L'avant d'après (05/01/2010)

20090812Régularisation.jpgL'avant: Le 20ème siècle, la suprématie occidentale. L'après: Le 21ème siècle, le siècle de l'Asie. Les étapes, les raisons publiques et privées. Les bilans d'une décennie. Les bonnes et mauvaises conclusions. "Le monde de demain - Quoi qu'il advienne nous appartient - La puissance est dans nos mains - Alors écoute ce refrain..." chantait, un peu énervé, un groupe de rap français au début des années 90. Belle entrée en matière pour analyser ce passé proche et y rechercher demain.

Après la semi-parodie de la Trêve des confisseurs, il nous faut, cette fois, creuser les problèmes à leurs sources.

Bilans socio-économique d'une décennie

Le professeur d'économie de l'ULB, André Sapir était interrogé sur le bilan de première décennie de ce 21ème siècle.

En résumé: "Fin du 20ème siècle, la croissance occidentale dépassait la moyenne de 2%.. Les crises importantes existaient dans les pays que l'on nomme comme émergents. Crises périphériques qui ont débouché sur la nôtre, au cœur du système. Les émergents sont restés dans le même temps, relativement peu affectés. L'éclatement de la bulle Internet est le départ. Bulle créée par un embellissement artificielle d'une situation qui changeait progressivement en récession suite aux excès d'optimisme. Le Japon était déjà en phase de déflation. Les USA craignaient d'y tomber et de stagner. Ils se sont sécurisés à outrance par l'argent moins cher, en traduisant, en réduisant les risques d'inflation et par un expansionnisme de la mondialisation pour s'assurer ses débouchés futurs. L'euro, événement majeur au niveau mondial, présentait une alternative au dollar. L'énergie et son prix ont fait comprendre la finitude du monde, mais elle reste relative au dollar qui est en baisse de valeur, donc moins importante qu'à première vue. Si notre mode économique dépendra du climat et de l'énergie, c'est surtout en fonction de la Chine et de l'Inde sur lesquels qu'il faudra compter. Le 20ème siècle a été une parenthèse pour ces deux pays. Le 21ème sera le retour au premier plan. Les banques systémiques avaient pris des positions exagérées avec les fusions. "To big, to fail". Le dernier G20 a joué le rôle important pour éviter le protectionnisme et l'expérience des années 30 grâce à la coordination. Les budgets en déficits, l'augmentation des dettes que nous connaissons se verront tôt ou tard confrontés au vieillissement de la population."

L'avant d'après_10.jpgEn parlant "économie", la presse écrite n'a pas été absente pour donner conclusions et les leçons.

Prenons l'Écho qui n'en présente que cinq. Citons les.

  1. La main invisible des marchés est effectivement restée invisible. L'autorégulation, un leurre. Elle n'a pas profité aux contribuables qui ont perdu leur maison, leur emploi. Elle n'a même pas profité aux actionnaires. Pour renflouer les banques, un filet de sécurité avait été tendu par la grande majorité et avait bénéficié à une minorité bien plus petite. L'argent des plus pauvres et des classes moyennes a servi pour sauver les plus riches et garder à flot l'essentiel, la possibilité de crédit sur le futur.

  2. Les Institutions privées avaient pris de telles dimensions en importance dans le secteur public qu'il était interdit de faire faillite. La transparence de l'information est restée opaque.

  3. Le keynesisme fonctionne. L'orthodoxie économique standard qui veut supprimer les déficits par les impôts et ainsi réduire les dépenses a du plomb dans l'aile.

  4. Les prises de risques à court terme ne font que destructions des entreprises et des emplois. La Chine, entre désormais dans toutes les activités humaines comme une nouvelle locomotive. Mais, elle a un impact sur les matières premières. Elle récupère les morceaux des occidentaux à bon compte. Les moyens que les occidentaux ont consacré au renflouement de la crise, oblige à faire profil bas.

  5. L'entremise de l'OMC, sans ajustements, a durci les relations entre blocs économiques plutôt que les assouplir.

Ce renversement de situation dans le monde a probablement bien plus de leçons à tirer.

