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07/09/2014

La culture n'est pas un produit de luxe

C'est la rentrée. Tout recommence. La civilisation du loisir permet de s'évader quelque peu. "Les théâtres font leur rentrée" titrait le journal "Le Brusseleir". Hasard du calendrier, le weekend passé, un interview du directeur du Musée des Arts Contemporains et une expo avec le titre "Now it's time for culture". Ce weekend-ci, le Festival du Comic, de la BD et pour couronner le tout un "Color run". Une occasion de fusionner les événements et, en finale, une promo. 

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En 1914, il y a cent ans, Kadinsky peignait sa première toile abstraite. 

Laurent Busine directeur du MAc (Musée des Arts contemporains), disait qu'il faudrait des réformes parce que dans la période de basses conjonctures, les budgets de la  culture étaient dégraissés en premier. 

Le père de ce conservateur du Musée Contemporain est un peintre, Zéphyr Busine

 


Il y a longtemps, j'écrivais "Très chère originalité". Je parlais déjà de la culture sous toutes ses formes.

Très chère, parce qu'elle demande de l'audace et de la persévérance pour se faire comprendre. 

Une conversation, parfois réelle, parfois surréaliste s'engage avec un journaliste...

- Racontez-moi vos problèmes", demande le journaliste.

- L'Art Moderne séduit moins que les Arts Anciens. Avec l'art, il ne s'agit pas de confondre Walibi avec les musées.", dit Laurent Busine.

- Que faudrait-il selon vous?", demande le journaliste.

Ce qu'il faudrait en dessous de ses œuvres contemporaines, ce sont quelques commentaires, quelques panneaux ou dépliants qui donneraient une note explicative de ce que l'oeuvre est censée représentée par l'artiste, pour faire entrer le visiteur dans son univers. 

- Je comprends. Il faudrait dépasser l'aversion de l'abstraction, accepter d'outrepasser de transcender le réel par une vision parallèle et comprendre ce qui transite par un cerveau imaginatif. 

- Oui. Aujourd'hui, l'offre de l'art moderne a explosé de manière exponentielle. Il y a parfois plus de temps libre chez les gens. Peindre devient une passion pour beaucoup de personnes en quête d'horizons plus personnels

- Comme trop d'informations tue l'information, je suppose que trop de choix artistiques tuerait aussi les arts", répond le journaliste. 

0.jpg- Notre époque est sur-informée, mais il faut la connaissance en plus. Les spectateurs d'une oeuvre aiment voir ce qu'ils connaissent. Faire le pas vers l'abstraction n'est pas facile. Il faudrait pouvoir expliquer aux gens ce qu'ils voient. 

- Magritte a son musée et sa foule de visiteurs et de connaisseurs. 

Vendre un catalogue d'une exposition, cela se concevait par une vente tous les 10 visiteurs. Aujourd'hui, il en faut 40 ou 50 pour aboutir au même résultat».

- Faudrait-il faire du buzz sur Internet pour faire sauter le bouchon? Internet n'a pas toujours existé et pourtant, certains artistes s'en sont très bien sorti sans cette artifice de la modernité.

0.jpg- Dali a aussi son musée, à Figueres et il attire beaucoup de monde. Et... il y a des mécènes.

- Savez-vous qu'il y avait une "technique Salvador Dali" qui lui permettait de rédiger un chèque sans jamais devoir le payer?

- Non. En quoi pourrait-elle m'aider?

Apres être sorti avec son entourage et avoir consommé les mets et les boissons les plus chers qu’offraient les restaurants, le maître demandait l'addition, sortait un de ses chèques sur lequel il écrivait le montant correspondant et le signait ensuite. Mais avant de le remettre au patron, il retournait ce chèque, dessinait quelque chose au verso et y ajoutait à nouveau sa signature. Dali savait que le restaurateur ne l'encaisserait pas, mais qu’au contraire il le garderait, le ferait encadrer et placerait à l'endroit le plus exposé de son établissement le 'Dali original'.

