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10/06/2011

Innover, oui, mais comment?

Début mai, un dossier paraissait sur l'innovation et ce que l'on entend par elle.

0.jpgInnover, c'est un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle. Elle se distingue d'une invention ou d'une découverte dans la mesure où elle s'inscrit dans une perspective applicative.

Tout est dit dans la théorie, mais dans la pratique, ce que l'on fait aujourd'hui correspond-il vraiment à de l'innovation?

La Wikinomie est face à une grande stagnation dit Tyler Cowen.

Selon lui, les progrès technologiques pourraient être de la poudre aux yeux et être bien moins impressionnants que ceux qui ont existé entre 1880 et 1940.


Sans contester, Tyler Cowen ajoutait que si la technologie a ajouté quelques avantages dans la vie de tous les jours, ses potentiels ont été rabotés à cause de son caractère ouvert et gratuit. Sur le plan matériel, on se retrouverait au même niveau qu'en 1953. Les moteurs, l'électricité et Internet pour relier les gens entre eux, sont arrivés mais le manque de capitaux et le côté lucratif de l'économie, ont été oublié dans l'opération. 4.jpg

L'emploi a dégringolé dans le processus de radicalisation. Apporté par Google, Facebook et Twitter, il n'entre plus en comparaison avec l'emploi que nécessitait l'automobile de Detroit au début du 20ème siècle. La virtualité a, décidément, brisé l'emploi dans l’œuf.

En conclusion, par ce phénomène de restriction des moyens, on se trouvait plus matérialiste à l'époque qu'aujourd'hui.

Étonnant de conclure ainsi, alors qu'on aurait l'impression du contraire dans cette période agitée, fébrile, dans laquelle chacun a l'impression d'avoir fait avancé le schmilblick du progrès avec la machine à produire.

Dans ma "Grande Gaufre" qui parle de l'informatique, j'exprimais déjà une idée du même type. Seule l'image qu'on donne à cette pseudo innovation, semble donner une fausse impression de nouveauté. Nous ne sommes plus dans une période de révolutions mais d'évolutions successives, soit positives, soit négatives, mais qui se font sentir très faiblement du côté "innovations" mais plus, du côté des ratés, des déconvenues.

Sans rire, on peut ajouter qu'il y a eu des reculs dans le progrès du bien-être des gens. Rétrograder, débrayer sont des réponses à une erreur d'orientation. Dans un processus normal, un produit qui, tout à coup, se montre plus cher ou moins rentable à l'exploitation, engendre le retour sur la marche du dessous.

Le "buisson de la vie" que l'on trouve dans l'évolution naturelle prend beaucoup plus de temps qu'à l'échelle humaine plus encline à la rentabilité immédiate. Les chainons manquants sont en quelques sortes, des ratés de l'évolution naturelle. L'homme, d'aujourd'hui, améliore (du moins, il le tente et l'espère), on n'invente pas vraiment, il évolue par à coups voulus rapides mais sans réelles révolutions. Tout a un prix et on n'a plus les moyens de notre politique.

Il reste à espérer qu'il existera des bénévoles géniaux.

Si on remonte avant l'époque de la révolution industrielle, la plupart des inventions étaient chinoises, indiennes ou arabes. Ce sera grâce la force de l'économie occidentale de transformer et de valoriser les inventions des autres. Ils ne feront qu'améliorer les techniques connues en remarquant que chaque petit progrès pouvait générer de la productivité et du profit. Pour cela, il a surtout bénéficié de l'énergie bon marchée du pétrole.

L'accès bon marché aux matières premières permettra de rentabiliser plus vite la recherche. La libéralisation du commerce, la régulation transnationales, la mondialisation se partageront enfin les quotas à atteindre et les synergies pour les atteindre.

Les entreprises qui innoveront de nos jours, ne se retrouveront plus dans les sociétés les plus énormes, mais dans les startups et les spins-offs plus agiles.  Plus légères, plus rapides dans leurs réactions aux succès et aux échecs, elles se débrouilleront mieux face aux crises.

Internet incite à la connaissance, à l'éducation, à la portée du plus grand nombre d'utilisateurs. Sortir de l'élitisme par le bon marché de l'information, est une bonne chose en soi. Sans validation, sans médiation, sans orientation, cela resterait plus douteux. Cela ne veut pas dire "contrôle", mais simplement, par une volonté de ne pas dérailler du convoi de la connaissance de base.

