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22/04/2011

L'oracle maudit de la finance

"Comment ai-je pu faire cela? Je gagnais beaucoup d'argent. Je n'avais pas besoin de plus. Est-ce que j'ai des troubles de personnalité". Voilà la question que se posait Bernard Madoff du fond de sa prison lors d'une interview réalisée par Steve Fushman.

0.jpgA la fin du mois, Bernard Madoff aura 73 ans. Il purge, actuellement, une peine de prison de 150 ans après un procès très médiatisé. Aurait-il un autre nom, celui de "Mathusalem", l'homme qui a vécu 969 ans d'après la Genèse?
Depuis, il se confesse volontiers "rien ne justifie mes actes", mais il ne supporte pas qu'on le considère comme un être malfaisant. Il va même jusqu'à dire qu'il est quelqu'un de bien, alors qu'on le considère comme un monstre qui a trahi la confiance de milliers d'investisseurs, qui a ruiné certaines œuvres de charité et quelques Hedges Funds. A l’extérieur, on le considère, vraiment, comme un sociopathe.


Le cas "Madoff" vaut bien une messe plus attentive. Son histoire détaillée, racontée aujourd'hui, démontre ce qu'il est, un être repenti, brisé par son propre jeu de sorcière. Remonter le temps, nul ne le peut. Essayer que cela ne se produise plus, est toujours à notre portée.
Comme il le dit, il a toujours été un "family man", honnête ... au départ. Son épouse et ses enfants vont payer la monnaie de la pièce qu'il a joué. Ils vivaient tous dans le luxe sans se rendre compte de rien.
L'affaire dans laquelle il s'est laissé convaincre, a entrainé sa famille dans une spirale infernale qu'il ne maîtrisait plus. Depuis, elle s'est retournée contre lui mais est-ce elle seule qui jouait dans cette pièce?

Le père de Madoff avait une affaire florissante de fabrique de sport. Il a fini par faire faillite, alors que son fils était encore à l'université. Un père porté aux nues et qui perd tout, donne peur à ses descendants. Madoff s'est senti devenir ce qu'il réservera à sa propre génération après lui, un paria, un petit juif de Brooklyn.

L'automatisation informatique du trading en Bourse lui apporte le succès par le courtage. Dans les années 80, il devient riche avec une cagnotte de 100 millions de dollars par an. Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgans Stanley, Smith Barnez s'accrochent à ses basques comme un oracle de la finance.

0.jpgFaire fructifier l'argent des autres par des conseils en placements devient son violon d'Ingres. Ses plus gros clients investissaient déjà par son intermédiaires depuis des décennies. De l’arbitrage relativement peu risqué et un trader cupide, il n'y a qu'une mince couche sans fil.

Des rendements de 15 à 20% se faisaient en toute légalité dans les années 80, en gérant un portefeuille de 3 à 4 milliards de dollars vu les taux d'intérêts élevés qui se pratiquaient dans les banques. Rien d'extraordinaire de trouver des rendements pareils quand on se souvient du niveau de l'inflation de l'époque. Après l'euphorie, arrivée à son apogée, cette période décline inexorablement.
Lors du crash de 1987, il frôle la catastrophe. Il est poussé à vendre à perte par ses clients qui l'ont trahi d'après lui. Les options sur indices deviennent sa nouvelle stratégie. La récession s'installe dans les années 90. Il a des capitaux, mais plus d'idées où les placer pour les rentabiliser au mieux et répondre aux promesses aux clients.

0.jpg

 Il faut, de plus en plus, appâter mieux, payer de gros returns en puisant dans le capital des investisseurs précédents. La "vieille" chaîne de Ponzi est en place et les capitaux entrent dans le court terme. Et, ça marche comme s'il n'y avait pas eu de précédents dans l'histoire. Les banques lui font, à nouveau, la cour et le grise.

Le provisoire devient définitif avec les clients qui font une confiance aveugle du moment que cela rapporte plus que normal. Les 15% promis sont en réalité du 2% de return. Croire aux miracles, les banques savent le faire. Son pécher c'est de ne pas vouloir dire comment il réussit ses opérations qui convertissent n'importe quoi en or.

L'alchimie a toujours fait rêver et cela continue.

