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02/02/2015

Le mythique Métropole a 120 ans

L'hôtel Métropole est l'hôtel historique par excellence de Bruxelles avec ses 120 ans depuis sont inauguration. Construit en art déco, art nouveau, style moderne. Le 30 janvier, il s’associait à La Une de RTBF.be à l'occasion des 10 ans de l'émission "C'est du belge" (à voir à partir 0:23:00). Une bonne occasion pour en parler.

0.jpgSon histoire commence sur la très réputée place de Brouckere au centre de Bruxelles. Un bâtiment principal est construit en 1872-1874 par l'architecte Antoine Trappeniers pour la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite.

La famille Wielemans-Ceupens qui détient une brasserie à Forest, a l’intention de promouvoir une sélection de leurs bières.

En 1891, ils rachètent le bâtiment pour servir de café sous le nom de "Café métropole". 

 


Sentant l'évolution de l'époque,  ils rachettent de cinq immeubles voisins et ils le transforment en hôtel de luxe avec l'architecte Alban Chambon. Rien n'est trop beau pour le construire avec toute la modernité nécessaire de l'époque sur une avenue Anspach qui veut imiter les boulevards de Paris.

Un ascenseur fabriqué par Edoux qui avait construit celui de la Tour Eiffel, l'eau courante, le chauffage central, des salles de bain, l'électricité dans les chambres. Un restaurant qui ne rechigne pas sur le luxe. 

L'hôtel es inauguré en 1895 et c'est immédiatement, le succès. 

En 1911, le premier Congrès Solvay se tient dans ses murs avec les pplus grands savants des sciences.

Pendant la guerre 14-18, il sera réquisitionné comme lors de la guerre 40-45.

Le 27 octobre 1932, c'est l'inauguration d'un nouvel agrandissement avec le cinéma Métropole, construit en Art déco avec une entrée monumentale de 22 mètres de haut qui donne sur la rue Neuve dans une complémentarité avec l'hôtel. Dans les années 1970, l'exploitant du Métropole s'efforce d'améliorer sa rentabilité en multipliant les salles. Mais en 1982, de guerre lasse, c'est la fermeture et la transformation du cinéma en surface commerciale.

La "Belle époque" n'est plus vraiment la-même.

Elle a changé de modernité.

 

0.jpg"La Belle Epoque". 

Le passage du 19ème au 20ème siècle mérite ce nom du moins pour les grands entrepreneurs.

Une époque marquée par des technologies nouvelles de l'automobile, de l'aviation, de l'électricité, du cinéma. 

Le virus de l'automobile gagne les gens les plus fortunés.

Le 29 avril 1899, Camille Jenatzy atteint la vitesse prodigieuse de 105 kms/h au volant du prototype CITA à propulsion électrique avec des pneus en caoutchouc importé du Congo.

Mais, c'est le moteur à explosion, alimenté au pétrole qui marque sa supériorité par rapport au moteur électrique.  

Sur le front de l'industrie, Zénobe Gramme laisse un projet de machine magnétoélectrique à courant continu. De véritables centrales de production électrique permettent d'éclairer les rues et les bâtiments.

En 1907, la fabrique nationale Herstal, FN, est l'un des principaux constructeurs de l'époque. D'autres comme Nagant, Métallique,  Minerva, Pieper, Delin, Lefert, Mans, Pipe, Vincke... se retrouvent au IVème salon de l'auto, tandis que Bruxelles teste les premiers autobus qui transportent 32 passagers à 15 kms/h.

Le baron Edouard Empain devient le financier des bâtisseurs en s'intéressant aux tramways électriques. 

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L'aviation est en plein boom. Des prix de 130.000 FB récompensent des "faucheurs de pâquerettes", appelés ainsi parce qu'ils tentent de voler le plus bas, le plus haut et le plus longtemps. 

Un vent d'innovations souffle sur les arts, les lettres et les mœurs urbaines et démocratiques. Le Cercle des XX, de la Libre Esthétique s'essayent dans les arts de la peinture par le pointillisme, le symbolisme ou le fauvisme. La Belgique, fondatrice de l'art nouveau, fait entrer métal et lumière dans l'art de bâtir.

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En 1894, les frères Lumière présentent le cinématographe au palais du Midi. Des projections permanentes sont organisées à l'Alcazar.

L'exposition universelle de 1897 propose des actualités filmées belges.    

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Tout cela pour dire que la modernité est entrée dans tous les domaines créatifs dans une ambiance d'euphorie. Cela génère des fortunes immenses. Le luxe princier fait partie de ce vent de création dans un hôtel comme le Métropole et cela prouve que la famille Wielemans avait senti le vent de la réussite dans le dos et avait fait le bon choix de s'installer au centre de la ville. 


Aujourd'hui.

L’entrée principale a tout du style Renaissance française, menant au hall de réception de style Empire, largement décoré de vitraux célébrant l’héritage de l'Art nouveau de la ville. Mélange de styles de l'époque.

Très bruxellois, c'est une entreprise de famille qui se transmet de génération en génération depuis le début.

Jean-Pierre Bervoets dirige l'hôtel dans une discrétion familiale comme on pourrait l'être chez soi. 

Ascenseur d'époque, dorures, vitraux, marbres, lustres énormes et ferronnerie, l'hôtel a été classé en 2002, comme monument historique. Le café a été rafraichi récemment. Bar31 rénové en 2010 

5.jpgL'hôtel dispose aujourd'hui de 286 chambres dont 23 suites spacieuses toutes agencées avec un style propre à chacune d'entre elles sur 22.000 m2.  

Plus de fiacres à l'entrée, plus de valets et autres manifestations de la richesse. Une clientèle d'hommes d'affaires, du show-béez, de têtes couronnées, s'y mélange. 