Don Tapscott et Anthony D. Williams y voient une opportunité par la transparence, par le partage, la collaboration, l'intégrité, la sensibilité d'une population sans frontières, ultra-connectée et mondialisée. Travailler en réseaux en espérant qu'il y aura un chef d'orchestre qui sélectionnera le meilleur, est pourtant un rêve dans l'état actuel de l'utilisation d'Internet.

La société devient poreuse, avec les conseils d'experts ou d'expériences et la sous-traitance toujours pour rechercher le meilleur prix-performance. La société se raccroche à tout ce qui lui parait stabiliser le flux en prenant le plus d'accents de vérités et se retrouve parfois très éloignés de la vérité elle-même.

0.jpgInventer et placer un brevet n'assure plus rien. Tout n'est d'ailleurs pas "brevetable". Les brevets sont limités dans l'espace et dans le temps. Ils se payent dans chaque pays où ils sont censés apporter leurs effets de protection. Ils sont loin d'être gratuits. Rien qu'au niveau des taxes, on peut compter 1.033 euros par an en moyenne au niveau européen et 90.000 euros pour le brevet lui-même pour 6 ans. Au niveau international, on arrive facilement à 45.000 euros. 

Un brevet, pourquoi faire si c'est être galvaudé ou piratés dans les mois qui suivent leur déposition? Dans un monde interconnecté, le piratage devient un deuxième nature et se plaît à annihiler les effets.

Entre le "tout donné", l'"open source" et le produit propriétaire, il y a heureusement plusieurs degrés. Le shareware présentait une solution de test aux utilisateurs, candidats acheteurs de solutions. Il a été détourné. Des processus de limitation dans le temps de l'efficacité du software, ont été trouvé comme palliatif. Le "freeware" est une manière d'espérer une introduction dans le monde de la finance comme carte de visite. 

0.jpgVendre de l'IT comme de l'électricité, ne résout pas tout dans la nouvelle mode du "cloud computing". Les processus "clé sur porte" resteront fort peu compatibles avec le "tout fait". Pas de solutions intégrées qui reprennent un processus général qui commencerait au début d'une exploitation et se terminerait en fin de cycle. Une série d'interfaces devront se développer pour construire un ensemble cohérent. Des "fichiers plats", comme interfaces, risquent de perdre quelques bribes de raffinements au passage.

Le "Pay as you go" n'offre-t-elle pas l'innovation et pas l'assurance du prix minimum? Sommes-nous à la fin des coûts fixes? Le blog de CloudPlaza rappellerait les limitations du processus. Mais, cela dépend du cas.

Steve Jobs  semble montrer le chemin de l'innovation technologique et a vu l'avantage et le désavantage de ce "cloud computing", dans un "nuage de raisonnements". Il lance "iCloud" pour suivre la concentration de toutes ses inventions de moyens de communiquer en utilisant la nomenclature précédée par le "i" magique. Cela permettra aux utilisateurs d’iTunes d’écouter leur musique en streaming sur leur iDevice mais également depuis un ordinateur qui il l'espère sera un Apple ou iApple. Prix 25$ par an. Systémisation du concept intégré dans une congrégation presque religieuse.

L'Open Source, faut-il le rappeler, fait souvent appel aux idées déjà sur le marché depuis un certain temps. Copier le design coûte moins cher que prendre les risques de la création.

La valeur ajoutée par le partage existe car l'idée du bénévolat, de laisser une trace "inventive" à bon marché existe.

0.jpgLes financements des projets restent trop concentrés sur un croissance rapide. Il faut que cela rapporte beaucoup et tout de suite. Le besoin de changer s'impose par la volonté du marketing, sans pour cela apporter une innovation. Il suffit de consulter un catalogue de portables pour dénombrer une série de variantes, à des prix concurrentiels, mais qui à l'analyse ne diffèrent que très peu de choses, souvent de gadgets, entre le haut et le bas de gamme. La consolidation de leurs utilisations réelles, n'a plus droit de cité. Aucune statistique n'existe qui démontrerait que les "plus" sont réellement des plus. Le matériau pour construire ces engins de hautes technologies n'entrent plus dans les plans d'une bonne compréhension des finalités du mieux vivre, du mieux utilisé.

