Les Bateaux sur la terrasse (01/09/2026)

Capture d'écran 2026-08-20 184502.png"Les Bateaux sur la terrasse" est un roman intime de Jessé Rémond Lacroix qui explore la mémoire, les blessures de l’enfance et la quête du pardon au sein d’une famille marquée par le silence et la douleur.

"Les enfants commencent par aimer leurs parents. Devenus grand, ils les jugent. Quelquefois, ils leur pardonnent" Oscar Wilde.

Eternel problème des relations parents - enfants. Sa mère croit qu'elle aime et lui croit qu'il n'est pas aimé.

Les Bateaux sur la terrasse : Embarquement immédiat sur Coups d'Œil 

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Prélude

Le roman s’ouvre sous un soleil de juin, face à la Méditerranée, où un fils observe les bateaux filer à l’horizon à partir du sommet du fort de Bayarde là où il passe ses vacances chez sa grand-mère de 93 ans. Ce moment devient le point de départ d’un retour sur l’enfance, les blessures enfouies et les non-dits familiaux. Le protagoniste confronte ses fantômes. L’enfant harcelé qu’il a été, sa mère célibataire qu’il juge indifférente.

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Thèmes principaux

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Quelques citations et révélations

  1. "Mes mots sont devenus acides après plus de vingt ans sans être logorrhée"

Deux séries de chapitres qui ne suivent pas la progression des numéros de chapitres.

Entre le chapitre 13 et 14, on passe à un chapitre "0"

L'auteur explique le fond de sa pensée :

  1. Etre trop pédé à l'école et pas bien d'être trop quoi que ce soit 
  2. Bon élève qui moissonne les bonnes notes
  3. Seul écho : la putain de déception qui a fini de piétiner le peu de lien qui nous restait.  

Entre le chapitre 28 et 29, on passe du chapitre "I" à "IV"

Entre en scène, le personnage "Michel". Souvenirs de Madeleine, la grand-mère de Jessé. Sans savoir qu'une mélodie flottera dans l'absence, dernier fil entre les vivants et les fantômes. Michel aurait pu être l'oncle de Jessé. Madeleine observe ce fils qu'elle n'a pas vu grandir. Une beauté libre presque insolente de ce fils Michel pour un calendrier pour adultes gays. Un fil invisible qui maintient l'équilibre entre liberté et retenue à bâtir un abri de verre où les racines de roses sont couvertes d'épines belles à se défendre. Michel râle, convulsé à cause du cancer. Il part après l'infiltration de morphine. Madeleine s'en souvient comme d'un bateau immobile qu'on n'a pas eu le temps de regarder partir".

Wikipédia : Jessé Rémond Lacroix est humoriste, écrivain et acteur français, né le Il explique avoir grandi auprès « d'un papa, d'une maman et d'un géniteur ». Fruit d'un adultère, qui a conduit ses parents à se séparer lorsqu'il avait six mois. Son père décide néanmoins de le reconnaître et de l'élever comme son propre fils. Dans sa famille, il estime avoir été entouré d'amour et d'aucun secret, alternant entre la maison de sa mère et celle de son père et des vacances chez sa grand-mère dont il est question dans son livre. Contrairement à ce qu'il y raconte. Les secrets étaient probablement plus profonds que ce qu'on trouve sur Wikipédia.

En vrac, d'autres phrases de son livre.

"Une grand-mère enracinée dans la tempête. Une mère qui voit son enfant sans savoir lui parler en choisissant les mauvais mots qui blessent, prononcés ou tus dans des absences qui s'instaurent avant l'adieu. Des écoliers en meute où chacun trouve vaille que vaille sa place avec un éclat de rire moqueur pour atteindre sa cible. Les enfants ne sont pas tendres entre eux. La mélodie flotte dans l'absence en derniers fils entre vivants et fantômes. "Sur l'autoroute des vacances, c'était sans doute un jour de chance, le ciel à portée de mains. Un cadeau de la providence. Alors pourquoi penser au lendemain avec le soleil au Zénith en se faufilant entre les silences. Affronter les regards inquisiteurs capables de comprendre sans interroger sous le poids de vieilles normes. Entre inconscience et prudence comme un funambule en équilibre au dessus de la vérité, en témoins et acteurs de l'histoire avec la peur que tout s'efface. Une chance d'introspection à une génération sacrifiée pour que la génération suivante arrive à respirer. Ce qui s'est dénoué doit avoir une suite, à moi de la provoquer. Une pétition de la classe impose que personne ne doit me parler, ni s'amuser à la récré. Pour ma mère, tout doit être pratique, bon marché et rapidement sorti de terre dans un loyer pour famille peu aisée. Chaque photo des visages entre dans le monde de ces univers arrêtés en enfermant ce qui a été sans promettre ce qui sera. Une tante Marie-Odile pour qui seuls ceux qui restent portent le poids des dates et des itinéraires funestes de recueillements passifs dans une chambre d'échos. Les orages de la dispute ne dégagent pas d'habitude. Ma mère joue au tampon entre son amant et moi. Devinne-t-elle que je scrute son rituel avec un chose plus intime et bien enfouie alors que je teste un protocole comme sur une souris sur mon poste d'observation de la terrasse avant d'entrer dans l'arène avec un drapeau blanc brandi à la va-vite. Son sourire est là comme une résistance pour signifier que tout ne va pas bien entre nous en sous-entendant qu'elle est une victime. Un rire pour dire qu'on se comprend sans une étincelle purificatrice qui laisserait seulement l'essentiel pour l'exprimer à temps. Parfois, elle confesse qu'elle n'a pas été une bonne mère. Les sillons fins, sinueux, parfois invisibles, se croisent alors, se chevauchent, bifurquent sans prévenir dans un labyrinthe à l'échelle intime.  Les chemins s'élargissent, s'imposent, s'étreignent ou se brisent net. Les paumes de ses mains ont retenu plus de portes qu'elles n'en ont claqué mais ont caressé bien plus souvent qu'elles n'ont giflé.

