Hommage à un ancien ami
17/02/2026
Si le 14 février à la Saint-Valentin , on parle d'amour, d'amitié et à d'autres moments, on doit parler d'inimitié, d'incompatibilité d'humeur et de partage.
Elle peut arriver à la suite de tellement de différences d'opinions et de manière de vivre.
Le magazine Psychologies en parle au niveau du couple, de l'amitié, du nid vide, du deuil ... en poussant à surmonter les séparations.
J'en avais parlé dans le billet "Croire en soi".
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Thème du magazine Psychologies du printemps
Moi, étant intéressé par la lecture de billets qui venaient d'ailleurs qu'en Belgique, cela m'avait agacé. De la Belgique, je pouvais tout aussi bien parler et parfois dénigrer mon pays dans mes billets. Cela ne m'apprenait rien.
C'est clair, il parlait français, espagnol et baragouinait le laotien, mais il détestait profondément les Anglais, les Américains mais aussi les Flamands sur la voix du flamingantisme, nationaliste.
Il aimait le foot en fan de l'Union Saint-Giloise dans lequel il retrouvait des amitiés.
Le foot ne m'a jamais intéressé.
Bref, il n'y avait pas beaucoup d'atomes crochus entre lui, de formation littéraire et moi dans le royaume des chiffres avec les souvenirs d'une carrière en informatique.
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Cela me rappelle des épisodes dans les années 1980. A cette époque, l'IT dont je faisais partie, était rattachée aux Pays-Bas. Avec mon néerlandais baragouiné à peine par quelques mots, c'était la catastrophe programmée. Mon enseignement dans la langue se limitait au lien avec l'écrivain Vondel. Je ne savais même pas comment il fallait répondre au téléphone !!! Dans une situation d'équilibre instable, on est obligé de s'y adapter ou de disparaître. Des cours intensifs avaient été nécessaires, jusqu'au moment où je rêvais en néerlandais et que je ne voulais plus parler en anglais avec les Hollandais. Au Pays Bas, il n'y avait pas cette animosité de confrontations en deux langues comme on le connaît en Belgique. J'ai toujours été bien reçu. J'ai reçu chez moi avec amitié, mes deux interlocuteurs principaux. J'ai attrapé un accent très " graaaaag gezelllllik" Le dernier jour avant notre séparation, j'ai apporté toutes les bières belges que j'ai trouvées. Cela changeait de la Heineken et du "volle ou kaarne melk". J'ai encore en mémoire une foule d'anecdotes de cette période. C'est de la petite histoire personnelle que j'arrête ici. Je reviens à nos moutons...
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Mon article "Un cuba libre, por favor " paru en juillet 2007, a tout changé entre Alain et moi...
Lui connaissait Cuba pour y avoir vécu des années. L'espagnol était même devenu sa deuxième langue. Moi, c'était à la suite d'un voyage de vacances à Cuba avec l'anglais comme seul moyen de communication. Il aimait les Cubains mais détestait le régime de Castro.
Il m'a écrit un email pour tenter de créer un nouveau contact avec moi.
Sur agoravox, quand il faisait référence avec Cuba, il y avait un personnage nommé Maugis qui aimait probablement les autorités cubaines et qui l'accusait de n'importe quoi pour le dénigrer et pour expliquer son départ de Cuba.
Mais quand j'ai appris à le connaître, il ne vivait déjà plus à Cuba, mais au Laos.
Une correspondance de longue haleine a commencé jusqu'à presque la fin de la vie d'Alain. Je l'ai un peu poussé à écrire, sur mon site, des billets à partir de là où il vivait au Laos.
Il y a écrit le scénario d'une BD d'Asterix. Un livre qu'il a plus donné que vendu avec le titre "Zobelix chez les Maémintantes" dont je possède un exemplaire. Côté dessin, il était comme moi, nous étions "nuls". Il avait alors recherché un dessinateur local dont il m'a souvent parlé au sujet de sa fainéantise. Je lui ai un peu forcé la main à écrire ce qu'il vivait et ce furent :
Je me souviens qu'il avait proposé de faire publier à Nicolas Vadot (dont j'introduis les dessins sur mon site) à partir du Laos où les prix étaient évidemment hors concurrence.
J'ai appris aujourd'hui, qu'au Laos, il y avait beaucoup de jeunes voyageurs comme lui et que parfois cela se termine mal avec des morts chez eux quand ils ont reçu des boissons alcoolisées avec du méthanol toxique moins cher que l'éthanol. (j'ai une formation en chimie). Un pays communiste regarde peut-être l'argent de plus près qu'un occidental.
Lui comme moi, n'avions aucune considération à faire valoir par une révérence envers un dictateur ou une autorité qui a tout à dire au-dessus de nos têtes.
