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07/04/2008

Révolutions en parallèles?

Le 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?

0.jpgNote aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.


La femme et l'homme:

1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine.  L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.

2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les peep-shows ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de...  "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli. 

Les jeunes:

1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied.  Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé.  Sex, love, drug and Rock n'Roll.

2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, Sex and Rap.

L'éducation:

1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".

2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.

Le travail:

1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d’intérim  BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.

2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés.  La retraite est problématique. Les plans de pensions se comptent en piliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et  n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laisser-pour-compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.

L'argent:

1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.

2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.

Vie au quotidien:

1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.

2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
 

La santé:

1968: Christian Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du cœur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987. 

2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussissent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour trouver la parade au cancer au aux maladies cardio-vasculaires.

Justice ou injustice:

1968: Le "Germinal" de Zola, on n'y pense plus en occident. On n'accuse plus et on se passionnera pour des affaires qui montent en épingle une différence de justice entre les classes sociales (Bruay-en-Artois, Villemin, Ranucci...). Les hold-up commencent à répondre au manque de ressources.

2008: En Chine, un nouveau "Germinal" interne et un néo-colonisation externe, mis sous silence par les autorités. La délinquance de bas niveau est en diminutions suites aux précautions des gens et des banques qui se réfugient mieux derrière des portes et camions blindées. La pédophilie et les crimes en série sont en augmentation et atteint les plus fragiles. Faits relativement nouveaux, ils monopolisent l'attention des citoyens étonnés.

Écologie et environnement:

1968:Aucun avertissement écologique. Le parti écologique n'existe pas.

2008:Réchauffement climatique fait planer le risque majeur. La biodiversité disparaît en entraînant les espèces de manière accélérée. Rien ne va plus. Il faut réagir en catastrophe pour n'avoir pas plus de catastrophes climatiques. 

Énergie:

1968: le charbon et le nucléaire (1960) se partagent la production d'énergie. Monopole de Framatom. Environnement des lacs et sécurité souvent mis entre parenthèse. Le vent, la mer, le soleil, on sait qu'ils existent depuis toujours pour donner de l'énergie mais le pétrole est trop bon marché. On fait des files à Paris pour avoir 5 litres d'essence à 0,18 euros le litre.

2008: Le nucléaire est de plus en plus décrié. Certains pays ont planifié la fermeture des centrales. Monopole d'Areva. On recherche dans la panique les alternatives. La fusion nucléaire est encore dans les limbes. Le prototype du projet ITER devrait être achevé en 2016 à Cadarache. Le vent, la mer, le soleil, on se rend compte qu'ils ne peuvent pas apporter, dans l'immédiat, le besoin d'énergie suffisant. Le prix du pétrole en augmentation constante par la spéculation et la rareté qui se dessine à l'horizon. La pile à hydrogène est l'espoir de demain. "Ambiance électrique" dans la recherche d'alternatives, dans la précipitation vu l'échéance des produits énergiques classiques. On commence à rationaliser l'essence au prix de 1,54 euros le litre, vive l'essence payée en dollars. 

Guerre et paix:

1968: L'hostilité contre la guerre du Vietnam est grandissante. Considérée comme coloniale. Les bombes au napalm font des dégâts humains (4 millions de morts) et écologiques rendant la flore improductive pendant 2 siècles. Plus de bombes sont tombées sur le sol du Vietnam que pendant la guerre 40-45. Des morts américains reviennent au pays. Tous les mots en "-isme" ne passent plus dans le langage des jeunes. Les symboles sont haïs par la jeunesse par manque de connaissance et volonté de casser les liens avec les "vieux". Les mères américaines défilent contre l'envoi des conscrits au Vietnam. Johnson arrête enfin le massacre au napalm. Aux Etats-Unis, Bob Kennedy qui apporte un nouvel espoir, est assassiné, cinq ans après l'assassinat de son frère.

2008: L'hostilité contre la guerre d'Irak croît de jour en jour. Intérêts financiers en jeu. Les nations étrangères sont sur place pour pacifier donc plus de bombes, mais des attentats de guérilla pour saper le moral des occupants. Des morts américains reviennent au pays. D'autres mots en « -ism » sont apparus. D'autres symboles ont été mis au goût du jour. La jeunesse ne les remarque plus. Le terrorisme met de l'huile sur le feu. Les budgets de sécurité ont explosé depuis 2001. L'Afganistan se relance dans le "talibanisme" après l'insuccès de la pacification internationale. Les mères américaines réclament le retour des GI de l'Irak avant l'irréparable. Les arguments pour les élections américaines fait planer le retour des GI d'Irak. Au Pakistan, Benazir Bhutto, qui veut apporter un renouveau, est assassinée.

