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29/12/2006

Virez-moi car j’ai péché

Avec la pénurie d’emplois que nous connaissons, trouver, une fois au chômage, une nouvelle place malgré les nombreuses connaissances dont on se targue à juste titre ou non, se révèle pour le moins une entreprise de longue haleine semée de désillusions et d’occasions manquées.

medium_Virez-moi_car_j_ai_peche_01.jpgOn se dit que, dans le haut de la hiérarchie, l’entreprise devient insurmontable tellement les places sont chères.

Et bien, oui, elles sont payées très cher et, non, cela ne semble pas hors d’atteinte pour nos «top managers».

L’éviction de leur poste à responsabilités s’est faite avec tous les égards dus à leur rang et à leur indéniable compétence. On a d’ailleurs trop misé sur eux pour oser dire le contraire.


De véritables ‘ponts d’or’ leur sont généreusement alloués comme dédit. Des bas de laine qui leur assureront des jours paisibles pour plus d’une vie entière comme celle du commun des mortels. Ces sommes-là sont vraiment sans commune mesure avec ce que l’on aurait octroyé avec beaucoup de difficultés dans les mêmes circonstances aux salariés de plus bas niveau.

Les responsabilités se paient-elles à leur juste valeur? , se posait la question un de nos rédacteurs d'Agoravox.

Est-ce qu'il faut en arriver à des extrémités aussi chères? Beaucoup de postes de grandes responsabilités humaines n'ont pas la chance d'atteindre les niveaux dont on parle. En moyenne, un PDG se gratifie d'un salaire 260 fois plus important qu'un salarié moyen. Une loi de 2001 en France oblige les sociétés cotées en Bourse à dévoiler les revenius de leurs dirigeants. Revenus de toutes origines et ce jusqu'à l'avion privé avec chauffeur ou non. D'après un sondage, 49% des investisseurs belges pensent que cet étalage soit important, pourtant, 41%, avec plus de jeunes de moins de 35 ans, estiment au contraire qu'ils n'y voient aucun intérêt.

Voilà plusieurs mois déjà, Georges Bush imposa la direction de la Banque Mondiale à Paul Wolfowitz, ancien secrétaire adjoint à la défense, artisan de la guerre en Irak, chef de file des néo conservateurs américains et principal inspirateur de l’idée de la croisade du « bien contre le mal ». Cet homme est donc chargé de la lutte contre la pauvreté et le financement des pays non développés. La Banque Mondiale et FMI ont imposé aux pays demandeurs de crédit des programmes d’austérité et de privatisations qui ont abouti à des catastrophes tant sociales qu’économiques. Comme si cela n’avait aucun impact, Paul Wolfowitz ne peut d’ailleurs se targuer d’aucune expérience dans le domaine. Le salaire, lui, semble avoir une expérience de plusieurs années ajustées sur une seule.

Ce 28 décembre 2006, on apprenait que Steve Jobs de la société Apple avait quelques stock-options, avec dates légèrement modifiées. Rappelons le but de ces "stock-options" est un moyen de fustiger les efforts du GM pour atteindre des résultats au top. Il reçoit des actions de la société avec une date précisée dans le futur. Alors, quand cette date est écrite avec de l'encre effaçable... Cela bardera en haut lieu, donc et son départ est envisagé. La Bourse accuse le coup et chute en même temps. Ah oui, il y a "job" dans son nom!

Ces stock-options deviennent parfois des "stock-fiction", quand le prix de l'action est gonflé artificiellement en cachant des pertes certaines pertes.


