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25/07/2010

Etre patriote aujourd'hui.

Une discussion à la radio, avec un historien spécialiste de la Belgique et de son histoire récente, à la veille de notre fête national, me posait questions.

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On naît quelque part et pas ailleurs. Maxime Leforestier le chantait très bien. Si l'endroit de naissance n'a pas toutes les raisons pour imprimer un destin, il y contribue même involontairement. Si on ne se sent pas bien dans sa peau, désynchronisé dans son époque et son environnement, s'expatrier devient bien plus facile aujourd'hui que hier.

Suis-je patriote, puisque j'y suis resté, en Belgique?

La Belgique, un pays artificiel, est-il souvent entendu.

Il est vrai que la Belgique suite à un arrangement "Le Congrès de Vienne" entre les alliés après la défaite de Napoléon 1er en 1815? 


Rares sont les pays complètement naturels avec des frontières naturelles, comme un cours d'eau, une montagne pourraient, seules, justifier une telle dénomination.  Les politiques supplantent les processus naturels et rendent les frontières mouvantes avec le temps.

Une carte présumée de la géographie de l"'Europe du 20ème siècle" avait été dessinée en 1863 par Henri Dron, éditeur parisien, qui s'improvisait géopoliticien. Idéaliste, il imaginait uniquement pour le 20ème siècle, dix grands empires  comme l'Ibèrie, l'Italie, la France, l'Allemagne, la Britannique, la Grèce, la Pologne,  la Scandinavie, la Russie et la Circassie avec Vienne comme capitale de l'Europe et Lisbonne, capitale du monde. La Circassie, nouvel état, était censée arrêter toutes les invasions en provenance de l'Asie.0.jpg

La carte fut refusée par la censure par deux fois. Nous en sommes évidemment très loin aujourd'hui. Était-ce une utopie de rechercher une paix durable en rassemblant les peuples? Plus marrant, encore, comme la Belgique n'y existait plus, il décernait la couronne impériale de cette Circasie, au... roi des Belges.

Les utopies sont des besoins mais la politique, à n'importe quelle époque, garde toujours des prérogatives que la raison garde au fond de ses neurones d'intelligence service. Les frontières signent les appartenances à une culture, une langue, un dialecte.

Les peuples sont souvent orphelins d'idéaux. Les souverainetés sont plus politiques et économiques.

On est passé de la socio-utopie à la techno-utopie.

Plus on se rapproche des frontières, plus on rencontre d'appartenances mitigées. Les frontaliers dans un "no man's land" s'assurent des avantages des deux horizons dans des calculs d'apothicaire.

La Belgique s'est progressivement divisée, fédéralisée, dirons-nous en l'espèce. Cela, de réformes en réformes. Allez toujours plus loin dans l'explosion et tomber dans le confédéralisme dont la plupart des gens ne saisissent pas toujours complètement les nuances.

On se retrouve dès lors plus sur la défensive tentant de défendre les droits acquis, tandis que les crises servent souvent au grand capital pour démanteler les conquêtes sociales du 20ème siècle.

Les nationalismes identitaires ne se collent plus à la dimension, à l'entité du mot "pays".

Les drapeaux nationaux ressortent alors des tiroirs pour contrer d'autres, plus régionaux.

En 2007, Bruxelles n'avaient pas connu autant de drapeaux belges aux fenêtres. Bruxelles, parce que à l'intersection de populations qui se trouvaient, coincées, à la croisée des chemins entre deux idéologies, deux cultures qui collent à la capitale.

1993, 2007 ont été des années charnières pour la Belgique. 2010 en sera peut-être une autre.0.jpg

Lors de la mort du roi Baudouin, en 1993, on pensait que cela précipiterait la fin de la Belgique. Ce fut l'inverse qui s'était produit.

L'électro choc de l'émission de télé "Bye bye Belgium", fit que 36.000 personnes se déplacèrent vers Bruxelles. Les réactions, très différentes de régions en régions. Bruxelles, était-il le dernier bastion de belgicains? Se rattacher à quoi? A un autre pays ou a encore plus grand comme l'Europe puisqu'elle en est la capitale?