- Psychologiquement correct, mais, financièrement, plutôt malhonnête

- Vous voulez vendre plus de catalogue. Que pensez-vous de le personnaliser ?

- Que voulez-vous dire?

- Je veux dire extrapoler cette technique 'Dali' dans les catalogues. Pour rendre un catalogue célèbre et donc plus vendu, ne suffirait-il pas de mettre à contribution les artistes et d'intégrer leurs autographes au bas de certaines pages du catalogue? Sinon il faudra rationaliser, restructurer et, au besoin, fermer des musées...

Oui, mais pas le mien (rires). J'ai une organisation qui fait travailler 50 emplois directs... Les subventions de l'Etat ne parviennent même pas à payer les salaires. Puis il y a plus de quatre cent musées dans la communauté Wallonie-Bruxelles.  

Il faudrait, donc, avoir l'audace de demander aux peintres de faire la promotion de leurs œuvres et qui sait, se faire connaître dans l'opération de séduction?

- Je ne leur ai pas encore demandé. 

- Qu'est-ce qu'un artiste à vos yeux?

- C'est quelqu'un qui répond toujours à une question non posée.

- Vous avez raison. Il faut ouvrir l'esprit des gens, peintres et visiteurs, même quand les visiteurs potentiels n'y pensent pas. Après, il s'agira de les rendre curieux de tout et de leur faire comprendre d'où venait la question.

- Ce serait revenir aux sources des questions et on tournerait en rond. Non? Le problème, c'est que les visiteurs n'ont plus le temps de rien faire d'autres que le train-train quotidien. Nous sommes à l'époque du digest, du raccourci, de l'image qui dit tout, d'un seul coup d’œil qui permet d'éliminer le temps de la lecture du texte en dessous de la peinture

Peut-être, mais ce que vous dites, est aussi une caricature. Vous parliez des étiquettes explicatives au bas des peintures. Avec la signature de l'auteur au bas de celles-ci, on verrait les visiteurs qui photographieraient autant les étiquettes que les tableaux. Le cerveau possède deux hémisphères, une pour le côté cartésien, calculateur et l'autre pour le côté artistique.

- La culture, permet de jouer à l’équilibriste entre les deux, d'après vous?

- Vous avez tout compris. C'est ce qu'on appelle du "socio-culturel". Cela rendrait social toutes les cultures du monde. La culture n'est absolument pas un produit de luxe, mais de raisonnements stratégiques.

Sur ces mots, les deux interlocuteurs se quittèrent après une poignée de main. Dans le silence, pensifs, Busine pensa que ses deux hémisphères ne feraient peut-être plus qu'une. 

 

0.jpgC'est la rentrée, "Now, it's time for culture" dans le cadre du "Mont des Arts" de Bruxelles.

Des stands très divers au "Culture Market", des plus petits aux plus grands, destinés aux grands comme aux petits "culturistes" potentiels. Pas de culture de petits pois, cette fois. Ce n'est pas à l'extérieur, mais à l'intérieur que cela se passe le plus souvent.

"Le samedi 30 août, les plus jeunes seront aussi amenés grâce au Kids Village à découvrir d’une manière ludique la culture et la créativité durant toute la journée du samedi..", était-il dit. Je peux dire qu'ils avaient l'air passionnés, parfois étalés sur le sol de tout leur long.

J'ai été présent dans cette rencontre du troisième type

Vendredi 5 septembre, dans le cadre du premier festival Spirou et de la fête de la BD, a eu lieu l'inauguration de la nouvelle BD-fresque de Spirou sur le même mur de Notre-Dame de Grâces, au pied du Palais de Justice. Le dessinateur Yoann a représenté Spirou, courant sur la place du "Jeu de Balle" sous le regard de Franquin, le créateur du célèbre groom. 

