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07/06/2007

Le bâton et plus beaucoup de carottes

Bruxelles, 7 juillet 2050. Petites impressions intimes de cette année-là. Nous avons dépassé la moitié du siècle et tellement de choses ont changé. Je me rappelle de ce que papa nous rappelait, il y a quelques années. Il nous a quittés, il y a huit ans à l’âge respectable de 95 ans. Il avait à peine dépassé l'âge moyen pour mettre un point final.

nature,ecologieCe soir-là, je me trouvais un peu seul. Un peu de nostalgie me prenait à la gorge. Je suis monté au grenier, quatre à quatre. Cet endroit me permet, comme toujours, de réfléchir et il y en avait des sujets de préoccupation.

La chaleur perce malgré toute l'isolation de la maison. La lucarne du toit donne la clarté mais quelques tuiles laissent passer un peu trop de chaleur.


Elle laisse passer la lumière mais elle est complètement opaque par une buée matinale tenace. Notre maison, toute verte à cause des plantes grimpantes est très jolie et se fond admirablement dans le paysage. Les plantes d'une cinquantaine de sortes ornent agréablement les quatre façades. Mais, elles n'apportent que peu de fraîcheur si ce n’est, un peu par instinct, à la vue des gouttelettes qui perlent encore pour humidifier ce jardin vertical. Je dis encore car, malheureusement, malgré mon respect vis-à-vis de l’écologie et le recyclage de l’eau qui avait été installé, cela ne suffit plus. Plusieurs fois, l’eau courante ne nous parvient plus de manière constante. Le puit ne comble pas le manque. Certaines plantes qui nécessitent plus d'eau n'ont pas survécu et il faut les remplacer par des plantes moins gourmandes.

nature,ecologieComme je le disais, mon épouse et moi, avons bien organisé notre maison pour vivre le plus possible en autarcie, sans énergie fournie par l’extérieur. Il n’a pas plu depuis 3 mois et cela commence à réellement se ressentir. Ailleurs, c’est pire encore. On peut être content de pouvoir se doucher deux fois par semaine sans beaucoup de problème. Je vais écouter la radio numérique ambiophonique pour prévoir les jours pendant lesquels je pourrai faire mon jogging le matin tôt. J’aime encore prendre une douche après mes exercices physiques.

L’électricité, celle-là, on n’en manque pas. Les cellules photovoltaïques sur le toit absorbent à merveille les rayons du soleil. Et cela marche parfaitement. Mon compteur d’électricité marche à reculons le plus souvent et cela met un peu de beurre dans les épinards. La petite éolienne portable dans le jardin, elle, ne parvient pas à trouver le vent nécessaire à se mouvoir pour fournir de l'électricité. Une erreur d’investissement, très probablement. Le vendeur a été trop persuasif à l’époque. Bof. Ce n’est pas si grave. 

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Plus tard?

Les cellules photovoltaïques, les panneaux solaires, dernier cri, achetés l’année dernière, sont vraiment efficaces et suffisent amplement pour le chauffage et l’électricité. L'investissement a été très profitable.

Enfin, quand je dis chauffage, il faudrait plutôt parler de refroidissement. La molette dans le sens chaleur, on ne l’utilise plus beaucoup. En hiver, on fait de plus en plus des économies. Donc, nous nous en félicitons, nous avons bien calculé notre coup par rapport aux voisins qui n’ont pas été aussi perspicaces.

Le Projet MITER est devenu mondial et il vient bien à propos en amenant artificiellement le soleil sur terre.

Les centrales nucléaires classiques ont, presque toutes, diminué leur production. Depuis la grande pollution que nous avons eu dans la région de Mourmansk, il y a une dizaine d'années, et qui a tué des millions de poissons dans le grand nord, les citoyens du monde ont forcé les autorités à changer leurs politiques. Le président Toupine a dû se défendre en personne devant l'ONU.

Nous vivons, comme je le disais, presque en autarcie énergétique.

Cette autarcie partielle nous réjouit et nous attriste à la fois, mon épouse et moi. Mondianet, le successeur d'internet de papa, ne nous offre plus les serrements de main et les contacts humains bien physiques que nous avions eu, il y a bien longtemps. On reste beaucoup plus à la maison qu’au temps de papa. Au moins, à la maison, l'air est conditionné. La télé avait déjà ouvert le chemin de la solitude du temps de papa.

