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02/02/2012

Kodak, une société qui a raté son tournant?

Parler de sociétés qui ont raté le tournant du progrès, cela arrive plus souvent qu'on le pense.  Cela se produit par beaucoup de détours, de stratégies boiteuses. C'est aussi une concurrence débridée, des prix demandés, une souplesse perdue, une situation mal évaluée, une erreur de "Fusion ou de scission"... Quand il s'agit d'une marque comme Kodak que l'on associe avec le produit en oubliant le mot exact qui s'y cache, là, on passe à la vitesse supérieure.

0.jpgLa photographie en analogique, le cinéma 8mm ont été des passions pour moi. La photographie l'est encore d'ailleurs.

L'histoire de la photo et du passage au "numérique", une histoire de "petit oiseau de sortie".

A l'époque, il était déjà question du cas malheureux de Polaroid et de la photo au développement instantanée toujours sur papier qui était en difficulté. La société Polaroïd s'est restructurée depuis. Relancée dans la bataille en juin 2009 avec le "Polaroïd Two" qui "parle", désormais, en 5Mpix, minimum.


En 2004, c'était le moment où le producteur de pellicules photographiques, Ilford, était sur la sellette. Cette société anglaise fut scindée et une partie passait d'abord sous le drapeau suisse avant de se retrouver sous celui du japonnais "Oji Paper Co. Ltd".

"Fujifilm" avait senti le vent du boulet dès 1988, en sortant le 1er appareil numérique avec carte mémoire DS-1P et lançait FinePix.

Les pellicules en rouleaux de 24x36, c'est fini ou presque.

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Ce 19 janvier, Kodak déposait son bilan. Là, c'est un coup de grisou dans la mine aux pépites. Si pour les premiers ordinateurs, on avait l'habitude de dire "machine IBM", pour la photo, on parlait d'un "Kodak".

Sous la protection du "Chapter 11" de la loi américaine sur les faillites, il était précisé que "Les filiales du groupes situées hors des États-Unis ne seraient pas concernées par cette mesure".

Le logo de la société devient vraiment, avec son "K", une transfiguration de l'événement avec une flèche qui semble percer un mur.

Dès 2003, 13 usines, 130 laboratoires et 47.000 postes allaient dans la trappe de l'histoire?

La couleur jaune pour Kodak, le vert pour Fuji, le noir pour Ilford se reconnaissaient sans lire la boîte du film.

Là, vraiment, plus que pour Polaroïd, il y a des questions à se poser.

Kodak entrait déjà dans la liste des candidats au suicide programmé et des restructurations de personnel ne change rien à l'affaire.

Kodak est né en 1890. La société a dû en connaître des remises en question, mais conjoncturelles en analogique et non structurelles.

Elle n'avait pas saisi, à temps, l'enjeu de l'imagerie numérique et le passage à Internet. Un plongeon vertigineux s'en est suivi alors que la photo numérique avait été inventée par un de ses ingénieurs, Steven Sasson en 1975. 

Dans le Dow Jones, cela a faisait 70 ans que Kodak fut présente. Au plus haut, l'action Kodak avait plafonné à 70$. En 1973, il y avait 120.000 employés dans l'entreprise. Elle était dernièrement inférieure au dollar. Elle n'est peut-être pas la seule dans le cas en temps de crise, mais comme indice de la déchéance, on ne peut trouver mieux. 

La société a été incapable de se réinventer. Elle a capitalisé sur ses acquits et ses 1100 brevets.

Elle avait une position enviable dans le cinéma jusqu'en 2008. Même au cinéma, la pellicule s'est numérisée. Pas de détérioration de la pellicule, moins de place nécessaire, en numérisé, ce qui fait toute la différence.

Alors, il serait intéressant de chercher les raisons qui ont fait que Kodak a raté le coche et que le souffle du vent l'a emporté.

