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09/11/2007

Gaspi a l'ouvrage

Nous sommes à l'ère de la consommation, c'est incontestable. Cela dérape, nous apprend on. Alors, on accuse le consommateur de tous les maux. Oui, il est très probablement responsable. Le producteur, lui, ne l'est pas moins.

ecologieLa débauche de biens de consommations a des échos alarmistes et nous demande en catastrophe de changer nos habitudes avec une menace de disparaître à la clé.

Plus vite dit que fait après coup. Changer les habitudes demande d'avoir des alternatives si pas équivalentes, au moins acceptables et surtout disponibles. A l'amont des problèmes générés pas notre consommation, il y a les producteurs. Le manque de proactivité et bien souvent des profits propres et immédiats ont fait le reste. Le consommateur suit en général grégaire et bien obéissant. A-t-il bien le choix de sortir de cet engrenage?


"La séduction n'est qu'un jeu" a tenté déjà de faire remonter la mayonnaise dans l'oeuf comme première source de tous nos maux d'aujourd'hui. En aval, on aime les sirènes. Une pub récente pour une marque de voiture, sentant le souci actuel et le danger pour elle, lance même "Laissez-vous posséder".

Faire partie des gens de biens et consommer. Faire croire aussi que les consommateurs sont en manque perpétuel. Infantilisés, avec notre consentement, par la publicité qui pousse à l'addictivité. On le vaut bien, d'être "drogué" de produits de consommation. Cette vision très "protectrice", à l'insu de notre plein gré, a poussé les population dans un sommeil profond. Il a pris place dans son confort.

ecologieLe consommateur des produits n'a reçu qu'une posologie pour les utiliser mais sans les effets secondaires. La belle voix avec musique douce comme "consommer moins", qui l'a entendu en allant au magasin du coin? L'imaginaire des idées reçues et pas dans l'humeur bougonne prête à réfléchir aux conséquences.

Produire, oui, mais comment, pourquoi et pour combien de temps? Pas de garantie sur une période future suffisamment longue. La qualité, l'efficacité, la quantité dans le durable, non, mais vous êtes fou, c'est anti-consumériste. Seules, les baisses de prix font vendre.

  • "T'as vu mon nouveau gadget? Comment tu n'en a pas encore? Mais tu es vraiment en dessous de tout, mon copain." En petits caractères "Tu ne le seras plus longtemps si tu continues à ignorer tous ces bienfaits que notre mondialisation t'apporte à si bon prix".

A-t-on présenté et vanté un autre mode de vie jusqu'ici? Désormais, le pétrole a pris place dans nos consciences comme source d'énergie non durable. Des inventeurs avec des idées géniales ont pourtant existé. Idées géniales qui n'étaient pas, très probablement, dans les goûts des pétroliers. Donc, affaires classées.

L'Echo du 13 novembre 2007 constatait que la Belgique consommait trop (+3,4% en 2006 pour une moyenne européenne de 1,5%)  et investissait trop peu dans l'énergie (étude Cap Gemini).

Les alternatives, alors? Là, on ne se bouscule vraiment pas trop depuis que le CO2 a pris la parole.

La voiture, on l'a prend parce qu'il n'y a pas moyen de faire autrement. Le boulot, ça ne se trouve pas nécessairement au coin de sa rue, surtout quand on a dû s'évader de la ville pour cause de prix prohibitifs près de son emploi et du bruit. Se mettre au vert, on en rêve aussi un peu.

ecologieIl faut en plus accepter avec souplesse la flexibilité et la mobilité dans l'espace et dans le temps. Vous avez reçu, parfois, une voiture de société, donc, fermez là. Allez sur la route, polluer, embouchez-vous les uns, les autres. Il faut travailler plus, c'est recommandé. Pas de mode d'emploi reçu en même temps que l'emploi, lui-même, de manière rationnelle en fonction des disponibilités d'approvisionnement. Ce précieux pétrole, c'est pas votre problème pendant que vous travaillez, cela le devient seulement pendant vos "temps morts".

Les transports en commun, il faut s'y faire, ne seront jamais les "prêts à porter" de la route. Et ne le sera pas de sitôt quand tout le monde y gagne au passage.

Alors, tout nouveau, tout beau, il y a le bon, la brute et le truand avec des noms comme Hulot, Bové et Gore. Les rôles sont assignés de manière aléatoire. La sonnette d'alarme a sonné la fin de la récréation. (Quand cette récréation a eu l'heur de pointer son bout de nez avant de finir.). Panique à bord.

"Djihad versus McWorld" comme disait Benjamin Barber.