Une batterie d'un portable qui n'apporte plus son électricité dans un temps suffisamment long et c'est le remplacement de l'appareil tout entier qui s'impose. Si le GSM fonctionne encore, il sera réutilisé en 2ème main dans un pays moins technologique. Les métaux précieux qui les composent seront récupérés à bas prix. Si ce n'est plus le cas, il sera décomposé, désossés, en pièces détachées où remis en circulation au niveau de la matière inerte qu'il est toujours resté sans sa technologie. Certains pays comme l'Inde ont compris que la matière première reste "première".

Les goûts des consommateurs sont versatiles, c'est vrai. Mais, il faut garder en mémoire que l'on n'a jamais tout à fait raison d'avoir raison trop tôt. Se retrouver dans le "just in time" relève de la chance et de la perspicacité. De cette gabegie de versions intermédiaires que l'on nomme d'un indice de sous-versions, peut-être faudra-t-il un jour faire patienter les consommateurs, un peu plus, sous peine de se voir écraser par une production non achevée. Inachevée mais tout autant consommatrice de matières premières, non renouvelables.

Un principe de base dit qu'innover, c'est inventer un créneau auquel personne n'y a jeté un coup d’œil auparavant.

0.jpgTrouver des sponsors n'est pas encore garanti sur facture. Le capital à risque en période de restriction est une denrée rare. Faire une étude de marché.

Les innovations, toujours en porte-à-faux, en avance sur les besoins de ses consommateurs font partie des erreurs des décisions.

Quand seul des spécialistes parviennent encore à les comprendre et à suivre le rythme des évolutions, il y a danger.

Le recyclage est devenu un cycle que l'on observe pour le papier journal qui ne transfère que de l'information. Le plastic a jusqu'ici été le matériau noble prêt à toutes nos fantaisies. Un GSM contient beaucoup d'autres matériaux comme le précieux coltan.

Être seulement respectueux de l'environnement est déjà en soi, une innovation.

Peut-être faudra-t-il réinventer le recyclage pour qu'il coûte encore moins cher et qu'il rapporte plus.

Consolider les acquis ne semble plus la panacée.

Les sciences ancestrales ont, souvent, été reléguées au statut de superstitions, mais pourraient relancer les moteurs de l'innovation.

0.jpgLa technologie est venue s'ajouter, mais, elle n'est qu'un outil, pas une fin en soi.

Si la science accumule les connaissances, s'est pour, en définitive, s'apercevoir de la mesure de notre ignorance avec plus de précision. Le monde se fond en un gigantesque enchevêtrement d'informations, de nouvelles technologies qui deviennent, chaque jour, de plus en plus complexes et inextricables.

Dire je sais qu'on se sait jamais comme Gabin le chantait, c'est surtout se donner de la motivation pour toujours aller plus loin et de se dire qu'il y aura un autre siècle des Lumières.

Pas question de penser à la décroissance pour croire que tout va s'arranger. On ne revient jamais complètement aux sources. On les complète toujours.

0.jpgPlutôt que de transbahuter nos rébus, nos déchets, nos ratés, nos nouveautés inachevées, propres à toutes civilisations du progrès qui ne rend plus le temps au temps, pour les retrouver ensuite. Et si on les téléportait?

Ça, au moins, en période de grandes tranhumances, ce serait génial. Oui, il y a la méthode originale.

Mais, il y en a d'autres, comme celle-ci ou comme celle-là...

La Tour de Babel que l'on atteindrait par la téléportation?

Un rêve, un cauchemar?

Non, cette fois, une innovation pure et dure, tout simplement.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Les innovations sont presque toujours le fait d'explorateurs individuels ou de petits groupes, et presque jamais celui de bureaucraties importantes et hautement structurées.", Harold J. Leavitt
  • "L'innovation, c'est une situation qu'on choisit parce qu'on a une passion brûlante pour quelque chose.", Steve Jobs
  • "Innover, ce n'est pas avoir une nouvelle idée mais arrêter d'avoir une vieille idée.", Edwin Herbert Land

 

0.jpgMise à jour du 06/06/2012: Internet déjà trop petit, entame sa révolution aujourd'hui.

Le réseau a atteint la limite théorique des adresses IP disponibles, il y a déjà un an.

Un nouveau système règlera, tout en finançant l'ICANN, discret gestionnaire du WEB.

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Mise à jour 5 août 2014: Le brevet européen est mal vu.