Il avait adopté quelques rites et croyances d'où il vivait qui n'avaient aucun lien avec les croyances catholiques.
Il venait chez moi pour déposer sa valise, en mode asiatique avec les mains jointes du bouddhiste, un léger baissement de tête avec le petit don d'un bracelet en corde sans aucune valeur financière.
Plus tard, il m'avait dit que si je voulais être considéré comme riche un jour, il suffisait de toucher mes allocations à partir de la Belgique et d'aller vivre dans un pays pauvre.
Avant de partir en voyage, il avait donc vécu à Molenbeek. Il y avait fait une entrée en politique dans un parti écolo. Devenu furieux, il avait quitté la politique sans oublier les acteurs de son mépris dans un billet écrit bien plus tard "Je ne suis ni mort, ni muet". Billet que j'ai réduit tellement sa haine se répétait à chaque phrase. Un épouse (dont il n'a jamais parlé) et deux enfants dont un autiste et un drogué comme il le décrivait.
Je n'ai jamais habité à Molenbeek, mais je suis allé sur place.
De Molenbeek, en 2014, j'ai parlé dans le billet "Molenbeek-St-Jean, le ruisseau du moulin".
En 2025, Molenbeek s'est proposée comme capitale européenne de la culture en 2030 avec Namur et Louvain. Sa candidature avait été rejetée. Leuven l'emporte. Dans la commune aux moulins, c'était la douche froide.
Aujourd'hui, la bourgmestre de Molenbeek est la fille de Philippe Moureau.
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Préambule
J'ai parlé dans le billet "Le désert de nous-mêmes. de mes deux périodes d'activité d'abord dans une entreprise startup avec une intention de créer à partir de rien ou presque, dans une sorte de recherche fondamentale théorique sans valorisation dans une ambiance agréable. J'y ai appris le métier et la gestion d'une petite entreprise et ensuite, l'entreprise multinationale avec des collègues très proches physiquement mais trop éloignés de mes concepts philosophiques et politiques. Cela fonctionnait relativement bien avec une différence essentielle : ma manière de voir l'informatique en tant que créateur et eux, en tant qu'utilisateurs avec des outils clé sur porte qui n'était plus que de la maintenance. Je n'étais pas intéressé pas la psychologie avant d'avoir une suicidé dans mon équipe.
A la retraite, j 'ai commencé à distiller mes souvenirs dans "Réflexions du Miroir" en tentant de tester mes correspondants pour connaitre où se trouvait le dépassement de leur ligne rouge avec le dérision et l'autodérision comme base de résistance. Désolé pour ceux qui n'aiment pas cette approche.
Je n'y reviens pas si ce n'est avec le contact Don Quichotte qui avait une conviction dans son choix politique. Ancien collègue que je ne connaissais que par l'intermédiaire d'un membre de mon équipe de manageur. Cela a plutôt commencé mal quand il m'a raccroché au téléphone mais je ne considérais qu'un essai raté dans une approche imparfaite.
Alexithimie qui menait à une prise de bec ?
Grâce à ma psychologie apprise tardivement et ma philosophie qui pouvaient aider à comprendre l'autre. Je n'ai pas attendu la retraite pour être appelé "L'enfoiré". Pour moi, ce n'est qu'en perdant les bases de la construction d'un savoir acquise par l'expérience que l'on peut progresser. Un mois après l'arrivée de ponte américain qui nous faisait comprendre que no nos jours étaient comptés que naissait "Réflexions du Miroir" pour distiller mes mémoires Le premier titre "Nous sommes tous responsables" ne faisait pas dans le détail. Cette distillation s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui 21 ans après. Sans conviction mais avec le doute sur tout, en tout et pour tous dont je n'avais pas encore ce qui était en arrière plan.
Mais dans ce billet, je ne vais pas parler de moi et de mon expérience passée.
Dans ce billet, au sujet de la Saint-Valentin, il y avait une vidéo avec le titre "La haine permet-elle d'aller plus loin que l'amour"
Vaste question...
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L'histoire de ma rencontre avec Alain.
J'ai repris la publication et ai immédiatement ajouté la fin de ce billet qui parlait de Alain dans lequel je reprends tous ses billets...