Il y a bien mon voisin, Arthur, un peu plus proche, qui a la même envie que nous de se rapprocher des autres. Ils sont venus samedi dernier. Ils nous ont raconté les déboires qu’ils avaient eu avec la pompe à eau qui leur servait pour récolter l’eau du puits. Il était tellement sec, que la pompe avait chauffé. Il était vraiment en colère en rappelant sa mésaventure pour la réparer. Avec la chaleur, travailler en plein air, il n’aime pas trop, non plus.

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Je lui ai dit en souriant, qu’il devait faire tourner l’économie et faire appel à un technicien qualifié pour son puits. Ça l’a mit encore plus en colère. Il faut dire qu’ils sont plus jeunes que nous et que, vu sa nouvelle situation précaire, nouer les deux bouts est vraiment plus difficile.

Aujourd’hui, il a perdu son travail. Il a déposé son bilan depuis quelques mois. Il y a bien d’autres sociétés qui ont mis la clé sous le paillasson.

Pour nous, comme pour beaucoup de gens un peu aisés, je le reconnais sans honte, la maison est devenue le patrimoine familial par excellence. Mais, cela fait réfléchir.

Produire n'est plus vraiment un problème aujourd'hui. Les robots ont pris beaucoup de gallons. L'invention est restée seule à bord chez les humains. Heureusement, il y a eu les vases communicants qui marchent à plein pour les travailleurs moins prédisposés. La conception du travail a dû bien changer.

1d08565cdcf8c4aa407251bdddbaf744.jpgLes entreprises de l'automobile, grandes consommatrices de mains d'oeuvre, sont une véritable nécropole. J'enrage. La plupart d'entres elles n'ont pu réinvestir dans la recherche et n'ont pas trouvé les fonds suffisants pour le bouleversement des habitudes. Les bijoux de la vitesse ont complètement disparu. Il y a quelques années les pubs qui disaient que vouloir la vitesse était ringard, n'ont été que les prédécesseurs d'un revirement obligatoire pour la survie des derniers gallons de matière fossile. Les cellules photoélectriques sur le toit des voitures, encore une fois, permettent de se déplacer à petite vitesse raisonnable. Mais l'autonomie n'est pas encore des meilleures. Le vélo et la marche à pied restent les pédales du durable pour l'écologie et pour le corps. Tous les avantages. Comme le travail est devenu moins centralisé beaucoup travaillent de la maison. Le business centre ne donne plus qu'un faux semblant de travail en équipe.

Question carburant, l'eau de mer est maintenant le dernier projet à la mode que nos petites voitures boiront peut-être avec avidité dans un futur proche.

Pomper les mers? Deux tiers des 92 éléments chimiques naturels se retrouvent dans l'eau de mer. Alors, pourquoi pas? Des écologistes peu soucieux de réalisme en arrivent à se demander avec sérieux si les mers auront assez de ressources dans la continuité. Alors que les mers ont remonté leur niveau !

nature,ecologieHier, j'ai tenté de regagner le centre de la ville. Je dis 'tenter' car j'ai dû rebrousser chemin à cause du brouillard épais qui planait sur la route. La pollution rend parfois le ciel rouge et brumeux bien avant le coucher transpirant du soleil. Il n'a pas tardé à me donner une description personnelle d'un accident dont il avait été témoin provoqué par cette calamité.

J'ai narré à Arthur notre dernière escapade à la mer. Une brise de mer continue encore là-bas. La mer est plus proche de nous depuis les grandes marées qui ont engloutis une petite partie des polders.

nature,ecologieCet hiver, Bruges a tout de même eu aussi les pieds dans l’eau. La ville pouvait se targuer encore plus du surnom de "Venise du Nord". La vraie Venise, elle, a beaucoup souffert. Une si belle ville! Quel malheur. D'autres parties du monde sont encore plus mal loties, mais ont réagi avec perspicacité. Des digues surélevées ou leur barrière de corail ont été renforcée. Chez nous, certains ont même envisagé de créer une barrière de corail artificielle dans la mer du Nord pour faire obstacle à la progression de la mer. Je nous imagine déjà au bord d'un lagon bleu. Le tourisme exotique à nos portes !