 

Les étapes historiques de ces blocs économiques

Au sujet de la Chine, mon article "Rétro Chine" rappelle ses débuts. Paradoxe de la Renaissance, qui prouverait que ce n'est pas totalement le seul 20ème siècle qui la maintenue dans la pénombre de l'Occident. Même si la quasi-totalité des grandes inventions viennent de Chine au travers des Arabes et des croisades, l'Empire du Milieu n'avait pas compris l'intérêt de la technologie moderne ou, du moins, montrait une étrange incapacité à les assimiler dans la pratique.

Copernic, Galilée, Descartes, Newton pour ne citer que les principaux ont fait progresser la Science en Occident.

Joseph Needham avait interprété de manière plus philosophique, sociologique et culturelle, ce virage de l'histoire.

Les lois de la nature fondent la physique moderne à l'origine par la conception religieuse ou en réaction à celle-ci. Au départ, pour les Occidentaux, pas de mystère, "Le monde est compréhensible par nous parce que Dieu l'a rendu intelligible". L'antagonisme de plus en plus affirmé entre l'église et la raison scientifique a été le catalyseur de la découverte et de la science.20100105 Année financière nouvelle.jpg

Le Confucianisme, la philosophie thaoïste n'ont jamais eu ce genre de cas de conscience. Le taoïsme serait plus appliqué qu'enseigné. Rappelons que le Confucius est plutôt une philosophie de vie qu'une religion. Sociologiquement, la Chine, perdue dans une bureaucratie féodale, n'a pas connu l'ascension de la classe des marchands capitaliste comme l'a connue l'Occident.

Pas d'équivalent de Marco Polo en Chine. Il a fallu cinq siècles pour renverser cette suprématie de l'Occident.

Mise entre parenthèses au 20ème siècle, la Chine. Économie qui démarre de très bas, tentée par la copie au départ. Aujourd'hui, le Chinois sent qu'il va vers un avenir meilleur comme le ressentait l'occident dans la deuxième moitié du 20ème siècle porté par la confiance dans l'industrie et la technologie de plus en plus présente.

En 1967, Jacques Dutronc chantait sa chanson "700 millions de Chinois et moi et moi".

40 ans après, mise à jour, la population chinoise a doublé malgré les restrictions et précautions prises en limitant à l'enfant unique.

Les JO ont permis d'exposer au monde le niveau de développement auquel la Chine était arrivée en 2008.

Depuis, il y a eu "la crise" en Occident qui rappelait celle de 1929.

L'avant d'après_20.jpgL'ascension, depuis son début, ne s'est pas arrêtée, même pas vraiment ralentie. D'abord, Hong Kong était et reste le carrefour de l'Extrême-Orient et de l'Occident extrême comme une Babel chinoise à la réussite économique insolente.

Rien n'y a vraiment changé depuis 1997, date à laquelle la colonie britannique est passée aux mains des maître de Pékin.

Le jour, on continue à manger pour vivre, la nuit, on vit pour manger dans une même fièvre de riches et de plus pauvres dans une enclave de lumières dorées avec la plus forte densité de population au monde en raison de l'exiguïté des zones habitables.

Pas de fatalisme, on a toujours des projets originaux en tête pour résoudre, mètre par mètre, la crise du logement et les handicaps naturels. Dans les hauteurs de Victoria Peak, choisi comme quartier résidentiel, les plus nantis se joignent à une nouvelle "middle class" avec la vue d'un panorama qui n'a rien à envier aux vedettes hollywoodienne.

Le scénario optimiste des libertés sauvegardées comme "région administrative spéciale", ne l'empêche pas de revendiquer, ce 1er janvier, encore plus d'autonomie qu'elle penserait récupérer par plus de démocratie.L'avant d'après_50.jpg

D'autres mégalopoles dédiées à la consommation à l'occidentale ont explosé, envoyant l'histoire aux oubliettes.