Ce fut Spartacus qui m'avait appris la nouvelle "Asterix est parti" avec une phrase "Lui de gauche, moi libertarien nous étions différents mais, comme quoi cela n’empêche pas le contact relationnel amical par messenger. Il était ouvert d'esprit même s'il avait des convictions personnelles de gauche...4 années passées en Equateur dans une communauté Incas, retour à Molenbeek où il habitait officiellement. 4 années à Cuba, avec le peuple. Pourtant de gauche, au contact de la réalité il n'appréciait pas le gouvernement local.Retour à Molenbeek pour 3 ans. 6 ans en Thaïlande du Nord où il est devenu un stakhanoviste du vélo, une passion qui ne le quittera plus. Des milliers de kilomètres avalés et contrariés par un accident qui le limitera après. 6 autres au Laos où il s'est remis à écrire un bouquin qu'il publiera. Retour en périphérie Bruxelloise. 2 années aux Canaries dont il s'est enfuit. Trop petit pour lui, il n'a pas aimé. Cela faisait 9 mois qu'il était sur une île Malgache de l'océan Indien, à Nosy Bay où il s'est éteint il y a quelques jours au mois de février. Pour ceux qui croient qu'il y a une vie après la mort, il attend tout le monde avec une chope même les contradicteurs.".
Spartacus avait tout résumé. Je vais peut-être ajouter dans ce billet quelques infos supplémentaires
Bruxellois comme moi. Il y avait 3 mois comme différence d'âge entre lui et moi.
Je vais tenter de m'en rappeler en relisant quelques emails échangés de part et d'autre.
Dans les années 2007 et suivantes, j'échangeais beaucoup d'emails de plusieurs interlocuteurs auxquels je m'attendais à répondre.
Ce billet est un hommage à Alain, un grand copain disparu en 2019. Il avait une formation littéraire et moi une formation dans les sciences et les chiffres. Cela avait même généré dans un billet "Le Chiffre contre la Lettre" qui avait généré un refroidissement entre lui et moi parce qu'il n'avait pas compris que ce billet était en fait, une pièce de théâtre.
En décembre 2018, ce fut la dernière fois que je l'ai vu et ai mangé un repas en tête à tête avec lui. Il n'aimait pas le froid et il tremblait.
Mais n'anticipons pas...
A chaque retour de voyage, il venait chez moi, on allait ensemble dans un café.
Fin 2017, il s'était entiché de Madagascar. Ce qui l'attirait, c'est son côté nature vierge d'un écolo qui sommeille.
A ce moment-là, il a voulu se sédentariser en y construisant sa maison. Il n'en a pas eu le temps de la voir terminée à Nosy Bay.
Le 16 février 2019, je venais d'écrire et de publier un billet avec le titre "L'esprit de compétition, privilège ou contrainte?" quand j'ai appris sa mort par le même canal d'agoravox.fr avec lequel nous nous étions connus. Ce fut une véritable déchirure dans nos contacts qui, en pleine activité, s'étaient poursuivis par des contacts emails quasiment journaliers.
Une fuite en avant sans nouvelles, m'avait, un jour, inquiétée. Puis, comme si de rien n'était, il réapparut avec l'air d'être étonné qu'on s'inquiète de lui.
Alain était un voyageur baroudeur dans le sens classique et noble du terme. Il était digne de se retrouver dans l'émission "Les Belges du bout du monde". J'ai écrit à cette émission pour le faire connaître. En solitaire, il avait bourlingué à travers les pays asiatiques, souvent à vélo ou à bord de sa jeep.
Son aventure sur agoravox avec le pseudo ""asterix" avait commencé fin août 2010 et s'était terminée nette en mars 2016. 27 articles publiés et 3144 commentaires.
Il s'y décrivait : "Belge, papa d'un autiste de 38 ans et d'un autre qui en a trois de plus. Romancier, essayiste et scénariste de BD, je suis ancien propriétaire-rédacteur d'un journal gratuit et non-inféodé exclusivement consacré aux nouvelles locales et à la situation politique de ma ville, Bruxelles que j'ai quitté il y a 17 ans pour aller vivre successivement dans une communauté inca en Equateur, à Cuba sans fréquenter le moindre clown du régime, en Thaïlande du nord, puis au Laos, pays de valeurs traditionnelles où je me suis beaucoup plu au contact de différentes cultures tribales. Dingue de vélo que j'ai abandonné après 120.000 km suite à un accident, je suis rentré il y a un an et trois mois en Belgique avec mon couple de bouviers des Flandres qui me console de la bêtise humaine".
De mon côté, depuis fin 2005, à la demande agoravox, j'y avais accepté de soumettre mes billets écrit.
