L'Empire, stade ultime du capitalisme ?
08/03/2026
Une semaine après l'attaque de l'IRAN par Israël et les Etats Unis et l'engrenage religieux au Moyen Orient, comment réagir ? Le magazine Philosophie vient à point pour évaluer les succès et fiascos des différents acteurs des trois empires actuels : l'Amérique, la Chine et la Russie.
Si l'actualité géopolitique est inquiétante, c'est que nous sommes sortis de l'idéalisme en matière de relations internationales, nationales et particulières à chaque individu. Les Lumière ont tenté de parvenir à souder les peuples de la Terre en posant des bases d'une paix perpétuelles par le progrès démocratique après les guerres mondiales 40-45, l'organisation de l'OTAN, de l'Union européenne pour stabiliser l'Histoire par l'intermédiaires des droits de l'homme.
L'autoritarisme de Donald Trump, de Vladimir Poutine ou de Xi Jinping affichent leur mépris des droits internationaux et des peuples qui n'accordent plus de droits aux particularismes de chaque individu. Les droits et privilèges accordés par l’État à ses citoyens pour protéger leurs libertés fondamentales et leur permettre de participer à la vie politique en privilégiant les rapports de force ne le permettent plus.
...
L'impérialisme de la finitude
L'impérialisme contemporain correspond à l'idée d'une finitude, hantée par la conscience de la vulnérabilité des civilisations et de l'écosystème terrestre alors que si l'on prend du recul sur l'Histoire avec son passé et son présent, il faut remarquer que les populations deviennent mieux formées à l'esprit critique avec des raisonnements plus intelligents. Je reprend le dossier "L'Empire, le stade ultime du capitalisme" dans son intégralité alors qu'il y a d'autres articles qui me semblaient tout aussi intéressants dans ce magazine. La notion d'empire est d'abord à comprendre, au sens classique, comme une forme politique qui s'intègre dans une histoire longue face aux Etats-nations.
L'Etat est une invention moderne.
Dans l'Antiquité, il n'y avait que des cités et des Empires.
Alexandre le Grand à partir de la Macédoine rejoint l'Inde par ses conquêtes.
Successivement, il y eut l'Empire romain. l'Empire carolorégien, le Saint Empire germanique, l'Empire mogol, la conquête de Napoléon, l'expansion anglaise, française, hollandaise dans une sorte d'idéalisme de grandeurs.
Le magazine transforme Trump, Jinping et Poutine en guerriers romains.
Histoire des grands empires économiques (1-2)
Histoire des grands empires économiques (2-2)
- Par la maitrise du commerce
- Par le génie de l'innovation
- Par la passion de construire
- Par la stratégie de la conquête
- Par la création d'un ordre mondial
En prenant donc du recul sur les mots, il n'y a pas beaucoup de différence entre les systèmes de conquête.
Il y a aussi par la globalisation antagoniste entre :
- les élites néolibérales avec de vastes zones de libre-échange, la circulation des capitaux, des marchandises et des gens sans interventionnisme.
- l'altermondialisme qui pratique les échanges avec des taxes dans un trafic international entre privé et public avec le maintien d'une paix sociale.
La dynamique de la conquête structure les empires américain, chinois et russe par des voies diamétralement opposées : la loi du plus fort dans un relais impérialiste de la finitude et la relation avec la limitation des ressources et l'utopie d'une Sacré croissance infinie dans un réseau de télécommunication monopolistique et politique.
L'universalité a sa zone d'influence dans une multipolaire sur un terrain de jeu avec des chaises musicales pour les subalternes comme dimension existentielle affective pour le nationalisme et contre le multiculturalisme.
Le mot "nation" vient du latin "nascor" qui veut dire "maître" en référence à un peuple et à son qui l'a vu naître.
Le mot "empire" vient du latin "imporare" qui veut dire "gouverner" et "commander" dans un patchwork de populations extractivistes et anti-idéalistes.
...
Histoire de l'Empire romain.
Ces relations ont eu un impact significatif sur la géopolitique de la Méditerranée et ont influencé les évolutions politiques et économiques de leurs sociétés respectives.
Relations historiques (clic) : Les traités entre Rome et Carthage ont été essentiels pour réguler leurs intérêts respectifs et limiter leurs zones d'influence.
...
Trois empereurs aujourd'hui
Le magazine Philosophie a repris en les habillant en Romains plus vrai que nature.
1. L'Empire américain avec Donald Trump comme dirigeant. Sans le profil d'un intellectuel mais tenant à des idées fortes. Dans une vision transactionnelle et mercantile de la politique avec l'art du "deal" pour s'enrichir. Ce qui ne rapporte rien pour les intérêts américains, est abandonné dans cet ère de la post-vérité en proposant des réalités alternatives inventées par l'outrance, une stratégie de fou constituée par une promesse, rétractée par après, un rapport de force dans tous les domaines, une extension territoriale, sans règles du droit, une mouvance conservatrice et une doctrine Monroe et une diplomatie du dollar. Les relations entre les États-Unis et Israël constituent un partenariat stratégique majeur, souvent qualifié d'« inconditionnel » par Washington, fondé sur une aide militaire colossale, une coopération en matière de renseignements et des intérêts géopolitiques communs au Moyen-Orient. Les États-Unis sont le principal fournisseur d'armes d'Israël, avec une aide annuelle dépassant les 3 milliards de dollars, essentielle pour le maintien de l'avantage militaire qualitatif d'Israël dans la région. L'Amérique en guerre (clic)
2. L'Empire chinois avec Xi Jinping comme dirigeant, secrétaire général du Parti Communiste Chinois. Il incarne une vision unitaire de la politique étatique dans un destin collectif et une idéologie forte. Structuré autour du concept de rêve chinois dans un idéal de prospérité matérielle et un horizon de civilisationnel de grande renaissance qu'il voit aboutir au centenaire de la République populaire de Chine en 2049. L'idéologie puisée dans la tradition confucianisme, prône l'ordre, la piété familiale et le primat du collectif avec une logique maoïste et un fort nationalisme dans un projet de souveraineté mondiale et d'un centre normatif du Milieu dans un Sud global, une désunion des démocraties et une censure et une surveillance généralisée. Sur les nouvelles routes de la soie, un réseau de sujétion et l'investissement par l'endettement des partenaires en difficulté financière. Réajustement en fonction des événements en Iran
?
3. L'Empire russe avec Vladimir Poutine à sa tête depuis 1999 jusqu'en 2036. Une doctrine conservatrice héritée du courant des slavophiles avec le regard tourné vers le passé mythifié de l'URSS dont il considère la dissolution comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle. Opposé aux occidentalistes, il reste marqué par ses fonctions au KGB, n'a jamais adhéré au libéralisme ni à la démocratie pluraliste. Pour lui, l'Occident est jugé décadent en méprisant le droit international dans un régime structuré en verticale du pouvoir par la mise au pas des médias et de la neutralisation de l'opposition par la menace, les emprisonnements ou les assassinats comme Empire atlantiste en se foutant du mandat d'arrêt de la Cour Pénale Internationale pour sa participation à des crimes de guerre en Ukraine. Par une idéologie de vision impériale messianique, il espère être rappelé à redevenir le centre d'un ordre multipolaire. Avec une allusion faisant de Moscou la Troisième Rome, il veut incarner une forme supérieure dans une mission spirituelle et politique universelle. Poutine, grand vainqueur du chaos généré par le déclenchement de la guerre de Trump en Iran. Il a perdu un allié mais a gagné des avantages stratégiques fondés sur la « force brute » et non pas par des règles en donnant sa légitimité par une justification de son action en Ukraine et en fracturant l'OTAN. En août 2028, je m'insurgeais dans le billet. En août 2023, dans "Questions de principes et d'objectifs de vie" je m'insurgeais contre Alexandre Latsa qui recrutait des Français pour venir venir s'installer à Moscou, considéré comme un paradis. Les recruteurs ne sont pas les payeurs. La Russie recrute en Afrique pour soutenir son effort de guerre en Ukraine (Récits d'Afrique"). Malgré les sanctions occidentales, elle maintient des liens économiques avec les pays d’Afrique.

4. Le post-Empire européen
Le vieux continent européen profite encore un peu de leurs colonisations malgré les indépendances qui se sont succédé dans les 1960.
A partir de 2001, Ursula von der Leyen s'engage au sein de l'Union des chrétiens-démocrates (CDU) dans un modèle fédéral d'États libres en écartant les voix dissidentes dans une politique sanitaire en période du Covid. Elle appelle à bâtir une nouvelle forme d'indépendance vis-à-vis des autres grandes puissances. Manquant de leviers efficaces d'intervention dans la vie économique, Mario Dragghi appelle à un endettement massif pour financer une reconversion énergétique, les nouvelles technologies et la sécurité. L'UE n'a jamais eu l'intention de faire la guerre dans un projet de paix perpétuel par l'intégration à un marché commun tandis que Charles de Gaulle défend la souveraineté nationale. Règlement libre circulation des personnes. Monnaie unique de l'euro gérée par la Banque centrale. La stratégie de l'UE, dans une phase de maturité avec le respect de la dignité humaine et des droits de l'homme, la liberté, la démocratie, l'Etat de droit se retrouve face aux ivresses de la toute-puissance autoritaire des trois empereurs. En 2007, j'écrivais "En manque d'europlanisme" lors du 50ème anniversaire du Traité de Rome. Près de vingt ans après, l'Europe ne parle toujours pas d'une voix. Dominique de Villepin 
...
Question :
Pourquoi les Empires entendent souvent instaurer la paix et l'harmonie mais s'abîment dans la domination et la violence avant de sombrer ?
Réponses des philosophes :
L'impérialisme est la politique d'un pays puissant cherchant à étendre son influence et sa domination sur d'autres territoires, par des moyens militaires, des expansions économiques et des influences culturelles.
Le colonialisme exerce son pouvoir par l'exploitation de colonies sur des territoires étrangers, visant à exploiter les ressources et la main-d'œuvre locales, pour des raisons économiques par un système politique et économique imposé par la métropole.
Si elle existe, la différence entre l'impérialisme et le colonialisme est subtile.
...
Réflexions du Miroir
Il n'y a pas que les empires avec des autocrates autoritaires
Une semaine après cette attaque de l'Iran par les Etats-Unis et Israël, comment réagir à l'incertitude du lendemain de manière philosophique ?