Comme différence, la voiture low-cost tend à supplanter les voitures au standing occidental. Dans les campagnes quelques soulèvements périphériques se sont produits sans véritables changements.

Confucius reprendrait-il, cette fois, ses valeurs de raisonnement et de sagesse? En apparence, seulement.

 

Quels sont les sources de nos différences et ressemblances?

Depuis, les guerres de l'opium, le péché originel des colonies ont été éradiqués par une répression expéditive indifférente aux ressortissants et à ceux qui condamne cette manière de résoudre les problèmes.

En Chine, la démocratie manque à l'appel.L'avant d'après_60.jpg

Aux yeux d'un Occidental, la démocratie semble être la solution finale aux problèmes. On entend pourtant une phrase assez caractéristique de la désillusion dans les pays qui en disposent "la dictature, c'est ferme ta gueule, la démocratie, c'est cause toujours".

En plus, en Occident, on entend de plus en plus dire que la démocratie dérape. Du coup, on hésite à aller voter et jouer son rôle de citoyen responsable. Déficit de démocratie en esprit, la richesse capitaliste ne tendrait donc pas vers plus de démocratie.

Les Droits de l'Homme se sont souvent convertis en Droits de l'Ohm.

Résister est normal, encore faut-il trouver les bons porte-drapeaux de la résistance.

Je n'irai pas jusqu'à dire "La politique virtuelle est l'opium du peuple" comme l'écrivait un Français déçu par son pays et qui s'était lancé dans l'aventure à la chinoise. Internet, comme transit des contestations et des idées reste un bon outil pour qui n'est pas pleurnichard ou partial. La démocratie n'est pas seulement limité aux votes des élus en politique.

Elle pourrait aussi se retrouver à d'autres étages de la vie de l'homme post-moderne. Voter pour les éléments de la hiérarchie d'une entreprise, par exemple, pour en extraire ceux qui sont non conformes à la bonne marche de celle-ci, n'est réservé qu'aux actionnaires et pas, aux plus proches des problèmes, les travailleurs ou collaborateurs.L'avant d'après_80g.jpg

Si, en Chine, les libertés ont augmenté, il faudra compter sur une version chinoise. La répression de la dissidence s'est même accentuée vu le profil bas des autorités les plus énergiques dans le monde. La propagande d'État, avec sa pensée unique, ne s'embarrasse pas de cette dissidence et se sert de son progrès insolent pour prouver qu'elle a raison.

La Chine, pour parer au plus pressé, a mis la charrette avant les bœufs. Elle a copié nos tares en pire, parfois.

Au lieu, de s'inquiéter de l'éducation de tous, elle a laissé les campagnes dans leur ignorance face aux gadgets et au modernisme trouvés dans les villes.

Alors, les Droits de l'Homme sont toujours seulement réservés aux rêves des "riches" compensés par la famille comme seule barrière de corail pour les moins riches.

Pour entretenir le feu qui anime les Chinois dans l'enthousiasme, elle continue, sans vraiment s'en rendre compte, à "vampiriser" à l'extérieur, à installer ses pions avec dans les mains le chapelet dédié au seul dieu "Croissance".

Les entreprises soldées en Occident attirent comme l'aimant.

La toile occidentale, devenue perméable, a peur du protectionnisme et permet cette implantation sans beaucoup d'effort.

En Afrique, la Chine offre ses services et ses milliards en n'importe quelle monnaie. Opportunistes, les Chinois?

Très certainement. La seule peur pourrait être le risque d'implosion si elle n'ouvrait pas son marché vers l'intérieur.

L'Inde, elle, n'a pas vraiment connu la crise. Elle lui a été imposée même s'il y a eu 33% de chute de ses exportations, déclarait Ratan Tata.

Les défis restent l'éducation et l'emploi. Mais l'Inde veut conquérir la place qui lui r20091001Chine communiste 60.jpgevient avec ses 500 millions de consommateurs et sa population d'un milliards de personnes. Un retard vis-à-vis de la Chine et une année 2009 difficile, reconnaissait-il. Il a racheté Jaguar et Land Rover, fleurons de l'économie anglaise.

