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10/06/2017

L'égérie de Salvador Dali

0.jpgCe sont presque les grandes vacances.

Ce billet mixe l’amour et l’envie de voyage.

Il y a près de deux ans dans "Catalogne d'aujourd'hui et de demain" je parlais du futur de cette région d'Espagne qui désirait son indépendance. 

Parler de la Catalogne au 20ème siècle, c’est se souvenir de Dali et de Gala qui formaient un couple dans un bonheur en commun  assez extraordinaire. 

Pour le peintre Salvador Dalí (1904-1989), Gala (1894-1982) fut son unique modèle féminin et le principal sujet d'inspiration.

Femme fatale aux terribles appétits, Gala pourrait été cupide, arriviste, nymphomane et cynique aux yeux de certains mais pas à ceux de Dali.

Elle a été capable de fasciner trois des plus grands artistes de son siècle : Paul Éluard, son premier mari, Max Ernest, en tant qu'amant et Salvador Dalí comme second époux.


Accoucheuse de grands talents, Gala incarne l'aventure surréaliste de Dali sous un jour nouveau alors que sa propre vie est tumultueuse.

D'abord follement amoureuse de Paul Eluard, Gala n'hésite pas à vivre dans un ménage à trois avec Max Ernst ensuite.

Elle a une fille avec Eluard, mais qu'elle tient distante pour continuer à vivre sa vie.

Dans un milieu d'artistes, elle rencontre le peintre extravaguant et encore inconnu alors, Salvador Dali qui la fait chavirer en 1929, lors de vacances à Cadaques.

Dali attire l'attention des critiques d'art barcelonais et il part envoyé à l'Académie des beaux-arts de Madrid où il rencontre le poète Federico Garcia Lorca et le cinéaste Luis Buñuel qui lui demanda de collaborer à ses films "Un chien Andalou" et "L'Age d'or".

Influencé par Freud, par son érotisme, sa violence et son subconscient, il se lance dans le mouvement surréaliste dans des états hallucinatoires qu'il qualifie de "parano-critique".

Les objets dans des scènes absurdes commencent à flotter, à se désintégrer sur ses tableaux.

Comme Catalan mystique, il est tout de suite subjugué par cette Russe aux charmes envoûtants qui se reconnaissent dans leur excentricité et un magnétisme s'opère mutuelle entre eux.

Gala a choisi. Elle quitte tout et va vivre avec ce peintre qui lui ressemble dans une certaine folie partagée. 

"Je veux bien avoir des aventures mais ne pas être privé de toi, de la perfection de l'amour de la femme à ce point. Je suis comme toi, très exactement. Tout ce que je peux faire en ce domaine, c'est que je ne peux que désirer de t'avoir. Je te regrette sans cesse. Tu hantes tout ce que je fais.Ta présence est souveraine en moi", lui avait écrit sans succès, Paul Eluard pour la retenir.

Voyant cela, dépité, son mari, Paul Eluard, décide de rentrer seul à Paris.

La vie spéciale de Gala en trio avec Paul Eluard et Marx Ernst, passe au duo "Gala-Dali" en exclusivité.

Gala est fascinée par ce peintre.

Au delà de leurs relations sexuelles, il y a aussi une dissociation de la sexualité et de l'amour qui se poursuit au delà de la relation sexuelle dans une admiration de l'un vis-à-vis de l'autre.

Elle avait un penchant pour les hommes jeunes.

Dali avait dix ans de moins que Gala.

Cela rappelle un autre amour récent entre Emmanuel et Brigitte Macron qui a dû aussi faire jaser à l'époque.

Dali à cause de son exubérance fut exclu du mouvement surréaliste avec le reproche que son art n'était là que pour gagner de l'argent.

Le poète André Breton fit même l'anagramme de son nom "Avida Dollars".

Ces critiques laissèrent Dali indifférent.

Entre New York et Los Angeles, il passèrent les années de guerre avec un succès "à l'américaine".

Le vieux film "La maison du Docteur Edwardes" de Alfred Hitchcok possède l'inspiration et la marque de Dali autour de la psychanalyse et de la psychiatrie.

Gala avait inventé pour lui, ce qu'on appelle aujourd'hui, la "com".

 

La Catalogne a été considérée comme le "Triangle de Dali"

Un triangle? 

Pas parce que Dali a eu trois amants dans sa vie mais parce que trois endroits de la Catalogne ont été ses lieux de prédilection.0.jpg

Figueras fut la ville de la naissance de Dali et devint le siège du plus grand, du plus extravagant, Teatro-Museo-Dali que Dali désigna comme son mausolée..

Portlligat sur le Cap de Creus a été pour Dali un "délire géologique grandiose" est l'endroit où il donnait ses légendaires soirées..

0.jpgSon imagination le poussa à s'inspirer d'un rocher pour peindre "Le Grand Masturbatoire".

Castell de Pubol, près de village de La Pera est l'endroit le plus secret, le plus intime, le jardin secret que Dali se réservait avec elle quand la vie mondaine l'étouffait.

En 1969, il rachète cette ancienne résidence pour Gala, pour celle qu'il appelle la "Reine d'un château". 

Dali rénove cette résidence tout en lui gardant son caractère gothique et renaissance.

A "sa souveraine absolue", il avait l'habitude de demander une autorisation écrite pour la rendre visite.