Laissons les trois Empereurs actuels jouer aux échecs avec le monde.
En Occident, la Renaissance a mis en opposition les croyances chrétiennes et protestantes dans des guerres qui se sont soldées par des massacres.
Au Moyen Orient, une poudrière met en opposition des croyances religieuses chrétiennes et islamiques.
Pour l'expliquer une guerre de croyances, J.R. Dos Santos dans ses livres "Furie divine" et "Protocole Chaos" mettent en opposition conservateurs croyants et réformistes.
Aujourd'hui, le problème c'est d'avoir l'énergie nécessaire au prix 90$ le baril de pétrole.
Au niveau "nucléaire", il est temps de se rappeler que "l'énergie carbure ou explose".
Au niveau "capitalisme", je parlais de cela dans "Woke de là". car pour exécuter certaines tâches importantes, il faut avoir un capital minimum de départ.
Aux Etats-Unis, les films à la conquête de l'espace passent à "Star Wars" en y ajoutant le bien contre le mal. dans une galaxie comme théâtre d'affrontements entre les Chevaliers Jedi et les Seigneurs Sith tous deux antagonistes sensibles à la Force avec un champ énergétique mystérieux leur procurant des pouvoirs psychiques. Les Jedi maîtrisent le côté lumineux de la Force comme pouvoir bénéfique et défensif, pour maintenir la paix dans la galaxie. Les Sith utilisent le côté obscur de la Force en pouvoir nuisible et destructeur, pour leurs usages personnels et pour dominer la galaxie.
Le dossier du magazine Philosophie de l'empire présente la question par un stade ultime du capitalisme en parallèle avec des conservateurs qui engendrent des dictatures religieuses ou politiques et les réformistes qui, à contre-courant, ont contre les habitudes de transformer les contraintes en plaisir pour s'y opposer.
L'empirisme désigne la théorie philosophique de l'acquis qui fait de l'expérience sensible l'origine de toute connaissance ou croyance et de tout plaisir esthétique. Il s'oppose en particulier à philosophie de l'innéisme. Il est à l'origine de la théorie associationniste de l'esprit en psychologie qui explique la formation des représentations mentales par la conjonction d'idées simples.
Or, il n'y a jamais rien de simple pour créer une hiérarchie.
Si l'on crée un organigramme de toutes les entreprises humaines, c'est toujours du une intelligence en top-down et peu de bottom-up.
Si on ajoute des conditions, cela devient le casse-cou assuré.
L'adjectif "empirique" ne s'appuie que sur l'expérience, l'observation, et pas du tout sur une théorie ou un raisonnement.
Avec un certain cynisme, mon billet "Résister" rappelle l'avantage de la neutralité par la mécréance. Les croyances sont des certitudes subjectives souvent basées sur la foi ou l'autorité, tandis que les philosophies reposent sur la raison et l'analyse critique.
Il y a trois scénarios pour comprendre et donner un avenir pour l'Iran (clic)
- Le régime tient par la violence
- L'union de l'opposition par une république
- Le chaos
Réflexions du Miroir est truffé de billets dans la catégorie "Parodie et humour".
Nous avons perdu beaucoup de points positifs face aux animaux.
Puisque "Les animaux capables de sourire, de rire, de se faire des blagues"
.
Chez les animaux, pas d'argent, pas de croyances, pas de guerre à part au cinéma sur la Planète des Singes. L'animal sait qu'il existe et qu'il doit manger et boire pour vivre et qu'il peut devenir une proie pour un prédateur ou pourrait être un collaborateur au prédateur pour en profiter lui-même s'il comprend leurs besoins en commun.
Bref, chez les animaux, on n'est pas si bête
Le Jardin extraordinaire du 1er mars plongeait dans les jardins secrets de la mer Rouge. Une mer remplie d'histoires et de légendes et surtout de vie. Des coraux, des milliers de poissons, des requins, des rémoras, des poissons clown, des grottes dans une ambiance mystérieuse et enchanteresse et une vie différente de ce que nous connaissons en surface avec des échanges entre espèces surprenantes. Le poisson clown protégé par l'anémone, un poisson partage son terrier avec une crevette, les murènes munies d'une double mâchoire... Les fonds marins sont un univers parallèle à la fois beau et étrange présentant un étonnant mélange entre force et fragilité.
L'éthologie étudie les rires chez les animaux et explique cela par les neurones miroirs que j'avais décris dans "Neurones de l'autre côté du miroir".
C'est-à-dire là où il n'y a plus de surface suffisamment polie pour devenir réfléchissante pour voir son alter ego avec un look imparfait qui ne serait qu'une vision rétrograde de la société.
...
Les films de la semaine
Ils vont tous dans le même sens : les femmes.
8/3/2026 : Journée internationale des femmes est célébrée chaque année le 8 mars pour promouvoir les droits des femmes et l’égalité des sexes.
![]() |
"Culture en prime" invite Berangère Mc Neese en rappelant que samedi, ce seront "les René" du cinéma, le nouveau nom qui est le prénom de Magritte
.
Rester glamour avec 25.000 euros ? C'est bien sûr la meilleure solution.
7/3/2026 : Huit Réné pour "On vous croit"
Vizorek raconte le cinéma belge avec les références Loïc Nottet, Belmondo, Bourvil, Louis de Funes, Adamo, Vizorek raconte Cordy, Lou, Boxho, BXXL, Jazz of Belgium, .
Dans une apparente bagarre de métacommunication, on finit toujours par se brouiller et n'avoir plus rien face à la morosité de l'actualité.
...
Conclusions philosophiques
Dans "Le mystère de la numérologie" le chiffre "TROIS" est à prendre comme un fétiche.
Il a déjà été utilisé plusieurs fois dans ce billet.
Je vais apporter trois options pour résister en particulier à la morosité ambiante :
1. Ne plus écouter les infos de l'actualité, relativiser et vivre au jour le jour
- 2. Consulter un Oracle
3. Relativiser. Essayer de rire de (presque) tout par la dérision et l'autodérision en choisissant son futur plutôt que de le subir...
J'ai choisi la troisième option.
Le cactus de ce vendredi aussi d'ailleurs :
.
En marchant ou en trottinant, j'écoute le choc des infos en alternance avec la musique par l'intermédiaire de mon Shokz.
Il faut renoncer à soi-même pour devenir soi-même en reconnaissant l'importance d'être atypique.
Le présent et le futur évoluent de concert comme un rouleau compresseur et la psychologie de chacun ne répond plus correctement aux problèmes de notre temps.
Encore très jeune, Michel Sardou chantait "J'accuse les hommes".
...
Dans ce magazine "Philosophie",
... plusieurs autres articles
- La conversation au comptoir d'un bar de l'enfer avec Sun Tsu m'a amusé, alors que j'avais écrit "La stratégie du maillon faible" à son sujet.
- Les utopies fantômes du Kazakhstan avec des monoviles comme îlots de la modernité socialiste créées par Staline.
- "L'Iran se doit de se libérer des mythes qui font naître des fantasmes orientalistes, écrit Michel Eltchaninoff
- La loi Pareto qui stipule qu'environ 80 % des effets proviennent de 20 % des causes, n'explique pas tout, même comme théorie favorite
- Du mal à dire à un proche qu'on l'aime à cause de la pudeur. Le mot féminin la "mour" provient de l'espagnol "morro", qui signifie "museau". Il peut faire référence à un sentiment d'affection et d'attachement envers une personne ou une chose, associé à l'amour ou dans un contexte particulier d'un simple concept émotionnel.
- "La religion, l'opium du peuple", selon Karl Marx
- L'art de faire des bulles de savon.
- Du néant naît un flocon d'un même flux temporel où rien ne demeure jamais identique à lui-même, dans l'univers de Etienne Klein.
- Le prix de l'hégémonie fait basculer le monde dans une nouvelle ère des empires.
- La vie est comme une pièce de théâtre dans laquelle chacun essaye de jouer son rôle dans la tragicomédie humaine pour s'orienter dans les idées...
7/3/2026 : J'ai rencontré à la FNAC, l'écrivain qui est mon opposé psychologique et probablement philosophique, le négativiste, Michel Houellebecq. Son style se caractérise en renforçant le sens d’un aspect prosaïque ou terne d'une chose, traduisant l'arasement du relief de l'existence, l'absence d’émotion ou la déprime du narrateur, à travers par exemple l’emploi de nombreuses litotes, de descriptions et détails anodins, exposés comme s'ils étaient perçus par un étranger radical comme s'il s'agissait de décrire les mœurs des humains à des êtres extraterrestres, des fins de paragraphes « impliquant une certaine résignation », l'emploie régulier d'adjectifs négatifs de manière inhabituelle ou surprenante, pour signifier des jugements péremptoires, sans nuance ou hâtifs du narrateur ou des personnages.
10/3/2026 : "le Grand échiquier" : Gainsbourg, éternel roi de la provoc.
Allusion
...
L'Heure H raconte : Le Crépuscule d'une Guerre lors de la Chute de Saigon
Nous sommes le 28 avril 1975. Alors que les forces américaines ont presque toutes quitté Saigon, un millier de militaires, diplomates, civils et journalistes restent sur place. La ville est en plein chaos, les habitants fuient en masse avant l'arrivée imminente de l'ennemi. Thérèse et Vincent Nguyen, alertés par un ami policier, doivent tout quitter immédiatement pour embarquer sur le dernier bateau en partance. Les rues sont désertes, les infrastructures à l'arrêt, et une ambiance de fin du monde plane sur Saigon. Le 29 avril, c'est la débâcle totale, avec des foules désespérées tentant de fuir par tous les moyens. Le 30 avril, les chars du « Vietcong » entrent dans le palais présidentiel, scellant la fin de la guerre. Suivez l'histoire poignante de la famille Nguyen, qui, après un périlleux voyage en mer, trouve refuge au Canada. L’Heure H vous plonge au cœur des derniers jours de Saigon, révélant le courage et la détermination de ceux qui ont tout risqué pour échapper à l'horreur de la guerre.

