03/07/2012
Cap en Cappadoce
Destination très prisée des Belges d'aujourd'hui, la Turquie. A l'ouest avec Kusadasi (l'île aux oiseaux), au sud avec Sidé (antique Kymé). Des souvenirs d'aventures qui remontent pour moi de 1989 à 2001 et qui conduisent dans le centre en Cappadoce.
Soleil, mer, histoire, hôtels étoilés comme le cognac avec cinq étoiles, à des prix all-inclusive défiants toutes concurrences pour accompagner des annonces du type "Go with the rythm" ou "I dream of" ou s'y retrouver même Welcome Home.
Alors, essayons de mettre de l'ordre dans ces publicités peut-être légitimées et souvent justifiées.
Des guides multilingues vous emportent en excursions au travers de ce pays immense entrecoupé par des haltes dans les fabriques de tapis ou de bijoux.
Une superficie totale de 783.562 km2 pour 75 millions d'habitants, c'est à dire moins de 100 habitants au km2.
C'est tout cela, la Turquie et plus encore et elle a raison d'en être fière.
Et oui, il y a de quoi passer de bonnes vacances pour pas cher, enfin tout dépend de l'endroit et de ce qu'on entend par "pas cher".
Bodrum, la mythique Halicarnasse, est devenue le Saint-Trop de la Turquie avec le luxe de ses hôtels, de ses yachts. Je n'y ai pas été, je n'en parlerai pas. L'Ouest et le Sud, je connais un peu mieux.
L'histoire, voilà un aspect de la Turquie qui l'a marqué par plusieurs points de références.
Viens à l'esprit, Troie à l'entrée de Hellespont, mieux connu comme détroit des Dardanelles (Çanakkale boğazı en turc, de Çanakkale, le « castel (Kale) aux poteries (Çanak) ») que Homère avait décrit dans l'Iliade et l'Odyssée. Grec et Romains, empire ottoman de 1299 à 1922, ont laissé leurs empruntes jusqu'à la naissance de la République turque, édifiée par Atatürk.
A l'Ouest, Ephèse monopolise tous les questionnements avec Artémis de type turc (et non pas grecque). Une des sept merveilles du monde antique. C'est aussi, ici, selon la tradition chrétienne, que Jean aurait rédigé son évangile, rappelé par la basilique et son tombeau. Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, aurait résidé la Vierge Marie, à qui le Christ sur la croix avait confiée à la garde du «disciple que Jésus aimait». Une petite église byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de «Maison de la Vierge Marie» (Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour marial.
Izmir, l'ancienne Smyrne et Kuşadası, "l'île aux oiseaux", deux destinations de départ à l'ouest comme départ.
Sur les sites historiques, ce sont les temples, les agoras, les théâtres qui se succèdent avec chacun leurs particularités.
Aphrodisias avec sa nécropole, Priène avec son Bouleuterion, la Méduse de Didymes comme refuge à la Pythie (plus habituellement représentée à Delphes), Milet avec son fleuve Méandre qui a donné son nom au nom commun et j'en passe sur un véritable chapelet de vestiges antiques qui n'a rien à envier à ceux de la Grèce.
Pour la nature et la vue extraordinaire, il y a Pamukkale (le "chateau de coton") avec ses bassins d'eaux salées qui forment une tache blanche et qui se voit de très loin, sur un fond de montagnes grises.
Au Sud, à la Côte turquoise, Sidé et Antalia. Ils seront le départ de notre escapade vers la Cappadoce, mais avant cela, de petits sauts pour connaître le littoral sud.
Sidé, déjà, c'est se retrouver à l'époque d'avant Jésus Christ. Une agora, un théâtre, deux temples et non des moindres.
Nous qui fêtons, Belges, Saint Nicolas le 6 décembre, il serait temps de savoir qu'il vivait à Myra, une ville de la côte au sud. Protecteur des enfants, Saint Nicolas ou légende? Fils de négociant, devenu prêtre, c'est à peu prêt tout ce dont on est sûr. Quant au Père Fouetard, si vous avez une version turque, cela m'amuserait. Tout prêt, des maisons funéraires greffées dans la montagne font penser aux troglodytes.
Des fresques murales à Demre pour illustrer la vie du saint témoigneraint si ce n'était le comble de la non-reconnaissance, car ses reliques se trouvent dans la crypte de la Basilica di Sa Nicolas à Bari.
Entre Myra et Antalya que de panoramas, sur les baies, les orangeraies qui apportent les couleurs du contraste sur le bleu de la mer et du ciel.
Perge et surtout le théatre, le mieux conservé d'Aspendos sont à mettre à l'agenda s'une visite. Déjà, une remarque, Aspendos (en grec ancien Ἄσπενδος) est une ancienne cité gréco-romaine. Ce qui montre les connexions avec les voisins et souvent ennemis.
La baie de Kekova montre une ville engloutie de la côte lycienne avec un sarcophage à demi-immergé et des marches qui sortent de la mer, à l'abordage de l'île. Recouverte de maquis et d'oliviers, l'île était jadis habitée avant un séisme qui l'a enfoncée de quelques mètres sous le niveau de la mer.
Sous l'eau, là, il y a encore beaucoup travail de prospection et des découvertes historiques surprenantes à réaliser. Le navire Titanic était plus gros, perdu au fond de l'eau mais il attirait les convoitises et il y avait des investisseurs. Ici, l'histoire remonte bien plus haut, bien plus loin. On a le temps, pour en faire l'exploration mais il faut manifestement beaucoup des fonds financiers pour organiser les fouilles. Dès lors, on postpose. L'exploration sous-marine était interdite autour du site et les moyens pour sonder les ruines de manière officielle manquaient à l'époque.
