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15/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (1)

La philo, comme pour beaucoup n’était pour moi qu’une idée bien peu précise. Des livres abordent le sujet très différemment. Celui de Luc Ferry, « Apprendre à vivre » s'adresse aux jeunes en suivant un peu une "Philosophie pour les Nuls". Celui du Norvégien Jostein Gaarder, « Le monde de Sophie » avait le même souci mais avec originalité et poésie par l'intermédiaire de leçons données à une fillette. Le « Nouvel Obs » du mois d'août 2006 (article de Clément Rosset) apportait, lui, le lien avec l'amour. « Quand on est amoureux, on ne réfléchit guère ». Le "Nouvel Obs" remettait le couvert en août 2007 en se posant la question du pourquoi la femme engendrait peur et préjugés chez le philosophe (article de Aude Lancelin et Marie Lemonnier). Misogynes les philosophes mâles? L'intégration des différentes idées synthétisés me paraissait une occasion et une envie de les lire.

677ed3b7a187ceedf7bf1af4403a90ae.jpgPréambule: L'homme ne vit pas seulement de pain. Savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. Toutes les cultures, toutes les générations se sont posés ces questions existentielles. Homo Sapiens s'est, en premier, préoccupé d'ensevelir ses morts. Fatalité ou émotions sont là pour modifier le cours de nos vies. L'histoire, qui va se dérouler, essayera de trouver des réponses sans y arriver. Mais elle n'est jamais finie. Cette enquête policière va faire ressortir des coupables dépendant de notre propre interprétation.


S'étonner, se questionner, c'est vivre avec ses propres visions du monde. Au début, les mythes, le mystique, rites ont été les catalyseurs, mais la raison et la réflexion ont pris le relais en creusant un sillon entre bien et mal. Les dieux ou le Dieu ont été un moyen d'expliquer l'inexplicable dans une discipline consentie. La femme, le sexe en second, passant de l'état "esclave", à celui de "fauteuse de trouble" s'est vue récemment poussée avant, pour annoncer le règne de "Big Mother".

 

La Philosophie d'hier et d'avant hier

 

1. La philosophie antique :

Avant les philosophes grecs, la religion avait force de philosophie comme seule héritière de la pensée.

Les grecs imaginent par la réflexion "quelque chose" de nouveau à l'origine des métamorphoses au sein de la nature. Les dieux n'étaient plus nécessairement responsables de tout.

L'oracle de Delphes, par l'intermédiaire de la Pythie, apportait une explication de manières très peu compréhensible.

Thalès de Milet fut le précurseur des sages philosophes. Empédocle voyait l'eau, l'air et le feu à l'origine de tout.

Anaxagore imaginait qu'une partie de tout se trouve en tout dans une idée moderne de l'ADN. Il est le premier à nommer le soleil comme une boule de feu.

Démocrite concevait que tout était constitué de minuscules éléments indivisibles qu'il appelait 'atomos'.

Au 6ème siècle avant JC, en Grèce, l’école stoïcienne, avec Zénon de Kition, va prendre l’habitude de vouloir discuter de tout sous le portique (la « stoa »). Cléanthe d’Assos et Chrysippe de Soles vont prendre la relève en ne laissant que très peu d’écrits. Cicéron plus tard va donner une deuxième jeunesse à cette philosophie à Rome au 2ème siècle avec Sénèque, Epictète et enfin Marc Aurèle. Selon les historiens Hérodote et Thucydide, les maladies n'arrivent que pour punir l'homme de son manqiue de sagesse par le sacrifice. Les sophistes auront ainsi leur "fond de commerce".

L'Humanisme a trouvé ses racines. Pas de certitudes aux énigmes de l'univers et de la nature, ils rejettent, agnostiques, totues idées de lien mythologique.

Socrate n'écrivit aucune ligne mais laissa son emprunte philosophique avec ironie en laissant découvrir la vérité à son interlocuteur par lui-même. Son disciple, Platon le fera connaître avec son monde des idées qui tente de manière ésotérique d'unifier les réalités par la perception interprétative des sens. Aristote, modéré, par contre, s'intéresse plus aux sens par le langage scientifique. Les formes rassemblent tandis que la matière dissocie. Alors, il classe les éléments par catégorie et voit le bonheur en associant plaisir, liberté responsable et science. La femme, malmenée, reste incomprise.

Hyppocrate, fondateur de la médecine, proposait une défense contre cette maladie par une vie simple et mesurée.

Le défit du salut qui fait démarrer la recherche d’une philosophie, est pris en considération via la théorie, l’éthique et la sagesse. Savoir que reste à ne rien savoir dans le rationaliste seul.

