Résister
21/02/2026
"Résister" est un petit livre de 143 pages de Salomé Saqué, publié en 2024. Manifeste qui appelle à la résistance contre l'Extrême Droite, en analysant ses mécanismes et en incitant à l'action collective.
Le 12 février, à la radio, elle revenait sur le succès inattendu de son livre "Résister" qui documente les dangers de l’Extrême Droite en France et à l’étranger avec le conseil "Ne restez pas dans l'impuissance, la sidération, l'inaction".
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Préambule
Salomé Saqué explique le succès par un phénomène du bouche-à-oreille, perçu comme un outil de dialogue pour parler politique avec ses proches, dans un contexte de polarisation croissante.
Salomé Saqué appelle à rester lucide, informé et actif comme un outil d’analyse et d’action citoyenne pour préserver la démocratie face à une offensive autoritaire coordonnée.
Elle aborde la montée de l'Extrême Droite en France et dans le monde, en soulignant comment ses idées et son vocabulaire s'imposent dans les esprits et les urnes. Salomé Saqué, journaliste engagée, appelle à une prise de conscience et à une réaction urgente pour inverser cette tendance. Elle décrit les rouages de cette progression et propose des clés pour répondre aux partisans de l'extrême droite, favorisant des discussions constructives.
Publiée pour la première fois en octobre 2024, "Résister" a connu un grand succès, se vendant à plus de 400.000 exemplaires. En janvier 2026, une édition enrichie a été publiée, intégrant des événements récents, notamment le retour du conservateur Donald Trump au pouvoir et l'affaiblissement du front républicain contre le RN. Les critiques soulignent que le livre est bien écrit, accessible et motivant, tout en posant des problématiques essentielles sur la démocratie et la résistance face à l'Extrême Droite. "Résister" est un ouvrage essentiel pour quiconque s'intéresse aux enjeux politiques contemporains et à la nécessité de défendre les valeurs démocratiques. Il incite à l'action et à la réflexion sur la manière de contrer la montée de l'Extrême Droite dans la société actuelle. Le livre est bien écrit avec près de 200 références numérotées à la suite de chaque sujet épineux en fin de livre.
J'ai lu et noté quelques points qui me paraissaient importants.
"Réseau libre" dans "La Croix" du 9 juillet 2024, Edwy Plenel de Médiapart le 3 juillet 2023 dans Le Parisien, "Pierre Plottu de Libération" le 21 juin 2022, "Djaffer Air Aoudia", Pierre Hoffman menacés suite à une enquête sur un candidat du RN, Mireille Darmiano, Lucie Simon, Arié Alimi, David Metaxas. Racisme d'activistes et élus. La société civile et les institutions paraissent moins réactives quand le danger vient de l'Extrême Droite avec, selon Europol, le risque de devenir la 2ème vague terroriste sur le sol européen. Tout a évolué dans ce sens en une décennie avec un risque physique et juridique quand il est attaqué. Nous vivons à une époque très troublée avec la guerre de Poutine avec l'Ukraine, l'arrivée en une deuxième session de Donald Trump et d'autres dictateurs qui se targuent d'être nommés comme étant démocratiquement élus. Les violences extrémistes passent par l'intermédiaire de l'étudiant Clément Méric, Breivik criaient "Allah Akbar", par les harcèlements, les menaces et les intimidations de plus en plus fortes. On ne condamne les faits qu'au bout des lèvres comme stratégie "....
Son résumé : "A l'époque du 11 septembre, de la guerre en Afghanistan et en Irak, le populisme médiatique était déjà au pouvoir. Les premières années du troisième millénaire ne pouvaient pas échapper à l'analyse ravageuse d'Umberto Eco. Il en ressort que depuis quelque temps, le monde marche à reculons, de plus en plus vite, de plus en plus dramatiquement. Après la chute du mur de Berlin, il a fallu exhumer de vieux atlas pour retrouver les frontières oubliées depuis la guerre de 1914. De la guerre froide, on s'est empressé de retourner aux guerres les plus chaudes. Nous avons ressuscité le vieux combat entre Islam et Chrétienté, et le cri ancestral de « Sauve qui peut, voilà les Turcs ! » nous ramène au temps des Croisades. Le fantôme du Péril jaune resurgit, comme l'anti-darwinisme, l'antisémitisme, voire le contentieux que l'on croyait pourtant bien enterré entre l’Église et l’État... Il semblerait que l'Histoire, à bout de souffle après les bonds qu'elle a effectués au cours des deux précédents millénaires, se soit affaissée sur elle-même et se précipite à reculons, comme une écrevisse".
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La bataille du numérique comme lifestyle réactionnaire s'auto-entretient dans une réalité de fakes news générée par l'IA à l'image de X (ex Twitter) d'Elon Musk en relation avec Donald Trump dans le monde merveilleux de la fachosphère. En 2010, Stéphane Hessel exhortait ses lecteurs à l'indignation par une colère stérile dans une action transformatrice qui est devenue une facilité d'esprit promue par des moralisateurs de salon. Le boycott de la coupe du monde de foot au Qatar n'a été qu'un fétu de paille. Le journalisme comme 4ème pouvoir entre l'engagé et le neutre, véhicule des valeurs pour garantir le bon fonctionnement des institutions démocratiques par les informations. Le savoir est un pouvoir.
Ecouter l'autre, lire son commentaire avant de réagir. Chercher ensuite la longueur d'onde commune. Accepter son ressenti. Etre patient. Montrer sa bonne foi. Ne pas le mépriser. Pour enfin essayer de convaincre si nécessaire avec sa propre thèse. Etre créatif par l'imaginaire des alternatives contre les élans de repli et de haine. L'Extrême Droite néolibérale se nourrit de la division en cultivant ses emblèmes, ses icônes, ses incarnations et ses symboles du passé. On ne revient pas indemne dans un tel changement de paradigme. Dans l'incertitude; il est permis d'envisager le pire en déstabilisant la démocratie. Aurons-nous préservé cette flamme fragile pour la transmettre dans le futur ?" ...
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Nous vivons apparemment une recrudescence de la violence politique comme le démontre un autre débat 28' sur ARTE ce mardi. Etaient invités un politologue, un historien et une philosophe. Cette dernière ne limitait pas la violence à l'Extrême Droite, mais aussi à celle de l'Extrême Gauche comme cause de cette violence
L'Heure H : L’Affaire Hersilie Rouy : internée pour avoir voulu être libre (clic)
"Le 8 septembre 1854, la musicienne parisienne Hersilie Rouy est enlevée à son domicile par un baron mandaté par son demi-frère influent. Sans examen sérieux, elle est internée à l’asile de Charenton sous un faux nom, déclarée atteinte de « monomanie aiguë ». À une époque où les femmes indépendantes sont vite jugées hystériques, sa volonté de défendre son identité devient une preuve de folie. Transférée de la Salpêtrière à plusieurs asiles de province, elle subit humiliations, traitements brutaux et diagnostics complaisants. Son demi-frère, administrateur du journal La Presse, agit dans l’ombre pour la faire taire. Après quatorze ans d’internement, elle obtient enfin sa libération en 1868, sans être reconnue victime d’une erreur. Marquée psychologiquement, elle dénonce publiquement les abus de l’institution psychiatrique. Son combat nourrit le mouvement antialiéniste naissant. Publiées après sa mort, ses mémoires deviennent un témoignage majeur sur les internements arbitraires au XIXe siècle.
Le LFI Mélenchon l'a répété plusieurs fois : "je veux un gouvernement socialiste avec mon seul parti avec tous les articles de mon parti". - Comme un boomerang...
- Des militants Reconquête agressés par des antifas alors qu'ils posaient des affiches pour Sarah Knafo
- La France sous le règne de l'image : la dérive de la politique-spectacle
- La parole publique à l'épreuve des faits : promesse politique et responsabilité démocratique
- Les mains rouges de LFI, de la sédition à la subversion politique ou la dissolution nécessaire d'un parti extrémiste
Cette affaire a créé une ingérence intérieure et extérieur de l'ambassadeur
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Des opinions clivantes font naître une ambiance globale de mécontentement qui est devenue conflictuelle avec l'impression que tout se déglingue. Les mots utilisés deviennent de plus en plus durs. Ils s'opposent psychiquement et psychologiquement. Pour les seniors, c'est une impression que "tout était mieux avant". En France, les conservateurs représentent environ 5 % de la population, tandis que les progressistes ne sont pas spécifiquement quantifiés dans les résultats fournis.
En plus, l'affaire "Epstein transparency act" ébranle les élites du monde en créant un véritable poison contre la démocratie
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Faudra-t-il revoir le "bureau des complots" pour comprendre comment on peut convertir une réalité en la transformant en FakeNews ?
L'expo "Fake for Real" démontrait que les fakenews ont toujours existé dans l'histoire pour tromper un adversaire.

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L'extrémisme politique
Ce concept complexe englobe une variété d'opinions et d'actions. Il est souvent associé à des doctrines ou attitudes qui refusent toute modération ou alternative, et qui peuvent mener à des méthodes violentes ou radicalisées. Les extrêmes politiques peuvent être des partis, des mouvements, ou des individus qui cherchent à imposer leur vision du monde par des moyens non conventionnels. Les définitions de l'extrémisme politique varient, mais il est généralement perçu comme une opinion extrême qui se situe aux extrêmes par rapport à la moyenne politique.
Les partis extrêmes peuvent capturer des thématiques négligées ou maltraitées par les partis traditionnels, influençant ainsi les partis traditionnels. L'Extrême Droite est souvent considérée comme une catégorie distincte, avec des discours et des thèmes de prédilection qui varient selon les pays et les contextes. Les acteurs politiques contemporains peuvent être perçus comme extrêmes, et les discours d'Extrême Droite peuvent inclure des thèmes tels que l'islamophobie, le suprémacisme blanc, ou l'antisémitisme. La montée des partis extrémistes en Europe est un phénomène incontournable, souvent lié à des crises économiques, des immigrations massives, et un désenchantement envers le système politique classique.
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"Les manipulations de l'information. Un défi pour nos démocraties".
C'est un autre livre Il contient une enquête bien plus détaillée que celui de Salomé Saqué sur les manipulations exogènes et endogènes qui se créent dans des disputes le champs des discussions avec l'interface des réseaux sociaux pour les jeunes qui ont une capacité inédites de viralité offerte par Internet suite à une crise de confiance qui dévalue la parole publique et celles de leurs parents. Relativisé la notion de vérité via la propagande publicitaire du nouveau métier d'influenceur des autochtones et contemporains. De la pub à la politique, il n'y a qu'un pas. - Apprendre des autres
- S'appuyer sur des acteurs qui sont observateurs sur place
- Sensibiliser (???)
- Garder la fermeté
- Avoir des mesures techniques en graphiques
- Exercer une pression sur les plateformes numériques
- Avertir des piratages
- Riposter
- Utiliser l'humain
- Décrédibiliser la propagande en la banalisant
- Compartimenter
- Appeler à la responsabilité de ses dires et écrits.
- Revoir l'éducation qui a évolué avec l'arrivée de l'IA
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Réflexions du Miroir
L'interview de la journaliste française Salomé Saqué m'avait interpellé, moi pour qui la politique politicienne ne m'a jamais effleurée et influencée.
Aucune convictions partisanes si ce n'est celle de ne pas avoir de conviction. C'est du coup par coup.
J'ai voté parfois à gauche, parfois à droite mais jamais pour un parti extrémiste ou radical.
Rendre la politique légère et drôle, oui, ça j'aime.
J'aime jaser.
Penser, c'est débattre avec soi-même sans gagnant, sans perdant pour trouver la meilleure solution à un problème.
Comme le philosophe Matthieux Peletier, le définissait par "l'humilité de penser"
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J'ai déjà dit qu'étant mécréant, je n'ai jamais ressenti le besoin d'avoir une autorité au-dessus de ma tête qu'elle soit divine ou profane.
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Dans son livre, Mehdi Moissaïd recense les expériences et les méthodes de l'intelligence collective, qui pourraient amener une foule à réaliser des objectifs inatteignables par un individu isolé

Samah Karaki explique dans son livre "Contre les figures d'autorité" à la recherche d'un prestige en espérant être aimé par les autres.
A notre époque, la dérive autoritaire est de plus en plus forte.
Dans le billet "Le désert de nous-même", je reprends la chanson de Balavoine "Je ne suis pas un héros".
Je ne pousse pas à être croyant ou mécréant.
Ce n'est pas avec une volonté de mettre le doute dans les esprits.
J'analyse l'impact des programmes avant de pouvoir donner mon avis par des réflexions positives ou négatives selon le cas.
Ce que je n'aime pas, ce sont les diktats d'un contact. Là je me hérisse sans échange d'idées, même si je suis le seul à le faire.
En 2011, j'écrivais "Gauche, droite, gauche..".
Dans une démocratie, il faut des gens élus démocratiquement qui gouvernent et d'autres qui s'y opposent.
Ce sont les extrêmes souvent droites, parfois gauches, qui créent les troubles en se présentant comme des sauveurs. Il n'y a aucun lien avec une nationalité particulière dans un pays pour exercer un mauvais rôle de sauveur ou un vrai rôle de destructeur.
Le 'sketch du douanier' de Fernand Renaud de 1972 me revient en mémoire en me fait toujours rire.
Parfois, je me tourne vers ChatGPT pour avoir une opinion généraliste en puisant dans la base de données mondiale.
La France a un régime présidentiel en deux tours. Après, en deux jours les "patates" sont cuites.
J'ai toujours dit que les Etats Unis lançaient de nouvelles conceptions du conservatisme exacerbé qui arrivent en Europe après un décalage dans le temps. Le trumpisme est à la manœuvre avec le poing levé. Il a durci toutes les relations humaines. Nous sommes entré dans la guerre des mots.
Quelques pays européens se sont ralliés à cette idéologie dans laquelle les principes de la démocratie ont été sabordés. En Hongrie avec Orban, Meloni en Italie, en Argentine avec Javier Mileï et sa tronçonneuse. Ils font semblant de s'intéresser aux pauvres, de vouloir créer la paix en générant le chaos. L'expression un "gant de velours dans une main d'acier" les caractérise.
Cette situation s'incruste chez les individus eux-mêmes, avec la victoire de la force et l'argent comme arguments principaux. Un suiveur semble très "gentil" mais dès qu'ils est intégré dans un groupe, il devient un "terroriste en herbe" contre ceux qui ne partagent pas sa façon de vivre et de penser.
Je me doutais que Bill White, ami et voisin de Donald Trump, devenu ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, allait créer des problèmes d'ingérence en Belgique avec sa représentation déifiée de Trump
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Il s'est introduit comme un ver dans la pomme mûre belge de notre démocratie d'Etat de Droits après avoir révélé en douceur que les Etats Unis étaient les amis de la Belgique alors que nous n'étions plus sur la même longueur d'onde.
Le rôle de l'ambassadeur est essentiel qui suit la Convention de Vienne
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Ce petit cours de démocratie en rappel s'impose.

Le livre de Obama "Une Terre promise" et dans l'ombre, aujourd'hui, il continue à suivre les débats
Depuis quelque temps, je note en commentaires l'opposition démocratique à la suite de billets de MSN tel que "Similitudes entre autoritarismes face à la démocratie.
"A Musée Vous, A Musée Moi" et cliquez sur l'image...
Mercredi, le cactus présentait la crème du Carême 
Hasard du calendrier, le Ramadan commence en même temps que le Carême.
La semaine suivante, le cactus revient avec le Ramadan
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Le même jour, FR2 présentait le téléfilm "La Maman du Bourreau". Fiction dramatique, librement inspirée du roman "Je suis la maman du bourreau" de David Lelait-Helo.
Quand il y a plusieurs maillons dans une chaine de croyances, tout devient possible.
Ils sont tous une bonne école de la résistance.
Agoravox est aussi devenu progressivement et insidieusement un site d'Extrême Droite ou Gauche.
