27/03/2026
Le cavalier Arthur Rimbaud
En octobre 1897 au Mercure de France, paraît un ouvrage intitulé « Le dernier voyage de Rimbaud ». Il est signé par sa sœur Isabelle. Le poète est mort six ans plus tôt, à Marseille, après avoir été amputé d’une jambe. Isabelle Rimbaud écrit : « Alors, il se résignait presque à son amputation, faisait des projets en vue de pouvoir, malgré son membre absent, monter à cheval, là-bas et continuer pendant un certain temps encore sa vie active. ».
Dans la première partie de sa vie, comptant parmi les plus célèbres de la poésie française, Arthur Rimbaud a écrit les poèmes "Les illuminations", "Le Bateau ivre", "Le Dormeur du val", "Voyelles".
La marche est, alors, le prolongement de son être marquant les chemins de l’Ardenne, d’Europe et d’ailleurs.
Dans la deuxième partie de sa courte existence, à cheval, il arpente, en tous sens, l’Abyssinie, la Corne de l'Afrique, dans le nord de l'actuelle Éthiopie, à l'est du Soudan et au sud de l'Érythrée.
Exil dramatique dont il sort abîmé, pour mourir loin de la poésie.
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"Une Saison en Enfer"
Poème en prose d'Arthur Rimbaud, publié à compte d'auteur en à l'Alliance typographique.
Seul recueil qu'il fait éditer de son vivant, mêlant autobiographie poétique, réquisitoire contre la civilisation et exploration de son enfer personnel.
L'intégrale par Claude Ferry à écouter avec le texte devant les yeux
Quelques extraits de Poésies
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Arthur Rimbaud, poète français, né le à Charleville et mort le à Marseille. Bien que brève, son œuvre poétique caractérise une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui une des figures majeures de la littérature français.
Si la section intitulée "l'Alchimie du verbe" conçoit dès , les autres poèmes sont probablement rédigés d'avril à . Les éléments manquent pour établir formellement la datation des plages d'écriture, et seuls quelques indices peuvent amener à penser que la première section "Jadis, si je me souviens bien", a été réalisée à la hâte en dernier, après une période de crise suite à un drame à Bruxelles, dans la vie du poète. A partir d'une ébauche commencée quelques mois auparavant, Verlaine et le retour à Roche dans la ferme familiale. Dans sa correspondance avec Ernest Delahaye, le poète qualifie cet ouvrage de « Livre païen » ou « Livre nègre ».
Sa rencontre avec Verlaine est une histoire compliquée. Au terme d’une énième dispute, Arthur Rimbaud lui annonce qu’il désire mettre fin à leur liaison et rejoindre Paris. Au petit matin du 10 juillet 1873, c'est le drame. Paul Verlaine se rend aux Galeries Saint-Hubert chez l’armurier Montigny où il se procure un pistolet de sept millimètres à six coups. Il écume les bistrots du centre de Bruxelles. Dans un état d’ivresse, il perd le contrôle et tire à deux reprises sur Rimbaud. Légèrement blessé au poignet, Rimbaud choisit de ne pas porter plainte mais l'incident a un impact significatif sur leur vie.
Arthur Rimbaud était-il homosexuel pour l'expliquer dans son œuvre ?
Verlaine l'était mais pas Rimbaud pour qui l'amitié seule compte.
"À trop vouloir faire de la littérature et de l’art un instrument d’un combat complètement irrationnel et qui fait vraiment de plus en plus penser aux assauts de Don Quichotte contre les moulins à vent, Madame Belkacem pousse à la limite du supportable ce qu’on fait déjà subir à l’étude de la littérature dans nos écoles. Au lieu d’ouvrir les esprits des enfants, ou plutôt des collégiens, à la beauté et la puissance de l’esprit humain et à la Beauté inhérente à chaque chose, on se contente déjà de leur proposer des « axes de lecture » transversaux à une œuvre en pensant que c’est en schématisant qu’on va mieux faire comprendre la littérature. Voilà que désormais, la littérature aura pour rôle d’éveiller à des causes. Et ce, même si on y scarifie le sens d’un texte, ce n’est pas bien grave, c’est pour le plus grand bien. Le problème, c’est qu’en pervertissant la réalité d’un fait capital de notre société comme la littérature, le gouvernement risque non seulement d’appauvrir le sens du langage chez ses élèves, mais en plus d’éduquer toute une génération au relativisme et à la paresse intellectuelle".