Le site de Kodak dit en préambule "En 1888, avec son slogan "You press the button, we do the rest" (Vous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du reste), George Eastman met le premier appareil photo simple d'utilisation entre les mains des consommateurs. Par cette initiative, il rend un procédé auparavant encombrant et difficile à utiliser simple et accessible à tous. Depuis cette époque, Eastman Kodak Company n'a jamais cessé d'innover en offrant une multitude de nouveaux produits et procédés destinés à rendre la photographie plus simple, plus pratique et plus agréable. Aujourd'hui d'ailleurs, Kodak n'est plus seulement connue pour la photographie, mais aussi pour l'exploitation des images dans une multitude d'applications de loisir, commerciales, de divertissement ou encore scientifiques. L'utilisation d'une technologie associant images et informations est en effet de plus en plus présente dans ces secteurs et permet de changer radicalement la manière dont les gens et les entreprises communiquent. Dans le même esprit qu'Eastman, qui avait pour objectif de rendre la photographie « aussi pratique que le stylo », Kodak continue d'explorer les multiples façons dont les images interviennent dans notre vie quotidienne. La société Kodak se classe parmi les plus grandes multinationales et jouit d'une reconnaissance de marque quasi universelle.".

Vers les années 1930, Eastman fut atteint d'une maladie de la colonne vertébrale qui menaçait de le rendre handicapé à vie. Ne pouvant supporter cette idée, il se suicida en 1932 en se tirant une balle dans le cœur, laissant derrière lui un message écrit: « Mon travail est accompli. Pourquoi attendre? ».

Il est mort, une deuxième fois.

0.jpgIntéressant de lire la suite de l'histoire de Kofak, pavée de très bonnes intentions. Huit Oscars, cela devait se savourer à sa juste valeur.

Et c'est vrai, cela aurait pu continuer avec la taille de l'Instamatic. Les compacts existent toujours mais en numérique avec le surnom de APN, pour les intimes. Comble du comble, le premier APN, c'était Kodak qui le sortait en 0,35 Mpix.

Alors quoi, la direction avait trop bu et s'était vraiment endormie?

Sur leur site, la chronologie continue jusque en ... 1999.

Entre 2000 et 2011, un des deux liens donne une réponse très peu orthodoxe : "Server Error in '/ek' Application. The resource cannot be found.".

L'autre, plus à gauche sur l'écran, est présent mais la chronologie s'arrête dans le temps à juillet 2008 avec la dernière innovation "Kodak introduit des produits haute définition comme la caméra vidéo de poche KODAK Zi6, pour une réalisation et un partage de vidéos facilités, et le lecteur HD cinéma KODAK, pour la visualisation d'images et de vidéos sur téléviseur HD.".0.jpg

Là, cela sent vraiment le sapin cuit. Si on ne met pas à jour son site de sa chronologie, c'est qu'il vaut mieux ne plus rien en dire sur Internet.

Voyons les tabs "Innovation" et "Leadind the way", traduit de l'anglais, cela donne:

Image Partagée: Certains de nos moments les plus émotionnels sont capturés dans les images. La technologie numérique ne l'a pas changé, mais il nous a donné des façons plus rapides et plus faciles de partager nos images avec les gens qui importent le plus. Les scientifiques de Kodak ont travaillé des façons de rendre plus facile de capturer, classifier et partager des images à travers le temps et l'espace.

Image Imprimée: Les images imprimées nous entourent à chaque moment, en passant souvent inobservées. En plus des livres, les magazines et les journaux, là, sont imprimés les images sur les produits que nous achetons, les annonces que nous voyons, les vêtements que nous portons, le courrier que nous recevons et des centaines d'autres endroits. La révolution numérique ouvre la porte à une gamme entière de nouvelles possibilités d'imprimerie et Kodak est en tête.

Mouvement de l'Image: Les films ont défini l'amusement pour les générations. Les technologies inventées pour les professionnels de film sont de plus en plus accessibles à chacun; le fait de capturer et le fait de partager l'image bougeante deviennent une partie importante de l'expérience humaine, des films de multimillion de dollars aux vidéos de famille prises avec un appareil de photo de vidéo de grandeur de poche.".

Donc, le numérique était bien dans les plans et les projets stratégiques mais il n'a pas su aboutir ou poursuivre sa route.