1.jpgEn secret, le cauchemar commence pour Madoff. Ne pas divulguer quoi que ce soit ni à l'extérieur, ni à l'intérieur dans la famille. Supporter sans parler.

En 2000, on lui offre, même, un milliard de dollars pour son entreprise, mais pour réaliser l'opération, il faut présenter les comptes et cela, il sait qu'il ne le peut pas.

Pour montrer sa bonne fois, prouver son potentiel, son image de gagnant, il va même se forcer à acheter des choses extravagante comme un avion, un bateau et quatre maisons.

Le remord le pousse à dire à ses meilleurs amis de ne pas investir ce qu'ils ne pouvaient perdre. L'avidité de ceux-ci va à contre courant, même si le doute commence à les prendre à la gorge.

La situation se détériore en même temps que la Bourse. En 2002, tous les signaux virent au rouge.

Rendre l'argent n'est plus possible mais heureusement, les clients ne le veulent pas.

Le 10 décembre 2008, la chute du marché ne peut plus donner illusion et il craque. Il doit rembourser 7 milliards. Il dispose à peine 10% de cette somme.

0.jpgC'est le jour de sa confession devant la famille. Anéantie, chez elle, c'est la honte. Plus tard, Mark, son plus jeune fils, est une de ses victimes. Il se suicide. Son frère, Andrew, dirige une petite société énergétique, « Madoff Energy Holdings » et « Abel Automatics », fabricant de moulinets de pêche, mais c'est « Black Umbrella », lancée par sa fiancée, qui le passionne.

Madoff avoue qu'il n'ira jamais plus bien. On le tient à l’œil dans sa cellule. Le suicide est mal vu en prison, même si cela n'est pas, d'après ses dires, dans sa manière de fonctionner. Toujours de nature soucieuse, il accepte son crime envers ses victimes.

Sa révélation et seule contestation finale fait encore plus réfléchir:
1.jpg-"C'est incroyable. Chez Goldman Sachs, personne de condamné au pénal. C'est une plaisanterie, cette réforme financière. le gouvernement tout entier est une pyramide de Ponzi".

Un expert, comme lui, ne peut être contesté à ce sujet.

Début avril, Kenneth Rogoff revenait à la charge sur cette constatation sans la contester. La note signée Reinhard et par lui-même, "A Decade of Debt", démontrait que l'ampleur des risques à puiser dans une caisse sans fond(s) était bien présente. 
Madoff accusait une perte globale de quelque 50 milliards de dollars.
1.jpg Les États-Unis, eux, ont une dette fédérale qui dépasse les 120% du PIB atteint à la fin de la 2ème guerre mondiale. Madoff pourrait avoir créé une onde de choc.

La dette japonaise, encore plus mal lotie, s'élève à 200%. Après les catastrophes récentes, le Japon devra plonger à nouveau dans la caisse pour lancer un plan de reconstruction.
Dire qu'étouffer la société sous le poids d'une dette impossible à rembourser, n'est donc pas une pensée en l'air.

1.jpgImaginer que les générations futures seront toujours plus riches pour assumer le remboursement d'une partie des dettes, est possible en période de conjecture haussière. La génération "jeunes" actuel donne, de plus en plus, une image de faire partie d'une génération perdue.

Ce n'est plus de la confiance, mais de la crédibilité qui manque. Seul, la création d'organes de contrôles fiscaux indépendants, de réformes drastiques pourraient enrayer les "fuites". Un organe de ce type existe en Suède, parait-il. Les pays scandinaves ont toujours eu une petite longueur d'avance.

Ce qui devait arriver, est arrivé.

Le problème des dettes en Europe s'étend désormais aux États-Unis.1.jpg

Les dettes américaine dépasse le PIB de la plus grande nation commerciale du monde.
Standard & Poor's a sonné la fin de la récréation. Elle se propose de dégrader le niveau de confiance dans la capacité du pays de pouvoir rembourser ses dettes. De stable au niveau triple A, le pays n'obtiendrait plus qu'une note inférieure si rien n'est fait dans un proche avenir.
1.jpgL'armée est le plus grand poste de dépenses d'un pays comme les États-Unis avec 722,1 milliards de dollars en 2010 alors que les dettes du pays atteint 14.000 milliards de dollars. Le Costa Rica, lui, n'a plus d'armée depuis 1948. Il est vrai que le Costa Rica n'a pas les mêmes soucis d'hégémonie dans le monde.