Gouvernement français et ailleurs:

1968: Les étudiants font des barricades. La 5ème République, De Gaulle passe du raz de marée à une impression de vieillir aux yeux des Français. On lui dit en finale "Non". On gagne au niveau social. On s'intéresse à la politique. Idéologie communiste semble donner une réponse. Le ras-le-bol ne s'attaque qu'au capitalisme étranger et pas contre le parlement et le pouvoir. Le rêve d'un monde plus juste et égalitaire prôné par le pasteur Martin Luther King subit un coup dur à la mort de son idole. Déstructuration de l'autorité. Gouvernements masculins majoritaires. Le président Johnson annonce la fin de convertibilité du dollar en or. Le républicain Nixon élu, rendra le dollar flottant par rapport aux autres monnaies, plus tard. L'instabilité des prix internationaux commençait.

2008: Une 5ème République, très modifiée, Nicolas Sarkozy a fait rêver avec des promesses du début et s'écrase car il n'a pas les cartes qu'il avait annoncé dans son jeu. Le jeu est truqué. On a perdu au niveau politique. La politique n'intéresse plus. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. Le communisme n'existe plus. L'écologie prend du galon. Seul le capitalisme persiste et signe plus fort que jamais. Pas d'alternatives. Le raz-le-bol s'attaque au capitalisme interne et externe. Le parlement et le pouvoir sont visés comme raisons des maux du monde. Le cauchemar du lendemain inégalitaire. L'homme se rend compte que rien ne change plus et l'autorité règne en bas et écoute en haut. Gouvernements bisexués.
 

Afrique:

1968: L'ébullition anticolonialiste continue au Congo. Alger se débat avec l'autorité qui brime les récalcitrants. Génocide au Biafra.

2008:L'ébullition ethnique est toujours latente. La guerre larvée au Congo brime la population trop éloignée de la capitale pour être protégée. Alger est parvenu à oublier les génocides qui ont miné le progrès et qui ont été amnistiés. Le Darfour se meurt.

Protestations et manifestations:

1968: Protestation en Pologne. En Tchécoslovaque, Alexandre Dubcek fait rêver par le mouvement du "Printemps de Prague" avec un socialisme à visage humain. Rêve qui tourne au cauchemar avec les chars soviétiques qui descendent à Prague. La normalisation soviétique reprend le contrôle par la force. A Berlin, Rudi Dutschke, le "rouge" mène la contestation. Au Mexique, une manifestation d'étudiant tourne au drame à Tlatelolco. A Paris, on joue avec les pavés. A Bruxelles, on manifeste pour une volonté de liberté parallèle avec les flamands qui explosent à Louvain. Gaston Eyskens n'est pas aimé et devient 1er ministre avec un gouvernement social chrétien. Bruxelles est le centre des discussions dans une première réforme de l'Etat.  

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2008: La Tchécoslovaque, divisée avec une relative souplesse, en Tchéquie et en Slovaquie, prospère à deux vitesses. La Yougoslavie n'existe plus et se retrouve régionalisée. L'Est s'éclate, morcelée. L'URSS est morte mais toujours en léthargie dans l'esprit de ceux qui n'ont pas profité de l'explosion du communisme. Elle renaît de ses cendres en réaction mais démocratiquement tronquée. A Paris, on défile, prévenu par SMS ou par Internet. A Bruxelles, on manifeste pour le pouvoir d'achat et pour les manques d'équité avec SDF. La scission BHV hante l'esprit du gouvernement mené par le 1er ministre Leterme avec un gouvernement gauche droite. Bruxelles est le centre des discussions dans une nième réforme de l'Etat.

 

Europe centrale ou des régions:

1968: Encore dans les limbes de la communauté de quelques membres de l'origine. Chaque pays se veut suzerain. Le gouvernement belge, en crise saute, raison: question linguistique. On veut exclure les francophones de l'université catholique de Louvain.

2008: L'Europe se retrouve avec un "melting pot" de langues, de cultures, de volontés d'imposer ses propres volontés. La résolution du problème de l'immigration est devenu crucial. L'esprit de clocher règne toujours. La couverture qui rétrécit est arrachée de dure lutte et des compromis tournent parfois à la compromission pour rester crédible devant les citoyens européens. La centralisation au niveau de Bruxelles est mal ressentie. Le régionalisme donne des envies de sécession et de séparation à l'amiable ou de manière plus musclée. On cherche un gouvernement belge stable et une réforme de l'état avec en toile de fond un régionalisme plus ou moins séparatiste pour suivre les deux langues nationales dans leur séparation.
 

