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26/10/2014

Sacré croissance

0.jpgLe film documentaire "Sacré croissance"  remontait peut-être à la source de nos problèmes actuels, à cette idée que le monde a besoin de croissance pour progresser et donnait quelques idées pour la contrer ou pour l'assumer autrement. Parlons une nouvelle fois d'argent mais en tentant d'introduire des utopies dans le jeu de massacre qui pourrait se préparer. Si l'hors-d’œuvre de l'article précédent concernant l'argent, était plutôt genre truite argentée, celui-ci, en plat de résistance, risque fort d'être ni chair ni poisson.

En préambule du documentaire: "Pour Kennedy, elle était synonyme de force et de vitalité. Clinton appelait en ses temps glorieux à ce qu'on en soit le moteur. Et selon Merkel, elle serait le gage de finances solides. La croissance est souvent brandie comme la solution à tous les maux.

Mais que cache ce concept? Est-il vraiment la panacée? Quelles en sont les limites? Et surtout quelles alternatives s'offrent à nous?



Pour les économistes, nous ne connaîtrons plus jamais celle des années 80 et 90. La croissance économique dépend de ressources matérielles, forcément limitées sur une planète finie. Les crises permettent aux brèches de s'ouvrir. "Sacrée croissance" parle résilience, économie post carbone, utilisation partagée, réparation, banques communautaires et monnaies locales. Il évoque aussi le Bhoutan considéré comme l'un des plus pauvres de la planète et cité en exemple pour son Bonheur National Brut. Indice prenant en ligne de compte conservation de la nature, promotion de la culture, développement d'une économie soutenable et bonne gouvernance. Les USA ont le PIB par habitant le plus important au monde et détiennent tous les records en matière d'inégalités, de pauvreté, de mauvaise santé, d'obésité, de violence, de délits et de personnes emprisonnées.".

Sujet donc très vaste aux approches multiples en fonction de l'endroit où on se place et d'où on le voit, des connaissances acquises et du statut social et historique de celui qui en parle. Sujet qui peut être abordé par l'intérieur et/ou par l'extérieur des économies dites capitalistes ou non. 

Examinons point par point, chaque remède potentiel envisagé par la décroissance.

 

1. L'agriculture urbaine par les "mutants professionnels", les "carriers shifers" en anglais. 

 

Des jeunes changent de métiers de haute-technicités pour lesquels ils ont été formé pour se tourner vers des métiers plus terre-à-terre. Conversion radicale qui les fait oublier les revenus qu'ils pouvaient espérer dans leur vie antérieure. Agriculture locale, bio et urbaine dans la banlieue de Toronto ou à Rosario, en Amérique du Sud. 

2. Les énergies renouvelables

Autour de Katmandou, la ville où la pollution est maître ou la population s'est décuplée, il existe la campagne où on s'organise en petites entreprises.

Dernières nouvelles: « Avec un pétrole à 80 dollars, la plupart des énergies alternatives ne sont plus rentables. Triste coïncidence, la disparition du patron de Total se produit le même jour que la démission pour raisons de santé du patron d’Areva. A un moment où le gouvernement français tente de redéfinir la politique énergétique de la France et notamment la place du nucléaire. Si les craintes de hausse du pétrole à court et moyen terme disparaissent, tout est à repenser. Avec un nouveau patron chez EDF, bientôt un nouveau patron chez Areva, le gouvernement français veut reprendre la main. La baisse du pétrole modifie le cours de l’histoire. » 

3. Monnaies communautaires

L'euro et les monnaies officielles seraient une des causes de ce problème économique qui ne voit que le PIB comme idée générale.

L'euro ne me gène pas s'il reste au niveau global. Il est sujet à fluctuation au niveau macro-économique avec toutes les vicissitudes parmi les autres monnaies internationales.

0.jpgLes monnaies locales, elles, ne sont sujettes ni à la spéculation ni aux évasions fiscales. Cela commence très bien, puisqu'elles supportent les marchés locaux et qu'elles sortent d'une économie globalisée et réduisent les transports.

Ce qu'elles ne disent pas c'est qu'elles ostracisent quelques peu tout ce qui n'est pas partie d'une production locale et par la même, tout le potentiel d'amélioration de celle-ci. 

En fait, ces monnaies existent déjà dans certains pays où l'économie est étatisée comme Cuba avec le CUC. Dans ce cas, ce n'est pas les communautés locales qui en profitent, mais l'Etat et leurs gouvernants.

Le CUC est converti à l'entrée et à l'extérieur en taxant avec des surprimes dans les deux cas. Ce qui n'empêche pas un trafic d'échanges avec les dollars sous le manteau qui permettent d'atteindre d'autres denrées. 

Les monnaies locales jouent le jeu des tickets de rationnement comme pendant la dernière guerre.

Les grandes surfaces font des ristournes en restituant un pourcentage sur les achats sous forme de "bons pour" être utilisés dans le magasin d'origine et, ainsi, fidéliser ses clients.

Ce qu'on appelle "tickets restaurant", délivrés par les entreprises à leurs employés en surplus de leur salaire et utilisables dans beaucoup de magasins qui vendent de la nourriture, un autre exemple. 

Le problème de la monnaie moderne, officielle, c'est qu'elle est devenue bien plus virtuelle et non plus scripturale. Payer avec des cartes de crédits et des cartes de banques est bien pratique. Les achats et les ventes transitent par des écritures comptabilisées, ce qui ne le fait plus par l'intermédiaire de monnaies locales. Revenir à ces dernières, reviendrait à se promener avec un portefeuille bien rempli en place d'une carte de banque. Alors si on imposait aux banques d'avoir des comptes en monnaies locales comme elles le font en devises étrangères?

D'autre part, on ne parle jamais de ce qu'on fait avec les excédents.

En finale, l'esprit de solidarité tant prisé aujourd'hui, est mis au niveau très local, autarcique.

Ces monnaies parallèles n'ont rien à avoir avec les bitcoins qui permettent la spéculation. Heureusement.

 

4: Les conclusions en rapport avec le PIB

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Ce qui en ressort de tout cela, c'est que les espoirs viendraient d'en bas, de la micro-économie et non plus par la voie de l'univers technologique de la macro-économie.

Jusqu'à présent, le néo-libéralisme, malgré les crises, tient toujours bon.

Le coup de bluzz des Bourses de la semaine passée a été effacé par quelques  rebond, dans l'attente d'un autre coup de bluzz que l'on espère pas trop assassin.

Cela ne veut pas dire que l'on décollera plus comme on le faisait pendant quelques années de gloire du siècle dernier. La Bourse a de ses respirations qui intéressent certains et désespèrent d'autres.

A la différence de l'utopie sociale, les macro-utopies ont le mérite de toujours arriver avec des investissements à la grande louche pour atteindre ses buts. 

Alors, oui, il faut des utopies pour sortir du merdier. 

Pierre Rabhi, avec sa simplicité d'approche, disait dans une conférence qu'il fallait agir à son échelle et construire ensemble:


Sous la croissance peut se cacher des bons et des mauvais ponts. Tout le monde croit à son tour. On est petit en taille en fonction de son âge et puis on grandit jusqu'au terme du stade d'adulte. Reste-t-on ouvert? Restons-nous avec un esprit d'enfant? Là est la question.

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Le règne de la flexibilité, des plans sociaux à répétitions ne restreignent pas la misère et accroît l'écart entre les plus puissants et les plus pauvres.

L'idée est de faire croître le PIB d'un pays pour avoir une chance d'exister dans le concert des nations et de ne pas descendre dans l'échelle des valeurs.

Une crise anthropologique se présente et l'abondance qui a fait le lit de ce mouvement néo-libéral, va indubitablement mener vers une société de plus de sobriété.

Mais, jusqu'à quel point et comment pour que cela ne génère pas une nouvelle révolution, un tremblement de Terre, dans laquelle tous perdraient énormément de potentialités?

0.jpgLa facilité a été soutenue par les énergies abondantes et bon marché. Les nouvelles générations ont été éduquées dans le sens qui disait que tout était possible, que tout était disponible, que les études permettaient d'arriver à ses fins à l'aide d'un minimum d'efforts initiaux.

On les a trompé

Les écotartuffes avec leur "croissance verte" n'ont pas fait mieux. Ils criaient "vive la crise" en y voyant une opportunité pour changer de paradigme et puis, ils sont rentrés dans les rangs du troupeau. Les "décroissants" n'ont pas plus d'influence chez les Verts que dans la gauche et l'extrême gauche marquées par un marxisme productiviste. 