Mais l'Inde a perdu tout envie de rivaliser avec la Chine. L'Inde s'intéresse aux services et à la délocalisation de ceux-ci en profitant de son système de castes pour imposer aux pauvres les desiderata de la classe possédante.

Élitisme, non égalitaire à cause des gènes! Les salaires, de ce fait, sont maintenus bas sans efforts, même si ces derniers temps, ils commencent à grimper pour rattraper quelques retards. Le low-cost des neurones indiens associé au low-cost du muscle chinois, un miracle à l'asiatique?

Les entreprises occidentales sont, elles, déforcées par les prix européens ou américains pour manger, se loger et s'étant maintenus tels par les pubs les plus scintillantes, les plus chères.

Quant à la Russie, elle fait toujours cavalier seul, assise sur des certitudes. Elle a le gaz comme arme stratégique. Certains ont même la nostalgie de l'URSS.

Barack Obama espère redonner la force aux États-Unis par la diplomatie, le multilatéralisme et l'ouverture.

Les États-Unis voient le bout du tunnel, l'Europe politique mettra plus de temps pour s'en remettre. Pour elle, l'élargissement a été une longue suite de péripéties dont elle n'en est pas encore sortie avec une grande maturité même si l'euro à permis de limiter les tentations de protectionnisme.

Pour Bernanke, la politique monétaire vient après la régulation.

Alors, qu'est-ce qui a foiré en Europe pour se retrouver en recul par rapport à la concurrence des pays émergents? Elle s'est pourtant accommodé très facilement au low-cost venu d'ailleurs.

L'Europe serait-elle uniquement le dépotoir de nos ratages? Le seule refuge quand cela va mal avec l'extérieur de celle-ci et puis on se réfugie derrière nos petites frontières d'avant?

L'Occident a été groggy par les crises, c'est évident. Il se sent responsable, mais pas vraiment coupable. Donneur de leçons, il en a besoin pour lui-même, aujourd'hui. Car il y a l'argent du beurre et le beurre qui rancit.

Les affaires sont les affaires. « Busines as usual ». Cette période de fin d'année, vu les difficultés de cash-flow des entreprises et à cause des moyens financiers des ménages déficientes, s'est cloisonnée à "dégager" les stocks de produits, et a "liquidé" le trop plein de personnel, sans aucun discernement. Les soldes, tout azimut, ont commencé.

On fait du bénéfice en diminuant les pertes plutôt qu'en augmentant les revenus. Un mieux du côté des Bourses s'est ressenti dans les bilans des entreprises grâce aux trésors de guerre.

Du côté force de création et de production se sont soldées par des remerciements en douce et dans la détresse de ceux qui se retrouvaient au chômage. Périodes de tension même si on veut n'en rien laisser voir mais avec des faillites continuent à guetter.20091014Banques payer la crise.jpg

Cette mise en jachère occasionne de flagrants manques à gagner. La peur de tout et les démotivations ont sapé le reste de moral des troupes. Dès 2013, il faudra compter, en plus, le "papy boom", alors que de moins en moins d'actifs seront là pour soutenir les inactifs.

Le déficit de potentiels en matières premières, les pollutions, la sécheresse, la diversité des populations et de leurs cultures sont les points noirs de la Chine... La nature impose, désormais, ses lois à la table des négociations comme un invité forcé à Copenhague.

La Chine a besoin de matières premières et de pétrole pour arriver à ses rêves de croissance. Elle temporise avec son charbon, en ne s'inquiétant pas trop de la pollution, et des risques d'exploitation puisqu'elle a de la main d'œuvre à profusion. 20040531Voiture out.jpg

Réduire l'effet de serre, c'est aller à l'encontre de ses objectifs de croissance. Elle accepte une certaine rigueur, mais pas les contrôles qui restent considérés comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Dans le même temps, elle s'intéresse à l'énergie verte pour se préparer à son propre virage.

