront toujours plus de chance de survivre à une crise due à la sécheresse.

Mais si nous n'avons aucun moyen de défense physique, nous avons quelques neurones de plus.

Quand la place publique commence elle-même à cogiter à son avenir pour construire 0.jpgson avenir en connaissance de cause, que cela se fait avec du temps et de la persévérance, avant d'agir pour prendre des décisions, là oui, il y a un progrès à ne pas laisser passer sans foncer tête baissée sur la première alternative.

2.jpgLes mouvements, la "Nuits debout" à Bruxelles qui suit le G1000, "La semaine de la créativité" en Wallonie, celui de Macron "En marche" et "Nuits debout" en France qui a généré un "MarmiteGate", le socialisme de Sanders qui enthousiaste les jeunes aux Etats Unis, le DIEM25 de Yánis Varoufákis... Je dois en passer quelques uns au passage...

Mais il faut que ces mouvements restent pacifiques et pas sujet à des débordements qui amènent les CRS dans le jeu de réflexion comme on peut le voir en France. 

On parle d'une nouvelle "économie collaborative" qui toucherait au AirBnb, Blablacare, Menu Next Door...

On pense même à la flexibilité du travail qui serait du sur-mesure mais dont les syndicats craignent des débordements à dépasser le nombre d'heures légales de travail pour les regrouper ensuite. 


Cela en arrive à se demander parfois une réflexion sur soi-même à se demander si l'endroit où on naît correspond encore à ses propres objectifs.

On entend les remarques: "c'est d'une faisabilité douteuse si ce n'est pas au niveau européen, pas de comptabilité, des intermédiaires qui se "délocaliseraient" très rapidement...   

On sent très bien que les concepts de gauche ou de droite, ne tiennent plus la route et que l'ère du numérique a bouleversé toutes les idéologies dans leurs fondements. 

Non, ce n'est pas un retour en grâce du 4ème pouvoir qui correspond aux médias mais au 5ème, celui de la population pour dessiner l'ébauche d'un nouveau paradigme.

Surchauffons ces neurones, même si cela pourrait sembler utopique à première vue.

Les populations du monde n'ont plus confiance dans leurs représentants étatiques.

Ceux-ci garantissent leurs statuts et leurs actions par des taxes en pensant qu'ils ne peuvent pas en tant qu'Etat, faire faillite.

Si le secteur privé agissait comme le secteur public, il y aurait eu une faillite depuis longtemps. Un pays n'est pas une entreprise, mais pourrait donner de l'inspiration sur les manières de le gérer.

Car, dans le secteur privé, il en va tout autrement.

Il y faut budgéter toutes ses actions, les proposer aux actionnaires et être sanctionné au moins tous les ans, si ce n'est pas trimestriellement en envoyant leurs dirigeants à la casse avec un C4, chaque année lors des assemblées générales. 

Un "profit warning" peut être lancé à l'avance et organiser une assemblée extraordinaire.

Oui, entre temps, les actionnaires du secteur privé récompensent en sur-achetant ou en sur-vendant des actions comme règle du jeu. 

Dans le secteur public, c'est la population qui devient les actionnaires de l'Etat.

"Le marché a toujours ses raisons que la raison essaie de suivre en s'impliquant"

L'implication commence par une bonne communication transparente des informations, une connaissance des buts, à atteindre pour ne pas sombrer dans "l'idiocratie".

Qu’est-ce qui rend aujourd’hui une entreprise attrayante ou attractive ?

C'est l'innovation qui fait rêver les jeunes

Son dynamisme, son engagement social ou sociétal, son offre de formation, son ambition, son caractère novateur ?

Mais il est vrai que les critères semblent évoluer.

Alors, il faut "investir de manière socialement responsable", comme principe édicté par une autre banque.

On apprend qu'il y a de plus en plus de voies pour éviter la taxe "spéculation" de 33% sur les plus-values pour les titres vendus avant le terme de 6 mois.