Certaines suites ont reçu les noms prestigieux d'aujourd'hui et de hier: Weyergans dans lequel les livres font partie du décor baroque classique, Noureev, Sarah Bernardt, Toscanini, Jacques BrelAnnie Cordy, Maurice Béjart, Jean Piat, Francis Huster... Toutes ces suites ont été créées en fonction des desiderata de ceux-ci avec leurs couleurs préférées, tout en restant dans le glamour. 

Parfois, en nettoyant les plafonds reviennent des peintures datant de 1900. Les contraintes techniques dans la protection contre les incendies n'est pas une mince affaire quand il faut les rendre les plus invisibles possible.  

De nombreux films tournés ont été tourné à l'hôtel. L'hôtel est comme un grand studio de cinéma comme quelqu'un a dit de lui.

Amélie Nothomb y a fait tirer son portait par les Studios Harcourt en 2008 comme l'avait fait Marlène Dietrich avant elle.

Toots Thielmans, Princesse Esmeralda, Marc Wilmots se sont fait tirer le portrait à l'occasion du dixième anniversaire de "C'est du belge". Les personnalités comme Sacha Guitry hantent encore ses couloirs.

Le monde scientifique s'est à nouveau réuni au centième anniversaire pour parler du temps sous la présidence de Ilya Prigogine. L'astrophysicien Stephen Hawking a signé le livre d'or par deux fois.    

Si d'autres hôtels modernes de luxe sont installés dans les environs, mais le Métropole est le seul établissement de la ville datant du XIXe siècle encore en activité. Les chambres peuvent rivaliser avec celle d'un palace inauguré la veille.

Au dernier étage, un show-room de tissus, de mobilier et lustres attendent le moment opportun pour s'installer aux étages inférieurs.  

Je me souviens d'une journée porte ouverte qui m'avait permis une visite de certaines chambres qui n'étaient pas des suites mais qui pouvaient donner l'impression en sortant des standards.  

Je me souviens encore d'avoir dîner dans le restaurant et de m'être installé quelques fois sur les sièges de cuir du café, mais je n'ai jamais logé dans une des chambres étant moi-même bruxellois.

Samedi, quand je me suis rendu à l'hôtel, le réceptionniste m'a dit qu'il occupait la place depuis 35 ans, même si les équipes se sont rajeunie avec la même volonté du respect de la vie privée des clients. Le réceptionniste, de derrière le comptoir, m'a recherché quelques cartes postales de l'époque pendant laquelle "Bruxelles brusselait" sans pouvoir me donner la date exacte de l'inauguration de l'hôtel en 1895. 

L'interview de Virginie Jourdain le pourrait-elle dans "Un jour dans l'histoire?" 

Écoutons:podcastpodcast

... et non, même pas la moindre allusion.

Peut-être faudra-t-il se renseigner aux archives des "Monuments et sites de la ville" comme le réceptionniste me l'avait conseillé. 

 

Photos de hier et d'aujourd'hui (après un clic)

 

L'enfoiré,

 

PS: Article rédigé avec l'aide d'un dossier Paris Match "Une princesse (Esméralda) célèbre les 10 ans de l'excellence belge". 

 

Autres hôtels mythiques décrits dans les articles "Rêve historique à Levico"  et "Il chauffe sur le lac Majeur".

 

Citations:

  • « Le luxe n'est pas un plaisir, mais le plaisir est un luxe. », Francis Picabia
  • « Tout homme s'offre le luxe inestimable de prononcer son premier et son dernier mot. », Théodore Koenig
  • « Le luxe est une forme de triomphe permanent sur tous ceux qui sont pauvres, arriérés, impuissants, malades, inassouvis.  », Friedrich Nietzsche

Commentaires

La soirée de cet évènement anniversaire a été la dernière apparition de Barbara Louys.
L’animateur de « C’est du Belge » défend la nouvelle formule, sans Barbara Louys.

L’annonce de la nouvelle formule de « C’est du Belge » en janvier 2015 a été totalement éclipsée par le licenciement de Barbara Louys, créatrice du programme. Gérald Watelet n’a pas compris qu’elle fasse de lui un « bouc émissaire ».

Barbara sortait ses griffes vis-à-vis de Gerard Wathelet qui répond enfin:

- Barbara Louys a fait de moi son bouc émissaire.
- Le départ de Barbara Louys, c’était un soulagement ?
- Pas du tout. C’était une mauvaise surprise. Contrairement à ce qu’elle affirme, je l’ai appelée le jour même, en disant : «Je suis là. Je ne comprends pas le tour que prennent les choses, rappelle-moi.» Elle ne l’a jamais fait.
- Mais pourquoi dit-elle que vous l’avez abandonnée ?
- Parfois, quand des gens gèrent mal leur carrière, il faut trouver un responsable. Je sais qu’on lui a fait des propositions extrêmement honorables à la RTBF. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Il y a eu un pétage de plomb quelque part.
- Ne vous sous-estimait-elle pas un peu ?
- Soit elle me sous-estimait, soit elle se surestimait… Je pense être quelqu’un de profondément gentil. Je ne cours pas après la gloire et le fait de passer à la télévision. Quand j’ai appris qu’elle commençait à raconter des trucs sur moi dans la presse, je me suis dit que c’était misérable et que je ne rentrerais pas dans son jeu. J’étais le bouc émissaire, le mauvais.

http://www.lesoir.be/878324/article/culture/medias-tele/2015-05-14/gerald-wathelet-barbara-louys-fait-moi-son-bouc-emissaire

Écrit par : L'enfoiré | 14/05/2015

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