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01/06/2015

Courir sans limites, la nouvelle addiction?

... le titre d'un article du Vif dans la catégorie "Mode de vie".

En préambule: "Véritable phénomène du XXIème siècle, des quadras et de plus en plus de trentenaires se mettent à la course à pied. Furieusement tendance, le running devient une activité quotidienne et vire parfois à l'obsession".

0.jpgDimanche 31 mai, les 36ème "20 kms de Bruxelles".

On annonçait, au JT (28:00-30:20), plus de 40.000 coureurs à pieds tout en rappelant l'utilité de bien se préparer. 

Moins chaud qu'il y a un an.

Un point positif, quand on pense au frère de Valentine Croughs décédé d'un arrêt cardiaque juste après d'avoir franchi la ligne d'arrivée. 

Il avait un problème cardiaque et il n'avait jamais fait d'électrocardiogramme pour le constater.


 

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Quatre autres problèmes cardiaques s'étaient produits dans la même course.

Un rappel qui n'est donc pas superflu.

Pour ne pas l'oublier, elle a écrit une chanson.

Alors, c'est peut-être le moment de remettre les choses à plat.

 

Sommes-nous fait pour courir? 

Oui, répondait un encart de l'article unanime avec une vidéo passée sur ARTE:

"Si nos ancêtres sont devenus bipèdes, c'est d'abord pour courir après leurs proies. Aujourd'hui, dans nos sociétés modernes, l'homme ne court plus pour survivre, mais il reste quelques rares endroits sur la planète où l'endurance physique conditionne sa vie. En Afrique, la plupart des meilleurs coureurs du monde, évoluent pieds nus. Au Canada, se déroule l'un des plus grands marathons du monde, Canadian Death Race, un marathon de 125 km dans les montagnes de l'Alberta. L'objectif: étudier, à partir des récentes découvertes scientifiques, l'origine de la course.

Grâce aux témoignages de biologistes et de scientifiques, les tactiques de chasse par épuisement des proies, il y a environ deux cent mille ans, expliquent la spécificité de l'Homo sapiens dans la course par sa capacité d'endurance. Dans nos sociétés modernes alors, que l'on prise les baskets sophistiquées, les meilleurs coureurs restent ceux qui, trop pauvres pour avoir des chaussures, se sont entraînés pieds nus.

0.jpgDoigts de pieds courts, voûte plantaire et tendon d'Achille jouent le rôle de ressort, les muscles fessiers et ligaments nuchals, celui d'équilibreur du corps.

Alors que l'animal, en général, court plus vite, celui-ci se met assez rapidement en hypothermie à cause de l'énergie dépensée pour la course.

L'homme transpire et élimine ce trop plein de chaleur, ce qui permet une plus grande endurance.

Le problème, c'est que ce "pauvre" Homo Sapiens est devenu sédentaire et a perdu beaucoup de potentiels de coureur endurant.

Une maladie du dos, une scoliose et cela se complique encore plus pour conserver un désir de courir. 

L'article se posait la question, "où sont passés les utilisateurs de trottinettes qui hantaient les trottoirs?".

Se seraient-ils mis à trottiner en running et à courir sans roulettes?  

Un Belge sur huit serait devenu runner ou joggeur régulier. Ce qui a fait que ce sport est devenu plus populaire que le vélo.

La distinction entre runner et joggeur n'est pas anodine.

Courir ne suffit plus.

Les entreprises se sont même prêtés au jeu en créant des clubs de coureurs. Les marques en ont fait un vrai business et les réseaux sociaux, un virus qui s'est transmis de génération en génération du plus jeune vers la plus âgé ou vice-versa.

Une génération de geeks de course à pied s'est vue attirée par la technologie du contrôle.

Si dans les années 70, les coureuses à pied étaient mal vue ou considérées comme des garçons manqués, depuis 2010, il est arrivé une seconde vague avec d'autres motivations a déferlé.  

Un engouement plus qu'une mode, un sport-santé lié à l'avènement d'une société du bien-être avec une alimentation bio comme complément indispensable à la volonté d'ajouter de l'exotisme. 

A l'origine, cette fougue avait commencé en Nouvelle-Zélande, puis aux Etats-Unis. Elle est arrivée en Belgique dans les années 80 dans une pop culture comme un acte politique de libération. 

Pour certains "tordus", le jogging s'est transformé en compétition en marathons de toutes sortes, au risque de devenir de véritable addicts à la recherche de résultats couronnés de trophées.

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Leurs performances se retrouvent sur les réseaux sociaux pour un jeune sur deux.

