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08/04/2017

Notre Europe, quelle histoire !

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Le 25 mars 1957 naissait la Communauté économique européenne par le traité de Rome. ARTE a revisité les grandes étapes de l’histoire européenne de l'Antiquité grecque à l'UE des Vingt-Huit.0.jpg

Une traversée en dix épisodes, teintée d'humour, d'esprit critique et d'émotion, grâce aux apartés irrévérencieux offerts par deux comédiennes, l'une allemande, Annette Frier, l'autre française, Antonia de Rendinger.

L'Europe a tenté de retrouver son âme à Rome.

"Il ne suffit pas d'en appeler à l'unité", selon Tusk.

Le 25 mars, les 27 pays commémoraient la signature des traités dans la même salle qu'il y a 60 ans à Rome.

Cette Union parle de plus en plus de l’Europe « à plusieurs vitesses » pour retrouver le souffle fondateur en "agissant de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction", d'après les déclarations.


 1. L'aube d’une civilisation

L’histoire commence par un mythe grec fondateur, celui de l’union entre Zeus et la jeune princesse Europe. La culture méditerranéenne et la civilisation occidentale trouvent en effet leurs racines dans l'Antiquité grecque, puis romaine. Les peuples "barbares" du nord du continent ont également transmis une part de leur héritage.

2. Des empereurs et des dieux


Dans l’Antiquité tardive, les migrations bouleversent l’Europe occidentale. Les tribus germaniques donnent le ton en s’installant au sein de l’Empire romain, où elles trouvent un climat plus clément. Dans tout le monde romain, le christianisme progresse. Avec le règne de l’empereur Constantin Ier (310-337), Byzance devient Constantinople, un centre de la chrétienté européenne.

3. L'Europe et l'Islam au Moyen Age


Avec l’ère d’Al-Andalous (711-1492), la péninsule ibérique se trouve pour près de huit cents ans sous domination musulmane. Cette période voit fleurir les sciences et la philosophie, mais aussi le fanatisme et les guerres saintes. Cependant, au-delà des affrontements politiques et idéologiques, le grand commerce renaissant contribue à relier les peuples d’Europe.

4. Du Moyen Âge à la Renaissance


L’Europe médiévale est ravagée par les épidémies, les disettes et les guerres, qui menacent de faire vaciller les fondements de l’Occident chrétien. Puis le continent connaît avec la Renaissance un renouveau artistique et intellectuel sans précédent, nouvelle grande étape dans le développement d’une âme européenne.

5. Entre ciel et enfer


Avec les progrès de la navigation, les Européens traversent l’Atlantique et entrent dans l’âge des conquêtes - en commettant parfois sur leur passage pillages et crimes contre les peuples autochtones. Le désormais vieux continent, les guerres de religion vont bientôt faire rage, car le protestantisme de Luther ébranle l’Église catholique. Avec la Réforme, l’Occident chrétien connaît son schisme le plus grave.

6. Dans l’ombre du Roi-Soleil

Avec l’avènement de Louis XIV, la France domine l’Europe du XVIIe siècle. Le Roi-Soleil darde ses rayons sur tout le continent, faisant de nombreux envieux parmi les souverains des pays voisins. L’Europe connaît un boom architectural historique, avec l’édification d’innombrables châteaux – jusqu'à la Russie de Pierre le Grand, qui bâtit ex nihilo sa grandiose capitale, Saint-Pétersbourg. La riche Hollande connaîtra elle aussi son heure de gloire. Mais cet essor du continent européen s’appuie pour partie sur la traite négrière.

7. Des rêves de liberté au Printemps des peuples

Les idéaux des Lumières sont dans l’air du temps. Mais les Français ne sont pas les premiers à faire leur révolution : de l’autre côté de l’Atlantique, les colons blancs se sont affranchis de la tutelle britannique – une soif de liberté qui s’exporte dans presque toute l’Europe. Les desseins impériaux de Napoléon Bonaparte vont ensuite remodeler le continent, avant sa défaite face à l’Angleterre ? dont la grande révolution ne sera pas politique mais industrielle. En 1824, un certain Beethoven achève de composer sa neuvième symphonie qui deviendra, bien des années plus tard, l’hymne de tout un continent.

