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27/10/2007

Séquoia sait quoi y a

Ce n’est qu’un arbre qui aura mes réflexions aujourd’hui. Un arbre, oui, mais quel arbre?  Il impressionne à qui veut s’en rappeler par sa grandeur et sa longévité : le séquoia. Qu’a-t-il pu voir pendant sa longue existence ? Il en aurait des histoires à raconter.

nature,ecologieQue d’histoires ont défilé devant son tronc et ses branches ! Petites et grandes histoires d’un espace temps millénaire.

« Conifères de l’ancienne famille des Taxodiacées englobée dans les Cupressacées et au genre Sequoia » nous renseigne Wikipedia. Cette fois, je me polariserai sur le Séquoia géant (Sequoiadendron giganteum). Wellingtonia, surnommé. Mais, rendons à César, pardon aux indiens, ce qui appartient aux indiens : son nom vient du chef indien See-Quauah ou Sequoyah, inventeur de l’alphabet cherokee (1770-1843).


Dépassant parfois les cent mètres de haut et 25 mètres de circonférence, ce n’est pas sur son aspect physique que je vais rêvasser au cours de cette promenade jogging sous la brume. Quaternaire, il est déjà présent sur terre depuis 200 millions d'années.

Son témoignage m’intéresserait. Impassible, il contemple de toute sa hauteur la vie de ses contemporains de multiples époques. Pour lui, les vies des hommes se succèdent à son chevet à la vitesse, toutes échelles confondues, de l’accéléré.nature,ecologie

Près de chez moi, il existe le parc du château de la Hulpe qui a le bonheur de rassembler des spécimens de haute et belle allure. Ce ne sont pas les plus grands ni les plus anciens, bien sûr. Ceux-là sont ailleurs sur leur lieu d'origine en  Califormie.

Derrière leur carapace spongieuse, ils ne craignent rien. Invulnérables contre le temps.


Vu la largeur de ses racines et l’épaisseur de son tronc, le vent ne peut les ébranler. Le feu, ils adorent. Ce dernier est son allier. Il en rajeunit. Par lui, il élimine, dirait une pub célèbre.

L’homme qui ne comprend pas tout de suite, voulait dans le passé circonscrire les incendies pour les protéger. Par cette initiative, il domptait une fois de plus la nature à sa propre perception. Sans s’en rendre compte, il appauvrissait du même coup l’existence de ce « sénateur ». En effet, l’épaisseur de leur manteau spongieux de l’écorce les met à l’abri de toutes blessures profondes tout en éliminant les branchages trop vétustes.

nature,ecologieEn 1993, j’ai eu la chance de visiter le Sequoia Park en Californie. Là bas, on passe allègrement au milieu du tronc d'un des arbres avec une charrette. Fier comme Artaban, il ne se préoccupe pas de servir de pont du sentier. Le "General Sherman" avec 84 m de haut, 31,27 m de circonférence, diamètre au sol de 11 m et 1487 m3 de tronc, fait office de patriarche. Son âge est estimé à 2200 ans. Toujours bien droit, le séquoia a tendance après une seule vie d'homme a prendre de l'embonpoint à sa base. Son exploitation forestière s'est heureusement arrêtée en 1890 par Hale Tharp dans un esprit écologique en désignant le parc comme naturel et protégé.

Il compte les anniversaires des saisons en se foutant de ceux de l’homme. Quand on vieillit à ce point, il vaut mieux ne plus compter. Cela donnerait le vertige.

Mille ans, pour certains arbres, une demi-vie, cinquante générations pour l’homme qui perpétue vaille que vaille son espèce au gré de ses fantaisies. Il faut compter sept fois plus pour son animal préféré qui l’accompagne fidèlement au bout de sa laisse.

Echelles de temps désynchronisées. Pas de demi-mesure chez lui, on est là pour longtemps. Et on vit apparemment très bien. On grimpe imperceptiblement. Sans soucis, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes, comme dirait Brassens.

- "Je ne perds pas mes cheveux vert, moi, au moins", pourrait-on entendre dans son "langage d'arbre".

Si vous en avez un près de chez vous, tentez de lui imprimer vos sentiments vindicatifs, méthode « putching ball ».

Frappez, frappez fort, encore plus. Vous comprendrez que la fatigue vous renverra à vos chères études et moi ou à l’écriture de cet article. Totalement spongieux, il rebondit.