Le côté positif à tous ces problèmes se retrouve dans la réapparition progressive des solidarités pour contrer la détérioration du climat et de ses conséquences. En effet, certains élans solidaires sont nés du Nord vers le Sud, plus éprouvé encore.

71e96c35037dd0c72f41df2d6161a831.jpgA Arthur, j'ai révélé nos projets d’aller en vacances au Groenland pour le mois de septembre. Mon épouse se réjouit déjà à l’avance d’avoir un air un peu plus frais pendant ces vacances. Et dire qu'elle aimait la chaleur et le soleil dans sa prime jeunesse. Les photos du catalogue sont tellement belles. L’île a vraiment retrouvé son nom d’origine. La neige ne tombe presque plus là-bas et les fins de saisons chaudes ressemblent tellement au paysage de la méditerranée d’antan. Je ne vais pas jusqu'à dire que l'océan à la fièvre, mais trottiner avec les pieds dans l'eau n'est plus une horreur pour demoiselles. Les Inuits, qui étaient des chasseurs, se sont lancés dans le tourisme. La banquise, là bas, on s'en rappelle à peine.

Il ne faut plus que 2 heures pour y arriver en avion "Surjet". Le prix est vraiment intéressant. Les compagnies se sont tellement fait la compétition qu'il n'en reste plus que quelques unes en place. Je ne sais si le consommateur y a vraiment gagné. Il faut dire qu’il n’y a plus beaucoup de personnels à bord. Tout est automatique et une voix presque humaine nous indique les démarches à suivre. Le pilote et son copilote se baladent encore tour à tour dans l’avion pour s’assurer du bon fonctionnement et de la satisfaction des passagers. C'est pour la bonne forme. Le carburant, la "kerosite" est presque à 100% renouvelable. Mais, il ne constitue pas la seule énergie pour faire fonctionner notre aile volante.

nature,ecologieLe CO2 a toujours progressé. Après s'être emballé, on assiste à une retombée pour atteindre le 1% d'augmentation. Ce n’est pas gagné pour autant. Il existe un véritable marché qui octroie des droits à la consommation par les taxes. Ce gaz n'est pas le seul. Il est même dépassé en efficacité néfaste par le méthane et son propre effet de serre.

L'aéroport fait partie intégrante de la ville. Heureusement que le bruit et la sécurité ont été améliorés car le trafic aérien a triplé depuis le temps de papa. On s'y habitue, depuis que les fenêtres ont été insonorisées et aussi, que vu la chaleur, cela devient rare d'aller dans le jardin. Le train, encore meilleur marché, a repris sa fonction de transport du plus grand nombre de voyageurs sur un même continent.

La montée des eaux a fait beaucoup de dégâts dans le monde. La rivière qui coule à Bruges se jette désormais dans la mer dès la sortie de la ville. Il n'y a pas un hiver sans que la cathédrale se retrouve les pieds dans l'eau. Elle a plutôt allure d’un îlot sacré. Les hivers ne sont pas froids mais très tempétueux. Je me rappelle que l’écran plat de ma TV murale rendait, très bien, avec le relief, les vagues qui frappaient fort sur les digues surélevées récemment. Heureusement que les autorités avaient augmenté de manière importante les budgets pour réaliser ces travaux en place forte contre la mer.nature,ecologie

La tempête d’y a seulement trois ans est encore dans toutes les mémoires. Il y a eu beaucoup de morts et de dégâts. L’année suivante, nous avons ressenti les effets du côté portefeuille avec les assurances. Depuis huit ans, celles-ci ont toutes triplées. On commence à se demander si tout le monde parviendra encore à les payer. C’est insoutenable pour certains.