8. La ruée vers l'abîme

Malgré les progrès scientifiques fulgurants de la fin du XIXe siècle, les inégalités et la misère sévissent partout en Europe – une situation qui exacerbe les nationalismes. Les tensions atteignent leur apogée avec l’éclatement de la Première Guerre mondiale, conflit d’une férocité sans précédent qui va marquer durablement l’imaginaire européen.

9. Fossoyeurs et utopistes

L’expérience terrible de la Grande Guerre laisse le continent exsangue, et de plus en plus divisé entre fascisme et communisme. La première épreuve de force éclate avec la guerre d’Espagne, qui suscite l’engagement inédit de combattants venus de l’Europe entière. La monté et l’alliance des fascismes européens débouche sur une terrifiante "guerre totale", qui laisse l’Europe en ruine. La reconstruction – physique et morale – sera longue et pénible.
 
10. La découverte de la paix
Que peut-on attendre d’un continent qui vient à deux reprises de précipiter le monde dans le chaos ? Après 1945, avec la guerre froide entre systèmes communiste et capitaliste, le rideau de fer devient le symbole de la scission entre l’Est et l’Ouest pendant quarante ans. Mais le rêve d’autodétermination, de paix et de liberté travaille les sociétés en profondeur : il est à l’origine d’un projet d'union qui grave dans la pierre la liberté de circulation et le respect des droits de l'homme. Si le continent garde ses imperfections, ses divisions idéologiques et ses scepticismes, l’Europe d’aujourd’hui reste, au regard de sa longue histoire, plus unie qu’elle ne l’a jamais été.
 
 

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1950-1957, dans les coulisses du traité de Rome

Diplomatie dévoilée

De l'idée de Jean Monnet d'une armée européenne transnationale à la suppression des frontières douanières, la genèse de l'Europe a redonné vie aux idéaux de ses "pères", du Belge Paul-Henri Spaak au chancelier Konrad Adenauer, à la dimension humaine et visionnaire. Dans le secret des tractations, au cœur des plus hautes sphères du pouvoir, cela a été une lutte à mort.


0.jpgLes témoignages d'origine diplomatique, les écrits d'historiens et les récits des acteurs directs permettent de décadenasser les huis clos politiques du passé pour éclairer la scène ouverte du théâtre politique.

Au lendemain de la guerre, il n'était pas question de parler de démocratie fédérale européenne.
On venait de se battre pour restaurer les souverainismes nationaux et ce serait autant de pouvoirs que les dirigeants perdraient personnellement.
La France était ruinée, pauvre et sans industrie.
L'Allemagne était occupée pour moitié par Soviétiques.
L'Italie se défaisait de ses populations.
Le choix était, alors, de s'unir par un traité économique pour en tirer profit en postposant une union plus politique ou disparaître.
 

1.jpgDes dix épisodes de cette histoire européenne, que retenir?
Probablement, le dernier, le plus actuel. 
Il n'avait rien d'un "Happy end", style "Hollywood".
L'union avait été désirée avec l'idée secrète de créer les États Unis d'Europe.
Après la rupture du mur de Berlin, les frontières se sont ouvertes.
A partir de la minute 36:00 de cet épisode, s'exprime un malaise de non-aboutissement d'une union de paix, économique et politique.
Les guerres n'ont pas cessé. La Yougoslavie a été disloquée, l'Ukraine s'est déchirée, le terrorisme a porté atteint aux Droits de l'Homme, à la démocratie, à la liberté d'expression...
L'Europe referme ses frontières alors que ce sont nos valeurs communes qu'elle prétendait défendre.
Face à nos contradictions, l'euphorie portée par les rêves en 1989, a même été plus nocive que bénéfique.  0.jpg

Le rêve européen a perdu son éclat à cause de la politique européenne et des mouvements séparatistes qui ont fleuri. 

Ce qui avait été oublié dans ces plans, c'est de créer une union politique et sociale.

Pour étayer cette opposition, le néo-libéralisme, le capitalisme destructeur d'emplois, la privatisation des services publics qui ont creusé le fossé entre l'establishment et les laissés-pour-compte du système.

