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14/07/2018

Orta, un lac mineur du Nord de l'Italie

1.JPG"Symphonie en lacs mineurs comme Orta, Iseo et Mergozzo", titrait le dossier GEO de mai.

Villages authentiques sur des îles où le temps semble s'être arrêté.

"Ces petits joyaux préalpins méritent autant le détour que les grands lacs Majeurs, de Garde ou de Côme".

J'étais passé par là et des billets ont suivi en 2010, 2012, 2013 et 2016 pour en parler...

Je n'en reparlerai pas ou alors d'une autre manière...

Cette année, retour au lac Majeur dévié sur celui de Orta.


Dans le sud du lac Majeur, les îles Borromées

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Dans le Nord, le canton du Tessin surnommé "Côte d'Azur suisse",

occupe une partie du lac Majeur, du lac de Côme et du lac de Lugano...

Hermann Hesse l'a fréquenté en  admirateur de la nature.

GEO de mai parlait des lacs mineurs dont le lac d'Orta

0.JPGLe lac d'Orta

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Orta, un site romantique

orta3.JPGOrta, un des plus petits lacs lombards et des plus gracieux avec ses rives boisées sa minuscule île San Giulio et son Mont sacré avec ses chapelles baroques dans les bois, classées au Patrimoine de l'UNESCO. 

Le Monde écrit : "Comment ne pas s'émerveiller devant ce petit bijou de verdure encaissé dans les montagnes du Piémont dont les pentes boisées viennent se refléter dans les eaux bleues du lac d'Orta ?

Nietzsche et Lou Andréas-Salomé n'ont-ils pas affirmé avoir perdu la notion du temps alors qu'ils se promenaient une après-midi dans les jardins du Mont Sacré qui surplombent la petite ville d'Orta-San Giulio ?
Avec ses façades ocre et pastel, ses balcons fleuris, ses ruelles étroites, ses terrasses de café où il fait bon musarder, ses pontons de bois qui s'avancent sur les eaux paisibles du lac, il y règne cette atmosphère délicieusement surannée si caractéristique des villes d'eau, quelques merveilles artistiques un charme fou que l'on n'est pas prêt d'oublier.
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A 400 mètres des rives, se trouve la ­petite île de San Giulio où, selon la légende, saint Jules aurait abordé grâce à son manteau jeté sur l'eau pour débarrasser les lieux des innombrables serpents et dragons qui l'infestaient au IVe siècle. Une basilique romane y abrite un exemplaire d'ambon du XIIe siècle en roche serpentine qui a la particularité de prendre des allures de bronze au contact de l'air, ainsi que de très belles fresques. Vingt chapelles sur le Mont Sacré d'Orta illustrent des fresques et des statues en terre cuite grandeur nature illustrant les différents épisodes de la vie de saint François d'Assise.".

Arrivé à Orta, la Villa Crespi présentant une sorte de minaret de style mauresque abrite aujourd'hui un restaurant et un hôtel de luxe.

Un débarcadère pour aller sur l'île de San Giulio de 300m de long sur 160 de large, dominée par un basilique San Giulio ornée de symboles et de fresques, une châsse qui abrite le corps de Saint Jules.

Du sommet du Mattarone, on embrasse d'un coup d’œil, le panorama de tous les lacs de la région.

A cette altitude, le lac d'Orta parait minuscule par rapport aux autres lacs. 

 

 

Orta, une histoire romanesque

À l'origine, la région du Cusio était probablement habitée par peu de Ligures comme stations militaires. Elle passa successivement sous influence celtique, gauloise et romaine que les invasions barbares n'ont laissé que très peu de souvenirs. Le distique évêque-poète de Pavie, Ennodio, a laissé les plus anciennes sources littéraires concernant l'île de St. Jules, dans lequel il vantait un château inexpugnable. Un rapport étroit existe avec la légende des deux saints missionnaires grecs, Jules et Julien, qui d'après la tradition, évangélisèrent la région vers la fin du IVe siècle.