En 1891, un cancer des os, localisé au genou, entraîne une douleur intense qui l'oblige à quitter Harar pour aller à Marseille et se faire soigner. Le diagnostic est un néoplasme de la cuisse. Il est décidé de procéder à l'amputation de sa jambe pour éviter que la maladie ne se propage. Tragique fin ? Non, elle marque le début d'une nouvelle phase de sa vie. Il choisit de se concentrer sur l'apprentissage de plusieurs langues et sur une vie aventureuse, loin de la littérature.
Alexandre Blaineau s'est immergé dans les archives liées à Rimbaud pour découvrir et exhumer sa relation inconnue envers les chevaux. Construisant par touches impressionnistes, dans la deuxième partie de sa vie, en tant que cavalier. A cheval, il arpente les terres immenses de l’Afrique orientale. Il s’emploie à poursuivre sa route, à la recherche de l’autre et de lui-même dans des promesses de crépuscule
Malgré son caractère bien trempé, jamais content, à la recherche de toujours autre chose, jamais avare de polémiques et d'insultes, il reste inconnu à son époque.
Sur son lit de mort, il s'écrie à maintes reprises « Allah Kérim » (« Dieu est généreux » ou « c'est la volonté de Dieu »).
Lors d'une messe, il se confesse à un prêtre. Il dit à sa sœur d'un air troublé et étrange : « Votre frère a la foi, mon enfant. Il a la foi, et je n'ai même jamais vu de foi de cette qualité ».
Il meurt le lendemain, le mardi 10 novembre d'une « carcinose généralisée ». Son corps est ramené à Charleville, où les obsèques se déroulent le dans l'intimité la plus restreinte. Il a brûlé sa vie.
Seul un article du journal L'Écho de Paris fait état de son décès, dans sa rubrique nécrologique du .
Il passe de l'islam au christianisme, sans y ressentir un problème existentiel.
Il n'y a aucune preuve directe, écrit, ou témoignage contemporain crédible attestant qu'il était antisémite.
Au XIXe siècle, la France est pourtant marquée par des tensions sociales. Rimbaud se distingue par sa volonté de se détacher totalement de la civilisation occidentale, ne laissant pas de traces d'une adhésion aux idéologies antisémites de son époque.
Adolescent rebelle, critique de la bourgeoisie, de la religion, de la guerre et de la société de son temps, son mépris s'adresse généralement aux structures de pouvoir, à la stupidité et à la convention, plutôt qu'à des groupes ethniques ou religieux spécifiques.
Il laisse derrière lui, une série de néologismes
Jacques Chirac a utilisé le mot "abracadabrantesque" pour se défendre face à des accusations de malversations financières.
Pour enrichir et moderniser le vocabulaire, "absorber" est entré aussi dans le langage courant de notre époque.
Malgré un lexique rimbaldien très volumineux, je ne pense pas que d'autres néologismes d'Arthur Rimbaud ont passé le cap jusqu'à notre époque..
Sa vie dans le détail montre à quel point, elle est remplie en peu de temps.
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Réflexions du Miroir
J'aime marcher tous les matins, mais je ne veux pas dire que je compte 40 kilomètres à la fin de mon périple quotidien comme Arthur Rimbaud.
Ces 40 kilomètres, je les fais à vélo, le weekend.
J'ai eu "le virus du voyage" mais je ne suis pas allé là où Rimbaud à posé ses pénates aussi longtemps.