Tous les événements atmosphériques prennent des extrêmes inattendus. Les gens sont surpris de ce qu'il appelle la "vengeance" de la nature. La fréquence et l'intensité des catastrophes commencent heureusement à régresser suite aux réactions normales des populations riches, pour la plupart, du monde. Le Nord s'adapte mieux, c'est un fait, même si l'élévation du niveau des mers est plus importante. Le Sud subit de plein fouet les humeurs de notre climat et heureusement, un peu moins par la montée des eaux.

nature,ecologieIci, l’été est très chaud. Trop! L’air conditionné fait son possible pour rafraîchir sans parvenir complètement à atteindre son maximum de confort. L’effet de serre, on en parle toujours parfois trop. Dans les conversations, c’est le leitmotiv. Ce n'est plus un effet, c'est devenu une réalité en cocotte minute dans les habitations qui n'ont pas trouvé les moyens d'y résister. Le temps a toujours été la tarte à la crème des gens qui font semblant de se connaître. Le mot « canicule » est devenu tellement commun que la population s’amuse à en faire des jeux de mots. La "Canne au cul" est un des derniers. Ailleurs, même les câbles électriques ne résistent plus soit au froid ou au chaud permutant trop rapidement.

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Notre petite dernière, celle de ma fille, a depuis quelques temps, une forte allergie. Cette année, dès janvier, les quintes de toux ont recommencé et l’asthme a pris le relais. La pollution de l'air en est évidemment responsable. Papa subissait aussi cette maladie de notre siècle. Ses derniers moments pénibles sont en grande partie dus à cela. Cette fois, on est passé à une moyenne de près d'une personne sur deux à subir ces assauts allergiques.

Ma femme, il y a deux mois, a été piquée probablement par un moustique exotique ou par les chenilles processionnaires de plus en plus nombreux dès le mois de juin. Le médecin était assez étonné de l’ampleur de l’enflure. Il n’a pu dire avec exactitude le nom du moustique. Il y en a tellement de sortes. Au début du siècle, on parlait de chikungunya. J'espère que ce n’est pas de lui qu'il s'agit. Cela va d’ailleurs un peu mieux avec les antibiomoustiques bien connus.

En médicament, on est bien servi de nos jours. Heureusement. La production en a été accélérée très fortement dans une lutte contre le temps. Divers végétaux qui en étaient à la base disparaissaient à cause de leur sensibilité vis-à-vis des sautes d'humeur du climat.

Les raz de marées, les cyclones ont recommencé à nos portes, depuis avril. Ils se termineront probablement en décembre. Pas de tsunami, ni de tremblements de terre, par ici. C'est déjà ça. Si la nature s'en mêlait avec cela en plus? Il faut dire que les alertes orange sont moins nombreuses, elles ont fait place aux alertes rouges.

Les 35 tonnes par an de déchets dues à la combustion ne sont pas si loin. Les protocoles et accords de Kyoto, de Brasília, de Bangkok et de Pékin sont arrivés enfin à faire tourner le gouvernail modestement au départ, plus énergiquement après. Les derniers pays récalcitrants se sont enfin rendus compte des nouveaux marchés qu'ils pouvaient en tirer. Mais, il faudra attendre encore de nombreuses années pour en ressentir les améliorations. Alors, on attend. Peut-être dans une ou deux générations.

nature,ecologiePapa m’avait rappelé, avec sa voix tremblante, ses souvenirs au sujet d’un candidat malheureux à la présidence des États-Unis au début du siècle. Il l’avait beaucoup impressionné mais il ne parvenait plus à dire son nom ni du film qui dérangeait beaucoup à son époque. De nos jours, plus rien ne nous étonne vraiment. Il parlait aussi, vibrant, d'un certain "Roulotte", écologiste, (il n'était plus sûr du tout du nom et personnellement, j'ai aussi oublié) qui avait renoncé à sa candidature à la présidence de France.

Beaucoup d’habitants du sud de notre grande Europe sont remontés dans nos pays du nord car s’il n’y avait que la chaleur ce ne serait pas trop grave, mais la sécheresse est vraiment trop difficile à supporter. Neuf milliards d'êtres humains, ça fait du monde !