Le monde latin, plus souverainiste et plus protectionniste, avait fait payer ses dettes par mercantilisme en taxant les produits à l'importation et en utilisant les taux de change de l'argent pour en relever une dîme.

Par pragmatisme, le monde anglicans avait prôné le libre-échange des affaires par l'ouverture des frontières pour faire payer ses dettes.

C'est ce même pragmatisme de l'Angleterre qui a créé le Brexit en premier.

Cette désolidarisation eurosceptique s'est répandue dans plusieurs pays d'Europe.


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0.jpgDonc, pas de flonflons pour célébrer ce 60ème anniversaire du Traité de Rome du Marché Commun.
 

Alors après l'exclamation du titre de cette série documentaire "L'Europe, quelle histoire !", la question ne serait-elle pas "L'Europe, quelle Europe ?".
 
Qu'est-elle vraiment?
Citoyenne, concitoyenne, fédérale, confédérale?
 
Même son côté financier de prédilection n'est pas assuré.
On ne paie pas le même prix pour un même magazine ou livre en Belgique et en France, deux pays qui partagent la même langue dans la francophonie.
Du fait que le même euro est utilisé dans cette zone de libre échange, la différence est encore plus visible.
 
L'Europe dit avoir signé un contrat irrévocable de foi en l'avenir.
1.jpgBien, mais pour cela, elle doit encore beaucoup réfléchir pour améliorer ce contrat.
 
Pour qu'il tienne dans le temps, il faut qu'il s'amende dans le sens de la vie de ses citoyens sans que ceux-ci ne deviennent des victimes avançant à reculons vers un bourreau invisible.
L'Europe, un coup de foudre à retardement qui se poursuit par des disputes dans le ménage? Un modèle dépassé dans les faits comme le prétend Donald Trump?
La communauté de valeurs s'effrite par les différences d'interprétation.
Elle était basée sur la société de consommation à outrance.
Aujourd'hui, cette consommation dépasse les possibilités que la Terre puisse fournir.
Le fossé entre riches et pauvres s'est creusé.
 
Le nationalisme, l'euroscepticisme et le populisme se sont insérés dans les failles contre l'euro et le kaléidoscope de Schengen mal fagotés comme un château de cartes.
Les étrangers perdus entre des langues trop différentes.
 
La vie commence à la fin d'une zone de confort idéalisé.
L'histoire est la transformation ou le crépuscule des consciences du passé à analyser par la sociologie.
L'identité n'est plus une question de patrie ou de nation mais localisée de manière plus intime, plus personnelle sur le genre, la profession, l'âge, la langue, la religion ou la famille.
 
La France, en pleine période d'élections présidentielles, a plusieurs candidats qui ont la même défection de l'Europe dans leur programme.0.jpg
 
Les arguments de campagne des prochaines élections françaises de certains partis poussent au Frexit. L'analyse du dernier débat, contrebalancée par un autre.
Sortir d'une union en situation de force peut se justifier mis pas en période de recul économique par rapport aux concurrents. 
 
La France n'existe plus vraiment que par le rappel des Droits de l'Homme, de la francophonie soutenue par les pays africains et par la référence aux Lumières.
Le temps où la langue française était parlée à travers l'Europe, est révolu.
 
La Belgique, fondatrice ce cette union europénne, est pro-européenne par nature avec une population mixée, métissée jusqu'à l'extrême, vu sa taille et ce qui reste de belgo-belges dans le Bel20.
Pourtant, d'après le dernier Futuromètre, un belge francophone sur deux croit encore en l'Europe.
Entre spécialistes, cela donne une bonne escouade de réflexions podcastpodcast
Laboratoire de l'Europe, la Belgique et Bruxelles vivent actuellement l'art difficile de la diversité qui on l'espère être une source de créativité.
Un rassemblement de contestations par jour de l'année se produit à Bruxelles. 
Parler de l'Europe, cela se fait plus secrètement par l'histoire qui se confond à la généalogie de chacun à la recherche de ses origines, du pays d'où l'on vient pour tenter de comprendre où chacun risque d'aller.
 