Arriver à la fin de garantie du produit acheté? Fin logique de la période d'utilisation naturellement la plus courte possible en suivant la législation au plus près. La législation a récemment doublé cette période mais pas pour tout.

ecologieCréer le besoin, s'il n'existe pas encore. Statistiquement, le "petit problème" ou l'appareil dépareillé par rapport au nouveau gadget qui empêche de fonctionner comme nous le désirons apparaîtra bien vite après cette période de paix contractée. C'est calculé ! Nous sommes même parfois les testeurs des systèmes quand le temps manque pour leur finition trop coûteuse.

Sans un goût prononcé pour le bricolage, une visite au fournisseur, c'est le découragement de poursuivre dans la voie de la réparation au vu du prix de celle-ci.

Ailleurs, sur les routes, les embouteillages et la pollutions ira de concert avec le nouvel achat. Produire, transporter et polluer, en coeur, de manière directement proportionnelle.

Mais au fait, comment cela se produit ces bouchons de malheurs dans les embouteillages? Il y a, d'abord, les camions et la même vitesse plus ou moins limitée. Le transit est à meilleurs prix et avec plus d'efficacité par cet intermédiaire, donc pas de lézard. Quelques éléphants, seulement, qui écrasent et usent, vitesse grand "V", nos routes.

Quand c'est usé, il y a aussi les chantiers. Résultats, des bandes de roulage au repos. C'est contagieux, le repos. Tous condamnés dans les files avec la jachère du potentiel de travail perdu. Les bandes de circulation déjà limitées en nombres en temps normal, sont pour un temps indéterminé même sans activité effective. Vous avez dit gâchis? Cela n'impressionne même plus. On s'insère, on se greffe, on se compresse. Pas question, d'accélérer la restitution de ces voies de circulation comme il se devrait pour une seule raison d'efficacité. Celui qui paye cet "overhead" n'est évidemment pas celui qui traite le chantier. A coup sûr, cette sclérose des artères aurait déjà tué d'une embolie son homme à son échelle propre.

Cerise sur le gâteau, avant de découvrir l'objet de vos désirs, ce nouveau gadget fraîchement (r)acheté, avez-vous compté combien de couches d'emballage? Car, ces belles petites choses demandent des habits de hautes sécurités. Le fragile, cela se dégage des camions avec la même vitesse que l'incassable. Pas de perte de temps et d'efficacité, encore une fois.

Cartonnés, plastifiés, toutes ses protections, pressés d'atteindre nos désirs, ne serviront qu'une seule fois et se retrouveront déchirés, en lambeaux sans aucune estime pour les belles images attirantes que l'on n'a pas manqué d'apposer sur la boîte. Ces emballages, pas de secret, ils vont terminer leur vie un peu plus tôt et s'empiler à l'endroit habituel.

Ah, oui, il y a la poubelle jaune, bleue ou rouge, comme il se doit. Il faut bien que le consommateur aiguille ses détritus dans la bonne case. Efficacité, je vous dis. La triangulaire producteur, consommateur et recycleur est à respecter et le prix d'achat ne comprend pas la mise à la décharge. Il s'ajoute. Le papier d'emballage dans la poubelle jaune, où va-t-il? En Chine, à Hong Kong, où il est recyclé après un voyage sur les bateaux containers pour enrichir les nouveaux patrons chinois qui ont vu le bénéfice à en tirer. (Thalassa)

Le civisme serait-il tout de même de retour? Le consommateur modèle s'empresse pour correspondre au moule écologique de séparer ses différents objets et détritus qui vont à la casse. Cela donne bonne conscience. Tout en améliorant le tri, cela ne les fait pas disparaître pour autant.

Mais, on recycle 9 emballages sur 10. Parait-il.

On est performant dans le domaine. On les revalorise même en leur donnant une autre destination au passage. On ne tarde même pas à y faire des bénéfices. Les sacs bleus n'ont heureusement (pour certains) qu'un faible pourcentage de matière non réutilisable. Là, c'est vers l'Inde. Les appareils électroniques meurent même parfois plusieurs fois. Toujours en augmentation, 18 kilos de nouveaux équipements électroniques sont ainsi acquis par Belge et par an. En 2004, 5,7 kilos allaient dans l'autre sens dans les mêmes conditions. Les greniers prennent peut-être le reste en compte.

En Belgique, les déchets ménagers représentent annuellement quelques 15.000 tonnes d'aliments entamés ou périmés. Cela représente 3 repas par jour pour 30.000 personnes par an.

La réaction contre le sur-emballage n'est pas à lésiner. Des expériences pilotes dans des familles candidates prouvent qu'il est possible de réduire les déchets de nourriture de 80%. L'économie est substantielle.