L'idée de communauté que l'on exhibe sur Fakebook, s'allie à celle de se faire de nouveaux amis au passage.

Pour eux, pas question de partir sans son smartphone ou sans une mini caméra pour se rappeler des exploits. 

Samedi, j'ai été visité le nouveau plus grand "super bazar" du sport "Décathlon" qui vient de s'ouvrir à Evere.

Apparemment, sa pub "à fond la forme", cela fonctionne. Elle précède et suit une logique de l'engouement pour tous les sports, mais, la course à pied n'est pas en reste.

Pour le sportif urbain, il s'agit seulement d'adopter un style de partage avec les autres consommateurs des artères de la ville. 

En route, un joggeur sur deux se conjugue au féminin.

0.jpgLe running, un sujet de conversation dans lequel se glisse, parfois, une vantardise non avouée dont il faut calmer l'ardeur avec l'illusion de la perte de kilos superflus.

Le running, une addiction, la drogue d'une société tournée vers l'efficacité, la mobilité et la glorification de la volonté.

Ils en oublieraient le "fun" de la course, l'aspect "thérapie" que cela apporterait, en ne pensant plus qu'à réaliser des exploits.

Se laisser guider par l'instinct, tout en ayant un objectif quelque part dans la tête à condition que l'on reste conscient que sa personnalité ne va pas totalement se changer à faire le guignole avec des couleurs de maillots fluos.

Pour moi, ni "Manneken-Pis Corrida", ni format XXL, ni Bouillonante...

Du "JogGuy tourisme", cool.

Pas d'exploit qui réveillerait ma "ménisquerie".

Je prends mon carnet de notes avec moi pour quand une idée jailli de cet effort "sur-l-humain", je m'arrête et je note cette pensée fugitive.

D'après l'article, il parait que l'accro moyen est plus souvent une femme qu'un homme, de classe plutôt moyenne à aisée, qui ne consomme pas ou peu d'alcool et apporte un soin particulier à son corps.

Évacuateur de tension, le jogging en écartant l'angle d'envahisseur psychologique. Je jogge sans me soucier de mon apparence. Aucune envie d'associer une panoplie de technique extravagante qui harmonise les couleurs fluos à mes baskets. 

Les montres Polar et Garmin sont là pour ceux qui doivent plus brûler les planches que des calories et des toxines avec un coach qui précède pour pousser la "bête" pour qu'elle fasse toujours plus.

Désolé, je reste joggeur amateur.

Pas question d'en faire une obsession ou une addiction qui construit la bigorexie du running.

La différence entre le jogging et le running est la mise en scène. 

Donc, j'écrirais le scénario sans la mise en scène.

Mon jogging a commencé dans cette tranche de quadras. Aujourd'hui je fais partie des dernières années "sexagénaires". C'est un besoin d'activité physique comme un autre. 

Le vélo avait été ma manière d'explorer mon espace-temps de la même manière.

Si je ne démarre pas le weekend, alors que mes chaussures de jogging sont déjà en place, mon épouse se questionne:

- Tu ne pars pas? Tu es malade?

Alors, comment tout a commencé... à "courir" au fond de l'histoire?

Dans les années 90, un jour qu'il y avait un trop plein de liquidités dans les caisses de l'entreprise qui m'employait et une place en cave suffisamment grande inoccupée. Une salle de sport assez complète a été installée dans les sous-sols. Tout y était. 

Sur deux tapis roulants, ce furent mes premières tentatives de voir ce que mes jambes pouvaient donner d'exploits en semaine pendant les heures de midi. 

Un peu lassé de courir en voyant le mur devant moi, ce furent ensuite les premières sorties à l'extérieur dans le même timing.

Le pli était pris.

Aujourd'hui, c'est une activité hebdomadaire.

Samedi et/ou dimanche en fonction du climat pendant deux heures au petit trot, avec arrêts facultatifs. 

0.jpgLe weekend, en ville ou dans les bois, une habitude qui est restée et qui réduit les odeurs dus aux échappements de voitures de la semaine.

Activité sportive, accentuée au quotidien matinal, lors de vacances.

Solitaire, sans accompagnateur qui pourrait être un tracteur trop puissant qui ne correspondrait pas au mien, lors d'une journée fatigante. Pas besoin de compétition ni de savoir combien de kilomètres ai-je parcourus et encore moins de faire une moyenne.

Quand il pleut ou trop de vent, c'est le jogging qui prend le dessus sinon le vélo peut faire l'affaire.