Les nationalismes sont toujours à géométrie variable de personne à personne, de formation à formation. Dernièrement, lancer un sentiment de recréer un esprit Wallon plus uni, germait dans la tête de certains politiciens. Sans beaucoup de succès.

On se retrouve en opposition derrière des drapeaux que ce soit lors de grandes manifestations sportives. J'ai aussi entendu des paroles comme "Quand Justine n'est pas là, le tennis m'intéresse moins". J'entendais cela, sans rien dire, tout en n'en pensant pas moins que le sport existait même sans drapeau.

Les temps ont pourtant changé. Pendant, la première guerre mondiale, de 1914-18 des volontaires s'engageaient, fiers d'aller défendre la patrie. Qui n'a pas eu un membre dans sa famille mort pour cette chère "Patrie"? Les vétérans des grandes guerres se retrouvent moins nombreux d'année en année lors des fêtes nationales. Les patriotes de cette sorte seraient certainement moins nombreux aujourd'hui.

Aujourd'hui, l'entité de base s'est restreinte à la famille. Défendre son nid et pas celui de son voisin est devenu le nouveau patriotisme. A la rigueur, les populations veulent bien l'étendre à la région qu'ils habitent, mais plus loin, on se méfie. L'éducation est peut-être à la base de ce revirement protecteur avec la vie qui a pris plus de prix que les idéaux. Avancer que ce serait l'égoïsme, le "chacun pour soi" pour l'expliquer serait impropre. La vie, seule, a plus d'importance.

Un billet local allait dans ce sens. Le rédacteur belge allait plus loin dans le  consensus souvent défendu par les politiques. Compromis sans passer à la compromission.

Les régionalismes greffés à des entités linguistiques et de cultures sont de plus en plus nombreux. La fête flamande et wallonne à d'autres dates que le 21 juillet et fêtant des événements historiques propres prennent plus de valeur.

Certains se disent "enfants du monde", mondialistes, d'autres bien plus nombreux, plus locaux aussi, "enfants de papa et maman". Pour se dire "enfant du monde", il faut avoir eu l'envie et les moyens de connaître le monde pour aller voir si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs.

En parallèle, pour éviter une nouvelle guerre mondiale, des alliances se sont crées pour réinstaurer une envie plus mondialiste avec une Europe pacifiée. Deux blocs, dans cette même Europe géographique, se retrouvaient face à face avec les alliés américains de poids totalement extérieurs à cette même Europe. Plus tard, cela s'est évaporé face à la mondialisation. Pas encore de "EU" comme plaque minéralogique sur les voitures, pourtant.

Le plus cocasse, c'est de s'apercevoir que ceux qui sont  dans l'Europe, veulent parfois en sortir, alors que ceux qui n'en font pas partie, ne rêvent que d'y entrer. Pour se rendre compte, qu'en définitive, le côté social avait été plus ou moins oublié dans la belle aventure.

L'Europe est aimée quand elle est dans les cordes socialisées de ses administrés et haïe dès qu'elle en sort de ses rails.

La guerre n'est d'ailleurs plus cantonnée derrière des frontières mais derrière des sociétés commerciales. On se bat pour gagner des contrats. Batailles sans armes, achetées chez l'armurier, mais exprimant la même idée de victoire ou défaite.

"L'union fait la force" est la devise belge. Dès le départ, il fallait une phrase choc pour garder une cohésion ne fut-ce que fictive dans ce pays, volontairement déséquilibré au départ. La patrie devenant à la limite la société pour laquelle on travaille. Mercenaires des temps modernes? On pourrait le penser à certains moments.

0.jpgLe temps, les générations durcissent les idéologies et les différences. Le mouvement flamand est plus puissant que jamais sur le plan politique. Les différences d'appréciations de chaque côté de la frontière linguistique, ne sont pas un leurre. Alors, pour un temps, bizarrement, la finance ne fait plus la pluie et le beau temps.

