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05/08/2020

Moyens d'Orient

0.PNGLe Liban, la Suisse de l'Orient... oui, mais il y a longtemps.

Depuis, il y a Beyrouth qui a subit une guerre civile de 1975 jusqu'en 1990, la descente aux enfers et à l'abîme politique, réservé aux mêmes confessionnels qui se refilent le pouvoir sous les yeux intéressés de l'Iran chiite, de l'Arabie sunnite et des catholiques qui s'insère au milieu comme le serait l'Empire du Milieu chinois. 

La catastrophe du 4 août était programmée.

Juste avant le Ramadan de 2006, Jean-Pierre Jacqmin réalisait l'interview de Malek CHEBEL, anthropologue et spécialiste de l'Islam, qui venait d'écrire: "L'Islam et la raison" aux éditions Perrin (*). Il allait me servir un jour. J'ouvre les parenthèses de l'histoire...


Parler du Moyen Orient, c'est parler de ses moyens d'entreprendre et de sortir de crises de voisinage, financières, religieuses, de rapports de forces très différents. .

Son choix musical de l'invité: Bob Marley: "One Love people get ready"


J.-P. JACQMIN - Alors Bob Marley qui plaide pour un Dieu, un peuple, un seul amour, c'est un peu le contraire de ce que nous connaissons pour l'instant ?

M.CHEBEL - C'est une musique pulsive qui parle à la sensibilité de chacun, elle est universelle. Et puis moi j'aime bien que l'on puisse associer un amour à un peuple, à un Dieu.

- Mais n'empêche que l’œcuménisme cher à Jean-Paul II à l'époque, on en est loin maintenant. Un propos du pape crée des tensions, des morts en Somalie, enfin une morte en Somalie, et de la violence dans le monde islamique…

- En effet. Personnellement, je le regrette beaucoup. Je regrette beaucoup évidemment qu'il y ait eu cette somalienne, disons cette chrétienne somalienne, qui est morte comme ça, dans ces conditions. Toute la semaine dernière, toutes les autorités religieuses musulmanes tempérées, modérées, ont appelé au calme et à ne pas brûler d'églises, et à ne pas porter atteinte aux personnes. Je pense que les choses se calment. On verra, le plus crucial, et vérifiera si la tension est véritablement tombée.

- C'est Benoît XVI qui est fautif ?

- Benoît XVI, personnellement, je ne savais pas qu'il était en faute. Je pense que Benoît XVI avait, comment dire, utilisé sa casquette de théologien et d'intellectuel et d'universitaire même, en faisant cette conférence très riche finalement. Par ailleurs, je pense qu'on l'a un peu appauvri en sortant une phrase de son contexte, un contexte universitaire. Et puis, là où les choses ont été mal gérées, si je puis dire, c'est après la conférence, c'est-à-dire quand il y a eu un début de manipulation par certains prédicateurs musulmans, le Vatican n'a pas réagi rapidement. Il aurait dû, me semble-t-il, réagir rapidement et montrer les limites de cette conférence.

- Alors, si je vous entends bien, ce sont un certain nombre de manipulateurs dans le monde de l'islam qui sont responsables de la poussée de violence, ce n'est pas une réaction spontanée de la rue arabe ?

- Ça ne peut pas être spontané puisque la conférence parle à l'élite, dans une langue châtiée qu'en aucun cas la rue arabe ne peut percevoir ou entendre comme ça sans interprète, donc il fallait bien que quelqu'un leur explique de quoi il s'agit.

- Alors vous parlez de l'islam vécu par certaines choses comme un triangle infernal reprenant des guerriers, des religieux et des marchands. Est-ce que vous pouvez nous expliquer cela ?

- Oui, depuis la mort du prophète en juin 632, vous savez qu'il y a eu une sorte d'OPA sur l'islam qui a été lancée par les guerriers, c'est-à-dire ceux qui militent dans la voie de Dieu, c'est ce qu'on appelle la djihad. Et puis à côté d'eux, il y a les théologiens qui légitiment cette action, toute guerre au nom de Dieu, parfois évidemment pas du tout au nom de Dieu et pas du tout pour les services de la communauté. Et puis l'argent, les marchands, comme vous le savez, l'islam a toujours frayé avec les marchands qui financent ces guerres là. Et au-dessus, il y a le calife qui lui tire, en quelque sorte, les ficelles. Et nous avons une sorte de trépied de trois pouvoirs, une triangulaire infernale qui insère et qui prend en charge l'ensemble de la communauté depuis le début jusqu'à nos jours.

