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01/08/2007

Petite histoire pour autre chose

L'histoire de la jeune Belgique pourrait-elle expliquer la situation d'aujourd'hui? Survolons là en vitesse rapide à la recherche d'indices. Souvent l'incommensurable légèreté de l'être et beaucoup de situations peuvent s'y puiser dans des racines bien ancrées.

histoire

Le plus ancien indice de l'homo belgicus remonte à la préhistoire, dans la période du cromérien, à 800.000 ans avant notre ère: un silex issu du cailloutis de Hallembaye. Des Néandertaliens à partir de -35.000AC dans la grotte d'Engis, de Naulette, des Sotais, de Spy, de Magritte. Du Néolitique aux Celtes et à la conquête des Gaules.

Oui, il y a eu Julius Caesar qui aurait dit "Horum omnium fortissimi sunt Belgae".


Les fondateurs de la Belgique, seraient, peut-être, plus à rechercher chez Philippe le Bon, Clovis, Charlemagne, Godefroy de Bouillon, P.P. Rubens et Antoon Van Dijk, si l'on en croit le tableau de Henri Caisne. Ambiorix, le roi des Eburons, était un héro ambigu. Bruxelles a laissé des traces de sa naissance en 979.

Godefroy de Bouillon a lancé la 1ère croisade en 1099.

La Bataille des Eperons d'Or, de Courtrai, qui se fête comme la fête nationale flamande, du 11 juillet n'est qu'un symbole anti-belge actuel. La victoire que la fête est sencée rappelée, a eu lieu en 1302 contre l'armée française. Victoire de courte durée, effacée par Philippe le Bel, deux ans plus tard. La fête de wallonnie prend place le 17 septembre, tandis que c'est dix jours, après, la fête de la Communauté française Wallonie-Bruxelles. A Bruxelles, on centralise chacune d'elles.

En 1500, nait Charles Quint à Gant. C'est l'époque bouguignone avec Philippe le Hardi, Philippe le Bon, Charles le Téméraire.

Louis XIV ne supporte pas la fronde en provenance des Etats du Nord et dévaste les provinces "belgique", fait des dégâts sur la Grand Place de Bruxelles. Toutes les maisons de la place datent du début du 18ème siècle, d'après cette dévastation.  

Dès 1790, les États "Belgique" sont déclarés dans une Confédération germanique (Deutscher Bund). Entre 1795 et 1815, les Français forgent l'unification administrative.

C'est la période riche du Règne d'Albert et Isabelle.

En 1815, à la défaite de Napoléon, à Waterloo, les provinces des Pays-Bas se construisent sous le joug de l'empereur allemand, des Habsbourg. 

1.jpgEntre 1813 et 1830, Guillaume 1er des Pays-Bas, protestant gouverne les « Provinces du Sud » dont fait partie le territoire de la future Belgique et impose le hollandais comme langue nationale. 

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Il ne comprend pas le mouvement libéral et libertaire francophone qui se construit progressivement dans l'université de Liège par la presse (Charles Rogier, jeune socialiste républicain). Dans le même temps, des taxes imposées sur le pain, la misère à côté de fortunes immenses poussent au changement. La Meuse et l'Escaut avaient joué le rôle de catalyseur pour un commerce de dentelles et de draps dans le Nord et de la métallurgie autour de Liège. Le chemin de fer devait poursuivre l'oeuvre de rapprochement et d'extension du commerce.

Le 25/8/1830, un banal opéra, « La Muette de Portici », joué à la Monnaie, déclanche la révolution avec des accents révolutionnaires et patriotiques de « Amour sacré de la Patrie ». Un mois plus tard, la révolution est gagnée. Royauté ou république? Ce sera "royauté" pour ne pas copier la France.

histoireLe 21 juillet 1831, Léopold I de Saxe Cobourg d'origine allemande prête serment en tant que Roi des Belges et non pas Roi de Belgique. La Belgique étant une monarchie constitutionnelle, les pouvoirs du roi sont définis par la Constitution belge. La date du 21 juillet devient le jour de la fête nationale. L'Angleterre crée, ainsi, un pays tampon. Ce ne sera pas vraiment avec l'esprit d'une nation. Ils préfèrent limiter ce genre de patriotisme.