L'historien rappelait toutes ces périodes belges du "je t'aime moi non plus"...

"...des discours, des textes, qui annoncent la fin de la Belgique. Bismarck, par exemple en 1866, pense que la Belgique en a peut-être pour dix années. Du côté français, c’est à la fin de la Première guerre mondiale, qu’on dit : enfin, nous sommes convaincus qu’il y a une Belgique. Il y a un sentiment national belge, parce que la réaction belge, durant la Première guerre mondiale, l’a prouvé …qu’il y avait une Belgique… Et il a fallu convaincre effectivement, à l’étranger, que la Belgique était un État qui était moins artificiel qu’on ne l’écrivait, si on regarde l’histoire, mais qui pouvait avoir un avoir. Même si après la Seconde guerre mondiale, de nouveau, dans les années 60, on parle d’une Belgique pour 20 ans. L’Ambassadeur de France à Bruxelles estime que la Belgique est en voie d’évaporation. Même le Premier ministre Paul Van Den Boeynants déclare à la Chambre qu’il faut prévoir une Belgique pour 20 ans, dans l’espoir qu’elle puisse se fondre dans un ensemble européen plus vaste, à partit des années 80.".

"La Belgique d'aujourd'hui, c'est un peu un pays qui s'en va, un pays qui part avec certains qui essayent de la retenir".

Clichés ou réalités? L'historien interrogé rappelait tous les événements qui montraient que l'idée d'une Belgique artificiellement crée avait déjà de multiples fois eu des envies d'évasion, de changement d'air dans les séparations culturelles. Pourtant, même si cela coinçait, 180 années de différences par rapport aux pays voisins ne sont pas négligeables. Des couples mixtes, des travailleurs en navette de région à région, des ex-flamands qui se trouvent en régions francophones et vice-versa, ont aussi leurs impressions à prendre en compte.0.jpg

Le Bruxellois, lui, est un "zinneke", un bâtard par nature. Il le revendique avec fierté. Capitale de l'Europe, il se tourne plus vers cette dimension ne pouvant faire autrement.

L'excitation politique se retrouve plus cette fois dans les générateurs de troubles. Qui en profite? On place, en effet, plus de pions politiques à la têtes, plus il y a de morceaux à remplir. Les mentalités évoluent en fonction des événements. Les spectateurs écoutent, discutent, se préoccupent de leur demain au mieux de leur connaissance des problèmes, inquiets et actifs sur des sables mouvants. La démocratie se perd en conjectures, en hésitations, en mauvaises compréhensions des phénomènes qui échappent la base qui n'est consulté que pour départager des têtes de pipe avec un programme, des enjeux, trop complexes à cerner pour le citoyen lambda.

La politique est peut-être le seul endroit où on oublie un peu les côtés financiers des changements. Beaucoup d'entreprises et de chefs d'entreprises, voyant leurs intérêts, freinent des deux pieds un éclatement de leurs activités en pensant à tous les effets secondaires inhérent à tout éclatement des pouvoirs. Les multinationales, elles, ne se préoccupent pas trop d'appartenir à un pays plutôt qu'à un autre. Elles ne voient qu'un avantage, celui de déplacer les bénéfices là où ils seront le moins taxés.

0.jpgLes sportifs sont encore moins intéressé de se retrouver avec des règles différentes pour pouvoir exercer leur passion.

Ce que rapportent les médias n'est qu'un reflet partiel, un sondage extrapolé avec un degré d'erreur technique accepté et non pas vérifiable qu'après la sortie des urnes. Indices très valorisés pourtant.

