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12/06/2013

Opération Dan Brown

C'est le titre d'un article du Vif L'Express paru récemment au sujet du 6ème livre de Dan Brown, "Inferno" qui fait un démarrage d'enfer. Une action de commando que l'hebdomadaire poussait un peu à dénigrer, vis-à-vis des règles de sécurité qui ont entouré la période avant publication.

0.jpgEn 2011, je sortais l'article "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves" dans lequel, je parlais des bestsellers de l'époque et des techniques pour arriver à le devenir. 

Dan Brown y apparaissait déjà.

Petite visite dans une librairie, c'est remarquer que, dès la sortie de "Inferno", le bouquin se trouve en bonne place parmi ceux qui feront l'été sur les plages.

Deux concurrents romanciers français dans le trio de tête...

 


"Un sentiment plus fort que la peur" de Marc Levy qui parle d'un document retrouvé et qui va changer une vie par après et son alter ego, Guillaume Musso, qui avait déjà sorti "Demain", le roman d'un rendez-vous manqué mais qui va rendre un de ses interlocuteurs victime d'une réalité qui le dépasse.

Guillaume Musso et Marc Levy ne se sont, parait-il, jamais lus en chassé croisé. Une peur de l'autre, de ce qu'il pourrait en dire, une volonté de rester original?

Une nouveauté, la sortie mondiale de "Inferno" de Dan Brown a été entourée d'une foule de précautions dignes d'un secret d'état jusqu'à sa parution. Préparé dans le plus grand secret, entouré de mesures de sécurités drastiques, quasi militaires, il est donc sorti avec le buzz qui l'accompagne.

Qu'est-ce qui justifie ce succès? Pourquoi un tel engouement dès sa sortie?

Un contrat avec une amende de plusieurs millions de dollars pour ceux qui dénonceraient le secret de l'histoire. 

Secret défense oblige un accès limité dans un réseau Intranet via clé USB, sans accès à Internet. Traduit  en italien, français, allemand, portugais, espagnol par deux ou trois traducteurs dans chaque langue. Traduction qui s'est déroulée en sous-sol du siège de Mondari, un bunker coupé du monde avec des contraintes qui frisaient la paranoïa. Sept jours sur sept de 10 à 23 heures, ils se sont partagés le travail et déplacés avec des gardes du corps. Envoyé vers une cinquantaine de pays. Un chèque à six zéros à payer par un éditeur pour obtenir les droits de publication. Le succès en librairie est en marche avec quelques ingrédients miracles sous forme de textes mystérieux ajoutés au suspense. Les gros sous, en perspective. 

0.jpgLe premier ouvrage sorti, le "Da Vinci Code", a été un succès mondial en bousculant les consciences. Le lecteur, pris dans des révélations romanesques, avait tout pris pour argent comptant. Mais ce n'était pas le Léonard de Vinci, homo et bisexuel, chouchouté par les grands de son monde. La vie de Léonard pourrait ressortir dans un tout autre cadre. Rien à voir, non plus, avec le carton pâte de Disney Land.

C'est un thriller dont l'efficacité de ses méthodes imaginatives se retrouverait dans une BD sans images.

50 millions d'exemplaires vendus jusqu'ici et c'est loin d'être fini. 

Des livres d'autres auteurs sont sortis à sa suite pour en dire plus et départager ce qui était vrai de ce qui l'était un peu moins. Des analyses ont suivi l'étoile filante du succès de Brown. En "Monsieur Religion", Frédéric Lenoir, dans un christianisme cool, s'est inséré avec "Code Da Vinci: l'enquête". Essai monastique?  

Véritable saga à rebondissements toujours avec le même personnage central, le Pr Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, plutôt herméneutique pour l'occasion. 

Les ingrédients ont une odeur d'Indiana Jones de l'Arche perdue, un goût de Harry Potter et l'esprit vif de James Bond sans tomber dans la voie de l'agent secret.

Pas de fausse modestie, Dan Brown est devenu un des auteurs de romans à suspense, le plus lu sur la planète.