En Europe, on tergiverse avec l'idée que l'énergie verte n'est qu'une manière de plus d'ajouter une nouvelle taxe. Quand la vieille industrie de papa semble perdre une chance de renouveler un futur de prospérité, faire la fine bouche à la nouvelle économie verte devient suicidaire. L'Europe se cherche toujours des frontières. Après l'Europe financière, l'Europe politique et sociale, la langue commune sont en dérapage que l'on espère contrôlé.

En Occident, la pensée unique est combattue. Cela ne veut pas dire que la profusion des informations facilite les choix de société. Elle a parfois des tendance à noyer ses propres idéologies et donne, en définitive, à ses ouailles de fausses idées, en direct ou par l'intermédiaire de porte-paroles.


Trop d'infos tue l'info
. Trop de com tue la com, aussi. Répétitive, elle lasse. Foire aux vanités. Controversée, elle désoriente, jusqu'à pousser le citoyen à ne plus rien croire, indépendamment de la provenance.

Les médias perdent le terrain et entrent en compétition avec les citoyens qui font leur propre information non vérifiée. On se verrait bien retourner à la décroissance comme si cela arrangerait les bidons. Derrière les objectifs occidentaux se cachent quelques fissures, quelques fausses convictions d'invincibilité, fortes par une histoire de prospérité et de progrès.

Plus grave, en Europe, les années 2000 étaient devenues anxiogènes.entreprise

Peur du bug de l'an 2000, peur du terrorisme apporté par le 11 septembre, du SRAS, de la grippe aviaire, de la grippe porcine, peur de la mondialisation et des délocalisations, peur d'être dénaturé, de perdre son identité qui n'est pourtant plus qu'un souvenir dans les réalités du monde, peur pour sa retraite, peur de la nature, peur d'un éternel complot qui porterait à se réfugier derrière des principes de Dieu de la dernière chance. Trouille en provenance de l'Oncle Sam avec ses huit années Bush, propagées chez ses acolytes.

Pour la Chine, le niveau de vie à l'occidentale est l'objectif avoué, prendre le monde à revers pour se l'approprier est l'objectif qui l'est moins.

Chez nous, n'a-t-on pas laissé venir cette situation en automate, en jouant des coudes, perdus dans une compétition à tous crins, contrebalancée par une précarité croissante... Deux français sur trois font le pari que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Leurs enfants accentuent le phénomène en se tournant vers des parents comme bouée de sauvetage, comme soupape de sécurité, comme pomme pour les plus petites soifs. Car, il faut faire partie de cette civilisation du "paraître" pour une chance d'exister.

entrepriseChez les jeunes, "on a cassé le moteur "salaire" de la croissance', dit Michel Rocard.

Voilà que, jusqu'au porte-drapeaux de la Science, qui a fait sa prospérité, devient étrangère à cette même jeunesse. Il est reconnu qu'il y a une pénurie d'ingénieurs. Les hommes de sciences sont limités avec la science appliquée et ses résultats dans l'immédiat, qui rapporte encore. La recherche fondamentale, trop peu rémunératrice, n'attire plus vu l'investissement personnel et le maigre retour.

De dépit, la Science déménage et change de locataires dans les pays comme l'Inde et la Chine. Elle cherche ses participants, ses "joueurs" là où elle en trouve. Rejeter le bébé et l'eau du bain n'est pas la solution. La vague écologique, le recyclage et les nouvelles matières composites devraient créer de nouveaux emplois.

Véritable jeu de cache-cache, à qui perd, gagne quand on reconnait que l'homme est condamné au progrès, inscrit dans son évolution, dans son modernisme. Faire la confusion entre économie, capitalisme et liberalisme n'enrichit que d'illusions perdues.

L'automatisme dans le "Zombie land" s'est enrayé et c'est peut-être une chance.

entreprisePourtant, d'autres potentiels et ressources intellectuelles existent toujours en Europe avec sa longue histoire, son expérience, sa diversité d'origine, en référence.