La théorie se définit par la contemplation d’un ordre cosmique anti devin supérieur « extra muros ». L’harmonie du cosmos animé, juste et bon est doué de raisons qui doivent servir de modèle de conduite pour l’homme. Chacun reçoit une part de cet univers parfait qui lui est dû. L’homme est là pour observer et non pas pour inventer. Le monde est compris comme un tout et non dans ces particularités qui se présentent par des catastrophes et des accidents dont il faut être préparé et dompté sans surprise comme observateur uniquement. L’immanence du stoïcisme est donc opposée à la transcendance externe et divine supérieure vu par les religions monothéistes.

L’éthique désire s’ajuster au cosmos par la justice-justesse et insiste sur les actes avant discours et concepts. Les Cyniques (Crates) vont négliger le « qu’en dira-t-on » pour se concentrer sur la mission essentielle en accord avec l’ordre cosmique avec l’idée du « Connais-toi, toi-même ». Aujourd’hui, on peut retrouver un peu l’idée stoïcienne dans l’écologie par la biosphère et les écosystèmes (Hans Jonas). Tous microcosmes dans un grand macrocosme.

La sagesse recherche pour le salut le meilleur par rapport à la finitude et l’irréversibilité du temps par sa propre raison et non par une tierce entité supérieure pour vaincre la peur de la mort. Si la procréation n’assure pas seule la pérennité, l’héroïsme, la gloire et les écrits qui les relatent vont surmonter l’éphémère du temps. Thucydide et Hérodote vont ainsi s’acharner à sauver l’homme stoïque et le rendre immortel dans une certaine vanité comme consolation. L’homme, qui existera toujours, se transforme plutôt qu’il ne disparaît dans un souci d’éviter la mort et l’angoisse. La nostalgie du passé et l’espoir dans le futur ne sont que des maux qui ne peuvent s’éviter que dans l’importance du présent seul essentiel et éternel. Le reste ne rend pas heureux. La possession de biens aide mais ne règle rien. Une conviction de trouver le monde harmonieux le fait accepter tel quel, beau exclusivement pour l’aimer et aider à transformer les instants en moments de grâce le plus souvent possible. La sérénité dans l’oubli du temps. Le salut dans le futur antérieur. Pas d’indifférence mais pas de compassion à l’égard des autres. L’inégalitaire n’est pas un problème. La vertu se réfugie dans une nature bien dotée, aristocratique et hiérarchisée des êtres. Commandeurs et commandés sont dans la norme comme les esclaves.

Tous les philosophes antiques ont toujours été des forçats de l'esprit qui souffraient d'une certaine anxiété face à la femme et à l'amour. Face à l'amour, certains conseillaient le renoncement total car ils voyaient dans les maux d'amour une contrepartie inévitable à l'exaltation délicieuse et à une éventuelle éternité. Cupidon était d'ailleurs personnifié en dieu à l'aspect puéril et hostile avec son arc meurtrier. L'idéalisme grec a été le premier à théoriser le désir. Epicure se serait suicidé avec passion par amour. Lucrèce, son disciple, passa à l'acte à 43 ans car il y voyait la voie royale pour l'"ataxie" (indépendance féroce). Le libertinage était préconisé comme remède à l'amour.

Mille ans d'antiquité (jusque 476 PC effondrement Empire romain d'Occident).

Un caractère impersonnel dans l’éternité « anonyme » fait perdre une réalité consciente de l’individu et n’apporte ni paix ni sérénité. C’est ce que la religion chrétienne va entreprendre pour rassurer et s’assurer la suprématie sur les esprits pendant 15 siècles.

 

2. Le Christianisme :

Du 3ème au 18ème siècles, la philosophie s’éclipse et l’hégémonie religieuse va régner sans partage. Tout en partageant certains principes avec la philosophie, la religion va reprendre à son compte les valeurs morales par la pensée et l’usage qui en est fait. L'infini devient parfait. La mort est vaincue avec la charité comme morale. Plus « performante » sur le plan finitude de l’être, la religion va paraître incontournable par son caractère qui se veut fondé par l’amour par le rapprochement avec le Christ. Le salut sera fondamentalement lié à la foi dans le divin en remplacement à toute raison et par la confiance en cet Autre qui est l’incarnation du Verbe. En porte parole du faible, le Christianisme va s’opposer à l’arrogance de la philosophie devenue une discipline complète de vie et pas seulement de la sagesse. Les hommes sont égaux en dignité comme préambule. L’inégalité et les dons innés n’ont d’ailleurs pas d’importance pour être vertueux. Le mystique fait fondre l'homme en dieu dans une rencontre avec lui pour les occidentaux, par une fusion totale pour les orientaux. La culture indo-européenne polythéiste avec transmigration de l'âme et la réincarnation. La culture sémite donnant le judaïsme, le christianisme et l'islamisme, monothéistes linéaires préconisant la prière pour la rédemption des péchés.

