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05/07/2015

Restons en bons thermes à Montecatini

Montecatini, j'y avais séjourné en juin 2008 en passant par la Suisse et le tunnel du Gottard pour l'entrée en Italie. Fin juin, c'est comme un retour de Jedi, par le tunnel du Mont Blanc.  

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Les Alpes sont mieux qu'une frontière entre l'Italie et les pays voisins.

Le Gottard, gratuit, avec le passage en traversant la Suisse et des bouchons pour entrer dans le tunnel, par le Bremer, plus coûteux et le tunnel du Mont Blanc, cher, mais sans files d'attentes?

Un choix à faire au départ, donc...

"Objectif Mont-Blanc" comme le présentait ARTE, hier soir. Un massif qui s'est formé, il y a 240 millions d'années, percé par un tunnel moins long que celui du Gottard, si l'on oublie tous les autres tunnels qui permettent de l'atteindre. Le transit s'est poursuivi par la route qui longe les côtes de la Ligurie ...   

L'Italie, un pays que je connais depuis longtemps. J'y avais été en 2014, pour y construire un "Rêve historique à Levico".

Une preuve que j'aime l'histoire et ses dérivés. 

Cette année, c'était, plus au sud, l'aboutissement de mon voyage, à Montecatini Thermes tout aussi historique. 

"Nichée en Toscane, au cœur du val de NievoleMontecatini, une des villes d'eau d'Europe les plus élégantes et les mieux équipées d'Italie..."

Bon résumé. Un peu court, tout de même... 

Des fouilles ont montré que les thermes de Montecatini étaient déjà appréciée du temps des Romains.

J'ai eu envie de prendre avec moi le livre "Mille jours en Toscane" de Marlena de Blasi à Casciano dans lequel, les chapitres passent de saison en saison de l'été au printemps.

"Le Centrale est notre bureau, notre PC, le refuge. Je commence à comprendre pourquoi certains Italiens, avant de choisir un appartement, vérifient si le bar le plus proche leur conviendra".

Si l'eau m'attire même si je ne suis pas curiste, le bar, ce n'était pas vraiment ce qui m'attirait.

Comme citadin de souche enraciné, mettre le plus d'activités vertes à l'agenda s’imposait.

La nature vraie de la Toscane est ailleurs et bien présente dans sa campagne et ses villes historiques.

Le site de la ville, lui, est carrément dithyrambique.

Corrigé de quelques fautes de français bien légitimes, cela donnerait: "la ville de Montecatini Therme, concentrée dans le cœur historique de l'architecture du XXe siècle, est un exemple typique de Thermes de toit, avec des décorations en céramique et des fresques de Giulio Bargellini.

Dans ses rues de tant de beauté, de bien-être et de classe, de grands créateurs comme Gucci et Ferre, ont ouvert leurs nombreuses boutiques et confirmé l'élégance.

Arrivés par train, quelques minutes de marche suffisent pour accéder au centre de la ville, composée d'un parc thermal qui enserre 9 sources de soufre. A l'orée, les thermes Léopoldine sont les plus célèbres  pour ses propriétés thérapeutiques de leur boue. Plus au nord, la source de toit, découverte au 14ème siècle et apprécié par Léopold Ier au 18ème. De nombreux tableaux d'Art Nouveau donnent un air transgressif normalisée.".

Les autres thermes sont soit utilisés d'autres en restauration.

Thermes de toit?

Un terme dont je me suis questionné au sujet de sa signification.

ARTE avait diffusé une séries de documentaires sur les sites d'eaux thermales de Bohème à Karlsbad, Marienbad, Franzensbad et avait utilisé ce mot pour le définir. (le documentaire sur Montecatini vient à la fin du billet).

J'ai cherché la signification et j'ai trouvé parmi les thermes de Vals qu'il s'agissait de "toit végétal formé de plusieurs dalles de béton et de pierre, supportées par des câbles qui ramènent l’effort au sol. Les interstices entre ces dalles, accueillent des joints en verre qui protègent de toutes infiltrations et permettent à la lumière azimutale d'éclairer l'intérieur du bâtiment. À l'intérieur, cette conception donne au toit une impression de lourdeur et pourtant chaque morceau dont il est constitué, cerné de lignes de lumière, semble le faire flotter dans le vide".

Pas simple, tout cela, ne dis-je. 

Le Palazzina Regia, construit au 18ème siècle et restauré en 1920, est aujourd'hui le siège de la Direction des Thermes.

Pas sûr qu'ils puissent me simplifier le concept, si j'avais pu le demander en italien... 