Ivan le Terrible, premier tsar de Russie, incarne une figure à la fois fascinante et effrayante de l'histoire. Couronné en 1547 à seulement 16 ans, il proclame Moscou « troisième Rome » et jette les bases de l'Empire russe. Marqué par une enfance tragique, Ivan développe une cruauté sans limites. Réformateur éclairé, il modernise les lois, l'armée et l'administration tout en conduisant des campagnes militaires décisives, comme la prise de Kazan. Cependant, la mort de sa femme Anastasia en 1560 a déclenché une paranoïa destructrice. Créant l'oprichnina, il s'appuie sur des milices brutales pour éliminer ses opposants, plongeant le pays dans la terreur. Sa folie atteint son apogée avec le massacre de Novgorod et l'infanticide de son fils en 1581. Rongé par la culpabilité, il finit ses jours dans une profonde repentance, alternant entre piété mystique et souvenirs de ses atrocités. Ivan laisse un empire unifié mais marqué par la violence.





















7 commentaires
Eh oui beaucoup on peur jusqu'ou cela va aller et avec raison... cela fait peur.
Un peu plus d’un an après le début de son second mandat, le président Donald Trump fait face à une nouvelle évaluation de sa performance par l’opinion publique. Un récent sondage mené par Fox News a interrogé les électeurs sur leur perception de sa présidence jusqu’à présent, en se penchant sur sa gestion de dossiers clés comme l’immigration, la politique étrangère, l’économie ou encore sa politique de droits de douane.
Les résultats dessinent un tableau complexe. Si la cote de désapprobation du président a fluctué entre 51 % et 58 % dans ce même sondage depuis mars 2025, les dernières données révèlent que 57 % des électeurs désapprouvent son action. Plus frappant encore, près de deux tiers des personnes interrogées estiment qu’il se concentre sur les mauvais enjeux.
Un pays politiquement fracturé
L’analyse détaillée des chiffres confirme une division politique profonde. Le chiffre global de 57 % de désapprobation masque en effet des réalités radicalement opposées selon l’affiliation politique. La quasi-totalité des Démocrates interrogés (97 %) se disent mécontents de l’action du président.
À l’inverse, du côté des Républicains, le soutien reste massif, avec une cote d’approbation qui s’élève à 87 %. Cette polarisation se retrouve également dans la perception des agences gouvernementales. Environ 60 % des sondés désapprouvent l’action de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence en charge de l’immigration et des douanes, tandis que seulement 42 % l’approuvent.
Le coût de la vie, préoccupation numéro un
Quels sont donc les sujets qui comptent le plus pour les Américains ? Le sondage met en lumière une priorité écrasante : le coût de la vie, cité comme l’enjeu le plus important par 50 % des votants. Loin derrière, on retrouve les dépenses gouvernementales (18 %), l’emploi (10 %), l’inégalité des revenus (9 %) et les droits de douane (8 %).
Les impôts sont également identifiés comme un problème par environ 4 % des personnes interrogées. Sur un thème cher à sa base, Donald Trump obtient cependant un meilleur score : la sécurité aux frontières. Sur ce dossier, 52 % des électeurs approuvent sa politique, contre 48 % qui la désapprouvent.
La Maison Blanche et le Président réagissent
Face à ces chiffres, la Maison Blanche a tenu à relativiser. Le porte-parole Davis Ingle a commenté le sondage en offrant une perspective comparative : « Selon la moyenne de RealClearPolitics, le président Trump bénéficie d’une cote de popularité plus élevée que les anciens présidents Obama et Bush à ce stade de leur second mandat, avec une couverture médiatique beaucoup plus hostile. »
Pour étayer ce propos, il rappelle qu’à la même période de leur second mandat, Barack Obama et George W. Bush affichaient des scores d’approbation respectifs de 42,5 % et 38,7 %, contre 43,3 % pour Donald Trump. Le président lui-même a réagi le mois dernier sur le réseau social Truth Social, affichant sa propre interprétation des chiffres.
« Les plus hauts Chiffres de Sondage que j’ai jamais reçus, » a-t-il écrit. Avant d’ajouter : « De toute évidence, les gens aiment un Pays fort et puissant, avec la meilleure économie, JAMAIS ! »
L’opinion face aux frappes en Iran
Le sondage de Fox News, mené auprès de 1 004 électeurs inscrits entre le 28 février et le 2 mars, s’est déroulé juste avant que n’aient lieu les frappes américano-israéliennes en Iran. Un autre sondage récent s’est justement penché sur cette question militaire précise, révélant une opinion publique partagée et incertaine.
Environ un quart de la population (27 %) a déclaré soutenir les frappes du président Trump sur l’Iran. Une proportion bien plus large (43 %) désapprouve son recours à la force militaire. Fait notable, 29 % des personnes interrogées ont indiqué ne pas avoir d’avis sur la question.
Là encore, la ligne de fracture partisane est très nette. Les trois quarts des Démocrates désapprouvent les attaques, tandis qu’une majorité de Républicains, à 55 %, les approuvent. Un indicateur de plus de la profonde division qui traverse le pays sur les grands sujets de politique intérieure comme étrangère.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/un-nouveau-sondage-r%C3%A9v%C3%A8le-ce-que-les-am%C3%A9ricains-pensent-vraiment-de-donald-trump/ar-AA1XLSxL?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=69ae692e986c49cb9d9c2485e76e99b8&ei=9
SECTION 1 : Iran 1953 — Le péché originel dont nous payons encore le prix
Un premier ministre et ses puits de pétrole
Tout remonte à Mohammad Mosaddegh. Premier ministre démocratiquement élu, socialiste modéré, homme à lunettes rondes et taille de ministre, il a fait en 1951 ce qui semblait parfaitement logique à n’importe quel souverain sensé : il a nationalisé les ressources pétrolières de son pays. Le pétrole iranien, pour les Iraniens. L’Anglo-Iranian Oil Company — qui allait devenir BP — touchait des profits colossaux pendant que les Iraniens vivaient dans la misère. Mosaddegh a dit : non. Il a signé la loi de nationalisation.
Washington et Londres ont répondu avec l’Opération Ajax. Financée par la CIA, orchestrée avec le MI6, elle a inondé Téhéran de propagande, acheté des foules, payé des militaires, fabriqué des émeutes. Le 19 août 1953, Mosaddegh était renversé. Trois cents morts dans les rues de Téhéran. Le premier ministre élu fut emprisonné trois ans, puis assigné à résidence jusqu’à sa mort en 1967. Le Shah Mohammad Reza Pahlavi, placé par Washington, reprit le trône avec les pleins pouvoirs.
La facture : vingt-six ans de pouvoir, puis l’explosion
Les compagnies américaines obtinrent 40% des profits pétroliers iraniens. Le Shah reçut des armes, de la formation, et la SAVAK — sa police secrète — fut entraînée par la CIA. Des milliers d’opposants furent torturés, emprisonnés, exécutés. Pendant vingt-six ans, l’Iran fut ce que Washington voulait qu’il soit : un client docile, un pion stratégique, un rempart contre le communisme soviétique.
Et pourtant. En 1979, le Shah fuyait le pays en exil. Ayatollah Khomeini rentrait de France sous les acclamations d’une foule de millions de personnes. La République islamique — fanatiquement anti-américaine, militarisée, expansionniste — prenait le pouvoir pour quarante-cinq ans. Les étudiants prenaient en otage 52 diplomates américains pendant 444 jours. L’Iran devenait le pire cauchemar de Washington — le cauchemar que Washington avait lui-même créé en 1953.
Ce que personne n’ose dire clairement : sans le coup de 1953, il n’y aurait probablement pas eu de République islamique en 1979. En éliminant Mosaddegh, le seul représentant d’un islam laïque, démocratique et modéré, la CIA avait laissé le terrain libre aux seuls opposants capables de résister au Shah : les mollahs. L’Amérique a fabriqué son propre ennemi, l’a nourri pendant vingt-six ans d’oppression, et s’étonne encore du résultat.
SECTION 2 : Le catalogue des interventions — De Guatemala à Caracas
Guatemala 1954 : un an après l’Iran, même recette
Jacobo Árbenz était président du Guatemala. Élu démocratiquement en 1951, il avait décidé de redistribuer des terres agricoles inexploitées — dont une partie appartenant à l’United Fruit Company américaine. L’United Fruit Company appela ses amis à Washington. L’opération PBSuccess fut lancée. Paramilitaires formés par la CIA. Guerre psychologique. Fausses émissions de radio. Árbenz fut renversé en 1954, remplacé par le général Carlos Castillo Armas.
Le résultat : quarante ans de guerre civile. 200 000 morts. Un génocide contre les populations indigènes mayas, commis par des dictatures successives installées dans la tradition de celle que Washington avait mise en place. Le Guatemala n’a retrouvé une démocratie fragile qu’en 1996. L’United Fruit Company, elle, avait depuis longtemps réparti ses dividendes.
Congo, Chili, Indonésie — l’hémisphère réconfiguré
Patrice Lumumba, premier premier ministre du Congo indépendant, fut éliminé en 1961. Eisenhower lui-même avait ordonné son assassinat. La CIA encouragea un coup militaire, Lumumba fut arrêté, torturé, exécuté par balles. Mobutu Sese Seko prit le pouvoir et dirigea le pays pendant trente-deux ans dans une kleptomanie spectaculaire — soutenu, financé, armé par Washington tant qu’il restait anti-soviétique.
Salvador Allende, Chili, 1973. Nixon avait ordonné à la CIA de «faire crier l’économie chilienne.» Huit millions de dollars dépensés en trois ans de sabotage économique et de propagande. Le 11 septembre 1973, les chars roulèrent sur La Moneda. Allende mourut, suicide probable selon la version officielle, exécution selon d’autres. Le général Augusto Pinochet prit le pouvoir pour seize ans. Trois mille personnes tuées, quarante mille torturées. Les conseillers économiques de l’École de Chicago imposèrent leur thérapie de choc néolibérale pendant que les opposants disparaissaient dans les stades reconvertis en centres d’interrogation.
Indonésie, 1965-1967. La CIA fournit des listes de noms aux escadrons de la mort. Entre 500 000 et un million de personnes furent massacrées dans l’une des purges les plus sanglantes du XXe siècle. Le général Suharto prit le pouvoir. Washington ne protesta pas. Le communisme était contenu. Affaire classée.
Ce n’est pas une politique étrangère. C’est une bureaucratie de la violence. Une mécanique rodée, testée, perfectionnée sur des décennies. Chaque opération a son nom de code, ses formulaires, ses budgets approuvés. Derrière chaque nom de code, des femmes et des hommes dont personne ne connaît le prénom.