Un jugement récent au Québec pourrait ébranler la vérification comptable. Comme c'est une affaire ancienne, ce n'est pas les utilisateurs de la chaîne Ponzi, pas les investisseurs, non plus, mais les vérificateurs aux comptes de Castor Holdings, Coopers & Lybrand, fusionné avec Price Waterhouse en 1996 qui sont sur le siège des accusés. Goldman Sachs, la Deutsche Bank sont également sur la sellette de la justice pour avoir contribué à aggraver la crise financière.

On a toujours tort d'avoir raison trop tôt, mais a-t-on plus raison de l'avoir trop tard?

L'argent a toujours endormi les consciences. Dérivatif, raison de vivre, besoin vital, pouvoir sont les raisons principales de sa possession. Ce serait remonter à la source très lointaine de l'instinct de conservation que de penser éradiquer ce "vice".

Ce n'est pas, non plus, la belle chanson "Je veux" de Zaz qui y changera quelque chose.  
Quand, il y a beaucoup trop d'observateurs qui ne font pas leur boulot après coup, il faut être adepte d'une véritable religion qui croit au Père Noël.

Quant aux spéculateurs, il ne faut pas se leurrer, tout le monde le fait sans même le savoir en voie directe ou en différée. En direct, quand il s'agit d'acheter quelque chose pour une période ultérieure non déterminée, parce qu'on sait simplement que le bien acheté prendra plus de valeur ou sera plus cher à l'achat. En différé, par l'intermédiaire de l'épargne pension obligatoire prise à la source sur les salaires et introduite dans les fonds de pensions.

De la spéculation, j'en ai parlé dans "Spéculer en paix" ou "Le spéculte". Il y a une foule de manière d'aborder la finance, vicieuse ou coopérative au progrès. Par une confiance aveugle ou par une analyse avec le recul. La hausse du potentiel de gains cache un augmentation des risques. Les sirènes enchanteresses, cela n'existe que dans les rêves.

Les requins, eux, auront toujours leurs rémoras. Tous deux suivent toujours le même chemin, liés par le même besoin.
1.jpg Rien de plus dangereux qu'un gourou qui n'a pas ou plus la tête de l'emploi. Car il le veut, aussi, le bien de ses suiveurs dans un esprit de communion. Conseilleur mais jamais payeur, car ils ne le pourraient tout simplement pas.
Tous ensemble, "car, nous le valons bien" comme dit la pub d'une marque commerciale.

L'oracle maudit de la finance, Madoff, aurait pu être appelé "Icare". S'il s'est brûlé les ailes en volant trop près du Soleil, il initiait, aussi, un fameux "stress test" de la finance en grandeur nature, au niveau mondial.  
Les stress tests sont à la mode dans beaucoup de domaines en ce moment. Il faut avouer qu'il ne manque pas de risques.  Les pays membres du G7 vont être placés sous surveillance comme les budgets de la Communauté Européenne l'ont été. Bien, mais...

Etre prévoyant avant les catastrophes se heurte au "principe de précaution". Jusqu'où aller trop loin dans les prévoyances?

Rappelons que la catastrophe de Tchernobyl qui est devenue un  véritable "crash test". Bientôt le 25ème anniversaire d'un exercice qui avait pour but de prouver que l'on pouvait relancer la centrale d'elle-même à la suite d'une perte totale du réseau électrique. Les conséquences sont encore sensibles aujourd'hui.

Et, si on chantait ensemble "On ira tous au paradis"?

Là-bas, au moins, tout est gratuit à perpète.

Madoff, si tout va bien pour lui, viendra nous y rejoindre dans un peu moins de 150 ans comme prévu.
Mais, si vous le permettez, je préférai la chanson du dimanche "Cap'taine Madoff".

Elle ajoute l'humour aux circonstances.