La volonté de plus de nationalisme sortie le 13 juin des urnes, s'il était étonnant, n'en demeurait pas moins un besoin de changements, une réponse à un mal être conjoncturel que les crises ont amplifié ou parfois écrasé. La problèmes aux Pays Bas, non culturels, eux, mais également sous le régime de la proportionnelle,  ne sont guère plus enviables actuellement dans des calculs d'apothicaires d'attribution de postes.0.jpg

L'historien ajoutait pour le cas belge: "d’une certaine façon, l'État fait la nation. Déjà avant 1830, on voyait l'émergence d’un sentiment national belge. Pour preuve, 1777, à la période autrichienne, un cours d’histoire Belgique est imposé et les questions d'examen qu’on a retrouvées: quand est née la Belgique ? La réponse était le 15ème siècle… Évidemment ce sentiment national belge, qui émerge déjà, avant 1830, c’est surtout au sein d’une élite, mais, surtout, après 1830, que l’Etat va, petit à petit, faire la nation. "

Chacun a ses propres spécificités. La culture y est pour une part, bien sûr, mais elle ne fait pas tout. Les utopies existentielles sont parfois plus fortes.

L'humour français, s'il est proche, reste néanmoins différent par sa manière de l'exprimer ou d'en espérer un écho parmi ses spectateurs. Même différent à une échelle plus restreinte, encore.

Un Breton, un Chti, un Parisien, un Méditerranéen même sous le même chapeau ne parle pas avec les mêmes sentiments faces aux événements. Je ne parlerai pas des Basques que je n'ai pas rencontré assez souvent. Rien d'anormal donc.

La Wallonie et la Flandre accusent le coup de la même façon.

Langue de base identique, mais beaucoup de dialectes. Culture identique mais impressions de recevoir en retour un message différent. La Flandre s'affirme plus que la Wallonie. La belgitude qui les enveloppe, si on ne parle pas vraiment de patriotisme, dans ce cas, reste une valeur non négligeable et cela, sans même la conscience du fait.

Ma conclusion, je l'ai trouvé dans les commentaires:

"Qu'est-ce que la patrie ?

C'est simplement l'endroit sur terre où chaque homme ou chaque femme trouve sa part de bonheur. Chaque citoyen qui n'est ni patriotique ni national mais économique.".

On pourrait comprendre mieux l'esprit séparatiste entre partie anglophone et francophone dans un pays comme le Canada plutôt que dans un pays comme la Belgique qui n'a pas les dimensions d'une des sous-régions canadiennes, mais qui néanmoins a une densité de population cent fois plus importante au kilomètre carré.

0.jpgEn Belgique, les droits des gens se mettent en opposition avec les droits du sol.

Une envie de vivre ensemble latente, de trouver des compromis, des ouvertures, n'a pas de patrie, pas de drapeau.

Le patriotisme est en perte de vitesse aujourd'hui ou a changé d'idéal, c'est évident. Ce ne sont pas les discours patriotiques, identitaires belges ou français qui en changeront quelque chose. Manque de solidarité? Peut-être. Grand mot, tout de même, tellement galvaudé, celui de "solidarité".

Le discours du Roi de la fête nationale, toujours contresigné par le gouvernement, allait dans le sens du patriotisme réformé. Un des thèmes prenait en compte cet aspect communautaire sans vexer personne.

Au moment où j'écris ces lignes, nous en sommes toujours à la phase pré-formateur. Di Rupo, dans cette fonction, compte les "pour" et les "contre" partagé entre deux exercices: la réforme de l'Etat et la gestion des crises. Exercices qui ne demandent pas les mêmes majorités. Faudra-t-il ensuite, un fixateur, un polisseur? De toutes manières, pas de débardeurs, pas de terminators en vue.

Le patriotisme d'aujourd'hui?

A notre époque, dire que naître quelque part, ne veut pas dire devoir y rester "ad vitam aeternam" par patriotisme. Les migrations font aussi partie de l'Histoire avec un "H". Ce seront parfois les Belges du bout du monde. Car, oarfois, quand plus rien ne va, qu'il faut se résigner à mettre les bouts pour aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.