Mais, cap sur le centre du pays et la Cappadoce.
Certains le font à partir du Nord, d'Istanbul vers le Sud. Cette ville, à cheval sur deux continents, compte près de 20 millions d'habitants alors que la capitale, elle, n'en compte que 4 millions.
Pour moi, ce fut l'inverse en direction de la capitale Ankara. Une route qui monte sur le plateau turque et qui une fois arrivé, se parcoure avec une certaine lassitude. Aspect désolé, morne, sans arbres, peu de villages. Plateau avec une vision sur un horizon plat de chaque côté. Un autocar, limité à 90 kms/h, avec rappel du dépassement par un méchant klaxon, cela pesait encore plus. Heureusement, quelques arrêt au passage des caravanserails. Sulthanhani arbore une architecture seldjoukide. Les caravanes passaient par ici pour aller en Extrême-Orient et s'arrêtaient dans ces caravanserails constitués par un chapelet de gîtes tous les 30 kilomètres, représentant la distance correpondant à une journée de marche à dos de chameau.
Konia est sur la route. Tout y change. Véritable oasis dans un désert, il est le grenier à blé de la Turquie. Il y a 18.000 ans une mer intérieur alimentait la région. Ville religieuse et cloître des derviches tourneurs du 13ème siècle. Lors de ma visite, ce furent des mannequins qui rendaient la scène plus ou moins vraie. Mevlana, fondateur de la confrérie soufie mystique, y est enterré avec d'autres sarcophages. Et l'endroit est ainsi devenu un haut lieu de pélérinage.
Cappadoce, un cap mais loin d'une péninsule dirait Cyrano
Enfin, la région de la Cappadoce qui approche avec son sol devenu crayeux. La Cappadoce, la région la plus visitée de Turquie comprend 15.000 km2 (la moitié de la Belghque) que l'on peut survoler en ballons. Miracle de géologie, constitué, il y a 20 millions d'années, par les volcans Erciyes ("Argée", altitude 3916 m) et Hasan Dag, qui ont comblé quelques milliers de kilomètres de lave, de cendres et de basaltes. Les roches tendres de tuf ont été errodées, scuptées par le vent et les ruissellement d'eau en des cônes rocheux, appelés "cheminées de fée", haute de 40 mètres et qui parfois prennent des allures de gigantesques champignons si pas coïtales. Paysages lunaires et féeriques en surface. Galeries souterraines en dessous. Des habitations troglodytes, creusées par les hommes depuis la préhistoire qui constituaient des abris pour s'y cacher pour se préserver des attaques et les invasions. Les premiers chrétiens s'y sont cachés. Terre chrétienne, byzantine pendant seize siècles jusqu'en 1923, année pendant laquelle la population grecque fut échangée contre les Turcs du Bosphore. Elle devint ainsi musulmanes à tendance chiite. Dans les maisons, électricité mais pas d'eau courante si ce n'est via les ruisseaux. Surnatalité, chômage et émigration que le tourisme va progressivement espacer avec la vente de poteries et le résultat du travail du coton et des tapis (le kilim).
Granges, étables, chambres, reliées par des couloirs formant des villes souterraines, avec jusqu'à 7 niveaux se superposent. Refuges, dans une température constante, pour 60.000 personnes jusqu'à 75 mètres en sous-sol avec entre les étages un énorme pierre pour sécuriser. 
La visite sous-terraine de Kaymakli peut d'ailleurs provoquer un sentiment de claustrophobie. S'habituer à la lumière du soleil en sortant pour ne pas en devenir aveugle pendant quelques instants. Des chapelles, des couvents et des églises dans les parois rocheuses. Des graffitis qui se mélangent au fresques dans des églises rupestres. Construites au Xe siècle par des chrétiens et décorées de fresques colorées. Superbes témoignages de l'art byzantin. Pour les découvrir, le meilleur moyen est une balade dans les riches vallées de Cappadoce, dont la plus connue est la vallée de Gorëmme que l'on peut survoler en nacelles de ballons. Vallées de la Rose, du Rouge, du Soleil, des Pigeons, les noms ne manquent pas aux promeneurs ou aux avioneurs d'un jour.
La région d'Ürgup fait poussé la vigne, fait sécher le raisin sur les toits avant d'être envoyé vers Ankara et Istanbul avec les tomates, les figues et les pistaches. Sur le site de Zelve, inhabité, abandonné à la suite d'un glissement de errain en 1952, on s'y attend encore à rencontrer les anciens habitants, tout est resté tel quel.
Sur un mur, un "carré magique" de mots écrit l'un sous l'autre ( SATOR, AREPO, TENET, OPERA, ROTAS) que l'on peut lire dans tous les sens, dans la basilique pythagoricienne, reste une surprise.
Uçhisar, un village qui combine les maisons troglodytiques, des pigeonniers, aussi, posées sur une colline, le Kale (="chateau") et qui devient, ainsi, le point culminant de la Cappadoce avec ses 1.300 mètres d'altitude. Vingt étages de galeries se superposent comme un véritable labyrinthe. L'élevage des pigeons remonte à l'antiquité. Leur fiente apporte l'engrais agricole.
Il fut le décor choisi par Paolo Pasolini pour son film "Médée" avec Maria Callas.
Endroit mystique, réservé à la méditation et à la retraite, sous le soleil couchant.