En face, la Mairie fait découvrir les œuvres de Galileo Chini et de Luigi Arcangeli… avant d'arriver au cinéma Excelsior avec sa façade curviligne à portiques. 

A partir de la Piazza del Popolo, l'avenue principale se poursuit dans l'atmosphère du Viale Verdi.

Au sommet de l'avenue, tous les jours, dès 08:00, on assiste à l'ouverture des portes des thermes de Léopoldine et on peut constater que leurs fréquentations de gens moins connus ne diminue pas.

A l'entrée, une fontaine pourrait représenter ce que pourrait être le symbole du mouvement perpétuel. 

Une dizaine de jours de cure minimum est nécessaire pour en ressentir les effets curatifs.

Les maladies du métabolisme, les affections hépatiques, les voies digestives et rhumatismales sont traitées à  Montecatini.

Pour les chimistes, à la base de cette eau ferrugineuse, il y aurait du Cu2+ à 0.46 μmol 1−1 et 0.10 μmol 1−1, c'est à dire, pour résµmer, du cuivre en suspension résiduaire. 

Histoire

Les premiers bains de Montecatini datent de 1540.

En 1554, un des Medicis, Cosme 1er, les fit détruire en représailles au fait d'avoir été ouverts aux Siennois.

Ils furent restaurés dans les années 1910-1920 dans le style Liberty avec l'architecture dite "Belle Epoque" qui correspond à l'Art nouveau italien.

Situés dans un parc de la ville qui occupe près d'un tiers de la ville, ils se partagent l'espace entre les hôtels  et les villas et le museo dell'Accademia d'arte.

Chronologiquement, il y a les Léopoldines de 1795, les Tamericci de 1903, le Palazzina Regia et l'Excelsior Regina de 1920, le Tettuccio et la Toretta avec chacune sa spécialité curative.

Les Léopoldines permettent de goûter les eaux de plus en plus salées qui jaillissent de la profondeur du sol, après un long parcours traversant des dépôts de calcaire, de jaspe et d'argile.

 

0.jpgEn 1870,  ce fut la naissance de l'hôtel "La Pace".

Parler de la paix dans une période de la poursuite du conflit, c'est penser aux changements et aux espoirs de l'époque. 

En 1901, le "Locanda della Pace", grâce à la vision de ses fondateurs, a commencé la construction de ce qui est maintenant le "Grand Hôtel & Spa La Pace". 

Galileo Chini a été chargé de la fresque des salons. 

Les curistes du 19ème siècle voulaient se guérir d'affections diverses. Parmi eux, on pouvait compter sur les personnalités les plus en vue de la société, du tsar Alexandre jusqu'à Karl Marx en passant par Sissi et Freud.

Mais, le beau monde ne s'arrête pas là.

Si, si, il y en a de plus petits mondes, plus en vogue qui sont arrivés par vague, précédés par du bouche à oreille.. 

Des personnalités du temps jadis les ont visités comme les compositeurs italiens Gioacchino RossiniGiuseppe VerdiGiacomo PucciniArturo ToscaniniPietro MascagniRichard Strauss qui ont fait leur gloire. Ruggero Leoncavallo aimait tellement la ville qu'il décida de s'y installer définitivement jusqu'à sa mort.

Symbole intemporel de Montecatini Terme, son charme a attiré Gabiele D'Annunzio, Vittorio Emanuele di Savoia, Giacomo Puccini, Arturo Toscanini, Pietro Badoglio, Marie Curie, Trilussa, le duc de Windsor et Wallis Simpson, le Shah de Perse, le Rothschild, le roi d'Arabie Saoudite, Ibn Saoud, Rainier et Grace de Monaco. 

Si les Princes de Monaco y ont bu l'eau salée et ont flâné sur les grandes avenues, les noms d'acteurs de cinéma comprenant Kosner, Willis, Loren.... et tant d'autres.

Cela ne veut pas dire qu'ils en tous pu garder un souvenir impérissable.

En 1957, Christian Dior y lâcha son dernier soupir après une crise cardiaque à l'âge de 52 ans.

Un effet malheureux de la mode? Une excitation dû à une robe mal couturée? Une indigestion de chiffres?

Peut-être... qui sait?

Aujourd'hui, l’hôtel "La Pace" fait encore bonne figure mais ce sont les divers congrès qui remplissent les caisses.

La paix prend alors quelques détours et une certaine baisse de régime est à déplorer du côté de la consommation plus singulière, moins bien digérée parce que plus ancienne et donc plus fragile de la feuille?