Je me souviens de Caroline Fourest qui avait écrit "Marine Le Pen démasquée".- "Caroline Fourest, de l'obsession à la malhonnêteté journalistique",
- "Caroline Fourest et Jean Quatremer : exemples de l'aveuglement de deux fédéralistes européens"
- "Moyen-Orient : Caroline Fourest contredite par l'ancien ambassadeur de France au Soudan"
- "Affaire « Zezetta Star » : Caroline Fourest dégaine contre le tirage au sort !"
Même si l'on est différent
Et savoir traverser le temps
Tout simplement ensemble
Ensemble, ensemble
Découvrir que l'on a un don
Vivre les mêmes émotions
Avoir le cœur qui tremble
Sur cette étrange mappemonde
Où le plus beau côtoie l'immonde
Pour se défendre
Tout ce que l'on cherche à nous prendre
Tout ce que l'on cherche à nous vendre pour se comprendre
Il y a tant de choses tristes
Autour de nous
Dans les images qu'on nous propose
Autant de gens qui s'opposent
Et de portes closes
(refrain)
Mais ensemble, ensemble
Découvrir que l'on a un don
Vivre les mêmes émotions
Avoir le cœur qui tremble
Entre ceux qui viennent et ceux qui s'en vont
Entre les rires et les larmes, les chansons
Passent, passent et on passe le temps
Tout simplement ensemble
(refrain)
A la retraite, j'ai rendu le temps au temps en cultivant une joie avec optimisme et enthousiasme en mettant le reste entre parenthèses pour inventer l'avenir même s'il est parfois dangereux d'être dissident d'une opinion publique.
Le pluralisme des idées permet de trouver une solution médiane aux problèmes de notre temps.
Comme en tout, trop de concurrence apportée par la pub et la propagande tue le libre choix.
Dans l'avenir proche, les ChatBots de l'IA vont être utilisés pour pousser ou pour dénigrer les candidats aux élections
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Il faut dès lors garder la curling attitude..
Comme écrivait le commentateur du livre "Résister" de Salomé Saqué "Ce doit être l'âge".
Le 23 février, sur la Trois, "Le Grand dossier : Humour gauche droite". Sur un ton décalé et sous la forme d'une pseudo enquête, en toute mauvaise foi, une répartition de figures comiques.
Pendant longtemps, la France a été traversée par un axe central qui délimitait la Gauche et la Droite. Il y avait les voitures de droite (Peugeot) et celles de gauche (Renault), des sports de droite (le tennis) et ceux de gauche (le football)...
Aujourd'hui, on ne parle plus que d'extrémismes.
En philosophie, le pragmatisme est une théorie définissant la vérité par la valeur pratique de la logique que ce soit par la réussite ou par l'échec. Attitude de celui qui recherche l'efficacité avec le sens du pratique. Il est ni de gauche ni de droite. Un intello s'il ne peut assumer une action, il ne l'entreprend pas.
En 2019, j'écrivais "Collapser le passé".
En Iran, faut-il vraiment un Guide suprême qui se cache derrière Allah pour régner par la terreur ?
Résister, c'est ce que fait les populations ukrainiennes après l'invasion de la Russie qui s'est poursuivie depuis 4 ans depuis le matin de ce 24 février 2022 :
Le 28' en parle avec des gens qui connaissent l'Ukraine profonde
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Comment peuvent-ils encore résister ?
En retournant aux fondements de la culture ukrainienne, de la danse ancestrale en tentant rire de ce qu'il leur reste d'espoir dans une paix qui n'arrive pas.
Cet article était une sorte de prémisse à ce 24 février.
Le billet "L'Art de la guerre russe" explique comment la guerre s'est poursuivie dans l'histoire jusqu'à l'actualité.
Quel est l'impact des sanctions occidentales
?
Une économie de mort expliquée dans "Les armes secrètes de Poutine - L'Europe pourrait être frappée en quelques minutes"
L'armée russe ne manque pas d'armes malgré les sanctions : avec un arsenal mélangeant anciens stocks soviétiques et armes hypersoniques modernes, le pays pourrait frapper l'Europe en quelques minutes. Un réseau opaque d'espions, de sociétés fictives et d'oligarques assure sa capacité de guerre par le commerce d'armes, le vol de technologies et la politique de terreur organisée par l'Etat.Documentaire : Terrorisme d'ultradroite sur ARTE
Sous-estimé par rapport à la menace djihadiste, le terrorisme d'ultradroite connaît un inquiétant renouveau eb Europe et dans le démocraties occidentales
Pendant ce temps, en Europe et aux États-Unis, les attentats contre les minorités et les institutions démocratiques se multiplient. Longtemps ignorée, cette menace représente aujourd'hui un danger imminent. Comment le darknet et les réseaux sociaux accélèrent-ils la radicalisation, et pourquoi les auteurs d’actions violentes sont majoritairement des jeunes connectés ? Un documentaire sur la menace sous-estimée du terrorisme d'extrême droite à l’échelle mondiale.
Comment résister à la connerie humaine ?
En "maîtrisant vos émotions" en faisant l'amour et pas la guerre.
Bien sûr... mais, tout le monde n'a pas cette conclusion à sa disposition.
Pour les illusions, il y a la galerie de l'illusion
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28/2026:
Déclenchement de frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, la crise se lit aussi à travers les hommes qui l’incarnent et la tirent, ou tentent de la contenir. Donald Trump, qui mêle démonstration de force et appel aux Iraniens à “prendre le pouvoir” ; Ali Khamenei, pivot théocratique et gardien des lignes rouges ; Benjamin Netanyahou, constant dans la thèse de la menace existentielle
1/3/2026: l'ayatollah Khamenei est mort, Trump menace Téhéran d'une riposte militaire "sans précédent" en cas de représailles. Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche que les États-Unis frapperaient l'Iran avec une force jamais vue auparavant si le pays ripostait à l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême Ali Khamenei.
"L'Iran vient de déclarer qu'il allait frapper très fort aujourd'hui, plus fort qu'il n'a jamais frappé auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. "Il vaut mieux qu'ils ne le fassent pas, car s'ils le font, nous frapperons avec une force sans précédent" a déclaré Trump.
Côté iranien, Téhéran s'était préparé à "tous les scénarios", y compris la mort de son guide suprême Ali Khamenei, a déclaré dimanche le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
L’opération américaine, baptisée "Fureur épique", s’appuie sur une importante armada, dont le porte-avions USS Abraham-Lincoln et ses destroyers armés de missiles Tomahawk, ainsi que le porte-avions Gerald Ford en Méditerranée. Hier, Israël a déclaré une "frappe préventive" visant à éliminer des menaces imminentes, a instauré un "état d’urgence spécial" et ferme écoles et lieux de travail, tandis que des sirènes et explosions sont signalées à Jérusalem. L’Iran a été touché dans plusieurs grandes villes (Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj, Kermanshah), avec des cibles proches des centres du pouvoir, dont le quartier de la résidence du guide suprême Ali Khamenei ; hôpitaux en alerte et ambulances déployées.












14 commentaires
Le 30 mars 2022, dans un communiqué, l'épouse de Bruce Willis, Emma Heming, son ex-femme, Demi Moore, et les cinq filles de l'acteur, annonçaient une lourde nouvelle : l'acteur "a récemment été diagnostiqué souffrant d'une aphasie, ce qui affecte ses capacités cognitives". L'acteur, alors âgé de 66 ans, annonçait mettre un terme à sa carrière. Mais depuis, le diagnostic a évolué.En février 2023, la famille annonçait dans un nouveau communiqué que Brice Willis souffrait finalement d'une dégénérescence lobaire frontotemporale (DST). Cette maladie neurodégénérative touche principalement les hommes de 50 à 65 ans, et engendre une destruction progressive et irréversible des neurones. Cette maladie, moins connue que Alzheimer, est très proche de la démence à corps de Lewy, qui a aussi touché Robin Williams, Catherine Laborde ou encore Wendy Mitchell. Le diagnostic est sombre, avec une évolution sur dix ans environ, menant jusqu'au décès dans la totalité des cas.
Aujourd'hui âgé de 70 ans, Bruce Willis voit son état s'empirer de semaine en semaine. L'acteur ne reconnaît plus ses proches, et n'a pas conscience de l'état grabataire dans lequel il se trouve. Il ne se rappelle plus de qui il est, et de la grande carrière qu'il a connue. Il a de grandes difficultés pour communiquer, et a besoin d'une aide quotidienne. Eloigné de la vie publique, il réside dans une maison adaptée, avec une équipe de soins à temps plein.
Jimmy Jean-Louis l'a vu dépérir dans ses derniers films
Mais pour certaines personnes qui ont connu Bruce Willis, son entourage serait responsable de son état. En effet, dans un reportage qui lui est consacré mercredi 25 février prochain sur W9, l'acteur Jimmy Jean-Louis révèle une opinion très personnelle sur la maladie de l'acteur. Il est de ceux qui ont pu assister aux premiers symptômes qui ont fragilisé l'acteur sur le tournage des trois films de Detective Knight, qu'ils ont portés ensemble. Sur le tournage, Jimmy Jean-Louis a pu remarquer les absences de l'acteur, de plus en plus affaibli, alors même qu'il se battait secrètement contre ses démons depuis quelques années déjà. Mais à ce moment-là, personne ne disait rien.C'est justement ce que reprochent aujourd'hui des langues qui se délient. Dans un audio anonyme, un proche assène de lourds reproches aux proches de Bruce Willis. Selon lui, ils le savaient malade depuis de longues années, mais ont tardé avant d'annoncer le diagnostic pour des raisons sombres : "Ceux qui s'occupaient de lui ont compris qu'il perdait ses capacités. Et ils l'ont exploité pour en tirer le plus d'argent possible" argue-t-il.
Bruce Willis usé jusqu'au bout par ses managers qui savaient
Un avis que partage un témoin américain, également interrogé par W9. Selon lui, les managers de Bruce Willis sont allés très loin en profitant des absences de l'acteur pour lui faire jouer tout ce qu'il était encore en capacité, partielle, de jouer : "C'est de l'exploitation, tout ça. Si la personne qui est la star que vous représentez ou managez n'est pas vraiment consciente de ce qu'on lui demande de faire, elle va dire oui à tout parce qu'elle est vulnérable. Alors, c'est contraire à l'éthique. On ne devrait pas faire ça". Des révélations choc, à retrouver mercredi, en prime, sur W9.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/bruce-willis-est-il-tomb%C3%A9-malade-%C3%A0-cause-de-son-entourage-ils-l-ont-exploit%C3%A9-pour-en-tirer-le-plus-d-argent-possible/ar-AA1WNsmG
Les Américains deviennent-ils plus méchants ?
C'est une question qui a été posée dans de nombreux foyers, ainsi que dans les principaux médias ces dernières années, du New York Times à The Atlantic. Bien qu'il n'existe pas de mesure unique de la « méchanceté », certains éléments indiquent une tendance marquée.
Les crimes haineux ont atteint un niveau record
En 2023, le FBI a rapporté que les incidents de crimes haineux aux États-Unis ont atteint un pic sans précédent en 2022, avec un total de 11 288 cas enregistrés. Depuis 1991, année où le FBI a commencé à compiler ces statistiques, le nombre d'incidents a progressé, bien que cette augmentation puisse en partie s'expliquer par une possible surdéclaration des faits.
Les dons caritatifs ont chuté
Selon Giving USA, les Américains ont donné 1,7 % de leur revenu disponible personnel à des œuvres caritatives en 2022, soit le niveau le plus bas depuis 1995. En 2007, ce chiffre était de 2,2 %.
L'hostilité politique s'accroît
Sans surprise, l'hostilité entre républicains et démocrates s'est accrue. Selon l'institut de sondage Pew, une part croissante de chaque camp considère l'autre comme nettement plus fermé d'esprit, malhonnête, immoral, paresseux et stupide aujourd'hui qu'en 2016.
Les gens se font moins confiance
Aux États-Unis, l'enquête sociale générale (General Social Survey) recueille des informations sur la confiance depuis 1972. Elle a mis en évidence une baisse du nombre de personnes qui partagent l'avis selon lequel « on peut faire confiance à la plupart des gens ». Dans les années 1970 et au début des années 1980, au moins 40 % des personnes interrogées étaient d'accord, avec un pic à 49 %. Mais ce chiffre est tombé à un peu plus de 30 % depuis 2010.
L'empathie a chuté de façon spectaculaire chez les étudiants
Une étude menée par Sara H. Konrath à l'Université du Michigan à Ann Arbor a révélé que l'empathie auto-déclarée a diminué depuis 1980, avec une baisse particulièrement marquée après l'an 2000. En 2011, elle a constaté que près de 75 % des étudiants s'estimaient alors MOINS empathiques que la moyenne des étudiants 30 ans auparavant.
Le harcèlement a fortement augmenté depuis la Covid-19
L'enquête Youth Right Now, publiée en 2023, a révélé que 40 % des jeunes ont déclaré avoir été victimes de harcèlement scolaire au cours de l'année écoulée. Ce chiffre est supérieur de 14 % à celui de 2019. Les experts suggèrent qu'il s'agit d'un moyen de gérer le stress lié à la pandémie.
Comportements indisciplinés à bord des avions
Vous avez peut-être entendu parler de l'homme qui a frappé une hôtesse de l'air et lui a cassé deux dents en plein vol en 2021. Eh bien, la Federal Aviation Administration (FAA) a dû mettre en place une politique de « tolérance zéro » cette année-là et commencer à infliger des amendes en raison d'une forte augmentation des comportements indisciplinés. En 2017, on comptait 544 incidents. En 2021, ce nombre a frôlé les 6 000 !
La santé mentale se détériore
Sans pour autant évaluer la « méchanceté », la santé mentale se détériore globalement aux États-Unis. Fin 2022, seulement 31 % des Américains estimaient leur santé mentale « excellente », contre 43 % vingt ans plus tôt, selon le magazine Time. Parallèlement, le taux de s u i c i d e a augmenté de 30 % depuis 2000.
À quoi est imputé ce phénomène ? À l'augmentation de l'isolement social
Konrath, de l'Université du Michigan, a émis l'hypothèse que l'isolement social pourrait aggraver le manque d'empathie. Les personnes isolées sont plus susceptibles de vivre seules et moins enclines à appartenir à des groupes. D'autres recherches ont montré que les personnes isolées sont moins indulgentes envers autrui et plus susceptibles d'abuser de la confiance des autres pour tricher lors d'une expérience.
Plus de la moitié des Américains déclarent que personne ne les connaît bien
Pour étayer davantage la théorie de l'isolement social, un sondage Ipsos de 2018 a révélé que 54 % des Américains ont le sentiment, au moins parfois, que personne ne les connaît bien. De plus, selon David Brooks dans The Atlantic, le pourcentage de personnes déclarant n'avoir aucun ami proche a quadruplé depuis 1990.
Des identités fondées sur la politique
Le chroniqueur David Brooks avance l'hypothèse que les Américains sont devenus plus agressifs car la politique imprègne profondément leur identité. Il cite une étude montrant que les jeunes solitaires sont sept fois plus susceptibles de se déclarer engagés en politique que leurs pairs non solitaires. Mais aujourd'hui, la politique relève davantage du tribalisme… et ne comble pas le vide existentiel que certains peuvent ressentir, même si elle les met en colère.
Moins de lecture, moins d'empathie
Une étude menée par l'Université de Toronto suggère que la lecture de romans pourrait être liée à l'empathie chez les enfants comme chez les adultes. Avec l'avènement des nouvelles technologies, les gens sont plus distraits et ont moins de temps pour lire. Un sondage réalisé en 2023 par le National Endowment for the Arts a révélé que seuls 37,6 % des Américains avaient lu de la littérature en 2022, contre 45,2 % en 2012.
L'impact de la Covid
Le professeur de sociologie Charles Adeyanju a déclaré que, même si la différence entre la bienveillance d'avant et d'après la COVID-19 est parfois exagérée, il a décrit la pandémie comme « l'essence » qui a attisé la méchanceté. Cela pourrait être dû à la stigmatisation des personnes ayant enfreint les règles sanitaires strictes ou à la forte polarisation autour de certaines de ces mesures.