Cela passe par les CFD sans effet de levier et les options OTC qui seraient ouvertes au public. 

Une question finale que j'ai pour vous lecteurs:

- Quel est le nouveau mot qui est de plus en plus utilisé à toutes les sauces dans les médias et que j'ai utilisé aussi dans ce texte?

"Tacler", un verbe d'origine anglaise qui se traduit par "chercher à plaquer son adversaire au sol". 

On pense encore qu'on se trouve encore sur un terrain de foot américain. 

On a cru qu'avec les outils modernes, la vie se serait simplifiée, que l'on aurait moins de paperasses pour régler les affaires singulières et plurielles. 

Il n'y a jamais eu autant de papiers dans l'administration et dans cette recherche de la "petite bête" qui ne fait aucun mal mais qui prend autant de temps d'investigation que pour les "grandes bêtes".

Mais, tant que ces papiers transiteront par les administrations, il y aura encore du travail dans ce secteur.

Amin Maalouf donnait son opinion sur la situation dans le monde:podcast

Il y a quinze jours, je parlais de la "démocratie représentative qui passait à la démocratie participative". 

0.jpgCe qui précède pourrait être considéré en contradiction. Il n'en est rien. 

Le pluralisme d'idées serait à la recherche de solutions "clé sur porte" globalisant les ressources et les idées vers une unification d'opinion des population.

Or, c'est une impression d'être sapé sur ses bases, qui s'en suit.

C'est peut-être là, le problème, penser mettre tout dans un moule. Il faut canaliser les idées sous peine d'effacer les efforts  particuliers.

Il y a bien longtemps, j'écrivais "Le décoût de la vie". Nous y sommes en plein.

"Très chère austérité", "trop" chère austérité pour une méthode qui ne dit pas son nom dans ses résultats.

 

Vous voulez que je vous dise, les "Panama Papers" pourraient devenir les "Panama Waters" qu'une fable maison pourrait résumer entre...

 

La belette, le blaireau et le furet

Par un très beau matin d'hiver

La belette sortit du terrier

Elle se sentait en forme et fière

Elle pensait aux clients à biaiser 

Survint un blaireau qui bougon

Qui la regarda de tout son long 

Il n'avait qu'une menue pitance

A se mettre sous la dent en transe

Pour la belette, c'était une victime 

Elle se mit à parler par rimes

Présentant les produits à vendre

Le blaireau ne se laissa pas prendre

Et tout en restant dans le coup,

Il commença à faire le fou

Un furet voyait le manège

Tous les produits l'intéressaient

Leurs défauts, il les connaissait

Les avantages le passionnaient

Beaucoup de risques créent sa peur

Une bataille à l'issue incertaine?

Horreur des réactions en chaîne

Les armes sont dans son odeur

 Il avança contre le vent

Les deux autres s'entendant

L'inattention leur fut fatale

Leur réaction très bancale

Aucun frais aucune taxe

Le monde entier est dans l'axe 

 

Alors laissez parler les petits papiers:

 

 

Eriofne,

 

La semaine prochaine, on va parler du "bonheur" 

 

4.jpgMise à jour 18 avril 2016: Deux ministres belges s'en sont allées... Trois prennent la place. Les coulisses du pouvoir revue et corrigée: podcastet Bruno Coppens, à ce sujet, nous réapprend que c'est avec un nouveau balais que l'on balaye beaucoup mieux: podcast

4.jpgQuant au nouveau ministre des transports, François Bellot, il essaye d'arriver à l'heure..

 

Mise à jour 19 avril 2016: Et à Bruxelles, tout va de moins en moins bien pour 4 raisons: podcast

Heureusement que Laurence va nous faire sourire à la belge, une fois:podcast

 

Mise à jour 23 avril 2016: Un débat entre Paul Jorion et Nicolas Baverez: podcastpodcast

0.jpg

0.jpgMise à jour 26 avril 2016: Le procès de LuxLeaks s'ouvre podcast  

Guillermo Guiz ramène l'affaire aux sources:podcast

 

Mise à jour 3 mai 2016: Après les TTIPLeaks avec les USA révélé par Greenpeacepodcast

Voilà les accords de "CETALeaks" avec le Canada qui a été refusé par la Wallonie dénié par l'ancien 1er minitre du Québec: podcast

Mise à jour 30 mai 2016: dans le Grand Oral était invité Eva Joly pour son livre "Le loup dans la bergerie". Le loup est dans ce cas Jean-Claude Juncker. 