Alors, la faillite, à qui la faute? Le client, très certainement. Il a toujours raison. C'est lui qui impose sa loi par l'usure des systèmes alors que le marketing le pousse dans le dos avec des produits à en perdre le souffle.

0.jpgRecherchons sur Internet, ce qu'en pense les gens et les professionnels de cette lutte entre analogique et numérique. 

Au Québec, on trouve la nostalgie de la pellicule de Jean-François Villeneuve: « Les films Kodak, c'étaient les souvenirs, les albums photo pour la plupart des gens, mais aussi notre cheval de bataille, pour les professionnels. Travaillant maintenant en numérique, le médium analogique me manque. Des fois, la bibite me repogne, celle de développer en chambre noire, comme avant. Un processus que j'associe au plaisir, celui d'assister à la naissance de l'image après de nombreuses manipulations en chambre noire. La magie à découvrir la photo, avec les odeurs du laboratoire et toute l'attente qui vient avec le médium. Le marché professionnel n'y retournera pas, mais il y a encore un petit marché pour artistes et pour les gens qui prennent des photos pour le plaisir. Dans le cinéma indépendant, ça fait longtemps qu'on ne touche plus à la pellicule, surtout pour des contraintes de prix ».

Voilà tout est dit ou presque dans ces mots:  plaisir, passion, nostalgie et prix pour assumer l'ensemble.

Prendre une photo en numérique ne coûte rien à part l'amortissement de l'appareil. On effacel'image qui ne correspond pas au résultat désiré. On améliore le cliché en quelques clics avec un logiciel sur l'ordi et on envoit le tout à partir de la même source ou par l'intermédiaire de son GSM, vers tous les amis.

La seule remarque, on espère seulement que les logiciels de lecture resteront compatibles entre eux, que le RAW converti ne perdent pas trop de définition quand il passe en JPG.

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j'ai encore beaucoup de travail pour convertir toutes les diapositives en Kodakchrome avant qu'elles ne prennent l'humidité et se fassent bouffer par les champignons. Les photos dans les albums, on continuera à les voir sans y bouger si le temps ne les délave pas trop avant qu'elles ne soient scannées.0.jpg

Lors de cette histoire d'oiseau de sortie, j'espérais encore pouvoir photographier en hybride et je gardais mon bel appareil CANON analogique perfectionné, bien au chaud, pour les cas où. Aujourd'hui, il est à la cave.

Trouver des pellicules vierges est devenu difficile. J'attends peut-être qu'il prenne de la valeur par son côté rétro ou pour l'envoyer dans un musée de la photographie. Invendable, sinon pour la beauté du geste.

Le matériel de laboratoire avec l'agrandisseur, les bassins, les cuves, a déjà été vendu pour une bouchée de pain à une jeune étudiante en photographie.

Un retour aux sources, dirait-on.

0.jpgLe système Ektaflex, le nec plus ultra pour l'époque, puisqu'il éliminait tous les problèmes de température à maintenir, de temps à compter avec précision, grâce au produit unique et la machine qui telle une essoreuse convertissait le négatif en positif, qui faisait oublier la période où il fallait près d'une demi-heure pour tirer une photo couleur pour s'apercevoir qu'elle était ratée en sortant de la cuve.

Ce procédé n'avait qu'un défaut majeur: son prix.  Les utilisateurs se sont questionnés, paniqués de ne plus trouver les ingrédients nécessaires.

Mais cela ne dit pas encore pourquoi le virage ne s'est pas produit chez Kodak.

Ce n'est pas uniquement un problème de sociétés liées à la photographie.

Il y a l'âge de la société, les manies, les meetings internes qui perdurent à n'en plus finir, les différents niveaux de management qui n'ont plus de stratégie commune ou plus osée. Quand le point critique est dépassé et que la souplesse nécessaire à la reconversion n'y est plus, il faut apprendre à s'effacer.

La "rupture numérique" n'est pas une péripétie. Elle n'a pas encore convaincu tout le monde. Le numérique a cassé les anciens rythmes du progrès pour en créer de nouveaux avec des processus évolutifs plus rapides.