Un manque de formation morale
Brooks souligne également le manque de formation morale dans les sociétés modernes. Les programmes d'éducation morale dispensés dans des lieux comme les églises, les écoles et les mouvements tels que les scouts ont disparu avec l'émergence de nouveaux courants intellectuels dans la seconde moitié du XXIe siècle. « Dans une culture dépourvue d'éducation morale, des générations grandissent dans un monde moralement inarticulé et autoréférentiel », écrivait-il dans The Atlantic.
Autrement dit, il affirme que les gens ne sont pas formés à être gentils et polis
Il résume son argument ainsi : « Nous vivons dans une société où l’on n’apprend plus à traiter les autres avec bienveillance et considération. Notre société est devenue un lieu où l’égoïsme est devenu la norme. Dans une société saine, un réseau d’institutions – familles, écoles, groupes religieux, associations et lieux de travail – contribue à former des citoyens bienveillants et responsables. »
Les médias sociaux ne vont que dans un sens
Dans le podcast Gray Area, Brooks a également déclaré que, selon lui, les réseaux sociaux jouent un rôle. « Je pense que nous avons dérivé vers un monde où nous diffusons constamment, et les réseaux sociaux servent à diffuser notre message, mais ils ne permettent pas d'écouter, ils ne permettent pas de prendre le temps de connaître l'histoire d'une autre personne et de lui faire sentir qu'elle est vue, entendue et comprise », a-t-il affirmé.
Les méchants dirigeants républicains (Trump)
Le journaliste David Corn a mis en lumière ce qu'il considère comme un angle mort dans l'explication de Brooks : la méchanceté des dirigeants politiques. Et oui, il fait référence principalement aux Républicains, et plus particulièrement à Donald Trump et à la façon dont ils ont « déshumanisé » leurs adversaires politiques. « Au s e i n de l'univers républicain, sa méchanceté est une caractéristique, et non un défaut », écrit-il. « Trump propage l'incivilité, le manque de respect, l'hystérie et la paranoïa. Son discours incendiaire – son racisme et sa xénophobie – a inspiré nombre de personnes et a même conduit à des actes de harcèlement scolaire. »
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/les-am%C3%A9ricains-deviennent-ils-de-plus-en-plus-m%C3%A9chants/ss-AA1WrrMJ#image=1
Le contexte : Pourquoi le Groenland est devenu un champ de bataille géopolitique
L’Arctique, nouveau Far West du XXIe siècle
Le Groenland n’est pas une simple île recouverte de glace. C’est un territoire stratégique, au cœur d’enjeux qui dépassent de loin sa population de 56 000 habitants. Avec la fonte des glaces, l’Arctique s’ouvre à de nouvelles routes maritimes, à l’exploitation de ressources minières (terres rares, uranium, pétrole), et à une course aux armements sans précédent.
Les États-Unis ne s’y sont pas trompés. Dès 2019, Donald Trump avait proposé d’acheter le Groenland au Danemark, une offre qualifiée de « ridicule » par Copenhague. Puis, en 2020, les États-Unis ont rouvert leur consulat à Nuuk, la capitale groenlandaise, et investi 12 millions de dollars dans des projets locaux. Une stratégie claire : renforcer leur présence dans la région face à la Russie et à la Chine, qui multiplient elles aussi les initiatives.
Dans ce contexte, l’offre de l’USNS Comfort prend tout son sens. Ce n’était pas une simple proposition humanitaire. C’était un message : « Nous sommes là pour vous protéger. Mais à une condition : que vous jouiez selon nos règles. »
Je repense à ces images de l’USNS Comfort déployé à New York en 2020, pendant la crise du COVID. Officiellement, c’était une mission humanitaire. En réalité, le navire ne soignait que les patients non-COVID, et seulement si les hôpitaux locaux acceptaient de partager leurs données avec le Pentagone. Une pratique courante, mais rarement évoquée. L’aide américaine a toujours un prix. Toujours.
L'USNS Comfort : Un géant médical ou un outil de propagande ?
Ce que cache le pont d’envol et les 1 000 lits
L’USNS Comfort est un monstre de technologie médicale. Long de 273 mètres (soit trois terrains de football), il peut accueillir 1 000 patients, dispose de 12 salles d’opération, de laboratoires, de pharmacies, et même d’une unité de soins intensifs. Son équipage compte 1 200 personnes, dont des médecins, des infirmiers et des techniciens hautement qualifiés.
Mais derrière cette façade humanitaire se cache une réalité moins reluisante. Le navire est avant tout un outil de projection de puissance. Il est exploité par le Military Sealift Command, une branche de la marine américaine, et ses missions sont souvent liées à des opérations militaires. En 2017, il a été déployé à Puerto Rico après l’ouragan Maria, mais son arrivée a été critiquée pour son lenteur et son manque d’efficacité. En 2020, son déploiement à New York a été salué par les médias, mais les hôpitaux locaux ont dénoncé des conditions restrictives et un manque de coordination.
Au Groenland, l’offre de l’USNS Comfort était donc tout sauf désintéressée. Elle s’inscrivait dans une stratégie plus large de renforcement de l’influence américaine dans l’Arctique, une région où les États-Unis sont en retard face à la Russie et à la Chine.
Je me souviens d’une conversation avec un officier de la marine américaine, en 2021. Il m’avait dit, avec un sourire en coin : « L’USNS Comfort, c’est notre meilleur ambassadeur. Les gens voient un hôpital, mais nous, on voit une base flottante. » À l’époque, je n’avais pas compris. Aujourd’hui, je vois exactement ce qu’il voulait dire. Ce navire n’est pas un cadeau. C’est une déclaration de pouvoir.
Le refus danois : Un acte de résistance ou une erreur stratégique ?
Pourquoi Copenhague a dit non à Washington
Le refus du Danemark n’est pas une surprise pour ceux qui suivent de près les relations entre Copenhague et Washington. Depuis des années, le gouvernement danois tente de rééquilibrer sa politique arctique, en renforçant ses liens avec le Groenland tout en maintenant une relation solide avec les États-Unis.
Mais l’offre de l’USNS Comfort a été perçue comme une ingérence. Le Danemark, qui gère les affaires étrangères et la défense du Groenland, a jugé que cette proposition minait son autorité et sapait les efforts d’autonomie du territoire. « Nous n’avons pas besoin d’un navire américain pour gérer nos crises sanitaires », a déclaré Mette Frederiksen, la Première ministre danoise, dans une interview accordée à DR Nyheder.
Derrière ce refus se cache aussi une méfiance croissante envers les États-Unis. Depuis l’élection de Donald Trump en 2016, les relations entre les deux pays se sont tendues, notamment sur des questions comme le changement climatique, la défense européenne, et les accords commerciaux. Pour le Danemark, accepter l’USNS Comfort, c’était risquer de devenir un satellite américain, et de perdre le peu d’autonomie qu’il lui reste dans la région.
Je me demande souvent ce qui se serait passé si le Danemark avait accepté. Est-ce que le Groenland serait devenu une nouvelle base américaine ? Est-ce que les Groenlandais auraient été réduits au statut de figurants dans leur propre pays ? Une chose est sûre : ce refus est un acte de courage. Un acte qui rappelle que la souveraineté ne se négocie pas, même face à la première puissance mondiale.
Les réactions internationales : Qui soutient le Danemark ? Qui condamne ?
L’OTAN, la Chine et la Russie observent avec attention
Le refus du Danemark a provoqué des réactions contrastées sur la scène internationale. Du côté de l’OTAN, les réactions ont été prudentes. Les États-Unis, principal contributeur de l’Alliance, ont évité tout commentaire officiel, mais des sources anonymes au sein du Département d’État ont qualifié cette décision de « regrettable » et de « contraire à l’esprit de coopération transatlantique« .
La Chine, quant à elle, a salué la décision danoise. Pékin, qui multiplie les investissements au Groenland (notamment dans les mines de terres rares), y voit une opportunité de renforcer son influence dans la région. En 2023, la Chine a proposé de financer la construction d’un aéroport international à Nuuk, une offre que le Danemark a finalement rejetée sous la pression des États-Unis.
La Russie, enfin, a adopté une position ambivalente. Moscou, qui considère l’Arctique comme une zone d’influence naturelle, a critiqué l’offre américaine, mais sans soutenir ouvertement le Danemark. « Les États-Unis cherchent à militariser l’Arctique, et cela représente une menace pour la sécurité régionale », a déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.
Je me souviens d’une carte que j’avais vue il y a quelques années, montrant les bases militaires en Arctique. Les États-Unis en avaient quelques-unes, la Russie en avait des dizaines. La Chine, elle, n’en avait aucune. Mais aujourd’hui, tout a changé. Pékin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Et le Groenland est devenu un enjeu majeur. Dans ce contexte, le refus du Danemark n’est pas seulement un acte de résistance. C’est un signal envoyé au monde entier : l’Arctique n’appartient à personne. Et surtout pas à ceux qui veulent en faire un champ de bataille.
Les voix oubliées : Ce que les Groenlandais pensent vraiment de l'offre américaine
Témoignages de Nuuk à Ilulissat : « On n’a pas besoin de votre pitié »
À Nuuk, la capitale du Groenland, les réactions ont été unanimes : mépris et fierté blessée. « On a nos propres hôpitaux, nos propres médecins. On n’a pas besoin d’un navire américain pour nous rappeler qu’on existe« , a déclaré Ane Hansen, une infirmière de 34 ans, dans une interview accordée à Sermitsiaq.AG, le principal journal groenlandais.
À Ilulissat, une ville de 4 500 habitants située sur la côte ouest, le maire a été encore plus direct : « Si les États-Unis veulent vraiment aider, qu’ils financent nos écoles, nos routes, ou qu’ils nous aident à lutter contre le réchauffement climatique. Un navire-hôpital, c’est comme offrir un parapluie à quelqu’un qui se noie. Ça ne sert à rien. »
Ces témoignages révèlent une vérité cruelle : l’offre de Trump était une insulte déguisée en générosité. Le Groenland n’est pas une colonie médicale. C’est un territoire qui lutte pour son autonomie, et qui refuse d’être traité comme un pion sur l’échiquier arctique.
Mais derrière cette colère se cache aussi une peur. Une peur de perdre ce qui fait l’identité du Groenland : sa culture inuit, ses traditions millénaires, et sa relation unique avec la nature. « On ne veut pas devenir une nouvelle Hawaï« , a confié un pêcheur de Qaanaaq, dans le nord du pays. « On veut rester groenlandais. »
Je n’oublierai jamais le regard d’Ane Hansen quand elle a parlé de « pitié ». Comme si le Groenland était un pays du tiers-monde, incapable de se débrouiller seul. Comme si les 56 000 Groenlandais étaient des enfants à qui il fallait tendre la main. Cette condescendance, c’est ce qui a le plus choqué. Pas l’offre en elle-même, mais le mépris qu’elle cachait. Et ce mépris, c’est ce qui a uni les Groenlandais dans leur refus.
Le piège de la "générosité conditionnelle" : Quand l'aide cache des intérêts
Comment les États-Unis ont utilisé l’USNS Comfort comme outil de pression
En 2020, l’USNS Comfort a été déployé à New York pendant la crise du COVID-19. Officiellement, c’était une mission humanitaire. Mais en coulisses, les conditions étaient claires : le navire ne soignerait que les patients non-COVID, et seulement si les hôpitaux locaux acceptaient de partager leurs données médicales avec le Pentagone. Une pratique courante, mais rarement évoquée.
Au Groenland, l’offre de Trump suivait le même schéma. Le navire aurait pu être un atout, mais à quel prix ? Accès aux ressources minières ? Contrôle des routes maritimes arctiques ? Le Danemark a flairé le piège : accepter l’aide, c’était accepter de devenir un protégé américain, pas un partenaire égal.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Les États-Unis l’ont utilisée à maintes reprises, notamment en Amérique latine et en Afrique. L’aide humanitaire y est souvent conditionnée à des concessions politiques ou économiques. Au Honduras, par exemple, l’aide américaine est liée à des réformes migratoires. En Éthiopie, elle dépend de la coopération militaire.
Le Groenland, lui, a refusé de jouer ce jeu. Et c’est ce qui rend son refus si symbolique. Dans un monde où les petits pays sont souvent contraints d’accepter les « cadeaux » des grandes puissances, le Danemark a choisi de dire non. Un acte rare, et d’autant plus courageux.
Je me souviens d’une conversation avec un diplomate français en 2023. Il m’avait dit : « Les Américains offrent des hôpitaux, mais ce qu’ils veulent vraiment, c’est votre âme. » À l’époque, je n’avais pas compris. Aujourd’hui, je vois exactement ce qu’il voulait dire. L’USNS Comfort n’est pas un cadeau. C’est un cheval de Troie. Et le Groenland a eu la sagesse de ne pas ouvrir ses portes.
Les alternatives : Comment le Groenland gère-t-il ses crises sanitaires sans l'USNS Comfort ?
Un système de santé résilient, malgré les défis
Contrairement aux idées reçues, le Groenland dispose d’un système de santé solide, adapté à ses besoins spécifiques. Le pays compte 16 hôpitaux et cliniques, répartis sur un territoire grand comme quatre fois la France. Le plus grand, le Queen Ingrid’s Hospital à Nuuk, dispose de 70 lits, de services de chirurgie, de pédiatrie, et même d’une unité de soins intensifs.
Mais le vrai défi, c’est la logistique. En raison des conditions climatiques extrêmes et de l’isolement géographique, les évacuations médicales sont souvent complexes et coûteuses. En 2022, le Groenland a dépensé 15 millions de dollars pour transporter des patients vers le Danemark ou l’Islande. Une somme colossale pour un pays dont le PIB par habitant est inférieur à celui de la France.
Pour pallier ces difficultés, le gouvernement groenlandais a mis en place plusieurs initiatives :
Ces solutions ne sont pas parfaites, mais elles montrent une chose : le Groenland n’a pas besoin d’un navire-hôpital américain pour survivre. Il a besoin de soutien, de partenariats équitables, et surtout, de respect.
Je me souviens d’une visite à l’hôpital de Nuuk, en 2024. Les couloirs étaient propres, les médecins compétents, et les patients souriants. Personne ne semblait manquer de quoi que ce soit. Pourtant, quand j’ai demandé à une infirmière ce dont ils avaient vraiment besoin, sa réponse m’a glacé : « De la dignité. On n’a pas besoin de votre pitié. On a besoin que vous nous traitiez comme des égaux. » Cette phrase, je ne l’oublierai jamais. Parce qu’elle résume à elle seule le problème de l’offre américaine.
Les conséquences : Que risque le Danemark après ce refus ?
Pressions américaines, tensions avec l’OTAN et risques économiques
Le refus du Danemark n’est pas sans conséquences. Les États-Unis, qui considèrent l’Arctique comme une zone d’intérêt stratégique, pourraient exercer des pressions sur Copenhague. Ces pressions pourraient prendre plusieurs formes :
Mais le Danemark n’est pas seul. L’Union européenne et plusieurs pays nordiques (Norvège, Islande, Suède) ont déjà exprimé leur soutien à Copenhague. « Le Danemark a le droit de gérer ses affaires comme il l’entend« , a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.
Reste à voir comment les États-Unis réagiront. Une chose est sûre : ce refus marque un tournant dans les relations transatlantiques. Et il pourrait inspirer d’autres pays à résister aux pressions américaines.
Je me demande souvent ce que Trump aurait fait s’il était encore au pouvoir. Aurait-il menacé le Danemark de sanctions ? Aurait-il tenté de diviser l’OTAN ? Une chose est sûre : son ego n’aurait pas supporté ce camouflet. Mais aujourd’hui, avec Biden à la Maison-Blanche, les choses sont différentes. Moins bruyantes, mais tout aussi dangereuses. Parce que la diplomatie américaine, qu’elle soit trumpienne ou démocrate, reste la même : une diplomatie de la domination.
Le Groenland, symbole d'une nouvelle ère géopolitique
Pourquoi ce petit territoire pourrait changer la donne dans l’Arctique
Le Groenland n’est pas un simple territoire. C’est un symbole. Un symbole de la résistance des petits pays face aux grandes puissances. Un symbole de la lutte pour l’autonomie dans un monde de plus en plus polarisé. Et surtout, un symbole de l’espoir : l’espoir que même les plus petits peuvent dire non aux géants.