Mais, parler d'une patrie, c'est comme une impression d'être né quelque part que l'on ressort dans les moments les plus inattendus. Impression qui bizarrement, prend plus d'extension, plus on s'éloigne de ce point de départ. 0.jpgAlors, on se met à rêver à de bêtes convenances, des pistolets à l'américain, des cannibales dans l'assiette, du  steak frites, des moules, de chicons, de gauff... chantilli, de chocolat blanc ou noir, de bières, de foot... et on est content de revenir après des vacances prolongées pour retrouver les amis, les actualités locales et tout ce qui fait la différence par rapport à ce qu'on y avait trouvé et qu'on ne ressentait pas ou pas encore ailleurs.

Mais, c'est aussi l'humour, la dérision et l'autodérision qui font la communauté belge et qui diffèrent des voisins. Même si, il faut l'admettre, on ne se connait pas trop bien de chaque côté de la frontière linguistique.

Le ventre a ses raisons que la raison ou les utopies oublient.

0.jpgLe patriotisme revient toujours avec les choses simples, moins avec les complexités politiques. Il faut être patient avec lui, car il change en fonction dans tellement d'orientations et dans le temps. Alors parler de symboles et de la symbolique autour du patriotisme quand on vient de partout et n'importe comment jusqu'à en oublier les origines... Ça craint toujours un peu...

Les drapeaux, c'est surtout pour les J.O, pour le Mondial de Foot.

Quant à parler le belge et le comprendre? Ce sera d'office, non, peut-être...

Mais c'est vrai, c'est aussi être surréaliste et avoir des utopies qui pourraient faire réfléchir.

Un exemple? à Moresnet, neutre jusqu'à la croûte...



 

L'enfoiré

 

Quelques images matinales de la fête nationale belge, ce 21 juillet en un clic.

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Qu'en dire de cette fête 2010?

Une assistance exceptionnelle à la télé. Toujours plusieurs patriotes avec la conscience d'être "belge". Succès de foule pour la Fête nationale était-il annoncé. Le feu d'artifice, encore une fois, sensas, mais court.

Ce fut aussi, plus que d'autres années, une présence organisatrice plus ou trop importante de l'armée et de la police. Organisation qu'il faudra peut-être, une autre fois, rendre plus au civil.  Il faut rappeler que les miliciens volontaires sont en plein recrutement depuis que le service militaire obligatoire a été supprimé depuis 1995, et ceci explique cela. Il devient volontaire. Réduire les "anciens" reste pourtant le mot d'ordre.

0.jpgLe Bal national a réuni 15.000 personnes. Le bâtiment du Parlement fédéral a, une fois de plus, fait le plein de visiteurs. Pas d'incidents, même pas de drache nationale comme annoncée. La famille royale toujours acclamée. Fabiola s'est tenue à carreau sans pomme.

RAS, quoi...

 

 

 

Des patriotes, sur Agoravox? Ca dépend s'il y a du vent..pour les drapeaux.

 

Citations:0.jpg

  • "Au fond de tout patriotisme, il y a la guerre : voilà pourquoi je ne suis point patriote", Jules Renard

  • "Le patriotisme est la plus puissante manifestation de l'âme d'une race. Il représente un instinct de conservation collectif qui, en cas de péril national, se substitue immédiatement à l'instinct de conservation individuelle.", Gustave Le Bon

 

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Même question:  

Qu'en dire de cette fête nationale 2016:

Est-on fier d'être belge, était la question: podcast

La nouveauté, c'est que la protection contre le terrorisme fait partie de toutes les manifestations. 

Et si James Bond était belge:podcast

Commentaires

Bonjour Guy,

je ne sais si c'est la chaleur estivale qui t'as inspiré, mais pour ma part je mets 5 étoiles à cet article, ne regrettant que le fait d'être limité ppar ce nombre.

Pertinence, intelligence, clarté, tout est dans ce chef d'oeuvre de vérité.

Une phrase qui m'a marqué est celle-ci:

"Les peuples sont souvent orphelins d'idéaux. Les souverainetés sont plus politiques et économiques."

Car c'est exactement la situation de bien des pays se trouvant tout à coup un idéal patriotique Européen ou autres, alors qu'il ne s'agit que de préserver sa suprématie économique.