Les compétences de chacun restent au rendez-vous mais ce sont les connexions entre elles qui ne marchent pas avec l'huile correspondante.

Chacun a été engagé et doit recevoir à l'échéance une rétribution relative au coût réel de vie et fixée d'entrée de jeu de commun accord en "return on investment".

- Tu es rétribué pour faire tourner une partie de la pâte, pas pour la faire mousser dans son entier et même la faire déborder outre mesure. Donc, ferme-là.

- Si, tu es monté quelques peu dans la hiérarchie, arrache-toi et surtout ne nous emmerde pas". Tu ne nous apportera surtout que "de bonnes nouvelles". La hiérarchie, préconisée par les économistes, ne sert souvent que de paratonnerre au sommet et elle-même, veut sauver sa propre peau, alors qu'elle pourrait être l'interface entre deux pôles pour faire transiter l'information dans les deux sens. Stéréotypé, le management ne se trouve plus comme protecteurs de ses subalternes mais comme courtisan ou courtisane vers l'autre côté de la barrière où on se fait la courte échelle.

La communication a été améliorée. NuL'avant d'après_30.jpgl ne le conteste. Au lieu d'avoir une communication exclusive en verticale, de haut en bas, elle a embrayé de manière plus efficace grâce aux moyens électroniques dans une expérience plus terre à terre, plus naturelle pour tout le monde, à l'horizontale.

En effet, rien n'empêcherait le courriel d'être envoyé de l'employé vers la direction, sans passer par les échelons intermédiaires. Sera-t-il lu? Répondu? Tenu compte? Ou sommes-nous tombés aux abonnés absents ou pire chez les administrateurs de futurs peu enviables et qui ne sont là que pour répondre aux affaires courantes?

L'informatisation, la mondialisation ont apporté un appel d'air, avant d'apporter un trou d'air si pas un réel courant d'air à en perdre la tête. Si rentabiliser une opération est une finalité, elle doit, désormais, se faire épauler par un « team spirit » plus prononcé.

Une théorie, connue du management, mais qui ne descend pas dans la pratique comme elle le devrait.

En haut lieu, on s'en rappelle quand ça coince, mais c'est la compétition entre ses membres qui reste la règle pour tenir la tension au travail. Le travail à domicile a intéressé les deux bords de la consolidation employeur et employé, mais a fait perdre l'âme du travail en commun par sa seule virtualité.

Apprendre à connaître son personnel n'est plus considéré comme essentiel.

Ce n'est plus une équipe hiérarchique au pouvoir, mais une série de bouts de membres qui sont gérés par des fils électroniques comme si Facebook pouvait servir pour définir une stratégie, qui se veut de plus en plus opaque en se diluant de plus en plus en bout dans le bas de  la chaîne du management.

Le Prix Pinocchio pour celui qui détecte le meilleur transmetteur de fausses nouvelles.L'avant d'après_40.jpg

L'oubli de motiver par l'enthousiasme de faire partie d'une association ayant un but commun est flagrant. Cette motivation est demandée implicitement mais sans écrit pour le confirmer lors de l'engagement ni les techniques dans la pratique pour l'inciter.

Exercer ses compétences techniques, ses « skills », au mieux et en correspondance avec ses études est la seule interprétation de ce qui doit exister pour lancer un jeune dans l'arène de l'emploi.

Si dans un temps anciens, on connaissait le noms de ses employés de la proximité, qu'ensuite, on les désignait par leur matricule, nous en sommes arrivés à n'en connaître que les "skills" sans visage. On veut des gagnants darwiniens avec son rôle à jouer, souvent choisi à l'"insu de son plein gré".

Je lisais, ailleurs, que l'éthique du management devrait reposer sur des principes simples de respect de la parole donnée, d'honnêteté et de responsabilité. Harceler pour se dédouaner et cacher sa propre incapacité ne serait pas admis dans ce monde-là. Voilé par l'ambition, le stress général a pris le dessus.