Mais le Groenland est aussi un laboratoire. Un laboratoire des nouvelles formes de diplomatie dans l’Arctique. Une région où les règles du jeu sont en train de changer. Où les États-Unis, la Russie et la Chine se livrent une bataille sans merci pour le contrôle des ressources et des routes maritimes. Où les pays nordiques tentent de préserver leur souveraineté tout en évitant de devenir des pions dans ce grand jeu.
Dans ce contexte, le refus du Danemark est un signal fort. Un signal envoyé à la communauté internationale : l’Arctique n’appartient à personne. Et surtout pas à ceux qui veulent en faire un nouveau Far West.
Mais ce signal aura-t-il un écho ? Rien n’est moins sûr. Les grandes puissances ont l’habitude d’ignorer les petits pays. Et le Groenland, avec ses 56 000 habitants, est un nain face aux géants que sont les États-Unis, la Russie et la Chine. Pourtant, son refus pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère. Une ère où les petits pays osent dire non. Une ère où la diplomatie n’est plus une question de puissance, mais de respect.
Je me souviens d’une carte que j’avais vue il y a quelques années, montrant les bases militaires en Arctique. Les États-Unis en avaient quelques-unes, la Russie en avait des dizaines. La Chine, elle, n’en avait aucune. Mais aujourd’hui, tout a changé. Pékin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Et le Groenland est devenu un enjeu majeur. Dans ce contexte, le refus du Danemark n’est pas seulement un acte de résistance. C’est un signal envoyé au monde entier : l’Arctique n’est pas un terrain de jeu. C’est une région où vivent des gens. Des gens qui ont le droit de décider de leur avenir.
Les leçons à tirer : Ce que ce refus nous apprend sur la diplomatie moderne
Pourquoi la « diplomatie spectacle » est en train de mourir
Le refus du Danemark marque la fin d’une époque : celle de la diplomatie spectacle. Une époque où les grandes puissances croyaient pouvoir imposer leur volonté au reste du monde à coups de déclarations tonitruantes et de gestes symboliques. Une époque où l’on pensait que les petits pays n’avaient d’autre choix que de s’incliner.
Aujourd’hui, cette époque est révolue. Les pays, même les plus petits, ont compris une chose : ils ont le choix. Ils peuvent dire non. Ils peuvent refuser les cadeaux empoisonnés. Ils peuvent exiger d’être traités comme des égaux, et non comme des subordonnés.
Cette prise de conscience est une bonne nouvelle. Parce qu’elle montre que le monde est en train de changer. Que les rapports de force sont en train de s’équilibrer. Et que la diplomatie, enfin, redevient ce qu’elle aurait toujours dû être : un dialogue entre égaux, et non une relation de domination.
Mais cette prise de conscience a aussi un prix. Un prix que le Danemark est peut-être en train de payer. Un prix que d’autres pays pourraient être amenés à payer à leur tour. Parce que les grandes puissances n’aiment pas qu’on leur résiste. Et elles ont les moyens de punir ceux qui osent le faire.
Je me souviens d’une phrase que m’avait dite un ami diplomate : « La diplomatie, c’est comme le poker. Il faut savoir quand bluffer, quand se coucher, et quand tout miser. » Le Danemark a tout misé. Il a refusé un navire-hôpital, au risque de froisser la première puissance mondiale. Et aujourd’hui, il attend de voir si son pari va payer. Moi, je crois que oui. Parce que dans un monde où tout le monde s’incline, ceux qui osent dire non finissent toujours par gagner.
Conclusion : Le Groenland a gagné une bataille, mais la guerre continue
Le refus du Danemark est une victoire symbolique, mais la partie est loin d’être terminée. Les États-Unis ne renonceront pas si facilement à leur influence dans l’Arctique. Déjà, des rumeurs circulent sur un nouveau projet américain : une base militaire déguisée en centre de recherche climatique. Une vieille tactique.
Pour le Groenland, le défi est double : résister à la pression américaine tout en construisant une autonomie réelle. Cela passe par des investissements dans les énergies renouvelables, l’éducation, et surtout, par une diplomatie indépendante. Le Danemark a joué son rôle de bouclier, mais jusqu’à quand ?
Une chose est sûre : le Groenland ne sera plus jamais un territoire oublié. Son refus de l’USNS Comfort a envoyé un message clair à la communauté internationale : nous ne sommes pas à vendre. Mais ce message aura-t-il un écho, ou sera-t-il étouffé par les intérêts géopolitiques ?
La réponse dépend de nous. De notre capacité à écouter, à soutenir, et surtout, à ne pas oublier. Parce que dans l’Arctique, les enjeux ne sont pas seulement stratégiques. Ils sont humains. Et les humains, contrairement aux navires, ne se laissent pas manœuvrer aussi facilement.
Le Groenland a dit non à un navire-hôpital. Mais demain, il devra peut-être dire non à bien plus. Et ce jour-là, il aura besoin de notre soutien. Parce que la liberté, ça ne se négocie pas. Ça se défend.
Je termine cet article avec une question qui me hante : et si le vrai scandale n’était pas le refus du Danemark, mais le fait que personne n’ait posé la question aux Groenlandais avant ? Combien de décisions sont prises en leur nom, sans leur avis ? Combien de « cadeaux » leur sont imposés, sous prétexte de les « sauver » ? Le Groenland a dit non à un navire-hôpital. Mais combien d’autres « offres » devra-t-il refuser avant d’être enfin traité comme un égal ?
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/opinion-le-groenland-a-dit-non-%C3%A0-trump-et-c-est-toute-la-diplomatie-qui-tremble/ar-AA1WS8h3?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=699bfe0b7a9e45c0a01482d28cf4c499&ei=18
Illuminations du ramadan : la décision de Gand qui fait grincer Vlaams Belang et N-VA
Mercredi, une commission du conseil communal de Gand a autorisé les commerçants à installer des illuminations dans leur rue à l’occasion du ramadan. Le Vlaams Belang a dénoncé « l’islamisation de l’espace public » et la N-VA n’a pas non plus ménagé ses critiques. Joris Vandenbroucke, échevin issu de la liste Voor Gent, n’y voit, pour sa part, « rien de plus qu’une initiative commerciale ».
Des villes telles que Francfort ou Londres se livrent à l’exercice depuis des années. Mais en Belgique, c’est une première. Cette année, certaines artères de la ville de Gand (Wondelgemstraat, Bevrijdingslaan-Phoenixstraat) se pareront d’illuminations pour le ramadan. L’initiative émane de commerçants locaux, qui en assument eux-mêmes le financement. Ce mois particulier du calendrier musulman est important pour eux, car de nombreux fidèles s’invitent le soir pour rompre le jeûne.
S’il a reçu le feu vert de la ville, le projet a toutefois provoqué un débat houleux au sein du conseil communal, mercredi soir. « L’administration locale doit-elle vraiment accompagner ce type d’initiative ? », s’est interrogé Jonas Naeyaert, du Vlaams Belang. « En l’occurrence, l’espace public est utilisé pour des symboles religieux, comme le croissant de lune. Ce n’est pas le cas des illuminations de Noël : pour les fêtes de fin d’année, on n’affiche pas de croix ou d’images de Jésus. »
Entretenir la peur sur Facebook
« Le croissant de lune évoque sans doute un imaginaire oriental », a réagi l’échevin chargé de ce dossier, Joris Vandenbroucke (Voor Gent). « Mais sa charge religieuse n’est ni plus ni moins importante que celle d’un sapin de Noël — que personne ne songe à exclure de l’espace public. »
« Parler d’islamisation n’a aucun sens, même si vous agitez cette peur depuis des semaines sur votre page Facebook », a-t-il poursuivi. « Il s’agit d’une initiative commerciale, portée par des commerçants d’une rue commerçante. Ce sont des illuminations festives destinées à dynamiser l’activité à un moment stratégique. Qu’il s’agisse du ramadan, de Noël ou de Pâques n’y change rien. »
« Ce qui vous dérange, au fond, c’est que des personnes issues d’autres cultures aient les mêmes droits que les autres dans notre ville. Voilà la différence entre cette majorité et le Vlaams Belang »
Et l’échevin d’enfoncer le clou : « Ce qui vous dérange, au fond, c’est que des personnes issues d’autres cultures aient les mêmes droits que les autres dans notre ville. Voilà la différence entre cette majorité et le Vlaams Belang ».
Fifi Brindacier
Mathieu Cockhuyt, de la N-VA, a lui aussi exprimé des réserves, revenant sur plusieurs polémiques récentes. « Voilà qu’on autorise ce projet, alors que la ville se montre frileuse quand il s’agit de notre propre culture. On ne dit plus “Noël”, mais “fêtes de fin d’année”, on bannit saint Nicolas sous prétexte qu’il ne serait plus politiquement correct, et on va jusqu’à exclure Fifi Brindacier de nos bibliothèques. Cette administration semble avoir érigé la diversité en impératif moral, mais toujours en appliquant deux poids, deux mesures. »
Des illuminations neutres sur le plan religieux et politique
« C’est tout l’inverse », se défend l’échevin. « Nous soutenons tous les commerçants de Gand, sans distinction d’appartenance ou d’origine. Toutes les demandes visant à renforcer l’attractivité d’une rue sont examinées selon les mêmes critères. »
« Les illuminations doivent être neutres sur le plan religieux et politique, et respecter scrupuleusement les exigences techniques définies par notre cellule spécialisée. En l’espèce, toutes les conditions étaient réunies. L’autorisation a donc été accordée. »
https://daardaar.be/rubriques/societe/illuminations-du-ramadan-la-decision-de-gand-qui-fait-grincer-vlaams-belang-et-n-va/
Un refus diplomatique retentissant
C’est une fin de non-recevoir qui résonne lourdement dans les couloirs de la diplomatie internationale. Le pape Léon XIV a officiellement décliné l’invitation formulée par Donald Trump à rejoindre son nouveau « Conseil de paix ». Cette initiative, portée par les États-Unis, est présentée comme un effort majeur pour encadrer la reconstruction de Gaza au lendemain de la guerre et, à plus long terme, pour résoudre les futurs conflits à l’échelle mondiale.
La confirmation de ce refus est venue directement du Vatican, par la voix du cardinal Pietro Parolin. Cette décision met en lumière des divergences profondes entre le Saint-Siège et la Maison-Blanche quant à la méthode à adopter pour gérer les crises internationales. Le projet américain, qui se veut une plateforme réunissant des dizaines de pays, se heurte ici à la vision diplomatique séculaire de l’Église catholique.
Alors que Washington s’apprête à accueillir la première réunion de ce conseil, le message envoyé par Rome est sans équivoque : le Vatican privilégie les cadres multilatéraux déjà établis. Le Saint-Siège réaffirme ainsi sa confiance envers les institutions historiques, et tout particulièrement les Nations unies, pour mener à bien ce type de médiation complexe.
Perplexité et attachement aux institutions
Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a explicité les raisons de cette absence. Selon lui, le projet américain ne correspond pas au rôle diplomatique traditionnel du Vatican. Il a précisé que le Saint-Siège « ne participera pas au Conseil de paix en raison de sa nature particulière, qui n’est manifestement pas celle des autres États ». Cette déclaration souligne la spécificité de la diplomatie vaticane, qui refuse de s’aligner sur une initiative purement étatique.
Au-delà de la nature du conseil, le Vatican ne cache pas ses doutes quant au fonctionnement réel de cette nouvelle instance. Mgr Parolin a laissé entendre que les objectifs restaient flous aux yeux de Rome. « Certains points nous laissent quelque peu perplexes. Il y a des points critiques qui nécessiteraient des explications », a-t-il confié, marquant une distance prudente vis-à-vis de l’organisation proposée par l’administration Trump.
Le cardinal a toutefois nuancé son propos en reconnaissant la nécessité d’agir, tout en posant des conditions. « L’important, c’est qu’on tente d’apporter une réponse. Cependant, pour nous, certaines questions cruciales doivent être résolues », a-t-il ajouté. Il a insisté sur la primauté de l’ONU dans la gestion des crises mondiales : « L’une de nos préoccupations est qu’au niveau international, ce soit avant tout l’ONU qui gère ces situations de crise. C’est l’un des points sur lesquels nous avons insisté ».
La vision mondiale de Donald Trump
De son côté, Donald Trump ne tarit pas d’éloges sur son initiative. Il décrit le « Conseil de paix » comme un projet d’une ampleur inédite. Selon les médias américains, l’ancien président l’a qualifié de « conseil le plus prestigieux jamais réuni, à tout moment et en tout lieu ». L’objectif affiché est clair : se concentrer dans un premier temps sur la situation à Gaza avant d’élargir le spectre d’action à d’autres zones de tension.
Un haut responsable américain a tenu à préciser que l’ambition de ce conseil dépassait largement les frontières du Moyen-Orient. Il a déclaré : « Le Conseil de la paix ne se limitera pas à Gaza. Il s’agit d’un Conseil de la paix à l’échelle mondiale. » Cette vision expansive est au cœur de la stratégie de Washington pour redessiner la carte de la médiation internationale.
Donald Trump lui-même aurait détaillé cette montée en puissance progressive du projet. Il a expliqué la logique séquentielle de son initiative en déclarant : « À mon avis, cela commencera par Gaza, puis s’étendra aux conflits à mesure qu’ils surgiront. » Cette approche vise à créer une structure réactive capable d’intervenir sur les futurs foyers de crise.
Tensions avec les Nations unies
Ce nouveau conseil ne manque pas de créer des remous au sein des Nations unies, qui tentent de préserver leur rôle central dans la diplomatie à Gaza. Le Conseil de sécurité de l’ONU aurait même été contraint de modifier son calendrier en raison de la réunion organisée le même jour par Donald Trump. Cette concomitance inquiète certains diplomates, qui redoutent que l’initiative américaine n’affaiblisse l’influence de l’ONU ou ne crée un processus concurrent et parallèle.
L’inquiétude est palpable du côté des représentants palestiniens. L’ambassadeur Riyad Mansour a exprimé sa position avec fermeté devant les journalistes : « Nous attendons de la communauté internationale qu’elle mette un terme aux efforts illégaux d’Israël en faveur de l’annexion, que ce soit à Washington ou à New York. » Une déclaration qui rappelle les enjeux territoriaux et juridiques sous-jacents.
Le chevauchement entre les projets de l’ONU et ceux de l’administration Trump a considérablement accru les tensions. La crainte d’une compétition directe entre les deux approches diplomatiques se fait sentir, posant la question de la cohérence de la réponse internationale face à la crise humanitaire et politique à Gaza.
Une coalition de vingt nations
Malgré l’absence notable du Vatican, l’administration Trump assure que la mobilisation internationale est forte. Selon l’Associated Press, « plus de 20 pays » auraient répondu favorablement à l’invitation. L’ambassadeur américain Mike Waltz a confirmé l’implication de partenaires clés du Moyen-Orient, affirmant notamment que l’Égypte et le Qatar avaient donné leur accord.
S’adressant à l’animateur de radio Hugh Hewitt, Mike Waltz s’est voulu rassurant sur la cohésion du groupe : « Tous ces pays font partie du Conseil de la paix et sont sur la même longueur d’onde que les États-Unis. » Outre les partenaires régionaux, d’autres rapports mentionnent la participation de nations aussi diverses que la Hongrie, le Vietnam, le Salvador et Israël.
Cependant, le tableau n’est pas complet. Plusieurs alliés majeurs des États-Unis n’ont pas encore confirmé s’ils allaient adhérer pleinement à ce nouveau dispositif. L’Italie et l’Union européenne, par exemple, pourraient choisir de participer uniquement en tant qu’observateurs plutôt que comme membres à part entière, selon certaines informations circulant dans la presse.
Milliards de dollars et porte ouverte
La première réunion du « Conseil de paix » est fixée au 19 février à Washington. Pour marquer le coup, Donald Trump a annoncé que les pays participants avaient promis une enveloppe conséquente : plus de 5 milliards de dollars destinés à soutenir la reconstruction et l’aide humanitaire à Gaza. Toutefois, les détails précis de ce financement n’ont pas encore été entièrement rendus publics.