Changer de paradigme doit s'associer à une révision complète des processus de travail, d'évaluation des besoins réels à longs termes et non plus en fonction de ce qui est estimé, planifiés à courts et moyens termes par les bureaux du Plan et par le marketing.

Le rapport de Stiglitz parlait du "Bonheur Intérieur Brut" (ce que j'avais appelé BIB). Il apportait une occasion de voir les choses autrement. Tellement autrement qu'il a fait peur et que le rapport a très vite été mis entre parenthèses dans les oubliettes de l'histoire.

Le monde s'il est devenu un village par ses réseaux sociaux et par Internet, ne l'est pas du tout sur le terrain des opérations des humains tous différents en cultures et en mentalité. A chaque partie du monde correspond une réponse spécifique aux problèmes environnementaux, économiques et sociaux, alors qu'ils pouvaient sembler généraux aux yeux d'un Américain comme Stiglitz.

A leur crédit, il faut se rappeler qu'une simple diminution de la production pourrait aggraver la pauvreté et que le mieux-être et le confort vont à contre-sens dans les pays occidentaux qui ont connu plus d'abondance qu'ailleurs. Pour eux, ce sont devenus des droits acquis que l'on défend becs et ongles dans des manifestations. 

Les manifestants lancent "Ils nous voleraient l'air que l'on respire, s'ils le pouvaient".

0.jpgLe matérialisme garde manifestement des traces ancrées dans les mentalités, dans notre subconscient qui semblaient apporter le bonheur.

Pendant les 540 jours d'absence de gouvernement officialisés, qui ne réglait que les affaires courantes, la Belgique a pu respirer plus à l'aise et évité le choc des remises en question.

Rester maître de son destin, de ce qu'on produit de la base jusqu'à sa distribution, c'est ce que nous enseigne ce qui précède comme nouvelle base de solidarité bien comprise et non pas refaire le même geste pendant toute une carrière comme le faisait Charlot dans les "Temps modernes". Ceci est maintenant réservé aux machines.

La prochaine génération comptera dans ses rangs quelques neuf milliards d'individus qui vu l'énormité, ne pourront pas généraliser leur manière d'en sortir avec des concepts traditionnels. Les alternatives seront aussi dépendantes de l'environnement le plus proche. La vie dans les grandes villes n'est pas la même que celle des grandes villes, des villages ou dans la campagne.

Il faut, parait-il, 3% de croissance pour relancer l'économie et devrait réduire du même coup, le chômage. Ce dernier point est d'ailleurs, loin d'être garanti sur facture.

Il faut rationaliser, faire des économies drastiques. D'accord, mais pas partout.

Oui, peut-être pas comme le préconisait avec humour, Thomas en parlant de la santé

Une économie de restructuration et de diminution des frais d'exploitation. Mais, quand on lit ce qui suit, au fur et à mesure, ce n'est plus le même son de cloche.

"Si, jusqu'à il y a peu, le capitalisme tirait exclusivement son profit du travail humain dans la fabrication et la commercialisation des marchandises, avec la mécanisation, l'automatisation et l'informatisation des processus de fabrication, le taux de profit n'a cessé de diminuer. Pour maintenir les bénéfices, il a fallu vendre toujours de plus en plus à des travailleurs de plus en plus précarisés. Pour doper une consommation à bout de souffle on a eu recours au crédit et à l'endettement.".

J'ai ressorti mon "Manière de voir" n°112 de septembre 2010 du "Monde diplomatique". Il parlait du "Temps des utopies". Nous sommes quatre années plus tard. Je reprendrai quelques phrases qui en faisaient partie en les réactualisant.

0.jpgNotre "besoin d'utopies" passe par des paradoxes et est encore plus nécessaire quand on sent qu'on a besoin de changer de paradigme comme j'en parlais dans l'article précédent. L'abondance, dont il était question, n'apporte pas nécessairement une réponse ni au mal-être, ni même au bien-être qui peuvent exister dans certaines populations proches ou éloignées. 

La carence de dirigeants et d'idées pour contrer le mouvement inéluctable du mieux-être n'existe pas encore en Chine qui sous un parti unique autoritaire permet de resserrer quelques boulons par la force.

La démocratie à l'occidentale plait. Elle est présentée comme la panacée. Demandée par l'interstice entre deux mondes, la Chine et l'Occident. Voilà, Hong-Kong, à la croisée des chemins, qui se réveille.

Restructurer le travail et l'avenir avec le dessein de réduire le temps nécessaire pour accomplir les tâches, allait bouleversé les habitudes et les méthodes de productions.

Contrairement à ce qu'on lit le plus souvent, ce n'est pas uniquement un rêve américain que d'avoir pris le chemin du néo-libéralisme. Il y a eu plusieurs coopérants et bénéficiaires de ce projet de rationalisation.

Aujourd'hui, je ne suis d'ailleurs pas convaincu que la décroissance soit la solution globale et mondialisé par laquelle il faudrait passer. Il faudrait plutôt une croissance sélective et une décroissance choisie au cas par cas.  Aller en sens inverse d'un flux du bien-être même au forcing est plus difficile que d'en parler.

La situation actuelle va dans le sens de la déflation qui serait le nec plus ultra pour la décroissance si elle n'avait pas d'autres aspects tout aussi négatifs. 

Tout à coup, apparaissaient le "mur de la dette" et  la France est en train de couler.

Il faut boucher les fuites, c'est évident.

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Coup de frein général dans les investissements en Belgique. La culture comme le disait dernièrement, le patron d'un Musée, est parmi les premiers visés.

Pas un journal belge qui ne parle pas de faire des économies pour résorber les dettes.

Pourtant, aucun objecteur de croissance ne prône une simple diminution de la production, qui ne pourrait qu'aggraver la pauvreté.  

La croissance ne serait-elle là que pour payer combler les dettes sans jamais les annuler?

C'est un angle de vue et une affaire de conjecture qui se révèle être très fluctuante dans la pratique. Quand ces fameux taux d'intérêts sont élevés, c'est vrai. Ce l'est moins si les intérêts sont remboursables à taux plancher, voir négatif, comme aujourd'hui.

Il y a deux ans, je sortais "Très chère austérité". L'austérité, la solution de facilité qui n'a rien résolu...  

"L'Europe endettée reproduit nos erreurs" disait Rafael Correa. Les latinos sont des "experts en crise". Ils ont été confrontés au choc du néo-libéralisme et n'étaient pas prêts de l'assumer. L'idéologie, déguisée en science, leur a été imposée et même par l'esclavage. Ce n'étaient plus des partenaires idéologiques et historiques comme cela l'a été avec les pays européens. Les Etats-Unis, ne l'oublions pas, font, à la base, partie de notre histoire.

Des théoriciens de l'abstrait sont, souvent, récompensés par des Nobel de l'Economie comme si l'économie n'était rien d'autre que des mathématiques que l'on rapproche avec l'étude des techniques de jeu. 

Le même choc s'est présenté chez les ostalgiques des pays de l'ancienne URSS à la chute du mur de Berlin en créant un gouffre entre le haut et le bas de la société.

Dans une économie de la décroissance, le transport aérien, les véhicules à moteur à explosion seraient condamnés à disparaître. Ce serait la fin des grandes surfaces au profit des commerces de proximité et des marchés... Tout le monde est-il prêt d'accord d'aller si loin? 

Je me permets d'en douter.

0.jpgCette semaine, Jean-Claude Junker annonçait que la CE allait injecter 300 milliards d'euros d'investissements dans la macro-économie pour relancer la croissance en poussant sur le "Europe's panic button". 

C'est la dernière chance, disait-il. 

Il avait constaté que le redressement de l'économie marchait mieux aux Etats-Unis, que le monétarisme vaudou avec sa planche à billets sous forme de "Quantitative Easing"qui apportait plus de fruits ou, du moins, les supportait mieux.

Directement après, on apprenait que l'Europe allait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40%, que les énergies renouvelables augmenteront de 27% et que la consommation d'énergie diminuera de 27% pour 2030. 

Que le meilleur gagne, a-t-on envie de répondre, du moment que ce ne sera pas une victoire à la Pyrrhus.

"Nous sommes condamnés à gérer l'incertitude", un autre titre lu dans la presse.