Histoire de la Cappadoce(source)
Malgré son relief peu avenant, la Cappadoce abrite des civilisations depuis plus de 3 000 ans. Elle fut habitée dès la Préhistoire. Les Hattis, qui peuplaient la région au IVe millénaire avant notre ère, se soumirent à l'invasion des Hittites vers 1800 avant J.C. Les Hittites assimilèrent leurs dieux et leurs traditions. A la chute de l'Empire Hittite vers 1200 avant J.C., la Cappadoce entra dans une période d'instabilité. Les Phrygiens régnèrent un temps sur la région.
Au VIe siècle avant J.C., la Cappadoce fut conquise par les Perses. On la nomma Katpatuka, le « pays des chevaux de race ». A partir du Ier siècle, elle devint une province romaine avec Césarée (l'actuelle Kayseri) comme capitale. C'est à ce moment-là qu'elle accueillit les chrétiens qui fuyaient les persécutions des Romains. La Cappadoce devint un important foyer du christianisme. A partir du IXe siècle, les moines et les ermites creusèrent des monastères et des églises dans les roches et les falaises. Ils reproduisirent la construction classique des églises (nef, narthex, transept, coupoles..). Sur les murs ont été peints des scènes bibliques en fresques. A l'abri dans les rochers, certaines échappèrent à la "guerre des images" (iconoclasme) et nous sont parvenues dans un assez bon état de conservation.
Au VIIIe siècle, les habitants imitèrent les moines. Pour échapper aux troubles qui agitaient la Cappadoce, ils creusèrent à l'intérieur des rochers des cachettes qui devinrent ensuite de véritables villes souterraines sur plusieurs niveaux. Ils pouvaient vivre ainsi plusieurs mois, en totale autarcie. Une manière de confirmer l'adage "Pour vivre heureux vivons caché".
A partir du Xe siècle, la Cappadoce connaît une période de paix et d'oubli durant laquelle les monastères fleurissent. Le XIe siècle voit l'arrivée des Seldjoukides dans la région. Sous leur règne, la Cappadoce renoue avec la prospérité commerciale. Mosquées et caravansérails (sortes d'auberges-entrepôts) sont construits dans les villes d'Aksaray, Nidge et Kayseri.
La Cappadoce demeura une zone d'échanges pendant cinq siècles jusqu'à la découverte d'une nouvelle route maritime au XVIe siècle qui récupéra tous les flux de marchandises. La découverte de ses églises rupestres en 1907 par un prêtre français l'a remise au goût du jour. Le tourisme date de 1980. Le Club Med qui s'y installé, a fait explosé le tourisme.
Turquie et politique d'aujourd'hui.
Parler d'histoire, c'est aussi finir par parler politique à la turque.
Suite à un voyage de 1987, à Chypre, ce fut "Le chic, le chèque et le choc" sous l'administration grecque. Le chic et le choc, y sont toujours. Le chèque n'est plus de rigueur. De la Chypre du Nord, on pourrait plutôt l'appeler "Le pays qui n'existe pas" parce qu'il y a eu une sorte de boycott international. Représailles à l'invasion de l'île en 1974. Le mur de Berlin a sauté depuis longtemps, mais pas à Nicosie malgré quelques tentatives avortées. Chypre grecque, trop liée à la Grèce du continent, a appelé officiellement à l'aide financière de ses partenaires. Le pourcentage pourrait s'élever à la moitié du PIB pour redresser les banques et l'État chypriote.
En 2004, le PIB par habitant dans la partie sud grecque était de 18.000 euros et de 8.000 euros dans le nord turc. Un référendum s'est soldé par un échec. Les sudistes grecques refusaient de financer les nordistes turques moins riches économiquement.
En mai 2010, le fait que neuf activistes turcs tués lors de la tentative de secourir Gaza, alors que la partie grecque a des accords avec Israël, a augmenté le contentieux entre les deux parties. Depuis, en Méditerranée, 280 milliards de mètres cubes de gaz, récemment découverts au large sud de Chypre, génère le mécontentement des Turcs et est lorgné par la Chine et la Russie.
Ankara avait menacé l'UE de geler toutes les relations avec elle si Chypre, non réunifiée, exerçait la présidence comme prévu. Échanges donnant-donnant, mais statu quo, pas de Turquie, même si elle le voulait encore, dans l'UE.
En 2007, une crise a révélé la division de la Turquie, entre une opposition kémaliste pro-laïque et les partisans de l'AKP.
Depuis ce 1er juillet, Chypre assure la présidence tournante de la Communauté européenne pour 6 mois sous la présidence de Christofias. Cela peut donc faire désordre.
Retour de manivelle, Chypre devient ainsi le cinquième pays de l'Union monétaire à faire appel à l'aide financière de ses partenaires. Le gouvernement chypriote pourrait demander 1,8 milliard à la zone euro pour recapitaliser sa deuxième banque, "Popular Marfin Bank".
En 2006, de la Turquie, j'en avais parlé dans des "Trucs pour les Turcs". A cette époque, la Turquie était bien candidate pour entrer dans la C.E.
Depuis, il est fort probable que le désir soit beaucoup moins fort.
Désormais, la Turquie est le pays le plus fort économiquement de toute la région et il entend avoir une place prépondérante qui compte sur l'échelle des nations. Sa position stratégique, à cheval entre l'Europe et l'Asie, fait qu'il est l'allié rêvé des États-Unis, en même temps que celui d'Israël. L'Europe, trop idéaliste, si parfois son union fait rêver, ne fait plus le poids avec les cauchemars.