La Maison-Blanche défend vigoureusement ce projet, le qualifiant de plan à long terme indispensable pour assurer la stabilité régionale. Face au refus du Pape, l’administration américaine a choisi de laisser la porte ouverte, adoptant un ton conciliant malgré la déconvenue diplomatique.
Un haut responsable américain a ainsi réagi à la décision du Saint-Siège : « Le pape et le Vatican sont les bienvenus pour rejoindre les nombreux autres pays qui se sont engagés auprès du Conseil de paix et de ses principes directeurs visant à promouvoir la stabilité et à garantir une paix durable. » Une main tendue qui suggère que Washington espère encore, à terme, rallier l’autorité morale du Vatican à sa cause.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/le-pape-l%C3%A9on-xiv-ferme-la-porte-%C3%A0-donald-trump/ar-AA1X3fU5?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=699f20933fbb4e4c8f47902870f5ad92&ei=11
Harry Enten, correspondant en chef de CNN chargé des données, affirme que de nouveaux sondages suggèrent que Kamala Harris battrait Donald Trump de « huit points » dans un hypothétique second tour, ce qui constituerait un revirement spectaculaire par rapport à la victoire serrée de Trump en 2024. L’analyse de CNN intervient alors que Trump affiche ce que Enten décrit comme un taux d’approbation net de « -22 », un niveau considéré comme politiquement dangereux à l’approche des élections de mi-mandat. Ces chiffres interviennent dans un contexte de dynamique croissante des démocrates lors des récentes élections spéciales, notamment des victoires surprises dans des régions traditionnellement républicaines, qui ont soulevé des questions sur l’enthousiasme et la participation des électeurs. Alors que Trump se mobilise déjà pour la prochaine bataille électorale, les derniers sondages alimentent de nouvelles spéculations sur l’orientation de la politique américaine.
Huit points
Harry Enten, correspondant en chef de CNN chargé des données, affirme que les chiffres actuels sont radicalement différents de ceux de 2024 si les électeurs devaient à nouveau choisir entre Kamala Harris et Donald Trump. S'exprimant sur CNN News Central, Enten a évoqué un nouveau sondage national et déclaré aux téléspectateurs :
« Regardez où nous en sommes aujourd'hui, selon un sondage NBC News SurveyMonkey : Elle l'emporte avec — écoutez bien — huit points d'avance. » Il a souligné à quel point cet écart serait frappant par rapport à la dernière élection, ajoutant :
« Un changement radical par rapport à ce que nous avons vu en novembre 2024, lorsque Donald Trump l'avait emporté d'un point. » Cette analyse a immédiatement alimenté le débat sur la question de savoir si l'opinion publique s'était brusquement retournée contre Trump.
L'électorat réel de 2024
Enten a souligné que le sondage n'était pas basé sur un échantillon biaisé ou favorable aux démocrates, mais qu'il avait été ajusté pour refléter l'électorat réel de 2024. Il a insisté sur ce détail à l'antenne, en déclarant :
«Je tiens à souligner que cet échantillon a été pondéré en fonction du résultat de 2024, où Donald Trump l'a emporté d'un point, mais que Kamala Harris, dans cet échantillon pondéré,» avant de conclure :
« Elle l'emporte de huit points parmi l'échantillon qui a voté pour Trump d'un point.»
Pour Enten, cela suggère un mouvement parmi les électeurs clés qui soutenaient Trump auparavant, mais qui pourraient maintenant reconsidérer leur choix dans un contexte politique en pleine mutation.
Cote de popularité
Ce revirement dans les sondages intervient alors que Trump affiche certains des taux d'approbation les plus faibles de sa carrière politique.
Au cours de la même discussion, Enten a décrit le taux d'approbation net de Trump comme étant « -22 », un chiffre qui, selon lui, est nettement pire qu'à ce stade du premier mandat de Trump et plus faible que les chiffres comparables des présidents récents.
De tels scores peuvent avoir des conséquences directes sur les élections de mi-mandat, où les électeurs utilisent souvent les élections législatives pour exprimer leur mécontentement à l'égard de la Maison-Blanche. Les électeurs indépendants étant généralement décisifs dans les circonscriptions disputées, un climat d'approbation profondément négatif pourrait compliquer les efforts des républicains pour maintenir ou étendre leur emprise sur le Congrès.
Surperformance
Les récentes élections spéciales ont renforcé l'optimisme des démocrates.
Au Texas, le démocrate Christian Menefee a remporté une élection spéciale à la Chambre des représentants des États-Unis dans une circonscription fortement démocrate de la région de Houston et a présenté ce résultat comme une réprimande à l'égard du président, affirmant que la circonscription « renverse les présidences corrompues ».
Dans une autre course très suivie au Texas, le démocrate Taylor Rehmet a remporté un siège au Sénat de l'État dans une circonscription que Trump avait facilement remportée en 2024. Ces victoires s'inscrivent dans la lignée des résultats supérieurs aux attentes obtenus par les démocrates dans plusieurs élections hors cycle, une tendance qui, selon les stratèges du parti, témoigne de l'enthousiasme de leurs électeurs à l'approche des élections de mi-mandat.
À haut risque
Malgré tout, les sondages nationaux suggèrent que les démocrates restent prudents. Les sondages montrent que de nombreux électeurs démocrates continuent d'exprimer leur frustration à l'égard de leur propre parti malgré les récentes victoires, soulignant les tensions internes sur la stratégie et le message à faire passer.
Les dirigeants du parti tentent de canaliser le sentiment anti-Trump vers une participation électorale soutenue, en particulier parmi les électeurs des banlieues et les jeunes, qui se sont révélés décisifs lors des derniers cycles électoraux.
Le contraste entre l'amélioration des résultats des démocrates lors des élections spéciales et le mécontentement général au sein de l'électorat souligne l'imprévisibilité de l'humeur à l'approche d'une année électorale à mi-mandat où les enjeux sont importants.
Un paysage politique instable
De son côté, Trump se prépare déjà activement pour les prochaines batailles électorales. Il a fait état d'un budget électoral colossal et continue de soutenir les candidats qui partagent son programme, cherchant à influencer les primaires républicaines et à renforcer la loyauté au sein du parti.
Ses apparitions publiques prennent de plus en plus le ton d'une campagne électorale, axée sur le ralliement de ses partisans et les attaques contre les dirigeants démocrates. À l'approche des élections de mi-mandat, la dynamique qui se dessine est claire : l'analyse des données de CNN suggère une victoire écrasante potentielle dans le cadre d'un hypothétique nouveau scrutin, tandis que la baisse de popularité de Trump et les récentes victoires des démocrates créent un paysage politique instable.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/kamala-harris-remporterait-un-match-revanche-contre-trump/ar-AA1X3xPz
En effet, le livre dont vous parlez m'a l'air passionnant ! En tout cas très pertinent.
Amicalement
Zelenskyy alerte : le spectre d’un conflit mondial
Les citoyens britanniques préoccupés pourraient bien tourner leur regard vers une « liste de frappe » russe qui a fuité, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la Troisième Guerre mondiale avait déjà commencé. Cette déclaration intervient dans un contexte où les tensions géopolitiques atteignent peut-être un sommet historique, suscitant une inquiétude palpable au Royaume-Uni.
Le président ukrainien a suggéré plus tôt cette semaine que son adversaire russe, Vladimir Poutine, avait déclenché un conflit mondial et qu’il devait impérativement être arrêté. Depuis l’invasion initiale de l’Ukraine par la Russie en 2022, le pays dirigé par Poutine a été accusé à plusieurs reprises de tester la détermination de l’OTAN face à une éventuelle troisième guerre mondiale, notamment lorsque des drones et des avions ont violé l’espace aérien d’autres pays membres de l’Alliance.
Le Royaume-Uni, qui soutient l’Ukraine de manière vocale depuis longtemps tout en imposant de nombreuses sanctions économiques à la Russie, se retrouve ainsi en première ligne. Il ne serait donc pas surprenant de voir le territoire britannique ciblé si d’autres nations venaient à s’impliquer officiellement dans les combats, une perspective renforcée par la diffusion de cette liste de cibles potentielles.
Une pression nécessaire : la position de Kiev
S’exprimant au micro de la BBC, Volodymyr Zelenskyy a rejeté l’idée selon laquelle la cession de territoires ukrainiens pourrait conduire à un cessez-le-feu. Il a suggéré que la seule manière d’arrêter Vladimir Poutine passait par une pression militaire et économique intense, écartant toute solution diplomatique qui impliquerait un abandon de souveraineté.
Le président ukrainien a tenu des propos sans équivoque concernant la situation actuelle. Il a déclaré : « Je crois que Poutine l’a déjà commencée [la Troisième Guerre mondiale]. La question est de savoir quelle quantité de territoire il sera capable de saisir et comment l’arrêter… La Russie veut imposer au monde un mode de vie différent et changer les vies que les gens ont choisies pour eux-mêmes. »
Cette analyse souligne la conviction de Kiev que le conflit dépasse largement les frontières de l’Ukraine. Pour Zelenskyy, l’enjeu n’est pas seulement territorial, mais civilisationnel, la Russie cherchant selon lui à redéfinir l’ordre mondial et les choix de vie des populations libres.
La riposte de Rogozine aux propos de Ben Wallace
L’année dernière, l’ancien vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine a envoyé un avertissement menaçant au Royaume-Uni, partageant même une carte des zones qui pourraient être ciblées par la Russie. Il a publié cette image à la suite des commentaires formulés par l’ancien secrétaire à la Défense britannique, Ben Wallace, après que ce dernier a exhorté l’Occident à rendre la Crimée « inhabitable et non viable du point de vue russe ».
Ben Wallace avait alors déclaré : « L’Ukraine n’a pas besoin d’envahir la péninsule (ce qui, je l’admets, serait incroyablement difficile, voire impossible), mais elle devrait l’étouffer à mort. » Ces propos ont provoqué une réaction immédiate de Moscou, matérialisée par la publication de cette carte soulignant les cibles potentielles au Royaume-Uni en cas de Troisième Guerre mondiale, accompagnée d’un message cinglant.
Dmitri Rogozine a répliqué en ces termes : « L’ancien ministre britannique de la Défense Ben Wallace sur ce que Kiev et ses alliés de l’OTAN devraient faire pour mettre fin aux actions militaires : ‘Nous devons aider l’Ukraine à acquérir des capacités à longue portée pour rendre la Crimée inhabitable. Nous devons étrangler la Crimée’. Ce qu’un ministre sobre a à l’esprit, un ancien l’a sur la langue. Cependant, il est même bon qu’ils révèlent leurs véritables intentions. Il est utile de lire ceci pour ceux d’entre nous qui considèrent encore la paix avec les agresseurs impérialistes comme possible. »
Cibles identifiées : Écosse et Irlande du Nord
La liste complète des cibles présumées identifie des sites stratégiques majeurs en Écosse et en Irlande du Nord. À Glasgow, les installations de BAE Systems, Rolls-Royce et Thales sont explicitement mentionnées. Édimbourg figure également sur la liste avec la présence de Leonardo, tout comme Rosyth, qui abrite les activités de Babcock et QinetiQ.
En Irlande du Nord, la ville de Belfast est ciblée pour les sites de Harland & Wolff, Spirit Aerosystems et Thales. Une localité plus petite, Fivemiletown, est également citée en raison de la présence de l’entreprise Cooneen Defence.
Ces désignations montrent une connaissance précise du tissu industriel de défense britannique. La concentration de ces sites dans le nord du Royaume-Uni souligne l’importance stratégique de ces régions pour l’effort de défense national et international.
Cibles identifiées : Nord de l’Angleterre et Midlands
Le nord de l’Angleterre et les Midlands abritent une densité importante de cibles selon la carte diffusée. Barrow-in-Furness est listée pour BAE Systems, tandis que Bolton l’est pour MBDA. La ville de Telford apparaît en raison de RBSL, et Derby pour les usines Rolls-Royce. Sheffield est également visée pour Sheffield Forgemasters.
La liste continue avec Warton & Samlesbury, sites majeurs de BAE Systems, ainsi que Newton Aycliffe pour Octric Semiconductors. La région de Tyne & Wear est mentionnée pour la présence conjointe de BAE Systems et Leonardo.
Cette énumération couvre un large éventail de capacités militaires, allant de la construction navale à l’aérospatiale en passant par les semi-conducteurs, démontrant que l’infrastructure industrielle civile et militaire est considérée comme un tout par les stratèges russes.
Cibles identifiées : Pays de Galles et Ouest
Le Pays de Galles et l’ouest de l’Angleterre ne sont pas épargnés par les menaces russes. Aberporth est cité pour QinetiQ et Tekever, tandis que Merthyr Tydfil l’est pour General Dynamics. Glascoed figure aussi sur la liste pour ses installations BAE Systems.
La ville de Bristol représente une concentration particulièrement élevée de cibles potentielles. La liste y recense Airbus, BAE Systems, GKN Aerospace, Leonardo, MBDA, QinetiQ et Rolls-Royce. Cette densité fait de la ville un point névralgique sur la carte publiée par Rogozine.
Ces sites sont cruciaux pour la chaîne d’approvisionnement de la défense britannique. Leur inclusion dans cette liste publique vise probablement à créer un sentiment de vulnérabilité au sein des populations locales et des travailleurs de ces industries.
Cibles identifiées : Londres et le Sud
Le sud de l’Angleterre et la capitale concentrent également des objectifs stratégiques de premier plan. HMNB Devonport est listé pour Babcock, et Yeovil pour Leonardo. Le site sensible d’Aldermaston, connu pour l’AWE (Atomic Weapons Establishment), est explicitement nommé.
Londres figure sur la liste avec les entreprises Helsing et Palantir. Stevenage est ciblée pour Airbus et MBDA, et Ampthill pour Lockheed Martin. Ces localisations complètent le tableau d’une menace qui couvrirait l’ensemble du territoire britannique.
Pour conclure son message menaçant, Dmitri Rogozine a adressé un conseil direct et glaçant à ses compatriotes fortunés. Il a déclaré : « Et mon conseil à nos oligarques [russes] : n’envoyez pas vos enfants étudier en Angleterre ! C’est mortellement dangereux. »
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/liste-de-frappe-russe-et-troisi%C3%A8me-guerre-mondiale-les-cibles-britanniques-r%C3%A9v%C3%A9l%C3%A9es/ar-AA1X2tyA
La tension entre Donald Trump et Robert De Niro a franchi un nouveau cap. L’ancien président des États-Unis a publiquement menacé d’expulser l’acteur emblématique, l’accusant de souffrir du « syndrome de dérangement lié à Trump ». Cette passe d’armes fait suite à une série de critiques virulentes de la part de l’acteur, notamment lors d’un événement organisé en marge du discours sur l’état de l’Union.
Le conflit s’est envenimé sur les réseaux sociaux, où Donald Trump a qualifié les propos de l’acteur de « sérieusement criminels ». Une escalade verbale qui s’inscrit dans un contexte de forte polarisation politique aux États-Unis, opposant frontalement une figure politique majeure et une icône d’Hollywood.
Deux discours, deux visions de l’Amérique
Tout a commencé le mardi 24 février, lors du traditionnel discours sur l’état de l’Union. Donald Trump s’est exprimé pendant une heure et quarante-sept minutes, signant ainsi le plus long discours de l’histoire de cet événement. Devant le Congrès, il a abordé des sujets comme l’Iran, les tarifs douaniers et l’économie. La présence de l’équipe de hockey américaine, médaillée d’or, a également été remarquée.
Mais pendant que le président parlait, un contre-événement se tenait : « The State of the Swamp » (L’état du marécage). Organisé par Defiance.org, il visait à « défier les abus de pouvoir de Donald Trump, en incluant des officiels qui ont précédemment conseillé Trump ». En tête d’affiche, l’acteur Robert De Niro, entouré de personnalités comme Don Lemon et Mark Ruffalo. C’est dans ce contexte que la confrontation a pris de l’ampleur.