L'islam et le Coran s'adressent dans un nouveau universalisme plus à ceux qui maîtrisent la langue arabe. Dogmatisme et fatalisme dans la pureté. (Averroès).

Le Judaïsme et le Talmud trouvent réponse à tout par le Mystère et la Kabbale (Maïmonide)

Les prophètes annoncent la venue d'un Messie. La philosophie religieuse va donner racine à la révolution française et la démocratie moderne.

S’analyser soi-même doit être la préoccupation majeure avant de juger les autres. Ce libre arbitre a l’humanité pour concept éthique dans l’universalité avec la promesse de l’immortalité personnelle en récompense. Aimer son prochain n’est plus amoral car il est immortel grâce à la résurrection de l’âme et du corps.

Féodalisme, baisse de la démographie et décadence sont au programme. Tout avantage pour l'homme. La femme, par contre, traîne de véritables casseroles. L'asservissement et le renon de sa féminité jusqu'au mariage et la maternité. Les enfants n'ont pas droit à la parole.

Saint Augustin intègre philosophie et religion. Croire pour comprendre et comprendre par la foi. Saint Thomas d'Aquin concilie philosophie d'Aristote et christianisme par la vie morale.

Mille ans de Moyen Age chrétien (jusque 1453, effondrement de l'Empire romain d'Orient).

 

3. L’humanisme et la renaissance:

La doctrine dogmatique du Christianisme a créé l’effondrement de la cosmologie antique. Une remise en question des autorités religieuses pour cause économique et politique va se matérialiser par la révolution scientifique. Imprimerie,télescope, boussole, poudre avec méthode empirique et expérimentation mènent à l'humanisme préconisé par la bourgeoisie et l'individualisme.

Copernic, Newton, Descartes, Kepler et Galilée en sont les initiateurs et inventeurs de l'héliocentrisme, de la gravitation universelle. Le concept plus fort que l'image retrouvé dans la maxime "Je pense donc je suis".

La Réforme avec Martin Luther et Erasme, il ne faut plus passer par l'Eglise pour obtenir le pardon.

 

4. Le baroque:

Descartes, avec son « Je pense donc je suis » et son « Discours de la méthode », invente la subjectivité et met tout en doute par cartésianisme, sauf les convictions finales qui sont inébranlables. Il élimine les préjugés et les croyances du passé en lançant l’idée de révolution en croyant à la conscience en soi comme seule garante. Dogmes et radicalisme sont rejetés avec esprit critique. L’autorité en tant que telle doit être abolie.

Il prescrit simplicité et harmonie et se divertit dans le faste et le "carpe diem". La vie devient théâtre avec Shakespeare dans un idéalisme et un matérialisme qui s'affrontent. Laplace fait naître le déterminisme qui place le a destinée comme prescrite d'avance. L'intuition philosophique doit se baser sur des fondations solides mathématiques. La pensée est opposée à la matière en dualisme. Spinoza, penseur de la démocratie, apporte la critique historique à propos de la Bible par la contradiction entre les Ecritures. Il rejette dogmes et rituels mais veut la liberté d'expression et la tolérance religieuse. Dieu, nature et spiritualité sont en parallèles dans une conception déterministe de la vie. Tout est dans tout sous l'angle de l'éternité.


5. Le Siècle des Lumières:

L’âge de la terre, les origines de l’homme édictées par la religion sont critiquées et ont perdu en crédibilité. L’humanisme va désorienter les humains et ébranler les idées les plus ancrées dans le subconscient. La morale moderne devra être recréée complètement. La révolte contre l'autorité (Eglise, Roi et Noblesse) est partie d'Angleterre. La Science expérimentale remarque que la matière suit des règles déterminées. L'empirisme fait dériver la conception en fonction de l'expérience sensible et analytique. La pédagogie du peuple sort son objectif par l'Encyclopédie et révèle le besoin de sortir de la misère. Jean-Jacques Rousseau retourne à la Nature. C'est la société qui corrompt l'homme. L'abolition du déisme et la censure sont recherchés. L'éthique retrouve le bien par la raison innée contre le mal. La Société des Nations est dans l'oeuf. Pour la femme, c'est l'"enfer" de l'exclusion et son renvoi dans son foyer. C'est la burqa avant l'heure. Il disait "Les femmes en général n'aiment aucun art, ne se connaissent à aucun et n'ont aucun génie".