C'est comme le temps de l'obsolescence humaine.

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Réflexions du Miroir

On m'avait dit que je devais absolument lire ce livre avec ces mots : "C'est l'histoire des blessures de l'auteur et surtout du fossé entre lui adolescent et sa mère qui l'aime comme elle peut et pas comme il veut. C'est aussi la différence, l'exclusion, la non communication familiale, et puis la tendresse retenue de la grand-mère. Une immense colère et surtout une profonde douleur qu'il doit guérir par un affrontement avec sa mère. Il m'a vraiment fait penser à toi car je pense que ta relation maternelle restera un vide et une souffrance non comblés. Tu vas vraiment te retrouver dans beaucoup de pages du livre".

Aujourd'hui, 79 ans sonnent au compteur de ma vie.

79 est ni un nombre premier ni un carré parfait. Les multiples de 79 sont pourtant tous des nombres entiers divisibles par 79 dont le reste de la division entière par 79 est nul, en multiple de lui-même comme 79× 2=158 , 79×3=237,  79×4=316 , 79×5=395 ... Les chiffres ne trompent jamais tant qu'on ne les convertit pas en montants chez les humains. On peut y ajouter des fonctions différentielles et intégrales pour les adoucir. Ils n'ont pas besoin de se retourner sur des analogies du passé. Par opportunisme, ils ont fait partie de ma vie de travail.

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 Retraité depuis 2006, il ne me reste qu'à les utiliser avec des débits et des crédits pour construire un bilan. Entre remettre les compteurs à zéro ou ne plus compter les années qui passent trop vite, j'hésite...

J'utilise encore plus souvent mes cours de management qui m'ont appris la différence entre ce qui est urgent et important. 

J'ai lu le livre et, en effet, je m'y suis retrouvé partiellement.

J'ai déjà raconté mon autobiographie romancée sous le titre "L'envie dans le regard" après le décès de ma mère en 2008. Pour l'écrire, je l'ai utilisée  comme fil rouge. Écrite à l'arraché, cette autobiographie n'est pas complète. Elle n'aurait donc pu le lire.

Depuis, sur mon journal personnel "Réflexions du Miroir", quelques billets ont apporté quelques points supplémentaires.

  1. "Pèlerinage à Anderlecht" pour la situer localement et dans le temps.
  2. "Un sketch politique putoisé" pour donner quelques péripéties de mon enfance. 

Quelques photos en témoignent

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La première photo est prise à l'école. La seconde représente les membres du petite troupe de théâtre des Argonautes. La troisième, pendant le service militaire  qui étaient vraiment de vrais copains. .

Quels sont ceux qui restent encore présents aujourd'hui sur ces trois photos ? 

Beaucoup de photos, de films 8mm dans les archives de ma mère, sont passées à la trappe d'un conteneur après son décès. Je ne suis pas trop conservateur d'une période qui pouvaient être douloureuses. Capture d'écran 2026-08-26 075942.pngComparé à moi, né le 1er septembre 1947, cela fait près de deux générations entre l'âge de Jossé. Dans mon histoire, pas d'adultère. Pas de bateaux à l'horizon. Pas de structure de famille identique. Pas d'endroit ni d'époques identiques. Je ne suis pas sur Wikipédia. Mon site le remplace.

Dans l'enfance, je rentrais  aujourd'hui à l'école avec mon petit cartable neuf. Pendant les primaires, je faisais partie des premiers de classe quand je n'étais pas premier moi-même. J'aimais apprendre. Tout m'intéressait. En 3ème année, pour féliciter les résultats scolaires, l'instit avait invité le premier et le second de classe à passer quelques jours dans la propriété campagnarde de son père à Meldert. Pour des citadins comme nous, ce fut une occasion de comprendre que le lait n'arrivait pas à partir des bouteilles. Le secondaire ne fut pas construit du même tabac. Harcelé, j'ai donné le surnom qui m'y était attribué dans "Un sketch politique putoisé"Ce n'est qu'à l'université que j'ai retrouvé mes marques théoriques en sciences chimiques bien que je ne les ai jamais pratiquées. Opportuniste, je les ai mutées dans les sciences numériques qui étaient alors dans les limbes. J'ai appris à oser dire tout haut ce que d'autres disaient tout bas. On m'a affublé du pseudo "L'enfoiré". Depuis, aujourd'hui, Apple change patron et de tempo pour se retourner vers de nouveaux produits en sortant de la seule technique de son prédécesseurpodcast..