 

Commentaires

Bonsoir Guy
Pas très optimiste, sans doute pour cela que tu n'as pas de réactions
Bonne soirée

Écrit par : Moïsette | 16/06/2011

Bonsoir Moïsette,
La vie n'est pas uniquement faite de ciel bleu.
Les réalités sont parfois bien plus crues que les fictions.
Bonne soirée

Écrit par : L'enfoiré | 16/06/2011

Salut Guy,

Article puissant et complet, tout à fait abordable et vulgarisateur.
Je ne sais plus qui a écrit " à force de ne rien trouver d'intéressant à lire, j'ai fini par écrire. "
On peut considérer que la recherche a quasiment tout trouvé, mais c'est le circuit commercial qui focalise les résultats sur l'éphémère.
Les concepts du renouvelable et du durable voués à durer sont occulté au profit du jetable.
les objets de nos grands parents qu'ils ont su préserver peuplent nos musées de collections qui font rêver.
Qu'en sera-t-il des notres...? a+.

Écrit par : L.S. | 28/06/2011

Salut Liza,

Préambule:
Tu as pu remarquer que je publie plus sur AV.
J'ai un peu trop donné de ce côté.
En plus, j'aime dialoguer, c'est à dire que chez moi, un article est un prétexte à la discussion.
On peut être d'accord ou pas d'accord, mais il faut justifier son choix par autre chose qu'un "+" ou un "-" comme côte.
Aujourd'hui, même un profession se doit de justifier la cotation qu'il donne, après un examen.

"Article puissant et complet, tout à fait abordable et vulgarisateur."
En fait, je n'invente rien. je ne fais qu'extrapoler les écrits que je lis en les juxtaposant. Complet, j'essaye de l'être, en effet.
Les idées personnelles ne viennent pas dans l'heure, ni dans la journée. Elles font parties de notre vie et de nos constatations.

"à force de ne rien trouver d'intéressant à lire, j'ai fini par écrire. "
L'intérêt de la lecture? Vaste sujet, qui mériterait un article complet, encore plus dense.
Je l'ai déjà écrit dans "Eloge à la lecture". Sans elle, c'est le style qui en pâtirait.
Ecrire est un retour de flammes. Une envie de s'exprimer, d'exister, de se souvenir mieux d'un texte.

"... la recherche a quasiment tout trouvé, mais c'est le circuit commercial qui focalise les résultats sur l'éphémère."
Ce fait là, la rentabilisation, ce n'est pas nous qui l'avons inventé, c'est la nature, l'évolution.
La différence, la rentabilisation est souvent immédiate. C'est peut-être ce soucis de la connaissance que tout est éphémère qui a poussé l'homme à accélérer le temps.

"Les concepts du renouvelable et du durable voués à durer sont occulté au profit du jetable."
La consommation a beaucoup évolué aujourd'hui par le marketing qu'il ne le faisait dans ma jeunesse.
La publicité traverse les frontières par Internet. Plusieurs parle de changer de paradigme, d'abandonner le capitalisme. C'est pas l'abolition de la pub, qu'il faudrait commencer. Hors, nous allons complètement à l'opposé.

"les objets de nos grands parents qu'ils ont su préserver peuplent nos musées de collections qui font rêver.
Qu'en sera-t-il des notres."

Tu as raison. Même nos patrimoines sont délocalisés (je viens de le lire). Peut-être irons-nous voir les musées de nos anciennes collections en Chine, en Inde, ...
Et eux viendront voir les grattes-ciels, chez nous, pour ne pas se sentir "délocalisés".

Écrit par : L'enfoiré | 28/06/2011

Internet déjà trop petit, entame sa révolution aujourd'hui.

Le réseau a atteint la limite théorique des adresses IP disponibles, il y a déjà un an.
L'ancien système IPv4 permettait 4 milliards d'adresses uniques.

Un nouveau système IPv6 règlera, tout en finançant l'ICANN, discret gestionnaire du WEB.

Projet de 352 millions de dollars qui représente 6 fois les budgets de l'institution.
En 2020, on s'attend à avoir 50 milliards de machines connectées.