Malgré notre habitude à être très hospitaliers, l’immigration devient très difficile. Nous avons une moyenne de 500 habitants au kilomètre carré. C’est marrant quand on va en ville, on a une impression de vivre le monde entier après une promenade de moins d'un kilomètre. Une foule de langues rend les polyglottes presque honteux et ils y perdent leur latin. En parlant de latin, j'ai entendu que certains voudraient moderniser cette langue pour en faire une langue internationale après l'anglais et l’espéranto. Il y en a vraiment qui prennent les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.

nature,ecologieCette promiscuité de toutes origines crée de plus en plus de bagarres. Le mot "terrorisme" est galvaudé par les médias. Personne n'est dupe. Dur, dur de confronter les idéologies même quand la volonté y est. Les idéologies ont été prises de vitesse par les réalités. Les maisons non occupées sont squattées aussi vite après leur abandon. Tout doucement, on se rend compte que l'homme est la seule espèce vivante à avoir investi le moindre espace sur terre et cela, même s'il n'était pas étudié "pour". Un instinct de survie a pris des allures de solidarité mieux comprises.

Le pire, c'est que l'extension des villes a été telle qu'elles se touchaient entre elles et que les espaces destinés à l'agriculture en étaient réduits drastiquement. La faim crée la transhumance. La transhumance, la promiscuité forcée. La promiscuité, le conflit. Cela est le plus grand danger pour notre genre humain.

Heureusement qu'il y a eu les biotechnologies et les OPPPG (Organisation Publique et Privée pour les Plantes Génétiques) pour compenser. La science a permis de préserver certains organismes de la disparition.nature,ecologie

J’ai trouvé de beaux ananas au marché, il parait qu’ils proviennent de la Gaume dans le sud du pays. Par contre, je ne suis pas parvenu à trouver du poisson. Les rascasses ont remplacé les soles. Je n'aime pas trop. Trop d'arêtes. Le poisson est devenu tellement cher que les commerçants hésitent à en acheter. Les copains du week-end suivant devront se contenter de viande. C’est cher aussi, mais au moins on en trouve encore.

Sur les côtes au sud de l'Angleterre, de plus en plus de palmiers ont remplacé les platanes et les chênes. Le Gulf stream qui s'est renforcé en est peut-être la raison principale.

a2c6cdca1bab290807265cac2d0e89c1.jpgEn parlant de notre mer du Nord, c’est devenu dangereux de s'y baigner. Des énormes méduses ont envahi nos côtes. Papa, encore une fois, s'est rappelé ce genre de situation avec ces immondes bestioles dans les mers autour du Japon. La pêche en est devenue très problématique. L'eau en bouteille biodégradable a suivi le même chemin du côté prix.

 

Dans le sud de l'Europe, nous avons eu une invasion des criquets telle que l'on voyait parfois dans des régions plus au sud encore.

Des espèces ont disparu de la surface de la terre. Serons-nous une des suivantes? Certains se posent sérieusement la question.

Dans deux mois, la conférence du OECNU (Organisations pour l'Evolution du Climat aux Nations Unies) aura lieu à Montréal. Je me demande quelles seront les dernières découvertes scientifiques. Il paraît que les dernières idées penchent vers la déviation des rayons du soleil avec de grands réflecteurs, des miroirs géants. Une banquise artificielle a été écartée. Des pièges à carbone existent déjà un peu partout. Les budgets vont certainement être énormes.

Cette fois, il faut l'avouer, le monde entier avec tous ses citoyens s’y met de concert. Je suppose qu’ils se mettront en accord à l'échelle mondiale. Il le faut. Parmi la population, une peur s'est installée dans les esprits. Peurs que mi-scientifiques mi-philosophes essayent de se contenir dans des normes raisonnables. "Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir" est un peu le mot d'ordre. Le catastrophisme n'a jamais été porteur de modernisme et de progrès. Les prédicateurs ou futurologues n'ont pas tout imaginé dans le passé. La nature s'autorégule toujours en fin de compte. Le malheur, c'est qu'on ne sait pas attendre.

nature,ecologieEn parlant de concert, je me souviens qu'il y a une quarantaine d'années, encore jeune adolescent, j'ai vu à la télé un concert gigantesque pour la Terre, « Live Earth ». Depuis lors, c'est devenue la fête annuelle de la renaissance comme si on voulait conjurer le sort. Je serai devant l'écran ce soir. Cela a toujours un effet bénéfique immédiat. C'est déjà cela de pris.