La critique d'une journaliste est prévisible mais intéressante puisqu'elle compare le livre avec les précédents: "La même eau que ses quatre romans précédents avec Robert Langdon. Pourtant, ceux qui ont «embarqué» dans les courses folles de l'éminent professeur de symbologie à Rome (Anges & Démons), à Paris (Da Vinci Code) et à Washington, D.C. (Le symbole perdu) pour le suspense et malgré les coins ronds, pour le mystère au-delà des grosses ficelles, pour les incursions dans les arcanes de l'art, de la religion, de l'histoire et de la science assez passionnantes pour ne pas (trop) s'attarder aux libertés prises par le romancier, Inferno, bien que sorti du même moule, risque de décevoir. Peut-être parce qu'après quatre fois du même-plat-ou-presque, la surprise n'est plus au rendez-vous et, du coup, les défauts apparaissent plus. Probablement parce que l'intrigue est contemporaine au lieu d'avoir des racines plantées dans la nuit des temps par l'intermédiaire d'une mystérieuse organisation (les Illuminati, l'Opus Dei ou les francs-maçons). Certainement parce que le récit est plus faible que les précédents, avançant à coups de monumentales coïncidences et débouchant sur une conclusion certes dramatique, mais d'une envergure tellement moindre que l'enfer «promis» pendant les 500 pages précédentes que, d'une certaine manière, elle déçoit. D'autant qu'elle s'accompagne de revirements échevelés ayant pour origine l'amnésie de Robert Langdon. Comme lecteur, on se sent floué et (malhonnêtement) manipulé. Pourtant, et c'est la magie de Dan Brown, il est impossible de lâcher Inferno dès qu'on y a mis un pied - et un œil".

L'histoire? Robert Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, sans aucun souvenir de ce qui s'est passé au cours des derniers jours. Il ne sait même pas ce qu'il fait en Italie. Là-dessus, une tueuse «aux cheveux pointus» et, comme il se doit, au physique et à la psyché particuliers (ils sont toujours ainsi, les méchants aux trousses du professeur) débarque et lui tire dessus. Il s'échappe en compagnie d'une jolie médecin dont les yeux, «quoique marron, recelaient une profondeur inhabituelle». Et, dans sa veste en tweed - il découvre un pointeur qui «projette» une photo de La Carte de l'Enfer de Botticelli, inspirée au grand maître par L'Enfer de Dante.

Commence ainsi un genre de chasse au trésor avec codes et énigmes. Menée sur 24 heures à Florence, Venise et Istanbul.

Sur les talons de Langdon, l'habituel policier tenace.

Sur son chemin, une puissante organisation secrète.

Enfin, en trame de fond, le danger que la surpopulation fait peser sur l'espèce humaine.

On retrouve ici la manière Brown de découper son film... oups, son récit en chapitres courts, passant d'un protagoniste à un autre, d'où l'efficacité du montage et l'étourdissant effet «page turner».

La façon qu'il a d'«interrompre» une scène d'action pour se transformer en guide touristique ou en professeur afin de décrire ou d'expliquer un lieu, une oeuvre d'art, un concept scientifique, agace certains, mais qu'on lui pardonne tant lesdites explications et descriptions sont, en général, passionnantes.

On trouvera par contre que Robert Langdon est moins vif d'esprit qu'à l'accoutumée (prendre des pages et des pages pour se rendre compte que les lettres CATROVACER doivent être ré-agencées pour signifier quelque chose!) et que sa route vers l'enfer est pavée de trop nombreux hasards et coïncidences et déboucher sur un pétard pas mouillé, mais quand même, un peu humide.

La critique acerbe qui se termine par un pétard tout aussi humide?

A la librairie, à voir les clients acheter le roman sans même le consulter, ce n'est pas l'impression qu'on imaginerait. 

Aucune preuve de mépris de la part du public de lecteurs.

Le moment est aussi stratégique. Les vacances approchent et l'envie de lire se fait sentir avec les pieds en éventail. 

On ne change pas un scénario qui gagne et qui fait vendre deux cents millions de livres... "Dan Brown est Dan Brown et le succès de sa recette est tel qu'il n'a aucune raison d'en changer à moins qu'il ne soit atrocement blessé par les critiques, qui n'ont jamais été tendres envers son oeuvre.", disait encore une autre critique en préambule.

Un premier tirage à 600.000 exemplaires sous sa forme originale sera certainement suivi d'une édition dans la collection Poche pour faire exploser les compteurs. Puis, ce sera sous la forme du livre de Poche.