entrepriseLe magazine "Trends" titrait en page de garde "Les patrons du Bel20 méritent-ils leur salaire?". Sont-ils liés aux performances, se demandait-on pudiquement. Les patrons belges gagnent 20% de moins que les français. "L'écart entre le salaire minimum et maximum ne pourrait excéder 5 fois", affirmait quelqu'un des syndicats. "Mais, n'est-ce pas comparer des pommes et des poires?", osait lancer quelqu'un en ne précisant pas le camp de chacun. Bill Clinton, dans les années 90, pensait réduire les émoluments des patrons. Conclusion: les "stock options" ont explosé et Enron a suivi. Après des bénéfices élevés, faut-il crier au scandale sur salaires élevés des dirigeants? Personnellement, je dirais que cela ne m'émeut pas. Les résultats de l'entreprise en concordance avec les promesses ne peuvent qu'apporter une récompense en rapport et un concours dans la sécurité d'emploi pour tous les suiveurs. De toute manière, il est impossible de payer un chef d'entreprise chez nous moins que ce qu'il pourrait gagner à l'étranger. L'indécence n'est pas celle d'être riche quand d'autres sont pauvres, ni celle des gens en bonne santé aux côtés de ceux qui sont malades. Entre le libéralisme et le Marxisme, c'est le premier qui a été choisi. La douche froide vient plutôt du secret qui entoure les salaires pratiqués et de leurs mises à plat dans les cas extrêmes. Il n'en est d'ailleurs pas de même aux Etats-Unis où l'étalage des fortunes est loin de faire partie des secrets d'Etat. La fameuse citation de Mc Kinsey "If you throw peanuts, you get monkeys" reste valable.

entrepriseDieu sait si la responsabilité du top management d’une société est grande pour le futur de celle qui l’emploie. Ses décisions, sa politique engagent la société et tous les travailleurs qui la composent dans le même bateau de la réussite ou de l’échec. Les dégâts de leurs actions loupées n’ont pas seulement comme suite des pertes énormes d’argent, des faillites magistrales et des pertes d’emplois à la pelle. Bien sûr, ils ont droit à l’échec comme tout un chacun. Un mauvais jugement ou un calcul du risque mal ficelé peut aboutir à une extrémité malheureuse ou catastrophique mais alors aller jusqu’à les rétribuer généreusement par la suite! Si un pilote d'avion fait des erreurs entraînant un crash, ses passagers y passeront, lui en fera de même.

Souvent, à peine viré et avoir reçu toutes les réprimandes d’usage, le revoilà repositionné et proposé à de nouvelles fonctions encore plus gratifiantes. Là, réside ma critique majeure. S'il s'agit du contrat à l'embauche qui en est la faute, il faudrait simplement l'amender pour éviter des excès. Certains projets de loi vont dans ce sens. Les indemnités de licenciement des patrons ne pourraient plus dépasser le salaire annuel. L'accueil politique du projet était plutôt glacial. A débattre, peut-être, mais pas de loi.

Attention, encore une fois, je ne conteste absolument pas nécessairement les sommes extravagantes attribuées aux sommets. Ces têtes pensantes" ne dorment pas toujours sur leurs deux oreilles et la valeur des actions des entreprises ont ont été multipliée par 6 en 25 ans. Ce qui n'est pas normal, à "mes petites yeux", c'est de constater qu'une personne qui entre en charge d'une fonction de haut niveau pendant un temps en définitive assez court sort de la course et se voit gratifié d'émoluments hors norme pour recommencer peut-être plus tard. Le carriériste, lui, n'aura qu'une chance de lot de consolation.

Plus interpelant encore de savoir que des patrons de groupes américains de la défense, du domaine pétrolier ont vu leur rémunération doubler depuis le 11 septembre 2001 faisant du même coup grimper le coéfficient de relation avec un salarié. (Reuter).