0.jpgDans mon récent article "La clé psi", il était dit que "Aujourd'hui, il n'y a pas de frontières entre les mondes de l'infiniment petit et de l'infiniment grand. Les lois s'appliquent partout. La seule différence est que les caractéristiques les plus bizarres, sautent plus aux yeux quand les objets sont petits. Dans le micro-monde, sans relation de cause à effet, d'après le principe d'incertitude d'Heisenberg, rien ne permet ni de localiser une particule ni de calculer sa vitesse"

Oui, dans notre macro-monde, nous entrons en période de turbulence et d'incertitudes comme cela l'est dans le micro-monde..

Alex Vizorek qui a reçu une formation technique à l'école Solvay, avait apporté sa touche d'humour.podcast

L'humour ne sert peut-être à rien, mais ça peut rapporter gros et faire réfléchir.

Alors, sourions et réfléchissons.

Après, on ira...

 

 

L'enfoiré,

 

Photos réalisées par Arthus Bertrand et affichées dans les rues de Bruxelles.

0.jpgD'après cet article, "L'économie de partage" serait en marche pour remplacer l'économie de marché.

Un autre, plus violent de par son titre "Nos rêves seront vos cauchemar"  allait aussi dans ce sens.

Je parlais la semaine précédente de Paul Jorion.

Je m'en voudrais de ne pas signaler son "temps qu'il fait" de vendredi.

Le temps qu'il fait et qu'il est, pour beaucoup, c'est plutôt--- >>>>

 

Citations:

  • « L'infini n'est pas un état stable, mais la croissance elle-même.  », Aristote
  • « La croissance de la personnalité se fait à partir de l'inconscient.  », Carl Gustav Jung
  • « L'un des pires démons de la civilisation technologique est la soif de croissance.  », René Dubos

Mise à jour 7/1/2015: A quoi sert la Bourse?podcast

Mise à jour 6 juillet 2016: La croissance en Suède:Cliquer sur l'image:

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Commentaires

Un livre qui m'a été cité en référence:

Les Bâtards de Voltaire | John Saul
La dictature de la raison en Occident

Depuis quatre siècles, les élites occidentales instituent, au nom de la "raison", des réformes dans tous les secteurs de la vie sociale, et pourtant celles-ci sont responsables de la plupart des difficultés et des violences que nous connaissons. Pourquoi ? Parce que, loin d'être, comme le prônait Voltaire, une force morale initiatrice de liberté, la "raison" des élites n'est qu'une méthode d'administration. Dans tous les domaines, le monde occidental a ainsi été transformé en une gigantesque machine incompréhensible, livrée à des "experts" - les "bâtards de Voltaire" - asservis à un système dépourvu de toute moralité. Comment nous débarrasser de la séduction exercée par les "solutions" des technocrates ? Comment nous réapproprier le droit de participer pleinement à la vie politique ? Dans ce livre décapant, utilisé aujourd'hui tant dans les écoles et les universités que dans les administrations publiques et privées, John Saul nous offre un formidable outil pour comprendre les faiblesses de notre société... et tenter d'y remédier.

http://www.payot-rivages.net/livre_Les-Batards-de-Voltaire--John-Saul_ean13_9782228893015.html

Écrit par : L'enfoiré | 26/10/2014

Réponse de ma part parue aujourd'hui même avant d'avoir lu la présente en commentaire numéro 1 de la Libre Belgique au sujet d'un article traitant d'une gigantesque manifestation du monde du travail en Italie :

C'est le cercle vicieux dans la meilleure acceptation du terme. Moins il y a de travail, plus ceux qui en cherchent auront difficile à en trouver et plus ceux qui en ont un devront accepter des conditions restrictives pour le garder.
Qui bénéficie de cette équation de l'impossible ?
Vous connaissez la réponse : les tenants de l'ultra-libéralisme, celui qu'on vous sert en panacée à tous les maux alors que c'est lui le seul responsable de cet état de fait.
L'une ou l'autre voie à suivre ? Imposer les sociétés généralement intermédiaires et non productrices non plus en fonction de leurs seuls bénéfices, mais également au quota de travailleurs affectés à son service, faire payer cher à ceux qui s'y livrent toute délocalisation par abandon de l'outil, un droit fiscal européen unifié pour éviter la disparité ( le dumping ) interne, de grands travaux d'infrastructure mis en oeuvre par l'Etat et une taxation à l'entrée en communauté des produits fabriqués dans des pays qui faussent la concurrence soit par des aides déguisées, soit en exploitant de manière quasi animale leur " matériel humain " par un salaire indigne qui limite jusqu'à leur survie. Tout travailleur payé deux dollars par jour sur une Terre qu'on partage tous n'a aucunement droit à une vie décente, mais la pauvreté dans laquelle on le complait entraîne également une kyrielle de mesures sociales disparates souvent détournées par ceux qu'on rend sciemment non actifs, seule défense qui leur reste dans le monde dit des droits sociaux développés.
La déflation n'est pas une solution, elle est le problème.

Écrit par : alain sapanhine | 26/10/2014

" les tenants de l'ultra-libéralisme, "

Et d'où vient-il? Des Etats-Unis.
Mais comme je l'ai écrit : "Les latinos sont des "experts en crise". Ils ont été confrontés au choc du néo-libéralisme et n'étaient pas prêts de l'assumer. L'idéologie, déguisée en science, leur a été imposée et même par l'esclavage. Ce n'étaient plus des partenaires idéologiques et historiques comme cela l'a été avec les pays européens. Les Etats-Unis, ne l'oublions pas, font, à la base, partie de notre histoire."

Dernièrement, en contact avec un copain, je lui ai demandé comment il définirait un Américain, lui qui les connait encore plus que je n'ai pu le faire mais sur une aussi longue période..
Je l'ai déjà décrit plusieurs fois ( http://vanrinsg.hautetfort.com/amerique/ ) et avoir un aspect différent m'intéressait.
Voici, ce qu'il m'a répondu:

UN PORTRAIT ROBOT DE l’Américain moyen = vaste question; pourquoi???
- L’Américain dit moyen est une vue intellectuelle et de l’esprit car il n’existe pas; C’est un mirage;
- Il y a en fait peu de « vrai » Américain au USA;
- Ce pays est le champion des « communautés ethniques»; Il y en a partout; une balkanisation (la frontière étant la communauté) à l’extrême qui empêche tout contre pouvoir organisé;
- Ce pays est le champion quant à la proportion d’habitants physiquement sur le territoire mais administrativement inexistant; un véritable réservoir de ressources humaines corvéables à merci par les entreprises;
- Ce pays est le champion de la ségrégation raciale; officieusement seulement bien sur;
- Dans les entreprises la couleur des travailleurs corresponds à leur position dans l’échelle des corvées; Certains nous dirons oui mais il y des exemples de réussites dans toutes les communautés - of course!!!!
- Ce pays est le plus policé au monde; la police est partout; elle est extrêmement violente;
- Ce pays est un pays de violence; violence physique et celle moins visible (bien que….) de la violence financière et économique;
- Ce pays est contrôlé par des pouvoirs médiatiques ultra puissant qui manipulent l’opinion d’une façon ahurissante, je dirais « à la soviétique »;
- Du point de vue financier et économique la classe dite « moyenne » et « blanche » , en grande majorité, a perdu environ 30% de son pouvoir d’achat depuis la révolution Reagan;
- Un collègue de travail me disait qu’il avait perdu pratiquement toute son épargne pension (crash de 2007/2008) donc en est réduit à travailler jusqu’à la mort pour survivre (il est ingénieur);
- Le vote n’est pas obligatoire donc presque personne ne vote et surtout pas les pauvres qui sont la très grande majorité;
- C’est du chacun pour soi; Mais toujours très souriant tout en tenant un couteau caché dans son dos; Il me disait « on a pas le choix » celui qui montre une faiblesse est en sursit de « mort »;
- Il me disait « si je n’ai plus de resource pour aider ma famille, j’ai une arme et je fais ce qu’il faut faire pour « manger »;
- Chacun pour soi dans l’entreprise bien sur car c’est la condition de survie; pas suffisante mais necessaire; un jour votre collègue est là, vous le rencontrer, vous allez au resto, ensuite vous rentrez à Bruxelles pour découvrir le lundi suivant qu’il est parti chez le concurrent…. Je l’ai vécu donc je sais de quoi je parle!
- LES religions (disons plus précisément LES SECTES) sont présentent partout; J’ai été invité moi l’européen de nulle part, par trois de mes collègues à des « fêtes pizza, ou vente de T-shirt et autres organisés par ces sectes; J’ai évidement refusé ce genre d’invitation;
- C’est un pays morcelé dans tout les domaines; Chacun surveille chacun; Certains nous disent que le drapeau est l’unité de toute une nation; La réalité est que l’armée est en voie de privatisation pcq plus de candidats à la boucherie; Chacun n’a pas le choix de mettre ou non son drapeau dans le jardin - ou bien tu es contre ou pour, mais pour tout vous dire tu as un très très grand intérêt à être pour sinon…..