Avec le support de Al Dente, les 14.000 vers de la "Divine Comédie" ont dû nécessiter une étude poussée pour être extrapolés en une mystérieuse organisation avec des interlocuteurs au QI qui plane dans les nuages.

L'histoire  se tient proche de la bénédiction de Malthus, dont le thème tourne autour de la surpopulation, de l'eugénisme, de la mondialisation diabolisée et des hommes sans frontières. Le risque de la pandémie rode alors que l'OMS tente d'amoindrir les effets dévastateurs.

Sauver le monde, un objectif qui frise l'absolutisme.

La morale et le spirituel sont orchestrés par une nature darwinienne mais sous des cadres enchanteurs. L'art pictural de Giorgio Vassari au Palazzio Vechio rend l'oeuvre de Dante prémonitoire. 

L'affolement des chiffres mystérieux est là pour étourdir. 

Des fausses pistes, des rebondissements, de l'humour, des dialogues, un cours d'architecture, un guide touristique et une histoire rocambolesque avec la mémoire eidétique de son guide.

C'est tout cela Dan Brown et il faudra s'y faire. 

0.jpgInferno est dit mieux traduit que le "Da Vinci Code" et moins indigeste que "Symbole perdu".

Pourquoi pas? 

Une brique de 564 pages, divisée en 105 chapitres. Cinq pages par chapitre pour donner le temps nécessaire pour temporiser, pour souffler avant d'entamer le suivant avec une envie inextinguible de connaître la suite.

Avant le prologue, il est dit: "Les faits iconographiques, textes, références historiques sont réels".

Une touche de plus pour enfoncer le clou de la vérité.

Un prologue et un épilogue classiques. Une organisation privée, "Consortium", présente dans sept pays,  affublée du pseudonyme "Le Mendacium" pour ne pas troubler l'original...

0.jpgLe "Da Vinci Code" est passé au cinéma tout comme "Anges et démons" qui, refusé par le Vatican, aiguise l'appétit des médias par le goût du scandale et l'envie de voir ce que l'Eglise voudrait nous cacher. 

Toutes les couvertures rappellent que l'auteur est celui du "Da Vinci code" comme une référence indélébile.

Le passage à l'écran de "Inferno" est, peut-être, déjà programmé, en préparation avec Tom Hanks comme vedette principale.

Je possède les cinq premiers en format livre de poche, plus facile à manipuler et à transporter. J'attendrai, une nouvelle fois, la version Poche comme d'habitude.

Ma préférence jusqu'ici? J'ignore. Les sujets sont actuels.

Si les livres de Dan Brown n'auront jamais de prix de littérature, ce sont les lecteurs qui apporteront le prix de l'excellence ou non. 

Dante Aligheri n'aurait peut-être pas imaginé décrire un enfer aussi structuré et complexe.

"Les endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crises morales", une phrase du livre qui a tout son poids.

Retour à la source à "La Divine Comédie".

Un poème de Dante Aligher écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale.

"Virgile, mandé par Béatrice, qui vient chercher le poète, va le mener par l’Enfer, seule sortie de la forêt. Dante et Virgile vont descendre à travers neuf cercles concentriques, une série d'anneaux numérotés, dans chacun desquels sont logés, par ordre de vice, les occupants de l’Enfer. Dans la géographie dantesque, l'enfer se présente comme un abîme en forme d'entonnoir".

0.jpg

Pas besoin de relater toutes les péripéties.

Il est aussi mentionné qu'il faut:  « Laissez toute espérance, vous qui entrez » dans ce lieu hors du temps et privé de lumière, dans l'Ante-enfer errent pour toujours les indolents, ceux qui, dans la vie, n'ont pas voulu prendre position et sont maintenant considérés comme indignes.".

La philosophie de Dante serait donc, peut-être, bien plus qu'une simple histoire biblique sous les traits d'une résistance pour rester digne.

Dans le livre de Dan Brown, l'énigme du mot CATROVACER, une fois réorganisé dans les deux mots "cerca trova" tourne au fantasme, au qui "cherche et trouve" digne de l'apocryphe chrétien de l'évangile selon Thomas: « Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et quand il aura trouvé, il sera troublé; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il régnera sur le Tout. » qui ferait revenir de lointains souvenirs presque fantasmagoriques.