Erreurs des tours d'ivoire et de ceux qui les occupent? Non, c'était programmé. Cet abonné absent est souvent là dans le temporaire avec son propre statut en balance à chaque échéance trimestrielle ou annuelle. Il s'agit, dès lors, de faire "le plein" dans un temps court pour se mettre à l'abri d'un mauvais coup du sort.

entrepriseObjectiver, facturer les facultés d'adaptation, les règles d'honnêteté et d'éthique, de fidélité demandées... Tout cela a un prix dans un contexte d'excellence choisi en Occident.

Le NouvelObs de début de janvier se posait la question de manière très explicite "Etes-vous payés à votre juste valeur?". Pour chaque métier, il tentait de définir les plus essentiels, les plus utiles et donc, vraisemblablement, les plus prisés dans l'esprit français. Encore faut-il que les dirigeants se rendent compte de ce qui est utile de ce qui l'est moins. L'utilité sociale devait être au top des rémunérations.

"Si chercheurs, enseignants et infirmières méritent leur salaire, d'autres sont plus discutables", était la réponse. Dans l'air du temps, les rémunérations des dirigeants, des traders sont contestés. Les fonctionnaires gardent la cote. Ce qui revient à dire qu'il y a un paradoxe entre rémunérations et utilités effective. Un dirigeant de multinationale gagne 312 fois plus qu'une infirmière. Le prestige, la renommée prend une valeur exorbitante.

Nous sommes à l'âge des vedettes de ciné, de télé, du show médiatique en général et de la cristallisation des dirigeants qui vont tout arranger au mieux pour nous dans une délégation non démocratique.

La qualité du service rendu à la société est devenue secondaire dans une seule idée de rapport. On ne crée l'envie que par une fuite en avant, quitte à se retrouver en porte à faux sur un amélioration supportée par la pub et vendue de guerre lasse comme faux progrès.

On vend parce qu'il faut vendre et suivre le marketing. Plus vraiment de plaisir, sinon personnel, dans le passage de main en main de la marchandise que le commerçant "fourgue" à un prospect pour qu'il devienne un nouveau client.

Les fiertés nationales, les forces en présence sont en balance avec les peurs et les fragilités. L'occident a seulement son deuxième plateau qui penche trop à droite. L'orient, un peu trop à gauche.

Quant aux consommateurs, il leur faudra un discernement intellectuel qui leur permettra de reconnaitre que tout a un prix pour avoir une chance de ne pas passer au niveau de « con_sommateur ». La nouvelle séduction automobile se retrouve  dans l'innovation mécanique prouve que l'avenir réside dans une technologie bien adaptée aux circonstances.

L'éthique, dans tout cela, a été oublié. Depuis c'est "la vie est belle, chic et pas chère".

20091205Copenhaege et la terre.jpgDans ce monde multipolaire, imprévisible, plus complexe, plus personne ne pourra jouer cavalier seul en coulant l'autre sans se détruire lui-même. L'acteur "Nature" y veillera probablement. Relations collaborative ou conflictuelle? La rareté donne, parait-il, plus d'optimisme dans la recherche de solutions.

On a toujours la civilisation que l'on se crée et que l'on mérite dans l'enthousiasme ou la morosité.

"Une autre science économique est possible et a déjà existé", lisais-je.

Alors, les sucettes à l'anis comme idée résultante, comme carottes devant l'âne, c'est, peut-être, une solution ou un pis aller ringard car tout le monde n'aime pas l'anis.

2010, une année charnière, lit-on dans la presse. Une charnière de la pensée ou dans les actes?

Larousse nous dit comme repère: "Charnière: Assemblage mobile de deux pièces enclavées, l'une dans l'autre, jointes par une tige qui les traverse et forme pivot.". Tout est dit avec des mots simples...

Bonne entrée à tous dans cette nouvelle décennie avec enthousiasme et confiance...

Avec la pensée positive, on peut changer le monde, comme disait, il y a bien longtemps, Garcimore:

- "C'est magique, concentré, décontrasté. Y m'énerve..."


 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, y aurait-il un après?

 

Citations:

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