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01/08/2007
Petite histoire pour autre chose
L'histoire de la jeune Belgique pourrait-elle expliquer la situation d'aujourd'hui? Survolons là en vitesse rapide à la recherche d'indices. Souvent l'incommensurable légèreté de l'être et beaucoup de situations peuvent s'y puiser dans des racines bien ancrées.
Entre 1813 et 1830, Guillaume 1er des Pays-Bas, protestant gouverne les « Provinces du Sud » dont fait partie le territoire de la future Belgique et impose le hollandais comme langue nationale. Il ne comprend pas le mouvement libertaire francophone qui se construit progressivement dans l'université de Liège par la presse (Charles Rogier, jeune socialiste républicain). Dans le même temps, des taxes imposées sur le pain, la misère à côté de fortunes immenses poussent au changement. La Meuse et l'Escaut avaient joué le rôle de catalyseur pour un commerce de dentelles et de draps dans le Nord et de la métallurgie autour de Liège. Le chemin de fer devait poursuivre l'oeuvre de rapprochement et d'extension du commerce.
Le 25/8/1830, un banal opéra « La Muette de Portici », joué à la Monnaie, déclanche la révolution avec des accents révolutionnaires et patriotiques de « Amour sacré de la Patrie ». Un mois plus tard, la révolution est gagnée. Royauté ou république? Ce sera royauté pour ne pas copier la France. Le 21 juillet 1831, Léopold I de Saxe Cobourg d'origine allemande prête serment en tant que Roi. Presse libre, école laïque, gouvernement exempt de fonctionnaires et d'ecclésiastiques, libéralisme, expriment la modernité du Sud et incruste le Nord dans un traditionalisme. Le Nord, agricole, manque de tout avec les filatures de draps qui périclitent face aux importations en provenance d'Angleterre, agriculture comme seule débouchés. La maladie de la patate apporte la famine. On y parle flamand. Le Sud, industrialisé, capitaliste, riche annonce son âge d'or en rivalisant avec la Grande Bretagne par la métallurgie et la mécanique. C'est le temps des ingénieurs et de l'explosion de la technicité. L'université même en pays flamand enseigne en français. En 1865, Léopold II a des rêves coloniaux jugés barbares. Le Congo, 80 fois plus grand que la Belgique, le fascine. En même temps, les grandes réalisations du modernisme continuent. Bruxelles profite des rêves du souverain de cette effervescence en nid de communications, le Palais de Justice, la Bourse, le tramway, l'urbanisme et l'Art Nouveau (Horta), la Senne, nauséabonde, voûtée après le choléra de 1867. Une classe de plus en plus riche s'installe en se soutenant par l'intermédiaire d'un dumping social de la classe ouvrière. La Belle Epoque avec les lumières et l'électricité est bien là mais pas pour tout le monde. Le progrès impose ses lois. L'industrie lourde explose et s'exporte en Egypte, Russie, Chine... La crise économique de 1885 engendre le chômage, privation, grève et la protestation. Le suffrage universel entre dans la constitution en 1893 suite à la solidarité socialiste, mais avec des nombres de voix réservé aux hommes et dépendant de la situation de l'électeur.
Le Nord se rebelle contre le Sud mené par le prêtre Daens. Incompris, Léopold II meurt et laisse la place à Albert Ier qui va changer l'esprit d'une population eu égard de la royauté. Un roi belge prête serment dans les deux langues pour la première fois. Appréciation et liens passionnels entre lui et sa population. Les catholiques, les libéraux et les socialistes sont condamnés à composer une réconciliation. Des maisons du Peuple s'ouvrent partout. Alors, on se réunit et on boit au café et on lit peu. Sans instruction pas d'emploi.
En 1912, Jules Destrée, lance un pavé dans la marre en proposant au Roi la séparation de la Wallonie et de la Flandre.
Les expositions, les sports, les arts (J. Ensor, F. Rops, M. Maeterlinck, E. Verhaeren)vont canaliser les rivalités pendant un temps.
La guerre 14-18 efface la neutralité et replient les Belges envahis vers l'Yser conduit par le Roi lui-même dans les tranchées qui prend le surnom de "Chevalier". La paix arrive. Mais, le bruit court que les soldats flamands commandés par des officiers français auraient payé la paix au prix fort et qu'ils n'avaient pas compris les ordres de leurs dirigeants.
A l'armistice du 11 novembre 1918 tout est à reconstruire. 800.000 chômeurs. Les réformes sont indispensables. Le Suffrage Universel est imposé mais pas égalitairement. La durée du travail passe de 12 heures 7/7 à 8 h d'abord et 40h par semaine ensuite. La situation s'améliore. Les salaires augmentent. Le crack de 1929 et la grippe asiatique refont déraper le processus.
Le fascisme recrute avec force de persuasion mais ne parvient pas à s'imposer. La guerre qui éclate sans être attendue ou si peu. L'aviation qui anéantit les fortifications plantées en souvenir d'une guerre précédente. Exil et réfugiés sur les routes. Léopold III capitule et se retrouve "prisonnier de luxe", ce qui a, en définitive, limité la casse à 55.000 morts surtout civiles du côté belge.