La notion de patrie a beau être dépassé aux yeux de certains, qui d'ailleurs paradoxalement pestent dans le même temps contre la mondialisation, cette valeur est un ciment indispensable à toute construction.

Cela ne signifie nullement exclusion, mais intégration des personnes désirant vivre dans le groupe, et non à côté.

Sans dire qu'il s'agisse d'un exemple à suivre, en Chine le principe est la famille, sorte de patrie limitée, les amis, le pays. Ce sont donc toutes ces "pierres" famiiales qui font le pays, et non les familles qui attendent après l'état providence.

Plus j'avance, et plus je me demande si, en dehors du fait que les Chinois n'élisent pas leur président au suffrage direct et l'origine unique des dirigeants, ce pays n'est pas plus démocratique que certains ne le disent, ou ne le laissent penser.

Encore toutes mes félicitations pour ce brillant article.

Écrit par : Alain | 26/07/2010

Bonjour Alain,

Ne dit-on pas que la chaleur excite les neurones? :-)
Toi qui a fait le pas de l'expat, tu dois en connaître les risques et les craintes.
Certaines choses doivent te manquer et qui ont marqué ta mémoire.
Les raisons d'appartenance à une terre et pas une autre sont multiples. Souvent économiques et intellectuels.
Beaucoup de Cubains aux Etats-Unis et cela malgré les difficultés et l'embargo. Mais ils restent cubains.
Révolutionnaire, on l'est plus de l'extérieur que de l'intérieur. Là-bas, il en faut des discours pour maintenir cette idée.
J'aime bèqueter un peu partout comme tu le sais.
J'aime partir et revenir au point de départ.
J'ai trop souvent rencontré de "faux paradis".
Alors, on devient très philosophe.
Et j'ai parfois de drôles de questions:
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-classe-moyenne-francaise-va-t-78860#forum2628082
Je te remercie pour l'appréciation, évidemment.

Écrit par : L'enfoiré | 26/07/2010

Guy,

"Certaines choses doivent te manquer et qui ont marqué ta mémoire."

Marqué ma mémoire, oui, de moins en moins d'ailleurs ; manquer, pas du tout, carsi j'étais réellement en manque, j'achèterai un billet retour.

Ce n'est pas moi qui ait laissé tombé la France, mais bien le contraire.

"Révolutionnaire, on l'est plus de l'extérieur que de l'intérieur. Là-bas, il en faut des discours pour maintenir cette idée. "

Une révolution, au sens populaire du terme, est bien probable en Chine que dans les pays où les citoyens se croient journalistes et se défoulent derrière leur écran en sortant la millième version de l'affaire Bétencourt, qui sera rangée aux oubliettes dès la rentrée.

Pour faire la révolution, il faut avoir faim, et non pas être gavé.

"J'ai trop souvent rencontré de "faux paradis".

La varie philosophie ne serat-elle pas de ne pas croire en un quelconque paradis ?

C'est en tout cas ce que j'applique.

Bonne journée.

Écrit par : Alain | 26/07/2010

Guy

Texte profond qui donne à réfléchir. Permettez-moi de vous raconter une anecdote. La mienne. Je ne me suis jamais senti patriote. J'ai toujours voulu défendre par contre une cause : le français. Pour moi, la défense de la langue française passe par l'indépendance du Québec. L'indépendance est un moyen.

Il existe et existera toujours des minorités. Il y a des années, je m'étais inspiré du merveilleux texte de Tri Yann : La découverte ou l'ignorance. Il y est notamment dit :

La Bretagne n'a pas de papiers,
Elle n'existe que si à chaque génération
Des hommes se reconnaissent bretons...
A cette heure, des enfants naissent en Bretagne...
Seront-ils bretons ? Nul ne le sait...
A chacun, l'âge venu, la découverte... ou l'ignorance !