Les villes de cet événement médiatique changent. Mais le spectacle a eu lieu dans les plus grandes villes du monde pour donner le maximum de prestige et d'impact. Ces villes, on les appelait au début des mégapoles. Aujourd'hui, « gigapoles », serait plus approprié.

J'ai envie de me poser la question:

- "La science et l'homme en général vont-ils finir par nous sauver de tous nos problèmes?"

La terre continuera à tourner, c'est sûr. Est-ce que sera avec nous?

Papa le disait par une phrase dont je me souviendrai toujours :

- "La science et la nature, ce sont des choses beaucoup trop sérieuses pour laisser notre futur dans les mains des seuls politiques. L'écologie n'est pas affaire de parti. C'est bien au dessus. C'est un garde-fous, une idéologie pour la survivance de l'espèce humaine"

Il osait même se poser la question s'il y avait de véritables hommes à la tête des états au vu du faible potentiel de décisions drastiques devant les problèmes de notre avenir d'homme.

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En y pensant après coup, je ne suis pas sûr qu'on ait trouvé la réponse aujourd'hui? Amusé, j'imagine les photos devant les bureaux de votes avec têtes en forme de processeurs, de caisses enregistreuses toutes de mécaniques vêtues en maîtres du monde.

Du politique, nous en avons l’expérience. Rendre notre destin à César, on n’y pense plus depuis longtemps ! Nous l'avons, seulement, compris un peu tard. Mais on peut toujours rêver.

Les météorologistes disent que nous sommes sur la bonne voie de redressement et que certaines mesures ont déjà porté leurs fruits. Les effets durables et vraiment visibles, c'est pour plus tard.

Nous avons dans le passé réduit la consommation du superflu dans le principe de faire plus avec moins. En attendant, on s’impatiente et on espère voir revenir un jour à une période froide. Une période qui suit l’ère glacière par exemple.

ad64e303cd51af2028afd4d1b27a41aa.jpgDans le grenier, je viens de retrouver un recueil d'écrits par papa sur un site et à une adresse "Agoravox". J'ai essayé de retrouver ce mot avec le moteur de recherche, mais je n'ai rien trouvé. Cela doit aussi avoir changé de nom !

Pas mal, le titre de cet article « Le bâton et plus beaucoup de carottes ». On pourrait dire qu'il serait considérablement raccourci aux deux premiers mots de nos jours. 

Un billet qui glisse au sol.

Un poème de papa :

 

"Notre Terre ne vaudrait-elle pas une messe ?

G8, j’ai faim de plus de justesse

Dans vos résolutions pleines de finesses

Mal en rapport avec vos largesses

S’agissait-il d’une fausse grossesse ?

Ou comme toujours une grande mollesse

Ou pire encore, teintée de bassesses

Et pourtant il faut se grouiller les fesses

Quand on connaît notre faiblesse

Face à la nature dans sa rudesse

Que restera-il à offrir à nos jeunesses ?

Connaîtront-elles leur propre vieillesse ?

Il faudrait bien autre chose que des promesses

Car la vie de notre terre est la seule richesse."

 

Manifestement, papa était furieux.

C'était vraiment un rêveur, papa. Amusant et troublant, à la fois. Fraîcheur innocente et humour caustique. Le monde changeait. Le progrès venait, parfois, en cherchant bien.

Papa n'avait jamais eu l'ambition de faire changer le monde, aucune prétention, mais il a essayé de le décrire simplement un peu plus critique que d'habitude.

Tout s'accélère, aujourd'hui. Les problèmes et certaines découvertes qui apportent des réponses.

Je m'en retourne à ma nostalgie. Retourner en arrière n'est encore qu'une affaire d'esprit. Lui, au moins, sera durable.

Mince, alors, son pseudo...

 

"Quand la mer monte, j'ai honte, j'ai honte. Quand elle descend, je t'attends..."
 