 - Est-ce que ce n'est pas un peu un raccourci, ou alors pour l'expliquer aujourd'hui c'est comment? C'est Ben Laden le guerrier, c'est les ayatollah iraniens et c'est les pétro-monarchies, les marchands ?

- Absolument, vous avez tout à fait raison. Ben Laden qui cumule en partie,  les deux fonctions. Parce qu'il a l'argent, il est le marchand,  qui finance la guerre sainte, la djihad, et il est en même temps un peu le calife ou le remplaçant du calife dans la mesure où il est dans un rôle d'autorité. Et puis, il a Ayman El-Zawarhy à côté de lui qui est le théologien, vous voyez, qui donne la fetwa, qui donne le blanc seing pour telle ou telle action.

- Mais si des musulmans modérés vous entendent maintenant, ils vont vous qualifier de réducteur, à tout le moins il existe un islam raisonnable ?

 - Si je vous dis ça, c'est que je pense défendre un autre islam. Parce que l'islam dont on parle jusqu'à maintenant ne me plaît pas. C'est un islam qui porte la mort, qui sème la violence. Personnellement, je ne l'aime pas, je le combats en fait dans mes travaux depuis une vingtaine d'années. Dans tous mes livres, j'essaye de montrer une autre voie, la possibilité d'un islam des lumières. Cet islam des lumières veut se marier avec la modernité, veut parler aux autres, aux juifs, aux chrétiens, sans vouloir les condamner, ni les tuer, ni les trucider. Il veut, au contraire, s'améliorer de l'intérieur pour être porteur de lumière, pour être porteur d'espoir aussi pour les musulmans.

- Mais la lumière, elle a existé sur l'islam, on le cite souvent, l'algèbre, les mathématiques, tout ça nous vient du monde musulman, du monde arabe. Pourquoi est-ce que la lumière n'éclaire plus l'islam pour l'instant ?

 - Voilà, évidemment la lumière on en parle souvent pour l'islam. Je suis même l'un des chantres de cet islam là puisque j'ai dit à de nombreuses reprises que le siècle des lumières de l'islam c'était le XIe siècle et que depuis l'islam n'a fait que décliner. Il n'a fait que décliner parce que l'un des trois pôles de pouvoir, c'est-à-dire celui des belliqueux, celui des guerriers, a pris le dessus sur les deux autres. Et je donne juste l'exemple de la dynastie ottomane qui pendant plusieurs siècles a fait trembler l'Europe. Pas pour des raisons théologiques, pas pour des raisons de progrès humains, mais pour des raisons de puissance. Donc les Ottomans ont été ceux qui nous ont entraînés,  dans cette situation.

- On parle des Ottomans, on parle des arabes, on voit aussi de grosses réactions en Malaisie, même des musulmans en Chine qui ont affirmé, par exemple, que Benoît XVI avait insulté à la fois l'islam et le prophète Mahomet. C'est tout le monde musulman, ce n'est pas que, j'allais dire, le Proche Orient avec le problème palestinien, c'est l'ensemble du monde musulman qui est à cran pour le moment ?

- Oui, tout à fait, vous avez raison. Je pense que depuis le 11 septembre, les musulmans sont très sensibles à l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes ou en tout cas l'image qu'ils ont en Occident. Je vous rappelle que les caricatures du prophète Mahomet ont provoqué justement un délire absolument inattendu et extraordinaire, et aujourd'hui cette histoire-là du "dérapage"-entre guillemets- du pape a enflammé encore les foules. Je pense qu'il y a des régimes qui sont peu légitimes, qui ne sont en tout cas pas élus démocratiquement, qui se légitiment de ces manifestations-là. C'est-à-dire que tous les régimes, les potentats, les pouvoirs un peu militaires ou autoritaires qui ne sont pas élus démocratiquement, souvent ils vont chercher leur légitimité dans la rue. C'est pourquoi ils attisent ces marches et ces manifestations dans les rues. Mais vous me parlez de la Thaïlande, voilà encore un autre exemple.