SECTION 3 : Panama et Grenade — L'hémisphère comme arrière-cour
Panama 1989 : un allié devenu gênant
Manuel Noriega était un agent de la CIA avant d’être une cible de la CIA. Pendant des années, il avait fourni des renseignements à Washington, facilité les opérations au Nicaragua, rendu service. Il fut payé régulièrement, protégé, toléré dans ses trafics de drogue tant qu’il restait utile. Quand il cessa de l’être, quand ses relations avec les cartels colombiens devinrent embarrassantes, quand il refusa de coopérer sur d’autres dossiers — Washington décida qu’il était temps de le qualifier de dictateur.
L’Opération Just Cause fut lancée le 20 décembre 1989. 27 000 soldats américains envahirent Panama. 514 Panaméens morts, selon les chiffres officiels — probablement davantage, selon les organisations de droits humains. 23 soldats américains tués. Noriega se réfugia dans l’ambassade du Vatican pendant dix jours pendant que les militaires américains diffusaient de la musique heavy metal à plein volume pour le déloger. Guillermo Endara, le nouveau président, prêta serment sur une base militaire américaine — avant même que les combats ne soient finis.
Grenade 1983 : 8 000 soldats pour une île de 110 000 habitants
Maurice Bishop avait instauré un gouvernement révolutionnaire à Grenade en 1979. Il fut renversé par une faction encore plus radicale de son propre parti, puis exécuté. Reagan déploya 8 000 soldats pour «protéger les étudiants américains» sur l’île — et restaurer un gouvernement pro-occidental. L’invasion tua plus de 300 soldats grenadins et 24 civils, dont 18 dans un hôpital psychiatrique bombardé par erreur par les forces américaines. L’ONU vota une résolution condamnant l’invasion. Les États-Unis exercèrent leur droit de veto. La résolution mourut. L’histoire passa à autre chose.
Le modèle se répète avec une régularité qui devrait terrifier. Un allié. Un intérêt économique ou stratégique. Une rupture. Un prétexte. Une intervention. Un nouveau gouvernement installé dans la précipitation. Et ensuite : le chaos, l’instabilité, la résistance, l’échec. Et pourtant, à chaque fois, Washington est convaincu que cette fois sera différente
SECTION 4 : Afghanistan et Irak — Les deux désastres qui n'ont rien appris
Afghanistan 2001 : vingt ans, mille milliards, Taliban
Le 7 octobre 2001, les bombes commencèrent à tomber sur Kaboul. Le régime Taliban fut renversé en quelques semaines. Hamid Karzaï fut installé comme président provisoire. L’Amérique avait déposé son homme. La mission était accomplie — ou du moins, c’est ce que beaucoup crurent trop tôt. Il restait juste à construire un État.
Vingt ans. Un billion de dollars. 2 400 soldats américains morts. 200 000 Afghans tués. Des milliers de kilomètres de routes construites, d’écoles ouvertes, d’institutions fondées. Des élections organisées. Des constitutions rédigées. Des programmes de formation pour l’armée afghane qui coûtèrent des dizaines de milliards. Et le 15 août 2021, les Taliban entraient dans Kaboul sans rencontrer de résistance. L’armée afghane, entraînée et équipée par les Américains, se dissolut en quelques jours. Le gouvernement que Washington avait passé vingt ans à consolider tomba en moins de deux semaines.
Irak 2003 : la démocratie au bout de la carabine M16
Les armes de destruction massive n’existaient pas. Colin Powell le savait peut-être quand il fit sa présentation au Conseil de sécurité de l’ONU en février 2003. Les inspecteurs de l’ONU le disaient. Washington envahit quand même. Saddam Hussein était capturé, jugé, pendu en décembre 2006. La statue était tombée. Mission accomplie, avait dit Bush depuis le pont du porte-avions Abraham Lincoln en mai 2003 — quatorze ans avant que la dernière unité américaine combattante ne quitte le pays.
Et pourtant. La décision de dissoudre l’armée irakienne — 400 000 soldats sunnites soudainement sans emploi, sans salaire, avec leurs armes — créa le vivier humain parfait. Ces officiers baassistes sans futur rejoignirent l’insurrection. Ils devinrent les cadres de l’État islamique. L’Irak, qui n’avait aucun lien avec Al-Qaïda avant l’invasion, en devint la principale pépinière. On avait voulu planter une démocratie. On avait cultivé un califat.
L’histoire du régime change américain n’est pas l’histoire de bonnes intentions mal exécutées. C’est l’histoire d’une puissance qui confond la capacité de détruire avec la capacité de construire. Abattre un régime prend des semaines. Bâtir une légitimité politique prend des générations. Personne, à Washington, ne semble avoir jamais vraiment compris la différence.
SECTION 5 : Cuba — L'exception qui confirme la règle
La Baie des Cochons : l’humiliation fondatrice
En avril 1961, 1 400 exilés cubains entraînés par la CIA débarquèrent dans la Baie des Cochons. Kennedy venait d’hériter du plan d’Eisenhower. Il était embarrassé de l’abandonner. Il l’autorisa avec des demi-mesures : pas de soutien aérien américain direct, pas de second débarquement, pas d’escalade. Les exilés se battirent courageusement. L’armée cubaine les écrasa en soixante-douze heures. 1 189 combatants capturés. L’Amérique humiliée devant le monde entier. Castro utilisa l’épisode pour consolider son régime pendant des décennies.
Plus de six cents complots d’assassinat contre Castro auraient été documentés. Cigares explosifs. Combinaisons de plongée empoisonnées. Drogues hallucinogènes. Poudres épilatoires pour faire tomber sa barbe et le ridiculiser. Fidel Castro mourut le 25 novembre 2016, dans son lit, à quatre-vingt-dix ans, entouré de sa famille. Il avait survécu à dix présidents américains. Cuba est encore gouvernée par la famille Castro aujourd’hui.
La leçon de Cuba : la résistance s’alimente de la pression
L’embargo américain dure depuis 1962. Soixante-quatre ans. Il n’a pas renversé le régime. Il a fourni au Parti communiste cubain son alibi permanent pour toutes les difficultés économiques. Chaque pénurie pouvait être attribuée au blocus. Chaque échec, à l’impérialisme américain. L’embargo était la meilleure campagne de relations publiques que Castro n’aurait jamais pu se payer.
t pourtant, l’Amérique continue. Parce que l’embargo sert une politique intérieure — la communauté cubaine de Miami, les votes de Floride, les calculs électoraux. Cuba n’est plus une menace pour les États-Unis depuis l’effondrement soviétique. C’est un pays pauvre de 11 millions d’habitants, une île sans arsenal nucléaire, sans armée projetable, sans capacité de nuisance réelle. L’embargo est devenu sa propre raison d’être — une tradition, un rituel, une posture. La politique étrangère comme cérémonie.
Cuba est peut-être la démonstration la plus claire de tout le système : quand la pression extérieure échoue à renverser un régime, elle le renforce. La résistance à l’ennemi extérieur crée une cohésion nationale que rien d’autre ne pourrait produire. Washington le sait. Et continue quand même. Parce que la politique intérieure américaine a ses propres logiques, indépendantes de tout résultat concret.
SECTION 6 : Venezuela 2026 — Le modèle mis à nu
Le 3 janvier 2026 : une nuit à Caracas
Dans la nuit du 3 janvier 2026, les forces spéciales américaines menèrent un raid sur Caracas. Les défenses aériennes furent bombardées. Nicolás Maduro et sa femme furent arrêtés, menottés, extraits du pays. Maduro, qui avait résisté à un coup d’État en 2002, à l’épisode Juan Guaidó en 2019, à un complot mercenaire en 2020 — fut capturé en quelques heures par les Forces spéciales américaines.
Trump annonça que les États-Unis allaient «gérer» le Venezuela. Il déclara que les grandes compagnies pétrolières américaines allaient «investir des milliards, reconstruire l’infrastructure pétrolière, récupérer ce qui avait été volé». Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées du monde — 303 milliards de barils, soit 17% des réserves mondiales. La plupart des raffineries américaines ont été conçues spécifiquement pour traiter le pétrole lourd vénézuélien.
La présidente installée et le pétrole rouvert
Delcy Rodriguez fut portée à la présidence. Trump ne cacha pas sa satisfaction. Quelques semaines plus tard, interrogé sur l’Iran, il déclara vouloir un leader «comme Delcy Rodriguez» — quelqu’un installé avec l’aide américaine, quelqu’un qui coopèrerait. La boucle était bouclée. Le Venezuela devenait le modèle. Ce qui avait fonctionné à Caracas serait reproduit à Téhéran.
Et pourtant. Exxon Mobil, ConocoPhillips et Chevron — les trois géants pétroliers américains censés déferler sur le Venezuela — n’avaient pas été consultés avant ni pendant l’opération. Les dirigeants de l’industrie contredisirent publiquement les déclarations de Trump. Personne n’avait appelé personne. Le plan n’existait pas au-delà de la déclaration d’intention. On avait arraché un régime. On n’avait pas pensé à ce qui viendrait après.
Le Venezuela en 2026 est la répétition accélérée de tout ce qui précède. Le prétexte légal (narco-terrorisme), l’intervention militaire éclair, l’installation d’un successeur acceptable, les déclarations triomphantes sur les ressources récupérées. Et, déjà visible à l’horizon, les mêmes questions sans réponse : Qui gouverne réellement? La légitimité vient d’où? Et quand les Américains partent, que reste-t-il?
SECTION 7 : Le mécanisme — Comment ça fonctionne et pourquoi ça casse
La mécanique en quatre temps
Le régime change américain fonctionne selon un patron reconnaissable. Premier temps : le prétexte. Un leader devient soudainement intolérable — pour le trafic de drogue (Noriega), les armes de destruction massive (Saddam), le terrorisme (Taliban), la dictature (Maduro). Que ce prétexte soit nouveau ou que le comportement dénoncé soit connu depuis des années importe peu. Ce qui compte, c’est que l’opinion publique américaine soit préparée.
Deuxième temps : l’intervention. Bombes, drones, forces spéciales, coups d’État financés, embargo économique. L’intensité varie selon les cas. Le résultat est toujours le même : le régime cible est déstabilisé ou renversé. C’est la partie facile. Militairement, l’Amérique est imbattable à court terme. Personne ne discute la supériorité technologique et logistique de l’armée américaine pour abattre un gouvernement.