Suis-je patriote? Je n'en sais rien. Suis-je Québécois parlant français? Oui. Et comment défendre ma langue? Par l'indépendance de mon pays. Le Canada reconnaît l'indépendance du Kosovo mais il est incapable d'imaginer l'indépendance du Québec. Le motif étant que le Québec n'a jamais fait l'objet des mêmes exactions imposées au Kosovo par la Servie depuis l'éclatement de la Yougoslavie.

La Presse, par son éditorialiste en chef, (journaliste fédéraliste et pas du tout indépendant) écrit : La Cour internationale de justice prend bien soin de dire que son avis ne porte pas sur le droit d’une population de se séparer d’un État existant. Elle souligne que la question qui lui a été posée n’est pas la même que celle à laquelle a dû répondre la Cour suprême du Canada en ce qui a trait au droit du Québec de faire sécession de la fédération canadienne: «La Cour n’est pas tenue, par la question qui lui est posée, de prendre parti (…) sur le point de savoir si le droit international confère en général à des entités situées à l’intérieur d’un État existant le droit de s’en séparer unilatéralement.»

Refusera-t-on l'éclatement de la Belgique? Refusera-t-on qu'un groupe minoritaire, Votre Bourgmestre Gilles Deleu écrivait ceci sur son blogue : « Au niveau de la politique et de la législation, nous sommes les sacrifiés communautaires. Le problème communautaire est linguistique entre les Flamands et les Wallons. Il est devenu plus aigu aux environs de Bruxelles. En Wallonie, on nous a imposé un système de gestion difficile sur le plan politique. Tous les papiers administratifs doivent par exemple être dans les deux langues alors que tous nos élus sont francophones. La plupart de ceux qui ont voté ce régime à Bruxelles ignorent ce qui se passe ici ».

Vous posez la question : « Le patriotisme est en perte de vitesse aujourd'hui ou a changé d'idéal, c'est évident. Ce ne sont pas les discours patriotiques, identitaires belges ou français qui en changeront quelque chose. Manque de solidarité? Peut-être. »

Permettez-moi d'opposer à cette question cette réponse : les générations d'aujourd'hui et de demain auront une autre vision - transnationale celle-là - de leur patrie. La patrie dépassera les frontières et sera universelle. Internet oblige.

Et je reprends les mots de Tri Yann :

A cette heure, des enfants naissent en Bretagne...
Seront-ils bretons ? Nul ne le sait...
A chacun, l'âge venu, la découverte... ou l'ignorance !

Pierre R.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 26/07/2010

Pierre,

Vous me posez un cas de conscience.
Est-ce la langue ou l'indépendance qui mène le jeu?
N'est ce pas plutôt une lutte pour savoir qui va gagner entre la poule ou l'œuf dans laquelle il n'y a pas de gagnant?
Je dirai toujours, si vous voulez vous séparer, soyez vous, ne cherchez pas à ressembler à un passé qui n'est plus.
Les minorités sont salutaires. Je ne pourrais me sentir bien qu'en présence d'autre chose que moi-même.
Je m'ennuierais de retrouver mon alter ego en permanence sur mon chemin.
Ce que j'écrivais au sujet de l'Europe de 1863, ne vient pas de nulle part.
Il fait partie du magazine "Le Monde diplomatique" qui parlait du temps des utopies.
En préambule, il disait que nous avons besoin d'utopies pour vivre.
J'ai connu la Yougoslavie d'avant la séparation par 3 x. Il n'y avait pas de ressentiment dans la population très sensible. La politique a changé tout cela.
Les nostalgiques existent de tous les côtés actuellement.
On protège les assassins d'hier.
Par patriotisme? J'ignore.
Gilles Deleu, je ne connais pas. De quelle commune est-il?
De Bruxelles ville, l'actuel, Freddy Thielemans, représente bien Bruxelles.
Il ne se dit pas du tout sacrifié.
S'il existe un problème identitaire, il n'est plus du tout entre flamands et francophones, mais avec les autres nationalités qui se sont greffées et qui donne parfois du fil à retordre aux autorités de police.
Vous avez tout à fait raison au sujet d'Internet. Nous ne le pratiquons en vrai, en dur et pas uniquement dans le virtuel.
Bruxelles, un laboratoire de l'Europe? Absolument.