Robert De Niro, critique sans concession de Trump
Robert De Niro, âgé de 82 ans et originaire de New York, n’a jamais caché son opposition à Donald Trump au cours de la dernière décennie. Ses critiques se sont intensifiées récemment. La veille du discours présidentiel, dans le podcast de MSNBC « The Best People with Nicole Wallace », il n’a pas mâché ses mots : « C’est un idiot. On doit se débarrasser de lui. Il va ruiner le pays. »
L’acteur de Goodfellas a poursuivi en visant les partisans de Trump : « Je ne veux pas que tout le monde se promène avec son MAGA, les drapeaux américains, comme s’ils étaient les seuls. Nous sommes aussi des Américains. » Lors de son discours émouvant à l’événement « State of the Swamp », il a enfoncé le clou en décrivant le président comme étant « défaillant, vacillant et désespéré ».
La réponse cinglante de Trump sur Truth Social
La réaction de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. Sur son réseau social, Truth Social, il s’est lancé dans une diatribe enflammée, qualifiant l’acteur de Heat de « dément ». Il a d’abord proposé d’expulser les représentantes Ilhan Omar et Rashida Tlaib, qu’il a traitées de « folles » pour avoir quitté le Capitole en criant pendant son discours.
Puis il s’en est pris directement à l’acteur : « Elles devraient en fait monter sur un bateau avec Robert De Niro, le Dérangé par Trump, une autre personne malade et démente avec, je crois, un QI extrêmement bas, qui n’a absolument aucune idée de ce qu’il fait ou dit — dont une partie est sérieusement CRIMINELLE ! ». Trump a continué en comparant l’acteur à une autre de ses cibles, la comédienne Rosie O’Donnell. « Quand je l’ai vu fondre en larmes hier soir, un peu comme un enfant le ferait, j’ai réalisé qu’il est peut-être encore plus malade que Crazy Rosie O’Donnell, qui est en ce moment en Irlande en train d’essayer de comprendre comment revenir dans nos magnifiques États-Unis. »
Il a ajouté que « la seule différence » entre l’acteur et la comédienne est qu’elle est « probablement un peu plus intelligente ». Son message s’est conclu sur une note triomphante : « La bonne nouvelle est que l’Amérique est maintenant plus Grande, Meilleure, plus Riche et plus Forte que jamais, et ça les rend absolument fous !
Le « Trump Derangement Syndrome », une arme rhétorique
Au cœur de l’attaque de Trump se trouve l’expression « Trump derangement » ou « Trump Derangement Syndrome ». Ce terme, inventé par les partisans de la mouvance MAGA, est fréquemment utilisé pour décrire les critiques de Donald Trump. Il s’agit en réalité d’une adaptation du « Bush derangement syndrome », une expression conçue par le chroniqueur conservateur Charles Krauthammer en 2003, durant la présidence de George W. Bush.
Le psychologue Brad Brenner, du Therapy Group of DC, a analysé ce phénomène. Selon lui, cette expression « discrédite plutôt qu’elle ne décrit, et son existence même montre comment le langage politique peut brouiller la frontière entre la perspicacité clinique et l’insulte partisane ». Donald Trump lui-même a régulièrement employé cette formule pour qualifier ses opposants politiques. Il avait notamment suscité une vive controverse en affirmant que le décès du cinéaste Rob Reiner était lié au « syndrome de dérangement lié à Trump ».
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/donald-trump-menace-d-expulser-robert-de-niro-pour-syndrome-de-d%C3%A9rangement-trump/ar-AA1X7EjV?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=69a06f1e94af4a58a683c8355fa56328&ei=8
Quel mépris il a pour les personnes, quelquefois, ce TRUMP, vivement qu'il dégage. Bonne soirée.
Moscou perd son flanc sud — Comment les frappes sur l'Iran isolent la Russie
Alabuga : la ligne de production qui tourne sans Téhéran
La première réaction instinctive est de penser que les frappes sur l’Iran vont assécher l’approvisionnement en drones Shahed de la Russie. La réalité est plus nuancée. L’usine d’Alabuga, dans la république du Tatarstan, a été construite avec l’aide iranienne pour assembler des drones de conception Shahed sur le sol russe. Mais en 2026, cette usine a largement dépassé sa matrice iranienne. Le PDG Timur Shagivaleev affirme que 90 pour cent des étapes de production sont désormais localisées. Les barres d’aluminium arrivent, les moteurs sont fabriqués sur place, la microélectronique est assemblée à partir de puces, les fuselages sont moulés en fibre de carbone.
Les chiffres sont vertigineux. En janvier 2026, Zelensky alertait que la Russie avait atteint une capacité de production de 500 drones Shahed par jour — avec l’objectif de doubler d’ici la fin de l’année. Les derniers modèles récupérés en Ukraine sont équipés de moteurs chinois, pas iraniens. La Russie est passée d’un assembleur de kits iraniens à un producteur autonome de drones kamikazes. Et pourtant, cette autonomie a des limites que les chiffres ne montrent pas.
La Russie fabrique 500 drones par jour dans une usine que l’Iran lui a appris à construire. C’est comme un élève qui a dépassé le maître — sauf que le maître avait d’autres leçons à donner. Des leçons de missiles, de défense aérienne, d’intelligence militaire. Des leçons que l’usine d’Alabuga, aussi impressionnante soit-elle, ne remplace pas.
Ce qu’Alabuga ne produit pas
Les drones Shahed ne sont qu’une fraction de ce que l’Iran fournit à la Russie. Le vrai enjeu est ailleurs. L’Iran a secrètement signé un accord en décembre 2025 pour livrer 500 lanceurs Verba avec 2 500 missiles sol-air à guidage infrarouge — un système de défense anti-aérienne portatif qui change la donne sur le champ de bataille ukrainien. L’Iran fournit des missiles balistiques Fath-360 pour les lanceurs de terrain. L’Iran développe avec la Russie des améliorations sur ses missiles existants — nouveaux radars, lignes de production souterraines, sites de lancement enterrés.
Et il y a le Su-35. La Russie devait livrer 48 chasseurs Su-35 — des avions de génération 4++ — à l’Iran à partir de 2026. En échange, l’Iran fournissait des composants, du renseignement et un accès logistique. Ce pipeline bilatéral d’armement, patiemment construit depuis 2022, est maintenant menacé. Un Iran sous les bombes ne peut pas recevoir des Su-35. Un Iran dont les installations militaires sont ciblées ne peut pas produire des Fath-360 au rythme prévu. Et pourtant, la Russie avait intégré ces livraisons dans ses plans de guerre pour 2026-2027.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/analyse-moscou-perd-son-flanc-sud-comment-les-frappes-sur-l-iran-isolent-la-russie/ss-AA1Xh8hz?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69a3f6edc042487fa2db5c72de9a3341&ei=14#image=2
La Chine piégée par Ormuz, quand frapper l'Iran, c'est viser Pékin
Le pétrole iranien : l'oxygène de l'économie chinoise
90 pour cent d’un pays sous les bombes
Les importations chinoises de pétrole iranien ont augmenté de 400 pour cent entre 2021 et 2025. En quatre ans, la Chine est passée de client occasionnel à client quasi exclusif de l’Iran. Cette dépendance mutuelle fonctionne comme un mariage forcé par les sanctions : l’Iran ne peut vendre qu’à la Chine parce que personne d’autre n’ose défier Washington. La Chine achète à l’Iran parce que le brut iranien est moins cher — vendu avec un rabais de 10 à 15 dollars par baril par rapport aux prix du marché.
Ce rabais n’est pas un cadeau. C’est le prix de l’isolement. L’Iran vend à perte parce qu’il n’a pas le choix. La Chine achète avec plaisir parce qu’elle économise des milliards. Et pourtant, cette relation que les deux pays présentaient comme un partenariat stratégique vient de révéler sa fragilité. Le 28 février, quand les bombes tombaient sur les installations iraniennes, la Chine n’a pas envoyé de navires de guerre pour protéger ses livraisons. Elle n’a pas menacé de représailles économiques. Elle a commencé à chercher des fournisseurs alternatifs.
Le pétrole iranien pour la Chine, c’est comme l’eau du robinet pour un citadin. On n’y pense pas tant qu’elle coule. On ne réalise sa valeur que quand elle s’arrête. Le 28 février, le robinet iranien a commencé à se fermer. Et Pékin découvre que les alternatives coulent en dollars, pas en yuan.
Le yuan contre le dollar : la vraie guerre
Ce qui rend le pétrole iranien stratégiquement vital pour la Chine n’est pas son volume. C’est sa devise. L’Iran accepte le yuan. C’est l’un des rares producteurs de pétrole au monde à vendre en monnaie chinoise. Pour Pékin, chaque baril payé en yuan est une victoire dans la guerre silencieuse contre le pétrodollar — le système par lequel les États-Unis contrôlent le commerce énergétique mondial depuis l’accord avec l’Arabie saoudite en 1974.
Le pétrodollar fonctionne selon une logique simple : si tout le monde doit acheter du pétrole en dollars, tout le monde doit détenir des dollars. Ce qui crée une demande permanente pour la monnaie américaine. Ce qui permet aux États-Unis d’emprunter à des taux bas. Ce qui finance leur armée, leur dette, leur hégémonie. Chaque pays qui vend du pétrole en yuan est une fissure dans ce système. L’Iran était la plus grande fissure. Et pourtant, en le frappant, Washington ne fait pas que détruire des centrifugeuses. Il colmate cette fissure.
33 kilomètres qui valent des billions
Le détroit d’Ormuz — 33 kilomètres à son point le plus étroit — est le passage obligé de 20 millions de barils de pétrole par jour. C’est 20 pour cent de la consommation mondiale. La Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud absorbent ensemble 69 pour cent de tout le brut qui traverse ce goulet d’étranglement. Pour Pékin en particulier, Ormuz est une vulnérabilité existentielle. Si le détroit ferme — blocus, mines, conflit naval — les raffineries chinoises s’arrêtent. Les usines ralentissent. L’économie suffoque. En semaines, pas en mois.
Washington le sait. Et Washington contrôle Ormuz. La 5e Flotte américaine à Bahreïn, les bases d’Al Udeid au Qatar, d’Al Dhafra aux Émirats, d’Al Salem au Koweït — tout ce dispositif forme un anneau autour du détroit. Les frappes sur l’Iran ne visent pas seulement à détruire un programme nucléaire. Elles visent à s’assurer que la seule puissance militaire capable de fermer Ormuz — l’Iran — ne puisse plus le faire. Et pourtant, si l’Iran perd cette capacité de nuisance, c’est la Chine qui perd son levier. Parce que tant que l’Iran menaçait de fermer Ormuz, les États-Unis devaient négocier. Sans cette menace, ils n’ont plus besoin de négocier avec personne.
Ormuz est un robinet. L’Iran avait la main sur ce robinet. Pas pour le fermer — pour menacer de le fermer. Cette menace forçait Washington à calculer, à tempérer, à négocier. Les frappes du 28 février ont retiré la main iranienne du robinet. Et maintenant, c’est Washington qui contrôle le débit. Pour la Chine, c’est comme découvrir que votre alimentation en eau dépend entièrement de quelqu’un qui ne vous aime pas.
La marine chinoise : puissante mais au mauvais endroit
La marine chinoise est devenue la plus grande du monde en nombre de navires. Plus de 370 bâtiments de combat. Des destroyers modernes, des sous-marins nucléaires, des porte-avions. Mais cette armada opère dans le Pacifique — en mer de Chine méridionale, autour de Taiwan, dans le Pacifique occidental. Elle n’a aucune présence significative dans le Golfe Persique. Aucune base. Aucun réseau logistique. Aucune capacité de projection à 8 000 kilomètres de ses côtes.
C’est le dilemme de Malacca — du nom du détroit d’Asie du Sud-Est par lequel transite 80 pour cent du pétrole chinois importé. La Chine dépend de deux goulets d’étranglement maritimes qu’elle ne contrôle pas : Malacca et Ormuz. Les deux sont sous surveillance américaine. Les deux peuvent être fermés par la marine américaine en cas de conflit. Et la Chine n’a aucun moyen de les forcer sans déclencher une guerre qu’elle n’est pas prête à mener. Et pourtant, ce piège géographique est connu depuis vingt ans. Pékin a tenté des solutions — pipelines terrestres via le Myanmar et le Pakistan, Route de la Soie maritime — mais aucune ne remplace le volume qui passe par mer.
Les investissements qui partent en fumée
La Belt and Road Initiative — la Nouvelle Route de la Soie — est le projet géopolitique le plus ambitieux du XXIe siècle. Des billions de dollars d’investissements dans les infrastructures à travers l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique. L’Iran était un maillon central de ce réseau. Sa position géographique — entre l’Asie centrale et le Golfe Persique — en faisait un corridor naturel pour les routes commerciales terrestres que Pékin construisait comme alternative aux voies maritimes vulnérables.
Les frappes du 28 février mettent ces investissements en péril. Un Iran déstabilisé — politiquement fragile, économiquement asphyxié, militairement dégradé — n’est plus un partenaire fiable pour des projets d’infrastructure sur trente ans. Les entreprises chinoises qui avaient investi dans les ports, les chemins de fer et les zones économiques iraniennes calculent maintenant leurs pertes. Le port de Chabahar, censé être la réponse chinoise à Dubaï, risque de rester un projet plutôt qu’une réalité.
La Belt and Road était censée libérer la Chine de sa dépendance maritime. L’Iran en était la pièce maîtresse au Moyen-Orient. En frappant l’Iran, Washington ne détruit pas seulement des centrifugeuses nucléaires. Il fait sauter un maillon de la chaîne que Pékin construisait patiemment depuis une décennie. Chaque bombe sur Téhéran est un coup de marteau sur la Route de la Soie.
Le corridor terrestre coupé
Pékin avait un plan B pour contourner Ormuz : des pipelines terrestres. Le corridor Chine-Pakistan (CPEC), d’une valeur de 62 milliards de dollars, devait créer une route directe entre l’océan Indien et la Chine occidentale. Le pipeline Chine-Myanmar transporte déjà du pétrole du Golfe du Bengale vers le Yunnan. Mais ces alternatives restent marginales — elles transportent une fraction de ce qui passe par mer. Et elles traversent des zones instables : le Baloutchistan au Pakistan, l’État Shan au Myanmar.
L’Iran offrait un troisième corridor — terrestre, direct, connectant le Golfe Persique à l’Asie centrale et à la Chine via le Turkménistan et le Kazakhstan. Cette route est maintenant compromise. Un Iran sous pression militaire américaine n’est pas un pays à travers lequel on fait passer des billions de dollars de marchandises. Et pourtant, sans ce corridor, Pékin reste prisonnier de la mer. Prisonnier d’Ormuz. Prisonnier de la marine américaine.
Pourquoi Pékin n’a rien fait
Brian Hart du CSIS a résumé la position chinoise en deux mots : préservation de soi. La Chine n’a pas défendu l’Iran parce que le coût de l’intervention dépassait le coût de l’inaction. Intervenir militairement signifierait une confrontation directe avec les États-Unis — une guerre que la Chine n’est pas prête à mener en 2026. Sanctionner économiquement Washington signifierait couper les échanges commerciaux qui représentent des centaines de milliards de dollars par an. Même une protestation diplomatique trop forte risquerait de provoquer des sanctions américaines contre des entreprises chinoises.
Et pourtant, l’inaction a un coût. Chaque allié que la Chine abandonne est un signal envoyé aux autres. L’Iran a vu. La Corée du Nord a vu. Les pays d’Asie du Sud-Est qui hésitent entre Washington et Pékin ont vu. Le message est clair : en cas de crise, la Chine calcule avant de protéger. Elle ne se bat pas pour ses alliés. Elle se bat pour ses intérêts. Et quand les intérêts commandent de rester silencieux, elle reste silencieuse.
Le pacte stratégique trilatéral de janvier 2026 — signé un mois avant les bombes — promettait une coopération sans précédent entre Pékin, Moscou et Téhéran. Un mois plus tard, quand les frappes ont commencé, ce pacte est devenu ce qu’il était depuis le début : un document. Du papier. De l’encre. Et pourtant, des deux côtés de Téhéran, on avait cru que ce papier valait quelque chose. La leçon du 28 février est brutale : les pactes ne protègent que ceux qui ont les moyens de les défendre.