Troisième temps : l’installation. Un successeur est choisi, légitimé, installé. Hamid Karzaï. Guillermo Endara. Carlos Castillo Armas. Delcy Rodriguez. Ces hommes et femmes ont en commun d’avoir été sélectionnés non pas par leur peuple, mais par Washington. Leur légitimité est empruntée, fragile, dépendante du maintien de la présence américaine.
Quatrième temps : l’effondrement. Quand les troupes partent, quand l’argent se tarit, quand l’attention de Washington se tourne vers la prochaine crise — les régimes installés s’effondrent, sont renversés, ou gouvernent dans une instabilité chronique. L’Afghanistan en 2021 est l’exemple parfait : vingt ans, un billion de dollars, et deux semaines suffisent aux Taliban pour tout reprendre.
Pourquoi la légitimité ne s’importe pas
La légitimité politique ne se décrète pas. Elle se construit sur des décennies de compromis, d’institutions, de confiance accumulée. Un président installé par une puissance étrangère est, par définition, suspect aux yeux de sa propre population. Il peut gouverner avec la force. Il ne peut pas gouverner avec le consentement. Et sans consentement, toute autorité est provisoire.
Les cas de succès sont rarissimes et discutables. Le Japon et l’Allemagne après 1945 sont souvent cités — mais ces cas impliquaient une capitulation totale, une occupation massive, une reconstruction intégrale sur plusieurs décennies, et des sociétés dont les structures d’État préexistantes furent maintenues ou reconstruites soigneusement. Aucun des régime changes de la guerre froide ou de l’après-guerre froide n’a réuni ces conditions. Les comparaisons avec 1945 sont intellectuellement malhonnêtes.
Le Cato Institute, institution libérale américaine pourtant peu suspecte d’anti-américanisme, a conclu dans une analyse exhaustive que les opérations de régime change ont plus de chances d’échouer que de réussir. Pas légèrement plus. Massivement plus. La construction d’institutions politiques légitimes dans un autre pays est infiniment plus complexe que de renverser un régime. Et Washington, depuis soixante-dix ans, ne maîtrise que la deuxième opération.
SECTION 8 : Iran 2026 — La répétition de 1953, avec des bombes plus précises
Khamenei est mort. Qui vient après?
Le 28 février 2026, l’ayatollah Ali Khamenei fut tué dans une série de frappes israélo-américaines sur Téhéran. Guide suprême de l’Iran depuis 1989, il avait dirigé le pays pendant trente-sept ans. Sa mort laissa un vide au sommet d’un système théocratique pour lequel aucun mécanisme de succession rapide n’avait été prévu en temps de guerre.
Trump déclara immédiatement qu’il devait être impliqué dans le choix du successeur. Il écarta Mojtaba Khamenei, le fils du guide défunt, le qualifiant de «lightweight» — un poids léger. À des journalistes qui lui demandaient qui pourrait remplacer Khamenei, Trump répondit : «La plupart des gens qu’on avait en tête sont morts.» Comprendre : les frappes avaient éliminé les candidats potentiels. Il fallait maintenant en trouver de nouveaux.
L’ultimatum impossible
Trump exigea une «reddition inconditionnelle» de l’Iran. Sa définition de cette reddition : «quand ils ne peuvent plus se battre parce qu’ils n’ont plus personne ni rien avec quoi se battre.» Le secrétaire au Trésor Scott Bessent annonça que «ce soir sera notre plus grande campagne de bombardement» contre l’Iran. Pendant ce temps, à Téhéran, des millions d’Iraniens regardaient leurs villes brûler.
Et pourtant. L’Iran de 2026 n’est pas l’Irak de 2003. C’est un pays de 90 millions d’habitants, avec une tradition militaire millénaire, des milices enracinées dans des réseaux régionaux s’étendant au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen. L’élimination du gouvernement central ne dissout pas ces réseaux. L’Iran sans gouvernement central est potentiellement plus dangereux qu’avec un. Des acteurs fragmentés, sans contrôle, avec des arsenaux dispersés — c’est le scénario cauchemar que les analystes de sécurité redoutent depuis des années.
En 1953, l’Amérique a renversé un premier ministre élu et installé un Shah. Le Shah a régné vingt-six ans dans la répression. La répression a produit la révolution islamique. La révolution islamique a produit quarante-cinq ans d’inimitié radicale. Aujourd’hui, l’Amérique bombarde l’Iran — en partie à cause de ce que l’Amérique a fait en 1953. Et se propose d’installer un nouveau leader. Pour recommencer.
Votre Dose Quotidienne
Visiter Votre Dose Quotidienne
Chronique : Le monde à 114 dollars le baril — quand la guerre contre l’Iran redessine l’ordre économique mondial
Chronique : Un demi-million de Libanais jetés sur les routes — et le monde continue de scroller
Analyse : Quand l’allié tire — Le mystère du F/A-18 koweïtien qui a abattu trois F-15E américains
SECTION 9 : Le blowback — Quand l'intervention fabrique ses propres ennemis
Le terme que la CIA s’est elle-même inventé
«Blowback» : le terme est né dans les analyses internes de la CIA dans les années 1950. Il désignait les conséquences imprévues d’une opération clandestine, les effets retour d’une intervention qui se retournent contre ses auteurs. L’histoire du blowback américain est l’une des grandes tragédies de la politique étrangère moderne.
Oussama Ben Laden et Al-Qaïda émergèrent des moudjahidin afghans financés et armés par la CIA dans les années 1980 pour combattre l’invasion soviétique. L’État islamique naquit du chaos post-invasion irakien, alimenté par les officiers baassistes dissous et humiliés par Paul Bremer en 2003. Le Hezbollah au Liban se renforça en réaction aux invasions israéliennes successivement soutenues par Washington. La République islamique iranienne fut le produit direct du coup de 1953.
À chaque fois, la séquence est identique. L’intervention détruit un équilibre fragile, crée un vide de pouvoir, génère une résistance radicalisée par l’humiliation de la défaite et de l’occupation. Cette résistance devient la prochaine menace qui justifie la prochaine intervention. La machine se nourrit d’elle-même. Les guerres d’hier créent les ennemis de demain qui justifient les guerres d’après-demain.
L’humiliation comme carburant politique
Ce que Washington refuse systématiquement de comprendre : l’humiliation est le carburant le plus puissant de la politique. Une population qui se sent envahie, dépossédée, dont les dirigeants sont choisis par une puissance étrangère — cette population ne se soumet pas. Elle résiste. Peut-être pas immédiatement. Peut-être pas de façon conventionnelle. Mais elle résiste.
Les 300 morts dans les rues de Téhéran en 1953 ne furent pas oubliés. Ils furent transmis de génération en génération, incorporés à la narrative nationale iranienne de la trahison étrangère. Quand Khomeini mobilisa les masses en 1979, il n’avait pas besoin d’inventer l’ennemi — l’ennemi avait lui-même fourni toutes les preuves nécessaires.
La question qu’on ne pose jamais dans les salles de situation à Washington, la question qu’on évite comme on évite un abîme : qu’est-ce qu’un Iranien de vingt ans, dont la ville vient d’être bombardée, dont le pays est en train d’être reconfiguré par une puissance étrangère, pensera des États-Unis dans vingt ans? Quelle forme prendra sa résistance? Et dans quelle salle de situation, dans quelle ville du monde, se planifiera la prochaine intervention en réponse?
SECTION 10 : L'archiviste — Ce que l'histoire dit avec une clarté aveuglante
Le score des sept décennies
Depuis 1953, les États-Unis ont participé directement ou indirectement au renversement de gouvernements dans trente à trente-cinq pays. Combien de ces interventions ont produit des démocraties stables, prospères, amies des États-Unis à long terme? Les chercheurs qui ont étudié la question honnêtement peinent à en trouver.
L’Institut Cato, dans une analyse de 2019 couvrant 35 opérations de régime change américaines de 1900 à 2000, conclut que la grande majorité ont échoué. Non pas marginalement. Fondamentalement. Les pays ciblés ont connu plus d’instabilité après l’intervention qu’avant. Les dirigeants installés ont souvent été renversés par des insurrections ou des contre-coups. Les populations civiles ont payé des décennies de violence le prix de quelques semaines d’opérations militaires «réussies».
Et pourtant. En 2026, Trump regarde la carte du Moyen-Orient et voit des possibilités que l’histoire lui interdit d’imaginer. Il voit un Iran sans Khamenei et pense : maintenant, on peut installer quelqu’un de bien. Quelqu’un d’acceptable. Quelqu’un comme Delcy Rodriguez — installée à Caracas avec la bénédiction américaine. Il ne voit pas l’Iran de 1953, 1979, 2026. Il voit une case vide sur un plateau de jeu.
Pourquoi ça ne s’arrête pas
La question hante les historiens depuis soixante-dix ans. Pourquoi une puissance aussi sophistiquée, avec autant d’analyses, de rapports, de commissions d’enquête, de leçons officiellement tirées — pourquoi continue-t-elle à reproduire les mêmes erreurs?
La réponse la plus honnête est structurelle. La politique intérieure américaine récompense les interventions courtes et punit la patience. Un président qui bombarde obtient une couverture médiatique favorable à court terme. Un président qui investit vingt ans dans la construction d’institutions fragiles ne voit jamais les fruits. La démocratie électorale américaine est fondamentalement incompatible avec le temps long que requiert toute transformation politique étrangère durable.
Les industriels de la défense, eux, ont tout à gagner de chaque conflit. Lockheed Martin, Raytheon, Northrop Grumman — leurs valeurs boursières montent quand les bombes tombent. Ces entreprises dépensent des centaines de millions en lobbying annuel. Elles financent des think tanks qui produisent des rapports justifiant les interventions. Elles emploient des anciens généraux qui commentent dans les médias. L’écosystème entier est aligné sur la guerre.
L’archiviste regarde cette machine et reconnaît le mouvement perpétuel que cherchaient les alchimistes médiévaux. Pas une politique. Un système qui se reproduit lui-même, qui génère sa propre justification, qui transforme ses échecs en nouveaux arguments pour ses prochaines opérations. Le chaos crée la menace. La menace justifie l’intervention. L’intervention crée le chaos.