La communication et médias:

1968: Radio, télé, téléphone à la maison et cafés de rencontres. Radio bistrot bien au concret. On discute entre copains dans la proximité. On mélange. On censure.

2008: Moins de radio, de télé, mais plus de téléphones de partout et vers partout. Internet, nouveau venu, mange le temps restant. On tchatte. Le virtuel pour discuter, pour mélanger la hargne et le mécontentement. Démocratisation de la communication au niveau mondial. Le Karcher est en marche mais s'exprime d'avantage que d'être efficace.

La vision du futur:

1968: on commence à rêver au siècle suivant. Stanley Kubrick sort son "2001, l'odyssée de l'espace". Le plus rapide, le Concorde (Mac 2,2) n'a pas encore fait son 1er vol expérimental mais il est planifié pour l'année prochaine.

2008: La science fiction fait toujours des envieux dans un ailleurs meilleur. "Le jour après" fait peur. "Une vérité qui dérange" réveille. Le plus gros, l'A380 (Mac 0,85) est lancé dans les air. On cherche le remplacement du kérosène.

L'espace:

1968: Objectif lune. Sur Apollo VII, trois Américains tournent autour de la lune et repèrent des points d’atterrissage. Arrimage réussit de Soyouz.

2008: Objectif lointain de Mars. La navette fait des allées et venues pour ravitailler la station spatiale avec arrimage automatique.

Loisirs:

1968: Recherche sous tous les attitudes et excentricités. Musique endiablée et rythmée. On ne cherche pas dans le passé des moments plus heureux. On invente du nouveau tous les ans. Mais on ne pense pas à bosser. On fume un joint roulé à la main. Les vacances, on se les limite de 500 à 1000 kms de routes, une fois par an, pour une période assez longue. On s'éclate en cadence jusque tard dans la nuit. L'avion est cher. Au cinéma, les mauvais garçons font rêver dans une version idéalisée de "Bonnie and Clyde". Gainsbourg y remettra une couche de douceur. On regarde la télé pour se délasser et découvrir le monde. 

2008: Les attitudes sont plus figées. Le mouvement est créé par les clignotements des lumières. Le rythme est syncopée. Les banlieues ont eu leur temps pour réveiller les problèmes. Pour se donner un peu de souffle, on cherche à voir de plus en plus d'émissions des "années bonheurs". On imite ses idoles dans des karaokés. On pense au lundi très proche où il faudra re-bosser. "Heureusement", il y a plus de variétés de drogues qui fait la fortune des produits producteurs et la perte en des pays consommateurs qui ne savent plus comment les contrer. Les vacances, on les imagine dans l'année, de nombreuses fois, les plus lointaines possibles et pour des périodes de plus en plus courtes. Il faut s'éclater sur mesure et en peu de temps. L'avion, "démocratisé", remplace le tramway à la suite du low-cost des transports aériens. Les "casses" et "policiers" font recettes dans les cinéma et à la télé. Le téléspectateur regarde les séries à la télé pour confirmer que le stress est bien présent partout. Les hobbies "utiles" sont, soit voulus par goût, soit forcés par la nécessité, pour permettre de combler un besoin du retour au manuel ou d'épargner les dépenses.

La technologie:

1968: La photographie sur film crée des emplois dans beaucoup de domaines annexes.

2008: Maîtresse du jeu, elle se veut proactive qui à briser le chaîne de travail. Le numérique remplace l'analogique. Poussée par la recherche appliquée. La recherche pur est toujours mal payée.

La religion:

1968: Ca s'en va. Le christianisme est en perte de vitesse.

2008: Et ça revient. L'intégrisme s'installe. L'islam surpasse la religion chrétienne en nombre de fidèles dans le monde.

L'esprit et l'air du temps:

0.jpg1968: La révolution va changer le monde. Le "Che" est là, comme idole, pour le faire croire. Les icônes se retrouvent en politique. L'argent ne fait pas encore tout. L'imagination tente de sortir de l'ombre mais n'est pas au pouvoir. Les intellectuels sont brisés et forcés à la délation.

2008: La révolution est dans les rares moment du "home sweet home". Les icônes sont dans le showbiz. Sans l'argent, pas de vie. La dégringolade est au pouvoir. Internet est libre, mais cette liberté inquiète et des "contrôleurs" sont nommés pour le surveiller.