Dans "Histoire des Lombards", Paolo Diacono raconte le complot de Mimulf, duc de l'île de St. Jules qui trahit son roi Agilulf en se "vendant" aux Francs de Childéric, leur permettant ainsi de franchir le Simplon avec l'intention de renverser son roi. Duc félon, il fut condamné par Agilulf à avoir la tête tranchée.
La Riviera di San Giulio dans le Cusio fait partie intégrante de l'empire carolingien comme siège d'un duché lombard avant que celui-ci se désagrège au IXe siècle avec la naissance de luttes perpétuelles de grands seigneurs féodaux italiens ou étrangers entre eux convoitant la couronne de fer, symbole du pouvoir lombard.

Les évêques profitèrent alors de ce désordre pour acquérir de la puissance en comblant le vide du pouvoir vacant, pour renforcer leur autorité temporelle. Ils obtinrent immunité, privilèges et donations.

Entré en conflit contre Otton I pour le trône d'Italie, Béranger II se réfugia sur l'île devenue forteresse pendant un siège de deux mois qui vaincu s'est retranché dans sa forteresse de San Leo dans le duché de Spoleto alors que son épouse Willa débarqua à l'île St. Jules en emportant les trésors du Palais Royal de Pavie pour renforcer ses fortifications.

Les actions du religieux et réformateur liturgique piémontais, Guillaume de Volpiano né sur l'île, convertit de très nombreux monastères à Fécamp, à Jumièges, à Bernay, à Troarn en France ou à l'abbaye Hailes à Winchcombe et à Gloucester en Angleterre en asiles de sainteté et de savoir.

Par un diplôme daté du 29 juillet 962, Otton fit don aux chanoines de St. Jules de deux domaines à Agrate et à Barazzola, comprenant plusieurs fermes, moulins, valets et droits. Déjà en l'an 800, comme puissantes institutions ecclésiastiques, ils possédaient alors un poids économique important grâce aux nombreuses donations reçues. Ils voyaient d'un bon œil de réunir autour d'un prévôt un groupe formé de prêtres qui officiaient dans la basilique pour vénérer le corps de St. Jules et veiller sur l'âme de tous les fidèles de la Riviera di San Giulio.

Celle-ci jouit dès lors d'une discrète autonomie avec ses us et coutumes.
2.JPGAprès avoir dû affronter certaines rivalités avec les seigneurs de Biandrate et de Castello, l'évêque de Novara obtint la juridiction sur la Terre de St. Jules, réussit à se faire octroyer certains droits civils par les empereurs de Saxe et de Franconie et à posséder de nombreuses terres bien que n'étant à la tête d'aucune juridiction temporelle sur le territoire.

En commandant militaire et juge de première instance, il rendit la justice en réunissant le pouvoir législatif et judiciaire avec l'administration confiée à un châtelain laïc ou membre du clergé, même sous le poids de la présence des Visconti, des Sforza, des Espagnols, des Autrichiens.

En tant que seigneur féodal, il réunit ainsi la mission pastorale originelle à un réel pouvoir de juridiction tout en faisant éclore un climat culturel de haut niveau.

Le souffle de la Révolution française ébranla un grand nombre de ces certitudes.

En 1798 , Charles Emmanuel IV abdiqua et se retira en Sardaigne.

Les Français et les Autrichiens occupèrent les terres du Cusio.

En 1805, sous Napoléon, la sous-préfecture d'Arona engloba Orta et Omegna.

Après la chute de Napoléon, les ministres du roi Victor Emmanuel I s'empressèrent de profiter de la vacuité du siège épiscopal de Novara et des idées libérales triomphantes, pour proposer l'abolition de ce qu'il restait du fief des évêques sur la Riviera.

En 1817, la Maison de Savoie après le Congrès de Vienne mit fin à l'autonomie ecclésiastique après sept siècles de domination temporelle et spirituelle des évêques sur la Riviera d'Orta. Les habitants durent ainsi abandonner à regret le gouvernement modéré des évêques de Novara.".9.JPG

Cette histoire reflète un peu la grandeur de Orta qui par la religion avait pris une place pré-pondérale pendant le Moyen-âge et une certaine décadence dans l'apaisement que la région connait actuellement, orchestrée seulement par une vision touristique.

Le futur, lui, avec l'avenir, c'est toujours une question d'existence philosophique entre destin et hasard.

 

L'actualité, c'est la fête nationale française

et le foot comme accent circonflexe ou d'interrogation

avec la petite finale belge Angleterre-Belgique

avant le lendemain, la finale Croatie-France...

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La semaine prochaine, on en reparle de manière romanesque de Orta...

 

Eriofne,

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