Dans celui de « Forêt de Soignes, forêt soignée », j’avais déjà évoqué et survolé les étapes du temps sur la forêt. Question âge, le séquoia géant dépasse tous ses compagnons de solitude.

Chez les feuillus, il n’est pas le seul dans le monde, mais en général, les autres « Mathusalem » sont plus endémiques. Le dragonnier des Canaries (Tenerife), monument national, a besoin de certains renforts dans sa structure pour continuer à vivre avec force. Les oliviers sont aussi avancés en sénilité mais ne vivent que dans les régions ensoleillées. Le baobab, son challenger, question grosseur, est loin d'avoir sa taille.

En y réfléchissant, le séquoia que j'ai devant moi, a peut-être le même âge que ma ville, Bruxelles.

nature,ecologie

C’est dire qu’il a subit de la haut quelques bouleversements sur le parcourt de différents concitoyens d'âges multiples. Stoïque, il résiste comme toujours, par habitude. Il a continué à se protéger à l’abri sous une mousse bienveillante. Que devrait-il se dire en nous voyant défiler, nous, ces minuscules êtres qui sapent sa vieille terre? Que cela commence à bien faire, peut-être?

- "Passe ton chemin, humain. Je suis conifère et toi, je t'observe depuis longtemps faire des conneries", soufflerait-il, interprété par le vent.

Près du château de la Hulpe, entretemps, un mariage a lieu chez les humains sous la haute protection bienveillante de l'un d'entre eux.

En revenant, dans ma voiture, coïncidence, voilà que j’entends, dans un rythme entraînant, une chanson de l’humain qui s'imagine en millier d’années « En l’année 2005 de notre ère ».


Ensuite, la chanson continue...3005, 4005… 9005. Mais, seront-nous encore là, osait conclure la chanson?

« Ave Sequoiadendron giganteum, morituri te salutant. »

 

L'enfoiré,

 

Un lien super sur le sujet

Les Photos des arbres, c'est ici

 

Citations :

  • « Ce que vous appelez la couche végétale de ce globe, c'est mille et mille linceuls superposés l'un sur l'autre par les générations. », Claude Tillier

  • « Nous sommes des aveugles-nés en face de l'insondable inconnu qui nous enveloppe ; mille et mille questions surgissent sans réponse possible. », Jean Henri Fabre

  • « Le silence est comme l'ébauche de mille métamorphoses. », Yves Bonnefoy

Commentaires

Ben oui il est beau ton séquoia!
Et oui il doit en avoir marre des "Dieu-sait-quoi" de l'histoire qui s'est déroulée devant lui depuis des décennies...! Il en a épongé des sottises de l'humanité...Il était déjà là que nous n'étions RIEN ou PEU DE CHOSE avec PAS GRAND CHOSE... Nos moyens ont évolué, la technologie, la pollution, le monde, etc... mais à la différence de nous et de toute notre technologie, lui va perdurer encore...un certain temps, peut être ! A moins que la folie de l'humanité évolue encore un peu, un tout petit peu et il n'y aura même plus de séquoia pour en éponger les quelques larmes finales de l'humanité, versées à jamais à ses pieds !

ET oui mon cher Guy, pour certain, le monde ne suffit plus...

Écrit par : Miss Canthus | 30/10/2007

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Bonjour Miss,

On passe souvent à côté des choses de la nature et on ne se retourne même pas sur elles.

Elles sont là, parce que c'est comme ça. Point.
Et pourtant, il faut s'arrêté et tâter, prendre son temps pour se demander "Et s'ils n'existaient pas?"

Je t'ai laissé de la matière à réflexion sur ton site. Je n'y suis pas retourné. Peut-être n'as-tu trouver le goût habituel?

Ah, oui, cette "habitude" résoud tellement de problèmes.

Merci pour ta visite ici bas.

Écrit par : L'enfoiré | 30/10/2007

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Je recommande la lecture fascinante d'un autre homme qui a parlé de son arbre

"L'arbre, une vie" du scientifique David Suzuki

http://www.radio-canada.ca/radio/emissions/document.asp?docnumero=14103&numero=26

Écrit par : mots... | 28/11/2007

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merci pour l'info

Écrit par : L'enfoiré | 28/11/2007

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