La Turquie doit faire envie à l'Europe avec ses 8,5 % de croissance du PIB en 2011, alors que son voisin, la Grèce connaît les problèmes majeurs de l'Europe. Une inflation qui plane aux environs de 10,4%.
Atatürk est toujours considéré comme le fondateur de la Turquie moderne. C'est lui qui avait déplacé la capitale à Ankara, lui qui, sous son commandement des forces turques avait vaincu les armées arméniennes, françaises et italiennes... Nous n'en sommes plus là, même si le spectre de sa dépouille repose encore dans un mausolée sous bonne garde. L'esprit démocratique, plus affirmé, des pays de l'ensemble des nations ne le permettraient plus.
A l'ère d'Erdogan, la Turquie n'est plus ni européenne, ni asiatique.
Erdogan, bien que très populaire, doit garder cette popularité et composer avec des adversaires plus proches, avec une population tournée vers l'Islam à 80% et une armée laïque, et, sans doute essayer de les ressembler. Il voudrait bien laisser une trace de lui comme un digne successeur d'Atatürk. La démocratie a parfois des surprises sur prises. Et comme le rappelait un journaliste chinois au sujet du "Piège des élections" d'un politologue: la majorité n'a pas toujours raison et qu'arriver au pouvoir c'est une chose et comment le quitter en est une autre (cf le 1er commentaire). Ce qui se passe en surface n'est parfois qu'une pale figure de ce qui se passe sous elle.
Alors parfois, la Turquie bande ses muscles, ce 26 juin, devant l'OTAN à Bruxelles. Position stratégique avec un pied en Europe et un autre en Asie, c'est aussi se retrouver à proximité des conflits. Comme voisin, il y a eu l'Irak, le problème des Kurdes, voici celui de la Syrie.
Un avion turc abattu pour violation de l'espace aérien syrien ou un simple rappel que la Turquie a encore quelque chose dans le pantalon? Madame Clinton disait que ce incident était inacceptable, avis confirmé par l'OTAN.
Les réfugiés, en provenance de la Syrie, cela commence aussi à bien faire. Le torchon brule ou rebrule. Les touristes sont très rares de ce coté est, sud-est. Les témoins médiatiques se concertent.
Les relations avec la France étaient à l'orage avec la reconnaissance du génocide arménien.
L'ère de Sarkozy est finie. Place à celle de Hollande et cela se réchauffe. Rien n'est jamais immuable en politique.
Une écrivaine Elif Shafak choquait la Turquie en s'affichant dans une publicité pour une carte de crédit. Ce serait rien d'anormal chez nous, mais nous sommes en Turquie et les susceptibilités ne sont pas les mêmes.
Alors quand on parle des problèmes de la Grèce et qu'une journaliste turque est là pour donner son avis et l'impression turque, face à une grecque, c'est immédiatement le rejet comme dans ce Kiosque (09:00-14:00) qui ressurgit, appuyé par le québecois: "Pour les Turcs, les Grecs n'ont jamais travaillé assez". On aurait cru entendre Madame Merkel. Clichés? Pas seulement, nationalisme, aussi. Et qui sait, une certaine jalousie de part et d'autre de la Méditerranée. Car des deux côtés, on s'est chamaillé, on s'est pacifié, mais on se regarde toujours en chien de faïence.
Une expression française dit "Fort comme un turc". L'expression est née 1453, un peu après la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. S'il y a des Turcs qui détiennent des records du monde en haltérophilie, avant que la Turquie ne devienne ce qu'elle est aujourd'hui, il y a eu l'Empire ottoman bâti par un peuple de guerriers à coups de conquêtes en Europe, en Afrique et en Asie. Ces combattants turcs ou ottomans impressionnaient par leur force, leur courage et aussi leur brutalité, leur cruauté. Au XVIIe et XVIIIe siècle, le Turc symbolisait l'incroyant, l'ennemi brutal. On disait de quelqu'un de rude et de sans pitié qu'il était "un vrai Turc" et traiter quelqu'un "à la turque", c'était le traiter sans ménagement. Aujourd'hui, cette envie d'être fort se retrouve dans le sport de lutte, pendant laquelle tout huilés, les Turcs s'affrontent à main nue.
Les spécialités de la Turquie? Le travail de l'or, de l'or qui coulerait à flot lors de mariages. La créativité aussi. Elle se retrouve dans le design et au cinéma où la vie des sultans ottomans apparait en long et en large. Un passé prestigieux mis au goût du jour.
Un GEO de 1982, avait un article avec le titre de "Troglodytes de la foi". "Voyager en Turquie, c'est dialoguer avec l'Histoire. On y marche à travers les siècles. En Cappadoce, il faut un corps d'acrobate et une tête de penseur pour garder son équilibre et sa raison", disait l'auteur. 
Alors, si d'aventure, vous mettez le cap sur la Cappadoce, habituez-vous toujours à boire du café turc. Un café bien noir avec un fond bien serré à couper au couteau. Ou alors, un thé à la pomme, ou un Raki (version turque de l'ouzo grec, du pastis français) avec le baklava sucré, si vous n'aimez pas le café. Cela fera très bien passer la cuisine turque, l'une des plus riches du monde.
C'est une manière habile de se mettre dans l'ambiance. Surtout, ne dites pas que le baklava est d'origine grecque et encore, moins qu'il y est meilleure.
Mais si vous voulez communiquer avec un Turc, quelle langue utiliser? Cela dépend où. Le turc, là, ce n'est pas aussi simple. A l'hôtel, l'anglais. Dans la rue, c'est l'allemand qui sera la première tentative du Turc pour essayer de vous attirer dans leur magasin de bijoux.