La première version sur le même mur des Marolles représentait un maçon. (Les deux liens mènent vers une partie des autres murs de Bruxelles). 

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Après discussion avec la présentatrice d'un stand qui présentait les BD sur les murs de Bruxelles, j'avais reçu une affiche de la nouvelle BD de Spirou.

à.jpgComme elle peut me lire, j'espère qu'elle ne m'en voudra pas, je l'ai donnée à un jeune touriste de 8 ans que j'ai rencontré en sortant du lieu. Son père m'avait demandé de le prendre en photo avec son fils devant le Palais Royal. Un occasion de faire deux heureux qui n'en demandaient pas tant.

Molenbeek est dit la métropole de la culture 2014.

Ce 6 septembre, la 5ème Fête de la BD et la "Balloon' Day Parade" avec des ballons géants représentant de célèbres personnages de BD et du Comics. Elle traversa la capitale de haut en bas pour la mettre sans dessus dessous.

Le lendemain "The Color Run" mettait tout cela en couleur. 

Non, vraiment, la culture n'est pas un produit de luxe. Ou alors, on nage dans le luxe.

En attendant, les photos de tout cela en un clic.

 

Pas de culture sans humour.

Souvenez-vous de ceci?

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Non? Alors je vais faire la promo d'une BD de quelqu'un que vous connaissez déjà: Alain Sapanhine

"Zobelix au pays des Maemitangs", une version parodique d'Obelix, vue à partir du Laos

La Belgique, le petit pays de la BD, se retrouve même à des milliers de kilomètres de distance. 

Le style, travaillé en commun avec un artiste-peintre français installé depuis 13 ans dans la campagne laotienne. Le thème, la recherche d’une nouvelle potion magique, oh combien utile qu’est le Viagrix par le brave Zobelix avec le support sans pitié de la société-mirage qu’est la Thaïlande, un paradis-enfer de la consommation sous toutes ses formes.

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 L'entrée en matière est ici.

La BD se retrouve sur les murs de Bruxelles

La culture en chanson serait:

  

 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert.  », André Malraux
  • « La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs.  », Hannah Arendt
  • « La culture, c'est comme la confiture: plus on y goûte, plus on en reprend.», Anonyme

 

Kroll et son nouvel album , fera-t-il un malheur avec les Aventures interdites de Tinin à 85 ans? Quand l'argent s'en mêle on ne sait jamais ou cela mène. 

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 Mise à jour 5 octobre 2016: la culture, c'est bien mais pas quand il y a pléthore de responsables ministrablespodcast

 

Commentaires

Voilà Thomas qui parle de la culture avec humour

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_le-cafe-serre-de-thomas-gunzig?id=8388349&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 28/10/2014

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Lettre ouverte: «Investir dans la culture pour construire un Bruxelles où tout le monde se retrouve»

Le Réseau des Arts à Bruxelles (RAB); Het Brussels Kunstenoverleg (BKO); La Concertation des Centres Culturels bruxellois (CCCB); Le Conseil bruxellois des Musées (CBM)

Le Réseau des Arts à Bruxelles (RAB), le Brussels Kunstenoverleg (BKO), le Conseil bruxellois des Musées (CBM) et la Concertation des Centres Culturels bruxellois (CCCB) souhaitent par la présente exprimer leur mécontentement par rapport aux multiples coupes budgétaires infligées au secteur culturel. A l’instar des nombreuses initiatives ou opinions formulées par leurs collègues, ils rappellent que l’art permet de réaffirmer les valeurs indispensables à la construction d’une société juste, telles que la démocratie, la solidarité, l’ouverture à l’autre et la réflexion critique… même (et surtout !) en période de crise. De plus, ils s’inquiètent des conséquences que ces mesures entraîneront sur le terrain bruxellois, réel laboratoire à la croisée des enjeux.