 

L’enfoiré,

 

Sur Agoravox et les commentaires n'étaient pas tristes

 

Citations de l'époque d'avant: 

  • "L'écologie est aussi et surtout un problème culturel. Le respect de l'environnement passe par un grand nombre de changements comportementaux","La planète, ça nous regarde", Nicolas Hulot

  • "Est-ce que c'est parce que la planète se réchauffe que les politiques font tout pour finir à l'ombre ?", Laurent Ruquier

  • "Avec la fonte des pôles, il y aura plus d'eau dans les mers et donc d'avantages de place pour les poissons. Le malheur des pingouins fait le bonheur de sardines", Philippe Geluck

  • "Chaque minute en Amazonie, on déboise l'équivalent de 60 terrains de football. C'est un peu idiot, il n'y aura jamais assez de joueurs", Philippe Geluck

 

Commentaires

J'ai lu sur ta page AV qu'Internet, pour toi, sauverait le monde. Je le crois aussi. En tout cas, voilà un media qu'il sera difficile de museler. A la lecture des commentaires, se nouent un intérêt et une connivence, et je suis allée avec plaisir chiner chez toi : je suis ravie de cette balade chez un esprit libre et un homme ouvert sur le monde, voilà deux qualités qui me semblent indispensables. Un grand bonjour à Bruxelles. A te lire prochainement sur Agoravox.

Écrit par : Frankie | 13/06/2007

Bonjour Frankie,

Tu m'as adressé ton commentaire par mail. Je t'y ai répondu assez complètement loin des yeux de HF et d'AV. Je crois que nous nous sommes compris. Bruxelles te fait le bonjour également. Le nouveau "Compromis ou qu'on a promis première" peut-être te satisfera.

Écrit par : L'enfoiré | 13/06/2007

Bonjour,
Très bonne prospective, réaliste et créative. Je préfère comme toi l'humour et la dérision aux hurlements de sirène du "journalisme d'épouvante". Le constat est là et le message est le même.
Claude

Écrit par : Argo | 18/06/2007

Oui, l'humour est sûrement la plus efficace des armes contre la bêtise... J'aimerais que tu te trompes dans ta vision de l'avenir mais, hélas, j'ai bien peur que tu ais raison !

Écrit par : Ludion libre | 29/06/2007

Oh la faute ! quelle honte ! désolé.....

Écrit par : Ludion libre | 29/06/2007

GIEC 5ème rapport
http://www.notre-planete.info/actualites/3812-rapport-5-changement-climatique-GIEC

Écrit par : L'enfoiré | 20/03/2014

La NASA: 'Notre civilisation est en voie d'extinction'

Selon une étude du Centre de vols spatiaux Goddard de la NASA rapportée par le quotidien The Guardian, notre civilisation, dont la population ne cesse de croître, pourrait toucher à sa fin dans les prochaines décennies à cause de l’épuisement des ressources naturelles, d'une mauvaise répartition des richesses et d’une aggravation de la fracture sociale.
Les travaux de ce rapport, publiés par le Elsevier Journal Ecological Economics, sont basés sur un outil analytique du nom de « HANDY » (Human and Nature Dynamical), élaboré par le mathématicien Safa Motesharrei du Centre national de synthèse socio-environnemental. Selon HANDY, le processus de montée et d’effondrement est un cycle récurrent tout au long de l’histoire.
« La chute de l’Empire romain, de l’Empire Han, Maurya et Gupta sont autant de témoignages du fait qu’une civilisation avancée, complexe et créatrice peut être à la fois fragile et éphémère », explique le chercheur. Le climat, la population, l'eau, l’agriculture l'énergie sont autant de facteurs qui, reliés, peuvent conduire à l’effondrement d’une civilisation. Le scientifique a étudié l’histoire de la civilisation et sont constaté que des facteurs tels que l’exploitation non durable des ressources ou encore une croissance de la population rapide peuvent mener à un effondrement de la société.
Safa Motesharrei avance deux scenarii possibles. Le premier veut que les populations pauvres se réduisent à cause de la famine. Lorsque les ressources commenceront à être épuisées, elles deviendront plus chères. Ainsi, la destruction de notre civilisation aura lieu non pas à cause de problèmes climatiques mais à cause du manque et de la disparition des travailleurs, précise Big Browser.
Dans le second scénario, la stratification économique de la société, divisée selon les richesses, créera des élites responsables de la surconsommation, ce qui entraînera un déclin des populations pauvres et a posteriori des populations riches. Le chercheur s'est en outre rendu compte qu’une des causes de la disparition de plusieurs empires est l’aveuglement et le refus des élites qui, se croyant protégées, ont nié toute réforme de la société et du vivre-ensemble.
« La rareté des ressources provoquée par la pression exercée sur l’écologie et la stratification économique entre riches et pauvres ont toujours joué un rôle central dans le processus d’effondrement. Du moins au cours des cinq mille dernières années », explique l’étude citée par Slate.
Enfin, selon l’étude, ces scénarios ne sont pas inévitables. Pour éviter une disparition de notre civilisation, le chercheur explique que les élites doivent œuvrer en faveur d’un partage des richesses et d’un rétablissement de l’équilibre. Selon le mathématicien, il est urgent de réduire les inégalités économiques afin de permettre une distribution plus équitable des ressources, et de réduire considérablement la consommation de ressources en s’appuyant sur des ressources renouvelables moins intensives et sur une croissance moindre de la population .