Question religion, là, on pourrait rapprocher la Turquie de l'Egypte actuelle. L'armée reste une force incontestable que l'on ne peut ignorer ni au gouvernement, ni ailleurs.
Tant de choses à dire et à faire en Turquie, un empire, un monde, à elle toute seule.
Turquie News tient à jour. Istanbul, ce sera encore un autre monde. Oui, avec ou sans humour, on bosse fort et pas uniquement au Bosphore même si les Dardanelles laissent parfois un goût amère avec le souvenir d'une bataille en 1915.
Vous en ai-je trop dit ou pas assez, vous en voulez en plus sous forme certainement d' images alors, clic, clac, c'est ici....
L'enfoiré,
Un site de plus, sur la Cappadoce....
Vendredi dernier, "Faut pas rêver" sur France3, présentait la Turquie d’Istanbul aux confins de l’Anatolie, en passant par les paysages uniques de la Cappadoce, une traversée de la Turquie d’ouest en est. Un voyage de 1.500 km entre Occident et Orient, plein de charme et de saveurs…
Je vous avais prévenu, juillet serait un mois de voyages...
L'exotisme s'y retrouvera aussi comme nous allons le voir dès la semaine prochaine.
Proverbes turcs:
- « Le sage ne dit pas ce qu’il sait, le sot ne sait pas ce qu’il dit. »
- « Ne croyez pas qu'en laissant vos cheveux chez le coiffeur, vous l'avez payé. »
- « Le vinaigre trop acide ronge le vase qui le contient »
Mise à jour 06/07/2012: Le chypriote Demetris Christofias disait, dans son discours-fleuve d'investiture, qu'il va prendre un tournant très politique pendant sa présidence et qu'il va mettre en avant ses préférences. Son hostilité vis-à-vis de la Turquie, son amitié avec la Russie en feront partie. Dramatiser à l'extrême avec son grand voisin turc et rappeler que la Russie n'est plus comme avant.
Pas question de parler des faiblesses du côté financier qu'il réserve aux questions-réponses. Son effort pour unifier l'île depuis 2008 qu'il dit "Nous faisons un pas en avant et deux en arrière". Des Turcs du Turquie qui sont exportés dans la partie nord de Chypre d'une manière organisée à tel point que les chypriotes nordistes sont inquiets de perdre leur personnalité.
La Turquie va boycotter la C.E. pendant 6 mois. Chypre a déjà demandé de l'aide de 2,5 milliards à la Russie en décembre, il a réédité cette action en même temps qu'à la C.E. Beaucoup contes de fées sur Chypre....
Une conclusion pourrait être "Les amis de mes amis sont mes amis, du moment qu'ils ont du répondant".
Mise à jour 26 décembre 2012: L'indice vedette ISE100 de la Bourse d'istambul a progressé de 50% en 2012. Superperformé parmi les pays émergent comme le Mexique, la Corée du Sud et l'Indonésie. Cela après une récession de -5% en 2009.
Dans les "next eleven" de Godman Sachs..
La question est "La fête va-t-elle durer?" Une nouvelle phase de croissance plus "souple" en 2013?
09:40 Publié dans Actualité, Asie, Histoire, Politique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note






Commentaires
Kiosque ne parlait de la Turquie que via l'Egypte, mais comme sa journaliste était en duplex...
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Kiosque/Episodes/p-22208-Egypte-l-annee-zero-de-la-democratie.htm
Écrit par : L'enfoiré | 03/07/2012
Répondre à ce commentaireLa journaliste turque, Minne Kirrikanat, était en contradiction avec l'idée d'une similitude entre la Turquie et l’Égypte, avec ce que pensait les autres et avec une phrase de l'article:
"Question religion, là, on pourrait rapprocher la Turquie de l’Égypte actuelle. "
Un premier ministre Erdogan qui sort du lot et qui a une trempe au dessus des autres.
La Turquie, une tradition de laïcité grignotée.
Mais pas dans la même situation. La Turquie n'a pas ce modèle et on se trompe de le penser.
Si on laissait faire l'AKP, on serait loin de l'Egypte, avec une industrie, un PIB très au dessus de l'Egypte.
Mais la Turquie est contente des élections en Egypte et la victoire des Frères musulmans. Par contre cela n'a pas plu à l'opposition républicaine.
L'islamisation ne fait pas l'unanimité, au minimum, d'une Méditerranée islamiste.
Écrit par : L'enfoiré | 04/07/2012
Bon, on ne se refait pas. Je n'ai pas trop aimé le tour touristique de la 1ère partie de l'article, plus lorsque le ton devient plus politique. Néanmoins, la Turquie reste pour moi un mauvais souvenir, je n'ai vécu que 3 semaines dans un quartier très islamisé d'Istanbul avec hauts-parleurs, prières en rue, béton morne et tout et tout.
Reste que je préfère de loin le contact avec les gens aux merveilles touristiques. Je suis donc un peu resté sur ma faim et, comme toujours en pareil cas, on juge d'après le vécu, même sur trois semaines, plutôt que de vivre en numérisme interne les images qu'on s'était déjà préparées à l'avance, ce qui n'était pas mon cas.
La Turquie, je ne sais pas ce qu'elle est vraiment. Mais je n'en ai rien retiré d'enrichissant. Séjour trop court dans des circonstances personnelles très difficiles à l'époque. Le monde est grand, j'ai préféré d'autres expériences.