Une impression qui m'a été confirmée par les touristes habitués de l'hôtel depuis de nombreuses années.

Une nuée de nouveaux touristes en provenance de Chine et de Russie s'est ajoutée.

Entretenir et maintenir vivace l'histoire, au musée comme à l'hôtel restent une affaire de gros sous qui, parfois, font défaut.

J'aime les hôtels qui gardent un cachet historique, mais il n'obtient plus qu'une cote de 7,9 avec un commentaire justifié qui disait "charme désuet".   

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Tous les visiteurs prestigieux de la ville ont laissé les traces de leur passage dans l'hôtel mais aussi sous forme de petites plaques cuivrées rondes de dix centimètres de diamètre, insérées tous les trois mètres dans le pavement avec leur nom et l'année de leur séjour dans la ville. 

C'est ainsi que la ville comptait les remercier d'avoir reçu leur visite. 

Mais, ces célébrités deviendront, à coup sûr, inconnues à leur tour, vu l'indifférence des passants qui les foulent allègrement du pieds.  

J'ai eu une hésitation, une incompréhension de ne pas trouver de plaque au nom du Pape Jean-Paul II.

Il y était venu dans la ville, pourtant. Personne n'a dit qu'il y était venu comme curiste, bien que cela lui aurait peut-être pu prolonger une existence lourde de meurtrissures du temps;  

Sa photo était bien là, dans un autre cinq étoiles, le "Bellavista". 

Alors, pourquoi pas de plaque à son nom?

L'enfoiré, t'es con, on ne foule pas au pied un Saint Homme.

Le Pape est un immortel. 

Aucune vexation à avoir donc, pour toi-même, l’inconnu célèbre, "l’enfoiré", tu n'auras jamais ta plaque avec 2015 comme année !!!

Mais, ce n'est pas pour les hôtels que je suis retourné à Montecatini.

C'est plutôt parce que la ville occupe un point central pour visiter la Toscane. Un regard de haut, pour commencer, est un bon commencement.

Surplombant la ville basse, Montecatini Alto embrasse la vue de toute la vallée à partir de deux coteaux: l'ancienne Rocca di Castello Vecchio de tramontana et la Torre del Castel de l'orlogio.

Cette partie haute peut être atteinte par l'intermédiaire du plus ancien funiculaire au monde toujours en service à deux cabines, Gigio & Gigia, de 1898. Autres solutions moins romanesques, par la route ou par l'ascension de la colline en pente raide, d'un petit chemin caillouteux à souhait qui suit le funiculaire. Une nouvelle montée du Golgota ponctuée par de petites crèches tout au long du parcours.

Il faut s'y faire tout est historique dans la ville.

Comme une demi-heure suffit pour faire l'escalade par le chemin parallèle et que la vue à  l’arrivée se mérite mieux après l’effort, c'est celle que j'ai emprunté par deux fois...

J'espère que les touristes allemands, arrivés pour prendre le funiculaire avant le premier départ, ne m'en voudront pas de leur avoir proposé ce chemin.

0.jpgVerdi en a dit : "Ceci est le plus beau panorama que j'ai jamais vu".

En 1315, ce site fut le théâtre de combats entre gibelins de Lucques et de Pise, vainqueurs des guelfes de Florence. 

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Le livre de Louis Salvatore Bellanti nous entraîne à rester "Quelques jours à Montecatini", le temps d'une cure hydroponique dans "une géométrie des sens où chacun dévoilera ses failles et ses espoirs".

Montecatini est, en plus, une ville de Toscane idéalement située entre Pise et Florence avec Lucca et Pistoia que j'avais visité en 2008. 

A 4 kms au SE de la ville, Monsummano  naquit en 1921, Ivo Livi, mieux connu sous le nom d'Yves Montand. Mais c'est le poète Giuseppe Giusti, plus honoré, qui a laissé son nom à une grotte thermale avec celle de la Parlanti.   

J’y suis allé  un matin de jogging pour y sentir l’ambiance et non pour visiter les grottes qui, à cette heure matinale, ne sont pas ouvertes au public.

Il y a sept ans, le Parco di Pinocchio à Collodi m'avait alors inspiré ce billet "Bons sens ne sauraient mentir".

Je n'y suis pas retourné.

Joindre Prato fut l'étape choisie avant de prendre le circuit découverte proposé vers Poggio a Caiano où la Villa Medicea Ambra fut le théâtre d’aventures amoureuse pour Victor-Emanuel II mais aussi, celui de l’empoisonnements de François Ier et Blanca Cappello après leurs amours tapageuses pendant le règne de Laurent le Magnifique.

