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23/08/2012

Wépion, la fraise dans le nez

La grande saison des fraises s'achèvent. Vous aimiez les fraises. Alors, pourquoi pas une visite aux portes de Namur avec la promenade le long de la Meuse comme complément indispensable pour tout connaître sur elles?

0.jpgNous étions le 24 juillet. Ce jour-là, c'était une première vaguellette de chaleur perdue au milieu de journées de pluies, mais encore bien loin des dernières canicules que l'on vient de connaître.

Ce fut un retour à Wépion. 

Wépion, même pas une ville, même plus une commune de Namur, mais une cité résidentielle.


Wiki en dit: "Une section de la ville belge de Namur située en Région wallonne dans la province de Namur. Commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. D'une commune rurale avant la Seconde Guerre mondiale, Wépion est devenue une cité résidentielle. Wépion est célèbre pour la qualité des fraises qui sont mises en vente durant la saison de ce fruit. Le marché de la Fraise de Wépion s'est surtout développé dans l'entre deux guerres et fut à son apogée dans les années 1960, quasiment chaque famille cultivait de la fraise. À cette époque, la criée de Wépion expédiait des fraises jusqu'à Rungis en France. De nos jours, l'activité s'est fortement professionalisée et l'on y commercialise, par la criée, des fraises de mai à août. Justine Henin vécut un temps à Wépion, en bord de Meuse, avant de s'installer dans la principauté de Monaco.".

Wépion mérite le détour après la visite de Namur. Après quelques kilomètres, c'est à pieds ou à vélo que le spectacle commence. Un chemin de halage, sur le côté ouest de la Meuse, des promeneurs et des bicyclettes s'y croisent. Une île. Des tours de prestige jouxtent beaucoup de maisons de résidences secondaires d'une époque révolue mais que l'on essaye de conserver avec l'atmosphère de l'époque.  

Habitées, à la belle époque, par des concierges, qui attendaient les nouveaux riches de Namur et des environs, elles sont devenues des résidences de propriétaires permanents. Parfois des chercheurs de bonnes affaires à réaliser se cherchent leur avenir sur les affiches "A vendre" ou "A louer" que l'on peut encore y rencontrer. 

Comme la Meuse déborde régulièrement, ces villas mosanes étaient surélevées pour se prémunir au mieux contre les inondations. 

Puis, caché derrière un chemin étroit, il y a le "Musée de la Fraise" qui m'était toujours passé inaperçu et qui raconte l'histoire de la fraise.

0.jpgAu départ, Wépion était une sorte de  Confrérie de Renards, dont on fêtait le vingtième anniversaire le 31 aout 1995.

Catholiques, les habitants se virent envahis par des protestants et ils ne trouvèrent pas cela d'un très bon oeil.

Le sol est limoneux et riche en fer. L'humus de la forêt primaire en provenance de "La Marlogne" est le théâtre de la Légende de l'Aumonière. Le sol est aussi propice au houblon et ... à la fraise.

Celle-ci demande du soleil et de l'eau sur les coteaux exposés à l'est et une altitude entre 85 et 225 mètres pour ne pas être inquiétée par les eaux tumultueuses de la Meuse en crue.

Les petites gens cultivaient des fraises des bois en petites quantités. Mais des commerçants voulèrent en faire un commerce plus lucratif avec une taxe à la production.

En 1709, une certaine Marie Werotte refuse de payer la dîme des fraises cultivées dans son jardin entre les fosses de houblons. 

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Cinq ans plus tard, 1714, un espion anglais ou français, on ne sait plus très bien, le Capitaine Frazer ou "Frezier", qui ramène, à Marseille, quelques plants de fraises, les "Blanches du Chili". Il espère pouvoir exploiter le filon de fraises.

Il rate son coup, car il n'a rapporté que des plants mâles. Les abeilles ne vont pas pouvoir féconder les générations suivantes sans quelques plants femelles.