- Avec un coup d'état qui amène un chef d'état major musulman au pouvoir. Pour le moment dans les rues, on le verra tout à l'heure dans le journal de 8 heures avec Georges Lauwerijs et les témoignages qu'ils ont pu recueillir, pour le moment dans les rues, les choses se passent bien, on voit même des gens offrir des fleurs aux tankistes, à ceux qui sont sur les chars. Mais néanmoins...

- Oui tout à fait. Mais en même temps, vous voyez apparemment d'après ce que j'ai compris jusqu'à plus ample informé, un président qui promet donc une redistribution équitable des richesses pour les riches et pour les pauvres, et qui finalement fonctionne comme un capitaliste tout simplement, et qui se fait un peu éjecter via, évidemment, avec le bras armé de l'armée. Il est à New York à l'occasion de l'assemblée générale des Nations Unies. Donc, on voit bien que s'il était élu démocratiquement et sur des bases d'une constitution civile laïque pour le coup et indépendante des autorités et religieuses et militaires, c'est-à-dire qu'avec une constitution et une loi au-dessus de tous les groupes sociaux qui agissent, il n'aurait pas été démis de ses fonctions alors qu'il est à New York. Exactement la même chose pour tous les potentats qui s'accaparent de la volonté populaire à travers des votes truqués ou un manque de démocratie. Tous ces semi-démocraties, ces fausses démocraties font le lit des fondamentalistes.

 - Est-ce que vous ne faites pas vous le lit de ceux qui dans le monde chrétien sont pour la croisade en disant finalement qu'il faut amener la démocratie quitte à ce que ça soit par le sabre ou par la bombe comme en Irak ?

 - Je me suis exprimé à la télévision contre le Grand Moyen Orient imposé par Washington. Imposé,  d'une manière autoritaire par Washington avec même la possibilité de dégager des potentats qui ne seraient pas démocrates aux yeux de Washington. Non, non, je suis pour, comment dire, moi je parle au plus près de mon cœur et de ma conscience et de la vérité. Et il m'arrive parfois de soutenir bec et ongles, évidemment, l'islam ou les choix optés par les responsables musulmans. Mais dans beaucoup de cas malheureusement la démocratie, on a un problème depuis le départ de l'islam, depuis la naissance de l'islam. Donc, lisez mes travaux, ça fait 20 ans que je suis régulier, que je ne cherche pas du tout à attiser le feu, mais je ne masque pas la vérité et en tout cas je ne suis pas, en tout cas je ne suis pas pro-croisade, je trouve dans tous les cas de figure que la dernière solution est d'aller semer la violence ou d'amener la guerre, y compris pour démettre un mauvais président.

 - Qui tient le pouvoir dans le monde islamique pour l'instant ? Quand on voit, par exemple ce qu'on appelle les monarchies plus modérées et qui tentent des ouvertures par certains côtés comme le Maroc, comme parfois l'Egypte dans une moindre mesure, s'en sont également pris aux propos du pape. C'est quoi ? C'est une crainte d'être renversé par la rue ?

- Actuellement ce sont les militaires et les religieux qui tiennent le pouvoir. L'autorité religieuse décrète avec la complicité évidemment des présidents en place qui lui demande cette légitimation, et les militaires qui sont le bras armé. Moi j'aimerais que dans le monde arabe et en islam, il y ait plus de justice, plus de volonté populaire qui puisse s'exprimer au niveau du Parlement et qu'il y ait un parlement, qu'il y ait des syndicats, une parole libre, des journalistes qui peuvent dire ce qu'ils veulent, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Donc vous voyez, c'est ça le peuple, c'est à travers ces représentants qui seraient élus plus ou moins dans des chambres annexes ou des chambres importantes comme le Parlement. Pour le coup du Maroc jusqu'en Indonésie, vous ne trouverez que des potentats, des souverains, des souverains même héréditaires, avec en bras droit l'armée et en bras gauche les théologiens. Moi je trouve qu'il manque un peu de démocratie dans ces pays.

