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09/09/2007

Rêves en clair obscur

Une impression de rêve ou de réalité. Où est la frontière? 

d299875bd349284c31829b0f2ba2c966.jpgComme je l'ai dit dans "Rencontre avec une bulle de savon", je n'ai pas le rêve "souvenir". Là où d'autres peuvent narrer avec de multiples détails l'expérience d'une nuit agitée ou fantasmagorique, je reste, en ce qui me concerne, bien souvent au bout du quai en apercevant le bateau jeter l'ancre et s'éloigner pour de folles aventures nocturnes sans me rappeler ce qui s'y était dit ou fait.

Alors, il me vient une question bizarre à l'esprit :


"Ne suis-je pas somnambule? Ce qui arrive autour de moi, ce qui se déroule dans ce que je pense être le conscient, sous mes yeux ébahis, n'est-ce pas, en fait, une succession de rêves et de cauchemars éveillés suivis simplement par un sommeil réparateur ?

Ne vous êtes-vous jamais senti le besoin de vous pincer la joue pour sentir que vous êtes éveillé et, par là, vérifier votre pleine conscience?

Cela se ressent d'autant plus fort en rassemblant des moments de lucidité qui présente le meilleur mélangé au pire, que le miraculeux s'imbrique dans l'affreux. Zapper de l'un à l'autre est une affaire de seconde si l'on aime la rapidité par la télé interposée. A la vitesse cathodique ou numérisée, les événements peuvent prendre une allure plus ou moins humaine dans une alternance incontrôlée.

Les interférences de la vie n'ont rien de personnelles. Elles sont subies de plein fouet, en dehors de nous, sans crier gare, cahotantes, zigzagantes et inchangeables. Elles superposent bonheur ou malheur à nos impressions propres et très particulières.

Ces derniers temps, à en croire les gens éveillés, nous sommes plutôt du côté cauchemar. Le rêve, lui, a souvent pris quelques longs jours de vacances.

Les médias ont bien compris que pour intéresser, il ne fallait surtout pas trop se lancer dans la comédie mais, bien au contraire, se verser dans le drame est à choisir plus judicieusement. La comédie humaine est devenue la tragédie humaine. Plus rentable pour les média.  

Alors, on se le rappelle, le client devrait rester le "roi". Il s'agit de suivre ce mouvement général et au besoin, emballer les sujets les plus scabreux avec une décoration la plus de expressive possible. Accrocher le plus de sens de son auditoire. Montrer les images idylliques ne peut plus s'afficher que dans les pubs pour le Club Méditerranée et à des périodes programmées d'avance et dans un temps bien clairsemé. Le rire n'est plus la panacée pour attirer le monde.

Ce qu'on appelle les infos, doit se traduire ou se "vêtir" de catastrophes et de nombres de morts dans le parcours.

Faut-il prêter attention à ces flashs sanglants et regarder, jusqu'à plus soif, ces images qui dépassent l'entendement? Faut-il au contraire couper la télé ou la radio dès que les infos à heures régulières se présentent à nos yeux ou à nos oreilles?

Est-ce faire preuve de lâcheté ou d'égoïsme que de presser ce fameux bouton pour passer à autre chose de plus réjouissant ou d'éteindre ce flot d'infos dirigées dans le même sens? Zapper ou pas zapper, "that's the question".

Mes questions impliquent déjà les réponses.

Que changerait-on en se lamentant, les larmes aux yeux dans ce cours de cauchemars télévisuels? S'impliquer ou rester dans le métro-boulot-dodo. Attention: les réactions peuvent être contre productives. Donc, il vaut mieux s'embarquer en parfaite connaissance de cause.

Au pire, encaisser ces images impliquerait tôt ou tard une contagion locale sans contre partie positive. Vengeance et parti pris ne ferait qu'attiser les flammes.

Nos taxes vont en partie déjà faire le travail inverse en contre poids dans la solidarité, la participation et la représentation de la reconstruction de ce qui n'aurait jamais dû être détruit.