En 2010, la firme Cokin avait une année difficile. Plutôt difficile de placer des filtres Cokin sur le petit appareil que l'on transporte partout qui fournit des photos de des qualités équivalente aux Reflex et qui fait entrer l'objectif dans sa boîte comme le petit oiseau de la pendule à coucou...

Le point positif, on n'a jamais fait autant de photographies que depuis l’avènement du numérique. On ne mitraille pas nécessairement pour changer d'angle de vue, mais pour trouver le meilleur sourire du portrait de sa chère et tendre devant le monument visité. Les souvenirs, cette fois n’ont réellement plus de prix.

Est-ce de bonnes photos? Bonne question. Je vous remercie de l'avoir posée. Sujet épineux, suggestif que l'appréciation de ce qu'est une bonne photo. Même celle-là a évolué. Il suffit de prendre un vieux livre de vulgarisation de Montiel pour s'en convaincre ou non.

Si vous n'avez pas encore été voir cela en virtuel sur Facebook, je vous conseille cela vaut le détour.

En 1867, c'était le début de la photo couleur. Charles Cros déposait à l'Académie des sciences de Paris un pli cacheté sur la "solution du problème des la photographie des couleurs" à l'origine du procédé de trichromie.

Puis j'ai pris le bouquin "L'histoire mondiale de la photographie en couleurs" de Roger Bellone. Il date de 1981, exactement l'année de sortie du premier Mavica.

Il est écrit dans l'avertissement de ce livre "On peut estimer à près de 20 milliards de clichés couleurs la consommation annuelle des photographes amateurs et professionnels du monde entier. Boulimie d'images dont le marché représente un chiffre d'affaires supérieur à celui de Boeing, Douglas, Lockheed, Rockwell, Dassault et Aérospacial réunis. De ce que l'utilisateur dépense pour la photographie, on aurait pu fabriquer un millier d'Airbus et trois cents Concorde. Dans l'univers de l'image, les hommes ignorent tout à son sujet.... Le profane découvrira les mutations qui se traduisent par des prototypes aux concepts inattendus, dont il sera peut-être l'utilisateur avant la fin du siècle".

Amusant, après coup, de relire ce genre de prose. Un business et une société énormes, oui, mais avec des pieds d'argile et avec une arrête dans le dos.

Je n'ai pas vraiment les chiffres actuels. J'ai seulement trouvé "la revanche du papier".

Connait-on mieux la technique de prise de vue en pixels? Non, on presse le déclencheur, seulement plus souvent, sans bruit. Le mot "bruit", lui, est passé sur l'image prise dans l'obscurité et qui s'appelait du "grain". Le grain qui est aussi un moyen de donner du style proche des peintres néo-impressionnistes. Un livre d'images "Mieux photographier" par Kodak, datant de 1982, parle de 100 techniques créatives, a pris place dans ma bibliothèque et ne semble pas avoir perdu de son efficacité.

Les logiciels permettent plus de solutions pour corriger après la prise de vue qu'à l'époque. Augmenter la saturation des couleurs comme le fait un filtre polarisant. Passer de la couleur au noir et blanc ou au sépia. Corriger les fameux yeux rouges trop gourmands en lumière. La photographie ne constitue plus une preuve en justice, tellement une photo peut être manipulée sans laisser de traces.

0.jpgQuant à l'avenir de la photo, je vais allez voir le "Chasseur d'Image", lui qui a occupé tellement de place pendant des années dans mes archives. C'est fou comme les dossiers sont toujours les mêmes. On n'a, semble-t-il, pas encore tout compris.

Le dernier parle de "Bien photographier l'hiver".