A part le verglas, toutes incapacités plus spécieuses dues à un problème de santé, rien ne m'arrêterait.

Sans précaution particulières contre le froid et les microbes puisque ceux-ci ont dû émigrer ailleurs pour voir si j'y étais.

Les problèmes cardiovasculaires, d'obésité, de sommeil, de dépression les ont peut-être accompagnés. Le jogging est le meilleur anti-dépresseur.

Rien de vraiment changé, je continue à courir comme avant mais en plus de temps. 

Solitaire et jamais inclus dans une course comme je l'écrivais dans cet article "Run & bike" qui fut plus aventureuse que prévu.

Je n'aime toujours pas les parcours trop fléchés.

J'aime pouvoir m'arrêter, rêvasser, changer de chemins de l'aventure sans devoir demander l'avis à quiconque. 

Pour jogger, aucun investissement important nécessaire. Pas besoin d'infrastructure spécifique comme pour le tennis, ni de partenaires ou d'adversaires comme au foot. 

Une paire de chaussures comme plus précieuse pièce d'équipement dans l'accoutrement qui accompagne un tee-shirt et une culotte de préférence courte. Désolé, encore, je ne cours pas pieds nus.

Pas besoin de vérifier la vitesse, le nombres de calories brûlées, les kilomètres avalés... Cool.

Ok. C'est ma version du jogging.

Rien à dire ou à redire pour les autres versions.

Pas de Fifa, Fric, Foot

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Ce sera ma manière de participer, ce dimanche matin, sur le parcours de la course mais sur les bords avec un appareil photo. 

Quant à mes hormones mélatonines ou sérotonines, qui procurent un maximum d'endorphines et de dopamines aux neurones, je leurs laisse la besogne. 

Assez parlé, comme dit la pub télé "on y va". 

Je pars jogger à leur rencontre.

Le ciel est gris, maussade. Il pleuvine. Le vent souffle. Le thermomètre indique 16°C.

Un temps idéal pour courir.. 

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Arrivé au Square Maréchal Montgomery, 11:00, une heure après le départ et les premiers arrivent.

Le 36ème marathon se termine déjà pour certains. 

Le n°167, El Hachimi, est arrivé après une heure, une minute et 47 secondes.

53 coureurs étaient  présents depuis 1980.

A part, une intervention de la Croix rouge, tout semble s'être bien passé.

Bruxelles n'est pas New York avec les souvenirs plus pénibles d'un autre marathon. 

Je devrais un jour penser à  faire du barefoot sans devenir bigorexique pour autant.

Cela ferait sensation dans les rues de Bruxelles.

Chez nous, il y a l'humour en plus.

 

Un clic pour les photographies les plus funs.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « J'ai toujours aimé courir ... c'était quelque chose que je peux faire par moi-même, et sous mon propre pouvoir. Tu peux aller dans n'importe quelle direction, à la vitesse que tu souhaites, en luttant contre le vent si tu en as envie et à la recherche de nouveaux paysages uniquement sur la force de tes pieds et le courage de tes poumons. », Jesse Owens
  • « La course est la plus grande métaphore de la vie, parce que vous en tirez ce dont vous en mettez. », Oprah Winfrey
  • « Croyez que vous pouvez courir plus longtemps ou plus rapidement. Croyez que vous êtes assez jeune, assez vieux, assez fort, et ainsi de suite pour accomplir tout ce que vous voulez faire. Ne laissez pas les vieilles croyances vous empêcher de vous dépasser au-delà de vous-même. », John Bingham

Commentaires

Pourrons-nous bientôt boire de l'exercice physique?

Une recherche des scientifiques du centre Charles Perkins de l'Université de Sydney et de l'Université de Copenhague, au Danemark, publiée dans Cell Metabolism, a permis d'identifier plus de 1000 réactions moléculaires qui se produisent au niveau musculaire durant l'exercice, rendant possible l'élaboration d'un médicament qui en reproduirait les bénéfices.
"L'exercice est la thérapie la plus puissante pour de nombreuses maladies, comme le diabète de type 2, les problèmes cardiovasculaires et les désordres neurologiques", explique le responsable de cette étude, David James. "Mais pour beaucoup de personnes, l'exercice n'est pas une option de traitement viable."
Les chercheurs ont fait une biopsie des muscles de 4 hommes peu entrainés mais en bonne santé durant une cession de 10 minutes d'exercices intensifs. Utilisant la technique de la spectrométrie de masse pour étudier un processus appelé la phosphorylation de protéines, le Dr. Parker a découvert un millier de réactions moléculaires.
Selon le Dr. Hoffman, "[L'exercice] joue un rôle essentiel dans le contrôle de l'énergie métabolique et de la sécrétion d'insuline" et "… c'est la première fois que nous sommes capables de repérer avec exactitude ce qui se passe".
La plupart des médicaments ciblent les molécules individuelles. Avec le schéma de réactions obtenu, il s'avère qu'il faudra cibler un grand nombre de molécules et peut-être même des voies métaboliques, qui sont une combinaison de cellules travaillant ensemble. "Nous croyons que c'est la clef qui permettra de résoudre l'énigme d'un médicament capable de reproduire les effets de l'exercice" a déclaré le Professeur James.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=technology&item=pourrons-nous-boire-bientot-de-lexercice-physique&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 08/10/2015