Notre impuissance vis-à-vis de ce phénomène contraire à l'instinct de conservation de l'espèce est tel qu'il ne faut y ajouter des couches supplémentaires à l'innocence.

Lors du tsunami de la Noël, beaucoup de gens se sont sentis des ailes pour aller aider les populations sinistrées. Cela a marché, mais seulement parfois, malgré cette prise de conscience et de bonne volonté. Mais, on ne se donne pas de médaille de la charité sans une parfaite analyse de sa propre manière d'être.  On ne peut se nommer acteur sans qualifications, même s'il existe la motivation.

Déléguer, n'est-ce pas aussi digne du meilleur management?

Un conseil: supprimer la station CNN des options possible de votre zappette. Ca laissera une station de plus libre pour un genre plus humain et plus utile pour les chaînes culturelles, pour la conservation de la nature ou qui montrent encore ce qui reste de cet instinct de vie pleine et heureuse qui existait chez nos ancêtres.

Etre ou ne pas être n'est plus la question de base. Savoir ce qu'on veut en faire de cette existence, me parait bien plus nécessaire.

Un rêve étonnant en place du cauchemar diffusé. On peut toujours rêver éveillé du côté clair, cette fois.

Dans le même esprit de l'article, Amélie Nothomb avait écrit son bouquin "Journal d'Hirondelle" et entonnait son credo en dichotomie du vivant. Elle se félicitait sans être dupe et sans avoir peur de son état de perte de reconnaissance avouée. Elle disait, au début: "Il n'est pas liberté plus grande que courte amnésie de l'éveil". Simple, réalité de la vie ou terreur du vivant? Et si tout cela n'existait pas?  

Cet article, je l'ai écrit sur le sable, l'année dernière. Un an déjà.

Je sentais que j'allais devoir m'évader encore une fois du sommeil du juste ou plutôt dans une séance de ressourcement.

Récupérer, "se ressourcer" n'est vraiment jamais du temps perdu.

A vous de juger.

 

L'Enfoiré, 

 

Citations : 

  • "L'humanité est comme un homme qui dort et fait un cauchemar. Ce cauchemar s'appelle l'histoire", Julien Green
  • "Les nuages sont comme les pensées, les rêveries, les cauchemars du ciel.", Jules Renard

  • "Les cauchemars, c'est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant.", Romain Gary

  • "Nos cauchemars, c'est notre âme qui balaye devant sa porte.", Jacques Deval

  • "L'actualité n'est souvent qu'un cauchemar manquant d'imagination.", Gérard Klein

Commentaires

Il y a dix ans, mourrait Lucciano Pavarotti

Dix ans après la mort de Luciano Pavarotti, les plus grands noms de la musique tels que, Sting, Plácido Domingo, Zubin Mehta ou Ruggero Raimondi, et des proches rendent hommage au ténor devenu icône pop.
Le 6 septembre 2007, à la mort de Luciano Pavarotti, les hommages se multiplient dans le monde entier, d'une ampleur sans précédent pour un chanteur d'opéra. Qu'ils soient rendus par la presse, les politiques ou les professionnels de l'art lyrique, tous s'accordent sur une chose : davantage que n'importe lequel de ses collègues et prédécesseurs, Pavarotti a rendu l'opéra populaire et accessible au plus grand nombre. Une volonté découlant d'une obsession du chanteur, devenue l'œuvre de sa vie, qui le métamorphosera progressivement en authentique icône pop.

Opéra et grand public
Tourné en France, en Italie et aux États-Unis, riche en extraits musicaux et en archives rares, le documentaire de Romain Pieri et René-Jean Bouyer convoque les témoignages inédits de stars telles que Sting, Plácido Domingo, Zubin Mehta ou Ruggero Raimondi. À l'instar de l'homme à qui il rend hommage, "Pavarotti, chanteur populaire" contribue à sa manière à faire tomber les barrières qui se dressent entre l'opéra et le grand public.

https://www.arte.tv/fr/videos/073090-000-A/pavarotti-chanteur-populaire

Écrit par : L'enfoiré | 02/09/2017

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