Le dilemme qui vient
La vraie question pour Pékin n’est pas ce qui s’est passé le 28 février. C’est ce qui vient après. Si les États-Unis peuvent frapper l’Iran — allié stratégique formel de la Chine — sans que Pékin ne réagisse, qu’est-ce qui les empêche de faire la même chose avec d’autres partenaires chinois ? Les pays qui commercent avec la Chine en yuan savent maintenant que Pékin ne les protégera pas. Les pays qui envisageaient de rejoindre la Belt and Road savent que les investissements chinois ne viennent pas avec une garantie de sécurité.
C’est le paradoxe de la puissance chinoise en 2026. Pékin a la deuxième armée du monde, la deuxième économie du monde, et la plus grande marine du monde. Et pourtant, quand son allié est frappé, il ne peut que regarder. Parce que la puissance militaire chinoise est concentrée dans le Pacifique. Parce que l’économie chinoise dépend du commerce avec les États-Unis. Et parce que la Chine n’a pas encore atteint le seuil de confiance stratégique nécessaire pour défier Washington ouvertement.
Nettoyer le Moyen-Orient avant le Pacifique
La National Defense Strategy de 2026 ne laisse aucune ambiguïté. Le Pacifique est la priorité. Le Moyen-Orient est secondaire. Cette hiérarchie explique tout : les frappes massives sur l’Iran ne sont pas une escalade. Ce sont une clôture. Washington ferme le dossier iranien — rapidement, brutalement, définitivement — pour pouvoir se concentrer sur le théâtre qui compte : le détroit de Taiwan.
Xi Jinping a ordonné à l’APL d’être prête pour 2027. Les États-Unis construisent des pistes d’atterrissage sur des îles du Pacifique. Les semi-conducteurs de TSMC — dont dépend l’industrie mondiale — sont au cœur des calculs. Chaque soldat libéré du Moyen-Orient est un soldat disponible pour le Pacifique. Chaque dollar économisé sur les opérations iraniennes est un dollar investi dans la dissuasion face à la Chine.
L’Iran croit que cette guerre est à propos de lui. De son programme nucléaire. De ses proxies. De son régime. Mais l’Iran n’est qu’une case à cocher sur une liste plus longue. La vraie ligne d’arrivée n’est pas Téhéran. C’est Taipei. Et chaque missile tombé sur l’Iran est un message envoyé par-dessus le Pacifique : nous avons les mains libres maintenant. À votre tour.
Le piège énergétique comme arme
Si un conflit éclate autour de Taiwan, la première arme américaine ne sera pas militaire. Elle sera énergétique. Un blocus naval du détroit de Malacca couperait 80 pour cent des importations pétrolières chinoises. La fermeture d’Ormuz — ou simplement l’interruption des livraisons iraniennes — ajouterait une couche de pression supplémentaire. Les réserves stratégiques chinoises — estimées à environ 90 jours de consommation — s’épuiseraient en trois mois.
En neutralisant l’Iran et en renforçant son contrôle sur Ormuz, Washington se positionne pour utiliser l’énergie comme levier coercitif contre la Chine dans un scénario taiwanais. Ce n’est pas de la spéculation. C’est de la planification. Les wargames du Pentagone incluent systématiquement un volet blocus énergétique dans les scénarios de conflit avec la Chine. Et pourtant, chaque jour qui passe sans que Pékin ne trouve une alternative crédible à Ormuz est un jour où ce piège se resserre.
Accélérer la transition énergétique
La Chine a un avantage que peu de pays possèdent : elle est déjà le leader mondial des énergies renouvelables. Plus de 60 pour cent de la capacité solaire mondiale est chinoise. Les véhicules électriques chinois dominent le marché mondial. Les investissements dans le nucléaire civil sont massifs. Mais la transition prend du temps. En 2026, la Chine reste dépendante des hydrocarbures pour plus de 50 pour cent de son mix énergétique. Et les usines, les navires et les avions ne fonctionnent pas au solaire.
Les frappes sur l’Iran pourraient paradoxalement accélérer cette transition. Si Pékin conclut que sa dépendance au pétrole du Golfe est une vulnérabilité existentielle — ce qu’elle est — les investissements dans les alternatives pourraient augmenter massivement. Mais entre la décision politique et la capacité industrielle, il y a un fossé de dix à quinze ans. Et pourtant, c’est dans ce fossé que se joue la confrontation avec Washington.
La Chine construit le futur plus vite que quiconque. Panneaux solaires, batteries, voitures électriques, réacteurs nucléaires — Pékin a compris que l’énergie est le champ de bataille du XXIe siècle. Mais le futur n’arrive pas assez vite. Et entre aujourd’hui et le jour où la Chine sera libérée du pétrole, il y a Ormuz. Il y a la marine américaine. Et il y a un détroit de 33 kilomètres qui vaut plus que tous les traités du monde.
Se tourner vers la Russie
L’alternative la plus immédiate est le pétrole russe. Les raffineries chinoises se tournent déjà vers Moscou — les importations de brut russe ont atteint 1,5 million de barils par jour au premier semestre 2025. Mais le pétrole russe a ses propres limites. Les pipelines existants — le ESPO (Eastern Siberia-Pacific Ocean) et le pipeline sino-russe — fonctionnent déjà à pleine capacité. Augmenter le volume nécessiterait des années de construction d’infrastructures nouvelles.
Et il y a un autre problème : la fiabilité. La Russie est en guerre. Son économie est sous sanctions. Sa capacité de production pétrolière est sous pression. Remplacer le pétrole iranien par du pétrole russe, c’est remplacer un fournisseur bombardé par un fournisseur sanctionné. Dans les deux cas, la Chine dépend d’un pays en conflit avec Washington pour son approvisionnement vital. Et pourtant, c’est peut-être la seule option à court terme.
Les petits pays qui calculent
Les frappes sur l’Iran envoient un message qui dépasse le Moyen-Orient. En Asie du Sud-Est, des pays comme les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam et la Malaisie naviguent depuis des années entre Washington et Pékin. Ils acceptent les investissements chinois tout en maintenant des liens de sécurité avec les États-Unis. Ils jouent les deux côtés. Le 28 février leur montre le coût de ce jeu : si vous êtes allié de la Chine et que Washington décide de vous frapper, Pékin ne viendra pas à votre secours.
Ce message est particulièrement toxique pour l’ambition chinoise. Si Pékin ne peut pas protéger un allié au Moyen-Orient, comment pourrait-il protéger des partenaires en Asie du Sud-Est ? Comment les pays qui envisagent de s’éloigner de Washington pour se rapprocher de Pékin peuvent-ils avoir confiance ? Et pourtant, ce paradoxe est au cœur de la stratégie américaine : en démontrant l’impuissance chinoise face aux frappes sur l’Iran, Washington fragilise l’influence de Pékin partout dans le monde.
La géopolitique est un marché de la confiance. Les pays achètent la protection de la puissance qui les rassure le plus. Le 28 février, la marque « protection chinoise » a pris un coup. Pas fatal. Mais mesurable. Les petits pays d’Asie qui hésitaient entre les deux géants ont vu ce que valait un pacte stratégique avec Pékin quand les bombes tombent. Et certains ont commencé à recalculer.
Le yuan qui recule
L’une des conséquences les moins médiatisées des frappes est l’impact sur l’internationalisation du yuan. Pékin travaille depuis des années à faire de sa monnaie une alternative au dollar dans le commerce international. L’Iran était un laboratoire — un pays majeur qui vendait du pétrole en yuan, prouvant que le système était viable. Si l’Iran est neutralisé, ce laboratoire ferme. Et les autres pays qui envisageaient de vendre en yuan — l’Arabie saoudite, les Émirats, la Russie — pourraient hésiter.
Le pétrodollar survit non pas parce qu’il est meilleur. Il survit parce que l’alternative est risquée. L’Iran a vendu en yuan et a été frappé. La corrélation n’est pas la causalité. Mais dans le monde feutré de la diplomatie pétrolière, le message est reçu. Vendre du pétrole en yuan, c’est peindre une cible sur son dos.
Conclusion : Le siècle du piège énergétique
Ce que Pékin savait et n’a pas empêché
Les services de renseignement chinois savaient. Les exercices navals conjoints avec l’Iran et la Russie en février 2026 — dans le golfe d’Oman, à quelques centaines de kilomètres des futures frappes — n’étaient pas un hasard. Le pacte trilatéral de janvier n’était pas un hasard. Pékin avait vu les signes. Les 50 000 soldats américains au Moyen-Orient. Le déploiement d’un groupe aéronaval supplémentaire. Les déclarations de Trump. Tout pointait vers une frappe. Et pourtant, Pékin n’a pas protégé son allié. Parce que le protéger signifiait confronter Washington. Et Pékin n’était pas prêt.
C’est le paradoxe de la puissance chinoise en 2026. Assez forte pour signer des pactes. Trop prudente pour les honorer. Assez riche pour investir des billions dans la Belt and Road. Trop vulnérable pour protéger les pays dans lesquels elle investit. Assez grande pour rêver de remplacer le dollar. Trop dépendante du pétrole qui se paie en dollars pour faire ce rêve devenir réalité.
La Chine est un géant avec les pieds dans le pétrole. Et le pétrole coule à travers des détroits qu’elle ne contrôle pas, depuis des pays qu’elle ne peut pas protéger, payé dans une monnaie qu’elle n’a pas encore réussi à remplacer. Le 28 février a rappelé à Pékin cette vérité que tous les discours sur le « siècle chinois » tentent de masquer : celui qui contrôle l’énergie contrôle le monde. Et en 2026, ce n’est pas la Chine qui contrôle l’énergie.
La course contre la montre
Pékin a un plan. La transition énergétique. Les pipelines terrestres. L’internationalisation du yuan. La modernisation navale. Tout converge vers un objectif : se libérer du piège d’Ormuz d’ici 2035. Mais Washington a aussi un calendrier. 2027 pour Taiwan. Les frappes sur l’Iran ne sont pas un événement isolé. Ce sont un mouvement d’ouverture dans une partie d’échecs qui se joue entre deux puissances qui savent toutes les deux que le temps ne leur est pas allié.
Le monde regarde cette partie avec l’angoisse de quelqu’un qui sait que l’enjeu dépasse les deux joueurs. Parce que si cette partie dérape — si les calculs de Washington ou de Pékin se révèlent erronés — ce ne sont pas deux pays qui perdent. C’est la planète entière. Et le détroit d’Ormuz, ces 33 kilomètres d’eau entre l’Iran et le sultanat d’Oman, aura été le point de basculement. Le lieu où l’histoire du XXIe siècle a changé de direction.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/analyse-la-chine-pi%C3%A9g%C3%A9e-par-ormuz-quand-frapper-l-iran-c-est-viser-p%C3%A9kin/ss-AA1XgFim?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69a3f640ae454289b02dd2c16f754cce&ei=8#image=9
Le détroit d’Hormuz — quand les sous-marins moustiques de l’Iran défient la marine américaine
La géographie comme arme : pourquoi Hormuz favorise l'Iran
Les eaux peu profondes — le cauchemar des grands navires
Le détroit d’Hormuz n’est pas l’océan Pacifique. Ses profondeurs varient entre 50 et 90 mètres dans les chenaux navigables. C’est suffisant pour qu’un porte-avions passe. Mais c’est insuffisant pour les manœuvres évasives qui constituent la première défense des grands navires contre les torpilles. Dans un océan ouvert, un porte-avions peut changer de cap, accélérer, zigzaguer. Dans le détroit, il est contraint au chenal.
Et pourtant, ces mêmes eaux peu profondes sont parfaites pour les sous-marins iraniens. Les Ghadir ont été conçus pour opérer dans exactement ce type d’environnement. Leur faible tirant d’eau leur permet de se déplacer dans des zones où les sous-marins nucléaires américains ne peuvent tout simplement pas aller. Le fond marin — rocheux, accidenté, parsemé de formations coralliennes — offre d’innombrables cachettes.
La nature a donné à l’Iran un avantage que des milliards de dollars ne peuvent pas acheter : un détroit étroit, peu profond, avec un fond parfait pour cacher des sous-marins. Les Américains peuvent avoir la meilleure marine du monde. Mais ils ne peuvent pas changer la géographie.
Les courants, la salinité, le bruit ambiant
Les conditions acoustiques du détroit d’Hormuz sont un cauchemar pour la guerre anti-sous-marine. Les variations de température et de salinité créent des couches thermoclines qui dévient les ondes sonar. Le trafic maritime intense — pétroliers, cargos, bateaux de pêche — génère un bruit de fond permanent qui masque la signature acoustique des sous-marins. Chercher un Ghadir dans le détroit d’Hormuz, c’est chercher un murmure dans un stade en plein match.
Les sous-mariniers le savent : la détection sous-marine n’est pas une science exacte. C’est un art. Et dans un environnement aussi bruyant et complexe que le détroit d’Hormuz, même les meilleurs systèmes de la marine américaine peuvent manquer un contact. Un seul contact manqué. C’est tout ce qu’il faut.
Le porte-avions touché : anatomie d'un cauchemar
Le pont d’envol — le talon d’Achille
Un porte-avions de classe Gerald R. Ford transporte plus de 75 aéronefs. C’est une base aérienne flottante capable de projeter une puissance de feu supérieure à celle de la plupart des forces aériennes du monde. Mais toute cette puissance dépend d’une seule chose : le pont d’envol. Sans pont d’envol fonctionnel, les avions ne décollent pas. Les avions n’atterrissent pas. Le porte-avions devient un hôtel flottant de 100 000 tonnes.
Le scénario analysé par les experts est précis. Un missile anti-navire — lancé depuis la côte, un bateau rapide ou un sous-marin — frappe le pont d’envol. Les catapultes électromagnétiques sont endommagées. Les brins d’arrêt sont hors service. Le pont est perforé, peut-être incendié. Le navire ne coule pas — sa conception le rend pratiquement insubmersible — mais il ne peut plus remplir sa mission principale.
Un porte-avions touché. Pas coulé — touché. C’est suffisant. La simple image d’un porte-avions américain en flammes, diffusée sur toutes les chaînes du monde, changerait l’équation géopolitique plus profondément que n’importe quelle victoire militaire. Parce que le porte-avions n’est pas qu’un navire. C’est un symbole. Et les symboles blessés saignent plus fort que les navires.
La campagne continue — sans le pont d’envol
Les planificateurs américains ne sont pas naïfs. Ils savent que le scénario du porte-avions touché est possible. Et ils ont des plans. Le deuxième groupe aéronaval — généralement déployé dans la région — prendrait le relais des opérations aériennes. Les sous-marins nucléaires d’attaque — de classe Virginia où Los Angeles — continueraient de lancer des missiles de croisière Tomahawk. Les destroyers équipés du système Aegis maintiendraient le bouclier anti-missile.
Et pourtant, la perte d’un pont d’envol resterait un coup majeur. Elle réduirait la couverture aérienne. Elle forcerait une redistribution des moyens. Elle créerait des fenêtres de vulnérabilité que l’Iran pourrait exploiter. La machine continuerait de fonctionner, mais à régime réduit. Et dans un conflit où chaque heure compte, régime réduit signifie avantage ennemi.
La doctrine iranienne : la guerre asymétrique poussée à l'extrême
Essaimer, harceler, saturer
L’Iran ne prétend pas pouvoir battre la marine américaine dans un affrontement conventionnel. Ce serait suicidaire. Sa doctrine est différente : infliger des dégâts suffisants pour rendre le coût d’une intervention inacceptable. Pas vaincre l’ennemi. Le décourager. Transformer chaque kilomètre carré du détroit en un champ de mines potentiel, chaque rocher sous-marin en une cachette possible, chaque bateau de pêche en un lanceur de missiles potentiel.
Les sous-marins Ghadir s’inscrivent parfaitement dans cette doctrine. Ils ne cherchent pas le combat naval classique. Ils cherchent le coup unique — la torpille lancée depuis une position indétectable, le mine posée dans le chenal, le harcèlement constant qui force la marine américaine à dépenser une énergie disproportionnée en guerre anti-sous-marine.
David contre Goliath, version navale. Sauf que David a 24 frondes, se cache dans un terrain que Goliath ne connaît pas aussi bien, et n’a pas besoin de gagner — juste de frapper assez fort pour que Goliath réfléchisse à deux fois avant de s’approcher.