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Philosophie:
Le sport moderne de haut niveau, avec ses performances toujours plus extrêmes, correspond-il à l'essence du sport ?
Par ailleurs, le sport doit-il viser l'accomplissement ou le dépassement de soi ?
Et se doper, est-ce tricher ou obéir ? Avec Isabelle Quéval, auteure de : S’accomplir ou se dépasser – Essai sur le sport contemporain (Gallimard, 2004), Le corps aujourd’hui (Gallimard, 2008) et Le sport – Petit abécédaire philosophique (Larousse, 2009).

http://www.arte.tv/guide/fr/058424-011-A/philosophie?autoplay=1

Écrit par : L'enfoiré | 31/01/2016

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Dans l'hebdomadaire "Moustique"

Le sport, une drogue à la mode

Personne ne conteste les bienfaits du sport. Mais certains risques liés à sa pratique commencent à inquiéter les autorités médicales. Ils toucheraient surtout des sportifs amateurs, dont le corps surmené subirait des effets secondaires similaires à ceux des junkies.
Bruxelles dort encore, dimanche, quand Damien, 26 ans, arrive baskets aux pieds et maillot de course sur le dos dans une salle de fitness du quartier européen. Sa journée a commencé vingt minutes plus tôt, à 7 h, quand il a quitté son domicile. “Je suis venu en courant. Je fais ça chaque matin, histoire de m’échauffer. Une fois ici, je fais un peu de musculation, je cours sur le tapis et je fais aussi du vélo. Ensuite, je repars chez moi en courant, pour détendre mes muscles.” Au total, Damien comptabilise “deux ou trois heures” de sport par jour. Chaque jour. Et pas question de déroger à la règle.
“La semaine, quand je travaille, je viens à la salle plus tôt, parfois vers 6h30, pour faire une heure d’exercice et, selon mon emploi du temps privé, je reviens sur le temps de midi ou après le boulot.” Un rythme qu’on qualifierait d’exemplaire. Le sport, après tout, est bon pour la santé. L’activité physique permet non seulement de se sentir bien dans ses baskets et de dormir profondément, mais prémunit aussi contre un tas de maladies (diabète, obésité, alzheimer, infarctus, certains cancers, etc.). Sans parler de son effet positif sur la libido. De plus, avec l’apparition à pratiquement tous les coins de rue de salles de sport low cost à la Basic-Fit, la pratique du sport n’est plus une contrainte financière, s’adapte désormais à tous les agendas et ne dépend plus du climat. “Je me suis inscrit chez Basic-Fit pour ces raisons-là. Ça me permet de me tenir en forme où que je sois et n’importe quand sans faire des kilomètres pour trouver une salle, continue Damien. En plus, de nombreuses salles sont ouvertes toute la nuit et sont toujours occupées. Comme ça, je suis entouré de gens qui me comprennent. On partage une passion.”
Sauf qu’à force de revoir ses objectifs à la hausse, cette passion peut toutefois s’avérer plus contraignante que prévu. D’abord sur le plan physique. Si l’exercice à un rythme raisonnable renforce le système immunitaire, en abuser fragilise la santé et peut provoquer des déchirures musculaires, des tendinites, des fractures osseuses et des infarctus. Mais aussi une augmentation de la pression artérielle et… du taux de cholestérol. Il est prouvé que la barrière immunitaire des sportifs excessifs est ainsi moins efficace.
Du coup, les risques de maladies respiratoires et de cancers sont aussi plus importants. De même, si leur libido atteint des sommets, leur fertilité en prend un coup. Tout comme leur espérance de vie, souvent un peu plus courte que la moyenne. Mais les vrais dégâts s’annoncent toutefois psychologiques. Certes, un entraînement quotidien n’altère pas les comportements comme le font la plupart des stupéfiants - pas de souci pour reprendre le volant après votre jogging. Les effets secondaires induits par l’état de manque, eux, sont par contre exactement les mêmes: nervosité, anxiété, troubles du sommeil…