Les conseils n'ont pas changé. C'est toujours le choix de l'objectif qui est là pour accentuer la profondeur de champ, la brume qui reste à "décontraster" (comme disait, avec humour, feu Garcimore), l'augmentation du contraste et de la saturation à renforcer, par contre, pour les paysages, la sur-exposition à la neige, le flash même au soleil... et j'en passe et des meilleurs. Le froid qui fait bailler les piles aux corneilles. Le piqué de la photo est toujours à l'honneur. Le jaune s'incruste toujours dans le soir quand la luminosité fait défaut, mais, cette fois, on dépasse, sans plus le savoir, les 1600 ISO, sans plus s'en apercevoir. Si les rayures des pellicules ont disparu, elles ont été remplacées par des poussières à cause des objectifs interchangeables du reflex qui a pris un "D" dans sa nomenclature. Les programmes se retrouvent désormais au moment de faire clic et à la maison sous le contrôle de logiciels magiciens maison. Les appareils, eux, n'ont pas vraiment changé de têtes. Toujours la concurrence entre le reflex qui il faut bien le dire ne s'est pas senti plus léger avec l'arrivée du numérique et le petit que l'on met dans la poche. Dans le même magazine hivernal, un dossier en parle en les comparant sur leurs résultats pour finir par dire, qu'ils sont tous deux complémentaires.

A l'ouest, rien de nouveau, quoi. C'est toujours le sujet photographique qui fera la différence et la valeur de celui qui ne regarde plus uniquement dans l’oculaire. La technique fera ce qu'elle peut. Elle n'inventera rien.

Plus spécifique à la Belgique, la société Agfa-Gevaert a subi le même problème que Kodak dans la grand domaine de la photo, mais elle a su faire un retournement de situation en changeant d'orientation dans l'imagerie. Ce qui ne l'a pas fait voir plus d'étoiles avec les pixels dans la Bourse.

Plusieurs sociétés dans le monde ont senti le souffle du boulet envoyé par le progrès et pas uniquement dans le domaine photographique.

Il suffit de piquer une tête sur les cours de Bourse pour avoir des indices en dehors de la seule impression que donne la crise. Des sociétés, moins connues, cachent leurs misères. Non, je ne vous en dirai pas plus, mais suivez mon regard...Être performant ne suffit plus, c'est clair. Il faut plus pour que le photographe ou le consommateur s'esbaudisse. L'utilisateur, le client mène le bal avec un choix étendu, encore plus large, sur la Toile que dans le magasin du coin. 

Erreurs techniques ou stratégiques? Oublier ce qu'est Internet et la rupture du numérique, peut être bien plus que de gagner un concours de bonne conduite ou un bonus à la petite semaine. Facebook qui veut entrer en Bourse et a fait son IPO, pour lever 5 milliards de $, même en période de crise, cela ne dit rien ?

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Nokia, avec ses Smartphones, avait un problème de conception et d’extension possible et des problèmes internes. Une alliance avec Microsoft pourra-t-elle faire changer cette société d'optique? "Optique", voilà que cela me reprend. Un come-back avec le Lumia 800 avec l'interface Windows Phone?  

Mise à jour 3 septembre 2013:  MS s'offre la les GSM de Nokia pour 5,5 milliards de dollars.

HP en a fait baver beaucoup avec ses PC comme titan des ordinateurs. Mauvaise appréciation, il s'offre des pépites qui sentent un peu plus le roussi.

"Le progrès a encore des progrès à faire", disait Philippe Meyer, mais c'est Franz Kafka que je choisis "«Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.». La raison kafkaïenne a encore beaucoup d'avenir.

La photographie serait à la veille d'une nouvelle révolution en 2012? La jeune entreprise Lytro lance un appareil qui permet la mise au point alors que la photo est déjà prise sur ordinateur. La mise au point lors de la photo a toujours été réglée par un compromis sur le réglage de la profondeur de champ. L'objet principal de la photo, net et le flou pour le reste. L’œil n'agit-il pas de la même manière? Oui, mais l’œil n'est pas parfait, ni universel. Ce petit appareil de 11x4 cms enregistre toute la lumière dans un cadrage donné et permet après coup de choisir la mise au point. Le docteur Ren Ng parle de génération 3.0. Au détriment de la résolution, disent certains. Encore un nouveau compromis en perspective?

Instagram racheté par Facebook. Un "Socialmatic", avec licence Polaroïd, qui imprimerait immédiatement les photos ou les enverraient vers Flick ou Picassa? Un Kodak2 en Gpix?