Malgré le fait qu'il vivait à l'étranger, ses billets parlaient de Belgique : "La Belgique de papa, c'est fini", "Ce plat pays qui n'est plus le mien", "La Belgique francophone est en train de subir un génocide culturel sans précédent", "Belgique ? Une Nation K.O. debout !", "La Belgique, chronique d'une mort à court terme", "La dernière comédie belge : nous avons un nouveau gouvernement !" "Belgique, l'apartheid version flamande", "Belgique, l'apartheid version flamande", "Charlie-Hebdo Belgique : le Roi des cons abdique !", "Belgique : une élection de tous les dangers ", "La Belgique en route vers la solution finale", "MOLENBEEK, la mairie islamiste bruxelloise qui endeuille Paris"... avec à peine trois billets pour parler de la Thaïlande pour parler de la région où il était passé mais n'y avait pas vécu. En plus, c'était clair, il mettait en concurrence la Belgique avec des références avec la France.
Alain s'est radicalement évadé de cette famille pour partir à l'aventure dans le monde pour construire sa vie, probablement sans le sou. Ce fut la fuite d'un désespéré. Il venait pourtant de ce qu'on appelle "une famille de gens bien" avec des métiers du niveau de notaires.
Son premier fils auquel il avait probablement donné trop d'attention fut placé dans une institution adaptée. Son autre fils qui, avait dû y ressentir comme une injure, se droguait. Plus tard, lors de chaque rencontre avec son fils, en besoin d'argent continuel pour payer sa drogue, Alain était reçu avec ces quelques mots : "dépose ton fric sur la table et disparaît". Ce qui le désarmait pour entamer d'autres liens.
L'amour et l'agent avaient disparu complètement de la tête d'Alain.
Il recherchait l'amitié en compensation. De l'argent, il s'en foutait.
La liberté était son maître mot qui remplaçait tout.
A la fin de sa vie, il avait tenté, sans succès, de recréer un contact plus agréable avec le fils de son fils.
Son dernier email datait de fin décembre 2018. Il mentionnait ses problèmes de santé. La maladie de la malaria l'accable à répétition et l'oblige à rester au lit.
Il avait écrit un projet de livre au sujet de ses premières amours et de ses démêlées avec les autorités cubaines qui, l'ont rejeté à la mer et forcé d'aller au Laos comme point d'attache pour partir dans l'Extrême Est asiatique avec le vélo comme moyen de locomotion principal.
Son livre, il ne l'a jamais publié. Je l'ai lu plusieurs fois en lui donnant des conseils pour qu'il réduise la longueur de ses chapitres. Tête de mule comme moi, ses 14 chapitres ne sont pas dédoublés.
Il m'avait dit un jour : "Il n'y a aucune règles dans l'écriture". Il n'en avait jamais suivi aucune.
J'ai publié son livre à titre posthume sur mon site avec un titre qu'il n'avait pas encore fixé, "Le phare de lumière".
S'il y avait une question qui m'aurait intéressé de savoir quel pays aurait-il aimé refaire sa vie: Cuba ou le Laos.
Je me souviens quand j'ai parlé de mes vacances au Canaries, il s'y était intéressé pour installer son fils. Le trop plein de touristes trop élevé l'avait dégoûté.
Son arrivée à Madagascar était trop récente pour donner son avis.
Avant d'écrire ce billet, j'ai relu ou survolé ses emails et ses commentaires sur agoravox avec plaisir.
Qu'aurait-il dit de la Belgique avec le nationaliste Bart De Wever comme Premier Ministre fédéral et d'un Bourgmestre de Uccle qui après 613 jours sans gouvernement bruxellois, est devenu Président de la région Bruxelloise, qui à la question d'un journaliste bilingue "wat wilt U nu doen ?", répond "We zullen zien", ...
Bruxelles est une région dite bilingue mais avec des habitants qui parlent 120 langues différentes avec seulement l'anglais comme langue d'interface...
On est riche que de ses VERITABLES amis
Les amis ne sont pas des copies de soi-même.
Cela servirait à quoi d'être confirmé dans ses pensées ?
C'est maintenant que cela va se corser...
La vie se dessine souvent comme une courbe de Gauss. On ne sait pourquoi elle se construit avec enthousiasme, jusqu'à son apogée et puis redescend jusqu'à son terme sur la même ligne de départ. Avec Alain, ce fut l'inverse.
Après des débuts difficiles, un déclic dans une relation faite de chaleur entre lui et moi pour que chacun apprenne de l'autre en complément.
J'ai essayé d'atteindre son frère avec son vrai nom. Je n'y suis pas parvenu.
Je ne sais pas où il a été enterré. J'espère que ce fut à Madagascar qui fut son dernier amour.
Comme je l'ai écrit dans mon autobiographie "L'envie dans le regard". "quand j'ai présenté ce que j'avais écrit et imprimé sur mon site. Elle qui ne me désirait pas, m'a répondu "qu'est ce que cela t'a rapporté ?" en pensant uniquement à l'argent alors que mon site n'implique pas l'argent, puisque son accès est gratuit à condition de ne pas y introduire de pub.. .
