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Edito d'Anne Blanpain (1)

"Les Américains doivent bien s'amuser en ce moment, ils doivent juste regretter d'avoir perdu du temps et de l'énergie à faire pression sur les Européens pour qu'ils abandonnent l'idée d'un système européen de navigation par satellite concurrent du GPS.

Parce que les 27 semblent n'avoir besoin de personne pour torpiller leur beau projet. En 2001, après bien des hésitations, les Européens décident de lancer Galiléo, système européen concurrent du système américains, beaucoup plus précis.

Les Américains ont tenté tous les arguments pour empêcher ce projet: pourquoi refaire ce qui existe déjà? Attention, les terroristes se serviront de votre système européen qui sera géré par ces idiots de civils, ça ne marchera jamais. Mais les Européens veulent leur projet industriel, le premier grand projet industriel européen qui allait intéresser le monde entier. Bref, on allait voir ce qu'on allait voir. Et on a vu ...et on voit encore.

On voit surtout des années de retard, des entreprises privées choisies pour lancer le projet mais qui n'y croyaient pas et qui n'en finissaient pas de se disputer, de grands états membres qui à tour de rôle ont bloqué le projet s'ils n'obtenaient pas chez eux telles retombées économiques, tel centre de contrôle.

Finalement après des psychodrames interminables, les Européens ont raclé les fonds de tiroirs de la politique agricole commune, et sont parvenus à trouver en tout 3 milliards et demi d'euros pour ce projet. Mais la presse allemande s'inquiète et parle de surcoûts de plusieurs milliards d'euros, la commission a même du démentir un surcoût de 20 milliards d'euros. Berlin a en tout cas demandé à la commission de réduire les coûts rapidement. Mais est ce que l'on sait quand ce système fonctionnera ? Non, c'est la grande question, au départ on parlait de 2012, puis de 2014, la presse allemande se basant sur des déclarations d'un des fabricants de satellites parle maintenant de 2017 ou 2018 au plus tôt.

Et si l'on parle d'économies, faut quand même être prudents, l'intérêt d'un système de navigation c'est tout de même sa fiabilité et sa précision, s'il vous permet juste de vous y retrouver le lundi à Malte, le mardi dans les couloirs du parlement européen, le jeudi à Stokholm et le vendredi à Londres, Galiléo ne va peut être pas avoir le succès que l'on espère.

Et puis, surtout, pendant que les Européens continuent à se chamailler pour un projet qu'ils ont eux mêmes mis sur pied, les États-Unis annoncent pour 2013, un GPS beaucoup plus précis, la Russie avec l'aide de l'Inde va remettre à niveau son propre système et les Chinois commencent à déployer leurs satellites. Bref, Galiléo a secoué le monde de la navigation par satellite mais l'Union risque peut être de ne pas en profiter malgré tout l'argent déjà dépensé".

Écrit par Guy alias l'enfoiré Lien permanent | Commentaires (0)

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