Bref, sans doute n'étais-je pas en état d'aimer la Turquie. Tout jugement est bien si l'on se garde la possibilité d'en changer
En revanche, le Lac Majeur de l'article précédent et tout le para-hôtelier qu'il y a autour, là je l'ai bien vécu dans la tête.
Comme quoi, rien ne vaut le rêve.
Écrit par : Alain | 04/07/2012
Répondre à ce commentaireSalut Alain,
Je comprends parfaitement ta prise de position et je l'apprécie à sa juste valeur.
Derrière nous et notre formation, il y a des antécédents, des prémices, des expériences, une éducation. Le vécu comme tu dis.
La sensibilité, dès lors, vis-à-vis de ce que l'on rencontre est toute personnelle.
Aimer ou non ne fut-ce que l'Histoire pose déjà question. Un archéologue ne répondra pas de la même façon qu'un passionné de chiffres ou comme toi, de relations humaines.
Parler d'Histoire ne va pas si ce n'est que de parler de dates dans un pays sans aucune relation avec les événements d'un autre. Parler de la petite histoire pour expliquer la grande, j'adore.
C'est pour cela, que je présente très souvent tous les aspects d'un même sujet, sans prendre position, sans dépassionner ceux qui ne s'intéresse qu'à un aspect.
Robert Lamoureux avait un vieux sketch dans lequel il disait avoir vu les vestiges en Italie et constatait : "c'est fort abîmé" d'un air dédaigneux.
Et il avait raison. Est-ce dire qu'il faut détruire son histoire, son patrimoine comme on l'a vu en Afghanistan ou au Mali dernièrement?
Être moderne et avoir une vue sur le futur uniquement?
Oublier toute nostalgie d'un passé révolu, d'une religion qui ne correspond pas à ce que l'on a en tête actuellement?
Quant à la remarque sur Istanbul, je te demanderai de voir la vidéo ci-dessus ou de lire le résumé que j'en ai fait.
On m'a même dit que je ne photographiais que des monuments et pas les gens.
Argument, que je n'ai pas contesté. Pourquoi? Simple parce que les pierres elles ne râlent pas quand on les photographie.
L'image de soi est sacrée dans certaines populations. Elle se monnaie comme au Maroc par exemple. Normal, certains en vivent même comme les marchands d'eau. Mais cela laisse une impression diversement appréciée. Dans nos pays, tu peux même être trainé en justice pour une image volée.
Tout n'est que pognon, dans notre bas monde.
Tu aimes découvrir sans préparation. Dans certains cas, je le fais aussi. Dans certains autres, voyager pour moi se prépare minutieusement comme ce fut le cas pour l'Egypte.
"Tout jugement est bien si l'on se garde la possibilité d'en changer", dis-tu.
Absolument. Je vais t'en donner pour preuve, que je déteste les gens qui se disent "citoyen du monde" après être passés une fois quelque part et ne réactualisent pas leur vision première à périodes plus ou moins courtes. Les impressions, les images, les voyagistes nous mentent. Il faut vivre dans un espace et dans le temps pour en comprendre la mentalité et pour cela il ne faut pas aller loin pour se rendre compte que le travail est le même.
Tu aimes la politique. Moi, aussi. C'est loin d'être le cas pour 80% de la population.
Pourquoi, les Cubains que tu connais bien pour les avoir coudoyés pendant des années, n'ont pas de problèmes avec le régime?
Parce qu'ils ne s'y intéressent pas. Ils cultivent leur jardin en se foutant du regard oblique des passants honnêtes, comme chantait Brassens.
Tu as parlé du lac Majeur. Mon dernier article n'en parlait pas d'une manière très "touristique". Bien au contraire.
Il y a deux ans c'était plus le cas. Donner envie d'y aller? Non. On le fait quand il y a un besoin touristique d'attirer plus de monde.
Le précédent, il y a deux ans, je le terminais par "Le plus beau voyage, n'est-ce pas celui qu'on n'a pas encore fait? Il est toujours une page de vie que l'on tourne avec plaisir en attendant une autre...".
"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage" ou "Partir c'est mourir un peu"?
Tout est dans tout et inversement...
Écrit par : L'enfoiré | 04/07/2012
Un gros regret sur la Turquie c'est le manque de préservation de leur patrimoine...
Ce n'est pas toujours vrai ni une constante mais certains monuments ont été sacrifiés à des projets immobiliers ignobles.
Écrit par : Sun T | 05/07/2012
Répondre à ce commentaireC'est très vrai. Mais pour leur chapelle, ils ne sont pas les seuls.
Je peux te donner des exemples en Egypte, en ex-Yougoslavie...
On récupère les pierres d'un édifices sur un autre.
On mélange les cultures et les époques, on les amalgame.
Après, il faut leur redonner un semblant de vérité historique.
Écrit par : L'enfoiré | 05/07/2012
Le chypriote Demetris Christofias dans son discours-fleuve d'investiture disait qu'il va prendre un tournant très politique pendant sa présidence et qu'il va mettre en avant ses préférences. Son hostilité vis-à-vis de la Turquie, son amitié avec la Russie en feront partie. Dramatiser à l'extrême avec son grand voisin turc et rappeler que la Russie n'est plus comme avant.
Pas question de parler des faiblesses du côté financier qu'il réserve aux questions-réponses. Son effort pour unifier l'île depuis 2008 qu'il dit "Nous faisons un pas en avant et deux en arrière". Des Turcs du Turquie qui sont exportés dans la partie nord de Chypre d'une manière organisée à tel point que les chypriotes nordistes sont inquiets de perdre leur personnalité.