Les sports:

1968: Les Jeux Olympiques avaient lieu dans une ville qui ne devait générer aucun problème et pourtant... Tommie Smith et les Black Panthers allaient montrer un aspect des États-Unis qui dénotait avec les idées reçues. Le KKK avait, en principe, terminé ses activités. Retour de flamme, et pour cause, un poing fermé démontrait que rien n'était encore parfait de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agissait des droits civiques revendiqués par les noirs se considérant dans le mauvais plateau de la balance. Le désir d'être comme les autres dans un pays où on rêve simplement d'être comme tout le monde. Les JO terminés, Tommie Smith se retrouvera une marche en dessous sans emploi. Le doping sort de l'anonymat et a eu sa première victime. Le sport professionnel se propage dans l'individuel. Jean-Claude Killy et Bob Beamon sont des vedettes parmi d'autres. Silence radio rompu.

2008: Les Jeux Olympiques auront lieu, normalement, à Pékin. On s'aperçois que les Droits de l'Homme n'y sont pas encore dans le bol de riz. Ce n'est pas vraiment un problème de couleur dans ce cas. On remonte bien plus loin dans le temps. L'Amérique se retrouve au banc des accusés et est désigné comme le fautif des problèmes internationaux. Le doping est de plus en plus présent et crée des victimes. Le sport compense la sédentarisation de la vie professionnelle. La flamme olympique, toujours symbole, sert comme flambeau de la contestation. Silence radio rompu.

La musique et les chansons: Elle suit toujours l'actualité

1968: "All you need is love", "Hey Jude" par les Beatles. Comédie musicale "Hair" à Broadway. Renaud écrit sa 1ère chanson "Crève salope", Joe Dassin chante "La bande à Bonnot", Johnny Halliday "A tout casser", Hugues Aufrais "Adieu Monsieur le professeur", Dutronc "Il est cinq heure, Paris s'éveille". Adamo "F comme Femme", Les Stones, Azanvour "Tout s'en va"...

2008: Beaucoup de remakes, Mylène Farmer "Déshabillez-moi", Aznavour "La terre meurt" et "La fête est finie"... et vous en aurez bien d'autres à donner avant la fin de cette année.  

Un clip 1968-2008   devait aussi exister.

Conclusions:

0.jpgCohn Bendit a dit, dans son livre, "Forget 68" que, depuis 1968, "On a gagné". Sarkozy voulait effacer ce "Mai 68" des mémoires le 29 avril 2007 lors d'une violente diatribe.  Ce qui a généré une réaction livresque d'André et Raphael Glucksmann dans un "Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkosy".

On en est loin, oui, à première vue. Les problèmes ne sont pas les mêmes hier et aujourd'hui. Il est, désormais, interdit d'interdire dans la culture. En occident, on se perd un peu à la recherche de ce qui peut encore l'être. Le pouvoir et l'argent ont de plus en plus d'importance. On veut y être. La compétition est passée de nationale au niveau international. Pour toutes les nations du monde, la démocratie est considérée comme la politique salvatrice à atteindre pour celles qui ne l'ont pas encore sur leur tablette. Dans les pays dits riches, la révolution en 68 a été initiée par les jeunes qui essayent d’entraîner les ouvriers dans leur combat. C'était le Temps des Cerises, on se battait pour que tout change. En 2008, par contre, la grogne est plus profonde, plus silencieuse et couve dans tous les foyers suite au pouvoir d'achat qui sombre et qui fait glisser les classes moyennes à la case précédente se rendant compte que le pognon n'est pas tout. Il reste peut-être le temps de "queues de cerises" et on commence à se battre pour que cela s'arrête de trop changer (Anne Roumanoff).

Dans les autres pays moins riches, le niveau de la classe moyenne n'est, lui, pas encore atteint. Certains hésitent à se rallier à cette démocratie en réaction à cet Occident accusées de tous les maux par les autorités qui réagissent pour faire contre poids au capitalisme impérialiste.0.jpg

Les révolutions, de toutes origines, n'ont pas jamais trouvé les réponses, de manière définitive, aux problèmes des hommes. Elles glissent, vite, vers une évolution plus douce, vers un oubli volontaire. Au cours de ces quarante ans de réflexion, les leçons du passé n'ont pas passé le cap des frontières, dans une fausse autonomie, sans chercher le bien commun. Grande erreur. L'intégration du monde est devenu complète. De là, découle la difficulté à tout parti à exprimer avec succès toutes convictions. 