Hier, j'ai regardé le film "La vie rêvée des autres" qui s'inspire librement de l'Affaire Flactif. un fait-divers de jalousie qui avait défrayé la chronique en 2003, connue sous le nom de "Tuerie du Grand-Bornand".
L'argent et la jalousie pourrissent toutes les relations humaines...
Les enfants sont devenus les boucliers des mauvaises intentions des parents adultes.
Aujourd'hui, deux podcasts dont Alain rigolerait à gorge déployée :
- les Coulisses du Pouvoir" de Bertrand Henne
- le regard de Maxime Lampole

Une fois de plus, je choisis Daniel Balavoine pour finir ce billet
Pleure chagrin
Et repasse le film humide
Du passé dans les yeux
Court bien trop court
Notre amour
Et les appels au secours
Savent qu'un sourd n'entend pas ce qu'il veut
Sans poème
Sans blesser tous ceux qui l'aiment
Être heureux, malheureux
Vivre seul ou même à deux
Sans discours, sans velours
Sans les phrases inutiles d'un vieux roman photo
Fleurs fanées meurent
Noir et blanc
Seules couleurs
D'un futur qui est déjà le passé pour nous deux
En pensant aux souffrances de la terre
Et se dire qu'on est pas les plus malheureux
Oh mais quand dans l'amour
Tout s'effondre
Toute la misère du monde
N'est rien à côté d'un adieu
...
Hommage à José van Dam..La Trois de la RTBF change ses programmes pour présenter le "Maître de musique"
Cliquer sur l'image pour le voir
Allusion







2 commentaires
ARTE rend hommage au baryton-basse José van Dam, disparu le 17 février 2026, qui restera l’une des voix les plus emblématiques de Belgique. En mai 2010, le "maître" fait ses adieux à la scène au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, dans l’un de ses rôles fétiches, "Don Quichotte" de Jules Massenet. Un moment hors du temps.
Dès sa première apparition sur la scène de la Monnaie en 1985 dans Boris Godounov, José van Dam est apparu comme une des plus belles basses de son temps. Célébré dans le monde entier, il s’est depuis produit sur toutes les grandes scènes d’opéra, de Paris à Londres, New York, Berlin, Milan ou Vienne.
Ses qualités musicales et scéniques exceptionnelles lui ont permis d’aborder tous les grands rôles-titres comme Philippe II dans Don Carlo de Verdi, Hans Sachs et Amfortas dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg et Parsifal de Wagner, Jochanaan dans Salome de Strauss, Mephistophélès dans le Faust de Gounod, Golaud dans Pelléas et Mélisande de Debussy, ou encore l’infâme Scarpia dans Tosca de Puccini - parmi tant d'autres rôles.
Il a contribué au succès de très nombreuses productions d’opéra de la Monnaie dont certaines sont devenues anthologiques, comme Don Carlo, Les Maîtres chanteurs de Nuremberg ou Boris Godunov.
Sa longue carrière s’est distinguée aussi bien au cinéma - il fut le "Maître de musique" dans le film éponyme de Gérard Corbiau et un brillant Leporello dans le Don Giovanni de Joseph Losey - qu’en concert ou en récital. Il a été couronné de nombreuses distinctions : docteur honoris causa de l’Université de Montréal, titre de « Kammersänger » de la Ville de Berlin, Commandeur des Arts et Lettres en France. Anobli par le Roi Albert II, ce véritable « trésor national » entretenait avec la Monnaie des liens d’une indéfectible fidélité.
Dans Don Quichotte, un hidalgo rêveur et fou croit vivre à l’époque de la chevalerie et part dans des aventures tragico-comiques par amour pour sa Dulcinée. L’action se concentre sur la fin de la vie du chevalier et sa découverte de la réalité dont témoigne le fidèle et stoïque Sancho Panza.
L’épisode de l’attaque des moulins à vent est l’un des plus drôles et touchants parmi ceux que l’œuvre de Massenet a conservés du roman de Cervantès. Le compositeur s’est emparé de cette histoire mélancolique pour déployer une frappante polychromie stylistique. De manière à la fois éclectique et organique, le compositeur réconcilie ainsi espagnolades et conversation à la française, chants folkloriques et opéra romantique, éléments de style ancien et harmonies ou orchestrations « fin de siècle ».
Comédie-héroïque en cinq actes sur un livret de Henri Cain, d’après Le chevalier de la longue figure de Jacques Le Lorrain (1904, d’après Don Quixote de Miguel de Cervantès).
https://www.arte.tv/fr/videos/044688-000-A/jose-van-dam-dans-don-quichotte/
Bruxelles bilingue ? Officiellement, oui. Dans les faits, pas du tout !