Presse libre, école laïque, gouvernement exempt de fonctionnaires et d'ecclésiastiques, libéralisme, expriment la modernité du Sud et incruste le Nord dans un traditionalisme. Le Nord, agricole, manque de tout avec les filatures de draps qui périclitent face aux importations en provenance d'Angleterre, l'agriculture comme seule débouchés. La maladie de la patate apporte la famine. On y parle flamand, une langue en provenance des Pays-Bas. Le Sud, industrialisé, capitaliste, riche, annonce son âge d'or en rivalisant avec la Grande Bretagne, avec la métallurgie et la mécanique comme atouts. C'est le temps des ingénieurs et de l'explosion de la technicité. L'université, même en pays flamand, enseigne en français. En 1865, Léopold II, spéculateur dans le caoutchouc, a des rêves coloniaux, jugés barbares, presque génocidaires (Roi entre génie et gêne). Le Congo, 80 fois plus grand que la Belgique, le fascine. En même temps, les grandes réalisations du modernisme continuent. Bruxelles profite des rêves du souverain de cette effervescence en nid de communications, le Palais de Justice, la Bourse, les tramways, l'urbanisme et l'Art Nouveau (Horta), la Senne, nauséabonde, voûtée après le choléra de 1867. Une classe de plus en plus riche s'installe en se soutenant par l'intermédiaire d'un dumping social de la classe ouvrière. La Belle Epoque avec les lumières et l'électricité est bien là mais pas pour tout le monde. Le progrès impose ses lois. L'industrie lourde explose et s'exporte en Egypte, en Russie, en Chine... La crise économique de 1885 engendre le chômage, privation, grève et la protestation. Le suffrage universel entre dans la constitution en 1893, suite à la solidarité socialiste, mais avec des nombres de voix réservées aux hommes et dépendant de la situation de l'électeur.

La période de 1919 à 1951 ira du Traité de Versaille à la Question Royale.

Le Nord se rebelle contre le Sud, mené par le prêtre Daens. Incompris, Léopold II, souvent caricaturé, meurt en 1909 et laisse la place à Albert Ier qui va changer l'esprit d'une population eu égard de la royauté. Un roi belge prête serment dans les deux langues pour la première fois. Appréciation et liens passionnels entre lui et sa population. Les catholiques, les libéraux et les socialistes sont condamnés à composer une réconciliation. Des maisons du Peuple s'ouvrent partout. Alors, on se réunit et on boit au café mais on lit peu. Sans instruction, pas d'emploi.

En 1912, Jules Destrée, lance un pavé dans la marre avec son message au Roi "Sire, il n'y a pas de Belgique, seulement des Wallons et des Flamands".

Les expositions, les sports, les arts (J. Ensor, F. Rops, M. Maeterlinck, E. Verhaeren)vont canaliser les rivalités pendant un temps.

La guerre 14-18 efface la neutralité et replient les Belges envahis, vers l'Yser. Le Roi, lui-même, les conduit dans les tranchées. Il prend le surnom de "Chevalier". La paix arrive. Mais, le bruit court que les soldats flamands commandés par des officiers français auraient payé la paix, au prix fort, et qu'ils n'avaient pas compris les ordres de leurs dirigeants. Mythe des ordres incompris.

A l'armistice du 11 novembre 1918 tout est à reconstruire. 800.000 chômeurs. Les réformes sont indispensables. Le Suffrage Universel est imposé mais pas égalitairement. La durée du travail passe de 12 heures 7/7 à 8 h d'abord et 40h par semaine ensuite. La situation s'améliore. Les salaires augmentent. Le crack de 1929 et la grippe asiatique refont déraper le processus.

Le fascisme recrute avec force de persuasion mais ne parvient pas à s'imposer. La guerre qui éclate sans être attendue ou si peu. L'aviation anéantit les fortifications plantées en souvenir d'une guerre précédente. Exil et réfugiés sur les routes. Léopold III capitule et se retrouve "prisonnier de luxe", ce qui a, en définitive, limité la casse à 55.000 morts surtout civiles du côté belge. La guerre finie, c'est "Vive la Belgique" en trois langues. Le patriotisme renait, mais la guerre deviendra un facteur de division. La collaboration avec l'occupant allemand est souvent présenté comme plus important en Flandres. L'amnistie est demandée pour effacer les crimes. Une première entorce à l'unité. Le fossée entre catholiques, royalistes du Nord et libres-penseurs , anti-royalistes du Sud se creuse, deuxième entorce.

Après la guerre, tout n'était pas détruit. Reconstruction mais infrastructure qui peut encore fonctionner vaille que vaille. Les immigrés italiens vont apporter la main d'oeuvre devenue rare dans les mines de charbonnage du Sud. Cela dure jusqu'au drame de l'incendie de la mine du Bois du Casier. En parallèle, l'Europe se construit. Monnet, Shuman et Spaak veulent diminuer leur peur de la force russe et pensent aux intérêts économiques de la sidérurgie.

En 1932, considérant unanimement la force du français, les Wallons refusent le billinguisme.