- Il n'y a aucun exemple à citer ce matin des balbutiements de démocratie dans le monde islamique ?

- Si, si. Moi je vois deux exemples. L'exemple de l'Egypte, il y a une dizaine d'années, on avait pensé que la démocratie si elle pouvait exister dans le monde arabe et en islam, ce serait en Egypte. L'Egypte avait toutes les chances de pouvoir y arriver tranquillement avec l'évolution naturelle des choses.

 - Et l'autre exemple rapidement ?

- L'autre exemple, c'est la Tunisie, malgré tout, c'est un pays qui reste assez équilibré, il n'est pas encore gâté par la violence politique ou religieuse.

- Quand on voit les réactions parfois du pouvoir du président Ben Ali, on peut se poser des questions.

- Il y a encore des améliorations.

...

Aucune allusion à Beyrouth ou au "bilan du Liban" (deux mots qui sont bizarrement des anagrammes). 

Le titre est construit à partir de "Moyen-Orient" vers "Moyens d'Orient".

Nous voici, près de 14 ans après, rien n'a vraiment changé sinon les noms propres des acteurs.

Double explosion à Beyrouth : le bilan s'alourdit avec 135 morts, des dizaines de disparus et près de 5000 blessés, le gouvernement décrète l'état d'urgence.

Le réseau social Agoravox présente ce matin son billet en édition spéciale suivi de commentaires le plus souvent complotistes. 

Ce soir, la RTBF raconte podcast
Le 28' de Arte invitait trois interlocuteurs pour répondre à la question :

podcastpodcastpodcast

Hiroshima.PNGLe Liban, déjà dévasté par une crise économique, peut-il s'en relever ?
"C’est un désastre dans tous les sens du terme", déclarait hier soir le Premier ministre libanais, Hassan Diab. Mardi 4 août, vers 18h, une explosion d’un stock de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées "sans mesures de précaution" dans l’entrepôt du port, a dévasté Beyrouth. Le bilan fait, pour l’instant, état d’une centaine de personnes tuées et de plusieurs milliers de blessés. 0.PNGLes dommages matériels sont estimés à plus de 3 milliards de dollars. Alors que le pays est en proie à une crise économique sans précédent et que la pandémie de coronavirus continue à sévir, le président libanais, Michel Aoun, a annoncé débloquer quelques 100 milliards de livres libanaises de financement d’urgence. Le Liban peut-il s'en relever ? Doit-il attendre l’aide de la communauté internationale ?"

La réponse est dans la question et un autre billet citoyen le demande mais c'est à la base au niveau confessionnalisme politique qu'il faut creuser des solutions....

Allusion,

...

(*) 0.PNGQuand l'islam va mal, la voix de la raison peine à se faire entendre. La pression des intégristes rend aujourd'hui inaudibles les modérés. Dans un récit court, Malek Chebel interroge le passé musulman et passe en revue les grandes crises de l'histoire musulmane. Un livre pour comprendre les défis de l'islam aujourd'hui et mieux connaître la pensée intégriste.

Quand l'Islam va mal, la voix de la Raison peine à se faire entendre. De nos jours, la pression des intégristes rend souvent inaudible celle des modérés. Dans un récit court, Malek Chebel passe en revue les grandes crises de l'histoire musulmane. Si certaines époques ont été fastes pour l'Islam - on pense à la dynastie abbasside à Bagdad, l'Espagne musulmane avec Grenade et Cordoue, ou encore l'Egypte des Fatimides - d'autres lui ont été fatales. Des combats fratricides opposaient déjà les tenants d'une orthodoxie réactionnaire (théologiens, mystiques) aux défenseurs de la raison à l'instar d'Averroès, Farabi, Ibn Khaldun.

Depuis le prophète Mohammed et les premiers libres-penseurs - les Mu'tazilites aux VIIe et VIIIe siècles - jusqu'aux réformistes actuels tentés par la modernité contre un intégrisme obtus et souvent violent, Malek Chebel interroge en filigrane le message du Coran".