Les écologistes ont vite compris et ont réagi en tentant d'imposer une écotaxe à l'achat de nouvel équipement pour le financement les opérations de collecte par Recupel (depuis 2001) qui permettra d'effacer notre envie de changement subi ou forcé, je dirais même fomenté, par la marche en avant commune de la vie moderne. On ne peut que rester à la pointe de la technologie.

Question à la Une du 17 octobre 2007 se posait la question de savoir si ces euros de plus destinés au recyclage des appareils étaient réellement utilisés comme il se doit. L'appareil électroménager acheté au "juste" prix, doit se préparer une mise à la retraite anticipée ou non par une cotisation destinée à recycler cet appareil. Pour un frigo, par exemple, cette cotisation est de 18,40 euros en Belgique. Pour 7.00 euros pour le même frigo en Allemagne , dit en passant.

Mais que devient cet argent? Recupel, l'ASBL chargée de la récolte, a recueilli 275 millions d'euros. Et en 2006, 150 millions d'euros dormaient encore sur les comptes de Recupel! Pas question de supprimer cette taxe, mais s'assurer de l'utilisation prédéfinie s'impose. Récupérer les circuits imprimés est même rentable. Les métaux précieux qui s'y retrouvent ont un prix non négligeable. En 2006, 76.000 tonnes sont ainsi récupérés. ecologieSuperflu de payer cette taxe, de constituer cette provision de ces millions d'euros? Opacité sur les buts à atteindre et l'utilisation du magot ? La transparence n'est pas dans les préoccupations primaires disait la FEDIS.

Quand un budget ne s'arrondit pas aisément le réflex habituel d'un gouvernement est de passer à la taxe. Une pénalité de plus pour le consommateur.

L'administration des régions, pourtant, n'est pas tout à fait étrangère.

Les commerçants, eux, stockent les encombrants à leurs frais. Ils ne tardent pas trop pour les confier à des ferrailleurs dans la complète illégalité puisque le recyclage est supporté par le consommateur.

Le poids de la récupération par des ONG ("Petits riens") s'élève à 106 tonnes. L'Afrique importe une grosse part en seconde main. Le reste de nos déchets de produits à moitié consommés s'empilent dans les décharges publiques pour être incinéré. Peut-être seront-ils là-bas mieux utilisés.

Les "Restos du Cœur" et toutes les œuvres de bienfaisance recyclent aussi ce qu'elles peuvent. Cela n'empêche pas de retrouver 85.000 tonnes de nourriture et d'agro-alimentaire dépareillé dans les entrepôts de Flessingue en Hollande. L'hygiène demande ce rejet drastique une fois les produits avariés.

Les invendus pour causes diverses complètent les 400 camions poubelle par an (les revoilà !). Le coût du recyclage n'est pas souvent évalué mais il peut s'élever à quelques 90 euros par tonne. Le stockage et le manque à gagner s'élève aux environs de 1000 euros par tonne. Le travail de tri, le contrôle sont loin d'être négligeables. L'alimentation du bétail par la transformation va faire récupérer 120 euros par tonne.

La recherche du prix minimum pour le consommateur de denrée est une cause de cette débauche. Acheter un produit par 3 au lieu de l'unité pour réduire le prix unitaire dont un seul est vraiment utile, va rendre les 2 autres biens caducs. Chaque consommateur est devenu le stockiste du fournisseur. L'opposition est flagrante entre l'opulence et la nécessité. Pourtant, personne ne veut assumer de gaieté de cœur dans le voisinage, les déchetteries et les incinérateurs qui vont polluer inévitablement notre environnement. Les anciens incinérateurs restent ensuite des gouffres de nuisances à la santé publique.

Horreur, oui, nous polluions notre environnement!

Un produit a une vie et une mort. Que celle-ci soit prématurée ne fait qu'empirer le problème de notre pollution si peu compatible avec l'image mirifique du début qui avait été propagée par la publicité et par les avantages innombrables cités avec conviction par le vendeur. Tourner manège.

Les produits frais exotiques, obligent le fournisseur à les chercher dans le monde entier et aussi à les transporter (fleurs du Kenya ou d'Israël, pommes de terre cultivées en Allemagne, traitées en Italie avant de retourner à leur origine ...). Oublier très vite le coût énergétique et les camions pour leur transport avec les nuisances en sus.

Les excédents et les invendus sont la plaie de la consommation. Les faire disparaître reste malheureusement la seule solution pour garder les prix fixés au départ.

A la ferme, le petit fermier est acculé d'entrer dans le même travers. Sa production ne peut jamais être ajustée en fonction de la demande quand c'est la nature qui décide de l'offre que le fermier apportera sur le marché. L'obligation de détruire sa production excédentaire est devenue son cauchemar et elle ajoute une nouvelle couche au gaspillage des consommateurs.