1950: L'Etat Providence commence. La question royale va diviser une nouvelle fois le pays de manière violente. Les Flamands désirent le retour du Roi, les Wallons veulent son abdication. Son fils, Baudouin Ier devient roi en juillet 1951. Un "Vive la république" avait été lancé par Julien Lahaut. Il en fera les frais. Guerre de religions, de cultures, du capitalisme jugé comme francophone.  70%  des chômeurs se retrouvent dans le Nord. En 1955, Leo Collard élabore l'esprit communautaire.

Le Progrès avec télévision, machines, voitures est dans les têtes et voilent les problèmes pour un temps. L'Expo Universelle de 1958 se veut le couronnement de la technique. Les mariages du Prince Albert et de Baudouin vont réconcilier les Belges. Les "Golden Sixties" font ressortir l'esprit jeune, la société de consommation, plein emploi. Les femmes revendiquent l'égalité, le sport en tête de ces revendications. On a le moral. L'esprit flamand, surtout, qui se retrouve en pélérinage de Dixmude à la Tour de l'Yser dans un rassemblement annuel. Entre temps, la concurrence entre Nord et Sud se marque et glisse du Sud au Nord. La grève devient plus forte dans le Sud. Bruxelles devient la pierre d'achoppement, l'intermédiaire malheureux qui voit défiler grèves et mécontentements. Le légitime fédéralisme égalitaire a vécu.

1960: La "Loi Unique" est proposée et va s'appeler la loi "inique".Manifestations  violentes, grèves pendant 6 semaines. Le gouvernement de Gaston Eyskens gagne la bataille mais pour peu de temps. Pourtant dans le même temps, dans le Sud, les industries reposent, dangereusement, sur le charbonnage, la sidérurgie, sans chimie ni technologie de pointe.

C'est pourtant une croissance annuelle de 5% annuelle avec les revenus des ménages qui doublent grâce au salaire des femmes.

1962, la frontière linguistique, dont l'importance est mal évaluée, est demandée par les Wallons. Elle se dessinera en fonction d'un resencement linguistique qui date de 1947. Mark Eyskens propose la reconnaissance des régions et l'autonomie cutlurelle. Wilfried Martens reprend le flambeau en des épisodes multiple.

L'Université Catholique de Louvain va se scinder en deux ("Walen buiten") et envoyer les étudiants francophones à Louvain-La-Neuve. Les Fourons vont être souvent le théâtre de "Promenades dominicales", peu champêtres de partis de l'extrême droite flamande. Comines, une compensation? Le déficit de l'Etat est vertigineux. La Loi Unique est votée avec des restrictions très dures, des salaires revus à la baisse. La Wallonie se sent plus lésée que les Flamands. La paralysie, les grèves nationales ne sont arrêtées qu'avec l'intervention d'André Renard qui voit la solution dans une réforme de l'Etat et le fédéralisme: trois régions, trois communautés. Les frontières linguistiques sont dessinées.  On déguise le problème pour Bruxelles, dans le carcan de la Flandre. Les "Communes à facilités" sont nés. Les tentatives pour les rabotter vont se succéder dès lors.  Des craintes de scission générent des rassemblements à Bruxelles en 1963. L'arrondissement BHV est né.

En 1967, la Constitution est traduite en Néerlandais. L'Etat unitaire est dépassé.

1968: Traumatisme chez les bourgeois wallons: l'Université de Louvain rejette les francophones. Louvain La Neuve est contruite et reprend les étudiants francophones à bord.

1970, les 9 provinces changent de partitions. La crise se formalise avec la pénurie du pétrole. L'inflation et le chômage ne s'équilibre plus.  "La Belgique de papa est morte" dit Gaston Eyskens. Le FDF à Bruxelles, le RW en Walonnie, la VU en Flandres.

1973: Le dernier Premier ministre, francophone Edmont Leburton, ambitionnait de réformer la Constitution avec la formation des régions. Son gouvernement passe la main après un an. Choc pétrolier et journées sans voitures.

1977, le Pacte d'Egmont qui se veut un compromis entre communauté souffre d'un excès d'ambitions et signe l'échec de la réconciliation en 1978. La Volks Unie se scinde en Vlaamse Blok extrémiste, raciste et xénophobe.

1980: En route pour le régionalisme. Wilfried Martens se succéde à lui-même dans 9 versions de son gouvernement sous des couleurs de partis fusionnées. Le chômage augmente à Bruxelles et en Wallonie. Le parti CVP, social chrétien, pousse la Flandre et oublie la Wallonie qui rate sa reconversion.  

Une loi linguistique avait été votée aux forceps. Le premier ministre Maertens est devenu le notaire des changements à répétition. Bruxelles reste au frigo. Une quatrième révision de la constitution donnait des compétences aux communautés et régions. Le processus de partage s'installe. La Belgique est fédéralisée. La cure d'amaigrissement de l'Etat s'appuie par des pouvoirs spéciaux. Le pessimisme domine car les charbonnages et les usines le plus souvent wallonnes ferment une à une et se retourne vers le Nord. La révolution industrielle wallonne passe dans le musée de l'histoire. Des tentatives de déstabilisation de l' Etat font ressortir des violences endormies (CCC, tueurs du Brabant, Heysel). 