Donc ces multiples indicateurs pour confirmer qu’il n’y a pas d’Américain moyen; Il y a le (très) riche (1 à 5%) et le reste court dans tous les sens 7 jours par semaine pour tenter de survivre.

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2014

Ce matin, j'ai commencé la lecture du livre "Penser l'économie" co-signé par Paul Jorion et Bruno Colmant
Des opposés idéologiques.
Qui ont tous deux fait une intrusion par Solvay, l'école où on enseigne l'Economie comme étant une Science qui tendrait à être exacte avec des rapports étroits avec les mathématiques.
Alex Vizorek dont je joints les sketchs du Café serré en est un autre témoin.
Pour Colmant, l'inflation allège le poids de la dette.
Pour Jorion, ce ne sera pas suffisant, il faudrait que les dettes implosent.

Expansionnisme contre "contractionisme".
A lire... c'est édifiant comme les parallèles ne confirment pas nécessairement les règles de se rencontrer à l'infini.

De la volte-face de Colmant, j'en avis déjà touché un mot sur ce billet http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2014/03/20/interactif-ou-seulement-radioactif-5327221.html

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2014

Pourquoi n'est-il pas possible de débattre du rôle de l'homme dans le réchauffement climatique?

Peter Thiel, le co-fondateur d’eBay et de Paypal, qui est aussi l'un des premiers investisseurs externes dans Facebook, est considéré comme l'une des personnalités les plus influentes de la Silicon Valley. Dans une interview avec Glenn Beck du site conservateur The Blaze, Thiel a affirmé qu’il ne croit pas que l'homme joue un rôle majeur dans le changement climatique.
Il justifie ce scepticisme par le fait que beaucoup refusent de débattre du sujet, selon lui :
Quand vous ne pouvez pas avoir un débat, je pense souvent que c’est un signe qu’il y a un problème. Quand les gens utilisent le mot « science », c’est souvent un indice, comme au poker, qu’ils bluffent. C’est la même chose avec les « sciences sociales » ou la « science politique », alors qu’on ne parle pas de « science physique » ou de « science chimique ». On les appelle simplement la physique et la chimie parce que nous savons qu’elles sont correctes ».
Thiel note également que la célèbre «courbe en crosse de hockey» du documentaire réalisé par Al Gore «Une vérité qui dérange », ne s’est pas vérifiée.
Al Gore avait montré en se fondant sur cette courbe que la quantité de CO2 dans l'atmosphère était restée stable pendant longtemps, mais qu’elle s’était emballée depuis le début de l’industrialisation au XIXe siècle. Selon Al Gore, la température sur la Terre devrait suivre la courbe. Mais Peter Thiel conteste ce fait : « Il n’a pas fait plus chaud au cours des 15 dernières années. (...) Et je pense qu’avec l’affaiblissement de cette culture monolithique, nous aurons plus de débat. »
Au printemps de cette année, le chercheur canadien Patrick Moore, l'un des 16 co-fondateurs et ancien président de Greenpeace, avait fait une déclaration niant également le rôle de l'homme sur le réchauffement climatique de la planète devant le Congrès américain :
Il n'y a aucune preuve scientifique que les émissions humaines de dioxyde de carbone sont la cause dominante du réchauffement mineur de l'atmosphère au cours des 100 dernières années. Si ces preuves existaient, elles seraient écrites pour être accessibles à tous. Mais aucune preuve, au sens scientifique, n’existe ».
Moore a été membre de Greenpeace de 1971 à 1986, mais il a expliqué qu’il a quitté cette organisation parce qu’elle avait effectué « un virage politique à gauche, et commencé à adopter des politiques » qu’il ne pouvait accepter compte tenu de son parti pris scientifique.

Source: http://www.express.be/joker/?action=view&cat=platdujour&item=pourquoi-nest-il-pas-possible-de-debattre-du-role-de-lhomme-dans-le-rechauffement-climatique&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2014

"Quand les gens utilisent le mot « science », c’est souvent un indice, comme au poker, qu’ils bluffent. "

Pas uniquement ceux qui ne l'utilise pas.
Le réchauffement climatique existe bel et bien.
Il est visible surtout aux pôles.
Qu'il soit la relation de cause à effet ou non de l'homme.
Sous d'autres latitudes, ce sont les changements climatiques sous forme de températures de pointes et l'augmentation du nombre de catastrophes qui en découlent.
Du côté des moyennes, rien n'a changé mais ce sont les extrêmes, les réunions des mêmes phénomènes qui ont décuplé.

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2014

Voici, la version patronale de ce qu'est la "réduction des coûts"
http://www.lesoir.be/691845/article/economie/2014-10-28/jo-cornu-heures-prestees-sncb-sont-insuffisantes-par-rapport-au-salaire

Ne pas oublier de lire les commentaires pour avoir l'autre plateau de la balance.

Écrit par : L'enfoiré | 28/10/2014

Amazon nous refait-il - comme en 1999 - le chant du cygne des valeurs technologiques?

«Amazon est un grand trou noir qui menace de dévorer la « Corporate America », l’Amérique entrepreneuriale, avait écrit le journaliste de Slate.com, Matt Yglesias, il y a deux ans.
La société de Jeff Bezos est régulièrement critiquée en raison du dumping qu’elle pratique sur ses prix de vente, de ses pratiques commerciales douteuses et de ses problèmes avec ses employés. Par exemple, la cour suprême américaine est en train d’étudier le cas des employés de la société Integrity Staffing Solutions, qui met de la main d’œuvre à la disposition d’Amazon pour travailler dans ses entrepôts. Ils reprochent à leur employeur de ne pas les payer pour les 25 minutes quotidiennes qu’ils passent à attendre qu’une fouille corporelle soit effectuée sur eux à la fin de leur service pour s’assurer qu’ils n’ont pas volé de marchandises.
Tous ceux qui ont commandé quelque chose sur le site d’Amazon savent que le service est rapide et efficace et que les prix y sont très compétitifs. Et pour cause : la stratégie d’Amazon est basée sur une politique de prix très agressive.
Deux ans après le commentaire d’Yglesias, la situation a peu changé : le chiffre d'affaires a continué d’augmenter au cours des deux dernières années, mais la société ne réalise toujours pas de profits. La politique de prix très serrés de l’entreprise ne lui permet de réaliser que des marges très minces, et dans ces conditions, le moindre événement exceptionnel ou le moindre faux-pas met la compagnie en perte.
Or, avec la multiplication des activités de la compagnie, les charges d’exploitation s’envolent, comme on le voit sur le graphique ci-dessous (ligne noire). La hausse du chiffre d’affaires (ligne verte), qui n’est pas aussi rapide, ne permet plus d’assurer la réalisation d’un bénéfice d’exploitation, même minimal (ligne rouge).
Au dernier trimestre, la société de Jeff Bezos a réalisé le pire résultat depuis 14 ans, avec une perte nette de 437 millions de dollars, malgré une augmentation de 20% du chiffre d’affaires, qui a atteint 20,58 milliards de dollars.
Chaque année, la période de Noël permet à la société de se rattraper sur l’ensemble de l’année (ce qui explique les dents de scie du graphique). A cet égard, la période de Noël 2014 risque d’être décisive pour la compagnie…
Jusqu’à présent, Amazon avait toujours bénéficié du soutien indéfectible des marchés, parce que ses ventes progressent constamment. Mais cette fois-ci, ils ont manifesté une certaine inquiétude, et peu après la publication des résultats, le cours s’est effondré de 12%, retombant à 279,75 dollars, le plus faible depuis juin 2013.
Les investisseurs commencent en effet à se demander si Amazon n’est pas un grand système pyramidal qui survit sans faire de bénéfice, et qui périra dès qu’il cessera d'investir dans de nouvelles activités.
Sur son blog Worlfstreet, Wolf Richter craint un scénario similaire à celui qui s’est produit en 1999 : Amazon avait été précurseur de l'inquiétude que les investisseurs devaient éprouver pour les sociétés de l’Internet et le cours de ses actions avait commencé à chuter en décembre 1999, plus de trois mois avant que le reste des sociétés qui composent l'indice Nasdaq ne s’effondre, dans ce qui est devenu le krach de la bulle Internet. Vendredi, la baisse de 12% du titre Amazon l’a porté 30% en dessous de son niveau record de février dernier ...