Des coupes budgétaires et des menaces à plusieurs niveaux…
A l’heure où les différents gouvernements sont formés et les budgets finalisés, il apparaît clairement que l’avenir du secteur culturel bruxellois est menacé :
– Les organisations flamandes ont récemment appris que leurs subsides seront réduits de 7,5 % à partir de 2015 et que des économies importantes seront également effectuées sur les infrastructures.
– De son côté, la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé une coupe transversale de 1 % sur les conventions et contrats-programmes, en sus de la pression déjà exercée sur le secteur depuis plusieurs années (non-indexation des subsides, économies dans les budgets équipements, etc.).
– Plus inquiétant encore, le gouvernement fédéral a quant à lui récemment dévoilé son budget. Les institutions culturelles fédérales (Bozar, La Monnaie/De Munt et l’Orchestre National de Belgique), toutes basées à Bruxelles, ainsi que les établissements scientifiques (dont les Musées royaux des Beaux-Arts et les Musées royaux d’Art et d’Histoire) devront considérablement réduire leurs dépenses (certains parlent de 20 à 30 % d’économies).
– Au niveau de la Région bruxelloise, le flou règne quant aux mesures liées à l’emploi au sein du secteur culturel, que ce soit par rapport aux postes ACS dont on annonce la révision du système, ou aux réductions de cotisations patronales liées aux prestations artistiques dont le mécanisme n’a pas encore été défini.
– En ce qui concerne la Commission européenne, s’il n’est pas encore question d’économies, les craintes du secteur se cristallisent autour de la nomination du Hongrois Tibor Navracics en tant que Commissaire en charge de la Culture – et ce malgré l’avis négatif émis par le Parlement. En effet, que peut-on espérer d’un politicien qui a restreint la liberté des médias dans son propre pays ?

A la croisée de ces niveaux, Bruxelles touchée de plein fouet…
Plus que toute autre ville belge, Bruxelles attire les artistes du monde entier. Notre capitale est un lieu où il fait bon créer, expérimenter… et innover. De nombreuses petites structures (lieux d’accompagnement, bureaux de production, collectifs, etc.) soutiennent les artistes dans leur pratique et contribuent au dynamisme d’un paysage culturel riche et diversifié. Certaines mesures annoncées risquent de représenter pour beaucoup de ces organisations déjà fragiles un coup fatal dont elles ne pourront pas se remettre.
Les grandes institutions que sont Bozar et La Monnaie/De Munt (entre autres), tout comme nos compagnies et artistes, sont reconnues au niveau international pour la qualité et le caractère innovateur de leur travail. Grâce à ses opérateurs et écoles artistiques, Bruxelles peut se targuer d’occuper une place à la pointe de la création artistique actuelle. On ne compte plus le nombre d’artistes étrangers qui font le choix de s’établir dans notre capitale, attirés par la diversité de la ville et l’émulation créative qui y règne.
D’autre part, Bruxelles se caractérise par une identité multiple et hybride. Les spécialistes la qualifient aujourd’hui de ville « superdiverse ». Dans ce contexte, la défense d’intérêts communautaires apparaît comme désuète. Le défi actuel de notre capitale et de sa zone métropolitaine consiste à imaginer un vivre ensemble commun, où chacun puisse s’épanouir, dans le respect de ses valeurs et de ses racines, sans que l’une ou l’autre communauté ne prédomine.
De très nombreuses organisations et associations (artistiques, culturelles et socio-culturelles) bruxelloises agissent dans les champs de la médiation culturelle, de la participation, du lien avec l’enseignement ou encore, pour les musées, de la préservation des collections. Ancrées dans un contexte urbain, elles s’adressent à des publics toujours plus larges, cherchent à entrer en dialogue avec la ville qui les entoure et contribuent au développement d’une assise pour un projet commun. Ce travail exige un investissement important en temps et en personnel, mais ses résultats se mesurent en termes immatériels visibles et objectivés dans les champs éducatifs, sociaux et citoyens. Si des choix doivent être faits, il y a fort à parier que la médiation des publics et les pratiques artistiques innovantes ne seront pas épargnées. Les conséquences, bien que strictement non-quantifiables, pourraient être désastreuses.
Aujourd’hui, c’est donc l’ensemble du secteur culturel bruxellois qui manque d’oxygène. De très nombreux opérateurs (petits et grands) indiquent que leur fonctionnement est mis en danger. Non seulement la production artistique est rendue difficile, mais le rôle de notre secteur en tant qu’acteur de société et moteur du vivre ensemble se voit menacé.