 

L'enfoiré,

 

Citations:1.jpg

  • "Les mourants qui parlent de leur testament peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles.", Jean de la Bruyère

  • "Le portrait d'un être qu'on aime doit pouvoir être non seulement une image à laquelle on sourit mais encore un oracle qu'on interroge.", André Breton

  • "Le passé est l'oracle de l'avenir, et l'avenir est un interminable passé", Benoît Gagnon

 

0.jpgMise à jour 1 mars 2014: Stephane Bleus, un 0.jpgMadoff belge

 

 

 

 

Mise à jour 20 mai 2017:

1.jpg0.jpg

 

Commentaires

Bonjour mon ami. Sujet brûlant d'actualité. Nous avons eu au Québec deux gestionnaires de portefeuilles qui ont englouti des millions de dollars de pauvres gens et qui, aujourd'hui, sont enfermés dans les geôles du Québec. Même fonctionnement. Mégalomanie, secrets, dépenses somptuaires, et inertie des banques. Ce qui est terrible est le fait que les autorités financières n'aient pas vu à temps les manœuvres frauduleuses de ces gestionnaires. Le système financier apparaît dès lors pourri jusqu'à l'os. À la débâcle financière succède la débâcle de la confiance envers les institutions. Combien y aura-t-il d'autres Madoff pour faire miroiter des profits mirobolants et des illusions de richesse instantanée? Le parcours de Madoff, comme vous l'avez bien démontré, est celui du succès instantané et du miroir aux alouettes. L’appât du gain rapide fait sombrer dans la témérité des milliers d'épargnants. Et lorsque le rêve se brise, la chute est brutale. Très brutale. Tu écris : Les dettes américaine dépasse le PIB de la plus grande nation commerciale du monde. La situation financière des États-Unis est dramatique. Pays ingouvernable avec son principe de check and balance. Ingouvernable parce que seuls les intérêts financiers des riches ont préséance sur la vie sociale américaine. La pauvreté est une tare. La richesse est une religion. Le géant aux pieds d'argile sombre. L’orgueil en prend un sérieux coup. Wall Street n'est plus l'image de la réussite mais celle de la fourberie. Wall Street ne semble habitée que par des Scapin : il faut du haut et du bas dans la vie; et les difficultés qui se mêlent aux choses réveillent les ardeurs, augmentent les plaisirs. Et les États-Unis ont toujours cru que le bonheur se monnayait. Et que dire de l'Europe? Ces pays qui sombrent plus rapidement que l'ombre de Lucky Luke.

Tout cela est bien triste pour une seule raison : aucune leçon ne sera tirée de ces catastrophes financières. Ces tsunamis n'auront généré aucune réforme en profondeur du système financier.

Lors de l'anniversaire de l'OCDE, le président de la France, qui s'inscrit en grand moralisateur, a estimé que la "moralisation" du capitalisme était une "attente incontournable" de l'opinion mondiale : "Nous ne pourrons plus accepter les excès qui nous ont conduits à la crise". De quelle autorité morale pourra-t-il imposer une pareille réforme lui qui se sait au plus bas dans les sondages de confiance dans son propre pays et qui ne cesse de traîner des casseroles derrière lui? Et qui sait sera son premier obstacle? Barack Obama qui n'a d'autorité que l'ombre de lui-même.

Défaitisme? Oui car l'aube d'une réforme en profondeur est encore très loin et la lumière au bout du tunnel est encore très faible.

Des Maddorf sont en position de dominer le monde, d'abuser de la crédulité des faibles et d'enrichir la cupidité des riches.