L'avenir de la photographie reste assuré. Dans un temps où tout est fugace, elle continuera à donner à chacun une illusion d'éternité.

 Alors, voyons l'hiver avec des photos personnelles...et avec un compact numérique.

Sortez vos appareils à bits, l'hiver arrive. Sujet génial...

 

L'enfoiré,0.jpg

 

Mise à jour 29/3/2012: Duferco et la sidérurgie, même situation.

 

Citations:

  • « La photographie ? Une lâcheté devant le souvenir. », Didier Le Pêcheur
  • « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. », Anne Geddes
  • « Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant. », Julien Green

Commentaires

Et l'industrie photovoltaïque?
http://www.rtbf.be/info/emissions/article_ecomatin?id=7507243&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 03/02/2012

C'est toujours pareil, les rêves de gosse sont très vite balayés par l'atroce réalité. Derrière le délire intime, le petit plaisir qui n'appartient qu'à soi, grouille tout un tas de trucs inavouables: logique d'entreprise, liquidations, licenciements, malversations, rendements forcenés, petits chefs hargneux, bref, plein de choses qui ne font plus, mais alors plus du tout rêver.
Une anecdote véridique: un petit garçon de ma famille à qui l'on avait offert un appareil jetable pour sa première colonie de vacances est revenu de son séjour sans l'appareil. A ses parents qui lui demandèrent s'il avait pris des photos, il répondit que oui, tout plein. A ses parents qui s'enquirent de l'appareil pour les faire développer, il répliqua, interloqué: "ben, je l'ai jeté, pardi!".
Heureusement qu'il y a encore des petits garçons qui laissent rêveur...

Écrit par : Sandrine L. | 03/02/2012

Sandrine,
Merci pour cette anecdote savoureuse.
Ce que vous avez dit me parait parfaitement dans l'esprit de l'article.

Écrit par : L'enfoiré | 04/02/2012

j'ai fait la même chose avec mon rasoir BIC, du coup je suis revenu aux bonnes vieilles lames mécaniques. Probablement Alzheimer qui me joue des tours...

Écrit par : zelectron | 28/02/2012

zelectron,
Al comment? Celui-là?
( http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2006/09/25/al-comment.html )
:-)

Écrit par : L'enfoiré | 28/02/2012

Où est le boss? Il est parti pour une réunion...

Que font les patrons de toute la sainte journée ? Ils passent un tiers de leur temps en réunion. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Oriana Bandiera et Andrea Prat de la London School of Economics, et Julie Wulf de la Harvard Business School, « the Executive Time Use Project ». Elles ont analysé les agendas de 500 CEO de firmes du monde entier pour voir comment ils organisaient leur temps. Toutes les activités qui duraient plus d’1/4 d’heures étaient recensées, y compris le temps passé avec les assistants personnels.
Ainsi, dans un échantillon de 65 CEO avec des horaires de 55 heures hebdomadaires :
- 18 heures étaient consacrées à des réunions ;
- Plus de 3 heures étaient passées au téléphone ;
- Les repas d’affaires représentaient 5 heures ;
- Seulement 6 heures étaient consacrées à du travail en solo.