« Il y a trois ans, mon partenaire et moi voulions conclure une cohabitation légale, ce qui ne peut se faire que sur rendez-vous. Comme nous sommes tous les deux enseignants, j’ai envoyé un mail au service de l’état civil de Bruxelles pour demander si nous pouvions passer un mercredi après-midi », raconte Zoë Van Vooren (29 ans). « Après plusieurs échanges par écrit, déjà truffés de mauvaises traductions signées DeepL, j’ai finalement reçu un message de confirmation : “C’est en ordre, votre mariage est prévu mercredi à 14 heures.” »
Sur le moment, elle en a d’abord ri : « J’ai vraiment trouvé ça drôle, d’autant plus que l’erreur a été corrigée dès le lendemain. Mais en même temps, on se demande comment un agent de communication de l’état civil peut ne pas connaître, en néerlandais, la notion de “cohabitation légale”. »
Plus récemment, Ilias Bèrbère (28 ans), habitant d’Ixelles, a lui aussi constaté que l’accueil en néerlandais au guichet communal n’allait pas de soi. « Juste avant les fêtes, j’ai décroché in extremis un rendez-vous pour renouveler ma carte d’identité et mon permis de conduire. Lorsque je me suis adressé aux fonctionnaires du guichet en néerlandais, l’un des deux ne comprenait que le mot “rendez-vous”. »
Une domination du français
Ces deux témoignages mettent en lumière un point sensible de notre capitale. Car si la loi linguistique de 1962 a consacré le bilinguisme officiel — les fonctionnaires étant légalement tenus de pouvoir s’adresser aux citoyens en français comme en néerlandais — la réalité du terrain, dans les services publics, est bien différente.
« Il y a bien sûr des fonctionnaires bilingues. Mais nous savons qu’un grand nombre d’agents ne sont pas en mesure de s’exprimer dans les deux langues nationales. C’est un problème majeur », explique le vice-gouverneur Jozef Ostyn, chargé de veiller au respect de la législation linguistique. À ce titre, il examine les dossiers de recrutement dans les communes et CPAS bruxellois. En 2024, il en a évalué plus de 3 600, dont environ 60 % ont dû être recalés parce qu’ils contrevenaient à la loi linguistique.
Comment expliquer une telle pénurie de fonctionnaires bilingues ? Trois quarts des jeunes Bruxellois sont scolarisés dans l’enseignement francophone. « En théorie, chaque élève devrait bénéficier d’au moins dix années d’apprentissage de la seconde langue nationale », précise Ostyn. « Or en pratique, l’écrasante majorité — environ 90 % — ne maîtrise pas suffisamment le néerlandais à la sortie de l’école. »
Ce déséquilibre s’explique avant tout par la démographie : les francophones représentent tout simplement une part bien plus importante de la population que les néerlandophones. C’est ce que montrent les chiffres du Taalbarometer, une étude menée depuis 25 ans par la VUB afin de cartographier l’usage et la connaissance des langues à Bruxelles.
Depuis la première édition, réalisée en 2001, le français caracole en tête du classement. La dernière enquête, publiée en 2024, révèle que 41,3 % des ménages bruxellois parlent exclusivement le français à la maison, contre 7,5 % pour le néerlandais comme seule langue du foyer. Cette proportion est toutefois en légère hausse — près de 2 % — notamment en raison de l’afflux croissant de Flamands dans la capitale. Si l’on ne considère plus la langue parlée à domicile mais la connaissance linguistique, le français reste la langue la plus pratiquée à Bruxelles (81 %), suivi de l’anglais (46,9 %) et du néerlandais (22,3 %). Seuls 6,1 % des Bruxellois déclarent bien maîtriser les deux langues nationales.