Pour un « Bruxelles où tout le monde se retrouve » ?
Le secteur culturel bruxellois relève (et combine) les défis du rayonnement international et de l’ancrage dans une ville « superdiverse ». De plus, il stimule de manière positive la rencontre nécessaire des deux grandes communautés de notre pays.
Nos élus politiques veulent-ils réellement saper les bases de ce travail essentiel ? Ne souhaitons-nous plus que notre capitale incarne et fasse rayonner la richesse culturelle de notre pays, au niveau national et international ? Allons-nous vraiment laisser tomber les artistes et institutions dont nous sommes si fiers et toucher au noyau de cette dynamique bruxelloise ? Les efforts pour diversifier les publics et l’offre culturelle dans notre capitale cosmopolite n’en valent-ils donc tout simplement pas la peine ? Sans tomber dans le chauvinisme mais en prenant en compte la réalité décrite ci-dessus, peut-on espérer que tous nos responsables politiques reconnaîtront un jour les particularités du secteur culturel bruxellois ? Qu’ils valoriseront l’expertise acquise par les acteurs de terrain dans la construction de ponts et le tissage de liens ? Et qu’ils comprendront l’intérêt de soutenir cette fonction de ville laboratoire pour une société meilleure ?

http://www.lesoir.be/692848/article/debats/cartes-blanches/2014-10-29/lettre-ouverte-investir-dans-culture-pour-construire-un-bruxelles-ou-tout-monde

Écrit par : L'enfoiré | 29/10/2014

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Kroll imagine Tintin à 85 ans: il ressemble étrangement à Albert II...

Comme le dit Pierre Kroll lui-même, un caricaturiste, ça aime la transgression. Et là, dans le genre, il a fait fort, en dessinant six planches de… Tintin. Un Tintin qui a 85 ans et se demande s’il ne devrait pas repartir à l’aventure. Ça risque de grincer des dents du côté de la SA Moulinsart, qui gère les droits de l’œuvre de Hergé !
Ça aurait pu être seulement un album de plus du dessinateur Pierre Kroll (le vingtième, en l’occurrence). Un album (en vente en librairie) qui reprend les dessins parus notamment dans les pages de notre confrère « Le Soir » où Kroll commente l’actualité par ses dessins, souvent féroces.
Mais il y a une surprise, dans ce livre, qui a été présenté ce vendredi : il se termine par six planches d’une « aventure » forcément inédite de Tintin, puisqu’imaginée entièrement par Kroll. Le héros de Hergé a 85 ans (son âge réel) et il se pose gravement la question de savoir s’il ne pourrait pas connaître de nouvelles aventures. Le Tintin de Kroll a de faux airs du roi Albert II, l’un des personnages fétiches du dessinateur. « C’est vrai », nous dit Kroll. « L ’allusion est claire. Mon personnage du roi Albert en pantoufles et peignoir est devenu lui aussi un personnage connu. Et dans les albums de Tintin, les allusions à la Belgique sont très nombreuses. »

Milou empaillé
Aux côtés de Tintin, mais sur une planche de bibliothèque, un Milou… empaillé, visiblement attaqué par les mites. « Je reconnais, c’est un peu trash, mais attention, ce que j’ai fait n’est pas une provocation, je ne m’attaque pas à Tintin et à son univers. Bien au contraire. C’est un hommage à Hergé. C’est à la fois un pastiche, une satire et un hommage. La ligne claire, c’est extrêmement difficile à faire. Il faut l’essayer pour se rendre compte à quel point c’est difficile. » Milou a beau être empaillé et en mauvais état, Tintin continue de lui parler. De même qu’il parle encore au capitaine Haddock, à qui il rend visite dans sa séniorie. Eh oui, ceux qui ne sont pas encore décédés (Tournesol, sans doute) sont très âgés.