Les chercheuses ont également fait d’autres trouvailles :
- Plus les collaborateurs proches qui lui rapportaient directement étaient nombreux, plus le CEO passait de temps en réunion. Il semble que la multiplication des collaborateurs correspond paradoxalement à une moins grande délégation, et à une implication plus grande des CEO qui mettent plus « la main dans le cambouis».
- Dans les entreprises avec un directeur financier ou un directeur opérationnel, le temps passé en réunion du CEO était réduit de 5H30 en moyenne par semaine, et cet effet persistait même pour les CEO avec une équipe de management très étoffée. La nomination d’un directeur opérationnel et d’un directeur financier peuvent donc contribuer à permettre aux CEO de gagner du temps sur les réunions.
- Les CEO ont affirmé au cours de l’enquête qu’ils auraient souhaité bénéficier de plus de temps pour réfléchir et élaborer une stratégie.
Les chercheuses ont aussi remarqué que les déclarations des dirigeants d’entreprise sur leur emploi du temps différaient de leur agenda réel. Et lorsqu’ils comparent leurs priorités les plus urgentes avec celles dont ils s'occupent réellement, ils sont souvent étonnés du décalage entre les deux.
Robert Steven Kaplan, un professeur de management à la Harvard Business School, propose aux cadres de substituer le mot argent au mot temps lorsqu’ils programment leur semaine de travail. « Avec l’argent, on fait plus attention, et on veut l’employer de manière plus judicieuse. Si quelqu’un vous en demande, vous êtes plus susceptible de refuser », explique Kaplan.
Dans une autre étude portant sur 94 patrons d’entreprises italiennes, les chercheurs avaient trouvé que la manière dont un cadre gère son temps est corrélé avec la rentabilité et la productivité de l’entreprise, mesurée en chiffre d’affaire par employé. L’étude avait montré que ce qui était crucial, c’était la nature des personnes que le chef d’entreprise rencontrait :
- Lorsque ces rencontres avaient lieu avec des personnes extérieures à l’entreprise, elles n’amélioraient pas la productivité de l’entreprise.
- En revanche, la productivité progressait de 1.23% pour chaque point de temps passé avec un collaborateur de la société.
- En outre, pour chaque point d’augmentation des heures travaillées dans la semaine sur le site de l’entreprise, il y avait une hausse de 2.14% de la productivité.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=management&item=ou-est-le-boss-il-est-parti-pour-une-reunion&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 16/02/2012

Pourquoi les personnes ne souriaient pas sur les photos d’époque

De nos jours, sourire face à l’objectif de l’appareil photo est un réflexe mais cela n’a pas toujours été ainsi. Anciennement, sur les photos d’époque, les sujets n’avaient pas pour habitude de produire de rictus.
Les raisons de cette sobriété sont techniques mais également morales, explique ABC.es. Au début de l’ère de la photographie, au 19ème siècle, les sujets devaient rester immobiles pendant un laps de temps relativement long (environ dix minutes) pour que le daguerréotype soit en mesure de capter l’image et la lumière. Par ailleurs, il existait plusieurs astuces afin d’éviter l’engourdissement musculaire. Ces raisons techniques n’invitaient donc pas à l’allégresse.
Mais d’un autre côté, la raison principale pour laquelle les sujets ne souriaient pas était morale. Le sourire était considéré traditionnellement en Occident comme un geste infantile et dédaigneux. Pour la culture artistique européenne, le rire et le sourire étaient réservés aux fous, aux personnes ivres, aux enfants, aux gens de spectacle et aux prostituées.
Comme l’écrit The Public Domain Review, l’écrivain Mark Twain, à propos de la photographie, s’exprimait ainsi : « Une photographie est un document très important et rien de tel pour la dégrader qu’un stupide sourire immortalisé devant la postérité ». « Le sourire est réservé aux dames et aux messieurs qui ne soucient guère de paraître intelligent », affirmait Charles Dickens. En outre, la photographie était chère et réservée à une classe aisée, soucieuse de montrer une image responsable d’elle-même. A l’époque, on pensait également, dans les arts plastiques, que la meilleure manière de figer le caractère de l’individu résidait dans une attitude posée.
Cet état de fait a perduré jusqu’au début du 20ème siècle. Par après, Hollywood a renversé la tendance avec l’éclosion d’un cinéma où les acteurs ont posé face à la caméra dans des attitudes joyeuses. Les techniques photographiques se sont ensuite perfectionnées et ont permis de capter plus rapidement les instants. De nos jours, la photographie s’intéresse aux émotions. « Toutefois, cette préoccupation ne semble pas concerner les sociétés moins occidentalisées », affirme l’historien français Colin Jones. « Chez celles-ci, le sourire n’est pas tellement valorisé socialement et les visages timides ou sérieux continuent de prédominer, comme sur n’importe quelle photo d’époque ».

Source: http://www.express.be/joker/?action=view&cat=platdujour&item=les-personnes-ne-souriaient-pas-sur-les-photos-depoque&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 08/10/2013

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