SECTION 11 : L'Iran comme miroir — Ce que le présent révèle du futur
Le scénario le plus probable selon l’histoire
Si l’histoire des soixante-dix dernières années sert de guide — et elle devrait — voici ce qui est probable en Iran. Les frappes vont continuer jusqu’à l’effondrement de la capacité militaire iranienne conventionnelle. Un successeur à Khamenei sera imposé ou émergera dans la confusion post-guerre. Washington le reconnaîtra, le soutiendra, l’armera. Des contrats pétroliers seront signés. Des entreprises américaines entreront.
Et puis. Les réseaux du Hezbollah ne disparaîtront pas — ils s’adapteront, se décentraliseront, trouveront de nouveaux financements. Les Gardiens de la Révolution, humiliés mais pas éliminés, se restructureront dans la clandestinité. Une nouvelle génération d’Iraniens, marquée par les bombes et l’humiliation de l’occupation étrangère de facto, alimentera pendant des décennies un ressentiment que les bombes B-2 n’auront pas réussi à éteindre. Et quelque part, dans vingt ans, un analyste de la CIA écrira un rapport sur «la menace émergente» née des cendres du régime change iranien de 2026.
Ce que Trump ne peut pas acheter avec des bombes
Trump peut abattre des régimes. Il ne peut pas acheter de la légitimité. Il peut éliminer des dirigeants. Il ne peut pas créer de successeurs qui gouverneront avec le consentement de leur peuple. Il peut prendre le pétrole. Il ne peut pas prendre l’histoire.
L’Iran en 2026 n’est pas une feuille blanche. C’est un pays avec 2 500 ans d’histoire, une culture politique millénaire, une mémoire nationale saturée d’exemples d’intervention étrangère. La prise en otage des diplomates américains en 1979 fut directement nourrie par le souvenir du coup de 1953. Ce que Trump fait en 2026 alimentera la mémoire politique iranienne pour les cinquante prochaines années.
Le Shah que Washington installa en 1953 régna vingt-six ans. Il fallut vingt-six ans pour que la facture arrive. La facture de 2026 arrivera peut-être plus vite — le monde est moins patient qu’il y a soixante-dix ans. Mais elle arrivera. Elle arrive toujours.
Et là est le vrai scandale — non pas que l’Amérique recommence, mais que personne, dans les couloirs du pouvoir à Washington, ne semble réellement croire qu’elle recommence. Chaque intervention est présentée comme inédite, justifiée, nécessaire, différente. L’amnésie collective est la condition de possibilité du système. Se souvenir serait trop coûteux politiquement. Alors on oublie. Et on recommence.
CONCLUSION : La malédiction des empires qui ne se voient pas
La définition de la folie
On attribue parfois à Einstein la définition suivante de la folie : faire la même chose encore et encore en espérant des résultats différents. Si cette définition s’applique quelque part avec une précision chirurgicale, c’est à la politique de régime change américaine depuis 1953. Iran. Guatemala. Congo. Chili. Indonésie. Vietnam. Grenade. Panama. Afghanistan. Irak. Haïti. Libye. Venezuela. Iran encore.
Le résultat, à chaque fois, varie dans les détails et se ressemble dans l’essentiel : instabilité prolongée, violence massive, resentiment durable, retour en force des forces que l’intervention voulait éliminer — ou émergence de forces encore pires. Et la prochaine fois, on recommence. Avec plus de confiance. Avec de meilleures bombes. Avec la conviction que cette fois, on a appris des erreurs du passé.
Ce que les 90 millions d’Iraniens méritent
Il y a, derrière toutes ces analyses, une vérité que l’approche géopolitique tend à effacer. Les Iraniens ne sont pas une variable dans une équation stratégique. Ce sont des mères qui cachent leurs enfants pendant les frappes. Des médecins qui opèrent sous les bombes. Des professeurs qui continuent d’enseigner pendant que les murs tremblent. Ce sont des femmes qui se sont battues pour leurs droits contre le régime théocratique — et qui se retrouvent maintenant sous les bombes d’un président étranger qui prétend décider de leur prochain guide suprême.
Ce que l’Iran mérite, ce que le Guatemala méritait, ce que le Chili méritait, ce que l’Afghanistan méritait — c’est le droit de choisir ses propres dirigeants, même mauvais, même corrompus, même imparfaits. Parce que les dirigeants qu’un peuple choisit lui-même, il peut aussi les renverser lui-même. Les dirigeants que lui impose une puissance étrangère, il doit les subir jusqu’à ce que la résistance explose — et l’explosion prend toujours une forme que personne n’avait prévue.
Trump a dit : «Je dois être impliqué dans le choix.» L’histoire répond, avec soixante-dix ans de preuves accumulées : non. Pas parce que c’est illégal. Pas seulement parce que c’est arrogant. Parce que ça ne marche pas. Parce que ça n’a jamais marché. Parce que ça produira, une fois de plus, exactement ce qu’on voulait éviter.
Et dans trente ans, un autre président, devant une autre crise née de cette intervention, dira : cette fois, nous avons appris. Cette fois sera différente.
Ce sera aussi faux que toutes les fois précédentes.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/chronique-l-am%C3%A9rique-et-ses-rois-70-ans-d-illusions-au-bout-d-un-canon/ss-AA1XPwk7#image=1
Les empereurs vénérés comme des divinités
Le culte impérial était une religion de l’Empire romain qui consistait à vénérer les souverains et leur famille comme des dieux. L’empereur Auguste, au pouvoir entre 27 av. J.-C. et 14 apr. J.-C., l’a instauré dans le cadre de sa transformation de la fragile république romaine en un empire stable.
Depuis l’Antiquité, de nombreuses cités affirmaient que leurs lois et leurs coutumes avaient été offertes par un dieu ou un demi-dieu. Cette tradition de royauté divine visait à garantir la "légitimité" du pouvoir politique, présenté comme validé par des forces surnaturelles.
Avant les Romains, les cultes grecs rendaient hommage à des héros d’exception, souvent nés de l’union entre un dieu et un mortel, qui pouvaient accéder à la divinité après leur mort. Ces figures divinisées étaient alors vénérées par les vivants.
Les Romains croyaient que chaque individu possédait un "génie", un esprit divin protecteur incarnant sa dignité et sa valeur morale. En somme, on admettait que chaque mortel portait en lui une étincelle de divinité.
La mythologie romaine célébrait les fondateurs de Rome, tels que Romulus (ci-dessus) et le roi Numa, à qui l’on attribuait l’instauration de coutumes sacrées. Après leur mort, ils ont été divinisés et honorés comme des dieux.
Jules César a mis en avant la filiation divine de sa famille et a affirmé descendre d’Énée, le fils de la déesse Vénus. En revendiquant cette ascendance mythique, César s’est présenté comme particulièrement favorisé par les dieux.
De son vivant, César a autorisé des villes de l’Orient à ériger des statues le vénérant sous le nom de "Jules le Divin". Cette pratique était en réalité un héritage des coutumes hellénistiques, où les souverains étaient adorés comme des dieux.
Après l’assassinat de César en 44 av. J.-C., les citoyens ont honoré son bûcher funéraire avec des offrandes de fleurs et d'accessoires. Ils se sont rendus à plusieurs reprises sur le site de sa crémation et l’ont vénéré comme un héros tombé
Une comète est apparue pendant les jeux funéraires de César, convainquant les Romains que son âme avait rejoint les dieux. Le Sénat l’a rapidement consacré sous le nom de Divus Iulius ("le divin Jules"). Il est devenu le premier Romain à être officiellement vénéré comme divin.
L’empereur Auguste, fils adoptif de César, s’est présenté sous le titre de Divi Filius ("fils d’un dieu") après la divinisation de son père adoptif. Ce choix a établi la filiation divine comme un fondement essentiel de son autorité impériale.
Premier empereur de Rome, Auguste a lié pouvoir politique et religion. En devenant pontifex maximus (grand prêtre de la religion romaine) et en encourageant le culte impérial, il a donné l’impression que sa fonction d’empereur lui avait été conférée par une autorité sacrée.
Auguste a rapidement compris que vénérer l’empereur pouvait renforcer la loyauté et même soutenir les finances de l’État. Les temples provinciaux favorisaient l’identité romaine, tandis que les festivals et les donations liaient les communautés à l’autorité de la maison impériale, tant sur le plan émotionnel que matériel.
Pour les élites provinciales, le culte impérial constituait une voie prisée vers l’ascension sociale. Les citoyens aisés rivalisaient pour financer des temples ou devenir prêtres, obtenant prestige et reconnaissance tout en affichant leur fidélité à Rome.
Pour se remettre des guerres civiles, Auguste a souvent mis aux enchères les postes de prêtres du culte impérial. Cette pratique permettait à la fois de renflouer les finances de l’État et d’offrir aux citoyens ambitieux l’occasion de gagner en influence en exerçant des fonctions religieuses.
Auguste a étendu le culte romain aux lares de sa famille, ces anciens esprits protecteurs du foyer. Il a proclamé que les lares de sa maison veilleraient sur la Pax Romana ("la paix romaine"). Pour concrétiser cette vision, il a fait ériger en 13 av. J.-C. un autel richement décoré, représentant les membres de sa famille biologique et adoptive.
Les temples du culte impérial se sont multipliés dans les provinces, de la Bretagne à l’Afrique. Auguste a renforcé son aura divine en faisant publier ses exploits et en diffusant le mythe selon lequel sa mère aurait été enceinte du dieu Apollon.
Après Auguste, la divinisation est devenue une pratique courante pour les empereurs respectés. En élevant un empereur au rang de Divus après sa mort, on prolongeait son autorité au-delà de sa vie et on légitimait également la succession des empereurs suivants.
Mais tous les empereurs n’ont pas été honorés de la même manière. Si Claude a été divinisé, d’autres, comme Tibère, Caligula ou Néron (ci-dessus), se sont vus refuser ce statut. Beaucoup estimaient en effet que ces dirigeants avaient favorisé la tyrannie ou provoqué des scandales durant leur règne.
L’empereur Domitien, qui a régné de 51 à 96 apr. J.-C., a exigé d’être vénéré comme un dieu vivant et voulait être appelé "Seigneur et Dieu". Cela a troublé les Romains, car il rompait avec la tradition ancienne qui réservait les honneurs divins aux empereurs après leur mort.
Refuser de participer au culte impérial est devenu un crime politique. Les autorités considéraient ce refus comme un acte de trahison, car ne pas vénérer l’empereur mettait en danger l’ordre sacré et la stabilité de Rome.