Écrit par : L'enfoiré | 26/07/2010

Bonjour Guy

Merci pour vos gentils mots chez Pierre à l'occasion de notre fête nationale.

En Suisse, chaque canton organise sa fête. Il y a les drapeaux suisses bien sûr, les fanfares, les enfants avec des lampions et les traditionnels feux d'artifices. Certains villages organisent des brunchs qui enchantent parents et enfants.
Pour ma part, je n'y participe plus car il y a trop de monde et de bruit. Je ne trouve plus les repères de la fête nationale suisse de mon adolescence. Les temps changent.

http://www.swissworld.org/fr/culture/coutumes_et_traditions/fete_nationale/

Bien amicalement

Denise

Écrit par : Denise | 03/08/2010

Bonjour Denise,

Content de vous voir promener par ici.
La Suisse est plus un mystère de savoir comment cela fonctionne en Cantons, alors que pour nous, on tente après le régionalisme, le fédéralisme et d'autres espèrent le confédéralisme. Tout cela sous le complexe des langues.
Quand Miss Canthus est venue à Bruxelles, je l'ai bombardé de questions.
Elle m'a raconté que tout n'était pas blue sky.
Que l'immobilisme était encore plus risqué en descendant jusqu'à l'entité de famille.
Le référendum comme outil de persuasion.
Nous avons deux fêtes nationales, le 20 et le 21 juillet.
La première pour les gens du peuple.
Le lendemain pour les instances officielles au milieu de deux parties festives. Cela avec un défilé militaire.
A deux autres dates, nous avons des fêtes concernées par les deux régions importantes. Le 11/7 pour la communauté flamande. Le 27/9 pour la communauté française.
Ainsi, tout le monde est content. Enfin, presque....

Bien amicalement

Écrit par : L'enfoiré | 03/08/2010

Et puis
Nous avons quelques exclusivité en Belgique qui n'existe pas ailleurs.
1. L’indexation licée automatique des salaires.
2. La grille Claes pour calculer les indemnités de dédits.

Comme disait le Chat: En Belgique on n'a pas beaucoup de champion du monde. Mais en Belgique, on a beaucoup de champions de Belgique.

Écrit par : L'enfoiré | 04/10/2010

Une nouvelle à discuter?
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-11-04/developpement-humain-la-belgique-en-18e-position-801878.php

Écrit par : L'enfoiré | 04/11/2010

Les sentiments d'appartenance en Wallonie et en Flandre (21 mai 2009)

http://www.larevuetoudi.org/fr/story/sentiments-dappartenance-en-flandre-et-en-wallonie

Situation en 2014, d'après une étude de l'UCL:

Les Belges davantage belgicains

En Flandre, 50% des personnes interrogées en 2014 s'identifiaient en premier lieu à la Belgique. Soit 5% de plus qu'en 1991. Ce sentiment est toutefois plus important auprès de la population que parmi les élites flamandes.

Du côté wallon, 67% des personnes sondées s'identifient d'abord en tant que Belges avant d'être Wallons. Les auteurs relèvent par ailleurs que les Wallons sont peu concernés par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles. )

Pied de nez aux discours nationalistes?

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/2317934/2015/05/12/Les-Belges-davantage-belgicains.dhtml

' http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/jan-jambon-provoque-la-colere-des-nationalistes-flamands-5552124035704bb01c4181ac )

Bruxelles, rester bilingue?

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_bruxelles-doit-elle-rester-une-ville-bilingue-la-question-interactive?id=8978581&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 12/05/2015

Qu'en dire de cette fête 2016: Est-on fier d'être belge, était la question: http://vanrinsg.hautetfort.com/media/02/00/3583325169.mp3
La nouveauté, c'est que la protection contre le terrorisme fait partie de toutes les manifestations.
Et si James Bond était belge: http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/00/697989550.mp3

Écrit par : L'enfoiré | 20/07/2016

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