Comparer mon premier voyage à celui-ci, m’est venu à l'esprit.

Oui, le temps qu'il a fait et qu'il faisait, revenait à l'esprit. Une première semaine mitigée et une deuxième relativement chaude prémisse à la canicule que l'Europe entière allait connaitre la semaine suivante. 

En 2008, nous étions au début de la crise et visiblement, ces sept ans s'ils ne se sont pas seulement construits de malheurs et de bonheurs, ont laissé des traces.

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Beaucoup de magasins, souvent luxueux, ont disparu, remplacé par d'autres moins prestigieux ou laissés à l’abandon faute de repreneurs.

Une discussion avec un autochtone confirme l’impression d'une certaine perte de prestige.

Des affiches avec la mention "No immigrati a Montecatini" sont bien mises en évidence. 

Attablé au café devant la tasse de cappuccino vide, les autochtones discutent politique et le nom de Berlusconi se repère dans la conversation même sans aucune connaissance de la langue italienne.  

La politique du jeune Rezi entre en compétition entre  jeunes et vieux de la vieille.

Il est évident que l'Italie, 8ème puissance économique en 2009 et 4ème destination touristique, est plus riche au Nord qu'au Sud.

Depuis la crise économique, si les exportations italiennes dans les secteurs de la mode (GucciArmaniPradaVersaceDolce&GabbanaRay-BanDiesel), l'automation, l'agroalimentaire, les voitures (Fiat, Lancia, Alfa Romeo, Lamborgini, Ferrari ou Maserati) et la haute technologie sont en forte hausse, les entreprises traditionnelles, tournées vers le marché intérieur, souffrent encore de la crise, celles-ci étant dépendantes de la consommation des ménages.

Les faiblesses proviennent des entreprises devenues trop petites et au modèle économique qui n'est plus adapté au marché mondial.

Ce qui laisse craindre que le pays devienne, selon le sociologue Luciano Gallino, « une sorte de colonie soumise aux exigences économiques, sociales et politiques d’autres pays  »

Alors, restons en bons thermes et, surtout, en bons termes... 

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 Une vieille chanson me revient en mémoire qui vient à propos puisque Françoise Hardy revient d'un combat contre la maladie:

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour une aventure toscane. 

Passons aux photos et aux vidéo, pour voir ce que cela donne

 

L'enfoiré,

 

Proverbes italiens et citation:

  • "Qui prend conseil, est près de bien faire".
  • "Qui a un cerveau, trouve un chapeau".
  • "Grasse cuisine, a la pauvreté pour voisine".
  • "La sagesse populaire toscane raisonne aussi avec les faits sans prétendre les changer; elle dit : Certes, l'amour vrai est l'amour né d'un regard, l'amour éternel; mais c'est une rareté dont il est inutile de s'occuper.", Julien Andrieu

Commentaires

Voilà, j'ai fini de lire ton article et c'est comme si j'avais bu et bu des grands verres d'eau salée de la source!
C'était très désaltérant et agréable.
Décidemment , le thermalisme fait ses effets.........on se sent bien après.
J'aime bien le retour en arrière.
Ces romains tout de même ou les thermes faisaient partie de la vie quotidienne puisqu'ils étaient publiques.

Tu as gouté l'eau je suppose?Elle est bonne malgré son taux de fe et de Cu? Salée?

Quelle architecture en plus.......
J'aime cette Italie pleine de son passé et opulente avec ses marbres et ses fresques!
C'est vrai que l'hôtel a un" charme désuet "mais charme et désuet font souvent bon ménage!

Juste un petit conseil-si vraiment tu veux ta plaque ronde en cuivre insérée dans le pavement , fais un don conséquent à la ville ou à l'hôtel et tu verras tu deviendras immortel!
Merci pour le voyage rafraichissant et plein d'histoire.......

Écrit par : Léopoldine | 05/07/2015

Non, cette fois, je n'ai pas goutté l'eau.
Celle-ci est réservée pour les curistes qui viennent dès le matin.
En 2008, j'ai pu le faire. Un goût qui n'est pas tellement agréable.
Très salé. De plus en plus en fonction de la source.
De l'hôtel, je crois avoir bien décrit la situation.
Au sujet de la mode, encore tellement de choses à dire... mais c'est plus le domaine féminin.
Quant à la plaque ronde, je suis comme le Pape, on ne me foule pas au pied.
:-))

Écrit par : L'enfoiré | 05/07/2015

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