medium_Virez-moi_car_j_ai_peche.jpegDepuis 1999, des exemples se retrouvent chez les grands noms de nos industries, de la distribution, du service et d’ailleurs pour ne citer que les estimations en millions euros des dédits de leur patron Jean-Marie Messier chez "Vivendi" (60 millions) qui a déjà retrouvé son rythme de croisière dans ses interviews à la presse, Frans Rombouts à "La Poste" (2,5 millions), Daniel Bernard chez "Carrefour" (29 millions), Philippe Jaffré chez Elf (30 millions). Plus tard, ces dédits sont revus ou annulés.
Pierre Bilger renonce à son dédit "Alstom"
 (5), Jurgen Schrempp de "Daimler Chrisler" sans dédit (0). Jorma Ollila ex-patron "Nokia" (0) retrouve une place chez Royal Dutch. Récemment encore, le PDG de la Banque d’Italie s’est vu forcé de quitter son siège et perdre ainsi des émoluments généreux. Encore plus récemment, le journal "La Libre Belgique" du 12 avril, titrait "Le patron de Belgacom ne risque pas de se retrouver sur la paille", en effet, Didier Bellens aurait droit à 5,1 millions d'euros. En 2005, chez le brasseur belgo-brésilien Groupe InBev le départ de 3 top managers a coûté 31 millions d'euros, le CEO, John Brock, Stuart Gilliland, directeur Europe et Patrice Thys, directeur Asie-Pacifique, dans le même temps, 500 emplois en Europe sont sur la sellette et le patron Brésilien impose d'économiser sur les photocopies. Je ne suis pas sûr que ce soit pour une raison écologique !... Antoine Zacharias, PDG de "Vinci" (BTP) a été contraint de démissionner poussé vers la sortie par le conseil d'administration à cause de son "Scandaleusement riche" salaire de 4,5 millions d'euros, une prime de départ de 13 millions, une retraite de 2,2 millions et des "stock option-fiction" estimées à plus de 170 millions. Noel Forgeard de "EADS" s'est senti très instable après le retard des A380 qui a fait chuter de 5,5 milliards d'euros la valeur de la société. A Amsterdam, en 2006, Getronics avait des résultats financiers en chute libre, son patron Klaas Wagenaar reçoit un bonus 3 fois supérieur. Encouragements? 

La liste n’est pas close et les parachutes dorés sont là parce que "Je le vaux bien", expliciterait la pub.

"Si les rémunérations sont perçues comme injustes, la confiance dans le système capitaliste pourrait en souffrir", disait l'Echo du 5 septembre 2006.

entreprise

Mais, dans ces hautes sphères, ce monde-là reconnaît ses "membres". On se serre les coudes. On se protège.

Les "chasseurs de têtes" sont par ailleurs très heureux de recaser ce genre de personnalité que constitue l’élite des ‘top managers’.

Au bas de l'échelle, ces mêmes chasseurs de têtes proposeront par contre un "judicieux"  nivellement vers le bas au candidat au travail.

Bolkestein, ça vous en a dit des choses! Sa fameuse directive de la Commission Européenne, contestée à son origine, recontestée après amendement et qui voulait libérer les services à outrance, oubliant la concurrence importée par les travailleurs, en provenance de pays européens moins bien lotis en avantages sociaux et financiers et qui apportaient leurs règles dans leurs bagages. Cet ancien ministre hollandais de la défense, pensionné, mais toujours membre et président de beaucoup d'organismes, donc rémunéré très probablement avec émoluments qui portent un autre nom, n'accepte plus depuis bien longtemps les interviews de journalistes non rentables, mais organise des conférences bien payantes un peu partout.

La politique n’a pas ses laissés-pour-compte non plus. Gérard Schröder, ex-chancelier allemand, mis à l’écart relativement récemment, s'est inscrit sur la liste des "bienheureux" en devenant collaborateur de l’agence Harry Walker de New York qui a déjà un catalogue de célébrités tel que Bill Clinton et le chanteur Bono. L’ex-chancelier va très probablement vite regretter de ne pas avoir eu les dernières élections plus tôt quand on sait que les rémunérations peuvent de ce côté monter à plus de 200.000 euros par discours. Le Nouvel Obs de fin novembre 2006 en parlant de lui se posait la question de savoir s'il restait de la vie après la mort politique de septembre 2005? Il est resté zen, dit-on en réponse. Pragmatique de surcroit. Il est actuellement président de la Nord-European Gas Pipeline (filiale de Gazprom) et en plus, on va tout savoir, il a écrit ses mémoires, ce Camarade Chancelier.