 

6/8/2020: Louma Salomé se rappelle de Beyrouth podcast

10/8/2020: Le Liban otage du Moyen-Orientpodcastpodcast

25/8/2020: Entre Israël et les pays arabes déboucherait-elle
sur une paix durable?
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27/8/2020: La libanaise Joumana Hassad dans le chaos à Beyrouth dans un Liban exsanguepodcast.

1/9/2020: La France peut-elle sauver le Liban? Le 1er septembre 1920, il y a 100 ans, le gouverneur français Henri Gouraud, à la demande des Maronites, proclame à Beyrouth l'État du Grand Liban et fixe ses frontières.podcastpodcast

Commentaires

Explosions à Beyrouth: Charles Michel au Liban samedi
L’UE a également activé son système de cartographie par satellite Copernicus pour aider les autorités libanaises à évaluer l’étendue des dégâts.
Il transmettra « la solidarité européenne avec les habitants du Liban ». L’Europe est « choquée et attristée », et se tient prête à fournir l’aide nécessaire, ajoute le Belge.
Plusieurs rencontres au programme
Il rencontrera à Beyrouth le président Michel Aoun, ainsi que Nabih Berri, le président de la Chambre des députés, et le président du conseil des ministres Hassan Diab.
Le président français Emmanuel Macron a déjà fait le déplacement à Beyrouth jeudi, jour où la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’est entretenue par téléphone avec Hassan Diab. Les Etats membres de l’UE se sont rapidement mobilisés, sous coordination de la Commission européenne, pour apporter de l’aide sur place, notamment pour des opérations immédiates de recherche et de sauvetage dans la ville dévastée.
L’UE a également activé son système de cartographie par satellite Copernicus pour aider les autorités libanaises à évaluer l’étendue des dégâts.

https://www.lesoir.be/317726/article/2020-08-07/explosions-beyrouth-charles-michel-au-liban-samedi

Écrit par : Allusion | 07/08/2020

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Le Liban, otage du Moyen-Orient

Après les explosions dévastatrices survenues à Beyrouth le 4 août 2020, ARTE diffuse une version actualisée du documentaire "Le Liban, otage du Moyen-Orient". Le Liban s'enfonce encore davantage dans la crise économique et politique. Le Hezbollah y est devenu depuis quelques décennies un acteur politique incontournable. Dans ce pays où l’équilibre et la paix entre les différentes communautés religieuses relèvent d’une alchimie complexe et incertaine depuis la fin de la guerre civile en 1990, le "Parti de Dieu" chiite, en grande partie financé par Téhéran, menace la stabilité nationale et régionale. Doté d’une milice plus puissante encore que l’armée libanaise, il pèse de plus en plus lourd dans les urnes. Grâce au jeu des alliances, le Hezbollah est devenu la première force politique du pays et dispose désormais de ministres au sein du gouvernement. Les ex-Premier ministres Hassan Diab et Saad Hariri, sunnites, ont donc dû composer avec les velléités du chiite Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, qui s'est révélé être un partenaire gênant. Quand il ne menace pas dans ses discours le voisin israélien, lequel reproche au Hezbollah d’agir pour le compte de l’Iran, il s’en prend aux puissants États-Unis, dont le président Donald Trump n’a de cesse d’intimider le gouvernement de Téhéran. Les tensions internationales croissantes font pointer le risque d’une escalade militaire entre Israël et le Hezbollah, dont l’arsenal de défense continue de se renforcer.

"État dans l’État"
Cette enquête documentée analyse la situation géopolitique explosive du Moyen-Orient, et notamment l’habile montée en puissance du Hezbollah, un "État dans l’État" capable de paralyser les institutions étatiques. Face à l’ascension hégémonique du mouvement chiite, l’opposition s’organise. Menée par des forces issues de la société civile, elle aspire à imposer par des voies démocratiques une alternative aux conflits interreligieux qui gangrènent la région.

https://www.arte.tv/fr/videos/083304-000-A/le-liban-otage-du-moyen-orient/

Écrit par : Allusion | 11/08/2020

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