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=technology&item=amazon-nous-refait-il--comme-en-1999--le-chant-du-cygne-des-valeurs-technologiques&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 28/10/2014

L'Europe tourne le dos aux vertus capitalistes au moment où nous en avons le plus besoin

Par moments, lorsque l’UE prend certaines décisions maladroites, on pourrait se demander si les plus hautes instances de l’UE ne sont pas noyautées par un groupe de léninistes complotant pour faire capoter les structures capitalistes européennes, se demande Paul Ormerod, économiste chez Volterra Partners, et professeur visiteur à l’University College de Londres, sur City A.M..
Il affirme que nous avons encore été témoins de l’une de ces maladresses de l’UE cette semaine, lorsqu’elle a réclamé une rallonge budgétaire de 2,1 milliards d’euros au Royaume-Uni, en vertu de la révision des calculs du PIB du pays, pour lui faire intégrer les activités telles que le trafic de drogue ou la prostitution. Avec cette nouvelle méthode de calcul, le PIB britannique a gagné 10,9 milliards d’euros, qui justifient la demande pour ce supplément de contribution.
Mais en agissant de cette manière, l’UE donne une nouvelle fois du grain à moudre aux partis eurosceptiques. Car cette nouvelle méthode aboutit à des résultats illogiques : la France bénéficie d’une remise sur ses contributions, ce qui pourrait être compréhensible, compte tenu de la crise qu’elle traverse. Mais l’Allemagne prospère aussi bénéficie d’une réduction de ses contributions, tandis que deux des pays les plus durement frappés par la crise, la Grèce et Chypre, doivent aussi remettre la main au portefeuille.
« Le problème fondamental avec l’UE, c’est que les vertus les plus essentielles d’une économie capitaliste prospère sont réprimées plus systématiquement sur l’ensemble de l’espace économique européen », écrit-il.
Il prend pour exemple l’innovation, source de croissance de long terme. Elle est l’un des principes vertueux de l’économie. Elle peut être de deux sortes : ou bien elle permet d’optimiser la production d’un bien à partir de la même quantité de composants de ce bien, ou elle consiste à produire un bien ou un service totalement nouveau.
Pour les économies, il est donc essentiel de transformer des concepts en inventions qui permettront par la suite la production de nouveaux produits ou services.
Bien que l’Europe ait fourni des efforts en la matière, elle n’innove pas assez, et elle reste loin derrière les Etats-Unis, en termes d’innovation. Au cours des décennies récentes, la quasi-totalité des plus grandes inventions du secteur des TIC a été américaine. Cette suprématie américaine est évidente à l’évocation des poids-lourds mondiaux du secteur: Microsoft, Google, Facebook, sont toutes américaines. Récemment, elles ont été rejointes par Alibaba, qui est chinoise. Mais aucune firme européenne n’a encore intégré ce club de mastodontes.
Dans un article paru dans la revue économique Journal of Economic Perspectives en 2008, Bart van Ark et ses collègues avaient étudié les écarts de productivité grandissants entre les Etats-Unis et l’Europe au cours des deux décennies qui avaient précédé la crise financière. Leur conclusion était on ne peut plus claire :
Le ralentissement de la productivité européenne est imputable à l’émergence plus lente de l’économie de la connaissance en Europe, comparée à celle des Etats-Unis ».
Pour Paul Ormerod, c’est précisément ce même phénomène qui est à l’œuvre derrière l’incapacité des pays à se relever de la crise. Les politiques menées par la Commission européenne et la Banque Centrale européenne expliquent largement cet état de choses.
Mais le fait que l’UE est devenue une région où il est plus facile de faire de l’argent avec la rente, plutôt que par l’innovation, a été un facteur crucial. « Exploiter un monopole, faire du lobbying sur les législateurs, cocher quelques cases, sont payants. Les innovations sont perturbatrices, mais pour l’Europe, il est plus nécessaire que jamais de les encourager.»

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=leurope-tourne-le-dos-aux-vertus-capitalistes-au-moment-ou-nous-en-avons-le-plus-besoin&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 06/11/2014

Le président finlandais: 'Je crains que nous soyons aux portes d'un nouveau genre de guerre froide qui pourrait englober toute l’Europe'

Pour le président finlandais Sauli Niinistö, les pays occidentaux sont au bord d’une nouvelle Guerre Froide avec la Russie, rapporte The Guardian, qui a eu un entretien avec l’homme d’Etat dans sa résidence officielle d’Helsinki. Niinisto a affirmé que Les Etats Unis et l’UE ne prenaient pas les agissements de Poutine assez au sérieux, en dépit du fait qu’il avait annexé la Crimée et après de nombreux rapports indiquant l’implication des Russes dans le conflit à l’est de l’Ukraine.
Poutine continue de dire que l’Occident et l’OTAN sont hostiles. Il dit qu’ils ont trompé la Russie avec l’extension de l’OTAN et qu’ils affaiblissent et humilient la Russie. C’est donc une situation qui n’est pas très prometteuse. J’ai dit que nous étions aux portes d’un nouveau genre de guerre froide qui pourrait englober toute l’Europe ».
Le président estime que les Occidentaux ont fait preuve de bien trop de complaisance à l’égard de la Russie, et que cette attitude n’est pas nouvelle :
Un plus grand facteur est le manque de fermeté dont l’UE et les Etats Unis ont régulièrement témoigné face aux agissements de la Russie. Les [les Russes] ont pu commettre des meurtres et s’en tirer depuis la première guerre tchétchène et en particulier depuis [l’intervention militaire en] la Géorgie [en 2008]. »
En mars dernier, l’un des anciens conseillers les plus proches de Poutine, Andrej Illarionov avait affirmé que le président russe ne se contenterait pas de l’annexion de la Crimée, et qu’il tenterait également de reconquérir la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande.
La Finlande a été pendant 108 ans un Grand-Duché autonome intégré à l’empire russe, mais en 1917, elle a proclamé son indépendance. Cependant, en 1940, au cours de la Guerre d’Hiver, l'Union soviétique a attaqué la nation scandinave et s’est emparée de la Carélie, une vaste région au Sud-est du pays.
La Finlande ne fait pas partie de l’OTAN, ce qui signifie qu’une invasion de ce pays ne serait pas considérée comme une attaque contre cette alliance, d'après l'article 5 du traité de cette Organisation.
Au cours des dernières semaines, les forces aériennes suédoises, américaines et canadiennes ont intercepté plusieurs avions de chasse russes sur leur territoire. Niinistö évoque ainsi un incident récent, au cours duquel des avions russes ont violé l’espace aérien finlandais : « Nous avons fait décoller les Hornets [des avions de chasse américains F18 de l’armée finlandaise] et les Hornets ont volé côte à côte avec les avions russes. Les Russes ont fait demi-tour. S’ils ne l’avaient pas fait, qu’aurions nous fait ? Je ne voudrais pas spéculer sur cette question ».
Le ministère britannique de la Défense a confirmé cette semaine que des jets de la RAF avaient intercepté un bombardier russe Tupolev Tu-95 qui s’approchait de l’espace aérien britannique pour la seconde fois en trois jours.
L’OTAN a quant à elle alerté d’un « niveau inhabituel » d'activité militaire russe dans l'espace aérien européen.