Bon pour le service
Le héros est donc devenu très vieux, mais il est toujours bon pour le service, selon le médecin (qui se casse la figure sur la marche jamais réparée du château de Moulinsart). Il est même en contact avec des personnages jamais apparus dans les albums de Hergé. Un certain Sterling, par exemple, que l’on peut identifier comme étant Nick Rodwell, le mari de la veuve de Hergé, qui gère d’une main de fer l’image et les droits des personnages du dessinateur bruxellois.
Là, le « cartoon de six pages », comme l’appelle Kroll, se fait un peu plus grinçant. Tintin se fâche avec Sterling-Rodwell, lui faisant remarquer que s’il gère (« fort bien ») son patrimoine, il ne gère quand même pas sa vie. Façon d’envoyer promener le patron de la SA Moulinsart, qui risque de ne pas goûter ce que Pierre Kroll présente comme un hommage. « On verra bien ce qu’ils en pensent », reprend le caricaturiste. « Mais je le répète, je ne suis pas dans la provocation. Et puis, ce n’est pas parce que Tintin est une icône que l’on ne peut rien faire autour. Pourquoi ne pourrait-on pas dessiner Tintin alors qu’on peut le faire pour Jésus ou Bouddha ? On ne peut pas non plus me reprocher de vouloir faire de l’argent avec Tintin. Mon album a été tiré au même nombre d’exemplaires que les précédents. C’est vrai aussi que dans l’avant-dernière case, Sterling, qui a vu les pages précédentes, appelle son avocat (dont le nom est inspiré du vrai avocat de la SA Moulinsart, NDR). Enfin, on verra bien. »
Pierre Kroll pense que les aventures de Tintin « jeune », qui se terminent chez les Picaros (l’Alph-Art est un album incomplet), ne doivent pas être poursuivies. Même si lui-même pourrait peut-être dessiner de nouvelles aventures. « Je pense que l’avenir de Tintin est plutôt au cinéma », nous dit-il. Et d’ailleurs, rappelons que Hergé ne souhaitait pas que Tintin continue ses aventures quand lui-même aurait disparu. Par contre, Kroll ne serait pas contre la poursuite de l’histoire de son Tintin vieux. « J’ai des idées pour la suite. Mais bon, ça prend beaucoup de temps. Et puis comment le public va-t-il recevoir ce que j’ai fait. Je vais peut-être recevoir des tonnes de lettres d’insultes. Ou, au contraire, il y aura une pétition de 200.000 signatures pour demander que je poursuive. » Deux cent mille, peut-être pas, mais en ce qui nous concerne, cet « essai de six pages » mérite une suite.

http://www.sudinfo.be/1139673/article/2014-11-04/kroll-imagine-tintin-a-85-ans-il-ressemble-etrangement-a-albert-ii

Écrit par : L'enfoiré | 04/11/2014

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Le patrimoine est éphémère... Voilà pourquoi aujourd'hui, on numérise les oeuvres d'art.
Les œuvres sont numérisées

http://www.rtl.be/rtltvi/video/517784.aspx?CategoryID=2716

Écrit par : L'enfoiré | 05/12/2014

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la culture, c'est bien mais pas quand il y a pléthore de responsables ministrables comme dit Thomas Gunzig avec humour
http://vanrinsg.hautetfort.com/media/01/02/180680791.mp3

Écrit par : L'enfoiré | 05/10/2016

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