 

6. Le Romantisme

Les Droits de l’Homme égalitaires ont pris la place du cosmos.

Jean-Jacques Rousseau, baigné d'utopie romantique, ne voyait la passion que par "amour-propre" avec des critères sociaux de rivalité, repoussant l'amour dans le factice en accord avec La Rochefoucauld, philosophe du XVII siècle.

La différence entre l’homme et l’animal, Rousseau va la fixer dans la renaissance de l’éthique capable de raisonner. L’animal a un apprentissage temporaire dans l’instinct, arrêté une fois le but accompli. L’éthologie veut rendre l’animal insensible, indifférent à la douleur de l’autre animal comme prédateur face à sa proie. L’homme par contre est conscient dans son organisation. Le sadisme et le sexisme de l’homme sont gratuits, inutiles et contre productifs pour l’espèce tout en catégorisant en espèces par essence. Mis en situation, il est libre de s’en échapper. Son éducation, sa culture et sa politique voient son histoire en perpétuel changement. Anti-nature, il est donc condamnable, responsable et critiquable. Le salut se trouve uniquement dans l’idée athée de la morale laïque. L’action désintéressée, le bien commun et universel doivent guider sa voie par l’invention. Sa liberté s’arrête pourtant là où commence celle des autres par l'auto limitation idéale. L’individualisme prend de l’importance comme un tout et une fin en soi. Il s’extériorise par le travail en construisant le monde par sa volonté. Le respect de l’éthique n’assure pas le salut donc il faut chercher autre chose. Les abstractions sont désespérément vides. Le scientisme et le patriotisme vont devenir des religions de substitution. Sentiment, imagination, expérience et nostalgie sont les principes de base. Goethe, Beethoven, Schelling, Fichte sont les noms de l'époque qui renforce l'identité culturelle des nations. Le génie artistique est le ressort du romantisme national. La musique populaire rejoint la musique savante et les contes dans la littérature prennent place.

 

7. Le Post Modernisme  :

Cette nouvelle philosophie va critiquer l’humanisme et son nationalisme.

Nietzsche, en porte drapeau, va rejeter le reste des chimères et des croyances en des valeurs idéales et supérieures. Les droits de l’homme, la raison, la démocratie, le socialisme ne prennent plus place comme « idoles » supérieures. Déconstruire les utopies morales et politiques, valeurs transcendantes vers un idéal supérieur, mais animer par des mauvaises intentions vont résumer son action. Son nihilisme veut assumer les réalités telles qu’elles sont. Marx et Freud s’ajoutent aux « philosophes du soupçon ». Irrévérencieux, ils se projettent dans un ras-le-bol des bons sentiments bourgeois pour dévoiler ce qui s’y cache dans une « généalogie » qui déconstruit très terrestre. Aucun jugement de valeur désintéressé n’existe objectivement. Les faits sont des interprétations de ceux-ci. Une vérité a par définition une contre vérité dans un réel chaotique. L’irrationnel dans l’ordre des choses comme illusion de la raison. Des forces réactives de la raison qui font partie du réel, s’opposent en réfutant erreurs et illusions. La collision entre elles provoque un métissage qui affaiblit la vie. Nietzsche ne les rejette pas mais cherche une hiérarchie pour les maîtriser. Immoraliste convaincu, il ne cherche ni à améliorer le monde ni un idéal. Il a un goût marqué pour la catastrophe. Non charitable, il s’est vu pris pour exemple par la suite dans le nazisme comme Marx l’a été pour le communisme. Le romantisme n’a pas de sens à ses yeux. Dans la recherche de la vérité, la conciliation entre le réactif et l’actif est un idéal dans la grandeur et l’élégance dans une parfaite coopération « Grand Style ». La création a plus besoin d’ennemis que d’amis et la diversité donne la puissance en évitant tout déchirement interne comme la culpabilité qui mutile comme cœur de son ontologie. Une doctrine de l’éternel retour apporte une échappatoire terrestre à un ciel désespérément vide en sélectionnant ce qui vaut la peine dans le libre et le serein. Pas de remords, ni regrets, ni de lâcheté dans la lucidité du présent et l’amour du destin. Fondamentalement faux anarchiste, désirant abolir les normes dans l’idée d’interdire l’interdit, il voulait croire à son hypothèse sans y parvenir et pour finalement sombrer dans la folie. La femme est pour lui est l'amante impossible toujours à la poursuite de la "surfemme". Il imagine la rendre plus "masculine" à force d'éducation.