Source: http://www.express.be/joker/?action=view&cat=platdujour&item=le-president-finlandais-je-crains-que-nous-soyons-aux-portes-dun-nouveau-genre-de-guerre-froide-qui-pourrait-englober-toute-leurope&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 06/11/2014

'Le parlement russe va se prononcer sur une loi interdisant la circulation des dollars américains en Russie'

La Douma, la chambre basse du parlement russe, vient de se faire soumettre un projet de loi qui interdirait la circulation des dollars américains sur le territoire russe, rapporte l'agence de nouvelles APA de l'Azerbaïdjan.
Si cette proposition est adoptée, les Russes disposeront d’une année pour fermer leurs comptes en dollars auprès de banques russes. Ils devront convertir les sommes dont ils disposent en dollars en roubles ou dans d'autres devises. S’ils ne le font pas, ils risquent de se faire bloquer leurs comptes en dollars, et de se faire confisquer leurs espèces en dollars par les autorités fiscales, la police ou les services douaniers.
Dès l’entrée en vigueur de la loi, il ne sera plus possible de se procurer des dollars en Russie. Cependant, cette interdiction ne s’appliquera pas sur les opérations de change effectuées par la banque centrale russe, le gouvernement russe, les Ministères des Affaires étrangères et de la Défense russes, les services secrets russes et les services de sécurité fédéraux russes.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=le-parlement-russe-va-se-prononcer-sur-une-loi-interdisant-la-circulation-des-dollars-americains-en-russie&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 06/11/2014

Cela fait maintenant 8 ans que la zone euro n'a pas eu une croissance de plus de 1% au cours d'un trimestre

La croissance économie de la zone euro devrait être de 0,1% à 0,2% au troisième trimestre. Ce sont les chiffres de consensus des analystes qui ont été publiés ce vendredi. Cela fait maintenant huit ans que la zone euro n’a pas connu un trimestre au cours duquel l'économie a crû de plus de 1%.
Selon certains analystes, la zone euro est maintenant dangereusement proche de la déflation.
Une étude réalisée par Deloitte LLP sur 17 000 adultes dans 17 pays a révélé que les consommateurs européens envisagent de dépenser moins pour la période de Noël cette année. En moyenne, la baisse devrait être de 3%. Il n’y a guère qu’en Pologne, en Russie, en Suisse et en Allemagne que les citoyens pensent dépenser plus pour Noël cette année qu’ils ne l’avaient fait l’année dernière.
Pourtant, il y a tout de même de bonnes nouvelles à signaler. L'économie grecque aurait augmenté au cours de l’année passée, pour la première fois depuis le deuxième trimestre 2008.
La Grèce a toujours des problèmes colossaux à résoudre : son économie s’est contractée d'un quart sur les 6 dernières années; la dette nationale représente 174% du PIB et le déficit budgétaire a atteint quasiment 12% l'an dernier. Le pays est aussi doté de l’une des plus grandes économies souterraines de toute l’Europe, évaluée à près de 25% du PIB par Friedrich Schneider, un chercheur autrichien.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=cela-fait-maintenant-8-ans-que-la-zone-euro-na-pas-eu-une-croissance-de-plus-de-1-au-cours-dun-trimestre&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 15/11/2014

Si la déflation est un si gros problème, comment expliquer le fait que les pays de la zone euro avec la plus forte croissance soient en déflation?

Le "spectre de la déflation" est devenu le croquemitaine des Eurocrates et de la Banque Centrale Européenne. Mais l’Espagne et la Grèce, les deux pays qui connaissent la plus forte déflation en Europe, sont aussi ceux qui jouissent actuellement des taux de croissance les plus forts, observe Matthew Lynn dans Market Watch. Comment expliquer ce paradoxe ? Il affirme que la déflation n’est pas aussi nuisible que les économistes veulent nous le faire croire.
Au mois de novembre, le taux de l’inflation pour la zone euro s’est établi à 0,3%, contre 0,4% en octobre. Compte tenu de la baisse continue des cours du pétrole et des autres matières premières, cette chute des prix devrait se poursuivre. Le chômage augmente toujours, ce qui signifie que de plus en plus de personnes perdent du pouvoir d’achat, tandis que les salaires n’augmentent que faiblement. Dans ces conditions, la consommation est anémique, et les entreprises ne peuvent pas augmenter les prix de leurs produits.
Les économistes expliquent qu’en période de déflation, le consommateur reporte ses achats parce qu’il pense que les articles qu’il convoite seront moins chers ultérieurement, et que les entreprises font de même avec leurs investissements, parce que la baisse des prix les inquiète. Ils ajoutent que la déflation a également pour effet d’aggraver l’endettement des Etats, parce qu’elle réduit la base des revenus sur lesquels s’appuient leurs recettes budgétaires.
Actuellement, en Grèce, le taux de déflation est de 1,7% par an, et il est de 0,4% en Espagne. Pourtant, ces deux pays bénéficient des plus forts taux de croissance au sein de la zone euro, respectivement 1,9% et 1,6%, alors que des économies telles que l’Allemagne ou la France, qui ne sont pas encore en déflation, stagnent.
En réalité, la déflation n’a rien d’inquiétant, estime Lynn, et elle est même tout à fait normale dans une économie compétitive. Il affirme qu’il n’existe aucune preuve sérieuse que les consommateurs reportent leurs achats. « Si c’était le cas, personne n’achèterait jamais une télévision ou un smartphone, parce que nous savons parfaitement que nous pourrons en avoir un meilleur pour moins cher l’année suivante », écrit-il. Il précise que les gens achètent des produits au moment où ils en ont le besoin, et qu’ils prennent en compte les tendances de prix dans leur achat.
De même, il estime que la déflation ne semble pas saper la confiance des entreprises. « Là encore, si c’était le cas, personne ne fabriquerait aucun appareil électronique. Les entreprises investissent là où elles pensent pouvoir gagner de l’argent, et du moment que leurs coûts se réduisent, elles acceptent parfaitement de baisser leurs prix de vente », note-t-il.
Pour lui, cette menace de la déflation est très exagérée, d’autant que la déflation était un phénomène normal au cours d’une grande partie du 19ème siècle, et qu’elle n’a pas entravé la révolution industrielle. Il pense que la déflation pourrait même relancer la consommation en Grèce et en Espagne, et donc, être bénéfique pour les économies de ces pays.
Le seul problème posé est donc celui de la dette souveraine, qui pourrait devenir intenable au sein de plusieurs pays de la zone euro. Mais c’est cet endettement, et non la déflation, qui devrait être au cœur des préoccupations, dit-il, ajoutant que plusieurs pays de la zone euro ne seront sans doute jamais capables de rembourser toutes leurs dettes, à moins d’opérer une restructuration.
« La BCE va déployer tout l’arsenal dont elle dispose pour luter contre la déflation. Mais ça ne marchera probablement pas, et il est probable que c’est mieux ainsi », conclut-il.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=si-la-deflation-est-un-si-gros-probleme-comment-expliquer-le-fait-que-les-pays-de-la-zone-euro-qui-connaissent-la-plus-forte-croissance-soient-en-deflation&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 08/12/2014

"le consommateur reporte ses achats parce qu’il pense que les articles qu’il convoite seront moins chers ultérieurement"

>>>C'est pourtant le cas, Il suffit de constater que le consommateur attend la période de soldes pour faire ses achats.

"les gens achètent des produits au moment où ils en ont le besoin, et qu’ils prennent en compte les tendances de prix dans leur achat"

>>>Quand ils n'ont pas moyen de faire autrement. Et quand ils ont les moyens de combler leurs besoins quand ils ne sont pas essentiels.

"la déflation a également pour effet d’aggraver l’endettement des Etats"

>>>Faux. Les taux d'intérêts qui suivent le mouvement de déflation les intéressent pour réduire l'intérêt de leurs dettes d'Etat et pour pouvoir en refaire à meilleur compte.

"ces deux pays bénéficient des plus forts taux de croissance au sein de la zone euro"

>>>Il est normal que quand on touche le fond, rebondir est beaucoup plus facile.

« Là encore, si c’était le cas, personne ne fabriquerait aucun appareil électronique."

>>>La période de cadeaux est spéciale. Il ne faut pas faire l'amalgame avec le reste de l'année.

"Les entreprises investissent là où elles pensent pouvoir gagner de l’argent, et du moment que leurs coûts se réduisent, elles acceptent parfaitement de baisser leurs prix de vente "

>>>Tout dépend du cashflow et du bénéfices qu'elles peuvent tirer de leurs ventes.
Le bénéfice est un ratio qui transite par une augmentation des revenus ou une diminution des coûts.
Rien d'autre.