Renouveler la flotte des objets par des biens durables pour constituer notre trousseau. Certains pays d'Afrique peuvent nous servir d'exemple pour la débrouillardise. Reconditionnés ou réassignés ingénieusement à de nouvelles tâches bien éloignées de celle d'origine fait réfléchir avec humilité et intérêt les pays dit riches. La conservation de son environnement viendrait seulement comme point noir dans les eaux côtières qui charrient détritus de toutes sortes.

-"Voulez-vous faire le plein de super...en eau de mer.", n'est décidément pas encore dans toutes les bouches! Wikipedia nous renseigne pourtant sur son contenu mériterait plus d'attention.

Le problème de la production d'électricité génère même par les procédés classiques du CO2. Les écologistes n'ont pas manqué d'imposer un peu prématurément l'arrêt des centrales. Les autres moyens de production de notre énergie ne sont pas prêts à combler le trou, jusqu’à preuve du contraire. La transmutation, c'est encore pour le futur. L'énergie nucléaire de fusion, énergie propre et en plus sans limite, fait partie du futur encore plus lointain même si on en parle depuis très longtemps. L'énergie du soleil, véritable centrale de fusion nucléaire, à elle seule, fourni chaque année 7000 fois ce que l'homme consomme à l'échelle mondiale. L'hydrogène, élémentaire, Mon cher Einstein !

L'électricité sous forme de captation des rayons du soleil a-t-elle été le soucis principal jusqu'ici? Les batteries, on en utilise depuis très longtemps, les accumulateurs aussi et ce n'est que récemment que l'industrie s'intéresse à ce concept pour les voitures de manière plus intensive.

ecologieLa conception des voitures, ce n'est absolument pas le consommateur qui a eu son mot à dire dans le choix du pétrole. Hors, c'est lui qui est pointé du doigt. L'automobile était "sa liberté", son moyen unique pour s'éclater sur les routes du week-end. Tromper sur la marchandise, donc. La séduction des marionnettes s'est seulement perdue dans le jeu de ceux qui tiennent les ficelles.

Le véritable choix démocratique de société a commencé souvent avec quelques manquants à la table des négociations.

Diminuer sa consommation d'énergie, en attendant, c’est allonger la période future possible de son utilisation. Pour le moment, pas encore de pénurie ni de pétrole, ni de gaz, ni d'uranium, il faut le dire, on en a pour de petites décennies mais des décennies, ce n'est pas trop pour préparer l'avenir.

ecologieL'eau fait aussi partie de la gabegie. L'eau potable est de plus en plus polluée par notre inconscience, jamais pointée du doigt. Des centaines de litres d'eau potable par jour sont consommées par les pays riches, quelques quinze litres seulement pour les autres.

Comment pouvons-nous continuer à prendre une douche, un bain ou laver sa voiture avec de l'eau potable? Pourquoi pas de circuits de livraison différents en correspondance avec la finalité? Au côté des deux robinets, un pour l'eau froide et un pour l'eau chaude, pourquoi pas un troisième pour l'eau non-potable? Ca n'a même pas été pensé quelque part.

"Agaçants jugements éthiques" titrait l'Echo en pointant la publicité qui n'en a rien cirer. La pastille miracle introduite dans la fosse sceptique ou dans le lave vaisselle et tout est dit. Lavé de tous soupçons. Ceux qui n'ont pas les moyens de se payer en "responsables", seront culpabilisés. Pas de cellules voltaïques recommandées sur son toit, c'est le blâme contre l'éthique des comportements environnementaux.      

Les problèmes sont encore une fois globaux et demande une prise de conscience responsable à tous les niveaux, producteurs et consommateurs. C'est vrai.

Cette fois, nous sommes prévenus. Donc, vive les énergies propres renouvelables et aux produits les plus durables et protégez-vous ...

"Éliminer", disait la pub, les deux doigts levés.. Isoler sa maison, bien sûr, mais pas les esprits.

Pour que le rêve ne tourne pas trop au cauchemar, il faudra seulement jouer son rôle de consommateur responsable.

Cours, cours Forest Gump, tu as encore beaucoup de distance à parcourir...


 

L'enfoiré,

 

Citations: 

  • "Consommer, c'est en réalité se consumer, c'est consumer toute flamme, tout désir violent, toute passion", Jacques Sternberg

  • "De nos jours, l'homme du monde est celui qui a assez d'argent pour faire ce que feraient tous les sots, s'ils en avaient les moyens : c'est-à-dire consommer sans produire.", Bernard Shaw

  • "L'éloignement dans le futur de la date de péremption d'un produit est inversement proportionnel à l'envie que l'on a de le consommer", Loi de Murphy

  • "Le droit de se faire plaisir, la liberté de consommer finiront par menacer de mort les sociétés les plus prometteuses",  Jacques Attali