La Turquie va boycotter la C.E. pendant 6 mois. Chypre a déjà demandé de l'aide de 2,5 milliards à la Russie en décembre, il a réédité cette action en même temps qu'à la C.E. Beaucoup contes de fées sur Chypre....
Une conclusion pourrait être "Les amis de mes amis sont mes amis, du moment qu'ils ont du répondant".
Écrit par : L'enfoiré | 06/07/2012
Répondre à ce commentaireSur la Grèce d'antan, il y a des révélations qui se retrouvent à notre époque
https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/?ui=2&ik=c0a693c47d&view=att&th=13894512e1e3de07&attid=0.1&disp=inline&safe=1&zw&saduie=AG9B_P93auv2Qab8qQbRsU-1wz5U&sadet=1342518422565&sads=bNLHNy4__PaorR5AOYDbBg8RuQc&sadssc=1
Écrit par : L'enfoiré | 17/07/2012
Répondre à ce commentaireEt voilà, c'est reparti en Cappadoce et en ballon et dans tes yeux...
http://videos.arte.tv/fr/videos/dans_tes_yeux_11_40_-6800862.html
Écrit par : L'enfoiré | 17/07/2012
Répondre à ce commentaireFrance2 Envoyé spécial: "La nouvelle Riviera" Bodrum et le sud à Antalia
Les révolutions du Printemps arabe ont transformé la carte du tourisme. Certains vacanciers ont quitté les plages tunisiennes et les temples égyptiens pour migrer vers d’autres rives : celles de la Turquie.
Dopé par sa croissance économique (8,5 % l’année dernière, deuxième performance mondiale derrière la Chine), ce pays majoritairement musulman affiche une stabilité politique qui rassure… Avec ses kilomètres de côtes, ses eaux turquoise, son patrimoine historique, l’ancien Empire Ottoman a développé une nouvelle industrie touristique. L’an dernier, plus d’un million de touristes français se sont laissé séduire par des séjours balnéaires à des prix très attractifs ou par des circuits en bus à travers le pays. Avec à la clé, la découverte d’une stratégie commerciale particulière : le « voyage shopping ». Des visites « obligatoires » dans des galeries marchandes au cours desquelles les vacanciers seront fortement incités à faire des achats…
A côté de ce tourisme bon marché, des villes balnéaires très en vogue avec leurs boîtes de nuit et leurs fêtes tentent d’attirer une clientèle plus fortunée. Une industrie touristique d’un pays qui veut devenir l’une des 5 destinations phare de la planète.
http://envoye-special.france2.fr/les-reportages-en-video/turquie-la-nouvelle-riviera-19-juillet-2012-4463.html
Écrit par : L'enfoiré | 20/07/2012
Répondre à ce commentaireLes Turcs ont perdu tout intérêt pour l'Union Européenne
La Turquie a connu la croissance pendant que ses voisins européens s’enfonçaient dans le marasme, et désormais, elle a acquis une confiance en elle qui a atténué son intérêt pour une adhésion à l’Union Européenne, affirme Der Spiegel. La Gazette Famagusta rapporte les résultats d'un récent sondage, organisé par TAVAK, une fondation germano-turque pour l’Education et la Recherche Scientifique, qui indique que seulement 17% des Turcs pensent que leur pays adhèrera un jour à l’UE, alors qu’ils étaient encore 34,8% l’année dernière. 76% pensent même que la Turquie ne sera jamais un membre de l’UE, pas même dans une décennie, et 28% ont estimé que la Turquie devrait engager plus de relations avec les BRICS pour compenser un échec de l’adhésion à l’UE.
Pourtant, en 2004, un sondage avait montré que 75% des Turcs souhaitaient que leur pays devienne un membre de l’Union Européenne. Désormais, ils sont moins de 50% à le vouloir. « L’enthousiasme du public pour l’UE a commencé à s’estomper il y a des années », affirme Cengiz Aktar, un chercheur politique d’Istanbul. « La crise de l’euro a renforcé cette tendance ».
A Ankara, le gouvernement évoque encore l’adhésion européenne comme un objectif de long terme, mais refuse que cela soit conditionnel. « Nous pensons toujours que la Turquie devrait rejoindre l’Union Européenne », avait dit le ministre des Finances Mehmet Simsek à la fin de l’année dernière, mais il avait ajouté que rejoindre l’euro ne serait pas une option envisageable, même si la Turquie devait plutôt se placer du côté de l’Allemagne et des pays bien portants de la zone euro plutôt que de ceux des pays du Sud qui connaissent des difficultés.
L’économie turque est en plein essor, avec un taux de croissance de 8,5% l’année dernière. La population du pays est jeune, et elle souhaite consommer. Mais la crise de l’Europe, le plus grand partenaire commercial de la Turquie, se fait tout de même sentir. Plus d’un tiers de ses exportations sont destinées à l’UE, tandis que 80% des investissements étrangers investis dans le pays proviennent de cette zone. Cette année, elle enregistre un ralentissement économique, et pour 2012, sa croissance n’est plus que de 3,2%.
La Turquie n’est pas seulement dépendante de l’Europe pour des raisons économiques. Pour beaucoup dans le pays, l’adhésion à l’UE est le gage de la poursuite des réformes pour apporter des progrès social et politiques. « En Turquie, il reste beaucoup à faire sur le plan des droits de l’homme, du niveau de vie, et de l’éducation », affirme Derya, une institutrice de 42 ans qui souhaite rester anonyme. « C’est seulement en adhérant à l’UE que nous pourrons mener ces réformes ».