L'Europe, une usine à gaz? Oui. 0.jpg
 
Corriger les imperfections de ce bébé "Europe"qui ne fait qu'à sa tête?
Mais, c'est bien sûr...
1.jpgArrimée à la vache à lait des Etats-Unis, alors que la Russie fait partie de l'Europe géographiquement, c'est risquer une rupture historique entre le marteau et l'enclume.
Rejeter l'Europe avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas une manière de résister aux autres grands blocs qui se pointent à l'horizon pour garder un poids équivalent dans la géopolitique du monde.
 
Dans l'article "Seule une réduction massive de l'UE pourra sauver l'idée européenne", il y a la réflexion de Védrine:
 

« Amis, redescendez sur terre, le moment est venu de penser tout à fait autrement, pour sauver l’idée européenne, en la libérant de l’européisme.

C’est pour cela qu’il me semble que, pour enrayer la désaffection croissante des peuples, dont le « Brexit » n’est que le signe le plus spectaculaire, les gouvernements les plus déterminés devraient convoquer sans tarder une nouvelle conférence de Messine, fixer rapidement les contours d’une nouvelle subsidiarité rétroactive, et assigner après cela quelques ­rares missions-clés (sécurité, influence, préparation de l’avenir) à cette Union repensée pour assurer la pérennité d’un mode de vie européen dans le monde de demain, tout en laissant la démocratie retrouver son espace et sa légitimité au sein de chaque État membre ».

 


 
 
 
Eriofne,
 
Citations:
  • La vieille Europe ; elle ne revivra jamais : La jeune Europe offre-t-elle plus de chances ?”, François René de Chateaubriand 
  • L'Europe est un Etat composé de plusieurs provinces. ”, Montesquieu 
  • Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue.”, Victor Hugo
 

Commentaires

Si la France quittait l’euro … Deux des quatre candidats favoris sont pour

En France, deux des quatre candidats les mieux placés pour la présidence française flirtent avec l’idée de quitter l’euro et réintroduire le franc français.
Pour la vedette du Front National Marine Le Pen, c’est l’un des points de son programme, et l’ancien communiste Jean-Luc Mélenchon veut créer un mécanisme dans la vie qui ferait coexister le franc aux côtés de l’euro.
Les marchés financiers prennent désormais en compte un scénario dans lequel ces deux candidats se livrent bataille au second tour. Depuis deux semaines, Mélenchon a acquis une nouvelle popularité dans les sondages.

Dans le New York Times, le lauréat du prix Nobel d’économie Paul Krugman, pourtant eurosceptique d’ordinaire, émet ses doutes concernant une possible sortie française de l’euro :
«Commençons par l’euro. La monnaie unique a été et est un projet boiteux, et les pays qui n’y ont pas adhéré – la Suède, le Royaume-Uni, l’Islande – a profité de la flexibilité induite par des monnaies indépendantes.

Cependant, il y a néanmoins une grande différence entre choisir de ne pas adhérer dès le départ, et décider d’en partir une fois que l’on a rejoint la monnaie unique.

Les coûts de transition d’une sortie de l’euro et d’une restauration de la monnaie nationale seraient énormes :
– une fuite massive de capitaux entraînerait une crise bancaire ;
– on devrait imposer un contrôle des capitaux et des jours de fermetures pour les banques ;
– la question de la revalorisation des contrats créerait un bourbier juridique ;
– L’activité serait perturbée pendant une longue période transitoire de confusion et d’incertitude.

Sous certaines circonstances extrêmes, ces coûts pourraient être en valoir la peine, comme c’est le cas pour la Grèce : une économie gravement déprimée, qui nécessite une réduction drastique de ses coûts par rapport à ses partenaires commerciaux, pourrait même constater une sortie de l’euro coûteuse, suivie d’une dévaluation, préférable à des années de déflation corrosive.
La France, toutefois, ne correspond pas à cette description. (…) Il y a peu de raison de croire qu’un franc restauré permettrait d’atteindre, ou ferait l’expérience d’une importante dévaluation. En clair, une sortie de la France de l’euro apporterait tous les coûts auxquels la Grèce pourrait être confrontée, mais sans aucun des bénéfices ».
De nombreux économistes craignent une sortie de l’euro. Selon l’Institut Montaigne, un « Frexit » anéantirait 500 000 emplois et coûterait 180 milliards d’euros.