Pierre R Chantelois

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 22/04/2011

Bonjour Pierre,

Je vais tenter une réponse philosophique et de manière allégorique.
Ce que l'auteur de l'interview a ressenti et que je voulais faire ressentir par cet article, c'est la dégradation d'une situation, et la déchéance de celui qui pousse le bouchon trop loin dans la bouteille au goulot devenu plus étroit. Celui qui a pris sur lui d'ouvrir cette bouteille et le parti de manipuler le "bouchon", veut faire participer ses convives à sa grande joie de faire déguster son "bon vin". Le vin commence à couler. Tout le monde est content. C'est la joie.
Pris dans l'engrenage, chacun a envie d'ouvrir d'autres bouteilles. Plus question d'arrêter. C'est tellement bon. S'arrêter. Revenir en arrière avec humilité quand l'ivresse commence? Qui y penserait?
Pourtant tout le monde se trompe, s'enivre. Accepter son erreur et casser les bouteilles?
Quand tout s'est emballé, c'est déjà trop tard. On ne réfléchit plus.
Le déboucheur ivre ne voit même plus le bouchon. Il l'enfonce, c'est tout. Maudite bouteille! Putain de bouchon! Cela marchait si bien, ... avant...
Lucide, il propose même de renvoyer tout le monde à la maison, d'appeler un taxi. Réponse: non, on a soif.
Personne n'a été le BOB de la soirée (vous savez celui qui n'a pas bu une goutte et qui dit "STOP")
Fermeture du rideau de l'allégorie.

Vous avez pu lire qu'au Québec, ce ne sont pas les soulards qui sont dans la lorgnette de la justice, mais ceux qui sont chargés d'être les BOB.
On connait la faiblesse humaine, celle qui oublie tout, même l'honneur et surtout l'acceptation de ses erreurs.
Les garde-fous, les BOB, c'est eux qui doivent être efficaces, qui sont chargés de rester sobres.
Les agences de notations, dans ce cas, sont sur la sellette. Indépendantes, elles se devront de secouer les sonnettes d'alarme avec tous les éléments de leurs décisions réfléchies à leur disposition.

Tout est imbriqué aujourd'hui. Les États-Unis, l'Europe, les pays émergents. Ils tirent plus vite que leur ombre comme Lucky Luke et vous avez raison, aucune leçon définitive, drastique ne sera tirée. Tout le monde aimera toujours boire un "petit coup", qui comme chacun sait est "agréable sans rouler sous la table".
Retourner en tant qu'ascète à une période du passé, sans vin, après y avoir gouté, me parait très peu vraisemblable dans la réalité. Oui, il y aura des serments, des ligues AAA. Parfois cela marchera, même. Mais on oubliera bien vite à la première embellie. Les récidives seront là.
L'homme est ce qu'il est: un être pensant, mais un être déformable qui aime les sirènes et les circonstances qui lui semblent joyeuses.

Alors, un petit dernier pour la route? :-)

Écrit par : L'enfoiré | 23/04/2011

Mon cher ami, je vous cite : L'argent a toujours endormi les consciences. Et ces consciences sont celles des prédateurs et celles des victimes. La cupidité et l'appât du gain rapidement gagné sont les deux tares profondes du système financier mondial. Quel système se montrerait aussi inefficace devant les trésors enfouis par les dictatures et qu'on peine à débusquer? Hyper sophistiqué, le système est rapide à s'enrichir mais lent à se délester des avoirs acquis bien illégalement. Sarkozy aura bel vouloir moraliser le système financier mondial il devra commencer par nettoyer sa propre cour. Et Obama - prix Nobel - ne peut rien contre les infamies de son pays à l'égard des pays pauvres. Les règles du développement international ne sont là que pour enrichir les pays donateurs. Et non pour éradiquer la pauvreté des pays dont on disait il y a quelques années qu'ils étaient sous-développés.

Avec le système monétaire actuel, l'homme, cet être intelligent, a atteint les plus bas fonds de la perfidie et de l'ignominie. Il est son propre ennemi. Il est dangereux pour lui-même. Triste planète, mon cher ami.

Pierre R.

Écrit par : Pierre R. Chantelois | 24/04/2011

Pierre,
Tellement de vérités étalées en peu de mots. C'est tellement facile d'attribuer les causes de problèmes sur d'autres têtes.
C'est grâce à la sophistication, à la complexité croissante des choses de la vie que l'on parvient à noyer le poisson.
Sarkozy a eu de beaux discours qui frisaient le populisme. Il s'est d'accord accordé un moment de consolidation personnel dans lequel les autres n'y avaient pas de place. Il a changé de multiples fois sa politique pour camoufler les erreurs de la version précédente.
Obama a été ovationné, récompensé avant de faire ses preuve par le Nobel de la Paix. Changer, réformer un système ne fonctionne que si tout le monde est prêt à faire le même pas. Les révolutions ne sont pas nombreuses dans l'histoire. Elles sont vite récupérée et n'atteignent pas ceux pour qui elles sont destinées.
La révolution française de 1789 a ébauché de beaux principes. Elle n'a fait que remplacer un régime aristocratique et autoritaire, par un autre, non moins autoritaire d'une bourgeoisie construite, prête à asservir autrement ceux qui ne font partie du "club".
La perfidie et l'ignominie font partie du même cortège de "solutions" trouvées avec l'appui de démonstrations dogmatiques ou par l'utilisation de preuves par l’absurde.
A notre décharge, je ne suis pas sûr que le vivant dans sa généralité n'obéisse pas aux mêmes règles dans une chaine de prédateurs et prédatés temporaires.