Ces dernières années, le parti AKP (parti religieux et conservateur de la Justice et du Développement) du Premier ministre Erdogan a exploité la perspective de l’accession de la Turquie à l’UE pour mener des réformes qui ont permis de démocratiser le pays. Mais depuis plus récemment, les réformes se sont espacées. Des milliers de Kurdes, d’étudiants et plus d’une centaine de journalistes sont toujours derrière les barreaux pour des accusations qui semblent parfois absurdes, rappelle Der Spiegel.
Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=les-turcs-ont-perdu-tout-interet-pour-lunion-europeenne&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=
Écrit par : L'enfoiré | 23/08/2012
Répondre à ce commentaireLe Premier ministre turc veut que l'islamophobie soit considérée comme un crime dans le droit pénal international
« Je suis le Premier ministre d’une nation dont la plupart des citoyens sont des Musulmans, et qui a déclaré que l’antisémitisme était un crime contre l’humanité. Mais l’Ouest n’a pas reconnu que l’islamophobie était un crime contre l’humanité – il l’a encouragée », a déclaré Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, devant un groupe de journalistes à Sarajevo après une série de visites en Azerbaïdjan, en Ukraine et en Bosnie et Herzégovine.
Il s’exprimait suite à la diffusion de la vidéo « Innocence of Muslims », qui ridiculise le prophète Mahomet, et qui a déclenché des émeutes dans les pays à fortes communautés musulmanes. Erdogan veut que l'on étudie une législation internationale pour interdire les attaques islamophobes, et contre toute religion, et il a promis de soumettre cette question à l’Assemblée annuelle des Nations Unies qui se tiendra le 25 septembre prochain. Il a également évoqué la possibilité de l’adoption d’une législation nationale dans ce sens. « La Turquie pourrait donner l’exemple au reste du monde à cet égard », a-t-il ajouté.
Source: http://www.express.be/joker/?action=view&cat=world&item=le-premier-ministre-turc-veut-que-lislamophobie-soit-consideree-comme-un-crime-dans-le-droit-pnal-international&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign
Écrit par : L'enfoiré | 25/09/2012
Répondre à ce commentaireLa Turquie dans l'UE: Jamais... ou jamais?
Dans son rapport de suivi annuel sur le processus d'élargissement aux Balkans occidentaux, à la Turquie et à l'Islande qu’elle a remis mercredi, l‘Union Européenne a jugé « insuffisants » les progrès réalisés par la Turquie. Elle reconnait que la Turquie a progressé sur 32 des points sur lesquels les négociations ont porté, mais que les lacunes en matière de liberté de la presse, de liberté d'expression et d'association, de longue durée des procédures judiciaires et d'absence de politique concernant la résolution de la question kurde par la voie démocratique demeurent. Le rapport reproche également à la Turquie de ne pas avoir réglé son litige avec Chypre, qui reste la principale pierre d’achoppement dans les négociations. Par conséquent, le pays ne pourra pas intégrer l'UE à court terme, conclut-il.
La Turquie s’est dite profondément déçue par la voix d’Egemen Bagis, le ministre turc des Affaires Européennes. «Malheureusement, malgré nos efforts, nous avons accueilli cette année avec une grande déception le rapport de progrès, notamment sur les critères politiques. La Turquie s’est engagée à rendre ce pays plus démocratique, plus transparent et plus conforme à la primauté du droit. Cependant, la tâche de la Commission devrait consister à motiver les pays candidats et les candidats potentiels, plutôt que les enfoncer", a-t-il jugé. Toutefois, Bagis a indiqué que les réformes se poursuivraient et que l'adhésion à l’Union européenne restait un objectif du pays.
Les Turcs eux-mêmes ne sont plus très motivés. En août dernier, une fondation germano-turque pour l’Education et la Recherche Scientifique avait indiqué qu’ils n’étaient plus que 17% à penser que leur pays adhérerait un jour à l’UE, alors qu’ils étaient encore 34,8% l’année dernière. 76% pensent même que la Turquie ne sera jamais un membre de l’UE, pas même dans une décennie, alors qu’en 2004, 75% des Turcs souhaitaient que leur pays devienne membre de l'Union européenne.
La Turquie est devenue un partenaire commercial important de l’Europe vers laquelle elle exporte massivement, ce qui lui a permis de connaître des taux de croissance de 11% en 2010, et 8,5% en 2011, malgré la morosité du vieux continent. Cette année, la crise du Vieux Continent se fait tout de même sentir et elle enregistre un ralentissement économique. En conséquence, pour 2012, sa croissance n’est plus que de 3,2%. L'analyse d'un panel de cent analystes a montré l'année dernière que la Turquie est en marche pour rejoindre le groupe des pays BRICS.
L’adhésion à l'UE ne reste donc plus qu'une alternative stratégique au cas où le pays ne parviendrait pas à réaliser son rêve: devenir une superpuissance dans la région.
Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=la-turquie-dans-lue-jamais-ou-jamais&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=
http://blogs.lecho.be/turquie/
Écrit par : L'enfoiré | 11/10/2012
Répondre à ce commentaireL'indice vedette ISE100 de la Bourse d'istambul a progressé de 50% en 2012. Superperformé parmi les pays émergent comme le Mexique, la Corée du Sud et l'Indonésie. Cela après une récession de -5% en 2009.
Dans les "Next eleven" de Godman Sachs..
La question est "La fête va-t-elle durer?" Une nouvelle phase de croissance plus "souple" en 2013?
Écrit par : L'enfoiré | 26/12/2012
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