Cette doctrine va suivre partiellement la méthode maïeutique pour mettre son interlocuteur en contradiction avec lui-même (Socrate). Le monde sensible opposé au monde intelligible. L’art et la poésie ne doivent pas chercher autre chose que leur vérité. Sophisme qui cherche sa voie par la séduction et la persuasion pour emporter une adhésion par la magie des émotions sensibles.

Sigmund Freud imagine que les conflits psychiques empêchent de jouir et d’agir. La sexualité doit se frayer un chemin au travers de tabous pour l'époque. Un équilibre entre société et sexualité refoulée dans le subconscient et l'inconscient est le domaine des névroses. Le travail de rêve apporte la thérapie. De la femme, il reconnaissait : "Après trente ans passés à étudier la psycnhologie féminine, je n'ai toujours pas de réponse à la grande question 'que veulent-elles au juste?'".

Comme objections majeures, on pourrait déclarer que tout ce qui est n’est pas nécessairement bon à prendre sans réserve. L’« amor fati » (instants de grâce) qu’il préconise peut être jugé comme obscène et conduire à une complicité avec le mal. Haïr un idéalisme pour en reconstruire un nouveau tout aussi radicalement inaccessible dans les cas difficiles est peu constructif. Le matérialisme du 20ème siècle trouvera son cynisme dans cette doctrine qui ne répond qu’aux lois du marché en évitant celles de la démocratie.

Schopenhauer, pessimiste, était encore plus touché par les questions du sexe et à chercher à faire l'anatomie du coup de foudre.

"Plus je vois les hommes, moins je les aime. Si je pouvais en dire autant des femmes, tout serait pour le mieux" lançait-il déjà à 17 ans dans son premier rejet du genre humain. Supplicié par la jalousie, il appréciait malgré lui les rondeurs du sexe opposé qui trouve ses racines dans l'instinct sexuel. "Qui se marie tôt traîne toute sa vie une vieille femme. Qui se marie tard attrape des cornes", ne manquait-il pas d'ajouter.

Hegel voit le devenir en rejetant les vérités éternelles avec la raison intemporelle, dynamique et libre. Le jeu de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse s'accorde avec un rapprochement judicieux de subjectivité et d'objectivité. Le concret et l'abstrait se complètent.

Emmanuel Kant par contre, ne voyait aucun intérêt dans le sexe. Rien que "Critique de la raison pure" avec la précision de l'horloge suisse à l'allemande. Il va ajouter une idée de construction scientifique et rationnelle à la contemplation passive de la beauté du cosmos par une causalité des phénomènes. La théorie s’accompagne d’un travail de recherche par la méthode expérimentale. Sorti de l’harmonie pour trouver un monde de forces qui s’entrechoquent. Universel qui reconnaît les limites de la connaissance en reconnaissant que l'existence de Dieu n'est pas démontrable.

Soren Kierkegaard, fondateur de l'"existentialisme subjectif" était torturé par l'Amour absolu qui ne doit se conclure que par le sacrifice d'une rupture volontaire. Il se croit supérieur à la femme du moins en apparence quoique fascinante. Il disait d'elles: "Quel malheur d'être femme, et néanmoins, le malheur, c'est que l'étant, on ne le voit pas". Fidèle ensuite jusqu'à la mort. Il s'opposait à Hegel en tant qu'individualiste Anti-Européen. La religion dissociée de la raison en se rapprochant de la doctrine Bouddhique.

Karl Marx parle de matérialisme historique, social en changeant le monde par l'action sans idéalisme. La condition matérielle de vie est le moteur de l'histoire et de la spiritualité. Une super structure étatique et politique chapeaute les relations dialectiques. La lutte des classes gagne les moyens de production. Le travail devient aliénation parce qu'il est extérieur à son intérêt propre et direct faisant part du capitalisme en opposition avec le communisme. Il sé rendait compte au sujet de la femme que "La famille conjugale moderne est fondée sur l'esclavage domestique, avoué ou voilé, de la femme".

La philosophie contemporaine aura-t-elle encore plus de chance d'aboutir à plus de salut? Nous le verrons dans le prochain article.

 

L'enfoiré,

 

Citations: 

  • "Philosopher, c'est douter", Montaigne

  • "Philosopher, c'est apprendre à mourir.", Cicéron

  • "Philosopher, c'est se comporter vis-à-vis de l'univers comme si rien n'allait de soi.", Vladémir Jankélévitch

  • "Philosophie. Route comportant de nombreuses voies et qui s'étend de nulle part à rien.", Ambrose Bierce 

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