« Les néerlandophones constituent effectivement une minorité à Bruxelles », confirme le chercheur Mathis Saeys, qui a collaboré à la dernière édition du Taalbarometer. « Mais tout dépend de la définition que l’on donne au terme “néerlandophone”. Celles et ceux qui ont grandi avec le néerlandais à la maison est plus restreint que celui des Bruxellois qui, sans maîtriser parfaitement la langue, l’utilisent quotidiennement. Selon le domaine d’usage, cela peut représenter 25 à 30 % des habitants. »
L’histoire du néerlandais dans la capitale ne se résume donc pas à une simple question de chiffres, souligne également Wim Vandenbussche, professeur de linguistique néerlandaise à la VUB. « Si le néerlandais est en effet une langue minoritaire à Bruxelles, elle n’est pas insignifiante pour autant. Pensons à sa forte présence dans le secteur culturel, par exemple à l’AB, au KVS ou à Muntpunt. »
En principe, les citoyens peuvent porter plainte s’ils ne sont pas pris en charge dans leur langue maternelle. Mais l’immense majorité ne le fait pas, observe le vice-gouverneur Jozef Ostyn. « Les infractions à la législation sur l’emploi des langues dans l’administration sont monnaie courante. Les Bruxellois néerlandophones y sont confrontés quotidiennement. La plupart n’ont ni l’envie ni l’énergie d’entamer des procédures. Ils finissent par l’accepter la situation, ou considèrent que cela fait partie du jeu. »
Ilias Bèrbère précise que, dans la vie quotidienne, parler français ne lui pose aucun problème. Mais, dit-il, la situation pèse davantage lorsqu’il s’agit de démarches administratives ayant un impact réel sur son existence. L’an dernier, par exemple, il a été réveillé en pleine nuit par deux policiers après qu’un automobiliste eut percuté sa voiture. « Là encore, j’ai dû me débrouiller en français. On n’a pas vraiment le choix, on s’y résigne. Mais je n’étais pas totalement à l’aise. On court le risque que certaines choses se perdent dans la traduction et qu’un élément ne soit pas correctement pris en compte parce qu’on ne s’est pas exprimé comme on l’aurait voulu », explique-t-il. « On se sent alors diminué. »
« Les néerlandophones constituent effectivement une minorité à Bruxelles »
Dans les médias, les témoignages qui montrent l’importance de la qualité des soins de santé pour les personnes en situation de vulnérabilité sont légion. L’usage des langues — et en particulier du néerlandais — fait défaut depuis longtemps. L’un des exemples les plus frappants est celui de cette jeune Bruxelloise violée à l’été 2024, qui n’a pas pu être accueillie en néerlandais dans un Centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles.
Une partie de l’explication tient à la réglementation, encore plus complexe que dans l’administration communale. Si les hôpitaux publics doivent être bilingues, les hôpitaux universitaires suivent la langue de leur université de rattachement. Les hôpitaux privés, quant à eux, peuvent choisir librement leur régime linguistique, à l’exception des urgences, où le bilinguisme est toujours obligatoire.
Mais en réalité, se faire soigner à Bruxelles en néerlandais est une loterie. Il faut être au bon endroit, au bon moment. Geertje, par exemple, s’est cassé une dent il y a deux ans et s’est rendue à l’hôpital le plus proche, à Etterbeek-Ixelles. Dans un néerlandais approximatif, on lui y a expliqué qu’elle devait se rendre à l’hôpital privé Saint-Jean. « Aux urgences, personne ne parlait néerlandais. Même le dentiste que j’ai finalement pu consulter ne s’exprimait qu’en français. À la fin, il m’a simplement dit que je devrais faire poser une couronne dans l’année, mais je n’ai reçu aucune autre information sur les soins nécessaires. »
Zoë Van Vooren, déjà citée plus haut, fréquente les hôpitaux bruxellois depuis son adolescence. « D’habitude, je me rends à l’UZ Jette. Là, on m’accueille toujours en néerlandais, quel que soit le service. Sans exception. », affirme-t-elle. Mais il y a trois ans, Zoë se fait opérer à l’hôpital Saint-Anne/Saint-Rémi à Anderlecht, un établissement entièrement francophone. « J’étais assez anxieuse à l’idée d’être placée en chambre individuelle, car je n’étais pas assurée pour cela. J’avais donc appris par cœur quelques phrases pour être certaine de pouvoir l’expliquer au personnel soignant. Ils ont fait des efforts pour surmonter la barrière linguistique, et de mon côté, je me débrouille un peu en français. Mais malgré tout, la situation était très stressante. À un moment aussi délicat, quand on se réveille d’une anesthésie, on ne devrait pas avoir à se demander si l’on pourra être aidé dans sa langue maternelle. »
« Il est crucial de pouvoir être pris en charge dans sa propre langue », renchérit Cieltje Van Achter (N-VA), ministre flamande en charge de Bruxelles et des Médias. « Comme me l’a dit un médecin : si la barrière linguistique empêche un véritable échange permettant au patient d’expliquer clairement ses symptômes, il est impossible de prodiguer les soins adéquats. »
Afin de renforcer la place du néerlandais, notamment dans le secteur des soins de santé, la ministre a lancé le plan ToTaalplan Nederlands en collaboration avec la Maison du Néerlandais de Bruxelles, la Maison de la Santé et le Centre d’expertise Bien-être, Logement et Soins. « Nous constatons que les cours de néerlandais organisés par les Centres d’enseignement pour adultes rencontrent un franc succès, mais que les étudiants manquent d’occasions de pratiquer la langue. C’est sur ce point que nous voulons mettre l’accent. »
Un projet pilote a ainsi été lancé à l’hôpital Saint-Jean, en collaboration avec l’école CVO Semper : le personnel soignant peut y suivre des cours de néerlandais durant les heures de travail. Une initiative saluée par les experts et qui pourrait, à terme, s’étendre à d’autres hôpitaux.