Écrit par : L'enfoiré | 06/06/2012

Pourquoi les capitalistes haïssent les innovations

La technologie numérique nous permet de réinventer notre propre monde, et ce qu’elle nous promet pour le futur est fantastique, à condition que ceux qu’elle risque de gêner parce qu’ils manquent de l’imagination nécessaire pour en voir le potentiel ne viennent s’interposer pour protéger leurs intérêts, écrit Jeffrey Tucker sur le site « Laissez Faire Books ». Et ceux qui risquent d’élever ces barrières, ce sont les capitalistes eux-mêmes.
Tucker cite l’exemple de l’imprimante 3D, que l’on commence à trouver pour des sommes aussi modiques que 400 dollars (environ 300 euros). Ces imprimantes, qui permettent de fabriquer des objets sur la base de fichiers numériques, pourraient révolutionner le transport. Bientôt, au lieu d’envoyer des camions ou des navires de marchandises, on n’enverra plus que des fichiers de données, prophétise-t-il.
Mais une anecdote illustre bien les obstacles que cette révolution devra d’abord surmonter. Récemment, Thomas Valenty, un passionné du jeu Warhammer, avait fait l’acquisition de l’une de ces imprimantes 3D. Il s’était amusé à concevoir des figurines pour le jeu, et il avait posté le résultat de ses efforts sur le site de partage de fichiers pour imprimante 3D Thingiverse, pour permettre à d’autres passionnés de produire leur propres figurines selon ses spécifications. Mais Games Workshop, la société britannique qui avait conçu le jeu Warhammer, a trouvé les fichiers de Valenty, et porté plainte contre Valenty, qui se retrouve désormais au centre d’un procès pour copie d’objets physiques.
L’économiste Joseph Schumpeter avait prédit dans les années 1940 que les capitalistes finiraient par détruire le capitalisme parce que leurs modèles de rentabilité les obligent à se renouveler constamment. Il croyait qu’une classe de capitalistes finirait par haïr l’innovation et qu’elle prendrait action pour que des lois soient votées pour y mettre fin.
L’histoire est émaillée de multiples exemples de ce lobbying pour tenter d’entraver l’arrivée d’une innovation qui pourrait nuire à un marché existant. Récemment, on a craint que les livres numériques ne détruisent la littérature. Aujourd’hui, on sait qu’au contraire, ils ont permis de la développer, et de la vulgariser. Lors de sa création, on a pensé que la radio supprimerait le besoin des concerts, ce qui ne s’est jamais produit. Lorsque les disques ont été créés, on a cru qu’ils allaient nuire à la radio.
Chaque nouvelle technologie qui devient rentable est considérée comme une menace par les producteurs des produits qu’elle rend obsolètes. Mais avec le temps, il s’avère que le secteur finit par prospérer grâce à elle bien plus qu’il ne le faisait auparavant.
En fait, on observe toujours la décroissance des profits à long terme dans les économies de marché lorsque les conditions de production et de distribution sont laissées inchangées. C’est une conséquence de la concurrence : en produisant mieux et pour moins cher, elle oblige à apporter des améliorations, sous peine de voir les profits s’effondrer. Mais c’est aussi la raison pour laquelle de nombreux capitalistes haïssent le capitalisme. Dans une économie dynamique, et un marché libre, le cycle de production et de distribution tend toujours à anéantir les profits, et les entreprises qui veulent continuer à en réaliser doivent constamment s’améliorer.
C’est ce qui peut pousser les entreprises à réclamer la protection de l’Etat contre les nouvelles technologies. Mais elles ne peuvent au mieux que retarder l’inéluctable, parce que rien ne peut stopper les humains dans leur recherche d’une vie meilleure.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=pourquoi-les-capitalistes-haissent-les-innovations&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 26/06/2012

Secrets des entreprises les plus innovantes

Dans son ouvrage, « Group Genius: The Creative Power of Collaboration », le professeur de psychologie Keith Sawyer décrit comment les meilleures équipes créatives peuvent produire de nouvelles idées et des innovations grâce à des processus collaboratifs. Business Insider a synthétisé ses conseils en 10 points :

✔ Misez sur plusieurs chevaux. Les entreprises les plus innovantes mènent plusieurs petits projets de front. Elles font des expérimentations, et au lieu de se concentrer sur un plan général, elles gèrent ces petits projets au jour le jour en fonction de ce qui se présente. Les sociétés qui planifient l’avenir et passent des mois à élaborer une stratégie et des plans de développement échouent souvent, parce que l’avenir se déroule rarement comme elles l’avaient prévu.

✔ Créez un service de « surprise ». Sawyer explique que certaines entreprises créent des services autonomes dans lesquels des employés sont chargés de recueillir et de mettre en pratique les idées qu’il auront pu glaner au hasard. Parmi ces idées, il peut aussi y avoir celles qui sont formulées par les autres collaborateurs de la société. Chez Shell, par exemple, ce service s’appelle «GameChangers », et il a permis de créer plus de la moitié des innovations de la compagnie.