Écrit par : L'enfoiré | 25/04/2011

Les matières premières qui avaient grimpé anormalement, les voici, sur la sellette
http://www.rtbf.be/info/economie/detail_wall-street-finit-en-baisse-plombee-par-les-matieres-premieres?id=6054503

Si ce film ne vous rappelle rien?
http://www.youtube.com/watch?v=CUy4RHV340c

Écrit par : L'enfoiré | 06/05/2011

Guy

Ben faut avouer que toutes les folies sont permises vu que la folie est devenue la norme et sans aucune finalité .
J'arrête pas de le dire "la croissance infinie en biologie ça s'appelle un cancer" et en économie c'est un peu pareil.

1 La croissance infinie c'est une utopie et c'est impossible .
2 Tôt ou tard ça s'arrête donc ça ne peut pas être un modèle économique de long terme .
3 Cest pas une fin en soi, grandir pour grandir si tout le monde est grand en même temps on n'est pas plus dominant qu'avant .

Reste à savoir dire stop et mettre le systéme sur "PAUSE" afin de trouver des objectifs constructifs.(sans pour autant attendre une guerre mondiale comme il l'a fallu pour changer de modéle économique)

Vu que rien se se fera à aucun niveau de la société tant que nous ne changeons pas cette débilité profonde, ce cancer économique et social, je n'aurai plus envie de participer à grand chose vu que rien ne pourra se faire .
Bien entendu que je ne suis pas un vieux soixantehuitard attardé qui rêve d'élever des chévres dans le Larzac, je suis conscient que sans pognon obn ne fait pas grand chose MAIS je sais avant tout que le pognon et la croissance c'est un outil et certainement pas une fin en soi .

Donc en attendant que nous vivions moins crétins, je suis dans l'obligation de passer mon temps à me foutre de ce monde de gros débiles placés au sommet de la société . (tous ces gars qui ne savent que parler de croissance, de gouvernance mondiale et de volonté de rester dans ce système malade)

Sun Tzu

Écrit par : Sun Tzu | 31/05/2011

Bertrand,
Une citation bien connue en Bourse dit "les arbres grandissent mais ne montent pas au ciel".
"mettre le systéme sur "PAUSE""
C'est ce que j'appelle "consolider" les connaissances.
J'en reparlerai très bientôt.

Écrit par : L'enfoiré | 31/05/2011

Guy

En l'état actuel de l'économie nous en sommes à un point ou nos société sont atteintes de psychopathie .
La psychopathie en modèle de société c'est super !

Le peu d'intentions louables qui restent sont rendues impossible au nom du conflit d'intérêt, de la mondialisation, des marchés etc...
Plus on me parle d'écologie, surtout pour un président élu, plus j'en rigole tellement c'est prendre les gens pour des abrutis . (ce n'est qu'un exemple mais je peux en trouver des centaines comme celui-là, comme l'emploi, la santé, la justice ou bien d'autres choses...)

Les connaissances on s'en fout totalement, la chose économique nous abaisse à la vitesse grand "V" à l'état d'invertébrés .
Bref, tu vois où j'en viens et je suis très loin d'être le seul à en être arrivé là ....
Sun

Écrit par : Sun Tzu | 02/06/2011

Je n'ai rien à ajouter. Tout est dit et bien dit. :-)

Écrit par : L'enfoiré | 02/06/2011

Madoff l'homme qui valait 65 milliards

http://www.rtbf.be/video/detail_madoff-l-homme-qui-valait-65-milliards?id=1887936

Écrit par : L'enfoiré | 23/01/2014

Stephane Bleus, un nouveau Madoff "à la belge"?
Il aurait proposé de hauts rendements via la société Pegasius.