Son histoire racontée sur Wiki vaut le coup d'oeil: "Débarqué le 17 août 1714 à Marseille du navire marchand à bord duquel il avait fait le voyage de retour, en pestant contre les marchands malouins qui avaient abandonné le bateau marseillais près du Horn parce qu'il avait cassé une vergue et ne pouvait aller aussi vite qu'eux. Pour les remercier de la ration d'eau supplémentaire qui lui avait été accordée quotidiennement, Frézier fit cadeau de deux plants de fraisier chilien aux frères Bruny, les armateurs (ou offerts à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé des réserves en eau), puis il en offrit un à Lepelletier de Souzy, remit un pied entre les mains d' Antoine de Jussieu, au Jardin Royal à Paris, avant de transiter à Brest. Il garda le dernier pied planté dans son jardin de Plougastel et qui se multiplia par croisement spontané avec l'aide du botaniste Antoine Duchesne et une espèce rapportée en Europe: Fragaria virginiana. Moins parfumée que les fraises des bois européennes, il écrit : « On y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. Ses fruits sont ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un œuf de poule. Ils sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que nos fraises des bois »Le nom de Frézier, une coïncidence extraordinaire par sa déformation du mot fraise? Cela s'expliquerait par le fait que Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le Simple à la fin d'un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l'anoblissant, lui donna le nom de 'Fraise', qui fut déformé en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que la famille fut revenue faire souche en Savoie".

0.jpgPour la fraise et Wépion, tout resta en l'état jusqu'à la compréhension du problème.   

C'est en 1880, les premiers plans bisexués, les "Marguerite Lebreton"' y sont plantés.

Et c'est le boum. 

La crise de 1929 va perpétrer la disette et il faut trouver des débouchés pour s'en sortir. La culture de la fraise vient à l'esprit.

En 1933, premier marché de fraises organisés en coopératives.3.jpg

Mais, dès 1970, c'est la chute. Les ventes stagnent. 

Cela restera artisanal jusque dans les années 1980 vaille que vaille.

Heureusement, la culture de la fraise remonte tout doucement la pente dans les années 1990, en changeant la cadence. Puisque de 300 ha, on tombe à 30 ha, ce ne sera plus la quantité mais la qualité qui va sauver l'exploitation des fraises. Il faut devenir plus professionnel et, surtout, donner ses lettres de noblesses à ces fraises, la faire reconnaitre partout en Belgique et ailleurs, pour contrer les rivaux des Pays-Bas.

Le label "Fraise de Wépion" est créé. 

Les règles à respecter se résument dans la localisation géographique, la culture en pleine terre, la cueillette limitée à la période de maturité et le respect du côté écologique en limitant l'utilisation de pesticides après que la fleur soit apparue.

La fraise est très fragile. Cachée derrière des plastiques, elle doit être arrosée, se cueillir à la main, une par une. La maturité s'étend de juillet à août. Donc, une période relativement courte.

De plus, la crillée se déroule à l'endroit de la production dans des circuits courts. La fraise doit être consommée le plus rapidement possible, pour être parfaite et garder toute sa fraîcheur. Des points qui expliquent son prix. 

Une devinette, qui m'avait été posée?

Qu'est ce qui est en haut, vert en bas et a des milliers d'yeux?

La fraise diététique, pardi. Je n'étais pas sûr d'avoir compris la finte au départ.

0.jpgAprès la visite du musée de la fraise, il restait à se promener le long de la Meuse. Deux à trois kilomètres, jusqu'au barrage sur la Meuse. Les villas, les jeux sur l'eau allaient aussi faire partie du spectacle wépionnais avec les bateaux de plaisances, le ski nautique. En face, les escalades sur les rochers attirent les regards. 

Alors, si, un jour, vous passez par là. N'hésitez pas à visiter le Musée, étudiez, un peu avant, ce qu'on en dit des fraises que le guide complètera et vous découvrirez peut-être, aussi, que s'il a des fraises dans le nez, il n'en a surtout pas sur le nez.  Comme la saison de la cueillette s'achève, il restera les tartes à la fraise,  la glace à la fraise, les confitures à la fraise et comme dernier baroud d'honneur, la liqueur à la fraise.fraise.gif

La Belgique, 10ème producteur de fraises dans le monde, avec 1%. Les États-Unis se taillent la part du lion.

Une première visite virtuelle au site du guide du Musée de la Fraise.

Quant à Plougastel, il faudra un jour que j'aille voir l'autre musée de la fraise.

Mais, comme tout se termine par des images.

Allons-y, pour les photos... 

 

L'enfoiré, 

  

Citations:

 

  • « Je ne puis pas plus te montrer un papillon dans une chenille, qu’une fraise dans sa fleur : il faut que le soleil ait mûri l’un et l’autre. », Bernardin de Saint-Pierre 
  • « A la Pentecôte, fraises on goûte. A la Trinité, fraises au panier. », Dicton français
  • « On ne peut pas manger des fraises à l’année. », Proverbe québécois
  • « Fraise: fruit que l'on souhaite sucrer le plus tard possible  », Laurent Baffie

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J'espère qu'il y a des fraises au dessert.

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