Écrit par : L'enfoiré | 08/12/2014

La grande distribution ou la distribution locale?

http://www.rtbf.be/video/detail_questions-a-la-une?id=1977348

Écrit par : L'enfoiré | 12/12/2014

Oubliez l'écologie, l'UE veut désormais privilégier la croissance

L’UE pourrait suspendre des projets de loi concernant la pollution de l’air et la gestion des déchets afin de donner désormais la priorité à la relance économique, montrent des documents provenant d’une fuite, que la BBC a récupérés.
Ils révèlent que la Commission Européenne (CE) affirme que la priorité est désormais donnée à la création d’emplois, à la réduction du déficit public, et au développement de la compétitivité industrielle. Il indique également que les citoyens ne veulent pas que l’Europe s’immisce dans les sujets qui peuvent être traités au plan national.
Les écologistes sont consternés par cette nouvelle orientation. Ils estiment que les questions environnementales requièrent une intervention de niveau européen, et rappellent que la pollution de l’air est la première cause des décès prématurés en Europe. Une législation est actuellement à l’étude concernant la pollution de l’air. Elle vise à établir une directive contenant des seuils d’émissions maximales pour 6 polluants toxiques au niveau national.
11 gouvernements auraient déjà contacté la nouvelle Commission du Président Jean-Claude Juncker pour lui demander de maintenir ce projet de directive, et des députés devraient s’opposer à la remise en cause de cette législation par la Commission. Mais deux autres projets de directives, concernant le recyclage de 70% des déchets municipaux et de 80% des emballages d’ici 2030, pourraient être gelés en raison des nouvelles priorités de la CE.
Les écologistes estiment que les normes environnementales plutôt sévères appliquées au sein de l’Europe ont donné un avantage au plan mondial aux industriels en termes d’efficacité de leurs produits. Mais selon le groupe de pression Business Europe, ces normes leur ont fait perdre de la compétitivité au niveau international.
La nomination de Donald Tusk à la présidence du Conseil de l’Europe n’était déjà pas de bon augure pour la lutte contre le changement climatique. En tant que Premier ministre de la Pologne, Tusk a permis à la Pologne de sortir de la récession, mais il a aussi favorisé le recours au charbon.
« Les penseurs verts avaient persuadé la précédente Commission européenne de mettre le développement durable au cœur de ses ambitions. Il est clair que pour toute la scène écologique d’Europe, la perspective a changé, mais il reste à découvrir jusqu’à quel point », conclut Roger Harrabin, de la BBC.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=oubliez-lecologie-lue-veut-desormais-privilgier-la-croissance&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 15/12/2014

En dépit de ce qu'ils vous disent... la dette mondiale a augmenté depuis 2007

Malgré la promesse vague de nos politiciens de réduire nos niveaux d’endettement après la crise de 2007, la montagne de dettes mondiale a continué d’augmenter depuis cette date. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le cabinet de conseil McKinsey.
Au total, la dette mondiale se monte à près de 200.000 milliards de dollars, soit environ 28.000 dollars pour chacune des 7,2 milliards de personnes sur Terre.
Depuis 2007, elle a augmenté de 57.000 milliards de dollars, soit 17% du PIB mondial, et depuis l'année 2000, l’endettement global corrigé de l'inflation a plus que doublé.
Quelques pays ont fait ou des efforts pour réduire leurs dettes - dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. La dette des ménages s’est réduite dans les pays riches qui ont connu la crise (Irlande, Espagne, Royaume Uni et Etats-Unis). Dans presque tous les pays de la zone euro, l’endettement a augmenté, notamment en Grèce (+ 103%), au Portugal (+ 100%) et en Irlande (+ 172%).
La Belgique, ainsi que les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie, et la France, font partie d’un groupe de pays dont la dette a augmenté de 55 à 72%. Dans notre pays, la dette totale rapportée à notre produit intérieur brut atteint désormais 327%, ce qui représente une hausse de 61% par rapport à 2007. Le supplément de dette provient du gouvernement (+ 34%), des entreprises (15 %) et des ménages (+ 11%). Le secteur financier belge n’a contribué que pour 4% de plus.
Dans le top 15 des plus grands générateurs d’endettement, on ne trouve guère que deux pays non-européens : Singapour et le Japon.
McKinsey se félicite de l’augmentation de la dette dans les pays en développement, parce qu’elle est le reflet du développement sain des marchés financiers locaux, et du meilleur accès en conséquence aux moyens de financement pour les familles et les entreprises. En revanche, l’inflation de la dette dans les pays riches est inquiétante, parce qu’elle pourrait entraver la croissance et créer de nouvelles vulnérabilités financières, affirme le conseil.
Bien que les banques mettent moins d'argent à la disposition des ménages, le ratio d'endettement des ménages par rapport au revenu ne s’est réduit que dans cinq pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande, Espagne et Allemagne). Pour les PME en Europe, le problème perdure, dit McKinsey. Elles ne peuvent quasiment pas emprunter.
McKinsery sonne l’alarme en particulier pour la Chine, où la dette a quadruplé en 7 ans, passant de 81% à 217% de son PIB.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=en-depit-de-ce-quils-vous-disent-la-dette-mondiale-a-augmente-depuis-2007&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 06/02/2015

Zéro croissance, zéro inflation, zéro taux d'intérêt et zéro espoir ... Pourtant, les politiciens pourraient sauver le monde avec ces 4 promesses

Bien que l'euphorie des marchés boursiers se poursuive, les banquiers centraux et les ministres des Finances qui se sont réunis au cours du week-end dernier sont assez inquiets: ils observent que l'économie mondiale ne parvient tout simplement pas à sortir de la crise et qu’on ne peut pas vraiment parler de reprise. Cette situation inquiète également Steen Jakobsen, l'économiste en chef de Saxo Bank :
«Je suis tout juste de retour d'une visite en Slovénie et en Croatie, où personne ne croit plus en l'avenir. J’avais déjà eu le même sentiment auparavant lors de récents voyages à Hong Kong et en Australie, mais aussi en Turquie à une autre occasion. Nous avons une croissance zéro, zéro inflation et zéro espoir. Cette combinaison a laissé les pays dans une apathie totale, pare que des taux d’intérêt zéro sont interprétés comme une indication que les réformes ne sont pas nécessaires. Aucune inflation signifie aucune nouvelle marge de profit et aucune augmentation de salaire. Zéro espoir signifie que la politique et les élections peuvent changer l’affiliation politique des dirigeants du pays, mais pas leur politique et certainement pas leur vision de l’avenir ».
Pour autant, Jakobsen n’est pas pessimiste. Il propose une solution en quatre points sur lesquels les politiciens devraient s’engager pour mener le monde dans la bonne direction:

Promesse N°1: « Je promets de ne rien faire en tant que président, sauf de soutenir le pays dans tout ce qu'il entreprend. »
Une société riche se développe du bas vers le haut, et non l'inverse. Rien ne nuit plus à la productivité, à l'innovation, à la liberté personnelle et à nos rêves que la mauvaise utilisation du capital et des ressources et la limitation des idées et de l'expression.

Promesse N°2: « On ne devrait pas permettre au secteur public de grossir au cours de la prochaine décennie ».
Personne ne devrait être licencié, mais le secteur privé devrait toujours dépasser le secteur public en importance, et ce qui reste du secteur public devrait se montrer beaucoup plus ambitieux. Le secteur public devrait être le meilleur pour faire ce qu’il a à faire, rien de moins, rien de plus. Le secteur public joue un rôle central dans toutes les sociétés et il devrait se limiter aux seules choses qu’il peut faire.

Promesse N°3: « Pour chaque nouvelle loi votée, on devrait en abroger une autre »
Il faudrait prévoir des modalités d’expiration pour toutes les lois qui concernent les affaires, les taxations et les incitations. La complexité administrative atteint de nouveaux sommets chaque semaine, générant des coûts de contrôle supplémentaires, qui ne présentent aucune utilité, et sont totalement improductifs.

Promesse N°4: « Tout le crédit et tout le capital politique devrait être investi dans les PME, les petites et moyennes entreprises »
Une étude de l’UE montre que 85% des nouveaux emplois sont créés dans l’espace des PME. De plus, les PME sont à l’origine de 100% des gains de productivité et de l’innovation. La plus grande partie de la contribution de ce secteur vient des startups, d’où le besoin de se concentrer sur des structures d’incitation à la création de nouvelles entreprises.
Je propose une exonération fiscale pour les trois premières années d'activité (de toute façon, la plupart des entreprises ne gagnent pas d'argent avant leur cinquième année d'activité), et de rendre les investissements dans les startups déductibles des impôts.
Aujourd’hui, et grâce aux taux d’intérêts proches de zéro, 20% des entreprises (les entreprises cotées, les banques et les entreprises nationalisées) obtiennent 100% des capitaux politiques et du crédit. Cela signifie que leurs taux d’intérêts de financement sont inférieurs de 300 à 400 points de base à ceux d’un cycle d’affaires normal. Pendant ce temps, les PME (les 80% d’autres sociétés), n’obtiennent aucun crédit, et zéro capital politique.
Les actions continuent de grimper compte tenu d’encaisses de liquidité (dont le coût est 300 à 400 points de base inférieur à la normale), qui aboutissent à des valorisations élevées. Le chômage et les inégalités ne font qu’augmenter et il n’y a pas de croissance économique, pas de productivité, pas de changement politique, et pas d’espoir.
Une raison explique pourquoi l’espoir est nul. L'échec systématique de nos dirigeants à comprendre et à faire marche arrière sur la pire expérience monétaire de l'histoire a créé une situation où nous avons besoin d'une crise majeure pour secouer cette réalité du « néant » dont nous sommes enveloppés.
Pourtant, je suis optimiste, la technologie et des personnes intelligentes, capables et hautement qualifiées sont déjà debout pour faire leur part de travail, si on leur donne l'occasion. Les 80% pourraient nous mener sur la bonne voie en moins de cinq ans si on leur en laisse la chance, parce que la croissance sera exponentielle, et non lente.
2015 est une année perdue. Cependant, je pense que 2016 sera l’année où nous laisserons derrière nous le « néant », et jamais auparavant je n’ai été plus optimiste qu'aujourd'hui ».