C'est dans ce manoir fantaisiste qu'il put peindre ses tableaux, concrétiser sa folie psychédélique pour qu'ainsi ses plus grands cauchemars deviennent une réalité.

Au 1er étage, dans la salle des Blasons, toutes les parures de Gala y prennent une place importante.

Comme il n'est pas toujours présent, les plafonds de la chambre sont décorés pour "qu'elle le trouve toujours dans son ciel en levant les yeux".

Dali y reviendra peindre ses dernières toiles dont celle qu'il a appelé "Queue d'aronde et violoncelle".

Les caches-radiateurs peints, les portes trompe-l’œil, les statues éléphantesques au pattes de girafes du jardin lui ont tenu compagnies. 0.jpg

Il lui avait dit qu'elle pouvait y faire comme bon lui semblait et inviter qui elle voulait.

Se sentant vieillir, elle y vécut avec des amants gigolos pendant ses dernières années.

A l'automne de sa vie, elle le confia à une autre femme, plus jeune qu'elle, Amanda Leare.

Gala repose dans la crypte, seule.

Amanda a entamé ensuite une carrière de chanteuse avec le single Follow Me, avant de mener une carrière d'animatrice de télévision dans plusieurs pays européens.

Ce fut un tremplin vers la célébrité pour elle et il ne faut pas rater cela.

Entre temps, Dali, lui, se lançait dans des parties fines dans une "période mystique et nucléaire" qui lui permettait de revenir à des lignes plus classiques..

0.jpgAprès la mort de Gala, Dali continua à vivre retiré désespéré à Castel de Pubol.

Il retourna au lieu de sa naissance à Figueras pour se faire soigner, où il mourut et où il repose à Torre Galatea.

La religion lui a apporté une inspiration plus mystique rendues par ses derniers tableaux.

En Catalogne, ils sont appelés les "Roméo et Juliette catalans".

Lui avait choisi le destin de sauver la peinture moderne du chaos et de la paresse par le surréalisme et l'absurde.

Elle, en tant que manager, femme d'affaire, muse et qui sait mère, s'était chargé de soutenir son magicien abracadabrantesque dans la persistance de la mémoire à regarder les montres molles du temps qui passe.

"Un mariage distancé par le temps" rattrape les couples.

ARTE lui avait consacré un épisode parmi les oubliés de l'Histoire: 

"Gala Dali - la muse libérée".

peut-être, d'une passion dévorante

 en cliquant sur l'image ci-dessous

0.jpg

Quelques photos personnelles à la suite d'un autre clic

que quelques tableaux complètent:

 

Eriofne,

 

Citations de Dali:

  • “Ma vie entière a été déterminée par deux idées antagoniques : le sommet et le fond.”
  • “Il y a des jours où je pense que je vais mourir d'une overdose d'autosatisfaction.”
  • “L'amour, ça commence par la tête, et ça finit par trois petites gouttes dans le tuyau du pipi.”

Commentaires

Gala et Dali ….fascinants comme leur relation et incompréhensible pour le commun des mortels.
Elle était sa muse et faite pour çà.
Surréaliste ….tout est dit.
Je me suis rappelée plein de choses en lisant le nom de Fédérico Garcia Lorca.
C’était mon travail de Français en rhéto.
On devait choisir un poète et je l’avais pris car son coté dramatique m’intéressait.

Écrit par : Léopoldine | 15/06/2017

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Le monde des artistes restera toujours particulier.
La semaine, j'y reviendrai de manière intimiste.

Écrit par : L'enfoiré | 15/06/2017

La justice ordonne l’exhumation de Dali après une demande en paternité

La dépouille de l’artiste doit être exhumée dans le cadre d’une affaire de recherche en paternité.
Une juge de Madrid a ordonné l’exhumation des restes du peintre espagnol Salvador Dali, 28 ans après sa mort, afin de déterminer si l’artiste était le père biologique d’une femme vivant en Catalogne, d’où il était originaire.
Cette habitante de Girone, Pilar Abel, avait présenté une demande pour être reconnue comme la fille de l’artiste mondialement célèbre, enterré dans sa ville natale de Figueras.
« Le Tribunal de Première instance nº11 de Madrid a ordonné l’exhumation du cadavre du peintre Salvador Dali, afin d’obtenir des échantillons de ses restes et déterminer s’il est le père biologique d’une femme de Girone », a indiqué le service de communication du Tribunal supérieur de justice de Madrid dans un communiqué.
« L’étude de l’ADN du cadavre du peintre est nécessaire car il n’existe pas d’autres restes biologiques ni personnels pour effectuer une comparaison », a fait valoir le tribunal. Cette décision prise par une juridiction civile peut faire l’objet d’un recours, a rappelé la justice.

Retiré au château de Pubol
L’artiste catalan Salvador Dali, grand nom du surréalisme, était mort à 84 ans le 24 janvier 1989 dans un hôpital de Figueras, après une vie intense et trépidante, alimentée par ses créations géniales et ses extravagances.
Richissime et désespéré, il avait vécu ses sept dernières années reclus dans son château de Pubol, à quelques kilomètres de Gérone, au milieu d’une cour de soignants et secrétaires.

http://www.lesoir.be/101560/article/2017-06-26/la-justice-ordonne-lexhumation-de-dali-apres-une-demande-en-paternite

Écrit par : L'enfoiré | 26/06/2017

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