Je suis né à la suite d'un "accident de parcours" de ma mère née en juillet 1920.  Elle ne me désirait pas. Peu avant sa mort, elle m'avait révélé que "si la pilule avait existé pendant ma jeunesse, tu ne serais pas là". La fibre maternelle ne l'avait pas touché au lendemain de la 2ème guerre. Ma mère ne m'a jamais vraiment suivi à la trace dans mes études et mes progrès. Si elle avait beaucoup de formes, cela manquait de fond. Dans la seconde partie de sa vie, elle a cru que j'allais devenir son bâton de vieillesse, alors que je n'avais pas reçu son support de bâton de jeunesse. Ma mère a eu quelques amants, sans suite. Elle cherchait chez eux ce qui lui manquait : le savoir. La solitude de fin de vie en appartement a dû lui peser accompagnée d'incompréhension et de désespoir. Une peur de l'oubli des risques de l'utilisation du gaz m'a poussé à l'envoyer vers une maison de repos où elle est resté un an avant des problèmes de santé dont je n'ai jamais appris la source. Sa préoccupation principale "l'argent", sans but, sans anecdotes historiques à transmettre, sans humour, dans une dureté des communications ne génère aucune confiance en intensifiant la dureté. Cela allait jusqu'à considérer son conseillé bancaire comme un deuxième fils fictif. Elle a toujours épargné mais sans aucune stratégie et sans but final. L'argent ne construit pas tout. Il ne fut pour moi qu'une leçon mesurée dans le cas d'un futur délicat. Mon épouse, sa bru, l'épouse du fils, appelée belle-fille dans un registre plus conforme, a toujours été considérée comme étrangère et ne s'est jamais intégrée dans leur intimité commune. C'est peut-être cela que j'ai reproché le plus alors que nous allions la voir toutes les semaines ou quinzaines.

Si je n'ai pas eu de mère présente, je n'ai pas eu de père non plus, suite au son divorce. Entre l'âge de 6 ans et celui de 17 ans, je ne l'ai vu que pendant 10 minutes à la mort de son propre père. Capture d'écran 2026-08-28 095446.pngMa grand-mère, née en 1900, avait été touchée par cette fibre maternelle et a récupéré après l'opération "divorce", sa fille et son petit-fils  Elle n'avait malheureusement pas les connaissances intellectuelles pour apporter son concours de mon côté. Elle a tenu le crachoir bien plus souvent que ma mère. J'ai peut-être hérité de sa franchise. Elle est décédée à 90 ans et je lui rends un hommage circonstancié.Capture d'écran 2026-09-01 081321.png  

Le décor est planté des deux côtés.       

Que dire pour conclure après la lecture de ces phrases sélectionnées dans ce livre  ?

La semaine dernière "La dérive des continents" posait la question "Le temps passe-t-il de en plus vite?" et je répondais "Oui" 

Cette semaine, "La canicule menace t'elle la croissance ?" et je réponds "Oui". 

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En 1985, une ancienne confiserie, le Mistral gagnant est largement imprégnée de la mélancolie de l'enfance de Renaud. Il l'exprime au travers de ses souvenirs de bonbons, aujourd’hui disparus comme le temps qu’on ne peut pas récupérer.

En 2026, "le temps fera les choses" d'Angèle

Toujours faire semblant quand on me parle de nous évidemment
Avancer sans toi et me dire que tout ça reviendra
Réouvrir les plaies en essayant de retrouver le passé
Et puis vouloir oublier, et tout refermer
Oh, y a des jours, je te jure, sur mes joues mes larmes coulent, j'en perds les mots
Y a des jours, je te jure que je joue sans toi comme si c'était nouveau
Mais y a des jours, je t'attends et j'avoue que tout était d'plus en plus lourd
J'aimerais parfois faire demi-tour

Le temps fera les choses, on verra si on ose
Perdre nos raisons pour retrouver la maison
Mais le temps fera les choses, tu me l'as dit
Si on veut on peut dire que c'était mieux avant
Si on veut on peut encore s'éviter longtemps
Une éternité qu'on s'aime et on se hait, mais on le sait
Tout ne tenait qu'à un fil, c'était déjà fragile
Mais c'est comme ça les familles
On peut s'aimer comme on se détruit
Oh, y a des jours, je te jure sur mes joues mes larmes coulent, j'en perds les mots
Y a des jours, je te jure que je joue sans toi comme si c'était nouveau
Mais y a des jours, je t'entends et j'avoue que j'm'en fais pour toi à mon tour
Nos désaccords nous rendrons sourds
Le temps fera les choses (Oh), on verra si on ose (Oh)
Perdre la raison pour retrouver la maison (Oh)
Mais le temps fera les choses (Oh), tu me l'as dit
Le temps fera les choses (Oh), on verra si on ose (Oh)
Perdre la raison pour retrouver la maison (Oh)
Mais le temps fera les choses (Oh), tu me l'as dit (Oh)

 

Allusion

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