 

Mise à jour 6 novembre 2017: Après les Panama Papers, voici les Paradise Papers

PE  lançait son café serré: podcastRéponse du juge d'instruction Claise  podcast0.JPGspécialisé dans la lutte contre la criminalité financière dresse un tableau bien sombre de la lutte contre la fraude fiscale.

"Une impéritie depuis de très nombreuses années"

Le monde politique ne prend pas vraiment à bras-le-corps la question de la fraude fiscale . Des centaines de millions d'euros détectés restent dans la nature, faute de moyens.

0.JPGPourtant, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a multiplié les annonces lors de cette législature : renforts en personnel, moyens supplémentaires, taxe Caïman... Paroles, paroles, estime le juge Claise: "Il ne faut pas confondre l'annonce et la pratique. Je crains que l'annonce ne soit une escroquerie intellectuelle épouvantable, lance-t-il. C'est une impéritie depuis de très nombreuses années, et elle s'est accrue et aggravée. Le montant effectivement alloué à la taxe Caïman : budgétée 450 millions d'euros, n'est en pratique financée qu'à hauteur de 39 millions. Les lois actuelles sont "excellentes; légiférer encore et toujours ne servirait à rien. Il faut renforcer les services de lutte contre la fraude, car, à l'heure actuelle, c'est une catastrophe.

Nous avons dû laisser filer les truands (financiers), "les dossiers ne sont pas traités. Les dénonciations de la cellule de traitement des informations financières – qui reçoit les déclarations de suspicion – sont classées sans suite par faute de moyens. Et donc, là, nous avons peut-être des centaines de millions d'euros qui sont détectés qui ne feront jamais l'objet de la moindre intention. Grâce à la presse, grâce aux 'Leaks', on se rend compte que le phénomène qui a toujours existé est extraordinairement dangereux, mais les gens s'en rendent-ils véritablement compte ?", s'interroge Michel Claise, craignant une "lassitude" dans le chef du citoyen qui se dirait "Oui, bon, ça existe, mais finalement que peut-on y faire ?". 24 milliards d'euros à portée... Et on racle dans le budget ?

L'équation est simple : plus de moyens, ce sont des milliards récupérés. La fraude fiscale grave et organisée représente entre 6 et 7% du PIB belge actuel. Autrement dit, sur 400 milliards de PIB, cela ferait 24 milliards d'euros récupérables. Et nous sommes en train de racler 4 ou 5 milliards dans le budget ; on le prend à la culture, à l'enseignement, à la justice, à la médecine, aux soins de santé, aux pensions.... Et, à un certain moment, cette espèce d'hémorragie continue. Et quels sont véritablement les moyens qui sont donnés pour arrêter cette hémorragie ? Le jeu en vaudrait donc la chandelle, le retour sur investissement semble assuré. Et, malgré cela, il n'y a pas, actuellement, de la part des gouvernants une volonté réelle de lutter contre ce phénomène, qui n'est pas national mais international. Protéger les cols blancs ? Deux explications" possibles : Soit c'est parce que c'est trop difficile à comprendre, soit c'est qu'il y a peut-être une crainte de toucher aux entreprises belges en les confondant avec les entreprises pirates. La crainte du chantage à l'emploi". Mais est-ce que vous voulez vraiment des sociétés qui blanchissent de l'argent pour l'emploi ? C'est peut-être une belle question tragique"

 

Mise à jour 7 novembre 2017: L'Etat belge a aussi son doigt dans le miel des paradis fiscauxpodcast

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