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Edito d'Anne Blanpain (2)

"Souvent on est injuste avec l'Union européenne, on la traite de sans coeur, sans sentiment, de machin terne, triste alors que je vous le dis, l'Union est capable de passion, et même de relation amour-haine.

C'est le cas par exemple avec la Suisse. Les relations entre Berne et Bruxelles, c'est vraiment "ni avec toi ni sans toi" vous savez quand vous ne voulez pas vivre avec quelqu'un mais que vous ne voulez pas non plus tout à fait couper les ponts.

Alors on se retrouve de temps en temps, on a bien quelques projets puis on retourne chacun dans son coin mais on se tient à l'oeil, et surtout on n'hésite pas à rappeler l'autre à l'ordre quand il oublie que tout de même, une relation c'est une relation même si on ne vit pas ensemble.

La Suisse va organiser ce dimanche une votation sur une proposition du parti populiste UDC. L'idée est simple : tout étranger qui sera condamné pour un crime ou une fraude aux allocations sociales sera automatiquement expulsé de Suisse. L'idée de cette votation a été appuyée par plus de 200.000 citoyens suisses, deux fois plus que le nombre de signatures minimum pour organiser un tel référendum. Mais en quoi ce vote concerne-t-il les européens? D'abord parce que les étrangers expulsés pourraient bien être des européens. Ensuite, parce que cette mesure est contraire au droit européen. Ok on ne vit pas ensemble mais l'amour libre a ses limites.

La Suisse a signé avec les européens des accords bilatéraux sur des sujets bien précis, notamment sur la libre circulation des citoyens. Et ces textes prévoient que pour expulser un Européen, il faut qu'il représente un trouble à l'ordre public ou à la sécurité, et surtout il faut étudier sa situation personnelle, son degré d'intégration, etc... L'expulsion ne peut pas être automatique comme le souhaite l'UDC. Si les citoyens appuyaient l'UDC, la Suisse ne respecterait pas ses obligations européennes, et l'Union serait en droit de dénoncer tous les accords bilatéraux existant entre la Suisse et l'Union, car ces accords représentent un paquet, c'est tout ou rien. Une telle dénonciation représenterait en termes politiques et économiques un très sale coup pour les Européens et pour les Suisses. Le gouvernement a donc immédiatement proposé une contre proposition soumise elle aussi au vote et qui respecte le droit européen.

Ce n'est pas la première fois qu'on assiste à un tel psychodrame entre la Suisse et l'Union, le secret bancaire suisse est aussi un caillou dans la chaussure des européens et des suisses, et on le sent bien ces derniers temps, l'Union aimerait décidément passer à la cohabitation pleine et entière, alors que la Suisse se détourne un peu de ce partenaire incontournable mais trop gourmand.".

Écrit par Guy alias l'enfoiré Lien permanent | Commentaires (0)

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