✔ Mettez en place des espaces propices à la conversation créative. Les espaces ouverts permettent la libre circulation des idées, l’échange d’informations informelles et les conversations spontanées.

✔ Oubliez les délais. Les délais et le travail sous pression permettent aux gens de se dépasser en quantité de travail, mais pas en créativité. La chercheuse d’Harvard Teresa Amabile a trouvé que cette technique managériale tuait la pensée créative, même si, paradoxalement, les employés qui y sont soumis se sentaient plus créatifs.

✔ Gérez les risques d’improvisation. Il faut assurer un équilibre entre improvisation et planification. Le premier risque avec l’improvisation, c’est qu’elle prend du temps sur les projets qui avaient été bien analysés.

✔ Innovez à la limite du chaos. Le juste équilibre pour l’innovation est la limite du chaos : c'est-à-dire ne pas avoir de règles trop rigides qui pourraient entraver l’émergence d’innovations, mais pas trop souples au point de générer en chaos. Les structures créatives les plus efficaces sont celles qui appliquent le concept que la chercheuse en sciences cognitives Barbara Hayes-Roth appelle la «planification opportuniste ». Ce type d'organisation prévoit la mise en place de lignes directrices générales tout en laissant une flexibilité suffisante pour permettre des changements de programme inopinés.

✔ Gérez les connaissances. Les organisations collaboratives réussissent à transférer aux autres groupes les idées qui émergent des bonnes improvisations. Les entreprises qui réussissent à innover utilisent des procédures relevant de la « gestion du savoir » pour sélectionner les bonnes improvisations et les répandre dans toute la société.

✔ Oubliez la hiérarchie. Une organisation dans laquelle les connaissances sont partagées par la collaboration et où la prise de décision est décentralisée n’a plus besoin d’une structure hiérarchique stricte. Le responsable est là uniquement pour faciliter les interactions, les échanges entre les groupes, et la transmission du savoir.

✔ Abandonnez les organigrammes. Les structures matricielles, où tous les employés dépendent d’un seul manager, ne favorisent pas la créativité. La flexibilité et la coopération trans-services doit être encouragée.

✔ Dosez les bons ingrédients. Une étude réalisée par Booz Allen Hamilton en 2005 a révélé qu’il n’y avait pas de relation entre le montant consacré à la R&D et les indicateurs de performance habituels des entreprises (taux de progression des ventes, marge brute, résultat d’exploitation et rendement total pour l’actionnaire). Ce qui compte le plus c’est la qualité de l’organisation collaborative que l’entreprise a réussi à mettre en place.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=management&item=10-secrets-des-entreprises-les-plus-innovantes&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoire | 28/06/2013

Quelles sont les entreprises les plus innovantes du monde... selon les responsables d'entreprises?

Le Boston Consulting Group (BCG) vient de publier sa liste 2015 des 50 sociétés les plus innovatrices.
Sans surprise, on trouve Apple en première position pour la 11ème année consécutive et Google deuxième, comme en 2014. Tesla est propulsée en 3ème position (elle n'était que n°41 en 2013). Mais les chercheurs ont aussi conclu que les deux tiers du classement sont constitués de sociétés qui ne sont pas actives dans le secteur de la technologie. Dans le Top 10, on trouve même 4 entreprises du secteur automobile (outre Tesla, Toyota, N°6 BMW, N°7 et Daimler, N°10) et de la santé (Gilead, N°8).
29 des entreprises les plus innovantes sont issues des Etats Unis, 11, de l'Europe et 10, de l'Asie.
Parmi les 50 compagnies les plus innovatrices, on trouve: Gilead Sciences, Biogen, Marriott, Netflix, AXA, Allianz, Tata Motors, Fidelity, Visa, Roche, NEC, BT Group et MasterCard (nouvelle entrée).
79% des cadres de haut niveau considèrent que l'innovation fait partie des 3 premières priorités de leur entreprise. C'est le pourcentage le plus important depuis que le cabinet de consultance a commencé à sonder cette question, en 2005. 50% d'entre eux pensent que ce sont les avancées technologiques qui auront le plus grand impact innovateur sur leur société dans les 3 à 5 ans à venir.
L'enquête du BCG se base sur une enquête menée auprès de 1500 cadres de haut niveau de tous les secteurs et de tous les pays.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=quelles-sont-les-entreprises-les-plus-innovantes-du-monde-selon-les-responsables-dentreprises&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré. | 08/12/2015

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