Pas de limite d’âge pour exercer leur management. A ce niveau, la pension se prend quand l’intéressé le veut bien et si les actionnaires les trouvent "sympathiques" pour leur portefeuille. Quitter officiellement son poste pour limite d’âge ne signifie pas du tout abandonner les conseils d’administration.

La pratique de la Haute Finance éviterait-elle la sénilité ? Certains top managers sont appelés délibérément et en parfaite connaissance de cause par l’actionnariat pour redresser une société par tous les moyens avouables ou non. Une restructuration drastique des effectifs est dans ce cas en premier choix du menu de ses initiatives. Si malgré tout, la manœuvre n’aboutit pas, la recherche d’un acquéreur éventuel est sa deuxième opportunité par l’OPA (Offre Public d’Achat), amicale si possible. Une société aux abois est souvent plus abordable financièrement et des spécialistes du rachat sont à l’affût pour réaliser ce genre d’opération.

entrepriseCe top management en arrive à penser qu’il est presque de son intérêt financier à se retrouver dans une situation failli puisque ça paie à chaque tour de moulin. Et si ça ne marche pas assez vite, pourquoi pas un petit livre de mémoires bien orchestré. Passer le temps n’est pas nécessairement une occupation synonyme de "non rentable", non? Demandez à l'ancien président Clinton. Il ne contredira certainement pas: son livre "Ma vie", traduit en de nombreuses langues, a rapporté à son auteur plus d'un million de dollars. Si malgré les "efforts", cela ne marche pas, il restera encore la possibilité d'utiliser son "nom" pour la promotion d'un parfum ou d'un vignoble. Il faut seulement se documenter sur la question. Cela n'est pas du temps perdu.

La notoriété du "viré" ou du "bien en place" se reconnaît et surtout se monnaie.

L'éthique et tics, vous vous souvenez?

Et puis, nous sommes toujours en période de fête. Allais-je terminer sur une note aussi négative?

Ce serait mal me connaître. Je vous aime bien, GM et CEO de tout poil.

Il y a tout de même de généreux donnateurs chez vous. Les fondations existent.

Certains n'hésite pas à changer de cap pour devenir de bons Samaritains.

 

« Chez ces gens-là, Monsieur...» (J. Brel), tout est possible...



L’enfoiré,

 

Ps: il va sans dire que les chiffres et les noms ne sortent que de la presse officielle.

Sur Agoravox, même titre

 

Citations: 

  • "Les grands patrons ne sont jamais trop payés. La limite, c’est l’acceptabilité sociale", Claude Bébéar
  • "Manager seulement pour le profit revient à jouer tennis en regardant le tableau des résultats plutôt que la balle", Ivan Lendl

 

Mise à jour 13-2-2007: Bush monte au créneau en voyant "descendre" les parachute de "platine" de 200 millions de dollars pour le patron de Pfizer, 210 pour le PDG de Home Depot, 325 pour pour le départ du chef d'ExxonMobil. Aux Etats-Unis, le haut du pavé recevrait 38 X plus de samaire que les manipulateurs de ces mêmes pavés dans l'industrie. 

Mise à jour 20-4-2007: les élections françaises aidant, le cas Noël Forgeas d'EADS viré avec 8,2 millions d'euros émeut les politiques. On tire à boulet rouge.

Mise à jour 4-10-2007EADS et les délits d'initiés, cela fait trembler les bases privées et publiques. 

20081028Parachute doré.jpgMise à jour 28-10-2008: Avec la crise, les parachutes dorés donnent des idées à la Fédération des Entreprises de Belgique. Vive tension sur les préavis. 

 

Mise à jour 4 mai 2012affaire discutée en radio

 

Commentaires

De briques et de Brock chez Inbev:

http://www.lesoir.be/actualite/economie/brasserie-les-indemnites-de-2007-12-27-568481.shtml

A qui le tour...?

Écrit par : L'enfoiré | 27/12/2007

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