"Fantasmagoriques", parce qu'il n'y a aucune vérité reconnue dans les concepts que l'homme se fait de son "après".

Il baigne dans une foule de représentations personnelles qui n'ont plus rien à voir avec une quelconque vérité.

Nous ne sommes même plus du mythe allégorique de Platon qui parlait de prisonniers dans une grotte et qui ne voyaient que des ombres sur les parois pour imaginer ce qu'il y avait au dehors.

Aujourd'hui, on construit des modèles de vie pour simplifier l'existence, quitte à en devenir caricatural. L'utilité du processus n'est même pas garanti puisque les faux-semblants nous entourent.     

Je sais ce que pouvait chercher le lecteur dans ce livre et j'aperçois, sans difficulté, ce que l'écrivain y a trouvé.

Dan Brown dit qu'il a actuellement des ébauches pour au moins douze futurs livres, dont un qui implique l’association d'un compositeur célèbre avec une société secrète.

Orienter les soupçons vers Mozart qui était également un franc-maçon, serait par pure spéculation

Après "Inferno", pourquoi pas une suite dans le "Purgatorio"  puisque la Bible a oublié d'en parler, et une autre dans le "Paradiso"?

Faudrait s'y habituer très progressivement, bien avant le Jugement dernier.

Neuf cercles concentriques en forme d'entonnoir était-il dit dans "Inferno" version Dante.

En sortant de la sphère biblique, est-ce que ce serait:

  • "naître", "vivre", "apprendre", "travailler", "enfanter", "épargner", "consommer", "chômer" et "mourir"

ou

  • "venir au monde par hasard", "respirer", "s'étonner", "évoluer", "spéculer", "être", "paraître", "chômer" et "s'en aller"
0.jpg

Dans ce cas, chacun pourrait choisir sa manière de voir son existence, à mériter ou à démériter son enfer ou son paradis, à sa propre mesure sans Pr. Langdon et ses symboles.

Mais, si, alors, Roubini alias Mister Doom, le Cassandre de service, nous prédit, déjà, la catastrophe avant trois ans et que, dans cent ans, on sera tous morts... là, ce ne serait plus du jeu, on brûlerait vraiment trop d'étapes.

Florence et la vision de la porte du paradis, n'est ce pas le meilleur des présages. ---->>>

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Un thriller est un voyage. », Jean-Christophe Grangé
  • « Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et d’introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu’on peut appeler échec. », Soichiro Honda
  • « Le mérite envie le succès, et le succès se prend pour le mérite. », Jean Rostand

Commentaires

Voici l'envie de créer un Paradis, une ville de rêve en Wallonie, un Paradis qui pourrait donner des idées à Dan Brown, comme je lui proposais.

Nous avons eu le Parc Paradiso, qui est devenu, on ne sait pourquoi, Pairi Daiza ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Pairi_Daiza )

"Ce qu’il nous faut, c’est une ville profondément humaine. Il faudra la développer à partir de 20.000-25.000 habitants. Il y a différents endroits qui ont été déterminés. il faudra être proche d’axes routiers, du rail. C’est un projet qui demande de l’ambition, de la réflexion, de la mobilisation citoyenne et de la concertation avec tous les acteurs. Avec pour objectif une nouvelle ville moderne, ouverte sur le monde, conviviale, technologiquement avancée… Voir à long terme, c’est aussi imaginer une Wallonie qui est plus forte, plus dynamique. Ça demande de l’imagination, de la créativité.", dit Lutgen

Dit avec humour, cela reviendrait à ceci:

http://www.rtbf.be/video/detail_le-cafe-serre-de-thomas-gunzig-11-6-13?id=1830858

Écrit par : L'enfoire | 11/06/2013

Le polard ne perd pas le nord.
Dans un monde de l'édition en crise, les thrillers scandinaves continuent à faire recette.
Il n'y a guère que le dernier Dan Brown ou la biographie de Zlatan qui se fraient un passage en Suède face à Anders de la Motte qui publie dans 27 pays en plus de la Suède son "Le Jeu" qui fait partie d'une trilogie.

Écrit par : L'enfoire | 14/06/2013

Comme il fallait s'y attendre, un livre qui départage le vrai du faux

"Inferno décodé" de Michel Haag
http://www.numilog.com/257005/Inferno-decode.ebook

Écrit par : L'enfoiré | 16/10/2013

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