Rimbaud aurait pu, mieux que moi, signer les œuvres de la première partie de sa vie par "L'enfoiré".
Mais il n'aurait pas pu continuer en signant "Allusion" pour éveiller l'idée d'une personne ou d'une chose sans en faire expressément mention.
Même si je rime et je rame comme tartine et boterham, je n'ai jamais écrit de poésie à moins que, comme la prose pour le Bourgeois Gentilhomme, je l'ai fait sans le savoir.
Au collège, on disait d'Arthur Rimbaud : "Rien d'ordinaire ne germe dans sa tête. Ce sera le génie du mal ou celui du bien".
Aujourd'hui, je ne conseille pas vraiment de lire "Une Saison en Enfer".
Je l'ai lu et écouté dans sa version parlée introduite au début de ce billet.
Jeudi, j'ai regardé le "Grand Cactus" avec comme invité Jef Panacloc avec Jean-Marc qui a eu des difficultés à réagir.
Cette fin de semaine, c'est la Foire du Livre avec le thème "Défier le futur". "Lire, c’est la meilleure façon de défier le futur" bien sûr.
Stabiliser le présent qui part en couille, pour défier le futur s'impose.
Un psychologue parle ce que lire et écrire peut rapporter
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Comme je l'ai écrit dans le billet de 2019, "My Fair Lady", j'étais une nullité en rédaction et en dissertation au secondaire, j'ai trouvé mon pygmalion en suivant les conseil de mon prof de français. Au travail, je n'ai jamais eu beaucoup de temps pour lire et écrire à part ce qui avait un lien avec ma profession.
A la retraite, j'ai rattrapé le temps perdu pour la lecture et l'écriture.
Ce samedi 28 mars, au programme, le populisme, l'IA, la romance, Gaza, Modern Love... C'est très bien, mais...
Aujourd'hui, David Foenkinos est plus nécessaire avec son livre "Je suis drôle". L'humour noir que n'a pas connu Arthur Rimbaud, est aujourd'hui une valeur refuge nécessaire pour cacher la solitude
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Synopsis : "Après une enfance difficile et chaotique, Gustave Bonsoir a une obsession pour la réparer : monter sur scène et faire rire tout le monde. Mais le succès n’est pas au rendez-vous et la vie le conduit dans des aventures surprenantes… Qu’est-ce que réussir ou échouer dans la vie ? Comment les échecs peuvent-ils nous enrichir ? Gustave a compris une chose essentielle : faire rire, c'est être aimé. Alors il décide de faire rire tout le monde. Ce sera sa force, son talent, sa politesse envers les autres. Il en fera un métier, puis une identité. Il n'avait pas prévu que ce serait si dangereux".
J'ignore si je trouverai à la Foire du Livre, un baroudeur handicapé sur un cheval avec une telle fougue et une seule jambe pourrait parcourir le monde sinon par l'imagination.
Le prix Victor de l'écriture de jeunesse a été accordé au livre "Le Grand Test" de Josepha Calcerano.
"Le moment le plus important de votre existence est celui de savoir si vous êtes digne de faire partie de la Société Nouvelle, ou si vous devez en être banni à tout jamais dans nouvelle ère, nouvelle société".
S'il faut apporter une conclusion sur la vie d'Arthur Rimbaud, je dirais qu'il a été un modèle d'endurance dans la première partie de sa vie.
Il a tenté de décrire l'inconnu par delà les perceptions humaines usuelles, quitte à y sacrifier sa propre intégrité physique.
Dans la seconde partie, par contre, ayant abandonner l'écriture, il organisa sa résilience par une résistance psychologique aux chocs de la perte de sa jambe pour retrouver un fonctionnement normal par l'intermédiaire d'un cheval en allant bourlinguer de par le monde.
Son endurance et sa résilience peuvent être une leçon dans l'actualité par l'esprit critique et la persévérance.
Allusion
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