Après la guerre, tout n'est pas détruit. Reconstruction mais infrastructure qui peut encore fonctionner vaille que vaille. Les immigrés Italiens vont apporter la main d'oeuvre devenue rare dans les mines de charbonnage du Sud. Cela dure jusqu'au drame de l'incendie de la mine du Bois du Casier.
1950: La question royale va diviser une nouvelle fois le pays de manière violente. Les Flamands désirent le retour du Roi, les Wallons veulent son abdication. Son fils, Baudouin Ier devient roi en juillet 1951. "Vive la république" avait été lancé par Julien Lahaut. Il en fera les frais. En parallèle, l'Europe se construit. Le Progrès avec télévision, machines, voitures est dans les têtes et voilent les problèmes pour un temps. L'Expo Universelle de 1958 se veut le couronnement de la technique. Les mariages du Prince Albert et de Baudouin vont réconcilier les Belges. Les "Golden Sixties" font ressortir l'esprit jeune, la société de consommation, plein emploi, femmes revendiquant l'égalité, le sport en tête. On a le moral.
1960: La loi unique qui va s'appeler la loi "inique". Pourtant dans le même temps, dans le Sud, les industries reposent dangereusement sur le charbonnage, la sidérurgie sans chimie ni technologie de pointe. L'Université Catholique de Louvain va se scinder en deux ("Walen buiten") et envoyer les étudiants francophones à Louvain-La-Neuve. Les Fourons vont être souvent le théâtre de "Promenades dominicales" peu champêtres de partis de l'extrême droite flamande. Le déficit de l'Etat est vertigineux. La Loi Unique est votée avec des restrictions très dures, des salaires revus à la baisse. La Wallonie se sent plus lésée que les Flamands. La paralysie, les grèves nationales ne sont arrêtées qu'avec l'intervention d'André Renard qui voit la solution dans une réforme de l'Etat et le fédéralisme: trois régions, trois communautés.
1962: le frontières linguistiques sont dessinées. On déguise le problème pour Bruxelles. Les "Communes à facilités" sont nés. Les tentatives pour les rabotter vont se succéder dès lors.
En 1967, la Constitution est traduite en Néerlandais.
1968: Traumatisme chez les bourgeois wallons: l'Université de Louvain rejette les francophones. Louvain La Neuve est contruite et les reprend à bord.
En 1970, les 9 provinces changent de partitions. La crise se formalise avec la pénurie du pétrole. L'inflation et le chômage ne s'équilibre plus.
1978: le pacte d'Egmont capote.
Une loi linguistique avait été votée aux forceps (1980: Ernest Glinne). Le premier ministire Maertens est devenu le notaire des changements à répétition. Bruxelles reste au frigo. Une quatrième révision de la constitution donnait des compétences aux communautés et régions. Le processus de partage s'installe. La Belgique est fédéralisée. La cure d'amaigrissement de l'Etat s'appuie par des pouvoirs spéciaux. Le pessimisme domine car les charbonnages et les usines le plus souvent wallonnes ferment une à une. Des tentatives de déstabilisation de l' Etat font ressortir des violences endormies (CCC, tueurs du Brabant, Heysel).
1988: la loi de Financement crée des difficultés de financement des écoles pour les francophones.
La monnaie unique va obliger à resserrer les boulons et l'austérité. L'extrême droite fait une percée en 1991 et s'installe. Mais, un "démineur" est déjà là et fait la première grande réforme de l'état en versant dans le fédéralisme (1988-89) et 80 milliards passent du niveau fédéral aux régions.
En 1993, Baudouin Ier n'est plus et réveille l'unité du pays lors de son enterrement. Albert II relève le challenge. La Marche Blanche va réunir les Belges dans un drame familial en secouant justice et gendarmerie. Le cinéma réveille l'originalité par la sincérité typiquement dans l'idée de "Ca, c'est du belge". La dioxine précipite la chute du gouvernement dans un arc-en-ciel gouvernemental repoussant le parti chrétien dans l'opposition. La Belgique est devenue fédérale.
1999: Un vote flamand fixe 5 résolutions avec une idée cachée de confédération.
2007: Leterme, flamand au CD&V est incontournable avec 800.000 voix. Les 2/3 de majorité ne peut que le désigner comme 1er ministre.
2008: Surprise les francophones font bloc contre les desiderata des Flamands. La réforme de l'Etat, la scission BHV ne trouvent pas de compensations du côté francophone. L'élargissement de Bruxelles. Le problème de langue, de droit du sol, de la loi du nombre ressortent comme neige au soleil.
La suite : La crise expliquée aux nuls
Cet article du Soir récent (15 août) peut confirmer ce qui précède: le titre aurait pu être "Malade d'autonomie".
And now back to the present or to the future?
L'enfoiré,
Source (Moi, Belgique)
"La spectaculaire histoire des Rois des Belges", Patrick Roegiers
08:05 Publié dans Belgique, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire





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