Les chrétiens, fidèles à l’adoration de leur seul Dieu, refusaient de participer aux sacrifices en l’honneur de l’empereur. Cette résistance a été considérée comme subversive et a entraîné de nombreuses exécutions, les fidèles choisissant souvent de devenir martyrs.
Au cours du 3e siècle, alors que l’Empire traversait de grandes turbulences, les empereurs se sont appuyés sur le culte pour asseoir leur légitimité. Les usurpateurs invoquaient la sanction divine tout en punissant leurs rivaux comme des profanateurs. Ils ont sans cesse cherché à utiliser le culte impérial pour exiger la loyauté dans un contexte d’instabilité.
En 313, l’empereur Constantin a légalisé le christianisme, mettant fin aux persécutions. Converti, il est intervenu dans les affaires de l’Église et s’est présenté à la fois comme gardien de la foi et souverain suprême de l’Empire.
Face aux émeutes dans l’Empire, Constantin a convoqué le concile de Nicée en 325 pour trancher les différends. Le concile a adopté le Credo de Nicée, définissant l’orthodoxie que tous devaient suivre. Les empereurs chrétiens ont alors incarné le nouveau culte impérial.
Les empereurs chrétiens ont commencé à être vénérés presque comme des saints. Ils étaient considérés comme les représentants terrestres du Christ jusqu’au Second Avènement, ce qui leur permettait d’exercer à la fois une autorité temporelle et spirituelle en tant que protecteurs de la Rome chrétienne.
L’art impérial a commencé à représenter les empereurs chrétiens avec des auréoles, soulignant leur sainteté. Certains ont été canonisés après leur mort, poursuivant ainsi la tradition ancienne selon laquelle les souverains impériaux recevaient un statut semi-divin.
En 380, Théodose Ier a déclaré le christianisme nicéen comme seule religion légale. Les cultes païens, y compris le culte impérial, ont été interdits. Rome s’est ainsi transformée en un État chrétien, et l’identité sacrée de l’empereur a été profondément remodelée.
Avec la domination du christianisme, les temples du culte impérial ont été fermés ou transformés en églises. Les fêtes païennes, y compris les anciens Jeux olympiques, ont été supprimées, marquant la fin de l’ordre sacré païen de Rome.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/d-empereurs-romains-%C3%A0-dieux-leurs-histoires/ss-AA1MISzN?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69b174e30ac84e10b114ef53189a2174&ei=22#image=1
Nous avons peur de ces bouleversements. Beaucoup abusent de leurs pouvoirs, il faut tenir bon et trouver des solutions pour faire face, pas facile mais nous n'avons pas le choix. Il faut survivre à ces mauvaises nouvelles. Bonne fin de journée.
Le choc des cultures : quand l’idéologie de la Silicon Valley rencontre l’État fédéral
Pour saisir les raisons d’un chaos annoncé, il faut d’abord comprendre la nature du DOGE, le Département de l’Efficacité Gouvernementale. Il ne s’agit ni d’un ministère traditionnel, ni d’une agence pourvue d’experts en droit du travail ou en ressources humaines. C’est une force de frappe idéologique, dont les rênes ont été confiées à Elon Musk. L’homme d’affaires, connu pour avoir licencié 80 % des effectifs de Twitter en quelques semaines, semble considérer que ces méthodes sont transposables à la gestion d’une démocratie de 330 millions d’habitants.
Or, l’État fédéral américain n’est pas une startup. Il obéit à des règles distinctes de celles d’une entreprise privée. Les fonctionnaires fédéraux jouissent de protections statutaires inscrites dans la loi, conçues spécifiquement pour les préserver de purges politiques arbitraires. Ces garde-fous ne sont pas une anomalie du système ; ils en sont le cœur même. C’est une distinction fondamentale qu’Elon Musk et ses équipes ont paru ignorer ou sous-estimer.
Armées de listes de noms et de tableurs, les équipes du DOGE ont investi les agences fédérales avec la certitude que l’efficacité se mesure principalement en suppressions de postes. Des agents de la sécurité nationale, des contrôleurs aériens, des inspecteurs sanitaires et des chercheurs en santé publique se sont ainsi retrouvés ciblés par une machine administrative qui ne distinguait pas un poste redondant d’une expertise irremplaçable.
L’offensive et ses conséquences immédiates sur le terrain
Le résultat de cette approche disruptive n’a pas tardé à se manifester. Des perturbations opérationnelles ont été signalées dans des secteurs critiques, tandis que des alertes de sécurité ont été relevées dans certaines agences. Parallèlement, une vague de contestations juridiques a commencé à déferler, et l’administration s’est rapidement retrouvée en difficulté devant les tribunaux.
Derrière chaque licenciement se trouvent des parcours individuels. Des fonctionnaires ayant consacré dix, vingt ou trente ans au service public, avec des prêts immobiliers à rembourser et des enfants à l’université, ont reçu des notifications de fin de contrat par courriel, parfois en dehors des heures de bureau et sans préavis légal suffisant. Des chercheurs des Instituts nationaux de santé (NIH) ont été démis de leurs fonctions en plein milieu de programmes sur le cancer et les maladies infectieuses. Des agents du département des Anciens Combattants, dont certains étaient eux-mêmes vétérans, ont été remerciés sans ménagement. Des inspecteurs de la Food and Drug Administration (FDA), garants de la sécurité de nos aliments et médicaments, se sont retrouvés sans emploi du jour au lendemain.
Cette dimension humaine est inséparable de l’impact opérationnel. La suppression de ces postes a entraîné la perte d’expertises irremplaçables et de connaissances institutionnelles accumulées sur des décennies. La Federal Aviation Administration (FAA), par exemple, a fait état de tensions graves dans ses effectifs. Dans un secteur où la marge d’erreur est inexistante, la perte d’expertise est une question de sécurité vitale.
La riposte judiciaire et le recul forcé de l’administration
La réaction ne s’est pas fait attendre. Les syndicats de la fonction publique, avec en tête de file l’American Federation of Government Employees, ont immédiatement saisi les tribunaux. Ils ont brandi les statuts de protection, les règlements de la Merit Systems Protection Board et les lois spécifiques sur la protection des vétérans. Face à ces arguments, les juges, y compris certains nommés par des présidents républicains, ont commencé à accorder des injonctions, des ordonnances de réintégration temporaire et des suspensions de licenciements.
L’administration Trump, qui avait misé sur la rapidité pour créer une situation de fait accompli, s’est vue contrainte de ralentir, puis de reculer. Les licenciements de vétérans, dont les protections légales étaient particulièrement solides, ont été parmi les premiers à être annulés, les violations étant trop flagrantes pour résister à un examen judiciaire.
Ce qui est relevé par de nombreux observateurs, c’est que ce sont les garde-fous juridiques, et non une réévaluation politique ou éthique de l’administration, qui ont imposé ce revirement. Sans l’intervention du pouvoir judiciaire, l’opération se serait vraisemblablement poursuivie. Les institutions démocratiques américaines ont tenu, mais grâce à leur propre robustesse et non à la volonté des dirigeants du moment.
Les cibles de la purge et les erreurs de classification
Les employés en période probatoire ont constitué l’une des premières cibles, car ils bénéficient de protections légales moindres que les fonctionnaires titulaires. Cependant, même dans ce cas, des erreurs importantes ont été commises. Certains employés classés comme « probatoires » avaient en réalité plusieurs années d’ancienneté, suite à des changements de poste internes. Des milliers de personnes auraient ainsi été licenciées sur la base de classifications erronées.
Le cas des vétérans militaires est particulièrement emblématique. Bénéficiant de protections fédérales spécifiques pour leur accès et leur maintien dans la fonction publique, leur licenciement s’est avéré juridiquement indéfendable dans de nombreux cas. Le recul forcé a donc d’abord concerné ces catégories, non par choix politique, mais parce que les violations légales étaient trop bien documentées pour être défendues devant un tribunal.
L’indifférence affichée dans le processus a également été pointée du doigt. L’approche, perçue comme déshumanisée, a consisté à notifier des serviteurs de l’État par courriel automatique avant de révoquer leurs accès, une méthode qui contraste avec l’engagement souvent ancien de ces personnes au service public, parfois au détriment de salaires plus élevés dans le secteur privé.
La stratégie du fait accompli face à l’État de droit
La tactique de l’administration Trump face au système judiciaire a souvent reposé sur une logique simple : agir vite, créer des faits irréversibles et parier sur la lenteur de la justice pour rendre toute annulation caduque. Si cette stratégie a parfois porté ses fruits, elle a montré ses limites dans le dossier des licenciements de masse. L’indépendance relative des tribunaux américains, même sous pression, rend cette méthode moins efficace que dans un régime autoritaire.
Lorsqu’un juge fédéral ordonne la réintégration temporaire d’employés, l’administration est tenue de s’exécuter, sous peine d’entrer en conflit ouvert avec le pouvoir judiciaire, une escalade aux conséquences constitutionnelles imprévisibles. L’équipe juridique de Trump a tenté de contester les ordonnances et de ralentir leur application. Cependant, le volume des cas, la clarté des violations et la mobilisation rapide des syndicats ont rendu cette résistance intenable. Le retournement qualifié d’humiliant par les commentateurs américains n’est donc pas une correction volontaire, mais une capitulation contrainte par l’inévitabilité juridique.
La question du rôle de la Cour suprême, avec sa majorité conservatrice de 6-3 dont trois juges nommés par Trump, planait sur cette séquence. L’administration espérait y trouver un ultime recours. Mais même à ce niveau, la question de savoir si un président peut unilatéralement licencier des fonctionnaires protégés sans respecter les procédures légales reste un débat juridique complexe, qui ne se tranche pas par simple volonté politique.
La résistance silencieuse au sein de l’appareil d’État
Un aspect moins visible de cette crise a été la résistance interne qui s’est organisée au sein même de la fonction publique. Des fonctionnaires ont commencé à se syndiquer, à se renseigner sur leurs droits et à contacter des avocats. Des groupes de soutien se sont formés spontanément. Les employés ayant reçu un avis de licenciement ont systématiquement contesté les procédures, forçant l’administration à justifier chaque décision et ralentissant mécaniquement le processus.