Les plus jeunes ont compris le "system" imposé. Ils ont réagi en fonction des données qui leur ont été présentées. Ils se sont adaptés, vaille que vaille, dans un esprit nouveau de donnant-donnant.

Les plus anciens qui ont connus 68, avaient, probablement, plus de motivations. Ils sont devenus plus hargneux en subissant un changement de conception qui ne correspondait plus à leur expérience et méthodes. Allergie aux changements? En partie.

Un manque de compréhension des problèmes des deux cotés de la barre des âges a créé un conflit de génération. Conflit qui se retrouve néanmoins dans un consensus de mécontentements. 

Alors, "échec" ou "progrès", "révolution" ou "évolution"? Questions de point de vue et de sensibilité.

Problème est-il devenu plus structurel que conjonctural?

Le journal Marianne titrait tout récemment: "La promotion des nuls" en solicitant le culte de la spontanéité et de l'authenticité. Les études ne seraient plus, dans ce monde-là, la panacée pour réussir. Les fortunes les plus énormes ne sourient plus qu'aux audacieux réfugiés derrière des idées qui sortent du chapeau. Microsoft, IGE, Yahoo ne sont que des exemples. Les travailleurs se retrouvent comme dindons d'une farce dont ils n'ont pas les rennes. Ils participent sans le vouloir dans une idolâtrie des nouveaux symboles orchestré par le showbiz. L'écart entre ces deux mondes, qui s’ignorent, se creuse dans les même proportions des riches contre pauvres. 

0.jpg1968 a été une charnière de transition entre deux mondes avec une impression d'aller vers un mieux. Révolution culturelle menées par les jeunes avec la libéralisation de la parole dans le non-conformisme pour objectif dans une sorte d'explosion. Etant étudiant, je me souviens. L'agitation se retrouvait dans les café autour de l'université de Bruxelles et pris son envol le 13 mai en solidarité pendant 50 jours. Le 21 août, l'entrée dans la sélection pour mon service militaire pour trois jours au Petit Chateau de Bruxelles, c'était aussi le jour de l'entrée des chars russes à Prague.  Cela laisse aussi des traces dans la mémoire par l'excitation et la peur qui naissait par ricochet dans l'entourage.

2008, sera-t-elle une année de coutures instables entre plusieurs cultures avec une impression d'aller vers un pire? Les économistes confirment la crise du capitalisme et cherchent une porte de sortie et des solutions pour contrer un krach. Révolution du prolétariat pour casser la spirale des prix et la déchéance progressive par une sorte d'implosion programmée? La contestation se trouve derrière les claviers des ordinateurs. 

0.jpgFaut-il voir du pessimisme ou du réalisme dans cette comparaison. 

Internet concourera, certainement, sous le chapeau de l’anonymat et des pseudos, à ouvrir la pensée tout azimut en intégration avec le monde. Cela se confirme à la constatation que l'écriture explose. Peu importe qu'elle soit appuyée par des bases ultra solides par l'éducation. Le nouveauté a de ses surprises.

Le pluralisme d'idées semble un fait accompli et est en marche. Le réveil se prépare probablement moins révolutionnaire mais plus durable dans son action sous les claviers.

Le "I have a dream" de 1968, fédérateur, charismatique est encore à apporter sur la place publique pour motiver les populations.

De toute manière, avec le recul, on constatera toujours que cela restera un débat et un combat de tous les jours, la vie.

"Une révolution permanente de la liberté humaine", disait quelqu'un.

 

L'enfoiré,

 

Pour info: Pour en savoir un peu plus sur 68, Patrick Rotman présente sur France2, le 8 april,  le documentaire  "68"

Raymond Depardon, avec le même titre "68", présente un  livre d'images de l'époque. Hervé Hamon dans "Demandons l'impossible".

"Famille, je vous aime” de Luc Ferry, analyse aussi la différence d'époque.

 

Citations

  • « Para que queremos otra revolucion, si con una basta para hacernos ricos », Octavio Paz (qui a été emprisoné à la suite de cette phrase)
  • « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. », John Fitzgerald Kennedy

  • « Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops. », Jean-Marie Messier

  • « La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés. », Philippe Bouvard

 

Mise à jour du 30 avril: A la radio belge: "Mai 68, et après ?", à la télé : "Sous les claviers... la plage?"

    

 

Commentaires

Preuve que l'on manifeste aujourd'hui, mais pour d'autres objectifs.
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/asile-des-leaders-du-2008-04-29-595221.shtml

Écrit par : L'enfoiré | 30/04/2008

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