Cent millions d'euros en jeu.
Plusieurs dizaines de personnes auraient été escroquées en Belgique pour des montants qui pourraient approcher les 100 millions d’euros, a révélé samedi le quotidien économique L’Echo.
Selon le journal, qui parle d’un « Madoff » belge, quelque 70 victimes, essentiellement belges, mais aussi néerlandais, allemands et luxembourgeois auraient été abusées, par le biais d’une société basée au Luxembourg.
L’escroc présumé, qui avait pignon sur rue, avec plusieurs commerces à Bruxelles, promettait des rendements jusqu’à 25 %, selon la RTBF.
Deux plaintes pénales ont été déposées au Luxembourg et à Bruxelles, notamment pour faux et usage de faux et abus de confiance.
Des équipes de l’inspection spéciale des impôts (ISI) ont effectué vendredi des descentes dans les bureaux d’une des structures bruxelloise de l’escroc présumé, Stéphane Bleus, qui est en fuite.
D’après L’echo, son objectif final était de s’attirer les faveurs de l’Eglise belge pour que celle-ci investisse dans ses structures.

http://www.lesoir.be/482763/article/actualite/belgique/2014-03-01/un-madoff-belge-gruge-70-epargnants-pour-100-millions-d-euros

Écrit par : L'enfoiré | 01/03/2014

ARTE présente jeudi 26 juin 2014
L'ingénieux Monsieur Ponzi

Grandeur et décadence de Charles Ponzi, l'inventeur de la première escroquerie financière moderne, qui inspira Bernard Madoff. Pour transposer la pièce de David Lescot à l'écran, Dante Desarthe a fait le pari d'inscrire ses comédiens sur des images d'archives de la première moitié du XXe siècle.

http://www.arte.tv/guide/fr/048693-000/le-systeme-de-ponzi?autoplay=1

Écrit par : L'enfoiré | 23/06/2014

Cet homme est le Madoff chinois

Le milliardaire chinois Ding Ning, fondateur de la plate-forme en ligne pour les investisseurs Ezubao, vient d’être arrêté par la police, avec une vingtaine d'autres personnes, qui étaient ses employés. On les soupçonne d'avoir mis en place une gigantesque chaîne de Ponzi, qui leur aurait permis d’accumuler un butin de 7 milliards d’euros en escroquant près de 900 000 petits investisseurs.
Selon certains observateurs, Ezubao est destiné à devenir le plus grand scandale financier de l'histoire chinoise.
Ezubao a été créée en 2014, et elle est devenue très rapidement l”un des sites de prêt incontournables pour les épargnants chinois désireux de diversifier leurs placements, en leur promettant des taux de rendement qui pouvait atteindre 15%. En réalité, les versements qu’ils effectuaient étaient utilisés pour payer les investisseurs entrés avant eux, au lieu d’être investis dans les prétendus programmes immobiliers dont Ning se disait le promoteur.

Des programmes immobiliers fictifs
Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, Ezubao a levé de cette manière plus de 50 milliards de yuans (environ 7 milliards d’euros)
Finalement, il s’est avéré que 95% des projets d'investissement ont été inventés par Ezubao.
Xinhua a également précisé que Ding aurait dépensé une partie de l’argent de ses investisseurs en s’offrant des cadeaux luxueux, dont une villa d’une valeur de 130 millions de yuans (environ 18,2 millions d’euros), et un diamant rose d’une valeur de 12 millions de yuans (environ 1,7 million d’euros).
Les officines de prêts “P2P” sont censées investir l’argent qu’elles lèvent de leurs investisseurs dans des projets de développement dans le secteur de l’immobilier, entre autres. Mais selon des analystes, près de 3800 de ces entreprises connaîtraient des difficultés financières, en particulier parce qu’ils promettent de meilleurs rendements que les dépôts bancaires à leurs investisseurs.

Source: http://fr.express.live/2016/02/02/cet-homme-est-le-madoff-chinois/

Écrit par : L'enfoiré | 03/02/2016

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