Signé: Steen Jakobsen

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=zero-croissance-zero-inflation-zro-taux-dintret-et-zro-espoir-pourtant-les-politiciens-pourraient-sauver-le-monde-avec-ces-4-promesses&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 25/04/2015

Les 10 pays qui bénéficient des plus forts taux de croissance du monde

Le site du Forum économique mondial a récemment publié une liste des économies bénéficiant des plus forts taux de croissance dans le monde. La Chine est à la 13ème place du classement, mais la plupart des 10 premiers sont des pays assez inattendus. Les plus fortes croissances s’observent en effet principalement dans des petits pays qui souffrent en principe de très fortes inégalités de revenus, de faibles niveaux de PIB par tête, d’une instabilité politique et d'une corruption généralisée. Cependant, on retrouve l’Inde à la 8ème place :

10. Mozambique
PIB 2015 : + 7,20%
PIB 2016 : + 7,30%
PIB 2017 : + 7,30%
PIB 2014-2017 : + 7,30%
Le Mozambique dispose de nombreuses ressources naturelles (gaz, charbon, hydro-électricité) ce qui implique qu’il attire de nombreux investisseurs. Selon certains analystes, ces développements pourraient permettre aux revenus du pays de dépasser l'aide au développement qu’il perçoit de l'étranger dans les 5 prochaines années. Cependant, la plus grande activité du pays demeure l’agriculture, et plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

9. Bhoutan
PIB 2015 : + 7,90%
PIB 2016 : + 8,40%
PIB 2017 : + 7,00%
PIB 2014-2017 : + 7,55%
L’État du Bhoutan dépend largement de l'énergie hydroélectrique, de l'agriculture et des activités forestières pour son économie. Il exporte une grande partie de sa production hydroélectrique à l’Inde, ce qui pourrait lui permettre de générer une croissance durable au cours des prochaines années.

8. Inde
PIB 2015 : + 7,40%
PIB 2016 : + 7,80%
PIB 2017 : + 8,00%
PIB 2014-2017 : + 7,57%
Le Premier ministre Narendra Modi jouit d'une bonne réputation auprès de la plupart des économistes. Le secteur des services compte pour les deux tiers du indien, alors qu’il n’occupe que moins d’un tiers de la main d’œuvre du pays. Cependant, le pays est encore entravé par la corruption, la pauvreté et la discrimination à l’encontre des femmes et des filles.

7. Papouasie-Nouvelle-Guinée
PIB 2015 : + 16,00%
PIB 2016 : + 5,00%
PIB 2017 : + 2,40%
PIB 2014-2017 : + 7,60%
85% de la population travaille dans le secteur agricole, et une industrie minière limitée exporte un éventail de matières premières parmi lesquelles on trouve l’or, le cuivre et le pétrole. Mais le gouvernement est confronté à plusieurs défis : améliorer la sécurité et la confiance des investisseurs, privatiser certaines institutions publiques, et restaurer l’intégrité des instances gouvernementales.

6. Côte-d'Ivoire
PIB 2015 : + 8,00%
PIB 2016 : + 7,70%
PIB 2017 : + 7,50%
PIB 2014-2017 : + 7,80%
Les deux tiers de la population travaillent dans les secteurs liés à l’agriculture. La Côte d’Ivoire est le plus grand exportateur mondial de fèves de cacao et elle est aussi l’un des plus gros producteurs mondiaux de café et de l'huile de palme. Le pays est donc très sensible aux fluctuations des cours sur les marchés internationaux.

5. Ouzbékistan
PIB 2015 : + 7,60%
PIB 2016 : + 7,80%
PIB 2017 : + 8,00%
PIB 2014-2017 : + 7,87%
L’Ouzbékistan effectue lentement sa transition d’une économie soviétique à une économie de marché. Il est le 5ème plus gros exportateur mondial de coton, mais il dispose aussi de grandes réserves de gaz naturel et d’or.

4. Myanmar
PIB 2015 : + 8,50%
PIB 2016 : + 8,20%
PIB 2017 : + 8,00%
PIB 2014-2017 : + 8,30%
Le Myanmar a longtemps souffert sous le régime de la junte militaire, mais depuis 2011, il tente de se réintégrer dans l’économie mondiale. Le pays peut miser sur sa nombreuse main d’œuvre jeune et ses ressources naturelles qui attirent les investissements étrangers.

3. République démocratique du Congo
PIB 2015 : + 8,00%
PIB 2016 : + 8,50%
PIB 2017 : + 9,00%
PIB 2014-2017 : + 8,62%
La richesse naturelle du Congo est sa malédiction: il a tant de ressources naturelles que cela stimule la corruption et les conflits. Néanmoins, l’économie congolaise se remet lentement des tumultueuses années nonante.

2. Turkménistan
PIB 2015 : + 8,00%
PIB 2016 : + 9,00%
PIB 2017 : + 9,00%
PIB 2014-2017 : + 9,07%
Le Turkménistan est riche en gaz et en coton, mais la corruption endémique, un système éducatif peu performant et la réticence à adopter les nécessaires réformes de marché constituent des obstacles majeurs à la croissance.

1. Ethiopie
PIB 2015 : + 9,50%
PIB 2016 : + 10,50%
PIB 2017 : + 8,50%
PIB 2014-2017 : + 9,70%
Le pays est dominé par l’agriculture, mais le gouvernement éthiopien fait tout pour diversifier l’économie et développer l’industrie, le textile, et la production énergétique. Cependant, le revenu par habitant demeure l’un des plus faibles du monde.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=les-10-pays-qui-beneficient-des-plus-forts-taux-de-croissance-du-monde&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 07/07/2015

Une recette toute simple pour dégager une croissance de l'économie mondiale de 12.000 milliards de dollars en 10 ans

D'après la candidate à la présidence des USA, Hilary Clinton, s'il y avait autant de femmes que d'hommes dans la main d'oeuvre, avec des salaires équivalents, la taille de l'économie américaine augmenterait sensiblement. Mais selon une étude réalisée par l'institut McKinsey, ce n'est pas uniquement vrai pour les USA. L'économie mondiale pourrait croître de $12.000 milliards supplémentaires d'ici 2025.
Un des auteurs, Anu Madgavkar, précise qu'il ne s'agit pas d'atteindre un potentiel maximum, mais de suivre les meilleurs exemples actuels. Sur les dix dernières années, en Europe de l'Ouest, ce serait l'Espagne qui a réalisé le plus de progrès vers l'égalité des hommes et des femmes au travail, avec une croissance de 1,5% de la participation féminine dans la force de travail par an; en Amérique Latine, c'est le Chili (1,9%) et en Asie du sud-est, Singapour (1,1%). Utiliser comme référence un pays qui a déjà beaucoup progressé vers cet objectif en fait un modèle bien plus facile à copier.
Selon Madgakvar, on peut juger l'égalité hommes/femmes au travail en fonction de trois critères:
1. Le travail rémunéré, compte tenu que la majorité des travaux de soins non-rémunérés dans le monde sont effectués par des femmes
2. Le nombre d'heures de travail rémunéré, car les femmes sont plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel
3. Le secteur d'emploi, car les femmes ont tendance à être employées à des postes moins bien rémunérés.
L'égalité au travail ne peut cependant pas être atteinte sans changements sociaux significatifs. La sécurité physique, l'accès aux services de base (éducation, santé, inclusion financière et digitale) et la protection légale sont tout aussi essentiels au développement économique que les autres facteurs, dont l'égalité au travail.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=une-recette-toute-simple-pour-degager-une-croissance-de-leconomie-mondiale-de-12000-milliards-de-dollars-en-10-ans&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 25/10/2015

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