Des phénomènes qui sont d’autant moins marginaux depuis que l’addiction au sport est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme une véritable maladie: la bigorexie. Elle est pourtant encore trop peu prise au sérieux… “La société incite les gens à faire de l’exercice, alors même si on connaît les souffrances désastreuses que la maladie induit, elle reste bien vue et même encouragée, observe le sociologue du sport de l’UCL Marc Francaux. C’est comme les campagnes pour la sécurité routière. On avertit les automobilistes des dangers de la vitesse, mais jamais une affiche n’expose ceux de l’extrême lenteur au volant. Ici, on incite les gens à en faire, mais on ne les avertit pas suffisamment des dangers.”
“L’exercice suscite un sentiment de bien-être intense, explique le rédacteur en chef de la revue Sport et Vie Gilles Goetghebuer. Après un entraînement, le corps est décontracté et on se sent bien dans ses jambes. Cela s’accompagne aussi de la sensation de planer. L’activité physique produit en fait une “morphine biologique” contenant des cannabinoïdes comparables aux substances présentes dans le cannabis, par exemple.” Et qui engendre une accoutumance perverse. “En cela, le sport est une drogue comme les autres. La réaction biologique est la même, selon le docteur en médecine sportive de l’ULB Michel Ouchinsky. Lorsqu’on réalise un travail musculaire, notre système hormonal se met en route afin de réguler la douleur induite et permettre aux sportifs d’être à la hauteur. Après une certaine quantité d’effort, on arrive à un stade d’euphorie, de bien-être suprême, comme le font toutes les substances qui font plaisir au corps. Quand on s’habitue à cet état, on éprouve un besoin de retrouver ces sensations d’apaisement et de décompression.”
Comme dans le cas des drogues, les effets d’apaisement diminuent à force de “consommer”. Du coup, les accros ont besoin de forcer leurs muscles pour retrouver cette sensation de bien-être. S’il suffit parfois d’une demi-heure de sport quotidienne pour ne plus pouvoir s’en passer, le rythme des bigorexiques a tendance à grimper à la vitesse grand V. Il n’est dès lors pas surprenant de les voir à l’œuvre des heures durant. “La seule différence avec les drogues extérieures, c’est que l’activité physique ne détruit pas le cerveau, précise le médecin. Mais contrairement au discours populaire, le sport n’est pas non plus une addiction positive. Qui plus est, la maladie peut toucher tout le monde, mais est paradoxalement extrêmement difficile à diagnostiquer.” Faire beaucoup de sport en effet ne revient pas systématiquement à être accro. Le tout est de ne pas franchir la limite, poreuse et propre à chacun. Pas de panique, donc, si vous envisagez de vous entraîner dur dans l’espoir de courir le marathon de Bruxelles en octobre prochain. Ni si vous rêvez de participer un jour aux Jeux olympiques. D’ailleurs, les sportifs de haut niveau ne sont souvent pas concernés. “Tout dépend de l’entraînement. S’il est réfléchi, qu’il y a un but derrière et qu’il ne s’agit pas de performer pour performer, sans véritable objectif, généralement on ne tombe pas dans les mauvais travers”, ajoute le sociologue.
Il reste néanmoins difficile de certifier avec exactitude l’ampleur du phénomène. Aucun chiffre officiel n’existe. Une bonne partie des addicts ne sont même pas inscrits dans un club de sport. Les spécialistes estiment cependant que 10 à 15 % des sportifs seraient touchés par la bigorexie. Le plus souvent dans des activités individuelles comme le culturisme, le cyclisme et la course à pied. “Dans les sports collectifs, on retrouve deux cas de figure. D’un côté des professionnels avec des objectifs clairs. De l’autre des amateurs qui se rendent plus à leurs entraînements pour sociabiliser et partager leur passion avec leurs amis. Souvent, ils échangent même une bière à la fin. Dans ce cas de figure, les risques d’addiction se font rares. Malheureusement, la société les pousse de plus en plus à délaisser une occupation bon enfant pour un modèle méritocratique et de la performance”, observe le docteur en médecine sportive

http://www.moustique.be/16445/le-sport-une-drogue-la-mode

Écrit par : L'enfoiré | 12/08/2016

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"Sur mon vélo elliptique" Nabum...
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/sports/article/sur-mon-velo-elliptique-187331#forum4749589

Écrit par : L'enfoiré | 10/12/2016

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