Source: https://fr.express.live/2017/04/14/france-sortie-euro-frexit/

Écrit par : L'enfoiré | 15/04/2017

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L’Europe et la démocratie aux mains de la France

PAR BÉATRICE DELVAUX, ÉDITORIALISTE EN CHEF
L’édito de Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle en France.Depuis des semaines, ce ne sont pas seulement les Français, mais les Européens qui sont suspendus aux soubresauts de la campagne électorale hexagonale. Avec, depuis quelques jours, comme une peur au ventre, une très grosse angoisse en tout cas, liée au résultat de ce dimanche et au casting qui sortira d’urnes qui n’ont jamais été aussi imprévisibles et sismiques.
Car ce dimanche, les Français n’ont pas que leur sort entre les mains, mais aussi le nôtre, celui de l’Europe, ce projet qui, de l’avis général, ne résisterait pas à un Frexit. Un acteur de très haut niveau de la politique européenne, que nous interrogions cette semaine sur la réaction envisageable en cas d’un deuxième tour Le Pen - Mélenchon – considéré comme l’ascenseur automatique de l’Europe pour l’échafaud –, nous a fait cette réponse cynique : « Se tirer une balle dans la tête ? »

La puissance des inquiétudes des voisins de cette France qui a livré le spectacle d’une campagne terrible est aussi intimement liée, et depuis plus longtemps, à la mise en péril de la démocratie. La possible mise sur orbite présidentielle d’une leader d’extrême droite, dont la popularité, la banalisation et donc la crédibilité populaire n’ont fait que croître, est considérée comme le troisième tour du match global opposant les populistes aux démocrates : après le Brexit, après Trump, la France succombera-t-elle à son tour ?
L’absence de Marine Le Pen du second tour serait en tout cas considérée comme une énorme surprise, mais aussi un énorme soulagement dans les camps démocrates occidentaux.

Europe versus non-Europe, ouverture versus fermeture, internationalisme versus nationalisme, capitalisme versus anticapitalisme, élites versus le peuple : tous ces matchs essentiels se jouent ce dimanche, résonnant particulièrement auprès de nos sociétés traversées par d’identiques fractures et interrogations, soumises aussi à la même menace mortifère contre nos équilibres et pratiques démocratiques : le terrorisme. Nul ne sait ce que l’assassinat de policiers sur les Champs-Elysées va avoir comme effet sur le scrutin de dimanche. Mobiliser des électeurs qu’on dit très indécis suite à cette campagne sans leader incontestable, mais surtout très dégoûtés par la politique et ses représentants ?


On ne jure plus de rien...
Face à cet océan d’inquiétudes ressassées et démultipliées, il y a une double raison de se réjouir d’être enfin dimanche. La première est de mettre fin à cette campagne qui a fait ressurgir les outrances, violences verbales, anathèmes, diabolisations, parjures et détestations de l’autre. La seconde est la clarification qui devrait permettre de mettre un vrai visage sur la France d’aujourd’hui, qu’il nous plaise ou pas, qu’il nous rassure ou pas : est-elle majoritairement coupée de ses institutions politiques ? Déchirée entre des camps antagonistes ? En rupture avec la démocratie, l’Europe, le capitalisme ? Ou prête pour un centrisme d’un genre nouveau ? Voire mobilisée sur les enjeux d’avenir, en refus de nostalgie ?
C’est seulement quand on connaîtra le verdict des abstentions et l’identité des deux « élus » qu’on pourra dire provisoirement, dans l’attente du second tour, si cette grande nation universaliste qui ne regarde désormais plus que son nombril, est en révolution, en sécession, en dépression, en perdition ou en voie de rédemption.
Aujourd’hui, on ne jure plus de rien.

http://plus.lesoir.be/90968/article/2017-04-22/leurope-et-la-democratie-aux-mains-de-la-france#_ga=1.190482859.1409458006.1491461767

Écrit par : L'enfoiré | 22/04/2017

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