Les lanceurs d’alerte ont également joué un rôle. De manière anonyme, des fonctionnaires ont transmis à des journalistes et à des membres du Congrès des informations sur les méthodes de licenciement : des décisions prises à la hâte, sur la base de simples tableurs, sans consultation des supérieurs hiérarchiques. Ces révélations ont fourni des munitions pour les batailles juridiques et médiatiques.
Au Congrès, la situation était nuancée. Si la majorité des républicains a soutenu publiquement la politique de l’administration, plusieurs élus ont exprimé en privé de sérieuses inquiétudes. Des représentants d’États comme la Virginie et le Maryland, où vivent de nombreux fonctionnaires fédéraux, ont été submergés d’appels de leurs électeurs. Ces pressions discrètes ont contribué à rendre le recul de l’administration politiquement plus acceptable.
Les coûts cachés : une facture bien plus lourde que prévu
L’argument central de l’administration était de réaliser des économies massives pour le contribuable. Cependant, les économistes et spécialistes de la gestion publique ont rapidement mis en lumière des coûts cachés importants. D’abord, les coûts juridiques, estimés à des dizaines, voire des centaines de millions de dollars en frais d’avocat et en dommages et intérêts. Ensuite, les coûts de réintégration, l’État devant verser des salaires rétroactifs à chaque employé réintégré par la justice. Enfin, les coûts de recrutement pour remplacer les postes vacants, un processus long et onéreux.
Selon les estimations de plusieurs économistes, les coûts totaux de l’opération pourraient finalement dépasser les économies de masse salariale à court terme. Un calcul absent des tableurs du DOGE, qui se concentraient sur les dépenses immédiates sans intégrer les risques futurs. Le contribuable, au nom duquel la purge a été menée, pourrait donc payer plus pour un service public dégradé.
Un autre coût, impossible à chiffrer, est la perte de mémoire institutionnelle. Un fonctionnaire avec vingt ans d’expérience possède une connaissance accumulée des procédures, des réseaux et des crises passées qu’aucun manuel ne peut remplacer. Détruire ce savoir-faire, c’est parier que les défis de demain ne nécessiteront pas les leçons d’hier, un pari risqué dans un monde instable.
Conclusion : Un recul tactique qui annonce d’autres batailles
Il serait une erreur d’interpréter ce revirement comme la fin de l’offensive contre la fonction publique. Il s’agit d’un recul tactique imposé par la justice, et non d’un abandon de l’objectif stratégique. L’administration a d’ailleurs indiqué son intention de poursuivre les suppressions de postes, mais en prenant davantage de précautions procédurales pour éviter les défaites judiciaires.
Le projet de reclassification de dizaines de milliers de fonctionnaires sous la « Schedule F », un statut qui les priverait de leurs protections en les transformant en employés politiques, est toujours d’actualité. S’il aboutissait, il changerait radicalement les règles du jeu. Les syndicats et les associations de défense du service public sont mobilisés pour bloquer cette mesure au Congrès et devant les tribunaux.
Les mois à venir seront donc décisifs. L’issue dépendra de l’évolution de la jurisprudence, de la position du Congrès et de la réaction de l’opinion publique face aux impacts sur les services. Le recul de Trump n’est pas une victoire finale, mais un répit. Il démontre que les institutions peuvent résister, mais aussi qu’elles sont soumises à une pression intense. Les batailles à venir s’annoncent plus complexes et la vigilance reste de mise.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/analyse-trump-oblig%C3%A9-de-reculer-apr%C3%A8s-le-chaos-des-licenciements-massifs/ar-AA1Yu5U2?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69b2dfe07d5e4eeba0ce07ffd8147252&ei=7
Le redéploiement américain et le doute asiatique
La carte des forces mondiales se redessine au rythme des crises. Le conflit au Moyen-Orient fragilise actuellement les économies d’Asie, tout en offrant à la Chine une fenêtre stratégique majeure pour asseoir son influence géopolitique.
Dès les premiers jours de la guerre, les États-Unis ont opéré un transfert massif de leurs ressources militaires vers la région moyen-orientale. Ce mouvement a impliqué le déplacement de systèmes de défense antimissile jusque-là basés en Corée du Sud, ainsi que le départ d’un groupe aéronaval qui patrouillait en mer de Chine méridionale.
Ces manœuvres suscitent de vives inquiétudes chez les alliés asiatiques de Washington. La décision envoie un signal perçu comme troublant par les analystes, d’autant que l’administration américaine affirmait encore au début de l’année, lors du Sommet Shangri-La sur la sécurité, que l’Indo-Pacifique constituait sa priorité stratégique absolue.
Un sentiment de vulnérabilité en Asie de l’Est
En Corée du Sud, l’impact de ce rééquilibrage se fait directement sentir. Le retrait de certaines composantes du système antimissile balistique THAAD est observé de près. Ce dispositif avait été initialement installé sur le territoire pour contrer la menace nord-coréenne, et son déplacement est aujourd’hui assimilé à un affaiblissement de la posture défensive face à Pyongyang.
Cette perception d’un engagement américain qui s’effrite nourrit les incertitudes à travers toute la région. L’idée de devoir assurer sa propre sécurité gagne du terrain au sein des gouvernements locaux. Cité dans le New York Times, le président sud-coréen, Lee Jae-myung, résume cette prise de conscience : « Si nous dépendons des autres, il arrive que cette dépendance s’effondre ».
Le Dr John Calabrese, chercheur associé au Middle East Institute, analyse cette situation de près. Il estime que le départ des systèmes de défense de la péninsule coréenne indique clairement que le fardeau sécuritaire va inévitablement glisser vers les alliés d’Asie de l’Est. Il détaille cette mécanique dans la revue asiatique The Diplomat : « Au-delà de la crise immédiate, un réajustement structurel plus profond se dessine. L’armée américaine est désormais sollicitée sur plusieurs fronts : en Iran, en Occident et dans le cadre de ses engagements de longue date en Asie de l’Est ».
La préparation énergétique et diplomatique de la Chine
L’actualité quotidienne mêle souvent les enjeux locaux aux bouleversements mondiaux. Ailleurs sur Info, on apprenait qu’une ancienne candidate au NPD voterait aujourd’hui libéral. Cette information de politique intérieure tranche avec l’ampleur des défis internationaux, notamment la crise de l’approvisionnement en pétrole qui frappe de plein fouet de nombreux pays d’Asie, dépendants du détroit d’Ormuz.
La Chine, de son côté, navigue dans ces eaux agitées avec une aisance singulière. Elle profite d’un contexte éminemment favorable. Pékin se trouve beaucoup moins exposé aux fluctuations immédiates des prix du brut grâce à de vastes réserves pétrolières, à une électrification intensive de son économie et à des investissements massifs déployés dans les énergies renouvelables.
Sur le front diplomatique, cette guerre fournit à la Chine une tribune pour critiquer la politique étrangère américaine. Les médias de propagande chinois ont très rapidement dénoncé ce qu’ils qualifiaient, dès les premières heures du conflit, d’enlisement des États-Unis au Moyen-Orient. Pékin en profite pour se positionner comme un partenaire international plus stable et plus fiable.
Manœuvres militaires et pressions territoriales
L’attention américaine étant retenue ailleurs, la Chine dispose d’une marge de manœuvre élargie sur les échiquiers diplomatique et militaire. En mer de Chine méridionale, les travaux se poursuivent sans relâche. Pékin continue notamment d’édifier des infrastructures stratégiques sur des récifs dont la souveraineté est contestée par les nations voisines.
L’étau se resserre également autour de Taïwan. Les incursions de navires militaires et d’avions de chasse chinois au-delà de la ligne médiane du détroit sont devenues une réalité quotidienne, instaurant une pression constante sur l’île.
Alicia Garcia-Herrero, économiste et spécialiste de la Chine au sein du groupe de réflexion européen Bruegel, observe cette dynamique avec inquiétude. Selon elle, le contexte géopolitique actuel pourrait précipiter les plans de Pékin. Lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada, elle explique : « La Chine veut placer Taïwan au sommet des priorités et [avec la guerre américano-israélienne contre l’Iran] Donald Trump n’a plus vraiment de levier de négociation. Il pourrait donc être fortement poussé à se montrer plus conciliant, voire à envisager l’arrêt des ventes d’armes à Taïwan ».
L’experte dresse un constat particulièrement sombre de l’évolution des tensions dans le détroit de Taïwan. Elle souligne que l’option militaire prend de l’ampleur au plus haut niveau de l’État chinois : « La possibilité d’un conflit armé, même bref, est maintenant très élevée dans l’esprit de Xi Jinping ».
Les limites industrielles de l’arsenal américain
La guerre au Moyen-Orient joue le rôle d’un révélateur inattendu pour l’industrie de la défense. Les analystes soulignent que l’intensité des combats met au jour les limites réelles de la capacité industrielle militaire des États-Unis. Le volume et le rythme d’utilisation des missiles sur le terrain suscitent de sérieuses inquiétudes quant à l’état des stocks disponibles.
Ces contraintes logistiques se répercutent directement sur les partenaires de Washington. Des alliés de premier plan, tels que le Japon et Taïwan, se préparent déjà à subir des retards importants. Les équipements militaires qu’ils ont commandés depuis plusieurs années risquent de ne pas être livrés dans les délais prévus.
Ce goulot d’étranglement logistique force une remise en question profonde. La garantie de protection américaine semblant moins absolue, la notion d’autonomie stratégique s’impose progressivement dans les chancelleries asiatiques.
L’amorce d’une nouvelle course aux armements
Face à cet effritement de la confiance envers le bouclier sécuritaire américain, plusieurs pays décident de réviser intégralement leur stratégie de défense. Le Japon illustre parfaitement ce changement de paradigme. Le pays a récemment commencé à développer ses propres capacités de frappe à longue portée, rompant avec des décennies de doctrine purement défensive.
Cette recherche d’indépendance militaire n’est pas sans risque. Des analystes américains alertent sur les conséquences de ce mouvement de fond. La volonté de chaque nation de consolider ses propres défenses pourrait rapidement dégénérer en une vaste course aux armements impliquant les différentes puissances régionales du continent asiatique.
https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/moyen-orient-l-opportunit%C3%A9-g%C3%A9opolitique-inattendue-de-p%C3%A9kin-face-aux-%C3%A9tats-unis/ar-AA1Zik0K?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69c2a2038d524f62b1c8f9b7ef3e0a78&ei=14
Écrire un commentaire