Mais à force de débattre sur la place du néerlandais à Bruxelles, on en oublierait presque que notre capitale est une véritable tour de Babel. « Bruxelles a changé à une vitesse fulgurante en vingt-cinq ans. En 2024, on y recensait 185 nationalités et pas moins de 104 langues différentes », souligne Mathis Saeys, chercheur du Taalbarometer. « Et ces chiffres sous-estiment peut-être la réalité. Bruxelles n’est plus une petite ville : c’est une métropole qui n’a rien à envier à des villes comme Londres ou Paris. »
On est alors en droit de se demander si la législation linguistique, qui ne reflète plus guère la réalité sociolinguistique, ne doit pas élargir son spectre au-delà des deux langues officielles.
« Le cadre légal bruxellois ne reconnaît que le néerlandais et le français.»
C’est une réflexion que mène également le linguiste Wim Vandenbussche : « Le cadre légal bruxellois ne reconnaît que le néerlandais et le français. Il va de soi qu’il faut s’efforcer de respecter ces lois. Mais ce cadre date des années 1960, et force est de constater que la Bruxelles de l’époque n’a plus grand-chose à voir avec celle d’aujourd’hui. Soixante ans plus tard, la réalité a profondément évolué : la population a augmenté de manière exponentielle, et la diversité linguistique a suivi la même courbe. Dans les services d’urgence, vous ne croisez pas uniquement des néerlandophones et des francophones ; c’est le monde entier qui s’y donne rendez-vous. La question est donc de savoir si l’on s’en tient strictement au cadre légal ou si l’on doit également tenir compte de cette réalité sociologique. Je pense qu’à un moment donné, cela deviendra inévitable. Même si je suis bien conscient qu’il serait extrêmement difficile, pour des raisons idéologiques diverses, de toucher à certaines lois. Dans notre pays, langue et identité sont étroitement liées. Ce serait un peu comme ouvrir la boîte de Pandore. »
Reste que la santé dépasse les clivages politiques, toujours selon Wim Vandenbussche. Il plaide dès lors, tout en prudence, pour une approche hybride : « Oui, il faut garantir à chacun une prise en charge en néerlandais et en français. Mais il me semblerait également judicieux que l’on soit en mesure de communiquer dans d’autres langues. »
Bruxelles a d’ailleurs déjà franchi ce pas durant la pandémie : des informations sanitaires ont été diffusées en plusieurs langues afin de ne laisser aucune frange de la population sur le carreau. La STIB, elle aussi, annonce désormais les arrêts non seulement en néerlandais et en français, mais également en anglais.
Pas que des ombres au tableau
Offrir davantage d’occasions de pratiquer le néerlandais tout en tenant compte du multilinguisme de la ville semble donc ouvrir la voie à un service public de meilleure qualité. « Je crois beaucoup à une approche concertée avec les universités, les hautes écoles et l’enseignement pour adultes afin de déterminer concrètement ce que nous pouvons faire pour améliorer la situation linguistique. C’est précisément pour cette raison qu’il est regrettable que la ministre de l’Enseignement Zuhal Demir (N-VA) ait supprimé les moyens spécifiques alloués à Bruxelles dans l’enseignement supérieur. »
Certains appellent à des sanctions. Encore faut-il que celles-ci portent leurs fruits. « On peut afficher son indignation, à l’image de l’action en justice que le Vlaamse Volksbeweging envisage d’introduire contre des hôpitaux francophones — le VVB a rassemblé 150 plaintes de patients n’ayant pas obtenu d’aide en néerlandais dans certains établissements bruxellois, ce qui constituerait une violation de la législation linguistique. Nul doute que cette initiative sera saluée par des nationalistes convaincus, qui verront là l’occasion de brandir le drapeau flamingant. Quant à savoir si cela changera réellement la donne, rien n’est moins sûr », ajoute le linguiste.
Et malgré les failles systémiques relevées dans les services publics bruxellois, quelques lueurs d’espoir apparaissent. Certaines pratiques médicales optent délibérément pour une équipe entièrement néerlandophone, comme le cabinet de groupe Plek, dans le centre-ville, récemment agrandi. L’UZ Jette est également cité en exemple : « Un véritable modèle », souligne Wim Vandenbussche. « On peut y être pris en charge partout dans un néerlandais irréprochable, mais aussi en français et dans de nombreuses autres langues. »
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