1988: la loi de Financement crée des difficultés de financement des écoles pour les francophones. Bruxelles devient la 3ème région du pays bien que très peu appréciée par la Flandre.

La monnaie unique va obliger à resserrer les boulons et l'austérité. L'extrême droite fait une percée en 1991 et s'installe. Mais, un "démineur" est déjà là et fait la première grande réforme de l'état en versant dans le fédéralisme (1988-89) et 80 milliards passent du niveau fédéral aux régions par les Accords de la Saint Michel.

En 1993, Baudouin Ier, après une dernière confirmation, disparait et réveille l'unité du pays lors de son enterrement. Albert II relève le challenge. La Marche Blanche va réunir les Belges dans un drame familial en secouant justice et gendarmerie. Le cinéma réveille l'originalité par la sincérité typiquement dans l'idée de "Ca, c'est du belge". La dioxine précipite la chute du gouvernement dans un arc-en-ciel gouvernemental repoussant le parti chrétien dans l'opposition. La Belgique est devenue fédérale.

1999: Un vote flamand fixe 5 résolutions avec une idée cachée de confédération. La crise entre communautés creuse son sillon.

2005: la Belgique fête, le 21 juillet, ses 175 ans en grande pompe et rejète en fond de teint toutes formes de séparation par le modèle fédéral. Plus d'autonomie et de compétences pour les régions. Les cartels se forment MR et FDF du côté, francophone, CD&V et NVA séparatiste de l'autre.

2007: Yves Leterme, flamand au CD&V est incontournable avec 800.000 voix. Les 2/3 de majorité ne peut que le désigner comme 1er ministre. La situation se durcit et l'Orange Bleue se plante royalement après des mois d'hésitations et de rebondissements.

2008: Surprise les francophones font bloc contre les desiderata des Flamands. La réforme de l'Etat, la scission BHV ne trouvent pas de compensations du côté francophone. L'élargissement de Bruxelles voulue pour sortir la ville du carcan. Le problème de langue, de droit du sol, de la loi du nombre ressortent comme neige au soleil et fondent de même. Des bourgmestres francophones nommés dans les communes à facilité ne sont pas élus.

La logique du pire est en opposition avec la logique des compromis. Une réforme de l'Etat est demandée en même temps que la scission de BHV, alors que la sécurité sociale, le financement des régions et des communes, le patrimoine commun, la dette publique restent sans répondant. Conflits d'intérêts, sonnettes d'alarme comme ressorts à la démocratie, le référendum n'étant pas dans la constitution.

Conclusions: Les années 50, l'émotionnel était dans la rue, le calme chez les politiques. Les années 2000, c'est l'inverse. 

Trois scénarios:

- Work in progress. Réajustement continuel par petits pas de danse.

- Confédéralisme inédit qui n'existe plus nulle part.

- Séparation comme "Bye bye Belgium" le lançait et qui a fait peur avec des hommes politique d'expérience qui se disent incapable de gérer la séparation.

La crise expliquée aux nuls

Cet article du Soir récent (15 août) peut confirmer ce qui précède: le titre aurait pu être "Malade d'autonomie".

Bruxelles devient vraiment le talon d'Achille.

Le Droit du sol, flamand se retrouve opposé aux Droits des Gens de vivre avec leur temps sur le sol qu'ils ont choisi.

And now back to the present or to another future?

 

L'enfoiré,

 

Sources: Moi, Belgique, La Belgique pour les nuls

"La spectaculaire histoire des Rois des Belges", Patrick Roegiers

 

Mises à jour: L'orange bleu n'a pas marché. Les crises se succèdent. Van Rompuy est entré pendant moins d'un an comme premier ministre. Pacifier la Belgique se fera, de manière surprenante, par la crise mondiale. Il est appellé pour présider à l'Europe. Leterme reprend le flambeau et laisse à un ancien le soucis de régler le problème de scission de BHV. Il part à l'Europe et redonne la main à Leterme.

En 2010, coup de théâtre, Open Vld jette l'éponge et sort du gouvenement, ce qui mènera à de nouvelles élection en avril. Ensuite, les négociateurs avec tous les noms se succèdent pour constituer un nouveau gouvernement.

La plus longue crise commence....

 

08:05 Publié dans Belgique, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : histoire

Commentaires

C'est ce que j'appel un très bon site internet agréablement composer. Je lirai vos rédaction avec curiosité.

Écrit par : séduit | 06/08/2011

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