Source: http://www.express.be/joker/?action=view&cat=world&item=la-nasa-notre-civilisation-est-en-voie-dextinction&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 21/03/2014

Reprise avec commentaires
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-la-nasa-la-fin-d-un-monde-est-149664

Écrit par : L'enfoiré | 24/03/2014

Réchauffement climatique: le Giec remet un rapport alarmiste

Dans son rapport, le Giec alerte sur l’insécurité alimentaire et les risques de conflit.
nsécurité alimentaire, accès à l’eau, déplacements de population, risques de conflits… Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà « tous les continents et les océans », vont s’aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du Giec dans un rapport publié lundi à Yokohama (Japon).
« La probabilité d’impacts graves, étendus et irréversibles s’accroît avec l’intensification du réchauffement », note ce rapport intitulé « Changement climatique 2014 : impacts, adaptation et vulnérabilité ».
Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) de l’ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d’un immense travail – 12.000 publications passées en revue – et constitue l’état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.
Les travaux du Giec (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d’adaptation et la réduction des gaz à effet de serre : l’objectif est de limiter le réchauffement à 2º C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8ºC et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4º à la fin du siècle.
« Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique », a estimé Vicente Barios, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport, en soulignant la nécessité d’investir dans cette direction.
Les pays du Sud les plus exposés à l’insécurité alimentaire
À plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.
« La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d’eau ou affectée par d’importantes inondations va s’accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle », souligne le « Résumé pour décideurs », une synthèse destinée aux politiques.
Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud : la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d’autres.
« Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique », notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.
Si les impacts économiques globaux « sont difficiles à estimer », affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins « ralentir la croissance économique, (…) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté ».
Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

Plus de conflits et d’insécurité
Avec un accès plus dur à l’eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique « va indirectement augmenter les risques de conflits violents ».
Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s’aggraver, tout comme – dans les régions pauvres – les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l’eau.
Le Giec relève que le réchauffement a déjà eu « au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans ».

Toutes les régions du monde sont concernées
En Afrique, l’accès à l’eau sera l’un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l’aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.
En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d’importants déplacements de population. L’Amérique du Nord va être touchée par davantage d’évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L’Amérique latine sera confrontée à la problématique de l’accès à l’eau.
Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.
Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d’agir « à court terme » est toujours plus pressante, dit le Giec.
Le Giec présente une série de mesures d’adaptation à une planète plus chaude (protection des côtes, stockage d’eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d’alerte sanitaire, déplacement d’habitats, etc.).
Mais pour Chris Field, co-auteur du rapport, « à des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l’adaptation montreront leurs limites »

http://www.lesoir.be/508403/article/actualite/environnement/2014-03-31/rechauffement-climatique-giec-remet-un-rapport-alarmiste

Écrit par : L'enfoiré | 31/03/2014

Nous étions en 2007 avant la crise générale

Voici Paul Jorion qui répondait à des questions sous le titre de "Mortelle espèce humaine":
http://www.pauljorion.com/blog/2015/03/31/sonnez-les-matines-mortelle-espece-humaine-a-liege-le-8-novembre-2014/

Écrit par : L'enfoiré | 03/04/2015

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