Les vedettes rapides — l’autre essaim
Les sous-marins ne sont qu’une partie de l’arsenal asymétrique iranien. Des centaines de vedettes rapides — armées de missiles anti-navires, de roquettes, parfois simplement bourrées d’explosifs — patrouillent les eaux iraniennes. Leur tactique est celle de l’essaim : attaquer simultanément depuis plusieurs directions, submerger les défenses du navire ciblé, accepter des pertes pour qu’une ou deux vedettes passent à travers.
Combinées aux sous-marins, aux batteries côtières de missiles anti-navires et aux drones, ces vedettes créent un environnement opérationnel dans lequel aucun navire n’est vraiment en sécurité. Les Américains appellent ça l’anti-access/area denial — le déni d’accès. En langage simple : rendre un espace maritime tellement dangereux que l’ennemi hésite à y entrer.
Les limites de la flotte iranienne
Diesel-électrique : le silence a un prix
Il serait malhonnête de présenter la menace iranienne sans en reconnaître les limites. Les sous-marins iraniens sont diesel-électriques. Silencieux sur batteries, oui. Mais les batteries s’épuisent. Et quand un sous-marin diesel-électrique doit recharger ses batteries, il doit remonter à profondeur de schnorchel — quelques mètres sous la surface — et faire tourner ses moteurs diesel. Ce moment est sa plus grande vulnérabilité.
Et pourtant, dans les eaux peu profondes du détroit, cette limitation est moins pénalisante. Les distances sont courtes. Un Ghadir peut se positionner, attendre sur batteries, frapper, et regagner les eaux territoriales iraniennes avant que ses réserves ne soient épuisées. La géographie, encore une fois, compense les limitations techniques.
Les experts occidentaux ont tendance à surestimer l’importance de la technologie et à sous-estimer l’importance de la géographie et de la volonté. L’Iran n’a pas besoin de sous-marins nucléaires pour contrôler un détroit de 55 kilomètres. Il a besoin de sous-marins silencieux, de capitaines déterminés, et de la patience de celui qui défend son territoire.
L’entretien — le problème invisible
L’autre faiblesse de la flotte sous-marine iranienne est l’entretien. Les sous-marins Kilo — les plus capables — ont été livrés dans les années 1990. Plus de trente ans de service. Les pièces de réchange sont difficiles à obtenir sous les sanctions. La maintenance repose de plus en plus sur des solutions locales, des adaptations, des bricolages ingénieux mais pas toujours fiables.
Sur les trois Kilo iraniens, il est probable qu’un seul soit pleinement opérationnel à un moment donné. Les autres alternent entre entretien et disponibilité réduite. C’est une réalité que les analystes les plus alarmistes oublient parfois. La menace est réelle. Mais elle n’est pas illimitée.
Les réponses américaines : technologie contre géographie
La guerre anti-sous-marine dans le détroit
La marine américaine n’est pas désarmée face à cette menace. Ses capacités de guerre anti-sous-marine sont les plus développées au monde. Des hélicoptères MH-60R Seahawk équipés de bouées sonar et de torpilles légères. Des avions P-8A Poseidon capables de surveiller de vastes zones maritimes. Des sous-marins nucléaires dont les systèmes sonar sont les plus sensibles au monde.
Mais la technologie à ses limites dans un environnement comme le détroit d’Hormuz. Les bouées sonar sont moins efficaces dans les eaux peu profondes et bruyantes. Les sous-marins nucléaires — trop grands pour les hauts-fonds — doivent opérer dans les chenaux profonds, laissant les eaux côtières aux Ghadir. Et les hélicoptères ne peuvent pas être partout en même temps.
On dépense des milliards pour développer la technologie anti-sous-marine la plus avancée du monde. Puis on l’envoie dans un détroit où les conditions acoustiques la rendent à moitié aveugle. C’est comme envoyer un pilote de Formule 1 sur un chemin de terre. Il a la meilleure voiture. Mais le terrain ne joue pas pour lui.
Les objectifs limités — la sagesse du planificateur
Les planificateurs américains le savent : en cas de conflit avec l’Iran, l’objectif ne serait pas la conquête. Pas de changement de régime. Pas d’invasion terrestre. Des objectifs limités : neutraliser la capacité iranienne de bloquer le détroit, détruire les batteries côtières de missiles, éliminer les sous-marins en mer, et rétablir la liberté de navigation.
Et pourtant, même des objectifs limités dans le détroit d’Hormuz sont extraordinairement complexes. Chaque batterie côtière détruite peut être remplacée par une batterie mobile. Chaque sous-marin coulé laisse 23 autres dans les eaux. Chaque vedette rapide éliminée est compensée par dix autres sorties des ports iraniens. C’est la malédiction de la guerre asymétrique : la supériorité conventionnelle ne garantit pas la victoire rapide.
Le prix du pétrole : l'arme économique ultime
Quand le détroit se ferme, le monde paie
La vraie arme de l’Iran n’est pas ses sous-marins. C’est le prix du pétrole. Chaque escarmouche dans le détroit, chaque mine découverte, chaque alerte au sous-marin fait grimper le cours du brut. Les compagnies d’assurance augmentent les primes pour les pétroliers qui traversent le détroit. Les armateurs cherchent des routes alternatives — plus longues, plus coûteuses. Et ce coût est répercuté sur chaque consommateur de la planète.
L’Iran n’a même pas besoin de fermer le détroit pour infliger des dégâts économiques considérables. Il lui suffit de créer suffisamment d’incertitude pour que les marchés paniquent. Un sous-marin aperçu ici. Une vedette rapide qui s’approche trop d’un pétrolier là. Des exercices militaires annoncés dans la zone. La peur est une arme moins chère que les torpilles. Et souvent plus efficace.
Nous vivons dans un monde où 55 kilomètres d’eau peuvent mettre l’économie mondiale à genoux. Où un sous-marin de 120 tonnes peut faire trembler les cours du pétrole. Où la géographie d’un détroit a plus d’impact que tous les budgets militaires réunis. C’est une leçon d’humilité que les puissances nucléaires feraient bien de méditer.
Les routes alternatives — le mirage de la sécurité
On entend souvent que les routes alternatives rendraient la fermeture du détroit moins catastrophique. L’Arabie saoudite a des pipelines qui contournent le détroit. Les Émirats aussi. Mais ces pipelines n’ont pas la capacité de remplacer le trafic maritime. Et ils sont eux-mêmes vulnérables — aux frappes de missiles, aux sabotages, aux attaques de drones.
La vérité inconfortable est que le détroit d’Hormuz reste irremplaçable. La géographie a créé un point de passage obligé que des décennies d’ingénierie n’ont pas réussi à contourner. Et tant que le monde dépendra du pétrole du Golfe, le détroit restera le goulot d’étranglement le plus dangereux de la planète.
Pourquoi maintenant : le contexte géopolitique
L’Iran sous pression maximale
La question n’est pas nouvelle. Le détroit d’Hormuz est un point de friction depuis des décennies. Mais le contexte actuel rend la situation plus dangereuse que jamais. Les tensions entre Washington et Téhéran sont à un niveau qu’elles n’ont pas atteint depuis l’assassinat du général Soleimani en 2020. Le programme nucléaire iranien avance. Les sanctions américaines étranglent l’économie. Et l’Iran voit dans le détroit sa meilleure carte de négociation.
Si l’Iran est poussé dans ses derniers retranchements — par des sanctions encore plus sévères, par des frappes contre ses installations nucléaires, par une pression militaire accrue — le détroit sera sa réponse. Pas parce qu’il veut la guerre. Mais parce que le contrôle du détroit est le seul levier dont il dispose face à la supériorité militaire écrasante des États-Unis.
On pousse l’Iran dans un coin, et ensuite on s’étonne qu’il regarde vers le seul avantage qu’il possède. Le détroit d’Hormuz n’est pas le problème. C’est le symptôme d’une politique qui ne laisse à l’adversaire aucune porte de sortie — sauf la plus dangereuse.
L’ombre du programme nucléaire
Derrière la question navale se cache la question nucléaire. Si l’Iran acquiert l’arme atomique — ou s’en approche suffisamment pour que la menace devienne crédible — l’équation du détroit change radicalement. Un Iran nucléaire rendrait toute intervention militaire dans le détroit exponentiellement plus risquée. La dissuasion fonctionnerait dans les deux sens.
Et c’est peut-être la vraie raison pour laquelle les analystes s’intéressent au détroit maintenant. Pas parce qu’un conflit est imminent. Mais parce que la fenêtre pendant laquelle une opération navale dans le détroit est encore envisageable — sans le spectre nucléaire — se referme lentement.
Le précédent oublié : la guerre des tankers
1987-1988 : quand le détroit a brûlé
Le détroit d’Hormuz a déjà été le théâtre d’une guerre. On l’a oubliée. Pendant la guerre Iran-Irak, entre 1987 et 1988, le Golfe est devenu un champ de bataille naval. Des pétroliers ont été attaqués. Des mines ont été posées. La frégate américaine USS Samuel B. Roberts a heurté une mine iranienne. La réponse — l’opération Praying Mantis — a été la plus grande bataille navale américaine depuis la Seconde Guerre mondiale. En une journée, la moitié de la marine iranienne a été détruite.
Et pourtant, l’Iran a reconstruit. Pas la même marine. Une marine différente. Plus petite. Plus discrète. Plus adaptée aux eaux qu’elle connaît mieux que quiconque. Les Ghadir sont la réponse à Praying Mantis. La leçon de 1988 n’était pas que l’Iran ne pouvait pas gagner. C’était qu’il ne devait plus se battre de la même façon.
Les erreurs qui ne se répètent pas
L’Iran de 2026 n’est pas celui de 1988. Ses sous-mariniers sont formés depuis trente ans. Ses missiles ont une portée et une précision incomparables. Ses drones navals — inspirés de la technologie Houthi testée en mer Rouge — ajoutent une dimension qui n’existait pas. Et surtout, l’Iran a étudié chaque bataille navale des quarante dernières années pour en tirer une doctrine adaptée à un seul objectif : rendre le détroit trop dangereux pour être traversé.
La marine américaine aussi a étudié. Elle sait ce que les Ghadir peuvent faire. Elle sait que les mines restent l’arme la plus efficace et la moins chère de l’arsenal asymétrique. Elle sait que le détroit est un piège. Mais savoir qu’un piège existe et pouvoir l’éviter sont deux choses très différentes quand la seule route passe à travers.
La guerre des tankers est le précédent que tout le monde cite et que personne ne médite vraiment. En 1988, les Américains ont détruit la marine iranienne en un jour. En 2026, l’Iran a passé trente-huit ans à s’assurer que ce jour ne se reproduira jamais. La question n’est pas si l’histoire se répète. C’est si elle rime — et cette fois, la rime pourrait être beaucoup plus sombre.
Conclusion : Le silence sous les vagues
Ce que les sous-marins ne disent pas
En ce moment, quelque part dans les eaux du détroit d’Hormuz, un sous-marin Ghadir est peut-être posé sur le fond. Moteurs coupés. Équipage silencieux. Attendant un ordre qui ne viendra peut-être jamais. Au-dessus de lui, les pétroliers passent. Les navires de guerre patrouillent. Le commerce mondial continue comme si de rien n’était.
Mais le sous-marin est là. Patient. Invisible. Et c’est cette présence invisible qui est l’arme la plus puissante de l’Iran. Pas la torpille. Pas le missile. L’incertitude. La possibilité qu’à tout moment, quelque chose puisse surgir des profondeurs. C’est cette incertitude qui fait grimper les primes d’assurance, qui influence les cours du pétrole, qui force la marine américaine à maintenir une présence massive et coûteuse.
Le détroit d’Hormuz est un rappel brutal que la puissance militaire a des limites. Que la géographie ne se soumet à aucun budget. Que 24 petits sous-marins dans les bonnes eaux peuvent peser autant que tout un groupe aéronaval. Et que la prochaine grande guerre — si elle vient — ne se jouera peut-être pas dans le ciel ou sur terre. Elle se jouera dans le silence, sous les vagues, dans un détroit de 55 kilomètres dont dépend le monde entier.
La question qui flotte
Le détroit d’Hormuz est le fil sur lequel repose l’économie mondiale. Un fil que des sous-marins moustiques peuvent couper. Que des vedettes rapides peuvent ébranler. Que des mines peuvent sectionner. Et de l’autre côté de ce fil, la plus grande marine du monde veille, sachant que dans ces eaux-là, sa supériorité est moins absolue qu’elle ne l’est nulle part ailleurs.
La guerre dans le détroit d’Hormuz n’a pas commencé. Elle ne commencera peut-être jamais. Mais la possibilité de cette guerre — le simple fait qu’elle soit envisageable — suffit à rappeler que le monde tient à un fil. Un fil de 55 kilomètres. Dans des eaux où les moustiques sont plus dangereux que les baleines
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/analyse-le-d%C3%A9troit-d-hormuz-quand-les-sous-marins-moustiques-de-l-iran-d%C3%A9fient-la-marine-am%C3%A9ricaine/ss-AA1Xgbh1?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69a3fb816362451b8c7a9599e7465f85&ei=9#image=1.
Analyses de Maxime Marquette
https://dosequotidienne.ca/author/madmax54908/
Terrorisme d'ultradroite (1/2)
Sous-estimé par rapport à la menace djihadiste, le terrorisme d’ultradroite connaît un inquiétant renouveau en Europe et dans les démocraties occidentales. Enquête sur un phénomène méconnu, qui laisse planer le risque d'attentats de grande ampleur.
Le djihadisme n’est pas la seule menace terroriste à peser sur la France. Ces dernières années, plusieurs projets d'attentats fomentés par l’ultradroite ont été déjoués sur le territoire. Parmi les personnes arrêtées – citoyens d’apparence ordinaire ou jeunes militants identitaires –, certaines s’étaient radicalisées en réaction aux attentats djihadistes de 2015. Pourtant, la justice française hésite encore à qualifier ces actes de "terroristes" et le phénomène reste peu renseigné. Alors que ces groupuscules aux techniques de milices multiplient les agressions contre des ennemis désignés – juifs, musulmans, immigrés, homosexuels…–, la France commence tout juste à prendre la mesure du défi. L’Allemagne, elle, y fait face depuis le début des années 2000 et les scandales liés à l’infiltration par des néonazis de la Bundeswehr et de la police. Outre-Rhin, les violences racistes ont augmenté après l’accueil des réfugiés syriens décidé par Angela Merkel en 2015. Alors qu’autour de figures comme Björn Höcke, vice-président de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) ou de l’activiste néonazi Christian Klar, orateurs, idéologues et formations politiques propagent des discours de haine dans le pays, les élus aussi deviennent des cibles. À la rhétorique du "grand remplacement", théorisée en France par Renaud Camus, répond la "remigration" (la déportation forcée des migrants) martelée notamment en Autriche par le prosélyte Martin Sellner ou Herbert Kickl, président du FPÖ (Parti de la liberté). Ce racisme revendiqué nourrit la radicalisation.
La démocratie attaquée
Sous-estimé par rapport à la menace djihadiste, le terrorisme d’ultradroite, alimenté par la propagande délétère d’idéologues et de politiciens décomplexés, connaît un inquiétant renouveau en Europe et dans les démocraties occidentales, laissant planer le risque d'attentats de grande ampleur. De l’Allemagne, qui voit resurgir ses vieux démons, à l’Amérique brutale de Donald Trump en passant par la France ou la Suède, tous ces groupes cherchent à renverser les institutions démocratiques, comme l’a montré, le 6 janvier 2021 aux États-Unis, l’assaut du Capitole, auquel prirent part plusieurs membres d’organisations classées comme terroristes. Convoquant des experts, des figures de l’ultradroite, des repentis et des proches de victimes, cette enquête glaçante met en évidence un phénomène méconnu, explorant la nébuleuse de réseaux transnationaux de plus en plus structurés.
https://www.arte.tv/fr/videos/115485-000-A/terrorisme-d-ultradroite-1-2/
https://www.arte.tv/fr/videos/126188-000-A/terrorisme-d-ultradroite-2-2/
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